AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Groupes fermés
Le groupe des Matières est fermé aux inventés et scénarios, merci de votre compréhension
Intrigue
Un vent de changement souffle sur les terres d'Oranda... Pour en découvrir plus, la première intrigue a été dévoilée
Venez donc tout savoir (ou presque) du meurtre d'Osrian Thenkar, membre de la Famille Birghild
Avis de Recherche
Nous recherchons activement des hommes, merci de privilégier ce sexe qui est en infériorité numérique

Partagez|

Le loup et l'agneau || Sven Ramose

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage

avatar


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 512
❝ Avatar : Emilia Clarke
❝ Multi-Compte(s) : Mer'Hella Keltar
❝ Crédits : Lux Aeterna || sign: Astra

❝ Métier : Princesse du Nord
❝ Age : 20
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Lun 19 Juin - 19:33


Le loup et l'agneau
16, Dixième Lune de L'an 836




Les dernières journées semblèrent interminables. Ils auraient dû faire route de Lucrezia à Ibai mais Andar, le Roi, avait prévu de faire un discours en l'honneur des défunts et de la paix sur la place du Marché de la capitale, là où un massacre avait eut lieu. La princesse était fatiguée, elle peinait à dormir à cause des derniers événements, elle y était, au bal des représentants, elle avait vu le cadavre et finalement, à chaque fois qu'elle fermait ses paupières dans l'espoir de trouver le sommeil, elle le revoyait.  Son visage était blême, elle avait la boule au ventre. Elle n'avait pas quitté Lucrezia depuis le bal. Elle y était toujours,  accompagné par Raisa, Danis et Andar. Ils séjournaient au palais des représentants.
Une jeune femme à la peau mâte et dont les mains tremblaient, tentait de créer un chignon avec les cheveux argentés de la princesse. Celle-ci sentait cette dernière tirer quelques mèches par inadvertance et, par manque de sommeil, elle était irritable.

-Assez. Murmura-t-elle d'un ton grave.

La domestique s'éloigna aussitôt, les yeux fixant le sol comme si sa vie en dépendait. Finalement, ce n'était peut-être pas ses mains qui tremblaient, mais son corps entier. Avant que Nymeria ne puisse dire quoi que ce soit, la domestique avait prit la direction de la porte et s'en était allée sans dire mot.

-Je ne voulais pas... souffla la princesse à sa dame de compagnie, Raisa. Celle-ci haussa les épaules, comprenant le désarroi de son amie sans pour autant pour la réconforter.

Nymeria posa ses coudes sur la coiffeuse en face d'elle et prit sa tête entre ses mains. Elle qui était si douce habituellement... elle s'en voulait terriblement d'avoir blessée cette jeune femme. Elle se sentait changer, Nymeria était moins à l'écoute, moins présente. Elle était perturbée, terriblement. Restant un moment les yeux clos contre ses mains, elle inspira doucement, tentant de calmer son esprit. Elle pria Glore de protéger son père durant le discours, de protéger le peuple de Vainui ainsi que ceux de Lucrezia. Elle se redressa et tourna la tête vers Raisa.

-Va donc parler à cette fille. Dis lui que je m'excuse pour mon attitude. Je ne veux pas qu'elle ait de problème et que j'aimerais qu'elle revienne me coiffer demain.

La dame de compagnie acquiesça et quitta à son tour la pièce, laissant seule la princesse. La solitude qu'elle ressentait à cet instant l’oppressait. Nymeria avait peur. Elle avait honte d'avoir peur. Sa propre attitude la désolait. Elle ne pouvait pas être une bonne souveraine si elle-même, bien protégée dans son château de glace, craignait qu'il lui arrive malheur. Sans s'en rendre compte, elle posa sa main sur sa cuisse droite, là où se trouvait sa brûlure. La peur était saine, mais elle ne devait pas l'empêcher d'agir. Comme ce jour où elle avait bravé les flammes et s'était sciemment mutilée pour qu'Eden'El puisse s'enfuir. Ce jour là, la peur ne l'avait pas arrêté, elle savait qu'elle avait fait le bon choix.

Nymeria serra les poing et se leva du fauteuil, elle fit un moment les 100 pas dans ses appartements. Sa robe était aux couleurs des quatre régions. La forme était simple, une robe sobre, traditionnelle, noire, sur laquelle étaient brodés plusieurs motifs. Ses longues manches étaient amples, sur chacune d'elles on pouvait y voir des arabesques fleuris brodées en vert. Sur l'autre, on y trouvait des montagnes aux formes démesurés en violet. Le bas de sa robe était rouge, elle imageait les flammes quand à son buste, il était brodé de bleu, de légères vagues et un croissant de lune en son centre. Elle retourna d'un pas plus assuré cette fois, en direction de la coiffeuse afin de terminer sa préparation. Elle desserra quelques peu son chignon, laissant ainsi ses mèches argentées courir librement sur son visage. Elle frotta doucement ses joues afin de leur redonner des couleurs et tapota de crème ses lèvres.

Avant de quitter ses appartements, elle inspira une dernière fois. Bientôt, ils arrivèrent sur la place du marché, là où son père allait faire son discours. L’appréhension de Nymeria ne faisait qu'augmenter, mais elle tenta de ne rien laisser paraître. Danis était là elle aussi, elle ne semblait pas plus à son aise. Mais sa présence était toujours réconfortante, c'est sans doute pour cela que le Roi lui avait demandé de venir. Nymeria sourit en direction de sa belle mère et vint se positionner à ses côtés. Andar fit quelques pas en avant et commença son discours.

Il prônait la paix. L'émotion se sentait dans sa voix. La place était noire de monde, les yeux de tous ces gens étaient braqués sur Andar. Nymeria avait les mains serrées sous ses manches, elle craignait que quelqu'un ne veuille s'en prendre à son père. A la fin du discours, celui-ci fut applaudit et la princesse prit part aux applaudissements, mais des sifflements se faisaient entendre. Elle tenta de rester stoïque, elle ne pouvait pas en vouloir au peuple. Eux, ils étaient les plus à plaindre. Elle se jura d'aller courir les rues de Lucrezia afin de rassurer ceux qui en avaient besoin.

La foule se dispersa, les dirigeant retournaient au palais, Nymeria se fit discrète tout en prenant la direction opposée. Un garde la surprit et la retint un moment, elle lui sourit doucement et le convia à l'accompagner tout en gardant quelque peu ses distances, elle ne voulait pas être trop remarquable. Elle avait la tête baissée, ses angoisses n'avaient pas disparues, mais c'est ainsi qu'elle devait les combattre, en traversant une foule qui peu avant avait montrée son désaccord vis à vis de son paternel. Elle rabattit sur ses cheveux argentée, la capuche qui était cousue à sa robe, seules quelques mèches si reconnaissables filaient. La princesse tourna la tête et remarqua que le garde qui devait l'accompagner, finalement, ne la suivait plus. Elle s'engagea dans une rue étroite et peuplée. La tête lui tournait. Où était le garde ? Tentant d’accélérer le pas, elle manqua de trébuché. Nymeria leva les yeux et découvrit, stupéfaite, qu'elle avait heurté Sven Ramose, le dictateur de Sezni, l'ennemi juré de son père.

© BLACK PUMPKIN

______________________

❝ We accept the love we think we deserve❞ Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 349
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur du Sud
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Dim 25 Juin - 1:36

Il réfléchissait calmement à la situation, tout en arpentant les rues du Grand Marché. A vrai dire, ces derniers jours, il avait tant de sujets sur lesquels se pencher qu’il ne savait pas où mettre sa tête. Il était contraint – bon gré, mal gré – à déléguer certaines tâches essentielles à ses conseillers ou à des hommes de confiance, en « théorie ». Il détestait avoir à faire ce genre de choses, qui n’était qu’une preuve qu’il ne « suffisait » pas, qu’il était « faible ».

Tout d’abord, il y avait cette affaire de meurtre qui avait chauffé les relations entre la Terre et l’Air. Certes, il se « réjouissait » de ladite situation, mais elle compliquait bien d’autres projets. Il ne savait qui était le véritable commanditaire, et quel était le but de ce dernier. Etait-ce une simple vengeance à l’égard des Birghild, ou alors un mégalomane qui souhaitait créer des tensions pour profiter de la faiblesse générale ?

Les projets menacés étaient nombreux.

D’une part Il y avait son potentiel « mariage » avec la jeune Birghild. Il savait qu’il risquait de perdre de précieux alliés en choisissant une « Terre » au lieu d’une fière et noble « Feu », et qu’il risquait de paraître hypocrite aux yeux de tous, mais il pouvait tout autant montrer au monde qu’il pouvait asseoir ses idées et sa personne sur tous, même la plus libérale et passive des politiciennes. Ajoutant à cela qu’une alliance intra-élémentaire – une première, en terme de politique – pourrait lui permettre d’obtenir un soutien non négligeable et – presque – s’offrir un territoire sans trop de pertes, ou de dépenses. Effectivement, il ne voulait pas d’une « collaboration ». C’était être dominé, ou dominer, et nullement une demi-mesure. Enfin, un « peut-être » persistait sur ce mariage car la question était de convaincre la jeune Birghild or, c’était un tantinet complexe. Il devait taire ses véritables instincts, et volontés, pour tromper et endormir la méfiance de la brunette et c’était un exercice assez intense, au quotidien. Il savait qu’il allait craquer, la question était de savoir si cela allait arriver avant, ou après le mariage ?

D’autre part, il y avait ses multiples idées pour développer son pays. Malgré sa mégalomanie – un défaut qu’il assumait parfaitement, et sans aucune honte – il savait qu’il ne pouvait pas mener une nation entière à la guerre si cette dernière mourrait de faim, ou voyait en lui un simple diablotin incapable de remettre les choses dans les rails. Enfin, et plus important, il ne pouvait pas gérer une guerre civile et une autre guerre avec Andar – il doutait franchement que le Roi du Nord reste sagement si jamais Sven déclarait la guerre à une quelconque Nation -.

Pris de migraine, il ferma un court instant ses yeux, en plissant ce front aux rides de plus en plus marquées. Ses deux gardes maintenaient une posture droite, et rigide – une pose militaire -, ne montrant aucune empathie ou souci à l’égard du Maître. Par expérience, ils savaient que leur rôle consistait seulement à se taire et à anticiper le danger. Sven était un homme puissant – il le savait – mais il aimait s’entourer d’un homme ou deux constamment. Il pouvait mettre à bas bien des hommes, mais il savait qu’il pouvait se faire abattre si le nombre jouait à son désavantage – et si chaque ennemi avait une force moyenne. Etre un Dictateur haït poussait tout homme – puissant comme faible – à envisager le pire, et à prendre mille précautions, aussi stupides puissent-elles paraître.

Une demoiselle qui marchait, capuche rabaissée, trébucha soudainement, tombant sur le Dictateur. Ce dernier qui venait à peine d’ouvrir ses lourdes paupières fut un tantinet surpris. Cependant, il n’eut guère le temps de s’inquiéter de savoir si la personne était une ennemie, ou non, que ses gardes avaient pris la relève. L’un avait plaqué la demoiselle au mur en mettant une épée sur la gorge, et l’autre en profita pour abaisser la capuche. La surprise fut totale pour les trois hommes, reconnaissant là la princesse Nymeria Drogon.

- Lâchez-la ! ordonna aussitôt Sven, jetant en parallèle quelques regards aux alentours, avant de se diriger vers la Princesse pour rabaisser la capuche.

Il ne voyait aucun garde d’eau – une chose étonnante – et se demandait sincèrement s’il n’y avait pas un petit espion glissé dans la foule, suivant la blondinette doucement. Cette théorie lui semblait peu probable : la princesse ne semblait pas être une demoiselle rebelle rendant un père fou. Non, sa théorie était que son garde avait été un parfait incapable, ayant perdue de vue sa Princesse, une erreur qu’il allait regretter. Etre Eau, et se promener sans savoir se défendre étaient folie de nos jours.

- Pardonnez le zèle de mes gardes, mais vous comprendrez qu'on n'est jamais trop prudent par les temps qui courent. Je me suis également permis de rabaisser cette capuche, afin de respecter votre désir d’anonymat, glissa Sven en lançant un regard curieux à la demoiselle. Vous comprendrez donc que je ne ferais aucune révérence, afin qu’on ne vous remarque pas.

En effet, un Dictateur qui montre ses respects à une demoiselle en Capuche risquait d’attirer bien des regards et attentions. Il profita d’un court silence entre eux pour faire un signe de tête à ses gardes – un menton vers un garde, puis un menton rabaissé vers la princesse -, ce petit signe qui signifiait qu’ils avaient une nouvelle mission, celle de gardait un œil sur cette demoiselle.

- Puis-je me permettre de demander ce que vous faites seule dans ce grand Marché ?
demanda Sven d’une voix très polie et mielleuse, avec un sourire chaleureux. Entre temps, il s’était placé aux côtés de la Princesse, et menait déjà la danse, en donnant le rythme et la direction à suivre. Je ne vois nulle garde, et nul parent. Au vu des récents événements, ce n’est guère prudent pour une personne de votre rang, et de votre élément, souligna-t-il, faisant discrètement référence aux massacres.

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 512
❝ Avatar : Emilia Clarke
❝ Multi-Compte(s) : Mer'Hella Keltar
❝ Crédits : Lux Aeterna || sign: Astra

❝ Métier : Princesse du Nord
❝ Age : 20
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Dim 25 Juin - 14:18


Le loup et l'agneau
16, Dixième Lune de L'an 836




Sven Ramose. Évidemment. Il fallait qu'elle tombe sur lui.
La princesse n'eut pas vraiment le temps de réaliser. Deux brutes s'étaient abattus sur elle en un rien de temps. Son dos frappa lourdement contre le mur en pierre qui se trouvait derrière elle, il lui arracha une grimace. Une épée fut tendu, sous sa gorge. Nymeria ne quitta pas des yeux le porteur de l'épée. Elle lui lançait un regard noir, emprunt de colère, de rage. Elle avait peur. Mais la princesse affichait un air de défi. L'autre homme vint alors découvrir son visage, ôtant le capuchon qui couvrait ses cheveux. La stupéfaction se lut dans les yeux des trois hommes devant elle.

Sven Ramose ordonna immédiatement à ses hommes de la lâcher. Ils s'exécutèrent sans un mot. Nymeria resta accolé au mûr, poussa un soupir lasse, tentant de ne pas paraître impressionnée ou effrayée. Elle avait toujours son regard posé sur celui qui l'avait menacé. Tentant de se souvenir de ses traits. Le dictateur s'approcha gracieusement d'elle, tel un félin qui venait de coincé sa proie. Voilà qui il était vraiment. Une bête sauvage, et Nymeria n'était que sa nourriture. Son cœur battait la chamade, elle chercha un instant dans la foule, l'ombre de l'un de ses gardes, mais celui qui devait la suivre avait disparue. Elle était de nouveau dans de beaux draps.

Sven rabattit doucement le capuchon sur les cheveux de Nymeria, elle posa son regard sur lui. Droite, fière. Elle ne le laisserait pas percevoir sa peur. Elle passa ses mains dans son dos, cachant ainsi le tremblement de celles-ci. Une interrogation traversa soudain l’esprit de la princesse : Sven la considérait-elle comme une ennemie ? Fille de son rival, Andar. Sans doute. On lui comptait parfois d'étranges récits à propos du dictateur, mais jamais elle n'avait eut l'occasion de lui parler. Ils s'étaient seulement aperçu, au bal des représentants. Ses angoisses refirent surface à cette pensée. Personne ne savait qui était l'auteur du meurtre d'Orsian Birghild, et elle, elle était coincée contre un mur, entourée des gardes de Sven Ramose et de lui même.

- Pardonnez le zèle de mes gardes, mais vous comprendrez qu'on n'est jamais trop prudent par les temps qui courent. Je me suis également permis de rabaisser cette capuche, afin de respecter votre désir d’anonymat.

Le regard qu'il lui laissa par la suite fit hausser un sourcil à Nymeria. Allait-il lui demander des comptes ? Elle était libre de se balader comme bon lui semblait. Meurtre ou pas. Elle ne put s'empêcher un sourire narquois lorsqu'il prétendit que cette violente rencontre était dû au fait que personne n'était en sécurité.

- Cette rencontre n'entache pas votre réputation. Murmura-t-elle simplement. Sentait-il l'amertume dans sa voix ? D'autant que, d'après les dires que l'on pouvait entendre sur le dictateur, il était bien loin de se sentir menacé. S'en était presque ridicule de le voir ainsi circuler dans les rues, protégés par deux gardes alors qu'elle, Princesse d'à peine 20 ans, avait eut le courage de sortir seule. Ayant pour seule arme, une dague qu'elle gardait toujours cachée, accrochée à son mollet gauche. Elle espérait sincèrement ne pas avoir à s'en servir.

Guidée par Sven, ils reprirent leur route. Visiblement, le dictateur ne comptait pas la laisser libre pour le moment. Nymeria ne se sentait pas tant menacé par le dictateur, celui-ci usait de mode doux et de geste aérien pour, sans doute, la rassurer. Mais il ne connaissait pas la princesse. Sans doute se pensait-il en position de force. Physiquement parlant, il l'était, c'était indéniable. Mais serait-il assez fou pour kidnapper la princesse de Vainui alors que quelques jours avant, un massacre avait eut lieu, là où ils marchaient ?

- Puis-je me permettre de demander ce que vous faites seule dans ce grand Marché ? Je ne vois nulle garde, et nul parent. Au vu des récents événements, ce n’est guère prudent pour une personne de votre rang, et de votre élément.

Irritée, elle ne répondit pas immédiatement. Comment ça, ''une personne de son élément''. Nymeria se souvint alors que, d'après les récits, Sven était persuadé que les Feux étaient au dessus de tout. Il désirait plus que tout la suprématie de son élément sur les autres. Elle leva les yeux au ciel.

-Je souhaitais entendre ce que l'on chante dans les rues, à propos des récents événements. Un garde devait me suivre, mais il semblerait qu'il se soit perdu.

Elle fronça les sourcils. Posant machinalement sa main sur sa propre cuisse droite. Celle-ci semblait se réchauffer, comme si la brûlure qu'elle avait était réanimée après 5 ans. Elle posa un regard ahurit en direction de celle-ci. Était-ce dans sa tête, ou bien la présence de ces trois hommes feux pouvait réellement réanimé ce vieux souvenir ? Prise de nostalgie, se laissant un instant emportée par le picotement, Nymeria trouva le monde des souvenirs. C'était lors de la cérémonie, la veille, elle avait sauvé Eden'El de la noyade et était restée avec elle jusqu'à ce que l'enfant qu'elle avait enceuillis dans son cœur se réveille. Elle lui avait parlé de son appréhension vis à vis de l'épreuve du feu. Sa sœur était morte. Nymeria se souvenait bien du moment où elle allait braver le mur de flamme. Elle savait qu'elle n'en sortirait pas indemne. Elle savait qu'elle allait se brûler. Et sans hésiter plus longtemps, elle avait plongé dans les flammes. Celles-ci avaient commencées par lécher son pantalon en peau de bête avant d'attaquer sa peau à elle. La douleur était insoutenable. Son cri raisonnait encore dans son esprit. Mais cela avait permis à Eden'El de fuir... Gardant la main sur sa cuisse, les sourcils froncés, elle reprit :

-Je ne me sens pas particulièrement plus menacée que vous. Que je sois bénie par Glorë ou non. Et si je m'affiche dans les rues, la peur plaqué au visage, que pensa le peuple ? N'ont-ils pas peur, eux ? Sans doute que si. Ont-ils des gardes pour les protéger ? Non. C'est notre rôle de les protéger. Et me fondre dans la masse me permet de mieux les comprendre.

Elle leva les yeux vers Sven, affichant à son tour un regard currieux.

- Puis-je vous demander ce que vous faites dans ce Grand Marché ? Je doute que vous soyez venu écouter le discours de mon père.

© BLACK PUMPKIN

______________________

❝ We accept the love we think we deserve❞ Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 349
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur du Sud
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Mer 28 Juin - 23:57

Sven arqua les sourcils, lorsque la Princesse faisait référence à sa réputation. Il ne comprit pas immédiatement, en raison du nombre incroyable et incalculable de rumeurs qui courait sur lui.

Il y avait ces rumeurs fantastiques, et absolument fausses. Il était tantôt un homme assoiffé de sang qui se baignerait dans le sang frais, à même le corps, de ses cibles défunts. Il était tantôt un cannibale qui cuisinait avec amour et passion chaque chair de ses ennemis tombés à même le sol. Il mettait ces deux rumeurs sur le compte des nombreux décès qu’il y avait eu durant son premier règne, des « purges » dont il revenait souvent baigné du sang de ses ennemis. Quant à la seconde rumeur, il supposait qu’en raison de sa maitrise poussée du feu, le rendant apte à mille prouesses, bien des esprits avaient dû se chauffer.  

Il y avait également des rumeurs qui n’étaient pas totalement fausses. On le disait cruel, et il ne pouvait nier cet aspect de sa personnalité, façonnée par le désert et par ses défunts parents qui ne juraient que par le Feu. On le disait aussi couard, en raison de ses nombreux alliés ou gardes autour, et il ne pouvait nier, mais il nuançait en indiquant qu’il est surtout « prudent ». Bien des hommes voulaient sa mort, et bien des hommes pourraient y arriver en étant en nombre suffisant. Aussi bon Maître du Feu soit-il – ou futur Grand Maître – il n’en restait pas moins, et infaillible de plus. Enfin, garder autour de soi des hommes permettait d’avoir vent des choses.

Enfin, et il y avait cette terrible et véridique rumeur qui disait qu’il était un danger pour toute femme prude et respectable. Sur ce point, il ne pouvait qu’hausser les épaules, impuissamment. Il aimait ces formes, il aimait ces odeurs, il aimait ces peaux, et rien n’y personne ne pouvait l’empêcher de s’enflammer pour ces créatures-ci. Est-ce que la Princesse pouvait faire partie de ces créatures qui enivraient ses sens, au point de le rendre fou ?

Il profita qu’elle explique la raison de cette marche solitaire pour la détailler discrètement. Une chevelure extrêmement blonde, qui jurait définitivement avec les cheveux du père – qu’elle bénisse les dieux de tenir plus de la mère, que du père, pensa Sven avec amusement -, un corps svelte et une peau de pêche qu’il pariait sur sa tendresse, une caractéristique propre aux demoiselles de son âge qui se perdait avec l’âge. Durant cette étude, il la vit poser une main sur une cuisse et la garder ainsi un certain moment.

Etait-elle blessée ? Cachait-elle quelque chose ? N’étant nullement en droit de demander quoi que ce soit à une telle personnalité, et surtout à un Drogon, il préférait taire sa curiosité.

- Puis-je me permettre de demander qui vous cherchez à comprendre ? Certainement, et uniquement, les hommes et les femmes de votre peuple, glissa-t-il calmement, cherchant à connaître la position de cette fillette et de sa logique. Avait-elle déjà les mêmes idéaux que son père, ou se portait-elle vers des idées nouvelles propre à sa génération – mais sûrement fantaisiste et éphémère comme sa jeunesse ?

Il lança un regard à Nymeria puis à ses gardes. Il pouvait enfin comprendre ce qui semblait gêner la demoiselle. Malgré tout, et malheureusement, il n’allait pas s’en détacher – et encore moins, maintenant qu’il avait une Princesse sous ses bras. En effet, ce nouvel protagoniste changeait drastiquement la donne. Si elle tombait accidentellement et s’écorchait le bras, il était certain que le monde entier le mettrait sur son dos. Il ne craignait pas le dit « monde » mais suite à ses discussions avec Orkem et Elwyn, il avait promis d’adopter une attitude conciliante afin de parvenir à divers fins dont eux trois seulement avaient connaissance.

- Je suis un horrible, et vilain Dictateur, voyez-vous ? disait-il, avec une grimace exagérée, dont le but était de prétendre être le méchant de l’histoire. Alors, en tant qu’horrible et vilain Dictateur, je vais aller faire quelques complots contre le monde entier, souffla-t-il, retrouvant des traits normaux. A vous de décider si vous voulez vous risquez dans la Cour des Grands, en entendant toutes ces choses que vous ne devriez pas, ou si vous irez vous balader, à comprendre ce que le peuple ou les peuples veulent.

Avec un air de défi, un sourire narquois aux lèvres, il s’éloigna de quelques pas pour débuter une conversation avec une personne d’une échoppe d’herbes et d’engrais. La personne en question était une personne fripée, aux doigts noueux, mais à l’œil vif. Tout autour de lui, il y avait mille aromes, formant une odeur enivrante. Le marchand lança un simple coup d’œil à Sven pour le reconnaître, et comprendre pourquoi il était là. D’un signe de tête entendu, et implicite, il l’invita à se rendre dans un immeuble un tantinet plus loin, gardé par un homme. Le lieu semblait servir d’une sorte d’entrepôt, plutôt que d’un habitat.

Il s’en approcha et aussitôt, le gardien fit de la place. Sven en profita pour glisser un mot ou deux à ce dernier, notamment le fait de laisser passer une jeune fille à capuche et à la longue chevelure blanche, si jamais elle osait s’aventurer dans les parages.

- Et si possible, ayez un tantinet l’air menaçant, voulez-vous, demanda poliment Sven.
- … Messire .. pourquoi ? demanda ce pauvre gardien, un tantinet surpris par une telle demande.
- Je vous paierai gracieusement si la demoiselle entre ici un tantinet tremblante et effrayée. Je ne sous-entends pas là le moindre acte physique agressif.
- Je ne peux pas faire une telle chose ! Je ne suis pas un criminel, moi ! renchérit le gardien.
- Le rôle consiste juste à faire les gros yeux, ces yeux que vous faites sûrement quand vos enfants font de grossières bêtises ou que votre femme ne vous écoute guère et commet également une erreur.


Le Gardien acquiesça, sans comprendre. Il allait jouer à cet étrange rôle, juste pour la paie supplémentaire. Les raisons, il ne chercherait pas : c’était folie que de comprendre un riche.

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 512
❝ Avatar : Emilia Clarke
❝ Multi-Compte(s) : Mer'Hella Keltar
❝ Crédits : Lux Aeterna || sign: Astra

❝ Métier : Princesse du Nord
❝ Age : 20
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Jeu 29 Juin - 17:30


Le loup et l'agneau
16, Dixième Lune de L'an 836




-Puis-je me permettre de demander qui vous cherchez à comprendre ? Certainement, et uniquement, les hommes et les femmes de votre peuple.

La princesse fronça les sourcils. Il n'était pas dans ses habitudes de ne se préoccuper uniquement de son peuple. Elle n'était pas à Vainui, Dahud était une cité différente, Dahud apportait des possibilités non concevable dans sa région. Tentant de faire fi de la douleur qui ne faisait qu'augmenter, elle se contenta d'un léger sourire envers le dictateur et lui répondit d'une voix assurée et douce.

-Ici à Dahud, mon peuple n'est pas ce qui m'importe le plus. Je connais ceux de Vainui. Je suis rarement au palais, voyez vous. Mais je ne connais rien des autres régions. Et j'aime à attendre ce que l'on peut chanter à propos d'elles...

Elle se perdit un instant dans ses pensées, le regard rêveur en repensant aux contes racontés sur la culture et l'environnement de Sezni.

Comment pouvons nous vivre en paix sans nous connaître les uns les autres ? Comment pouvons nous gouverner – et elle appuya particulièrement sur ce terme là, les yeux rivés dans ceux de Sven – sans nous connaître ?

Nymeria rêvait de pouvoir voyager, découvrir les autres pays, les autres cultures, peut-être même voir au delà des frontières d'Oranda. Ce n'était un secret pour personne. Son amour de la culture et de la découverte était un chant que l'on comptait assez souvent dans les rues. Mais comme tout Orandiens, la princesse était soumise aux règles de la séparation des éléments. Séparation qu'elle trouvait absurde. Sans aucun doute que, si elle n'était pas née princesse, elle aurait fait partie de ces voyageurs illégaux. Eux qui découvrent tout, eux dont viennent ces chants si particuliers. Le climat arride de Sezni avec son désert, ses oasis, ses habitations dans des grottes afin de ne pas trop souffrir de la chaleur. Nymeria détailla un instant le dictateur, il avait le teint bronzé, mais pas autant qu'elle ne se l'était imaginé. De toute évidence, n'importe quel Sezniens paraissait mâte aux côtés de la princesse de Vainui, elle qui avait la peau si pâle et si laiteuse. A croire que le soleil lui-même redoutait de trop s'en approcher et d’abîmer son teint.

Les angoisses qu'elle avait pu ressentir précédemment avaient finit par s'apaiser. Nymeria semblait s'habituer un peu plus à la proximité de cet homme : Sven Ramose. Elle ne pouvait le nier: la princesse avait toujours eut une certaine fascination vis à vis de lui. Lui qui avait souvent provoqué des vagues de colère chez son père, le bon Roi Andar. Qu'avait-il de si particulier pour qu'Andar s'en méfie autant ? Que lui avait-il fait, à lui ? Elle savait, vaguement, les fautes commises par Sven. Renverser la monarchie en place à Sezni, les ''purges'', le fait de tuer des dizaines de familles sous prétexte qu'elles soutenaient l'ancienne monarchie, il avait aussi massacré les monarques. Bien sûr, Nymeria ne pouvait tolérer de tels actes, mais cela ne déclenchait pas, pour autant, une vague de rage en elle. Du dégoût oui. De la pitié pour cet homme qui n'avait aucun discernement. Mais de la haine ? Non.

- Puis-je vous demander ce que vous faites dans ce Grand Marché ? Je doute que vous soyez venu écouter le discours de mon père. 

Le ton utilisé se voulait condescendant, quoi que respectueux. Elle devait rester à sa place et lui de même. Mais Nymeria savait qu'il fallait qu'elle s'affirme dès les premières minutes vis à vis de cet homme pour qu'il la prenne un minimum au sérieux. Peut-être finirait-il par comprendre qu'elle n'était pas plus l'agneau que lui. Qu'ils étaient en somme deux loups.

Je suis un horrible, et vilain Dictateur, voyez-vous ? Alors, en tant qu’horrible et vilain Dictateur, je vais aller faire quelques complots contre le monde entier.

La princesse ne put empêcher un sourire amusé sur son visage, elle cacha celui-ci avec le revers de sa main qui était toujours un peu tremblante, étonnamment.

- A vous de décider si vous voulez vous risquez dans la Cour des Grands, en entendant toutes ces choses que vous ne devriez pas, ou si vous irez vous balader, à comprendre ce que le peuple ou les peuples veulent.

Il lui lança alors un regard que la princesse ne put ignorer. Il la défiait. Il n'avait pas idée d'à qui il avait à faire. Prude, jeune, innocente, sans doute. Mais rancunière et combattante avant tout. Souhaitait-il l'attirer dans un piège ? Elle doutait fort qu'il soit assez stupide pour cela. Sven devait savoir que tuer la princesse de Vainui, ou la kidnapper en ces temps si sombres ne serait pas un bon parti. Il lui tourna le dos, n'attendant pas qu'elle daigne répondre. Nymeria l'observa du regard, il s'avança vers une échoppe d'épice et discuta très brièvement avec le marchand. Elle haussa un sourcil, le voyant s'éloigner finalement, suivi par ses hommes. Il tourna s'engouffra dans un hall un peu plus loin et disparut de sa vue.

La douleur avait disparue. Elle s'en rendit compte. Peut-être était-elle vraiment créé par la présence de ces trois maîtres du feu... Sans plus de réflexion, elle décida de remettre à plus tard son écoute des rues et suivit avec exactitude les pas du dictateur. Elle s'engagea à son tour dans le hall qui menait sur une petite cour, un espèce d’entrepôt. Un homme, le gardien sûrement, la laissa passer, cependant il lui lança un regard qui interpella Nymeria. Celle-ci haussa un sourcil avant de se retourner vers lui, calmement. Elle prit les mains de l'homme dans les siennes et lui sourit.

- Vous semblez trop bon pour pouvoir effrayer une jeune fille. Soyez bénis.

Alors, sans plus ni moins de cérémonie, elle s'engagea à son tour dans l’espace. La princesse apercevait Sven au loin. Ses pas résonnaient dans la cour comme le bruit de petite goûtes d'eau qui tombaient de façon régulières.

-Généralissime ! L'interpella-t-elle d'une voix forte et assurée.

Elle ôta sa capuche tout en continuant d'avancer. Une fois à sa hauteur, elle lui décrocha le même sourire de défi que lui, quelques instants plus tôt. Elle fit la révérence, lui présentant ainsi ses respects avant de planter son regard dans celui du dictateur.

-Si vous êtes le vilain dictateur, je ne suis que la princesse naïve. Alors je vous suis. Montrez ces choses que je ne suis pas censée voir. Mon père mourrait sur le champ s'il me savait avec vous. Quand bien même, vous me défiez, me voilà. Dois-je craindre pour ma vie, ô vilain dictateur ? Ou puis-je supposé que vous trouverez juste de ne pas m'assassiner sur le champ, que cette action ne sera pas... politiquement correct ?

Malgré elle, Nymeria se rendit compte qu'elle appréciait la personnalité de cet homme. Fier, assuré. Il ne laissa passait aucune faille. Mais elle était bien décidée à les trouver. Derrière ce masque de cruauté devait bien se cacher un cœur, un cœur sans doute meurtrit. Si tel n'était pas le cas, elle allait devoir se résoudre à l'idée que Sven Ramose n'était qu'un fou furieux.

-Permettez moi cependant une aparté. Reprit-elle, sérieusement. Ses traits enfantins revinrent se plaqué à son visage tandis qu'elle posait de nouveau la main sur sa cuisse. Nous reprendrons ce jeu de politiciens dans une minute. Mais avant cela...

Elle resta hésitante un instant, ne sachant comment formuler sa question. Celle-ci pouvait être très mal vue, étant donné leur rang respectifs, mais Nymeria n'y tenait plus. Elle devait savoir.

- J'ai été brûlée lors de ma cérémonie. J'ai tenté de traversé le mur de flamme, mais Malaggar ne m'avait visiblement pas bénie, elle affichait presque un regard triste. La douleur est restée durant une lune après cela. Puis disparue. Mais voilà qu'en votre présence... elle semble s'éveiller. Vos dons de maître du feu, je présume, peuvent-ils réveiller une brûlure éteinte depuis longtemps ? Ou bien est-ce mon esprit qui me joue des tours ?


© BLACK PUMPKIN

______________________

❝ We accept the love we think we deserve❞ Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 349
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur du Sud
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Ven 7 Juil - 23:59

« La Princesse est donc rarement au Palais. Pourquoi Styx ne m’en a-t-elle toujours rien dit ? » ne put s’empêcher de se demander Sven. Cette dernière prétendait ne pas pouvoir approcher la Cour, et par conséquent ne pas obtenir grandes informations. Pourtant, en l’espace de deux ou trois phrases, le Dictateur avait déjà percé une habitude de la Blonde. « Et une telle blondeur ne peut pas passer aussi inaperçue ».

Il avait remarqué que certaines régions avaient des caractéristiques physiques propres. C’était une chose naturelle, que ce soit entre la parenté ou les conditions climatiques. Pourtant, certaines personnes se démarquaient et Nymeria était de ces personnes. Elle n’était pas « juste » blonde, elle était plutôt platine aux yeux du Sudiste.

Enfin, et plus important, une espionne digne de ce nom passera plus de temps aux alentours du palais, à guetter discrètement les allés-venus. Un tantinet agacé, il prit son mal en patience. Ce n’était que les premières semaines : Styx fera de son mieux prochainement, et lui apportera enfin des nouvelles croustillantes et utiles ! Leur rencontre ne datait que de quelques jours, par ailleurs.

- Connaître les hommes en temps de paix ne signifient pas que vous les connaîtrez en temps de guerre, répondit-il en soutenant le regard de la demoiselle.

Il y a quelques années, Sven avait également cru naïvement que connaître un homme était prévoir chacun de ses mouvements. Il avait compris avec le temps, et surtout suite à sa Dictateur, que l’appel du sang, la peur de la mort et bien d’autres paramètres – comme un environnement chaotique – pouvait drastiquement changer des hommes et des femmes. Dorénavant, le Dictateur ne jurait que par deux choses : les parentés – nous finissons toujours par leur ressembler, et donc autant connaître son ennemi en étudiant ses parents davantage – et les informations au jour le jour par son réseau. Les spéculations, les études psychologiques … Il ne fondait plus toutes ces tactiques sur ces théories floues et illusoires.

- Souvent, connaître un homme est la raison pour laquelle vous déclarerez la guerre, indiqua calmement Sven. Car cette personne vous dégoutera juste par son existence.

Andar et Sven étaient arrivés à ce niveau-ci. L’un et l’autre se haïssait. Le premier car il ne voyait en Sven qu’un usurpateur aux trop grandes ambitions. Le second car il voyait en Andar qu’un trop dangereux adversaire pour la dernière étape de son plan. Ils détestaient tout de l’autre, allant de sa force, à son courage comme à son intelligence. Chacun méprisait les qualités de l’autre – des qualités qu’ils pouvaient ignorer, ne rendant la confrontation que plus complexe et compliquée. En effet, il est facile de faire tomber un simple mauvais homme barbare. Il est plus compliqué de le faire quand ce dernier savait revêtir tantôt la tenue d’un Berger, tantôt la tenue d’un Loup, tantôt la tenue du Chaperon-Rouge. Sven était comme ces serpents aux regards charmeurs, et à la langue fourchue amusante.

***

Il n’eut guère longtemps à attendre avant d’entendre les petits pas de la Princesse. Un sourire amusé s’étira sur ses lèvres, et une lueur se mit à briller dans ses yeux. Le jeu pouvait démarrer.

- Pourquoi vous tuerais-je ? s’enquit-il, riant entre temps devant l’audace de la demoiselle. Que m’apporterait votre mort, hormis la guerre à ma porte ? Et plus important, pourquoi priverais-je vos futurs amants de votre beauté ? conclut-il avec un clin d’œil.

Il pensait avoir fini avec cette conversation, et donc se pencher sur le véritable sujet, quand la blonde l’interrompit pour lui poser une question assez inattendue. La première chose qu’il se dit fut qu’elle était bien pipelette et que Styx pourrait obtenir bien des informations, sans effort, de la part de la Princesse. Ne laissant rien paraître de ses réelles pensées, il opta pour le masque du politicien qui étudiait sérieusement la question.

- Gardes, éloignez-vous de la Princesse, ordonna-t-il dans un premier temps. Puis, il prit une grande inspiration et aussitôt, un doux courant frais pouvait se ressentir. Pour sa part, il eut un léger frisson. La chaleur du désert est très importante, Princesse. Dès lors, quand nous quittons nos terres natales, nous trouvons les autres régions toujours « plus » fraîches. Alors, nous nous adaptons, nous nous « réchauffons » disons.

Il inspira encore un tantinet et aussitôt, la chaleur revint dans l’environnement du Dictateur, illustrant donc parfaitement ses propos, quoiqu’un tantinet agacé de faire une démonstration pareille – comme s’il était un saltimbanque. Cependant, et comme il avait promis, il allait se montrer conciliant avec les gens de Vanui, et surtout leurs dirigeants – et futurs dirigeants.

- Cette chaleur excessive peut éveiller une vieille douleur … mais je pense que cette chaleur titille surtout votre souvenir. En somme, je dirais un mélange psychologique et physique à la fois. Vous serez bien surpris de savoir à quel point l’esprit humain, par sa complexité, est à l’origine de bien des phénomènes.

L’éducation militaire comme scientifique de Sven était très importante, mais tout ce qui concernait l’amour familial avait été sacrifié en cours de chemin.

- Quant à savoir si c’est moi qui éveille seulement … je ne sais pas. Nous sommes trois Feux, et je doute que vous avez été en présence de tant de personne de ma Nation. Comme vous l’avez fait remarquer si bien, votre père en mourrait. Il se retint difficilement de faire de l'ironie. Il souhaiterait tant que les choses soient si simples, mais elles ne l'étaient pas.

Il ne répondait pas à la question. Il ne voulait pas faire refléter une quelconque puissance réelle ou illusoire. Ceux qui voulaient connaître son don, et son étendu, devait le mériter ou le provoquer. Il ne fournirait pas des explications détaillées, et théoriques.

- Nous nous reverrons sûrement, juste nous deux. Vous me direz alors si cette douleur est toujours là, et à quel point elle vous fait mal, dit-il en ne quittant pas son regard, en ne bougeant pas. Il aurait pu rester ainsi dans cette attitude figée, et continuer, mais une voix les interrompit. Le marchand était là.
- Généralissime, mes hommages à nouveau. Le jeune homme qui devait étudier votre problématique est également là, pour vous faire part de son avis suite à ses études.

Il s’empara délicatement de la main de la Princesse et la dirigea tout droit vers une unique pièce.

- Dites-moi Princesse, qu’avez-vous entendu de Sezni jusqu’à maintenant ? Et pensez-vous que nous avons une problématique précise ? Si oui, quelle serait notre plus grande problématique ?

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 512
❝ Avatar : Emilia Clarke
❝ Multi-Compte(s) : Mer'Hella Keltar
❝ Crédits : Lux Aeterna || sign: Astra

❝ Métier : Princesse du Nord
❝ Age : 20
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Sam 8 Juil - 15:14


Le loup et l'agneau
16, Dixième Lune de L'an 836




-Connaître les hommes en temps de paix ne signifient pas que vous les connaîtrez en temps de guerre. Souvent, connaître un homme est la raison pour laquelle vous déclarez la guerre. Car cette personne vous dégoûtera juste par son existence.

Nymeria n'avait rien dit face aux paroles du dictateur. Pour autant, elle n'en pensait pas moins. La princesse de Vainui n'avait connu que la paix et espérait au plus profond de son cœur, que la situation reste ainsi. La haine qui liait Sven Ramose et Andar Drogon, son père, était connue de tous. Les deux hommes étaient de stricts opposés. Pour autant, elle doutait fort que son père déclare la guerre à cet homme par simple ''dégoût''. La guerre entraînait beaucoup trop de choses pour accepter que celle-ci ne soit déclaré que parce qu'il n'aimait pas Sven. Mais peut-être que le dictateur ne pensait pas ainsi, peut-être trouvait il que la haine entre deux êtres était une raison suffisante pour mettre à feu et à sang deux nations. Après cela, il lui avait tourné le dos, lui donnant, en guise de défi, l'idée de le suivre. Ce que Nymeria fit. Elle ne savait pas dans quoi elle s'embarquait, mais ne se sentait pas particulièrement menacée par Sven. Peut-être qu'en apprenait des choses sur lui, peut-être qu'en lui montrant le nouveau visage de la monarchie de l'eau, peut-être alors, serait-il plus enclin à revoir ses positions à leur propos.

Rejoignant donc Ramose, elle lui avait intimé, sur le même ton que lui, qu'elle osait supposer que sa vie n'était pas en danger.

-Pourquoi vous tuerais-je ? Que m’apporterait votre mort, hormis la guerre à ma porte ? Et plus important, pourquoi priverais-je vos futurs amants de votre beauté ?

Elle sourit béatement à ces propos, sentant le rouge lui monter aux joues face à la flatterie du dictateur. Pensait-il réellement qu'il pouvait ainsi, se mettre Nymeria dans la poche ? La jeune femme était toujours chaste, elle se préservait pour le mariage. Les flatteries d'un homme, surtout celles d'un dictateur, ne lui importait guère. Cependant, elle semblait avoir comprit ce jeu que Sven désirait lancer. Alors elle allait jouer. Elle serait le loup déguisé en agneau, laissant le terrain libre à cet homme, voir où il était capable l'emmener. Peut-être même, découvrir un peu plus ses attentions. Mais Nymeria n'était pas dupe. Elle savait qu'elle serait celle qui allait être piégée, et non l'inverse. Mais tendre un piège à quelqu'un est la meilleure façon de démontrer ses faiblesses. Et même si elle s'impatientait de découvrir un peu plus cet homme qui la fascinait, elle ne put s'empêcher de poser cette fameuse question à propos de sa cuisse droite. Brûlure douloureuse à cet instant.

Il intima alors, d'un ton sec et dur, à ses gardes de s'éloigner de la princesse. Et, prenant une grande inspiration, celle-ci sentit comme un souffle frais la traversé. Sven Ramose lui expliqua alors que, les êtres dotés du pouvoir du feu pouvaient réchauffer ou revoir leur température corporelle. La jeune femme acquiesça doucement, écoutant, intriguée et stupéfaite devant cette démonstration de pouvoir. Il inspira de nouveau et la chaleur revint. Elle tenta de ne pas affiché trop sa satisfaction, mais ne put empêcher un léger sourire.

-Cette chaleur excessive peut éveiller une vieille douleur … mais je pense que cette chaleur titille surtout votre souvenir. En somme, je dirais un mélange psychologique et physique à la fois. Vous serez bien surpris de savoir à quel point l’esprit humain, par sa complexité, est à l’origine de bien des phénomènes. 

Elle leva un sourcil, d'autant plus intriguée par ses derniers propos. S’intéressait-il à la psychologie ? Voilà un homme pleins de connaissance, Nymeria aurait voulu lui demander de lui en dire plus, mais là n'était pas le propos de leur rencontre hasardeuse. Ils avaient mieux à faire. Elle se contint  alors d'en demander plus.

-Nous nous reverrons sûrement, juste nous deux. Vous me direz alors si cette douleur est toujours là, et à quel point elle vous fait mal.


Nymeria sourit malgré elle, cette prochaine entrevue lui plaisait déjà. Qui était cet homme lorsqu'il était loin du regard de tous ?

-Cette nouvelle rencontre promet d'être intéressante. Murmura-t-elle doucement, m'en direz-vous plus à propos de la complexité de l'esprit humain ?

Une voix finit par les interrompre, un homme. Il salua de nouveau le dictateur, la princesse haussa un sourire, un instant vexée de ne pas être saluée elle aussi. Il parlait d'études que le dictateur aurait demandé. Allait-il emmener la princesse de Vainui à ce compte rendu? La situation devenait de plus en plus intéressante pour Nymeria qui tentait de faire fi de la douleur lancinante qui revenait. Peut-être était-elle vraiment psychologique après tout. Elle ne fréquentait jamais des êtres bénis par Malaggar. Hormis Noah, il y a des années de cela. Mais la jeune femme avait quitté le palais, sur ordre de Nymeria, bien avant qu'elle ne passe sa cérémonie et que les flammes ne viennent lécher sa cuisse.

La jeune femme prit le parti de se laisser guider. Elle laissa les traits enfantins de son visage réapparaître, si elle devait être l'agneau de ce compte bien étrange qu'ils étaient en train de créer, elle se devait d'être l'innocente princesse. Curieuse, amoureuse de la connaissance et sous le charme de cet homme qui, il fallait l'avouer, n'était pas déplaisant à observer. Il lui prit doucement la main pour l'emmener dans une nouvelle pièce. Nymeria se tendit quelque peu suite à ce contact physique, ses sourcils étaient froncés mais elle garda la tête droite. Devait-elle lui montrer ses faiblesses pour qu'il lui montre les siennes ? Elle appréhendait un peu, il était vrai, de se trouver dans une pièce close entourée des hommes de Sven Ramose et de lui-même. Celui-ci prétendait ne pas vouloir la guerre à sa porte, Nymeria était persuadée du contraire. Mais elle viendrait titiller ce sujet à un autre moment. Pour l'heure, elle se laissa guider. Répondant à la question qu'il venait de lui poser.

-On m'a vanté la beauté des paysages arides de Sezni. Le désert et le climat, elle leva les yeux, croisant le regard de Sven, le laissant apercevoir son émerveillement. Si vous saviez à quel point j'aimerais les voir de mes propres yeux. Puis, elle reprit son sérieux. On m'a souvent soufflé que vous êtes l'homme le plus riche de Sezni, Généralissime. Cependant, d'autres chants semblent dire que votre peuple a faim, et qu'il est, en grande majorité, pauvre. Votre règne est existant avec la peur. Vous êtes craint et non aimé. Si le peuple meurt de faim, sans doute ne sera-t-il pas votre allié quand vous en aurez besoin...

Elle laissa sa dernière phrase en suspend. S'il comptait déclarer la guerre, la princesse n'avait pas tord. Il ne pouvait pas uniquement compter sur sa force militaire, le peuple, d'une façon ou d'une autre, serait impliqué. Si les sujets aiment leurs souverains, ils seront plus enclins à suivre celui-ci. Hors, ce n'était pas le cas de Sezni.

© BLACK PUMPKIN

______________________

❝ We accept the love we think we deserve❞ Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 349
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur du Sud
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Mer 19 Juil - 0:07


Sven sentait que la Princesse à la chevelure dorée, voire quasi blanche, n’était pas indifférente aux flatteries. Quant à la rougeur qui teintait légèrement son teint de porcelaine et ce court silence vis-à-vis de ladite flatterie - peut-être trop osé pour une royauté -, tout ceci indiquait qu’elle était encore bien ignorante des choses de l’amour. Généralement, les femmes de son entourage avaient soit tendance à remettre à sa place l’impertinent qu’il faisait, soit à se montrer malicieuse et pleine d’esprit, soit à faire preuve d’une certaine maturité. Un court instant, il se rappela de cette époque lointaine où il était novice dans ce domaine-ci, où une simple poitrine pouvait le faire rougir et le mettre à l’embarras… Il faut avouer que l’innocence et la fascination des premières expériences lui manquaient un peu. On ne pouvait guère le blâmer, car aujourd’hui, il était difficile de le surprendre, ce qui compliquait certaines relations ou nuits. Oh, on arrivait toujours à le satisfaire – ou trouvait-il toujours un moyen de satisfaire – mais à chaque fois, il fallait être ingénieux… Il eut une douce pensée pour une petite frimousse blonde dans un bordel du Dahud, ou encore pour Jynn… Deux femmes qui savaient le surprendre.

Il arqua enfin les sourcils quand elle demanda s’il comptait étayer davantage sa théorie sur la complexité de l’esprit. En soit, cela ne le gênait pas – il aimait toujours discuter sur ce genre de sujet-ci, pour comprendre ce monde, pour enfin donner un nom à des choses que le monde considérait stupidement  et à tort comme « surnaturel ». Même leur pouvoir devait avoir une explication. Il suffisait tout simplement de comprendre. La vraie question était de savoir par où doit-on débuter, pour comprendre.

Les questions étaient nombreuses, et les réponses que trop peu. Dès lors, bien des femmes trouvaient ce genre de discussion stérile et ennuyante. Dès lors, généralement, il se contentait que de donner les contours les plus grossiers mais les plus simples à comprendre à autrui. En temps ordinaire, les personnes se contentaient de s’extasier et de se limiter qu’à une vague explication. A voir si la jeune Nymeria faisait partie de cette catégorie, ou si elle était faite d’un tout autre bois.

- Je ne suis jamais contre pour partager certaines connaissances
, souffla Sven. Cependant, je crains que ce genre de sujet vous ennuie. Je vous propose de vous renseigner au préalable auprès des grands esprits de votre Nation. Puis, si le sujet vous intéresse toujours, n’hésitez pas à en m’en faire part. Notre discussion pourrait même être plus riche avec les connaissances de votre région.

Il se demandait si la région en question s’adonnait aux dissections sur les cadavres, comme Sven et un homme de science en qui il avait une grande confiance. En soit, la dissection n’avait pas été faite uniquement pour cette affaire de complexité de l’esprit humain, mais également pour tenter de comprendre l’origine de la « Matière ». L’idéal serait de mettre la main sur un être de Matière, et comparer la structure de son cerveau à celle d’un vivant. Malheureusement, cette caste était complexe à retrouver et – plus important – Sven ne désirait pas « immédiatement » s’en faire des ennemis. Il avait de grands projets pour ces derniers, s’ils répondaient à certains de ses critères…

- Vous dressez un tableau … qui n’est guère nouveau, Princesse , répondit calmement Sven, habitué à ces pics. Le peuple se mourrait déjà de faim avec l’ancien régime. A vrai dire, jusqu’à ma Cérémonie, je n’avais jamais quitté Sezni. A mes yeux, un homme qui mourrait de soif ou de faim devant un autre homme gras et richement vêtu m’était un paysage ordinaire et habituel. Puis, suite à ma Cérémonie et suite à l’héritage du commerce parental par la suite, j’ai vu que les choses ne sont pas comme ça partout. J’ai mis fin à l’ancienne dynastie non pas par plaisir sadique, mais parce qu’elle était devenue fainéante et avare.

Cette histoire n’était pas fausse. Cependant, l’utilisation spécifique de certains mots, cette confiance parfaite en soi, l’absence de tout remord face à l’aveu des actes horribles qu’il sous-entendait avoir commis et cette voix posée ne résultaient qu’en une chose : une histoire presque « héroïque », une histoire où il était le prochain sauveur de la Nation.

- Vous vous montrez cruels, comme tout le monde, je dirais. Je ne suis au pouvoir que six ans. En six ans, nous ne pouvons pas changer la face d’une Nation. En six ans, j’ai surtout mis de l’ordre au sein de la Région, appris la notion d’honneur à ce peuple déchu, redresser les financements de l’Etat et améliorer la sécurité de mon pays. J’ai dû prendre des mesures drastiques, et je continuerai à en prendre, mais parce que la politique précédente était trop laxiste. Beaucoup de personne se permette trop de choses. Mais plus sous mon règne.

Sven pouvait se vanter de diriger d’une main de fer sa région. S’il effrayait beaucoup de personnes, il commençait à rallier à sa cause un nombre croissant de personne, notamment ceux qui sentaient un vent de sécurité au sein des rues ou des grottes, et surtout un semblant d’espoir en l’avenir – un avenir où la faim ne sera plus une sinistre voisine du quotidien.

- Et voici un nouveau projet qui risque de me prendre six autres années, et six autres années de blâme. Sven le Dictateur prive sa région d’eau, par exemple
, ironisa-t-il avec un ton soudainement plus léger.

Entre temps, ils étaient arrivés à une pièce unique où se trouvait une seule table – assez grande – qui semblait soutenir un véritable plateau. Malheureusement, le plateau en question était invisible aux yeux de chacun, car il était recouvert d’un voile blanc. D’un geste de la main du Dictateur, un jeune homme présent dans la pièce souleva ledit voile, révélant là la maquette de l’arrière façade d’un somptueux palais… et surtout d’un riche jardin vert.

Le vert des plantes avait été fait à partir de minuscules étoffes, et les troncs des arbres avec quelques fines bâtonnets en bois vernis. Enfin, quelques sculptures minuscules et en pierres d’animaux étaient posés un tantinet partout.

- Bonjour Généralissime, et bonjour à vous Princesse Nymeria, s’inclina-t-il aussitôt. Je suis Yari, un humble homme de la terre.
- Bien, l’humble architecte, si nous pouvions passer au sujet qui m’intéresse. Le temps compte, dans mon cas, coupa court Sven, soudainement animé d’une impatience réelle qu’il n’arrivait pas à cacher. Avez-vous trouvé une solution à mes problèmes ?
- Par rapport au Jardin que vous souhaitez faire à l’arrière de votre palais, il est tout à fait possible de détourner une partie substantielle de cet oasis pour pouvoir constamment irriguer les plantes, ou abreuver les bêtes. En raison du climat, par contre, et de la rareté de l’eau, je vous propose certaines plantes spécifiques…

Aussitôt, et pendant un bon quart d’heures, l’architecture présenta les plantes à cultiver, les animaux à favoriser pour Sezni etc…

- J’ai des invités de marque au sein de mon Palais, et je me rends compte que l’absence de végétation rebute beaucoup, expliqua Sven, omettant d’indiquer la présence forcée de Zora ou encore ses idées de festivités grandioses pour ledit jardin. Bien… Yari, qu’en est-il de l’autre projet ? J’espère que tu m’apporteras d’aussi bonnes nouvelles.

Aussitôt, le fameux Yari se tortilla. Le second projet était plus important pour Sven, et ce dernier l’avait signalé expressément.

- C’est que… Les Volcans sont extrêmement imprévisibles, Généralissime.
- L’un des Volcans présente des coulées de lave régulières, indiquant un seul sens.
- Cependant, l’autre Volcan n’indique rien. Ajoutons à cela qu’on dit que cette région est davantage sujette à quelques tremblements de terre.
- Et donc ?
- La terre est fertile, pour cultiver des choses… Mais elle n’est pas stable ni sécurisée. Supposons que vous cultivez, il n’y a pas un point d’eau suffisamment proche pour une culture saine et vigoureuse. Et selon la taille que vous voulez… Il faut avouer que c’est difficile. Voire impossible.
- Je me suis déplacé jusqu’au Dahud … Pour entendre un « impossible » ? Vous moquez-vous de moi ?
demanda froidement Sven, en fixant intensément le pauvre homme. Impossible est votre dernier mot ?
- Oui…
- Et vous, que pensez-vous Princesse ?
, répondit Sven. Personnellement, je pense qu'il se moque de moi, et me prends à la légère. Etre capable de me façonner un jardin pour mon bon plaisir personnel, mais être inapte à me fournir les plans d'un projet qui peut servir mon pays... voilà une chose surprenante. Je me serais attendu à l'inverse, à vrai dire.

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 512
❝ Avatar : Emilia Clarke
❝ Multi-Compte(s) : Mer'Hella Keltar
❝ Crédits : Lux Aeterna || sign: Astra

❝ Métier : Princesse du Nord
❝ Age : 20
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Ven 21 Juil - 11:22


Le loup et l'agneau
16, Dixième Lune de L'an 836





Nymeria ne cachait plus le plaisir qu'elle ressentait d'être ainsi en la compagnie de cet homme au charme fou, dictateur ou non. Il était cultivé et intéressant. Elle se perdait elle-même dans le rôle qu'elle désirait se donner : celui de l'agneau. Sven Ramose menait la danse d'un main de maître, la manipulation était sans doute une de ses qualités douteuses. Il lui intima de se renseigner au préalable auprès de la nation sur la complexité de l’esprit, elle ne put s'empêcher de faire une moue quelque peu déçue. Elle voulait l'apprendre par Ramose, pas par ses éducateurs. D’autant que ces derniers considéraient souvent que les interrogations étaient hors sujet vis à vis de son statut politique. Tout tournait autour de cela, l'enjeu politique. Elle devait apprendre au plus vite à gouverner et ne plus se laisser duper. Beaucoup pensaient que Nymeria était une jeune femme naïve, mais elle ne l'était pas. La princesse était lucide sur bien des sujets, sans doute était-elle parfois plus franche et autoritaire que son père, moins douce aussi. Nymeria Drogon, en tant qu'héritière du trône de Vainui ne pouvait se permettre de dévoiler les flèches qu'elle avait à son arc, elle se contentait de jouer toujours le rôle de la princesse en devenir, intéressée, sans plus, par le pouvoir. Pourtant, quelques jours avant, elle avait décidé de renoncer à une idylle au profit de celui-ci. Elle était née dans le but, l'espoir et avec le destin d'une régente en devenir. Et c'est ce qu'elle voulait être. Rien n'y personne ne pouvait l'en empêcher.

Crispée quelque peu, par la main que Ramose lui tendit, elle se mit à le suivre, la tête haute, l’appréhension en elle. Elle réfléchit un instant, Nymeria se visualisa mentalement la situation : elle agissait de sorte à ce que le dictateur ne voit en elle qu'une enfant, une femme en devenir. Douce, innocente. Oserait-elle à son tour s'adonner au jeu de la séduction avec cet homme ? Leurs rangs respectifs leur empêchaient, d'office, une relation. Non pas que la princesse désir s'unir avec cet homme, mais peut-être flancherait-il sous ses flatteries. Il était sans doute un homme à femme, bien qu'il n'ait pas d'épouse. Elle haussa doucement un sourcil, pourquoi n'avait-il pas d'épouse ? Ne pensait-il pas à sa descendance ? Ou trouvait-il qu'il n'y avait personne qui puisse être à sa hauteur ? Elle ne devait pas oublier que Sven Ramose était réputé pour être égocentrique, il se considérait comme le meilleur de tout Oranda et c'était octroyer le droit de prendre le pouvoir à Sezni alors qu'une monarchie était en place depuis des années déjà.

-Vous vous montrez cruels, comme tout le monde, je dirais. Je ne suis au pouvoir que six ans. En six ans, nous ne pouvons pas changer la face d’une Nation. En six ans, j’ai surtout mis de l’ordre au sein de la Région, appris la notion d’honneur à ce peuple déchu, redresser les financements de l’Etat et améliorer la sécurité de mon pays. J’ai dû prendre des mesures drastiques, et je continuerai à en prendre, mais parce que la politique précédente était trop laxiste. Beaucoup de personne se permette trop de choses. Mais plus sous mon règne.

La princesse leva les yeux au ciel, irritée. Ils avaient enfin atteint la pièce où Ramose souhaitait l'emmener depuis le départ, ce qu'il voulait visiblement lui montrer. Le lieu était sobre, une grande table en son centre était recouverte par une nappe blanche. Curieuse, elle attendit qu'il lui en explique le contenu.

-Et voici un nouveau projet qui risque de me prendre six autres années, et six autres années de blâme. Sven le Dictateur prive sa région d’eau, par exemple.
Je ne vous permet pas de me considérer cruelle, Généralissime. Souffla-t-elle doucement, bien que le ton de sa voix trahissait son agacement. Ne savez-vous donc pas qu'il n'y a pas de personne plus douce que moi ? Elle croisa les bras sur sa poitrine, l'air hautain et sûre d'elle, oubliant un instant de porter le masque de l'agneau. Je juge sur ce que j'entends, je ne peux laisser passer le fait que vous vous soyez octroyer un pouvoir qui n'était pas le votre. Rétablir l'ordre, l'honneur et les financements de l'Etat. Certes. Vous n'aviez pas besoin d'argent, votre peuple, par contre...

Un homme vint à son tour entrer dans la pièce, il salua les deux représentants d'une révérence et se présenta comme étant Yari, un homme béni par la terre. La princesse lui sourit doucement, un sourire enfantin et innocent, Nymeria était quasiment certaine qu'elle ferait fondre n'importe quel cœur avec ce rictus. Mais peut-être pas celui du dictateur. Elle tourna le regard vers lui. Comment pouvait-elle l'atteindre ? Il était habitué aux piques et à l'agressivité à son égare, il se sentait toujours suppérieur, qu'importe la situation. La flatterie devenait finalement l'une des dernières options pour la princesse. Elle allait devoir flatter l’ego de cet homme. Nymeria sentait son cœur se balancer, osciller entre l'amitié et la haine à son égare.

Ramose semblait animé par l'impatience et coupa court aux réflexions de la jeune femme. Elle fit un pas vers l'arrière, se tenant en retrait du tableau qui se jouait sous ses yeux, écoutant sagement, analysant ce que l'on y chuchotait. Il souhaitait visiblement créer de magnifiques jardins pour son palais, à Sezni. Voilà bien une étrange idée, ne pensait-il toujours qu'à son confort ? La princesse ne put s'empêcher d'être ébaie devant la beauté des miniatures qui se trouvaient devant elle : elle rêvait tant de voir Sezni de ses propres yeux. Étonnamment, étrangement, malgré sa mésaventure avec le feu, elle avait toujours été prise d'amour pour cet élément, bien que bénie par l'eau. Jamais Nymeria ne ferait d'infidélité à sa déesse Glore, mais le feu et l'eau étaient des éléments opposés, littéralement. Elle avait fait l'expérience des flammes léchant sa cuisse -elle reposa sa main sur celle-ci -, Ramose avait-il rencontré la dangerosité de l'eau ? Peut-être pendant sa cérémonie. La princesse était bien loin d'être née à ce moment là. Une fois que l'homme – Yari – eut finit d'énumérer les plantes qui pouvaient survivre à Sezni, le dictateur enchaîna sur son second projet. La princesse se devait d'avouer qu'elle n'en comprenait pas bien l'ampleur ni le but, comment pouvait-il mettre à profit des volcans ? L'homme de la Terre eut le malheur d'annoncer au dictateur que ce projet là n'était pas viable, elle vit le visage de Sven se fermer, soudain tendu et déçu, il lui lança un regard à glacer le sang.

-Je me suis déplacé jusqu’au Dahud … Pour entendre un « impossible » ? Vous moquez-vous de moi ?  Impossible est votre dernier mot ? 
- Oui… 
- Et vous, que pensez-vous Princesse ? , Personnellement, je pense qu'il se moque de moi, et me prends à la légère. Être capable de me façonner un jardin pour mon bon plaisir personnel, mais être inapte à me fournir les plans d'un projet qui peut servir mon pays... voilà une chose surprenante. Je me serais attendu à l'inverse, à vrai dire.

Elle haussa de nouveau un sourcil, surprise qu'il l'intègre dans cette discussion qui ne la concernait aucunement. Nymeria fit de nouveau un pas vers eux, se plaçant plus proche de Yari que du dictateur, elle posa une main douce et réconfortante sur l'épaule de celui-ci. Elle prit une longue inspiration avant de planter son regard turquoise dans les yeux bleus-gris de Ramose.

-Généralissime. Murmura-t-elle d'abord d'une voix doucereuse. Cet homme est béni par Tarlyn, il connaît bien plus la terre et l'environnement que vous et moi. Je ne pense pas qu'il se moque de vous. Elle esquissa un sourire qui se voulu carnassier. Votre projet de jardin semble plus réalisable, sûrement parce que vous l'avez plus réfléchit. Vous l'avez dit tout à l'heure, vous n'avez que 6 années d’expériences en tant que régent d'un pays. Vos invités de marque seront très heureux, sans doute, de pouvoir profiter d'un tel jardin -elle posa de nouveau les yeux sur la maquette et acquiesça vis à vis de ses propres propos – oui, sans doute apprécieront-ils beaucoup. Mais, il n'en va pas seulement de décorer votre maison, demeure, palace ou palais. Vous n'êtes plus seul, vous avez l'avenir d'un pays, de milliers de familles, d'enfants et d'adulte en devenir entre vos mains.

Nymeria lâcha l'épaule de Yari, lança un regard doux à celui-ci avant de se rapprocher de nouveau de Ramose, s'arrêtant à quelques centimètres du dictateur. Sans doute n'appréciait-il pas ce que la princesse de Vainui lui disait, mais elle n'en avait cure. Il lui demandait son avis, le voilà. Elle reprit doucement un regard enfantin, ouvrant ses mains pour imaginer ses propos avant de planter de nouveau son regard dans les yeux de l'homme qui la dépassait de quelques dizaines de centimètres. Maudite petite taille s'intima-t-elle.

- Faire un tel trajet pour demander de l'aide à des gens compétents n'est pas une mauvaise chose. Peut-être devriez-vous revoir vos projets et faire passer votre peuple avant votre bon plaisir. Elle ouvrit les mains, lança ainsi tomber ces milliers de personnes dont elle parlait précédemment. Vous voulez sûrement le bien de Sezni, cependant, comme dit précédemment, vous inspirez la peur et non l'amour. Bien que je sois particulièrement partagée à ce sujet... termina-t-elle enfin, un sourire charmeur aux lèvres.

© BLACK PUMPKIN

______________________

❝ We accept the love we think we deserve❞ Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 349
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur du Sud
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Lun 24 Juil - 0:11

Sven ne savait pas s’il devait détester ou apprécier la jeune demoiselle. Il sentait bien ses petites piques malvenues, mais tout autant ses flatteries. Un court instant, il voulut mettre sa main sur ce gracieux cou blanc et apporter un brin de rougeur à ce dernier, agrémentant le tout d’une ou deux petites paroles bien pensées pour indiquer que chacun devait jouer selon le rôle attribué et patienter.

A ses yeux, la petite prenait des risques stupides et il se demandait sincèrement – un court instant – quel avait été l’éducation donnée par Andar. Ce dernier était suffisamment brillant pour savoir qu’avec Sven, il fallait jouer les choses d’une façon précise et claire. Il avait su – d’instinct – se calibrer à la personnalité de son adversaire. Nymeria était encore trop débutante dans l’affaire. Tantôt elle excitait sa colère, tantôt elle excitait son égo.

- Princesse Nymeria Drogon, permettez-moi de vous faire un petit cours d’histoire sur ma personne
, indiqua calmement le Dictateur en plongeant son regard d’un bleu acier dans celui de la Princesse du Nord. Il ouvrit sa bouche puis se tut, une idée lui étant venue dans sa petite tête soudainement.

Il se redressa totalement, et lança un regard mêlant la critique et la colère à l’autre homme qui l’avait totalement déçu. En un très court instant, son esprit avait envisagé mille et une solutions, et voies possibles à emprunter, et son choix avait été fait.

- Bien. Ce projet est donc impossible et il serait fou de chercher une solution à l’impossible, n’est-ce pas ? Je ferais mieux d’étudier mon sujet plus en profondeur, comme le soumets cette pertinente demoiselle, indiqua Sven d’un ton calme et courtois. Cependant, j’espère sincèrement que d’autres hommes ne me diront pas le contraire, autrement je serais fortement contrarié…et je m’assurerai personnellement que votre réputation soit ternie. Un homme incapable ne devrait pas être recommandé à des hommes qui ont de grandes responsabilités.

D’un simple signe, il indiqua à cet homme qu’il pouvait partir. Le pauvre homme tenta de se défendre, mais les gardes du Feu se chargeaient de l’éloigner en l’empoignant chacun d’un bras et de l’autre, laissant finalement les deux personnages politiques seuls.

- Finalement, au lieu de donner un cours d’histoire, faisons un cours de politique, dit-il en s’approchant avec de petits pas de la demoiselle, cherchant à l’acculer contre un mur, n’importe quel mur à vrai dire. Je comprends que le coup de la carotte et du bâton est une valeur sûre… pour des amateurs. Sauf que je ne le suis pas. J’aime quand un homme ou une femme maintienne une position. Vont-ils garder la position, ou non ? L’éternelle question. L'éternel jeu du pouvoir.

Lorsqu’il l’acculera contre un mur, il posera ses mains sur le mur, de chaque côté de la Princesse. Ensuite, doucement et graduellement, la chaleur de ce huis-clos humain allait monter jusqu’à ce qu’une goutte ou deux de sueur fasse son apparition sur cette douce peau. Elle pourrait peut-être se défendre avec son propre don, mais c’était à ses risques et à ses périls, car à la fin, c’était Sven qui sera debout.

- Une personne qui change constamment de position ne sera jamais prise au sérieux. Que suis-je censé penser de vous à la suite de cet entretien ? D’une simple petite princesse, qui ne sait pas quoi penser ou quoi dire, qui me critique et me flatte. Des critiques amères qui me blessent, puis des flatteries qui éveillent en moi quelques curiosités. Dans le premier cas, je chercherai à me venger. Dans le second cas, je m’échinerai à assouvir cette curiosité, qu’importe si l’autre brûle. Si vous continuez à être ces deux facettes, vous risquerez d’en connaître les deux revers. L’une cruelle, l’une douce, Princesse. Vous sentez-vous prête à en assumer une seule conséquence ? Si oui, demandez-vous si vous êtes aptes à connaître les deux. Réfléchissez bien.

Enfin, un petit silence s’installera, et qu’il forcera en disant constamment « chut » dès qu’un son sortira de la bouche de la Princesse.

- Maintenant, dites-moi. Aucune conséquence, une conséquence… ou deux conséquences ?

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 512
❝ Avatar : Emilia Clarke
❝ Multi-Compte(s) : Mer'Hella Keltar
❝ Crédits : Lux Aeterna || sign: Astra

❝ Métier : Princesse du Nord
❝ Age : 20
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Lun 24 Juil - 17:12


Le loup et l'agneau
16, Dixième Lune de L'an 836





Les agissements de la princesse étaient très osés. Son père, la royauté entière, le protocole, l'étiquette et Glore auraient sans doute complètement désapprouvés. Elle se mettait en danger, se jetait dans la gueule du loup, parfois en flattant celui-ci, parfois en étant franche. Sven Ramose était le genre de personne qu'il ne fallait pas contrarier pourtant, c'est bien ce qu'elle tentait de faire. Il la considérait sûrement comme une enfant écervelée, cela lui donnait une raison de plus d'agir ainsi, jamais il ne comprendrait qu'il était face à un loup et non un agneau. Cependant, les répercutions de ses actes pouvaient être très mauvaises pour Nymeria, elle le savait. Mais Ramose n'allait pas lui faire de mal, même s'il tenterait sans doute d'intimider la princesse. A vrai dire, elle n'était plus certaine de savoir sur quel pied elle désirait danser. Déclencher une guerre n'était pas son but, loin de là. Elle voulait apaiser les tensions, pourquoi pas se faire bien voir par le dictateur pour travailler plus en profondeur le comportement de celui-ci. Il était fort présomptueux de sa part de croire un jour pouvoir changer un tel homme. Mais personne n'osait réellement s'opposer à lui, de peur de voir s'abattre sur soi la foudre de Sven. Princesse de Vainui, héritière du trône, future régente, ces titres de noblesse la protégeait. S'il disait vrai, bien qu'elle n'en soit pas convaincu, il ne désirait pas la guerre à sa porte. Alors, sans doute, leurs désaccords resteraient entre eux ainsi que cette entrevue de plus en plus étrange. Le dictateur soutenait le regard de la princesse, lui non plus ne flancherait pas.

-Princesse Nymeria Drogon, permettez-moi de vous faire un petit cours d’histoire sur ma personne.

Nymeria haussa doucement un sourcil, intriguée, attentive. Apprendre à connaître cet homme, les facettes de celui-ci, ses réactions, voilà le but de cette rencontre. Il ouvrit la bouche, la princesse attendit qu'un son s'en échappe mais il se ravisa. La petite taille de la demoiselle avait forcé l'homme à se baisser afin que leurs yeux soient à la même hauteur. Sven se redressa, dominait de nouveau Nymeria par sa grandeur, elle se sentit de nouveau irritée, sentant que le dictateur se désintéressait d'elle un instant. Non pas qu'elle désire attirer l'attention de celui-ci, du moins, pas dans le sens où elle l'avait laissé entendre par ses derniers propos. Bien sûr que non, elle ne désirait pas devenir la concubine d'un tel homme, mais elle était persuadé qu'il n'était pas indifférent à de telles flatteries. De plus, attirer son attention permettrait à Yari, l'homme de Terre, de se sortir convenablement de cette histoire. Du moins, elle l'espérait. Mais Ramose se détourna d'elle, posant de nouveau son regard sur l'homme qui avait prononcé son refus quelques minutes auparavant. Ses yeux bleus-gris posés sur Yari provoquèrent des frissons à la princesse, le regard qu'il lui offrait n'était en rien bienveillant, il était empli d'une colère mal dissimulée : l'homme avait atteint l'égo du dictateur, il avait piqué cet Homme qui se considérait comme plus important qu'il ne l'était. Surprise d'abord, d'entendre que Ramose comprenait que s'acharner sur un projet impossible était pure folie, elle déchanta cependant lorsqu'il jura de nuire à la réputation de l'homme parce que celui-ci l'avait déçu. La princesse leva les yeux au ciel, elle s’apprêtait à intervenir lorsque Yari prit à son tour la parole, parole bien vite couper par le dictateur qui avait ordonné à ses hommes de faire sortir le béni par Tarlyn. Impuissante, les yeux baissés, Nymeria le regarda partir. Elle ne voulait pas que les choses tournent ainsi. Voilà qu'elle se rendait compte que son coup était très mal joué et qu'elle n'avait fait qu’aggraver la situation du pauvre homme au lieu de l'aider. Les hommes de Sven avaient emmenés Yari, il ne restait plus que les deux politiciens dans la pièce.

-Finalement, au lieu de donner un cours d’histoire, faisons un cours de politique.

L’appréhension montait de nouveau en elle. Nymeria n'avait plus vraiment envie de jouer, elle avait perdu cette partie de la bataille, et le plus dur était à venir. Elle allait devoir rendre des comptes au dictateur, maintenant qu'ils étaient seuls. Le protocole n'était plus, ils l'avait tout deux fait sauter quelques minutes auparavant. Plus rien ne protégeait Nymeria, plus rien à part la confiance aveugle qu'elle pouvait avoir par apport au bon sens de l'homme. Tuer la princesse de la région de l'eau ne serait pas une bonne propagande pour lui. Peut-être ferait-il comprendre ainsi que personne n'était en droit de le contredire, le contrarier ou lui résister... pas même une personne de la noblesse telle que Nymeria Drogon. Il approcha doucement, ses pas étaient félins, la princesse se sentait presque piégée, comme si les murs se resserraient autour d'elle. Nymeria recula au même rythme, tentant de garder une distance convenable entre les deux êtres. Tout en avançant, il continua sa tirade. Il avait comprit ce à quoi jouait la princesse. Évidemment. La carotte et le bâton, faire mieux passer les coups par une récompense, dans le cas de Sven : le critiquer ouvertement et le couvrir de flatteries.

Avant que Nymeria n'ait le temps de s'en rendre compte, un mur se dressait derrière elle. Ramose continuait doucement d'avancer, il coinça la princesse contre l'un des coin de la pièce, ne lui offrant plus la possibilité de reculer. A l'image de l'homme méprisable qu'il était, il posa ses deux mains de chaque côtés de la princesse, sans pour autant la toucher. Elle était bloquée, elle releva les yeux, croisant le regard de Ramose. Elle soutint celui-ci sans grande conviction, ne laissant plus rien apparaître. Son regard devait être vidé d'émotion, elle ne souhaitait pas qu'il y lise la peur qui se jouait en elle. Nymeria sentit de nouveau ce courant d'air chaud l'envahir, celui-ci lui fit froncer les sourcils. Sven lui avait fait la démonstration de ses pouvoirs et voilà que maintenant, il les usaient contre elle. La princesse se maudit de n'avoir pas plus d'expérience avec son don de l'eau. Elle ferma les yeux un instant, concentrant son être sur le petit pouvoir qu'elle possédait. Elle n'était pas capable de régulier sa température physique comme le dictateur le faisait, cependant, l'aura dégagée par un être béni par Glore était toujours plus froide que celle d'un enfant de Malaggar. En se concentrant un instant, elle sentit une aura fraîche l'envahir, mais son pouvoir était éphémère, elle était incapable de le maintenir. Nymeria suffoquait presque, la chaleur était fortement désagréable pour elle qui était habituée aux climats froids. Elle serra les poings, ouvrant de nouveau les yeux, croisant de nouveau le regard du dictateur.

La chaleur lui ramenait de mauvais souvenir, elle sentait presque les flammes lécher sa cuisse carbonisée il y a des années de cela. Sven le savait, elle lui en avait parler. Il savait donc très bien quel impact aurait cette température sur Nymeria. Il la blessait, sciemment: elle ! Future régente de Vainui. Cette idée eut pour effet de l’irriter d'autant plus. Les sourcils froncer par la douleur qu'elle tentait de mettre de côté, elle laissa son regard se teindre de colère et de défis tout en écoutant les propos du dictateur.

-Une personne qui change constamment de position ne sera jamais prise au sérieux. Que suis-je censé penser de vous à la suite de cet entretien ? D’une simple petite princesse, qui ne sait pas quoi penser ou quoi dire, qui me critique et me flatte. Des critiques amères qui me blessent, puis des flatteries qui éveillent en moi quelques curiosités. Dans le premier cas, je chercherai à me venger. Dans le second cas, je m’échinerai à assouvir cette curiosité, qu’importe si l’autre brûle. Si vous continuez à être ces deux facettes, vous risquerez d’en connaître les deux revers. L’une cruelle, l’une douce, Princesse. Vous sentez-vous prête à en assumer une seule conséquence ? Si oui, demandez-vous si vous êtes aptes à connaître les deux. Réfléchissez bien. 

La princesse n'avait qu'une envie : poser ses mains sur les épaules du dictateur et le repousser. La proximité entre leur deux corps la mettait mal à l'aise, quand à la chaleur qu'il dégageait, celle-ci était de plus en plus désagréable et difficile à supporter. Quand il eut finit sa tirade, la princesse voulu aussitôt répliquer, ne pas se laisser impressionner, bien qu'elle l'était. Mais Sven lui imposa le silence durant un moment lui coupant constamment la parole. Lui imposant la réflexion. Une fois qu'il eut considéré qu'elle avait suffisamment réfléchis, il lui autorisa à parler. Nymeria détendit ses poings dont les jointures étaient blanchies par la pression qu'elle y apposait. Elle se laissa aller contre le mur de pierre qui se dressait derrière elle, essayant presque de s'y enfoncer pour s'éloigner de la chaleur étouffante. Elle baissa les yeux un instant avant de finalement prendre la parole d'une voix peu assurée.

-Dans ce cas, Généralissime, vous êtes un homme bien simple si vos actes ne sont dictés que, d'une part, par la curiosité, d'autre part, par la haine ou la vengeance, comme vous l’appelez. Mon désir n'était pas de vous blesser, quand bien même, vous avez demandé mon avis et je vous le donne. Je ne peux approuver vos façons de faire, vous avez massacré une monarchie... Je suis moi même issue d'une monarchie, quel genre de princesse serais-je si j'acceptais sciemment un tel acte ?

Elle soupira, marquant une pause à sa réplique. Des perles de sueurs venaient de faire leur apparitions sur son front. Ses joues étaient rougies tant par la proximité de leur deux corps et par la chaleur qui habitait la pièce. Elle avait l'impression d'être au centre d'un brasier, la tête commençait à lui tourner. Machinalement, elle posa sa main droite sur sa cuisse.

- Si je ploie le genoux devant vous, cela flatterait bien trop votre ego. N'oubliez pas que je suis la princesse de Vainui, Nymeria Drogon, comme vous l'avez souligner. Je désire vous connaître, quitte à devoir en supporter les conséquences, quelles qu'elles soient. Je ne désire pas être votre ennemis, Généralissime. Mais me considérez vous comme tel ?


© BLACK PUMPKIN

______________________

❝ We accept the love we think we deserve❞ Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 349
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur du Sud
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Ven 28 Juil - 23:15

Une vague de fraîcheur traversa le corps des deux personnages de la pièce, arrachant au passage un menu frisson à Sven. Un court instant, il pensa aux rares maîtresses bénies par Glorë qu’il avait pu connaître. Avec chacune, il avait connu ce frisson, prélude à de futures étreintes mêlant eau et feu. Etait-il nostalgique de ses demoiselles à la peau blanche qui concurrençaient fièrement et indubitablement son don ? Son avis était mitigé. D’une part, il avait apprécié ces femmes. D’autre part, il avait été un tantinet mal à l’aise avec ce sentiment de conflits constants, comme si personne ne pouvait avoir le dessus – sa faiblesse naturelle à l’égard des femmes ne rendait pas les choses faciles.

Cependant, aujourd’hui, une « fille » bénie par Glorë ne montrait qu’une faiblesse étonnante. Il fallait admettre que Sven était un tantinet déçu : il avait espéré voir une maîtresse de l’eau talentueuse, ou du moins avec beaucoup de potentiel, chose qui sied davantage à la royauté. Le Dictateur ne cessait dès lors de s’interroger sur la chose suivante : pourquoi n’y avait-il pas un autre génie dans la génération suivante ? Une question qui soulevait inexorablement la question de son propre héritage…

Les traits de Sven devinrent un tantinet boudeurs et agacé. Il ne comprenait pas comment une simple petite vague de fraîcheur pouvait l’amener à penser à tant de choses. L’âge et l’expérience de l’homme étaient tels qu’en l’espace d’une seconde, il pouvait penser à de multiples choses du passé, ou encore à ses espoirs et ses craintes. Au fur et à mesure, la chaleur devint moins importante, fluctuant au gré des humeurs de l’homme.

- Ma très chère Princesse, une Monarque avisée ne s’embête pas à donner un conseil à une région étrangère qui ne la connait pas, et qui ne l’écoute pas. Une Monarque avisée en tirera plutôt une leçon, celle qui dit que toute faiblesse ouvre la voie au plus fort…indiqua-t-il, gardant ce contact visuel aussi longtemps que la Princesse voudrait. Sven se refusait de perdre les combats visuels avec autrui, et davantage avec les femmes. Quant à ployer le genou… oh non. Si je souhaite qu’un membre de votre famille ploie le genou, ça ne sera pas vous, souligna-t-il aussi subtilement que la situation pouvait le permettre. Non Princesse, je suis encore plus simple que cela : je n’aime obtenir que ce que mes ennemis ne me donneraient jamais… Et j’aime les obtenir de leurs mains.

Sven commençait à découvrir un autre des trésors qu’Andar ne donnerait pour rien au monde, à quiconque et surtout à son pire ennemi. Un court instant, il se disait qu’elle ferait une bonne compagne à Zora. Evidemment, l’idée n’était qu’une simple folie qu’il effaça de son esprit aussitôt après : non, il y aura bien mieux à tirer d’elle qu’en faire une victime d’un kidnapping. Beaucoup plus.

- Vous êtes la Princesse Nymeria Drogon, et c’est bien parce que vous l’êtes que vous êtes ici, que je vous accorde mon temps et mon attention. Si vous n’étiez qu’une insignifiante chose, je n’aurais que passé mon chemin.

Il finit par s’éloigner, un sourire conquérant aux lèvres. Une idée venait de lui traverser l’esprit.

- C’est vous qui m’avez suivi, et non moi ; C’est vous qui désirez savoir si je dois être un allié ou un ennemi, et non moi ; C’est vous qui voulez me connaître, et non moi. Sauf qu’à cet instant, c’est moi qui connais plus de choses à votre sujet, que vous de moi. Dites-moi, en dehors de mon goût pour la vengeance ou la curiosité, et ma maîtrise de la chaleur corporelle, que savez-vous ? Personnellement, je vois aujourd’hui une demoiselle dont la maîtrise est balbutiante, qui ne sait pas se défendre à armes blanches, qui a une cicatrice à la cuisse suite à sa Cérémonie et qu’elle semble être friande d’escapade secrète et anonyme. Trois informations sur moi, quatre informations sur vous… J’ai gagné.

Il laissa planer un silence, un très court silence, puis dévoila enfin le fin mot de l’histoire.

- Jouons à un jeu à chacune de nos rencontres. Celui qui apprend beaucoup plus de l’autre, à chaque rencontre, pourra exiger un gage de l’autre. Et le gage doit être une chose qui n’aura pas d’impact politique, et surtout tout ceci doit rester entre nous…Par exemple, mon gage sera d’en savoir plus sur cette cicatrice.

Il en connaissait l’histoire, il en connaissait l’emplacement au vu des légers mouvements et crispations d’une main, mais il ne savait pas la forme, et surtout il ne l’avait pas vu. La curiosité le rongeait un tantinet, voir si ce délicieux corps de jeune fille prête à devenir femme avait un si vilain défaut ou si ce n’était qu’une stupide coquetterie féminine exagérée. Par contre, il ne savait pas si la demoiselle allait comprendre la demande sous-jacente, ou si elle allait se contenter juste de décrire par ces mots. Il espérait sincèrement que ce corps de jeune fille était trompeur, mais que son esprit était déjà arrivé à une certaine « maturité ».

- Et si vous désirez vraiment vous impliquer politiquement, alors débuter en réglant une première crise : tentez de convaincre votre père d’une alliance temporaire avec moi, afin de débusquer notre mystérieux assassin du Bal. Pensez-vous défendre ma cause ? Préférez-vous prêcher contre moi ? Ou alors, opteriez-vous pour votre habituelle et originale neutralité ?

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 512
❝ Avatar : Emilia Clarke
❝ Multi-Compte(s) : Mer'Hella Keltar
❝ Crédits : Lux Aeterna || sign: Astra

❝ Métier : Princesse du Nord
❝ Age : 20
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Dim 30 Juil - 19:47


Le loup et l'agneau
16, Dixième Lune de L'an 836




La situation prenait une tournure étrange, inattendue et de plus en plus dérangeante. Nymeria, bloquée contre un mur par Sven Ramose, endurait la chaleur corporelle de cet homme. Il l'intriguait de plus en plus, elle ne voulait pas plier devant lui, bien qu'elle devait s'avouer ne pas être en position de force. Cela la faisait sortir de ses retranchements, la poussait à ne pas agir comme à son habitude. Qu'importe qui se trouvait en face d'elle, la princesse avait généralement de dessus. Elle ne se laisser dicter des choses par personne, sans pour autant manquer de respect à qui que ce soit. Elle avait du caractère, c'était indéniable. Elle avait bien des avis sur les choses sans pour autant les partager. Ainsi avait été sa stratégie durant des années : la neutralité. Elle ne désirait pas s'impliquer en politique avant le dernier bal des représentants, qui datait seulement de quelques jours. Néanmoins, cela faisait quelques années qu'elle assistait aux conseils donné par Andar, son père, en tant que conseillère. Elle avait prit ce poste sans réellement s'en rendre compte, la complexité amenée par le fait de gouverner l'avait attirée. Alors elle y était retourner, plusieurs fois. Jusqu'à finalement posséder un siège pour elle. La princesse n'étalait pas tant ses idées devant son père, elle ne pouvait se le permettre. Elle savait que d'une façon ou d'une autre, elle pourrait l'influencer et de ce fait, Nymeria préférait souvent se taire et écouter. Elle ne se sentait pas encore prête à être ainsi impliquée et n'avait pas confiance en l'objectivité de son propre avis. Il était préférable de laisser Andar régner, lui, il savait y faire. Nymeria apprenait encore.

Ramose se permit alors bien des conseils auprès de la princesse. Lui intimant de ne pas donner de conseils à ceux qui ne l'écoutent pas. Elle ne put s'empêcher de sourire, pensait-il réellement qu'elle allait acquiescer à chacune de ses répliques ? Sven Ramose forçait le respect malgré lui, évidemment, la princesse n'y manquait pas. Elle avait de l'estime pour cet homme qui, par bien des facettes, était odieux et méchant. Mais ses talents de politiciens étaient indéniable. A cet instant, Nymeria aurait aimé connaître la précédente monarchie de Sezni afin d'avoir un point de comparaison, elle les avaient aperçu, parfois, sans pour autant réellement s'y intéresser. Leur règne avait prit fin il y a 6 ans de cela, Nymeria n'avait que 14 ans.

-Quant à ployer le genou... oh non. Si je souhaite qu'un membre de votre famille ploie le genou, ce ne sera pas vous... Non Princesse, je suis encore plus simple que cela : je n'aime obtenir que ce que mes ennemis ne me donneraient jamais... Et j'aime l'obtenir de leurs mains.

Elle défit son regard de celui de Sven, laissant celui-ci gagner ce combat qui s'était engagé entre eux avant de rétorquer.

- Vous me considérez donc comme une ennemie.

Il expliqua alors qu'il la considérait bien en tant que princesse, bien qu'il doute, visiblement, de ses qualités de monarque. Par la suite, un sourire victorieux aux lèvres, il s'éloigna finalement de Nymeria, celle-ci poussa un long soupire, sentant enfin un peu d'air frais à ses côtés. Elle suivit l'homme du regard, toujours adossée au mur, puis tenta de trouver dans la pièce, une carafe d'eau ou quelque chose qui pouvait contenir un quelconque liquide qu'elle pourrait ingérer pour se désaltérer La princesse n'aimait pas le climat de Lucrezia, trop doux pour elle. Habituée au froid, elle se sentait souvent dépourvue et perdue lorsqu'elle mettait les pieds à la capitale.  Il semblait rayonnant à cet instant, Sven Ramose. Comme si une idée saugrenue venait de germer dans son esprit. Elle n'eut pas longtemps à attendre avant qu'il ne lui dévoile ses intentions.

Il proposa alors un jeu, s'apparentant à des devinettes, ou plutôt, Nymeria devait décrypter une nouvelle facette de Ramose. Il prétendait en connaître plus qu'elle à son sujet. En effet, il avait bon à propos de la maîtrise hasardeuse que la princesse avait de ses pouvoirs, elle n'égalait en aucun cas son père qui s'avérait être un réel prodige en ce domaine. Elle lui avait parlé de cette cicatrice dont il avait déjà, sans doute, entendu l'histoire lorsqu'elle s'était brûlée lors de sa cérémonie. Ce qu'il ne savait pas, cependant, c'est qu'elle l'avait fait non pas par accident mais bien consciemment pour libérer Eden'El du poids qui pesait sur ses épaules à ce moment là. La jolie blonde avait fuit la cérémonie, Nymeria l'avait revu une seule fois avant qu'elle ne disparaisse d'Oranda et des yeux de la princesse. Enfin, il avait comprit qu'elle aimait se balader seule, sans être repérer pour mieux écouter ce que chante les rues, afin de mieux connaître les besoins de son peuple et son avis. Mais il y avait une chose sur laquelle il se trompait lourdement : Nymeria savait se défendre à l'arme blanche. Elle fut tenter un instant de lui sauter au cou pour ainsi lui montrer, mettant à exécution les cours que lui avait donné Lachlan, mais cela était fortement risqué. Elle pourrait être accusé de tentative de meurtre et ainsi, elle serait le déclencheur d'une guerre entre les Eaux et les Feux.  Elle haussa un sourcil alors qu'il décida que le gage donné à la princesse serait le fait de parler un peu plus de sa cicatrice. Celle-ci l’intéressait donc ?

- Et si vous désirez vraiment vous impliquer politiquement, alors débuter en réglant une première crise : tentez de convaincre votre père d’une alliance temporaire avec moi, afin de débusquer notre mystérieux assassin du Bal. Pensez-vous défendre ma cause ? Préférez-vous prêcher contre moi ? Ou alors, opteriez-vous pour votre habituelle et originale neutralité ?

Nymeria laissa un silence s'installer, il ne dura pas longtemps, elle ferma un instant les yeux, laissant de nouveau une vague de fraîcheur s'inviter en elle. Puis finalement, posant son regard sur le généralissime, elle fit de nouveau quelques pas vers lui. Amusée.

-En effet, il serait judicieux de s'allier à vous pour débusquer l'assassin. Encore faudrait-il que vous soyez lavé de tout soupçon. Cet assassina a ravivé des tensions que l'on pensait éteintes, malheureusement. Tous les éléments se méfient, pas que de vous, bien sur. Le voisin de chacun est suspect. Mais j'en toucherai quelques mots à mon père afin connaître sa position à ce propos.

Évidemment, Nymeria connaissait très bien l'avis d'Andar. Il soupçonnait Sven. C'était indéniable. Mais c'était aussi l'une des choses qui agaçait le plus la princesse, son père avait tendance à se focaliser uniquement sur son ennemi, parfois quitte à en oublier les autres puissances. Revenant à ce jeu, elle approcha de nouveau, assez près pour que le dictateur suive le mouvement de la princesse alors qu'elle relevait doucement le bas de sa robe, jusqu'à son genou. Là, s'y trouvait une dague qu'elle avait fait forger il y avait quelques années de cela, elle était attachée par des sangles à sa jambe, en un clin d’œil, elle pouvait la libérer et s'en armer. Elle releva les yeux vers lui, laissant retomber sa robe.

-Vous avez perdu, Généralissime. Je sais me défendre à l'arme blanche, et bien mieux que vous ne le pensez. Nous voilà donc à égalité. Elle lui décrocha de nouveau un sourire charmeur. Je l'ai appris afin de palier ce manque évident de contrôle vis à vis de mes pouvoirs.

La princesse fouilla de nouveau la pièce des yeux, des plantes y étaient posées ici et là, sans doute parce que Yari, l'homme de Terre, venait les cultiver. Elle posa les yeux sur une coupe où se trouvait visiblement de l'eau, sûrement celle utilisée pour arroser la verdure. La princesse s'en approcha, laissant le dictateur à ses réflexions un moment, elle plongea ses mains blanches dans l'eau terne et salie et se concentra. Nymeria bénie Glore de lui avoir accorder au moins ce pouvoir : celui de changer toute eau en eau potable. Quelques secondes après, l'eau était devenue limpide et transparente, la princesse avait sentit le pouvoir monter en elle jusqu'à ce déverser par ses doigts dans la large coupe. Finalement, elle empoigna celle-ci et y bu quelques gorgées avant de revenir auprès du dictateur.

- Vous avez perdu. Répéta-t-elle d'une voix enfantine et à la fois menaçante. Je sais en effet que vous êtes curieux et d'un tempérament vengeur, que vous maîtrisez votre élément sans doute plus que vous ne désirez me le montrer. A présent je sais aussi que vous avez confiance en votre jugement, et que celui-ci est trompeur. Cela fait quatre pour moi. Expliquez moi donc pourquoi ma cicatrice vous intéresse tant.

© BLACK PUMPKIN

______________________

❝ We accept the love we think we deserve❞ Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 349
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur du Sud
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Lun 31 Juil - 22:21

Sven ne savait pas si la Princesse mentait, ou si elle était naïve, mais elle était drôlement courtoise au point de lui arracher un petit rire. La moitié d’Oranda accusait Sterenn de cet assassinat, et l’autre moitié dirigeait tous les soupçons contre lui. Personne ne soupçonnait son voisin. Les cibles étaient toutes désignées, en théorie.

« Le vrai jeu, la véritable tactique, c’est de diriger les soupçons vers l’où on veut. Vers qui l’assassin souhaite diriger ces rancœurs ? Pour quelle raison attire-t-il les regards vers cet élément, et non un autre ? Enfin, comment tirer son épingle de ce jeu avec ce pion mystère ? »
se questionna inlassablement le Dictateur. Comme à chaque fois qu’il y pensait, ses yeux se perdirent un court instant dans les vagues, les yeux luisant d’une fureur mêlée à la frustration. Il n’aimait pas ne pas savoir qui se jouer du monde entier, qui s’était invité mystérieusement dans cet échiquier… et son réseau d’espions n’apportait rien de solide. Le mystère était total.

« Je doute qu’Andar n’ait plus que moi » pensa-t-il amèrement, en regardant longuement la Princesse. « Même s’il a quelque chose, il ne me donnera rien. Par contre, elle… ».

Elle.
La surprise.
L’étonnement.
L’ébahissement.

Elle l’avait pris de revers, en s’approchant sournoisement, révélant son genou blanc et surtout cette dague attachée à l’aide d’une sangle. Lui-même comme ses gardes n’avait pas remarqué ce métal froid qui avait sûrement dû créer des plis irréguliers sur cette robe… s’ils avaient été plus attentifs, et plus observateurs. Si elle avait été une froide tueuse, elle aurait pu avoir là une opportunité de mettre en danger la vie de ce Dictateur, voire d’y mettre un terme. Ni colère, ni amusement ne se lisait sur ses traits, si ce n’est une franche surprise.

Elle était hardie, elle était sournoise, elle était silencieuse, elle était fourbe. Elle était une femme en devenir. Elle était cette eau dormante dont il fallait se méfier. Sven l’avait compris, et en saisissait le réel danger comme potentiel maintenant. Elle imposera son respect par son charisme naturel, comme le fait Andar, comme le fait Sven. Elle poussera à l’obéissance par cette candeur et amour – elle sera une figure maternelle pour un peuple doux. Mais, elle ne sera cette figure que dans une vingtaine d’années.

« Elle est encore une enfant, qui se dévoile trop vite ». Un enfant mentait mal. Il pouvait feindre le sommeil mais si on était attentif, on entendrait son souffle saccadé et non l’habituelle longue respiration. Il pouvait prétendre ne rien avoir fait, mais un sourire en coin démentait tout. Elle était ainsi : elle ne gardait pas son jeu caché trop longtemps. A l’usure, et il en était certain, il l’emporterait. Et sur ce point, son jugement n’était pas trompeur.

« Et je suis un adulte ». Un adulte savait mentir longtemps, et chercher mille et une ruses pour tourner une situation désavantageuse à son avantage. L’enfant avait la spontanéité et l’imagination, un adulte avait l’expérience comme arme. A cet instant, ce n’était plus un simple jeu, c’était un rapport de force qui allait s’engager. « Et je suis un adulte qui n’aime pas perdre, Princesse ».

- Je vous concède. J’ai été trop hâtif dans mon jugement. Cependant, je refuse de me retirer le point qui prétend que vous ne savez pas vous défendre à arme blanche. Avoir une dague ne signifie pas une maîtrise certaine, souvent.

Un adulte acceptait certaines erreurs – ou vérités – des enfants, mais tout simplement pour mieux les diriger pour la suite des événements. A force de traiter avec Andar, le Feu qu’il était avait appris à faire preuve de certaines ruses digne d’un Eau. Manipuler le courant à travers quelques paroles, accepter certaines fautes et erreurs pour mieux rebondir sur d’autres opportunités mais ne pas totalement accorder tout, au risque de passer pour une personne sans caractère… Sven était dangereux non pas pour son impulsivité, ou son sang-chaud. Non, le véritable danger était qu’il apprenait très vite, beaucoup trop vite, et ne laissait que peu de temps à son ennemi à se réajuster.

- Malheureusement, nous ne pouvons nous prouver une telle chose. Vous risquerez peut-être de me blesser, ou peut-être vous blesserais-je. Personne ne s’inquiéterait de mes blessures, si je dis que tout va bien. Par contre, vous, Princesse, vous me mettrez dans une situation confuse.

Match Nul. Voilà ce qu’il proposait « en théorie ». L’idée était tout autre : il voulait une réelle preuve de sa défaite et non des suppositions ou des peut-être, princesse ou non. Il prenait soudainement à cœur cette histoire car la demoiselle avait tout simplement dit la chose qu’il ne fallait : prétendre qu’il avait tort. Il aurait pu exprimer sa profonde réprobation avec bien des exemples et cas, mais rien de tout ceci ne pourrait résoudre l’affaire. Il y avait une chose plus simple à faire. Une chose qui ne risquait pas de plaire à la Princesse, mais il s’en fichait. A l’issu, elle ne risquerait rien de grave – tant qu’il était là – et lui non plus – car elle n’aurait aucun intérêt à raconter cette escapade à quiconque. Des deux, c’était elle qui était faite comme une rat, esclave des désirs du Dictateur. Menait-elle la Danse ? Menait-il la Danse ? Les rôles étaient confus, et changeaient bien trop vites…

- Cependant, je vous accorde l’effet de surprise. Alors, laissez-moi vous proposer… un gage, annonça-t-il. Pourquoi ne pas visiter les quartiers du Sud. Anonymement. Personne ne vous reconnaîtra, ni moi ?

Il n’eut guère besoin d’une réponse officielle pour la connaître déjà. La curiosité rongeait la demoiselle, comme il l’avait rongé lorsqu’il avait son âge. Elle brûlait d’un feu qu’Andar avait perdu il y a bien longtemps.

- Je vous propose de vous retourner princesse, avec ou sans vous, je vais être anonyme pour le reste de la journée, voire de la soirée, annonça-t-il en commençant à relever les bras pour se débarrasser d’une tunique ample qui dissimule habilement une très légère armure souple, puis de ce pantalon, n’étant plus qu’en « culotte ».

Cependant, rien qu’en enlevant la tunique, tout son bras était à la vision de tous et de toutes, « presque » tatoué, « presque » achevé. On susurrait qu’un tatouage d’un grand maître était beau. Tout le monde était loin d’imaginer ladite beauté. Aujourd’hui, Nymeria faisait partie de ces demoiselles qui avaient pu voir de près, ou de loin, ledit tatouage de Sven. Sa puissance pouvait être jaugée maintenant, amplement et totalement. Il n’avait plus à révéler graduellement ses talents. Ce simple tatouage prouvait tout. Comme ses cicatrices et les quelques brûlures qui parsèment ce corps. En effet, les entraînements de feux ou les autres manieurs de feux n’étaient pas tendres. On y perdait bien des choses hormis la sueur.

- Tren ! Ton armure !
hurla soudainement Sven d’une voix puissante et autoritaire.

Un des gardes arriva, celui qui avait plus ou moins la même stature que son maître. Il se sépara de sa lourde armure, n’ayant qu’une tunique à la fin et un pantalon en lin. Il enfila la tunique du maître, et rabattit une cape pardessus. De dos, comme de face – si visage dissimulé- il avait la stature de Sven. Le subterfuge était correct, suffisant. Aussitôt après, il s’éloigna sur un ordre implicite du Maître mais pas bien loin. En effet, le faux-Sven ne pouvait pas quitter cette bâtisse sans son faux-garde. La situation prêtait à confusion, nous vous l’accordons.

D’un doigt, il fit signe à la Princesse d’approcher.

- Il faut accrocher certaines sangles, venez donc m’aider. Et je pourrais enfin vous dire si vous êtes une ennemie, ou une alliée. Personne ne doit l’entendre, cependant.

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 512
❝ Avatar : Emilia Clarke
❝ Multi-Compte(s) : Mer'Hella Keltar
❝ Crédits : Lux Aeterna || sign: Astra

❝ Métier : Princesse du Nord
❝ Age : 20
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Re: Le loup et l'agneau || Sven Ramose Jeu 3 Aoû - 17:23


Le loup et l'agneau
16, Dixième Lune de L'an 836




Victorieuse, un sourire s'était dessinée sur le visage de la princesse, elle reprenait les rênes de cette entrevue qui se voulait de plus en plus cocasse et intéressante. Il était agréable de se détendre, d'une certaine façon, malgré les terribles événements survenus quelques jours auparavant. Nymeria n'oubliait pas pour autant qui était la personne qui se trouvait face à elle : Sven Ramose. Un être bien mystérieux, mais elle désirait en savoir plus à son propos. Quelle ne fut pas surprise lorsqu'il décida de ne pas reconnaître son erreur, tentant de convaincre la princesse d'opter pour un match nul. En effet, elle ne pouvait prouver ses talents à l'arme blanche sans risquer de blesser le dictateur ou elle-même, cependant, elle fut quelque peu irritée de ne pas trouver crédit aux yeux de celui-ci.

-Je vous concède. J’ai été trop hâtif dans mon jugement. Cependant, je refuse de me retirer le point qui prétend que vous ne savez pas vous défendre à arme blanche. Avoir une dague ne signifie pas une maîtrise certaine, souvent.  Malheureusement, nous ne pouvons nous prouver une telle chose. Vous risquerez peut-être de me blesser, ou peut-être vous blesserais-je. Personne ne s’inquiéterait de mes blessures, si je dis que tout va bien. Par contre, vous, Princesse, vous me mettrez dans une situation confuse. 

Elle était bien forcée d'accepter cela, cependant, Nymeria fit une moue qui se voulu presque boudeuse, laissant de nouveau réapparaître les traits enfantins qui ornaient encore, parfois, son visage harmonieux. Cet homme n'aimait pas perdre, cependant, la princesse non plus. Tel était l'un de ses défauts : elle se refusait à perdre une partie qu'elle savait pourtant gagnée. Seule la mauvaise fois de Ramose la mettait dans cette situation. Elle croisa les bras sur sa poitrine, un regard réprobateur posé sur le maître du feu.

-Vous êtes un mauvais joueur, Généralissime.
-Cependant, je vous accorde l’effet de surprise. Alors, laissez-moi vous proposer… un gage,  Pourquoi ne pas visiter les quartiers du Sud. Anonymement. Personne ne vous reconnaîtra, ni moi ? 

Nymeria opina du chef, se contentant simplement d'une réponse silencieuse. Curieuse de savoir ce que cet homme lui réservait à présent. Il était capable de bien des choses lorsqu'il était poussé à bout, il l'avait récemment acculé à un mur, la forçant à soutenir une douleur insupportable déclenchée par la hausse de chaleur corporelle du dictateur. Elle restait tout de même intriguée, pourquoi voulait-il en savoir plus à propos de cette cicatrice ? Ou simplement, voulait-il la voir ? Sans doute était-il un homme à femme, quand bien même, il ne semblait pas considérer la princesse comme l'une d'elles. Trop jeune à son goût, sans doute. Il était vrai que le dictateur était son aîné de 18 années, ceci mûrement réfléchit, la princesse en conclu qu'il n'était pas tant question de voir son corps. Il devait y trouver un intérêt, peut-être appréciait-il la vue de chair brûlée. La princesse grimaça à cette idée. Bien qu'on puisse donner des défauts à cet homme, sans doute n'était-il pas tant un monstre. Du moins, elle l'espérait.

-Je vous propose de vous retourner princesse, avec ou sans vous, je vais être anonyme pour le reste de la journée, voire de la soirée.

La princesse resta immobile à ces mots. Il était hors de question qu'elle tourne le dos à un tel homme, une relation de confiance n'était pas encore instaurée entre eux, bien qu'il aurait eut bons nombres d'ouvertures et d’opportunités pour la blesser, elle préférait ne pas prendre de risque supplémentaire, sa présence même aux côté de Ramose en était déjà un. Elle leva la main, cachant une partie de sa vision alors que le dictateur ôtait la tunique qui recouvrait son torse. La jeune femme ne put s'empêcher de contempler le tatouage qui ornait son bras, aussi long qu'elle l'avait imaginé, mais bien plus beau encore. Cet enfant de Malaggar était resplendissant pourtant ainsi en culotte devant la princesse. Cette vision, bien que cachée quelque peu, la fit doucement rire.


-Vous conviendrez qu'il ne serait pas raisonnable de ma part de vous tourner le dos.

Aussitôt, presque, Sven Ramose manda l'un de ses gardes d'une voix puissante et autoritaire qui arracha un étrange frisson à la princesse. Celui-ci débarqua instantanément, ôtant à son tour, ce qui lui couvrait le corps, bien que celui là ne finissent pas en tenue aussi simple que le représentant. Ils échangèrent leurs vêtements sous les yeux à la fois gênés et amusés de la princesse, celle-ci se perdit un instant dans la contemplation de ces corps d’apollon avant de secouer nerveusement la tête et de reprendre ses esprits. Elle n'était pas si faible que cela. Un mouvement de Sven l'interpella alors que le garde à présent déguisé quittait la pièce, il lui intimait de s'approcher.

-Il faut accrocher certaines sangles, venez donc m’aider. Et je pourrais enfin vous dire si vous êtes une ennemie, ou une alliée. Personne ne doit l’entendre, cependant.

Nymeria haussa doucement un sourcil, lançant finalement retomber la main qu'elle tenait toujours levée pour laisser au dictateur un minimum d'intimité. Il s'était revêtu de l'armure de son garde, celle-ci lui allait étonnamment bien. La jeune femme s'approcha doucement, hésitante. Elle n'avait rien contre le fait d'aider Ramose à nouer les sangles, cependant, il n'était pas dans son habitude de faire ceci.

-Craignez-vous que mon poignard s'enfonce dans votre dos? Lui intima-t-elle d'une voix douce tout en serrant maladroitement les sangles, elle serra d'ailleurs un peu trop fort et ne put s'empêcher une grimace du à cela. Une fois qu'elle eut fini de l'aider à se préparer, la jeune femme s'éloigna de quelque pas, retenant son souffle, attendant la prochaine étape. Elle rabattit sa capuche sur ses longs cheveux argentés, faisant passer ses derniers derrière sa nuque afin qu'aucune mèche ne viennent à se laisser voir. Les jeux étaient fait. Elle allait accompagner cet homme dans le quartier sud de Dahud, quartier auquel elle n'avait en théorie pas le droit d’accéder.
Acta est fabula.


© BLACK PUMPKIN

______________________

❝ We accept the love we think we deserve❞ Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le loup et l'agneau || Sven Ramose
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Oranda ~ Truth is not far :: Dahud :: Lucrezia :: Centre :: Grand Marché-
Sauter vers: