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Envers et contre tous // Nymeria et Brehn

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~#~Sujet: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Ven 14 Avr - 1:05


Envers et contre tous

Nymeria Drogon & Brehn Shöva


Un beau ciel étoilé s'offrait à moi en cette fraîche soirée. J'étais sur le balcon des appartements de Nymeria à l'attendre; tout le monde sait au château que les dîners de la famille royale sont à rallonge. Et bien qu'ils s'apprécient tous, je soupçonnais que l'ennui était au menu chaque soir. J'imaginais toutes ces formalités auxquelles Nymeria était confrontée. Cela me faisait de la peine, mais la vie royale était ainsi... Sauf peut-être quand la princesse sera au pouvoir. Je l’espérais pour elle. Une douce brise se leva et caressa mon visage, je me retournai pensant que la porte de la chambre était à l’origine de ce courant d'air. Déçu, je vis la porte fermée. Deux gardes s'amusaient derrière, et je pouvais entendre leur rire en dépit de la distance qui nous séparait. Ils étaient bien agréables pour des gardes, Nymeria n'a pas dû les choisir pour rien. En plus, il savait que la princesse et moi étions intimes et me laissaient entrer sans souci même lorsqu'elle n'était pas là. Heureusement qu'Andar ne le savait pas, je ne crois pas qu'il apprécierait; au fond de lui il doit avoir peur que notre relation évolue. Nymeria était destinée à un grand homme avec du pouvoir, comme le président de la Terre. Même un noble de Vainui ne faisait pas le poids, encore moins avec les antécédents de ma famille. Mais je n'avais que faire des conventions, ce soir, je déclarerai ma flamme à Nymeria. Cela faisait déjà quelques années que je ne la voyais plus que comme ma meilleure amie et je ne pouvais me retenir plus longtemps. En appuie sur le balustre, le cœur serré, j'attendais. Je ne me sentais pas bien malgré le magnifique paysage qui se dressait devant moi. Même la lune n'arrivait pas à me calmer, Glorë et les autres Dieux ne se mêlaient peut-être pas à ce genre de situation. J'étais seul pour déclarer mon amour. "Ce n'est pas plus mal, nous serions que nous deux pensais-je. J'avais beau me rassurer comme je le pouvais, rien ne m'apaisait. "Comment mettre à l'aise son interlocuteur si soi-même on ne l'est pas ?" disais-je à voix basse comme pour me convaincre. Rien n'y faisait, j'étais toujours aussi fébrile. À moi de trouver le courage lorsque nous serons l'un en face de l'autre, sans quoi je n'aurais même pas une chance de la séduire. Résigné de ne pouvoir me calmer, des pensées négatives me traversèrent: Que se passerait-il si elle refusait ? Notre relation actuelle serait-elle atteinte ? Par chance les rires de deux jeunes nobles dans les jardins en contrebas me délivrèrent de ses pensées. Ils essayaient de s'attraper de façon très intime. Ils faisaient beaucoup de bruit à s'esclaffer sans retenue. Cela dura plusieurs minutes. Durant ce temps seul leurs baisers ramenaient le calme habituel des jardins. Quelque part je les enviais de pouvoir se permettre cette liberté; certainement que demain, tout le château sera au courant de cette relation. Il ne serait même pas étonnant que ce soit voulu de leur part. En effet, au château on s’ennuie beaucoup et la plupart trouvent refuge dans les potins. Je n'étais pas très intéressé par ce genre de distractions mais malgré moi cela faisait partie de mon quotidien. Au moins, demain, j'aurais une avance sur les autres.

La parade des deux jeunes amants se termina et mes pensées noires reprirent de plus belles: j'étais déjà attristé, avant même de savoir si Nymeria allait accepter, que notre relation devait être secrète. Je n'étais pas pour la revendiquer sur tous les toits mais le simple fait d'être obligé de me taire me rendait malade. Je le savais par expérience, j'ai toujours vécu ainsi; pour ma survie je devais garder pour moi ce que le roi et la cour n'étaient pas prêts à entendre. Après tant d'années à mentir pour ne pas affecter ma famille et rester près de Nymeria, l'hypocrisie était devenue un jeu, sinon je n'aurais pu tenir. Mais je ne voulais pas que notre possible relation ait une part de jeu. Je la voulais nature et sans mensonges mais cela n'était pas possible. Si seulement Nymeria était reine et seule, il n'y aurait plus tous ces problèmes. Encore faut-il qu'elle m'aime. C'était difficile à dire, notre relation depuis tout petit est unique. Dès le départ c'était au-delà de l'amitié, je ne crois pas qu'il y ait de mot pour la décrire. Nous sommes à la fois frères et sœurs, meilleurs amis, et amants. Quand nous étions petits le côté "fraternel" était dominant, puis à l'adolescence celui de "l'amitié", maintenant que nous étions adultes, j'espérai que ce soit "l'amant" qui domine.

"Brehn ?!" s'éclama une voix familière derrière moi. Je me retournai brusquement et vis Nymeria déjà toute proche de moi. Plongé dans mes pensées, je ne l'avais pas entendu entrer. Elle était étonnée de me voir ici; je ne l'avais pas prévenu comme à mon habitude. Je pouvais aussi voir un petit sourire au coin de ses lèvres. Un sourire taquin voire moqueur. Il y avait de quoi se moquer: attendre quelqu'un et être surpris par cette même personne... j'en avais presque honte. Il est vrai qu'elle m'avait bien eu cette fois là, mais au moins j'étais rassuré de savoir qu'elle était de bonne humeur malgré un repas interminable qui a dû profondément l'ennuyer.   








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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Ven 5 Mai - 22:51

Envers et contre tous ||  Brehn



Assise devant sa coiffeuse en bois massif, la princesse attendait sagement, vêtue d'une simple tunique de soie légère, que ses domestiques viennent pour la pomponner. Ce soir avait lieu l’un de ces fameux dîner de circonstance, là où les membres de la famille royale ainsi que leurs représentants se réunissaient autour d'un buffet garnies des meilleurs aliments de la région. L'idée de revoir ses cousins et cousines ainsi que ses oncles lui faisait chaud au cœur, pourtant, toutes les formalités imposée par de telles circonstances lui déplaisait. Raisa entra dans ses appartement, les bras chargé d'une robe somptueuse que Nymeria n'avait encore jamais porté. Elle l'avait faite créer par Marigold, évidement, les doigts de fée de cette dernière savait toujours donner vie aux idées farfelues de la princesse. D'autres domestiques entrèrent à leur tour, saluant d'une révérence maladroite Nymeria. Deux mains agiles vinrent s’emparer de la chevelure argentée de la princesse, brossant d'abord celle-ci avec le plus de délicatesse possible. Le visage de cette dernière interpella Nymeria, elle ne la connaissait pas. Elle lui sourit à travers le miroir qui reflétait son image « Es-tu nouvelle ? Il ne me semble pas t'avoir déjà vu. » Son ton était doux, calme, chaleureux. Cette jeune femme avait moins de 17 ans, peut-être venait-elle seulement de passer la cérémonie. Peut-être était-elle exempt, obligée de travailler pour la famille royale. Nymeria ne tenait pas à en connaître les détails, mais elle se jura de faire en sorte que cette demoiselle ne soit pas malheureuse parmi eux. Celle-ci acquiesça timidement, continuant de brosser, les yeux baissés.  Une autre domestique vint se positionner devant la princesse, cette fois, elle la reconnut. C'était souvent cette jeune femme à la chevelure flamboyante qui faisait des merveilles sur son visage. Elle commença par lui masser délicatement les pommettes afin de les faire rougir, elle passa minutieusement ses doigts sur les traits fin de son visage pour détendre celui-ci. Qu'il était agréable de se faire masser ainsi ! Nymeria ferma les yeux un moment, laissant son corps apprécier les bienfaits que l'on lui faisait. Elle se laissa transporter par la douce odeur fleuris et épicée que dégageait cette domestique qui la coiffait.

Raisa vint finalement troubler son moment. S'était-elle endormie ? La princesse observa un moment son reflet, les domestiques étaient déjà parties. Ses cheveux étaient tirés en arrières, noués entre par en formant une tresse sophistiqué. Quelques fleurs avaient été ajoutés à sa coiffures. Son visage était blême, seules ses pommettes rougies et un peu de rose aux lèvres ressortait. Elle se surprit à se trouver très jeune ainsi préparée. Elle passa doucement la main dans ses cheveux, tendant de libérer une simple mèche, celle-ci tombait sur son front avec désinvolture. Voilà qui était mieux. Elle se leva, se tournant finalement vers Raisa qui ne cachait plus son impatience. La robe qu'elle tenait dans les mains semblait lourde. La robe était volumineuse sur le bas, proche du corps sur le haut. Elle faisait fièrement ressortir la poitrine de la princesse sans pour autant la dévoiler.  Le tissu était transparent à certains endroit, laissant apparaître quelques bouts de peau. Voilà une tenue digne d'une princesse. Toute en légèreté malgré le poids de celle-ci. Quand Nymeria se déplaçait dans la pièce, ses pans de sa robes semblaient suivre ses courbes et jouer avec l'air qu'elle créait. Le simple fait de marcher semblait la faire danser. «  Envois vivement quelqu'un remercier Marigold pour son travail. Cette robe est magnifique. » murmura-t-elle tout en tournant sur elle-même.

Finalement, la princesse dû se résoudre à quitter ses appartements pour retrouver avec une joie plus ou moins feinte, les convives. Atzhal était là. Son oncle si particulier, son oncle qu'elle aimait tant. Cela faisait des années qu'ils ne les avaient pas honoré par sa présence. La princesse eut la soudaine envie de lui sauter dans les bras, mais elle se retint. Il remarqua cet élan maîtrisé de joie et lui sourit simplement. Elle lui fit la plus belle des révérences. Son cœur battait la chamade. Son oncle était là ! Lui qui menait une vie si proche de celle dont la princesse rêvait. Son père était présent, évidement, accompagné par sa nouvelle épouse Danis, la robe de celle-ci n'était aucunement comparable à celle de la princesse. Danis portait des tissues fluides et presque moulants, oscillant entre le bleu et le vert. Ces couleurs lui allaient à ravir, mais jamais elle ne pourrait être aussi belle que Nymeria. Les yeux d'Andar semblèrent s'illuminer lorsqu'il vit sa fille entrer avec fierté dans la salle. Elle dégageait une telle assurance, une telle beauté que lui-même en avait le souffle coupé. Le clan Kunan était présent. Les représentants de la royauté à Dahud. La princesse ne les  fréquentaient pas vraiment, malgré ses nombreuses visites en terres Dahudiennes. Nekho, Rhenis et Levan étaient présents. Le plan de table avait été organisé de sorte à ce que les représentants soient d'un côté et la royauté de l'autre. Andar se trouvait en bout de table et gouvernait d'une voix forte la petite tribu à ses côtés. Nymeria était à côté de lui, le menton levé, le regard chaleureux, son oncle avait prit position à sa droite. Le repas fut fabuleux, l'hydromel qu'on leur servait était sans aucun doute le meilleur de tout Oranda. On débriefa le bal des représentants, on parla de la situation à Dahud et des choses à corriger ou non. Andar félicité les représentants pour leur bon travail et leur fit apporter des présents. Le dîner sembla durer une éternité. Nymeria plaisantait discrètement avec son oncle qui semblait bien peu intéressé  par ce qui se passait. Danis était silencieuse. Elle avait décidé de ne pas prendre part à la politique. Grand bien lui fasse, Nymeria ne comptait pas lui laisser le trône de toute façon. Après des heures et des heures de discussions, la réunion prit fin. Celle-ci avait fini en bal improvisé où la princesse valsait dans les bras de son oncle, elle passa aussi aux bras de son père et s'amusa à danser auprès des représentants. Une dernière révérences. Des mots d'adieu et tous prirent la direction de leur appartements.

La princesse se sentait épuisée. L’excitation due à la danse et à l'hydromel était passé. Elle n'avait qu'une envie : se jeter sur son lit et dormir. Elle entra doucement dans sa chambre et fut stupéfaite de voir qu'une ombre se dressait devant son balcon. Il ne lui fallut quelques secondes avant de le reconnaître. Il s'agissait de Brehn. Son ami d'enfance. Son ami de toujours. Que faisait-il là à une heure si tardive ? Elle s'approcha doucement, tentant de ne pas faire craquer les lattes de bois qui servaient de plancher et d'une voix innocemment étonnée, elle interpella. Il se retourna, visiblement stupéfait, visiblement perdu dans ses pensées. Elle lui sourit simplement avant de lui tourner le dos et de déclarer. « Tant mieux que tu sois là. Aide moi à retirer tout ça, je t'en pris. Ensuite nous discuterons de la raison qui te pousse à faire irruption dans la chambre de la princesse ! »  



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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Lun 8 Mai - 15:21


Envers et contre tous

Nymeria Drogon & Brehn Shöva


Nous étions là, sur son balcon, l'un en face de l'autre. L'étonnement était toujours présent et avant même de pouvoir bafouiller quoi que ce soit Nymeria prit en main la situation comme elle savait le faire: elle se retourna et me déclara avec un ton alliant autorité et autodérision: "Tant mieux que tu sois là. Aide moi à retirer tout ça, je t'en prie. Ensuite nous discuterons de la raison qui te pousse à faire irruption dans la chambre de la Princesse !" Je reconnaissais bien là ma meilleure amie. Elle aime jouer avec moi, avec respect, et d'ailleurs, réciproquement, j'ai toujours fait de même. En quelque sorte c'est une confrontation entre sa fierté de princesse et ma fierté d'homme. Du reste, j'étais bien content, qu'elle accepte mes réponses à ses piques. En effet, même si nous sommes amis depuis notre plus tendre enfance, la Princesse aurait pu devenir en grandissant, une personne peu appréciable qui use de ses droits sans humanité. Heureusement nous sommes restés sur la même longueur d'onde, le temps n'ayant pas affecté notre relation. Il l'a même fructifiée.
Bien que je retrouvais la Nymeria que j'aime, son naturel me troublait encore plus. Je ne sais pas si elle avait déjà senti que ma présence revêtait une particularité bien lourde à porter, mais elle avait choisi de se comporter comme à son habitude. Toujours déstabilisé de son entrée surprise, quelques secondes passèrent où je pus contempler la fabuleuse robe qu'elle portait. Le maître mot pour caractériser cette robe était légèreté, mais aussi désir... Et pour cause, je pouvais distinguer à divers endroits des tissus transparents laissant apparaître la belle peau de la ravissante Vainuine. En outre, cette robe qui jouait parfaitement avec les limites que pouvait se permettre une future reine, montrait avec élégance le buste et le haut du dos de celle-ci. Ce chef-d'oeuvre ne pouvait venir que de Marigold. Cette couturière a un don extraordinaire pour interpréter les idées de Nymeria et faisait mouche à chaque fois, pour mon plus grand bonheur visuel. La beauté que dégageait Nymeria à travers son habit était indiscutable. Enfin, le léger creux  de son dos que sa robe laissait discrètement apparaître, acheva de me faire tomber sous le charme... Mes doutes se dissipèrent pour laisser place à une certaine ivresse. Je me sentais à nouveau moi-même: à l'aise comme je pouvais l'être toutes les autres fois aux côtés de Nymeria. "À vos ordres Madame" lui lançai-je, taquin. Et dans un élan fougueux, je pris les fils de son corset que je serrai d'un coup sec, tout en disant avec un sourire en coin: "Mmh! Veuillez m'excuser Princesse, je n'ai pas les mains habiles de vos dames de compagnie..." Je riais intérieurement en imaginant sa possible grimace; je me sentais étrangement à l'aise. J'étais passé par de nombreuses émotions en très peu de temps mais l'euphorie semblait s'installer durablement. J'étais spectateur de mes réactions et je m'en réjouissais. Je décidai de me laisser aller, de continuer à être spontanée comme je pouvais l'être toutes les autres fois. Pour autant, l'heure fatidique arrivait à grands pas: Nymeria allait me poser directement la question de ma présence non prévue, il valait mieux s'y préparer un minimum pour éviter d'être trop désarçonné.

En bon gentleman je finis par lui desserrer son corset, laissant apparaître davantage son magnifique dos. La robe tombait légèrement, cela en était beaucoup moins ostentatoire, mais qu'importe... la beauté naturelle de Nymeria n'a pas besoin d'un tel attirail. Je me surpris à prendre autant de plaisir à la contempler. D'autant plus que je ne le cachais pas. Me prenais-je déjà pour son amant ? Peut-être bien... Après qu'elle se soit retournée, j'essayai tout de même de me retenir. Je n'avais aucun droit d'être aussi impudique même en tant que mari. Du moins, ce n'est pas comme cela que je conçois mon comportement avec ma femme. Je ne voulais surtout pas la mettre mal à l'aise, d'autant que je pus voir des traits de fatigue arborer son visage. Des cernes ornaient ses yeux, lui donnant un regard bien plus profond que de coutume. Vraisemblablement je n'ai pas choisi le meilleur moment pour lui déclarer mon amour... Je ne pensais pas que le dîner durerait si longtemps bien qu'il y ait des invités particuliers. Ma foi, de toute façon je n'aurais pu me retenir un jour de plus. Ce fardeau était trop lourd, je voulais qu'elle sache, quitte à me répudier définitivement. J'en serais certainement détruit et je courrais un risque, mais je n'avais pas le choix: continuer de cacher mes sentiments m'aurait rongés tout autant que la possible réponse négative qui m'attendait. Je réalisai un instant que dans tous les cas, rien ne pouvait être simple, la seule issue valable était qu'elle accepte notre relation intime. Sauf que nous devrions la cacher aux yeux de tous si bien qu'il serait compliqué de vivre parfaitement épanouie. Qu'importe, je suis prêt à relever tous les défis pour elle et je ne crains pas le danger qui m'attend. Rien n'est impossible, et je suis certain que le meilleur nous attend.
À nouveau face à face, je lui demandai plein de compassion: "Alors ce dîner, toujours aussi intéressant ?" Je continuais de faire la conversation pour sonder le terrain pour éviter que l'annonce tombe d'un coup: "Ton oncle va bien ? J'ai entendu un garde l'annoncer plus tôt dans la journée." Cela sonnait assez faux, et je sentais une certaine tension monter même si Nymeria se prêtait au jeu et ne m'avait pas encore brusqué en redemandant ce pour quoi j'étais ici. De plus, j'avais beau être à l'aise mais une nervosité inhabituelle transparaissait malgré tout. Les bouffées de chaleur s'intensifièrent et je me rapprochai du balcon en tournant le dos à l'hôte des lieux. Je sortis discrètement de ma poche une bague et chevalière assorties. Je les ai commandé avant notre départ pour le bal de représentant, de sorte que l'orfèvre de Vainui ait le temps de soigner la création de ces bijoux. Du creux des mains je les observai. La lune  s'était enfin décidée à se montrer. Sa lumière illuminait divinement bien les montures argentées serties de leur saphir. Je relevai la tête aux cieux pour admirer la lune et chercher auprès de Glorë le courage dont j'avais besoin pour répondre à la question tant enviée mais aussi tant redoutée que Nymeria ne tarderait pas à me poser.  






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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Lun 22 Mai - 17:03

Envers et contre tous ||  Brehn



Serrée sous ces épaisses couches de tissu, la princesse ne désirait qu'une seule et unique chose : les ôter au plus vite. Brehn tombait bien finalement, de ce fait, elle n'aurait pas à appeler de domestiques afin que celles-ci lui viennent en aide. Les robes créées par Marigold étaient divines, mais impossibles à enfiler ou enlever seule. Nymeria prit note de ce détail pour la prochaine fois : trouver un moyen de se changer sans l'aide de personne. Le regard que Brehn posait sur elle ne lui échappa pas. Elle fut presque surprise de l'intensité de ce regard, il la dévorait des yeux, le rouge lui montait presque aux joues. Elle se retourna rapidement, ponctuant son geste de la phrase suivante :  Tant mieux que tu sois là. Aide moi à retirer tout ça, je t'en pris. Ensuite nous discuterons de la raison qui te pousse à faire irruption dans la chambre de la princesse ! » Brehn savait-il seulement desserrer cet objet de torture qui lui compressait le torse ? La réponse vint plus vite que prévu. Il tira sur les fils de son haut corseté, comprimant d'autant plus le torse de la princesse. Celle-ci sentit l'air lui manquer un instant, un élan de colère suivit de près cet événement, puis la libération. Elle pouvait de nouveau respirer. « Mmh! Veuillez m'excuser Princesse, je n'ai pas les mains habiles de vos dames de compagnie... »  Il avait la tête à rire, il était joueur ce soir ce qui fit du bien à la princesse. Même si la soirée qu'elle venait de passer l'avait amusée, celle-ci avait été ponctuée de lourdeur suite au débriefe du bal des représentants... Le drame qui s'y était passé avait animé un long moment la tablée. Elle se tourna finalement vers lui, tenant son haut qui tentait de s'échapper de devant sa poitrine, un regard noir posé sur Brehn. « Je te ferai faire un haut tel que celui-ci par Marigold, on verra si tu ris autant quand je te couperai la respiration jusqu'à ce que tu deviennes aussi bleu que la marque qui orne ton bras. » L’agacement dans sa voix était palpable, mais déjà, elle ne lui en voulait plus. Elle ne pouvait rester contrariée contre Brehn bien longtemps, il était son ami, son meilleur ami. Depuis leur tendre enfance, ces deux là se fréquentaient. Il avait été très présent lors de la cérémonie. Il était le seul au courant pour l'histoire d'Eden'El. Il lui était très cher. « Si tu veux bien m'excuser, je vais enfiler autre chose. » Elle lui tourna de nouveau le dos, sans lui laisser le temps de répliquer et vint se positionner à un endroit où il ne la verrait pas se déshabiller. La robe tomba lourdement sur le sol, celle-ci pesait une tonne, elle se sentait si légère maintenant nue. Un peignoir de soie se dressait devant elle, Nymeria l'enfila rapidement, tentant de ne pas jeter de coup d’œil à cette brûlure qui ornait depuis cinq années déjà, sa cuisse droite. Mais elle la savait toujours là, même si celle-ci ne la faisait plus souffrir, la marque resterait à vie, une disgrâce sur son corps de princesse.

Nymeria soupira et revint finalement à la vue de Brehn, elle prit place sur son lit tout en détachant maladroitement ses cheveux. Il était resté sur le balcon. Sa visite n'était pas habituelle, même s'ils se voyaient régulièrement, il n'était courant que Brehn débarque ainsi, au milieu de la nuit.  Il entama une discussion peu intéressante, tournant autour du dîner. Essayait-il de détourner l'attention ? Cette remarque fit arquer l'uns des sourcils de Nymeria. « C'était bien. On a dansé, on a bu. On a parlé. Surtout du bal. Enfin... De ce qu'il s'y est passé. » Ses cheveux étaient finalement libre eux aussi, ils ondulaient sur ses épaules de façon peu disciplinée. « Mon oncle se porte à merveille. Mais comme à son habitude. »

Nymeria croisa finalement les bras devant sa poitrine, plantant son regard dans les yeux bleus sans fond de Brehn. Ces yeux là, elle les avaient étudié des milliers de fois, mais toujours elle y découvrait quelque chose. Une tâche ici, une nuance plus claire là. Ils représentaient un puits de merveilles. Elle lui sourit malgré elle, tentant de ne pas avoir l'air trop grave, mais le sérieux de sa vox la trahie. « Que fais-tu là ? »



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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Mer 24 Mai - 19:54


Envers et contre tous

Nymeria Drogon & Brehn Shöva
Nymeria venait de se changer. Je pus distinguer le grincement de son lit à baldaquin lorsqu'elle s'assit dessus. Je lui tournai toujours le dos mais je pouvais ressentir ses yeux me transpercer. Elle semblait attendre et je ne pouvais abuser de sa patience, pourtant, je n'étais pas encore prêt. Il me fallait encore quelques secondes pour mettre mes idées en ordre avant de me lancer. Je fermai les yeux, bercé par la douce mélodie, presque féerique que l'on pouvait apprécier du balcon de la Princesse. Celui-ci était absolument bien situé, de façon à ne pas entendre les bruits de la ville. Il n'y avait là que le doux bruissement des feuilles s'entrechoquant à cause de la légère brise nocturne, ainsi que l'écoulement de l'eau des nombreuses fontaines, en contrebas, dans le jardin royal. L'on pouvait aussi distinguer la chorale de petits animaux nocturnes orchestrée par une chouette qui cadençait le tout avec un chant parfaitement régulier. Il n'y avait là rien d'extraordinaire, c'était une nuit tout à fait banale, mais pour autant, mes sens étaient en parfait éveil, bien plus que de coutume, et je pouvais apprécier chaque détail du tableau qui se décrivait sous mes yeux, accompagné de l'orchestre naturel. Tout était paisible, aucune fausseté ne venait rompre cette divine harmonie. D'ailleurs, elle commençait à m'apaiser même si je ne pouvais m'arrêter de tourner les bijoux se trouvant dans le creux de ma main avec mon pouce, si bien que même avec la fraîcheur vainuine, mes mains étaient devenues moites. Je finis par observer le tournoiement inlassable des deux anneaux. J'espérai qu'ils plaisent à Nymeria mais je ne me faisais pas de soucis. Le saphir et l'argent, n'était-il pas là l'accord parfait ? Rappelant l'eau et la lune, tous deux étroitement liées à Glorë, à Vainuin, à notre peuple. En outre, entre ses cheveux d'un blond argentés, et ses yeux d'un bleu profond, la bague ne pouvait qu'aller à Nymeria. D'ailleurs, lorsque je serais loin d'elle, cette chevalière me rappellera sans mal Nymeria... L'inverse était moins vrai. Moi je n'ai que les yeux bleus, rien d'argenté... Enfin, peut-être que la Princesse saura trouver un lien entre l'argent et moi ?

Son regard se faisait de plus en plus lourd, je ne pouvais attendre plus longtemps sous peine de l'agacer définitivement. Il était temps, le courage était de mise. Je pris une grande inspiration, l'air frais parcourra ma gorge et mes poumons et finit par s'étendre à tout mon corps à l'aide d'un frisson. Une main sur le pommeau de mon épée, l'autre serrée, je me retournai. Nymeria était bien là, en chemise de nuit, assise sur son lit, le regard sérieux. Je sentis que ma présence n'était pas appréciée, il était tard et elle n'avait qu'une envie: dormir. Nous nous regardions les yeux dans les yeux. Les siens étaient malgré elle, inquisiteurs. Elle semblait m'inspecter, chercher des réponses dans mon regard: "Pourquoi étais-je là, pourquoi tourner si longtemps autour du pot ? Et puis quel comportement inhabituel" devait faire partie de ses questions... Je ne pus bafouiller quoi que ce soit qu'elle fronça les sourcils, croisa les bras et me lança avec un sourire qui contrastait avec le ton dur employé: "Que fais-tu là ?" Mon cœur se serra; il battait la chamade. Mes pupilles se dilatèrent. En somme tous mes sens atteignaient leur paroxysme, j'étais là surefficient. Voilà, l'heure fatidique tant attendue était arrivée. Je ne pouvais reculer, c'était le moment où jamais de lui dire tout ce que j'ai réprimé jusque ici.
Je baissai la tête, pris une dernière inspiration et la relevai avec le sourire. Nymeria était intriguée. Commençait-elle enfin à comprendre l'ampleur de ce que j'allais lui révéler ?

(pour les romantiques: je vous conseille de mettre ce son, après avoir enlevé l'autre :p)

"Ecoute Nymeria, cela fait maintenant bien des années que j'essaye de cerner notre étrange relation. Je ne sais pas si c'est le cas depuis toujours, mais à présent pour moi c'est clair, tout va bien au-delà de l'amitié ou même de la fraternité." Je m'arrêtai un instant pour déglutir. "Tu sais,  nous sommes seulement des humains que les Dieux ont façonnés pour aimer. Là est notre plus grande gloire, ou notre plus grande tragédie... Moi, je veux que l'amour soit ma plus grande gloire, que t'aimer et être aimé soit mon plus grand honneur. Oui Nymeria, tu l'as compris, cela fait bien trop longtemps que je me le suis caché, mais je t'aime." Le fait de vider mon sac, me détendit, et avec assurance, je m'approchai d'elle, pris délicatement sa main droite, à laquelle j'enfilai la bague sur son annulaire. "Cette bague me représente, je me donne corps et âme à toi" Je lui tendis la chevalière qu'elle prit, toute confuse de cette scène. "Cette chevalière, c'est toi..." Je m'agenouillai. "Maintenant tu as le choix." À son tour Nymeria prit du temps avant de répondre installant une intensité dramatique. Perdant espoir je déclarai: "L'amour que je te porte est impérissable, je ne saurais m'en défaire et je choisirai l'exil pour ne plus jamais être tenté, et, que tu n'aies plus aucune crainte de me revoir; je ne voudrais pas que ma présence t'importune. Tout cela est mûrement réfléchi, en aucun cas il ne relève du caprice et sache que je ne t'en voudrais en aucun cas si tu choisis pour moi l'amour tragique..."

Le silence s'installa, le temps s'arrêta autour de moi. J'étais là devant elle, un genou à terre, comme en pleine révérence, mes yeux plongés dans les siens, j'attendais l'irrévocable sentence. Je me préparai déjà au pire. Je pensais à mes parents, ma famille, que je quitterai sans leur donner de raisons valables. J'imaginais un instant ma vie future loin de tous ceux que je chéris. Dans tous les cas, je ne regretterai pas mon choix: je savais que j'aurais été plus malheureux de vivre près d'elle en étouffant mes sentiments plutôt que d'être séparée mais avoir pu lui dire la vérité. Mes dernières pensées avant le moment de vérité allèrent vers Glorë...





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Dernière édition par Brehn Shöva le Lun 29 Mai - 19:18, édité 3 fois
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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Sam 27 Mai - 22:06

Envers et contre tous ||  Brehn


Le voilà qui s'était tu, lui qui n'avait de cesse de changer de sujet afin de masquer la réelle raison de sa présence ici, dans sa chambre : celle de la princesse. Nymeria était fatiguée, et bien qu'elle soit heureuse comme à son habitude de pouvoir passer du temps avec Brehn, la lune s'était levée depuis plusieurs heures déjà et ses paupières se faisaient lourdes, son torse était encore endoloris par son haut corseté et ses pieds qui avaient trop foulés le sol et dansés, refusaient de la tenir debout. Alors elle était assise, sur son grand lit à baldaquin dont les draps soyeux avaient été récemment changés. Une douce odeur huilé et fleuris monta à ses narines, peut-être venait-elle de la salle des bains qui n'était pas si loin, ou bien de ses draps. Aucun encens ne semblaient être allumés dans sa chambre, cette option là n'était donc pas la bonne.

Nymeria tentait de cacher son agacement, elle tentait également de poser son attention sur quelque chose afin de ne pas s'endormir au moment présent. Si Brehn était là, il devait avoir une raison, même si celle-ci lui échappait encore. Il resta silencieux un moment, sur le balcon, à contempler les étoiles, ou bien contemplait-il autre chose, elle n'en savait rien. Voilà plusieurs minutes déjà qu'il lui tournait le dos, plusieurs minutes qu'il lui faisait perdre des moments de sommeil. Elle qui dormait si peu en ces jours si tristes. Elle n'avait eut vent du massacre du marché, seulement au dîné qui venait d'avoir lieu. Son estomac en était encore tout retourné. Mais elle devait tenir bon, laisser un sourire déchirer son visage princier alors que des enfants se faisaient assassinés dans les rues et qu'elle ne pouvait rien faire pour les protéger. Elle devait encaisser tout cela. Et Brehn se tenait là. Toujours dos à elle. Nymeria serra les poings. Qu'il parle ou qu'il s'en aille ! Voilà ce qu'elle pensait. Mais elle se ravisa de lui dire ainsi. Elle se rendait compte à cet instant, que cette colère qu'elle avait accumulé au dîner, elle était en train de la passer, mentalement – certes- , sur son ami qui n'en avait rien demandé. Mais que faisait-il, bon sang ?

Sa tête fut basse un instant, avant qu'il ne la relève et daigne enfin la regarder. Son regard était intense, différent. Inquiet. Nymeria haussa un sourcil, cette expression, elle ne se l'était encore jamais figurée sur le visage de son ami. Qu'allait-il lui dire ? Elle n'en pouvait plus t'attendre. Si cela était un jeu, il ne l'amusait pas. Mais le sérieux dans ses yeux... ce sérieux là, il n'était pas dû à un jeu. Il avait quelque chose d'important à dire. Le cœur de la princesse se serra. Séléné allait-elle bien ?! « Ecoutes Nymeria, cela fait maintenant bien des années que j'essaye de cerner notre étrange relation. Je ne sais pas si c'est le cas depuis toujours, mais à présent, pour moi, c'est clair, tout va bien au delà de l'amitié ou même de la fraternité.  » La princesse fronça les sourcils tandis que Brehn reprenait sa respiration. Ce discours, elle l'avait déjà entendu, quelques jours avant. Kaan lui avait dit quelque chose de semblable. Qu'avaient-ils tous à penser qu'elle ne savait pas quelle était la nature des relations qu'elle entretenait ? Son agacement était palpable. Mentalement du moins. Elle tenta de garder son calme, d'écouter ce que Brehn avait à dire. Mais ce genre d'introduction ne lui disait rien de bon.... « Tu sais, nous sommes seulement des humains que les Dieux ont façonnés pour aimer... Là est notre plus grande gloire, ou notre plus grande tragédie... Moi, je veux que l'amour soit ma plus grande gloire, que t'aimer et être aimé soit mon plus grand honneur. » Le cœur de Nymeria manqua un rebond. « Oui Nymeria, tu l'as compris. Cela fait bien trop longtemps que je me suis caché, mais je t'aime. » Puis un second.

L'esprit de la princesse semblait s'être évadé, absent face à la beauté et gravité de ce qui se passait à l'instant même dans sa chambre. Brehn venait-il de lui faire des avances ? Elle semblait avoir entendu le message, mais celui-ci se trouvait devant la porte de son esprit, on lui refusait l'entrée. L'amour. L'amour était quelque chose qu'elle s'était depuis toujours interdit. Se questionner à propos de telle ou telle personne... Tel ou tel sentiment, cela lui faisait trop mal. Elle avait mal au cœur. Parce que ce cœur, son cœur, il ne lui appartenait pas. Si elle s'autorisait la moindre émotion au delà de l'amitié, elle en souffrirait. Et la personne à qui cet amour serait destiné en souffrirait. Pourtant, alors qu'elle avait toujours barré cette route, qu'elle avait fermé cette porte, alors que celle-ci était bien gardée, barricadé, cadenassée... les mots de Brehn se trouvèrent une place dans son esprit. Et elle comprit. Nymeria l'avait toujours aimé. Cela lui apparaissait aujourd'hui comme une évidence. Une terrible évidence. Elle avait peur. Peur de laisser cette porte s'ouvrir parce qu'elle savait sans réellement le savoir, ce qui se trouvait derrière. Mais Brehn avait enfoncé cette porte, il avait prit le plus grand bélier qu'il avait pu trouvé et s'était pointé, au milieu de la nuit, pour détruire cette porte si bien gardée.

Voilà qu'il s'approchait de nouveau. Brehn se dressait devant elle, baissa la tête, la saluant d'une révérence. Que faisait-il ? Nymeria était sonnée, incapable d'exprimer la moindre idée, incapable de faire le moindre geste. Il prit délicatement sa main droite et vint enfiler, tout en délicatesse, une magnifique bague sur son annulaire. Cette bague était fine et délicate. La princesse la dévisagea sans vraiment comprendre ce qu'elle faisait à présent à son doigt. L'argent et le saphir se mêlait à merveille, deux pierres de saphir, aussi petites soient-elle, ornaient une arabesque d'argent qui habillait discrètement son doigt. « Cette bague me représente, je me donne corps et âme à toi. » Interloquée, la princesse releva brusquement les yeux, détachant son regard de ce bijou si merveilleux. Elle tomba sur la jumelle de cette bague, une chevalière assortie, créé spécialement pour le doigt de Brehn. Etait-il en train de lui demander sa main ? « Cette chevalière, c'est toi... » sa voix se faisait de moins en moins assurée. Ressentait-il l'angoisse, l'émotion, le bonheur, la terreur, la colère et tous les autres sentiments qui se battaient actuellement dans l'esprit de sa princesse. « Maintenant tu as le choix. »

Heureusement que Nymeria était assise, parce qu'elle serait sans aucun doute tombée à la renverse. Elle se rendit alors compte que Brehn s'était agenouillé. Il la regardait avec des yeux qui semblaient craindre les prochains mots qui s'échapperaient de la bouche de Nymeria. Il lui tendait toujours la chevalière. Yeux écarquillés, elle prit celle-ci, sans aucune délissasse. « L'amour que je te porte est impérissable, je ne saurai m'en défaire et je choisirai l'exil pour ne plus jamais être tenté, que tu n'ais aucune crainte de me revoir, je ne voudrais pas que ma présence t'importune. » Il parlait trop. Beaucoup trop. La panique montait en elle. Elle ne savait pas quoi faire. Tais-toi sombre idiot ! Avait-elle envie de lui dire, mais ce n'était pas ainsi qu'une dame de son rang répondait à de si beaux arguments. Avait-elle envie de l'exiler pour lui avoir révéler son amour ? Non. Lui en voulait-elle pour avoir défoncé cette porte qu'elle tentait tant bien que mal de garder fermer ? Oui.  « Tout cela est murement réfléchis,  en aucun cas il ne du caprice et sache que je ne t'en voudrais en aucun cas si tu choisis pour moi l'amour tragique... »

La princesse se leva d'un bond. Gardant la chevalière dans sa paume fermée. Elle laissa un regard noir à Brehn. Noir et emprunt d'un amour qu'elle tentait de contrôler depuis tant de temps. Elle se mit à faire les 100 pas sans rien dire. Les yeux un coup sur la chevalière, un coup dans les étoiles, un autre sur Brehn. Le premiers mots qu'elle finit par lui adresser furent les suivants : « N'ose même pas passer la porte de ma chambre avant que je ne prenne une décision. »




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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Mar 30 Mai - 0:05


Envers et contre tous

Nymeria Drogon & Brehn Shöva


L'incompréhension et la peur qu'elle engendrait, montaient en Nymeria au fil de ma déclaration. Elle paraissait terrifiée, au point même de n'émettre ni approbation ni résistance lorsque je lui enfilai la bague à son doigt. Seuls de légers tremblements transparaissaient devant cette presque parfaite immobilité. Lesquels étaient certainement synchronisés aux battements de son cœur. En outre, ses yeux en disaient long sur son état, ils faisaient de vif vas-et-viens entre la bague et la chevalière ainsi que mon visage; heureusement qu'elle était assise, je craignais sincèrement une syncope... Bien que cela ne devait pas être agréable pour elle, j'étais quand même content de la voir ainsi. Quelque part, cela prouvait que je ne m'étais pas trompé: elle a aussi des sentiments pour moi. Sinon la connaissant elle m'aurait jeté de ses appartements sans aucune délicatesse au lieu d'être bouleversée de la sorte;  elle est quand même réputée pour dire ce qu'elle pense, et grâce à son rang elle peut se le permettre sans grandes craintes. Pour autant je n'étais pas rassuré. Le plus difficile restait à venir: allait-elle accepter, envers et contre tous, notre relation ? Saurait-elle défier les exigences que son père lui impose depuis sa plus jeune enfance, à savoir oublier l'amour ?
Je l'espérai... Après tout ce n'était pas un rêve inespéré, Nymeria a toujours écouté son cœur, quitte à aller à l'encontre des coutumes, des mœurs et des habitudes de notre peuple. C'est une femme qui cherche la liberté, celles des orandiens mais aussi la sienne. Cependant, il est vrai qu'elle ne m'a jamais parlé ne serait-ce qu'une seule fois de petits amours ou d'aventures. Je ne l'ai d'ailleurs jamais vu tenté par qui que ce soit lors des banquets ou des bals. Serait-elle capable de fermer définitivement la porte, qui jusque-là est si bien verrouillée, même à celui qu'elle semble aimer depuis toujours ? Je le saurais bien assez tôt...

Alors que je venais de terminer ma tirade, la Princesse se leva furieusement et ne cacha pas son regard noir à mon égard. Le choc de l'annonce venait de se dissiper, il laissait place à de la rancune et de la haine. J'ai certainement toqué trop fort à cette fameuse porte si bien que j'ai dû l'entrouvrir. Elle n'avait pas pris soin de la renforcer, elle ne pouvait se douter un instant que ce soir été le jour de ma déclaration, il est même fort probable qu'elle ne se soit jamais préparé à ça venant de moi... J'attendais patiemment que Nymeria me l'ouvre entièrement et m'autorise à y entrer. Je ne veux pas que les choses soient faites à moitié, je veux d'une véritable relation, sincère et en pleine conscience. Là seulement nous pourrons être épanouies malgré les difficultés qui nous attendent. Nymeria le savait et elle ne cachait pas son tiraillement; je pouvais l'entendre se mouvoir  à travers toutes les pièces de ses appartements. Mais au-delà de ces difficultés, la belle Eau était déchirée entre le fait de trahir son père ou son ami d'enfance, et certainement bien-aimé. Je me relevai enfin, après ces minutes en position de révérence et j'observai brièvement ses déplacements compulsifs. Ses yeux avaient repris les mêmes mouvements que tantôt, ils jonglaient entre nos anneaux respectifs - l'un sur son annulaire et l'autre dans le creux de sa main -, moi et même le ciel étoilé. Demandait-elle de l'aide à Glorë comme je l'ai fait avant de me lancer ? Cela ne m'étonnerait pas, le choix était cornélien et j'en avais conscience. J'espérai que Glorë était de mon côté, mais la déesse n'est pas là pour me faire plaisir. Elle est impartiale et ne veut que le meilleur pour chaque homme. Peut-être que le meilleur pour Nymeria et notre peuple est de continuer sa route sans moi et attendre le parfait mariage, lequel pourrait apporter une alliance entre deux pays ? Kalen et Gorka par exemple... Non certainement pas, les troubles actuelles ne pouvaient être négligés, mais je ne pouvais pas croire un instant que la destinée de la Princesse, que le meilleur pour elle, était de vivre sans ce sentiment si spécial qui est le fondement même de la vie. J'hochai la tête comme pour faire sortir ces questions horribles qui m'assaillaient sans relâche. Je devais continuer d'être confiant auquel cas Nymeria pourrait le sentir, mais je n'y arrivais pas.

L'attente m'était de plus en plus insupportable. J'étais profondément blessé qu'elle continue de réprimer l'évidence que j'avais éveillée en elle. Pourquoi tant de pragmatisme à vouloir tout calculer ? Je fais moi-même partie de ces personnes qui prennent du temps pour faire un quelconque choix mais là je pouvais sentir qu'elle tentait de se mentir à elle-même plutôt que prendre le temps de s'écouter. J'avais tellement envie de le lui dire, mais prendre la parole n'était pas de rigueur devant la situation; je ne ferais qu'aggraver les choses. Elle m'a ordonnée de rester ici, et même si c'était un supplice d'attendre son jugement dernier, je ne pouvais qu'être heureux de savoir que ce soir, nous serons déjà fixés quant à notre futur. Je décidai quand même de m'évader en regardant, par l'une des fenêtres, la ville, à présent endormie. Je serrai la mâchoire à intervalles réguliers alors que mes yeux se perdaient aux confins de l'horizon. Les images de mon passé, de mes sept ans lorsque Nymeria est née jusqu'à aujourd'hui défilèrent. Il n'y avait là que de merveilleux moment et je redoutai qu'il n'y en ait plus. J'ai pris le risque de me faire bannir et quand bien même Nymeria décide d'être clémente, il est certain que notre amitié ne survivra pas si sa réponse était négative. Dès lors qu'elle a compris mes intentions, plus rien ne pouvait être comme avant. Pour le meilleur ou le pire... Malgré moi, ce soir se jouait le tout ou rien; il n'y a pas de places à la demi-mesure. Je regrettai un instant d'être tombé amoureux d'elle. Il a fallu que ce soit l'unique vainuine qui ne profiterait pas de mon rang. Du reste c'est à s'en méprendre, et bien qu'elle me connaisse mieux que personne j'espérai que le choc de la déclaration n'altère pas ses pensées et qu'elle finisse par voir dans ma démarche une simple quête de pouvoir. Pourvu qu'elle n'oublie pas ni ma sincérité ni mon naturel. Pourvu qu'elle n'oublie pas toutes les qualités et traits de caractère que nous partageons. Pourvu qu'elle n'oublie pas nos fous rires enfants et même adultes, ses premières fugues hors du château, les interminables parties de cache-cache, les courses de chevaux dans les plaines glacées de Vainui, les soirées passées dans un coin oublié du château à rêver de projets plus fous les uns que les autres. Pourvu que... Le bruit de ses pas lourds et cadencés s'arrêta. Interpellé je fis volte-face. La sentence allait tomber...







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Dernière édition par Brehn Shöva le Lun 19 Juin - 16:46, édité 2 fois
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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Mar 13 Juin - 15:15

Envers et contre tous ||  Brehn


Nymeria serra ses bras fins et blancs autour de ses épaules, oubliant presque que, dans le creux de sa paume, se trouvait la chevalière de Brehn. Elle avait froid, elle se sentait seule. La princesse se trouvait face à une situation qui n'était pas à sa porté. La décision finale ne lui revenait pas. Elle ne pouvait aller à l'encontre de son père. Jamais celui-ci ne la laisserait épouser Brehn, quand bien même elle ne demanderait. Lui, il était prêt à accepter l'exil si elle ne voulait pas de lui. Mais comment Nymeria pourrait-elle renvoyer un homme tel que lui ? Lui qu'elle aimait, qu'elle avait toujours aimé. Il n'était pas prince, il n'était pas roi, il n'était rien, juste un noble qui demandait sa main. Leur union n'aurait aucun intérêt, hormis l'amour. L'amour qu'elle lui portait, l'amour qu'il lui portait. Mais l'amour ne faisait pas le poids face à la politique. Nymeria était vouée à un mariage d’intérêt. Elle n'aurait jamais la chance d'aimer et d'être aimé en retour dans son mariage. Elle s'y était faite. Elle avait fermé cette porte.

La tête lui tournait. Elle regarda le ciel un moment, implorant Glorë de l'aider à prendre une décision, implorant sa déesse de ne pas la laisser seule dans ce moment cruciale. Tout allait changer. Non pas pour le pays, non pas pour le palais. Tout allait changer à une échelle bien plus petite, à une échelle bien plus proche d'elle-même. La princesse se sentait si petite dans ces grands appartements, les ombres créées par les quelques chandelles allumées lui donnait des frissons. Ses émotions se battaient dans son esprit. La peur, l'angoisse, la tristesse, l'amour... Nymeria avait peur, peur de devoir exiler son ami, son amant. Comment pourrait-elle vivre sans lui ? Mais comment pouvait-elle vivre avec lui ? Rien n'était plus pareil. Les murs de sa chambre semblèrent grandir tandis qu'elle se sentait rapetisser. L'étau se resserrait autour d'elle. Elle regarda de nouveau la chevalière qui se trouvait entre ses doigts. Elle était belle, rayonnante. Elle semblait être la seule source de lumière dans ses appartements qui étaient devenus trop sombres et trop étroits pour elle.

Comment prendre une pareille décision ? Comment choisir entre son rang et l'amour ? Nymeria ne pouvait tout quitter pour Brehn. Elle manquait de courage, manquait de volonté. Le trône, diriger, c'est tout ce qu'elle avait toujours voulu. C'est ce à quoi elle avait été destinée. Une destinée qui avait été choisie sans son consentement. Mais cela lui était égal, elle s'était faite à cette idée. Mais à cet instant, la princesse n'était plus sûre de rien. Voulait-elle vraiment gouverner, voulait-elle vraiment  laisser de côté cette magnifique expérience de la vie ? Elle se sentait comme une bête sauvage enfermée. Ses pas résonnaient doucement dans ses appartements. Elle jeta un rapide coup d'oeil à Brehn. Il était toujours là, debout, à côté de son lit à baldaquin. Il semblait si grand, si beau, si rayonnant. A l'image de cette chevalière qu'elle serra à présent contre son cœur. Etait-ce là, la voie qu'elle devait suivre ? Etait-ce lui, finalement, sa destinée ?

Nymeria senti une boule se former dans sa gorge, ses yeux devenaient humides. Elle ne voulait pas renoncer ! Elle ne voulait ni renoncer au trône, ni à son ami. Mais les deux ne pouvaient être ensemble. Il n'était personne. Il n'avait aucun intérêt aux yeux de son père. Pourtant, il semblait si grand à Nymeria. Brehn ferait un souverain admirable. Il saura diriger à ses côtés. Mais ce rêve était impossible. Il lui était impossible de demander cela. Elle ne pouvait décevoir son père, elle ne pouvait décevoir son cœur. Déchirée. Elle reprit la cadence de ses pas. La princesse prit un encens de sa main libre et l'alluma à l'aide de la flamme d'une chandelle. Une douce odeur boisée vint l'envahir. Elle laissa la fumer embaumer doucement ses appartements. Brehn semblait peu à peu disparaître dans la noirceur de cette pièce trop grande et trop étroite à la fois. Son cœur lui criait de le retenir. Elle ne devait pas le laisser disparaître dans cette noirceur. Qui serait-elle si elle le laissait sombrer ?

Elle posa l'encens et se précipita vers son ami, vers son amant. Elle lui prit les mains, celui-ci la fixait, sans vraiment comprendre. Lui aussi semblait perdu. Qu'avait-il fait ? Elle caressa les mains de Brehn, la chevalière était toujours dans le creux de ses doigts. Elle prit une grande inspiration et lui enfila au doigt, sans jamais quitter celle-ci des yeux. Glorë était-elle d'accord avec cette façon de faire ? La princesse en doutait. Mais il semblait rayonnant qu'elle ne voyait que lui dans ses sombres appartements. Quelques larmes s'étaient échouée sur ses joues rougies par l'émotion. Elle releva finalement les yeux vers Brehn. La princesse posa une main douce sur la joue de celui-ci et murmura ces quelques mots. « Je t'aime Brehn. » Elle posa son front contre celui du jeune homme. « J'ai toujours nié ce sentiment. Mais je t'aime. » Sa voix se brisa dans un sanglot. « Mais comment pouvons nous être ensemble ? Comment pourrais-je vivre avec toi, ou sans toi ? »

Elle s'éloigna doucement de lui et se rassit sur son lit. Invitant son ami à la rejoindre. La princesse tenait son propre visage entre ses mains, tentant de camoufler les larmes qui y coulait. «  Je ne veux pas faire ce choix. Je ne sais pas comment faire... Nous ne pouvons être ensemble. Mon père refuserait. »





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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Lun 19 Juin - 19:54


Envers et contre tous

Nymeria Drogon & Brehn Shöva


Nymeria me prit délicatement les mains sans jamais m'adresser un regard. Elle semblait tout simplement honteuse de ce qui allait suivre... Avec minutie elle enfila la chevalière à mon annulaire. Elle prenait son temps et le faisait avec une extrême douceur, une douceur qui se rapprochait de la passion. Je laissais faire malgré moi; j'étais stupéfait et n'étais plus capable de rien sinon d'observer passivement la scène. Depuis ma déclaration tout laissait prédire le contraire, j'eus cru avoir changé la Princesse en furie faisant les cents pas pour contenir sa colère envers moi. En outre la sombre fumée qui emplissait tout le volume de ses appartements n'était pour moi qu'une façon de dire que la réponse était négative... Comment croire à ce paradoxal comportement ? Se jouait-elle de moi ? Allait-elle après avoir terminé d'enfiler la chevalière, m'annoncer qu'il fallait que je parte loin d'ici. Que cette chevalière sera le souvenir d'un amour impossible mais pourtant si fort ? Arrête Brehn, arrête de te lamenter, profite de ce moment qu'elle t'offre ! m'intimai-je.

La chevalière finit par atteindre le bout de mon doigt. Nymeria ne cilla pas. Tout s'arrêta. Il n'y avait plus que nous deux dans ce monde. Deux âmes torturées et perdues. Deux âmes sœurs aveuglées par l'évidence... Une larme vint s'écraser sur le sol en une multitude de gouttelettes. Une seconde. Et d'autres suivirent jusqu'à que la Princesse releva la tête pour me regarder, laissant apparaître un visage humide et des yeux injectés de sang. Cette vue me fendit le cœur; la voir ainsi m'était insupportable. Ma seule envie était d'essuyer son délicat visage mais la stupeur était toujours aux commandes de mon corps et je n'osais faire le moindre mouvement. En outre, l'attitude solennelle de Nymeria n'était pas pour m'aider. Je me croyais lors des Cérémonie pour Glorë où les prêtres et prêtresses prennent un temps infini pour se mouvoir, signe de respect pour notre déesse.

Finalement c'est elle qui posa une main fraîche sur ma joue. Les yeux écarquillés j'entrouvris la bouche. Mais que se passait-il ? Que faisait-elle ? Ce n'était pas dans ses habitudes d'être tactile. Devais-je y voir là un début d'acte amoureux ? La réponse ne se fit pas attendre, Nymeria me déclara les yeux dans les yeux avant de coller son front sur le mien: "Je t'aime Brehn." Je pouvais sentir son souffle caresser se mêler au mien, nos pensées se connecter, nos cœurs se relier... Une effervescence monta en moi: ma nuque était chaude et mon sang bouillonnait. Ni une, ni deux, libéré de cet hébétement qui me tenait depuis de longues minutes grâce à ces paroles salvatrices, je pris de mes deux mains le visage de ma belle pour l'embrasser. Ce fut succins mais intense. Nos regards finirent par se perdre l'un dans l'autre et je déclarai à voix basse: "Moi aussi, Nymeria... Moi aussi..." Malgré tout ce bonheur, je voyais bien que quelque chose n'allait pas... Cela ne présageait rien de bon pour la suite. Peu assurée elle me lança: "J'ai toujours nié ce sentiment. Mais je t'aime... Sa voix se brisa en un sanglot empli de douleur. Mais comment pouvons-nous être ensemble ? Comment pourrais-je vivre avec toi, ou sans toi ?"" Ses paroles n'avaient pas pour but de me faire du mal, mais cette triste réalité me transperça comme la lame la plus aiguisée qui soit. À l'image de cette douleur que j’encaissais, je lui répondis avec conviction: "Qu'importent les déchirures qui nous attendent, qu'importent les obstacles qui se dresseront devant nous, notre amour vaincra. Il n'y a rien de plus fort. Pas même ton père ne sera capable de nous arrêter. Je pris la main qui porte la bague que je venais de lui offrir, pour la mettre contre mon torse, au niveau du cœur. Nymeria, fille d'Andar Drogon, Princesse de Vainui, ma bien-aimée, s'il te plaît, crois en nous."

Contrarié de devoir faire un choix entre les deux hommes de sa vie, la Princesse se réfugia sur son lit. Bien qu'elle tentât de cacher son visage avec ses mains, je vis les larmes qu'elle n'arrivait pas à contenir, se faufiler entre ses doigts. Moi qui commençais à croire que sa décision était prise... Vraisemblablement, il y allait en avoir des rebonds avant qu'elle ne se décide. Je ne devais certainement pas la brusquer, et je n'avais pas non plus envie d'être mielleux et vanter notre relation comme une simple marchandise. Seuls quelques arguments dit avec parcimonie semblaient de mise devant la situation. En la rejoignant sur le bord de son lit après qu'elle m'ait invité, je réfléchissais à notre relation d'antan; une révélation me vint à l'esprit. En effet, même si ce n'était pas encore gagné il aura fallu un temps incroyable avant que l'on prenne chacun conscience de ce qui nous lie. Pourtant, cette flamme a toujours été dans notre cœur. Elle scintillait de façon bien trop ostentatoire si bien que tous nos proches l'ont remarqué avant nous. Loin d'imaginer que cela était une flamme d'amour plutôt qu'une flamme d'amitié, ils ont constamment participé - involontairement - à nous conforter dans cette illusion d'amitié. Je leur en voulais. Peut-être que nous aurions pu échapper à toutes ces déconvenues avec notre cœur d'enfant. Outrepasser les règles étaient notre quotidien à l'époque. Nymeria n'aurait eu aucun mal à défier son père. Seulement aujourd'hui il en était autrement. La maturité et son esprit consciencieux étaient devenu maître dans ses décisions, même les sentiments que je faisais naître chez elle ne paraissaient faire le poids. Néanmoins, je gardais espoir, l'issue de ma déclaration prenait pour l'instant une bonne tournure...

Assis à côté d'elle, caressant ses cheveux blonds légèrement ondulés, je lui dis:"Ne te précipite pas dans ta décision, personne ne t'oblige à la prendre maintenant." Je ravalai ma salive, celle-ci n'humidifia pas ma gorge comme voulu. Je continuais avec une gêne:"Je voulais te dire que j'ai besoin de toi à mes côtés, je ne survivrais pas à une décision en demi-teinte qui viserait à satisfaire les deux parties... Alors que ton père, lui, finira par comprendre si tu me choisis." Tout cela était vrai: sans elle je ne serais plus Brehn, à l'instar de mon mentor Sérild qui est devenu à la mort de sa femme un autre homme qui a perdu son chemin de vie... Et pour Andar, il n'y a aucun doute, même s'il est un obstacle pour Nymeria et moi, c'est un homme que j'admire sincèrement. Sa sagesse n'a que peu d’égal et ses talents de souverain ne sont plus à justifier. Un homme empreint de nombreuses qualités que Nymeria a hérité en somme...





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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Mar 20 Juin - 15:26

Envers et contre tous ||  Brehn


Attirée par la lumière que semblait dégager Brehn dans la pénombre, Nymeria était proche de lui, très proche de lui. Elle n'avait pas conscience de ce qu'elle faisait, après une déclaration ponctuée de larmes, elle avait posé son front contre celui du jeune homme. Cette proximité était apaisante, l'odeur qui émanait de Brehn lui rappelait celle des vallées enneigées, il était frais, doux, telle la caresse d'une plume. Son esprit fut calmé un instant, mais son cœur manqua plusieurs battement quand les lèvres de Brehn vinrent se poser sur celles de la chaste princesse. Son premier baiser. D'abord apeurée, elle eut une soudaine envie de le repousser, comme si la réalité venait de nouveau de la frapper, mais cela ne dura qu'un instant. L'instant suivant, elle se laissa emportée par cette vague de douceur qui déferlait en flot continu en elle. Elle se sentait à sa place, dans une rivière ou une cascade d'eau douce, le ciel étoilés était témoin de leur passion, Glore semblait les contempler, le sourire aux lèvres.

Puis elle sortit de sa stupeur, Nymeria était de retour dans ses appartements enfumées qui sentaient le bois. Brehn était face à elle, beau comme un ange, elle n'avait pas envie de s'éloigner de lui. Elle aurait voulu rester dans ce monde merveilleux qu'il venait de lui faire entrevoir, elle le voulait pour toujours. Adieu le trône, adieu Vainui. Elle avait décidé de rester là, jusqu'à ce que mort s'en suive pour cause d’asphyxie. Jamais elle ne s'était laissée aller de la sorte, jamais elle n'avait ainsi lâcher prise. Elle se sentait femme, belle et furieusement amoureuse. Mais alors qu'elle croyait que l'aura de Brehn l'avait apaisée, elle se retrouvait toujours larmoyante, face à son amour impossible. Cette réalité lui serra de nouveau la gorge. Elle venait d'avoir un aperçu de ce qu'aurait pu être son idylle, sa vie. Mais elle ne pouvait y rester.  

La princesse était déchirée, elle aurait tant voulu être maîtresse de son destin, à cet instant, elle aurait tant voulu que tout soit plus simple. Si seulement elle n'avait pas été princesse. Si elle était née chez le bas peuple, peut-être aurait-elle eut la chance d’accéder à ce bonheur.  Ses larmes redoublèrent, elle avait honte d'ainsi pleurer. Mais trop d'émotion se battaient en elle, Nymeria ne savait plus où donner de la tête. Écouter son cœur ou sa raison ?

«Qu'importent les déchirures qui nous attendent, qu'importent les obstacles qui se dresseront devant nous, notre amour vaincra. Il n'y a rien de plus fort. Pas même ton père ne sera capable de nous arrêter. » Elle n'en était pas si sûre, l'aval d'Andar était plus que nécessaire pour concrétiser une union, surtout la leur. Mais jamais il n'accepterait que sa fille bien aimée épouse un Shöva, la famille de Brehn avait causé du tord à la couronne et le roi ne pouvait l'oublier. Sans doute pensait-il que le jeune homme s'était servit d'elle pour conquérir le trône, comme ses prédécesseurs. Mais Nymeria savait qu'il ne s'agissait point de cela, elle connaissait Brehn, être souverain, cela ne l’intéressait pas. S'il avait prit le risque de lui déclarer ainsi ses sentiments, c'est que ces derniers étaient sans aucun doute réels. Mais quand bien même ils seraient réels, cela changerait-il l'avis de son père, le roi ? Brehn prit la main de la princesse, celle où il avait précédemment enfilée une alliance en argent et saphir, et vint la poser contre son cœur. « Nymeria, fille d'Andar Drogon, Princesse de Vainui, ma bien-aimée, s'il te plaît, crois en nous.» Elle voulait y croire, plus que tout. Mais Nymeria avait tellement peur de la réaction de son père...

Elle retourna s’asseoir sur le bord de son lit à baldaquins, s'éloignant à contre cœur de Brehn. La princesse l'invita dans la foulée à l'y rejoindre. Elle tentait de cacher ses larmes à travers ses mains levées à son visage, mais ces dernières étaient de maigres boucliers. Elle sentait les mains douce de son amant lui caresser les cheveux, son cœur fut emplis une nouvelle fois d'une vague apaisante. Petit à petit, Nymeria réussit à calmer ses pleurs et à reprendre le contrôle de ses émotions. Elle ne quitta cependant pas sa position. Brehn lui intima de ne pas précipiter sa décision, il ne voulait pas lui mettre la pression. Il avait sans doute conscience de la difficulté de la situation pour elle. Choisir entre son père et Brehn. Choisir entre le trône et l'amour. Deux choix impossible, pourtant elle y était bel et bien confrontée. La désolation s’abattait sur elle, ne pouvait-elle pas s'endormir et se réveiller une fois que tout aurait été arrangé ? Cela semblait être au delà de ses forces, au delà de ses pouvoirs. Elle ne pouvait pas faire un tel choix.

« Je voulais te dire que j'ai besoin de toi à mes côtés, je ne survivrais pas à une décision en demi-teinte qui viserait à satisfaire les deux parties... Alors que ton père, lui, finira par comprendre si tu me choisis.» Nymeria releva la tête en direction de Brehn. Etait-il vraiment certain de cela ? Si Andar prenait une décision, il était bien difficile de lui en faire changer. Mais il semblait tant y croire. Serait-il prêt à affronter la fureur du Roi si jamais celui-ci venait à refuser cette offre ? Serait-il éxilé loin de Nymeria ? La princesse serra ses épaules avec ses propres mains. Elle semblait avoir à peine l'âge de parler, les mots lui manquait. Elle se sentait vidée, perdue, effrayée. Après un certain temps dans cette position à réfléchir, à peser le pour et le contre, elle se redressa doucement et prit les mains de Brehn dans les siennes, tentant un sourire sincère qui fut finalement ponctuer de tristesse. « Je parlerais à mon père. » sa voix trahissait sa non assurance.  «  Va-t-en maintenant. Je te ferais mander quand j'aurai pris une décision. Ou devrais-je dire.. quand le Roi aura prit une décision. »




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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Mer 21 Juin - 1:01


Envers et contre tous

Nymeria Drogon & Brehn Shöva


La détresse de Nymeria me fit douter. Avais-je raison de penser qu'Andar serait capable d'accepter notre union malgré les antécédents de ma famille et le fait que je ne sois pas un seigneur d'un quelconque chef-lieu de Vainui. Non pas que les Shöva soient de pauvres nobles, nous sommes d'ailleurs très bien lotis mais nous faisons partie de ceux qui servent le roi en restant au château. Il y a là un grand honneur, beaucoup rêveraient d'y être plutôt que de s'occuper de leurs vassaux dans les champs Vainuins...
La situation m'amena une question à laquelle je n'ai jamais trouvé de réponses. Pourquoi le père d'Andar, ancien roi, n'a pas en plus de l’exécution de la branche rebelle des Shöva, exilé tous les autres ? Ou à moindre mesure, nous donner un pauvre fief perdu ? Les Drogon ont fait preuve d'une grande clémence en gardant une partie de ma famille auprès d'eux, le tout sans aucune altération de nos fonctions et privilèges. La seule tâche reste l'inévitable vision négative que l'on peut renvoyer lorsque notre nom est prononcé. Mais cela est normal et je ne peux en vouloir à quiconque sinon à mes ancêtres. Tout cela pour dire, qu'après tous, pourquoi Andar, qui suit parfaitement les pensées de son père qui a rendu le jugement, aurait une dent contre nous ? Bien sûr il doit y avoir une once de rancœur, mais elle ne justifierait pas la tristesse qu'il infligerait à sa fille en refusant de me donner sa main. Reste donc l'aspect politico-économique. Les Drogon ont-ils besoin d'argent ? Non, il n'y a qu'à voir notre belle capitale, à la grandeur et la beauté inégalée. Ont-ils besoin de consolider des relations avec les Seigneurs de Vainui ? Je ne pense pas, les Eau ne sont pas réputés fraternels et patriotes pour rien... Alors que resterait-il ? Un père qui n'est peut-être finalement pas capable de donner la main de sa fille à n'importe quel homme ? Au vu des circonstances de la naissance de Nymeria, il y a fort à parier que ce soit la seule réelle raison du futur refus d'Andar. Du reste, ce n'est pas pour me déplaire, car par la discussion je suis certain que la Princesse sera capable de le raisonner. Elle a montré maintes et maintes fois ses talents de persuasion qui vont bien au-delà de la manipulation et la démagogie. Ce sont plutôt son charisme et la justesse de ses paroles qui permettent à celles-ci de trouver le chemin pour convaincre les Hommes qui s'opposent à ses convictions. Et quand bien même il n'accepte pas, je suis certain que Nymeria finirait par rallier notre cause, pour qu'on affronte la furie du Roi ensemble.

Croisant ses bras, elle prit ses épaules dans ses mains, position qu'elle avait déjà prise auparavant dans la soirée, bien que cette fois elle était assise... Elle aussi était en proie à de nombreuses réflexions; j'imagine que nous avions les mêmes et qu'elle était en train de peser le pour et le contre. J'étais confiant que l'on en vienne tous les deux à la même conclusion - quoique ce sera plus long pour elle à cause de l'affection qu'elle porte pour son père - puisque nous partageons depuis tout petit un pragmatisme et un empirisme similaire. Il n'y a plus qu'à espérer qu'elle ne soit pas si troublée, à en réfléchir autrement...

J'arrêtai caresser sa douce chevelure. Cela était très agréable et je ne crois pas que cela la gênait, cependant, je ne voulais pas être trop présent. Aussi tout le naturel que j'avais lorsque je me comportais avec elle jusqu'à ma déclaration, s'était envolé. Je crois qu'il fallait, que je digère ce qui venait de se passer, et surtout, qu'il n'y ait plus de sursis à notre amour, sans quoi je n'arriverais sûrement pas à me laisser aller.

Le temps passa où nous étions assis, plongés dans nos pensées. Seuls notre respiration et les bruits des animaux nocturnes venaient ponctuer ce silence presque religieux. Nymeria finit par m'adresser un sourire qui témoignait son affection mais aussi ses déchirures. Elle me prit les mains et m'adressa quelques mots peu éloquents: "Je parlerais à mon père. Va-t-en maintenant. Je te ferais mander quand j'aurai pris une décision. Ou devrais-je dire.. quand le Roi aura pris une décision." Je baissai les yeux, résigné. Il va sans dire que j'aurais préféré que l'on prenne le temps de discuter encore un peu de la situation; j'aurais aimé être certain qu'elle ne s'engage pas dans une mauvaise voie de réflexion, mais ce n'était pas grave, il était très tard, et il valait mieux en rester là. Je me relevai, réajustai mes habits, pris une grande inspiration et finis par dire: "Très bien, la nuit porte conseil dit-on, alors j'imagine qu'il est préférable d'en profiter au maximum en se couchant dès maintenant. Je m'approchai d'elle pour l'embrasser sur le front. Bonne nuit Nymeria, reposes-toi bien."Je me dirigeai en direction de la porte pour sortir de ses appartements, laquelle était toujours gardée par deux gardes. Je les avais complètement oublié... Pourvu qu'il n'ait rien entendu; malgré leurs allégeances à la Princesse, ils pourraient révéler par mégardes notre relation à leurs confrères. La nouvelle se rependrait comme une traînée de poudre au château et cela ne serait pas pour nous plaire... J’entrouvris la porte, et les apercevoir me rappela donc qu'il fallait que je fasse preuve d'une prudence à toute épreuve pour n'éveiller aucun soupçon. Heureusement que - même si cela ne m’enchantait pas pleinement -, Nymeria me laissait comprendre que nous ne nous reverrons pas en privé avant quelques temps, ce qui éviterait toute tentation. Un dernier regard empli de passion avant de refermer la porte et d'un ton presque ironique je finis par déclarer: "Tu sais où me trouver."

Le cœur à moitié fendu de la laisser seule, complètement désœuvrée, je regagnai mes appartements d'un pas lourd et lent. Les couloirs sombres et dépourvus de toute vie me semblaient interminables... Pourtant, mon esprit était bien trop occupé avec ce qui venait de se passer, pour avoir la notion du temps. Je ne cherchais pas vraiment à comprendre, préférant une fois chez moi, accorder de mon temps pour remercier Glorë de nous avoir guidé. Les regards que Nymeria avait lancés à la lune, montraient que tout comme moi, elle avait demandé de l'aide à la déesse de l'eau. Peut-être qu'elle était en ce moment même, aussi en train de la remercier. Mes yeux s'humidifièrent sans que larmes se forment. J'imaginais la sensation de bonheur de promulguer notre amour devant notre déesse, que notre mariage soit sacré et béni par sa volonté. Un jour peut-être nous nageront et voleront de bonheur...






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~#~Sujet: Re: Envers et contre tous // Nymeria et Brehn Jeu 22 Juin - 1:24

Envers et contre tous ||  Brehn



«  Très bien, la nuit porte conseil dit-on, alors j'imagine qu'il est préférable d'en profiter au maximum en se couchant dès maintenant. » Brehn vint déposer un doux baiser sur le front de la princesse, ce dernier touché la fit frissonné. Peut-être serait-il vraiment le dernier touché qu'ils auraient. Peut-être que son père demanderaiit l'exil de Brehn, voir de toute la famille Shöva. Séléné entre autre, pauvre elle qui n'avait rien demandé de tout cela. Le jeune homme avait prit un risque énorme en venant ainsi dévoiler ses sentiments à la princesse, sentiments qu'ils ne pouvaient sciemment pas afficher au grand jour.  Qu’adviendrait-il d'eux si Andar refusait leur union ? Sans doute que la princesse plongerait dans un gouffre sans fond, cherchant la lumière là où il n'y aurait que ténèbres. Par un étrange stratagème, Brehn avait éveillé en elle des sentiments et des sensations qu'elle n'aurait jamais soupçonnée. Il venait de chambouler tout ce qu'elle s'était forcée d’assimiler pendant des années : la couronne avant tout, le peuple avant tout, le roi avant toi, la reine avant tout. Même si le peuple vénérait la royauté, en avaient-ils vraiment cure de leur bonheur ?

Nymeria s'était résolue à ne pas aimer et ne pas être aimée en retour. Kaan en avait malheureusement fait les frais. Leur relation était bien différente, moins puissante, mais plus spontanée. Un coup de cœur entre deux âme qui venaient de se rencontrer, deux âmes qui ne pouvaient être ensemble, qu'importe comment. En disant au revoir au jeune homme, elle avait eut l'impression d'y laisser un bout d'elle. Nymeria avait tenté de ne rien laisser paraître, tenté de n'être qu'une princesse snobe, consciente de sa position et de l'absurdité des désirs d'un jeune homme. Mais cela n'était pas elle : le cœur de Nymeria s'était brisé en plein d'éclat de glace alors qu'elle traversait les jardins de Dahud pour retourner à ses appartements. Kaan laissera sans doute toujours une marque sur son âme, mais elle vivrait avec. Si Brehn venait à disparaître, elle doute de pouvoir y parvenir. Depuis l'enfance, elle était avec lui. Leur relation s'était étoffée avec les années, devenant toujours plus puissante, plus passionnée. Mais la princesse n'en avait pas conscience.

Jamais, en passant la porte de sa chambre, quelques heures auparavant, elle n'aurait pensé en sortir si chamboulée. Brehn l'attendait sur le balcon, tentait de cacher ses propos un peu plus longtemps, attendait de trouver l'assurance de déclarer ses sentiments. Et il en fallait du courage pour cela. Nymeria le respectait beaucoup. Il avait sans doute peser le pour et le contre avant de faire irruption ainsi, il avait tout réfléchi. Brehn était prêt à être éxilé de Vainui, condamné à ne vivre qu'à Dahud, à perdre son nom, son rang et ses fonctions. Il était prêt à risquer la déchéance de sa maison rien que pour pouvoir avouer ses émotions à Nymeria. Finalement, n'était-elle pas là, la plus belle preuve d'amour qu'il lui avait faite ?

Mais la princesse s'en voulait. Elle s'en voulait d'une part de ne pas pouvoir répondre positivement à ces sentiments réciproques, d'autre part de n'être pas maîtresse de son avenir. Si le Roi ne donnait pas son aval, leur idylle était perdu. Ce paradis rien qu'à eux, créé pour eux, par eux... ne serait plus. Nymeria refusait d'y renoncer, elle qui s'était habituée à renoncer à tout, ce soir là, elle n'arrivait pas à renoncer à cela. L'amour. Elle ne pensait pas qu'un jour ce sentiment, si peu connu, lui ferait tant de mal. Brehn quitta ses appartements, il passa sa tête au travers de la porte, lui susurrant qu'elle savait où le trouver et quitta les lieux.

Une brise glaciale vint habitée les appartements de Nymeria. La princesse vérifia à deux fois que la porte soit bien fermée. Elle quitta son déshabillé de soie pour enfiler une chemise de nuit. Celle-ci flottait tandis qu'elle s'approcha à pas de loup de son balcon. La lune était belle, ronde comme un fruit mûr. Elle posa ses deux mains sur le marbre glacé qui l'empêchait de tomber dans les jardins du palais. La lumière lunaire vint se réfléchir sur l'anneau qu'elle portait au doigt. Il était si léger qu'elle avait déjà oublié sa présence. Nymeria portait peu de bijoux, mais celui-ci, elle refuserait de le quitter, peu importe les avis. Cette bague faite d'arabesque d'argent avec deux pierres de saphirs semblaient rayonner plus fort encore que la lune elle-même.

Elle soupira, passa une main lasse dans ses cheveux. Il se faisait tard. Elle était fatiguée. Mais les émotions qui s'étaient combattues en elle la tenaient sur les nerfs. Elle ne trouverait sans doute pas le sommeil avant plusieurs heures encore. De nouveau, ce sentiment de confinement la reprenait. Elle se sentait trop à l'étroit dans ses appartements, trop à l'étroit dans ce château de glace. Elle voulait voir le monde, voir autre chose. Les autres régions lui étaient interdites, mais Vainui regorgeait de merveilles et si elle devait prendre le trône, elle voulait avant tout voir ces beautés. La jeune fille fit demi-tour, fermant doucement la cloison qui séparait son balcon de ses appartements. Elle tira lentement le rideau en laine noir qui vint lourdement se rabattre. La brise ne pouvait plus entrer. Nymeria souffla unes à unes les chandelles les plus éloignées de son lit avant d'emmener la dernière tout prêt de celui-ci. Elle s'installa confortablement dans ses draps de soie qui sentaient l'huile fleurie. La princesse souffla la dernière bougie et laissa la pénombre l'emporter loin de cette réalité qui l'effrayait.


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