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Intrigue n°2
La deuxième intrigue a vu le jour
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Dead gardens ☙ Kacem

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~#~Sujet: Dead gardens ☙ Kacem Lun 5 Juin - 22:42

Kacem Al Mansour
&
Eden'el Lumnar


Dead gardens
30, dixième lune de l'an 836 ☙ Trois jours étaient passés. J'étais restée enfermée au palais, ne voulant plus en sortir. Mes blessures s'étaient effacées, mais j'avais encore du mal à me servir de ma jambe. Cela ne m'empêchait guère de marcher, mais courir ne ferait que créer une blessure encore plus douloureuse et paralysante. Un soupir. Ranrek avait pris soin de moi malgré la charge de travail qu'il devait abattre et Leanor s'était arrangée pour que je ne m'occupe que de ces appartements, les quittant le moins possible. J'ignorais si c'était de la culpabilité ou un manque de crédibilité... elle m'avait encouragée à sortir, ce que j'avais accepté. Et le résultat fut catastrophique vu comment cette fille s'est acharnée sur moi. Mais ça, elle n'avait pas pu le prévoir. Se sentait-elle pourtant fautive ? Ou alors c'était un tout autre problème : pensant que son insistance était un mal, j'aurais provoqué cette bagarre pour lui prouver que ça n'était pas une bonne idée... Dans le doute, je préférais ne rien dire. Ça n'était guère une preuve d'intelligence, bien au contraire... parler était la clé. Une clé que j'ai pourtant appris à utiliser derrières semaines. Mais en réapparaissant dans ma vie, Orkem avait détruit ce que j'étais parvenue à apprendre. Me refermant sur moi-même, j'essayais d'éviter les soupçons. Ranrek ne devait pas savoir pour Orkem et moi. Il en valait de sa place mais aussi de sa tête. C'est ainsi qu'ils procèdent les Feu ; ils tranchent la tête.

Cela me coûtait de ne rien lui dire... De cacher cette malédiction qui semblait déterminée à me pourchasser jusqu'à la fin de mes jours. Je ne lui avais rien dit pour Orkem, ni pour Hly'tha, et cela me donnait l'impression de le trahir. Honteuse de ces mensonges par omission et ce silence pesant, je peinais à me sentir à l'aise. Il le savait, mais ne brusquait pas les choses. Quel ignoble secret ou défaut pouvait-il avoir pour être si parfait à mes yeux ? Je me mettais à la place de Moïra qui servait avec tant de dévotion son maître alors qu'elle ignorait jusqu'à récemment ce que ce dernier avait pu me faire. Et s'il en valait de même pour Ranrek ? Si - comme l'avait évoqué Orkem - ils étaient de la même trempe, finalement ?

Rien que le fait de remettre certaines choses en question depuis ces deux jours passés avec le Conseiller me faisait réaliser à quel point il pouvait avoir de l'emprise sur moi. Cela m'effrayait et me révulsait. Je n'étais plus cette jeune fille qu'il avait humiliée, souillée et bafouée. J'étais plus forte aujourd'hui. Pas grâce à lui, mais bien à cause de lui. Parce qu'il m'aura fallu cinq ans pour me remettre de ce qu'il m'a infliger et chaque jour de ma vie ces marques laissées sur mon corps me ramèneront à ces supplices.

Le crépuscule avait emporté Ranrek dans les bras de Malaggar qui veillait son sommeil. Éreinté par son dur labeur de ces jours derniers, il était tombé de fatigue. Penchée vers lui, je caressai son visage avec délicatesse. Je pouvais voir ses yeux bouger sous ses paupières. Doucement, j'approchai mes lèvres de son front et y déposai un léger baiser. Plusieurs minutes s'écoulèrent et je l'observais d'un œil rêveur. « Quel futur pouvons-nous espérer ? » Murmurai-je indiciblement. Les mots de Kara me faisaient plus mal que jamais... Avec les menaces proférées par Orkem, j'avais de plus en plus de mal à croire à notre folie... Laisser les heures défiler n'allait pas arranger ce constat fataliste. Je quittai en douceur les appartements. Vigilante, j'usais de mon don afin de me faufiler dans les couloirs telle une ombre glissant sur les murs boisés.  Le nombre de gardes avait augmenté. Ce qui laissait croire que les Ergorn craignaient quelque chose. Cela aurait pu paraître étrange à des yeux avisés. Craignaient-ils une vengeance ? Une vérité qui aurait glissée entre les mains des Kunan à la recherche de l'assassin d'Osrian ? Même si cette idée farfelue me venait uniquement par le mépris que m'inspiraient Karam et Khorde, je préférais l'hypothèse plus simpliste selon laquelle ils se protégeaient pour que la tragédie du bal des représentants ne se répète pas chez eux. Ranrek ne me parlait que très peu de la chose politique, mais mon sens de l'observation et mon esprit de déduction trouvaient en ce peu d'informations tout un coffre de cubes à empiler.

À pas feutrés, je m'immisçai dans les cuisines. Ces dernières étaient vides à cette heure tardive. Le dîner était terminé depuis longtemps et les domestiques avaient terminés de tout arranger pour que demain, leur travail reprenne. Un passage utilisé seulement par l'intendance pour réapprovisionner la réserve donnait sur l'extérieur du palais. L'idée de passer cette porte me traversa l'esprit. Cela me procura un frisson. De peur ? Non... ce qui était d'autant plus intriguant. Je pris un pot de confiture dans l'un des placards et sortis de son torchon le reste du pain des domestiques. Des grincements. Cessant tout mouvement, je me concentrai pour voir d'où cela pouvait provenir. Derrière la porte... Retenant un soupir, je m'avançai vers celle-ci et l'ouvris lentement. Cette enfant qui m'avait conduite jusqu'aux bâtiments de la Cérémonie... Elle m'adressa un sourire. « Ne bouge pas », lui dis-je à voix basse. Mais à peine m'étais-je retournée qu'elle détalait comme un lièvre. « Non, attends ! » Ma voix se fit plus haute, ce qui était une erreur devant le calme qui s'installait dans le palais. Sans réfléchir plus que cela, je la suivis. Quelques foulées qui nous firent quitter le palais des représentants du Feu. Mais je n'allai guère plus loin. Ma jambe me faisait mal... Ne pouvant poursuivre plus longtemps l'enfant, je m'adossai à un mur. Seules quelques secondes après m'être arrêtée, je vis ses yeux luire d'une lumière taquine un peu plus loin. Quelqu'un au palais devait lui donner de la nourriture, sinon pourquoi prendrait-elle autant de risques et me fuirait-elle ainsi ?

Une nouvelle fois, je tentai de marcher rapidement jusqu'à elle. Mais je ralentis la cadence, sachant que je ne tiendrai pas la distance. Son visage apparut une nouvelle fois. Ce petit jeu semblait l'amuser. Me voir lui cour... marcher après. Face à des enfants, j'avais cette fâcheuse tendance à occulter les circonstances. C'est le rire gras d'un garde qui m'alerta. Je me faufilai dans l'ombre d'un muret le temps qu'ils passent. Un cache-cache avec les gardes pour aller quérir de l'alimentation au palais du Feu... Cette fille était totalement cinglée. Il fallait que je l'atteigne, que je l'amène à Efrem. Son petit jeu nous amena jusqu'à l'orée du quartier Sud. Cet état de fait me tétanisa. Au cœur de ce quartier se trouvait cette villa où logeait Orkem, où il m'avait faite son "invitée". Je sentis mes mains commencer à trembler lorsque l'enfant, au loin, marchait à reculons sans faire attention aux gardes qui arrivaient. Sans attendre que mon esprit ne l'ordonne, mon corps s'était déjà élancé dans le quartier Sud, traversant cette rue qui pourrait me faire atteindre l'enfant avant qu'elle ne soit découverte par les gardes. Crier pour l'alerter était impossible. Mais avant de la perdre de vue, je m'arrêtai, sentant que je n'étais plus seule depuis quelques instants. Outre deux gardes qui allaient me tomber dessus au croisement qui me séparait de l'enfant, quelqu'un était déjà plus près de moi...

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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Mar 6 Juin - 19:11

    Le ciel se tapissait de noir. Des nuages orangées naissaient à la commissure des rayons affaiblis de l'astre solaire. C'était comme une marée de coton imbibé d'une lumière amoindrie, d'une bière brune, qui donnait à l'habituel plafond azuré de Lucrezia une teinte tropicale semblable à celle des cieux de Sezni. L'orbe incandescent déchu, s'affaissant de plus en plus dans l'abime de l'horizon, repoussé par la puissante force de dame la Nuit qui, telle une paupière lourde écrasant l’œil fatigué, concluait la journée du trentième jour de la dixième lune de l'an 836. Après avoir jeté hasardeusement ses derniers rayons éclatants sur la capitale cosmopolite, le soleil se fana et la couronne céleste s'assombrit au fur et à mesure, la noirceur déchirant çà et là la robe du Jour pour enfiler sa tunique de jais. A l'image du soleil qui avait été poussé au repos, les lucreziens commencèrent à s'éteindre à leur tour. Les rues se désengorgeaient petit à petit, les bougies s'éteignaient, les fenêtres se fermaient, et le silence régnait. Il était rare que Lucrezia se taise. C'était apaisant. Accoudé au rebord de sa fenêtre encadré d'un bois semi-miteux, Kacem regardait ce silencieux spectacle naturel qui s'offrait à lui. Ces moments de tranquillité étaient une aubaine, leur rareté les rendaient d'autant plus savoureux. Cependant, il fut bien vite tiré de ses songes quand il sentit son pantalon se faire tirer. Le Feu, dont les paupières s'étaient cimentées dans une position à demi-closes, cligna plusieurs fois des yeux et fit pivoter sa tête de manière à voir ce qui le dérangeait. Boscar... Il vit une grosse masse sombre se trémoussait dans son dos, un bestiau assez imposant dont on percevait la voûte de sa colonne vertébrale et dont le gras, mal fixé, retombait le long de sa carcasse et pendait presque entre ses longues pattes musclées sur lesquelles il se dressait pour faire face à son unique compagnon. Cette bestiole, c'était un molosse recueilli par Kacem un jour alors que le canidé se la jouait charognard, tirant sur le membre squelettique d'un mendiant plus mort que vivant dont seul son souffle saccadé exprimait une goutte de vie dans son corps décrépi. Le bourreau avait dressé la bête, il avait su gagner sa confiance et s'en était fait son seul et unique ami fidèle. Le moricaud avait toujours eu une certaine amitié pour les animaux, si bien qu'il s'était déjà imaginé plusieurs fois finir ses beaux jours en tant que palefrenier, fermier ou encore banal éleveur de campagne, loin de tous les remous politiques des centres influents d'Oranda. Cependant, bien évidemment, il avait peur. Peur de finir seul, peur de disparaître pour les autres, peur de ne plus être personne. Comme auparavant.

    Résigné, Kacem se leva de son tabouret branlant dont seules deux des trois pieds tenaient en même temps sur son sol, et alla verser dans une gamelle improvisée la nourriture du clébard qui s'en donna à coeur joie. La truffe dans l'assiette, il barbouilla autant les locaux de sa mixture brune qu'il en avalait. Le plébéien soupira, gratta activement le crâne dur de son ami canin et se releva à nouveau. Il n'avait pas bien faim, ce soir. Il n'était pas non plus très fatigué. Ces derniers jours, il avait eu du repos, il n'était en aucun cas éreinté de ses activités journalières et décida ainsi de sortir de sa caverne pour pouvoir profiter de cette nuit qui se tait. C'était ce genre de soirée que les siens aimait grandement. Personne aux alentours, pas d'oreilles tendues, pas de regards cachés dans les ombres, point de tumulte. La dernière réunion à laquelle il avait participé, c'était en compagnie de dame Styx, quelques nuits plus tôt. Depuis, il n'avait pas remis les pieds dans le repaire des hommes de Ballion. Ce soir, il y aurait assurément deux ou trois partisans avec qui bavasser un peu ou avec qui jouer aux cartes. Ce serait, aussi et surtout, une bonne occasion de voir Ballion lui-même afin de parler avec lui de son avancée dans ses lectures quotidiennes. A cette pensée, le Feu regarda en direction de sa chambre, distinguant au loin les pages du conte ballionien qui s'agitaient au grès du vent. D'un pas lent, Al Mansour alla jusqu'à elles et les attrapa afin de les enfermer dans un petit tiroir grinçant pour les omettre d'une visibilité compromettante. D'après son écrivain, ces écrits n'étaient pas à mettre entre toutes les mains et il fallait au maximum les préserver des yeux d'impies qui pourraient se méprendre en les lisant. La sécurité avant tout, il était préférable de les garder sceller lorsqu'elles n'étaient pas surveillé par leur geôlier.

    Une fois ceci fait, le dahudien sortit et verrouilla sa porte. Le vent du soir vint caresser les traits durs de son visage, il ferma un instant les yeux et savoura cet instant. C'était bien mieux que de picoler, c'était bien plus rafraichissant qu'un grand verre de gnôle insipide pour se détendre... L'homme à la peau de bronze longea par la suite quelques murs, de peur de se heurter à quelques gardes qui rôderaient dans le coin par excès de zèle, ou par simple pression de leur employeur soucieux de la sécurité des lieux. Peut-on réellement en vouloir aux familles représentantes de corser leur garde, au vu des récents évènements ? Pas tellement. Cependant, cela pourrait affecter les plans de Ballion, à moins que celui ci n'ait tenu compte de ces récents inconvénients et n'ait modelé sa machination de telle sorte que cela ne soit pas un problème. Peut-être aussi que Kacem idéalisait un peu trop son mentor, allant jusqu'à penser que son brillant maître à penser était un marionnettiste qui, de ses ficelles invisibles, contrôlait tout et tout le monde. Malgré ses nombreux talents, il était évident que Ballion n'était qu'un homme et que cette affaire le dérangeait tout autant que les autres citadins. En tout cas, cela embêtait bien le jeune homme qui, ravie de profiter du silence environnant, devait néanmoins redoubler de prudence pour ne pas tomber sur un des spadassins qui se tapissait dans l'ombre, furetant l'approche d'un quelconque rat pour l'embrocher de son sabre. Du moins, c'était le dessin qu'on lui avait fait des nouvelles forces armées qui patrouillaient dans la ville. Tout bien réfléchi, il commençait à préférer le brouhaha quotidien à cette ambiance pesante qui le faisait craindre le pire.

    Après avoir pataugé dans des flaques visqueuses, avoir longé l'âpreté des murs, et avoir manqué de se faire prendre par un garde ayant certainement abusé d'un nectar capiteux, Kacem, qui avait manqué de perdre son flegme habituel à cet instant, parvint à regagner le quartier Sud de la métropole. Il réajusta son habit, le dépoussiéra brièvement et se faufila à nouveau dans la pénombre afin de se rendre dans l'habituel bâtiment où avait lieu les dithyrambiques professions de foi de Ballion à la gloire de Sven Ramose, nouveau dirigeant du Sud. Au dessus de sa tête, le navel céleste n'était plus, c'était un grisonnant plafond qui faisait office de veilleur sur Lucrezia. S'approchant du bâtiment des indépendantistes Feux, le bourreau aperçut à quelques pas de lui une couleur blé qui lui était familière. Un épis lisse qui disparaissait derrière une paroi de briques. Il fronça les sourcils. Un intrus, ici ? Un garde n'aurait très certainement pas fui de la sorte. Ce devait être quelqu'un d'autre ... Un mendiant ? Un paysan ? Une âme perdue dans le dédale de rues de la capitale ? En tout cas, cela piqua la curiosité du balafré qui s'avança discrètement jusqu'à la naissance d'un caniveau qui débouchait sur une étroite artère urbaine dans laquelle se terrait, dos à lui, un petit bout de femme aux cheveux d'or qui ne lui était pas inconnu... Un nom lui vint, comme un écho profond de son for intérieur qui, transcendant son esprit, fusa jusqu'à finalement en faire vibrer ses lèvres dans un murmur : « Eden'El ... ? » En tout cas, c'était comme ça que le chien de garde des Ergorn l'avait appelé quand il l'avait vu dans l'alvéole du donneur de mort.

    A pas feutrés, il s'approcha d'elle et quand la certitude de son identité le secoua, il attrapa par surprise les épaules de la demoiselle qu'il plaqua contre le mur avant de plaquer sa main droite contre sa bouche afin qu'un cri ne lui échappe. Dés lors, à peine eut-il fait ça, alors qu'il avait les yeux plantés dans les siens et qu'un léger onomatopée, « chut », lui échappa dans un susurre; il regretta d'être intervenu. Pourquoi se mêler aux problèmes d'une quasi-inconnue qui, qui plus est, n'était pas une Feu ? Altruiste, lui ? Certainement pas. Quel élan de bonté avait bien put le pousser à agir, ce soir ? Un grain de folie qu'il aurait dût réprimandé, assurément. En tout cas, cela la sauva des griffes des gardes qui ne tardèrent pas à apparaître de leur carrure imposante dans le creux de la rue dans laquelle se cachaient les deux camarades d'infortune. Un soupir de soulagement échappa alors au Feu qui retira lentement sa main bronzée des lèvres roses de la demoiselle. « Encore toi ... ? Qu'est-ce que tu fous ici ? C'est pas un endroit fréquentable pour quelqu'un comme toi. » L'en blâma t-il avant de se défaire d'elle, leurs deux corps ayant été bien trop proches précédemment, ce qui le fit rougir dans l'ombre. Connard, pourquoi tu l'as pas laissé se faire choper ? C'est la protégée d'un type qui est né avec une cuillère en argent dans le gosier, il lui serait rien arriver, de toute façon ... Mais si ça avait été un extrémiste, elle aurait bien put finir les jambes en l'air, de la semence glissant d'entre ses cuisses écartelées par la vigueur d'un homme en transe et persuadé d'être détenteur d'une supériorité naturelle conférée par son tatouage écarlate ...

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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Mer 7 Juin - 11:45

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Dead gardens
La peur m'éprit lorsque d'un élan brusque me plaqua dos au mur. Il dût me sentir me liquéfier dans ce tressaillement de surprise que son geste m'infligea. Une main posée sur ma bouche réprima un cri de stupeur. Je mis quelques secondes, tremblante et crispée, avant de reconnaître ces yeux marquants. Je ne l'avais rencontré qu'une fois, il y a peut-être une semaine : le bourreau des Ergorn. Bien que mes tremblements cessèrent, mes yeux restaient emplis d'une détresse sans nom. Silencieusement, il imposa mon silence. La patrouille de gardes que j'avais perçue nous dépassa. Les regardants du coin de l'œil, je ne pouvais qu'être soulagée en fin de compte qu'il soit tombé sur moi. ce qui me rassurait moins, c'était de savoir ce qu'il allait attendre de moi... Il ne sentait ni la gnôle ni les vomissures dont j'avais souvenir. Cela pourrait être une bonne chose pour lui, mais je ne me faisais pas trop d'illusions sur sa guérison ; on ne se libère pas aussi aisément des chaînes qui nous lient aux ténèbres. Était-ce son travail qui le rendait si... malade ?

Un soupir. Il paraissait soulagé. Avait-il peur pour moi ? Peur que je me fasse attraper par les gardes Feu ?Quand était-il de l'enfant ? Elle avait sûrement dû disparaître, se dérober à leur vigilance, car aucun bruit, aucune conversation, aucun tumulte ne paraissait troubler cette nuit. « Encore toi ...? S'indigna-t-il en enlevant sa main de ma bouche mais en gardant cette proximité incommodante entre nous deux, tant par son toucher que par la chaleur caractéristique de sa nature Feu. Qu'est-ce que tu fous ici ? C'est pas un endroit fréquentable pour quelqu'un comme toi. » Je fronçai les sourcils. Il se recula, presque aussi gêné que moi de ce rapprochement.

Les battements de mon cœur regagnaient peu à peu leur régularité et je me décollai de ce mur poisseux. « Une fille comme moi ? Me prenez-vous pour une enfant ? » Relevai-je, le regard inquisiteur. Pensait-il que j'étais si démunie qu'une fois la nuit tombée je ne devais plus quitter les quatre murs de ma chambre ? Certes, avec ce marque brûlée, ma maladresse et ma malchance perpétuelle, je ferais mieux de ne jamais sortir de chez moi. Ni la nuit, ni le jour. Le quartier Sud n'était pas le meilleur choix non plus... Après tout, nous avions beau nous trouver à Lucrezia, cela ne changeait pas l'aversion que les Feu pouvaient porter à l'égard des exempts. Bien que je n'en étais pas une, le feu en donnait l'illusion. Une illusion plus que marquante qu'il serait facile de mettre sur mon propre compte : vivre en prétendant que notre marque a été brûlée est plus aisé pour une exempte que d'affirmer son statut. Si je devais agir selon ce que les autres pensaient de moi ou me réservaient, je pouvais d'ores et déjà cesser d'espérer pourvoir vivre normalement comme tout citoyen de Lucrezia... Rester enterrait ne m'allait pourtant guère. Le seul endroit où je pouvais être réellement en sécurité, c'était dans la nature... Ce qui m'était impensable maintenant que Ranrek faisait partie de ma vie. Il a fallu que je retourne à la ville pour qu'Orkem remette la main sur moi après cinq années passées à le fuir... Mais à ce prix-là, j'avais la chance d'observer quelques instants de bonheur aux côtés de Ranrek. Il me redonnait espoir en l'humanité. Une chance de revoir mon jugement manichéen au sujet des Feu. Et je crois que c'est ainsi que j'étais prête à vivre : risquer gros pour avoir peu. Peut-être que j'avais pris goût à cette adrénaline qui m'éprenait, à ces peurs qui me ramenaient à ce fait dont il m'arrivait parfois de douter : j'étais en vie. « Je savais que ces gardes étaient là. Je savais même que vous arriviez dans mon dos ! » Affirmai-je à voix haute comme une enfant qui voudrait prouver à un adulte qu'elle est capable de se débrouiller toute seule. J'étais la première concernée lorsqu'il fallait attester de mon incapacité à gérer les situations à risque. Mais j'en avais assez d'être ainsi enchaînée par mes craintes et mes angoisses. Les affronter seule n'était pas la plus intelligente des solutions, mais je n'avais pas vraiment choisi de sortir... Je voulais la rattraper, l'aider... Cette impulsivité ne fait que me coûter de plus en plus cher, mais il me coûtait d'ignorer cette petite voix qui me poussait à m'aventurer dans des chemins que normalement, une fille "comme moi" aurait la présence d'esprit d'éviter à tout prix.

Liant mes deux mains face à moi, quelque peu gênée, je baissai les yeux. « Je... je vous remercie quand même. » Plissant mes yeux, je ne pus cependant pas retenir cette question qui vint franchir mes lèvres sans qu'elles ne puissent y apposer le filtre d'une quelconque retenue ou bienséance. « Mais... pourquoi êtes-vous venu vers moi ? Je ne pensais même pas que vous vous souviendriez de moi... Même si je l'espérais, quelque part. » Je ne compris qu'après m'être arrêtée de parler que mes mots pouvaient être mal interprétées. Il n'en ferait sûrement pas mauvais usage, malgré ses déviances, il paraissait être un homme juste et son acte témoignait d'une certaine considération pour autrui. Un homme, Feu, dont le travail consistait à ôter des vies et qui - même si c'était pour s'en convaincre plus que par conviction - clamait apprécier cela, n'avait rien d'une personne convenable à mes yeux. Pourtant, entre Orkem, ses gardes et Moïra, il m'avait l'air bien plus respectable que tout les autres Feu en dehors de Kara et Ranrek. Le retrouver ici était à mes yeux une aubaine : si Dhelm m'était tombée dessus ? Rien ne l'aurait empêché de s'en prendre à moi. Ni son maître, ni les gardes, ni personne. Se venger pour avoir tenter de faire ouvrir les yeux à sa protégée, la pupille d'Orkem dont ils s'étaient tous gardés d'évoquer les penchants cruels et pervers du Conseiller. Ranrek ne pouvait plus rien pour me protéger. Enfin plus vraiment... Que ce soit au palais où les autres Ergorn rêvaient de mon départ, au Centre où j'avais été enlevée par mon tortionnaire, au quartier Sud où celui-ci paraissait avoir des yeux de partout... Il était parti, normalement. Il avait quitté la ville, normalement... Mais pesait toujours sur mes épaules cette crainte que ses sbires mettent à exécution ses menaces envers le peu de personnes à qui je tenais : mes parents, ma sœur, Ranrek... Même entourée, je serai à jamais seule avec l'emprise d'un homme d'une telle influence... Le seul endroit où je me sentais réellement à ma place, n'était au refuge. Refuge que je délaissais malheureusement depuis ces quelques jours mouvementés...

« Vous allez vous attirer des ennuis si les gardes vous trouvent avec moi... je ne pense pas qu'on devrait rester ici... » Je n'avais aucune idée de comment les gardes faisaient leurs rondes au quartier Sud, mais ce dont j'étais sûre, c'est qu'une prétendue exempte bien traitée par l'un des leurs serait plus que suspect et attirerait leur attention sur lui injustement. « Si vous connaissez un endroit sûr, je peux nous y mener en évitant facilement les gardes. » Lui assurai-je en hochant la tête. Nous séparer là et me laisser repartir seule serait probablement le meilleur moyen, mais il y avait une sacrée distance à parcourir et je ne pensais pas pouvoir repartir si aisément... De plus, je m'étais aventurée ici en suivant l'enfant, les repères que j'avais pour rebrousser chemin étaient minimes.

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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Ven 16 Juin - 13:49

    Cette fille semblait avoir un don certain pour se mettre dans de drôles de situation. Lors de leur première rencontre, elle était tombée sur un Kacem hors de lui, en proie à ses moeurs, à ses troubles, à ses cauchemars qui aurait pu lui faire du mal s'il n'avait pas appris rapidement qu'elle était une des suivantes d'un fils Ergorn -celui qui, en apparence, était le plus inoffensif mais dont il ne fallait tout de même pas considéré comme un bon samaritain, c'était, qui sait, un monstre également si on venait à toucher à ses petites protégées-. Et là, elle traînait dans les quartiers sud de la dangereuse capitale, la nuit, seule, alors que des patrouilleurs déambulaient çà et là. Protégée de Ranrek ou non, elle pouvait très bien se faire tuer au vu des tensions politiques qui secouaient présentement le continent. Un Birghild tué, ça peut très bien attiser la haine des Terres et mettre sur ses gardes tout autre élément. Au moindre geste suspect perçu dans l'ombre, il est fort probable qu'un garde n'ait recours à ses pouvoirs et n'attaque sur un coup de tête, par simple réflexe de défense, quiconque rôderait de nuit dans les environs. Elle aurait pu être tuée, sans sommation. Kacem ne voulait pas jouer aux héros, loin de là, il n'en avait de toute manière pas la carrure; mais il était bien obligé de constater que la malchance -voire encore la naïveté- de cette demoiselle était alarmante. Le plus fou, c'était certainement qu'elle ne se rendait pas compte du danger ou qu'elle avait la prétention de pouvoir l'affronter. Avec la naïveté débile d'un nouveau né jeté dans l'arène de lions qu'était Lucrezia sans soucis de survie, se pensant immortel et surpuissant, elle déclara : « Une fille comme moi ? Me prenez-vous pour une enfant ? » Bien sûr que oui. Elle n'avait sans doute pas passer l'âge de raison, et d'un certain point de vue patriarcale partagé par bon nombre de sympathisants Feux, la femme est et demeurera toujours un enfant dans sa façon d'être et d'agir. Son récent comportement alimentait cette thèse puisqu'aucun être aussi faible physiquement n'aurait la bêtise de se balader inconsciemment dans les rues d'un secteur aussi dangereux, sournois, et armé que celui dans lequel elle s'était empêtré.

    Ce qui surprit le plus le jeune homme, ce fut certainement quand, après qu'il l'eut relâché, elle ait encore le cran de lui dire : « Je savais que ces gardes étaient là. Je savais même que vous arriviez dans mon dos ! » Petite pique d'orgueil de sa part ? Un brin de fierté jusqu'alors dissimulé qui refaisait face. Peut-être que, par excès d'arrogance, elle se sentait presque humiliée d'avoir été secouru par un type des bas fonds. De ce qu'il savait d'elle pour l'avoir plus ou moins cerné la dernière fois, elle n'était pas si vaniteuse, si fière, si détestable -même si quelques facettes de sa personnalité pouvaient être irritables-, il ne s'agissait donc là que d'une vulgaire riposte enfantine; elle était sûrement honteuse de devoir être secouru et ainsi causé du tort à d'autres. Cela ressemblait bien plus à cette empathique jeune fille. C'est pourquoi, à ces mots, Kacem ne trouva rien à redire même si il les aurait bien ponctué d'un reproche ou d'un soupir d'exaspération. « Je... je vous remercie quand même. » Ajouta t-elle finalement, un peu gêné comme en témoignait ses gestes hasardeux et son regard baissé. Elle semblait vraiment pitoyable. Un peu comme lui quand il se faisait battre par son paternel auparavant. La fragilité exorbitante de la blonde lui rappelait avec dégoût son ancien lui, prostré dans un coin sombre de la forge, encerclé par des tumultes cendrés résultant des fracas du lourd marteau de son père contre le métal flamboyant. Métal flamboyant qui, par ailleurs, avait un jour épousé la peau de son torse, qui avait dévoré sa chaire embrasée. Aujourd'hui encore, il porte des stigmates de cet incident mais aussi des séquelles mentales qui se manifestent parfois ...

    Alors que ses souvenirs refaisaient surface et qui commençaient à lui faire ressentir une douleur fantôme au niveau du poitrail, Kacem fut tiré de sa douloureuse mélancolie par une question qu'il aurait préféré voir passer sous silence. Décidément, la petite blonde ne lui laissait pas un temps de répit, et sa curiosité l'ennuyait déjà. Il avait, semble t-il, oublié à quel point les questions de cette dernière étaient dérangeantes, et à quel point elles frappaient juste, là où il fallait. Cette question là était virale, mais aussi logique compte tenu de la situation : « Mais... pourquoi êtes-vous venu vers moi ? Je ne pensais même pas que vous vous souviendriez de moi... Même si je l'espérais, quelque part. » Lui-même n'avait aucune réponse à lui soumettre. Il avait agit d'instinct. De façon mécanique, il avait fondu sur elle pour l'attraper, la plaquer contre le mur et l'empêcher de crier. Quand il reprit plus ou moins conscience, quand il commença à peser ses actes, il s'était aussitôt mis à pester intérieurement contre lui. Elle n'était rien pour lui. Juste une connaissance qu'il connaissait à peine, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Elle l'intriguait, certes, elle était à la fois vulnérable et faible, mais aussi forte et courageuse. Elle était un être contraire, un être complexe, une personne double, un peu comme Kacem se voyait. C'était en partie pourquoi elle le répugnait tout aussi qu'elle l'intéressait : parce qu'il voyait trop de concordance entre leurs deux personnes. C'était comme son portrait erroné, son « lui » passé. Et cet intérêt mystérieux semblait réciproque, puisqu'elle avait conclu en disant qu'elle espérait pouvoir le revoir.

    « Tu me faisais pitié ... » Ce furent les seuls mots qui parurent adaptés selon lui. Cette raison évoquée n'étant, de plus, pas tout à fait fausse. Cette chétive fille ne pouvait inspirer que de la pitié au vu de sa situation actuelle. Elle était comme prisonnière d'un labyrinthe lugubre gardé par des soldats enragés et guidés par les désirs colériques de leurs supérieurs hiérarchiques; des monstres brandissant le fer pour faire valoir les intérêts de leurs maîtres qui ne cherchaient qu'à montrer à leurs adversaires qu'ils avaient des couilles et qu'ils ne se laisseraient pas marcher sur les pieds. Lucrezia était devenue la table sur laquelle se jouait un bras de fer à quatre joueurs, ces quatre joueurs étant les représentants en chef des quatre familles représentantes. Si cela amusait certains, comme Ballion, cela en effrayait d'autres comme Kacem qui craignait les balles perdues, les dommages collatéraux, et l'anarchie qui planait sur eux comme planaient actuellement les sombres nuages sur le toit de la capitale. Et comme pour couronner le tout, comme pour accroître la tension du bourreau, il se retrouvait maintenant avec la pupille d'Ergorn dans ses pattes alors qu'il était non loin des quartiers des idéalistes Feux. Il savait que la blonde n'était aucunement une Feu, bien au contraire; et ce serait regrettable qu'on le voit en sa compagnie, cela pourrait remettre en doute son allégeance, ses principes, et ses idéaux. La meilleure solution serait d'amener Eden'El à Ballion afin qu'il décide de son sort, quitte à la jeter en pâture dans la forêt avoisinante et de parier sur sa survie contre les bêtes sauvages, ou même qu'elle ne serve de trou ambulant aux quelques pervers suprématistes. Sa propre sécurité importait plus que sa curiosité vis à vis de l'histoire de la jeune fille, Kacem était monstrueux, il avait honte de penser à faire cela mais d'un certain côté ... C'était le mieux qu'il avait à faire pour se préserver, lui.

    Eden lui énonça alors un axiome : ce serait regrettable qu'un garde les surprenne tous les deux. Effectivement. Et c'était bien ce qu'il redoutait. L'obscurité ne suffirait pas à les camoufler éternellement, ils allaient devoir partir et se rendre auprès de Ballion sans se faire prendre entre temps par les veilleurs. S'il arrivait à se rendre auprès de Ballion, il pourrait être en sécurité, empocher quelques pièces contre la jeune blonde, et même faire valoir sa fidélité à la fraternité suprématiste en faisant cadeau d'une putain toute frêle à la peau nacrée, qui le sera certainement bien plus une fois que le troupeau aura commencer à se déverser sur elle. Ces images écœurantes commençaient déjà à lui donner la gerbe. Et puis, avec un peu de chance, la sagesse légendaire de son maître à penser fera qu'elle sera, elle aussi, mise en sécurité avant d'être rendu à Ranrek afin de s'en faire un allié de poids. Le doute n'était plus permis : la meilleure solution était de la ramener à Ballion qui se ferait seul juge de son destin. « Si vous connaissez un endroit sûr, je peux nous y mener en évitant facilement les gardes. » Demanda t-elle, inquiète mais aussi soucieuse de bien faire pour le protéger tout autant qu'elle, ce qui était remarquable. Cependant, il ne pouvait garantir la sécurité de la jeune fille là où il allait la mener. « L'endroit est sûr pour moi, pas pour toi. » Craignant qu'elle ne se rebiffe et qu'elle décide de fuir, Kacem empoigna férocement le bras de la jeune femme, forçant même un peu sur son poignet, et la traîna jusqu'à lui. Ce faisant, la manche de la jeune femme glissa et révéla sa peau calcinée qui camouflait son tatouage. Un frisson d'effroi parcourut l'échine du jeune homme lorsqu'il vit la brûlure qui lui rappela la sienne, ce qui alimenta à nouveau cette chaleur enfouie en lui, ce qui réveilla à nouveau son traumatisme lié à l'apposition de cette marque sur son poitrail peu de temps avant qu'il ne découvre ses pouvoirs ... Il sentait encore l'odeur de la chaire calcinée, il entendait encore ses ampoules craquer, son sang bouillir, sa peau craquelait sous l'effet du métal qui avait même couvert sa blessure saillante. Il grommela, tourmenté à nouveau par les spectres de son passé, alors qu'il balbutiait avec véhémence : « Tu... Tu es une Exempte ? » Aussitôt il retira sa main de son bras, comme si elle était contagieuse, et secoua sa main tout en tremblant un peu. Il bondit de deux pas en arrière, continuant de se tenir son poignet opposé tout en la dévisageant, essayant de retrouver haleine tandis que dans le dos d'Eden'El commençait à apparaître une ombre humanoïde : « Eh, vous ! » Par réflexe, il se pencha, plongeant un peu vers le sol, et frappa assez fort sa main contre une flaque d'eau poisseuse située sous son pied droit. Là, comme le lui avait appris Styx, il fit chauffer sa main aussitôt et l'eau devint une épaisse vapeur. Un rideau grisonnant envahit toute la ruelle. Une chaleur étouffante entourait désormais les trois protagonistes alors qu'un sifflement jaillit du brouillard ardent, c'était certainement le garde qui alertait ses compagnons. Eh merde ... Il avait vraisemblablement foiré son plan de revente. La chaleur environnante ne l'affectait pas grâce à ses pouvoirs, mais il avait désormais une visibilité restreinte. Styx lui avait appris à fuir après avoir utilisé ce stratagème en filant droit derrière lui tout en longeant les murs pour ne pas se perdre mais il n'eut pas le temps de s'exécuter que déjà, il voyait une silhouette fonçait droit sur lui... Le garde, ou Eden'El... ?

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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Sam 24 Juin - 23:02

Kacem Al Mansour
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Dead gardens
Il ne me venait pas à l'esprit de justifier ma présence, ne voulant pas attirer l'attention sur cette ombre que je filais à cette heure tardive. Loin d'être fière de mon imprudence, j'étais partagée entre une énième honte de me retrouver dans une situation délicate et l'envie de, pour une fois, ne pas être considérée comme une brebis égarée. Ce que, pourtant, j'étais. Ni plus ni moins qu'un bétail égaré du troupeau. Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être simples chez moi ? Pourquoi devais-je constamment me mêler de ce qui ne me regardait pas ? « Tu me faisais pitié », rétorqua le bourreau à la justification de son geste. Je n'en fus pas offusquée, affichant simplement une mine basse honteuse. Pitié... C'est là le sentiment que j'inspirais le plus il fallait croire. Parfois, je me demandais même si Ranrek ne ressentait pas cela pour moi : de la pitié. Dans un sens, c'était rassurant. Les personnes ne me considérant pas avec pitié avaient tendance à être des Feu avides d'asseoir leur supériorité face à moi. Que ce soit les Ergorn, Lilo, Sven, Orkem... Une maladie chez eux : faire se sentir encore plus minable et vulnérable toute personne qu'ils jugeaient faible. Cependant, malgré sa déclaration, je peinais à voir cela dans les yeux de ce jeune homme.

Son regard évasif, comme perdu, cessa de s'égarer lorsque je lui demandais de trouver un moyen pour qu'on soit à l'abri. Des regards, d'une part, mais aussi du sort qui pourrait m'être réservé par les gardes Feu. « L'endroit est sûr pour moi, pas pour toi », lança-t-il en m'empoignant le bras. J'eus un mouvement de recul devant cet acte qui aurait pu être anodin mais dont la rapidité d'exécution me surprit. Les hommes ne m'avaient jamais inspirer de réelle confiance et dès lors qu'ils venaient à me toucher sans que je ne sois l’instigatrice du mouvement, mes réactions étaient parfois... extrêmes. Pour l'heure, un simple sursaut qui fut annihilé par la force avec laquelle il m'entraîna vers lui. Un endroit sûr pour lui mais pas pour moi ? Pourquoi chercherait-il à me mettre en danger ? Ne venait-il pas de me venir en aide ? Je ne comprenais pas ce qu'il cherchait à faire, mais en attendant qu'une meilleure idée ne me vienne, j'allais le suivre. Ma jambe commençait à me faire souffrir, je ne pourrais pas m'échapper bien loin toute seule de toute façon... À l'instant où je suivis son élan, le Feu fut arrêté net par un frémissement d'écœurement. Je compris à la vue de mon bras qu'il réagissait face à ma marque. Enfin... la marque de la cicatrice qui masquait ma marque, est-ce bien compréhensible ? Peu importe. J'ignorais s'il était plus effrayé à l'idée qu'un Feu m'ait fait cela ou face au préjugé auquel j'avais déjà fait face plusieurs fois selon lequel je devais être une exempte. L'hypothèse la plus simple fut la plus correcte et sa réaction ne se fit pas attendre : « Tu... Tu es une Exempte ? » Alors qu'il lâcha ma main, je m'approchai d'un pas avant d'arrêter devant son recul. Ma main gauche tendue vers lui, je l'implorais du regard. Je ne voulais qu'il me voit comme une exempte.

Bien des fois cela avait paru plus simple, plus facile : me faire passer pour une exempte évitait de me confronter à ce passé que j'avais cru possible d'oublier. Une mémoire qui faisait ma personnalité mais que je jugeais bon de devoir effacer de mes souvenirs. Visiblement, chercher à fuir son passé ne faisait que raviver sa flamme encore plus fort, plus brute. Ces derniers jours m'avaient prouvés que jamais je ne pourrais réellement me détacher de cet homme qui m'avait tant fait souffrir... Orkem. Conseiller Orkem Vahlaan. La pensée de son visage me donnait un haut-le-cœur. Toutes ces choses qu'il m'avait faites par le passé, ce qu'il essayait de me faire miroiter à présent... Tout ça donnait un mélange âpre qui me forçait à reconsidérer bien des choses. Notamment ma propre intégrité. Je me sentais si honteuse et avais si peu d'estime de moi que souvent je laissais les autres me traiter comme une moins que rien. Pensant le "mériter" quelque part. Naïve, je me laissais influencer par les autres en croyant que vu qu'ils réussissaient dans la vie, ils devaient forcément mieux savoir ce qui était bon pour moi. Mais que nenni. J'étais la seule à savoir qui j'étais réellement au fond de moi et il ne dépendait que de ma volonté de l'affirmer aux autres. Accepter d'être considérer comme une exempte, c'était accepter de jouer le rôle qu'Orkem avait voulu me donner cinq ans auparavant : celui d'une esclave de qui il pouvait disposer à son gré. Je n'étais pas une marionnette, ni une moins que rien. J'avais mes idées et une nature élémentaire qui me donnait tous les droits de l'affirmer et d'être estimer à ma juste valeur.

Il ne devait pas croire que j'étais une exempte... Même si le convaincre serait une sacrée paire de manche, je voulais qu'il sache qui j'étais réellement. Ou tout du moins tenter de lui faire comprendre ce que j'étais... « Nooon ! Je suis une Terre on m'a... » À peine tentai-je de chercher à lui expliquer qu'une voix m'incita à me retourner. « Eh, vous ! » Stupéfaite, maudissant cette fichue anxiété soudaine qui m'avait empêcher d'utiliser mon don pour anticiper la venue du garde, je reculai de quelques pas avant de voir le bourreau ruser pour obstruer la vision du garde.

La vapeur et la chaleur qui soudainement inondèrent la ruelle rendaient ma respiration difficile, je n'y voyais plus grand chose... Désorientée, sans repères, je me retournai et marchai à rapides foulées pour tenter de m'extirper de cet amas de brume opaque. Quelques mètres et l'épais brouillard paraissait se dissiper petit à petit. Je vis la silhouette du bourreau. Déterminée - bien que boitant -, je me dirigeai vers lui. Dans le tumulte de l'action, je sentis mon don qui dessinait cette perception de l'aura du garde qui n'avait pas disparu. Alors que je pensai que le bourreau viendrai à mon aide pour mettre le garde hors d'état de nuire, je le vis hésiter. Rapidement, le garde atteignait ma hauteur. D'instinct, je me mis à terre. Un jet de flamme semblable à un lasso me manqua. Dans son élan, le garde continuait de venir vers moi et dans un réflexe que je m'ignorais - me choquant moi-même - je lui assénai un coup dans les parties intimes. Le cri de l'homme transcenda le silence de la nuit. Laissant mon instinct de survie prendre le pas sur mon esprit, je parvins à me relever prestement et à rejoindre le mur que longeait le Feu, cherchant plus à m'éloigner du garde qu'à suivre le chemin que le bourreau aurait voulu suivre pour m'entraîner dans cet endroit sûr pour lui mais pas pour moi. En vérité, je n'avais pas d'autre choix que de le suivre... Mais ma concentration était à un état de néant et me servir de mon don pour le localiser me coûtait... Au moins, cela paraissait fonctionner. Peut-être que trop réfléchir m'empêcher de faire attention à ce sixième sens que possédaient les Terre. Cela expliquerait pourquoi dans cet instant visiblement critique, il s'activait. « J'te suis, j'veux pas rester ici... » Déclarai-je sans redouter plus que ce garde ce dit lieu que le bourreau avait évoqué. Bien que tous mes sens m'interdisaient de lui faire confiance, mon cœur le préférait à ce garde qui serait bientôt trop accompagné pour que nous puissions fuir de quelque façon que ce soit. « Crois-moi, je ne suis pas ce que tu crois... » Précisai-je comme si cela allait augmenter mes chances d'obtenir son aide. Même si je déplorais cette impression de vulnérabilité que j'évoquais, cela pourrait très bien servir mes intérêts auprès de cet homme. Une fille de ma trempe ne pouvait pas s'en sortir si facilement sans être insolemment chanceuse ou - vu que ce n'était objectivement pas mon cas - dotée d'une perception hors du commun. Cette perception que les Terre avaient du monde qui les entourait : la sensibilité à la nature mais surtout cette faculté de déceler chaque présence vivante qui se trouvait près d'eux. Ce n'était pas un pouvoir que j'avais bien développé, en était pour preuve la taille insignifiante de ma marque que la cicatrice de feu suffisait à masquer. Mais mon esprit paraissait bien plus s'ouvrir au fil des jours passés dans cette capitale de malheurs. Peut-être finirai-je par mieux comprendre mon don et ainsi voir ma marque prendre le dessus sur cette cicatrice qui me révulsait...

@Kacem Al Mansour ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1530 mots
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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Mar 4 Juil - 13:53

    Paumes plaquées contre la flaque d'eau sale, regard plongé dans l'abime du dense voile de vapeur, Kacem tenta de discerner des ombres afin de s'assurer que personne ne le suivrait dans son entreprise. Il se releva rapidement, les mains encore brûlantes suintant de quelques gouttelettes qui se vaporisaient inexorablement. Ainsi, une fine fumée glissait entre ses doigts, s'enroulant autour de ceux-ci, s'élevant vers le ciel sombre. Comme le lui avait appris son instructrice, Styx, il longea les murs de la ruelle qui se distinguaient aisément dans la brume artificielle sous la forme de gigantesques pans obscurs dont la cime transcendait la ruelle embrumée. La chaleur de l'eau gazéifiée frappa de plein fouet le visage de l'écorché qui, depuis peu, suite à son entraînement, était devenu insensible au souffle brûlant, aux cendres ou aux ardents brasiers; ce qui lui facilitait grandement la tâche dans sa maîtrise du feu même si celle-ci n'était pas encore optimale. Cependant, cet environnement n'était pas propice à tous. Eden'El, que Kacem soupçonnait d'être exempte, ne pourrait sans nul doute pas rester bien longtemps au coeur de ce four improvisé en plein quartier sud. Sûrement pas avec un garde dans les pattes, qui plus est. Les mains collées à la pierre du mur, Kacem s'avança aveuglement hors du grand brouillard qu'il avait lui-même créé dans le but de fuir au soldat venu les chercher, mais aussi pour se débarrasser de la petite blonde afin de ne pas être affilié, par ses pairs, à une potentielle impure. Il serait, en effet, bien regrettable pour un prétendu suprématiste Feu de se pavaner en compagnie d'une personne si détestable, si faible, non-aimée des dieux et bénis par aucun des quatre éléments tant elle était exécrable en tant que personne. Selon l'échelle hiérarchique théorisée par Ballion, les Feux sont au sommet de la chaîne alimentaire, surplombant de loin les trois autres éléments d'Oranda -l'élément Matière n'étant pas pris en compte puisqu'il relevait de diverses fables- et, tout en bas de cette pyramide, on trouvait les exempts : des êtres banaux, sans réelle saveur, sans pouvoirs, sans force, sans représentants politiques ou militaires : des reclus de la société, fuis comme la peste. Fricoter avec pareille canaille, c'était, pour certains, pire qu'une hérésie envers les dieux fondateurs. Si Eden'El était bel et bien une sans-marque, elle allait sans aucun doute le payer de sa vie, ici.

    Dans son dos, Kacem entendit un ricochet, un fracas contre le vent. Il assimila ce son vif et strident à un coup de fouet. Il tourna légèrement sa tête derrière son épaule, par curiosité maladive, et vit voler à travers l'opacité du décors des éclats orangés incandescents. Des larmes enflammées qui se désintégraient peu à peu à proximité du sol. Le garde devait, assurément, être un Feu au service des Ergorn. Avec un peu de chance, il reconnaîtra Eden'El avant qu'il ne la carbonise et la renverra dans les bras de son maître, la sauvant ainsi des bestiaux du quartier sud qui l’éviscérerait sans sourcilier en voyant son bras nu, dépourvu de tatouage marquant une appartenance à un groupe élémentaire. Et peu après avoir vu les flammèches s'estomper peu à peu dans le rideau de brume, le bourreau aperçut une silhouette qui fonçait droit sur lui. Ce ne pouvait être que le garde ... Il n'y avait aucune autre possibilité. Il avait potentiellement éliminé la petite blonde, trompé par la brume et l'ayant confondu avec une assaillante, et comptait désormais s'occuper du deuxième intrus qu'était Kacem. A moins qu'il n'ait reconnu Eden'El, révélé à ses yeux par la lumière flamboyante de son coup, et que celle ci n'ait dénoncé le jeune feu afin d'être exempté de quelque sanction que ce soit pouvant être administré par son supérieur pour s'être tant éloigné du domaine de Ranrek. Et pourtant, à sa grande surprise, ce n'était en aucun cas le mastodonte en armure qui déboula devant lui mais bien la petite blonde, boitant légèrement, qui se présenta devant lui. « J'te suis, j'veux pas rester ici... » Etait-elle inconsciente ? Ou idiote ? Voire même suicidaire ? Son innocence affolante troubla Kacem qui fit un mouvement de recul, bouche-bée par cette gamine dont l'insouciance pouvant être une lame acérée planant au dessus de sa nuque et qui, si l'on coupait le fil doré qui la retenait, allait s'abattre sur la chaire nue qui lui était exposée, déchirant ainsi dans le sang ce sourire des lèvres de la petite blonde.

    « J'te suis, j'veux pas rester ici... » Dit-elle encore. C'était vraiment à croire qu'elle ne tenait pas à la vie. Il lui avait pourtant bien fait savoir que là où il comptait se rendre, elle ne serait aucunement à l'abri. Pour tout dire, elle l'était davantage avec le garde qu'avec lui. Si elle était une exempte, ce n'était plus la prostitution qui l'attendait mais la pendaison. Une autre forme de plaisir, en quelque sorte, si on aime les sensations extrêmes ... C'était sûrement un trop plein d'empathie qui empêchait le jeune Feu à la traîner par les cheveux jusqu'au repaire de Ballion pour que celui ci décide de la calciner dans ses flammes sous les râles de plaisir de ses fidèles adorant sentir la chaire cendrée des impurs. Enfin, peut-être extrapolait-il un peu ... Il n'avait, après tout, jamais vraiment vu Ballion perdre son sang-froid et tuer quelqu'un juste pour galvaniser une foule. Mais elle deviendrait assurément le bouc-émissaire de quelques fervents défenseurs de la suprématie Feu sur le reste de la population. Il était difficile de s'imaginer comment elle allait finir, pour tout dire. Condamnée à marcher sur la plante de ses pieds calcinée par les flammes, enchaînée à un mur et nourris du strict minimum, peut-être que quelqu'un aurait la charmante idée de lui dessiner un tatouage en traçant au poignard dans sa chaire des stigmates approximatives, ou alors elle deviendrait peut-être une pièce d'exposition chez un collectionneur dérangé qui voudrait garder un exemplaire d'une exempte chez lui, se disant qu'un génocide allait tous les tuer et qu'il détiendrait ainsi un objet rare. En tout cas, suivre Kacem n'était pas la solution de facilité, pour elle. Et pourtant, il l'avait prévenu à maintes reprises, et pas seulement aujourd'hui mais aussi la dernière fois : il était dangereux pour elle.

    « Crois-moi, je ne suis pas ce que tu crois... » Kacem ricana un peu, détournant son regard en se mordant la lèvre inférieure avant d'humidifier celle-ci en l'avalant un peu, tirant légèrement dessus vers l'intérieur de sa bouche. Il passa nerveusement une main dans ses cheveux sombres, regardant dans la brume qui retombait peu à peu après le téméraire garde qui s'était jeté sur eux. Elle n'avait absolument pas pu le défaire si elle était une exempte. Ce qu'elle contestait d'ailleurs visiblement, à en croire ses paroles. Ne voyant pas le garde alors que la vapeur retombait, Kacem attrapa fermement le poignet de la jeune femme et le plaqua contre le mur derrière elle, la maintenant ainsi avec force entre la paroi rocailleuse et lui, tirant de sa seconde main sur sa manche pour exhiber de nouveau sa brûlure située au niveau de son bras : « Tu te moques de moi ? C'est quoi dans ce cas ça ? Les exempts redoublent d'imagination pour se cacher, certains vont même jusqu'à se brûler le bras pour faire croire que leur tatouage a été mutilé! » Clama t-il en fronçant ses sourcils avant de finalement la relâcher assez vulgairement, balançant son bras pour s'en débarrasser tout en ne manquant pas d'essuyer sa main salie par le contact avec cette impureté. Soupirant un peu, le grand moricaud se pinça encore un peu la lèvre inférieure et tourna le dos à la demoiselle pour pouvoir sortir de la ruelle : « J'suis pas sensé te surveiller, alors dégage maintenant. Je te l'ai déjà dis la dernière fois : je suis dangereux. Alors dégage, loin d'ici ... » Articula t-il en tournant à gauche, à la sortie de la ruelle, continuant de longer les murs même si l'obscurité lui profitait toujours et lui permettait de se faufiler là où il le désirait. Cependant, Kacem connaissait désormais assez la pupille de Ranrek pour savoir qu'elle allait suivre ses pas dans l'ombre. C'était à ses risques et périls, il ne répondrait aucunement de ses actes pour elle. Tout ce qu'il craignait, c'était qu'elle ne vienne vers lui et ne le considère comme un ami devant les siens. Là, il n'aurait d'autres choix que de lui planter ses phalanges dans le visage pour prouver à tous qu'elle n'était, à ses yeux, qu'un déchet.

    Après avoir jeté un dernier regard derrière lui, un regard bien hasardeux et rapide, il poussa lentement une porte en bois presque invisible dans l'obscurité et qu'il faudrait trouver à tâtons si on ne connaissait pas la disposition des lieux. Pour tout dire, il fallut même quelques secondes à Kacem pour trouver le vieux bois éventré à plusieurs endroits par la vieillesse, laissant apparaître de légers creux sur sa surface. Là, il s'enfonça à l'intérieur des murs du quartier sud, ne laissant paraître dans l'obscurité de la nuit que la lumière chaleureuse des lieux quand il entrouvrit la porte. Lumière qui se fana aussitôt que la porte se claqua derrière lui. Avec les récents évènements, peu de personnes étaient présentes ce soir. Ballion lui-même n'avait pas l'air d'être là. Quoi de plus normal, après tout, il n'avait prévu aucun discours grandiloquent ce soir. C'était juste l'occasion pour Kacem de fuir son havre de solitude dans lequel il n'avait que la compagnie de son paresseux Bosscar qui n'était même pas capable de lui répondre par un grognement ou un aboiement tant la lassitude de sa vie le terrassait et l'immobilisait au sol, les yeux mi-clos.


1623 mots.

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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Jeu 20 Juil - 0:42

Kacem Al Mansour
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Dead gardens
Malgré ces soirs à tenter de comprendre mon don avec Ranrek, où chacun nous essayons de nous comprendre l'un l'autre, je ne parvenais pas à trouver un moyen de faire ressortir mon appartenance à la Terre. Même si au début je voyais cela comme un combat à mener pour parvenir à aider ces exempts que le monde s'échinait à rejeter, je devais me rendre à l'évidence que je n'étais pas de taille pour mener le moindre combat. Et cette absence de marque avait failli me coûter ma liberté, ma vie, à plusieurs reprises. Un agréable cadeau laissé par l'abominable obsession que nourrissait le conseiller Vahlaan à mon égard. Un cadeau qui resterait là jusqu'à la fin de ma vie comme une réminiscence du mal qu'il m'a fait. Le symbole du mal qu'il me fait encore aujourd'hui. Il savait que trop bien l'aspect sacré que les Terre accordaient à la vie. Que ce soit celle d'un animal ou même d'une mauvaise personne, toute vie était sacrée. Par constat, il savait que je ferais tout pour m'en sortir peu importe la situation. Quitte à utiliser son nom et ainsi accepter le fait qu'il m'aurait à son service. Le fait que je lui appartiendrais enfin. Mais user de ce nom me révulsait et au vu des mentalités Feu, je me permettais de croire que cette histoire serait encore moins crédible que celle de ma marque.

Moi-même je peinais à trouver le sens de tout cela. Ce à quoi j'aspirais était tellement loin de ce qui m'arrivait que je marchais à contre-courant sans parvenir à trouver. Et cela m'attirait bien des ennuis... Le bourreau me croyait fermement et irrévocablement exempte. Il m'agrippa et me plaqua brusquement contre le mur aux irrégularités auquel se retrouvait collé mon dos. D'un geste, le Feu releva ma manche. « Tu te moques de moi ? C'est quoi dans ce cas ça ? Les exempts redoublent d'imagination pour se cacher, certains vont même jusqu'à se brûler le bras pour faire croire que leur tatouage a été mutilé ! » Je restai bouche ouverte, dents serrées. Ne voulait-il pas imaginer ce qui avait pu m'arriver, ce qui rendrait mon affirmation vraie ? Ou ne croyait-il vraiment pas possible qu'une telle chose arrive ? Je peinais à le croire naïf face au mal que pouvait faire son peuple. Je l'avais vu. Lui aussi avait vécu des choses qu'il préférait oublier. Qu'il aurait préféré avoir le choix de croire ou non. Le choix de rejeter certaines vérités qui dérangent. Qui bousculent. Il me relâcha avec trivialité. Je m'éloignai d'un pas du mur sans quitter le bourreau des yeux. Il n'allait pas me croire. Il n'allait pas m'aider... Il aurait pu. Si j'avais une marque élémentaire à la place de cette signature d'Orkem. Je cillai frénétiquement pour éviter que ne viennent m'ennuyer les perles hyalines qui témoigneraient de ma détresse. « J'suis pas sensé te surveiller, alors dégage maintenant. Je te l'ai déjà dis la dernière fois : je suis dangereux. Alors dégage, loin d'ici... » Dit-il avant de s'évader à travers les rues du quartier Sud.

Il avait beau avoir fait preuve de violence par ses gestes, parfois par ses mots, je ne voyais pas en lui une âme mauvaise. Ce n'était pas une personne dangereuse par nature. Des gens dangereux, j'en connaissais. Peut-être que leur degré de dangerosité me faisait un peu trop relativiser celui des autres. Ou peut-être simplement pouvais-je faire confiance en mon instinct. Me croire exempte l'arrangeait. Pour une raison qui m'échappait. Je n'étais pas une personne différente que ce soit avec ou sans marque. Ce n'était pas ma marque qui parlait au travers de mes mots. Ce n'était pas ma marque qui agissait à travers mes mains. Nous n'étions pas notre marque. Elle n'était qu'un élément de notre nature. Une nature profonde qui ancre nos destins, notre place dans ce monde. Mais elle ne change pas la personne que l'on est. Lui paraissait être en conflit avec qui il était et ce que sa marque le menait à faire de lui-même. Pourtant, il avait le choix. Nous avions tous le choix. Enfin... pas tous... en tout cas, cette affirmation me paraissait bien moins logique depuis qu'Orkem m'avait retrouvée. Il avait redéfini le concept du choix dans un mélange de marchandage à la fois humain, matériel et affectif. Un tableau abstrait dans lequel tout s'entremêlait pour confondre la personne et lui faire croire qu'elle avait le choix. Alors qu'en vérité, il n'y avait qu'un seul chemin possible.

Non sans difficulté, j'essayais de suivre la trace du Feu. Avant même d'avoir réfléchi à ses dires, de m'être répétée sa déclaration selon laquelle là où il allait, ce n'était pas un endroit sûr pour moi. Je n'étais en sécurité nulle part à vrai dire... Et encore moins au beau milieu de ces rues qui m'étaient alors inconnues. Je ne m'étais jamais aventurée dans ce quartier avant de sortir de la villa du Conseiller. Je n'avais guère la science infuse de l'orientation. Le plan de la ville n'était pas tatoué sur mon dos ou mes bras. Non. Dans l'obscurité, je suivis alors le bourreau. Me repérant plus souvent à l'aura que je percevais qu'à ses mouvements. Je peinais à le suivre, ma jambe me faisais toujours mal et ça n'allait pas s'arranger si je continuais à cavaler ainsi dans toute la ville... Il finit par s'arrêter. En tout cas ralentir. Plissant les yeux, je le vis chercher quelque chose sur le mur. Puis disparaître. J’écarquillai les yeux : une entrée secrète ? Doucement, je m'approchai. Hésitante, je laissai mes doigts longer les murs, perdant toute concentration sur mon pouvoir. Une main se posa sur mon épaule. Ma seule pensée fut : pas encore ! Une mauvaise rencontre ? On ne me laissa pas le temps de me poser réellement la question. Un geste violent me fit faire volte-face. « Que cherches-tu ici ? T'es pas du coin, toi », clama l'homme qui venait de m'écarter de la porte qu'il me semblait avoir décelée. Je restai muette. Doucement, j'acquiesçai d'un signe de tête peu convainquant... « Pourquoi tu viens fouiner dans nos affaires ? Montre-moi ta marque, étrangère », exigea-t-il d'une voix qui ne laissait aucune place à la négociation. Il maintenait toujours sa main sur mon épaule, m'enlevant toute chance de m'échapper facilement. Je déglutis avec difficulté.

Mon cœur me frappait, ma respiration s'entrecoupait. J'étais effrayée et sans aucune réponse. Il réitéra sa demande de voir ma marque. Baisant les yeux et la tête, je m'y résignai, l'œil humide. Doucement, je relevai une nouvelle fois ma manche. Je n'aurais pas dû suivre le Feu. J'aurais dû trouver un coin où me planquer jusqu'au matin et attendre que l'on vienne me chercher... « Tu t'fous d'ma gueule ? » Je fermai les yeux face à son sourire. Sans attendre, il ouvrit la porte et m'entraîna à l'intérieur en m'étreignant par le bras. Il me serrait fort, si fort que j'avais l'impression qu'il empêchait mon sang de circuler. L'endroit m'apparaissait lugubre et malfamé. Nous atteignîmes le regroupement. Sans faire attention aux regards et à ce qui se disait, j'observai brièvement les visages pour trouver celui du bourreau. Alors je plantai mon regard dans le sien. Mes yeux n'imploraient pas, je n'imaginais pas le Feu changer d'avis et vouloir m'aider. Pour sortir de là je ne devrais sûrement m'en remettre qu'à moi-même. « Aaah on dirait que notre cher Kacem lui a tapé dans l'œil ! » Lâcha celui qui me tenait sur un ton graveleux. Il me poussa vers lui avec un élan qui manqua de me faire tomber. « Cadeau ! Fais-en c'que tu veux, elle manquera à personne. » L'aversion que le bourreau devait vouer aux exempts ne saurait s'atténuer avec cette nuit... Je restai immobile à côté de lui, le regard désolé. Tout ce que je voulais, c'était rentrer entière chez moi, rien de plus... Mais lorsque l'on tombait dans ce genre de labyrinthe, il paraissait difficile de s'en dépêtrer.

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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Sam 22 Juil - 14:32

    La salle était grande. Elle éblouissait tout nouvel entrant d'une lueur orangée assez tonique, certainement manifestée par la présence de flammes chatoyantes prisonnières de grands lustres de fer sombre soudées au plafond, surplombant les fidèles de Ramose qui se rassemblaient ici. Quand Kacem passa le bout de son nez dans le repaire des extrémistes, un homme était monté sur une échelle en bois relativement solide, s'était perché au dessus d'un des lustres et ravivait la flamme de celui ci à l'aide d'un grand plumeau dont les extrémités avaient noirci par l'action du feu, preuve que l'outil n'en était pas à son coup d'essai. Il battait des ailes pour nourrir l'âtre qui servait tant à réchauffer les fidèles qu'à les illuminer. Pour cacher cette lumière vive aux yeux des gardes rôdant à l'extérieur, des rideaux absorbant la lumière avaient été dressé devant les quelques fenêtres du bâtiment afin de ne pas attirer l'attention des vigiles. Il y avait des bancs et des tables en bois disposés aux quatre coins de la salle qui ressemblait ainsi davantage à un réfectoire qu'à un sanctuaire de partisans Feux. Ballion étant absent, peu de personnes avaient prit la peine de venir ce soir. L'estrade était vide, plusieurs tables étaient délaissées, et les quelques personnes présentes ne faisaient que jouer aux dés ou bavarder innocemment dans leurs coins. En somme, il n'y avait rien de spécialement illégal dans les parages, si on omettait le fait que le couvre-feu n'était en rien respecter, que l’absinthe coulait à flot; certainement grâce aux trafics de l'un des frères Ergorn, le cadet de la fratrie éponyme, celui qui répondait au nom de Nove et que l'on disait assez influent dans la pègre lucrezienne. Réajustant un peu ses vêtements lorsqu'il entra à l'intérieur du repaire, Kacem s'avança à pas feutrés vers une table située à l'extrême gauche de la porte d'entrée. De loin, il n'avait pas vu que sur cette même table roupillait déjà un homme. Grand, trapu, gourmet à en croire ses poignées d'amour, chauve, avec un bouc sombre plus ou moins bien taillé, il portait une sorte de toge brune ceinturée d'un cordon bleu sombre sous le ventre, il avait également des braies sombres trouées et rafistolées à certains endroits. Il avait la tête plaquée contre la table, les yeux clos, la bouche entrouverte laissant échapper des ronflements sourds. Son bras droit traînait également à côté de son crâne, sa manche légèrement retroussé -sûrement par l'un des hommes chargés de la sécurité dans l'enceinte du repaire, pour s'assurer de son appartenance à la fratrie Feu- révélait un tatouage rouge vif, la couleur n'allant pas sans rappeler celle d'un fer incandescent prêt à marquer la peau, qui devait correspondre à un niveau quatre, puisque sa taille et son apparence ressemblait en tout point au bracelet naturel que portait lui-même Kacem, à la différence près que son tatouage à lui était ocre.

    Après avoir jeté un rapide regard pour s'assurer qu'il était bien endormi, Kacem s'installa à sa table, à l'autre bout cela dit, afin de ne pas troubler son sommeil, et, voyant une esclave passer à proximité de lui, quasiment dénudée, et apportant une bouteille d'alcool à d'autres partisans du mouvement initié par Ballion, il l'interpella : « La même chose. » Dit-il simplement en levant la main pour qu'elle voit que c'était lui qui s'adressait à elle. Il n'avait pas mis les formes pour paraître poli car elle n'était qu'une esclave, une esclave qui, en plus de cela, avait une marque bleue cyan sur l'avant-bras. Il aurait été mal vu qu'il ajoute un simple "s'il vous plait" à la fin de sa phrase. Les autres l'auraient vu comme un faible, un de ceux qui respectent les autres éléments et qui sont juste bons à rien. Pour se confondre dans la masse, Kacem singeait les habitudes de ses comparses et prit donc l'habitude, avec le temps, de mépriser les autres "sous-races", davantage encore en présence de ses compatriotes qui, au début de sa formation d'extrême, le gratifiaient même d'une accolade, d'une petite friction de ses cheveux, d'un petit sourire complice, comme pour lui faire comprendre qu'il était sur la bonne voie pour devenir un vrai homme. Dorénavant, il n'était plus un apprenti extrémiste, mais bien un extrémiste à part entière, et il n'était plus nécessaire de le récompenser comme on récompenserait un bambin. Alors, personne ne réagit vraiment à ses paroles. L'esclave brune roula des yeux, elle était habituée à cela maintenant, elle tourna alors les talons et retourna chercher à boire en roulant ses fesses rougies par les coups "flatteurs" de ses clients, et surtout éventrées par les coups de fouet de son maître, Kyklo, un proche collaborateur de Ballion qui était présent ce soir.

    A peine la servante eut-elle disparût que la porte d'entrée s'ouvrit de nouveau pour se refermer aussi vite. Kacem n'y fit pas attention au début, il avait en effet sorti de sa manche un morceau de papier usé sur lequel était écrit quelques phrases, le papier était criblé d'écritures, une écriture quasiment illisible, on aurait cru de l'italique tant les lettres étaient penchées. C'était un extrait de l'oeuvre de Ballion que celui ci avait confié à Kacem pour que celui ci apprenne à lire en même temps qu'il se radicaliserait. Il ne cessa de lire le morceau de parchemin qu'une fois qu'il entendit son nom : « [color:b166=ff9933]Aaah on dirait que notre cher Kacem lui a tapé dans l'œil ! » Eden'El ? Il pensait l'avoir semé... Cette peste était vraiment collante. C'était Raïd, une connaissance assez sommaire de Kacem à qui il n'avait parlé qu'à quelques reprises seulement, qui amena la petite blonde qu'il lui lança presque dessus en disant simplement : « Cadeau ! Fais-en c'que tu veux, elle manquera à personne. » Qu'est-ce qu'elle pouvait bien avoir dans la cervelle, celle là ? Il lui avait laissé l'occasion de partir, et la voilà qui revenait dans ses pattes comme un chien qu'on abandonne et qui retrouve la maison de son maître sans cesse. Il fallait vraiment être folle pour se mettre volontairement en danger comme elle le faisait sans cesse. Le bourreau grogna un peu et se mordit la lèvre inférieure, il courba l'échine, posa ses coudes contre la table de bois et rabattit ses bras contre son crâne pour se gratter les cheveux, comme pour stimuler ses méninges dans l'espoir de trouver une explication quant à la présence de la blonde ici, et le fait qu'elle le connaissait. Elle n'avait pas parlé mais, pris par la panique, le fils de Gora lâcha dans un murmure qu'elle seule pouvait entendre : « Ferme la ... » Il avait besoin de se concentrer, de réfléchir, et il avait anticipé qu'elle allait, très certainement, s'excuser ou alors commencer à s'adresser à lui pour une raison ou une autre. Étant donnée sa position, Kacem ne le remarqua pas mais la petite blonde attira les convoitises de certains. Installé à la table voisine, un homme aux longs cheveux sombres et ayant une cicatrice marquant toute la partie gauche de son visage dévisagea la petite dame assise désormais aux côtés du bourreau. Mais il n'était pas le seul à la regarder puisqu'en effet, bon nombre d'hommes s'étaient rapproché de quelques tables pour regarder Eden'El comme s'il s'agissait d'un morceau de viande ou d'une espèce rare que l'on peut voir dans des cirques itinérants du continent. Un de ces hommes brisa le silence dans la seconde qui suivit : « Dis-moi, Kacem, c'est qui elle ? » Le moricaud releva la tête subitement, cherchant une explication à leur fournir, se disant que si ils apprenaient qu'elle était exempte, il ne donnait pas cher de sa peau. Une goutte de sueur apparût sur son front. « Certainement pas sa fiancée en tout cas, on sait tous que notre petit Kacem est pas un romantique... » Ajouta un second. « Il est peut-être même impuissant.  » Renchérit un troisième avant de provoquer une euphorie générale. Kacem singea même un petit rire, surtout provoqué par sa nervosité au vue de la situation. Entre temps, l'esclave de tout à l'heure revint et déposa la bouteille à côté du bourreau, glissant habilement sa main sur la table en se retournant pour capturer discrètement entre ses doigts le bout de parchemin de Kacem, profitant ainsi du tumulte généré par l'arrivée d'Eden'El pour récupérer ce précieux document qui, s'il venait à arriver entre les mains des autorités d'autres éléments, pourrait valoir à Ballion bien des problèmes. Ayant perçu le vol du papier, un homme surgit de l'ombre et attrapa fermement le poignet de la voleuse en fronçant les sourcils : « C'est quoi, ça ? Vulgaire salope impure, comment oses-tu ? » S'écria l'homme en serrant davantage son poignet, lui arrachant de ce fait un hurlement de douleur avant de finalement la frapper du dos de la main, faisant légèrement craquer sa mâchoire en la faisant s'écraser durement contre la table de Kacem qui recula un peu, faisant ainsi tomber le dormeur qui se réveilla en sursaut et en criant une injure. Par réflexe, en voyant la table reculer, et son banc tomber avec l'esclave, le bourreau se redressa et prit par son bras frêle la blonde qu'il tira vers lui pour éviter qu'elle ne tombe. L'homme s'étant aperçu du vol du parchemin cracha au visage de la pauvre femme qui était déjà à terre, la joue toute rouge suite au coup qu'elle venait de recevoir. Mais le problème était tout autre maintenant, ayant attrapé Eden'El par son bras, Kacem avait révélé aux yeux de tous l'absence de marque sur le bras de la blonde. Des chuchotements se firent entendre entre les différents fidèles, et Kacem se sentait de plus en plus mal, il craignait littéralement pour son intégrité, pour les conséquences de tout cela. Il lâcha le bras de la blonde suite à cela et s'écarta d'elle, faisant presque mine qu'il ne la connaissait pas. Ce quiproquo allait très certainement coûtait cher à la pauvre Terre qui, en raison de l'absence de marque sur son bras, passait véritablement pour une exempte aux yeux de tous. Et malheureusement pour elle, le bourreau n'avait aucune idée de comment la sortir de cette terrible situation...

    « Charmant spécimen d'esclave que tu as là, Kacem. » Lança alors une voix suave, venue de nulle part. Les hommes s'écartèrent alors et laissèrent apparaître hors de leur ombre l'homme aux longs cheveux et au visage marqué par la douleur, de tout à l'heure. Il affichait un sourire troublant et dévisagea la femme par terre qu'il maudit de son simple regard. Cet homme, c'était le maître de l'esclave Eau : Kyklo... Encore troublé, le bourreau se contenta d'un simple "merci" peine audible pour répondre à ce grand homme qu'était Kyklo. Celui ci reprit le bout de parchemin dans la main de celui qui l'avait récupéré et s'avança en direction de son possesseur d'origine afin de lui remettre, laissant traîner par la même occasion ses yeux perçants sur le corps de la dite "esclave de Kacem" ...


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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Dim 23 Juil - 14:13

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Le bruit, les inconnus, les regards, la lumière vacillante des flammes au-dessus de nous. Cet endroit avait de quoi me pétrifier sur place. Fixer la seule chose qui m'était à peu près familière était ma seule chance de ne pas complètement me mettre à paniquer. À me revoir, le bourreau paraissait incrédule. Sûrement dépité par mon manque de considération du danger. Malheureusement pour moi, j'avais connu pire et au moins, cette salle paraissait dénuée de gardes. C'était à peu près tout ce qui m'importait. Restait à réussir à survivre jusqu'à ce que je puisse rentrer au palais. Cet instant captivé n'échappa guère à l'homme qui m'avait entraînée dans cet antre. Il me balança aux côtés de celui qui portait le nom de Kacem. Ce dernier, décontenancé par ma présence, me murmura avant que je n'eus le temps de dire quoi que ce soit un "ferme-la" qui me cloua le bec. Mon malaise était presque palpable. Quoi de plus normal ? Sentant les regards se poser sur moi, je me contentais de fixer le bourreau, essayant par ce moyen d'occulter tous les autres. Peau diaphane, cheveux si clairs et yeux d'un azur reflétant chaque luminescence de la pièce, je dénotais plus que de raison. Ma place n'était pas au milieu des Feux. C'était à se demander d'ailleurs comment j'avais pu entrer dans le quartier Sud sans même que l'aura qui s'en dégageait ne m'ait totalement désintégrée tant le contraste était fort.

Un contraste comme deux choses que tout opposait en ce monde. L'autre côté de la pièce. Dans les rires gras et remarques désobligeantes, je ne parvenais à m'ôter l'image d'Orkem. Serrant les poings, je luttais en vain pour l'éloigner de mon esprit. J'étais une part de son monde et, inéluctablement, il était une part du mien. Tout paraissait me mener à lui comme deux aimants. Cette idée me révulsait, m'exaspérait d'injustice et de colère. Mordant mes lèvres pour éviter que celles-ci ne tremblent, je m'assis aux côtés de Kacem. Yeux rivés sur la table, ne souhaitant me risquer à croiser le regard des autres personnes. « Dis-moi, Kacem, c'est qui elle ? » Intervint l'un des convives. Je déglutis en fermant les yeux. Personne. Je ne suis personne. Risquait-il d'avoir des ennuis par ma faute ? Il avait dit que l'endroit serait sûr pour lui, pas pour moi. Si l'endroit est si sûr pour lui, alors non, il n'y avait aucune raison que ma présence ne lui porte réellement préjudice. Doucement, je portai mon regard à lui. Il semblait intimidé par la situation. Avait-il peur pour moi ? Les Terres avaient ce sens de l'empathie que l'on ne retrouvait malheureusement que rarement chez les autres éléments. Ça n'irait pas. « Certainement pas sa fiancée en tout cas, on sait tous que notre petit Kacem est pas un romantique... » Beugla un autre homme. Je joignis mes mains l'une à l'autre, posées sur mes cuisses à s'entremêler nerveusement. « Il est peut-être même impuissant. » Kacem était resté silencieux à ces remarques mais mima le rire général que cette déclaration avait provoqué.

Si je me gardais de prononcer le moindre mot et lui de feindre l'ignorance en accusant le coup sur les remarques de ses semblables, peut-être que je sortirai de là en vie. Ils avaient l'air bourrus et stupides, mais ce n'étaient peut-être pas des rapaces carnassiers près à détruire la moindre personne se révélant différente. Tous les Feux n'étaient pas comme Orkem. Ranrek et Kara l'avaient prouvé mille fois. Kacem, sûrement malgré lui, le prouvait également. Cette pensée me permettait de demeurer optimiste face au dénouement que pouvait promettre cette soirée. Une fille qui devait sans doute être une esclave, apporta une bouteille à la table. J'évitai de laisser mon attention se capter par cette jeune femme, gardant les yeux rivés sur la table. Mais l'exclamation d'un homme me fit sursauter, captant alors mon regard. « C'est quoi, ça ? Vulgaire salope impure, comment oses-tu ? » Ces mots me choquèrent, me coupant le souffle une seconde. Il vint la frapper au visage avec une violence qui m'interpella d'autant plus. Portant mes mains à ma bouche, je réprimais un cri de stupeur qui se révéla à peine audible face au tumulte provoqué par l'altercation. Elle retomba sur la table qui se recula face au choc. Le banc vacilla et je manquai de tomber à la renverse. Par réflexe sans doute non prémédité, Kacem m'attrapa le bras pour éviter que je ne tombe. Me raccrochant à lui pour reprendre mon équilibre, je notai le silence qui s'empara de l'assemblée. Nos regards se croisèrent. Le sien effaré et le mien terrifié. Il se recula brusquement en me lâchant, me laissant par la même occasion à la merci de tous les autres.

Tout autour de moi, les regards et les gestes me parurent comme être au ralenti. Je balayai rapidement des yeux ce cercle difforme qu'ils formaient. La chair de poule aux bras et la chaleur me montant à l'esprit, j'avais l'impression de tomber dans un trou sans fin. « Charmant spécimen d'esclave que tu as là, Kacem », s'élança une voix grave venue d'ailleurs. Oscillant entre les visages qui s'étaient tournés vers moi, je m'arrêtai sur celui qui venait de prononcer ces mots. L'assemblée paraissait abdiquer de tout rien qu'à sa présence. Ce qui ne manqua pas d'ajouter à mon intimidation. Alors que les autres hommes me laissaient leur accorder le bénéfice du doute face à leur cruauté, cet homme-là m'évoquait bien plus l'esprit tordu et sadique d'Orkem. J'avais la fâcheuse tendance à ne provoquer chez ces personnes que violence et rage. Essayant de garder mon calme, je cadençais ma respiration pour que mon cœur ne s'emballe pas face à l'effroi qu'il me provoquait. Récupérant ce que l'esclave avait volé, il s'avança vers Kacem. Ses yeux s'arrêtèrent sur moi quelques longues secondes où je crus mourir de honte. Baissant les yeux et la tête comme si cela avait le don de me faire disparaître, je restai figée.

Mon attention glissa subrepticement vers l'esclave au sol. Elle se tenait la joue, yeux humides par la douleur et l'humiliation alors qu'elle essuyait de l'autre main le crachat que lui avait lancé l'homme qui l'avait interrompue. Pourquoi avoir pris ce papier ? Pourquoi est-ce que cela avait suscité une telle violence ? Mille questions m'apparurent sur ce qui pouvait bien être écrit sur ce parchemin. Pourquoi était-il en possession de Kacem ? Pourquoi voulait-elle se risquer à le voler et risquer de se faire couper la main ? Qu'est-ce qui pouvait avoir tant de valeur ? Les sourcils froncés, compatissant devant la brutalité dont la jeune femme avait été violente, je commençais à croire que ce regroupement n'avait rien de légal... S'agissait-il d'un groupe d'extrémistes ? De bandits ? Regardant Kacem du coin de l'œil, je ne parvenais pas à l'imaginer tremper dans ce genre d'histoires déviantes. Il avait beau être instable, ce n'était pas un mauvais gars. Il était plutôt droit même. En dehors de l'alcool dont il se nourrissait probablement à chaque dîner... Le regard interrogateur, je conservais mon silence. La vue de mon bras mutilé par le feu paraissait tenir à l'écart les autres hommes. Considéraient-ils que c'était contagieux ? Que m'approcher brûlerait leur marque ? Cela avait de quoi être amusant en y pensant avec un recul certain et pour une fois, cela servirait mon intérêt d'avoir cette marque. S'ils battaient l'esclave dont la marque de l'Eau se laissait entrevoir, ils paraissaient fuir les exempts. Enfin ceux qu'ils pensaient être exempts. Même si ça m'évitait d'avoir à supporter autre chose que leurs regards dédaigneux et écœurés, cela ne me rassurait cependant guère quant à ce qu'ils allaient décider de faire de moi. Si je leur demandais simplement de me ramener à mon maître, Ranrek Ergorn, le feraient-ils ? Ou bien ne croiraient-ils pas cette nouvelle histoire - qui pourtant était vraie - ? Ce qui pouvait paraître encore plus improbable à leurs yeux serait que j'évoque mon attachement au Conseiller Vahlaan. Il m'avait proposé d'être intendante à sa villa du quartier Sud. Mais ceci paraissait encore plus improbable... Qu'un fils de représentant ait une exempte comme esclave, pourquoi pas après tout. Mais qu'un Conseiller, sûrement l'une des personnes les plus influentes de Sezni, choisisse une exempte pour son propre service, ceci apparaîtrait même comme une trahison de la part d'Orkem face aux valeurs Feu... Mais lui savait. Il savait que je n'étais pas exempte. Il le savait car c'était lui qui m'avait brûlée. C'était ses flammes qui avaient masqué ma marque Terre. Ses flammes qui avaient dessiné sur mon dos la trace de son passage. La chaleur et les regards devenaient plus qu'oppressants. Je commençais à me sentir mal... Peinant à maintenir mon regard stable.

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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Sam 29 Juil - 14:04

    La situation avait changé du tout au tout en très peu de temps. Les bancs étaient désormais déserts, et un groupuscule d'une dizaine de personnes encerclait Kacem ainsi qu'Eden'El qui se tenait à ses côtés. Sa marque inexistante avait attisé les curiosités de tous les suprématistes qui la dévisageaient, répugnés par la laideur de ce bras châtié par les flammes. Tout portait à croire qu'elle n'était pas du même monde qu'eux, qu'elle n'était qu'une bannie des dieux, une impure, une souillure. Comme le bourreau tout à l'heure, ils eurent un mouvement de recul et une certaine haine se lisait dans leurs yeux. Une exempte, ici ? Quel affront! Quelle honte! Pareilles créatures, selon eux, devraient être attachées en compagnie des chevaux, dehors, il ne fallait pas sacrifier la chaleur du repaire pour une ignominie pareille. Cette sous-race, comme le disait si bien Ballion, n'était bonne qu'à être sacrifiée aux dieux, elle n'avait aucunement sa place en ce monde. Un chien errant avait plus de valeur qu'une sans-pouvoir. Certains dans la salle n'avaient jamais encore vu d'exempts, il fallait dire que ces créatures se cachaient relativement bien et étaient en voie de disparition, ce qui expliquait encore plus leur surprise. L'intervention de Kyklo, proche collaborateur de l'orateur adulé du groupuscule, ne suffit pas à faire taire tout le monde. Des murmures continuaient encore et venaient siffler dans les oreilles du grand brun qui ne savait pas vraiment comment se débarrasser de la petite blonde, et surtout comment il allait pouvoir vivre avec le mensonge instauré par Kyklo. Comment un bourreau comme lui pouvait avoir une esclave ? C'était une interrogation qui courait déjà dans le cercle formé par les extrémistes. Il serra doucement dans sa main le papier marqué par l'écriture de son maître à penser, souda solidement ses dents les unes aux autres tout en regardant du coin de l'oeil la pupille de Ranrek, songeant également au sort qui lui serait réservé et aux répercussions auxquelles il devrait faire face la concernant. Elle ne semblait pas encline à tout révéler à son maître étant donné qu'elle n'avait rien dit au sujet de leur première rencontre, ce qui était déjà un bon point pour lui. Néanmoins, cette fois ci, la situation était bien plus grave. Peut-être qu'à cet instant-ci, elle regrettait de ne pas avoir suivi les conseils qu'elle avait reçu de Kacem. L'endroit est sûr pour moi, pas pour toi. Il avait pourtant été clair. Son inconscience lui coûterait bien cher ce soir, assurément...

    L'homme au visage brûlé s'avança encore après avoir rendu son papier à Kacem et attrapa la dite "esclave" en portant sa main à son menton. Il tira de son index sa lèvre inférieure vers le bas et inspecta la dentition d'Eden'El, comme on observe les dents d'un canasson avant de l'acheter. Il sourit un peu et relâcha son visage pour pouvoir toucher ses cheveux dorés. Kacem resta impassible, le laissant faire à sa guise, alors que les autres extrémistes la regardaient encore avec un dédain certain qui contrastait avec le soupçon d'admiration qui pouvait se lire dans les prunelles de Kyklo. Celui-ci était connu pour son trafic d'esclaves, il exerçait dans l'ombre d'un commerce florissant dans le quartier Sud et revendait à des personnes fortunées ses esclaves à des prix mirobolants. Ses activités illicites avaient ravi Ballion qui avait alors commencé à s'intéresser au demi-visage, comme certains l'appellent. Ce dernier avait des relations importantes en Sezni, et notamment auprès de certains généraux d'armée, qu'ils soient pro-Ramose, comme monarchistes. C'était, en soit, un allié de choix. Kacem lui-même s'était un peu renseigné sur lui, et avait aussi, et surtout, entendu des bruits de couloir à son propos. D'après certains, il serait fou, car seul un fou peut réellement s'intéresser à des esclaves comme lui s'y intéresse. Il les voyait un peu comme des joyaux, il les entretenait convenablement afin que leur peau ne s'affadisse point, que leurs yeux ne deviennent pas livides, pour que leurs dents ne jaunissent pas ou ne se déchaussent. Mais derrière cette bonté effrayante se cachait aussi une cruauté remarquable, qui en faisait quelqu'un d'instable. Une cruauté particulière qui ne se manifestait pas par la violence des gestes, mais davantage par une violence psychologique à l'insu de ses victimes, ce qui contrastait drastiquement avec le calme apparent qu'il affichait constamment, comme là, présentement. Il souriait, d'un sourire glacial cela dit, en observant la petite blonde, l'inspectant tel un vulgaire objet qu'il souhaiterait s'accaparer. L'homme aux longs cheveux s'écarta finalement d'elle sans perdre son sourire et lâcha simplement en tournant le dos à son compagnon Feu : « Si un jour tu décides de t'en séparer, je pourrais t'en tirer un bon prix. » Dit-il avant de ramasser son esclave qui gisait encore au sol en l'attrapant par le bras pour la soulever brutalement. Celle-ci, dans un râle de douleur, se souleva sur ses jambes tremblantes, voûta son dos et suivit silencieusement son maître qui lui avait précédemment jeté un regard noir sans équivoque. Humilié par le comportement de sa servante, il avait décidé de se retirer de la grande salle pour régler ses comptes avec elle, mais aussi pour ne plus avoir à subir les regards inquisiteurs de ses camarades qui rejetaient un peu la faute sur lui, lui qui n'avait pas su bien éduquer sa servante.

    L'agitation sembla se calmer. Tous s'écartaient désormais, retournant jouer aux dés ou bavarder dans leurs coins en brandissant leur gnôle, en sifflant les esclaves se pavanant à demi-nue, couverte d'alcool qui leur était renversé dessus tant pour les humilier que pour lubrifier leurs formes dont se délectaient certains ignares qui n'étaient venus ici que pour savourer un spectacle de poitrines et de fesses. En partant, l'un des hommes ne manqua pas de dire ces quelques mots à Kacem : « Évite de faire venir tes déchets ici la prochaine fois, elle aurait été plus à sa place dehors, attachée dans l'ombre, là où les gardes n'auraient pas pu la voir.  » Il se contenta d'hocher la tête, réprimant un soupire de soulagement quant au fait qu'ils avaient tous avalé ce mensonge amorcé par Kyklo. Il allait cependant désormais devoir trouver une explication plausible pour expliquer comment il s'était retrouvé en possession d'une esclave exempte. Ballion, quand il l'apprendrait, ne manquera sûrement pas de lui demander des explications... Il se voyait mal mentir à son maître à penser, mais il allait en être contraint à cause d'Eden'El, et de sa téméraire insouciance qui aurait pu lui coûter bien plus cher. Kacem enfourna alors le bout de parchemin dans la poche de son bas et s'écarta du groupe en tirant fermement sur le bras de la jeune femme, la faisant même tomber à genoux tant il la tira fort. Ses genoux ricochèrent une fois, puis deux, sur le sol, avant de finalement se laisser traîner dessus quelques mètres. Il devait paraître violent et furieux envers son esclave afin de ne pas attirer de nouveaux soupçons sur lui. Habilement, il la retourna et la plaqua contre le mur tout en continuant de lui maintenir un de ses bras, celui qui n'avait pas été châtié par le feu, et planta son regard droit dans celui de la jeune femme : « Pourquoi m'as-tu suivi, merde ... ? Je t'avais bien dit, pourtant, de décamper d'ici !  » Pesta t-il entre ses dents afin de parler relativement fort pour qu'elle puisse l'entendre, et surtout pour qu'elle ressente la colère dont transpiraient ses mots, mais aussi pour étouffer ses paroles afin que les autres n'en entendent mot. Il baissa ses yeux, se mordant sévèrement la lèvre inférieure tout en continuant de la bloquer entre le mur et lui, sentant encore quelques regards étrangers se poser sur eux, certains sceptiques devaient encore se méfier de la sans-marque et de son acolyte, à savoir Kacem. Afin de jouer son rôle jusqu'au bout, il ne la laissa pas répondre aussitôt et la gifla de sa main libre. Sa main partit rapidement, fendant l'air avant de finalement s'abattre avec fracas sur la joue gauche de la protégée de Ranrek, lui faisant sévèrement rougir son blafard faciès. Jamais il n'aurait pensé pouvoir avoir un jour le luxe de frapper une proche de son supérieur hiérarchique, mais il l'avait fait. Sa main lui picotait un peu, mais il ne laissa transparaître aucune douleur sur son visage.


1387 mots.

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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Mar 1 Aoû - 10:34

Kacem Al Mansour
&
Eden'el Lumnar


Dead gardens
Un animal de foire. De ceux que l'on peut observer sur le marché. C'est l'impression que j'avais face a ces regards curieux. Ma présence dérangeait. Mais j'avais l'impression qu'elle aurait tout autant dérangé si je n'avait pas cette cicatrice. Des étrangers, exempts ou d'autre éléments, ne devaient pas avoir la moindre place en ce lieu. On aurait dit un rassemblement officieux d'un groupe élitiste souhaitant rester à l'abri des regards indiscrets. Une entrée dissimulée, des codes de conduite que tous paraissaient adopter, ils se connaissaient tous. Ce n'était pas comme une auberge ou une taverne. Ce n'avait pas l'air non plus d'un événement festif. Ranrek connaissait ce genre de regroupement ? Hormis Kacem, ces hommes avaient plus des allures d'Orkem en devenir que d'honorables et civiles personnes. Que faisait le bourreau parmis eux ? D'autres visages paraissaient jeunes et doux, mais ils ne m'inspiraient aucune confiance. De prime abord, Kacem ne m'en avait pas inspiré beaucoup non plus, mais ça me semblait différent. Peut-être parce que je l'avais rencontré en de meilleures circonstances. Depuis ce séjour forcé avec Orkem, je revoyais les hommes selon les pires actes qu'ils pourraient être amenés à faire...

Difficile d'en vouloir à qui que ce soit d'autre pour ma position : je mettais jetée dans la gueule du loup sans réellement y réfléchir. J'avais beau être vive d'esprit, j'apprenais difficilement de mes erreurs. Je persistais à vouloir penser que tous les Feux n'étaient pas aussi mauvais et cruels que celui qui m'a fait du mal... que celle qui m'a marchandée et celui qui m'a vendue. Une espérance qui, après ce soir, serait définitivement anéantie.

Le sourire malsain de l'homme qui faisait s'écarter les foules s'approchait de moi. Un pas de recul lorsqu'il fut à ma hauteur, sans grande intention de fuir ; je n'avais guère d'échappatoire en cet antre résonnant des murmures subjugués et abusés. La peur se lisait dans mes yeux. Je voulais le fustiger du regard, mais il n'y avait en mes prunelles qu'une imploration presque navrante. J'esquissai un mouvement de recul lorsqu'il approcha sa main de mon visage, mais d'un geste ferme, il saisit mon menton et je n'osai plus ciller. Tout mon corps tremblotait imperceptiblement. Mes muscles se crispaient et toutes mes craintes remontaient à la surface comme mille lames qui me lacéraient. Sa peau était chaude, aussi chaude que celle qui m'avait brûlée. Ses yeux me scrutaient de l'intérieur, je me sentais nue, vulnérable et décomposée. Inspectant mes dents, il finit par me lâcher et glisser sa main dans mes cheveux dorés. Je m'efforçais de garder les yeux ouverts mais je me sentais bien trop humiliée pour continuer à le regarder dans les yeux. Je tentais de penser à autre chose, de quitter cet endroit par l'esprit. Essayant de me souvenir des courses dans les champs de blé avec Hly'tha, les paysans nous grondant d'ainsi saccager leurs récoltes avec nos jeux futiles. Je veux me souvenir du toucher des hautes herbes, leur fraîcheur et leurs senteurs de nature. Je voulais retrouver Gorka. Ne serait-ce qu'une heure... qu'une minute... « Si un jour tu décides de t'en séparer, je pourrais t'en tirer un bon prix », conclut-il. J'aurais pu m'offusquer d'une telle remarque, mais j'étais déjà passée par là. J'avais déjà été vendue...

S'ils savaient que Ranrek était mon maître, en auraient-ils quelque chose à faire ? J'étais dans un quartier auquel je n'appartenais pas et n'avais pas de marque sur mon bras. Ceci leur suffirait sans doute pour, de toute façon, me châtier sans penser aux répercussions que cela pourrait avoir sur eux. Ils avaient maltraité l'esclave sans que son maître ne paraisse s'en préoccuper d'avantage. Il la prit par le bras et l'emmena au loin. Sans doute pour lui faire payer bien plus cher son geste... Il fallait l'aider... Mais j'étais incapable de bouger d'un simple millimètre. Je la regardais se fondre à travers les Feux qui reprenaient leur place, jusqu'à la perdre de vue. « Évite de faire venir tes déchets ici la prochaine fois, elle aurait été plus à sa place dehors, attachée dans l'ombre, là où les gardes n'auraient pas pu la voir », siffla l'un des hommes. Attachée dehors ? Qu'est-ce qui n'allait pas chez ces personnes ? Je ne me faisais pas à l'idée que des êtres humains peuvent ainsi être traités...

Sans ménagement, Kacem m'agrippa le bras. L'étreinte me fit tressaillir. Me tirant pour que l'on s'éloigne, il me fit perdre l'équilibre et je tombai, genou au sol. Je ne pus réprimer un gémissement de douleur alors qu'une atroce douleur me traversa la jambe endoloris par la dernière raclée en date que je m'étais prise par cette voleuse. Il n'en avait que faire et me traîna au sol sans me laisser une seule seconde pour me relever. Je luttais pour ne pas fondre en larmes et finir recroqueviller dans un coin... Arrêtés, je pus me relever. Kacem me plaqua contre le mur sans me lâcher le bras. Sa proximité et son contact ne m'aidaient en rien à reprendre mes esprits. Mes yeux voyageaient maladroitement de ses yeux à ceux qui pouvaient nous regarder et les flammes en haut qui vacillaient. « Pourquoi m'as-tu suivi, merde... ? Je t'avais bien dit, pourtant, de décamper d'ici !  » J'ouvris la bouche pour lui répondre mais rien ne venait. J'étais paradoxalement consciente de ma naïveté, à croire qu'il pourrait se mêler à des personnes de son genre, pas ces brutes débauchées et irrespectueuses.

Est-ce que l'idée d'avoir déjà été confrontée à des personnes plus détestables qu'eux me rassurait ? Non. Pas le moins du monde à vrai dire. Je finis toutefois par réussir à articuler quelques mots. « Je n'aurais jamais réussi à quitter ce quartier toute seule... Si jamais les gardes m'attrapaient... si qui que ce soit s'en prenait à moi, je ne serais même pas capable de courir... J'ai fait ce qui me semblait être la seule solution : te suivre... Désolée... » Les excuses étaient vaines et ne changeraient rien à la situation. « Tu peux partir d'ici et me raccompagner au quartier Centre, non ? Ils me laisseront partir avec toi, pas vrai ? Je resterai pas ici de toute façon? » J'essayais de trouver une solution, pour sortir de là vivante et entière. Même si le peu de dignité que j'avais s'était répandue sur les planches du sol poussiéreux... « Ranrek... Monsieur Ergorn... me rattrapai-je, n'étant pas censée l'appeler par son prénom. Sera sûrement redevable du fait que tu m'ais aidée, S'il te plaît Kacem... Quand bien même tu ne crois pas à ce que j'ai pu te dire, essaye au moins de croire en l'un des représentants de ton peuple... » Tentai-je. Après tout, cela avait son importance. Comment un Ergorn accepterait un exempt à ses côtés ? Sous son toit ? Bon certes, Karam devait en être malade, Khorde était plus qu'offusqué et même les domestiques me regardaient de travers, ne croyant qu'à moitié à ce que je prétendais être... Mais cette nuance n'était pas vraiment perceptible par des personnes extérieures.

@Kacem Al Mansour ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1248 mots
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~#~Sujet: Re: Dead gardens ☙ Kacem Mer 16 Aoû - 13:40

    Plaquée contre le mur par Kacem, Eden'El le regardait de ses prunelles bleutées cernées par une pluie dorée qui striait son regard, qui traduisait sa peur et ses interrogations profondes quant au lieu dans lequel elle avait mis les pieds; ses mèches allant çà-et-là, découpant son visage arrondi de façon linéaire, à la verticale, couvrant tel un voile son faciès, comme pour se cacher inconsciemment des regards emplis de haine des extrémistes. Il y avait, dans ses yeux, ce petit quelque chose, cette étincelle qui attirait le regard sombre du bourreau. C'était cette même petite flamme qui jaillissait de l'oeil d'un condamné peu avant qu'on n'abatte sur lui la sentence, matérialisée par la faux. Son regard était celui d'une personne qui craignait pour sa vie et qui souhaitait disparaître d'ici, le plus rapidement possible. Tout sur sa bouille d'enfant exprimait sa crainte profonde. Sa lèvre inférieure, d'un rose renforcé par la pâleur de son visage, tremblait inconsciemment, elle devenait plus blême qu'elle ne l'eut été précédemment, sa peau prit une lividité inconnue, presque cadavérique -les plus audacieux diront qu'elle portait un masque en putréfaction-, ce qui était d'autant plus renforcé par la lueur de cette flamme incandescente qui vacillait à quelques centimètres seulement d'elle, léchant presque ses cheveux de blé, mais aussi et surtout, qui créait une lumière solaire sur le côté gauche de son visage, désormais scindé en deux : mi-soleil, d'un orange brûlant et pétillant, mi-lune, d'une blancheur maladive mais éblouissante. Son nez, légèrement retroussé, servant de centre parfait à son visage, était également la frontière entre son jour et sa nuit. Ce double masque symbolisait deux facettes d'Eden'El, sa fragmentation, sa fissure interne, et fit en quelque sorte prendre conscience à Kacem, ou plutôt lui rappela, qu'elle était tout comme lui : une personne affichant un sourire, se donnant des airs aux yeux de tous, pour mieux cacher ce qu'elle est vraiment au plus profond d'elle. Face à elle, la regardant droit dans les yeux, cette peinture abstraite de la jeune femme apparût comme un miroir de lui-même au moricaud qui détaillait avec attention chaque trait de ce visage qu'il pensait, de façon métaphorique, être sien. Cette peur à l’instante qu'il lisait sur son visage, c'était celle qu'il ressentait tout au long de sa misérable vie ... Ils sont pareils.

    La bouche de la jeune femme s'entrouvrit, laissant s'échapper de sourdes paroles. Le son s'était bloqué dans sa gorge et elle dû s'y reprendre pour faire entendre sa voix : « Je n'aurais jamais réussi à quitter ce quartier toute seule... Si jamais les gardes m'attrapaient... si qui que ce soit s'en prenait à moi, je ne serais même pas capable de courir... J'ai fait ce qui me semblait être la seule solution : te suivre... Désolée... » Lâcha t-elle finalement pour s'expliquer sur le fait qu'elle ait décidé de suivre Kacem jusqu'au repaire des suprématistes, à ses risques et périls, comme il le lui avait signalé plus tôt, dans la ruelle sombre. Ses raisons étaient valables. Elle était frêle et chétive, elle n'aurait peut-être pas réussi à atteindre le domaine des Ergorn seule, mais ce n'était pas un justificatif assez convainquant pour le bourreau qui, de façon assez égoïste, pensait davantage à sa sécurité plutôt qu'à celle d'Eden'El qui, malgré tout, demeurait à ses yeux une inconnue, tout au plus une connaissance, mais elle n'avait aucunement le loisir d'être plus que cela, à ses yeux. Pensant, à raison, que ces quelques paroles ne seraient pas suffisantes pour se tirer d'affaire, la petite blonde renchérit, dans l'espoir de quitter les lieux : « Tu peux partir d'ici et me raccompagner au quartier Centre, non ? Ils me laisseront partir avec toi, pas vrai ? Je resterai pas ici de toute façon? » Une certaine panique se décryptait assez facilement désormais en elle. Elle parlait, et ne laissait pas le temps à Kacem de lui dire qu'il serait vain de partir maintenant, que cela paraîtrait trop suspect, et éventuellement que certains les suivraient dans l'espoir de louer les fesses de la demoiselle pour quelques longues minutes, à moins qu'ils ne veulent simplement s'occuper les poings en frappant dans de la vermine de seconde zone. « Ranrek... Monsieur Ergorn... me rattrapai-je, n'étant pas censée l'appeler par son prénom. Sera sûrement redevable du fait que tu m'ais aidée, S'il te plaît Kacem... Quand bien même tu ne crois pas à ce que j'ai pu te dire, essaye au moins de croire en l'un des représentants de ton peuple... » La persuasion. L'appel aux sentiments pour convaincre. Kacem doutait de ses agissements, présentement, il remettait en question ses mensonges, il redoutait les répercussions qu'auraient cette soirée sur sa vie, sur le regard que les autres lui portent. Il était enfermé dans son cocon, ne pensait pas à la domestique, et songeait plutôt à son avenir au sein de la fraternité Feu. Le fait qu'elle lui parle de Ranrek ne l'atteint pas réellement. Cet homme était souvent décrit dans les réunions, par certaines pies, comme étant un traître à son sang, l'un de ceux qui prônent l'égalité de tous et à raison, étant donné qu'il avait donné une place de choix, à ses côtés, à une exempte. En somme, même s'il était un des supérieurs de Kacem, il n'en demeurait pas moins un homme affable qu'il ne devait fréquenter, sous peine d'être montré du doigt et rejeté par ses pairs. L'offre d'Eden'El, qui paraissait plaisante, attrayante, au premier attrait, n'était finalement qu'une vaine tentative désespérée pour espérer fuir en louant les services du bourreau. Celui ci, tiraillé mentalement par les récents évènements, crispa légèrement son visage et secoua vivement la tête pour refuser de voler au secours de la demoiselle éplorée. Le risque était trop grand. Et le jeu n'en valait point la chandelle.

    Soudain, la grande porte en bois s'ouvrit et laissa apparaître un vieillard cacochyme dans l'entrebâillement de la porte. Cet homme n'était connu que de vu par Kacem. Il était, d'après ses sources, un fidèle esclave de la famille de Kyklo depuis plusieurs décennies. L'homme, à l'allure débile, traînant sur ses épaules une peau sombre et lourde qui lui faisait voûter son dos, comme l'on banderait un arc, et dégaina un long morceau de bois d'un brun sombre bien plus épais qu'une tige, dont la garde était assez fine mais s'élargissait énormément au niveau de l'embout, ayant de ce fait des semblants de massue, creusée en divers endroits, formant des alvéoles multiples de forme circulaires qui menaçaient d'atteindre le coeur du porteur de lumière. En effet, cette longue baguette brillait d'un feu crépitant qui, de sa chevelure ardente, longue et chatoyante, qui rappelait la crinière des fauves de la grande savane seznienne, chatouillait les pierres qui encerclaient l'orée de la porte, les titillant de ses mèches rousses, les embrassant de ses lèvres volcaniques, les faisant rougir, non pas par timidité, mais bien à cause de cette chaleur caniculaire qu'elles émanaient. « Un garde a été retrouvé dans une ruelle, assommé. Les bâtiments vont être fouillés, maître. » Tout s'arrêta. Le temps se suspendit, mais les minutes s'égrenaient tout de même. Il fallut un certain temps pour que tout le monde se dégage de cet abasourdissement, et ne s'agite. Comprenant assez rapidement que le garde retrouvé inerte dans la ruelle était celui qui avait failli les découvrir, Eden et lui, quelques minutes plus tôt, il relâcha prise sur la jeune femme et tenta de retrouver haleine, ressentant les battements sonores de son coeur dans tout son corps. Des pulsations puissantes le secouaient, et il se sentait prendre racine au sol, tétanisé. Autour de lui, les suprématistes balançaient d'énormes draps poussiéreux sur les tables, éteignirent rapidement les lumières, traînèrent les esclaves qui tentaient d'attirer l'attention des spadassins dans l'espoir d'être libérés du joug de leurs tortionnaires, et effacèrent leurs traces. Avec toute cette agitation, Kacem ne put voir où partaient Kyklo et les autres, comme cette esclave humiliée devant tous, ou celui qui avait retrouvé son manuscrit dérobé. Il déglutit et, dans un élan de courage incompréhensible, il harponna avec force le poignet de la petite blonde et fonça sur sa gauche pour pouvoir se cacher dans une sorte de cellier en entendant le cliquetis métallique des armes gronder en leur direction. Clic-clic. Ils avançaient machinalement, s'enfonçant dans l'ombre de la grande salle après avoir enfoncé la porte de bois d'un coup de pied. Bam. Un bruit sourd. Un garde s'avança. Son armure argentée était la seule source de lumière ici. Kacem se colla dos à un mur, hors de portée de la vue du molosse cuirassé, et plaqua sa main contre les lèvres de celle qu'il était en train de sauver, sans réellement savoir pourquoi, et comment, lui enfonçant presque son majeur et son index dans la bouche, les plaquant contre ses dents, essayant de la rendre muette le temps de l'inspection du soldat. Ils n'étaient pas les seuls à être cachés dans les environs, certaines pièces avaient été prises d'assaut, dans la panique, par d'autres adhérents du groupe. Tous furetaient le moindre geste du garde qui fut bientôt escorté par deux de ses camarades, la main posée sur la garde de leur épée. Ils déambulaient, silencieusement, regardant les tables nappés d'un drap tacheté. Sentant plus que jamais le moindre battement de son coeur qui tambourinait dans sa poitrine, le bourreau tenta de calmer sa respiration saccadée, collant davantage contre lui le dos de la jeune femme avant de se risquer à avancer d'un pas feutré en direction d'une autre sortie, située au fond du cellier. L'entreprise périclitait. A peine eut-il fait un pas qu'on entendit résonner un écho. Cet écho ne venait pas de lui, non, quelqu'un d'autre avait dû bouger ... Mais en tout cas, les gardes n'étaient pas dupes et comprirent bien vite qu'ils avaient trouvé des intrus. Sans mot dire, celui du milieu indiqua aux autres de se séparer, et c'est ce qu'ils firent...


1647 mots.

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