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Intrigue
Un vent de changement souffle sur les terres d'Oranda... Pour en découvrir plus, la première intrigue a été dévoilée
Venez donc tout savoir (ou presque) du meurtre d'Osrian Thenkar, membre de la Famille Birghild
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united we are strong

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~#~Sujet: united we are strong Ven 16 Juin - 20:11





united we are strong

Ceersa & Andar

Il ne pouvait plus rester là sans rien faire. Les tours de table avec ses meilleurs conseillers n’avait pas fait bougé grand-chose à la situation actuelle et la place de Vainui sur le plan politique en avait pris un sacré coup depuis l’attaque des extrémistes de l’Eau. La situation était de pire en pire et pourtant le Roi avait une mission aujourd’hui, une mission qu’il avait pris à cœur. Tous ceux qui étaient morts de la main de ces terroristes… leurs familles en peine, il se devait de leur adresser un message, il se devait également d’envoyer un message à ceux qui le pensait responsable d’un tel bain de sang. Personne n’avait encore oser dire que c’était un complot du Roi ou une machination de ce dernier, mais ces extrémistes avaient envoyé un message fort et puissant au reste du monde… Il était du devoir d’Andar d’envoyer un message contraire, plus apaisant, plus amicale à ceux d’Oranda. Après un échange de lettres rapides avec Nehko, le Roi prit la décision de se rendre rapidement à Lucrezia pour faire un discours là ou tout c’était produit. La ou tout avait commencé.

Nehko était en charge d’envoyer des représentants de Vainui aux familles afin de les inviter à venir écouter le Roi d’une autre région. Ce n’était en rien une obligation, mais pour toutes les familles ayant perdu un membre, il leur offrit quelques pièces d’Or. Ce n’était point un dédommagement, mais la couronne de Vainui prenait les funéraires à ses frais afin d’offrir une sépulture plus que descente à ceux qui avaient péris. Ainsi donc une petite scène avait été installée sur les lieux du massacre, de bataille et le Roi ne tarda pas à arriver, étant juste à l’heure, escorté par sa garde royale, quelques membres de son Conseil et les familles de Vainui qui avaient eux aussi perdu des membres de leur famille durant cet attentat. Bien que Danis ne soit pas de ce genre de jeux politique et préférant rester à l’écart, il lui avait demandé de l’accompagner. Ils ne feraient qu’un petit passage avant de revenir chez eux afin de poursuivre leur vie et surtout à préparer la suite si la lumière n’était pas faite sur l’attentat, mais également le meurtre d’Osrian. Sa femme à ses côtés, il se sentait plus à l’aise, plus en confiance.

Une fois à bonne hauteur, il se mit à parler gravement. Il n’était pas là pour être un Roi heureux, ou bien un Roi plat sans convictions, non, il était là parce que ça faisait mal, il était là parce qu’il devait être compatissant avec son peuple, mais également ceux des autres contrées. Si la perte malheureuse des membres de la Terre, du Vent ou encore du Feu ne l’attristait pas, c’était qu’il était bien égoïste et centré sur son propre petit monde. « Nous ne sommes point ici pour pointer du doigt qui que ce soit, blâme un groupe d’extrémiste ou bien encore un homme qui aurait pu tout orchestrer non. » Il serre le poing, regardant le plus de gens possible, ceux qui étaient au premier rang, mais également à ceux qui étaient plus loin, qui n’avaient pas la chance de pouvoir croiser son regard. « Nous sommes ici pour rendre hommage à nos morts. Qu’ils soient du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, ceux qui ont fait couler le sang n’ont point fait de distinction. Aveuglés par leurs croyances, femmes, enfants, hommes, il n’y avait que des cibles. »  Des enfants étaient morts, laissant des parents meurtris. Des parents étaient morts laissant des orphelins.

Ça n’a été qu’une monstruosité sans nom. « Vainui ne laissera pas ces hommes agir de nouveau. Nos morts ne reviendront pas, mais pour qu’ils puissent partir en paix, Justice sera faite et ceux qui ont conduit s et commandités cette attaque seront retrouvés et menés à Lucrezia pour leur destin funeste. »  Il laissait au bon soin de la famille Kunan la suite des interrogatoires, s’il le pouvait, il irait toucher un mot ou deux avec ceux capturés, mais il n’osait trop interférer avec les familles dirigeantes. Il continua un peu son discours, n’osant trop en dire, ne prenant pas parti pour telle ou telle faction suite à l’assassinat d’Osrian. « Je terminerais simplement avec un message d’apaisement. Regardez la personne à votre droite ou à votre gauche et sachez bien qu’elle partage la même perte, la même peine que vous-même si elle n’est pas de votre région. Ces terroristes désirent une chose, semer le chaos… Nous désunir dans cette ville qui pourtant est censée rapprocher les peuples d’Oranda alors s’il vous plait. Ne jugez pas trop vite vos voisins et restez soudés, si nous voulons un avenir meilleur pour nos enfants, alors il faut que Lucrezia soit forte et qu’elle résiste à la Tempête qui y fait rage ! »  Il imposa le silence en levant la main et termina.

« La Paix. Nous nous devons tous de la préserver et de la chérir, que nous soyons un simple pécheur, un noble ou un souverain. Continuons à travailler ensemble et ces histoires ne nous rendrons que plus forts et plus soudés les uns envers les autres. Merci à vous de m’avoir accordé votre temps si précieux, gardez espoir mes amis. Les dieux nous mettent au défi, répondons-y tous unis. »  Il termina la son discourt et leva sa main une dernière fois avant de faire quelques pas en arrière, il y avait des applaudissements, mais il entendait également des sifflements. Il ne pouvait faire mieux en l’état, trop de choses étaient en jeux et ses gardes ne tardèrent pas à préparer le chemin retour vers les quartiers des Kunan qui les invitaient tout le temps de leur séjour court séjour ici. Il chercha dans le regard de sa femme son approbation, sa bienveillance.


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~#~Sujet: Re: united we are strong Dim 18 Juin - 12:10


United we are strong
Feat @Andar Drogon
le seizième jour de la dixième lune de l'an 836
La nouvelle d'un discours qui serait prononcé par le Roi Andar Drogon en personne au cœur de Lucrezia se répandit vite. Surprise, stupéfaction, honte, erreur pour d'autres. Les avis étaient plus que jamais partagés entre l'impuissance des Eau face à la situation, leur potentielle implication dans cette attaque et l'idée qu'ils ne rendraient pas la justice comme il le fallait. Je faisais partie des ces personnes qui doutaient de leur partialité et de la sévérité de leur jugement. Les Eau étaient réputés laxistes et doux. Certes, côté Terre, on nous reprochait notre empathie et notre compassion. Mais ce qui était bien moins explicité, c'était notre certaine intransigeance envers ceux qui ne respectaient pas autrui. Ceux qui s'en prenaient aux familles, aux êtres vivants. Ceux qui se battaient contre des personnes sans défenses et qui faisaient prévaloir la violence plutôt que la diplomatie et la paix.

Au-delà d'une curiosité certaine, je m'étais rendue au discours du Roi pour en savoir plus sur ce qu'il desservait au peuple. La garde Terre avait quelques informateurs, guidés par la main de Jackwen Dolm. Il n'était pas loin non plus. Recouverte d'un voilage modeste afin de me fondre dans la foule plus aisément, j'étais au milieu des badauds. Cela déplaisait probablement au chef de la garde. Après le meurtre d'Osrian, mon époux, les Birghild étaient surveillés de près et nous voir nous déplacer était une source anxiogène pour les élémentaires que nous représentions. À mon sens, c'était naïf comme vision. Si Osrian avait pu être assassiner lors du bal des représentants, alors personne n'était réellement à l'abri. Que ce soit au palais ou en ville. Thrad l'avait bien compris. C'est pourquoi il demandait notre retour à Gorka, soutenu par le Président Hileran. Les hommes... ils n'avaient pas la carrure pour diriger et mener des combats autres qu'en croisant les éléments ou le fer. Ysire Pelion correspondait bien plus à ma façon de voir les choses ; malgré les temps difficiles que nous traversions, il fallait que nous restions forts de notre présence et de notre influence à Lucrezia. Les Birghild étaient ancrés dans cette ville depuis tant d'années que le nom de nos prédécesseur n'était connu de personne. Nous faisions partie intégrante de Dahud et de sa démarche de lien entre les régions. Elles, elles restaient fermées, et nous, nous étions la porte ouverte, le centre névralgique qui permettait à tous de jouir en partie des richesses que les dieux nous accordaient à travers tout Oranda.

J'avais beau croire que nous avions échoué à cet idéal de réunion des éléments, je ne baissais pour autant pas les bras. Plus déterminée que jamais à faire asseoir notre légitimité et la noblesse de nos valeurs, je ne pouvais me résoudre à abandonner les Terre de Lucrezia. Je n'abandonnerai pas la mission qui a été donné à ma famille. Certes, je n'étais pas une représentante, seulement une conseillère. Mais le sang Birghild coulait dans mes veines et j'avais assis mon pouvoir au sein de la garde Terre. Une place qui m'assurait de pouvoir tirer des ficelles et, surtout, d'influer le cours des événements. Une main mise que je devrais finir par léguer à mon neveu, Ragon. Même s'il est encore jeune, force est de constater qu'il prend du poil de la bête et l'avoir laissé gérer certaines affaires me prouve qu'il sera bientôt apte à prendre la suite de sa sœur Zora. Mais comme les autres, il va être envoyé à Bleuzenn. J'aurais aimé que Thrad accepte de nous laisser une dernière chance, à Lucrezia, et non barricadés dans nos chères forêts... Mais la dernière réunion du conseil n'avait pas joué en ma faveur... La détention de Zora par Sven Ramose... Accablés par tant d'événements, notre bravoure et notre détermination étaient mises à rude épreuve. Je ne pouvais pas en vouloir à mon petit frère de chercher à nous protéger en nous éloignant de cette scène de drames et de sang...

Les dieux m'avaient préservés de la vue des corps laissés sur ces pavés par les extrémistes de l'Eau. On m'avait rapporté bien des choses. J'en avais apprises d'autres. Mais cela ne pouvait reconstituer l'ampleur de ce massacre qui a eu lieu. Impossible de réellement comprendre l'impact psychologique que ça a pu avoir sur les citoyens présents lors de l'attaque... La foule était silencieuse, endeuillée. Nous l'étions tous. Toute la capitale avait été frappée. Personne n'avait été épargné. Pas même les Vainuiens. Pères, femmes, enfants... quelle atrocité. « Nous ne sommes point ici pour pointer du doigt qui que ce soit, blâmer un groupe d’extrémiste ou bien encore un homme qui aurait pu tout orchestrer non. » Clama le Roi d'un ton poignant du haut de la petite estrade placée pour l'occasion. « Nous sommes ici pour rendre hommage à nos morts. Qu’ils soient du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, ceux qui ont fait couler le sang n’ont point fait de distinction. Aveuglés par leurs croyances, femmes, enfants, hommes, il n’y avait que des cibles. » Ces mots me firent frémir. Des cibles... Oui. C'est sûrement tout ce qu'étaient les personnes présentes pour jouir des festivités. Ces jours de fête n'étaient pas n'importe lesquels. C'était la semaine où chaque peuple acceptait les autres sans faire de distinction. Où tout le monde pouvait être. Libre et serein. Briser cette confiance que l'on s'accordait tous, ces extrémistes avaient fait plus que perpétrer un massacre : ils avaient brisé un pacte que tout Orandien s'était donné de respecter. Il ne nous restait plus qu'à craindre la remontrance choisie par les dieux. Car nous aurions beau rendre la Justice, tout Oranda payera pour cet ignoble blasphème. « Vainui ne laissera pas ces hommes agir de nouveau. Nos morts ne reviendront pas, mais pour qu’ils puissent partir en paix, Justice sera faite et ceux qui ont conduit et commandité cette attaque seront retrouvés et menés à Lucrezia pour leur destin funeste. »

Autour de moi s'agitaient quelques esprits. D'autres restaient dans un mutisme fort, peu convaincus par les mots du Roi du Nord... Les gardes Eau restaient en alerte alors que la garde royale cerclait l'estrade pour protéger leur Roi si besoin était. Quelques visages de garde Terre s'étaient glissés dans la foule. D'autres surveillaient, patrouillaient. J'étais sereine. Jackwen avait peur que ce soit là une nouvelle opportunité pour les extrémistes de récidiver. Une attaque lors de ce discours signerait l'implication du Roi Andar à mes yeux. Ce que je ne souhaitais pas envisager. Trahir les siens au même titre que les autres, c'était horrible. Impardonnable. Inconcevable pour une personne dite royale. « Je terminerais simplement avec un message d’apaisement. Regardez la personne à votre droite ou à votre gauche et sachez bien qu’elle partage la même perte, la même peine que vous-même si elle n’est pas de votre région. Ces terroristes désirent une chose, semer le chaos… Nous désunir dans cette ville qui pourtant est censée rapprocher les peuples d’Oranda alors s’il vous plait. Ne jugez pas trop vite vos voisins et restez soudés, si nous voulons un avenir meilleur pour nos enfants, alors il faut que Lucrezia soit forte et qu’elle résiste à la Tempête qui y fait rage ! » Plissant les yeux, je restai perplexe. Nos voisins... De lourds doutes résidaient dans leur implication dans la mort de mon mari... Ce refus de nous laisser interroger Darrel Fanior, leur renfermement immédiat n'avait fait qu'accroître ces soupçons alors que tout pourrait probablement s'expliquer simplement... Je ne pourrais plus regarder mes voisins sans y voir le visage de mon défunt époux. Aimé, respecté, en paix avec le monde et ceux qui l'habitent... Osrian ne pouvait être leur cible, ça n'avait pas de sens. Et pourtant... Impossible de laver ces soupçons. J'avais tant envie de bousculer les Kunan, de les pousser à se donner dans l'enquête sur ce meurtre infâme... Mais ils avaient bien d'autres chats à fouetter. Et les Chefs Représentants ne jugeaient guère judicieux de nous laisser enquêter sur notre propre mort. Cela m'exaspérer. Bien des proches me disaient que je devais laisser les choses se faire, que m'impliquer dans cette enquête ne faisait que retarder mon deuil. Mais comment pourrais-je faire le deuil de mon mari alors que je n'avais aucune explication sur la raison de sa mort ? Ignorer m'empêcher d'accepter, de réaliser.

« La Paix. Nous nous devons tous de la préserver et de la chérir, que nous soyons un simple pécheur, un noble ou un souverain. Continuons à travailler ensemble et ces histoires ne nous rendrons que plus forts et plus soudés les uns envers les autres. Merci à vous de m’avoir accordé votre temps si précieux, gardez espoir mes amis. Les dieux nous mettent au défi, répondons-y tous unis. » Le discours prit fin. La foule hua et loua, les avis restaient partagés. Il faudrait bien plus qu'un discours pour apaiser les esprits... L'expression du Roi traduisait qu'il en avait conscience. Alors que la plèbe se dissipait, je m'avançai doucement vers le cortège qui protégeait et accompagnait le Roi. Deux hommes me suivaient de loin. Deux Terre éloignés de la garde qui veillaient officieusement pour ma sécurité. Ils m'étaient loyaux à moi, et non à la neutralité exigée lors de la formation des gardes. Bien des gardes se radicalisaient et perdaient la foi en cette impartialité qui est sensée les guider. Mais loin de moi l'envie de les mettre dans une situation complexe. Si cela venait à se savoir, Jackwen serait obligé de les congédier. Un garde Eau me stoppa d'un geste, croisant son arme en posture défensive. Je restai de marbre face à ce geste fait pour intimidé. Il m'en fallait plus... Je gérais la garde Terre après tout. Voyant mon regard insistant, le garde ne se défit pas d'un cil et j'exposai ma requête avec un ton neutre mais ferme. « Je souhaite obtenir une brève audience avec le Roi Andar Drogon. » Il me jaugea de haut en bas, sûrement me prenait-il pour une bien audacieuse roturière. « Un court instant, c'est tout ce dont j'ai besoin. » Insistai-je. Il fronça les sourcils. « Si vous souhaitez vous entretenir avec un représentant de Vainui, vous devez vous adresser à la famille Kunan. » Un éclair rouge traversa mes yeux alors qu'un de mes gardes s'approchait un peu plus. Cela n'échappa guère au garde Eau qui s'avança vers le cortège resserré du Roi. Il lui faisait sûrement part de ma requête que j'espérais qu'il accepterait. Nous nous étions déjà croisés au fil des années lors de ses visites à Lucrezia, dans un cadre formel et officiel. Mais peut-être ne se souviendrait-il pas de mon visage.
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~#~Sujet: Re: united we are strong Mar 20 Juin - 16:54





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Ceersa & Andar

Il ne pouvait faire plus en la situation. Les cœurs étaient encore trop fraichement charcutés, les larmes coulaient toujours et malheureusement, le mal allait gangréner les pensées des familles pendant encore un moment. Il ne pouvait plaire à tous comme il ne pouvait être détesté de tous. Il y avait bien des gens qui pouvaient être touchés par ses mots, mais ce n’étaient que des mots après tout et s’il voulait faire quelque chose qui parlerait, il devrait agir. Faire en sorte que les choses bougent et de la bonne façon. Andar soupira en voyant les choses ainsi. Il s’attendait à de mauvais retour d’un tel discours, ceux qui n’aimait pas les Eaux étaient nombreux depuis l’attaque de ces extrémistes. Tous les régimes d’Oranda avaient des gens comme eux, des gens qui pensaient dure comme fer que leur élément était fait pour dominer et gouverner les autres. Des groupes se formaient, mais aucuns n’avaient encore fait un tel carnage au nom de leur idéaux ! Aucuns n’avaient encore tentés une telle approche aussi… violente. Cela ferait date dans l’histoire et c’était durant le règne d’Andar. On pouvait le blâmer d’un tel laxisme, mais comment trouver ce genre d’hommes et de femmes alors qu’ils ne sont point dans son royaume ? Du moins, il le pensait. Il avait assez confiance en son armée pour assurer la sécurité de Vainui et à régulariser ce genre de problème, mais la… Il y avait beaucoup de préparation et cette attaque avait pris tout le monde de cout. Autant les dirigeants que les citoyens.

La foule se dissipait elle aussi. Elle n’avait plus rien à faire ici à présent. Il pouvait entendre les contestations de certains, ce qui était légitime. On renvoyait la faute au bon Roi Drogon. Etait-ce le cas ? Il ne le pensait pas, personne n’avait vu venir une telle attaque. Cette dernière tombait bien mal avec l’assassinat du représentant de la Terre. Tous les éléments étaient la pour créer un mouvement de chaos. Andar avait sa petite théorie sur toute cette histoire, mais se la gardait bien pour lui, son cercle de conseiller et sa femme. Oui, pour lui, ces éléments pouvaient être liés. Un assassinat qui met deux régimes politiques en danger du fait qu’ils pourraient se déclarer la guerre ? De l’autre côté, un groupe d’extrémiste, suprématiste Eau qui font un carnage ? Qui étrangement n’est pas directement touché ? Qui étrangement n’en ressort pas salis ou bafoué ou accusé ? Sven et son règne tyrannique. Etrange ne trouvez-vous pas ? C’était la théorie du complot, celle qui lui murmurait à l’oreille que Sven ne pouvait être que le fautif, le commanditaire même s’il ne se salissait pas les mains. Il était trop intelligent pour laisser une trace derrière lui, mais un jour il ferait une erreur et Andar serait là pour la voir. Certains de ses conseillers lui disait que c’était un peu gros, que c’était surement sa haine pour son ennemie qui lui dictait ce genre d’idée, mais… ne pouvait-il pas y avoir une pointe de vérité là-dedans ?

Alors qu’ils se dirigeaient vers le lieu de résidence des Kunan, un garde ne tarda pas à venir lui parler. « Majestés, une personne souhaite venir s’entretenir avec vous Roi Andar. Elle semble assez… motivée. »  Le Roi arqua à sourcil. Bhran, l’un de ses gardes était souvent envoyé pour lui transmettre des messages. Il avait l’art et la manière de tourner ses phrases afin de donner des informations au Roi. Ici, le mot motivé en disait long. La personne en question n’allait pas lâcher l’affaire. « Montrez-la-moi. La connaissez-vous ? »  D’un mouvement de tête, il fit non et lui montra une femme un peu plus loin, stoppée net par les gardes. Fronçant les sourcils, il ne lui fallut pas bien longtemps pour reconnaître la tête encapuchonnée. Elle n’était autre que la femme du défunt Osrian Thenkar. Qui ne pouvait pas la connaître en ces temps compliqués alors que son époux n’était plus. Elle n’avait surement pas du prononcer son nom pour créer des problèmes tout autour d’eux. Il prit la main de Danis et y déposa un baiser. « Je me dois de vous délaisser quelques instants ma Reine. Nous nous retrouverons plus tard. »  Souriant, il se rapprocha de la femme qui voulait lui parler tout en donnant des ordres à ses hommes. « Que les trois quarts de vos hommes escortent la Reine et la Princesse chez les Kunan. Je vais rester ici un moment. »  Il tendit la main devant le chef de sa garde personnelle.

« Je sais, mais je ne serais pas seul et puis… je pense vous avoir prouvé à mainte reprise que je sais me protéger par moi-même ? Allez-y. »  Il n’y avait plus de discutions à avoir à présent. Ferme, le Roi avait ordonné et la garde se mit en mouvement selon les ordres de leur Seigneur. Andar regarda une dernière fois sa femme et sa fille pour finalement se concentrer sur cette invitée de marque. « Mes sincères condoléances Ceersa. Mes pensées vous accompagnent dans cette triste et horrible perte. Osrian avait encore tant de choses à apporter, son meurtre m’attriste profondément. »  Il l’invita à marcher, qu’ils ne restent pas statiques, des cibles faciles pour un tireur embusqué. Il ne préférait pas prendre de risques. « Que puis-je pour vous ? »  Oui, il allait directement à l’essentielle. Pas la peine de tourner autour du pot, elle voulait lui parler, qu’elle le fasse dès à présent qu’elle en avait la possibilité.


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~#~Sujet: Re: united we are strong Mar 20 Juin - 19:57


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Deux gardes continuaient à faire barrage entre moi et le cortège. De loin je pouvais voir le garde et le roi échanger quelques mots. Je m'enquis de la position de mes protecteurs avant de reporter mon attention face à moi. Mon regard croisa celui d'Andar. Le cortège se mit en route vers les palais alors que le roi s'approchait de moi. Se lestant ainsi de son entourage. Cela devait sûrement déplaire : un roi seul en ville - une escorte reste l'équivalent de seul pour une personne d'un tel rang - surtout dans les circonstances actuelles...

Mon intention n'était pas de le placer dans une position de faiblesse. Il aurait pu être méfiant, ce n'était pas là une façon d'obtenir une audience avec un Roi. Mais à son regard j'avais compris qu'il avait pu me reconnaître. Pourquoi un Birghild voudrait du mal à la dynastie Drogon ? Nous n'avions pas la passivité et la neutralité des Air, mais nos rapports avaient toujours été cordiaux et simples avec Vainui et le peuple de l'Eau en général. Beaucoup nous voyaient comme des alliés naturels, deux peuples pouvant vivre ensemble. Je n'en étais pourtant pas persuadée à titre personnel. Les Eau avaient cette noblesse, cette déférence. Était-ce dû à la monarchie installée des Drogon ? Les Eau avaient pour habitude d'œuvre pour cette famille et non seulement pour eux, leurs proches. La famille royale représentait un symbole qui les grandissait, qui les portait au-dessus des autres peuples qui ne vivaient pas dans cette idéalisation humaine. Il y avait bien la dynastie Vara'Hall à Sezni avant que Sven Ramose n'instaure une dictature. Mais le précédent roi avait perdu la confiance du peuple. Il ne le portait plus au-dessus des autres. Alors ils ont laissé, il y a six ans, Sven accéder au pouvoir suprême. Se vouer à un dictateur, l'idolâtrer, était différent que de faire cela pour une famille toute entière. Le jour où Andar Drogon périrait, sa fille prendrait le trône. Si elle ne le peut, un frère, un cousin, un neveu éloigné, il y aura dans n'importe quel Drogon ce sang légitime à diriger Vainui. À Sezni, si Sven venait à mourir, il y aurait probablement une bande de rapaces et autres animaux sauvages prêts à se livrer bataille pour accéder à ce pouvoir installé. Mettre le contrôle de toute un peuple entre les mains d'un seul homme, c'était un pari risqué mais surtout difficile à maintenir. Dans la monarchie, c'était différent : conseillers, représentants, tous avaient un mot à dire et Andar ne pouvait - contrairement à Sven - tout écarter et ne suivre que ses idées à lui. Les Vainuiens avaient des moyens de faire prévaloir leurs droits et leurs désirs. Ils avaient une voix. Tant que cette liberté était accordée, jamais ils n'auraient de raison de chercher à renverser les Drogon et aucun des voisins n'y verrait d'intérêt. La seule personne qui pouvait vouloir s'en prendre au roi, c'était Ramose.

L'animosité presque intrinsèque à chacun entre Eau et Feu faisait rage dans les cœurs de ces deux peuples depuis la création d'Oranda. Était-il possible de lier cette animosité avec la disparition de Glorë ?Les enfants de cette divinité s'étant sacrifiée pour l'Homme, leur avait-elle laissé cette peine au fond du cœur ? Les enfants de Malaggar avaient-ils des flammes à donner aux représentants de Glorë qui, trop faible pour son projet, avait dû y laisser la vie pour atteindre son objectif ? Ce rapport conflictuel était si ancré dans les esprits qu'il ne paraissait pas impossible que la nature même des divinités y ait un rôle à jouer. Face à ces incertitudes, je ne pouvais que me réconforter dans l'idée que le peuple de la Terre avait, lui, su trouver cet équilibre. Un équilibre qui, reporté sur chaque peuple, pourrait bien être la clé de cette paix pour laquelle on se bat par l'esprit, et non celle que l'on impose par des rapports de forces, des armées, des morts... Cette naïve idée me fit penser à Istvan. sa façon de penser était si paisible, sereine... des personnes comme lui pourraient révolutionner le monde par leur simple existence : prouver que d'être en paix avec soi-même et les autres, c'était possible. Cependant, le rôle des dirigeants et des représentants était d'éviter que des personnes comme lui aient à se préoccuper de leur avenir, de l'avenir d'Oranda. Ils devaient pouvoir jouir d'un monde stable et sûr pour leur futur et celui de leurs enfants... Nous avions échoué. Indéniablement.

D'une révérence, je saluai le Roi qui parvint à ma hauteur. « Mes sincères condoléances Ceersa. Mes pensées vous accompagnent dans cette triste et horrible perte, mes yeux froids voulaient croire en ces mots. Osrian avait encore tant de choses à apporter, son meurtre m’attriste profondément. » Déglutissant, je me contentai de le remercier pour sa considération. Nous commencions à nous déplacer, marchant doucement pour nous éloigner du centre de la place. Sûrement pour éviter de rester exposés trop longtemps. Les bâtiments auraient vite fait d'abriter des archers vindicatifs qui seraient prêts à en découdre avec toute forme d'autorité qu'ils pourraient rendre responsable pour leurs pertes humaines. « Que puis-je pour vous ? » Demanda le Roi Andar. « C'est assez inconvenant de demander ainsi votre attention, et vous m'en voyez désolée. Cependant, au vu des circonstances, les échanges officiels eux-mêmes deviennent des sources de paranoïa. Et d'après les décisions qui sont prises ci et là, je crains que les audiences entre représentants elles-mêmes ne deviennent compliquées... je faisais ici allusion au départ demandé par Thrad : les représentants Terre allaient retourner à Gorka, mais j'ignorais ce que le roi savait de cela pour le moment. Le fait est que pourtant, il y a des affaires en cours qui dépassent nettement l'autorité d'un seul élément. Les Kunan doivent enquêter sur ce massacre, mais ils doivent également faire prévaloir la justice pour l'assassina de mon mari lors du bal porté sous leur protection. Je n'insinue aucun reproche, aucun soupçon, mais entre la fermeture des Fanior et cette crise à laquelle vous devez faire face, il me paraît judicieux de penser à une autre façon de gérer l'enquête sur le meurtre d'Osrian. » Nous laisser prendre part de façon intégrante à l'enquête. Il n'était pas d'usage que deux familles travaillent sur une même affaire, surtout lorsqu'elle implique directement l'une d'elle. Mais l'idée d'une union entre Kunan et Birghild pourrait me permettre de participer à cette enquête et d'avoir toutes les informations que je souhaite en passant par le chemin officiel. Une requête délicate que je m'efforçais de rendre la moins abrupte possible.
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Dernière édition par Ceersa Birghild le Ven 23 Juin - 19:21, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: united we are strong Mer 21 Juin - 18:37





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Ceersa & Andar

Sa famille serait en sécurité avec les trois quarts de la garde. Il y avait de toute manière leurs protecteurs personnels en qui il avait entièrement confiance. Il ne voyait pas qui voudrait s’en prendre à la famille Royale, mais il préférait mettre le gros du corps auprès de sa famille. Andar était réputé pour savoir se battre, ceux qui pourraient tenter quelque chose contre lui auraient certainement une petite surprise fort déplaisante. Il n’était pas le genre de seigneur à garder les fesses sur son trône. Loin de là. Il regarda sa famille partir et se concentra sur la nouvelle venue qui avait surement des choses importantes à lui demander et malheureusement, il se doutait qu’il s’agirait de l’enquête mené par les Kunan au sujet du meurtre de son mari. Il était certain de cette affaire-là, mais ne pouvait lui en vouloir, c’était normal qu’elle veuille des informations, mais ça allait être très compliqué.

Marchant dans la rue pour ne pas être des cibles trop faciles à de possibles assassins, ils avançaient d’un pas bien plus lent que celui du cortège de Danis et Nymeria. Il les vit rapidement tourner à une intersection. Dire qu’il n’était pas rassuré pour elle serait mentir. Depuis l’assassinat, depuis l’attaque des suprémacistes, il avait du mal à se sentir à l’aise ici, c’était dommage, une époque était révolue à présent. Même si avant, ce n’était pas la grande confiance, il y avait tout de même une certaine aisance à marcher dans les rues. Maintenant… personne ne savait ce qui pourrait arriver le lendemain, c’était l’incertitude. La représentante Terre ne tarda pas à s’excuser pour sa façon peu orthodoxe de lui demander une audience, car au vu de la situation actuelle, toutes entrevues semblaient compliquées et étaient sources de paranoïa pour les autres groupes. Ils commençaient une époque bien étrange et vide de sens, car s’ils se refusaient à discuter tous ensembles, alors ils s’enfonceraient dans une situation bien problématique qui pourrait créer de plus en plus de tension. « Ne vous excusez pas, je comprends parfaitement votre besoin de parler. » Elle plus que d’autres bien entendu. Elle était la veuve dans cette histoire et il n’osait imaginer son état si ça avait été sa femme qui lui aurait été volée, assassiné par une tierce personne. Il aurait surement plongé le monde entier dans une quête vengeresse, ne faisant pas attention aux dommages collatéraux. Une bonne chose peut-être qu’on ne se soit pas encore prit au Roi de Vainui et à sa famille. Les dégâts auraient été d’autant plus considérables qu’aujourd’hui.

Ne désirant pas tourner autour du pot avec Ceersa, cette dernière alla dans le vif du sujet afin de lui faire part de son point de vue. Oui, les Kunan étaient à l’origine ceux qui devaient s’occuper de la protection lors du Bal des Représentants, c’était on pouvait le dire leur faute si un tel crime avait été commis. Andar n’y était pas présent, mais il se doutait que les Kunan avaient fait le nécessaire, mais comment empêcher une personne motivée à tuer quelqu’un ? Ils n’avaient aucunes informations sur un possible crime, rien. Ceersa voulait une autre façon de gérer l’enquête, il voyait à peu près ou elle voulait en venir et le visage du Roi resta impassible face à ses mots. Il se contenta de marcher encore lentement, les mains dans le dos, en pleine réflexion. « Une autre façon de mener l’enquête vous dites… » Il resta songeur encore un instant. « Ma position restera neutre vis-à-vis de cette enquête. Ce sont aux représentants de Lucrezia de gérer cette affaire et j’ai une totale confiance quant au travail et à l’enquête que mène les Kunan actuellement. » Il était en contact directe avec ses homologues de Lucrezia et espérait rapidement avant de bonnes nouvelles, comme par exemple… l’annonce comme quoi ils avaient fait la lumière sur ce meurtre et qu’ils avaient des preuves solides pour inculper une personne voire même un groupe.

S’arrêtant un instant, il se tourna vers la veuve. « Je comprends votre ressentiment d’impuissance, je vous l’assure. Si ma femme avait été la victime, je n’aurais laissé personne enquêter à ma place et des têtes seraient rapidement tombées. Néanmoins, mes émotions et mon ressentit seraient un barrage à une enquête ou l’on se doit d’être neutre et impartiale. Les accusations actuelles font que la situation dans laquelle nous sommes est véritablement compliquée. » Les Terres accusaient les Airs, les Eaux investiguaient et les Feux attendaient. Ce n’était peut-être pas la meilleure des solutions, mais il voulait bien croire qu’une solution pacifique pouvait être trouvée. Il reprit sa petite marche lente et poursuivit. « Néanmoins, si l’enquête venait à ne pas aboutir dans les jours à venir, je pense qu’une concertation entre les quatre familles représentantes serait… nécessaire afin de démêler la vérité. J’ose espérer que les Birghild comme les Fanior seront à même de faire abstraction des accusations, mais également des ressentiments qui les habitent. Si nous voulons arriver à trouver le coupable du meurtre de votre mari, il faudra arriver à travailler main dans la main. » Il s'arrêta de nouveau et posa une main réconfortante sur l'épaule de Ceersa. « Je connais ce sentiment d'impuissance face à la mort d'un proche. Je sais que vous pouvez ne pas me croire, mais les Kunan avancent dans l'enquête. J'espère pour le bien de tous que l'assassin sera vite trouvé et justice rendue pour que vous puissiez faire votre deuil. » Il posa un regard plein de tendresse envers elle et l'épreuve qu'elle vivait. Sa femme était morte elle aussi... Certain avaient dit qu'elle avait été en quelque sorte assassinée par sa propre enfant qui rendait l'accouchement difficile, mais le Roi avait toujours réfuté cette idée. Il voyait plutôt un sacrifice de son ancienne femme pour donner naissance à Nymeria. Un magnifique sacrifice...


by tris
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~#~Sujet: Re: united we are strong Ven 23 Juin - 20:21


United we are strong
Feat @Andar Drogon
le seizième jour de la dixième lune de l'an 836
Le roi n'avait pas assisté au meurtre. Ce soir-là, il était alité, avaient déclarés ses représentants. Une bien triste chose mais qui aura au moins eu le bénéfice de lui épargner cette horreur. Andar Drogon n'avait pas l'air d'être de ceux qu'il fallait protéger, loin de là. Mais son rang devait impliquer une certaine préservation de la part de ses sujets. Le genre d'attention qui pouvait être portée à une lignée royale. Mais que ce soit dans les écrits, les discours, et encore plus dans son regard et sur les rides de son visage, on devinait rapidement qu'il était plutôt le genre de personne à protéger les autres et de qui les ennemis devaient se terrer ou fléchir à son passage. Une intransigeance et une puissance bien plus froide que celle du dictateur de Sezni. Je n'avais pas eu l'occasion de parler avec cet homme - et n'en avait aucune envie - mais il me paraissait aussi ardent que son élément. Une rage bouillonnante et tempétueuse alors qu'Andar était à l'opposé serein et pourtant aussi dangereux que l'océan. Me retrouver à ses côtés avait quelque chose d'intimidant. Je n'étais pas particulièrement à l'aise. Toutefois, ça n'impacterait en rien mon audace. La situation était assez... inattendue. Personne ne pouvait prédire le fléau que les Hommes ont infligé à Oranda le premier jour des festivités organisées en l'honneur des dieux. Pour les dieux ! Ces extrémistes et ce meurtrier avaient parjuré ce jour sacré.

Rien que de traverser les placettes et les ruelles suffisait à ressentir la peine qui s'était installée dans leur cœur des Lucreziens comme dans ceux de tous les peuples. Ces drames passés à Dahud avaient déclenchés une onde choc qui ébranlait toutes les âmes vivantes. « Ne vous excusez pas, je comprends parfaitement votre besoin de parler », déplora le roi. « Une autre façon de mener l’enquête vous dites… songea le monarque. Ma position restera neutre vis-à-vis de cette enquête. Ce sont aux représentants de Lucrezia de gérer cette affaire et j’ai une totale confiance quant au travail et à l’enquête que mènent les Kunan actuellement. » J'inspirai longuement, retenant tout débordement. La neutralité, c'est ce qui avait fermé les Fanior. La neutralité, c'est ce qui empêchaient les familles représentantes d'œuvrer ensemble dans une ville qu'elles sont sensées diriger ensemble. Quelque peu à fleur de peau, je n'en restai pas moins maîtresse de moi-même en gardant un calme limpide dans mon expression.

Le roi me devança de quelques pas pour venir se planter en face de moi. Je m'arrêtai et plantai mon regard dans le sien. Toute distance gardée. « Je comprends votre ressentiment d’impuissance, je vous l’assure, dit-il sans qu'il n'ait besoin de se justifier. Je n'étais pas sans savoir qu'il avait perdu sa première épouse. Même si les circonstances avaient été différentes, ça n'en restait pas moins la mort d'une personne qu'il a aimé. Il pouvait comprendre, je n'en doutais guère. Si ma femme avait été la victime, je n’aurais laissé personne enquêter à ma place et des têtes seraient rapidement tombées. Néanmoins, mes émotions et mon ressenti seraient un barrage à une enquête où l’on se doit d’être neutre et impartial. Les accusations actuelles font que la situation dans laquelle nous sommes est véritablement compliquée. » Pinçant mes lèvres l'une contre l'autre, je baissai mes yeux, ne souhaitant pas paraître insolente face au monarque du Nord.

Doucement, il se remit en marche. J'attendis qu'il fasse quelques pas avant de le rejoindre, prenant sur moi. « Néanmoins, si l’enquête venait à ne pas aboutir dans les jours à venir, je pense qu’une concertation entre les quatre familles représentantes serait… nécessaire afin de démêler la vérité. J’ose espérer que les Birghild comme les Fanior seront à même de faire abstraction des accusations, mais également des ressentiments qui les habitent. Si nous voulons arriver à trouver le coupable du meurtre de votre mari, il faudra arriver à travailler main dans la main. » C'était tout ce que je demandais. Mais je ne voulais pas attendre. Pas attendre que Thrad ne décide de tous nous renvoyer à Bleuzenn, pas attendre que les Fanior ne rejoignent Sterenn pour s'y terrer pendant que passe l'orage. Je voulais qu'ils puissent être bousculés afin qu'ils parlent et collaborent. Je voulais que le monde réalise qu'il fallait se bouger à trouver une solution maintenant et non attendre patiemment que d'autres échecs ne viennent entacher notre cité. Pourquoi fallait-il constamment attendre de se retrouver au pied du mur avant de prendre des décisions ? Attendre. C'est beau, mais ça ne résout absolument rien. Et le meurtrier est peut-être déjà très loin, trop loin.

Un léger frémissement m'éprit lorsque je sentis la main d'Andar Drogon se poser sur mon épaule. Mon regard constatant le contact, puis remontant jusqu'à ses yeux. Mon expression était aussi froide que devait l'être sa main d'Eau. « Je connais ce sentiment d'impuissance face à la mort d'un proche. Je sais que vous pouvez ne pas me croire, mais les Kunan avancent dans l'enquête. J'espère pour le bien de tous que l'assassin sera vite trouvé et justice rendue pour que vous puissiez faire votre deuil. » Détournant mon regard, j'inspirai et expirai longuement. Il savait de quoi il parlait, ça ne faisait aucun doute. Mais les choses sont différentes actuellement. Revenant à ses yeux, je lui déclarai sans grand ménagement : « Un meurtre a eu lieu dans l'enceinte des palais des représentants. Un membre estimé des Birghild a été tué. Ce deuil n'est qu'un détail face aux conséquences que cet acte peut avoir dans les esprits. Osrian était mon âme-sœur, je suis forcément la plus impactée par sa disparition. Mais il était aussi un père, un ami, un conseiller dans l'ombre. Chaque membre de ma famille est profondément impacté par sa perte. Le silence imposé des Fanior ne fait qu'augmenter les soupçons sur leur potentielle implication et rien ni personne ne semble parvenir à obtenir le moindre mot de leur part. Je ne parle pas des Ergorn sur qui pèsent tellement de jugements et d'appréhension que le moindre mot pourrait tourner toutes les accusations vers l'un de leurs complots. Il n'y a que les Birghild et les Kunan dans cette histoire qui veulent réellement faire bouger les choses, avancer l'enquête. Je trouve incommensurablement absurde d'entendre des mots comme : "il faut attendre" avant que l'on ne se décide à faire quelque chose. À réparer ensemble nos erreurs de laxisme, corriger notre manque de vigilance. Si on attend, la seule chose que j'entrevois c'est une guerre sans fin. » Moi-même abusée par cet élan de franchise, je posai ma main sur mon front et fermai longuement les yeux un instant. « Roi Andar, il ne faut pas laisser plus de temps au meurtrier, il finira par disparaître au fin fond d'une île perdue. Il ne faut pas laisser le temps avancer car les Fanior se barricaderont encore plus. Les Feu dét... iennent Zora... j'eus la présence d'esprit d'éluder ce point. Peu importe... Il y a trop d'éléments qui mettent en péril la pérennité de Lucrezia toute entière. C'est aujourd'hui qu'il faut agir. Les temps changent et l'avenir est sombre. Pourquoi ne pas changer les choses en conséquence ? S'adapter pour assurer l'ordre ? C'est le rôle premier des familles représentantes, non ? Assurer la cohabitation des éléments. Pourquoi dans ces heures sombres sommes-nous plus séparés que jamais ? Vous êtes trop optimiste si vous pensez que les Fanior accepteront de collaborer plus tard, c'est aujourd'hui qu'il faut les confronter. Et vous sous-estimez les Birghild si vous ne nous pensez pas capables de ne pas laisser la peine obstruer notre jugement. La justice est un pilier de notre culture. » Interpellai-je le souverain, yeux humides et mine basse devant ce manque de sang froid.

Mon deuil, je me jurais de le faire une fois que ma famille sera en sécurité. Une fois que les rues seront à nouveau sûres pour mon peuple à Lucrezia et pour les Terre de Gorka. Une fois que ma mission sera accomplie. Et j'étais plus que déterminée à faire en sorte que tout se passe au mieux. Je voulais que chacun puisse voir la vérité et unisse ses forces. Une fois ces temps difficiles traversés, nous serons bien chacun chez nous. Mais pour l'heure : il fallait agir et ne pas attendre chacun dans notre coin que la situation ne se dégrade.
©FRIMELDA ©Vanka ◈ 1478 mots


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