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Think of the tender things that we were working on # Letto Danvan

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~#~Sujet: Think of the tender things that we were working on # Letto Danvan Lun 7 Aoû - 22:26

Think of the tender things that we were working on

FEAT.  LETTO DANVAN
Tu recourbas tes doigts sur eux même et, dans un geste sec, tu tapas trois grands coups sur la surface de la porte que tu avais trouvée close à ton arrivée. Un silence de plomb, uniquement entrecoupé des murmures de la vie grouillant partout dans les rues de Dahud te répondit. Tu soupiras. C’était presque toujours le même problème avec toi, il fallait toujours que tu n’en fasses qu’à ta tête. Comme cette fois-là, il y a de cela deux jours et trois nuits, lorsque ta mère cru bon de s’extasier sur les fiançailles de Letto durant le souper du soir. Cela t’avait semblé durer des heures, elle tout sourire et son piaillement incessant. Le pire avait surement été pour toi le détachement total qu’affichait Elean pendant l’instant. De quoi te couper définitivement l’appétit. Tu avais encore du mal à te faire à l’idée que ton frère aîné, Letto, puisse s’engager auprès d’une quasi parfaite inconnue – dont tu avais eu pour unique occasion de la croiser que ces quelques maudites soirées organisées entre les riches familles peuplant Sterenn. « La haute » comme tu te plaisais à les nommer, comme si cela suffisait à t’extraire de cette même classe sociale. Ridicule. Ridicule, oui, mais cela semblait néanmoins suffire pour te satisfaire. Mais revenons-en au souper, celui-là même durant lequel tu jugea bon de quitter la table avant la fin du service, histoire de bien faire comprendre à ta mère qu’elle avait dépassé les bornes. Suite à quoi une réplique cinglante d’Elean à ton attention surgit, comme arrivant de nulle part, rappelant à tous les membres présents à quel point tu étais enfantine et grotesque. S’ensuivit la levée de ton majeur pour toute réponse, comme pour mieux lui donner raison, puis tu repris la route vers ta chambre au deuxième étage. Tu suffoquais. Et cela ne remontait pas simplement à l’annonce des fiançailles de Letto, non, déjà bien avant alors que ce dernier avait mis le cap vers Dahud ; tu avais ressenti l’étau de la présence maternelle se déporter sur ta petite personne. Et tu en voulais un peu à Letto pour cela aussi, pour t’avoir laissé hériter du rôle du vilain petit canard. Maintenant qu'il n’était plus de la partie, ce n’était surement pas ce cher Elean aux faits et gestes irréprochables qui risquait d’attirer l’attention, ça non. Toi par contre, avec le néant social de tes relations amoureuses ainsi que ton caractère effroyable, tu avais de quoi égayer le naturel éducateur de votre mère. Et votre père, trop heureux d’avoir la paix, ne se risquerait jamais à poser la holà. C’était bon enfant, selon lui, votre mère agissait pour votre bien rien de plus.

Le souvenir de ce souper t’arracha un grincement de dent désagréable. C’était après cet épisode qu’au petit matin et pour la énième fois, tu t’étais décidée à partir de la maison pour rendre visite à ton frère aîné à Dahud. Puis après avoir passé autant de temps sur les routes -dans des conditions qui auraient pu être meilleures si ce voyage n’avait pas été préparé dans la précipitation- voilà que tu te retrouvais devant une porte close. Il te fallut bien quelques minutes avant de faire le lien entre ce début d’après-midi et le fait que, peut-être, ton frère était encore en train de vaquer à son activité favorite. Quelle idée saugrenue d’avoir trouvé ce travail de jardinier, tu doutais qu’un membre appartenant à la famille Danvan ait un jour le besoin de trouver un job. Mais en même temps tu comprenais que trop le besoin que Letto pouvait ressentir à trouver un passe-temps qui puisse lui faire oublier ses tracas – dont en première ligne ceux en lien avec sa dite appartenance à la lignée Danvan. Toi-même tu étais profondément reconnaissante à la musique pour t’avoir apporté un tel défouloir.

Ravalant un soupir désespéré, tu repris ton paquetage que tu remis sur ton dos – grand Dieu ! Si seulement ta mère t’aurait vue faire – puis tu repris ton chemin vers le Palais cette fois. Heureusement celui-ci n’était pas très loin, tu soupçonnais même ton frère d’avoir choisi le secteur dans lequel il habitait pour cette unique raison. Tu souris à cette pensée et un jeune homme que tu ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam te renvoya cette faveur tout en te saluant de son couvre-chef. Sacrément culottés ces citoyens de Dahud ! Songeais-tu avec amusement.

Une demi-heure de marche, à ton rythme incroyablement lent de plaisancier, et tu discernas enfin le portail principal du palais. Même une fois rendue sur place tu ne ressentais pas le besoin de demander ton chemin tant tu étais persuadée de bien connaître ton frère et ses habitudes. Tu n’eus même pas à fouler le sol du hall d’entrée, aussi luisant que du parquet fraîchement ciré à l’exception faite que celui-ci était fait dans la pierre et non pas dans le bois. Contournant l’aile centrale par l’extérieur, tu atterris rapidement dans les jardins majestueux de l’enceinte. A voir toute cette verdure luxuriante et magnifiquement bien entretenue tu comprenais mieux ce qui avait pu attirer ton frère ici. Même si l’on fermait les yeux sur les hectares du palais, Dahud était réputé pour son environnement agréable bien que rendu relativement dangereux par la présence d’animaux sauvages et agressifs.

Soudain, alors que ton esprit était tout entier tourné vers la beauté sans conteste du lieu, tu remarquas une silhouette familière venant d'apparaître dans ton champs de vision. Le doute n’existait pas, tu aurais pu reconnaître entre mille autres ce dos robuste et ces larges épaules rehaussées d’un tissu qui rien qu’à la coupe semblait onéreux. Avec une certaine fourberie, tu te rapprochas sans un bruit dans l’angle mort de son dos puis, te hissant sur la pointe des pieds :
« — Salut beau gosse ! Lui susurras tu au creux de l’oreille avant de t’éloigner de deux pas en arrière. »

Un large sourire, à la fois joyeux et taquin, étira tes fines lèvres. Tu étais heureuse de le revoir enfin.
codage par Junnie sur apple-spring
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