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Le scénario d'Eden'El Lumnar a été mis en avant par Silee Pherusa
C'est le dirigeant d'un refuge de Lucrezia qui n'attend qu'à être pris !

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La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn

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Brehn Shöva
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~#~Sujet: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Dim 21 Mai - 23:42


La Cérémonie du salut

Eden'El Lumnar & Brehn Shöva


Sur le chemin du retour je ne pouvais me retirer de la tête l'image de Nymeria partant pour l'épreuve de la Terre malgré sa blessure. Elle n'y était pas obligée, les médecins lui avaient déconseillé de le faire, mais elle voulait aller au bout des choses. En quelque sorte avoir toute la légitimité possible en prouvant son courage, sa force de caractère et son honneur; en somme elle pourra dire: "Oui, j'ai participé à toutes les épreuves de la Cérémonie malgré ma blessure et bien qu'à l'issue de l'épreuve de l'Eau mon don était trouvé. Somme toute je ne suis pas une faible profitant de mon statut ni des circonstances."
Je le savais depuis longtemps, mais cela ne pouvait que confirmer qu'elle était destinée à être une grande Reine, convaincue de ses idées et ne choisissant pas la facilité. D'ailleurs, je n'ai même pas cherché à la retenir comme la plupart. Je la connaissais que trop bien, sa détermination était inébranlable et puis, je savais que la Cérémonie était pour elle très importante, elle avait besoin de prouver sa valeur. Aussi, peut-être qu'elle faisait cela pour Eden... C'était même assez probable que ce soit une des raisons. En effet, lorsque je lui ai donné des nouvelles de sa protégée... de notre protégée devrais-je dire, elle était devenue rayonnante et encore plus combative pour l'épreuve qui l'attendait. Son courage était exemplaire, et tout homme devrait en prendre exemple. Nymeria est en tout point une véritable source d'inspiration.
Je lui ai donc raconté tous les projets que j'avais pour Eden: l'initié à la survie, essayer d'éveiller son don et bien sûr continuer à la soigner. Ce qu'elle accepta avec gratitude. Je revois encore son sourire et ses yeux briller. Cela fait aussi partie des qualités unique qui feront d'elle une remarquable souveraine: bien que je sois d'une vieille maison de noble, je n'en reste pas moins son sujet, en outre elle peut attendre de moi tout ce qu'elle désire et pourtant Nymeria n'ordonne pas vraiment. Elle préfère demander. Enfin, elle ne cache pas sa reconnaissance alors qu'en soit, elle est née pour qu'on la serve sans attente particulière. Elle n'a aucune redevance à notre égard, pas même un merci. Elle devait en partie cela à son père, qui, il faut le dire, est un grand Roi avec de nombreuses qualités, mais Nymeria le surpassera. Car elle a finalement su prendre le meilleur de son père tout en sachant quoi faire pour ne pas être une copie conforme. Nous aurons bientôt la parfaite souveraine.

Les bras ballants suivant le doux mouvement de ma marche, nettement plus calme qu'à l'aller, je contemplais le paysage pittoresque qui se dessinait devant moi. Entre la Rivière qui inspirait une force inébranlable, et tout autour après quelques fourrés, une Jungle impétueuse qui n'osait s'approcher des flots. Les deux étaient-ils en conflit ? Ne pouvait-il cohabiter pleinement ensemble ? Ou bien la rive terreuse qui les séparaient était là un terrain d'entente ? Je ne pus m'empêcher de penser à Eden, elle qui semblait certainement Terre et moi qui suis Eau. Est-ce là le futur de nos deux pays: trouver cette connivence qui va si bien à nos deux éléments. J'ai beau être un fervent patriote, je ne pouvais renier les liens particuliers qu'il y a entre ces deux éléments; ce sont quand même eux qui amènent la vie. L'eau et la terre ne sont-elles pas faites pour cohabiter ?
En somme, Nymeria était encore prometteuse sur ce point-là: le premier réel contact avec un gorkien, Eden, s'était très bien passé. J'espère sincèrement que la suite sera tout aussi fructueuse lorsqu'elle dirigera notre pays.

Les sons aqueux se mêlaient aux cris des oiseaux exotiques. Quelques rares hurlements de bêtes sauvages provenant des profondeurs de la Jungle faisaient tache devant cette douce mélodie. Il me rappelait aussi que ce lieu était dangereux et que je n'étais pas à l'abri de rencontrer un animal féroce, d'autant que les dernières lueurs du soleil daignaient à disparaître définitivement pour laisser place à l'obscurité. Bon, il n'y avait pas grand danger. J'étais maintenant armé de mon épée que j'ai récupérée à Lucrezia. J'avais aussi de quoi soigner les blessures ouvertes comme celle d'Eden, et puis, de toute façon, la Rivière me serait d'un parfait refuge.
D'ailleurs cela me fit penser à ma protégée, j'espérai qu'il ne lui soit rien arriver en mon absence. Au-delà de son rapide rétablissement qui soulignait sa force, elle n'était encore qu'un de ces enfants naufragés avec peut-être encore l'insouciance qui les caractérisent. Une insouciance qui pourrait la mener à sa perte comme lui apporter le meilleur. Je préfère la deuxième option... Le rythme des rugissements s'intensifiait pour mon plus grand étonnement; hier je n'avais pas remarqué ce phénomène. Quel idiot ! Bien sûr cela était dû à l'épreuve du Feu, les bêtes ayant fuies les fumées. Maintenant que le brasier était éteint, celles-ci devaient être en colère en revenant sur leur habitat et le voyant détruit. Une petite pensée se dirigea vers elles... Je m'imaginais un instant rentrer à Ibai, et y retrouver que ruines et désolations. Tout cela me rappela le mal du pays qui se faisait ressentir même si nous étions à Dahud depuis peu. Ma patrie est ancrée dans mon cœur, et bien que je rêve de voyage et de diversité, je sais que je ne pourrais jamais la quitter bien longtemps. C'est assez paradoxal, mais finalement, ça a toujours été ma façon d'être. J'étais né dans l’ambiguïté, né dans l'ambivalence sans toutefois perdre en cohérence. Enfin je l'espère. Nymeria m'a tout de même compris, Rhenis aussi... Il reste peut-être une dernière chose à leur dire, pour qu'elle sache tout de moi: ma bisexualité. Cet unique secret que je n'oserai révéler ni à ma meilleure amie, ni à ma confidente. Pour l'une, cela était lié au sentiment que je porte pour elle; je sens qu'ils évoluent et je veux me laisser toutes les chances de la séduire si jamais ils vont dans le sens auquel je pense: l'Amour. Pour l'autre, c'était plutôt par fierté. Nous ne sommes pas vraiment rivaux, mais il y a quelque chose lorsque nous sommes tous les deux qui nous imposent d'être parfait. En somme, nous cherchons toujours à nous élever plus haut.

Je finis par remercier Eden tandis que j'approchais et voyais au loin la cabane. La remercier de ces moments d'introspection si particuliers que j'enchaînais depuis notre rencontre. Sa simplicité et sa candeur réveillaient en moi de nombreuses choses qui n'avaient pas été traitées, et je me sentais de plus en plus léger à mesure que je la côtoyai. Pourtant nous ne nous sommes pas dit grand-chose, mais elle n'en était pas moins inspirante; on le dit bien souvent, ce sont des enfants qu'on apprend le plus. Eden n'échappait pas à la règle. J'approchai doucement de la cabane, quelques mètres me séparaient de la porte. Mais des bruits m'arrêtèrent net dans ma foulée. Je pouvais distinguer la voix de plusieurs hommes, peut-être bien deux ou trois. Leur ton n'était pas amical, Eden était en danger, il fallait que j'agisse au plus vite en espérant que je ne sois pas arrivé trop tard.




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Dernière édition par Brehn Shöva le Mer 14 Juin - 14:56, édité 2 fois
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Eden'El Lumnar
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~#~Sujet: Re: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Mar 23 Mai - 13:34

Brehn Shöva
&
Eden'el Lumnar


La cérémonie du Salut
6, PREMIÈRE LUNE DE L'AN 831 ☙ Quelques baies jonchaient encore la table. Les rayons du soleil qui se baissait de plus en plus vers l'horizon, laissaient des arcs de lumière refléter les particules de poussières qui dansaient de pas lents dans les airs. L'on pouvait percevoir le ruissellement de la rivière dont le courant faible témoignait du vent calme de ce jour. L'endroit paraissait paisible, sûr. Prenant une grande inspiration, j'arrangeai la petite table et quelques affaires mises en désordre. Je n'étais pas une grande maniaque et loin d'être la plus ordonnée, mais il me fallait trouver quelque chose à faire. Les minutes passaient lentement depuis que Brehn était parti pour la capitale. J'ai passé un temps près de la rivière, un autre allongée sur la paillasse de la cabane. Un autre à chantonner quelques airs de ma terre natale en savourant le contact rafraîchissant de mes pieds nu sur l'herbe humide. Un dernier tour vers les baies qu'il m'avait indiquées, puis je revins une nouvelle fois vers notre abri. Un soupir. Les choses allaient s'arranger. Je n'en doutais pas un seul instant. Presque heureuse de voir que malgré les épreuves, je puisse encore sourire... Avoir survécu à tout ceci, alors que ma sœur y avait périt, me confortait dans l'idée que peut-être, depuis les bras de Tarlyn, Hly'tha veillait sur moi et me communiquait sa force. Sortant observer le ciel, je m'assis dans l'herbe et contemplai la voûte céleste. Une respiration longue et les yeux fermés, appréciant les rayons se faisant quelque peu timides. La journée allait bientôt toucher à sa fin et je souhaitais profiter de ces derniers éclats lumineux pour me revigorer le cœur. Cet endroit paraissait mirifique. Cela ne vaudrait probablement pas les nuits enchantées de la Forêt Fluorescente, mais je m'y sentais bien mieux et bien plus à ma place que dans les dortoirs de Lucrezia où tous les aspirants à la Cérémonie devaient fêter là fin de leurs épreuves. La pensée d'avoir raté l'épreuve de la Terre me grisa. Mais au moins, j'étais en vie.

J'avais fui, mais au lieu de me sentir faible et couarde, je préférais me rattacher au fait que j'étais saine et sauve. Cette blessure à la cuisse me rappellerait sans doute à jamais cette peur qui m'avait envahie... Mais pour l'heure, je gardais de bonnes pensées positives à l'esprit. Car le meilleur moyen de faire s'enfuir les mauvais sentiments était de sourire, de penser à des choses agréables. De mettre de côté le reste.

Les yeux fermés, je sentais la brise se lever doucement. Caressant mon visage avec une délicatesse dont seul Jalahiel avait le secret. Le courant de l'eau, la brise, cette terre que je touchais de mes mains. Ces trois éléments étaient les essentiels de ce monde. Bien que le Feu puisse être rattaché à mon cœur qui bat, la lumière de la vie qui m'anime, je préférais l'occulter et me conforter dans l'idée que l'on n'avait pas besoin de cet élément. Qu'Oranda n'en avait pas besoin. C'était là une pensée bien plus que blasphématoire... Malaggar étant à l'origine-même de ce monde. Mais cette peur que le feu m'infligeait était plus forte que les convictions dont ma mère m'avait bercée depuis toute petite. Là où mon père était fervent séparatiste, ma mère était pour l'unicité, la cohabitation. Je me situais entre les deux. Prônant la solidarité et la vie ensemble, mais laissant les Feu dans leur coin. C'était là une façon de penser basée sur l'ignorance et l'appréhension. Mais que pouvait-on attendre d'une jeune fille de quinze ans n'ayant rien découvert du monde et des autres éléments à part la mort de sa sœur par les flammes et de son sauvetage par l'eau - au lac par la princesse, et ici par Brehn -, n'était-ce pas juste de ce point de vue-ci ? Malgré notre âge égal, Nymeria paraissait tellement plus forte, plus grande, plus cultivée. Je jalousais cette grandeur de l'âme sans l'envier. J'aimais mon innocence, cette pensée que tout ce qui pouvait se prêter à mes yeux ne passerait guère par le filtre que les adultes se targuaient de posséder. J'étais une enfant. La société avait beau dire qu'après la Cérémonie, nous devions tous adultes, ce n'était pas l'impression que j'avais. Peut-être était-ce dû au fait que je ne l'avais pas terminée... Mais je restais intimement persuadée que cela dépendant plutôt de l'état d'esprit de chacun. Brehn et Nymeria me paraissaient prêts à devenir adultes - Brehn l'étant depuis quelques années probablement - mais pas moi. Partagée entre la fascination admirative que je voulais conserver, cet émerveillement enfantin qui me permettait de voir au-delà des apparences, cette faculté à s'amuser d'un peu et se réjouir d'encore moins. Ne pas se laisser manger par les ambitions et les responsabilités. Être libre de faire ce que l'on souhaite en se disant que quoi qu'il advienne, quelqu'un serait là pour amortir notre chute...

Loin d'être idiote dans ma naïveté pourtant irrévocablement présente dans chacune de mes paroles et mes actes, je savais bien qu'attendre à ce que quelqu'un me vienne en aide à chaque instant n'était que pure fabulation. En tout cas, à Dahud. Il me faudrait regagner la capitale pour être ramenée chez moi. Je ne me sentais pas encore prête, j'avais besoin de temps. Et si aucune marque ne daignait apparaître, alors il me faudrait trouver un moyen illégal de rejoindre Gorka. Cela me paraissait impossible en imaginant l'étendu de la flore traversée à l'allée... Je ne connaissais pas la jungle et les bruits d'animaux, leurs cris, étaient bien différents de ceux qu'il m'avait été donné d'entendre dans ma région natale. Cela ne me disait rien qui vaille.

Mais ce n'étaient pas les hurlements d'animaux qui m'inquiétaient présentement.

Un craquement.

Mes paupières s'ouvrirent alors que l'astre diurne se laissait happer par l'horizon qui échappait à ma vue. Quelques secondes et des pas se firent plus précis. Me tournant vers ceux-ci, j'entrepris de me lever. Non loin se dessinaient les silhouettes des deux propriétaires de la cabane. L'un d'eux avait un sourire, l'autre un air plus déterminé et froid. Peut-être que leur pêche ne s'était pas avérée bonne... Hésitante dans ma façon de les aborder, je fis seulement quelques pas vers eux. Une fois à portée de voix, ils s'étonnèrent de ma présence. « Tiens, encore là l'éperdue ? Viens donc ! » Dit le premier, souriant, en m'invitant à entrer dans la cabane où ils déposaient leurs affaires. L'expression inquiète, je relativisai en me disant qu'ils s'étaient montrés bien aimables de ne pas m'avoir jetée dehors alors hier. Ne souhaitant guère les offenser, j'acceptai et les rejoignis dans la cabane.

Bras ballants et esprit embrumé quant à la façon dont je devais me comporter, je restai silencieuse en entrant dans la cabane. Je ne me sentais pas à l'aise, ignorant d'où me venait ce sentiment étrange de méfiance. « Assis-toi, ne sois pas timide. » M'invita toujours le premier homme. Il portait un capuchon d'un bleu foncé usé, une tunique verdâtre et des bottes encore humides. Son comparse alla fermer la porte derrière moi tandis que je m'avançais vers la chaise que l'on me présentait. Une main posée sur mon avant-bras droit, je me sentais toute petite et vulnérable. N'essayant même pas de feindre un sourire. Les regards qu'ils s'échangeaient me paraissaient troublant, mais j'ignorais ce qu'ils manigançaient. Un gros sac porté par le taciturne bourru fut posé brusquement sur la table devant mes yeux, éclatant quelques baies qui, écrasées, laissèrent des traces rougeâtres. Le bruit sourd du sac heurtant le bois me fit sursauter. Le souffle épais et rauque du plus silencieux des deux m'intimidait au plus haut point. Il rangea les affaires qu'ils avaient posé en vrac à l'entrée. L'atmosphère était froide, ma nervosité ne passait pas inaperçue. « Respire petite, tu as l'air tendue. » Il s'était laissé tombé sur le lit dans un soupir signifiant la fatigue accumulée suite au labeur qu'ils avaient réalisé. Il se tourna vers moi et plissa les yeux. « Ton ami n'est pas revenu ? » Baissant les yeux, j'étais incapable de répondre. Non pas par manque d'information ou parce que je ne souhaitais pas lui répondre, mais par peur. « As-tu perdu ta langue ? » Me demanda-t-il d'une voix douce et calme alors que son ami s'approchait de moi. Il posa sa main sur mon épaule, me faisant tressaillir de surprise, ne m'attendant guère à ce contact qui me gênait beaucoup. « On ne va pas te manger, tu peux parler petite. » Mes yeux se levèrent timidement vers les siens. « I-il est parti vers Lucrezia... Il ne devrait plus tarder... » Dis-je pour me rassurer, balbutiant ces mots de ma nervosité grandissante. Déglutissant avec peine, je ne comprenais pas pourquoi ce mauvais pressentiment montait en moi comme un signal d'alerte.

« Aaaaaah, soupira celui qui s'étendait sur la couche, on est quand même des gars bien généreux, pas vrai Rubein ? » L'autre acquiesça d'un rictus. « Ouais, on est des gars biens. » Mes yeux oscillaient entre les deux hommes, cherchant à comprendre où ils voulaient en venir. « Mais le problème quand on est trop gentils, c'est qu'on a tendance à voir notre confiance se faire abuser. » Je fronçai les sourcils. Mais à peine ai-je eu le temps de ciller que son partenaire m'étreignit brutalement en mettant mon bras droit en évidence. Son camarade se leva et s'approcha d'un pas lent alors que je tentais de me débattre pour me défaire de cette emprise ferme que le dit Rubein maintenait avec détermination. « Lâchez-moi ! » Ordonnai-je sans aucun pouvoir d'intimidation. Il soupira, prit mon bras avec fermeté puis dévoila l'endroit où une marque était sensée apparaître. « Sois tu nous a menti, petite, soit tu es une exempte. Dans les deux cas, on va devoir te demander de payer pour cette hospitalité dont tu as bénéficié. » L'œil humide, craignant pour ma vie et ce qui allait en advenir, je continuais de me débattre en vain. « J-je n'ai pas d'argent... mon peuple n'en n'a pas, pitié... Désolée, de vous avoir menti, acceptez mes excuses je ne voulais pas... » Il m'interrompit en posant sa main délicatement sur ma bouche. Des larmes résultant de ma peur se trouvaient arrêtées par cette main imposant mon silence. « Hm pas d'argent ? Viendrais-tu de Gorka ? Voyons voir... qu'as-tu qui pourrait nous intéresser et servir de paiement ? » Dit-il, faussement dubitatif, sourire en coin, en regardant son complice. Un rire gras échappa du plus robuste dont les mains allèrent de mes bras à ma poitrine. « Non ne me touchez pas, par pitié ! Lâchez-moi ! » Criai-je à plein poumons en ayant dégagé la main qui me rendait muette par mes tentatives de libération. « Fais-la taire par Glorë ! Elle va rameuter toute la faune à hurler comme ça ! » Il me jeta au sol et, ramassant un bâton de marche qu'ils avaient posé là, le brandit vers moi. « J'vous en supplie non ! Laissez-moi partir ! » Tentai-je une dernière fois alors que, pétrifiée au sol, je ne parvenais plus à bouger le moindre de mes muscles.

Mais à cet instant, la porte s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître Brehn dans l'encadrement dont la lumière s'étouffait par la nuit s'apprêtant à déposer son voile d'ombre sur Dahud. Les deux malfrats se laissèrent dissiper par cette intrusion inopinée et le bâton resta brandit en l'air sans s'abattre sur moi. « Brehn ! Sauve-toi ! » Parvins-je à lui crier pour éviter qu'il ne se mette en danger pour moi. Il fallait que je profite de cette distraction pour m'enfuir, moi aussi, suivre Brehn. Mais j'étais incapable de bouger... Tétanisée.

@Brehn Shöva ☙ #Sanie #Vanka

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Dernière édition par Eden'El Lumnar le Dim 28 Mai - 23:29, édité 2 fois
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Brehn Shöva
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~#~Sujet: Re: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Jeu 25 Mai - 23:10


La Cérémonie du salut

Eden'El Lumnar & Brehn Shöva


À pas feutrés en prenant garde de ne pas écraser une brindille, je m'approchai de la cabane. Le ton montait, je n'avais pas beaucoup de temps devant moi mais pour autant je ne pouvais foncer tête baissée. Je devais rester calme et établir un bref plan. Mon rythme cardiaque s’accéléra à mesure que je me rapprochai; je redoutais que la porte s'ouvre avant que je ne l'atteigne. Ma main droite serrait le pommeau de mon épée encore rengainée dans son fourreau. J'étais sur le qui vive, prêt à réagir...
C'est bon, j'arrivais sur le palier sans encombres; les hommes à l'intérieur - trop occupée à railler Eden - ne m'avaient pas repéré. Maintenant leur voix était claire, ils étaient deux à parler mais je pris soin de vérifier par l'interstice de la porte s'il n'y en avait pas d'autres et surtout analyser leur position. Je me rappelai un instant, que j'avais fait la même chose hier, pour voir si Eden allait bien avant de remplir mon outre. Cette fois, elle était en mauvaise posture: je pus distinguer ni plus ni moins deux hommes me tournant le dos qui tourmentaient la pauvre gorkienne. Ils avaient retroussé la manche de son bras droit et n'ont vu aucune marque, à présent ils connaissaient la situation d'Eden. En aucun cas, ils allaient la prendre pour une jeune fille qui n'a pas l'âge d'avoir une marque. Que ferait une jeune fille ici, cacher aux yeux de tous - ou presque -, si près d'une récente épreuve de la Cérémonie, qui plus est, blessée ? Ils ne pouvaient la considérer que comme une Exempt ou bien une fuyarde et dans les deux cas, cela ne présageait rien de bon. L'affrontement allait être inévitable; je ne saurais être capable de raisonner ces énergumènes. Partis dans leur délire, il n'y avait que la force comme issue possible. Pourtant, je n'avais vraiment pas envie qu'il y ait des blessés ou des morts. Peut-être qu'avec l'effet de surprise d'une entrée fracassante ils pourraient être suffisamment surpris pour que j'aie le temps d'en assommer un et désarmer l'autre. Et puis, ils n'avaient respectivement qu'un poignard et qu'un bâton. Somme toute, rien qui puisse rivaliser avec mon épée... Néanmoins, il ne fallait pas prendre la situation à la légère, en tant que nobles j'ai l'habitude de manier l'épée, mais là ce n'était pas réellement un un contre deux: il y a aussi Eden. Il pouvait très bien la prendre en otage, et de fait j'aurais bien du mal à me dépêtrer d'une si délicate situation. À cet instant j'aurais aimé être un puissant maître de l'eau comme mon cher mentor Sérild. Tout aurait été plus facile pour lui. Il n'y aurait pas eu d'effusions de sang, seulement une intelligente utilisation de son don. À l'époque il avait déjà presque atteint la complète maîtrise de l'eau. Je l'imaginais sans mal, glacer sur place ces individus, récupérer Eden et partir comme si de rien n'était, sans blessé. Il y avait là exactement ce que je trouve de merveilleux au don que nous a offert Glorë: l'eau est l'élément le plus flexible et le plus sain à mon sens. On peut l'utiliser pour guérir, pour se défendre mais aussi pour attaquer. Sa polyvalence est unique et c'est sa plus grande force, même si d'un autre point de vue, cela peut-être sa plus grande faiblesse; il est certain que nous n'avons pas la puissance de frappe d'un Feu, à niveau égal j'entends.

L'heure n'était pas aux affabulations, il fallait que je me recentre et que je me débrouille avec mes propres moyens et cette même intelligence que m'enseigne mon maître depuis tout petit. Alors que restait-il à faire pour sauver Eden tout en préservant la vie de ses détracteurs ? "Fais-la taire par Glorë ! Elle va rameuter toute la faune à hurler comme ça !" cria un des hommes, tout en projetant violemment à terre leur proie. Il leva son bâton bien haut à l'aide de ses deux mains, prêt à asséner un coup dévastateur. Eden les supplia de la laisser saine et sauve. Je n'avais plus le temps de préparer quoi que ce soit, tant pis pour eux, le sang allait certainement couler... J'ouvris la porte brutalement, laquelle se dérogea des attaches qui la retenaient au mur de la cabane. Elle s'écrasa lourdement sur le côté élevant avec elle poussières et cendres. Alliées à la nuit, les particules rendaient la vision difficile dans cette unique pièce. Eden hurla quelque chose que je ne compris pas dans l'action. Les deux hommes se retournèrent abasourdis. Dans cette confusion, j'eus le temps de porter en pleine face un crochet sur celui qui était le plus en retrait. Il tomba à la renverse. Je m'assurai qu'il était hors d'état de nuire; il était complètement sonné et mon regard se porta au deuxième qui dans un dernier élan de détresse eut le temps de s'emparer d'un piètre couteau de pêche qui se trouvait je ne sais trop où, qu'il tenait sous la gorge d'Eden. Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'il ait le temps de la révéler et la tenir en joue. Ils avaient l'apparence de simples pêcheurs mais ils n'en demeuraient pas moins qu'ils faisaient partie de ces esprits mauvais que l'on retrouve malheureusement un peu partout dans ce monde. Je m'en voulais de ne pas avoir été assez rapide pour mettre en déroute les deux comparses, mais sans utiliser mon épée cela était bien difficile. Je restai serein, je savais que j'avais la situation en main.
Nous étions face à face, j'avais devant moins quatre yeux qui me regardaient fixement, tous en pleines détresses, à chacun leur manière. J'essayai de rassurer Eden d'une voix tranquille: "Reste calme, je vais arranger tout ça." Je dégainai mon épée, puis je m'adressai à l'autre homme. Il était bien anxieux et trépignait sur place. "Je te déconseille de lui faire quoi que ce soit, ou sinon ton ami y passera... et toi juste après." Je pointais mon épée à mon tour près de la gorge de son ami qui était toujours inanimé. Le pêcheur paraissait de plus en plus angoissé; quelques gouttes perlaient sur tout son visage. Finalement, il ne devait pas être bien méchant, lui et son compagnon ont seulement répondu à une pulsion primitive: peut-être l’appât du gain en la livrant aux autorités ou alors la simple envie de dominer une personne... Ce n'était pas des criminelles avertis.

Dans ce genre de situation, je sais être impassible, rester concentré, prêt à réagir à n'importe quel événement. Je le devais grâce aux enseignements de Sérild et des formateurs de chevaliers au château. En effet, la plupart de la noblesse masculine prenait le temps de recevoir des enseignements pour être chevalier. Les combats d'escrime et les concours de tir à l'arc, ça me connait. Cette assurance contrastait avec l'allure du ravisseur. Ne sachant quoi faire il semblait de plus en plus pétrifié de peur. J’insistai à nouveau pour qu'il comprenne bien qu'on ne leur veut aucun mal: "Relâchez cette jeune demoiselle et nous partirons sur-le-champ." De ma poche je pris quelques pièces d'or, monnaie phare de Dahud, que je mis dans la poche de l'homme inconscient à mes pieds. "En guise de ma bonne foi."

L'homme commençait à se détendre si bien qu'Eden ne pouvant supporter plus longtemps cette épée de Damoclès en profita pour...





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Dernière édition par Brehn Shöva le Mar 6 Juin - 22:39, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Lun 29 Mai - 12:08

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La cérémonie du Salut
La peur me bloquait, je sentais mes muscles se crisper, mes pensées se brouiller dans un flou opaque m'empêchant de faire quoi que ce soit. L'apparition de Brehn eut l'effet d'un sursaut, me permettant de retrouver ma lucidité en faisant s'évaporer ce brouillard qui m'oppressait. Brehn asséna un violent coup à l'un des hommes. Je voulus me lever pour pousser le second et essayer de m'enfuir, mais il se servit de mon élan pour attraper mes bras, me mettre dos à lui et placer un couteau sous ma gorge. Le contact du métal froid sur ma peau me fit frissonner. Pourquoi cherchait-il à me faire du mal ? Je ne lui ai rien fait ! Mes larmes roulaient sur mes joues et suivaient leur chemin jusqu'au bras du ravisseur qui exerçait sur moi une étreinte ferme dont je ne pouvait me défaire sans risquer de me couper à cause de son couteau. Je regardais Brehn, l'appelant à l'aide du regard. Il paraissait calme, comme s'il savait que tout irait bien. Cette expression qu'il affichait me rassurait. Il savait comment me sortir de là. Il savait comment nous sortir de là. Essayant de calquer son calme, je me concentrais sur ses yeux et non sur ce couteau tenu par le pêcheur à l'odeur douteuse. Il empestait un mélange d'eau cramoisie, d'alcool et de sueur... Ses vêtements étaient sales et abîmés.

Cherchaient-ils à me vendre ? Comme une esclave ? Cette idée me terrifia. Était-il si aisé de faire capturer lorsqu'on était exempt ? Combien de personnes préféraient remplir leurs poches de pièces plutôt que de laisser une personne libre ? L'esclavagisme est ancré dans les mœurs depuis toujours à Oranda. Pour beaucoup d'exempt, fuir n'était pas une solution. C'était amplement compréhensible après tout. Pour ceux qui en avaient le courage, rester libre devait être la motivation de toute une vie. Chercher à se camoufler, se fondre dans la masse, errer, voyager, partir dès que la situation devenait trop risquée. Une vie de baroudeur qui ne s'arrête jamais. Combien d'années pouvait-on vivre ainsi ?Arrive forcément un jour où notre esprit ou notre corps ne suit plus. Où la fatigue morale prend le pas et où le confort d'une maison paraît bien plus valable qu'une vie de fuite et de craintes. À Gorka, les esclaves étaient bien traités après tout. J'étais toutefois consciente qu'atterrir entre les mains d'une bonne famille Gorkienne relevait d'un miracle posé par Tarlyn en pitié pour une âme abandonnée de tous. Je n'avais même pas passé son épreuve à la Cérémonie... Alors en quoi se sentirait-elle d'avoir un élan de clémence face à moi ? Mon âme était perdue. Perdue... Les belles paroles de Brehn semblaient perdre de leur magie devant les circonstances. S'il ne me venait pas en aide, je finirais probablement entre les mains d'énergumènes de la même trempe que ces pêcheurs. Et puis qui voudrait d'une esclave de mon acabit ? J'avais beau avoir travaillé dans les champs, personne n'irait se risquer à m'acheter pour un travail louable. Que faisait-on des exempts de quinze ans qui avaient l'air si faibles ? Je préférais ne pas imaginer ce qui m'attendait si jamais je ne faisais capturer.

Après un silence épais où les deux opposants se toisaient du regard, Brehn prononça ces mots : « Reste calme, je vais arranger tout ça. » J'essayais de rester calme, j'essayais... Ma respiration était rapide, mes inspirations courtes, je tremblotais de peur, oppressée par la situation et le danger imminent dans lequel je me trouvais. Un élan de folie, un mauvais geste, et ma gorge se verrait tranchée sans que Brehn n'ait le temps de faire quoi que ce soit. Dégainant son épée, Brehn tenait en respect le pêcheur qui n'avait guère l'air rassuré devant cette arme. Après tout, il ne devait pas voir des habitants de Dahud avec une épée tous les jours. Les gardes étaient armés, c'était une chose à laquelle on ne faisait pas attention tant c'était normal et nécessaire pour maintenir l'ordre ne serait-ce que par l'intimidation que cela provoquait. Mais Brehn était un sujet de Vainui, il devait savoir se battre et son épée n'était pas simplement là pour signifier son rang où son statut d'officiel. Il devait la garder afin de protéger la princesse, les dignitaires, ses protégés. Je n'étais pas particulièrement intéressée par les armes, quand bien même je puisse être captivée par le travail des artisans et les finitions décoratives qui peuvent y être apposées. Contre la violence et loin des préceptes d'armées, je ne voyais en ces armes que des objets décoratifs. Bien que le spectacle d'art du combat ne me déplairait pas - tant qu'il n'y a pas de haine et de rivalité dépassant l'esprit de compétition - je n'ai jamais exprimé de curiosité face à tout cela. Cependant, il fallait bien admettre que dans cette situation, il fallait user de moyens plus forts que la parole. Je redoutais qu'il n'ait à se servir de son épée autrement que pour intimider le malfrat. Peu importe quelles étaient les intentions de ces hommes, je ne voulais pas que quelque chose d'affreux ne leur arrive...

La tension était palpable. Je sentais bien que même l'homme qui me tenait n'était pas rassuré. L'intimidation de Brehn faisait son effet sur ce pêcheur trop avide. « Je te déconseille de lui faire quoi que ce soit, ou sinon ton ami y passera... et toi juste après. » Déclara Brehn en pointant son épée sur lui, puis sur la gorge du comparse assommé au sol. J'entendais le souffle anxieux du ravisseur, sentais la chaleur de sa proximité, il m'était de plus en plus difficile de maintenir ce calme que je commandais à mon corps afin de ne pas fléchir.

Cette anxiété tranchait avec le calme olympien de Brehn. Il devait avoir déjà eu à faire à ce genre de situations délicates. J'ignorais en quoi consistaient ses missions à Vainui, mais la violence devait s'y faire plus courante qu'à Gorka pour qu'il sache ainsi agir en cas de nécessité. Il savait se contrôler, me rassurer et laisser les malfaiteurs hors d'état de nuire sans les blesser gravement, parvenant également - si ce n'est à les résonner - à les intimider et prendre le contrôle de la situation. Alors que le pêcheur perdait de plus en plus ses moyens, me rendant encore plus nerveuse et craintive, Brehn essaya de prendre avantage de l'état dans lequel se trouvait l'homme. « Relâchez cette jeune demoiselle et nous partirons sur-le-champ. » Ordonna Brehn sans une once d'hésitation dans la voix, aucune animosité, juste de l'assurance et de la détermination. Le temps sembla se mettre en suspend de cet instant jusqu'à la décision du pêcheur. De geste lents et calmes, Brehn sortit d'une bourse quelques pièces d'or qu'il vint glisser dans la sacoche du complice inerte. « En guise de ma bonne foi. »

La vue de l'or clinquant attira inévitablement les yeux du pêcheur qui, comme hypnotisé par l'éclat, relâchait son étreinte. Il maintenait toujours sa lame contre mon cou, mais je ne sentais plus la pression du couteau contre ma peau. Une sueur froide me traversa. Il fallait que je m'enfuis, que je profite de cette distraction pour me défaire de cette situation. Le couteau... si je parvenais à le lui enlever, ou tout du moins à le dévier, je pourrais m'échapper... « Elle nous rapportera bien plus à Lucrezia, pourquoi devrai-je me contenter de si peu ? » Grogna le pêcheur, une voix peu assurée, nerveuse. Comment l'or pouvait ainsi fasciner un homme ? Était-il si avide d'argent qu'il était prêt à fléchir pour quelques pièces ? La détermination de cet homme semblait déconcertante, mais était très appréciable dans cette situation. Sa faiblesse allait être ma porte de sortie. Mon rythme cardiaque s'accélérait et mon impatience de me défaire de cet homme prit le pas plus rapidement que je ne l'aurais pensé. Portant mes mains au bras qui tenait le couteau, je le poussai à reculons pour qu'il vienne se cogner contre le mur. Cela ne fit que le surprendre, sans lui causer le moindre mal. Alors qu'il forçait son couteau vers mon cou, de mes deux mains je pouvais le tenir à distance. Me baissant, je lui échappai en lâchant alors pris sur le bras qui tenait sa lame. Celle-ci vint me suivre pour tailler une coupure sur mon épaule gauche alors que je partais me cacher derrière Brehn et son épée. M'accrochant à ses vêtements dans son dos, je gardais un œil sur le pêcheur, effrayée à l'idée qu'il ne fasse un geste inconsidéré. S'en prendre à Brehn alors qu'il avait encore son épée en main et bien en main ? Lancer son couteau et risque de manquer sa cible ce qui lui coûterait en retour certainement la vie ? « Allons-nous en Brehn, allons-nous en... » Lui intimai-je à voix basse, des larmes fines roulant encore sur mes joues, tremblante de cette adrénaline causée par la peur, tirant sur ses vêtements comme pour l'inciter un peu plus à prendre la fuite. Si des gardes arrivaient ou même si l'homme venait à nous décrire aux gardes afin que l'on soit recherchés, nous ne pourrions rester libres. Les lieux étaient bien trop dangereux...

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Brehn Shöva
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~#~Sujet: Re: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Mer 7 Juin - 19:06


La Cérémonie du salut

Eden'El Lumnar & Brehn Shöva


... pour se dégager de son agresseur. Je vis une étincelle dans ses yeux, elle avait un plan et je décidai de la laisser faire. Je continuais de distraire l'homme qui ne semblait pas décider à faire un quelconque choix; certainement que la peur était telle qu'il n'était plus capable de réfléchir. Il préférait donc rester sur une position de facilité, à garder son otage sans rien faire. Mais ça ne pouvait durer, et tôt ou tard il faudra bien qu'action il y ait. Finalement, même si je n'étais pas très serein à l'idée de laisser Eden prendre une initiative aux vues de sa position, cela n'en restait pas moins la meilleure solution.
Tandis que la jeune gorkienne le faisait reculer grâce à une légère pression, je lui lançai pour faire distraction: "Bon et bien, voyez les choses en face, vous n'êtes pas en position d'exiger quoi que ce soit." Je frottai ma lame contre le sol, près du cou de son acolyte encore assommé. Du reste, ses yeux se rivèrent vers elle. Les miens se dirigèrent aussi dans la même direction, enfin en réalité, je profitai pour observer en coin les mouvements respiratoires du comparse, parce que certes, ils n'ont pas l'air très intelligents, mais je ne devais pas les sous-estimer, je n'étais pas à l'abri qu'il se joue de moi et attende le moment propice pour attraper furtivement mes pieds et ainsi me renverser... Rassuré de voir de lents va-et-vient typique d'un Homme endormi, je redirigeai mon regard vers Eden. Celle-ci faisait un merveilleux travail, et l'homme ne se doutait absolument de rien alors que moi, j'avais déjà compris quel était le stratagème caché. Je me réjouissais de voir un tel calme et une telle lucidité malgré sa délicate situation. Au final, cela confortait ma volonté de lui enseigner le plus de choses possible durant les prochains jours car je savais qu'elle en ferait bon usage. Comme je l'ai déjà dit, cette fille est pleine de ressources. J'avais même envie de dire à son ravisseur qu'il valait mieux la prendre au sérieux malgré ses airs fluets et juvéniles.

Il était tout près d'heurter le mur. Mon cœur se serra, je me tenais prêt à réagir si jamais Eden ne réussissait pas son coup. Encore quelques pas. Et tac, l'homme se cogna la tête, ce qui lui fit resserrer son étreinte. Avait-elle échoué ? Non. Eden eut tout de même le temps de mettre ses deux mains qui étaient jusque-là ballantes le long de ses cuisses, au niveau de l'avant-bras intérieur qui tenait le couteau. Elle lutait de toutes ses forces pour le repousser. Je devais l'aider. Rapidement. Je levai mon épée en l'air de mes deux mains et fis semblant de l'abattre sur son ami à terre afin de détourner son attention. Ma lame s'enfonça brutalement au sol tout près du corps inanimé, laissant échapper un bruit sourd. L'effet escompté se réalisa: l'homme lâcha un instant la pression. Eden en profita donc pour relâcher la guillotine qui n'attendait qu'à trancher son cou, et se baisa brusquement. La lame n'avait plus rien pour la retenir et malgré la distraction, elle trancha l'épaule de ma protégée. Je devais encore l'aider pour qu'elle m'atteigne sans encombres: d'un coup de botte je jetai des cendres sur l'homme - lesquelles atterrirent sur son visage - qui n'eut pas le temps de réagir. Aveuglé, il tenta en vain d'attraper ou blesser son trophée dans un dernier élan de folie. Eden parcourut les quatre-cinq mètres qui nous séparaient et vint se blottir derrière moi comme une enfant apeurée. Elle avait fait preuve de courage et de détermination mais le choc émotionnel de la scène avait repris le dessus; je pouvais sentir ses tremblements se transmettre à mon corps. Bon, il faut le dire que nous venions de passer une difficile conjoncture, d'ailleurs je remarquai seulement maintenant que mon cœur battait la chamade et que des sueurs froides s'écoulaient de mon front. Qu'importe, ce n'était pas le moment de prendre conscience de son corps, le plus dur avait était fait certes, mais l'homme en face de nous était à présent enragé. Sa conscience l'avait quitté pour laisser place à des instincts primaires d'haines et de vengeances. Eden me rappela la nécessité de partir: "Allons-nous en Brehn, allons-nous en..." m’intima-t-elle en tirant mes vêtements. Oui, c'est vrai, mais comment ? Il avait encore son couteau en main, et on ne pouvait prendre aucun risque, un drame et si vite arrivé... Sans lâcher du regard l'homme qui s’apprêtait à bondir sur nous, j'ordonnai à Eden de sortir de la cabane par l'ouverture derrière nous. Elle ne bougea pas comme pétrifiée pourtant elle ne risquait rien, il ne pouvait l'atteindre, mon corps faisait barrière... Elle se trouvait toujours derrière mon dos, du coup je la forçai à reculer, en reculant moi-même à l'image de ce qu'elle a fait il y a un instant. La situation devait sembler aisément burlesque pour un spectateur: un homme enlacé par une jeune fille apeurée, pointant une longue épée vers un pouilleux qui n'a lui qu'une petite lame, le tout en reculant à pas de chats pour ne pas envenimer la situation en excitant qui que ce soit... Au fond, cela m'importait peu, je préférai être prêt à parer un possible lancer de couteau plutôt que de déguerpir d'un seul coup sans même être sûr qu'Eden me suive... Je finis par lancer à l'enragé d'un ton calme: "Réfléchi bien... Ne fais pas de bêtises. En oscillant la tête je montrai son ami couché. Tu ferais mieux de t'occuper de ton comparse maintenant que nous sommes loin de lui." Suite à ces paroles, l'homme se résigna et préféra effectivement s'occuper de son ami inconscient. Quel soulagement, la raison avait enfin reprit les rênes de sa petite cervelle.  

Je jetai un dernier regard à l'homme accroupi près de son ami qui tentait sans succès de le réveiller tandis qu'Eden - ayant retrouvé la maîtrise de son corps - finie par me tirer hors de ces lieux. Une dernière image se grava avant que je ne sorte: une tête décomposée, des yeux noirs haineux et incertains qui me perçaient; il craignait pour la vie de son ami. J'espérai ne pas avoir causé une quelconque blessure irréversible à celui-ci, après tout, ils n'ont fait que suivre les mœurs actuelles d'Oranda. Ils n'étaient blâmables qu'à moitié. C'est ça d'avoir d'autres idéaux... D'ailleurs, mes pensées se dirigèrent vers Nymeria. Je me rappelai que nous voulons tous deux rendre les orandiens égaux. Esclavagisme, racismes, et persécutions n'ont pas lieu d'être à notre sens, nous sommes tous issus des mêmes Créateurs, et je ne puis penser qu'ils aient créé des sous-hommes pour servir des plus chanceux. Peut-être un jour, nous y arriverons. Au moins à Vainui...

Nous voilà donc dehors, mais néanmoins le danger était toujours là: nous devions quitter au plus vite cet endroit. Et pour cause, ces deux pécheurs ne venaient pas de nulle part; il devait y avoir un village non loin d'ici. Je ne sais pas comment sont ces gens mais ils pourraient très bien décider de nous traquer. D'autant plus si l’assommé ne se réveille pas; la vengeance motiverait ses semblables, familles ou amis. "Eden, il faut qu'on parte d'ici au plus vite, tu te sens de marcher à vive allure ?" Elle regarda sa blessure, et acquiesça relativement confiante. Je repris: "Je suis désolé, j'avais prévu de m'occuper de ta blessure dès mon retour, mais là nous devons nous cacher loin d'ici... Ces types sont étranges, et je n'ai aucune idée de leurs possibles réactions." J'eus peur de l'effrayer avec ces mots, et pour rééquilibrer le tout, je passais ma main dans ses cheveux pour les ébouriffer amicalement. Aussi, je lui dis avec fierté: "En tout cas, bravo à toi ! J'ai bien fait de te faire confiance, tu t'en es tirée à merveille... la Princesse sera impressionnée lorsqu'elle l'apprendra, sois-en sûre." Ce court moment de gaieté s'arrêta bien vite, mes instincts de survie reprirent le dessus. Je m'arrêtai, regardai autour de moi à l'affut des fumées de chaumière. Malheureusement, je ne vis rien d'intéressant avec cette nuit déjà bien installée. Les sourcils froncés, je déclarai à Eden: "Ma foi, il faut qu'on se hâte à se mettre en sécurité. Il vaut mieux longer les fourrés plutôt que la Rivière bien que l'on ne puisse pas voir où l'on mettra les pieds... Allez c'est parti!" Je pris une de ses mains, et nous nous mirent à faire de petites foulées en direction des débuts de végétation, en direction de Lucrezia, soit le Nord-Ouest. Ce n'était pas l'idéal puisque le nombre de hameau s’accroît à mesure que l'on se rapproche de la cité-mère, mais nous ne pouvions aller au Sud-Est, là d'où venait les pécheurs. Enfin, les autres points cardinaux nous éloigneraient de la Rivière, et nécessairement nous tomberons dans une végétation dense, abritant de nombreuses bêtes en pleine chasse.


Alors que nous continuions de longer de loin le cours d'eau à travers bosquets et buissons, un vent fort se leva, secouant les branches au-dessus de nos têtes. Aucune exception, même les plus vaillantes se laissaient dicter leur mouvement par les bourrasques. Les voir danser au-dessus de nous avec largesse m'angoissait quelque peu. Non pas que leurs voluptueuses amplitudes n'étaient pas agréables à regarder, mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir étouffer. Je crois que cela me rappelait les mauvais rêves que beaucoup d'enfants ont, où des ombres perfides viennent jouer avec le sens de l'équilibre. Je me souviens que l'on finissait - ma soeur et moi, et j'imagine les autres enfants - par se réveiller à force d'avoir tangué de tous les côtés, d'avoir eu l'impression de chuter, d'être aspiré, de ne plus exister et j'en passe des meilleurs... Quand on rouvre les yeux, tout revenait calme et paisible et on se demandait pourquoi on avait mérité ces tourments alors que nous n'étions que des jeunes âmes innocentes cherchant à passer une bonne nuit. Cette fois ce n'était pas un rêve, cela était bien réel, peut-être y avait-il une bonne raison à ces événements ? Peut-être que j'avais tué cet homme ? Peut-être que mon coup avait été trop fort ? Sa tête n'avait pourtant pas claqué violemment sur le sol et il respirait encore, mais il se pouvait qu'il soit dans le coma ? Je revoyais cette dernière image et notamment le regard noir que me lançait son compagnon. Sur celle-ci, lui-même n'avait pas l'air d'être bien certain de l'avenir de son ami. Était-ce donc pour ça que je cherchais à fuir loin d'eux alors qu'au final, il y avait peu de chances qu'ils s'amusent à nous traquer en pleine nuit ? Était-ce donc pour ça que ce pécheur opposa autant de résistance, et avait des allures meurtrières ? Je ne le saurai jamais et il valait mieux que je me défasse bien vite de ces pensées pour me concentrer sur les difficultés qui nous attendaient, Eden et moi. Je ne savais pas bien combien de temps nous allons marcher, surtout que malgré la bonne volonté d'Eden, elle ne pouvait se permettre de trop forcer. En outre, je ne me pardonnerai pas qu'elle ait des séquelles à cause de tout cela. Alors que faire sachant que nous ne pouvons demander de l'aide à d'autres individus car très vite la nouvelle de la situation d'Eden se rependra demain... Il ne restait plus qu'à dormir à la belle étoile, ce qui ne m'enchantait guère. Au-delà de la fraîcheur nocturne je craignais que des créatures viennent nous importuner. Nous ne pouvons même pas faire de feu pour les éloigner, car d'autres, enfin des humains, viendraient à leur tour.






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Dernière édition par Brehn Shöva le Mar 13 Juin - 12:08, édité 1 fois
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Eden'El Lumnar
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~#~Sujet: Re: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Dim 11 Juin - 23:33

Brehn Shöva
&
Eden'el Lumnar


La cérémonie du Salut
La peur me faisait perdre mes moyens, mais l'adrénaline permettait à mon instinct de survie de prendre le dessus. Un aspect de la vie à Gorka sans nul doute. Où peu importe la situation, on parvient à s'en dépêtrer. Et sans violence... L'épée de Brehn jouait sur ma peur. Ou plutôt mon intimidation. Je ne savais pas s'il s'en servirait vraiment ou si ce n'était que de la provocation et cela me perturbait. Je ne voulais pas que le sang ne coule. Bien loin encore de croire que c'est une chose pourtant relativement courante en ville, surtout lorsque les éléments sont amenés à se côtoyer et à se déchirer les uns les autres ; incapables de coexister en paix. Constat fort déplaisant que, pour l'heure, je ne mettais que sur le simple compte de la tradition et des mœurs de la ville : la Cérémonie est un rituel sacré, mis en place pour que les dieux puissent choisir leurs enfants. Dans l'esprit des Orandiens, ne pas croire en la Cérémonie était probablement passible de mort... En tout cas, je ne serais qu'à moitié étonnée - au vu de ce que j'ai pu vivre - si on m'exécutait de facto sans même chercher à comprendre pourquoi je m'étais permise un acte d'une telle folie : fuir sa Cérémonie. Me revint le visage de Nymeria... La princesse avait été terrifiée par cette entreprise que je menais. Quitter la Cérémonie...

Ce qui était fait, était fait, et je ne devais pas commencer à regretter mes choix. Après tout, j'étais heureuse dans mon malheur : Brehn était là pour moi. Grâce à lui, je m'en sortais. Grâce à Nymeria, je survivrai à ces embûches qui obstruent mon chemin. En pensant à elle, je trouvais la force de me battre pour avancer. Autant qu'elle avait trouvé la force de faire diversion pour me permettre cet acte blasphématoire qu'était de manquer à sa Cérémonie. Elle qui, sans nul doute, devait fermement tenir aux traditions et à la religion. Après tout, c'était une princesse. Mais son esprit avait su s'ouvrir à moi. Elle avait compris mon cœur. Cela valait la peine de me battre pour que tout ceci n'ait pas été fait en vain.

Ne comprenant pas trop ce qui se passait, paniquée par les événements qui risquaient à tout instant de s'envenimer plus encore, je suivais les mouvements de Brehn qui m'incitèrent à reculer. Doucement. Je ne sentais pas vraiment la douleur de ma jambe, encore trop éloignée de la réalité de la situation. La voix de l'Eau me rassura quelque peu... « Réfléchi bien... Ne fais pas de bêtises, dit-il en désignant l'autre homme encore au sol. Était-il encore ne serait-ce qu'en vie ? Tarlyn ! Tu ferais mieux de t'occuper de ton comparse maintenant que nous sommes loin de lui. » Ce qu'il ne se fit pas prier pour faire, inquiet malgré la colère qui rougissait encore ses pommettes bourrues. Reprenant conscience des choses, j'insistai auprès de Brehn en le tirant une nouvelle fois vers la sortie. S'était évanouie la peur qu'il ne s'en prenne trop violemment à eux, je souhaitais juste que l'on fuit cet endroit. Mais d'autres circonstances qui m'échappaient inquiétèrent également Brehn une fois que nous fûmes dehors. « Eden, il faut qu'on parte d'ici au plus vite, tu te sens de marcher à vive allure ? » Sourcils froncés de détermination, j'opinai du chef. Bien que la douleur ne reviendrait que trop vite, je ne voulais pas laisser quoi que ce soit de mal nous arriver. Alors fuir cet endroit était la solution la plus préférable. Quitte à devoir me reposer plus longuement encore. On devait partir. « Je suis désolé, j'avais prévu de m'occuper de ta blessure dès mon retour, mais là nous devons nous cacher loin d'ici... Ces types sont étranges, et je n'ai aucune idée de leurs possibles réactions. » Mes yeux s'écarquillèrent. Si lui aussi avait cette impression, il n'était qu'encore plus urgent que nous quittions les lieux. Mais son geste familier enleva la gravité qui s'était installée sur mon visage. Faisant glisser mes doigts dans les mèches qu'il venait d'ébouriffer, je le laissai s'exprimer. « En tout cas, bravo à toi ! J'ai bien fait de te faire confiance, tu t'en es tirée à merveille... la Princesse sera impressionnée lorsqu'elle l'apprendra, sois-en sûre. » J'esquissai un sourire à la fois flatté et enjôleur ; je n'étais pas vraiment une enfant, il devait le savoir maintenant !

L'heure n'était pas encore aux félicitations et échanges de politesse. Mais cette coupure permit de faire redescendre cette pression qui montait, montait, montait et m'avait paralysée dans cette cabane maudite. « Ma foi, il faut qu'on se hâte à se mettre en sécurité. Il vaut mieux longer les fourrés plutôt que la rivière bien que l'on ne puisse pas voir où l'on mettra les pieds... Allez c'est parti ! » Annonça Brehn, cœur vaillant que rien ne paraissait pouvoir faire fléchir à cet instant. Je lui emboîtai le pas, m'assurant de bien être accrochée à sa main, sans d'autres mots. J'étais encore chamboulée par ce qui venait de se passer.

La nuit était sombre, la lune paraissait étouffée, ses éclats de lumière étouffés par l'épaisseur de l'air en cette région. Le voile noir m'empêchait de voir convenablement. Notre rythme était assez soutenu, même si les obstacles nous ralentissaient. Je me rattrapai plusieurs fois au bras de Brehn, manquant de tomber ou de glisser. Bien qu'habituée à l'obscurité des sous-bois, je n'étais pas un animal de nuit. Les bruits des animaux n'étaient pas pour me rassurer. Je n'en reconnaissais que peu. Même s'ils ne me faisaient pas peur, cela donnait à l'atmosphère un aspect lugubre qui avait le don de m'inquiéter. J'étais si loin de chez moi... De ma famille... De toutes ces personnes qui comptaient sur mon retour pour ne pas voir en la Cérémonie l'action de la fatalité qui s'abattrait sur les Lumnar. J'allais être une déception pour eux... Mon retour serait parsemé d'encombres et je ne suis pas prête de pouvoir rentrer à la maison de si tôt.

Le vent se levait comme si une tempêtait s'annonçait. J'ignorais si ce temps était un présage ou une banalité à Dahud, mais il fallait redoubler de méfiance. Je n'avais que trop peu de cauchemars pour venir à assimiler cette traversée à l'un d'eux. Même les sensations physiques causées par des chutes ou des remous n'étaient assez familières pour pas que je m'en inquiète. Les cascades tumultueuses et torrents abondants, les sauts du haut des falaises pour suivre la chute de l'eau. Ces sensations fortes m'avaient toujours inquiétées et fascinées à la fois. Comme si j'aimais la peur qu'elles me procuraient. Un côté casse-cou et aventurier que j'avais sûrement volé à Hly'tha, elle qui m'entraînait constamment dans ce genre de situations plus ou moins dangereuses. Restant concentrée, je suivais avec attention la cadence de Brehn. Mais après ce long moment à perdre notre chemin vers le Nord-Ouest dans les végétations exotiques de Dahud, je ne pouvais cacher un certain état de fatigue. En partie dû à une douleur lancinante qui s'installait dans ma jambe. « Je ne vais pas pouvoir continuer de marcher à ce rythme plus longtemps Brehn... » Le prévins-je afin que nous puissions anticiper un arrêt. Je pouvais encore marcher, mais plus lentement. D'ailleurs, nous ne nous étions point arrêtés. Je continuais à marcher à un rythme bien plus lent, serrant inconsciemment un peu plus fort la main de Brehn comme si cela pouvait atténuer la douleur qui m'éprenait. Si j'avais été en plein possession de mes moyens, j'aurais pu nous bricoler une petite cabane, un abri de branches et de végétation. Rien qui ne saurait vraiment nous protéger des dangers qu'abritait cette jungle dense, mais au moins nous aurions quelque chose au-dessus de nos têtes.

Proches de la rivière je décelai une petite barque qui ne payait pas de mine. Appartenait-elle aux pêcheurs ? J'ignorais comment ils pêchaient, mais la distance que nous avions parcourue laissait croire qu'il ne s'agissait pas là d'une de leurs propriétés. Que j'espérais... S'ils remontaient et nous retrouvaient ? Enfin "ils"... Nous n'avions aucune idée de l'état dans lequel se trouvait réellement le deuxième homme. Et si le coup porté par Brehn avait été un peu trop fulgurant ? L'idée que cet homme soit à l'heure actuelle mort me glaça le sang... Une triste mine bordait mon visage alors que je ralentissais de plus en plus. « Brehn... tu penses que le pêcheur va s'en sortir ? » Je n'avais pas été très loquace durant le trajet, bien trop occupée à assurer de poser de mes pieds sans trébucher. Je n'avais pas l'habilité de mon aînée qui elle, ne tombait jamais. Sauf dans les trous qui n'avaient rien à faire sur les sentiers que nous nous inventions -parce que Hly'tha ne marchait jamais dans les chemins déjà empruntés. Mais il m'était difficile de rester muette face à cette crainte d'avoir causé indirectement le trépas d'autrui. Quand bien même ses intentions envers moi ou Brehn n'avaient pas été nobles.

À Gorka, la violence n'était que dans de très rares cas usitée. Pour un problème donné existait forcément une solution pacifiste. Une solution qui n'entraînerait pas de violence. En tout cas, je n'ai jamais eu à voir de tels actes dans mon village. Certes, la communauté était soudée et les voyageurs passaient vite leur chemin sans faire d'esclandre. Mais si nous parvenions à vivre en paix, les autres devraient pouvoir le faire également. Pourquoi ces hommes s'en étaient-ils pris à moi plutôt que de me demander de partir ? Pour de l'argent ? Cela me paraissait si absurde ! Ces pièces n'avaient pas de valeur pour moi, et pourtant, on m'avait fait du mal en leur nom. D'ailleurs, bien que la plaie n'était pas très grande, les picotements sur mon épaule gauche commençait à s'estomper.

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Brehn Shöva
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~#~Sujet: Re: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Mer 14 Juin - 20:01


La Cérémonie du salut

Eden'El Lumnar & Brehn Shöva



Nous ne baissions pas de rythme alors que de longues minutes s'écoulèrent. Je faisais mine ne pas faire attention aux petits cris d'Eden lorsqu'elle perdait l'équilibre ou bien lorsqu'elle se prenait des branchages fouettant son visage immaculé. Pour autant, je m'inquiétais de sa blessure et je regardai en coin si ses jambes ne montraient pas des signes de faiblesse trop importantes. À cette allure personne n'aurait parié qu'elle tiendrait déjà tout ce temps; encore une fois Eden m'étonnait bien qu'il soit fort probable pour une jeune fille de sa trempe - certainement campagnarde - d'avoir vécu diverses aventures plus jeunes avec ses amis dans la forêt qui l'ont habitué à ce genre d'exercice. Tiens, il faudra d'ailleurs que je lui demande d'où elle vient exactement ? La forêt fluorescente ? Les champs marécageux ? Ou bien encore la capitale de Gorka, Bleuzenn...  mais je doutais de cette dernière éventualité. Enfin après tout, les Terre même vivant dans une grande ville restent pas moins des gens très proche de la nature à l'instar des citadins Vainuin qui n'hésitent pas - même en vivant dans la belle ville d'Ibaï - à sortir prendre l'air sur les étendues glacées. Je me demande s'il en est de même pour Arne et Inaki ? J'imagine que oui. En revanche, chose sûre: les habitants de Lucrezia ne sont pas très nature, qu'importe leur région d'origine d'ailleurs. Il est vrai que la ville est pleine de ressources, compte de nombreux lieux agréables et est somme toute très jolie, mais lorsque je m'y rends - assez rarement bienheureusement - je suis à chaque fois partagé entre, les sentiments d'excitation du changement ainsi que de la démesure qu'est représentée en toute chose dans cette cité, avec ceux de l'étroitesse et de l'étouffement, naissant tous deux de la foule et des bâtiments trop rapprochés les uns des autres. Les sensations négatives prennent bien vite le dessus et de fait, je n'arrive donc pas à comprendre comment les Lucreziens ont pu s'habituer à ne plus sortir de cette ville; du reste lorsque je leur ai déjà demandé, j'eus pour simple réponse:"Mais pourquoi sortir, c'est déjà bien assez grand ici !" En somme, Lucrezia est un remarquable paradoxe qui démontre qu'il y a un bel et bien un trop à tout, même aux meilleures choses...

"Je ne vais pas pouvoir continuer de marcher à ce rythme plus longtemps Brehn..." m'annonça Eden, alors que nous continuions notre course. Sa voix se faisait légèrement suffocante et à travers sa main que je tenais, je sentis son corps devenir plus lourd. Je devais la tirer davantage pour ne pas ralentir la cadence. J'en étais gêné de devoir la pousser dans ses derniers retranchements malgré son état, et j'imagine bien qu'elle l'était tout aussi après avoir osée insinuer que nous devrions bientôt nous arrêter, et par extension osée compromettre non pas que sa sécurité mais aussi la mienne. J'esquissai un sourire non pas pour me moquer de ce qu'Eden pouvait penser, car au final je pense avoir deviné ses troubles puisque tout le monde réagirait comme ça, mais celui-ci était plutôt empreint d'ironie devant la situation qui se décrivait sous mes yeux. Cette gêne mutuelle - l'un parce-qu'il a peur de demander trop et l'autre parce-qu'il a peur de ne pas faire assez - que chacun cherche à cacher pour ne pas baisser dans l'estime de l'autre était un contexte que je connaissais bien avec Nymeria. Je ne sais pas si les  origines de ces gênes viennent de la fierté ou de l'orgueil, en tout cas, à force de la vivre [la situation], je ne pouvais qu'en rire.

La blessure finit par prendre trop de place dans la course que nous avons engagée depuis maintenant une vingtaine de minutes si bien que le corps qu'Eden ralentissait un peu plus à chaque pas. Nous ne pouvions plus continuer longtemps ainsi, et marcher serait aussi un vrai calvaire pour elle maintenant que la douleur à sa cuisse était ravivée. Sauf que je ne trouvais toujours pas de lieu acceptable dans lequel nous pourrions dormir en sécurité; même les fourrés près de la Rivière ne m'inspiraient rien qui vaillent. Il ne faut en effet pas sous-estimer le flaire des bêtes qui peuvent rôder dans les profondeurs de la Jungle... Alors que faire ? Nous devions continuer coûte que coûte pour pouvoir dormir sur nos deux oreilles.
À présent nous étions bien plus proches des foulées de la marche que celles de la course ce qui me laissa le temps d'observer les alentours à la recherche d'un abri naturel. Je ne vis d'intéressant qu'une barque qui semblait s'être échouée sur la rive à cause des fortes rafales qui n'avaient point faiblies depuis que le mauvais temps s'est levé. Visiblement elle devait déjà avoir dérivée un certain temps pour se retrouver ici, loin de toute habitation. Peut-être était-ce tout simplement un cadeau de Glorë, cette déesse - qui à mon sens n'a pas disparu mais c'est tout simplement réincarné dans l'eau - aurait très bien pu, en voyant notre détresse, conduire cette barque jusqu'à nous. Qu'importent les raisons, il fallait y voir notre salut pour cette nuit. Et de toute façon, nous n'avions pas d'autres choix: Eden ne pouvait plus parcourir suffisamment de distance pour espérer trouver autre chose que ce que l'horizon me permettait de voir.

Eden interrompit mes pensées alors que nous nous rapprochions de la barque: "Brehn... tu penses que le pêcheur va s'en sortir ?" Je me retournai vers elle, effaré. Une chaleur désagréable s'empara de tout mon corps et mes yeux s’écarquillèrent. Non, ce n'est pas possible, je ne me faisais donc pas de fausses idées, elle non plus n'a pas eu le sentiment que le pêcheur que j'ai assommé était en bon état. Avec l'autre pécheur, nous voilà trois à penser qu'il était en mauvaise posture. Ce ne pouvait pas être une coïncidence. J'essayais de revisionner la scène, en quête de réponse. Avais-je frappé si fort ? Je n'en avais pas l'impression. Je regardai un instant mon poing, lequel ne me faisait pas particulièrement souffrir. Était-il mal tombé ? Je ne crois pas, c'est son épaule qui a pris le plus gros du choc. Bon sang, je ne pouvais croire qu'il allait mourir, au-delà d'une histoire de je ne me le pardonnerai pas, même en ayant reçu un entrainement militaire, tuez un Homme n'était pas une chose à laquelle je pourrais m'habituer. Autant je sais que je n'aurais aucun scrupule à tuer une personne s'attaquant directement à mon peuple ou ma famille, autant les agissements de ces deux pécheurs étaient louables aux yeux de la justice Orandienne... Finalement, sur papier c'est moi qui suis en tort même si je suis aux ordres de la Princesse. Et pourtant je voyais là dans mon action uniquement de l'humanité et du bon sens. Vivement que tout cela change un jour !
Je finis par tenter une réponse pour la rassurer: "Ce n'était qu'un crochet, et il n'est pas tombé de tout son poids. En plus cela reste un pécheur qui travaille dur chaque jour, il doit avoir une bonne constitution, je ne m'en fais pas pour lui, ne t'en fais pas." Il n'y avait rien de mensonger dans ce que je venais d'évoquer, ce n'était ni plus ni moins la vérité, mais il n'empêche que cela sonnait faux; une petite voix en moi voulait me faire culpabiliser de ce que j'ai peut-être commis en me faisant douter et cela se ressentait nécessairement dans mes paroles.

Voilà que nous étions arrivés près de la barque après avoir quittés les bosquets. Je fis le tour de la bête de bois échouée, et par chance je vis qu'une bonne longueur de corde était encore attachée à elle. Le bout ne présentait aucune déchirure et cela confirmait l'hypothèse que l'embarcation s'est détachée de son lieu d'amarrage avant de se perdre ici. Je me tournai vers Eden tout heureux et lui annonçai: "Bon et bien c'est parfait nous allons pouvoir dormir ici sans que personne ne vienne nous déranger." Elle était dubitative, certainement en pleine réflexion et le fait d'enlever - ma tunique, mon pantalon et mes deux bottes tous quatre en cuir, ainsi que ma cape et ma chemise, elles, en lin, n'arrangeait rien. Je me retrouvai avec de fines braies de coton devant une Eden qui ne s'y attendait pas le moins du monde. "Prends mes habits et ma sacoche puis monte dans la barque s'il te plaît." lui intimai-je. Elle s’exécuta bien rapidement et je pus commencer la manœuvre: je poussais à bras le corps la barque pour la mettre de nouveau sur les flots puis plongeai, corde en main, pour justement attacher celle-ci à une grosse pierre des fonds marins. La fraîcheur de l'eau entra en conflit avec la chaleur de mon corps, chassant en un instant cette sensation de bouillonnement qui ne m'avait pas quitté depuis la question d'Eden à propos du pécheur. Quelques poissons se cognèrent sur moi. En même temps, je venais de les réveiller et ils devaient être paniqués. Rien de bien embêtant... Les fonds n'étaient pas profonds et en une apnée j'eus le temps de repérer le bon roc duquel je fis un solide nœud. Néanmoins une fois remonté à la surface, je pus constater mon essoufflement et une chaire-de-poule inhabituelle. La fatigue accumulée depuis ces derniers jours m'avait rendu plus faible que d'ordinaire et même l'eau relativement tempérée par rapport à celles que l'on trouve à Vainui a réussi à me geler. Dire que la veille je n'avais pas du tout eux cet effet lorsque j'ai péché les brochets. J'imagine bien que les vents violents ont tellement remué les flots qu'ils se sont refroidis en un rien de temps, mais quand même...
Eden m'aida à me hisser dans la barque, où m'attendaient mes vêtements que j'enfilai bien vite après avoir utiliser un bout de ma cape pour enlever les gouttes d'eau parsemées sur mon corps. Malgré tout, cela ne suffit pas à arrêter les tremblements; je restai transi de froid. "Elle est bien fraîche ce soir, c'est vivifiant au moins." lançai-je à Eden accompagné d'un rire douteux.





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~#~Sujet: Re: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Jeu 15 Juin - 12:02

Brehn Shöva
&
Eden'el Lumnar


La cérémonie du Salut
Surmonter les épreuves ne me faisait pas peur. Tant que je parvenais à savoir où j'allais, pourquoi j'y allais, j'avais encore cette idée que je pouvais le faire. Parce que je n'étais jamais seule dans ces moments. Hly'tha était là. Bien qu'avec le temps, cette impression d'invincibilité malgré son absence physique s'étiolerait, pour l'heure, la présence et la confiance de Brehn parvenaient à m'aider à travers ces difficultés. Je n'étais peut-être pas une personne charismatique, intimidante ni imposante en quelque détail que ce soit, mais j'étais forte à l'intérieur. Une confiance en moi insoupçonnable vu de l'extérieur. Et même sans vraiment en avoir conscience. En vérité, je ne me posais pas de question. Je me disais que si de toute façon je n'y parviens pas, c'est alors que je n'étais pas capable de le faire. Ne pas se projeter physiquement, rester conforté dans l'idée que l'on avait à l'esprit. Les idées étaient à l'épreuve de la souffrance, des entraves. Une idée est libre, immatérielle. Ce qui la rend intouchable tant qu'un esprit assez fort la conserve, la protège. Voilà une chose dont je pourrais me vanter : un esprit assez fort pour garder mes idées et à l'abri. Une volonté indissociable de mon intrépidité. Intrépidité que je devais probablement à mon manque de connaissances sur ce qu'était vraiment le monde et les Hommes qui l'habitaient... La vie n'avait rien des jeux qui avaient bercés mon enfance. Et je prenais conscience que l'on pouvait difficilement revenir en arrière dans les choix que l'on faisait une fois devenu adulte... La portée de nos choix était bien plus grande... Quitter la Cérémonie. Encore en cet instant, j'ignorais qu'il s'agissait là de al plus grosse erreur de ma vie. Et ça aurait été la première décision faite en tant qu'adulte.

Cette force d'esprit avait pour limite les limites que m'imposaient mon corps. À mon grand regret. Je souhaitais être plus résistante physiquement. Plus robuste, plus athlétique et endurante. Mais je restais une jeune fille frêle. Une enveloppe bien trop fragile pour ces aventures grandeur nature. Les jeux que nous faisions restaient toujours à notre portée car ils dépendaient - de toute façon - de ce que nous étions capables de faire. Des moyens que nous avions. Le travail au champ était accompagné des fidèles animaux que possédait mon père. Il n'était pas un Terre bien puissant, tout comme le reste de ma famille, mais il avait plus que l'obéissance des bêtes qui nous aidaient. Il semblait avoir un lien très fort avec chacune d'elle et cela rendait leur travail presque symbiotique. Cela avait beau être la nature de notre élément, je ne pouvais m'empêcher d'y voir de la magie.

Il fallait que nous nous arrêtions. Je ne pouvais continuer plus loin... Craignant d'être à bout de force, je préférais - malgré le danger - que nous nous posions plutôt que de continuer et devoir s'arrêter par mon incapacité d'aller plus loin. Si je ne gardais pas de force, je ne pourrais aider Brehn à faire face au danger qui nous rattraperait inéluctablement. Autant jouer la prévenance. Même si ça ne m'enchantait guère de mettre Brehn dans une telle position. Bien que les cris des animaux pouvaient être intimidants, tranchant le silence de la nuit, ce n'était pas ce qui m'effrayait le plus. Les Hommes me faisaient bien plus peur... Je n'ai jamais réellement eu l'occasion d'attester la véracité de ce don, étant donné qu'à Gorka, les animaux ne sont pas agressifs. Mais il était admis que les Terre pouvaient apaiser les animaux, leur inspiraient confiance. Je n'avais pas conscience que cela était vraiment aussi pour moi malgré mon manque de marque. Parce que quelque part, je n'avais pas eu à essayer de vérifier cette faculté passive, intrinsèque à ma nature. Nature que j'ignorais encore à ce jour, mais qui pouvait toutefois aider à décider Tarlyn de me sauver...

Observatrice autant que pouvait le paraître Brehn, nous cherchions tout deux à pas lents comment engager la suite des événements : où passer la nuit avec le plus de calme possible, loin des dangers de cette jungle environnante et de ceux qui la traversaient. Devant mes inquiétudes concernant le pêcheur, Brehn tenta de me rassurer, attestant que l'homme devait être bien résistant et qu'il n'avait donné "qu'un crochet". Cela me paraissait déjà très violent. Mais vu que je n'avais jamais vu quelqu'un frapper une autre personne, mon appréciation n'était pas pertinente. Je le laissai me convaincre, levant un poids sur la légitimité de notre action qui relevait - à mon sens - de simple défense. « Bon et bien c'est parfait nous allons pouvoir dormir ici sans que personne ne vienne nous déranger. » Dit-il en attestant de l'état de la barque. Cela me fit sourire : enfin une bonne nouvelle ! Même si je n'étais pas totalement rassurée de la suite des événements, au moins nous avions l'amorce d'une solution et ce n'était pas rien.

Restant toutefois perplexe, c'est un sentiment de gêne qui m'envahit lorsqu'il se dévêtit face à moi. Les yeux plus choqués qu'inquiets, je le laissai faire sans dire un mot. « Prends mes habits et ma sacoche puis monte dans la barque s'il te plaît. » Un élan suffit à ce que je lui obéisse, comme soulagée qu'il me donne quelque chose à faire. M'occuper était un moyen d'éviter que mon regard ne se laisse trop happé par sa nudité. Brehn n'était pas seulement bel homme de visage... Mais je ne me sentais pas permise d'évoquer la moindre admiration de cet homme. Au-delà du fait qu'il puisse être une potentielle chasse gardée de la princesse. J'étais simplement peu accoutumée à regarder les garçons. Je n'ai jamais réellement été intéressée par eux. Non pas que j'étais attirée par les filles ! Je n'étais simplement pas particulièrement concernée par le sujet tout court.

Ses habits en main, je le regardai pousser la barque. J'aurais pu l'aider... mais j'avais une mission : tenir ses habits. Je n'aurais pas à m'approcher de lui et risquer un rapprochement indélicat en l'aidant à mettre la barque sur l'eau. Une fois qu'il eut plongé, je me rapprochai du bord de la barque en essayant de suivre ses mouvements dans l'eau des yeux, m'apprêtant à lui venir en aide au cas où quelque chose ne se passerait pas comme prévu. J'étais quelque peu intimidée par la rivière. Le souvenir d'avoir failli y rester lors de l'épreuve de l'Eau sans nul doute... Mais la présence de Brehn me rassurerait certainement assez pour pouvoir passer outre cette appréhension de me retrouver submergée par les eaux. Lorsqu'il revint à la surface, je l'aidai à monter dans la barque. Il grelottait de froid... Je lui tendais ses vêtements pour qu'il se couvre au plus vite. « Elle est bien fraîche ce soir, c'est vivifiant au moins. » Je fis une moue navrée. Quand bien même je n'y pouvais rien. La température de l'eau dépendait du temps... Levant ma gêne, je me permis de poser mes mains sur chacun de ses bras et frottai vivement pour espérer que le tissu qui le couvrait pourrait se réchauffer un peu plus vite. Je n'étais pas particulièrement couverte et le froid me prenait aussi. Mais avec l'étroitesse de la barque, je me permis de lui proposer : « on pourra se tenir chaud une fois allongés. » Ce que je l'incitai à faire en laissant mes mains glisser le long de ses bras alors que je m'étendais d'un côté de la barque, lui laissant assez de place pour faire de même. C'était petit, mais j'avais déjà connu moins confortable. Les siestes sur les pierres des cascades rocheuses étaient plus agréables que cette situation, mais le bois était plus douillet - à moindre mesure... La compagnie ne valait pas celle de ma sœur, mais elle était très loin d'être désagréable.

Avec une délicatesse mêlée de ses tremblements, Brehn vint s'allonger contre moi. Je posai ma main sur son bras, continuant à frotter avec plus de douceur. Nos visages étaient proches l'un de l'autre et je pouvais sentir son souffle se heurter au mien. La douleur de ma jambe se faisait moins intense. Par l'arrêt de l'effort ou parce que mon esprit paraissait plus intéressé par Brehn que je ne voulais le voir ? Blottie contre lui, je laissais mon regard osciller entre chacun de ses yeux. Alors qu'un calme loin d'être gênant mais se chargeant en une énergie délicate, je me mis à chantonner à voix basse une berceuse qu'aimait chanter de sa voix pourtant imparfaite ma mère. Ce n'était pas une chanteuse... une voix trop joviale pour rester douce et peu mélodieuse alors que pourtant, c'était une bonne oratrice. Mon père en riait souvent pour la taquiner. « Au fond de la prairie, sous le saule
Un lit d'herbe, un doux oreiller vert
Repose ta tête, et ferme tes yeux
Et quand ils s'ouvriront, le soleil sera levé.

Ici c'est sûr, et ici c'est chaud
Ici les marguerites te gardent de tout maux
Ici tes rêves sont doux et demain les rendra vrai
Ici est l'endroit où je t'aime.

Au fond de la prairie, caché loin
Un manteau de feuilles, un rayon du clair de lune
Oublie tes problèmes et laisse tes difficultés
Et quand il sera le matin, ils seront emmené loin.

Ici c'est sûr, et ici c'est chaud
Ici les marguerites te gardent de tout maux
Ici tes rêves sont doux et demain les rendra vrai
Ici est l'endroit où je t'aime. »
À mesure que je chantais, je fermais les yeux. Repensant à ces nuits douces de Gorka. Aux lumières de la Forêt Fluorescente et à la mélodie enchanteresse du violon de mon père. Je revoyais le visage de Hly'tha, de ma mère, ma grand-mère, de mes amis, de Nymeria, et celui de Brehn... Il ne me faudrait pas bien longtemps avant de parvenir à trouver le sommeil. Occultant la douleur encore présente de ma jambe, cherchant à apprécier cet instant qui sonnait comme une parenthèse méritée. Surtout pour lui. Je lui devais beaucoup...

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~#~Sujet: Re: La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn Jeu 22 Juin - 23:38


La Cérémonie du salut

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Le violent vent n'était déjà pas pour nous réchauffer, alors si on y ajoute une plongée dans les eaux remuées - à cause de celui-ci - et par conséquent, froides, tout se prêtait pour que je sois gelé jusqu'aux os. Heureusement les rafales ont rapidement fait envoler les gouttelettes qui perlaient mon corps après m'être épongé avec ma cape. Une fois sec j'enfilai bien vite mes habits sous le regard d'Eden. Je remarquai tout du long de ma nudité qu'Eden paraissait toute chose mais aussi intriguée. J'imaginais qu'à son jeune âge, elle n'avait pas eu beaucoup d'occasions de voir des hommes aussi dévêtu; quelque part c'était parfaitement cohérent avec sa candeur. Elle se fit tout de même vite à la situation ne voulant pas la rendre gênante pour l'un comme pour l'autre. D'ailleurs, une fois habillé, elle n'hésita pas à frotter mes bras pour m'aider à me réchauffer. Je me laissais faire sans arrière-pensée mais plutôt stupéfait de cette prise d'initiative. Elle était bien gentille avec moi alors qu'elle-même ne semblait pas spécialement bien de par sa blessure, le froid et le choque des tous derniers événements. Je lui fis signe que tout était bon pour moi, bien que quelques grelottements incontrôlables trahissaient mon état de faiblesse. En réalité, le froid en lui-même n'était pas la cause directe de cette baisse de vitalité, il va sans dire que je suis habitué à Vainui, seulement il a su me donner le contre-coup des derniers jours passés avec Eden, lesquels n'étaient pas de tout repos. Au moins je compris bien vite le pourquoi du comment et je ne semblais pas plus inquiet que cela; j'étais beaucoup plus préoccupé par la blessure d'Eden. J'aurais en effet voulu l'opérer aujourd'hui, mais les imprévues et mon état actuel qui en découlait ne me permirent pas de le faire. Elle devra attendre le lendemain... Non pas qu'elle ne le pouvait pas mais cela n'augmentait pas ses chances de s'en tirer sans séquelles...
"On pourra se tenir chaud une fois allongés." m'adressa Eden en remarquant mes frissons. Obstinée, elle stimula à nouveau mes bras avant de s'agenouiller, puis s'étendre tout du long de la barque. Je jetai un dernier coup d’œil aux alentours. Rien à signaler. Tout était paisible, l'on pouvait seulement entendre la nature s'exprimer à travers les éléments, la faune et la flore. J'imitai donc la Gorkienne et m’installai à ses côtés. Loin d'être complexé par ma taille, je me rendis compte que celle-ci ne m'avantageait guère dans cette situation: je pouvais tout juste m'étendre complètement. Enfin, après tout, il ne fallait pas voir dans cette barque un quelconque confort; entre la dureté du bois qui du reste était grossièrement agencé au fond de la barque, causant des irrégularités désagréables, et le peu d'espace que nous avions, je présentai une assez mauvaise nuit. Quoi que... Nous étions bien harassés et peut-être que le sommeil nous gagnerait rapidement malgré l'inconfort certain.

Eden continua inlassablement, bien qu'à présent, plus doucement, son entreprise pour me réchauffer. J'en étais profondément touché et je ne savais trop comment réagir car à la fois je ne voulais pas paraître totalement serein quant à son tactisme mais de l'autre je ne pouvais lui faire comprendre une seconde fois que je préférai qu'elle arrête. De toute manière, ce n'était pas le moment de faire le jeune prude. Nos positions rapprochées ne pouvaient empêcher un rapprochement physique ambigu et il valait mieux qu'il y ait du mouvement - grâce aux frottements d'Eden - plutôt qu'une immobilité totale de nos corps. Sinon nous aurions une peur de déranger l'autre à la moindre impulsion, à la moindre oscillation, aux moindres soubresauts...
Aussi je me ravisai de lui demander si sa cuisse la faisait souffrir; elle semblait happer par le ciel étoilé, entièrement dégagé grâce au vent - il aura été utile au moins une fois ce soir -, et je ne voulais pas risquer de réveiller une douleur que son cerveau avait occultée. Je fis de même, contemplant la lune et ses nombreux sujets dorés attenant. En outre, je me laissai bercer par le doux balancement de l’embarcation et par la respiration profonde de ma voisine. Son regard finit par se diriger vers mes yeux alors qu'elle se blottissait de plus en plus contre moi. Une scène où son insouciance l'emportait s'imposa à moi, même si je n'étais pas totalement à l'aise. J'avais tout simplement peur que mes actions prêtes à confusion alors que je n'avais qu'une envie, c'était de lui accorder un baiser amical. Résolu, je finis par passer mon bras derrière sa tête, laquelle se posa sur mon épaule. Nous étions là - elle contre moi, sur le côté, et moi sur le dos prenant la place que mon corps voulait, sans retenue - à profiter de ce moment léger. Nos souffles se mêlèrent sans efforts pour ne faire plus qu'un. Tous spectateurs mal avertis aurait vu en nous un jeune couple, pourtant il n'y avait rien de cela... Et tandis qu'elle commença à entonner une douce chanson, mes dernières onces de gêne disparurent si bien que je ne pus que voir en elle, ma sœur Séléné. Et voilà ce qu'un homme en bonne conscience devrait voir: deux jeunes frères et sœurs profitant de cette délicate césure, hors du temps.

À mesure que les paroles de la chanson défilaient, Eden s'éteignait pour rejoindre le monde enchanté qu'elle décrivait. Sa voix se fit de plus en plus faible, et ses paupières se refermèrent de tout leur poids. Elle s'endormit contre moi tel l'enfant bercé par ses parents bien que je n'aie rien fait pour, sinon de la laisser s'exprimer et profiter de l'instant avec elle. Son innocence et sa joie - qui n'étaient pas de circonstance - furent si communicatifs que je me laissai sombrer dans ce monde onirique tant redouté mais tant désiré. À moi les cités oubliées et les prairies désertées... Peut-être allai-je y retrouver ma protégée ?





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La Cérémonie du salut - Chapitre II // Eden & Brehn
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