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Intrigue
Un vent de changement souffle sur les terres d'Oranda... Pour en découvrir plus, la première intrigue a été dévoilée
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Scénarios
Le scénario d'Eden'El Lumnar a été mis en avant par Silee Pherusa
C'est le dirigeant d'un refuge de Lucrezia qui n'attend qu'à être pris !

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the leaders that are left behind w/ Ranrek

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Teb Fanior
novice


❝ Disponibilité RP : Bientôt disponible
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❝ Crédits : balaclava (ava) ;
;
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~#~Sujet: the leaders that are left behind w/ Ranrek Mer 14 Juin - 10:13


THE LEADERS THAT ARE LEFT BEHIND
ranrek ergorn & teb fanior
Balancé par les violentes roues qui, il l'entendait, frappaient les pavés, frappaient la terre des longues routes qui le séparait de Sterenn, en rythme avec les puissants mouvements, les foulées alongées des chevaux, Teb réflechissait, perdu dans un ailleurs inaccessible, sa soeur dormant sur son épaule. Il se remémora leur départ, à eux, la grande famille des lâches Fanior, ceux-là même qui fuyaient les accusations, qui fuyaient la recherche de la vérité. Longtemps, la veille, dans l'ambiance vespérale moite de Lucrézia, il en avait discuté avec son père, Zalis. Celui-ci avait essayé de convaincre son fils, de le persuader que leur seule solution était désormais de rentrer, tous, dans leur chère région: puisque les négociations n'avaient amené que plus de tensions, puisque maintenant de sombres représailles (des Birghild comme du peuple) étaient à présager, il était plus prudent de partir, d'enquêter loin de Dahud.

Ainsi, ils étaient partis, malgré le désapprouvement flagrant de Teb qui lui voyait cette échappée comme un aveu (même s'il savait sa famille innocente), rejoindre Arne, la majestueuse capitale de l'Ouest. Si on avait prévenu les membres de la famille comme les domestiques le soir, le départ avait été précipité, hâtif, pressé; comme si chacun, à l'idée de partir s'essouflait de détresse, haletant. Aux premières et douces lueurs de l'aube, ils s'étaient engouffrés dans les rues comme un seul homme, un seul vent chaud et rapide, entourés de multiples gardes et soldats, laissant derrière leur passage un palais presque désert. Le jeune homme avait, devant ces lieux vides, eut la terrible sensation qu'il était pourtant plein d'une absence cruelle et vertigineuse de vie et d'animation: là où, habituellement, la demeure des représentants de l'Air était en constant éveil et exaltation. Il s'était senti triste et esseulé, fatigué aussi, un peu, mais surtout terriblement méprisable: il abandonnait son peuple, il abandonnait ses fonctions et devoirs, il abandonnait Brilek.
Il avait rejoint ce dernier après s'être entretenu avec leur grand seigneur d'ici-bas, son père, sur les toits du palais, accessible par un des balcons de sa chambre, cachés du reste de la ville, protégés de tous. Les cieux seuls les observaient. Le voile diurne, dans son éternelle séduction des astres, se pâmait de resplendissantes couleurs, de l'orange au rose, brisant l'éternel bleu immobile. Il se souvient avoir posé sa main sur la sienne, l'avoir tenu contre lui, silencieusement, pensif, avant de lui annoncer la fracassante nouvelle. Brusquement, son amant s'était retourné vers lui, mais Teb l'avait devancé: «Je ne te force pas à partir, tu peux rester si tu le souhaites». Après qu'un éclat de colère ne fasse briller les yeux de Brilek, il avait ajouté que, peu importe son choix, aussi douloureux fusse-t-il, il le comprendrait. Finalement, pour le laisser réfléchir, il était descendu et l'avait attendu dans sa chambre: il savait la décision difficile et ne pouvait qu'imaginer la lutte intérieure qu'elle engendrait. Patient, il était resté pendant plusieurs heures assis sur le lit, avant de s'endormir, incapable de résister plus longtemps contre le sommeil, vicieux ennemi.

Le matin, tôt, alors que le soleil se levait à peine, timide, il s'était réveillé dans les bras de son petit-ami. Surpris d'abord par sa présence et le fait qu'il ait dormi ici, chose qu'ils s'autorisaient rarement, il l'avait embrassé doucement avant de se lever et de préparer ses dernières affaires. Plus tard, il était revenu lui demander s'il venait, lorsqu'il avait remarqué sur son bureau un mot de Brilek, lui disant qu'il ne l'accompagnait pas, qu'il prendrait soin de leur peuple, qu'il attendrait le retour de Teb fervemment, lui faisant promettre de faire attention et de ne pas l'oublier.
Déchiré par la culpabilité, ne sachant comment réagir et avec un chagrin grandissant, il avait au plus vite rejoint les autres et, sans cesser de jeter des coups d'oeil par dessus son épaule, de plus en plus écrasé par l'accablement, il était parti.
«Je ne lui ai même pas dit au revoir, je l'ai laissé sans réponse» pensa le jeune politicien, furieux contre lui-même, le sentiment d'avoir lourdement fauté martelant son coeur, encore et encore: douleur qui ébranle. Il avait senti le regard désolé de Neellek et de sa femme Gaïanne sur lui, les avait ignoré, impassible (croyait-il).
En lui s'insinuait l'insipide saveur du dégoût, et d'étranges idées tournaient dans sa tête, cognaient contre les parois de son crâne; il secoua la tête comme pour les chasser. Non, il n'était pas possible pour lui de retourner au Palais, dire au revoir à Brilek, de manière véritable, cette fois, non: l'idée était invraisemblable.

Soudain, on l'interpela, on le sortit de ses pensées, et il s'aperçut que tous étaient dehors. Il s'étonna d'une pause, si tôt après être parti, et on lui fit savoir qu'une roue d'un des véhicules du convoi s'était brisée: rien de grave, pas de blessés, et la réparer ne prendrait pas longtemps. Le domestique qui l'avait arraché à sa rêverie s'appelait Mahtan; vieux, le visage dessiné par les rides et la douceur, l'esprit riche d'une culture rare, grande.  Il connaissait sa loyauté, et son âme et son coeur, plus vastes que cent océans réunis. Il semblait au jeune adulte qu'il avait toujours fait parti de son monde, depuis sa naissance jusqu'à maintenant, qu'il l'avait côtoyé, chaque jour: il n'imaginait pas les Fanior sans, derrière eux, des gens comme l'aimant Mahtan.
Cependant, il ne réfléchissait pas à leurs serviteurs, et ne chechait plus qu'à contrôler ses émotions. En réalité, le trouble grimpait, grimpait, s'accrochant à l'inconscience, à l'amour, aux souvenirs, le trouble grimpait en lui, accompagné d'une irrépressible envie de profiter de l'opportunité, de momentanément fausser compagnie à la procession. Il savait, du plus profond de son âme jusqu'à sa surface, que l'idée était mauvaise, dangereuse; mais, ailleurs, une voix lui murmurait de ne pas hésiter: comment être lui-même, comment supporter l'absence de son amant sans dignes adieux, comment travailler à revenir dans la cité-reine en la fuyant? Alors il s'éloigna discrètement, prétextant emmener son cheval boire dans un ruisseau que soit-disant il savait proche. Eloigné de leurs regards, il allait s'élancer sur sa grande monture crème, aux crins noirs comme la nuit; une nouvelle fois cependant, quelqu'un le coupa dans son élan.

-Monsieur, vous ne devriez pas partir seul.
-Mahtan? Qu'est-ce que ... réagit Teb en tressaillant.

L'autre le coupa, d'un ton bienveillant, et en se retournant, Teb aperçut une lueur inquiète briller au fond de ces yeux, observateurs de mille expériences et de tant de personnes:

-C'est rare que vous agissiez vraiment bêtement, Monsieur, mais quand vous le faites, vous avez toujours la même moue faussement détachée. Oh, ne vous inquiètez pas, peu de gens s'en rendent compte, et si je dis que vous êtes allé dormir dans un autre fiacre, on mettra du temps à vous retrouver.

Le jeune homme plissa les yeux, mi-méfiant, mi-rassuré. Il réalisa brusquement qu'il n'avait pas vu la silouhette qui se tenait derrière Mahtan, visage baissée, une arme à la main.

-Vous connaissez mon fils? dit le vieille homme en se tournant de moitié. C'est un des gardes de votre père. Si vous acceptez qu'il vous accompagne, je couvrerais votre... Enfin, ce pourquoi vous partez.
-Pourquoi? interrogea simplement Teb, perplexe.
-Ah, mon petit... commença-t-il, avant de secouer la tête, et de lui sourire paternellement. Faites ce que vous avez à faire, et revenez nous entier.

Teb acquiesca. IIl lui accordait sa confiance alors même qu'il ne connaissait ni la nature, ni la durée de son esacapade. Il n'y avait rien de plus à dire: il ne fallait plus qu'être reconnaissant, et partir, respecter les souhaits de Mahtan. Le fils de ce dernier s'avança, siffla. Un second cheval les rejoignit bientôt, et, alors qu'ils partaient, le politicien se retourna et sortit quelque chose d'une sacoche accrochée à la selle de son destrier. Il descendit et courut sur quelques mètres pour rattraper le domestique, et il lui glissa un papier dans la main.

-Quand on découvrira que je suis parti, donne cela à mon père.
murmura-t-il en regardant l'autre droit dans les yeux, qui hôcha plusieurs fois la tête. Mahtan... reprit-il. Merci.
-Soyez prudents, Monsieur.

Enfin, ils partirent. Il y avait une heure entre l'endroit où ils étaient et Lucrézia, ou peut-être plus: ils iraient vite, ils reviendraient pareillement. Teb repensa au billet qu'il avait écrit au patriarche, et se demanda s'il avait choisit les bons mots. Il lui avait dit qu'il lui restait une dernière chose à faire avant de pouvoir véritablement partir, qu'il serait revenu le plus tôt possible, qu'il lui expliquerait tout à son retour: qu'il fallait lui faire confiance.

Au bout de ce qui parut une éternité à Teb, ils arrivèrent en ville, alors que les premiers hommes, les premières femmes commençaient à sortir dans les rues, alors que les peuples s'éveillaient. Capuche et cape sur eux, ils étaient méconnaissables. Leur précipitée apparition sur la place où se dressaient les Palais ne fût heureusement pas remarquée: il y avait, à cette heure-ci, bien peu de monde. Teb se demanda si Letto, déjà, soignait son jardin, ou y rêvait. Comme il aurait voulu être avec lui en ce moment, plutôt qu'effrayé par la réaction de Brilek, ou celle de son père (lui pardonnerait-il?).

Ils mirent pied à terre, toujours silencieux, et s'avancèrent dans la grande entrée du Palais de l'Air, gardé par deux soldats fort peu concentrés. Sans plus s'en occuper, il courut plus qu'il ne marcha, entendant une vague exclamation derrière lui: les gardes l'avaient probablement reconnu, ils seraient sinon déjà à sa poursuite. Il intima à sa réduite escorte qui l'accompagnait de rester dans le somptueux hall d'un geste autoritaire, puis s'engagea dans les grands escaliers, qui devinrent de moins en moins grandioses à mesure qu'il montait: plus haut on allait, moins imposants ils se faisaient. Les tours les plus élevées étaient celles à l'apparence les plus légères, les mieux travaillées, dans un art architecturel fin, subtil. Que cette vue lui manquerait, une fois à Sterenn (qui, certes, n'en était pas moins une région merveilleuse).
Alors qu'il se dirigeait vers l'objet de sa courte quête, un bruit étrange dans un couloir l'intrigua, comme une chose métallique que l'on ferait malencontreusement tomber, dont l'écho résonnerait encore quelques secondes après la chute. Les domestiques, pour ceux qui étaient restés, ne travaillaient pas encore, très peu, voire aucun, ne se trouvaient donc dans le Palais, et ceux qui étaient autorisés à venir dans ces lieux précis de leur demeure étaient tous partis avec le convoi. C'était dans cette aile de leur demeure que l'on recevait les visites diplomatiques, ici aussi que l'on travaillait et parlait politique: n'importe qui travaillant dans le Palais de l'Air le savait. Brilek? Impossible, c'était un lève-tard, il dormait encore, Teb en était persuadé. Qu'était-ce donc que ces sons anormaux?

Le jeune homme s'avança, peu sûr de lui, et attrapa une fine lame accrochée en guise de décoration sur un mur. Peu importe ce que c'était, cela venait du couloir à l'angle de celui où se trouvait Teb.

-Il y a quelqu'un? s'exclama-t-il d'une voix qu'il voulait forte. Montrez-vous!

Là, dans la position dans laquelle il était, il avait une vue qui le désavantageait fort. L'endroit où se trouvait l'origine de ce désagrément était une large galerie, elle-même ouverte de nombreuses arches, sans fenêtre, donnant sur les jardins et la ville. Il attendit, les muscles tendus: il était passablement mauvais avec une épée, et espérait ne pas avoir à s'en servir. L'appréhension se glissa dans ses poumons, s'enroulant autour de son air: le fils de Mahtan ne l'entendrait pas, d'ici. Il fit un pas en avant, prenant une grande inspiration de courage. Il n'entendait plus aucun mouvement, alors, de crainte d'avoir laissé un intrus ou un fuyard s'échapper, et peut-être aussi grâce à un excès de bravoure, il s'aventura un peu plus loin, de quelques pas. De stupeur, cependant, il s'arrêta: en face de lui se tenait une personne pour le moins connue: un Ergorn.
Si il n'aimait pas les Feu, il abhorrait les Ergorn, c'était un fait. Seule Kara faisait exception à ses yeux (et encore, elle n'était que mariée à l'un d'entre eux). Entre ses dents, il lui cracha:

-Qu'est-ce que tu fais là, Ergorn?

Il ne connaissait celui-ci que de nom, et ne lui avait jamais parlé, quelques rumeurs sur lui cependant courraient, de temps à autre, comme sur chacun d'entre eux. Il reserra sa prise sur son arme, attendant la justification de l'autre. Il faudrait qu'elle soit bonne.




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Ranrek Ergorn
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~#~Sujet: Re: the leaders that are left behind w/ Ranrek Aujourd'hui à 5:01



The leaders that
are left behind
Teb | Ranrek
Deuxième jour du Douzième mois de l'An 836
Tu avais du mal à trouver le sommeil depuis plusieurs jours. Savoir que tu devais quitter Eden, la laisser derrière à Dahud pour te rendre auprès de Sven à Inaki, ça te déchirait. Une mauvaise impression te sciait en deux, te coupait le souffle. Comme si tout ton monde risquait de s’effondrer à l’instant où tu quitterais Lucrezia. Bien sûr, tu avais pris tes précautions. Malgré tes habitudes, Asgad, un de tes gardes du corps les plus fidèles, demeurerait derrière afin de jeter un œil sur ta jeune protégée alors que Khaled te suivrait. Mais même si tu savais qu’Asgad t’était fidèle et qu’il ferait tout pour protéger l’ingénue comme tu le lui avais demandé, tu ne pouvais faire disparaître tes appréhensions…

Il faut dire que l’ambiance était lourde autour des palais des représentants depuis que le sang avait été versé - deux fois plutôt qu’une - lors de cette première journée sacrée qui était destinée à honorer les Dieux orandiens. Les Birghild étaient partis quelques jours plus tôt. Seule la défunte épouse d’Osrian Thenkar était demeurée dans leur grand palais de l’est, entêtée à demeurer là tant que les Kunan ne seraient pas allés au fond des choses. Du moins, c’est ainsi que tu voyais les choses… La soeur et conseillère de Thrad Birghild semblait plus froide que jamais depuis que son époux avait été placidement tué dans les jardins des palais au centre la cité. Elle t’avait toujours fait un peu froid dans le dos, cette mégère. Toujours digne et impassible, elle était tellement différente de son mari qui était jovial, expressif et sympathique. Toi qui n’avais jamais réussi à entretenir de liens avec elle, tu n’étais guère encouragé à engager la conversation avec elle maintenant qu’elle présentait cette attitude hostile envers tout ce qui ne portait pas de tatouage verdâtre ou brunâtre...

Ce matin-là, tu t’étais réveillé en sursaut bien avant que le soleil ne se lève. Plusieurs minutes durant, tu étais resté allongé dans les draps froissés, observant fixement le plafond de ta chambre. Malgré l’impassibilité de ton père face à la situation générale dans la région depuis les fêtes des Dieux, tu ne peux t’empêcher d’être constamment taraudé par l’inquiétude. Tu comprends son point de vue ; il avait raison de dire que les représentants des autres régions avaient la fâcheuse tendance à blâmer leurs malheurs sur votre peuple chaque fois que les choses tournaient mal - avec raison la plupart du temps, mais ça, c’était une autre histoire. Aussi, Karam ne voulait pas démontrer trop d’intérêt envers l’enquête menée par les Kunan - autant en ce qui concerne le décès d’Osrian que le massacre survenu sur le marché. Et même si tu tâches de te plier à sa volonté - il aurait été malvenu de le défier alors qu’il te permettait de garder ta belle amie Terre dans tes appartements sans faire d’histoires -, des questionnements tourbillonnaient sans cesse dans ta tête.

Incapable de fermer l’oeil, tu avais repoussé les draps et t’étais tiré du lit à contrecoeur. Après avoir fait vainement le tour de tes appartements à la recherche d’une âme éveillée et avoir bu un grand verre d’eau, tu avais repoussé un rideau de ta chambre pour laisse l’air frais de la brunante te caresser le visage. Malgré le climat humide de Dahud, les matinées étaient souvent fraîches. C’était le moment que tu préférais ; celui où tu pouvais profiter des dernières minutes de silence, un peu avant que le soleil ne s’élève au-dessus des toits des maisons, ce moment si tranquille qui précède celui où la ville entre dans son effervescence qui se poursuivra jusqu’au soir. Les yeux clos, le visage offert à la brise, tu savourais l’instant lorsque des bruits avaient attiré ton attention. Les bruit des sabots sur le pavé. Cela t’avait intrigué, mais tu n’avais pas trop cherché à savoir d’où cela provenait… Tu étais rentré.

Tu faufilant dans la chambre d’Eden’El, tu l’avais observée sommeiller pendant de longues minutes. Elle démontrait une attitude particulièrement déconcertante depuis quelques semaines… Tu mettais évidemment cela sur le compte des événements survenus au bal. Elle avait dû être pas mal secouée en voyant la dépouille d’un représentant de son peuple ensanglantée sur le sol… Les Terre accordaient tellement d’importance à la vie, au respect de chaque chose qui vive, au respect de la nature et de ce que Tarlyn leur avait offert ; ça ne devait pas être facile pour elle, même après plus d’une Lune. Cela entrait en ligne de compte dans tes réticences à quitter la cité. Tu savais que ta belle amie ne voulait pas t’accompagner. Et bien que tu aurais aimé la convaincre de t’accompagner à Inaki, l’assurant de ta protection et de ton adoration à son égard, tu ne désirais pas ressasser des souvenirs qu’elle tentait si difficilement d’ensevelir depuis plusieurs années.

En silence, assis sagement sur un siège coussiné non loin de sa couche, tu observes son visage tranquille en te demandant quel songe peut bien habiter son sommeil. Elle ne semble pas faire de cauchemar ; lorsque c’est le cas, tu aperçois clairement ses prunelles se mouvoir sous ses paupières et elle gémit et gigote sous les draps. À regret, tu finis par te lever pour prendre le chemin des jardins communs aux quatre palais, songeur comme toujours depuis le bal des représentants.

Tes méninges s’activent et s’échauffent. Les vôtres sont proches du peuple de l’Air. Tu ne comprends pas les réserves des Fanior devant les demandes de Kunan à s’entretenir avec Darrel… Les choses pourraient être tellement plus aisées. Mais ton père t’avait bien dit que les discussions s’étaient enflammées entre les Birghild et les Fanior. Il n’y aurait pas d’entente. Ils n’arrivaient à rien. Et les Birghild étaient offensés devant le refus de collaborer de leurs voisins de l’ouest. Aussi, ils avaient choisi de se retirer dans leur région. Avec le temps, tu as acquis un semblant de relation avec les Fanior par l’intermédiaire d’une des leurs.

À vrai dire, tu fais partie de la poignée d’individus qui savent qu’Elwyn Valior, dirigeante auprès de Livius Othin dans la région de Sterenn, est également la soeur cadette de Sven Ramose, le dictateur de ta mère patrie. Lorsqu’Elwyn a découvert son affiliation à l’élément de Jalahiel à l’âge de 12 ans, on a fait croire sa mort à Sezni et elle a été expatriée vers Sterenn où elle a dû prendre une nouvelle identité. Là-bas, la jeune femme a su se tailler une place de choix. Elwyn et Sven font partie de tes souvenirs depuis la tendre enfance ; ils étaient proches, fusionnels presque. Même si Sven était intransigeant dans son adoration de l’élément de Malaggar et intense dans sa haine des autres éléments, les choses étaient différentes lorsqu’il était question d’Elwyn.

Ta proximité avec les Fanior avaient découlé de ta relation d’amitié de longue date avec les Ramose. Parce que tu avais remis plusieurs missives adressées à Elwyn de la part de Sven en toute confiance à la fille aînée de Zalis et Elga Fanior, la belle et intrépide Skynen. Ce matin-là, tu avais décidé que tu devais en avoir le coeur net. Tu devais parler à Skynen ; savoir si elle savait quoi que ce soit au sujet de l’implication de son frère dans ces événements qui déchiraient lentement l’équilibre qui régnait entre les familles représentantes - et le peuple d’Oranda - à mesure que les jours s’écoulaient. Tu franchis ainsi les portes des jardins communs pour te diriger discrètement vers le palais de l’ouest où tu entres subtilement par une fenêtre pour trouver le palais endormi. Pas l’ombre d’un serviteur où d’un garde dans les couloirs de l’immense demeure. Instinctivement, tu fais ton chemin dans le dédale de couloirs - l’originalité avait manqué lors de la construction de ces palais, ils se ressemblaient tous - à la recherche des appartements de l’aînée, la future représentante en chef.

Tu erres un long moment dans les couloirs déserts. Le soleil est désormais bien haut dans le ciel. Décidé, tu ouvres la porte des appartements privés d’un des membres de la famille représentante pour en faire le tour. Il n’y a plus rien. Quelle que soit la personne qui vivait dans ces appartements, ses vêtements, ses bijoux et ses effets personnels avaient tous disparus. Tu en fis de même avec les quartiers de deux autres personnes avant d’oser t’avouer qu’il n’y a littéralement plus personne dans ce palais. Les Fanior sont partis. Leurs serviteurs et leurs gardes également. Tu prenais le chemin de la sortie lorsque ton coude accroche un plateau métallique déposé sur un guéridon, créant un boucan d’enfer. Les poils hérissés sur tes bras, tu écoutes avec nervosité. S’il qui que ce soit se trouve toujours dans les alentours, il y a peu de chance que ta présence soit passée inaperçue. Une voix ne tarde pas à s’élever…

« Il y a quelqu’un ?
Merde… manquait plus que ça… que tu murmures dans ta barbe, sachant pertinemment qu’il était inutile d’essayer de te cacher.
Montrez-vous ! exige la voix impérieuse dans le silence morbide du palais endormi. La silhouette mince du frère de Skynen ne tarde pas à se profiler dans ton champ de vision, une arme bien ensserrée dans sa main. Qu’est-ce que tu fais là, Ergorn ? » crache-t-il, sa hargne à peine dissimulée.

Reculant de plusieurs pas, tu lèves les mains bien en évidence devant le jeune homme, lui montrant que tu n’es pas armé.

« Pardonnez mon intrusion, monseigneur… »
Tu surveilles les mains du jeune homme avec attention. Tu ne connais pas vraiment les visages des Fanior outre ceux de Zalis, Elga, Skynen et Darrel, mais tu sais que le seul à s’être investé dans une carrière militaire est ce dernier. La voix légèrement tremblante, tu poursuis : « Je cherchais à m’entretenir avec Sire Zalis ou sa fille aînée, Skynen. Je n’aurais pas dû entrer ainsi sans y être invité. Je n’ai pu m’empêcher de constater le manque d’animation de ce palais… Tu marques un instant de pause, scrutant son visage avant de continuer précautionneusement. J’imagine que vous comprenez ma stupéfaction en constatant le départ de votre famille alors qu’une enquête impliquant votre frère aîné est toujours en cours…? »

______________________

He stepped down, trying not to look long at her, as if she were the sun, yet he felt her like the sun, incapable of ignoring her, even without looking. Ran&Eden



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