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Intrigue
Un vent de changement souffle sur les terres d'Oranda... Pour en découvrir plus, la première intrigue a été dévoilée
Venez donc tout savoir (ou presque) du meurtre d'Osrian Thenkar, membre de la Famille Birghild
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the leaders that are left behind w/ Ranrek

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Teb Fanior
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~#~Sujet: the leaders that are left behind w/ Ranrek Mer 14 Juin - 10:13


THE LEADERS THAT ARE LEFT BEHIND
ranrek ergorn & teb fanior
Balancé par les violentes roues qui, il l'entendait, frappaient les pavés, frappaient la terre des longues routes qui le séparait de Sterenn, en rythme avec les puissants mouvements, les foulées alongées des chevaux, Teb réflechissait, perdu dans un ailleurs inaccessible, sa soeur dormant sur son épaule. Il se remémora leur départ, à eux, la grande famille des lâches Fanior, ceux-là même qui fuyaient les accusations, qui fuyaient la recherche de la vérité. Longtemps, la veille, dans l'ambiance vespérale moite de Lucrézia, il en avait discuté avec son père, Zalis. Celui-ci avait essayé de convaincre son fils, de le persuader que leur seule solution était désormais de rentrer, tous, dans leur chère région: puisque les négociations n'avaient amené que plus de tensions, puisque maintenant de sombres représailles (des Birghild comme du peuple) étaient à présager, il était plus prudent de partir, d'enquêter loin de Dahud.

Ainsi, ils étaient partis, malgré le désapprouvement flagrant de Teb qui lui voyait cette échappée comme un aveu (même s'il savait sa famille innocente), rejoindre Arne, la majestueuse capitale de l'Ouest. Si on avait prévenu les membres de la famille comme les domestiques le soir, le départ avait été précipité, hâtif, pressé; comme si chacun, à l'idée de partir s'essouflait de détresse, haletant. Aux premières et douces lueurs de l'aube, ils s'étaient engouffrés dans les rues comme un seul homme, un seul vent chaud et rapide, entourés de multiples gardes et soldats, laissant derrière leur passage un palais presque désert. Le jeune homme avait, devant ces lieux vides, eut la terrible sensation qu'il était pourtant plein d'une absence cruelle et vertigineuse de vie et d'animation: là où, habituellement, la demeure des représentants de l'Air était en constant éveil et exaltation. Il s'était senti triste et esseulé, fatigué aussi, un peu, mais surtout terriblement méprisable: il abandonnait son peuple, il abandonnait ses fonctions et devoirs, il abandonnait Brilek.
Il avait rejoint ce dernier après s'être entretenu avec leur grand seigneur d'ici-bas, son père, sur les toits du palais, accessible par un des balcons de sa chambre, cachés du reste de la ville, protégés de tous. Les cieux seuls les observaient. Le voile diurne, dans son éternelle séduction des astres, se pâmait de resplendissantes couleurs, de l'orange au rose, brisant l'éternel bleu immobile. Il se souvient avoir posé sa main sur la sienne, l'avoir tenu contre lui, silencieusement, pensif, avant de lui annoncer la fracassante nouvelle. Brusquement, son amant s'était retourné vers lui, mais Teb l'avait devancé: «Je ne te force pas à partir, tu peux rester si tu le souhaites». Après qu'un éclat de colère ne fasse briller les yeux de Brilek, il avait ajouté que, peu importe son choix, aussi douloureux fusse-t-il, il le comprendrait. Finalement, pour le laisser réfléchir, il était descendu et l'avait attendu dans sa chambre: il savait la décision difficile et ne pouvait qu'imaginer la lutte intérieure qu'elle engendrait. Patient, il était resté pendant plusieurs heures assis sur le lit, avant de s'endormir, incapable de résister plus longtemps contre le sommeil, vicieux ennemi.

Le matin, tôt, alors que le soleil se levait à peine, timide, il s'était réveillé dans les bras de son petit-ami. Surpris d'abord par sa présence et le fait qu'il ait dormi ici, chose qu'ils s'autorisaient rarement, il l'avait embrassé doucement avant de se lever et de préparer ses dernières affaires. Plus tard, il était revenu lui demander s'il venait, lorsqu'il avait remarqué sur son bureau un mot de Brilek, lui disant qu'il ne l'accompagnait pas, qu'il prendrait soin de leur peuple, qu'il attendrait le retour de Teb fervemment, lui faisant promettre de faire attention et de ne pas l'oublier.
Déchiré par la culpabilité, ne sachant comment réagir et avec un chagrin grandissant, il avait au plus vite rejoint les autres et, sans cesser de jeter des coups d'oeil par dessus son épaule, de plus en plus écrasé par l'accablement, il était parti.
«Je ne lui ai même pas dit au revoir, je l'ai laissé sans réponse» pensa le jeune politicien, furieux contre lui-même, le sentiment d'avoir lourdement fauté martelant son coeur, encore et encore: douleur qui ébranle. Il avait senti le regard désolé de Neellek et de sa femme Gaïanne sur lui, les avait ignoré, impassible (croyait-il).
En lui s'insinuait l'insipide saveur du dégoût, et d'étranges idées tournaient dans sa tête, cognaient contre les parois de son crâne; il secoua la tête comme pour les chasser. Non, il n'était pas possible pour lui de retourner au Palais, dire au revoir à Brilek, de manière véritable, cette fois, non: l'idée était invraisemblable.

Soudain, on l'interpela, on le sortit de ses pensées, et il s'aperçut que tous étaient dehors. Il s'étonna d'une pause, si tôt après être parti, et on lui fit savoir qu'une roue d'un des véhicules du convoi s'était brisée: rien de grave, pas de blessés, et la réparer ne prendrait pas longtemps. Le domestique qui l'avait arraché à sa rêverie s'appelait Mahtan; vieux, le visage dessiné par les rides et la douceur, l'esprit riche d'une culture rare, grande.  Il connaissait sa loyauté, et son âme et son coeur, plus vastes que cent océans réunis. Il semblait au jeune adulte qu'il avait toujours fait parti de son monde, depuis sa naissance jusqu'à maintenant, qu'il l'avait côtoyé, chaque jour: il n'imaginait pas les Fanior sans, derrière eux, des gens comme l'aimant Mahtan.
Cependant, il ne réfléchissait pas à leurs serviteurs, et ne chechait plus qu'à contrôler ses émotions. En réalité, le trouble grimpait, grimpait, s'accrochant à l'inconscience, à l'amour, aux souvenirs, le trouble grimpait en lui, accompagné d'une irrépressible envie de profiter de l'opportunité, de momentanément fausser compagnie à la procession. Il savait, du plus profond de son âme jusqu'à sa surface, que l'idée était mauvaise, dangereuse; mais, ailleurs, une voix lui murmurait de ne pas hésiter: comment être lui-même, comment supporter l'absence de son amant sans dignes adieux, comment travailler à revenir dans la cité-reine en la fuyant? Alors il s'éloigna discrètement, prétextant emmener son cheval boire dans un ruisseau que soit-disant il savait proche. Eloigné de leurs regards, il allait s'élancer sur sa grande monture crème, aux crins noirs comme la nuit; une nouvelle fois cependant, quelqu'un le coupa dans son élan.

-Monsieur, vous ne devriez pas partir seul.
-Mahtan? Qu'est-ce que ... réagit Teb en tressaillant.

L'autre le coupa, d'un ton bienveillant, et en se retournant, Teb aperçut une lueur inquiète briller au fond de ces yeux, observateurs de mille expériences et de tant de personnes:

-C'est rare que vous agissiez vraiment bêtement, Monsieur, mais quand vous le faites, vous avez toujours la même moue faussement détachée. Oh, ne vous inquiètez pas, peu de gens s'en rendent compte, et si je dis que vous êtes allé dormir dans un autre fiacre, on mettra du temps à vous retrouver.

Le jeune homme plissa les yeux, mi-méfiant, mi-rassuré. Il réalisa brusquement qu'il n'avait pas vu la silouhette qui se tenait derrière Mahtan, visage baissée, une arme à la main.

-Vous connaissez mon fils? dit le vieille homme en se tournant de moitié. C'est un des gardes de votre père. Si vous acceptez qu'il vous accompagne, je couvrerais votre... Enfin, ce pourquoi vous partez.
-Pourquoi? interrogea simplement Teb, perplexe.
-Ah, mon petit... commença-t-il, avant de secouer la tête, et de lui sourire paternellement. Faites ce que vous avez à faire, et revenez nous entier.

Teb acquiesca. IIl lui accordait sa confiance alors même qu'il ne connaissait ni la nature, ni la durée de son esacapade. Il n'y avait rien de plus à dire: il ne fallait plus qu'être reconnaissant, et partir, respecter les souhaits de Mahtan. Le fils de ce dernier s'avança, siffla. Un second cheval les rejoignit bientôt, et, alors qu'ils partaient, le politicien se retourna et sortit quelque chose d'une sacoche accrochée à la selle de son destrier. Il descendit et courut sur quelques mètres pour rattraper le domestique, et il lui glissa un papier dans la main.

-Quand on découvrira que je suis parti, donne cela à mon père.
murmura-t-il en regardant l'autre droit dans les yeux, qui hôcha plusieurs fois la tête. Mahtan... reprit-il. Merci.
-Soyez prudents, Monsieur.

Enfin, ils partirent. Il y avait une heure entre l'endroit où ils étaient et Lucrézia, ou peut-être plus: ils iraient vite, ils reviendraient pareillement. Teb repensa au billet qu'il avait écrit au patriarche, et se demanda s'il avait choisit les bons mots. Il lui avait dit qu'il lui restait une dernière chose à faire avant de pouvoir véritablement partir, qu'il serait revenu le plus tôt possible, qu'il lui expliquerait tout à son retour: qu'il fallait lui faire confiance.

Au bout de ce qui parut une éternité à Teb, ils arrivèrent en ville, alors que les premiers hommes, les premières femmes commençaient à sortir dans les rues, alors que les peuples s'éveillaient. Capuche et cape sur eux, ils étaient méconnaissables. Leur précipitée apparition sur la place où se dressaient les Palais ne fût heureusement pas remarquée: il y avait, à cette heure-ci, bien peu de monde. Teb se demanda si Letto, déjà, soignait son jardin, ou y rêvait. Comme il aurait voulu être avec lui en ce moment, plutôt qu'effrayé par la réaction de Brilek, ou celle de son père (lui pardonnerait-il?).

Ils mirent pied à terre, toujours silencieux, et s'avancèrent dans la grande entrée du Palais de l'Air, gardé par deux soldats fort peu concentrés. Sans plus s'en occuper, il courut plus qu'il ne marcha, entendant une vague exclamation derrière lui: les gardes l'avaient probablement reconnu, ils seraient sinon déjà à sa poursuite. Il intima à sa réduite escorte qui l'accompagnait de rester dans le somptueux hall d'un geste autoritaire, puis s'engagea dans les grands escaliers, qui devinrent de moins en moins grandioses à mesure qu'il montait: plus haut on allait, moins imposants ils se faisaient. Les tours les plus élevées étaient celles à l'apparence les plus légères, les mieux travaillées, dans un art architecturel fin, subtil. Que cette vue lui manquerait, une fois à Sterenn (qui, certes, n'en était pas moins une région merveilleuse).
Alors qu'il se dirigeait vers l'objet de sa courte quête, un bruit étrange dans un couloir l'intrigua, comme une chose métallique que l'on ferait malencontreusement tomber, dont l'écho résonnerait encore quelques secondes après la chute. Les domestiques, pour ceux qui étaient restés, ne travaillaient pas encore, très peu, voire aucun, ne se trouvaient donc dans le Palais, et ceux qui étaient autorisés à venir dans ces lieux précis de leur demeure étaient tous partis avec le convoi. C'était dans cette aile de leur demeure que l'on recevait les visites diplomatiques, ici aussi que l'on travaillait et parlait politique: n'importe qui travaillant dans le Palais de l'Air le savait. Brilek? Impossible, c'était un lève-tard, il dormait encore, Teb en était persuadé. Qu'était-ce donc que ces sons anormaux?

Le jeune homme s'avança, peu sûr de lui, et attrapa une fine lame accrochée en guise de décoration sur un mur. Peu importe ce que c'était, cela venait du couloir à l'angle de celui où se trouvait Teb.

-Il y a quelqu'un? s'exclama-t-il d'une voix qu'il voulait forte. Montrez-vous!

Là, dans la position dans laquelle il était, il avait une vue qui le désavantageait fort. L'endroit où se trouvait l'origine de ce désagrément était une large galerie, elle-même ouverte de nombreuses arches, sans fenêtre, donnant sur les jardins et la ville. Il attendit, les muscles tendus: il était passablement mauvais avec une épée, et espérait ne pas avoir à s'en servir. L'appréhension se glissa dans ses poumons, s'enroulant autour de son air: le fils de Mahtan ne l'entendrait pas, d'ici. Il fit un pas en avant, prenant une grande inspiration de courage. Il n'entendait plus aucun mouvement, alors, de crainte d'avoir laissé un intrus ou un fuyard s'échapper, et peut-être aussi grâce à un excès de bravoure, il s'aventura un peu plus loin, de quelques pas. De stupeur, cependant, il s'arrêta: en face de lui se tenait une personne pour le moins connue: un Ergorn.
Si il n'aimait pas les Feu, il abhorrait les Ergorn, c'était un fait. Seule Kara faisait exception à ses yeux (et encore, elle n'était que mariée à l'un d'entre eux). Entre ses dents, il lui cracha:

-Qu'est-ce que tu fais là, Ergorn?

Il ne connaissait celui-ci que de nom, et ne lui avait jamais parlé, quelques rumeurs sur lui cependant courraient, de temps à autre, comme sur chacun d'entre eux. Il reserra sa prise sur son arme, attendant la justification de l'autre. Il faudrait qu'elle soit bonne.

Deuxième jour du Douzième mois de l'An 836
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Dernière édition par Teb Fanior le Jeu 29 Juin - 13:50, édité 2 fois
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Ranrek Ergorn
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~#~Sujet: Re: the leaders that are left behind w/ Ranrek Sam 24 Juin - 5:01



The leaders that
are left behind
Teb | Ranrek
Deuxième jour du Douzième mois de l'An 836
Tu avais du mal à trouver le sommeil depuis plusieurs jours. Depuis ton retour d’Inaki avec Eden, depuis les paroles prononcées par Sven pendant votre tête à tête, tu ne pouvais t’empêcher de ressentir des pics d’humeur soudains. Depuis l’instant même où tu as posé les yeux sur Eden que tu sais que les choses ne peuvent pas bien se terminer entre vous deux. L’enfant blonde est du petit peuple alors que ta famille t’a hissé à un rang important bien malgré toi. Malgré tes efforts pour la faire parler, Eden ne s’ouvrait toujours pas à toi, et ça te rendait complètement fou. Tu ne tenais pas en place. À bien y penser, peut-être qu’il serait mieux pour vous deux de demeurer dans ta résidence secondaire dans les quartiers sud, mais Eden semblait se sentir moins nerveuse dans l’enceinte du palais...

Il faut dire que l’ambiance était lourde autour des palais des représentants depuis que le sang avait été versé - deux fois plutôt qu’une - lors de cette première journée sacrée qui était destinée à honorer les Dieux orandiens. À ton retour d’Inaki, tu avais rapidement compris que les Birghild étaient partis quelques jours plus tôt. Seule la défunte épouse d’Osrian Thenkar était demeurée dans leur grand palais de l’est, entêtée à demeurer là tant que les Kunan ne seraient pas allés au fond des choses. Du moins, c’est ainsi que tu voyais les choses… La sœur et conseillère de Thrad Birghild semblait plus froide que jamais depuis que son époux avait été placidement tué dans les jardins des palais au centre la cité. Elle t’avait toujours fait un peu froid dans le dos, cette mégère. Toujours digne et impassible, elle était tellement différente de son mari qui était jovial, expressif et sympathique. Toi qui n’avais jamais réussi à entretenir de liens avec elle, tu n’étais guère encouragé à engager la conversation avec elle maintenant qu’elle présentait cette attitude hostile envers tout ce qui ne portait pas de tatouage verdâtre ou brunâtre...

Ce matin-là, tu t’étais réveillé en sursaut bien avant que le soleil ne se lève. Plusieurs minutes durant, tu étais resté allongé dans les draps froissés, observant fixement le plafond de ta chambre. Malgré l’impassibilité de ton père face à la situation générale dans la région depuis les fêtes des Dieux, tu ne peux t’empêcher d’être constamment taraudé par l’inquiétude. Tu comprends son point de vue ; il avait raison de dire que les représentants des autres régions avaient la fâcheuse tendance à blâmer leurs malheurs sur votre peuple chaque fois que les choses tournaient mal - avec raison la plupart du temps, mais ça, c’était une autre histoire. Aussi, Karam ne voulait pas démontrer trop d’intérêt envers l’enquête menée par les Kunan - autant en ce qui concerne le décès d’Osrian que le massacre survenu sur le marché. Et même si tu tâches de te plier à sa volonté - il aurait été malvenu de le défier alors qu’il te permettait de garder ta belle amie Terre dans tes appartements sans faire d’histoires -, des questionnements tourbillonnaient sans cesse dans ta tête.

Incapable de fermer l’œil, tu avais repoussé les draps et t’étais tiré du lit à contrecœur. Après avoir fait vainement le tour de tes appartements à la recherche d’une âme éveillée et avoir bu un grand verre d’eau, tu avais repoussé un rideau de ta chambre pour laisse l’air frais de la brunante te caresser le visage. Malgré le climat humide de Dahud, les matinées étaient souvent fraîches. C’était le moment que tu préférais ; celui où tu pouvais profiter des dernières minutes de silence, un peu avant que le soleil ne s’élève au-dessus des toits des maisons, ce moment si tranquille qui précède celui où la ville entre dans son effervescence qui se poursuivra jusqu’au soir. Les yeux clos, le visage offert à la brise, tu savourais l’instant lorsque des bruits avaient attiré ton attention. Les bruits des sabots sur le pavé. Cela t’avait intrigué, mais tu n’avais pas trop cherché à savoir d’où cela provenait… Tu étais rentré.

Tu faufilant dans la chambre d’Eden’El, tu l’avais observée sommeiller pendant de longues minutes. Elle démontrait une attitude particulièrement déconcertante depuis quelques semaines… Tu mettais évidemment cela sur le compte des événements survenus au bal. Elle avait dû être pas mal secouée en voyant la dépouille d’un représentant de son peuple ensanglantée sur le sol… Les Terre accordaient tellement d’importance à la vie, au respect de chaque chose qui vive, au respect de la nature et de ce que Tarlyn leur avait offert ; ça ne devait pas être facile pour elle, même après plus d’une Lune. Tu avais été presque soulagé qu’elle décide de te suivre dans ton périple à Inaki. Même si sa présence n’avait pas particulièrement enchanté ton vieil ami, le dictateur, elle t’avait réconfortée... Même si elle restait toujours coite quant aux événements qui l’avaient secouée, tu avais été rassuré de la garder près de toi. Et si tu avais d’abord cru que le périple la bouleverserait, tu avais eu le sentiment que de quitter la cité l’avait plutôt déridée quelque peu...

En silence, assis sagement sur un siège capitonné non loin de sa couche, tu observes son visage tranquille en te demandant quel songe peut bien habiter son sommeil. Elle ne semble pas faire de cauchemar ; lorsque c’est le cas, tu aperçois clairement ses prunelles se mouvoir sous ses paupières et elle gémit et gigote sous les draps. À regret, tu finis par te lever pour prendre le chemin des jardins communs aux quatre palais, songeur comme toujours depuis le bal des représentants.

Tes méninges s’activent et s’échauffent. Les vôtres sont proches du peuple de l’Air. Tu ne comprends pas les réserves des Fanior devant les demandes de Kunan à s’entretenir avec Darrel… Les choses pourraient être tellement plus aisées. Mais ton père t’avait bien dit que les discussions s’étaient enflammées entre les Birghild et les Fanior. Il n’y aurait pas d’entente. Ils n’arrivaient à rien. Et les Birghild étaient offensés devant le refus de collaborer de leurs voisins de l’ouest. Aussi, ils avaient choisi de se retirer dans leur région. Avec le temps, tu as acquis un semblant de relation avec les Fanior par l’intermédiaire d’une des leurs.

À vrai dire, tu fais partie de la poignée d’individus qui savent qu’Elwyn Valior, dirigeante auprès de Livius Othin dans la région de Sterenn, est également la soeur cadette de Sven Ramose, le dictateur de ta mère patrie. Lorsqu’Elwyn a découvert son affiliation à l’élément de Jalahiel à l’âge de 12 ans, on a fait croire sa mort à Sezni et elle a été expatriée vers Sterenn où elle a dû prendre une nouvelle identité. Là-bas, la jeune femme a su se tailler une place de choix. Elwyn et Sven font partie de tes souvenirs depuis la tendre enfance ; ils étaient proches, fusionnels presque. Même si Sven était intransigeant dans son adoration de l’élément de Malaggar et intense dans sa haine des autres éléments, les choses étaient différentes lorsqu’il était question d’Elwyn.

Ta proximité avec les Fanior avaient découlé de ta relation d’amitié de longue date avec les Ramose. Parce que tu avais remis plusieurs missives adressées à Elwyn de la part de Sven en toute confiance à la fille aînée de Zalis et Elga Fanior, la belle et intrépide Skynen. Ce matin-là, tu avais décidé que tu devais en avoir le coeur net. Tu devais parler à Skynen ; savoir si elle savait quoi que ce soit au sujet de l’implication de son frère dans ces événements qui déchiraient lentement l’équilibre qui régnait entre les familles représentantes - et le peuple d’Oranda - à mesure que les jours s’écoulaient. Tu franchis ainsi les portes des jardins communs pour te diriger discrètement vers le palais de l’ouest où tu entres subtilement par une fenêtre pour trouver le palais endormi. Pas l’ombre d’un serviteur où d’un garde dans les couloirs de l’immense demeure. Instinctivement, tu fais ton chemin dans le dédale de couloirs - l’originalité avait manqué lors de la construction de ces palais, ils se ressemblaient tous - à la recherche des appartements de l’aînée, la future représentante en chef.

Tu erres un long moment dans les couloirs déserts. Le soleil est désormais bien haut dans le ciel. Décidé, tu ouvres la porte des appartements privés d’un des membres de la famille représentante pour en faire le tour. Il n’y a plus rien. Quelle que soit la personne qui vivait dans ces appartements, ses vêtements, ses bijoux et ses effets personnels avaient tous disparus. Tu en fis de même avec les quartiers de deux autres personnes avant d’oser t’avouer qu’il n’y a littéralement plus personne dans ce palais. Les Fanior sont partis. Leurs serviteurs et leurs gardes également. Tu prenais le chemin de la sortie lorsque ton coude accroche un plateau métallique déposé sur un guéridon, créant un boucan d’enfer. Les poils hérissés sur tes bras, tu écoutes avec nervosité. S’il qui que ce soit se trouve toujours dans les alentours, il y a peu de chance que ta présence soit passée inaperçue. Une voix ne tarde pas à s’élever…

« Il y a quelqu’un ?
Merde… manquait plus que ça… que tu murmures dans ta barbe, sachant pertinemment qu’il était inutile d’essayer de te cacher.
Montrez-vous ! exige la voix impérieuse dans le silence morbide du palais endormi. La silhouette mince du frère de Skynen ne tarde pas à se profiler dans ton champ de vision, une arme bien ensserrée dans sa main. Qu’est-ce que tu fais là, Ergorn ? » crache-t-il, sa hargne à peine dissimulée.

Reculant de plusieurs pas, tu lèves les mains bien en évidence devant le jeune homme, lui montrant que tu n’es pas armé.

« Pardonnez mon intrusion, monseigneur… »
Tu surveilles les mains du jeune homme avec attention. Tu ne connais pas vraiment les visages des Fanior outre ceux de Zalis, Elga, Skynen et Darrel, mais tu sais que le seul à s’être investé dans une carrière militaire est ce dernier. La voix légèrement tremblante, tu poursuis : « Je cherchais à m’entretenir avec Sire Zalis ou sa fille aînée, Skynen. Je n’aurais pas dû entrer ainsi sans y être invité. Je n’ai pu m’empêcher de constater le manque d’animation de ce palais… Tu marques un instant de pause, scrutant son visage avant de continuer précautionneusement. J’imagine que vous comprenez ma stupéfaction en constatant le départ de votre famille alors qu’une enquête impliquant votre frère aîné est toujours en cours…? »

______________________

He stepped down, trying not to look long at her, as if she were the sun, yet he felt her like the sun, incapable of ignoring her, even without looking. Ran&Eden



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Teb Fanior
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~#~Sujet: Re: the leaders that are left behind w/ Ranrek Mer 5 Juil - 0:00


THE LEADERS THAT ARE LEFT BEHIND
ranrek ergorn & teb fanior
L'astre diurne chauffait tout le profil gauche de Teb, ses grands rayons se répercutaient sur ses vêtements, formaient d'étranges ombres, tombaient sur le sol, sur les arches du couloir, s'éloignant jusque sur certains murs. Bientôt, la coutumière chaleur de Dahud, certes moindre en ces confortables Palais, atteindrait son apogée, et chacun en prendrait acte. Si, par habitude, elle était supportable pour tout familié à la cité-misère, Lucrézia, les étrangers en souffreraient probablement, contraints de s'abriter, de se cacher, isolés de la vie Dahudienne qui elle, continuerait: car il en était ainsi, le fourmillement de la grande ville des petits insectes et sa célérité jamais ne s'arrêtaient. Cela dit, l'homme en face de lui était un élémentaire du Feu, cela ne le dérangerait probablement pas. Que pouvait, par ailleurs, déranger un homme de sa stature? Il était grand, ses muscles épais, il se tenait droit et ressemblait à ces montagnes que ni le vent ni la mer n'ont su affaisser: inflexible. Un roc, un feu sans souplesse, mais qui ne révèlait, contrairement à l'absence momentanée de contrôle du jeune politicien, aucune mauvaise disposition, aucune acrimonie. Ses mains, disposées soigneusement en un signe de paix et de calme, ses attitudes corporelles elles-mêmes démontraient sa bonne volonté; aucune envie conflictuelle n'émanait de Ranrek Ergorn (car c'était lui, Teb en était spure pour l'avoir déjà aperçut en entrevue diplomatique avec sa soeur, Skynen): c'était, de par leur réputation familiale, assez étonnant. Si Teb redoutait les on-dit et balivernes du genre, il croyait aisément aux rumeurs qui dénonçait la violence (quelqu'elle soit) de cette famille représentante.

En vérité, son visage dérangeait le jeune homme: il n'apparaissait pas cruel, ni froid, et en cela il était différent de ceux des représentants de Sezni qu'il avait auparavant regardé, détaillé. Et, s'il avait pris soin de se tenir éloigné de ces fort peu aimés hommes, il connaissait néamoins Karam et Khorde, qu'il méprisait silencieusement, discrètement. Il ne jugeait pas Karam comme étant quelqu'un de bon, et il ne trouvait pas en lui la volonté d'améliorer les conditions de vie de son peuple, de les aider et épauler, avec humilité et écoute: or, ces choses là étaient pour Teb essentielles et pleinement inhérentes à un digne politicien. C'était aussi, par le même biais, un moyen de déprécier aussi la dictature et le dictateur que Karam Ergorn soutenait: cette manière de diriger faisait véritablement froid dans le dos, frissons terribles.
Quant à Khorde... C'était légèrement différent: il appréciait Kara, sa femme, et n'observait pas en Khorde d'amour ou de respect pour cette dernière. En tant qu'ami (c'était du moins ainsi qu'il considérait l'épouse du futur représentant en chef, avec l'espoir d'une réciproque et égale estimation), cela l'ennuyait, plus encore que cette dédaigneuse condescendance envers les autres éléments.
Des plis au coin de ses yeux à ses lèvres charnues, et les esquisses de fossettes, ses traits semblaient façonnés par la joie, dans le but unique de (sou)rire, et non pas pour calomnier, outrager, éructer. Teb allait désormais de surprises en surprises, et se demanda un instant, dans une vive pensée amusée, ce qui l'attendait ensuite: pire? était-ce seulement plausible, possible? L'idée que cela puisse arriver l'inquièta un instant et légèrement perturbé, sans n'en laiser rien paraître, il se concentra à nouveau sur l'intrus.

-Pardonnez mon intrusion, monseigneur. qu'il dit après s'être reculé de quelques pas.

Va-t-il s'enfuir, courir et échapper aux dûes explications? Peut-être: il est évident qu'il réussirait sans peine à distancer le cadet des Fanior, et plus tard s'en moquer aurait alors été une possibilité presque inéluctable; cependant, ledit cadet, dans sa présente position, ne se sentait pas en danger, n'imaginait pas le fils Ergorn se sauver. Il plissa les yeux et fixa l'autre intensément, attentif et impatient des prochaines paroles qui glisseraient sur sa langue, sortiraient de sa bouche. Lorsqu'il continua, sa voix tremblait légèrement, et le politicien s'aperçut ainsi de l'apparente agressivité de son propre comportement: ses muscles tendus, son approche, prêt à se battre et causer douleurs et blessures, son arme quasiment pointé sur lui, son acerbe et mauvais ton, son regard hargneux: s'il ne faisait pas peur, il n'était pas rassurant, n'augurait rien de bon. Il se força à détendre, lentement, ses épaules crispées, relâcha la pression mise en ses bras, ses jambes, et baissa la lame, qui alors frôla le sol dans un mouvement d'air sonore.

-Je cherchais à m’entretenir avec Sire Zalis ou sa fille aînée, Skynen. Je n’aurais pas dû entrer ainsi sans y être invité. Je n’ai pu m’empêcher de constater le manque d’animation de ce palais…

Pendant quelques secondes, il se tait, il guette, et leur échange de regard se fait plus électrique. Alors, il reprend, plus mesuré, plus prudent:

-J’imagine que vous comprenez ma stupéfaction en constatant le départ de votre famille alors qu’une enquête impliquant votre frère aîné est toujours en cours…?

À travers sa voix modérée, ses tempérées intonations, Teb sentait poindre des reproches et des insinuations, là, sous le sens même des mots se cachaient une suspicion certaine: cela ne faisait qu'accentuer la blessure fine dans l'amour propre de l'Air. Il ne comprenait simplement pas les raisons qui, tous, les poussaient à voir en Darrel un ennemi de la paix, un coupable (car certains en étaient déjà persuadés, quelqu'en serait l'issue de l'enquête). Autant que les autres, le jeune politicien désirait découvrir et propager la vérité, afin que tous s'en informent et l'acceptent, afin que l'honneur de son frère soit restauré et son mal-être dissipé, afin qu'à nouveau chacun puisse se sentir libre d'habiter leur terre natale ou d'adoption, Dahud, et cela en entière sécurité. Eux-mêmes s'étaient vus obligés de fuir (la lâcheté qu'y voyait Teb était pour autant un autre débat), malgré leur force familiale connue.
Il laissa planer un silence qu'il voulait troublant, et prit le temps d'observer à nouveau l'homme en face de lui, de réfléchir. Si le malaise augmentait lentement, il n'avait pour but que de rappeler au fils Ergorn qu'il n'était, en ces lieux, pas légitime de porter des accusations, de s'insurger, loin s'en fallait.
Malgré tout, et il s'en voulait de l'admettre, Ranrek avait raison: ce départ n'était pas une bonne idée. En revanche, il ne pouvait le formuler, et moins encore s'élever contre son père et ses décisions devant un autre membre d'une autre famille représentante. Par loyauté, par respect, il répondit (plus ou moins sèchement, mais en reprenant naturellement le vouvoiement, sans même s'en apercevoir):

-Sur ce point, nous nous accordons, votre présence ici n'est pas normale. Et votre stupéfaction... Je la conçois aisément, mais elle n'est pas raisonnée.
Sans ciller, pensant à son frère, pris d'une tenace volonté de le défendre envers et contre tous, il continua, tout en songeant qu'éviter les provocations seraient désormais une bonne idée:
-Après le départ des Birghild, il nous restait bien peu d'options sûres, et il semblait évident que nous-mêmes allions nous retirer. Des représailles sont à craindre à tout moment, et ma famille ne souhaite ni subir de pertes, ni offenser les Dieux.

Intérieurement, Teb enrageait: il servait à Ranrek les mêmes arguments et justifications que lui avait déclamé Zalis la veille. Il espérait au fond de lui, dans les sombres endroits de son être où seule les vérités les plus brutes étaient permises, que le Feu réfute ceux-ci, qu'il ne s'y trompe pas, afin qu'ils puissent trouver un terrain d'entente. Il était toujours aussi dévasté d'abandonner son peuple et son amant, rien ne lui enlèverait cette sensation d'être le coupable de toutes ces péripéties. Peut-être trouverait-il finalement un allié en cet homme (sa soeur l'avait elle-même déjà fait, il était probablement digne de confiance); pour l'instant, il ne voyait qu'un importun, doublé d'un Feu, triplé d'un Ergorn.

-Quant à l'enquête concernant mon frère... Nous avons déjà tenté de parlementer avec les Birghild, de leur exposer notre version. Pensez-vous sincèrement que celle de Darrel aurait-été différente de la nôtre? Moi pas. Cette enquête n'est pas efficace pour l'instant puisqu'elle n'est pas menée dans le bon sens, malgré tout le respect que j'ai pour les Kunan. déclara-t-il tranquillement, alors dénué de toute animosité: voilà quelques temps qu'il désirait que son opinion soit entendue: désormais, il en était sûr, elle l'était.

Malgré sa méfiance, Teb s'avança d'un pas, puis deux, et se tourna vers les arches. Ses yeux glissèrent sur des toits, au loin, de tours et des coupoles, puis revinrent sur les jardins, leurs arbres et fleurs, leurs parterres, la fontaine qu'il appréciait tant, bijou de pierre et d'eau. Il espérait qu'il  ne devrait pas expliquer sa présence ici, que pourrait-il dire? Qu'il avait été laissé derrière? Qu'il avait décidé de rester? C'était peut-être assez crédible. Peut-être seulement.
Finalement, il jeta un regard pensif vers l'Ergorn, et après quelques secondes, brisa le silence sans vergogne aucune:

-Cela pourrait très bien être un Feu, peut-être même un membre de votre famille... Qui cela surprendrait-il, au point où nous sommes arrivés, hm? Puis, anticipant une réaction, une incompréhension, il ajouta d'un ton plus doux: Non, je ne vous accuse pas. Je veux juste vous montrer que les coïncidences hasardeuses nous désigne, mais qu'elles ne sont pas des preuves tangibles.

Il réajusta la fine épée dans sa main, comme s'il réalisait juste son existence, et se retourna complètement vers Ranrek, attendant ses réponses; presque solonnellement, fermement, il affirma, en essayant de prendre son attitude la plus honnête et véritable:

-Pour ce que cela vaut, et je comprendrais que vous n'me fassiez pas confiance, mais Darrel aurait été incapable de commettre ce meurtre.

Puisque le hasard les avait fait se rencontrer, il fallait en profiter pour le convaincre; il leur fallait trouver des alliés à Lucrézia qui se battraient en leurs noms et convcitions, qui auraient le pouvoir et le courage nécessaires pour intervenir en leur faveur, la foi essentielle à la recherche de la vérité. C'était ce que Teb désirait le plus.






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Ranrek Ergorn
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~#~Sujet: Re: the leaders that are left behind w/ Ranrek Ven 7 Juil - 4:19

The leaders that
are left behind
Teb | Ranrek
Deuxième jour du Douzième mois de l'An 836
Malgré sa stature peu imposante – il est grand, mais plus fluet que toi –, le jeune homme ne semble guère pacifique alors que vos regards se toisent, se mesurent. Il n’y a pas de façon aisée de prononcer ces inquiétudes qui te taraudent depuis des semaines... Même avec Skynen, tu aurais eu du mal à aborder la situation sans déclencher une certaine colère. L’aînée des enfants de Zalis Fanior est une femme à la fois douce, intrépide et forte. C’est une créature des plus imprévisibles. Oh ! bien sûr, la jeune femme n’est pas ce qu’elle semble être. Beaucoup ne voient en elle qu’une politicienne sage et mesurée, une personne investie autant dans sa vie de famille – elle a, après tout, trois jeunes enfants avec son époux Rancus – qu’auprès de son peuple. Mais toi, tu sais à quel point Skynen Fanior cache des choses qui en auraient surpris plus d’un. Entre autres, son allégeance inconditionnelle à Elwyn Valior dont les desseins évoluaient au même titre que ceux de ton propre maître et ami, Sven Ramose.

Tu le sens se raidir alors que tu termines de lui exprimer ta stupéfaction face au départ de sa famille alors que l’enquête des Kunan est toujours en cours. Il continue à te regarder pendant un moment sans piper mot, laissant planer au-dessus de vous un malaise grandissant qui ne te fait pas perdre ton acuité face aux mouvements violents qu’il pourrait esquisser. Pour tout ce que tu en sais, il s’agit de Teb, le cadet de la fratrie. Tu ne crois pas qu’il s’agisse de Neellek. Tout ce que tu as entendu à son propos, c’est que c’est un jeune homme très doux, idéaliste et rêveur. En rien le genre de gars à pointer une arme vers toi. Si tu avais croisé Neellek dans le couloir de ce palais à cet instant-là, il t’aurait probablement tout de suite tendu la main. La voix grave de ton interlocuteur s’élève finalement dans le silence ambiant :

« Sur ce point, nous nous accordons, votre présence ici n'est pas normale. Et votre stupéfaction... Je la conçois aisément, mais elle n'est pas raisonnée. Tu es tenté de rétorquer que c’est tout le contraire, mais tu gardes le silence, un sourire effleurant ta lippe alors que tu le toises sans ciller. Après le départ des Birghild, il nous restait bien peu d'options sûres, et il semblait évident que nous-mêmes allions nous retirer. Des représailles sont à craindre à tout moment, et ma famille ne souhaite ni subir de pertes, ni offenser les Dieux. »

Et tu pouvais aisément comprendre la peur qui avait assailli Zalis et le reste de leur clan lorsqu’ils avaient vu les Birghild quitter la capitale. Néanmoins, la présence de la mégère nouvellement veuve dans le palais aurait dû leur sonner une cloche. Si quiconque devait commettre un acte de représailles contre les Fanior et le reste de leur peuple, ce serait elle. Pas son frère aîné. Ton interlocuteur poursuit sa tirade :

« Quant à l'enquête concernant mon frère... Nous avons déjà tenté de parlementer avec les Birghild, de leur exposer notre version. Pensez-vous sincèrement que celle de Darrel aurait-été différente de la nôtre? Moi pas. Cette enquête n'est pas efficace pour l'instant puisqu'elle n'est pas menée dans le bon sens, malgré tout le respect que j'ai pour les Kunan. »

Le jeune homme aux yeux bridés se tourne vers la grande fenêtre qui donne sur la magnificence sombre de Lucrezia dans toute sa splendeur. Malgré tous les défauts dont elle faisait la victime, cette cité est tout ce que tu as. Elle est le cœur d’Oranda. Et les familles représentantes sont la seule chose qui maintienne l’équilibre dans ce théâtre macabre. Depuis longtemps, tu demeurais convaincu que l’espérance que la bonne entente règne entre les familles était hallucinatoire. Le concept des familles représentantes n’était pas complètement défaillant, mais le fait que ces clans n’agissent pas en synergie gâchait tout. Les Représentants en Chef devraient plutôt former un conseil au sein duquel siégerait un être neutre, une personne choisie par la population pour s’assurer que les familles gouvernent la ville et la région efficacement et droitement. Bien sûr, ça n’était qu’une utopie... Un rêve que tu nourrissais qui ne verrait jamais le jour.

« Cela pourrait très bien être un Feu, peut-être même un membre de votre famille... Qui cela surprendrait-il, au point où nous sommes arrivés, hm? demande-t-il d’un ton ferme, une pointe d’acrimonie pointant dans sa voix. Il se radoucit brusquement : Non, je ne vous accuse pas. Je veux juste vous montrer que les coïncidences hasardeuses nous désigne, mais qu'elles ne sont pas des preuves tangibles. Pour ce que cela vaut, et je comprendrais que vous n'me fassiez pas confiance, mais Darrel aurait été incapable de commettre ce meurtre.
Je ne crois pas que ton frère ait tué Osrian Thenkar, que tu réponds d’un ton ferme, le dévisageant franchement. Et je ne crois pas que les Birghild marcheront sur Sterenn simplement parce qu’un homme – un des leurs, certes –, mais un simple homme, a été assassiné par une personne qui s’est évanouie dans la nuit. »

Tu t’interromps un instant, mesurant tes paroles avec soin. Cette discussion avec le jeune Fanior peut toujours s’emballer. Tu n’es pas en position de froisser le politicien.

« Honnêtement, j’ai l’impression qu’ils sont rentrés à Gorka pour lécher leurs plaies et accepter que leur amour-propre en ait pris un coup. Peut-être pour vous effrayer aussi... Et ça a fonctionné. Tu soutiens son regard avec sincérité. En partant ainsi, ton père donne raison aux soupçons qui planent déjà dans le cœur des Représentants de Gorka. »

Tu soupires, marchant vers l’ouverture pour observer les rayons timides du soleil entre les nuages qui se font de plus en plus épais depuis cette soirée fatidique. Il est étonnant de constater que ces foutus nuages laissent encore filtrer les rayons de l’astre du jour, qu’ils n’aident pas à diminuer un peu cette chaleur accablante qui affecte la région humide en après-midi. Malgré les nombreuses années passées dans la région centrale, tu n’arrives pas encore à déterminer si la chaleur humide de Dahud est plus dérangeante que l’aridité sèche et brûlante de Sezni.

« Nous avons tous vu le désarroi et la panique dans le regard de Darrel, ce soir-là. À ta place, je ne nourrirais aucune inquiétude quant à l’enquête des Kunan. Il est parfaitement impossible que ton frère soit toujours leur unique suspect. J’ai moi-même été interrogé. Toute ma maisonnée a été interrogée. Tu soupires avec accablement, passant une main sur ton crâne rasé en tentant d’ordonner tes pensées. Un simple interrogatoire, quelques questions, et Darrel aurait été blanchi, que tu énonces en jetant un coup d’œil vers lui. Et maintenant, avec ce départ, le doute n’en sera que plus grand. C’est regrettable... »

Tu songes un moment à ses paroles, songeant à son allusion quant à une possible implication de ta famille dans cette affaire nébuleuse. En entendant ces mots dans la bouche du fidèle de Jalahiel, tu ne peux que comprendre les craintes de ton père qui ne souhaite pas te voir t’impliquer dans quoi que ce soit qui concerne la mort d’Osrian ou dans quoi que ce soit qui entoure l’attaquer survenue sur le marché. Son refus de s’impliquer dans l’affaire t’a d’abord frustré, mais plus le temps passe, plus tu comprends que les gens sont prompts à soupçonner ta famille et à croire en l’implication de ton peuple dans tout ce qui tourne mal. La montée au pouvoir de Sven n’a rien fait pour arranger les choses, pour embellir l’opinion des gens par rapport à votre peuple qui favorisait la force et l’ordre à la bonté et l’altruisme.

« Pour ce qui est de ma famille, je suis désolé de t’avouer que je ne peux point parler en son nom... Il y a longtemps que j’ai compris que je ne portais que le nom et pas la confiance qui l’accompagne. Tu lui adresses un sourire en coin avant de poursuivre ta contemplation du paysage. Avec les années, j’ai appris à espérer, j’ai nourris cet espoir de voir ma famille s’enligner dans le droit chemin... Peut-être que je me fourvoie... Quoi qu’il en soit, mon père a été très clair en ce qui concerne ce litige ; nous devons collaborer avec les Kunan afin que leur enquête se déroule pour le mieux, faire ce qu’on attend de nous sans nous impliquer plus que nécessaire. À ma connaissance, mes frères et moi sommes tous trois passés à travers l’interrogatoire des Kunan sans anicroche. »

Tant de choses reposaient sur Nehko, Rhenis et Levan en ces temps sombres... Tu aurais voulu les aider, mais tu ne pouvais pas. Tu voulais aider les tiens aussi. Les Fanior étaient les alliés d’Elwyn, donc ceux de Sven. Et tu servais Sven fidèlement malgré vos divergences d’opinion sur tellement d’égards. Il était ton ami et ton souverain. Même si ta famille te voyait comme un simple émissaire, tu étais les yeux et les oreilles du dictateur dans ce palais de la région centrale, et tu t’efforçais de remplir ton rôle du mieux que tu le pouvais.

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He stepped down, trying not to look long at her, as if she were the sun, yet he felt her like the sun, incapable of ignoring her, even without looking. Ran&Eden



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Teb Fanior
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~#~Sujet: Re: the leaders that are left behind w/ Ranrek Sam 22 Juil - 13:27


THE LEADERS THAT ARE LEFT BEHIND
ranrek ergorn & teb fanior
Teb avait vingt-deux ans. Vingt-deux ans, quand on est politicien, c'est peu, moindre, si jeune, vingt-deux ans, ça signifie moins d'expérience que tous, moins de savoir, moins de clairvoyance dans certaines situations. Si sa jeunesse lui donnait l'avantage d'une perception des choses et des Hommes inévitablement différente de celle de ses prédecesseurs, et donc la capacité de trouver d'autres solutions, d'autres stratégies qu'eux, parfois meilleures, elle lui donnait aussi l'impression de vivre chaque fois de nouveaux évènements, si opposés les uns des autres que ses connaissances lui semblaient inutilisables, inefficaces. C'était déroutant, cela l'épuisait: il fallait toujours être sur le qui-vive, anticiper, étudier les jeux et les manières de jouer des autres, préparer le prochain coup, etc, sans fin. On oubliait souvent que Teb n'était qu'un petit adulte, tout petit, encore en devenir, bancal et inachevé, qui ne demande qu'à se construire sur de solides et belles bases, et à s'y développer, à se transformer lentement en quelqu'un. Son apparence et son image assurées offraient une défense, une protection, tenaient lieu de gardiennes de cette faiblesse, empêchant quiconque la voir, et même de l'imaginer. Son nom, également: quand on est un Fanior, on est important, on est connu, on est censé être accompli, «terminé» (l'est-on jamais un jour?).
Skynen, elle, avait trente-deux ans, soit dix ans de plus que lui. Comment aurait-elle réagit, en face de Ranrek Ergorn (étant donné, en outre, qu'elle l'avait déjà rencontré), sachant tout ce qu'elle sait, ayant vécu déjà tant, Skynen, forte et sérieuse, inébranlable, si douée? Probablement mieux que lui, plus diplomatiquement, ou bien elle ne se serait pas radoucit, elle n'aurait pas tenté d'obtenir la confiance du Feu: sa soeur n'a pas besoin de leur confiance, de leur soutien; seule, c'est déjà une femme sûre d'elle, qui avance sans crainte, qui marche fièrement.

Il était vrai que Teb avait été dur, il avait réagit avec une acrimonie apparente et grossière, une attitude salement irrespectueuse: et quelques instants plus tard, il s'étonnait de la personne en face de lui, une personne appréciable, estimable. Le jeune homme regrettait la célérité avec laquelle il s'était persuadé que Ranrek était un homme digne de la réputation de son peuple, de celle de sa famille: qui donc peut juger, avec si peu d'humilité? Qui, sinon les Dieux?
Il ne s'était pas rendu compte de combien il s'était trouvé changé par les récents évènements (temporairement, le temps de rerouver ses esprits, il l'espérait), sans quoi il ne se serait permis de se croire l'égal en droits des Dieux.

Alors qu'il affirmait et clamait l'innocence de son frère, cette fois-ci avec une sincérité sans faille aucune, son regard se fit perçant, travaillant à trouver le camp dans lequel se rangeait Ranrek. Il ne s'attendait pas à ce que ce dernier lui réponde aussi promptement, peut-être même sans avoir réfléchit: honnêtement donc. Il  lui assura qu'il ne pensait pas non plus Darrel coupable, et rassura: seloin lui, les Birghild n'attaqueraient pas, ne déclareraient pas une guerre pour la mort d'un seul et unique homme, aussi respecté et aimé fusse-t-il. En revanche, il pointa largement du doigt leur départ, et il avait malheureusement raison: cela serait considéré comme un aveu.
Il s'avança aux côtés de Teb et, quelques secondes durant (le temps d'un cheminement de pensées, le temps d'apprécier une sensation et les conséquences intérieures qu'elle entraînait, corolle spirituelle; le temps de rêver, silencieusement, intimement), contempla quelque chose qui ne semblait pas visible. Le jeune Air pencha la tête, respectueux, tout autant intéressé de savoir à quoi pensait l'homme au teint mat, à l'imposante carrure, devant lui. Malgré tout, il attendit que celui-ci reprenne, patient.
Brilek était sorti de ses pensées, rien ne captivait actuellement Teb plus que cette conversation: il savait qu'une fois le Ergorn parti, il pourrait voir les choses sous un autre angle, mieux comprendre et appréhender la situation, mais aussi le monde. Ce qui se jouait là était important; tous deux en étaient-ils conscients?
Enfin, Ranrek reprit:

-Nous avons tous vu le désarroi et la panique dans le regard de Darrel, ce soir-là. À ta place, je ne nourrirais aucune inquiétude quant à l’enquête des Kunan. Il est parfaitement impossible que ton frère soit toujours leur unique suspect. J’ai moi-même été interrogé. Toute ma maisonnée a été interrogée. L'homme soupira, l'air éreinté, passa une main sur son crâne.
Un simple interrogatoire, quelques questions, et Darrel aurait été blanchi, que tu énonces en jetant un coup d’œil vers lui. Et maintenant, avec ce départ, le doute n’en sera que plus grand. C’est regrettable...

Il hocha expressivement la tête. Ça l'était, oui, regrettable: il n'y avait en vérité pas d'autres mots, pas de synonyme qui ne soit meilleur. La décision était prise, l'acte était fait, et l'on en retirait des regrets. Et cela semblait désespérément anodin, commun à des milliers de vie, comme quelque chose qui serait déjà arrivé à tous; pourtant ces regrets-ci pouvaient bien provoquer une guerre, noyer Oranda sous des eaux rouges, sanguines, ablution sordide d'un continent entier, de tous les peuples.
Teb ne pouvait que se retrouver dans l'opinion du fils du représentant de Sezni, et dans son soupir, il sentit la fatigue de tous ceux impliqués dans cette histoire absurde, insensée, terrible, et l'envie d'en finir, d'abolir toutes ces machinations, de mettre fin aux existences trop nombreuses de ces attaques, ces tentatives de briser la paix. Il pensa à son propre père, à la lassitude qui semblait l'entourer, comme une immonde bestiole accrochée à lui et qui drainerait force et énergie. Tout à coup, il eut peur, et une vive sensation se propagea dans son ventre, à peine l'espace d'un instant, et presque aussitôt, cessa: il venait de se remémorer l'homme qu'était Zalis, semblable à un océan, ou au ciel: constamment là, immobile, fort, éternel et puissant. Ainsi était-il, et l'on n'imaginait pas pareille personne plier, céder, abandonner. Cependant, Teb était incapable de ne pas s'inquièter pour sa famille. Par conséquent, bien qu'il réprouvait leur départ, le jeune homme ne pouvait en public s'élever contre son père, au risque de le discréditer. Il faudrait d'ailleurs qu'il le rejoigne, qu'il reprenne la route vers Arne, qu'il laisse son peuple et son amant; pour l'heure, ce n'était pas ce qui lui venait à l'esprit.

-Nous avons… commença-t-il, avant de reprendre autrement: Je vous l’ai dit, notre famille a déjà donné sa version, complète. Et je comprends que le fait que notre parole n’ait pas suffit ait vexé mon père, et que les accusations de si mauvaise foi des Birhild lui ai laissé penser qu’il n’y avait plus de possibilité de discussion. Notre famille a toujours été en bons termes avec eux. Je pense qu’il ne s’attendait pas à de telles réactions de leur part, bien que la douleur les légitimise un peu.

Un peu seulement, et là était la nuance: n'importe qui aurait pu désigner quelqu'un, même en ne le sachant pas coupable, par nécessité d'avoir assez de colère pour survivre, d'avoir un objectif, une justice à faire, un endroit, une personne où diriger sa souffrance, son désir de vengeance. Mais la famille représentante de Gorka n'était pas n'importe qui. Ils se devaient en toute circonstance de réfléchir, d'agir avec mesure et intelligence: la paix est fragile, il suffit de peu pour l'atteindre, la blesser, la meurtrir. Et c'est en raison de cette paix, pour la préserver, que, prudemment et certain que rien ne s'arrangerait si l'on accumulait encore et encore les non-dits, Teb continua:

-Cependant… Si je peux comprendre les décisions de mon père, voire les justifier, je ne les approuve pas pour autant. Ce meurtre ne déclenchera pas de guerre, mais il est certain que tous nous retirer et nous y préparer n’est pas la meilleure façon de l’éviter.

À nouveau, ses muscles se tendirent, et il s'interrogea sur ce qu'allait voir Ranrek dans cette déclaration. L'utiliserait-il contre lui? Irait-il la rapporter à son père, à ses frères? Pouvait-on lui faire confiance? Il n'était plus sûr de rien, mais il lui avait fallu tenter ce coup-là. Trahissait-il le patriarche des Fanior? S'il essayait d'aider à faire la lumière sur le meurtre et les intérêts de chacun, probablement pas. Il culpabilisait pourtant de ne pas afficher un soutien complet envers Zalis, et par le même biais, envers Elga, sa mère. Et songeant à ses parents, il jeta un regard en biais, particulièrement attentif, quand Ranrek, dans un sourire, évoqua sa propre famille:

-Pour ce qui est de ma famille, je suis désolé de t’avouer que je ne peux point parler en son nom... Il y a longtemps que j’ai compris que je ne portais que le nom et pas la confiance qui l’accompagne, dit-il simplement, comme un fait douloureux accepté tout de même, fatidiquement. Il lui semblait alors presque avoir un comportement complice, et Teb se surprit à penser qu'il aurait pu être ami avec lui, dans une autre vie. Il poursuivit: Avec les années, j’ai appris à espérer, j’ai nourris cet espoir de voir ma famille s’enligner dans le droit chemin... Peut-être que je me fourvoie... Quoi qu’il en soit, mon père a été très clair en ce qui concerne ce litige ; nous devons collaborer avec les Kunan afin que leur enquête se déroule pour le mieux, faire ce qu’on attend de nous sans nous impliquer plus que nécessaire. À ma connaissance, mes frères et moi sommes tous trois passés à travers l’interrogatoire des Kunan sans anicroche.

Teb éloigna ses lèvres l'une de l'autre, ouvrant la bouche, prêt à parler... Se ravisa. Ce qu'avait dit l'homme était important, un premier pas fort courageux. Il espérait que Ranrek ne mentait pas, il l'espérait véritablement, puisque soudainement, à l'écoute de ses précédentes paroles, il s'était mis à l'admirer: cet homme était façonné d'espoir et de convictions, et malgré sa vie passée dans les mécaniques machinations politiques, il n'avait rien perdu de ses rêves d'unité. Voilà ce dont le jeune homme aimerait pouvoir se targuer, quand il aura l'âge du Feu en face de lui. Ledit Feu avait pourtant été confronté, sûrement, comme tous, aux tentations viles, aux vices et autres bassesses, participé peut-être à de sales coups, des choses crasses et sombres; il restait cependant quelqu'un de bien, ou en renvoyait une image assez crédible. Le manipulait-il? Essayait-il d'obtenir des informations, des renseignements, lui faisait-il miroiter ce que Teb aimait à voir chez les gens? Il fallait choisir, désormais, comment cette conversation allait continuer, ou se détourner, s'épuiser, s'éteindre. Teb, considérant tout ce qu'il avait appris depuis qu'il avait adressé la parole au fils de Karam, choisit vivement.
Alors, un sourire se dessina sur le visage du cadet des Fanior, flotta un instant, disparut de toute vue lorsque lui-même se tourna et se dirigea vers un petit buffet, derrière eux, contre le mur opposé, dans le couloir. Il y déposa l'arme qu'il tenait toujours dans sa main (ce qui n'était pas très intelligent, et surtout encombrant: il ne savait pas s'en servir), puis revint auprès de Ranrek.

-Puisque tu parles aussi sincèrement, alors que moi-même j'ai été si irrespectueux, permets moi de me rattraper: j’imagine que tu l’as compris, mais la politesse veut que je me présente quand même, dit-il en se reculant d'un pas, inclinant légèrement son buste devant lui, hommage inattendu. Je suis Teb Fanior, fils de Zalis Fanior, et je te prie d’excuser ma réaction quand je t’ai vu. Je n’aurais pas dû te juger selon ton peuple ou ta famille, intrusion ou pas, c’était stupide de ma part.

Il n'aurait pas dû juger ce peuple ou cette famille, non plus, mais c'était autre chose, un débat plus houleux, un aveux plus compliqué à faire. Là, le long de ses doigts, près de son poignet, remontant son bras, étreignant son épaule, descendait tendrement vers son coeur le piquotement déconcertant de la satisfaction, la plus absolue de toutes, celle d'avoir bien agit, au bon moment, au bon endroit; Teb sut que c'était cette sensation qu'il devrait chercher chaque jour de son existence: il avait faim de paix, d'humanité, de monde meilleur, et seul ce saisissement intense était rassasiant. Il continua, le tutoiement venant naturellement:

-J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur.

Il pouvait justifier ses agissements précédents grâce aux circonstances spéciales, à la tension depuis le meurtre, au fait qu'il soit en fuite: il s'y refusait. Si lui-même déniait aux Terres le droit de s'écarter du juste chemin, alors il n'avait pas le droit à la même erreur, ni à aucune autre. Ranrek lui-même s'était défendu et excusé d'être entré sans autorisation dans leur Palais.

-Maintenant, je ne peux défaire les choses que ma famille et moi avons fait: nous partons, nous nous dérobons à la justice que nous prétendons défendre. Les Birghild ont fait de même, qu'il énonça d'une manière si simple que cela semblait sans conséquence, sans gravité, répercussion, effet.
Sans vouloir vous offenser, je pense que ta famille et celle des Kunan, aussi puissantes et influentes soient-elles, ne seront pas suffisantes pour apaiser la situation et mener l’enquête jusqu’à son terme. Pour moi, le problème est que, chacune de leur côté, les familles représentantes ne sont pas efficaces: nous devrions travailler ensemble.

Le jeune homme laissa ses yeux tomber sur les jardins à nouveau, partir plus loin, là où le ciel et la misère brune de Lucrézia se confondaient, amants étranges, union vilaine. Il continua, fixant ses mains appuyées sur la pierre de l'arche, essayant vraiment de chercher une issue, un moyen d'arranger les actuels bouleversements. Il continua, froid, déçu de ces adultes qu'alors il rêvait de supplanter (que leur vie serait plus aisée si eux, enfants des représentants, étaient au pouvoir!):

-Mais pour cela, mon père attendra des excuses de la part des Birghild, et cela n’est pas envisageable pour eux. Donc, nous sommes dans une impasse.

Et, se tournant, faisant franchement face au Feu, il attendit, sans savoir quoi, il attendit que l'autre lui serve, lui offre un miracle, cette possibilité que tous aurait été incapables de voir, aveugles, il attendit que Ranrek partage son avis, et ses idées, persuadé qu'il en aurait.
Teb ne se rappelait même plus qu'il était là pour Brilek, qu'il était le seul encore présent de sa famille, laissé derrière, échappé. Finalement, les deux étaient là d'étranges représentants, autant de leur famille que de leur peuple, autant seuls.

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~#~Sujet: Re: the leaders that are left behind w/ Ranrek Ven 4 Aoû - 6:34

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Teb | Ranrek
Deuxième jour du Douzième mois de l'An 836
Soudainement, devant le jeune Fanior, tu te surprends à te demander comment aurait réagi Karam Ergorn si l’un des vôtres avait été tué à la place d’Osrian Thenkar ? Comment les choses se seraient-elles déroulées si un membre de votre clan, un homme – ou même une femme – d’ascendance Feu avait été poignardé à mort dans les jardins communs à la place de ce vénérable représentant de la Terre. Les Birghild, malgré leur célérité à sauter à la gorge du premier venu – Darrel Fanior qui avait été retrouvé baignant dans le sang d’Osrian à l’occurrence – ont fait preuve d’un flegme et d’une maîtrise exceptionnels considérant la situation. Tu ne peux qu’imaginer la réaction qu’aurait eu ton père si le cadavre avait été celui d’une ressortissant Feu… l’identité de cet enfant de Malaggar, qu’il s’agisse d’un membre de votre famille – même Hetepheres, ta sœur aînée reniée depuis longtemps par ton paternel –, d’un individu faisant partie de la délégation de Sven ou d’un représentant de la noblesse dahudienne, n’aurait guère importé à ton père qui n’aurait pas fait preuve de la résilience qu’avait démontré Thrad Birghild. Karam Ergorn n’aurait jamais laissé l’enquête entourant l’assassinat d’un Feu entre les mains de Nehko Kunan et les siens. Jamais Karam Ergorn n’aurait laissé quiconque fourrer son nez dans les affaires de votre peuple et encore moins dans les affaires de votre famille. Ce crime n’aurait pas fait exception.

Bien qu’il s’agisse d’une pensée cruelle, tu ne peux qu’être heureux qu’il en aille autrement… Contrairement aux Birghild qui ont démontré un tempérament paisible et conciliant tout au long des négociations médiées par Nehko Kunan, les Ergorn auraient sans nul doute mis Lucrezia à feu et à sang jusqu’à ce qu’ils trouvent un coupable. Ils auraient sans contredit ravagé Oranda tout entier pour remonter vers celui ou celle ayant perpétré un acte aussi odieux. Les vôtres ne sont pas superstitieux. Mais les desseins des dieux sont mystérieux et les humains sont malvenus de les contrarier… aussi, jamais les vôtres n’osaient jouer avec le feu dans des occasions aussi sacrées.

Tu es surpris que ton interlocuteur admette son désaccord face à la décision de son père et supérieur devant toi. Bien qu’il comprenne que Zalis prenne ses décisions sagement et au meilleur de ses connaissances, de façon à préserver à la fois son peuple et sa famille, le jeune homme admet franchement qu’il n’approuve pas la décision de quitter la capitale. Ainsi, malgré sa jeunesse, tu ne peux que constater qu’il n’a rien d’un écervelé. Quel âge peut-il bien avoir ? Un peu plus de vingt ans ? La plupart des jeunes hommes de son âge sont nonchalants et ne réfléchissent guère plus de deux secondes à leurs actions. Tu penses là à ton neveu Zaël.  Âgé de 19 ans, le fils de Khorde était un jeune homme pourri gâté, immature, orgueilleux et paresseux. Il croyait que tout lui était dû et ne faisait jamais l’effort de retourner une question sous plusieurs angles avant d’émettre son opinion. Le monde serait bien sombre le jour où Zaël succéderait à son père… À son âge, tu étais marié, sur le point d’être père pour la première fois avant que sa vie ne soit détruite par le destin funeste de ton Ashara. Contrairement à Zaël, les dieux ne t’avaient pas donné l’occasion d’être jeune et stupide. Qu’est-ce qui avait insinué une telle sagesse dans l’esprit du fils de Zalis Fanior ? Tu ne le saurais sûrement jamais…

Alors que tu ouïs ses paroles, une autre question s’impose à ton esprit… Comment aurait réagi Karam Ergorn s’il s’était retrouvé dans la position de Zalis Fanior ? Comment aurait-il réagi si, par exemple, ton frère Nove s’était retrouvé accusé du meurtre d’Osrian à la place de Darrel ? Étrangement, tu ne peux t’empêcher de penser que la réaction de votre patriarche serait différente selon le fils concerné par les accusations… et bien que tu aies depuis longtemps l’impression que ta vie ne vaut pas autant aux yeux de ton père que celles de Khorde et Nove, tu songes que le seul que Karam aurait empêché de subir l’interrogatoire des Kunan serait ce dernier. Karam a transmis toutes ses connaissances et sa sagesse à Khorde. Il l’a modelé à son image pour faire de lui un représentant averti pour votre peuple. Il a une confiance absolue en lui et l’aurait poussé à se soumettre aux questionnements pour se faire blanchir. Toi, il te sait ouvert aux autres peuples, rempli d’amour et d’acceptation pour tous ceux qui t’entourent. Surtout, il te sait incapable de ce genre de violences. Il t’aurait ainsi donné les mêmes conseils. Nove, quant à lui, est plus mystérieux que Khorde et toi. Ton père le soupçonne depuis longtemps de tremper dans des affaires plus ou moins nettes. La seule personne qui aurait sans doute pu influencer l’intransigeance de ton père aurait été ta mère. Ahankh, bien qu’elle n’ait jamais réellement fait office d’une très forte figure maternelle, éprouve pour sa progéniture un instinct protecteur sans bornes. Et même si beaucoup croient que tes parents ne se côtoient que par obligation, qu’ils font bonne figure devant tous comme un couple uni et solide pour maintenir les apparences, qu’il n’existe aucune affection entre eux, tu sais qu’il en va autrement. Avec les années, Ahankh et Karam ont développé une complicité que peu pourraient comprendre, une relation complexe dénuée de sentiments amoureux, mais remplie d’une confiance mutuelle et d’une fidélité immuable envers votre nom et votre héritage.

Tu ne lui feras pas part de tes réflexions profondes en ce qui a trait à la réaction qu’aurait eue ton père si votre famille avait été plus activement impliquée dans cette affaire, mais tu lui glisses quand même quelques mots au sujet de ton statut au sein du clan Ergorn en précisant que vous avez tous été blanchis sans difficulté. Enfin… à ta connaissance.

Le frêle jeune homme semble avoir un changement d’opinion à ton encontre plutôt subitement. Il dépose son arme sur le buffet et te demande pardon pour son accueil peu plaisant. « Je suis Teb Fanior, fils de Zalis Fanior, se présente-t-il, un air solennel dépeint sur son visage encore juvénile, je te prie d’excuser ma réaction quand je t’ai vu. Je n’aurais pas dû te juger selon ton peuple ou ta famille, intrusion ou pas, c’était stupide de ma part. J’espère que tu ne m’en tiendras pas rigueur.
Comment le pourrais-je ? que tu rétorques en secouant la tête. Les agissements de mon peuple n’aident guère à changer la mauvaise opinion que les gens ont de nous… Et beaucoup voient ma famille négativement. Comment pourrait-il en être autrement considérant la façon dont nous sommes entrés au pouvoir ? »

Qui, à l’exception de Sven Ramose et des suprématistes Feu, a de bons mots à l’intention des Ergorn, tant parmi les représentants du peuple que ceux de la noblesse ? Vous êtes la famille représentante la plus abhorrée d’entre toute. Les gens, lorsqu’ils songent aux Birghild, pensent à une famille bonne et juste qui règne sur le peuple de la Terre à Dahud pacifiquement depuis des centaines d’années. Les Fanior, eux, sont réputés pour leur calme et leur diplomatie dans toute situation. Les Air de Lucrezia n’ont pour eux que de bons mots. Il en va autrement pour les jeunes représentants de la famille Kunan, mais leur patriarche, Nehko, lui, est hautement respecté tant par les nobles que par le peuple, tout comme l’a été son épouse Fulvia avant son décès. Les Ergorn, eux, sont redoutés de tous. On voit les membres de votre famille comme des assassins sans pitié, des fourbes prêts à tout pour accéder au pouvoir, pour asseoir leur domination. Peu de gens voient toujours le visage humain des membres de votre famille.

Il continue en faisant remarquer qu’il ne peut effacer les actions posées par les siens, mais que les Birghild ont également levé les voiles. Tu n’as pas réfléchi à la situation sous cet angle. Le départ des Birghild t’a alarmé à cause de ta crainte de les voir rassembler le peuple de l’est pour marcher sur Sterenn. Bien que les fidèles de Tarlyn soient généralement des gens pacifiques – l’absence d’armée à Gorka en dit long sur leur tempérament –, ils restent humains; et les humains ont la fâcheuse tendance de commettre des actes dénués de logique lorsqu’ils se sentent menacés. Les hommes ne sont finalement guère meilleurs que les animaux lorsque leur instinct primitif entre en ligne de compte… Le Fanior t’avoue ensuite qu’il ne croit pas que les Kunan, même avec l’appui incontesté de ta famille, puisse faire la lumière sur cette affaire nébuleuse. Tu ne le crois pas non plus. « Pour moi, le problème est que, chacune de leur côté, les familles représentants ne sont pas efficaces ; nous devrions travailler ensemble. Mais pour cela, mon père attendra des excuses de la part des Birghild, et cela n’est pas envisageable pour eux. Donc, nous sommes dans une impasse. »

Tu acquiesces silencieusement, continuant à admirer la cité qui s’éveille lentement. Quel qu’ait été le but de cette personne qui s’en est pris à Osrian Thenkar, elle avait réussi à foutre un beau merdier dans toute la région centrale, à menacer l’équilibre fragile qui règnait depuis des centaines d’années à Oranda, d’un simple coup de couteau. « À mon avis, l’assassin, qui qu’il soit, a réussi à démontrer la défaillance du gouvernement dahudien. Bien que Lucrezia soit mère de nombreux bienfaits – sans elle, nous n’aurions pas accès à de nombreuses choses qu’on ne retrouve dans nos régions d’origine –, la façon de gouvernée instaurée par nos ancêtres ne fonctionne visiblement pas. Tu soupires avant de te retourner vers le jeune homme. Il y a longtemps que j’y songe… Si chaque famille comportait deux représentants et que les familles gouvernaient en unité, sous la supervision d’un être neutre, le monde s’en porterait bien mieux… »

Pour y avoir songé, tu as retourné la question dans tous les sens à temps perdu. Bien que tu n’oserais jamais l’avouer en présence de ton père, les gouvernements Sterennois et Gorkiens étaient beaucoup plus efficaces et sûrs que ceux du nord et du sud. La monarchie et l’oligarchie comportaient trop de tares. On ne pouvait laisser le sort de tout un peuple entre les mains d’un ou de quelques individus seulement. C’était beaucoup trop dangereux.

« Mais ça ne sert à rien de ressasser cette question. On ne changera jamais le monde tel qu’on le connaît, que tu dis en le dévisageant franchement. Dans tous les cas, ma voix ne pèsera jamais énormément dans la balance… J’étais venu ici pour demander à Skynen de raisonner votre père. Comme Skynen n’est pas là, c’est à toi que je le demande, Teb. Pour ce que j'en sais, malgré ta jeunesse, tu tiens un rôle dans les affaires politiques de ta famille. Alors, je te le demande... pour le bien de tous… écoute ce que ton cœur te dicte et parle à ton père. Il faut qu’il laisse les Kunan interroger Darrel. C'est la seule façon de permettre la collaboration entre tous. »

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He stepped down, trying not to look long at her, as if she were the sun, yet he felt her like the sun, incapable of ignoring her, even without looking. Ran&Eden



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