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Green Finch and Linnet Bird [Eden]

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~#~Sujet: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Dim 18 Juin - 23:27

Les choses se pressaient les unes contre les autres ! Il ne savait quoi penser de l’attitude de Zora – tantôt impériale, tantôt aguicheuse – et préférait être prudent et mettre ce changement d’humeur sur le compte de la perte d’un être cher. Ensuite il était question des derniers événements où tour à tour Elwyn et Orkem avaient soumis leur idée. L’une soutenait une neutralité complète alors que l’autre proposait une tactique des plus déroutantes, comme se rapprocher doucement mais sûrement des hommes de Vanui. Après une longue réflexion, il avait opté pour un mélange de ces deux stratégies. Il allait feindre ne pas croire que ces extrêmistes étaient de la nation Eau, et prétendre soutenir Andar dans ses allégations d’innocence. S’il refusait sans cesse, alors le Dictateur pourra se murer dans le silence propre à la neutralité en toute passibilité, et observer la suite des événements avec un grand calme.

Enfin, il n’allait évidemment pas être le seul acteur de cette pièce. Les Ergorn auront également leur rôle. Il comptait grandement sur Karam pour maintenir tout ce beau monde à flot, et leur faire apprendre par cœur les différentes paroles à dire, ou les gestes à feindre. L’erreur n’était pas acceptée, tant le jeu qu’ils allaient jouer promettait gros. A cet effet, il avait indiqué au chef de famille qu’il honorerait de sa présence le beau palais des représentants du Feu dans la soirée – monsieur n’appréciait pas se mêler à la population, ou être soumis aux règles d’un autre sous un toit d’où une résidence secondaire.

Cependant, comme à l’accoutumé, l’impatience l’emportait sur le Dictateur et il s’était rendu au dit palais dans l’après-midi, lorsque le soleil commençait déjà son lent déclin. A peine avait-il posé pied devant la porte que les premiers serviteurs s’emballèrent. Tantôt on l’invitait à entrer, tantôt on lui promettait qu’un maître des lieux allait être présent pour avoir l’honneur de discuter avec – on avait tôt appris qu’il ne fallait jamais dire « vous allez être reçu, maître Sven », en lui donnant une sensation d’être un invité et non un maître incontesté des lieux.

Dans cette foule de serviteurs, une frêle silhouette attira son attention. Il fit signe au serviteur le plus proche, et susurra les mots suivants : « Je souhaite que cette demoiselle soit celle à mon service jusqu’à l’arrivée des maîtres du lieu ». Le serviteur était confus, évidemment. La personne en question, désignée par le Dictateur, était Eden, celle qui était des plus appréciée par Ranrek. Sven le savait, d’où la raison d’attirer la demoiselle dans ses filets. Il voulait voir qui avait pu conquérir le cœur trop attendri de son ami d’enfance.

« Et dire qu’il était un fier feu » soupira Sven. « Je m’entiche d’une Terre, pour des raisons politiques. Cependant, s’il y avait un choix, je préfère encore des femmes de Feu. Que fait-il avec cette … fille ? ».

Comme à son habitude, Sven cherchait à comprendre tous les nouveaux pions qui s’ajoutaient doucement mais sûrement à l’échiquier. L’ignorance était une chose fatale, qui pouvait avoir raison de bien des personnes.
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Lun 19 Juin - 0:31

Sven Ramose
&
Eden'el Lumnar


Green Finch and Linnet Bird
18, dixième lune de l'an 836 ☙ Les bains chassent les mauvais rêves. Très bien. Mais quid de ces démons qui ne sont guère chimères créées par notre esprit ? J'ignore comment Ranrek parvient à tenir dans cette jungle de luxe et de superficialité. Où tout ce qui compte est de statut ou d'agressivité. Je déteste les Feu. C'est là un fait inaliénable. Entre les mauvaises rencontres du passé, l'œil austère de Karam, la violence de Khorde envers les femmes qu'il est censé aimer le plus au monde, les autres domestiques et ce Lilo que le palefrenier m'avait décrit comme une personne rigide mais "fort sympathique". Herin... même lui ; les plus silencieux ne sont guère les plus agréables. Sa violence à lui était de sourire narquois ou d'indifférence.

Quelle journée ! Cette pression perpétuelle était bien plus éprouvante que les longues journées sous le soleil à travailler la terre... Peut-être était-ce dû au rang et à l'éducation. Ces personnes devaient avoir l'habitude de voir le jugement dans les yeux d'autrui tant cette citadelle semble bercée par l'apparence et le paraître. Soit on te respecte grâce à ton rang, soit on te juge. En vérité, je me moquais bien d'être jugée. Ce qui posait problème était ma nature. Une intruse au milieu de ce panel Ergorn. Peu se doutait des marques qui jonchaient mon corps, de cette brûlures qui masquait ma marque. Et heureusement. Si le moindre doute sur ma nature arrivait aux yeux de Karam ou de Khorde, même Ranrek risquerait de ne pas pouvoir me sauver. Je m'arrangeais pour les croiser le moins possible. Si bien que jamais je me retrouvai seule avec l'une d'eux. Il en valait presque de ma survie... Je minimisais l'attachement qu'ils avaient envers Ranrek. Il se décrivait tellement différemment d'eux et agissait tellement différemment, qu'à mon sens ils ne devaient pas lui prêter une grâce digne de ce nom.

Cependant, son assurance n'était pas feinte et il avait forcément une certaine crédibilité, une importance caractéristique des hommes à qui l'on donne du pouvoir. Bien trop éloignée de cette sphère pour en comprendre les rouages, je me contentais de lui obéir. Enfin... en partie. Je parvenais à quitter le palais régulièrement. Leanor m'avait assignée aux appartements de Ranrek. Cela me permettait d'y rester sans trop de difficulté. Je m’éclipsais en ville pour diverses raisons. La principale étant mon envie de respirer sans avoir à me demander qui viendra me déloger le jour où ils seront d'humeur à se débarrasser de moi.

Cela me faisait mal à penser, mais je devais me trouver une porte de sortie. Retourner dans la jungle ne serait pas difficile pour moi qui y ait vécu quatre années durant. Toutefois, vivre si loin de Ranrek me paraissait impensable. Je devais rester à Lucrezia. J'avais tant rêvé du jour où je pourrais retourner chez moi, à Gorka... Mais il fallut que mes yeux croisent ceux de cet homme. Je souris à l'idée que Hly'tha puisse voir dans quel état il pouvait me mettre, elle serait sûrement stupéfaite. Je n'ai jamais été la sentimentale de la bande et mes projets d'avenir ne mentionnaient point de bleus sentiments envers un homme. Je n'étais guère volage, mais bien trop tournée vers les autres pour n'en voir qu'un. Et pourtant... Quand il était loin de moi, je me sentais fragile, seule. Il me donnait confiance en moi et me permettait de rester forte. Ce qui, malheureusement, s'évaporait dès lors qu'il s'éloignait. Ces derniers jours étaient particulièrement éprouvants pour lui et son travail l'accaparait bien trop. Chose que je ne pouvais lui reprocher.

Cette interminable journée allait bientôt toucher à sa fin. Et avant que les couloirs ne s'animent des fins de conseils et autres préoccupations des représentants, je me glissai dans les couloirs - que je connaissais bien à présent - pour atteindre les cuisines. Avec les invités de marque qui quittaient peu à peu le palais, Leanor m'avait demandé de m'assurer que Ranrek puisse avoir de quoi dîner avant même qu'il ne rentre à ses appartements. Elle aimait être aux petits soins avec lui, ce qui me laissait sous-entendre que tout deux étaient très proches. Si jamais je faisais le moindre impair, elle me fustigerait certainement ! Même si Ranrek ne m'en tiendrait aucune rigueur, je souhaitais être irréprochable aux yeux de sa suivante. J'enchaînais les erreurs sociales et les manquements au protocole que devaient suivre les domestiques. Un code de conduite que j'adoptais difficilement... Au moins, je ne me promenais plus pieds nus dans le palais - enfin, moins souvent - ce qui était déjà une grande avancée ! Le soucis était que même si je venais à me tenir correctement et à être bien apprêtée, je ferais toujours aussi tache dans le décors de ce palais... Ma peau plus blanche que les étendues de glace de Vainui, mes cheveux aussi clair qu'un soleil de Gorka et le bleu pâle de mes yeux faisant penser au clair du ciel de Sterenn. Je pouvais avoir mille inspiration à travers tout Oranda. Sauf du Sud. Des Feu. de Sezni. J'étais leur parfait antonyme.

Le palais des représentants du Feu conservait bien des secrets et passages qui m'étaient encore inconnus. Cependant, j'avais un assez bon sens de l'orientation, ce qui me permettait de toujours rebrousser chemin sans me perdre. À force d'éviter les gardes et autres résidents du palais, j'apprenais à être une ombre.

Souvent, je me disais qu'à force de me dérober à la vision des autres, je pourrais déclencher mon pouvoir de Terre afin d'éviter plus efficacement les mauvaises rencontres. Cela m'était encore trop incontrôlable. Il suffisait que je sois un peu trop anxieuse ou craintive et alors je ne ressentais plus aucune présence. Au moins, j'avais quelques sursaut de perception qui m'assuraient que je n'avais pas perdu mon don... Dans la jungle, ma capacité à sentir les êtres vivants ne se déclenchait qu'en cas de danger imminent. Autant dire une fois qu'il était trop tard... J'enviais n'importe quel Terre capable de contrôler ce don. En attendant, je me laissais guider par mon instinct et les sens communs à tout être humain. Autant dire que des ratés, il y en avait ! « Toi ! Tu vas peut-être te montrer utile. Rejoins le hall. » L'apparition de l'intendant me fit sursauter. Bouche bée je restais plantée au milieu du couloir. Il franchit la distance qui nous séparait et m'entraîna jusqu'au hall d'entrée où nous rejoignîmes un serviteur, agité. Les deux parlèrent à voix basse. D'un œil vif, je balayai lentement le hall. Mon regard croisa le dictateur. L'anxiété des serviteurs se comprenait aisément. La mienne également. Tâchant de rester derrière les serviteurs, je lorgnais sur le couloir pour me dérober. Mais je fus rattrapée à l'instant où je tentai de me défiler. « Eden'El, tu seras au service du Généralissime. Les maîtres ne devraient pas tarder à arriver... Je pense... Emmène-le au salon privé et obéis-lui. Dis-toi qu'ici, il est bien plus ton maître que les Ergorn eux-mêmes. » Les yeux écarquillés, je peinai à déglutir. Je n'avais aucun talent dans le service ni dans l'accueil des invités de marque et je me retrouvais à devoir servir le dictateur en personne ? Par Tarlyn...

Fébrile, mes yeux voyageaient entre tous les visages, les objets et n'importe quoi qui pourrait m'aider à garder mon calme. Impossible de me montrer convaincante... Mon angoisse de me retrouver près de Sven Ramose sans Ranrek à mes côtés se lisait dans mes yeux autant que dans mes gestes. Peu assurés, hésitants. Le regard insistant du serviteur me poussa à m'avancer de quelques pas vers le dictateur. Posant ma main gauche sur mon avant-bras droit, je commençais à bouillonner d'une panique intérieure : s'il s'apercevait du fait qu'à la place de ma marque, je n'avais qu'une cicatrice faite par l'un des siens ? S'il balayait l'idée que je puisse être Terre et décidait de me considérer comme Exempte ? Il viendrait sûrement à me faire quitter le palais, voire pire... à me tuer. Inquiète, j'arrivai à sa hauteur. Yeux baissés, on aurait presque pu prendre cela pour du respect. Évitant que nos regards se croisent, je pouvais sans nul difficulté deviner qu'il me jaugeait. Il ne devait pas s'attendre à ce que je sois une servante pour que Ranrek ait osé s'afficher avec moi au bal des représentants... Une fois face à lui, je perdis mes mots quelques instants. Comment devais-je m'adresser à un dictateur ? Avais-je seulement le droit de lui parler à vrai dire ? « Généralissime... me contentai-je d'utiliser en mimétisme du serviteur qui m'avait lancée dans la fausse aux lions. Puis-je vous conduire jusqu'au salon ? » Je mordillai mes lèvres, ne sachant pas pourquoi on m'avait demandée. Peut-être que les autres serviteurs souhaitaient voir comment je pouvais m'en sortir. Ou voir s'il y avait un moyen pour que justement, je n'en sorte pas. Ranrek, où es-tu ? De gestes lents, j'ouvris la marche pour le guider jusqu'au salon évoqué. Je n'y étais jamais allée, mais il y avait, derrière le salon réservé aux invités, une autre pièce réservée quant à elle, aux représentants.

@Sven Ramose ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1601 mots
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Ven 23 Juin - 0:30

Plus les minutes passées, et plus il comprenait l’étrange fascination que la demoiselle exerçait sur son ami. Pour tout homme qui aimait protéger une demoiselle, cette bouille « presque » enfantine et clairement angélique – si cela pouvait avoir une réelle portée, et notion dans un monde tel qu’Oranda – était une invitation explicite de « protection ». « Deviens mon grand et fort et doux protecteur » ou, à l’inverse, « deviens mon terrible et insatiable maître ». Elle ne pouvait qu’inspirer soit les plus nobles sentiments, soit les plus vils, et nullement dans la demi-mesure.

Par nature, les femmes étaient dangereuses mais celles-ci l’étaient davantage aux yeux de Sven Ramose. En effet, le Dictateur avait fréquenté suffisamment pour comprendre une chose : la femme « savait » les règles implicites qui régissaient ce monde et les liens hommes-femmes, mais la « fille » était encore inapte à les comprendre et n’était que source de malheurs et de catastrophes. Le Maître du Sud sentait déjà le vent du malheur, qui se déguisait sous le discret parfum de la demoiselle.

- En voilà une surprise ! Vous qui portiez de si riches atours, et paradiez aux côtés d’un représentant de la noble famille Ergorn … Vous n’êtes qu’une domestique, voire peut-être même une esclave, glissa le Dictateur, un tantinet mécontent de cette découverte. Certes, il avait deviné au bal qu’elle n’était pas de la noblesse mais il avait un tantinet espéré qu’elle soit une riche marchande. Est-ce que Ranrek avait indiqué sa condition au bal au Dictateur ? Ce dernier n’en avait malheureusement nul souvenir, surtout au vu des événements qui s’étaient enchainés. Orkem avait raison, malgré tout : un noble Ergorn ne pouvait pas parader publiquement avec quelqu’un du peuple… C'est "Maitre" pour les domestiques, ou esclaves, de cette maison, mentit-il à moitié.

La première bise du désaccord pointait son nez. Comme pour l’illustrer, il plissa légèrement le nez, comme si une très mauvaise odeur flottait autour de ses narines, et lança un regard des plus froids et des plus critiques à l’égard de la jeune fille. Certes, bien des hommes cachaient leurs femmes au regard de Sven – qui les appréciaient que trop – mais il devait admettre que cette dernière ne déclenchait rien en lui. La raison principale était sa proximité avec son meilleur ami : il avait déjà expérimenté d’avoir une aventure avec l’épouse d’un ami et il s’était promis qu’il ne s’y risquerait plus, ni épouse, ni maîtresse, ni toute amourette temporaire. C’était dangereux pour ses liens. Une seconde raison était qu’il aimait davantage les femmes avec un certain mordant et caractère. En l’état actuel, elle semblait étonnamment docile et calme – à moins qu’il ne se trompe. Ce dernier point, il allait la tester, pour qu’elle dévoile sa véritable personnalité.

- Allons donc à ce salon, se contentait-il à dire dans un premier temps, cependant avec une idée derrière la tête. A peine entré, qu’il ordonnait à un autre domestique d’apporter quelques victuailles, le temps que les maîtres des lieux n’arrivent. Il maintenait toujours Eden sous sa coupe, l’examinant attentivement, sous chaque couture. Viens me masser les épaules, je suis épuisé par ma journée, feignait-il, en s’étant assis d’une façon princière dans un sofa.

Il avait une idée derrière la tête, celle de prendre le bras de la jeune fille pour en étudier son tatouage. Il aurait pu demander calmement qu’elle le lui révèle mais cela ne risquait pas de la placer dans une situation tendue. Elle ne risquerait pas de révéler qui elle était, et c’était ce qu’il souhaitait savoir avant tout. L’étude de l’avant-bras était primordiale pour lui. C’était un tantinet la première chose qu’il exigeait à toute personne qui désirait entrer dans ses services, voire dans son entourage. Il voulait connaître les forces, et les faiblesses, de la personne qui lui faisait face – et cette connaissance débutait par la connaissance de l’élément de ladite personne.

- Après, tu pourras me dire exactement d’où tu viens. Au vu de la couleur de ta peau, tu n’es clairement pas de Sezni, indiqua-t-il, espérant créer une autre petite tension dans la tête de la jeune fille.

Certes, il existait quelques personnes à la peau étonnamment blanche mais c’était très rare et souvent, ces personnes supportaient très mal le soleil et quittaient le pays – ou devenaient assez informes et difformes au bout de quelques années. Il semblerait que la peau mate était la meilleure barrière contre le Soleil.
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Dim 25 Juin - 0:00

Sven Ramose
&
Eden'el Lumnar


Green Finch and Linnet Bird
Gênée par la façon dont le dictateur paraissait me jauger, j'avais envie de me fondre sous les fondations du palais pour ne plus jamais en ressortir. Son regard me pesait comme mille poids sur mes épaules. Lors du bal, j'avais dû susciter le mystère : comment une fille aussi banale pouvait s'être autant approchée de Ranrek Ergorn sous le regard de son patriarche ? Karam me détestait sans me connaître : pour la simple raison que j'étais différente. Et maintenant que le souverain du Sud pouvait constater le rang que j'avais au sein de ce palais, je ne pouvais que lire la réprobation et l'incompréhension. « En voilà une surprise ! Vous qui portiez de si riches atours, et paradiez aux côtés d’un représentant de la noble famille Ergorn… Vous n’êtes qu’une domestique, voire peut-être même une esclave. » Un frémissement me fit hausser légèrement les épaules et détourner le regard. Au moins ne m'avait-il pas fustigée en public. Il avait l'air proche de Ranrek. Peut-être tenterait-il de m'éloigner de lui pour le "protéger" de lui-même, de ce caprice que je devais représenter aux yeux des siens. « C'est "Maître" pour les domestiques, ou esclaves, de cette maison », m'enseigna le dictateur. Bien que cela me fit serrer les dents, je pris sur moi. Je trouverai bien un moyen de ne pas avoir à le nommer, l'appeler. Un Ergorn finirait bien par arriver assez tôt, non ? Il s'agissait tout de même du dictateur. Et s'ils apprenaient que j'avais été nommée à son service, ils accourraient certainement pour éviter que je n'offusque leur tant adulé Généralissime.

Il ne nous fallut guère longtemps avant d'atteindre le salon en question. Ramose s'autorisa à quémander de la nourriture à un domestique qui passait par notre chemin. J'aurais peut-être dû lui proposer à manger... Cela m'aurait permis de le laisser seul quelques instants et de m'éloigner intelligemment. J'aurais pu aller quérir dame Kara, elle aurait su m'aider à gérer la situation ou même se serait-elle risquée à accueillir seule le dictateur en attendant que Khorde ou un autre ne se libère. Ou même j'aurais pu partir m'enfermer dans les appartements de Ranrek à supplier Leanor de ne pas me laisser sortir. Mais il avait évaporé cette infime chance d'un commandement que le domestique se pressa d'exécuter. Je n'étais pas la personne avec le plus de prestance parmi les domestiques - ou esclaves... - ni la plus souriante. En vérité, je devais paraître assez apathique pour les résidents de ce palais. Ce n'était pas mon monde, je n'y avais pas ma place. Kara me le rappelait assez bien... Usant de durs mots qui, si je les écoutais, briseraient toutes mes rêveries impliquant Ranrek et ce vignoble qu'il rêvait de posséder dans les champs de Gorka. Je ne voulais pas m'enlever ce rêve de la tête : un rêve où lui et moi pourrions laisser libre cours à nos désirs : regagner Gorka, vivre une vie paisible dans un petit domaine pour apprécier chaque cadeau que nous fait la nature, savourant ces instants passés ensemble. Mais ce rêve me paraissait toujours de plus en plus loin... J'avais beau essayer de regagner en assurance, il y avait ce sentiment qu'à chaque pas en avant que je faisais, mes rêves reculaient de trois. Comme si vivre l'instant présent m'entraînait dans une direction diamétralement opposée à celle de mes rêves.

Une fois seuls dans la pièce, le dictateur Ramose s'installa sur le canapé cossu et ordonna : « viens me masser les épaules, je suis épuisé par ma journée. » Je fronçai les sourcils, à la fois inquiète et intriguée par cette demande. Hésitante, je ne cillai pas, m'efforçant de trouver une façon d'échapper à tout contact avec cet homme. Il était après tout le symbole de tout un peuple : celui de Sezni. Ces Feu que j'abhorrais et qui m'avaient tant fait souffrir... Cet élément qui m'avait arraché ma sœur, ma marque... Ce qu'aurait dû être ma vie... Je ne m'autorisais qu'en de rares occasions le contact avec les hommes. Craintive face à eux et redoutant ce qu'ils pourraient me faire subir. Surtout lui... J'avais entendu dire que Sven Ramose était probablement le plus puissant des Feu. Un maître incontesté en la matière. Cela n'était pas pour me rassurer... Même s'il était fort probable que ces dires grossissaient la vérité, je n'avais pas du tout envie de chercher à savoir ce qui était vrai ou non. « Après, tu pourras me dire exactement d’où tu viens. Au vu de la couleur de ta peau, tu n’es clairement pas de Sezni », poursuivit le dictateur. D'où je venais ? Les Feu n'étaient pas des plus tolérants et je savais avec certitude que les hautes sphères n'appréciaient pas le mélange entre élémentaires. Encore moins l'idée qu'une assimilée exempte ne soit proche d'un de leurs représentants. J'avais beau avoir compris qu'il était en présence de Zora Birghild lors du bal - une représentante de la Terre - cela ne parvenait pas à me rassurer sur l'inconvenante idée que Sven puisse accepter qu'une Terre sans titre ne côtoie un de ses émissaires... Je déglutis difficilement, me rattrapant en répondant à sa première requête. « J-je ne suis pas très habile de mes mains, je vais trouver quelqu'un qui saura répondre à vos attentes... » Déclarai-je en amorçant doucement ma trajectoire vers la sortie, éludant par la même occasion sa curiosité quant à mes origines. Cette porte m'apparaissait comme une lumière au bout d'un tunnel. En quelques phrases et sa seule présence, le dictateur m'intimidait de trop et je ne voulais pas faire de faux pas. Il valait mieux que je sorte, j'avais un mauvais pressentiment... Ma méfiance s'éveillait comme un radar lorsqu'il s'agissait des Feu. Même si en quittant le dictateur je désobéissais délibérément aux ordres qui m'avaient été donnés, je préférais de loin me faire réprimander par Leanor ou les autres que par les Ergorn parce qu'il y aurait eu un soucis durant l'accueil de leur souverain.

@Sven Ramose ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1056 mots
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Mer 28 Juin - 23:26

Plus les minutes s’écoulaient, et plus Sven était conforté dans son idée que cette demoiselle n’était qu’un caprice de son meilleur ami. Incapable de ses dix doigts, incroyablement fragile à première vue et surtout impotente dans son rôle de domestique … Elle ne devait sa présence ici que grâce à cet homme qui l’avait pris sous son aile, et nullement pour un quelconque talent. Le Dictateur ne pouvait guère critiqué : combien de fois n’avait-il pas lui-même favorisé quelques sottes justes pour obtenir quelques faveurs de leur part ? Cependant, entre lui et Ranrek, il y avait une grande différence : Sven savait la place de chaque chose. Malgré ses nombreuses maîtresses et amantes, de toutes origines et de tout élément, il ne s’était jamais affiché avec d’autres demoiselles que des demoiselles bien nées, et de feux, et toujours avec politesse et cordialité afin que la famille ne soit pas fourvoyée ou que lui-même ne se pende pas la corde autour du cou inutilement.

- Je pense que tu es très habile, et très agile des mains, du moins pour les choses de l’amour, finit-il par dire crument, sans détour, sans scrupule. Autrement, je ne vois pas pourquoi Ranrek aurait pu te garder à ses côtés.

Il en avait profité pour se lever et dépasser avec rapidité la jeune blonde pour bloquer le passage de sa haute stature, et la toiser avec amusement. Il s’amusait à remarquer à quel point les goûts de son ami différaient des siens et ce n’était nullement plus mal, car au moins, il ne risquait d’engrosser la conquête d’un ami – encore. Par contre, ce qu’il ne comprenait pas était comment Karam pouvait supporter une telle supercherie dans sa demeure ? Il l’avait toujours vu comme un patriarche extrêmement conservateur. Si lui-même faiblissait, il avait espéré qu’au moins l’héritier en route aurait pu faire quelque chose – comme faire entendre raison, qu’une domestique ne pouvait pas s’afficher aux côtés d’un noble sans aucune impunité.

- Je n’aime guère donner des conseils à des femmes comme toi, dit-il d’une voix mielleuse mais qui puait clairement l’insulte. Cependant, je vais le faire par égard à mon ami. Si tu joues sa maîtresse, je te propose de te parer d’une meilleure défense et d’une meilleure image que cette petite domestique apeurée. Sinon, c’est une question de temps avant que tu ne quittes le palais…

Il se retint de dire « les pieds devants ». Il n’était guère surprenant qu’une domestique un tantinet trop proche d’une personnalité politique ne meurt d’un malheureux accident. Ladite domestique pouvait connaître trop de chose, ou détourner certaines personnes ou événements de leur cours naturels – ou du moins le cours que les Grands de ce monde les avaient destiné à suivre.

Définitivement, il avait passé l’âge d’apprécier ces fleurs pudiques et fragiles. Voilà quelques années, il se prenait comme fantaisie les femmes qui connaissaient mieux que quiconque leurs charmes et défauts, et qui savaient en jouer habilement pour faire naître – ou éteindre – une flamme.

- Et surtout, je te conseille de connaître ta place. Au Palais des Représentants des Feux, je suis le Maître, de tous et de toutes. Si je dis quelque chose, je n’attends qu’une chose « Oui, Maître » et qu’on s’exécute. Et je déteste me répéter, qui que ce soit en face de moi, Ranrek compris.

En effet, malgré qu’il soit son meilleur ami et qu’il a – à cet égard – certains droits que d’autres non pas – comme contester sa parole, et discuter les pours et contres de certaines décisions -, lui-même évitait que Sven répète une seconde fois des choses simples ou une décision mûrement et définitivement prise. Ainsi donc, un domestique – à son niveau – n’avait qu’un seul choix : obéir, aveuglément.

- Si je te demande de te mettre à nue, et de m’embrasser, tu vas le faire. Si je te tends ce couteau et te dis de te couper une veine avec, tu vas le faire. C’est ainsi, et rien, ni personne, ne changera les choses, dit-il calmement, en la regardant droit dans les yeux, avec une cruelle sincérité. Il pensait à chaque mot qu’il disait. Bien, maintenant, et pour la dernière fois, je demande que tu me racontes ton histoire en massant mes épaules.

Sans plus un mot, il se pose à sa place initiale, et attend que la demoiselle prenne sa décision. Il fermait les yeux, à croire qu’il se repose. Nullement, il se concentre que ce soit sur le souffle de la blondinette ou encore sur ses pas. Allaient-ils s’approcher de lui, ou s’éloigner ?
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Dim 2 Juil - 1:59

HRP :
 
Sven Ramose
&
Eden'el Lumnar


Green Finch and Linnet Bird
Tenter de savoir ce que le dictateur pouvait penser de moi n'était pas dans mes priorités. La seule chose à laquelle je pensais, c'était la fuite. M'éloigner de cet homme. Malgré son air avenant et droit lors du bal des représentants, il m'inspirait une crainte sans fin. Son regard peut-être... Ou simplement son aura. Cette aura de feu qu'avaient ces enfants de Malaggar dont on ne pouvait que se méfier. Ranrek brillait d'une toute autre flamme. Celle de Ramose ne m'évoquait que celle qui jadis, m'avait torturée et abusée. Il y allait forcément se passer quelque chose : un signe des dieux ou une apparition qui me sauverait la mise. Forcément. Je ne pouvais pas me retrouver ainsi cloisonnée... Commençant à me sentir mal, seule dans cette pièce avec cet homme aux propositions plus que douteuse, je ne pouvais qu'avoir cette idée en tête : partir.

Sa voix ralenti mes gestes pourtant poussés d'un espoir auquel je croyais fermement. « Je pense que tu es très habile, et très agile des mains, du moins pour les choses de l’amour. » Déclara le dictateur sans anicroche dans sa voix, m'offusquant par l'idée qu'il devait se faire de moi, loin d'être au courant du penchant charmeur et courtisan de mon bienfaiteur - ce sur quoi je ne me permettrais, de toute façon, aucun jugement. De mouvements lestes et agiles, il se plaça sans peine devant moi, me barrant ainsi la route. J'eus un mouvement de recul, le regardant l'air inquiet. « Autrement, je ne vois pas pourquoi Ranrek aurait pu te garder à ses côtés. » Cette remarque me surpris. Pourquoi s'inquiétait-il des gens de Ranrek ? Était-ce dû au fait qu'il m'avait invitée à le rejoindre lors de ce bal ? Les représentants n'avaient pas le droit de choisir leur cavalière ? Pourquoi les choses seraient différentes avec Ranrek ? De plus, le dictateur s'était lui-même présenté avec une Terre... Les uses et coutumes, mœurs et rouages de la noblesse me dépassaient et me semblaient chaque jour de plus en plus stupide. Même si je ne devrais pas y faire attention, ce que le dictateur avançait sur ma personne me déplaisait.

À peser le pour et le contre, au vu de la place de Ranrek, je devais m'inquiéter des répercussions que cette entrevue sûrement encouragée... Que ce soit pour moi, Ranrek, ou les autres représentants. Sven Ramose paraissait être maître en tout lieu où il posait le pied. Je ne voulais pas qu'il me fasse exclure de ce palais ou qu'il demande à Ranrek de le faire... Ma place n'était pas ici, cela se faisait de plus en plus limpide, mais je ne voyais pas quel mal nous faisions. Je ne voyais pas quel incidence ma présence pouvait avoir. On m'avait à maintes reprises signifié à quel point j'étais insignifiante. Au palais, ici, et même auprès de Ranrek. Que ce soient les remarques cinglantes et blessantes de Khorde, ou les mots lourds et difficiles à entendre que m'avait prononcé Kara. Elle avait beau être meurtrie par son mari, ils paraissaient se ressembler et s'accorder bien plus qu'elle ne voulait réellement se l'avouer. Par fierté ? Par peur d'elle-même ? Pour garder cette image d'être la blanche colombe et lui le terrifiant ogre des collines ? Je m'étais toujours assurée d'éviter Karam, et les rares fois où je n'y parvenais pas, Ranrek savait éviter toute attaque en ma direction. Il n'y avait que Khorde qui s'échinait jour après jour à tout faire pour que je décide de partir de moi-même. L'attachement qu'il devait avoir envers Ranrek devait être plus fort qu'ils ne se l'avouaient pour que le futur chef des représentants fasse autant preuve de patience. De mon côté, tant que je parvenais à me faire petite, je restais persuadée que Ranrek serait capable de me protéger. M'afficher dans les premiers jours au bal n'avait sûrement pas été la chose la plus maline de sa part, mais je ne pouvais m'empêchait que cela servait de douce revanche sur le fait que sa famille n'avait jamais accepté ses différences à lui. Il était tellement peu... Ergorn... Quand je le voyais, il n'avait rien de ce que l'on pouvait entendre dire des Ergorn dans les rues de Lucrezia. Il n'imposait pas la crainte, la peur. Il imposait le respect par une force bien autre que celle des siens.

Loin de ce que pouvait inspirer le dictateur...

« Je n’aime guère donner des conseils à des femmes comme toi, lança-t-il en me prenant de haut sur une voix doucereuse. Cependant, je vais le faire par égard à mon ami. Si tu joues sa maîtresse, je te propose de te parer d’une meilleure défense et d’une meilleure image que cette petite domestique apeurée. Sinon, c’est une question de temps avant que tu ne quittes le palais… » Reculant discrètement d'un pas de plus, je ne parvenais à ne pas écouter les mots qu'il prononçait et ces derniers confirmaient qu'il faisait fausse route. « Je ne suis pas sa maîtresse... » Commençai-je à balbutier alors qu'il reprit son discours. « Et surtout, je te conseille de connaître ta place. Au Palais des Représentants des Feu, je suis le Maître, de tous et de toutes. Si je dis quelque chose, je n’attends qu’une chose Oui, Maître et qu’on s’exécute. Et je déteste me répéter, qui que ce soit en face de moi, Ranrek compris. » Ses palabres claquaient comme des menaces que comme des conseils. Serrant les dents, je sentais mon souffle s’accélérer par la peur qu'il m'inspirait.

À cet instant, je priais pour qu'un domestique arrive, brise cette intimidation et cette atmosphère qui me devenait de plus en plus insoutenable. Pourquoi aucun Ergorn n'arrivait ? Je serais inévitablement congédiée, recaler sous un tapis de poussière pour s'assurer que plus jamais le dictateur n'ait à croisé mon regard. « Si je te demande de te mettre à nu, et de m’embrasser, tu vas le faire. Si je te tends ce couteau et te dis de te couper une veine avec, tu vas le faire. J'écarquillai les yeux, figée de stupeur, incrédule à l’évocation d'une telle idée. C’est ainsi, et rien, ni personne, ne changera les choses, exposa-t-il avec minutie. Bien, maintenant, et pour la dernière fois, je demande que tu me racontes ton histoire en massant mes épaules. » Je restai pétrifiée quelques secondes dont il usa pour s'installer à nouveau sur le canapé. Une porte de sorite... il fallait une porte de sortie... Criait au secours ne servirait à rien. Faire le moindre geste qui n'irait pas dans son sens serait vain. Je ne m'étais plus retrouvée dans une telle situation depuis cinq années où je fuyais la civilisation. Fallait-il qu'autant d'êtres humains soient si cruels et abusent de leur position face aux autres ? Toute ma haine envers le Feu s'éveillait et bouillonnait en moi alors que seule la peur me guidait ; incapable de chercher à combattre le mal, me contentant, comme à chaque fois, de subir en priant pour que les dieux eux-mêmes jugent ces êtres malsains. Cette résignation était assez logique finalement. Lorsque l'on met en exergue nos deux rangs, nos maîtrises, nos places dans ce monde, chercher à se défendre n'était que pure folie.

Déglutissant, serrant les poings, je m'avançai de pas lents derrière le canapé. Il était installé sereinement, sans la moindre inquiétude. En même temps, comment craindre la moindre tentative désespérée chez une Terre du peuple ? Loin d'avoir été accoutumée à la ville, loin d'avoir ces mauvais sentiments que les êtres humains paraissent développer à force de trop vivre les uns sur les autres. Cette façon dont les gens agissaient les uns envers les autres : par intérêt, pour de l'argent, par besoin de reconnaissance ou de supériorité, ça me dépassait toujours. Et malgré les violences que j'avais subi, celles dont j'avais été témoin, je ne m'étais toujours pas acclimatée à ces comportements... Trop intègre pour m'adapter à cette jungle plus terrible que celle faite de nature et de faune ? Je n'avais pas ma place ici. Dans ce salon, au palais, à Lucrezia... à Dahud... Ma place était à Gorka. Mais elle était aussi dans le cœur de Ranrek. Je ne pouvais me résoudre à le quitter... Si je devais retourner à Gorka, ce serait avec lui afin qu'il puisse réaliser son rêve. Ce rêve qu'il partageait avec sa défunte femme pour qui, malgré les années, son cœur semblait toujours battre.

Avec bien des hésitations, je m'étais résignée à agir selon le bon vouloir de Ramose. Valait mieux que j'obéisse maintenant plutôt que d'attiser sa colère et m'attirer d'autres de ses foudres... Bon nombre de fois j'avais tenté de me rebeller contre les gestes de ce Feu qui m'avait abusée cinq ans auparavant. Et à chaque faux pas, la sentence dépassé le double de ce pourquoi je m'étais débattue. La douceur d'un homme venant d'ailleurs que Gorka n'avait été, pour moi, qu'une légende. Seul Ranrek semblait déroger à la règle. « Mon histoire n'a pas de grand intérêt... Je suis née dans un petit village à Gorka, d'une mère préceptrice, d'un père paysan avec qui j'ai travaillé dès mon plus jeune âge. » Mes mains étaient à hauteur des épaules du dictateur, mais je n'arrivais à me résoudre à le toucher. J'essayais de réguler mon souffle, de ne pas paniquer, cependant le contact des hommes me terrifiait. Luttant contre cette peur, je ne voyais autre chose que de continuer à parler pour essayer de ne plus y penser. « Après ma Cérémonie, j'ai été bénie par la Tarlyn mais... » Je parvins à poser doucement mes mains sur ses épaules, faisant face à un frisson d'écœurement. S'il n'avait pas été un homme Feu, une mauvaise personne, ça aurait sûrement été plus simple. Sauf qu'en plus du dégoût que sa personne m'inspirait, j'en devenais dégoûtée de moi-même...

J'avais beau ne pas être menacée par le fer ou le feu directement, beau ne pas être enchaînée, je comprenais qu'aucun choix ne s'exposait à moi : je devais lui obéir, et obéir à la volonté d'un homme comme lui me répugnait. « Avant de pouvoir rentrer chez moi, un... je me retins au dernier instant de caractériser la personne comme étant un Feu. Un homme m'a... » Je ne pouvais m'empêcher de penser que dire cette vérité ne m'attirerait que des ennuis... Sans m'en rendre compte, mes mains massait les épaules du dictateur avec fermeté. Je ne suis pas une personne tactile, et on pourrait aisément penser qu'au vu de ma frêle silhouette, mes mains ne pouvaient que survoler les autres comme le vent caressait les feuilles des arbres. Le besoin d'extérioriser mon anxiété de l'instant et la lourdeur de ces souvenirs que je me contentais pourtant de simplement survoler, devait m'aider. Ce qui devait probablement rendre le massage agréable, bien que ça ne soit pas mon intention. « Il m'a brûlée le bras... par... folie humaine, je suppose... J'ai quitté Lucrezia après cet incident et je ne suis revenue qu'au début de cette lune... » Comme une inhérence à toute question ou comportement que je ne comprenais pas, je ne pus m'empêcher de m'enquérir de l'intérêt que cette histoire pouvait avoir pour le dictateur. « Pourquoi vous intéressez-vous à mon histoire ? Il n'y a rien qui peut avoir d'intérêt pour vous... ou pour Ranrek... » Me risquai-je à prononcer sans parvenir à retenir ces paroles pouvant paraître insolentes. Comme si cela allait pouvoir atténuer l'impertinence de mon propos, je me rattrapai sur une impasse faite : « ... Maître... » Dis-je en levant les yeux au ciel tant ça me paraissait absurde de voir des hommes ainsi persister à vouloir s'élever au-dessus des autres. Notre société était ainsi faite : des classes, des castes, il y avait une stigmatisation en tout et dans chaque rang. Cela ne pouvait qu'apparaître comme aberrant pour une personne comme moi qui n'ai vécu qu'en solitaire dans la jungle ou au fond de cette forêt qui abritait mon village natal.

@Sven Ramose ☙ #Sanie #Vanka ☙ 2111 mots
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Ven 7 Juil - 23:22

La tension d’Eden était telle que Sven pouvait la palper dans l’air, juste en étirant un tantinet son bras. Loin d’être gêné, il était satisfait. Cette atmosphère électrique ne signifiait que la chose suivante : Elle allait « rebrousser » le chemin, et se fondre dans le moule d’une bonne et modèle domestique. Si elle faisait demi-tour, alors elle confortera le Dictateur dans son idée qu’elle était extrêmement fragile et vulnérable, une femme qu’il serait facile d’éjecter de l’échiquier si elle commençait un tantinet à se montrer trop envahissante ou gênante. Elle n’était ni la Reine, ni le Roi, ni le Fou, ni la Tour. Elle n’était qu’un Pion, ces petits soldats qu’on servait comme d’entrées à de futures grandes batailles.

Gardant les yeux fermés, il écoutait la petite histoire. Il la jugeait banale et inintéressante, mais sa confusion n’en était plus grande. Pourquoi Ranrek s’attardait-il donc à une telle fille et, surtout, pourquoi se montrer avec chez les « Grands » ? Enfin, plus important, pourquoi la garder à ses côtés ? Au vu de leur différence d’âge, il doutait sincèrement qu’elle soit une quelconque bâtarde. Dès lors, si nullement une maîtresse, ni une bâtarde, qu’elle était son rôle ?

« L’amour… ? » se demanda calmement Sven. Si au départ, l’idée l’avait un tantinet perturbé, aussitôt après un sourire amusé s’étira sur ses lèvres, accompagné d’un grand éclat de rire. Son rire était si fort, et les tremblements du corps si fort, qu’il finit par briser de lui-même le bref contact physique qu’il venait d’avoir avec la blonde. Qu’Eden ait été noble, ou esclave, son attitude n’en aurait pas changé. Il aurait ri malgré tout, car la situation lui était drôle, très drôle même.

- Je ne riais pas pour ton histoire, expliqua-t-il entre deux souffles. Disons seulement que j’ai peut-être compris pourquoi tu es à ses côtés. Racontes-moi donc votre rencontre, et toutes les attentions avec lesquelles il t’entoure. Je suis vraiment curieux.

Il n’y avait aucune moquerie malsaine ou ironique dans sa voix, seulement une curiosité amusée. Il n’eut pas l’idée de poser la question de savoir qui l’avait capturé, qui l’avait brûlé le bras, pour la simple raison que c’était des choses communes au sein de sa communauté. Certains hommes avaient besoin d’affirmer leur autorité et puissance en apposant une marque. Etrangement, le Dictateur n’était pas de ces hommes-là. Oh, il aimait jouer, il aimait perturber, il aimait rendre fou… mais tout n’était que jeu, et manipulation dans son cas. Ses démonstrations de puissance physique – ou magique – étaient une question de « mérite ». La personne en face devait être à la hauteur de la démonstration de sa réelle puissance.

Une femme frêle et bénie par une autre divinité que Malaggar - comme Eden – pouvait être maté de différentes façons, et sans user de violence. Enfermer la demoiselle dans un huis-clos, sans eau et sans nourriture, avec comme seule fenêtre celle du toit laissant entrer les impitoyables rayons était une idée – bien souvent, bien des hommes et des femmes revenaient à la raison après ce jeun du désert. Les humilier publiquement de diverses façons – une petite gifle, dévêtir à moitié – et ce genre de choses suffisaient aussi à arracher des larmes, et beaucoup de promesses de fidélité.

Evidemment, il y avait ces affaires de coup de fouets, et toutes ces choses. Cependant, il évitait pour la simple raison qu’il n’avait ni le temps, ni la force, pour passer ses journées à battre des domestiques ou des femmes. Les punitions citées ci-haut étaient un gain de temps important, et d’une efficacité terrifiante et satisfaisante … Et Sven jurait par l’efficacité, et la fin, plutôt que les moyens.

Pour finir pour expliquer son indifférence soudain à l’égard d’Eden et de son passé, cet homme partait du principe qu’il ne verra plus la demoiselle autour de lui – ou de Ranrek, ou du moins d’une façon « officielle » - alors il ne voyait pas l’intérêt de s’encombrer de l’histoire de la demoiselle – une histoire de paysanne gorkienne parmi tant d’autres, pour lui.

- Oh. Avant que je n’oublie, quand on me cherchera pour me confier à des domestiques plus compétents… Je vais te confier une simple tâche, et la seule que tu dois être capable de faire je suppose. Use de tes yeux de biche pour empêcher Ranrek de refaire une stupidité comme celle du Bal et ne t’affiches plus aux yeux du monde. Toi, tu n’as rien à perdre. Tu as déjà tout perdu, jusqu'à ta fierté et tes racines. Lui, il a beaucoup à perdre, dit-il en relevant les pans de sa manche, révélant un tatouage imposant, et presque à sa finition, preuve de sa maîtrise poussée... preuve de son appartenance à une Nation et surtout, à un Element.
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Sam 8 Juil - 12:00

Sven Ramose
&
Eden'el Lumnar


Green Finch and Linnet Bird
La simplicité des Terre me manquait. Enfin des Terre... De Gorka. Les Terre qui vivaient à Lucrezia s'adaptaient inéluctablement à leur environnement. Nous savions, en théorie, nous adapter à ce qui nous entoure. Ce qui est très pratique en forêt, comme en ville. Les Terre d'ici sont très différents de ceux de Gorka car ils se sont adaptés à la ville, aux autres élémentaires, à cette population dense où toute individualité se perd pour se fondre dans la masse rendue amorphe et spectatrice de sa vie. Je trouvais cela triste... Mais ceux qui restaient à Lucrezia le voulaient. Je le voulais. Malgré la mélancolie qui m'éprenait à chaque fois que je pensais Gorka, je ne souhaitais pas y retourner. Pas tant que Ranrek ne pourrait m'y suivre. L'idée de le quitter de mon plein gré ne me venait même pas à l'esprit.

Pour une raison qui m'échappait, le dictateur s'esclaffa. Je me reculai d'un pas, doucement, laissant mes mains le quitter. Perplexe, je ne m'attendais pas à une justification, mais j'y eus tout de même droit une fois la crise de rire passée. « Je ne riais pas pour ton histoire. Disons seulement que j’ai peut-être compris pourquoi tu es à ses côtés, je fronçai les sourcils. Quand bien même cet homme pouvait percevoir l'ombre de ce que pouvait ressentir Ranrek à mon égard, je ne voyais pas en quoi ce pouvait être si hilarant... Racontes-moi donc votre rencontre, et toutes les attentions avec lesquelles il t’entoure. Je suis vraiment curieux. » Cette curiosité me semblait mal placée, ce qui n'était pas sans ajouter à mon mal aise. Toutefois, paradoxalement, ça dédramatisait cette rencontre. Plus intéressée par le pourquoi de cet intérêt que par l'histoire en elle-même, je lui répondis d'une voix qui restait douce mais distante. Comme si ce n'était pas de moi qu'il s'agissait mais d'une autre personne. « I-il... m'a... achetée. Je ne travaille que pour lui normalement, je ne sais pas pourquoi on m'a demandé de venir ici... M'éviter de servir des personnes comme vous, Maître, c'est sûrement ça son attention à mon égard. » Expliquai-je sans la moindre animosité intentionnelle. Un ton qui se voulait pragmatique et objectif. Être au service de personnes comme le dictateur, ça devait être bien plus dépréciateur que de se retrouver à cirer les bottes de Karam ou servir de défouloir à Khorde... Je savais que Ranrek n'était pas dans son élément au milieu de sa famille. Qu'il n'affectionnait pas particulièrement le Feu, sachant le mal qu'il pouvait commettre et la façon dont il était bien trop souvent utilisé. Il était le mouton noir des Ergorn. Mon apparition au bal n'était qu'une façon de souligner cette démarcation, pour provoquer son père. Malgré cette insolence, il ne faisait aucun doute que Ranrek obéir quoi qu'il arrive à son père. À son dictateur... S'attirer leurs foudres ne devait pas être habile, mais j'avais confiance en lui et en ce qu'il faisait.

Omettre ce qui pouvait se passer entre Ranrek était la meilleure chose qui m'apparaissait de faire. Il n'y avait pas grand chose... enfin rien de concret. Il m'accordait de dormir à ses côtés sans que je n'ai à me séparer de lui pour vivre parmi les domestiques. Leanor ne cautionnait guère cela, mais j'ignorais s'il s'agissait de puérile jalousie ou de simple manquement à l'étiquette. Je n'avais pas la prétention d'avoir une place importante dans le cœur de Ranrek. Il me portait bien plus d'intérêt que quiconque dans tout Oranda mais j'étais loin de prétendre lui inspirer des sentiments aussi profonds que sa défunte femme ou que cette autre personne dont il m'avait déjà fait mention. Une autre femme qui était hors de sa portée, inaccessible. Est-ce que moi, cela me rendait jalouse ? Pas vraiment... À vrai dire, je n'étais pas sûre de ce que je pouvais ressentir pour lui, alors comment pourrais-je me permettre un tel égoïsme ? La jalousie était égoïste. C'était comme exiger de quelqu'un qu’il nous reste proche, jouer d'affection et d'attendrissement ou de colère et de violence - selon la personne - pour empêcher l'autre de faire ce qu'il souhaite. Je ne voulais pas m'imposer ainsi auprès de Ranrek... J'avais déjà l'impression de lui poser bien assez de soucis pour ne pas en ajouter mes caprices illégitimes. La seule personne envers qui j'avais souhaité faire preuve d'égoïsme était ma défunte sœur, Hly'tha. Je lui en avais tant voulu de m'avoir abandonnée... De ne pas avoir pu braver le feu et nous revenir... Je lui en voulais même encore, parfois... Même si, dans mes jours les plus difficiles, son simple souvenir m'avait permis de tenir bon.

Une simple pensée à lui suffisait à me faire sourire, l'évocation de son prénom parvenait parfois à elle seule à me faire frémir, mais si cela n'était dû qu'au fait qu'il soit la seule personne à me traiter avec déférence ? Si cela n'était dû qu'au fait qu'il m'avait aidée, sauvée ? Bercée par cette incertitude, je ne me parvenais pas à être sûre de moi. De ce qu'il souhaite, de ce que je désire... Et pourtant, j'avais cette impression que tout autour de Ranrek cherchait à me pousser à prendre une décision, à me poser de vraies questions. Celles que je remettais toujours à demain. À mon sens, il n'était pas utile de se poser ces questions. Mais était-ce là ce qui intéressait Ramose ? De savoir ce qu'il en était entre Ranrek et moi ? J'avais bien été assaisonnée par Kara sur ce sujet... Je ne voulais pas remuer le couteau dans la plaie. Mais pour le dictateur, ça ne semblait en aucun cas un souci. En même temps, il était comme les autres... à se soucier plus de lui que d'autrui. L'intérêt qu'il me portait là ne résonnait, à mes oreilles, que comme un avertissement à donner à Ranrek par mon intermédiaire. Pour protéger son ami ? Non, pour se protéger lui. L'égocentrisme de cette personne était flagrant. Je me doutais que cette impunité qu'il se permettait ne venait pas d'une simple crise. Ça n'était pas pour me rassurer...

Mon corps se souviendra jusqu'à la fin de mes jours à quel point un Feu peut être cruel avec sa victime. Humiliation, abus, violence, feu... Si un simple nobliau pouvait se permettre ce qu'il s'est permis envers moi, de quoi était capable Ramose ? De tout bonnement me brûler vive parce que ma tête ne lui revenait pas ? « Oh. Avant que je n’oublie, quand on me cherchera pour me confier à des domestiques plus compétents… Je vais te confier une simple tâche, et la seule que tu dois être capable de faire je suppose, dit-il avec sarcasme. Use de tes yeux de biche pour empêcher Ranrek de refaire une stupidité comme celle du Bal et ne t’affiches plus aux yeux du monde. Toi, tu n’as rien à perdre. Tu as déjà tout perdu, jusqu'à ta fierté et tes racines. Lui, il a beaucoup à perdre. » Je soupirai un rictus, désabusée, avant qu'un épais frisson me parcourt à la vue de sa marque dont j'essayais de détourner le regard. Il fallait que je m'éloigne de lui... Mais je ne pouvais m'empêcher de réfléchir à ses paroles. C'était ainsi que les hautes gens voyaient la plèbe ? C'était absolument stupide et presque naïf quelque part. Je n'étais pas d'un naturel calculateur et manipulateur. Même cette simple requête, je ne saurais la tenir face à Ranrek car je faisais ce qu'il demander. Parce que lui, je ne remettais pas sa parole en cause et sa bienveillance à mon égard. Parce que lui, je lui faisais confiance. C'est à lui que je devais obéir. Pas à un régent du Feu, de Sezni, où je ne comptais pas remettre les pieds de toute ma vie. Cet homme, Ramose, n'était rien pour moi et ne signifiait rien... Tout ce qu'il représentait, c'était une maladie passagère. Un mal à prendre en patience jusqu'à ce qu'il retourne dans ses confins. Un nuage gris qui traverse le ciel qui s'éclaircira bien assez tôt.

Pinçant mes lèvres l'une contre l'autre, j'essayais de ne rien répliquer à ces mots qui n'invitaient aucunement à la discussion. Je n'ai jamais réellement tout perdu. Même lorsque j'étais réduite à n'être qu'un jouet pour l'un des nombreux sujets détraqués au service de Ramose. Quelque soit le moyen utilisé pour me détruire, je parvenais toujours à me raccrocher à quelque chose, à quelqu'un. Je croyais toujours en cette lumière qui luisait au loin ; promesse d'une ère nouvelle où tout serait différent. Où le désespoir me quitterait. Peut-être juste pour un temps, pour un jour. Mais il ne m'en fallait pas plus pour regagner mon optimisme. Le monde n'était pas mauvais. Seuls les Hommes l'étaient. Mes racines étaient ancrées à Gorka et me manquaient indéniablement, mais le fait de ne pas savoir ce que j'y trouverai les regagnant me laissait profiter des bons instants que je pouvais vivre à Lucrezia. Ici, j'avais trouvé un but. Au-delà de l'affection certaine que je portais à Ranrek et qui me tenait attachée à cet endroit, j'apportais mon aide au refuge Tellus, j'aidais ces personnes que les représentants oubliaient, laissaient à l'abandon. Je faisais de mon mieux, à mon échelle, pour apporter quelque chose de bon à la société. Je n'étais peut-être pas indispensable à Lucrezia ou à une autre région. Mais je l'étais aux yeux de certaines personnes. Et même si ça n'était qu'aux yeux d'une seule personne, j'aurais toujours la crainte de lui être arrachée. Comme me l'a été Hly'tha... Après tous les efforts que j'avais fait pour ressortir la tête de l'eau, les paroles du dictateur ne trouvaient guère leur sens. Mais je pensais comprendre sa manœuvre et ne souhaitais substituer quoi que ce soit à sa façon de me percevoir. Une fille qui n'a rien n'est pas une menace. Le conforter dans cette idée était ce qui me paraissait être le plus habile. « Je ferais mon possible, Maître », dis-je simplement en amorçant une nouvelle tentative de sortie. Mais au même instant, la porte s'ouvrit sur le domestique à qui s'était adressé Sven plus tôt.

Il me tendit le plateau demandé par le dictateur. Sans peine, il comprit que les choses ne se passaient pas très bien pour moi... Je retournai vers Ramose et posai le plateau sur la table basse qui se trouvait devant le canapé. « Permettez-moi de vous laisser avec... comment s'appelait-il ? Peu importe. Quelqu'un de plus compétent », justifiai-je sans nier une certaine impertinence en arrière pensée. Je me reculai de deux pas avant de tourner les talons pour quitter le salon, priant Tarlyn pour qu'il me laisse partir.

@Sven Ramose ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1909 mots
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Dim 16 Juil - 22:52


La bonne humeur de Sven disparut aussi vite qu’elle avait fait son apparition suite à une remarque impertinente de la blondinette. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre le sous-entendu de la demoiselle lorsqu’elle expliquait une des mystérieuses raisons de sa présence auprès Ranrek. Il lança un regard indifférent, pourtant, loin de ce regard brûlant de colère. La demoiselle n’était qu’une impertinente parmi tant d’autres, qu’il sera fort simple de mater s’il se donnait la peine. Il ne savait pas qui avait été son précédent maître – et il s’en contrefichait.

Soudainement, elle finit par dire « Je ferai mon possible, Maître ». Un sourire amusé revint orner son visage tanné. Le jeu de cette demoiselle – impertinence et docilité – le charmait presque par sa stupidité et sa naïveté. Elle était de ces femmes avec de haut espoir, et grands rêves, pensant que toutes ces choses pouvaient avoir raison de la réalité de ce monde – une pâle copie de Zora, en somme.

Il devait paraître cruel et stupide, avec ses paroles, mais pourtant, l’intérêt de Ranrek était sa principale motivation dans ses paroles précédentes. En effet, à exciter la colère de ses proches au travers d’actes rebelles, il risquait beaucoup. Il avait déjà vent de quelques projets de Karam et les dits projets n’allaient nullement plaire à ce vieil ami d’enfance. Un court instant, il se demandait si en révélant la chimère qu’était un des projets de Karam, il pourrait montrer l’étendue des conséquences des stupides actes de ces tourtereaux. Cependant, il prit la décision de se taire. Les Ergorn et lui avaient un accord un tantinet tacite. Karam faisait preuve d’une grande collaboration en politique, mais ne se mêlait pas  de certains domaines comme le domaine « privé » de Sven, un domaine qui était à l’origine de quelques scandales. A l’inverse, Sven faisait de même, ignorant volontairement certains tords et travers de la famille – des choses qu’il aurait puni en temps ordinaire mais qu’il ne faisait pas, laissant la décision au patriarche.

- Oh je refuse. Notre entretien n’est pas terminé, finit par dire. J’ai demandé à ce que tu me racontes votre rencontre. Il t’a acheté, je le sais bien. C’est comme ça que les choses se font, répondit-il avec ironie et raillerie. Enfin, je ne veux pas « Je ferai de mon mieux ». J’exige une promesse « Je promets. Je réussirai ».

Sven avait compris bien tôt la force du pouvoir des mots, notamment le fait que « faire de son mieux » et « réussir » était deux mentalités différentes et deux formes de pression distinctes.

- Et on ne quitte la pièce, que si j’en donne l’autorisation. M’as-tu entendu dire « tu peux partir » ou « pars » ? Non. Alors tu restes, debout, jusqu’au bout, et qu’importe ce que je dis ou je fais, et qu’importe qui est là ou n’est pas là.


Au sein de son Palais, les domestiques avaient rapidement compris cette règle-ci. Aucun ne quittait la pièce sans qu’il n’en donne un ordre explicite et clair, et ils restaient donc jusqu’au bout quelques soit l’activité du Dictateur. Qu’il torture, qu’il gâte, qu’il s’entraîne, qu’il aime. Il fallait dire que Sven avait constamment besoin de quelque chose, et s’il n’avait besoin de rien, il avait besoin de monde autour de lui. Ajoutons à cela que ses soirées d’ivresse n’arrangeaient pas certaines choses. Par exemple, il pouvait réveiller toute une maisonnée pour faire une fête. Il pouvait faire preuve d’une humeur lunatique étrange certaines soirées, au grand malheur de ses serfs.

- Décidément, tout va mal ici, finit-il par dire. Je sens un vent de malheur pour vous deux. Oh, avant que tu ne te fasses une idée, le vent de malheur ne sera pas moi.

Le vent en question n’allait sûrement pas tarder à souffler, soit aujourd’hui ou demain. Par ailleurs, ce vent qui était un homme – notamment le patriarche de la famille – viendra bien vite le chercher, coupant court à cet entretien qui n’amusait pas, et qui n’énervait pas le Dictateur. Il savait que l’heure suivante, plongé dans des débats politiques avec les Ergorn, il allait tout oublier de cette frêle silhouette. L’oubli allait se prolonger le soir, lorsqu’il aura à faire face à Zora et à ses nouvelles manies.

- Quoique ... tu m'as forcé à répéter un ordre. Comme ta rencontre avec Ranrek. Que faire ?


Il se leva, pour s'approcher de la demoiselle, plongeant son regard bleu gris dans celui de la demoiselle, puis posant une main sur le sommet de son crâne. La chaleur se répandit en elle, puis s'éleva encore et toujours jusqu'à la faire légèrement rougir. Puis subitement, il s'arrêta.

- Je demanderai à Ranrek de se charger de ce point de ton éducation. Il serait temps qu'il prenne certaines de ses responsabilités, dont notamment la responsabilité d'éduquer proprement ses esclaves. S'il est incapable de leur inculquer le respect le plus élémentaire à quelques nobles, dont à moi, c'est qu'il faut changer les choses à la racine. Tu peux t'en aller, maintenant.

Ce genre de demoiselle ne comprendrait jamais rien à la torture physique - elle semblait avoir eu sa dose. Non, la mater n'était possible que sur un point ; sur ce qu'elle aimait vraiment. Faire planer une menace fictive et floue sur Ranrek était la meilleure des choses à faire avec elle, pour la soumettre pleinement. Est-ce que Karam comprendrait ceci ?
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~#~Sujet: Re: Green Finch and Linnet Bird [Eden] Mar 18 Juil - 10:00

Sven Ramose
&
Eden'el Lumnar


Green Finch and Linnet Bird
Je compris à l'expression de Ramose que ma réponse ne lui suffisait pas. Que dire de plus ? Pourquoi devait-il forcément y avoir quelque chose d'autre ? De plus fort ? De plus dangereux sûrement selon lui. Il y avait plus que cela. Une chose que nous-même nous ne nous expliquions pas. Je n'étais pas persuadée que Ranrek nourrissait de réel amour pour moi. Il en avait connu des femmes, il en avait aimé une plus que tout, et puis une seconde. Si vraiment il m'aimait, je restais la troisième de la liste, rien qui ne devrait faire ciller le dictateur. Ranrek était conscient de son devoir envers sa famille. Et même s'il s'accordait à tout faire pour les mettre de travers, jamais il ne ferait quoi que ce soit pouvant mettre leur réputation, leur image ou leur pérennité-même en péril. Il avait de l'honneur, le sens du devoir. Quand bien même il détestait cela... Sa place était à des années lumières de son rêve. Que ce soit de part sa filiation, ses amis, son élément. Mais Sven devait probablement le savoir. Être un fils de représentant, c'est loin d'acquérir un domaine à Gorka pour y devenir vigneron. Ramose œuvre peut-être pour empêcher son ami de croire en ses rêves pour le garder près de lui plus que pour le protéger d'un réel danger. Et encore moins pour me protéger moi. Je n'étais qu'un grain de poussière dans un rouage qui normalement était bien huilé. Je serai balayée à la prochaine maintenance sans le moindre effort s'il le voulait. Cela lui mettre certainement Ranrek à dos.

Mais je craignais que Sven n'ait une autre idée en tête... J'avais peur que si Ranrek s'accordait un nouvel écart, quel qu'il soit, le dictateur ne cherche à nous éloigner autrement que par de simples avertissement. Les moyens étaient divers mais ce n'était pas à de la violence pure que je m'attendais. Le regard du dictateur brillait d'une intelligence néfaste. De celles qui cherchent vos faiblesses et vous assènent de petits coups jusqu'à vous faire fléchir. Organiser un enlèvement où je serai vendue à une famille bien éloignée des Feu, de Dahud, même de Sezni. Promettre monts et merveilles à Ranrek pour qu'il en vienne à me laisser de côté. Harasser de pressions qui pourraient tout aussi bien venir de n'importe qui. Il me serait certainement plus difficile de vivre loin de Ranrek en cette période que de ne plus vivre du tout. Rester enfermée ou appartenir à un autre... On guérit bien mieux des blessures du corps que celles du cœur. Mes cicatrices ne me faisaient plus mal depuis des années mais restait les séquelles faites à mon âme, celles qui m'avaient poussées à ne plus retourner en ville, à m'exiler et me renfermer. J'étais loin de regretter que les choses aient changé. Mais plus le temps avançait et plus je commençait à comprendre que le jeu de Ranrek allait être bien plus dangereux que ce à quoi je m'attendais. Malgré ça, j'avais confiance en lui. Il me protégerait. Même indirectement... L'amour que lui portait sa famille - ou tout du moins leur intérêt -, l'amitié de Sven, plusieurs pans de sa toile pouvaient me venir en aide dans ces situations où, seule, je n'étais été qu'une fourmi que l'on écrase sans vergogne à Lucrezia.

M'extirper de là était toutefois la meilleure façon de cesser de jouer avec le feu. Je n'étais pas d'un naturel joueur sur les mots ou manipulateur sur la façon d'être. L'insolence était un jeu auquel je perdais constamment plus jeune et il n'y avait pas de raison que cela change. Ça avait failli me coûter bien cher auprès de Naslor alors qu'il n'était que maquignon. Face à Sven, ça ne serait certainement pas de la même trempe si je venais vraiment à l'irriter... « Oh je refuse, je m'arrêtai sans hésitation de peur de me retrouver carbonisée sur place. Notre entretien n’est pas terminé. J’ai demandé à ce que tu me racontes votre rencontre. Il t’a achetée, je le sais bien. C’est comme ça que les choses se font, ironisa-t-il alors que je me retournai à nouveau. Enfin, je ne veux pas "je ferai de mon mieux". J’exige une promesse "je promets. Je réussirai" », lança le dictateur. Je déglutis avec difficulté alors que le serviteur installa le plateau sur la table avant de me faire face, comme se délectant de cet instant où le dictateur me faisait plier l'échine. Je n'étais pas dans le cœur de beaucoup d'autres domestiques...

« Et on ne quitte la pièce, que si j’en donne l’autorisation, expliqua-t-il. M’as-tu entendu dire "tu peux partir" ou "pars" ? Non. Alors tu restes, debout, jusqu’au bout, et qu’importe ce que je dis ou je fais, et qu’importe qui est là ou n’est pas là. » Alors je restai devant la sortie, debout face à lui. Le regard penché vers le serviteur, dents et poings serrés. « Décidément, tout va mal ici. Je sens un vent de malheur pour vous deux. Oh, avant que tu ne te fasses une idée, le vent de malheur ne sera pas moi. » Déclara le maître du Sud. Je fronçai les sourcils en le regardant à nouveau. Un vent de malheur ? Je nageais dans un pareil vent depuis la mort de ma sœur. Mais ça n'en restait pas moins intimidant. Qu'est-ce qui pouvait lui faire croire que le malheur nous atteindrait avec une telle assurance ? Si ça ne venait pas de lui, de qui cela viendrait ? Les Ergorn avaient-ils finalement trouvé un moyen de m'évincer sans se mettre à dos leur fils ? « Quoique... tu m'as forcé à répéter un ordre, força-t-il de sarcasmes. Comme ta rencontre avec Ranrek. Que faire ? » Me mordillant les lèvres, je peinais à croire que le silence valait mieux que l'audace.

Le dictateur se leva pour se poster devant moi. Luttant pour ne pas reculer, je m'armai de courage pour ne pas baisser les yeux. Lorsqu'il leva sa main, je réprimai un tressaillement qui se changea en sursaut quand elle toucha le sommet de ma tête. Traits tendus, j'œuvrai pour ne pas me défaire de ce contact qui m'incommodait bien plus qu'il ne pouvait le penser. La chaleur commença à se propager. Mes lèvres frémissaient mais je ne bougeai pas. La chaleur me faisait mal à la tête, je sentais ma peau rougir et mon sang au bord de l'ébullition. Ma respiration était forte, il ne fallait pas être devin pour comprendre que cette chaleur n'allait à personne d'autre qu'à des Feu. Ce que je n'étais, évidemment, pas. « Je demanderai à Ranrek de se charger de ce point de ton éducation. Il serait temps qu'il prenne certaines de ses responsabilités, dont notamment la responsabilité d'éduquer proprement ses esclaves, je cillai au mot esclave. Ranrek ne considérait pas ses gens comme tel. Il nous payait, s'occupait de nous. Mais quand bien même, je préférais être son esclave et lui appartenir que d'être éloignée de lui. S'il est incapable de leur inculquer le respect le plus élémentaire à quelques nobles, dont à moi, c'est qu'il faut changer les choses à la racine. Tu peux t'en aller, maintenant. » Comprenant sans mal le reproche, je comprenais également ce qui semblait en être de ma présence aux côtés du fils de Karam. Être une ombre qui reste à sa place d'ombre, ça ne serait pas pour me déplaire, bien loin de là. D'une révérence maladroite et muette, je quittai le salon en refermant la porte dans un bruit feutré.

Une fois la porte refermée derrière moi, il faudrait attendre que j'ai regagné les appartement de Ranrek avant de reprendre mes esprits. Préoccupée que j'étais, je ne sentis personne approcher. Et pourtant, ce ne fut pas moins la silhouette de Karam qui se dessina au bout du couloir, presque à ma hauteur déjà. Je fis volte-face pour prendre un autre chemin, mais l'un de ses gardes atteignit mon niveau bien trop rapidement pour me laisser une chance de m'éloigner sans détaler comme une voleuse. Il posa sa main sur mon épaule qu'il maintint et me plaqua contre le mur. De pas lents, le patriarche s'avança vers moi et me jaugea un bref instant. Un sourire se dessina au coin de ses lèvres, me faisant frisonner de peur. « Hors de ma vue. » Se contenta-t-il de dire d'un ton des plus calmes et neutres. Le garde me lâcha et je partis sans poser la moindre question, sans même me retourner avec une vélocité que j'aurais dû appliquer bien avant ce bref instant. Je ne faisais pas partie de ce monde. Je ne voulais pas faire partie de ce monde. Il devait forcément exister un moyen pour éviter tout ça... Un moyen par lequel Ranrek et moi pourrions nous émanciper de cette bulle ardente qui nous entourait, avide de nous voir choir pour garder le contrôle.

@Sven Ramose ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1566 mots
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