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Le groupe des Matières et des Exempts sont momentanément fermé aux inventés et scénarios, merci de votre compréhension
Intrigue
Un vent de changement souffle sur les terres d'Oranda... Pour en découvrir plus, la première intrigue a été dévoilée
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Le scénario d'Eden'El Lumnar a été mis en avant par Silee Pherusa
C'est le dirigeant d'un refuge de Lucrezia qui n'attend qu'à être pris !

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wisdom & zeal ft. Ceersa

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Dorin Pelion
néophyte


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 17
❝ Avatar : Dylan O'Brien
❝ Crédits : wesleynator (avatar) zora (moodboard)

❝ Métier : Donne un coup de main à droite à gauche / A la recherche de Zora
❝ Age : Dix-huit ans
❝ Niveau : 1


~#~Sujet: wisdom & zeal ft. Ceersa Mer 7 Juin - 19:24

Tu erres, comme une étoile éteinte, à la recherche d'un feu pouvant raviver ta lumière


Nous ne pouvons ouvrir nos frontières,

Il en va de notre survie.


J’entendais encore ma mère me le dire, alors que je déambulais dans la grande allée. C’était il y a quelques jours, et pourtant, j’avais l’impression que tout ceci ne s’était passé qu’hier. Des étalages entiers ravagés, des bris de bois jonchés le sol… partout, des marques de luttes, de violence. Pourquoi ? Que pouvait bien alimenter une telle soif de sang ? Je ne comprenais pas. Les Eau. J’aurai juré que… comment pouvais-je appuyer encore une idée comme la liberté avec des faits pareils ? J’avançais encore, mes pieds foulant les dalles qu’avaient parcouru la foule à vive allure. Des hommes, des femmes, des enfants, qui ne souhaitaient qu’échapper au massacre. Combien de morts ? Là-bas, un vieillard rafistolait son échoppe. Je m’étais approché pour lui donner un coup de main. « J’peux vous aid… » Sa voix rauque et menaçante s’abattit alors sur moi, cinglante comme une vérité que je me refusais à croire : « Dégage de là gamin ! » La méfiance. Nous nous méfions les uns les autres… la confiance entre chacun des peuples n’avait eu de cesse de s’étioler et cette attaque lors de la parade s’apprêtait à faire éclater le barrage. J’étais resté là, plusieurs secondes, à l’observer, insistant pour l’aider. Il ne parvenait pas à raccrocher l’écriteau. « Chez Thalmin, tanneur de père en fils » Ce vieil homme tremblait. Peut-être l’âge ? Peut-être la peur ? Moi, je restais là, l’écoutant me sommer de foutre le camp… de la peine, de la pitié… c’était avec le cœur lourd que je m’éclipsai alors, le laissant.

Pouvais-je seulement lui en vouloir ? Lui reprocher de se méfier de moi ? Comment aurai-je réagi à sa place. Et s’il avait été un Feu ? Aurai-je été capable de l’aider, lui proposer de raccrocher ces écriteaux à sa place. Non. Tout cela à cause de la colère, de la rage, de la haine qui me rongeait depuis l’enlèvement. Jamais je n’ai pu réussir à regarder un type de ce peuple sans animosité depuis. L’envie de lui sauter au cou, de lui demander où elle était retenue. L’apparition de Sven et de Zora, lors du bal m’avait secoué. Je savais qu’elle n’était pas en sa compagnie par plaisir. Du moins, je l’espérais. Il y avait toujours ce doute me poussant à me dire : … et si . « T’pourrais faire attention où tu marches bordel, j’viens d’passer deux heures à la repeindre » entendis-je derrière moi, me sortant de mes réflexions par la même occasion. Un homme bourru surgit de l’ombre d’une échoppe de tisserands, le visage sévère, les traits tirés. D’un pas décidé, il s’approchait, bras en avant, poussant sur mes épaules pour me faire reculer. « Mais qu’est-ce que… » répondis-je en essayant de pas tomber, cherchant une accroche. La chance fit que je ne perdis pas l’équilibre. Ce fut avec ce mouvement de recul que je vis, déposé au sol, une porte dont la peinture ocre brillait encore, elle était fraîche, et au beau milieu de celle-ci, venaient se figer l’empreinte de mes deux semelles. « Je vous prie d’m’excuser, j’marchais sans faire attention… et je n’ai pas vu… - je m’arrêtais un instant songeant à la situation – votre porte » Pourquoi diable avoir placé une porte dont la peinture était fraîche au milieu de l’allée et au sol ? Je n’eus guère le temps de me poser davantage la question que le bonhomme vociférait je ne sais quelles insultes à mon égard. V’là qu’il me réclamait de l’argent pour le dédommager, et pas une petite somme. Une somme, qui, il faut l’avouer, n’était tout bonnement pas adapter au peu de désagréments occasionnés. Fort heureusement, une femme, la sienne semblait-il, hurla si fort qu’elle fit faire volte-face à la brute lui demandant quelle était l’origine de ce ramdam. Profitant du fait que son attention fut détournée, je me carapatais à l’angle d’une ruelle quelques mètres plus loin, veillant à ne pas redevenir son centre d’intérêt. Il n’était pas question d’honneur ou de fierté ici, mais d’éviter les négociations longues et ennuyantes, qui, de toute façon, ne mèneraient à rien tant mes talents d’orateur étaient proche du néant.

La petite venelle était peu peuplée, quelques gaillards transportants des poutres ou autres objets en direction de l’artère que je venais de quitter. Sinon rien. D’un air curieux, je zyeutai à droite à gauche, à la recherche de n’importe quoi pouvant capter mon attention. En réalité, je ne faisais qu’évoluer au travers des chemins croisant mon chemin, espérant trouver une réponse, une solution, la moindre petite information pouvant m’être utile dans ma quête. C’était ainsi que mes pas m’avaient mené jusqu’au Grand Marché, comme ils auraient pu me mener ailleurs. Au final, ils décidèrent de me faire croiser, brusquement, le chemin d’un étrange type en imper. J’eus l’impression que son torse était d’acier tant le choc me sonna, mais il ne s’agissait que de moi et de ma faible constitution. « Excusez-moi, je ne vous avais pas vu, j’étais plongé dans mes … » Je continuais de me justifier alors que je n’y étais probablement pour rien et que cet inconnu ne m’en tiendrait certainement pas rigueur. Je le savais, pourtant rien ne me pouvait m’arrêter, j’avais besoin de m’excuser, pour me rassurer ou je ne sais quelle autre raison… Oui, d’ailleurs, pourquoi tenai-je tant à me montrer désolé ? « Dorin Pelion ? » m’interpela-t-il, m’arrêtant dans mon flot de justifications totalement saugrenues. Mon nom ? Comment diable le connaissait-il ? « On s’connaît » répondis-je alors curieux de son identité. « J’ai ceci pour vous » reprit-il en me tendant un bout de papier enroulé. Je m’en saisis, suspicieusement, le déroulant pour en lire le contenu. Une missive, l’invitant à rendre visite à une personne dont le nom ne m’était pas inconnu. Il n’y avait aucun objet quant à la raison de cet étrange rendez-vous. « C’est tout ce qu’elle… » Je relevais la tête, l’inconnu n’était plus là, envolé, disparu…

Une heure plus tard, je me retrouvais au pied du Palais des Représentants de la Terre, la famille Birghild… celle de Zora. J’avais l’habitude de m’y rendre régulièrement, accompagnant ma mère, Présidente de Gorka. Je traversai le jardin, à l’image de notre peuple : somptueux. Chaque passage dans ce-dernier me donnait l’impression de retrouver en Dahud une partie de l’Est. Enfant, j’y avais passé des heures tandis que ma mère discutait de sujet impliquant l’avenir de notre patrie. Même par la suite, je l’y attendais des heures durant, trop peu intéressé par la politique. Puis flâner au pied d’un arbre, m’allait parfaitement. Depuis quand n’avais-je pas pu passer un tel moment ? Une éternité. Je restais là, planté à observer cet arbre sous lequel Zora et moi, nous posions parfois après qu’elle eut réglé ses affaires. Nous discutions de tout et de rien, de ses aspirations. Sa voix suffisait à me captiver… elle me manquait. La nostalgie n’eut pas raison de moi, bien trop déterminé à la revoir. Je m’élançai alors à l’intérieur. Les gens semblaient agités. Les représentants préparés leur départ imminent, décision prise suite aux récents événements. Un manque de courage selon moi, bien que je n’aurai certainement pas eu le cran de m’opposer jusqu’au bout à l’idée de déserter Lucrezia. J’avançais vers l’entrée, me présentant alors aux gardes officiant à la sécurité. Je déclinai mon identité, mettant mon tatouage en avant pour la forme. Les événements des jours précédents avaient eu un impact sur la sécurité et la surveillance des lieux aussi importants que ceux-ci. Ils me laissèrent entrer sans mal.

A l’intérieur, je me mis alors en quête de ce bureau auquel j’avais déjà accompagné ma mère par le passé. Celle qui m’attendait… il ne s’agissait pas de n’importe qui : l’épouse d’Orsian Thenkar. La seule chose qui me vint à l’esprit fut la façon dont je pourrai me présenter à elle, lui présenter mes condoléances pour le décès de son époux, ou plutôt le meurtre. Au fond de moi fulminait cette envie d’hurler la culpabilité des Feu. Après le kidnapping de Zora, ils m’apparaissaient comme responsable de tous les maux que pouvaient connaître la société actuelle. Je savais que je me fourvoyais, que je ne pouvais tous les mettre dans le même sac, mais… mais… c’était viscéral. Je me présentai enfin devant la porte de son bureau, elle devait m’attendre. C’était une femme sage et réfléchie, dont le regard froid m’avait fait peur plus d’une fois enfant. Mais elle devait sûrement être abattue par la perte de son mari. La perte d’un proche n’était pas rien, encore pour notre peuple, les Terre, bien plus sensibles et empathiques que les autres peuples. Je frappai une seule et unique fois. La porte s’ouvrit alors, je n’entrai pas, restant sur le pas de la porte. Elle était là. « Madame la Conseillère, me présentais-je d'abord.  Je vous présente mes condoléances pour votre époux » repris-je solennellement en baissant la tête et en m’employant à user des formalités habituelles.




☆☆☆ Beerus
@ Ceersa Birghild

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❝ Disponibilité RP : Disponible
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❝ Métier : Conseillère auprès des Représentants de la Terre, en charge de la garde Terre de Lucrezia
❝ Age : 45 ans
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~#~Sujet: Re: wisdom & zeal ft. Ceersa Jeu 8 Juin - 12:45


Wisdom & Zeal
Feat @Dorin Pelion
le quinzième jour de la dixième lune de l'an 836
La matinée avait été riche en émotions. Istvan avait accepté de me rendre visite et sa venue m'avait donné du baume au cœur. Pressée par les affaires qui restaient à traiter, Orméa m'avait fait apporter à manger dans mon bureau que je n'avais guère quitté depuis ce matin. Aliesren était venue voir ce qui se passait, me demandant de ne pas rester seule, à l'écart des autres. « Cee', il faut que tu fasses une pause, au moins quelques jours le temps que tu te remettes de... » L'intimidant de mon regard noir, l'idée que l'on me dise comment gérer cette situation me déplaisait. « De la mort d'Osrian, mon mari, le père de mes enfants, celui que j'ai aimé et qui a partagé toute mon intimité pendant plus de vingt ans ? » Mon ton sec et cinglant mis mal à l'aise ma sœur. Remarquant que je n'avais pas à lui parler ainsi alors qu'elle souhaitait seulement bien faire, je vins vers elle et l'enlaçai. « Désolée, Ali. Excuse-moi. » Je me reculai d'un seul pas. « Je me reposerai qu'une fois la justice rendue, à ce moment-là alors je m'accorderai le temps dont j'ai besoin pour passer au-dessus de ce drame. Mais pour l'heure, je ne peux pas céder au chagrin... Notre peuple a besoin d'une famille représentante forte plus que jamais. » Elle soupira. « Les Kunan mènent leur enquête, fais-leur confiance. Pour une fois ne remet pas tout sur tes épaules ou celles de notre famille. » Les mots de Zora résonnaient dans ma tête. Nous ne pouvions pas rester sans rien faire, paraître vulnérables et faibles. Mais je me gardai de partager cela avec ma cadette. Elle ne voyait pas le monde de la même façon que moi. Bien plus optimiste, confiante en l'avenir, en ces dieux que pourtant nous avions bafoués lors des festivités. Son esprit était trop pur pour laisser entrevoir toutes les machinations qui se tramaient derrière nous. Lui assurant de tenir compte de ses conseils, elle finit par quitter la pièce.


Dans quelques minutes allait avoir lieu allait se tenir un conseil restreint. Les représentants et les conseillers les plus proches seraient conviés. Mais une fois arrivée dans la salle du conseil, cela me parut bien vide... Thrad, Ragon, deux conseillers et moi. « Où est Faryn ? » Des regards désolés. « Elle a tenu à s'occuper de dernières affaires à régler suite au... » Je soufflai avec colère. Pourquoi s'échinaient-ils à éviter à tout prix de mentionner la mort de mon mari en ma présence ? Pensaient-ils que ça m'aiderait à mieux encaisser le choc si personne n'en parlait ? Au contraire, je devais m'y confronter. Je n'avais pas assisté à l'intégralité des obsèques. Je n'avais pas était au plus proche des miens, cherchant à rester occupée pour ne pas céder à la folie qui m'emporterait si jamais je venais à m'abandonner à la souffrance causée par sa subite absence. Je ne prononçai pas un mot et pris ma place. Thrad ouvrit le conseil et parla de certaines mesures prises suite aux événements. Vint alors le sujet de Zora. Je cillai. Devais-je faire un rapport devant ce conseil ? Ou en privé ? L'information pouvait rester entre les oreilles présentes. Tous étaient de confiance. Ragon était comme son père et le suivrait dans ce qu'il pense. Donc qu'il l'apprenne maintenant ou en confidence de Thrad ne changerait rien. Je me levai et pris la parole. « Hier j'ai... rencontré Zora. » Mon regard balaya la table. Tous me regardaient avec indignation mêlée d'espoir. « Elle... avait laissé un message à mon attention lors de sa présence au bal. Un serviteur sous sa coupe aura dû le glisser dans ma robe. Le fait est qu'elle est parvenue à échapper à la vigilance de Ramose quelques instants. Il la garde au quartier Sud, sûrement dans sa villa personnelle. » Thrad se leva brusquement. « Tu t'es rendue dans le quartier Sud sans nous prévenir ?! » Clama-t-il, offusqué. « J'ai pris toutes les précautions qu'il fallait, je sais comment passer inaperçue. Le temps que j'en fasse part au conseil, l'occasion serait passée. » Mon ton restait calme mais mon regard sombre. « Le temps lui était compté. J'ai pu lui dire quelles étaient les intentions de ce conseil, auxquelles elle s'oppose drastiquement. » Un rictus de la part d'un conseiller qui ne lui a jamais prêté beaucoup de crédit. Je le fustigeai du regard. « En ses propres termes : notre travail à Lucrezia est loin d’être fini. Nous ne devons pas céder à la peur, sinon nous serons finis. Se retirer de Dahud est trop tôt à son appréciation. » Je fus interrompue par Thrad. « Notre retour à Gorka n'est pas négociable. Et cela vaut pour Zora. Si Sven persiste à ne pas vouloir la libérer, nous irons la chercher de force. » Le regard inquiet, je m'empressai de lui faire part des intentions de sa fille. « Zora n'avait pas l'air maltraitée, elle a l'attention du dictateur et même si je doute qu'elle puisse nous faire parvenir des informations capitales, tant qu'elle reste à ses côtés, nous n'avons rien à craindre des Feu. » Le ton de Thrad monta d'un cran, comme l'orage qui gronde. « Je refuse de laisser ma fille aux côtés de cet être abjecte ! Chaque seconde qu'elle passe près de lui est un risque pour qu'il s'en prenne à elle, physiquement ou mentalement, je ne veux pas qu'elle subisse cela ! » Toute aussi indignée, je rétorquai : « Thrad, ce n'est plus une enfant ! Zora fait ses propres choix. Elle refuse que nous tentions quoi que ce soit pour la libérer tant qu'elle n'a pas obtenu ce qu'elle souhaite auprès du dictateur. Essaye de lui faire confiance ! » Un geste de la main de la part du chef des représentants me tint au silence. Je m'assis. « Ceersa, sors de ce conseil. » Je fronçai les sourcils, incrédule. Mais je vis dans son regard qu'il ne se répéterait pas. Contenant ma colère, je me levai à nouveau et quittai la réunion.


S'écoula une bonne heure avant que l'on ne vienne frapper à la porte de mon bureau. Je ne bougeai pas d'un cil, contemplant par la fenêtre cette ville victime de notre échec. « Ceersa... » Se complut la voix de mon frère. Je le sentais s'approcher de moi. Une fois à ma hauteur, il posa ses mains sur mes épaules. « Je veux m'excuser pour tout à l'heure, mais je ne pouvais pas te laisser t'emporter en plein conseil. » Je baissai la tête et me tournai vers lui. « Je ne suis pas faite de sucre, Thrad. Et ta fille non plus. Tu aurais dû la voir... Tu devrais être fier d'elle, qu'elle se dévoue autant à notre cause. Pour notre famille. Pour notre peuple. Il faut que tu comprennes qu'est venu le jour où tes enfants sont avant tout des représentants. Libres de leurs choix et de faire ce qui leur semble juste. Pourquoi ne veux-tu pas lui accorder ce temps dont elle a besoin ? » Ma voix était basse, brisée par instants. « C'est ma fille, Ceersa. Je donnerai tout pour la protéger. Elle est dans cette situation parce que c'est ma fille. Toi qui as toujours tout fait pour préserver chaque membre de cette famille, pourquoi ne comprends-tu pas mon choix de nous envoyer à Bleuzenn ? » « Thrad, j'ai perdu mon mari. Et pourtant il n'était pas représentant. Il n'était même pas conseiller. Il était juste proche de nous. Parce que nous sommes la famille représentante Terre il est mort. Si on part tous, alors il sera mort en vain car plus personne ne se battra pour notre cause à Dahud. Cela me terrorise de savoir Zora dans les griffes du dictateur et je serais prête à me donner à sa place si je le pouvais. Mais elle a fait son choix parce que c'est la vie qu'elle a choisi : mettre son peuple au devant de ses priorités. Nous nous devons de la soutenir et non de la ralentir. » Thrad ne partageait pas mon avis. Même si je percevait cette lueur de fierté d'avoir une fille si forte, il était bien moins confiant... Ses craintes de voir sa fille détruite par cet homme le pétrifiait et la culpabilité semblait l'atteindre. « Je lui ai laissé des instructions pour nous alerter si jamais la situation venait à lui échapper des mains, confiai-je à mon frère dont le visage semblait s'apaiser, n'ayant jamais douté que je ferais également tout pour venir en aide à ma nièce. J'ai confiance en elle mais je n'allais pas la laisser sans solution de repli. Il faut juste lui laisser un peu de temps maintenant. Je resterai à Lucrezia tant qu'elle ne sera pas à nouveau des nôtres. » Il soupira. « Ne me mens pas Ceersa, je sais lire en toi. Ton esprit ingénieux peut lui donner un moyen de communiquer avec nous, mais tu n'as aucune intention de rentrer avec elle si on vient à la récupérer, pas vrai ? » Un silence se posa entre nous alors que nous nous perdions dans le regard de l'autre. « Tout ceci arrive aujourd'hui. Ces drames sont l'étincelle qui risque d'attiser la guerre. Je ne veux pas laisser Dahud entre les mains des Kunan ou des Ergorn. Je ne veux pas que nous perdions l'avantage et que nous soyons vus comme le peuple faible d'Oranda. Je veux me battre pour notre intégrité et à mon sens, cela passe par notre présence à Lucrezia. Laisse-moi rester, Thrad, je t'en prie... » L'implorai-je du regard. Il soupira. « Je veux que tu arrêtes. Fais le deuil de ton mari en rentrant chez nous, à Gorka. » Je secouais la tête de droite à gauche. « Je suis née à Lucrezia. Mon destin est lié à cette ville. Je ne l'abandonnerai pas. Je n'abandonnerai pas les Terre qui y vivent et qui comptent sur nous. Je ferai mon deuil lorsque notre combat sera terminé. Ainsi, Osrian ne sera pas mort en vain. » Il me savait bornée, alors il ne prononça pas plus de paroles à ce sujet. Un soupir de sa part. « Je m'occuperai personnellement d'établir un groupe d'intervention près à secourir ma fille. Je lui accorderai du temps. Mais à la fin de cette lune, nous partirons pour Gorka. Avec ou sans toi. Je ne peux pas risquer d'exposer notre famille plus longtemps aux dangers de Lucrezia. » Il déposa un baiser sur mon front avant de quitter mon office.


L'après-midi était bien entamée. Les missives s'enchaînaient mais toujours aucun rapport de la part des Kunan. Cela m'énervait. Mais je conservais mon calme. Orméa vint apporter un plateau avec du thé en m'annonçant que le jeune homme que j'avais convié n'allait plus tarder à arriver. Dorin Pelion. Je la gratifia d'un sourire et elle quitta le bureau. Je me levai et inspirai profondément tout en observant par la fenêtre l'extérieur. J'entendis alors la porte grincer subrepticement après qu'on ait tapé dessus. Dans l'encadrement apparu le fils de la présidente Ysire Pelion. « Madame la Conseillère, s'annonça le jeune homme. Je vous présente mes condoléances pour votre époux. » Le remerciant d'un signe de tête, je m'avançai jusqu'à mon bureau. « Entre je t'en prie. Assieds-toi. » Il me paraissait guindé, raide, intimidé ? Cela avait un côté attendrissant. Je m'assis en douceur sans le quitter du regard. « Respire, cette entrevue n'a rien d'officiel, je suis juste très prise en ce moment et il m'était difficile de te rencontrer de manière plus informelle », lui expliquai-je en servant le thé dans les deux tasses qu'avait apporté ma suivante plus tôt. Je lui tendis l'une des tasses avant de m'enfoncer dans mon fauteuil. « Lors de nos voyages à Gorka et les visites de ta mère à Lucrezia, j'ai pu constater que tu étais proche des jumelles, Aspyn et Zora. » Je bus une petite gorgée de thé mais reposai ma tasse, il était bien trop chaud. « Et je sais que Zora te porte une affection particulière. À ce titre, je crois que tu es tout aussi concerné que sa famille quant à sa disparition. » Mon ton était très calme, mais on sentait que j'avais le cœur lourd. Lourd des récents événements, de cette journée, de ce qui allait se passer. Le visage de ce garçon m'avait l'air tout aussi concerné que pouvait l'être ma famille. Zora avait disparue alors qu'ils étaient sensés être ensemble. Certains le regardaient de travers, mais tout le monde savait qu'il n'y était pour rien. On ne pouvait pas reprocher à nos enfants d'être jeunes et de ne pas être toujours aussi vigilants qu'ils devraient l'être vu leur statut...
©FRIMELDA @Vanka ◈ 2208 mots


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