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Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi

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Eden'El Lumnar
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~#~Sujet: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Mer 8 Mar - 0:18

Kaan Yasi
&
Eden'el Lumnar


Know why the nightingale sings
14, dixième lune de l'an 836 ☙ L'astre diurne me parut bien preste à se lever ce matin... Le bois du plancher grinça timidement sous les pas de Ranrek. J'entendis la porte de ma chambre s'ouvrir de quelques centimètres. Mes paupières restèrent baissées. J'aurais cru sentir son regard attendri m'effleurer le bras avec délicatesse. Un léger sourire parut se dessiner sur le coin de mes lèvres, mais je restais étendue, sans un mouvement, sans un mot. La porte se referma derrière son passage et je l'entendis quitter les appartements. Depuis qu'il m'avait prise sous son aile, je me sentais un peu plus confiante, plus humaine. Comme si le temps pouvait, effectivement, panser les blessures des affres de la vie. Rien ne pourrait effacer leurs séquelles, mais au moins, j’entrevoyais l'idée de pouvoir vivre avec celles-ci. Ne plus vivre terrifiée au moindre son, au moindre mouvement. J'avais besoin de ce répit, cette parenthèse qu'il m'avait offerte. Malgré mes responsabilités au sein des domestiques du palais des représentants du Feu, personne ne vint se plaindre de mon absence. En tout cas, pas devant moi. J'étais encore allongée et le restai une bonne heure de plus. Je trouvais cela étrange de ne pas être sollicitée, mais cela m'offrait un certain confort et du repos. Tout ce dont j'avais besoin pour me remettre sur pieds. Était-ce Ranrek qui avait pris des dispositions pour que je ne sois pas brusquée ? Il était si attentionné que cela ne m'étonnerait qu'à peine, en vérité.

Finissant par me lasser de tourner en rond dans les draps - fussent-ils aussi soyeux que les nuages pouvaient l'être - je me levai et me préparai pour sortir. Cette nuit avait suscité en moi l'envie de m'évader, le temps d'une petite journée, de cette jungle qu'était Lucrezia pour retrouver les senteurs de la nature, la fraîcheur des sous-bois, observer la grandeur des cimes et entendre le chant des oisillons, de la nature sauvage... Tout cela me manquait affreusement... Me réveillant à plusieurs reprises pour fuir les démons qui hantaient mes cauchemars de façon récurrente, je ressentais un terrible manque. Malgré le confort et la sécurité, j'avais besoin de nature pour m'apaiser. Je ne comprenais pas comment Ranrek pouvait vivre ainsi cloisonné dans ces murs... ces remparts... ces rues quadrillées traçant son chemin à chaque dalle où il pose le pied... Tout était tellement plus simple de l'autre côté des murs de la ville... Prenant une tenue au hasard, m'abstenant de me chausser et de m'encombrer de bijoux superficiels, je me dirigeai subrepticement vers la sortie du palais. Faisant attention de ne croiser personnes - en tout cas le minimum - je quittai ce berceau de Feu pour m'aventurer dans les rues du centre jusqu'à atteindre l'entée de la cité. Gardant la tête baissée, manches longues bien ajustées, je me frayai un chemin jusqu'aux portes de Lucrezia. Peu me connaissaient, je n'existais pas pour ces badauds que je croisais. Qu'un visage parmi d'autres dans la foule. C'était déprimant, mais rassurant à la fois. Pouvoir être anonyme, méconnaissable, cela peut avoir bien des avantages. Ce manque d'humanité et de vie jouait totalement en ma faveur. Enfin, dans les rues...

Tout se passait sans embûche, mais lorsque je marchai à côté d'un homme passant la porte pour quitter la cité, l'un des gardes de l'entrée m'interpella. « Halte ! » Nous nous figeâmes tous les deux, mais je fus la seule vraiment regardée. « Votre bras mademoiselle. » Demanda le garde, me fixant avec insistance. Balbutiant quelques débuts de syllabes, je ne savais pas comment réagir. Les Exempts n'étaient pas rejetés, mais pas laissés en liberté non plus... J'ignorais ce qui m'attendait si le garde constatait de l'absence concrète de marque élémentaire sur mon bras. Hébétée par la situation, je ne réagis pas plus que cela. Ceci ne manqua pas d'exaspérer le garde qui avança d'un pas vers moi et saisit mon bras droit. Un sursaut me prit et j'eus un mouvement de recul. Plus par la stupeur provoquée par sa main touchant ma peau que par le fait qu'il allait découvrir une cicatrice vierge là où il s'attendait à voir une marque. L'homme me maintenait avec fermeté et je ne pus me défaire. Il remonta brusquement la manche de ma tunique et constata avec un sourire narquois en coin ce qu'il appréhendait. « Que comptes-tu faire à l'extérieur, toute seule, Exempte ? » De mes yeux inquiets et perdus, je le regardais, presque suppliante. « J-je... rien de particulier... je voulais juste... » Impossible de trouver une raison valable. Il m'intima d'un violent revers de main dans le visage. « Il suffit ! Je vais t'envoyer au poste de garde. » Il commença à me tirer par le bras qu'il n'avait pas lâché. J'avais beau tenter de freiner sa démarche, les à-coups qu'il lançait me forçaient à le suivre.

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Dernière édition par Eden'El Lumnar le Jeu 18 Mai - 13:40, édité 3 fois
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Kaan Yasi
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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Ven 10 Mar - 8:01


Know why the nightingale sings

Eden'El Lumnar & Kaan Yasi


Une nuit de plus. Qui peut savoir combien de temps encore la vie sera aussi calme, aussi silencieuse. Rien ne venait briser ce moment quelque peu absurde. Il était tôt encore. Les premiers rayons de soleil rentraient dans les carreaux de la fenêtre. Même si Arkan avait réussis à nous débloquer quelques fonds pour que l’endroit soit vivable, je n’en restais pas moins nostalgique de ma chambre au palais. Tout était tellement plus brute ici. Plus dur. Et pourtant j’étais si jeune à cette époque... Je me souviens de la délicatesse des draps de soie, Du confort interminable du matelas ou de la montagne de peluches et coussins divers qui se trouvaient dans ma chambre. Je crois que c’est ce qui me manque le plus aujourd’hui. Toute cette grandeur, cette richesse, que j’ai été contraint d’abandonner pour une survie certaine. Ici tout est tellement … Basique… Quelquefois je me demande si le sol du palais n’était pas plus confortable que ma chambre actuelle. Finissant de me lever, me laver et de m’habiller, je repensais avec une certaine nostalgie à tout cela. C’était il y a seulement 5 ans et ça me paraissait pourtant tellement loin…

Lentement je m’assis dans l’encadrement de la fenêtre, une pomme à la main. Aucun impératif aujourd’hui. Pas de nouvelles d'Arkan depuis 3 jours, pas de réunion avec Orkem de prévue, Edalf dormait encore et allait sûrement passer la journée à peindre. Dahud était étonnamment calme dernièrement. Un calme qui n’était pas pour me plaire. Quand les gardes n’ont rien à faire ils contrôlent plus … et ça n’aide pas nos actions. Non je crois que je le problème s'était moi dans l’histoire… Je n’acceptait pas vraiment Dahud… et même si ça ne pouvait être que mieux que Gorka, croiser des gens du sud si proches... me retrouver à côté de mes racines et devoir rester dans l’ombre… Discuter avec Sven me manque. Les repas du palais me manquent. Les cours de science et de musique me manquent. Pourquoi a-t-il fallu que je sois exempt ? Le soleil commençait à monter petit à petit… Finalement, peut-être que j’avais simplement besoin de prendre du temps pour moi… Trouver un attachement à ces terres… Je ne devrais pas me poser autant de questions… Je n’ai jamais été aussi près d’eux ses cinq dernières années … C’est tout ce qui compte. Une balade dans les forêts. Voilà ce qui m'occupera l’esprit. Découvrir le monde qui vit autour de moi sans que j’ai mon mot à dire. M’étendre dans l’herbe et ne rien faire. Un projet simple et pourtant tellement apaisant… Bon, j’espère qu'Edalf ne dira rien si je lui dis que j’ai fait ça aujourd’hui… Et puis après tout, il n’est pas mon père ni même mon employeur.

Je devais aller au plus simple. Une tenue des plus basiques, bien loin des ensembles de quand j'étais enfant… La chevalière de père pour ne jamais oublier d'où je viens, une vérification rapide de ma marque, qu'elle soit toujours aussi propre que quand Edalf me l’a fait dernièrement et une grande bouffée d’air frais. J'étais parti. La capitals avait quelque chose de fantastique. Tout y était tellement vivant, il y avait tellement de monde … Ici tout le monde était personne. Même Sven pourrait passer inaperçu dans la foule. J’avais l’impression d’être à la fois à l'abri et complètement sans défense ici… Mais ça avait l’avantage pour la première fois de ma vie de me mettre au même niveau que tout le monde. Ni supérieur, ni inférieur, juste un être humain. Un petit plaisir coupable me traversa l’esprit a cette idée.

Je me rapprochai rapidement des extérieurs de la ville. C’était garder, pour ne pas changer les habitudes. Mais maintenant, je n’avais plus de raison de me cacher. Au contraire. Ici je n'étais personne. Et il fallait que je le reste. Mais pour cela, il me fallait éviter les gardes. J’ai vu une jeune femme blonde arriver. À peu prêt mon âge, aussi mal vêtue que moi et les pieds nus… quelqu’un d’étrange au premier abord mais bon après tout, pourquoi pas. Moins je me poserais de questions, mieux je me porterais. Je m’avançai alors, l’air de rien, à ses côtés. Ne pas traverser seul parait moins suspect. On a moins de chance de se faire contrôler une fois en groupe et de plus, il est fréquent qu’une seule des 2 personnes soit contrôlée. De quoi m’octroyer un peu moins de problèmes. Mais c’est alors que, passé un pied dehors, un garde demanda qu’on s’arrête. Totalement figé, je priai pour qu’il ne soit pas assez tatillon pour observer ma marque à la loupe. Oh ça n’arrivait jamais mais vous savez, à force de vivre dans la peur, on imagine toujours le pire des scénarios. Finalement il controla la femme. Chance. Elle n’avait plus qu’a montrer sa marque et nous laisser passer l’air de rien. Et c’est bien là que le problème est survenu. Elle n’était pas marquée… Une Exempt… Pourquoi fallait-il que la personne avec laquelle je décide de traverser soit aussi une exempte ? Je suis définitivement poissard. Maintenant, plus de traversée. J’avais envie de l’aider. Une fois attrapée par les gardes, c’est un esclavage forcé qui l'attend. Elle avait l’air si innocente… Comment avait-elle survécu jusqu’ici ? Cela relevait du prodige… Ou alors ma vie était vraiment bien plus nulle que je ne le pensais. Et puis j’hésitai un instant. Peut-être pouvait elle s’en sortir seule ? Alors que j’étais presque décidé à la laisser se débrouiller, s’entendit le claquement du coup qui lui avait été porté… Quel connard ! La rage bouillit en moi. Si j’avais pu lui faire payer son geste… Mais je devais garder la tête froide. Je me rapprochai des deux personnes et dis : « Pardon je n’avais pas fait attention. J’entends assez mal. Est-ce que mon exempte vous a posé un problème ? » Dis-je en parlant un peu fort et en lui montrant ma marque. Pourquoi prendre autant de risques ? Je n’étais vraiment pas apte à survivre seul encore… Arkan était bien moins humain que moi et avait bien plus compris qu’il serait plus difficile de survivre en ces lieux seuls… Je fixai du regard la jeune exempte dans les yeux, lui suppliant de ne rien faire. Le garde la lâcha en voyant ma marque. Oui ! C’était gagné. Un sourire un peu forcé, je lui tendis quelques pièces « Pour le dérangement… » et je pris la jeune femme par le bras avec une certaine insistance. « Toi tu perds pas une occasion de te faire remarquer… Attends qu’on soit rentrés à la maison, tu vas voir. » Je me dirigeai, la tirant un peu, dans la jungle. Une fois à l’écart de la muraille je la lâchai et lui dis plus doucement : « Tout va bien ? » J’espérai bien ne pas l’avoir trop brusquée pour qu’elle ne le prenne pas mal. Après tout, à mes yeux je n’avais fait que la libérer qu’un esclavagisme forcé.

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Ven 10 Mar - 11:35

Kaan Yasi
&
Eden'el Lumnar


Know why the nightingale sings
La marche du garde me terrifiait. Il ne me croirait pas si je lui disais que je n'étais pas exempte... et encore moins si je lui disais que j'appartenais au palais des représentants du Feu : que faisais-je seule prête à quitter la ville si tel était le cas ? Au mieux, il me renverrait au palais et ce n'est pas Ranrek qui m'aurait accueillie... plutôt l'un de ses frères qui ne se serait sûrement pas empêché de me battre pour me faire comprendre mon erreur. En passant, par la même occasion, la frustration que j'inspirais à rester près de Ranrek. Notre rapprochement était très mal vu chez les Ergorn, je n'étais pas dupe. Ils n'acceptaient pas qu'il m'aide ainsi. Avant que nous ne soyons trop éloignés de la porte, une voix en direction de la personne avec qui j'escomptais passer inaperçue stoppa la démarche du garde. « Pardon je n’avais pas fait attention. J’entends assez mal. Est-ce que mon exempte vous a posé un problème ? » Les yeux écarquillés de stupéfaction, je fixais l'inconnu, comme les gardes. Il tendit son bras et montra sa marque. Un Terre. Mes yeux se plissèrent, plongés dans l'incompréhension de la situation. Les contrôles étaient assez rares à Lucrezia. Hormis des des quartiers spécifiques, il y avait tellement de monde et si peu d'Exempts seuls finalement, que les gardes devaient sûrement être lassés de constamment embêter les honnêtes gens. De part son regard insistant, je compris que le Terre souhaitait me sortir de cette situation et qu'il me fallait marcher dans son jeu pour me défaire de ces gardes. Un acte aussi altruiste ne m'étonnait pas venant d'un Terre. Là où je me serais méfiée et n'aurais pas joué le jeu, c'est s'il avait arborer une marque de Feu. La dernière fois que j'eus passé cette porte avec un Feu, cela m'a totalement détruite. Je ne plongerai pas la tête la première dans la gueule du loup. Mon dernier acte d'inconscience m'avait porté chance : être sous la coupe de Ranrek était de loin la meilleure chose qui m'était arrivée depuis des temps immémoriaux - certes, je suis encore jeune, mais les années défilent si vite que la vie que je menais, paisible, à Gorka, me paraissait à des années lumières du jour présent...

Contre toute attente, je sentis la main du garde lâcher prise sur mon bras. Je le regardai tout en approchant de l'inconnu qui m'était venu en aide, les yeux hagards. Le Terre tendit quelques pièces en direction du garde. Il les prit sans ciller. Comme si c'était normal. « Pour le dérangement… » Était-ce une forme de corruption ? Je ne me posai pas plus longtemps la question. Frémissant, dubitative et tout de même légèrement dubitative quant aux intentions du Terre, je le laissai m'étreindre le bras d'une main sûre. « Toi tu perds pas une occasion de te faire remarquer… Attends qu’on soit rentrés à la maison, tu vas voir. » Baissant le regard, je prenais sur moi pour rester stoïque. Je n'aimais pas, mais pas du tout, la façon dont il s'adresser à moi. Pour une personne ayant vécu des maltraitances, ce n'était pas la solution la plus douce pour nous extirper en brouillant les gardes. Je gardai toutefois mon silence avec moi et suivis le Terre là où il m'entraînait sans opposer la moindre résistance. Nous atteignîmes la jungle sans autre problème. « Tout va bien ? » Demanda gentiment l'homme une fois hors de portée de la vue des gardes. La jungle nous offrait son voile d'ombre porté par la cime des arbres. Nous pouvions entendre les gazouillis d'oiseaux plus différents les uns que les autres, le papillonnement de leurs ailes et le mouvement des feuillages accompagnés du craquèlement des branches sous le mouvement de la faune environnante. Il m'avait lâché le bras. Comme une enfant découvrant pour la première fois la nature, j'ouvris grands les yeux et levai les bras à la hauteur de mes épaules. Lentement, je tournoyai, les yeux rivés vers le ciel caché par les feuillages. Doucement, je fermai les yeux et pris une grande inspiration en m'arrêtant de tourner. Un sourire innocent se dessina sur mes lèvres. Un sourire que je n'avais exprimé depuis fort longtemps... J'étais dans mon élément, sur mon terrain de jeu. Autant que la forêt fluorescente, la jungle de Dahud n'avait plus de réel secret pour moi. Même si l'agressivité de certains de ses habitants avaient pu m'empêcher de fermer les yeux certaines nuits, je restai plus à l'aise ici que dans l'enceinte de la cité reine.

J'en oubliai presque la présence de ce jeune homme étrange qui m'était venu en aide. Revenant à la réalité, je m'accordai de lui répondre d'une voix douce et guillerette : « Maintenant oui, tout va bien. » Je m'approchai de lui en faisant quelques pas. « Je vous remercie, monsieur... ? » Se présentait devait être de mise. J'ignorais pourquoi il m'avait sortie de cette situation délicate avec les gardes, mais je comptais bien l'apprendre. Les actes de pure générosité se font rares. Même si Ranrek était un exemple parfait de leur existence, je ne pense pas que beaucoup des personnes à Dahud fonctionnent comme lui. Comme j'aimerai que lui et moi voguions à travers les arbres, vagabondant dans la nature, loin du palais, loin du protocole, loin de sa famille, loin de ses obligations politiques... Hélas, tout ceci faisait partie de lui. Le bonheur complet ne pouvait exister. Même si en cet instant, tout me paraissait beau. Retrouver la nature, l'odeur de la résine des arbres, les bruissements animaux, cela me ravivait l'esprit et me faisait presque oublier ce passé que je portais en fardeau sur mes épaules et mon visage terrassé par la souffrance et la fatigue. À nouveau, j'avais l'air vivante. Grâce à Ranrek, mais aussi maintenant que j'avais pu retrouver ce berceau qui m'avait porté quatre années durant. L'endroit où je m'étais si longtemps pensée en sécurité. Loin des autres. « Pourquoi m'avez-vous aidé à sortir ? Aux yeux de tous je suis exempte, alors pourquoi vouloir m'aider ? » Je ne parlai pas de mon don. Ne souhaitant pas conter une nouvelle fois mon histoire alors que l'instant paraissait propice à la sérénité et justement, à une retraite face à tout ce qui se trouvait aujourd'hui derrière moi. Je ne souhaitais pas penser à mes démons. Malgré que plusieurs villages de Gorka traitaient les exempts avec une minimum de dignité et de respect, ce n'était pas le cas partout... Dans la région de la Terre, l'esclavage était tout autant admis que partout ailleurs. Les exempts servent les maîtres. Ils ne sont pas maltraités et restent un minimum considérés, mais personne ne s'inquiéterait de leur sort s'ils venaient à être emmenés ailleurs ou si, tout simplement, ils disparaissaient du jour au lendemain.

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Dernière édition par Eden'El Lumnar le Lun 13 Mar - 19:51, édité 2 fois
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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Dim 12 Mar - 22:16


Know why the nightingale sings

Eden'El Lumnar & Kaan Yasi


La jeune femme était perdue dans ses pensées. Voire complètement en renaissance face à la nature. C’était comme si en lui offrant cette chance de liberté je lui avais seulement permis de découvrir cette jungle. Elle commença à tournoyer, telle une enfant perdue dans ses rêves, découvrant avec stupeur la beauté d’un monde nouveau et appréciant chaque seconde passée avec ce havre de paix. Bien loin des paysages du sud. Je souris bêtement en la voyant profiter si intensément d’une chose si simple. Elle était complètement déconnectée de la réalité. Nous étions si différents. On ne se connaissait pas. Et pourtant j’éprouvais avec une certaine nostalgie un plaisir coupable de déconnecter mes craintes, mes peines et mes pensées pour profiter aussi insouciamment que la jeune exempte devant moi de ce que m’offrait la nature. Je n’avais jamais été réellement proche des animaux, des plantes. Mais j’aime par-dessus tout contempler la finesse rare d’un paysage unique. Les faisceaux de lumière entre les feuilles, le gazouillis des oiseaux vivant leur vie, le battement de l’air dans les hautes herbes. Il n’y avait rien ici et c’était reposant.

Après quelques minutes a profiter de cette simplicité, la jeune exempte s’approcha pour enfin me répondre. Je sentais bien dans sa voix et dans son langage qu’elle se sentait libérée, apaisée, et reconnaissante. Étions-nous donc si peu dans la capitale à ne pas mépriser les exempts ? C’était à la fois décevant et pourtant si vrai. Le combat que nous menions était un combat que personne ne voulait vraiment faire et pourtant qui, plus j’y pense, est indispensable. Qui sait ce qu’elle serait devenue entre de mauvaises mains ? Bases corvées, prostitution, abus, criminalité… Certaines personnes auraient été prêtes à tout pour profiter d’une jeune exempte comme elle… ce monde était tellement sale. Mais sa question sous-jacente, bien que basique, était un véritable complexe pour moi. Comment me présenter ? Depuis que nous étions à la capitale, c’était une question qui n’était plus complexe. Autant avant, dans l’est, je n’avais pas trop de soucis à me faire. Je me faisais appeler Zoltan Urken. J’étais sûr que là-bas, je n’aurais aucun allié du sud. Mais ici, tout était différent. Si je me présentais par mon vrai nom je pouvais peut-être en tirer des bénéfices… ou des problèmes… Comment vivre facilement quand on ne sait même pas si on va s’attirer des problèmes en prononcent son nom ? Des personnes qui s’appelaient Kaan, il n’y en avait pas 50 mille… Et puis après tout, elle était exempte. Pour une fois dans ma vie, j’étais en situation de force. Assez souriant je lui dis :
« Appelle-moi bien comme tu veux. Ce n’est pas comme si ça avait vraiment de l’importance. Ce n’est qu’une appellation après tout.
»

Ou comment éviter un sujet par une réponse se voulant philosophique. L’Est m’avait appris bien des choses à ce niveau-là. À croire que donner une portée philosophique à chaque chose était important dans leur culture… De plus, ça m’évitait un rapprochement trop direct. Je suis le mieux placé pour savoir qu’en tant qu’exempt, donner de la confiance à une personne est très complexe et que cela ne se forge qu’avec le temps. Elle vient dire après cela : « Pourquoi m'avez-vous aidé à sortir ? Aux yeux de tous je suis exempte, alors pourquoi vouloir m'aider ? » Comme je le pensais, c’était totalement impensable à ses yeux et encore très mal compris… Si seulement j’avais le temps de tout lui raconter sans rien risquer. Je souris un peu bêtement, me grattant la tête, quelque peu gêné. J’étais donc vraiment une étrangeté à ses yeux. Quelque peu nerveux, tel un enfant qui a fait une bêtise ou qui n’assume pas son action, je répondis en regardant le sol :
« À vrai dire… Je ne sais pas trop… Je pense que je me suis imaginé à votre place l’espace d’un instant. Et que je me suis demandé comment je vivrais sans réelle liberté. Alors vu que j’avais la chance de pouvoir vous aider… je me suis dit… que ça ne me coûtait pas grand chose. »
Souriant un peu de la situation j’ajoutai :
« Je n’ai jamais été réellement partisan du fait que les exempts soient traités comme des esclaves. Ma… Sœur est exempte et je sais que ça peut arriver dans toutes les familles… Donc je me suis dit que si vous étiez ici… C’était que vous arriviez à vivre malgré votre handicap et les risques que ça apporte, alors autant vous éviter des problèmes… »
Sauf que ma sœur, c’était moi… Je ne pouvais accepter une telle chose mais l’annoncer ouvertement aurait complètement bouffé ma couverture… J’étais obligé de cumuler les mensonges pour que Kaan n’existe pas dans la capitale. La voix plus douce et dans un chuchotement, je finis par ajouter :
« Vous m’avez fait penser à elle… »
Sortant de mes réflexions, lui offrant un grand sourire pour changer de sujet, je viens dire sur un ton plus jovial :
« Vous êtes venue vous balader ? Il est rare de croiser des exempts se balader comme cela, sans raison. »
Alors deux, c’est encore moins probable. Qui voudrait venir par ici sans une réelle raison à part moi ? Moi qui pensais pouvoir passer une matinée tranquillement à m’occuper l’esprit en me baladant dans le coin seul, écouter le monde vivre autour de moi sans rien faire… Je n’imaginais pas vraiment tomber sur une jeune exempte perdue… Mais après tout, il n’y a pas d’heure pour aider les exempts. C’est une cause à plein temps et quelque part, ça me permettra de me déculpabiliser de ne pas chercher à espionner aujourd’hui. Il y a des matins comme ça où le travail te tombe dessus sans que tu ne demandes rien. Et après tout, ce n’était pas pour me déplaire. Ça m’éviterait de devoir justifier mes actes à Edalf… Son avis m’importait énormément actuellement même si dans le fond, je préférais me dire que je n’avais plus d’attachement réel.

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Eden'El Lumnar
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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Lun 13 Mar - 0:30

Kaan Yasi
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Eden'el Lumnar


Know why the nightingale sings
Peu m'importait de comment serait pris mon élan d'insouciance, je renaissais, oui, comme si je prenais une nouvelle inspiration après avoir étouffé mille lunes dans cette prison qu'était Lucrezia ! Mes traits étaient détendus, je respirais. Je vivais. Contre toute attente, je sentais même les présences vivantes qui se trouvaient à nos alentours. Mon don avait longtemps été bridé par les traumatismes que j'avais vécus. Mais il faut croire que mon repos auprès de Ranrek portait ses fruits et que je m'ouvrais à nouveau au monde. Ou tout du moins, à la nature... « Appelle-moi bien comme tu veux. Ce n’est pas comme si ça avait vraiment de l’importance. Ce n’est qu’une appellation après tout. » Déclara la personne qui m'était venue en aide. Cela attisa ma curiosité. Mais je ne posai pas de question. S'il ne souhaitait pas répondre, libre à lui. Cela n'avait, en effet, aucune importance finalement. Un prénom, un nom... ce n'était rien qu'une identité, une façon de se différencier les uns des autres. Nous n'avions pas besoin de cela, étant simplement deux. Rares étaient les personnes qui passaient par là. Nous n'étions pas là depuis assez longtemps pour en juger d'un simple coup d'œil, mais dans tous les cas, nous étions assez loin du sentier pour être sûrs de ne pas être déranger. Peut-être que des vagabonds nous croiseraient, mais je penchais plutôt pour croire qu'ils passeraient leur chemin ou nous contourneraient. Dans la forêt, nul besoin de nom ou de prénom. Lorsque l'on se retrouvait face à la nature, tout le reste pouvait nous paraître dérisoire et dénué d'intérêt. Mais cela n'empêchait pas que j'appréciais pouvoir mettre un prénom sur un visage. Cela rendait réelle le lien qui unissait deux personnes. C'est une raison absurde et peu utile qui m'empêchait de nommer mes cauchemars actuels. M'en portai-je mieux ou plus mal ? Aucune idée...

Mes yeux, dont la clarté s'éveillait avec les rayons de lumière traversant la cime des arbres, scrutaient le mystérieux altruiste comme s'ils cherchaient eux-mêmes les réponses à mes questions. « À vrai dire… Je ne sais pas trop… » Répondit-il en justification pour m'avoir aidée. Il est vrai que cela pouvait être assez indiscret... la raison pour laquelle il m'est venue en aide pouvait lui être personnelle... Pourquoi ne m'étais-je pas contentée de le remercier ? Je n'étais pas du genre à m’immiscer dans l'intimité d'autrui. J'ai beau être d'un naturel curieux, le respect passe par le fait de ne pas chercher à mettre son nez dans ce qui ne nous regarde pas. Partant de ce postulat, je ne lui en aurais pas tenu rigueur s'il m'avait rabrouée. Ce qui, agréablement, il ne fit pas. « Je pense que je me suis imaginé à votre place l’espace d’un instant. Et que je me suis demandé comment je vivrais sans réelle liberté. Alors vu que j’avais la chance de pouvoir vous aider… je me suis dit… que ça ne me coûtait pas grand chose. » Le cœur désintéressé dont semblait faire preuve cet homme failli me dessiner un sourire sur les lèvres. Cependant, j'émettais encore quelques réserves quant à ses intentions. L'environnement enchanteur ne suffisait pas à me faire oublier... quelques mauvaises pensées restaient comme de mauvaises habitudes... Depuis ma dernière expérience à Lucrezia, je demeurais méfiante. Surtout à l'égard des hommes. Bien que ce fut une femme qui me réduisit à l'état de marchandise, je semblais plus à l'aise avec la gente féminine. En même temps, ce que cette femme m'avait fait n'était absolument rien en comparaison avec ce que j'avais pu vivre plus jeune... Les marques ornant mon corps n'étaient pas des trophées de guerre ni de résistance. Juste la signature de la folie d'un homme béni par Malaggar... Il m'était difficile de comprendre pourquoi moi et pourquoi autant de mal dans un seul homme. Mais ce n'est pas aujourd'hui que la réponse me viendra comme par enchantement.

Il est vrai que la situation des exempts était loin d'être enviable... J'avais toujours compris le fait que les exempts, oubliés des dieux, devaient servir les élémentaires. Mais je ne les avais jamais considérer comme des êtres inférieurs au point d'être ainsi traités... Le jour où j'ai compris que je partagerai - malgré ma nature Terre - le quotidien des exempts, j'avais senti le monde s'effondrer autour de moi... Que le fait de ne plus avoir cette marque en gage de ma nature, me volait mes pouvoirs, mon identité, qui j'étais... Mais aujourd'hui, je me rends compte que d'un côté, cela m'a permis d'ouvrir les yeux. Ça en avait mit du temps, avant que je ne rencontre Ranrek, une personne qui puisse m'aider à me relever. Toutefois, je commençais, me semble-t-il, à remonter la pente à voir la lumière au bout du tunnel. Ceci me fit penser à cette femme que j'avais rencontré... Marigold. Ça avait beau n'être que quelques mots, sa façon légère de prendre mon problème pourtant à cœur m'avait également grandement aidé. Alors, timidement, le coin de mes lèvres remonta, dessinant un léger sourire. « Je n’ai jamais été réellement partisan du fait que les exempts soient traités comme des esclaves. Ma… Sœur est exempte et je sais que ça peut arriver dans toutes les familles… Donc je me suis dit que si vous étiez ici… C’était que vous arriviez à vivre malgré votre handicap et les risques que ça apporte, alors autant vous éviter des problèmes… » S'étala l'homme sans appellation. Que les exempts soient esclaves, cela nous paraît normal jusqu'au jour où cela nous arrive ou arrive à l'un de nos proches. Je ne sais pas comment j'aurais réagis face à ma sœur aînée si elle avait été déclarée exempte... Sûrement aurais-je cherché à faire en sorte qu'elle soit respectée, au même titre qu'un élémentaire même si elle est différente. Malgré ça, je n'aurais pas pris part à cette vaine lutte... Les exempts ne peuvent être les égaux des autres. Le fait d'être assimilée exempte ne me donnait pas cette fougue qui me pousserait à m'engager pour leur cause, leur libération. Même si j'aimerais qu'ils soient au moins traités avec égard comme ils l'étaient à Gorka...

Un sourire assez hésitant et nigaud oscillait sur les lèvres du brun face à moi. Cela lui donnait un côté attendrissant, comme s'il était tourmentait lui aussi, et cherchait en ce lieu un peu de repos. Comme une coupure, une pause entre deux conflits internes. « Vous m’avez fait penser à elle… » Sa mine était légèrement grave. J'ignorais ce qu'il advenait de cette dite sœur, mais mon regard se voulait toutefois compatissant. La famille était importante à mes yeux. Pour moi, c'est le berceau, les fondations de notre vie. Nous sommes liés avec les personnes du même sang. Des destins qui s'enchevêtres et répondent des actes de chacun. À cela je pensais à Ranrek et des efforts qu'il devait mettre en œuvre pour racheter par de bonnes actions les mauvais gestes des siens... Le souvenir de la belle Kara me pinça le cœur. J'étais chanceuse en cela que, de ce qui m'était donné de savoir, ma famille était des plus honorables. Je ne connaissais pas le côté paternel de ma généalogie, mais je n'avais rien à redouter. En tout cas, je ne pense pas. Mon père est un homme dont la douceur et la prévenance font honneur à son éducation Vainuienne. Tandis que ma mère est l'exemple parfait de la Terre respectueuse et pieuse. Tout ceci était loin de me préparer à ce qu'était la réalité du monde une fois le village quitté... La violence, la possessivité, l'agressivité, tout se monnayait, tout se détruisait. Il m'en a été donné des coups. Il m'a été imposé de voir le sang s'étendre sur le sable chaud des plaines de la savane de Sezni. De voir la lubricité dans le regard des hommes à maintes reprises. Tout ceci me révulsait. La seule chose que cela m'inspirait, c'est de la pitié. De la pitié pour ces âmes corrompues, ces êtres humains ayant quittés toute la spiritualité qui est pourtant censée être intrinsèque à notre nature d'élémentaire. Voilà ce que je détestais chez l'humain : cette hypocrisie de prendre es exempts pour des moins que rien alors que la plupart des élémentaires ne valaient pas dix d'entre eux ! Voilà ce qui me révoltait. Ce manque de discernement. Cette autosuffisance. C'était tout simplement à vomir.

L'inconnu parut emporté par ses songes. Je le laissai, contemplative. Observant son visage, sa silhouette. Il n'avait pas l'air bien menaçant. J'étais cependant intéressée par lui. Il s'agissait d'un Terre. Peut-être que Lucrezia était son berceau, mais il devait forcément avoir quelques accointances avec cet élément qui l'habitait. Peut-être serait-il en mesure de m'aider à extérioriser le mien... Une idée assez folle étant donné qu'il n'avait pas l'air bien plus vieux que moi... Après, de part l'apparition tardive de mon don et le fait que je ne l'ai quasiment jamais utilisé de façon consciente, même un novice sorti de sa cérémonie avait des choses à m'apprendre sur ce don... Après, était-ce une bonne idée que de me dévoiler Terre aux yeux de cet homme visiblement attaché au fait que je sois exempte ? Aucune idée... « Vous êtes venue vous balader ? Il est rare de croiser des exempts se balader comme cela, sans raison. » Demanda-t-il comme un écho à la question que je me gardais de lui poser. Déglutissant à sa remarque, je préférai l'éluder. Un pas vers lui, postée à quelques courts centimètres de son visage. Il me dépassait d'une demi-tête. Pas assez grand pour me paraître imposant même si sa carrure se faisait le témoin d'une certaine force physique. Il m'était toutefois obligé de lever les yeux pour l'observer. Les sourcils et les yeux plissés, je le scrutais avec une moue pensive. De face. Trois quart droite. Trois quart gauche. Contre plongée. À hauteur égale en me mettant sur la pointe des pieds. « Kahil ! » Exclamai-je en revenant face à lui sans m'éloigner. « C'est ainsi que je vous nommerai, étrange Terre volant à l'aide des exempts. » Un sourire malicieux se glissa entre mes lèvres. « Pour être honnête, je viens ici pour me rapprocher de ma nature. » Amorçai-je d'une voix douce. « Tarlyn m'a octroyé sa bénédiction, tout comme vous. Mais les hommes, enfin surtout un, m'ont en quelque sorte éloignée de cette nature élémentaire. » Résumai-je en me tenant l'avant-bras où ma marque aurait dû apparaître aux yeux du garde. « Sous la coupe d'un élémentaire j'ai pu obtenir un instant de liberté que je pensais naïvement pouvoir passer près des offrandes que Tarlyn a fait à cette région. C'est loin de la luxuriante forêt fluorescente de Gorka, mais c'est déjà ça, n'est-ce pas ? » Il m'était important de rester évasive sur mon identité, ne souhaitant pas faire se bousculer les questions dans l'esprit de Kahil. Je me contentai de lever la manche qui tombait sur mon bras droit pour lui montrer la cicatrice qui cachait ma marque. « Tant que mon don ne se développe pas et que ma marque reste petite, je dois me plier aux désirs des élémentaires dont la légitimité ne saurait être remise en question. » Personne n'était passez naïf pour croire les paroles d'une jeune femme. Mon apparence angélique et trop gentille pour être vraie dans cette ville de fous était plus suspecte qu'autre chose... Mais étonnamment, cela me paraissait bien moins grave qu'à mon arrivée. Car malgré cette position délicate d'exempte, j'avais la protection de Ranrek. cela m'aidait à gagner un peu d'assurance.

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Sam 18 Mar - 16:34


Know why the nightingale sings

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Je voyais bien que la jeune femme rêvassait. Serait-elle si tourmentée que cela ? Était-ce un manque d’attention naturel ? Peut-être que ce lieu si singulier pour la plupart des élémentaires réveillait en elle un désir d’insouciance et de liberté. Comment blâmer un exempt de vouloir rêver d’être libre ? Ou peut-être me mentait-elle ? Jouait-elle un rôle ? Est-ce que sous ce visage angélique et innocent se cachait en réalité une fine manipulatrice ? Non. Des menteurs et des manipulateurs j’en ai côtoyé… pendant presque 17 ans jusqu’à ce que je prenne réellement mon envol. Ils m’ont élevé. J’ai mangé à leur table. Ils m’ont tout appris. Ils m’ont offert une liberté. Ils m’ont offert un savoir. Et aujourd’hui, je suis comme eux. Un menteur. Un être qui ne peut raconter son histoire à personne. Et qui ne le pourra jamais. En tout cas pas entièrement. Que ce soit mes parents, Sven, Kolga, Arkan, mon ancien groupe, ou même Edalf, nous étions tous des menteurs. Et nous nous mentons comme si le désespoir de nos vies respectives ne méritait pas d'être raconté. Comme si nous avions tous honte du reflet que nous renvoie le miroir. Et que chacun, à notre manière, de par nos mensonges, nous essayons de repeindre notre portrait pour que la toile soit plus belle. Personnellement, j’ai recouvert entièrement l’œuvre initiale, accumulant les couches de peinture à chaque nouvelle phrase. Il m’est même arrivé de compter combien de fois dans une journée je disais la vérité. Et pourtant, de par ces masques, j’essaye de faire vivre mes idéaux. Ceux qui sont terrés sur la toile initiale et qui me font me lever chaque matin.

La jeune fille fini par s’avancer. Elle était très proche. Trop proche ? Que voulait-elle ? Habituellement, quand on se rapproche à ce niveau-là d’une personne, c’est qu’on a un rapport particulier avec elle… Pourtant nous étions deux inconnus… Peut-être était-elle tactile. Si elle était aussi innocente qu’elle le laissait paraître, c’était sûrement possible. Elle m’observait avec insistance. Un peu désemparé, je préférai la laisser faire plutôt que la stopper. Elle était ma foi tout de même assez étrange. Quand je voyais à quel point ma survie en tant qu’exempt avait été difficile, j’étais presque énervé d’imaginer que quelqu’un d’aussi simple pouvait se permettre une telle insouciance. Mais bon, ce n’est pas nouveau… Le monde n’a jamais été juste avec moi… « Kahil ! C'est ainsi que je vous nommerai, étrange Terre volant à l'aide des exempts. » Dit-elle sans crier gare. C’était donc le nom qu’elle m’avait donné… Il était… Étonnamment proche du mien. Et en prenant le temps de la dévisager, elle me rappela quelqu’un… Mais qui ? J’avais déjà vu une petite tête blonde de la sorte… mais où ? Ma mémoire n’arrivait pas à replacer dans quel contexte j’avais pu croiser quelqu’un lui ressemblant… Son sourire malicieux me rappelait celui de Kolga. Ce côté joueur et séduisant à la fois. « Pour être honnête, je viens ici pour me rapprocher de ma nature. » De sa nature ? Que voulait-elle dire par là ? N’était-elle pas exempte ? Ou parlait-elle d’autre chose ? « Tarlyn m'a octroyé sa bénédiction, tout comme vous. Mais les hommes, enfin surtout un, m'ont en quelque sorte éloignée de cette nature élémentaire. » Quelle ironie… Elle était élémentaire et moi pauvre exempt que je suis, je viens à son secours… Personne ne serait capable de croire à cette histoire si je la racontais à quelqu’un. Aussi elle se tenait le bras. Qu'est-ce qu'il y avait sous sa manche ? Qu’est-ce que le garde avait vu ? Existe-t-il des élémentaires qui n’ont pas de marque ?

« Sous la coupe d'un élémentaire j'ai pu obtenir un instant de liberté que je pensais naïvement pouvoir passer près des offrandes que Tarlyn a fait à cette région. C'est loin de la luxuriante forêt fluorescente de Gorka, mais c'est déjà ça, n'est-ce pas ? » Elle avait déjà visité les forêts de Gorka ? Mais qui était-elle vraiment ? Rapidement, elle releva sa manche et j’ai pu voir la cicatrice d’une brûlure sur l’entièreté de son avant-bras pour cacher sa marque. Quel connard du Sud pouvait bien se permettre de mutiler une pauvre fille de la sorte ? Si seulement j’avais encore du pouvoir dans le Sud… Et d’un coup, tout me paru étonnement clair. Elle était mon opposé direct. Comme le revers d’une même pièce. Elle devait venir de Gorka et quelqu’un la forcé à quitter ses terres pour qu’elle devienne son esclave. Elle rêvait de sa ville natale comme moi. Quelque chose lui empêchait d’y retourner comme moi. Elle était obligée de jouer un rôle pour survivre comme moi… « Tant que mon don ne se développe pas et que ma marque reste petite, je dois me plier aux désirs des élémentaires dont la légitimité ne saurait être remise en question. » La légitimité ne saurait être remise en question ? Il fallait bien être narcissique et se contre foutre de la vie des autres pour penser une telle chose alors quelle en subit les méfaits chaque jour. Elle était innocente certes, mais faible. Elle devait n’avoir aucune envie de combattre pour accepter des jugements pareils. Mais mon visage était de marbre. Lui souriant gentiment en guise de réponse je viens lui répondre : « Ça ne fait aucun doute, mais je comprends mieux votre désir d’arriver dans un tel lieu jeune Terre. » Quelque part, j’en regrettais presque de l’avoir aidée. Persuadé que j’étais d’avoir réussi à sauver un exempt de plus. Je bouillonnais de rage intérieurement d’avoir était joué de la sorte. Et puis en reprenant mes esprits, je me suis dit qu'elle ne méritait tout de même pas ça. Elle avait beau s’être jouée de moi, personne ne mérite de devenir esclave. Gentiment je viens tapoter sa chevelure comme on le ferait à un enfant pour le rassurer. « J’imagine que ça doit être terrible à vivre tous les jours... Comment fais-tu pour réussir à rester libre de la sorte ? » Peut-être me donnera-t-elle une idée pour réussir à conseiller les exempts que l’on sauve à garder leur liberté. Si on veut garder notre discrétion, autant prendre toutes les techniques possibles.

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Dim 19 Mar - 10:32

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Know why the nightingale sings
Il m'était impossible de feindre l'appréhension qui sommeillait en moi à chaque fois que j'osais évoquer le détail de ma conditions... Bien des fois l'on m'avait prise pour exempte et bien des fois j'ai dit la vérité. Et pourtant, parfois, vivre dans le mensonge en laissant aux autres la possibilité d'avoir une réponse claire et irréfutable : pas de marque égal exempte, cela paraissait plus simple. Pour eux, plus que pour moi... Je préférais cela. Laisser les autres croire ce qu'ils souhaitent. Entendre ce qu'ils désirent entendre. Cela évite les ennuis, je l'ai appris à mes dépends... Si, à l'époque, je m'étais simplement laissée faire plutôt que de chercher à me rebeller, tenter de faire valoir mon intégrité. Le meilleur moyen de conserver notre identité, cette intégrité, c'est parfois de laisser croire aux autres qu'on l'a laissée de côté... Si je l'avais laissé faire, si je m'étais pliée à sa volonté dès le début, peut-être qu'il n'aurait pas brûlé ma marque naissante... Peut-être aurais-je pu éviter toutes ces douleurs qui ont laissé sur mon corps des séquelles irréversibles. Peut-être qu'il aurait simplement fini par se lasser et ma vie aurait pu reprendre... Alors qu'aujourd'hui... Il m'était difficile de penser qu'un avenir était possible. Même si la proximité et la protection dont je jouissais grâce à Ranrek me permettait de sortir la tête hors de l'eau, je ne parvenais pas à croire en mon avenir. Qu'allais-je faire dans un an, trois, dix, vingt ans ? Aucune idée. Je n'avais rien pour moi... Mes connaissances limitées, mon savoir faire bien trop maigre pour faire de ma créativité ou d'un talent un métier... Ma sœur m'avait appris à créer des histoires, mon père à les chanter, mais cela, j'avais l'impression que le Feu me l'avait voler...

À chaque fois que je replace la couverture sur le miroir de la chambre rangée par les soins de Leanor, j'entre-aperçois mon reflet quelques longues secondes. Il me déplaît toujours autant... Cette sensation que mon corps frêle me donnait de n'être qu'une coquille vide... Ce teint pâle, livide, cette blancheur cassée par les affres d'un passé trop douloureux... Je n'aimais pas ce que je voyais. Et pourtant, le regard des autres, même si d'ordinaire je le fuyais, ne m'importait pas. Qu'ils me voient aussi faible que j'étais n'était que justice et objectivité. Il n'y a qu'à travers les yeux de Ranrek qu'il pouvait m'arriver de m'accepter. Mais tant que je resterai au palais des représentants du Feu, aucun avenir ne s'offrait à moi. J'ignorais ce que j'attendais, à rester là-bas. Qu'une révélation m'atteigne ? Que la roue tourne sans que je n'ai à la pousser ? Tout cela me paraissait absurde... Ma présence ici, dans la jungle à cet instant précis, me paraissait bien plus logique qu'entre les murs des palais et l'enceinte de Lucrezia. Je n'étais pas de leur monde. Pas de son monde... Le faste, les titres, la politique, les valeurs de son peuple qu'il se doit de représenter malgré ses divergences... C'est un monde trop faux et violent pour moi. Je n'appartiens pas à cet univers. Chaque rencontre avec l'un des maîtres me le rappelle... Je suis loin de me laisser abattre et freiner par ces remarques incessantes et cet acharnement à me rabaisser. Toutefois, cela me permettait de croire en une chose : je ne suis pas de ce monde. Et je ne le serais jamais. Malgré la rudesse que l'on peut y entrevoir, je considère cela comme une bonne chose. En quelque sorte, c'est un moyen radical mais efficace de ne pas me laisser prendre au jeu et de voler trop près du soleil...

Il en fallait du courage et, paradoxalement, de la force pour encaisser et tenir le coup. Même si au fil des années des personnes m'ont parfois tendu la main, c'est toute seule que j'ai dû apprendre à survivre. Avec l'écho en songe de toutes les atrocités qui ont pu m'être infligées. Je ne doute pas un instant que d'autres personnes, élémentaires ou exempte, vivent des situations similaires ou pires encore... Il en valait pour preuve cette dame du palais des représentants du Feu dont j'avais été rapprochée ; Kara. Je n'étais pas sans savoir que Ranrek et elle étaient proches. Ignorant cependant à quel point. Je savais seulement que son mari la battait et qu'elle restait, devait faire face au regard persécuteur de son époux et celui interrogateur de son entourage. Jugée, rabaissée, tous les jours. Et ce serait le cas jusqu'à la fin de sa vie. Impensable de finir ainsi ? Pourtant, cela arrive de nombreuses fois... Les Feu ont ce jugement de valeur et ce rapport force/faible prononcé qui les amènent souvent à mal agir ou à se fourvoyer sur une personne. Par chance, Ranrek n'était pas de ces personnes. Il était le seul Feu que j'avais rencontré qui agissait dans l'intérêt des autres. J'étais bien tombée, pouvait-on penser. Ou alors, Malaggar en avait eu assez de se jouer de moi. Je n'excluais pas la portée religieuse que pouvait avoir nos existences à tous. Même si plus les choses avancent et plus le doute s'installe. Je sais que ma foi est faible pour une Terre. Bien des choses sont faibles chez moi. Cette spiritualité que j'entretiens avec Tarlyn en guise de communion lorsque j'œuvre dans la nature ou dans l'intérêt commun, je la perds... Cependant, malgré les doutes, je suis poussée par ce besoin d'être en contact avec elle. Une connexion bien plus forte qu'une simple prière, qu'une simple pensée. « Ça ne fait aucun doute, mais je comprends mieux votre désir d’arriver dans un tel lieu jeune Terre. » Effectivement, bien des choses pouvaient s'expliquer de par mon élément. Que ce soit mon attachement au respect des autres, l'empathie, la conduite et ma façon de voir le monde... Tout s'expliquait par la Terre et l'éducation de Gorka que j'avais eu.

Quelque peu intriguée par ce jeune homme qui se dressait face à moi, je restais dubitative. Me demandant s'il était bien sage que je me livre ainsi à un inconnu. Penser qu'il ne me voulait aucun mal était peut-être une erreur... Mais le fait est que je devais sortir de ma bulle, essayer de m'intéresser un peu plus à ce qui se passe autour de moi plutôt que de ressasser encore et encore les mêmes troubles de mon passé persistant. « J’imagine que ça doit être terrible à vivre tous les jours... Comment fais-tu pour réussir à rester libre de la sorte ? » Demanda-t-il après m'avoir tapoté sur le haut de la tête, me faisant plisser les yeux et froncer les sourcils. Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Me rapprocher ainsi de lui était sûrement un appel pour un contact. Or, ce n'était qu'un bref amusement n'appelant à rien d'autre qu'à une gêne passagère de mon interlocuteur. Ce qui se retourna donc contre moi. J'eus un mouvement de recul. Ayant décidément encore du mal avec le contact d'autrui. Aussi insignifiant que le geste puisse être. « Libre ? Je ne le suis pas vraiment, mais pour une jeune femme comme moi, c'est mieux ainsi. » Expliquai-je froidement. Sur un ton plus chaleureux, avec cette étincelle dans le regard qui pouvait s'animer lorsque je pensais à tout cela, je détaillai : « J'ai eu la chance d'être achetée par un homme de bien. Lorsqu'il m'a achetée, j'étais avec d'autres esclaves. Nous n'étions pas moins d'une dizaine et il nous a tous achetés, tous ! » Dis-je avec un sourire qui finissait pas s'installer sur mes lèvres. « Sur le chemin menant à sa demeure, il a défait les chaînes qui liaient nos mains. » Je joignis les miennes au souvenir de ce moment d'incertitude et d'appréhension qui, aujourd'hui, me faisait chaud au cœur : l'acte scellant un retour de mes idées positives envers la race humaine, peu importe son élément. Cela avait levé bien des barrières que j'avais pourtant érigées dans le but de ne jamais les baisser. « Il nous proposa de partir, nous conseillant de ne plus jamais nous faire prendre. » Un haussement d'épaules retira ce sourire que j'affichai sur mes lèvres. « Sachant pertinemment que je me ferais à nouveau prendre par ces vendeurs de chaire humaine, j'ai préféré rester à ses côtés. » Il était évident que pour une personne sachant jouer au caméléon ou assez à l'aise pour se fondre dans la masse trouverait cela aberrant : préférer rester l'esclave d'une personne plutôt que de jouir de sa liberté. Or, la liberté que l'on m'offrait n'aurait été que d'une courte durée. Ranrek était une personne de bien, je n'avais aucun remords à avoir sacrifier cette chance pour rester à ses côtés. Mais c'était assez compliqué à expliquer à un homme tout juste rencontré...

Loin d'être à plaindre, je pouvais avoir tout le confort que je souhaitais. Je n'étais pas réellement esclave, c'est plus pour la société que je l'étais. C'était ma case. Toutefois, ça n'empêchait pas Ranrek de me traiter avec égard et respect. Il me payait pour le travail que j'effectuais au palais et ne me retenait pas contre ma volonté. Bien qu'il m'ait souvent mise en garde envers les autres résidents et l'extérieur, me conseillant fortement de rester terrée plutôt que d'ainsi vagabonder, il ne m'empêchait pas de n'en faire qu'à ma tête. Sûrement une erreur... Mais finalement, j'avais mon libre arbitre, comme Kahil, comme les élémentaires reconnus. Ma position était difficile, certes, mais bien plus vivable que n'importe quelle fuite, que n'importe quelle forme d'esclavage à proprement parler. Est-ce qu'une personne extérieure à cette situation pouvait comprendre ? Je l'ignore. Je tentai tout de même d'expliquer. « Mon maître s'assure que j'ai tout ce qu'il me faut, il subvient à mes besoins et veille sur moi. Bien qu'il n'affectionne pas mes virées à Lucrezia, il ne les empêchent pas pour autant. » Mon regard dévia quelques peu, plongée dans mes pensées. « J'ai vécu certaines chose assez difficiles... ces instants où je peux me permettre d'être à nouveau insouciante, ça me fait du bien. » Balayant mes songes d'un mouvement de tête, je revins à ses yeux pour changer le ton de la conversation. « Et vous ? Que faites-vous dans les parages ? Vous vivez ici ou avez-vous voyagé depuis Gorka ? » Tenter d'éviter les questions, la curiosité que ma situation pourrait éveiller chez cet homme, était bien plus sage. Je ne souhaitais pas penser à tout cela pour le moment. Cette jungle avait un côté rassurant, apaisant dont je souhaitais profiter...

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Sam 25 Mar - 22:29

L’avais-je jugée de façon hâtive ? Je sentis bien qu'à mon contact elle était craintive. Elle avait dû être forcée à un esclavage certain, voire même à pire abomination. Comment peut-on se regarder dans le miroir en étant si peu saint d’esprit ? Forcer quelqu’un à l’esclavage pour son plaisir. C’était à peu près la seule chose que je pouvais reprocher à Sven et pourtant, il ne s’occupait que des exempts. Créatures naturellement plus faibles que les élémentaires… Et comme il le dit si bien « soit on chasse, soit on est chassé ». Mais de là à chasser ses semblables pour un plaisir personnel… C’est limité à mon goût… surtout si ça se sait… la seule chance dans l’histoire et que la plupart des gens ne se poseront pas la question… Ou alors la personne qui lui a fait ça a assez d’influence pour que personne ne vienne l’emmerder… Mais qui peut être assez fou et puissant dans le sud pour faire cela ? Je n’en connaissais aucun… Quelque part, je la plaignais maintenant… Par pitié. Elle avait dû être considérée comme esclave alors que ce n’était pas le cas. Et elle était… Si faible… J’espérais qu’elle savait faire du charme aux hommes… se serait bien la seule sécurité qu’elle pourrait avoir vu sa peur du contact.

« Libre ? Je ne le suis pas vraiment, mais pour une jeune femme comme moi, c'est mieux ainsi. »


Oh ? Voilà qui était plutôt décevant. Avais-je vraiment totalement perdu mon temps (et mon argent) ? Dire qu’elle aurait fait un tour au poste et que son maître serait venu la chercher… Voilà… J’avais gagné ma matinée moi !


« J'ai eu la chance d'être achetée par un homme de bien. Lorsqu'il m'a achetée, j'étais avec d'autres esclaves. Nous n'étions pas moins d'une dizaine et il nous a tous achetés, tous ! »


Et bah… Des gens qui peuvent acheter une dizaine d’esclaves comme ça, il n’y en a pas beaucoup… ça devait être un jeune riche un peu imbu de lui-même. Pourtant elle souriait… Comment pouvait-on prendre du plaisir à se rappeler de quand on a été acheté en tant qu’esclave ? Plus je côtoyais cette fille, plus je me disais que on vivait dans deux mondes bien trop différents pour se parler.


« Sur le chemin menant à sa demeure, il a défait les chaînes qui liaient nos mains. »


Attendez. Ça existe vraiment ça ? Mais c’est inespéré ! Des personnes assez riches pour acheter dix esclaves pour le plaisir c’était inespéré voire même complètement incongru. Et pourtant si, elle était là, seule… C’était sûrement vrai… Je devais savoir qui c’était… Des familles assez riches pour se permettre ce genre de choses, il doit y en avoir moins d’une trentaine sur tout Oranda. Et qui plus est, qui habitait à Lucrezia sinon elle ne serait pas là ! À part si elle a eu beaucoup de chance depuis longtemps, mais c’était impensable vu son comportement. Je devais savoir qui était cet homme… Même si je devais y passer des semaines : c’était sûrement l’information la plus importante que l'on aurait pu avoir avec notre petit groupe. Réussir à avoir dans nos contacts une personne fortunée prête à nous aider à libérer des exempts… ça changerait tout.

« Il nous proposa de partir, nous conseillant de ne plus jamais nous faire prendre. Sachant pertinemment que je me ferais à nouveau prendre par ces vendeurs de chaire humaine, j'ai préféré rester à ses côtés. »


Ok C’était plutôt parfait… Si j’arrivais à faire d’elle mon amie, alors je pourrais savoir qui est son maître… Et malgré le fait qu’elle soit bizarre et inconsidérée dans ses propos, une présence féminine de plus dans mes contacts ne ferait pas de mal. De quoi faire grincer des dents Kolga… Parfait. La jeune Terre avait l’air plus songeuse… Avait-elle fait réellement ce choix ou était-ce par dépit ?


« Mon maître s'assure que j'ai tout ce qu'il me faut, il subvient à mes besoins et veille sur moi. Bien qu'il n'affectionne pas mes virées à Lucrezia, il ne les empêchent pas pour autant. »


Elle avait la sécurité d’une des personnes les plus riches de Lucrezia et elle arrivait encore à se considérer comme bannie… mais ça n’avait plus d’importance. Je supporterais ses caprices aussi longtemps qu’il le faudra…


« J'ai vécu certaines choses assez difficiles... ces instants où je peux me permettre d'être à nouveau insouciante, ça me fait du bien. »


Bon, il fallait être intelligent sur comment approcher la suite… Elle avait quelqu’un qui la protègeait donc elle n’avait pas besoin de ça… sa marque ne s’étant pas développer, elle devait avoir un niveau élémentaire plutôt bas et elle n’avait pas l’habitude de comment survivre ici… Donc elle avait besoin de quelqu’un pour lui apprendre a utiliser ses pouvoirs et de quelqu’un qui lui faciliterait sa vie en l’ouvrant plus au monde… Il allait falloir être efficace mais ce serait jouable… Elle plongea son regard dans le mien. J’en profitai pour lui faire un léger sourire de compassion en continuant à observer ses yeux.  


« Et vous ? Que faites-vous dans les parages ? Vous vivez ici ou avez-vous voyagé depuis Gorka ? »


Souriant doucement tout en m’étirant les bras au-dessus de ma tête je lui répondis :

« Un peu les deux à vrai dire… En fait j’ai vécu 19 ans à Gorka… Et puis dernièrement je me suis dit qu’il me fallait rencontrer des gens d’autres peuples, d’autres croyances pour mieux me comprendre. Ne pas stigmatiser les gens parce qu’ils ont tel ou tel pouvoir ou parce qu’ils viennent de telle ou telle région mais plutôt comprendre nos différences pour mieux comprendre notre façon de vivre… Après tout, un écureuil, qu’il soit de Gorka ou d’ailleurs, reste un écureuil… »


Je passai ma main dans mes cheveux. Vieux réflexe de quand je voulais enlever les grains de sable qui s’accrochaient dans mes cheveux dans le sud.

« Et en effet, la vie est passionnante ici… Le mélange des nations, ce sentiment de sécurité et de vie permanente… Une sorte de jungle civilisée. C’est tout à fait passionnant. Et ça ne m’étonne qu’à moitier quand vous me dites qu’il existe des gens assez fous pour acheter des esclaves pour les libérer… Votre maître doit être aussi attaché que moi sur l’importance de la liberté de chacun. Venant d’un Terre, ce ne serait pas étonnant »

Alors là, c’étaient purement des spéculations. Je ressors des conneries que j’ai entendu à Gorka, je refais de la philosophie sur l’importance de la vie mais surtout, j’en apprends plus sur elle et je lui montre que je suis un Terre pure souche. Le tout dans l’art du mensonge, c’est que ce soit tellement gros que les gens ne se posent pas de questions.

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Lun 27 Mar - 14:20

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Know why the nightingale sings
Il m'est impossible de me souvenir la perception que j'avais eu de cette jungle la première fois où je l'ai traversée. Nous avions tout ce dont on avait besoin à Gorka. Quelques rares voyages à Bleuzenn nous familiarisaient avec les villes, mais la seule fois où nous avons franchi la frontière tous ensemble, le retour se fit sans ma sœur. Cette tragédie avait occulté tout l'émerveillement que j'avais pu ressentir en découvrant cette flore si différente de la forêt fluorescente. La deuxième fois, la cérémonie m'attendait. Mon esprit était trop ailleurs pour s'inscrire dans mon esprit. La troisième fois, j'avais, me semble-t-il, perçu un immense soulagement. C'était à mon retour de Sezni. Mais pareil, ce sentiment de liberté qui m'avait épris, le fait de réaliser que j'étais enfin parvenue à défaire mes chaînes avait pris le pas sur ma première impression. En résumé, je n'avais jamais réellement pris le temps d'observer d'un regard neuf cette jungle pourtant riche. Elle eut beau été mon berceau pendant quatre années, je ne m'étais jamais demandé quelle première impression elle m'avait laissée. Un manquement qui me fit un léger pincement au cœur. Les années de fuite, éloignée de ma terre natale, de ma culture, m'avait comme fait oublier ma véritable nature et les valeurs que l'on m'avait inculquée avec tant de mal. N'ayant jamais été une enfant très assidue, ne souhaitant jamais me forcer à rien, je n'étais pas la plus réceptive aux leçons que nous donnait ma mère. Ma sœur n'était pas innocente dans cette incapacité que j'avais à me concentrer. C'était souvent en suivant son regard, ses actions que je finissais par me laisser distraire. Ceci devint une fâcheuse habitude. Il n'y avait qu'au champ, avec mon père et ses bêtes, que je parvenais à me concentrer sur quelque chose. Apprendre par la pratique, l'expérience, la passion, cela me plaisait bien plus que les livres...

Les seules leçons qui parvenaient à me laisser assise de longues heures sur une chaise étaient celles qui parlaient des pays que je pensais alors impossible à visiter. Ces cultures que jamais je ne pourrais découvrir de mes yeux. Et pourtant... Ce n'était pas sans risque, loin s'en faut, mais pas si impossible que cela. Je n'allais pas m'aventurer dans la traverser des frontières, ni même celle menant à Gorka. Mais accompagné, je m'étais rendue compte que voyager était possible. Peut-être que les années avaient fragilisé les frontières. Peut-être que ces failles annonçaient de prochains changements. Je n'aimais pas cela ; me dire que peut-être dans quelques lunes, le visage du monde pouvait changer. L'ouverture des frontières, cela pourrait apporter bien des richesses, mais aussi bien plus de conflits qu'aujourd'hui. Les tensions diplomatiques, les divergences d'ambitions, tout ça me paraissait pour l'heure inoffensif. Mais peut-être qu'un jour, des batailles seront menées. J'espère ne jamais connaître ces temps de guerre. Loin de la politique et de ses manœuvres, je n'étais pas bien placée pour prédire les différents scénarios qui allaient s'offrir à Oranda. Trop éloignée de la société et des liens entre les peuples. Je ne pouvais que rester spectatrice. Aussi passive que ces instants où je laissais mes yeux voguer d'arbre en arbre, de branche en branche. Nous étions si petits face à la beauté de la nature, sa grandeur. Les dieux avaient donnés aux Hommes un havre de paix qu'ils consommaient sans y faire attention. Bien encerclés et à l'abri dans les murailles, des murs de pierre, des gardes, des contrôles, des règles. Tout ce petit monde était bien confortablement installé dans des bâtisses se voulant rivales de la grandeur des arbres de la jungle Dahudienne. Comment un Lucrezien pouvait remarquer la magnificence de la nature qui entourait sa ville alors que même le ciel était parfois masqué par de longues toiles d'épais tissus dans les rues étriquées ? Un véritable gâchis...

Le sourire de Kahil m'intriguait. Il semblait un peu niais, idiot ou paisible, je l'ignorais, mais je ne me permettais pas de juger ainsi les autres. Chacun ayant un rôle à jouer, quelque chose à apporter. Et en tant que Terre, il avait bien plus à m'apporter qu'un simple passant croisé au détour d'un poste de garde. Le tissage du destin paraissait enfin se dénouer. « Un peu les deux à vrai dire... » Commença-t-il à répondre à mes interrogations futiles. « En fait j’ai vécu 19 ans à Gorka... Et puis dernièrement je me suis dit qu’il me fallait rencontrer des gens d’autres peuples, d’autres croyances pour mieux me comprendre. Ne pas stigmatiser les gens parce qu’ils ont tel ou tel pouvoir ou parce qu’ils viennent de telle ou telle région mais plutôt comprendre nos différences pour mieux comprendre notre façon de vivre... Après tout, un écureuil, qu’il soit de Gorka ou d’ailleurs, reste un écureuil... » Sa dernière remarque me fit décrocher un sourire éphémère. En cela il n'avait pas vraiment raison. Le climat et l'environnement était si différent de Gorka que les animaux l'étaient aussi. Mais dans l'idée, je compris ce qu'il souhaitait exprimer. J'ai toujours eu une certaine curiosité à l'égard de l'inconnu. Je l'aurais encore bien plus exploitée si je n'avais pas été laissée autant de lunes dans les abîmes qui me hantent toujours aujourd'hui... Nourrissant encore un intérêt certain pour la découverte du Nord et de l'Ouest, il m'était pourtant difficile d'être aussi enthousiaste face à la région du Sud. Les mystères qui entourent cette région, sa mysticité avérée entre la différence de la perception qu'on peut en avoir au premier abord et les secrets que l'on dit qu'elle renferme paraissent antinomiques. Je n'ai que le souvenir du soleil asséchant ma peau, du sable emmêlant mes cheveux et de l'agressivité des hôtes. Un purgatoire qui prenait de sa chaleur les âmes qui osaient s'aventurer en son sein. Autant dire que cela avait calmé les rêveries que j'avais pu avoir avant que le Feu se trouve être le dénominateur commun à tout ce qui avait pu m'arriver de mauvais.

Il n'était pas difficile de deviner la plénitude et la sensation de soulagement lorsque de la savane Seznienne, j'étais enfin retournée dans l'humide et verdoyante jungle de Dahud... Au-delà de mon élément, il était absolument impossible de concevoir qu'un enfant originaire d'une autre région que celle du Feu ne parviennent à s'acclimater à ce décor austère et aride. Même les enfants qui se découvraient bénis par Malaggar... La plupart devaient le redouter. Ou alors être aussi dérangés que cet homme qui m'avait réduite à l'état d'exempte. D'anonyme dont personne ne se soucierait plus jamais. « Et en effet, la vie est passionnante ici... Le mélange des nations, ce sentiment de sécurité et de vie permanente... Une sorte de jungle civilisée. C’est tout à fait passionnant. Et ça ne m’étonne qu’à moitié quand vous me dites qu’il existe des gens assez fous pour acheter des esclaves pour les libérer... Votre maître doit être aussi attaché que moi sur l’importance de la liberté de chacun. Venant d’un Terre, ce ne serait pas étonnant. » Détailla Kahil. Passionnante... oui. Peut-être. Cela dépend pour qui finalement. Impossible d'oublier la première fois où j'ai passé les portes de la ville. Pour une personne habituée à la nature et au confort rustique, c'était... impressionnant. Plus stupéfiant que réellement passionnant à vrai dire. La deuxième, j'ai été laissée à mon sort qui fut d'être enfermée. Ce n'est que par la force des choses, d'une femme, Feu, que j'avais finalement passé une troisième fois l'entée principale de Lucrezia. Je n'aimais pas cette ville. Le mélange de culture pouvait être intéressant et suscitait ma curiosité. Mais il y avait toujours cette amertume, cette aigreur indicible qui m'empêcher de trouver en cela quelque chose de beau. Je n'aimais pas ce mélange tant qu'il impliquait que des Feu se mêlent aux peuples plus justes et respectueux. Un jugement très manichéen hérité de mes heures sombres. Malgré la bienveillance de Ranrek, il m'était difficile de passer outre cette aversion que je vouais aux enfants de Malaggar.

Un soupir, un sourire en coin. Si seulement Ranrek avait été un Terre... cela aurait facilité bien des choses : que ce soit mon environnement ou même mon développement personnel. Ce n'est pas cloisonnée dans le palais des représentants du Feu que j'allais pouvoir m'améliorer dans le contrôle de la Terre et ainsi venir à bout de cette étiquette d'exempte qui me paralyse. « Bien des choses seraient plus simples si mon maître avait été Terre. Je pourrais alors avoir une aide suffisante pour développer mon don et ma marque pourrait alors finir par se voir enfin. » Dis-je en tenant mon avant-bras. « Mais encerclée d'une famille de Feu, si j'essaye d'invoquer ma nature imperceptible de Terre, ce qui m'attend n'est pas synonyme de liberté ou d'entraînement... » Un air désolé pour moi-même mais résigné se dessina sur mon visage encore immaculé des marques qui ont pu m'être faites par le passé. Je redressai mon regard pour planter mes yeux dans ceux de mon interlocuteur. « Pensez-vous pouvoir me donner quelques moyens de m'entraîner à utiliser mon don ? Comment faites-vous, Kahil, pour exploiter le cadeau que vous a fait la déesse Tarlyn ? » À cette requête, mon visage s'illumina comme si un rayon de soleil avait pu se frayer un chemin dans la cime des arbres pour m'éclairer. Loin de moi l'envie d'abuser plus que de raison de la bienveillance de ce jeune homme. Mais qui ne tente rien n'a rien. Et qui sait quand j'aurais à nouveau l'occasion de croiser un enfant béni par Tarlyn ? Les représentants de la Terre n'étaient pas des plus ostentatoires et je n'étais pas vraiment bien perçue dans le quartier Est de Lucrezia... Là où à Gorka les Terre sont respectueux et tolérants, ils sont sectaires et méfiants à la capitale. Après tout, c'est compréhensible... La gentillesse et le sens du respect des Terre a tellement dû être abusée que les enfants de Tarlyn finissent par se créer des limites, des barrières pour survivre au milieu des chiens et des loups qui n'hésiteraient pas à empaumer les Terre pour obtenir d'eux ce qu'ils souhaitent.

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Lun 1 Mai - 20:45

Elle avait l’air pensive. M’étais-je trop avancé pour son âge ? Après tout, elle n’avait pas l’air très futée. Et même si sa jeunesse lui bloquerait sûrement ses pouvoirs je ne restais qu’exempt… Bon, elle ne représentait pas un danger dans l’immédiat mais je devais faire attention. Je marchais sur des œufs.

Surtout si quelqu’un avait payé pour sa liberté…. J’imagine qu’il aimerait pouvoir la revoir… Une personne assez riche pour se permettre un tel achat, je préférais ne pas me la mettre à dos. Oui un jour ma méfiance me perdra… Mais je ne peux me permettre de me résoudre à devenir esclave… ou mort… Surtout à mon âge. J’avais encore tellement à voir et à découvrir… Non je devais faire plus attention à l’avenir. Peut-être sous ce visage angélique, voire enfantin, se cache une autre facette… Je passe toute ma vie à mentir à tout le monde, j’en oublie que les gens ne sont pas forcement honnêtes avec moi… et je suis bien placé pour savoir qu'une belle gueule ne rend pas quelqu’un honnête. Je devais être plus concentré et essayer de mieux lire dans son jeu pour ne pas faire d’erreur de jugement hâtif. Il fallait que j’analyse plus notre rencontre.

Un soupir suivi d’un sourire en coin. Un regard perdu vers la gauche… Elle était nostalgique, voire rêveuse… Son maître ne devait pas être Terre, bien qu'au fond d’elle, elle aurait préféreré… Bon, plus que trois possibilités alors ! Elle prit calmement son avant-bras comme une jeune enfant qui demanderait quelque chose à ses parents. Ou alors était-ce dû faite qu’elle allait parler de sa marque ?


« Bien des choses seraient plus simples si mon maître avait été Terre. Je pourrais alors avoir une aide suffisante pour développer mon don et ma marque pourrait alors finir par se voir enfin. »


Bingo ! Elle parle de sa marque… Malgré mes cinq ans sans cours de diplomatie je n'avais pas trop perdu la main à ce jeu.


« Mais encerclée d'une famille de Feu, si j'essaye d'invoquer ma nature imperceptible de Terre, ce qui m'attend n'est pas synonyme de liberté ou d'entraînement... »


Attends, elle vient de dire Feu j’ai bien entendu ? Je n’ai pas rêvé… Parfois, j’avais vraiment de la chance… Des familles Feu à Lucrezia assez fortunées, il y en a peu… Et c’est une information que je peux facilement remonter à Orkem si elle ne me dévoile pas son identité lors de notre conversation. Mais ça voulait aussi dire qu’elle n’était pas bien vue là-bas… Par les autres Feu. Une grande famille alors… Le choix se rétrécis tellement… Elle sembla perdue dans ses pensées. Comme triste de son sort. Est-ce que c’était son manque de pouvoir qui la détruisait ? Si c’était ça, mon angle d’attaque sur le fait qu’elle recherche un maître était des plus judicieux. Puis, innocemment, elle vient planter son regard dans le mien. Que cherchait-elle en moi ? Elle aurait très bien pu simplement me remercier et repartir… Mais quelque part, elle avait besoin de quelque chose. Un repère… Quand j’étais seul dans l’Est, c’est ce qui m’avait le plus manqué… Et je pense que si je n’avais pas connu Edalf, je n’en serais pas là aujourd’hui… Après tout, elle ne devait pas être beaucoup plus jeune que moi… Et si elle n’avait trouvé aucune épaule pour comprendre la vie alors il est normal qu’elle soit en recherche de repères. Avec ces principes, je peux même comprendre cette volonté à ne pas aider les exempts même si elle est de la même situation que nous… Quand on arrive au bout du rouleau, on se met naturellement à ne penser plus qu’à notre survie personnelle… C’est le principe même de la torture.


« Pensez-vous pouvoir me donner quelques moyens de m'entraîner à utiliser mon don ? Comment faites-vous, Kahil, pour exploiter le cadeau que vous a fait la déesse Tarlyn ? »


Désolé petite… J’aurais aimé arrêter de te mentir… j’aurais aimé pouvoir t’expliquer pourquoi tant de mystère autour de moi… Mais j’ai besoin de toi… t’as réussi à avoir ce que je recherche le plus : quelqu’un d’influent suivant les mêmes idéaux que moi… Donc quelque part, je m’excuse de devoir tisser un lien de mensonge total avec toi.
Essayant malgré tout de refuser, comme quelque peu confus, je fini par lui répondre :


« Je… Je veux bien t’apprendre ce que mon mentor m’apprend sur notre don commun… »


La rapprocher de Edalf c’était risqué. Pour lui. Pour moi. Pour nous tous à vrai dire… Mais si j’étais assez fin alors on ne devrait pas avoir de problèmes. Je lui rendis un grand sourire comme l’aurait fait un grand frère. Après tout, elle est surtout très innocente dans ce monde de brutes. Je ne peux pas refuser de lui tendre ma main… Et même si Edalf n'est pas un grand maître de la Terre, peut-être que je pourrais l’aider… Un peu comme lui offrir une liberté, sans tricher, pour une fois. Un peu comme si j’avais la chance de pouvoir gagner honnêtement, pour une fois…


« Mais pour ça… il va me falloir l’accord de mon mentor… et… que je puisse te nommer aussi… et que je sache comment tu es libre pour organiser un peu tout ça et comment on peut se contacter… »


Ça c’était une question difficile pour elle. Mais bon, c’était l’enjeu de demander l’aide d’un inconnu. C’est accepter qu’il ne soit plus un inconnu… et moi, ça m’offrait des informations inestimables pour un espion… Mais après tout, qui peut se douter un instant que ce genre d’informations ait une quelconque valeur ? Surtout venant d’un Terre sans importance dans la capitale. Je ne suis personne ici. Je ne suis personne au yeux du grand monde. Et c’est ainsi que je vis le mieux.

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Mar 2 Mai - 23:38

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Know why the nightingale sings
L'innocence de mon regard porté sur l'élu de la Terre était amplifié par cet environnement où notre existence prenait tout son sens. Longtemps embrumée par mon passé, longtemps à ressasser et à me fermer pour ne plus jamais risque de vivre ou ressentir la moindre chose pouvant me faire revenir à ce temps pas si lointain où j'avais été violentée de toutes les manières possibles et inimaginables, je n'étais jamais parvenue à écouter l'appel de la nature. Plus jeune, je l'aurais fait. J'aurais saisi chaque occasion, chaque seconde pour rester sensible et alerte aux signes donnés par Tarlyn. La jungle aurait pu être un terrain d'entraînement hors catégorie. Mais je n'étais pas encore assez ouverte. En vérité, je ne l'étais pas plus aujourd'hui. La seule chose qui avait changé, c'est que je commençais à m'accepter à nouveau, à croire en nouveau en un avenir possible. Je recommençais à croire en mon don. Et j'avais envie de l'aiguiser. Pas seulement pour ne plus avoir à me cacher, éviter les contrôles, mais parce que c'est ma nature. La Terre est ma nature. Ce n'est pas en restant enfermée dans le palais des représentants du Feu que je pourrais me rendre sensible à son appel... Tenter de passer ainsi de l'autre côté du mur était ma seule chance, finalement, de parvenir à rétablir le lien avec mon élément. Plusieurs fois on m'avait répété que je devais de toute façon, penser à me débrouiller seule, sans Ranrek. C'est vrai, un jour son père lui trouvera une femme, je n'aurais plus la place privilégiée que j'ai aujourd'hui à ses côtés, cela restera seulement dans son cœur... D'un côté, je me refusais de l'entendre et de l'autre côté, j'essayais toutefois de m'émanciper.

Être un poids, un boulet que l'on se traîne, me déplaît. Chaque personne a une valeur. Enfin, presque... Et un rôle à jouer selon celle-ci. À défaut d'avoir trouvé mon rôle, je souhaitais au moins connaître ma valeur. Il est un peu tard pour m'épanouir, mais pas pour m'ouvrir au monde et à ce que je peux y faire. La Cérémonie, censée faire la transition entre notre enfance et l'entrée dans l'âge adulte, cette semaine où tout se joue, je l'ai ratée. J'ai tout raté et cela m'a propulsé dans un précipice dont j'ignorais l'existence. Devant vivre avec les hématomes de cette chute qui m'avait complètement cassée, j'aspirais à remonter la pente grâce à Ranrek. Mais en vérité, à part panser les blessures de mon passé, il ne pouvait rien faire. Il ne vivrait pas à ma place. Et je ne voulais pas être à ses yeux qu'une ombre dont il a la charge. Il fallait que j'apprenne à me débrouiller par moi-même et que je trouve les armes qui me conviendrait pour mener cette lutte qu'était la vie. Je l'avais appris brutalement, que cette vie proposée était dure et parsemée d'embûches. Rien ne m'y avait préparé dans cette forêt fluorescente de Gorka qui m'avait vu naître et grandir... Rien. « Je... Je veux bien t’apprendre ce que mon mentor m’apprend sur notre don commun... » Déclara Kahil, confus. Je fronçai les sourcils en gardant un sourire étonné. Je ne voyais pas trop où pouvait se trouver la difficulté de m'apprendre ce qu'il savait. Mais le fait qu'il se montre réticent m'intriguait. Peut-être cachait-il quelque chose... Peut-être était-il aussi peu doué que moi... Ce qui pourtant, m'étonnerait grandement. Il avait l'air de savoir ce qu'il fait, sûr de lui, décidé. Il ne me donnait pas l'impression d'être un oisif sans volonté ni principe. Bien au contraire. L'idée donc qu'il ne se donne pas un tant soit peu à son don n'était pas une hypothèse viable.

Faire confiance au premier venu, même s'il se révèle être d'un altruisme attesté, c'était une chose risquée. Mais le fait est qu'avec Ranrek, ça avait marché. Peut-être que s'il m'avait fait du mal, je n'aurais pas osé me tenir aussi près de cet inconnu. Peut-être ne lui aurais-je pas même adressé un regard ni une parole... Comme quoi, la première impression jouait beaucoup même lorsqu'on souhaitait s'en émanciper. Cela avait un impact fort sur les prochaines rencontres, sur les prochaines fois où l'on se retrouverait dans une même situation. Une triste pensée me vint à l'esprit : si je retournais dans cette rue, en pleine nuit, m'arriverait-il la même chose qu'il y a cinq ans ? Et quand bien même, me laisserais-je faire cette fois-ci ? Un mauvais frisson me parcouru ne serait-ce qu'à l'idée de voir les flammes briller dans les yeux de cet homme qui m'avait violentée. Dès lors que la lumière de ces ardentes langues apparaîtrait à ma vue, je me tétaniserai et me laisserai faire. Comme il y a cinq ans. Je n'avais guère surmonté cela... Absolument pas même... « Mais pour ça... il va me falloir l’accord de mon mentor... » Il captiva alors mon attention, m'arrachant à mes rêveries négatives. « Et... que je puisse te nommer aussi... et que je sache comment tu es libre pour organiser un peu tout ça et comment on peut se contacter... » Mon sourire s'étira, mes yeux se mirent à pétiller d'une étincelle que je n'avais pas revu depuis ma tendre enfance. Un mentor ? Il allait me présenter son mentor ? Une occasion inespérée pour moi de m'entraîner et d'améliorer mon don ! Je ne voyais, à cet instant, que les bénéfices qu'une telle rencontre pouvait m'apporter. Bien naïvement, je faisais confiance aux Terre. Pourtant je savais, je savais bien qu'à Dahud, les Terre étaient différents de ceux de Gorka. Mais j'avais besoin de croire en lui. De croire que ça pouvait être possible. Si seulement la vie était aussi simple...

Sans penser à ce qui pourrait être mal dans ces questions, j'y répondis, guillerette : « Il n'y a aucun soucis, c'est compréhensible. Mon nom est Eden'El Lumnar, je vous imagine mal venir frapper aux portes du palais pour me demander, je pense que le mieux serait que l'on se donne un rendez-vous selon vos disponibilités à vous. Ce n'est pas parce que mon maître me laisse aisément vagabonder que le cautionne... Vous devez vous douter que je ne suis pas en état de grâce là-bas... » Terminai-je sur une note plus sombre qui m'enleva mon sourire sans attendre. Les mains jointes, je bougeais mes droits, nerveuse. Penser qu'un jour je serais acceptée au palais des représentants du Feu était complètement aberrant. J'avais beau être naïve, il y est des choses bien trop évidentes, même à mes yeux, pour pouvoir les ignorer. Il n'y avait qu'à voir la couleur de ma peau comparé à la leur, leur élément, leur façon de vivre... Je n'étais qu'une fille de paysan qui a erré dans la jungle pendant quatre ans... Portant que de petites tuniques usagées et sobres, la plupart du temps pieds nus, j'étais loin de leur protocole et de leur bienséance... J'avais de la chance d'avoir une mère préceptrice. Elle aimait transmettre ses connaissances et son savoir. Grâce à elle, je savais lire et écrire, ce qui n'était pas donné à tout le monde. Bien des domestiques n'ont pas cette chance. Enfin cette chance... Il fallait bien avouer que je ne m'en servais pas assez. C'était du savoir gâché, en somme... Peut-être qu'un jour je comprendrais cette chance et m'en servirais pour accomplir de grandes choses. En attendant, valait mieux ne pas trop rêver...
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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Sam 13 Mai - 22:04

Elle paraissait aux anges. Et moi… J’avais gagné plus en une balade dans la forêt, en une bonne action envers une inconnue, que depuis que je suis arrivé à Dahud. S’il existe quelqu’un dans le Sud assez riche et influent pour s’acheter une conscience en sauvant des exempts, j’en étais que le plus heureux des hommes. Qu’il nous donnent des moyens. Qu’il nous offre la possibilité de pouvoir travailler pour un bien commun… Mais ça, il allait falloir que je l’explique à Edalf… En d’autres termes, il me serait compliqué de lui faire accepter d’apprendre des choses à cette jeune fille s’il n’y avait pas ça à gagner à la clé. Une fois que on se sera lié avec ce qui lui sert de maître, on avisera sur ce que l’on fait. Mais à l’heure actuelle il fallait que tout cela soit le plus naturel possible. Et puis je ne pourrais pas aller négocier moi-même avec la personne concernée… ni même Arkan… Heureusement, Edalf sait être persuasif à sa manière aussi. La lueur dans ses yeux. N’importe qui ayant l’habitude de décrypter les visages aurait pu dire que c’était une lueur d’espoir. J’étais à ses yeux un espoir… Et ça, ça a une valeur en terme de contact humain. Je pourrais plus facilement lui demander des choses qu’elle n’aurait pas faites en temps normal. Elle va avoir une dette envers moi. Et ça faisait longtemps que je ne m’étais pas retrouvé en position de force. Un certain sentiment de puissance remontait de mon passé Sudiste et j’admets que dans d’autres circonstances - dans ma jeunesse entre autre - j’aurais essayé d’en profiter un maximum. Après tout, elle ne devait pas être très loin de mon âge et je n’ai été que rarement compliqué en filles… Sans compter que pour une raison que j’ignore, je n’ai jamais eu besoin de réellement chercher pour avoir une aventure… Sûrement le peu de justice que je pouvais avoir dans ce monde. Le problème est que m’attachais trop vite et ça m’a conduit à bien des problèmes. Mais j’ai bien plus à gagner de cette pauvre fillette… et puis j’étais un peu jeune et con à l’époque. Maintenant les choses ont changé : j’ai beaucoup moins d’envies qu’avant et je me méfie plus des inconnues…

« Il n'y a aucun soucis, c'est compréhensible. Mon nom est Eden'El Lumnar, je vous imagine mal venir frapper aux portes du palais pour me demander, je pense que le mieux serait que l'on se donne un rendez-vous selon vos disponibilités à vous. Ce n'est pas parce que mon maître me laisse aisément vagabonder que le cautionne... Vous devez vous douter que je ne suis pas en état de grâce là-bas... »


Compréhensible, oh oui ça l’est… mais de là à le faire, il y a un monde ça petite… tu fais trop confiance à tout le monde, ça te perdra… mais en attendant, ça m’arrangeait grandement.
Lui souriant doucement, je lui dis :


« Écoute Eden… Ce que je te propose c’est que d’ici deux-trois jours tu passes au magasin de mon maître. Je l’aurais prévenu en avance… Il s’appelle Edalf, c’est un monsieur assez vieux, mais très gentil. Vous pourrez en discuter calmement autour d’une tasse de thé et convenir de date à ce moment-là. Parce que personnellement, je vais être pas mal pris. »


Je déteste donner mes disponibilités. Ça revient à dire un peu quand est-ce que l’on est chez soi pour se faire tuer… je n’aime pas cette idée. Encore un cadeau de mes parents, cette paranoïa, mais bon… je ne peux pas tout leur mettre sur le dos non plus. L’éducation ça ne fait pas tout. Je souris doucement à la jeune Terre et lui dis :


« On devrait peut-être rentrer ? Des fois que tu retombes sur des gardes qui t’interdisent de rentrer dans la cité. »


Je rigolai doucement en la conduisant vers la sortie. Qu’elle famille pouvait être derrière cette jeune fille ? C’est quand même fou… À croire qu’elle attirait les gens du Sud ! Entre son maître, son tourmenteur et moi… à croire que les blondes innocentes de dix-sept ans ça attire les gens du Sud… Elle a la peau tellement blanche en même temps… Je veux dire, je suis déjà une telle exception dans le Sud, mais elle, sa peau est livide, lavée pendant des heures… À croire qu’elle a vécu en cave… J’avais fortement envie de lui poser plus de questions mais elle prendrait ça pour un interrogatoire. Je préférais attendre qu’elle me reparle avant de recommencer à essayer d’en apprendre plus sur elle, et surtout sur son maître. J’avais l’impression que chaque seconde était interminable. Je me sentais presque obligé de parler tant le blanc était insoutenable. On passa la frontière sans problème ce coup-ci. Enfin une opportunité pour briser ce blanc :


« Je vais te raccompagner jusqu’au château du Feu si tu veux. Au fait, si je venais à te chercher, tu as une personne à qui je pourrais m’adresser qui serait au courant que l'on t’entraîne ? Des fois que tu finisses par te faire attraper par les gardes… »


Je suppliais intérieurement qu’elle me donne le nom de son maître… Si une personne devait être au courant de ce qui lui arrivait, c’était bien son maître… et autant dire que j’aurais tout fait pour essayer d’obtenir cette information. Ça en devenait obsessionnel… Je me disais que si je n’étais pas exempt, la vie serait plus simple… Je l’aurais simplement menacée, peut-être un peu torturée mais j’aurais eu l’information rapidement. Alors que dans se putain de corps, je suis obligé d’y aller par la manipulation. Le mensonge. La finesse… Oh dans le fond je pense que ça m’a apporté beaucoup moins de problèmes… Mais quand on est tout puissant, est-ce que quelqu’un peut réellement nous causer des problèmes ?

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Dim 14 Mai - 8:34

Kaan Yasi
&
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Know why the nightingale sings
Le fait que j'énonce n'être pas bien vue par les Feu ne sembla guère choquer Kahil. Peut-être avait-il connaissance de leur côté communautaire et intolérant... On ne pouvait pas tellement leur en vouloir. Après tout, toutes les régions, tous les peuples, aimaient se renfermer sur eux-mêmes. Rares étaient les ouverts d'esprit et libres penseurs qui clamaient une unification des peuples et leur mélange. Non, il faudrait être fou pour penser cela et surtout, le clamer. Cela ne sonnerait que comme un blasphème innommable. Malgré la scission des éléments en quartiers à Lucrezia, beaucoup parvenaient à cohabiter sans créer d'esclandres. Il y avait quelques accusations fallacieuses, des querelles souvent plus imaginées que réelles visant à rabaisser le voisin qui n'a pas la même marque que soi. Cependant, au palais des représentants du Feu, les Ergorn, c'était autre chose... Là-bas, les domestiques partageaient leur élément. Les plus hauts placés partageaient leur couleur. Tout le reste était rabaissé, mis à mal, discrédité à la moindre occasion. Ma présence, si j'avais été réellement une exempte et esclave, aurait bien moins gêné qu'en l'état actuel... Certains doutaient encore de mon rattachement à la Terre. D'autres, malgré leur connaissance de cette marque, ne démordaient pas de l'idée qu'il fallait que je m'en aille. La proximité que je tenais avec le fils cadet de Karam, Ranrek, déplaisait fortement à la cour du palais. Je n'imagine même pas les mots qu'ont pu prononcer Khorde, l'aîné, et le patriarche, à Ranrek à la fin du bal des représentants... Mais depuis ce jour, j'ai constamment leur regard qui me toisent et cherchent une raison, même minime, pour m'éloigner de Ranrek.

Ayant rapidement compris, dès son achat au marché, que Ranrek était différent d'eux, je ne doute guère de ses bonnes intentions envers moi ni du lien qui peut nous unir. Quand bien même chercherait-il à m'éloigner en me repoussant, ses yeux le trahiraient. Les frémissements de sa peau à mon approche le ferait mentir. J'avais confiance en lui, et je savais que je pouvais compter sur lui. Toutefois, il me fallait rester sur mes gardes et ne pas lui causer trop de tort... Rester une ombre, sous son aile mais loin des lumières de la cour et des autres dignitaires. Cachée derrière ce statut de domestique qui n'aurait pas été pour me déplaire, s'il avait été au sein d'un autre palais... Sans qu'il ne soit plus tolérant, au moins sans cette violence qui toise les couloirs et les appartements de certains maris Feu trop attachés à la soumission et l’obéissance de leur femme ainsi que de leur progéniture. Je n'étais pas assez proche de Lucrezia ni attachée à sa population pour chercher à m'impliquer de quelque façon que ce soit dans sa politique. Jamais il ne me viendrait à l'idée d'énoncer ce qui peut se passer entre les murs du palais. D'une part parce que cela nuirait indéniablement sur Ranrek et les autres personnes à qui je tiens entre ces murs, et d'autre part, parce que cela reviendrait à signer mon arrêt de mort. Et je n'étais pas sans connaître la façon dont les Ergorn éliminaient leurs ennemis ou tout autre nuisible qui essayait d'entacher leur nom. Ce n'était pas l'avenir que je souhaitais me dessiner, préférant rester à l'écart et ne rien dénoncer. Ma voix n'aurait aucun poids de toute façon. Je n'étais qu'un caprice, insignifiante et passagère, qui ne laisserait derrière elle qu'un souvenir éphémère que quelques jours suffirait à faire s'évanouir dans les esprits.

Il m'était difficile de nier que cela me plaisait en un sens ; être une ombre, aisément remplacée, facilement oubliée. Car quelque part, ça me rendait légère. Dispensable. Libre. Je ne dépendais d'aucune institution, d'aucun dogme ; j'étais l'enfant perdue qui voguait au gré des vents sur un océan inconnu qui, un jour, m'a tendu les bras. Mon seul réel et inchangeable attachement, était cet homme que j'appelais mon maître. Penser à lui suffisait à me faire sourire. Comme quoi, je restais une enfant malgré les choses affreuses que j'ai dû traverser. Une enfance que je vivais à retardement. Mes sentiments n'avaient pourtant rien d'enfantins et de volages. Ils étaient forts et s'inscrivaient en mon cœur de façon irrémédiable. C'était mon drame. Des noms qui, par moment, m'ont marquée. Des noms sans qui je ne serais pas ici. Alors que certains m'évoquent de l'admiration ou de la reconnaissance, celui de Ranrek m'évoquait tout cela et plein d'autres chose à la fois. J'ignorais comme décrire ce qu'il provoquait en moi. Mais je ne pouvais pas nier que c'était là, bien caché. Quelque chose que le temps ne semblait pas pouvoir dissiper. C'était à la fois intriguant, excitant et inquiétant. J'avais tendance à être éloignée de ces personnes que je ne pouvais me résoudre à oublier. Et l'idée même d'être coupée de Ranrek, de ne plus être proche de lui, qu'il ne soit plus si accessible, cela me déchirait le cœur. « Écoute Eden… » « Eden'El », le corrigeai-je d'une voix si basse que j'ignorais s'il m'avait entendue... « Ce que je te propose c’est que d’ici deux-trois jours tu passes au magasin de mon maître. Je l’aurais prévenu en avance… Il s’appelle Edalf, c’est un monsieur assez vieux, mais très gentil. » Je souris. Les vieux ne me faisaient pas peur. C'était assez étrange de le voir spécifier son âge... « Vous pourrez en discuter calmement autour d’une tasse de thé et convenir de date à ce moment-là. Parce que personnellement, je vais être pas mal pris. » J'opinai du chef, ayant bien compris ce qu'il m'avait expliqué.

Loin de moi l'envie de m'imposer à lui ou à son mentor. Après tout, c'était assez audacieux de ma part que de demander cela à un inconnu... Dont je n'avais comme détail, qu'un nom que je lui avais moi-même attribué. C'était amusant en soi. J'étais loin de croire que cela pouvait cacher quelque chose... De toute façon, je n'étais pas du genre suspicieuse avec les personnes du même élément que moi. La Terre bénissait des âmes pures, respectueuses et solidaires qui aidaient les autres sans distinctions. Des personnes qui aimaient la vie et la respectait. Quelque soit sa forme. Une noblesse de cœur qui demandait bien du courage dans la cité-reine... Une noblesse que j'ai failli perdre... enfermée des jours et des jours dans cette cabane, cinq ans auparavant... J'étais fière de moi, en un sens, d'avoir survécu à ça et d'être parvenue à ne pas me perdre en route. Oh physiquement je me suis perdue de nombreuses fois... Entre la savane qu'il me coûta de traverser malgré l'aide de Razaël, cette jungle toujours pleine de dangers où même la hauteur des arbres ne pouvait me protéger des prédateurs... J'en avais eu des moments de panique. Mais le plus important, c'est que le chemin de mon intégrité, de la personne que j'étais, je l'avais toujours suivi. Non sans mal. Je n'avais pas cédé à la folie ni à la perdition. J'étais encore en vie. Cette flamme d’espoir qui m'avait poussé à aller toujours plus loin, à survivre, quoi qu'il m'en coûte, quitte à devenir l'esclave d'un dégénéré comme il m'a été donné de subir... J'avais survécu à tout ceci. Et aujourd'hui, grâce à Ranrek, j'avais l'impression de pouvoir me retrouver. Être à nouveau Eden'El, et non cette ombre errante qui voguait sans but. Il ne restait alors plus qu'à m'accomplir, à choisir ma voie. Mon destin. Faire les bons choix.

Bien choisir, ça n'a jamais été mon fort... Il m'est apparu que je reposais bien trop de choses sur le dos de ma sœur. C'est elle qui me guidait, ou alors c'est son chemin que je choisissais. Quand bien même fut-il le mauvais, nous l'empruntions à deux. Alors à deux, nous étions invincibles. Bien plus fortes. On pouvait se sortir de toutes les situations possibles et inimaginables. Depuis sa mort, le seul bon choix que je pense avoir fait, c'est de demander à Ranrek de rester à ses côtés. Mais là encore, seul l'avenir saura me dire s'il s'agit d'un bon choix ou si j'aurais dû fuir. Fuir tant qu'il m'en avait offert la possibilité. Si seulement Hly'tha était restée en vie... Si seulement elle était revenue à la maison... Je devais pourtant m'émanciper de son souvenir et du modèle qu'elle ne peut plus être pour moi depuis sept ans. Sept ans déjà... J'avais l'impression d'avoir entendu son rire cristallin encore hier... « On devrait peut-être rentrer ? Des fois que tu retombes sur des gardes qui t’interdisent de rentrer dans la cité. » Préconisa, à juste titre, Kahil. J'acquiesçai d'un signe de tête avec un léger sourire sur les lèvres. Triste de quitter l'endroit, mais en même temps consciente que je ne pourrais jamais y passer ma vie. Enfin, plus maintenant. Je savais que si les circonstances venaient à être invivables à Lucrezia, je pourrais à nouveau m'y réfugier quelques temps. Mine de rien, en ces quelques jours, j'avais gagné en assurance et m'étais plutôt bien rétablie physiquement parlant. Mais ce n'était pas dans cette jungle que je trouverais le sens à prendre pour mon avenir. Ce ne serait qu'une nouvelle fuite, encore. Le schéma se répétait et persistait... Sans dire un mot, je suivis Kahil. Profitant de derniers coups d'œil vers cette nature revigorante que j'abandonnais une énième fois.

Le silence n'était pas un bruit qui me dérangeait. Jouissant des bruissements de la nature avant de retrouver, peu à peu, les tumultes de la capitale. Avec ma sœur, il nous arrivait de passer des après-midi entiers à ne rien nous dire. Observer, contempler. Elle dessinant, griffonnant, moi rêvant, silencieuse, savourant chaque élément. La légère brise qui se frayait un chemin entre les arbres, le doux frottement des feuillages, les craquements timides des brindilles aux pas minutieux des écureuils, le chant des oiseau éparses qui résonnent dans toute la forêt, la lumière scintillant au mouvement des branches décidant si oui ou non le soleil pouvait déposer son toucher réconfortant sur le sol frais et humide qui toisait les étendues boisées. Mais je sentais qu'à côté de moi, le jeune homme était gêné par ce silence. Peut-être n'était-il guère habitué à ces instants de répit que l'on est habitué à s'accorder entre Terre de Gorka. Cela me paraissait étrange, mais en même temps, s'il vivait à Lucrezia depuis longtemps, je pouvais comprendre que ce genre de silence entre deux personnes venant de se rencontrer pouvait lui paraître pesant. Ne le regardant que du coin de l'œil, je me montrai attentive à l'instant même où il engagea à nouveau la conversation. « Je vais te raccompagner jusqu’au château du Feu si tu veux. Au fait, si je venais à te chercher, tu as une personne à qui je pourrais m’adresser qui serait au courant que l'on t’entraîne ? Des fois que tu finisses par te faire attraper par les gardes… » Sans penser que cela puisse être du premier degré, je me mis à rire discrètement. Cela n'avait rien de bien amusant, au contraire, ça pourrait me porter un réel préjudice. Cependant, je n'avais pas l'esprit à penser au négatif et aux problèmes auxquels je pourrais être confrontée... Il m'inspirait, lui et cette petite promenade en forêt, une légèreté qu'il me plaisait de ressentir. « Je crois que c'est plus sage en effet, j'ignore pourquoi, mais j'ai tendance à attirer les ennuis même sans rien faire ! » Confirmai-je en lui souriant.

Mon jugement inéluctablement altéré par son appartenance à la Terre, j'exprimais envers ce jeune homme une confiance prématurée. Tant qu'il ne me donnait aucune raison de douter des ses bonnes intentions, il m'était difficile de penser qu'il agisse dans un intérêt qui me desservirait. Les hommes m'inspirait toujours d'habitude cette méfiance, cette crainte irrationnelle. Mais il en était différemment des Terre. Peut-être était-ce lié au fait que je n'en rencontrais que très peu dans des circonstances favorables. Cela devait jouer. L'envie de vouloir améliorer mon don pour enfin voir cette si belle marque dont un seul bref et fugace souvenir me restait, de la voir grandir et reprendre le dessus face aux cicatrices laissées par le feu... ça ne pouvait qu'obstruer ma façon de percevoir les autres enfants de Tarlyn. Cependant, l'idée de lier Ranrek à mes rencontres fortuite me gênait quelque peu... « Je... Je ne sais pas si vous donner le nom de mon maître est très judicieux... » Comprenant toutefois que j'en avais déjà bien trop dit, je me mordillai les lèvres, détournant son regard. Si des Lucreziens venaient à ébruiter le fait que Ranrek Ergorn achetait des esclaves pour les libérer et acceptait d'en prendre sous son aile, il risquerait d'avoir quelques ennuis qui s'ajouteraient à la pile de choses importantes qu'il doit régler... « C'est assez délicat... Mais... Si vous demandez une certaine Leanor, elle saura me trouver. Elle est domestique auprès des Ergorn, elle a bien plus sa place là-bas que moi et nous nous croisons régulièrement. » Lui dis-je d'une voix timide et plus basse à mesure que l'on s'avançait dans la ville. La route menant au palais des représentants du Feu ne serait plus très longue à présent. La matinée était bien entamée et les rues s'étaient remplies sans que nous en eûmes la moindre perception. De l'autre côté des murs d'enceinte de la ville, tout semblait plus paisible. Calme. Ralenti...
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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Lun 29 Mai - 17:17

Le jeune Eden'El ricanna doucement suite à ma demande. Qui avait-il de si marrant dans ma phrase ? Mon instinct me dit que ça ne présageait rien de bon. Je restai sur mes gardes le plus possible. Était-ce moi qui me faisait manipuler par cette jeune fille ? Non c'était improbable et pour tout dire, presque impensable. Elle avait l'air vraiment perdue et une arnaque de cette envergure n'aurait aucun intérêt. Quand bien même on venait de Gorka ou de Sezni, personne ne serait assez fou pour imaginer un traquenard avec autant d’incertitudes. Ou alors peut-être prenait-elle ma demande à la légère ? Rien qui aille vraiment dans tout les cas. Elle finit par dénouer mon soucis.

« Je crois que c'est plus sage en effet, j'ignore pourquoi, mais j'ai tendance à attirer les ennuis même sans rien faire ! »


Pourquoi je venais encore à douter d'elle ? Elle était tellement inoffensive et à côté du monde... Ma paranoïa du Sud ne m'aide pas vraiment dans ce genre de discussions ; avec des personnes qui imaginent que le monde n'est là que pour leur bien. Mais tant mieux. Elle n'en est que plus facilement manipulable !

Allez, je n'avais besoin que du nom de son maître... Elle ne peut pas avoir d'autre réel contact dans le château de ce qu'elle m'en a dit. De plus, une personne responsable en cas de problème aurait plus de sens. Mais je devais me méfier. Du bon sens, c'est ce qui lui manquait le plus à cette enfant. Si ses dires avaient du sens, alors je ne serais pas en train de la raccompagner jusqu'au château du Feu alors que l'on s'est rencontrés il y a moins d'une heure. Dans quelque minutes j'aurais fini. Et je repartirai avec l'information la plus importante, à mon sens, de ses dernières années. Edalf ne me croira pas quand je lui raconterai ça. C'est aussi pour cela que j'ai besoin qu'il rencontre Eden'El. Qu'il voit que cette personne existe et qu'il fallait refixer nos plans si on voulait pouvoir améliorer la condition des exempts. Après tout, si on ne le faisait pas, qui le ferait ? La jeune fille repris :


0]]« Je... Je ne sais pas si vous donner le nom de mon maître est très judicieux... » [/b]

Si bordel si c'est judicieux ! J'ai besoin de ce nom. T'as personne d'autre, donne-moi ce nom que je sache la démarche à mettre en route pour l'aide des exempts. On parle de bien commun là, il faut pas chipoter. Elle semblait tiraillée. Elle se mordait la lèvre inférieure. Elle stressait de faire une bêtise. Allez, demande-moi ma confiance que je n'en parlerais à personne et qu'on n'en parle plus. Tu m'en as trop dit cocote.


« C'est assez délicat... Mais... Si vous demandez une certaine Leanor, elle saura me trouver. Elle est domestique auprès des Ergorn, elle a bien plus sa place là-bas que moi et nous nous croisons régulièrement. »


Et merde... T'avais qu'une chose à faire. Mais bon… C'est déjà quelqu'un chez les Ergorn. C'est toujours ça... ça me laisse encore vingt personnes qui, de plus, ne veulent certainement pas se faire remarquer mais bon, c'est déjà ça... On est partis de n'importe quel personne avec de l'argent dans Oranda et on arrive à vingt personnes en quelque minutes. On peut dire que j'ai pas trop perdu la main quand il s'agit de faire parler les gens. Et puis J'ai une personne à contacter qui pourrait m'en dire plus. Si jamais je n'arrive pas à en savoir plus, il me suffira de me renseigner sur qui est cette Leanor et comment la contacter. Ou bien de me rapprocher d'Eden'El pour en apprendre plus aussi. Tout n'est pas aussi simple que prévu, mais c'est déjà un pas énorme par rapport à avant. Un grand sourire aux lèvres, je lui répondis :


« D'accord merci beaucoup à toi Eden'El ! Au moins on est sûrs en cas de problème ! »


Doucement, nous nous rapprochions du château du Feu... Dire que je suis passé par là il n'y a pas si longtemps, mais c'était pour voir Nymeria. Une soirée assez complexe mais bon, à croire que mon passé de richesse me rattrape qu'importe ce que je fais. Ce château, j'en ai rêvé... Dire que si tout c'était bien passé, je serais marié à Lyntha et ce château serait mon habitat. À croire que j'avais beau être libre, si j'étais esclaves j'aurais pu me rapprocher de mes origines.

Alors que je me perdais dans les pensées, un garde nous arrêta. Il n'avait pas l'habitude de voir la jeune fille entrer et sortir ? Je restai sur mes gardes.

« Monsieur vôtre marque ! »

Sans sourciller le moins du monde, je lui montrai la marque que j'avais sur le bras. Il me regarda avant de dire :

« Vous n'avez rien a faire ici ! Partez maintenant ! »

Oh non merde... J’espérais qu'en la ramenant au château son maître l'accueillerait et que je pourrais le reconnaître... Bordel, quitte à risquer le tout pour le tout je devais m'imposer.

« Monsieur le garde, je raccompagne juste cette esclave qui s'était perdue chez elle, vous pouvez bien m'autoriser à aller jusqu'à la porte d'entrée du château, non ? »

« Écoute mon gars, tu redis un mot je t'en mets une. »

Bordel mais c'est pas vrai d'avoir une poisse pareille ! Mais qui sait, peut-être bluffe-t-il. Il fallait que je vois ça.


« Attendez, laissez-moi au moins être courtois avec cette jeune fille. »

Je pris directement une droite pour avoir insister. Quel connard... Je me reculai de deux pas en me tenant la joue pendant quelques secondes. Cet enfoiré aurait pu me péter le nez qu'il n'en aurait rien eu à foutre... garde de merde. Je m'écartai d'Eden'El avant de lui dire :

« Bon oublie pas on se voit bientôt ! »

Je lui fis un petit signe amical avant de partir du château. Tout le monde était tendu suite aux derniers événements politiques... Il allait falloir redoubler de prudence avec Edalf. La sécurité allait être renforcée de partout et même les esclaves allaient être mis sous surveillance... Il fallait que je rencontre ce Ergorn au plus vite.

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~#~Sujet: Re: Know why the nightingale sings ☙ Kaan Yasi Mar 30 Mai - 12:09

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Know why the nightingale sings
Passer du calme enchanteur de la forêt au bruit incessant et l'activité grandissante de la ville me laissait une impression oppressante. Était-ce dû à mon affiliation à la Terre qui, devant tant d'activité vivante, se retrouvait déboussoler ? Je n'avais guère la prétention de savoir comment mon pouvoir fonctionnait, mais il s'est souvent avéré que je ne parvienne plus à le sentir lorsque trop de mon m'entourait. Je mets constamment cela sur mon mal être quand je me trouve entourée de trop de monde, cette agoraphobie réduite qui m'empêche d'être rassurée dans la foule, mais peut-être que cet sensation désagréable vient d'une trop importante présence d'êtres vivants et qu'à cause de cela, mon don - que je ne maîtrise pas - se retrouve submerger et me fait paniquer. Je repensais à ce mentor dont me parlais Kahil. En le regardant du coin de l'œil, je m'imaginais monts et merveilles. S'il parvenait à faire de moi sa disciple, alors je pourrais devenir une puissante Terre ? C'était un peu prématuré de penser cela... Après tout, je n'avais pas encore rencontré ce mentor. Et peut-être refuserait-il de me venir en aide. Peut-être ne croirait-il même pas que je suis bénie par la Terre et dans ce cas, il me rejetterait comme la paria que l'exempte qu'ils pensent que je suis devrait être traitée... Cette angoisse passagère fut chassée de mon esprit lorsque Kahil reprit la parole. « D'accord merci beaucoup à toi Eden'El ! Au moins on est sûrs en cas de problème ! » Je hochai la tête en guise de reconnaissance masquée, à défaut d'un sourire. Difficile de me persuader que cela changerait grand chose, qu'il sache comment me trouver ou au moins se renseigner sur moi. Mais ça avait un côté rassurant que de penser qu'il songerait à prendre de mes nouvelles ou à veiller à ce que le palais soit mis au courant si jamais il venait à m'arriver quelque chose. Enfin le palais... Ranrek et Leanor étaient les seules personnes réellement concernées par mon état. Qu'il m'arrive malheur semblerait, au contraire, réjouir les autres.

Dès mon arrivée, et même auprès de quelques gardes à la solde de Ranrek, j'avais cette étiquette de paria tatouée sur le front. Ma tête blonde et mon teint pâle étaient les prémices de cette ségrégation à laquelle je faisais face tous les jours lorsque je quittais les appartements de Ranrek. Rares étaient ceux qui allaient se renseigner sur mon élément. Tous devinaient que je n'étais guère des leurs. Mais au moins, les paroles de Ranrek leur assurant que j'étais Terre les empêchait de me fustiger sur place. Il était mal vu de ne pas être Feu, même chez les domestiques, lorsqu'on se trouvait au palais des représentants du Feu. Mais il était intolérable d'être exempt. J'ignorais si d'autres employés étaient dans mon cas : avec un autre élément que le Feu sur leur avant-bras. Mais à part les regards désagréables, méfiants, parfois même écœurés, au moins ils acceptaient ma présence. Karam, Khorde et d'autres hautes têtes de cette famille représentante n'attendaient qu'une chose : une raison de me jeter sans que Ranrek ne prenne cela comme un affront direct. Ils devaient savoir que leur fils n'avait pas les mêmes valeurs qu'eux, mais il restait un membre à part entière de leur famille. À ce titre, il était représentant et avait une place privilégiée auprès du dictateur. Lors du bal des représentants, ils m'avaient même parut ressentir une certaine affection réciproque. J'ignorais comment Ranrek pouvait être proche d'un tel homme au vu de ce que j'ai pu entendre sur ses actes et sa prise de pouvoir. Mais cela ne me regardait en rien et je préférais ne pas m'immiscer dans des affaires qui, indéniablement, me dépassaient en plus de ne pas me concerner.

C'est chacun dans nos pensées que nous terminions notre chemin jusqu'aux palais. Des regards de gardes méfiants se posèrent sur nous jusqu'à ce qu'on atteigne la porte Sud qui donnait sur le palais des représentants du Feu. Dubitative, je marchai sur les pas de Kahil, comme s'il était plus légitime que moi à nous introduire auprès des gardes Feu chargés de surveiller l'entrée. « Monsieur, vôtre marque ! » Demanda le garde sans aucune cordialité. La formalité des gardes de Sezni déshumanisait totalement les personnes qu'ils étaient. Des rouages mécaniques conditionnés pour régir d'une même façon, parler d'une même intonation. À croire qu'à l'intérieur, ils étaient vides... Kahil remonta sa manche et présenta sa marque, calmement. « Vous n'avez rien a faire ici ! Partez maintenant ! » Lança le garde d'un ton cinglant. Je fronçai les sourcils. Nous ne pouvions même pas aller à l'entrée ? D'autres gardes y étaient postés, pourquoi nous bloquer ainsi la route alors que nous n'étions même pas dans le palais ? Certes, nous n'avions pas l'allure de diplomates ni de quelconques dignitaires en affaires, mais je trouvais cette interpellation assez rude... M'avançant d'un pas, je n'eus point le temps de dire un mot que Kahil, ne se décontenançant guère, tenta de se justifier. « Monsieur le garde, je raccompagne juste cette esclave qui s'était perdue chez elle, vous pouvez bien m'autoriser à aller jusqu'à la porte d'entrée du château, non ? » Le garde me dévisagea une courte seconde. Il connaissait bien mon visage.

Quelques jours auparavant, il avait essayé de m'évincer du palais avant que Ranrek ne lui affirme que j'étais à son service et qu'il n'avait rien pour me jeter dehors. Quelles étaient les chances pour qu'il soit à ce poste aujourd'hui même ? En réalité, nous aurions probablement pu passé le premier portail si ça avait été un autre garde. Il se serait autorisé à demander la raison de notre présence ici avant de nous jeter comme des mal-propres. Les gardes étaient sensés être neutres et nous ne représentions pour eux aucun danger à cet instant. Si il avait fait cet excès de zèle, c'est uniquement par vengeance indirecte pour m'être opposée à lui. L'orgueil de cet homme le mènerait à sa perte un jour. Ou pas... Ce devait être un plus pour faire partie d'une garde comme celle des Feu. Tout du moins celle des Ergorn. Baissant la tête, j'avais cet air désolé qui me prenait. Kahil était injustement jeté de la sorte par ma faute. « Écoute mon gars, tu redis un mot je t'en mets une. » Je voulus à nouveau m'interposer mais ne pus en placer une. « Attendez, laissez-moi au moins être courtois avec cette jeune fille. » À peine j'eus le temps d'exprimer un gémissement de sursaut que le poing du garde vint s'écraser sur le visage de Kahil. Offusquée, je sentais mon cœur battre à toute vitesse. Il ne devait pas insister... Ce qu'il ne fit guère d'ailleurs, loin d'être assez fou pour s'opposer à un garde. S'éloignant, il me dit en guise de salutation : « Bon oublie pas on se voit bientôt ! » J'opinai du chef avant de me retrouver seule face au garde. Sourcils froncés, craintive et abusée par ce geste. Un sourire aux lèvres, il m'invita d'un signe de main à entrer au palais comme s'il faisait une révérence. Message reçu, monsieur le garde...
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