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Un vent de changement souffle sur les terres d'Oranda... Pour en découvrir plus, la première intrigue a été dévoilée
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Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem

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Styx Frasier
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~#~Sujet: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Mer 3 Mai - 3:48

Tu marchais silencieusement dans les rues de Lucrezia, tâchant de rester dans l’ombre en ce soir où la lune éclairait fièrement le ciel. Difficile de te rendre jusqu’au centre de la cité sans te faire remarquer, surtout en une si belle nuit. Ironiquement, tu aurais peut-être eu moins de mal si le temps avait été orageux… parce que les ivrognes gonflés de liqueur et les prostituées dont les formes callipyges se dissimulent mal derrière leurs vêtements translucides pullulent dans ce secteur de la ville, surtout quand il fait bon.

Le centre était ton objectif. Ces bâtiments qui abritaient les adolescents orandiens et leurs familles lors de la Cérémonie étaient déserts le reste de l’année. En tout cas, c’était ce que les gens bien vous répondaient si vous osiez leur poser la question. Ce qu’ils ignoraient, ces gens-là, c’est que les plus pauvres y trouvaient souvent refuge, et que des groupes comme celui de Ballion s’y réunissaient assez fréquemment. C’était l’endroit tout indiqué pour rassembler un maximum de gens sans que quiconque ne le remarque. C’était un peu ironique lorsqu’on songeait que les édifices étaient si près des palais des représentants… Ballion et les siens se réunissaient dans la baraque réservée aux jeunes sezniens. Ces rassemblements n’étaient bien sûr par réprimandés par Karam Ergorn, fervent adorateur du Dictateur et de ses desseins. Et si tu avais connu Ballion peu avant ta rencontre avec Sven, à peu près huit ou neuf ans plus tôt, tu ne fréquentais plus son entourage par intérêt, mais plutôt par devoir. Il devait forcément s’en douter, mais tu n’en avais rien à faire.

Parce que Sven Ramose n’aurait pas atteint le trône de Sezni sans l’aide de gens comme Ballion. Il ne serait pas l’illustre souverain du sud s’il n’avait pas eu l’appui d’extrémistes et d’idéalistes comme ce ressortissant Feu. Mais connaissant la puissance et la témérité de l’individu, ton maître ne pouvait faire autrement que de garder un oeil sur lui. Et tu étais parfaite pour ça. Pas seulement à cause de la beauté et la finesse de tes traits et de ta taille, mais aussi à cause de la force de tes muscles et de ton caractère. Ton maître savait que tu n’avais pas froid aux yeux et qu’il pouvait avoir entièrement confiance en toi. Aussi, Nadian et toi étiez ses favoris lorsqu’il était question de fréquenter ce genre de groupes. Ballion te voyait comme une de ses fidèles. Il connaissait ton allégeance à votre dirigeant et peut-être que c’est ce qui vous rapprochait : il savait que tes contacts étaient haut placés et que tu n’hésiterait pas à t’en servir pour le bien de votre cause. Jusqu’à tout récemment, cette cause avait été ce qui avait aiguillé ta vie, ce qui avait dirigé chacun de tes pas. Ça n’était que récemment que les choses avaient changé. Depuis ta rencontre avec Lachlan, pendant ta mission à Vainui. Mais la fête des dieux t’avait menée à Dahud et c’est avec plaisir que tu avais répondu à l’appel de Ballion qui t’avait enjointe à les rejoindre ce soir-là.

C’est là que tu avais rencontré Kacem. Plus jeune que toi, le bourreau, bien qu’il affiche des airs de dur, maîtrisait très mal son don lorsqu’il avait joint le groupuscule de son maître. Tu n’avais jamais pu déterminer s’il désirait être là ou pas. Tu avais du mal à saisir le personnage, mais tu avais l’impression qu’il craignait ses propres capacités, et que c’était cette peur qui l’handicapait du point de vue de ce maître qui était le sien. Contrairement à lui, tu n’avais toujours fait qu’un avec le feu qui t’habitait, te complaisant dans la maîtrise de cet élément destructeur plutôt que de le craindre. Sachant comme il était difficile d’être différent, d’être considéré faible par les autres membres d’un groupe, tu avais tout fait pour qu’il finisse par accepter ton aide.

Puisque Nadian t’irritait profondément, de façon presque inexorable dans les derniers jours, tu avais pris la décision de le laisser derrière et de retrouver Ballion et les siens sans lui. Aussi, tu t’avançais dans les rues sombres et silencieuses de Lucrezia, l'œil bien ouvert pour t’assurer qu’un balourd un peu trop aviné ne tenterait pas de mettre la main sur toi. Comme une ombre, tu te glisses dans la baraque, rasant les murs pour te diriger vers le réfectoire où tu aperçevais une lueur discrète. Hommes et femmes s’entassaient dans la pièce, coupe de vin à la main. Et Ballion, solide gaillard d’un certain âge se tenait parmi eux. L’assemblée n’avait pas encore commencé. Il te fait signe d’approcher. « Styx Frasier ! Heureux que tu aies décidé de te joindre à nous ! » s’exclame-t-il en empoignant ta main. À toi de rétorquer : « Ballion, mon vieil ami. C’est moi qui suis contente de revenir enfin vers la civilisation. » Il ne pose pas de question sur ta plus récente mission, parce qu’il sait que tu ne diras rien. Tu as toujours très efficacement évité le sujet. « Tiens, voilà ton favori, » qu’il s’exclame en désignant une ombre qui pénètre tout juste dans la pièce. Tu lèves un sourcil. L’aide que tu apportais au bourreau n’était pas connu de vos compagnons, tu t’en étais personnellement assurée. « Ne dis pas ça devant Nadian, tu vas le froisser, » que tu ricanes. Le désir de Nadian pour toi était bien connu par tous ceux qui vous avait fréquenté à plus d’une reprise. Ton compagnon de chasse ne se gênait jamais pour te passer des remarques grivoises déplacées. « Tu sais bien que j’adore Kacem juste parce que j’aime quand il accepte de s’envoyer en l’air avoir moi. » Tu le dis sur un ton taquin. Jamais tu n’avais même vu la peau des fesses de ton protégé. Même si tu avais été intéressée, il refuserait probablement de te toucher. « Kacem ! que tu l’interpelles de ta voix claire. J’étais justement en train de dire à Ballion comme tu m’avais manqué pendant ma mission… Viens par là, tu veux ? »

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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Mer 3 Mai - 17:21

    Cela faisait quelques temps désormais que Kacem s'était joint à ces gens-là. Aux extrémistes. Des fanatiques qui ne juraient que par Sven Ramose, celui qui avait réussi à s'emparer du Sud par la force et qui le maintenait sous son joug par la crainte. Le seul nom du dictateur suffisait à faire blanchir les plus fragiles. Kacem n'avait jamais rencontré l'illustre « héros de la patrie », comme le disaient si bien ses fréquentations. A les en croire, c'était un envoyé céleste venu ériger la sage parole au nom de Malaggar, des chansons s'étaient même improvisés dans les rangs des adorateurs pour louer la conquête du Sud orchestré par cet homme. Le basané avait pour habitude de se faire sa propre idée de quelqu'un, mais pour se fondre dans la masse, il criait également son nom dans les réunions, il chantait aussi ses louanges en compagnie des siens -du moins, il murmurait les quelques phrases clés que sa mémoire avait su imprimé-. Il était encore débutant dans le domaine, il ne maîtrisait pas spécialement bien son élément -même si il avait réussi à se hisser à un certain niveau- et craignait encore la force destructrice qui sommeillait en lui. Depuis des années déjà, il s'était reforgé à l'image de ses compatriotes. Seul, jamais il n'aurait réussi à s'élever à un tel niveau dans le maniement du feu, jamais il n'aurait prit l'initiative de louer de la sorte un homme dont il ne connaissait que le nom. Sven Ramose.

    Tout ce qu'il savait de cet homme-là, c'était la peur qu'il inspirait, les pensées de l'opinion public de Lucrezia le concernant, et l'idylle qu'il incarnait aux yeux des fervents défenseurs des Feux. Son maître à penser, Ballion, qui maîtrisait parfaitement la rhétorique, lui avait apprit qu'il était un prodige, un homme fort, l'homme providentiel tant attendu par tout Feu qui se respecte. En tant que Feu, Kacem se devait donc de l'apprécier et ce, même si il ne savait rien de lui. C'était un peu une légende urbaine, une fantôme dont le murmure sur ses actes héroïques avait ravivé les flammes de l'espoir, un élu, un véritable héros. C'était ce qu'on lui faisait avaler constamment.

    Comme à son habitude, Kacem quitta son domicile branlant et rasa les murs de la capitale sous sa capuche noire. Difficile de passer inaperçu quand la lune se faisait la lanterne de toute la cité. L'ombre n'était plus, la lumière avait décidée de dominer les cieux en cette agréable nuit. Ce n'était, en somme, par le moment opportun pour se rendre à une réunion secrète et illégale qui se serait sûrement faite condamnée par les représentants des autres familles, les Kunan, les Birghild ou encore les Fanior, mais totalement approuvé par les Ergorn. En effet, Khorde comme son paternel Karam, membres les plus influents de la famille, étaient également de fervents admirateurs de Sven. Afin de ne pas être suivi, Kacem resta le plus possible dans la pénombre des bâtiments gorgés de pauvres, il serpenta des chemins abrupts, de sombres ruelles afin de pouvoir disparaître aux yeux des passants plutôt que de passer par les grandes rues, véritables veines alimentant le coeur de la capitale. Une fois ceci fait, il regagna la place dédiée à la Cérémonie qui, lorsqu'elle n'avait pas lieue, était un désert humain -même si quelques sans-abris ou reclus de la société y trouvaient domicile-. La grande place où les enfants subissaient les différentes épreuves n'était actuellement peuplée que de quatre ou cinq personnes qui déambulaient çà et là. Un vieillard borgne sous une tenue sombre qui boitait, une prostituée seins à l'air en pleine nuit et au visage rougie par les pleurs ou les coups, ses boucles brunes délavées étant asymétriques autour de son visage; il y avait également deux enfants apparemment perdus qui se tenaient la main, se dirigeant lentement vers un bâtiment illuminé d'un feu de camp improvisé, ainsi qu'un ivrogne affalé en plein centre et qui sommeillait à moitié dans les cadavres de ses bouteilles qu'il avait certainement dilapidé les unes à la suite des autres. Kacem continua sa route sans dire un mot et entra dans la bâtisse dédiée à la réunion du soir. Celle ci était déjà assez animée alors que le discours de Ballion ne commencerait que dans une heure ou deux. N'ayant rien à faire chez lui si ce n'est dormir ou lire les livres conseillés par Ballion -avec bien du mal, en raison de son quasi-illetrisme-, Kacem avait pour habitude de venir aux réunions avec beaucoup d'avance. Il paraissait ainsi, par la même occasion, aux yeux des siens comme un serviteur dévoué et assidu à la cause.

    Voyant Ballion très entouré lorsqu'il arriva, le vingtenaire décida d'aller s'installer sur un banc en bois installé devant une grande table. Il resta là sagement, regardant autour de lui. Sur ce même banc, il y avait un homme qu'il n'avait encore jamais vu, un type avec une balafre qui passait en travers son visage et qui avait, semble t-il, arracher son nez. Cette simple vision lui donna des frissons. Il fit ensuite fureter son regard devant lui et vit quelques filles dénudées qui se pavanaient entre les admirateurs du dictateur en agitant leurs seins dont les tétons caressaient déjà leur nombril, elles étaient maquillées à outrance et n'avaient rien de particulièrement attrayant dans leur plastique, ou même sur leur visage. C'était exactement le genre de prostituées que Kacem « utilisait » pour calmer ses pulsions. Elles avaient, sans aucun doute, étaient ramenés ici pour distraire les impatients venus saluer la performance de Ballion, ce soir. Au devant de la scène, des hommes trainaient encore quelques tables et des chaises pour permettre à tous de pouvoir assister dans les meilleures dispositions possibles au discours. Au bout de quinze minutes, l'écorché, installé aux côtés de Kacem, commanda à une des prostituées de la liqueur, et exigea également qu'elle s'occupe de son sexe, par la même occasion. Gêné par la situation lorsqu'il vit la grande blonde qui portait un tatouage de Vent, entaché d'une horrible brûlure, ouvrir les braies du quarantenaire pour glisser ses lèvres sur son membre; Kacem se leva en déglutissant et se dirigea vers une chaise libre dans le coin gauche de la grande pièce. Alors qu'il venait de faire un pas seulement, il entendit la voix de Ballion : « Tiens, voilà ton favori ». Vraisemblablement, il le désignait par le terme « favori ». Kacem tourna alors son regard en direction de son mentor spirituel et découvrit avec surprise Styx... Styx Frasier.

    Cette femme était aussi une des mentors de Kacem. Plus encore que Ballion, même. Enfin, elle était une mentor privée. Kacem ne voyait que très rarement Ballion seul à seul, il le considérait ainsi comme un maître à penser et non pas comme un véritable proche, bien que Ballion lui accordait de temps à autre du temps pour le conseiller et l'aiguiller dans ses lectures. Styx elle, c'était une véritable professeure pour lui. En effet, la demoiselle l'aidait à perfectionner la maîtrise de son pouvoir et l'aider bien plus souvent que Ballion, même si elle était souvent en vadrouilles. Elle était du genre aventurière, d'après ce qu'il savait, tandis que lui était plutôt un casanier dans l'âme. Quand il la vit aux côtés du maître de cérémonie, le moricaud s'approcha lentement en regardant un peu autour de lui. La forte voix de Ballion avait raisonné dans la salle et quelques regards étaient désormais tournés en direction de lui. Styx aussi se mit soudainement à s'adresser à lui, l'apostrophant littéralement : « Kacem ! s'écria t-elle presque, en le voyant. J’étais justement en train de dire à Ballion comme tu m’avais manqué pendant ma mission… Viens par là, tu veux ? » Arrivant en face de ses deux modèles, Kacem courba respectueusement l'échine et ne la releva pas, regardant les souliers de ses supérieurs et se contenta de répondre d'une voix bien moins tonique que la leur : « Je ne m'attendais pas à te revoir si vite, Styx. » Dit-il simplement. Il se rendait compte que présentement, certains fanatiques devaient jalouser sa position. Il était entouré par deux grosses pointures du mouvement révolutionnaire des Feux, et leur attention était portée sur lui. « Relève la tête, veux-tu, sinon tu ne la reverras pas de sitôt. » Plaisanta Ballion, même si sa proposition était un ordre. Le bourreau hocha alors la tête et la releva par la suite, regardant la jolie brune qui lui fit face alors qu'un ricanement échappa à Ballion qui se mit entre eux, posant une main sur le dos des deux jeunes gens en les poussant délicatement : « Prenez place pour parler, je m'en vais vous commander une bouteille à partager. La réunion ne va pas tarder à commencer. » Dit-il avant de disparaître assez rapidement.

    Timidement, Kacem retourna s'installer sur le banc où l'homme à la cicatrice se faisait plaisir avec l'hideuse prostituée qui s'occupait de sa verge. Il se mit dos à eux pour faire face à Styx et demanda alors : « Comment se fait-il que tu sois là, ce soir ? » Puisqu'en effet, il était rare de la voir dans le coin. C'était une femme très occupée qui n'accordait que très peu de temps aux réunions de son ami Ballion. Elle avait choisie l'ombre, lui la lumière. Sa dévotion pour Sven se traduisait par des missions en sa faveur, alors que Ballion lui, avait décidé de servir leur seigneur en faisant valoir sa bonne parole aux oreilles des siens. Deux optiques différentes pour servir une même personne.



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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Dim 14 Mai - 2:42

Tu l’observes s’incliner avec respect. Kacem vouait dévotion à Ballion depuis plusieurs années. Toi, tu ne vouais ta fidélité qu’à ton maître et souverain, le dictateur lui-même. Et même si Ballion pouvait dire avec fierté que tu ne serais probablement pas là où tu étais aujourd’hui si tu ne l’avais pas rencontré, même s’il pouvait se vanter d’avoir insufflé ses convictions suprématistes dans ton esprit, tu ne faisais pas partie de ses adorateurs. Tu le savais et il le savait aussi. Et tu admirais l’homme pour les épreuves par lesquelles il était passé et pour la force de ses convictions, mais tu n’estimais pas qu’il te soit supérieur. Loin de là. Si ton maître t’avait ordonné de le surveiller, ce devait être parce qu’il avait plus de confiance en toi qu’il n’en avait pour l’écrivain. Tu y avais longuement songé à temps perdu. Tu en avais conclu que le général devait moins craindre une ombre comme toi qu’un orateur comme Ballion. Malgré toutes ses tares, Ramose était sage.

Tu voyais un grand potentiel en ce bourreau qu’était Kacem. La froideur dont il faisait preuve durant ses exécutions et sa résilience face à l’autorité en étaient la preuve. Tu avais toi-même eu beaucoup de mal à maîtriser tes capacités à l’aube de ta vie adulte. Ton impulsivité et ton instabilité en étaient la cause. Or, le bourreau possédait toutes les qualités requises pour devenir un bon maître du feu. Ballion avait dû voir cela en lui. Sauf que Kacem craignait son propre pouvoir. Tu avais mis du temps avant de le comprendre… Le Feu était, avec l’Air, un des éléments les plus ardus à maîtriser. Non seulement à cause de son aspect dangereux, mais aussi à cause de la discipline qu’il était nécessaire de développer pour y parvenir. Selon ce que tu en savais, les Air prônaient un mode de vie très centré sur l’équilibre et la spiritualité à cause du calme et de la paix d’esprit qu’ils devaient posséder pour parvenir à avoir une bonne maîtrise de leur élément. Tout comme les Air qui manquaient d’équilibre et de paix d’esprit avaient du mal à dompter leurs capacités, les Feu trop téméraires ou apeurés avaient l’apprentissage pénible.

Il ne s’attendait pas à te revoir si vite, qu’il te dit. Tu fronces les sourcils, légèrement intriguée par l’attitude froide et fermée de ton protégé. Ballion y va d’une plaisanterie avant de vous inviter à vous installer pendant qu’il va quérir une bouteille. Tu ne t’attendais pas à tant de sa part. Tu prends place à l’une des longues tables, près de l’endroit où une prostituée aux traits bien peu gracieux léchait le membre d’un des fidèles. Tu remerciais les dieux de t’avoir donné la volonté et les atouts pour te hisser à une position confortable dans un monde principalement conçu pour la gens masculine sans avoir à te dégrader de la sorte. Il t’arrivait souvent de te demander ce qu’il était advenu de tes sœurs cadettes. Malgré tes craintes de les voir atterrir dans les méandres de la prostitution ou de l’esclavage, tu n’avais jamais cherché à les retrouver. Depuis que tu avais pris le pseudonyme de Styx Frasier, le seul que tu avais croisé à quelques reprises sans jamais t’approcher, c’était ton frère Chems.

« C’est la fête des dieux qui m’amène. Là où le maître va, je vais aussi, » que tu réponds, un sourire énigmatique flottant sur tes lèvres. Les deux seules personnes qui savaient que tu étais en mission dans le nord étaient ton partenaire, Nadian, qui avait ressenti énormément de frustration lorsqu’il avait su qu’il ne serait pas de la partie, et le maître lui-même. Malgré les années qui étaient passé, tu avais encore du mal à complètement saisir le bourreau. Or, tu ne lui parlais que rarement des détails de tes missions et de tes allées et venues à Oranda. « Ils préparent quelque chose tu penses ? Un coup d’éclair ? » que tu lui demandes en relevant un sourcil, observant les hommes et les femmes se parler à mi-voix dans l’immense pièce. Si les fidèles Suprématistes Feu avaient bien parfois un défaut, c’était leur tendance à oublier qu’ils n’étaient pas seuls dans la pièce. Ces femmes et ces hommes, certains Exempts, d’autres Air, Eau ou Terre, ces esclaves et ces prostituées qui traînaient constamment dans les réunions de Ballion avaient des yeux et des oreilles. Tu n’avais d’ailleurs jamais compris comment Ballion pouvait les laisser traîner par là. « Qu’ils répandent notre philosophie si ça leur chante, » t’avait-il dit un jour, un large sourire étirant son visage barbu. La fête des dieux qui devait se dérouler dans quelques jours à peine était une occasion qui amenait des centaines de voyageurs à Lucrezia tous les ans. Marchands, artisans, artistes, riches et moins riches visitaient la ville dans un climat de tolérance et de paix pendant cinq jours afin d’honorer les dieux qui les avaient gratifié de ces terres. À tes yeux, aller à l’encontre des traditions et verser le sang en cette occasion sacrée relevait d’un affront. Même ton maître respectait la volonté divine. Nadian t’avait bien transmis ses ordres : garder l’oeil ouvert, rester alerte, mais pas de coup d’éclat. Si ça avait embêté ton partenaire de chasse, il n’en avait rien laissé paraître. Si vous veniez à repérer une ou l’autre de vos cibles, il faudrait simplement la subtiliser discrètement pour la ramener à votre maître sans faire de vagues.

« Si tu veux, on peut toujours se rejoindre après… enfin, si tu as envie de discuter affaires, je veux dire. » Tu espères qu’il comprend ton allusion. Vous êtes toujours restés discrets sur la nature réelle de votre relation. Ni toi ni le bourreau n’auriez voulu que quiconque sache que tu le coachais à maîtriser le feu. Toutefois, Kacem semblait apprécier ton aide. Et toi, tu appréciais la sienne. Parce que garder un œil sur Ballion Istyrn, c’était un job à temps plein, et Kacem le côtoyait beaucoup plus fréquemment que tu ne le faisais. Aussi, le beau jeune homme n’en avait probablement pas conscience, mais vos discussions sur ce qui se passait en ton absence n’étaient pas innocentes.

Du coin de l’œil, tu aperçus Ballion s’approcher avec, dans une main, une bouteille remplie d’un nectar que tu savais bien corsé et goûteux, et dans l’autre, trois coupes de verre. L’expression plutôt gaillarde, l’homme dépose la bouteille devant. « Vous êtes bien installés ? s’assure-t-il. Je crois que presque tout le monde est arrivé. On va pouvoir commencer… »

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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Mer 17 Mai - 14:30

    Kacem ne s'attendait absolument pas à trouver Styx ici, ce soir. Il était ravie de la voir. Cela évitera qu'il se sente constamment gêné ce soir par les râles de plaisir de l'écorché dans son dos qui se faisait littéralement sucer par une putain soumise par les suprématistes du Feu. Et à la question « Que fais-tu ici ? », Styx en invoqua la réponse suivante : parce que les dieux. Enfin, ce n'était pas si simple que ça. Une fête en l'honneur des déités était en effet en approche, mais quelle idée de venir célébrer celle ci à Dahud plutôt qu'à Sezni, la mère-patrie où se trouvait ce fameux maître qu'elle évoquait également, celui ci étant l'actuel souverain de la terre natale de Kacem, Sven Ramose. Ce fameux héros maître du Feu portant la sage-parole. A la réponse un peu taquine de sa supérieure, l'ancien seznien ne put s'empêcher de sourire, amusé. La présence de Styx lui réchauffa le coeur, c'était une des rares personnes qu'il appréciait réellement sans porter de masque et ce, pour la simple et bonne raison qu'elle avait sût lui offrir ce que d'autres n'avait pas voulu donner : de l'aide. Pas seulement au niveau de la maîtrise de ses dons, qui était très important pour lui afin de se faire accepter par ses compatriotes mais aussi pour qu'il puisse se sentir réellement digne de son rang de Feu dont il était si fier; non, elle avait fait bien plus que ça. Même si elle pouvait encore jouer une mascarade avec lui, elle avait tout de même eut de la bonté, de la bienveillance envers lui, comme une soeur envers son frère ou même une mère avec son fils. Deux liens familiaux dont le jeune Al Mansour n'avait jamais joui.

    Un râle supplémentaire suffit seulement pour attiser la curiosité de la maîtresse du feu. En effet, l'attention de la brune se posa un instant sur le fidèle qui était actuellement en train de se faire langoureusement lubrifier le manche par l'une des divas bon marché de la grande salle. Cette dernière, comme en témoignait les restes de son tatouage, n'était en rien une manipulatrice du feu, et faisait donc un peu tâche dans le paysage démographique des lieux. Partout où l'on regardait, tout le monde arborait assez fièrement son tatouage pour revendiquer sa nature de Feu, Kacem lui-même avait décidé de se retrousser une manche afin de faire apparaître son tribal ocre qui couvrait son avant-bras, de son poignet à son coude pratiquement et qui témoignait donc de son niveau d'expertise. Néanmoins, il y avait quelques personnes ici qui, soit cachaient leurs tatouages, soit exposaient une couleur autre que le prisme de couleurs chaudes associé généralement au peuple du feu. Vert, bleu, brun, grisâtre, ou encore blanc. Ceux ci étaient des sous-fifres, des personnes réduites en esclavage pour la soirée, pour servir les êtres-supérieurs qu'étaient les Feux. « Ils préparent quelque chose tu penses ? Un coup d’éclair ? » Il était vrai qu'on pouvait aisément se poser la question. Les lubies de Ballion, à savoir l'asservissement des autres « races » -comme il les appelait-, pourraient lui jouer des tours à l'avenir ... Certains pourraient, en sortant d'ici, aller avertir les autorités compétentes des agissements du groupe néanmoins, Ballion ne craignait pas cela. Il avait une poigne de fer et il savait les effrayer suffisamment pour qu'ils tiennent leurs langues, de plus, il était important pour lui et ses fidèles d'avoir des domestiques autres que Feu pour les servir ici afin de faire valoir leur suprématie. Kacem comprenait parfaitement son raisonnement depuis qu'il buvait les paroles d'Istyrn et qu'il lisait quelques lignes de son ouvrage chaque jour. Il s'était bourré le crâne avec les idées extrémistes de son modèle et avait fini par adopter son point de vue sur le monde. Il s'estimait ainsi chanceux d'avoir été désigné Feu lors de la cérémonie, sans quoi, il serait devenu une tare pour l'humanité qui doit être purifié par les flammes.

    « Ils ne servent qu'à exhiber notre supériorité. » Lança alors Kacem, de façon plus assuré que tout à l'heure. Cette idée provenait des paroles de Ballion et ne pouvaient donc qu'être vraies, selon lui, d'où son assurance. Si jamais l'orateur avait été là, il aurait très certainement été fier de la réponse de son fidèle qui arrivait ainsi à retranscrire sa pensée sans même réfléchir. Un bon lavage de cerveau. C'était sans aucun doute ce que craignait Styx, que l'ex-prisonnier dahudien n'obtienne un pouvoir de séduction tel qu'il parvienne à asservir trop de gens et qu'il ne les retourne contre le pouvoir instauré actuellement à Sezni. D'après ce qu'en savait Kacem, ce n'était pas du tout l'objectif de Ballion mais, bien évidemment, aucun homme sensé -or, il était un homme sensé- n'irait parler de ses plans de conquête à un moins que rien illettré et tout juste bon à soulever une arme, puis à l'abaisser sur la tête d'un homme. Ceux qui, éventuellement, pourraient être dans la confidence de ses sombres desseins seraient ses proches conseillers, son cercle restreint, et personne de plus.

    « Si tu veux, on peut toujours se rejoindre après… enfin, si tu as envie de discuter affaires, je veux dire. » Proposa alors Styx. Il y avait bien évidemment un sous-entendu là-dessous que seul Kacem pourrait comprendre. Elle évoquait bien évidemment ici le fait qu'elle l'aidait dans la maîtrise de son pouvoir. Il avait, en effet, eut une ascension fulgurante dans la maîtrise de son pouvoir à son arrivée définitive à Dahud, et plus particulièrement lorsqu'il a commencé à fréquenter les indépendantistes Feux. Avant sa rencontre avec eux, il n'était que niveau un, il ne savait pas contrôler son élément et c'est au contact des siens qu'il s'est amélioré. Cependant, sa montée en puissance était tellement fulgurante qu'il a fini par perdre le contrôle, sa peur l'a submergé et cela s'est ressenti dans sa maîtrise de son élément qui s'est avéré de plus en plus tumultueuse, étant liée à ses émotions à l’instante. Il était donc nécessaire pour lui d'avoir un maître capable de le guider et de lui permettre de dominer ses pouvoirs. Il voulait, au plus profond de lui, devenir un élément clef pour Ballion, il voulait être reconnu par ses pairs et accepté, il voulait être autre chose qu'un simple fidèle embrigadé au hasard et qui ne servait qu'à faire gonfler les rangs des extrémistes. Son objectif, c'était d'évoluer encore en vainquant ses craintes ... Il voulait créer des flammes. Styx s'était alors proposé pour le guider et jusque là, elle lui était d'un grand secours. Ainsi, quand elle lui proposa de se retirer plus tard, il accepta volontiers d'un simple hochement de tête agrémenté d'un sourire en coin.

    Là, une ombre passa par dessus le corps du basané qui releva alors la tête, croisant le regard de son maître à penser qui venait de déposer sur le bois de la table trois coupes en verre, ainsi qu'une bouteille d'alcool qui n'était pas inconnu à Kacem. Ce n'était pas sa piquette habituelle, mais bien un alcool plus luxueux et méritant. Sur ce, après avoir amené le breuvage, le maître de cérémonie s'assura que ses deux convives étaient bien installés puis les intima que tout le monde étant là, il allait pouvoir se faire les vocalises. Dans son dos, un autre avait déjà commencé à les faire... En effet, un nouveau râle échappa au balafré qui après avoir juté sur le visage de la pauvre femme qui s'était aussitôt reculé, avait pesté contre elle et fut contraint de finir son affaire dans le verre qu'il venait de se commander afin de ne pas tâcher sa tunique avec sa semence. Kacem qui s'était retourné en entendant le gémissement sonore du vieillard, ne put retenir une grimace de dégoût en le voyant ainsi se soulager. La prostituée elle trembla un peu, s'essuyant brièvement le visage d'une main hésitante et rampa presque comme un animal jusque dans la pénombre afin de se volatiliser. « Triste spectacle, n'est-ce pas ? » Demanda Ballion en s'installant en face de ses deux amis, un grand sourire aux lèvres. Il prit la grande bouteille d'alcool fort, en versa dans les trois coupes et distribua celles ci à Styx tout d'abord -la galanterie avant tout-, Kacem, et enfin une pour lui. Ni une, ni deux, les deux hommes engloutirent le liquide de leur récipient. Le moricaud posa alors son verre de façon assez brutale sur la table, sentant une chaleur soudaine se développer à l'intérieur de sa gorge, ce qui le fit légèrement toussoter, ce qui amusa encore une fois le leader du mouvement extrémiste. Kacem déglutit et se reprit ensuite. Il n'avait pas l'habitude de consommer un alcool de cette qualité.

    « Hm, de quoi parliez-vous au fait, avant que je ne vous interrompe ? » Demanda, intrigué, l'écrivain en souriant à sa belle comparse. Il passa son index sur le bord du verre à pied, le faisant tourner dessus avant de finalement proposé : « De vos ébats passés ? » Cette simple proposition suffit à faire rougir les joues de Kacem qui ne comprenait vraisemblablement pas comment pareille idée avait bien put germer dans l'esprit du politicien qui ricana encore en voyant ainsi changer de couleur le bourreau. Bien évidemment, cette idée avait été précédemment avancée par la mercenaire. « Ce ne serait pas trop mal que vous fassiez quelques enfants ensemble, ce seraient assurément de fiers Feux bénéficiant de vos qualités respectives. Des joyaux pour Sven, tu ne penses pas Styx ? » La situation devenait de plus en plus gênante pour l'apprenti de Styx qui, au moment même où il allait avoir le cran de répondre à son maître à penser fut interrompu par la voix rauque d'un des hommes de Ballion : « Excusez-moi, mais nous n'attendons plus que vous, Ballion. » Un sourire apparût encore sur le visage du beau parleur qui se releva alors du banc en s'excusant auprès de ses camarades avec qui il bavassait, puis il partit en direction de son estrade afin de commencer son discours. La salle commença à se taire petit à petit sur le passage du barbu, tous commencèrent à aller s'installer autour des tables de bois, les non-Feux se retirèrent dans l'ombre afin de ne pas avoir l'audace de se montrer aux yeux de la sainte-parole, aux yeux du grand orateur connu dans les sombres ruelles de Lucrezia : Ballion Istyrn...


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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Dim 28 Mai - 20:48

Tu observes un moment la femme Air à l’allure rachitique astiquer le manche de l’homme balafré avant de demander à ton ami s’il sait si Ballion et les siens préparent un coup d’éclat. Kacem ne relève pas la question. Il a plutôt lu le scepticisme dans ton regard, le froncement de tes sourcils alors que tu constatais la présence d’un tatouage violet sur l’avant-bras de la prostituée. « Ils ne servent qu’à exhiber notre supériorité, » qu’il te fait remarquer d’un ton beaucoup plus assuré qu’à l’habitude. Tu esquisses un sourire ; tu reconnais les paroles de Ballion dans la bouche du jeune homme. Les paroles du scribe avaient cette tendance à s’insinuer dans les pensées des gens influençable, ceux qui cherchaient à donner un sens à leur vie. Tu aimais croire que tu avais été différente, mais il est vrai qu’après que Lilo ait décidé de s’investir dans sa vie familiale avec Casto, tu t’étais sentie un peu perdue… Le bourreau n’était qu’un pantin de plus parmi tous les autres fidèles d’Istyrn. Tu le savais depuis toujours, mais ça se voyait de plus en plus à mesure que le temps passait. Il avait appris à lire et parcourait religieusement les lignes des ouvrages écrits par l’orateur, dont les convictions s’ancraient en lui aussi solidement que les montagnes étaient ancrées dans la terre. Mais tu t’étais attachée à lui. Bien malgré toi, tu t’étais prise d’affection pour celui que tu aimais appeler ton protégé. Et même si tu savais que jamais tu ne pourrais accéder aux secrets les mieux gardés de Ballion grâce à un simple pion, tu savais que tu t’attachais lentement la confiance des autres fidèles en côtoyant la recrue. Peut-être qu’un jour tu parviendrais à te lier à un des plus proches conseillers de Ballion. Peut-être qu’un jour, l’homme te considérerais comme un de ses plus proches conseillers. Ça, c’était une mission que tu étais en mesure d’achever. Ça, c’était un mission que tu prendrais avec plaisir.

Tu lui proposes ensuite discrètement de vous rencontrer après le rassemblement. Il te gratifie d’un petit signe, acquiesçant à ta demande avec un petit sourire en coin. Le scribe dépose une bouteille de nectar sur la table et trois coupes de verre. Derrière vous, tu entends le grondement de jouissance poussé par le balafré qui gicle son sperme dans le visage de la pauvre prostituée qui recule brusquement, contrariant le balafré qui se retient de la frapper. « Triste spectacle, n’est-ce pas ? » commente Ballion en s’installant, toujours aussi souriant qu’à l’habitude. Il verse le nectar dans les coupes de verre et te sert en premier avant de remettre un verre à ton protégé. Tes deux compagnons engloutissent le liquide sous tes yeux amusés. Kacem tousse un peu avant de se reprendre alors que Ballion vous demande de quoi vous parliez avant qu’il ne ramène ses fesses, faisant allusion à ces parties de jambes en l’air fictives que tu as évoquées un peu plus tôt. Tu ricanes à la vue des joues rougies du jeune homme. C’était la façon la plus facile de justifier les longues heures que tu passais fréquemment avec Kacem chaque fois que tu visitais Dahud. La plupart des hommes de votre entourage ne comprenaient pas que les hommes et les femmes puissent se lier d’amitié. Aussi, pour éviter tout ennui à ton ami, tu préférais sortir cette histoire qui satisfaisait leur esprit fertile et vous évitait trop de question auxquelles tu ne pourrais pas répondre. Ballion poursuit en faisant allusion aux beaux enfants que Kacem et toi pourriez concevoir. De véritables joyaux pour Sven, dit-il. Un sourire un peu jaune apparaît sur tes lèvres. Malgré toutes ses qualités et la magnificence de la plupart de ses idées, Ballion n’en restait pas moins un homme et un seznien. Il avait beau accepter ta présence parmi ses fidèles, accepter le fait que tu portais un pantalon à la place des jupons traditionnels et que tu te battais comme un homme, que tu étais féroce et dangereuse… il garderait toujours au fond de lui cette petite conviction que les femmes de ce monde ne pouvaient être que deux choses : des mères ou des putes. Il aurait toujours en lui ce petit espoir que tu finirais par t’en lasser un jour pour devenir une femme normale.

Tu es sur le point de rétorquer qu’il sait bien que tu ne seras jamais le genre de femme à se poser et à élever des morveux comme ta mère ou tes sœurs lorsqu’une voix rauque indique à Ballion qu’il est attendu. S’excusant auprès de Kacem et toi, il se dirige vers l’estrade pendant que les fidèles s’installent plus confortablement aux longues tables de bois et que les esclaves destinés à démontrer la puissance Feu se retirent en silence. Tu te détends légèrement alors que tu les vois quitter la pièce, espérant que les hommes de main de l’orateur s’assureraient qu’il sorte du bâtiment pour qu’ils ne puissent pas laisser traîner leurs oreilles où ils ne le devraient pas. Le scribe adresse un grand sourire à ses fidèles. « Mes très chers frères, mes très chères sœurs… je ne peux que vous remercier de votre présence ici ce soir. Que vous soyez parmi nous depuis des années ou que vous soyez ici pour la première fois, l’ascension des nôtres vers le sommet commence avec chacun d’entre nous et je suis là pour vous guider… » L’homme est dressé sur l’estrade de toute sa stature. Calmement, tu te penches vers ton protégé, tes lèvres effleurant l’hélix de son oreille en murmurant : « Je suis désolée de t’avoir mis mal à l’aise… il pose moins de questions depuis qu’il pense qu’on couche ensemble… » Tu recules sans insister, empoignant la coupe d’hydromel que tu portes vers tes lèvres, savourant la gorgée du liquide que tu as si rarement l’occasion de sentir dans ta bouche. Sans quitter Istyrn du regard, tu saisis la carafe contenant le nectar doré que tu verses dans la coupe de ton ami, l’enjoignant à prendre une autre gorgée.

Tu laisses les minutes s’écouler, écoutant la sainte parole de Ballion aux côtés du bourreau sans piper mot. Le sage orateur avait ce charisme qui faisait taire quiconque s’attardait à écouter ses discours une ou deux secondes de trop. Le même charisme que Sven. Le même charisme que tout usurpateur, tout charlateur devait posséder pour se permettre de tenir les gens sous son emprise de cette façon. Alors qu’il parle, tu sens une certaine tension, une certaine effervescence dans l’air. Il éveille les esprits, l’ancien prisonnier. Lorsqu’il termine finalement sa tirade au sujet de la suprématie de leur peuple et de la faiblesse des autres races, comme il les appelle, les spectateurs se détendent brusquement, mais tu sens que leur enthousiasme est réveillé. Il était plutôt fréquent qu’un fidèle de Ballion soit pris d’une passion soudaine en quittant une rencontre et qu’il s’attaque à un Exempt ou à un représentant d’un autre peuple. Tu n’approuvais pas ce genre de comportements. Des meurtres isolés comme ceux-ci n’apportaient rien à votre cause. Les jeux de pouvoir de ton maître permettaient à votre peuple de gagner de la puissance sans avoir à verser trop de sang. Sven t’ordonnait de surveiller Ballion pour t’assurer qu’il ne tentait pas de le supplanter, mais aussi pour que tu t’assures qu’il n’encourageait pas ses fidèles à commettre des coups d’éclat visant à abattre trop de vies.

L’expression souriante grâce à l’alcool que tu as absorbé, tu te relèves et tends la main à ton vieil ami. « Je ne sais pas pour toi, mais j’ai besoin de me délier les jambes. » Quittant ton protégé pour un moment, tu t’approches de Ballion, lui prodiguant une accolade chaleureuse. « C’était parfait, comme toujours, » que tu le complimentes en soutenant son regard avec respect. « N’hésite surtout pas si tu as besoin de bras supplémentaires dans les prochains jours. » Il t’adresse un sourire. Tu sais qu’il comprendra le sous-entendu.

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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Dim 4 Juin - 16:23

    Kacem avait l'impression de ne pas être au courant de sa propre vie sexuelle. Voilà qu'il venait d'apprendre qu'il s'envoyait en l'air avec Styx ... Comment cette idée était venue à l'esprit de son maître à penser ? Il le saurait bien assez tôt. Cependant, cette simple révélation erronée eut pour effet de teinter ses joues d'un rouge soudain. Pour tout dire, il était généralement plus « attiré » par les quelques attraits d'une femme courant les rues pour vendre son entre-cuisse, une femme dont il pouvait abusé sans réellement craindre de représailles quant à ses lubies à condition qu'il lui lance après avoir tiré son coup une pièce ou deux afin qu'elle puisse se payer une épilation et ne reparte charbonner le lendemain dans l'attente d'une vie meilleure. Vie meilleure qui, bien évidemment, ne peut surgir dans ce cercle vicieux dans lequel la bonne femme ne fera qu'enchaîner les partenaires sexuels, tous plus répugnants et effrayants les uns que les autres. Néanmoins, même si Kacem avait davantage l'habitude des chaires tombantes, des cheveux crépus et des parfums infects des filles de passe, il ne dirait, comme aucun homme, « non » à l'espionne de Sven. Elle était une mentor pour lui, et ses pensées érotiques le mirent assez mal à l'aise compte tenu de leur relation. Il s'embrouillait lui-même, et se prenait sans aucun doute la tête pour rien puisque jamais ils ne seraient amenés à coucher ensemble. Il avait déjà une chance inestimable, dont il se rendait compte en sentant les regards jaloux des autres Feux, de pouvoir adresser la parole à Styx. Plus encore, il était chanceux qu'elle daigne s'occuper de son entraînement. Après tout, il n'était qu'un cloporte. Un homme de la plèbe, semblable à tout autre, qui ne se distinguait en rien des autres fidèles de Ballion. Il était perdu, maléable en quête d'un sens à donner à sa vie, il rêvait de plus et comptait aveuglement sur Istyrn et ses proches conseillers pour lui conférer une vie meilleure... Comme si ces hommes-là étaient des faiseurs de miracles et qu'ils allaient leur faire l'aumône d'un bonheur utopique. Balivernes. Ce n'était que de la poudre aux yeux que les fidèles se complaisaient à se lancer eux-même sur leurs globes oculaires. Effrayant.

    Quelques instants plus tard, Ballion s'excusa et se retira. Il était appelé. C'était son heure, comme à chaque réunion. Il allait encore faire valoir ses paroles qui se voulaient prophétiques pour tous les ignares de la grande salle, parmi lesquels figuraient bien entendu Kacem. Les promesses « ballionniennes » le nourrissaient, elles l'inspiraient et lui réchauffaient son coeur meurtri et tourmenté par des peurs multiples. Solitude, abandon, faiblesse, couardise, passivité. Seul Ballion avait ce don de le motiver, de lui offrir un engouement insoupçonné qui servirait à alimenter la cause des Feux. Certes, il n'était qu'un rouage indissociable d'un autre dans cette gigantesque articulation mécanique qu'était le mouvement intégriste Feu. Cependant, tout grand artifice débute avec deux ou trois pièces minimes et en apparence inutiles si bien que si un disque quelconque venait à manquer, l'équilibre même de la machine pourrait être mis en péril. Ces quelques pensées dirigée par une longue métaphore filée, et agrémentée d'une comparaison, n'étaient que paraphrase des discours passés du scribe. Des mots récités presque à l'identique précédemment pour faire croire à tout le monde que personne ici, dans la salle, n'était dispensable. Leur nombre faisait leur unité. Rares sont les écrivains à pouvoir charmer autant à l'oral, ces derniers s'étant réfugié dans l'écriture pour fuir la confrontation vocale d'une certaine façon, sans quoi ils auraient été bardes; cependant, l'on devait bien admettre que la rhétorique n'avait aucun secret pour Ballion. Celui ci, tel une sirène, pouvait séduire et contrôler une foule sans même que celle ci ne s'en rende compte. C'était sans doute ce pouvoir qui pouvait en effrayer certains ... Celui qui sait parler sait gouverner. C'était une des maximes du Trésor des Ereban, le conte écrit par Ballion.

    Le maître de cérémonie se rendit ainsi sur l'estrade mise à sa disposition et commença par remercier tous les fidèles rassemblés aussi nombreux ce soir dans la salle. Kacem sourit légèrement. Ce simple remerciement universel lui mettait déjà du baume au coeur. Encore une fois, le barbu éclaboussa de tout son charisme l'assemblée qui ne pouvait s'empêcher d'entonner chaque fin de phrase de celui ci, une clameur redondante envahissant ainsi le public de l'orateur qui en sourit davantage, s'inclinant respectueusement à chaque mugissement. Kacem lui, n'était pas le genre d'homme à vouloir se montrer et restait ainsi assez calme, se contentant d'écouter les dires de son maître à penser sans trop prêté à attention aux ivrognes qui agitaient leurs boissons, singeant des signes de victoire dans cette guerre encore fictive qui opposait les Feux au reste du monde. Profitant du brouhaha ambiant, Styx se pencha sur son protégé tandis qu'il s étaient camouflés par un opulent personnage portant des bretelles qui avait bondi de son siège pour signifier sa présence à Ballion, tout en poussant un beuglement semblable à celui des autres. Kacem sentit le souffle chaud de sa professeure particulière contre son oreille, ce qui lui arracha un long frisson qui courut le long de son échine. Il huma également un moment l'odeur de ses cheveux bruns et de sa peau, ce qui fit encore teinter ses joues. « Je suis désolée de t’avoir mis mal à l’aise… il pose moins de questions depuis qu’il pense qu’on couche ensemble… » Il ne savait pas si, présentement, il ressentait du soulagement ou alors de la déception. Sûrement les deux. Il se contenta de sourire un peu, amusé, et répondit aussi à voix basse en tournant légèrement son visage : « J'étais un peu perdu quand il a commencé à parler de ça ... Mais penses-tu que ce soit raisonnable de mentir à Ballion ? Même pour quelque chose de si infime ? » Il avait très peu de secrets pour l'écrivain, à tel point que Ballion connaissait même assez bien la vie sexuelle de son apprenti, surtout parce qu'il l'avait déjà surpris un bordel... Il était possible que le Feu n'ait point cru mot du petit mensonge de Styx et s'en soit amusé lorsqu'il était en face de Kacem afin de le mettre mal à l'aise. Après tout, le mensonge c'était un peu son domaine de prédilection en tant que tricheur invétéré et escroc revendiqué. Ce serait plutôt gênant qu'il ait agi ainsi ...

    Tandis que Ballion calmait la foule délirante en face de lui sans jamais perdre son sang-froid, Styx attrapa la carafe mise à leur disposition et se servit volontiers une coupe. Dans la foulée, elle en servit même une à son protégé à qui elle proposait donc de boire à nouveau. A force de boire, Kacem s'était habitué aux effets secondaires du breuvage et n'avait plus aussi mal au crâne qu'avant, et il s'épargnait même la gueule de bois du matin, en général. Il était presque devenu insensible aux effluves du nectar. Celui ci ne lui servait plus qu'à calmer ses excès de violence ou encore ses crises de nerfs. C'était davantage un remède pour lutter contre lui-même qu'un moyen de se mettre minable. Minable, il n'était déjà à la base. Il remercia ainsi d'un simple geste de la tête sa protectrice et porta le verre à ses lèvres, faisant glisser le liquide entre celles ci afin de d'inonder en une fois sa gorge. Une soudaine chaleur commença à s'éveiller au niveau de sa trachée, mais il parvint sans trop de mal à la réprimer en déglutissant. Il suivit alors ensuite attentivement le discours de son Palmur à lui-personnage de son oeuvre, faisant office de guide spirituel au personnage principal-. Agrémentant ses paroles de gestes soudains mais pourtant contrôlés, d'un tact époustouflant, d'une justesse irréprochable et d'un engouement effrayant, Ballion parvint une fois de plus à captiver ses auditeurs. Pourtant, il n'y avait rien de neuf dans son discours. Il ne faisait que dire les mêmes choses que les fois précédentes mais il les disait bien, et il les disait avec dévotion, avec des figures de style variées et enchanteresses qui faisaient office de fraîcheur dans sa longue logorrhée. Plusieurs fois, Kacem se surprit à sourire aux mots de l'orateur. Certaines répliques se faisant écho dans l'esprit du bourreau. Plusieurs phrases chocs ricochant dans sa tête, certaines devenant de nouveaux mantras pour lui. Tout le monde dans la salle, ou presque, vivait pleinement le discours de Ballion. Seule Styx restait de marbre, impassible, devant la prouesse de son pair. Intérieurement, le jeune Al Mansour se dit que c'était probablement parce qu'elle avait désormais l'habitude de ce genre de pamphlets politiques et que, pour une femme d'action comme elle, cela n'était pas assez jouissif. Une combattante aguerrie comme elle ne mouillait très certainement plus pour les mots mais bien pour le bruit des lames s'entrechoquant. De ce point de vue, Kacem était encore novice, un jeune puceau se contentant de fiction pour se satisfaire...

    Le monologue prit fin. Des applaudissements firent office de symphonie finale. Kacem y participa activement. Par la suite, Styx se releva et s'étira un peu avant de dire à son jeune apprenti qu'elle avait besoin de se mouvoir. C'était certainement une invitation discrète à la rejoindre afin de continuer à parfaire ses capacités mystiques. Le moricaud sourit en coin, et hocha la tête. Il lui laissa prendre les devants, et se leva finalement du banc deux minutes plus tard après avoir jeté un dernier coup d'oeil à l'écorché assis non loin de lui qui se commandait encore à boire. Les mains dans les poches de sa veste sombre, il se dirigea vers la sortie après s'être respectueusement incliné devant Ballion qui était encore occupé avec quelques pseudo-célébrités qui le remerciaient pour ce moment passé. La plus part de ces hommes n'étaient là que pour leur réputation, ils voulaient juste se faire voir par les potentiels clients Feux en compagnie de l'idole locale. C'était dégoûtant, abjecte et incompréhensible pour Kacem qui n'avait pas le sens des affaires ... Même si, au final, lui-même s'était également aliéné dans le passé en rejoignant les extrémistes alors qu'il n'avait, à la base, aucune pensée négative sur les autres éléments.

    Troquant la chaleur du lieu de réunion pour la frissonnante nuit de la capitale, Kacem resserra les pans de son habit contre lui et chercha du regard la silhouette de Styx dans l'obscurité des lieux. Il glissa le long du mur, esquivant au passage quelques Feux qui venaient tout juste de sortir pour prendre l'air et débattre un peu sur la performance du soir, ou encore quelques pauvres gens qui mendiaient encore à cette heure tardive. Après avoir esquivé une oisive personne, le bourreau se retrouva sur le flanc droit du bâtiment désaffecté où avait eut lieu le rendez-vous des amoureux du Feu et retrouva enfin l'espionne de Sven. « Veux-tu commencer ce soir ? » Demanda le jeune homme qui rougit presque aussitôt dans les ténèbres du soir, se disant qu'il sous-entendait quelque chose avec cette question. Il se ravisa alors et rajouta : « L'entraînement... » Tout ce qu'il espérait, c'est qu'il ne finirait pas avec des ecchymoses partout ou alors qu'il allait enflammer sa cape comme la dernière fois, ce serait regrettable et plutôt dégradant ... Enfin, cela s'était passé il y a des mois maintenant, il avait -pense t-il, plutôt progresser depuis. Bien évidemment, si elle lui proposait une confrontation directe entre eux, il savait très bien qu'il allait à nouveau se retrouver à mordre la poussière et n'était donc pas trop enthousiaste pour cela. A moins que, pour une fois, elle ne décide de parler de l'effervescence de tout à l'heure et du discours de Ballion à la gloire de leur mère-patrie et de leur suprématie supposée sur les autres éléments. Qu'ils soient Eau, Terre ou Air, ils périront un jour dans nos flammes et on parlera ainsi prochainement des Feux, et des Cendres, en ce qui les concerne. Disait-il, il y a quelques minutes pour conclure de façon magistrale sa tirade.

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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Mar 13 Juin - 4:27

Les paroles de Kacem lorsque tu lui présentes tes excuses pour l’avoir mis mal à l’aise te réchauffent le cœur... L’estime que l’homme voue à son maître ne fait aucun doute. La loyauté était une qualité admirable chez un fidèle. Avec le temps, Kacem pourrait même devenir un allié de choix pour ton propre maître. Le bourreau était d’une efficacité sans reproches dans l’accomplissement de son travail. Tu ne l’as jamais vu fléchir au moment d’abattre sa hache sur la nuque de ses victimes, ou au moment de tirer sur le levier pour ouvrir les trappes sous les pieds des condamnés qui étaient pendus sur la Grande Place. Il devait être dans la même situation que toi... Après plusieurs années, on arrête de mettre des noms sur les visages, on arrête de penser à l’histoire derrière ces gens que l’on condamne dans l’exercice de ses fonctions. La pitié n’avait pas sa place dans l’univers cruel au sein duquel Kacem et toi évoluiez. Il valait mieux apprendre à tirer un peu de plaisir de la situation. Tu soupçonnes ton ami à ressentir plus que de l’indifférence dans l’exécution des prisonniers. Lui qui paraissait si froid et en maîtrise de lui-même face au monde, tu devinais en lui la même noirceur qui dormait en toi... le même démon qui t’habitait et qui devenait incontrôlable une fois qu’on lâchait prise l’espace d’une seconde. Tu devinais en cet homme une instabilité qu’il était parvenu à maîtriser en s’adonnant parfois à des actes qui pouvaient sembler cruels au monde qui l’entourait. Tu connaissais ce besoin. Tu devenais toi-même dangereuse lorsque tu n’évacuais pas la colère qui vivait en toi depuis l’adolescence. C’est cette impulsivité, cette boule d’obscurité, qui avait blessé Nadian au visage, qui avait tué la petite couturière que tous croyaient disparue... Ton échappatoire à toi, c’est le Feu ou le sexe. Lorsque tu laisses les flammes jaillir de tes paumes, toute la pression se relâche enfin; tes pensées se vident et la noirceur disparaît. Peut-être que le Feu aiderait ton protégé aussi, lorsqu’il parviendrait enfin à le maîtriser.

À sa question, tu te contentes de hausser les épaules, un petit sourire effleurant tes lèvres pulpeuses. Ça ne t’importe pas que Ballion pense que tu baises avec son chien de poche ou pas. Il se doute surement que ça n’est pas le cas, mais ce mensonge le satisfait; comme il satisfait la plupart des hommes. Avec le dévouement dont Kacem faisait preuve, le scribe n’avait pas à douter de sa loyauté. Peu importe ce que tu faisais pendant les heures que vous passiez ensemble, Istyrn ne devait pas se sentir menacé par ta personne. Peut-être même qu’il connaissait la vérité. Parce que tout comme ton maître, Ballion avait des yeux et des oreilles partout dans Lucrezia. Il savait à qui il pouvait accorder sa confiance. Il avait la bénédiction de Karam Ergorn, le Représentant en Chef du peuple du Feu; et il avait celle de Sven Ramose. Pour un simple écrivain, l’homme à la parole d’or avait acquis une influence qui pourrait devenir difficile à contrôler. Ton maître le savait. Ta fréquente présence à Dahud dans les dernières années en était la preuve. La puissance de Ramose résidait dans cette tendance qu’il avait à se méfier même de ses plus proches alliés. Tu craignais son regard. Tu craignais les questions de Nadian. Tu savais que le maître n’accordait sa confiance aveugle à personne. Pas même à toi. Et tu savais que tu t’étais écartée du sentier qui servait les intérêts de ta nation à plusieurs reprises au cours des dernières Lunes; notamment lorsque tu t’étais glissée entre les draps avec ce rouquin qui avait volé ton cœur, tes pensées et tes sens. Tu ne pouvais t’empêcher de te reprocher ces quelques instants de plaisir. Tu ne les regrettais pas. Pas vraiment. Mais tu savais que tu avais eu tort de te laisser aller à des plaisirs futiles alors que tu devais trouver une façon de déclencher une guerre à partir du nord. Si Sven l’apprenait, tu perdrais sûrement sa confiance et ta place auprès de lui. Et qu’étais-tu sans Sven Ramose ? Tu n’étais rien du tout. S’il décidait de faire de toi une traîtresse, tu ne pourrais plus travailler comme chasseuse de primes. Au mieux, tu deviendrais un simple soldat parmi les milliers d’autres soldats de l’armée seznienne...

Tu remues tes pensées sombres, ton souffle créant un discret nuage dans l’air de la nuit. La température est fraîche ce soir. Le vent est plus frisquet. Mais en contraste avec la brise mordante sur les terres du nord, le mistral qui se lève parfois sur Dahud n’est rien. Tu vas vêtue d’une tunique légère, tes bras à la peau maure exposés au zéphyr dans la nuit. La silhouette discrète de Kacem ne tarde pas à s’approcher silencieusement dans le noir. Tu sens sa température changer lorsqu’il te demande si tu veux commencer ce soir. Tes sous-entendus quant à une relation charnelle entre vous deux l’ont visiblement touché plus que tu ne l’as escompté. « Rien de trop physique pour ce soir... que tu annonces d’un ton assuré sans trop élever la voix. Tu t’étires quand même en levant les bras vers le ciel, sentant tes articulations craquer avec soulagement. Tu n’as jamais aimé rester assise trop longtemps. Ça t’inquiète, ce que Ballion pense de notre relation ? Son charisme m’a toujours fait peur, que tu avoues en riant. Je suis pas du genre à m’épancher et il a réussi à me séduire. Je sais que ne le laisse pas paraître, mais quand il parle... j’ai l’impression de voyager vers un autre monde... un monde où les nôtres ont supplanté tous les autres. Ça habite mes rêves depuis presque dix ans. » Tu observes ton compagnon dans l’obscurité pendant un moment, laissant le silence penser entre vous, jetant des coups d’œil rapide plus loin pour voir les disciples s’éloigner vers les quartiers de la ville. « Tu as pu t’entraîner un peu depuis la dernière fois ? » Tu te redresses, pliant les coudes pour que tes paumes soient bien en vue. C’était une chose de parvenir à créer une flamme, c’en était une autre de parvenir à la maîtriser. Avant que tu n’atteignes le niveau, tu ne parvenais pas à démontrer des flammes constantes; tantôt c’étaient des étincelles, ensuite des brasiers incontrôlables, puis ça ne voulait plus jaillir... La maîtrise du Feu n’était pas une mince affaire. Il fallait avoir un bon contrôle de soi-même, une grande confiance en soi-même et éliminer la peur. Kacem avait atteint le niveau quatre. Il contrôlait la température de son corps, la chaleur des objets et des aliments, il ne sentait plus la brûlure du feu – quand il ne prenait pas peur – et contrôlait les cendres toujours chaudes. Votre objectif ultime, c’était qu’il puisse enfin créer ses propres flammes. La dernière fois, il s’était entêté à vouloir créer ses flammes. C’est illusoire de penser qu’il puisse accomplir une telle chose avec succès sans même savoir maîtriser les flammes existantes. « Je sais que tu aimerais créer tes flammes tout de suite, mais tu sais comme moi que tu dois apprendre à maîtriser l’intensité d’un feu existant avant tout... »

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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Dim 25 Juin - 14:56

    Dressé dans la pénombre du bâtiment réquisitionné par Ballion qui, présentement, était encore en train de remercier de proches collaborateurs influents à Lucrezia lui fournissant de nouveaux éléments à charmer; Kacem regardait de ses pupilles de jais son aînée. Celle ci, en effet, l'avait attendu là afin de s'entretenir tranquillement avec lui sans être dérangé par les clameurs de l'orateur, les râles des ivrognes, et les cris fanatiques du reste de la plèbe qui déployait leurs gorges tels des loups à la pleine lune. Ici, ils étaient plongés dans le silence nocturne et l'imperméabilité du rideau hâlé du soir. Ce petit rendez-vous tardif pouvait sembler assez équivoque depuis le petit mensonge énoncé par Styx à l'intention de l'écrivain. Cela gênait légèrement -belle atténuation- le bourreau dont le grenat de ses joues se tamisait dans l'obscurité des lieux, les ténèbres dissimulant les traits des deux protagonistes, ne laissant apparaître à travers elles que leurs deux silhouettes filiformes, l'une face à l'autre. En ce Terly soir, les ombres étaient plus denses que jamais et à l'horizon, le sol obscur et le ciel ténébreux se confondaient.

    En réponse à la question maladroite de son apprenti, Styx répondit assurément, même si cela sonnait comme une plaisanterie, une petite taquinerie, aux oreilles de son interlocuteur, ces quelques mots : « Rien de trop physique pour ce soir. » Elle s'amusait encore de son mensonge, vraisemblablement. Il allait être particulièrement mal à l'aise si un jour, Ballion venait à lui demander plus sur sa relation avec la jolie mercenaire. Les mensonges sexuels, ce n'étaient pas tellement la tasse de thé de l'apprenti maître du feu qui se complaisait davantage à mentir sur sa propre nature. Les seules réelles expériences sexuelles qu'il avait était basé sur la violence et la bestialité, et de ce qu'il savait de sa professeure, elle n'était aucunement encline à se faire dominer par un homme. Aussi étrange que cela puisse paraître, l'imagination de Kacem n'était pas assez développé pour créer de façon fictionnelle une romance pure, seine, et sensuelle comme on en vantait tant aux enfants pour leur faire rêver d'un idylle amoureux à venir. Bercé dans la violence, Kacem imaginait davantage un couple banal selon des critères archaïques, mais pourtant encore actuels aux yeux de certains Feux, reposant sur la domination du patriarcat sur la femme, servant uniquement d'objet de reproduction. C'était en quelque sorte ainsi qu'il avait vu l'amour tout au long de sa triste vie. Jamais son père n'avait cherché à couvrir des femmes de louanges et de bijoux, il était bien trop occupé à les menacer avec son fer chaud contre leurs fesses charnues tout en leur déchirant l'hymen avec son engin sous les yeux de son fils, apeuré. Il est facile de comprendre les névroses du gamin quand on connaît les agissements du paternel. Tout ça pour dire que Kacem se voyait mal mentir sur ce point là à son maître à penser ...

    Styx enchaîna ensuite rapidement, tandis qu'elle s'étirait : « Ça t’inquiète, ce que Ballion pense de notre relation ? » Bien évidemment, il venait de cauchemarder là-dessus. Il hocha positivement la tête à cette question. Il avait très peu d'estime pour lui-même, se souciait très peu de comment il était perçu par la société, mais il voulait paradoxalement exister aux yeux de certains, il voulait que l'on soit fier de lui, qu'on le reconnaisse comme un semblable. Et la personne qu'il voulait le plus satisfaire, c'était Ballion. Il était un substitut paternel pour lui et ce, même si il se servait de lui comme d'un pantin sous ses ordres. C'était en cela que Ballion était puissant, il avait une emprise indéniable sur certains de ses sujets, comme un souverain absolu. « Son charisme m’a toujours fait peur. » Ajouta t-elle aussitôt, en riant un peu. L'espionne de Ramose le savait bien. Elle avait conscience de cette force qui sommeillait en Ballion, et elle-même l'avouait : c'était effrayant. « Je suis pas du genre à m’épancher et il a réussi à me séduire. Je sais que ne le laisse pas paraître, mais quand il parle... j’ai l’impression de voyager vers un autre monde... un monde où les nôtres ont supplanté tous les autres. Ça habite mes rêves depuis presque dix ans. » Kacem se sentait encore une fois gêné par les confessions soudaines de sa formatrice. Pourquoi lui disait-elle tout cela ? Elle parlait comme bon nombre de sous-fifres du culte, elle singeait très certainement certains des patriotes Feux sous la gouverne de Ballion. Ces mots-là auraient très bien pu sortir de la bouche de Kacem sans que cela ne paraisse suspect, à quelques tournures près. C'est pourquoi, à entendre cela, un sourire indélébile s'érigea sur le visage de marbre du quasi-trentenaire, satisfait. Il n'était pas le seul à penser tout cela de Ballion, se dit-il en son for intérieur. Il se rendait encore plus compte du pouvoir démesuré dont disposait le moustachu sur les foules qu'il ébranlait à chaque nouvelle représentation. Car oui, ses discours étaient tellement vivants que l'on ne parlait plus de simple énonciation politique banale mais carrément d'un spectacle comme l'on pourrait en voir dans les troupes de troubadours rôdant sur le territoire. C'était sûrement cela qui séduisait plus que ses mots.

    Après qu'elle ait jeté un rapide coup d'oeil à son petit protégé, comme pour guetter sa réaction suite à ses propos, la guerrière changea subitement de sujet après s'être un peu égaré pour parler de l'animation du soir, et en revint finalement à l'entraînement de Kacem. S'il s'était entraîné ? Il hocha à nouveau machinalement la tête avant de prendre à son tour la parole : « Dés que je pouvais. Dit-il. J'ai surtout fait des exercices physiques, pour tout dire. Je ne voulais pas me faire arrêter pour avoir brûler une maison en "jouant" avec des cendres ... » Il n'était, après tout, pas vraiment autorisé à abuser de ses pouvoirs. Cela paraitrait suspect qu'un employé de la famille Ergorn ne s'amuse à manifester ses pouvoirs dans les rues. Il avait bien quelques endroits secrets où il pouvait s'entraîner à manier son élément, mais il ne pouvait pas vraiment y passer trop de temps. De plus, malgré son envie de progresser, il avait tout de même une boule au ventre dés qu'il essayait de générer des flammes. Comme le lui avait dit précédemment sa maîtresse, le feu n'était pas l'élément le plus facile à utiliser et pouvait être redouté, même par son possesseur, par sa puissance destructrice. Les flammes étaient des chiens fous atteints de la rage qui crachaient une fumée noire, plutôt que de l'écume, et qui dévalaient des monts pour embraser de leur crinière bestiale tout ce qui les entouraient. Ils dévoraient de leurs crocs flamboyants tout ce qui était à leur portée, ils couraient dans tous les sens, bondissaient et ricochaient çà et là sans réelle cohérence autre que cette envie de destruction qui les animaient et qui guidaient leur instinct sauvage. Canidés troublés, ils pouvaient même se déchaîner sur leur maître si celui ci ne tenait pas la bride assez serrée pour maintenir sur eux un contrôle total. Le feu était une arme puissante mais à double-tranchant.

    Connaissant l'impatience dont était victime son apprenti, mais redoutant aussi et surtout la peur qui l'habitait au fond de lui, la maîtresse du feu lui adressa quelques mots : « Je sais que tu aimerais créer tes flammes tout de suite, mais tu sais comme moi que tu dois apprendre à maîtriser l’intensité d’un feu existant avant tout... » Encore une fois, il hocha la tête. Il tourna la paume de ses mains vers le ciel et les inspecta. Ses mains étaient grandes et écorchées, de vraies mains de travailleur légèrement rosies. Il savait très bien qu'il ne pourrait pas brûler les étapes et qu'il devrait d'abord apprivoiser une flamme existante avant de se targuer de pouvoir générer ses propres flammes. Ballion lui-même n'était pas encore capable de le faire, même s'il avait l'excuse de ne plus se concentrer sur ses dons du feu mais plutôt sur les arts oraux et écrits afin de continuer à étendre son royaume, au nom de Sven Ramose. Un homme influent n'avait aucunement besoin d'être fort, il devait juste avoir de puissants serviteurs pour le protéger. C'était un peu l'ambition inavouable de Kacem. Pouvoir protéger celui qui était l'être le plus cher à ses yeux. Triste ambition que de devenir le chien de garde d'un homme surveillé d'un oeil de lynx par le dictateur du Sud. Quoi qu'il en soit, Kacem déglutit, prit son courage à deux mains et demanda d'une voix inquisitrice à sa professeure : « Peux-tu ... Me créer une flamme ? » Sur ce, sa longue tunique sombre glissa le long de son corps et tomba sur le sol, révélant ainsi les braies d'un sombre bleuté du jeune homme ainsi que son pourpoint blanc bas de gamme, tâché par la boue, et dont deux boutons avait déjà sauté, laissant apparaître le début de sa brûlure sur le pectoral gauche. Il se pinça la lèvre inférieure et releva doucement son regard vers la jeune femme en serrant les poings, soupirant doucement, cherchant à s'apaiser lui-même avant d'essayer de contrôler cette flamme inconnue qui n'était point sienne ...
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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Lun 3 Juil - 5:17

À ton interrogation, il acquiesce silencieusement dans le noir. Sans t’offenser du geste, tu enchaînes en lui avouant cette crainte que tu ressens par rapport au charisme de Ballion. Les discours de Ballion, comme tu le lui as dit, t’ont toujours transportée. C’en est ainsi depuis votre rencontre. Si tu ne démontres pas autant d’enthousiasme que ses autres fidèles lors qu’il s’adresse à la foule, c’est simplement parce que tu bois ses paroles... Ces discours sont la raison même de ton adhésion aux adorateurs de ton maître. Conteur aguerri, Ballion s’élançait souvent dans des fables et des histoires – parfois fantasques – qui convainquaient même les plus hésitants de la suprématie de leur élément par rapport à tous les autres. Une de ces fables en particulier t’avait particulièrement marquée. Ce récit racontait la solitude de Malaggar, après sa première tentative de créer l’humanité qui s’était soldée par un échec. Tu te rappelles encore de l’expression du conteur alors qu’il expliquait à son auditoire que Malaggar avait été séduit par la déesse Glorë. Bien que sa passion fût ardente, il comprit rapidement que la froideur de sa belle tamisait sa splendeur et sa puissance, alors que sa chaleur causait la disparition graduelle sa bien-aimée. En outre, ils ne pouvaient pas cohabiter... Le conte racontait ensuite de Malaggar avait trouvé refuge auprès de la déesse de toute vie, Tarlyn, mais que ses rayons trop chaleureux l’avaient effrayée. Finalement, il expliquait que Malaggar avait trouvé son grand amour dans un autre astre qui orna désormais le ciel : la Lune... Blanche, froide et laiteuse, la Lune et lui se complétaient... Grâce à elle, Malaggar pouvait offrir quelque chose d’inestimable à ces nouveaux hommes qui peuplaient Oranda, car il reflétait sa lumière sur sa blancheur à toute heure de la nuit pour guider ses fidèles même dans les heures les plus sombres. Si vous êtes chanceux, vous assisterez peut-être un jour à l’une des rares réunions de Malaggar et sa bien-aimée, avait-il le conteur, une lueur malicieuse flottant dans son regard, parce qu’il arrive parfois qu’ils s’étreignent dans les cieux, plongeant le monde dans la noirceur. Ce jour-là, vous ne devrez pas les regarder ! Parce que celui qui ose poser les yeux sur ce spectacle sacré ne verra plus jamais ! Si plusieurs auraient vu dans ce conte une fable inoffensive, les gens comme toi savaient qu’il cachait une morale beaucoup plus précise : les éléments, même s’ils pouvaient coexister, ne pouvaient aucunement cohabiter.

Plusieurs voyaient aussi dans ce conte la puissance de Malaggar qui brûlait tout ce qu’il touchait, même l’élément liquide qu’il réduisait en vapeur... Tu y avais cru aussi. Pendant très longtemps. Jusqu’à tout récemment, à vrai dire. Et même encore... Malgré l’impact qu’avait eu ta rencontre avec Lachlan sur ta psyché désormais trouble, les paroles de l’écrivain parvenaient à venir te chercher, à t’inspirer. Bien malgré toi, une pensée sombre te traverse soudainement alors que tu te tiens là, dans la nuit fraîche et humide en compagnie de ton protégé à la peau hâlée ; Ballion et Sven tenaient tous deux le même genre de discours que ton père... Même si les années avaient attiré une grande haine envers cet homme dans ton cœur de pierre – le contraire eut été surprenant avec toutes les petites brûlures dont il avait serti ton dos pour te corriger, pour exorciser la fille rebelle en toi –, tu avais admiré Khriysal At’ror bien plus longtemps que tu ne l’avais détesté au courant de ton enfance. Avec le temps, les valeurs qu’il faisait miroiter devant tes yeux d’enfant avaient fini par perdre de l’intérêt. La haine était plus forte que la reconnaissance... Il en allait de même avec ton maître... Plus le temps passait, plus tu doutais de tes allégeances. Mais ça, personne ne devait le savoir. Pas même Kacem.

Tu lui demandes s’il a pu s’entraîner depuis la dernière fois. Il acquiesce de nouveau avant de prendre la parole : « Dès que je pouvais, répond-t-il d’un ton neutre. J'ai surtout fait des exercices physiques, pour tout dire. Je ne voulais pas me faire arrêter pour avoir brûlé une maison en "jouant" avec des cendres... » Tu ne peux retenir le sourire qui te fend le visage en entendant ces mots. Dahud n’était pas l’endroit idéal pour cet aspect. À Sezni, tu avais eu tout le loisir de t’exercer. Même si les grottes restaient ton environnement favori à cause de leur fraîcheur et de l’odeur humide qui y régnait – après tout, tu avais grandi dans une communauté souterraine –, le désert sablonneux restait aussi un endroit parfait pour manier les cendres. La région centrale, à l’exception de la capitale, était recouverte d’une jungle impétueuse à la végétation dense. La moindre étincelle risquait de créer un incendie difficilement maîtrisable pour un élémentaire comme lui. Dans la ville, même si les bâtiments étaient construits majoritairement de pierres, le toit de bon nombre d’habitations dans les petits quartiers étaient recouverts de chaume. Tu profitais souvent de ton passage à Dahud pour entraîner ton protégé dans la large zone dégagée qui entourait les bâtiments de la Cérémonie, tous faits en pierres, leurs toits recouverts d’ardoises colorées qui n’étaient pas combustibles. Tu lis la préparation dans le regard de ton élève. Aussi, tu n’hésites pas à le mettre en garde une nouvelle fois : il doit apprendre à maîtriser l’intensité des flammes avant d’espérer générer son propre brasier. Il acquiesce silencieusement. Il tourne ses paumes vers le ciel, inspectant soigneusement la peau de ses menottes. Il te demande de créer une flamme. Tu avais évidemment prévu le coup... D’un hochement de la tête, tu désignes un brasero aux cendres fumantes que tu as demandé à deux esclaves de transporter un peu avant de sortir. Observant ton interlocuteur se défaire de sa longue tunique, tu tâches d’ignorer son inconfort. Malgré toutes les fois où tu l’as vu dans cet état, le jeune homme semble gagner en nervosité à chaque fois. Heureusement que tu n’as pas l’intention de l’attirer dans ton lit, parce que tu n’as pas l’impression qu’il se dénuderait de son plein gré.

D’une voix calme et pragmatique, tu l’interroges : « Tu es prêt ? » Un léger hochement de tête. Levant la main devant toi, tu plisses légèrement les yeux et les cendres s’enflamment. « Tu sais ce que tu dois faire, n’est-ce pas ? » Sans ciller, tu plantes ton regard sur les flammes pour lui montrer encore une fois ce qu’il doit parvenir à faire aussi aisément que s’il respirait. Les flammes augmentent en hauteur, éclairant le ciel au-dessus de vos têtes. Puis, aussi brusquement que la colonne de feu s’est agrandie, elle diminue jusqu’à s’éteindre. « Augmenter l’intensité est difficile. Mais le plus ardu, c’est de parvenir à les éteindre... » que tu dis sur un ton mi-bas, en songeant à tes propres expériences. Tu t’étais d’abord lancé dans la maîtrise du Feu avec un rage au ventre qui t’avait longtemps empêchée de progresser aussi bien que si tu avais plutôt usé de prudence et de concentration. Ton impulsivité était, encore aujourd’hui, ton pire défaut. En jaugeant la stature de ton protégé, tu rallumes le brasero pour qu’il puisse lui-même s’exercer, portant ton regard aux alentours, t’assurant que les fidèles ne s’attarderaient pas dans les alentours pendant que vous travailliez.

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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Mar 11 Juil - 15:45

    S'étant débarrassé de sa tunique sombre qui ne servait qu'à se confondre avec le nuit, le temps de rejoindre le bâtiment des suprématistes Feu, Kacem était désormais vêtu d'un haut blanc légèrement bouffie afin qu'il puisse se mouvoir assez aisément. S'entraîner avec une tunique n'était pas une bonne idée, l'habit était bien trop grand et les manches pendantes pourraient caresser les flammes et donc s'embraser assez rapidement. Là, même si sa tenue n'était pas optimale, elle était bien plus adéquate pour pouvoir parfaire sa maîtrise du feu, en présence de Styx. Suite à la demande du jeune homme, la basanée désigna du doigt un plateau incurvé dans lequel se trouvaient déjà des morceaux de bois déchirés vaguement, et jeta de la paume de sa main une larme flamboyante qui s'enfonça entre les bois de la grande écuelle. Là, la larme devint un torrent qui s'étalait à l'intérieur du grand plat en dévorant le bois qui servait à le nourrir pour accentuer sa taille et sa puissance. Le feu rasa toute la rondeur du wok et commença à tirer vers le haut, prenant peu à peu la forme d'une tour lumineuse qui brisa les ténèbres environnantes, chassant les ombres ayant fait barrière entre les deux protagonistes, éclairant leurs deux visages, leurs yeux dans lesquels leurs pupilles palpitaient comme les flammes de Styx crépitaient. Le brasier s'intensifia, devint une tornade flamboyante qui roulait à l'intérieur de sa geôle de fer, qui était également le lieu de sa naissance, frappa de ses épines de feu le métal de sa prison et fouetta l'air ambiant qu'elle réchauffait de ses violentes caresses. Répondant aux gestes de sa déiste, le feu s'écrasa de lui-même après avoir exposé sa toute-puissance à l'apprenti élémentaliste qui demeurait bouche-bée devant cette démonstration somptueuse. Le feu était beau, puissant, impressionnant. Il se sentait tellement faible et insignifiant face à la création de sa professeure. Jamais il ne pourrait engendrer pareil monstre. Sa maîtrise de l'élément était déjà assez sommaire, il arrivait à peine à manipuler convenablement des cendres chaudes, alors il pourrait difficilement dompter des flammes aussi véhémentes. L'espionne tamisa son feu, minimisant ainsi sa force, et ne laissa qu'une mince flammèche dans son berceau de fer afin de laisser Kacem s'exercer avec un feu de moindre mesure, comparé au géant de tout à l'heure. L'objectif étant, bien évidemment, d'atteindre le même niveau que sa compatriote. Il déglutit, et figea son regard sur la vacillante flamme créée par son interlocutrice. « Augmenter l’intensité est difficile. Mais le plus ardu, c’est de parvenir à les éteindre... » Commenta t-elle en régulant encore la taille de l'âtre.

    Le bourreau hocha doucement la tête. Il avait bien compris. Il écoutait calmement les conseils de sa supérieure et s'avança doucement, d'un pas cependant assuré, en direction de la cuve. Il plaça sa main, à plat, juste au dessus du plateau. Il crispa légèrement son visage, sentant une goutte de transpiration glissait le long de son front, traçant ensuite son sillage le long de sa tempe avant de finalement arriver à son menton, glissant de celui ci pour tomber sur le sol dans un éclat inaudible. Sa paume devenait chaude, il sentait qu'il créait déjà un petit souffle brûlant. Il ne faisait pas attention à l'oeil attentif de sa maîtresse, il était bien trop occupé à visualiser ses flammes. Le bois, qui n'était pas entièrement dévasté par le feu, commença à rougir et à craqueler un peu, de petites fissures boisées apparurent alors sur sa surface avant qu'un morceau ne cède. Au fond du wok se trouvaient des cendres qui commencèrent à s'agiter, remontant peu à peu à la surface en se glissant entre les imposantes bûches pour finalement jaillir et tournoyer autour de la petite flamme de Styx. Un tourbillon cendrés naquit alors, encerclant la flammèche, dansant autour de celle ci. Une petite veine apparût sur le front du jeune homme, elle palpita un peu et devint de plus en plus visible. A ce moment là, il pensait aux paroles de Ballion. Elles résonnaient encore dans son esprit, certains mots fusaient. "Faible", "sous-race", "puissance", "avènement", "feu", "cendres", "domination", "supériorité" ... Un écho incessant s'engendra alors. C'était comme un léger acouphène qui montait crescendo et qui mêlaient plusieurs partitions de plusieurs discours de l'orateur moustachu dans l'esprit du torturé. C'étaient comme des flashs soudains, pour lui. Il dévisageait les cendres face à lui qui, par moment, s'illuminaient un instant avant de s'éteindre aussi vite qu'elles s'étaient allumées. Une lumière orangée jaillit de l'écuelle. Il ne s'emballa pas. Il en était arrivé au même résultat la dernière fois. Il soupira un moment et vit la petite flamme briser la barrière de sa faible taille, elle glissa et rasa le tourbillon cendré comme un serpent qui montait un arbre en faisant aller son long corps annelé sur un tronc épais. Tout au long de son parcours, le reptile s'étala et toisa l'intérieur de l'arbre d'une épaisse couverture ardente qui, bientôt, immola intégralement le cylindre obscur qui, de ce fait, devint un véritable phare en raison de sa lumière aveuglante.

    Tout ce qu'il voulait, au fond, c'était être accepté par tous. Il voulait être un véritable Feu, et non pas un ersatz qui brandissait fièrement son tatouage ocre aux autres sans pour autant en être digne. Parmi les suprématistes, seuls les plus forts prévalaient. Il existait une hiérarchie parmi les élites qu'étaient les Feux, et Kacem ne voulait pas être un simple pion de la plèbe. Quitte à être un pion, il voulait être un pion imposant et utile à celui qu'il admire, Ballion. Il acceptait sa condition de vulgaire outil, mais il ne voulait pas être un vieux pieux rouillé mais bien une épée rayonnante, translucide, comparable à une lame solaire que pourrait manier à sa guise Ballion. La peur au ventre, Kacem ne voulait plus être oppressé comme auparavant et toute sa vie n'était qu'une lutte inexorable pour quitter le fond du panier, sans pour autant demeurer au sommet, qu'il préférait réserver à des personnages bien plus charismatiques que lui. En somme, il était le sujet parfait, d'un certain point de vue.

    Sans même s'en rendre compte, absorbé par ses pensées et perdu dans l'abime de son propre esprit, une gigantesque tour de feu perça le ciel ténébreux. C'était une colonne immense et épaisse qu'il ne maîtrisait guère, mais qu'il maintenait ainsi. La lumière avait alarmé quelques fidèles, d'autant plus que la colonne était hérissée d'une crinière de feu qui pleuvait sur le sol, jetant des comètes çà-et-là. Kacem perdait le contrôle sans même s'en rendre compte, bien trop obnubilé par la créature qu'il venait d'invoquer. L'écuelle tremblait sous les grognements des flammes déchaînées qui tournoyaient en direction des cieux. Tandis qu'on pensait que ce démon ne pouvait plus croître, un souffle inattendu balaya tout autour de lui et fit reculer Kacem de deux voire trois pas, courbant l'échine face au torrent de feu qui grandit tellement qu'il avala son réceptacle de base, le plateau incurvé, le faisant disparaître dans sa toison ardente. Une puissante vague de feu roula jusqu'au jeune Feu, littéralement bouche-bée et impuissant devant sa création qui allait le dévorer jusqu'à ce que, subitement, sûrement grâce à l'intervention d'un maître-feu aux alentours, à moins que ce ne soit Styx qui ait réussi à reprendre le contrôle des flammes, la boule de feu n'éclate en une multitude de perles lumineuses. Le souffle de l'implosion fit tomber sur les fesses le bourreau qui admira, sans voix, la saumure de feu pleuvoir autour de lui. Il n'était clairement pas prêt.


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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Dim 23 Juil - 5:14

Il hoche la tête doucement, mais avec conviction. D’un pas rempli d’une assurance qui ne lui ressemble pas, il s’approche du brasero et tend sa main au-dessus du feu mourant que tu as fait danser dans les copeaux calcinés. Tu aurais probablement dû l’arrêter dès que tu as vu cette ride se former sur son front et cette goutte de sueur perler pour glisser le long de son visage, mais tu n’en fis rien. Tout comme tu l’avais fait, Kacem doit apprendre de ses erreurs. Il doit apprendre qu’on ne force pas le Feu à obéir ; on doit ne faire qu’un avec le Feu. On doit le porter en soit. On doit l’aimer et l’accepter pour qu’il en vienne à se laisser apprivoiser. Les écailles de bois noircis se mettent à rougeoyer comme le soleil sous ton regard sombre et les braises se mettent à tournoyer autour de ta flamme qui demeure bien éclatante au centre de la soucoupe métallique. De temps à autre, des flammes jaillissent des cendres avant de disparaître aussitôt. Tu scrutes le visage crispé de ton protégé, gardant un œil prudent sur le phénomène qu’il tente de contrôler. Une veine palpite sur son froid. Ça ne te dit rien qui vaille... En l’espace d’un instant, un secret de feu incandescent se forme dans le brasero et se met à tournoyer tel un feu follet malicieux. Sans signe précurseur, une gigantesque colonne de feu perce les ténèbres de la nuit noire dans laquelle vous étiez plongés. Les flammes volant vers le ciel comme la lave d’un volcan en colère avant de glisser vers le sol de pierre sur lequel vous vous tenez. Ta réaction prompte a sûrement sauvé la vie de ton protégé qui semble tellement choqué par le phénomène que son insensibilité à la chaleur du brasier aurait pu être corrompue.

Cet incendie incontrôlable que le bourreau vient de créer est la raison même qui exige que les jeunes Feu s’entraînent dans des endroits dégagés, isolés et sécuritaires. Il y a une raison à ces croyances qui sont les tiennes depuis tellement d’années maintenant... L’eau a beau pouvoir tout emporter dans la force de ses vagues, le tremblement de la terre a beau être destructeur, les vents de Jalahiel peuvent être bien meurtriers, mais rien n’égale le Feu des enfants du sud. La Feu de Malaggar est si puissant que ses propres fidèles n’arrivent pas toujours à le maîtriser. Il est à la fois imprévisible et destructeur. L’emprise que les élémentaires avaient sur lui exigeait du sang-froid, de la maîtrise de soi, une confiance en soi et une discipline sans pareils. Les véritables maîtres du Feu, les gens comme Sven Ramose, Orkem Vahlaan et toi-même, sont des êtres à part, des guerriers dans l’âme, des individus déterminés et concentrés qui vouent un grand dévouement à l’évolution de leur pouvoir. Les vôtres ont la plus grande proportion d’individus que l’on qualifie de sous-développés. Simplement parce que la nature impitoyable du Feu ne sied pas aux plus faibles. Tu penses par exemple aux Ergorn. Les fils de Karam Ergorn ont plusieurs niveaux de moins qu’ils le devraient. Bien qu’ils soient politiquement puissants, ils n’étaient pas craints au même titre que d’autres familles puissantes de la noblesse seznienne. On trouvait également ces personnes carrément faibles, comme Kara Ergorn... bien qu’elle soit dans la quarantaine, elle a le même niveau que sa fille qui est âgée d’une vingtaine d’années. Ce genre de choses te dégoûte. Toute ta vie, les hommes autour de toi t’ont minée simplement parce que tu n’avais pas le bon sexe entre les jambes. Tu as combattu ces préjugés en excellant dans l’art de la défense, et tu es fière de ce que tu es devenue aujourd’hui. Les femmes (et certains hommes) comme Kara Ergorn n’ont pas la force et le flegme nécessaires à la maîtrise de cet élément à la fois vénérable, magnifique et mortel qu’était le Feu.

Ça n’est pas le cas de ton protégé. Malgré sa peur de l’élément qui l’habite, tu sais que Kacem, avec les outils appropriés, a la volonté essentielle à contrôler son pouvoir. Tu fermes le poing devant toi en un mouvement leste, étouffant le feu créé par l’homme à la peau basanée qui vole en un millier de petits tisons qui finissent par mourir autour de vous. Le bourreau s’est affalé sur le sol et observe avec un brin d’émerveillement la pluie de petites étincelles qui meurent sur le sol poussiéreux. « Tu penses trop, Al Mansour, que tu prononces d’une voix légèrement ennuyée. Tu devrais faire comme nos amis de l’ouest... il paraît que la méditation est bonne pour chasser ses pensées qui embrouillent notre esprit. » Tu soupires, jetant un œil à l’état pitoyable dans lequel le brasero se retrouve... l’éblouissement qui s’est formé sous les paumes de ton jeune ami a produit une chaleur telle que le métal est plus noirci que jamais. Heureusement que l’objet ne valait pas grand-chose. Rejetant ta crinière de cheveux sombres derrière tes épaules, tu t’assieds près de lui, repliant tes longues jambes contre ta poitrine en observant le ciel où brillent ces étoiles argentées qui te font penser à un million de diamants. « Quelque chose te préoccupe ? » que tu demandes en reportant ton regard vers le visage maure de l’exécuteur.

Les festivités du lendemain te préoccupent. L’arrivée de ton maître te préoccupe. Jamais tu n’as abandonné une mission. Et même si tu as l’impression que tu cours vers ta mort si tu poursuis les desseins de Ramose – si tu poursuis tes plans pour assassiner la princesse Nymeria Drogon –, tu as l’impression de trahir ta nation, de te trahir toi. Ce rapprochement que tu as eu avec Lachlan dans la taverne de Brynjolf t’a fait ressentir des émotions que tu n’aurais pas crues possibles. Si tu ne l’avais pas rencontré, peut-être aurais-tu été de l’avant avec cette mission qui t’a été confiée. Parce qu’avant de rencontrer Lachlan Thralmur, tu n’accordais pas tellement de valeur à ta vie. Chacun de tes gestes étaient posés avec une seule arrière-pensée : le bien de tous, la supériorité de ton peuple, la dominance de ton maître. Cette cause te maintenait en vie. Mais maintenant que le géant roux t’avait fait sentir, les choses étaient différentes. Tu avais envie de continuer à ressentir, tu avais envie de penser à toi. Mais comment allais-tu expliquer tout cela à ton maître ? Tu ne pourrais pas être honnête. Tu devrais lui dire que tu ne te sens pas capable de mener la mission à bien sans aller en profondeur. Et le plus terrible dans tout ça, c’est que tu ne pourrais alors pas retourner auprès du rouquin qui te fait vibrer...

« Tu n’es pas obligé d’en parler si tu n’en as pas envie... » Tu marques une pause, reportant ton regard charbonneux sur le ciel qui vous surplombe. Comme la nuit est tranquille. Tu devrais te sentir en paix, mais une étrange appréhension bouille en toi... « Je crois qu’il serait sage qu’on ne reprenne pas les exercices pratiques ce soir. »

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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Mar 25 Juil - 19:10

    Le feu s'éparpillait dans les airs, retombant en une fine pluie flamboyante qui se désagrégeait petit à petit en retombant sur les pommettes de l'apprenti Feu qui ne ressentait qu'une douce chaleur pleuvoir sur son visage. Encore une fois, il avait échoué. Ce n'était pas la première fois que sa chimère de feu, sa création des plus sommaires, ne s'emballait et ne devienne indomptable. Il avait eu une chance inouïe, cela aurait pu finir dans des circonstances bien plus aggravantes pour lui, comme pour Styx qui auraient pu être tenue responsable tout autant que lui. Cette nuée écarlate voltigeant dans les cieux n'était, en tout cas, pas passée inaperçue et n'allait pas tarder à alarmer les quelques mendiants du coin, voire même quelques habitants clandestins -des voyageurs ou des colporteurs, pour la plus part- qui fourmillaient dans le coeur inactif de la capitale, afin d'y prospérer sans éveiller le moindre soupçon. La prochaine fois, il se rendrait dans un coin reculé de la jungle, un endroit où il ne pourrait pas embraser les lianes nouées, les troncs entrelacés et les grandes feuilles semblables à des bastions défendant la nature contre l'urbanisme dévorant de Lucrezia. C'était un terrain d'entraînement bien plus propice que la grande place où se déroulait la Cérémonie, afin que chaque innocent devienne homme en se faisant bénir, ou non, par une des divinités primordiales. Surtout que cet endroit avait le don de faire rejaillir d'effroyables souvenirs à Kacem. Même s'il avait réussi à s'illustrer dans l'épreuve du feu, il se souvenait de ce trou béant qu'il ressentait en plein ventre et qui lui aspirait inexorablement les tripes, cette anxiété croissant qui le terrassait et qui avait failli lui coûter la vie dans l'exercice de l'eau. Douloureux souvenirs. Cependant, il ne prendrait pas l'excuse de son passé pour expliquer son échec quant à la maîtrise des flammes générées par Frasier. C'était sa peur du feu, tout comme son inattention, qui avait fait basculer la balance de telle sorte que l'incendie a pris à contre-pied l'incendiaire. Il resta au sol, le regard figé sur le sol, désormais, serrant les poings en se maudissant intérieurement. Jamais tu ne seras un pion intéressant pour Ballion. Pensa t-il. Tu resteras un minable, comme ton enculé de père. Pesta t-il encore en son for intérieur. Je... J'ai jusque là forcé mes limites pour atteindre un niveau encore instable, et je tambourine encore ma barrière en prétendant pouvoir atteindre le même seuil de compétences que Ballion. Je suis pathétique. Malgré lui, il pensait de plus en plus à ce mythe de légitimité par le sang, de filiation légendaire, d'innés. Jamais un enfant de la basse-populace, tel que lui, ne pourrait se soustraire à sa condition. Jusqu'alors, il essayait tant bien que mal de réfuter cela, il voulait être autre que le fils d'un méprisable ivrogne incompétent et brutal, comme l'était Gora, mais la vérité lui saute maintenant au nez : son reflet dans le miroir n'est rien d'autre que celui du géniteur qu'il renie.

    Cet ultime échec avait secoué Kacem qui s'enfonça dans sa passivité, le regard vide, les bras ballants. Il n'était pas d'un naturel très confiant et ce fiasco renforça ce sentiment de révulsion envers lui-même alors qu'il avait, paradoxalement, présenté une certaine assurance en demandant à Styx de l'aider à parfaire son don en lui générant un feu dans la soucoupe de fer. « Tu penses trop Al Mansour. » Conclut alors la basanée, après avoir absorbé les agissements de son élève. Ce dernier ne savait quoi dire. Il pensait surtout que le Feu ne l'avait encore réellement accepté, qu'il n'était pas un prodige, et qu'il ne serait rien d'autre qu'un pion sans valeur et sans intérêt stratégique pour sa patrie, sa patrie dont il cherchait le regard, dont il cherchait une reconnaissance égoïste digne d'un enfant capricieux voulant se faire voir aux yeux de ses aînés. Regardez-moi, je suis là. « Tu devrais faire comme nos amis de l’ouest... il paraît que la méditation est bonne pour chasser ses pensées qui embrouillent notre esprit. » Méditer ? Il était bien trop tourmenté pour s'asseoir dans un coin de sa hutte, fermer les yeux, croiser ses jambes et faire le vide dans son esprit. Pourtant, il hocha la tête, surtout pour faire savoir qu'il avait bien entendu ses conseils, et non pas pour lui dire qu'il s'y appliquerait. Certes, les grands guerriers devaient certainement avoir besoin de ce calme procuré par des heures de méditation mais la solitude et le silence rappelait bien trop à Kacem cette cicatrice indélébile laissée par son paternel qui l'enfermait dans une obscurité totale avec pour seule présence sonore le fracas d'un marteau sur un fer de feu, ou alors les gémissements intempestifs de ses "vides-couilles" comme il se plaisait à dire, qu'elles soient là, ou non. S'essayant à un nouveau mode de vie, reniant son passé torturé, il ne voulait pas s'essayer à une pratique qui le laisserait se replonger tête baissée dans des souffrances enfouies et qu'il essayait encore aujourd'hui de terrer au plus profond de son inconscient, dans l'espoir qu'Ô grand jamais elles ne refassent surface.

    Elle scruta encore le brasero qui était davantage cendre que fer, son écorce métallique ayant commencée à s'écailler, dévorée par ce soudain torrent de flamme initié par l'apprenti de Styx. Peut-être évaluait-elle encore le fossé qui existait encore entre la maîtrise du feu et son élève. En la voyant regarder le résultat de l'exercice pratique, le bourreau baissa à nouveau le regard et se pinça la lèvre inférieure avec ses dents. Plus le temps passait, moins il tolérait l'échec, il voulait se surpasser encore et toujours afin de se faire remarquer, de ne plus être un mouton perdu dans un troupeau bêlant auprès de son maître-berger, Ballion, il voulait être ce mouton à la toison d'or qui ravirait son maître d'enclos. Quelque part, il jalousait les proches collaborateurs de son supérieur, et ami. Kyklo. Faramir. Serpico. Il aimerait, lui aussi, pouvoir, un jour, avoir la prétention de s'être aventurer trop près du soleil et ce, au risque d'en perdre les ailes l'ayant permis de se hisser si haut. Son admiration pour l'orateur devenait effrayante, il était prêt à se sacrifier pour lui, pour son projet qui l'avait séduit et qui lui avait permis de se faire une place parmi son peuple. C'était sans doute pour des gens comme Kacem que Ramose s'inquiétait en son fief du pouvoir de séduction du charismatique Ballion qui se prétendait jusqu'alors son porte-parole en Dahud mais, s'il venait à changer son arme d'épaule, il pourrait très bien devenir une épine profonde ancrée dans le pied du souverain seznien.

    Voyant le trouble qui habitait son petit protégé, comme on voit un nez en plein centre d'un visage, Styx lui demanda : « Quelque chose te préoccupe ? » Il releva son regard et s'essaya à un sourire peu convaincant afin d'essayer de la tromper, mais elle n'était pas dupe, et c'était lamentable de sa part d'avoir cru pouvoir berner sa supérieure de la sorte. Il se sentait ridicule quand il comprit que son petit sourire des plus faux n'était que poudre aux yeux de l'espionne. « Tu n’es pas obligé d’en parler si tu n’en as pas envie... » Elle marqua une pause et reporta son regard vers le ciel. Elle aussi semblait pensive. Mais elle n'était pas agitée, elle. Le moricaud se releva, passant un rapide coup sur ses braies afin d'en dégager un peu de terre suite à sa chute, et reporta encore son regard vers sa professeure qui en vint à nouveau à la conclusion qu'il en était assez pour ce soir, qu'il devait se reposer, en somme. Le moment de la séparation allait arriver. C'était toujours comme ça. Après l'entraînement, elle disparaissait dans la nuit comme elle était arrivée. Elle savait se faire fantômatique par moment, et c'était bien normal quand l'on sait qu'elle est le regard assassin du tyran du Sud, son émissaire. Cependant, ce soir, le natif de Sezni avait besoin de quelques réponses et il ne la laisserait pas se vaporiser comme elle en avait l'habitude : « Styx... Penses-tu vraiment que je peux encore progresser ? » Il baissa à nouveau le regard, serrant ses poings en demeurant face à elle, ayant déjà perdu son sourire factice. « J'ai l'impression de me heurter à une barrière naturelle à chaque fois que j'essaie de progresser. Et il m'arrive aussi encore d'avoir des problèmes dans le contrôle des cendres. » Expliqua t-il encore.

    Il remonta lentement son regard et croisa celui de la jeune femme. Le rouge monta un peu à ses joues. Elle avait beau être une de ses proches, elle n'en demeurait pas moins une femme, or il a encore quelques soucis avec le sexe opposé, et sa question, pouvant paraître ridicule et suscitant une crainte chez lui, dans le sens où elle pourrait en rire, il était tout à fait normal que ses joues ne se toisent d'un rouge vermeil qui se dissimulait tout de même aisément dans l'obscurité retrouvée par le ciel. Cependant, lorsqu'il croisa le regard de la jeune femme, il comprit bien vite que son esprit était ailleurs, qu'elle pensait à autre chose, à un de ses projets sans doute, à la raison de son retour en Dahud, qui sait ? Intrigué par son retour soudain, Kacem déglutit un peu et se risqua alors à la tirer de ses songes pour obtenir une réponse sur sa venue ici : « Je... Je sais que je ne devrais pas te poser cette question mais ... Tu n'es pas revenue ici pour entendre à nouveau Ballion, n'est-ce pas ? Alors ... Est-ce que le maître a ... » des projets pour toi, ici ? Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, ses derniers mots se perdant dans la nuit. Il pensait même qu'elle n'avait pas eu l'occasion d'entendre sa dernière phrase. Les fidèles de Ballion avaient disparu, la lune atteignant son point de non-retour au dessus de leurs têtes, mais les flammes de tout à l'heure avait attisée la curiosité de certains, comme prévu, et leur cri résonna jusque derrière la bâtisse où se cachaient le maître et son apprenti : « T'es sûr que la lumière venait de là ? » Beugla un homme. « Certain ! » Rétorqua un autre. Il était temps de partir. Kacem avait tourné la tête, par réflexe, après avoir entendu ces voix étrangères, et avait donc quitté des yeux son interlocutrice... S'était-elle évanouie dans l'abime de la nuit, ou était-elle encore là, dans son dos ?


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~#~Sujet: Re: Ҩ Rencontre au clair de lune | avec Kacem Mer 16 Aoû - 4:19

Alors que tu t’assieds près de lui, repliant les jambes contre ta poitrine pour observer les étoiles qui brillent dans le firmament couleur d’encre comme un million de petites pierres précieuses scintillantes dans le fond d’un coffre sombre, ton élève se remet sur ses pieds. Il balaye énergiquement ses guêtres couvertes des cendres que sont devenus les copeaux de bois qui reposaient dans le brasero quelques minutes auparavant. Comme si ça pouvait changer quoi que ce soit... il ne fait qu’étendre la suie sur ses vêtements, que tu songes. Mais tu ne pipes mot. Il semble suffisamment tiraillé entre l’envie de se taire et les questions qui lui brûlent les lèvres sans que tu ne viennes le tourmenter avec l’état de ses vêtements. Sa frustration est palpable. Tu ne peux que la comprendre. La maîtrise du Feu est une chose ardue, un chemin tortueux semé d’embûches. Pour certains, comme toi, les obstacles sont plus faciles à surmonter, la détermination et la colère brillent si fort que la flamme ne tarde pas à émerge. Pour d’autres, comme Kacem dont le passé est hanté par les flammes, de nombreux détours sont nécessaires pour y parvenir. La vie t’a appris que rien n’est impossible. Il suffit de mettre les efforts nécessaires pour y arriver.

« Styx... » souffle-t-il, brisant le silence pesant sur vous. Tes yeux quittent le firmament pour se poser sur son visage soucieux. Son front se creuse d’une ride lorsqu’il est préoccupé. « Penses-tu vraiment que je peux encore progresser ? » Il baisse les yeux un instant, serrant les poings rageusement, comme s’il combattait les appréhensions et les questions qui le taraudent, qui se bousculent en lui. Tu es tentée de balayer ses inquiétudes du revers de la main, mais tu l’observes sans mot dire, immobile et attentive. « J’ai l’impression de me heurter à une barrière naturelle à chaque fois que j’essaie de progresser, poursuit-il. Et il m’arrive aussi encore d’avoir des problèmes dans le contrôle des cendres. » Même dans la pénombre, tu distingues la rougeur qui se dessine sur ses pommettes. Il a honte. Ce genre de choses n’est pas facile à admettre. Encore moins devant une femme. Encore moins pour un homme d’âge mur qui a vu le jour dans le désert du sud où les hommes se croient maîtres tout puissants et traitent les femmes comme des chiennes. Pourtant, tu ne lui en veux pas. Ces valeurs misogynes sont profondément ancrées dans le cœur des hommes de ta région. Si tu devais te mettre des œillères et détester toutes les personnes dont l’esprit a été empoisonné par les traditions sezniennes, tu n’apprécierais personne... tu vivrais seule ad vitam aeternam. Or, Kacem t’a toujours traitée comme son égale, peut-être même comme une supérieure... Personnellement, jamais tu n’aurais adressé de telles inquiétudes à tes entraîneurs pendant ta formation.

Mais ça n’est pas dans tes habites de passer par quatre chemins, tu n’as jamais cru utile de maquiller la vérité ; pas lorsqu’il s’agit des gens de ton entourage, en tout cas. Aussi, ta remarque suivante est brutalement honnête et terre à terre. « La seule chose qui t’empêche de progresser, ce sont ces barrières que tu as toi-même créées. Lors que tu réussiras à passer outre les obstacles que tu t’imposes, tu maîtriseras le feu de Malaggar aussi aisément que je le fais. Tu manieras la flamme aussi facilement que tu respires. » Jamais Kacem ne t’a parlé de son passé. Mais les cicatrices laissées par les épreuves difficiles ne sont pas si aisément masquées. Tu ne pouvais qu’être honnête avec lui.

L’honnêteté... Un concept que tu as toujours cru pouvoir appliquer dans ta vie privée à défaut de l’appliquer dans le cadre de ton travail, mais qui manque cruellement à ton existence ces temps-ci. Comme tu aimerais pouvoir être aussi franche avec Lachlan que tu l’es ce soir avec ton élève. Mais avec le lapin que tu lui as posé, comment pourrait-il te pardonner ? Depuis que tu l’as rencontré, tu n’as fait que mentir à Lachlan Thralmur alors qu’il t’a traitée avec estime dès les premiers instants. Dès votre première rencontre, il ne t’a pas sous-estimée. Il ne t’a pas prise avec des pincettes. Bien qu’il ait été surpris de croiser une femme de ton menu gabarit dans les combats clandestins, il n’a pas essayé de te miner, il n’a pas eu peur de te blesser. Juste le fait de penser que l’Eau court dans ses veines alors que le Feu t’habite toute entière te fait frémir, mais tu ne peux résister aux sentiments qui se tiraillent en toi depuis que tu l’as rencontré. Pour la première fois de ta vie, tu as l’impression de vivre sans avoir à faire du mal à qui que ce soit. Tu as trouvé une sensation enivrante que tu n’as jamais connue auparavant. À la pensée de devoir abandonner cette sensation, ton cœur se serre.

Ton regard est fixé sur le brasero de métal qui s’est renversé sur le côté suite à la petite explosion créée par ton protégé. Tu n’as pas remarqué de quel métal la soucoupe était faite avant qu’elle ne se retrouve dans cet état. Certainement pas d’un alliage très coûteux... Quelques minutes auparavant brillant et éclatant, le braisier est maintenant aussi noir que le charbon de ton regard. Un peu plus de chaleur et il aurait commencé à se désintégrer, à s’émietter. Sombre et friable, tout comme ton âme noircie par la rancœur et la haine. Peut-être que c’est ce qui t’attire chez ce rustre aux cheveux orangés, peut-être que l’Eau qui l’habite pourrait apaiser le feu qui te consume... Observant le brasero fixement, tu ne peux t’empêcher de te demander si le métal est toujours chaud. Si tu parviendrais à le briser de tes mains...

La voix de Kacem brise encore une fois le silence. Visiblement, il est aussi pensif que toi, ce soir... « Je... je sais que je ne devrais pas te poser cette question mais... tu n’es pas revenue ici pour entendre à nouveau Ballion, n’est-ce pas ? Tu te prépares à lui répondre durement qu’il a raison de dire qu’il ne devrait pas poser de questions, mais tu te contentes de le transpercer de ton regard noir. Alors... Est-ce que le maître a... » Des voix interrompent votre entretien. « T’es sûr que la lumière venait de là ? » beugle la première fois, assez fort pour réveiller les mots. « Certain ! » l’assure l’autre d’une voix nasillarde. L’adrénaline fait un pic dans tes veines. Sans plus d’égards pour ton protégé, qui saura très bien s’en sortir sans toi, tu disparais dans la nuit, sans laisser de traces sous les rayons de la lune qui éclaire faiblement la scène entre les bâtiments de la cérémonie. Demain est un autre jour. Et le destin t’amènera bien loin de Kacem Al Mansour...

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