AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Groupes fermés
Les groupes des Matières et des Exempts sont momentanément fermés aux inventés et scénarios, merci de votre compréhension
Intrigue
Un vent de changement souffle sur les terres d'Oranda... Pour en découvrir plus, la première intrigue a été dévoilée
Venez donc tout savoir (ou presque) du meurtre d'Osrian Thenkar, membre de la Famille Birghild
Avis de Recherche
Nous recherchons activement des Innocents, merci de privilégier les PV et scénarios !
Ils sont en sous nombre et on aimerait bien avoir de nouveaux amis avec qui jouer !
Scénarios
Le scénario d'Eden'El Lumnar a été mis en avant par Silee Pherusa
C'est le dirigeant d'un refuge de Lucrezia qui n'attend qu'à être pris !

Partagez|

Stay [Zora]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 287
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Stay [Zora] Lun 5 Juin - 20:53

Sven ne savait s’il devait être heureux, ou malheureux. Son front se plissait devant ce grand dilemme. Il se souvenait des stands détruits au sein du marché, ou des blessés S’il n’avait ressenti nulle peine pour tout élémentaire d’Air, d’Eau et de Terre, la chose avait été différente quand la personne arborait le tatouage de Feu.

Il était malheureux pour ces citoyens de sa Nation qui avaient été blessé par des fanatiques « Eaux ». Ce fait-là n’en restait pas moins curieux, même pour Sven. Il n’avait pas souvenir que les personnes, comme la région, associées à l’élément Eau puisse nourrir un tel patriotisme « passionné » et extrême. Si ce genre de personne existait vraiment, et si elle avait pu mettre à sac un événement majeur, alors cela ne voulait dire qu’une chose : Andar était faible, dans sa région, incapable de contrôler sa population.

Cependant, l’autre fait curieux – mais réjouissant par contre – était l’assassinat inattendu d’un certain représentant de la Terre. « Pourquoi » était la question que se posait Sven. Pourquoi un Terre et pas un autre ? Pourquoi lui et pas un autre ? Etait-ce une attaque due à une affaire personnelle, ou une provocation ? Plus important, est-ce que les deux événements étaient liés ? Si oui, la logique aurait voulu que le représentant mort soit un homme du Feu – l’élément contraire par nature de l’Eau, n’est-ce pas ?.

Dans tous les cas, quel que soit les victimes, ou les événements, les choses ne pouvaient se résumer qu’à ceci : les Eléments devaient vivre « divisé ». Autrement, le besoin de dominer l’ordre prendra le dessus. Tout homme avait cette volonté farouche et incontrôlable de dominer autrui, et elle n’en était que plus importante quand la dite personne appartenait à une faction. Dès lors, les autres factions n’étaient qu’une cible, un sport à pratiquer, en tout temps et en tout lieu. Après l’Amour, la Guerre était un tout autre stimulant de la Vie.

Parlant d’Amour, mais au sens physique du terme, il vit du coin de l’œil une silhouette délicieuse bien trop familière – mais encore trop inconnue malgré lui – s’avancer. Il ne savait s’il devait soupirer d’agacement ou s’il devait s’amuser à l’idée de la suite des événements. Il ne fallait pas être un génie ou un grand connaisseur des femmes pour savoir que Zora Birghild allait être des plus en colère à l’idée d’être « là », à ses côtés, dans cette résidence secondaire au sein du quartier Sud de Lucrezia, plutôt qu’auprès des siens à panser des plaies. Cependant, Sven avait été clair à ce sujet : « ensemble » ou la guerre. Il n’était pas stupide. Si elle échappait à sa surveillance, il ne pourrait plus la garder à ses côtés. Et si elle n’était plus sous son contrôle, alors elle risquerait de faire ou de dire des choses des plus compromettantes. Or, la situation ne permettait pas une telle chose, du moins pas tant qu’il n’avait pas décidé de la stratégie et de la position à adopter.

Enfin, dernier détail, il avait terriblement envie de « l’embêter » au sujet de la division des Eléments et de l’inégalité nécessaire au sein d’une société. Cependant, il ne savait pas trop si c’était avisé comme idée et s’il ne jetterait pas plutôt de l’huile sur le feu. Il aimait jouer avec le Feu, littéralement, mais lui-même savait qu’il ne fallait pas trop s’étendre certains jours. Un Feu trop prolongé pouvait être toxique, même pour les hommes les plus aguerris.

- Toutes mes condoléances pour cette perte, commença Sven, en faisant une petite révérence pour marquer une politesse et un certain respect. N’hésitez pas à me faire savoir si vous avez besoin de quoi que ce soit pour surmonter comme il se doit cette épreuve, mentit-il. Il pourrait fournir tous besoins d’ordre « matériel », mais il n’acceptera nullement de la laisser partir ou d’inviter toute autre personne. Si elle voulait pleurer sur une épaule, il avait la sienne ou une esclave. Autrement, elle avait une chambre et des coussins. Vous avez une mine terrible, peut-être auriez-vous besoin de manger des choses consistantes ? A Lucrezia, nous avons plus de chance d’offrir un repas adapté à vos besoins, qu’à Sezni, profitez-en.

Une chose à savoir avec un élément Terre : son alimentation. Sur ce point-là, ils se démarquaient beaucoup des Sudistes qui ne juraient que par la viande. L’un respectait au plus haut point les animaux, alors que les autres les tuaient avant que ces derniers ne les tuent. A nouveau, c’était une affaire de culture et d’environnement. A Sezni, les animaux étaient souvent sauvages et dangereux, alors qu’à Gorka, ils étaient bien inoffensifs et paresseux. Certes, il y avait des exceptions mais elles étaient rares.

- Je vous propose d’ailleurs de lister à une des domestiques tout ce dont vous avez besoin ou dont vous avez manqué à Sezni, car dans quelques jours, nous y retournons. Nous allons rester à Lucrezia quelques jours, le temps que je règle quelques affaires et m’assure de la sécurité du quartier Sud.
Il pouvait être critiqué autant que possible, il n’en était pas moins dévoué aux siens.

Les différentes bombes étaient lancées, et il n’avait plus qu’à en récolter les débris. Allait-elle crier au scandale ? Allait-elle briser leur pacte ? Allait-elle opter pour de la diplomatie ? Allait-elle l’attaquer avec son élément ? Allait-elle l’accuser d’un fait non commis ? Les possibilités étaient nombreuses mais toutes allaient indubitablement conduire à une même conclusion : elle veut partir, alors qu’il ne l’autorise pas.

En règle générale, les femmes n’osaient pas élever le ton contre lui. Elles n’en avaient pas le droit. Sauf que Zora était cette invitée de marque qu’il ne pouvait pas ignorer ou malmener. Et une invitée de marque qui s’avérait un tantinet trop sérieuse. Il avait espéré qu’elle ait cette traditionnelle idée d’une femme qui séduise afin d’arriver à ses fins - et il n’aurait pas refusé de goûter à ces courbes délicates – mais elle était plus femme à parler et à papoter.


______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Zora Birghild
initié


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 62
❝ Avatar : Alicia Vikander
❝ Crédits : moi-même (avatar&moodboard)

❝ Métier : Politicienne, future représentante du peuple de la Terre.
❝ Age : Vingt-six ans, déjà.
❝ Niveau : 3


~#~Sujet: Re: Stay [Zora] Mar 6 Juin - 12:56

Le cœur brisé. Il n’y avait pas d’autres mots : Zora avait le cœur brisé. Un mélange d’émotions contraires avait pris possession d’elle. Indignation. Peur. Rage. Révolte. Deuil. Elle se demandait comme il pouvait être possible de ressentir tant de choses en même temps. Elle qui s’était toujours battue pour être une femme équilibrée, conciliante, armée face aux plus terribles des événements. Et surtout : comment supporter d’être enfermée ainsi, si longtemps, loin des siens qui avaient plus que jamais besoin d’elle. Ou peut-être que c’était elle qui avait plus que jamais besoin d’eux. Mais la jeune femme ne pouvait pas quitter la demeure de son geôlier. Cet endroit n’avait strictement rien à voir avec tout ce qu’elle avait connu auparavant. Au moins, elle n’était pas obligée de supporter la vue de Sezni, qui lui hérissait le poil. Ce n’est clairement pas le plus bel endroit d’Oranda et la brune donnerait n’importe quoi pour retrouver la verdure de Gorka. Si seulement elle avait le choix… Au moins, elle était à Lucrezia. Ce n’était pas le quartier qu’elle avait toujours connu, mais elle en était plus proche qu’en étant en exil dans le désert du Feu. Tout s’était précipité, ces derniers temps. L’attaque par des extrémistes Eau. Déjà, cela se révélait terrible, mais aussi très curieux. Zora n’aurait jamais imaginé que le peuple de l’Eau puisse s’adonner à de telles actions. Cela démontrait beaucoup de choses concernant le règne d’Andar Drogon, et cela n’irait pas en s’arrangeant. Cette histoire devait faire plaisir Sven, qui ne portait pas vraiment le roi du peuple de l’Eau dans son cœur. Lorsque l’on est un homme politique rêvant d’asseoir sa domination sur les autres peuples, ce genre de manifestation était une faille où il fallait s’engouffrer le plus rapidement possible. Décidément, cela n’apportait rien de bon : des dommages, des gens blessés, des pertes… Et surtout, une occasion pour les Feu de placer leurs pions. Sven était tout ce qu'il y avait de pire, chez un dictateur. Fourbe. Mielleux. Calculateur. Il avait quelque chose en lui qui le rendait charismatique autant qu’il était dangereux. Un homme de conviction, un homme d’action.

Et par-dessus tout, il y avait l’assassinat d’Osrian. Rien ne pouvait anéantir Zora plus au monde qu’une telle nouvelle : la mort violente de l’un de ses proches. Osrian était le mari de Ceersa, la tante et le mentor de la jeune Birghild. En étant proche de Ceersa, elle était également et fatalement proche d’Osrian. Apprendre son décès d’une telle manière… C’était parfaitement inacceptable. Pourquoi lui ? Dans quel but ? Et surtout, par qui ? Cela ressemblait à bien trop de personnes pour trouver un coupable idéal. L’indignation qui avait pris possession d’elle prenait le pas sur tout le reste ; elle n’était même pas au palais de la Terre pour aider les siens. Et surtout, si Osrian avait été tué, cela signifiait qu’aucun membre de la famille Birghild était en sécurité, même au sein de leur propre palais. N’importe qui pouvait être atteint par la folie de quelqu’un qui ne supportait pas la paix fragile sur laquelle reposait Oranda. Impossible de se contenir bien longtemps, Zora avait fini par ne plus pouvoir supporter de rester dans le silence, et surtout, de ne pas avoir une discussion avec Sven à ce sujet. Peu importe ce qu’elle risquait en prenant la liberté de lui parler en faisant fi des conventions, de l’étiquette et des marques de politesse qu’elle essayait de maintenir malgré la situation plutôt incongrue : il était temps qu’ils aient une discussion sérieuse, et sans la barrière du risque de l’incident diplomatique.

Elle avait fait le chemin jusqu’à le rencontrer, dans la demeure qui lui était imposée. La silhouette de son vis-à-vis se dessiner dans la pièce qu’elle venait de rejoindre, et lorsqu’il sent sa présence, il détourne le regard vers elle. Et c’est lui qui ouvre la conversation en lui présentant des condoléances qu’elle ne peut qu’assumer être de convenance et loin d’être véritablement sincères. Alors que Zora bouillonne de l’intérieur, il continue son laïus en lui parlant de… Son alimentation ? Est-il sérieux ? Croit-il qu’elle était venue se plaindre de la manière dont elle était traitée ? Elle n’avait que faire des biens matériels et des ressources qui lui étaient offertes ! Mais elle doit se contenir encore un peu. Il n’est pas question de se montrer aussi vulnérable face à cet homme qui se ferait un plaisir d’utiliser sa réaction contre elle. « Vous n’êtes tout de même pas en train de me parler de denrées alimentaires alors que je traverse la perte d’un proche ? » Oh, et puis zut. A quoi bon essayer d’être correcte ? Ce n’est pas comme si elle était chère à ses yeux : elle n’était qu’un moyen de pression qu’il pouvait faire taire comme bon lui semble. Tant qu’il aurait besoin d’elle… Il ne se risquerait pas à lui faire de mal. Du moins, c’était la conclusion qu’elle en avait déduit pendant tout le temps de sa captivité. Elle reprend : « Croyez bien que je n’ai que faire de telles préoccupations pour le moment. Vous n’êtes certainement pas sans savoir qu’il y a d’autres questions bien plus prioritaires que le confort que vous faites mine de m’offrir au sein de votre désert. » Zora était connue pour être la jumelle qui s’armait des mots, tandis qu’Aspyn préférait faire parler ses poings. Elle devait se servir de cela, car c’était la seule chose qu’elle possédait face à Sven.

La jeune femme approche de son geôlier, sans même essayer cacher la déception qu’il lui inspire. Zora est bien consciente qu’elle ne serait pas plus en sécurité que sous la coupe du dictateur, notamment parce qu’il ne laisserait personne l’approcher en dehors des esclaves et de quelques personnes de confiance. Ce n’est pas pour autant que la situation lui convenait. « Je suppose qu’il est inutile de vous formuler la moindre demande concernant ma famille malgré le drame qu’elle traverse, n’est-ce pas ? » Ce n’est pas vraiment une question. Plutôt une affirmation. « Les émotions sont loin d’être un frein, et c’est ce qui vous manque cruellement. » Pour la jeune femme, il n’y avait pas meilleur moyen de conquérir que d’user de son charme et de sa gentillesse, car régner par la peur ne donnait généralement pas le résultat escompté. Puis, elle vient enfin à aborder un sujet qui lui tenait à cœur, les doutes qu’elle avait depuis l’instant précis où elle avait appris le décès de son oncle. D’une voix plus rauque, elle se décide enfin à déclarer : « Avez-vous quelque chose à voir avec le décès de mon oncle ? J’espère pour vous que ce n’est pas le cas, car vous ne manqueriez pas d’air de me présenter vos condoléances avec tant d’aplomb. » Elle ne le lâcherait certainement pas avant d’avoir une réponse. Et gare à cette dernière : elle est sur le point d’exploser et il lui en faudrait peu.


______________________

No one would dare to move against you, because that would be moving against me.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 287
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Stay [Zora] Mer 7 Juin - 0:19

Il accusait coup sur coup, se rendant compte petit à petit qu’il était allé trop loin. Sa colère faisait écho à la sienne quand il avait perdu tour à tour sa sœur, puis ses parents. Sa douleur ne faisait que ranimer la sienne qui ne pouvait nullement cicatriser quand on savait toutes les vérités dérangeantes derrière chacun de ces morts. Il savait, par expérience, que ce genre de situation n’avait aucun remède. Ce n’était qu’une épreuve à passer seul, du moins c’était ainsi qu’il avait été forcé de faire au sein de Sezni. Dans ce désert, un homme n’avait nul droit de pleurer, de se plaindre ou de montrer une quelconque faiblesse. Il avait appris à composer avec, à se faire une carapace solide et indestructible contre tout autre malheur qui s’abattrait sur lui, ou autour de lui.

Et l’accusation vola. Avait-il tué le fameux oncle ?

- Non, répondit-il laconiquement, sans colère ni émotion. Cependant, j’ai appris que bien du monde doutait de ma parole. Alors, je vais étayer les raisons de ce « Non ». Croyez-le ou non, je reste un homme d’honneur : nous avons un pacte. En échange d’une coopération mutuelle, je vous garantis la paix de Sezni et de Gorka. Or, d'expérience, un mort a tendance à créer des querelles dans une paix déjà installée, mais fragile.

Zora avait une importance à la fois stratégique, et politique. Par conséquent, il prenait grand soin de ne pas se mêler de trop près des affaires de Gorka. Enfin, pour finir, Sezni n’avait nul intérêt dans l’immédiat de faire la guerre à Gorka, si ce n’est avoir droit aux foudres de chacune des autres Nations, et être traité de « Barbares ». Il était déjà traité comme tel, certes, mais personne ne venait lui déclarer la guerre pour de nobles motifs jusqu’à maintenant.

Quant à la suite, et pour la première fois, Sven était perturbé. Comment était-il censé réagir, concrètement ? En temps ordinaire, les demoiselles qui l’intéressaient ne lui tenaient compagnie qu’une nuit ou deux. Dès qu’elles commençaient à l’agacer avec leur vie et leurs malheurs, il les jetait. Malheureusement, il ne pouvait pas faire de même avec cette brunette, ni même la taire avec un baiser. Il devait « écouter ».

- Quant à votre demande, vis-à-vis de votre famille, je n’ai nulle garantis que vous saurez respecter notre accord si je vous autorise à rester avec eux. Ajoutons à cela que vous êtes bien plus en sécurité ici, qu’ailleurs, au sein de Lucrezia. Et si j’étais un oncle qui aime ses nièces, je la préférerais savoir en sécurité que pleurer devant mon corps, avec une épée de Damoclès sur sa tête, répondit-il bien malgré lui.

A vrai dire, étonnement, plus les minutes s’écoulaient, et plus il était agacé. Il détestait ces gens qui avaient le « droit » de s’apitoyer, alors qu’on lui avait volé ce droit le plus primaire. D’une certaine façon, il jalousait ces personnes pouvant ressentir et présenter publiquement une faiblesse. Et la jalousie ne faisait guère bon ménage chez Sven, être passionné et des plus colériques.

- Si …


Il dût s’interrompre car une personne entra dans la pièce. C’était la dame de compagnie, Jynn. Celle-ci annonçait à Sven que Karam Ergorn souhaitait parler urgemment avec lui. En parallèle, elle annonçait à Zora que son « bain » était prêt. Le Dictateur fut un tantinet surpris de cette apparition soudaine mais se reprit bien vite. Il lança un dernier regard dur, mais avec un éclat étrange et indéchiffrable, à la jeune Birghild puis tourna les talons.

***

Lorsque le Dictateur fut loin, très loin, au point où ses pas ne s’entendaient pas, Jynn s’approcha de Zora et parla à voix basse, d’un ton complice.

- Je n’ai guère besoin d’avoir été là pour comprendre pourquoi vous êtes affligés. Le Dictateur n’est pas un homme flexible, et encore moins quand ce n’est pas un de ses « sujets ». Il a perdu sa famille très jeune, et il a eu à surmonter seul toutes ces épreuves, ou à survivre au sein de Sezni. Il ne pourra, et ne comprendra jamais, vos sentiments.

La brune à la peau d’ébène parlait d’une voix douce, avec un sourire qui se voulait compatissant.

- Cependant, nous ne sommes pas tous comme lui. Votre douleur fait écho à la mienne, moi qui a perdu toute ma famille, moi qui avais une famille composée de biens des éléments pour une raison inexpliquée. J’aurais pu avoir une sœur de votre âge, et de l’élément Terre … Mais.

Elle se tut, essuyant une petite larme qui menaçait.

- Je suis affligée par votre perte, ma dame. Et je ne souhaite pas que vous viviez ce que j’ai vécu. Permettez-moi de transmettre vos lettres à vos proches. Evitez … des propos qui pourraient nous mettre dans l’embarras, comprenez-vous.

Est-ce qu’elle allait vraiment transmettre les lettres ? Evidemment. Est-ce qu’elle le faisait de bonté de cœur ? Nullement. Elle n’attendait qu’une occasion pour que Zora tombe en disgrâce aux yeux de Sven, et qu’elle s’en aille avant qu’elle n’attire davantage l’attention de ce dernier, ou n’excite ses pensées. En effet, en plus d’être une dame de compagnie, elle était l’une des favorites de Sven, un fait que seuls ceux qui écoutent un tantinet savent.

Les larmes, l’histoire de la sœur qui aurait pu avoir son âge … Juste un tissu de mensonge.

***

Deux jours plus tard.

Les choses s’étaient bousculées dans le quotidien de Sven. Le Dictateur qui était toujours bruyant et brûlant d’énergie s’était terré dans un terrible silence et exil. Il réfléchit aux paroles de Karam, à celles d’Orkem ou encore à celle de sa sœur. Tantôt on lui disait d’attaquer, tantôt on lui disait de ne pas attaquer.

« Ajoutons à cela que j’ai une Birghild dans les bras. Etre compatissant, et être humain … L’accompagner aux Obsèques de son Oncle ! En voilà une idée ! » ironisa dans sa tête Sven, sentant déjà les amères insultes ou ironies de la brunette quand il fera cette proposition. Sans tarder, il fit venir Jynn, exigeant que celle-ci amène Zora et que, cette fois-ci, personne ne vienne les déranger. Il vit à peine le regard noir de son amante, déjà perdu dans ses pensées et sur la suite des événements.

- Comment vous portez-vous, aujourd’hui ?
demanda-t-il d’emblée. Voici une lettre, indiquant sûrement la date et le lieu des obsèques de votre Oncle.

Il se tut à nouveau, attendant de voir de prime abord la réaction de la brunette. Il cherchait à savoir quoi faire. Devait-il embrayer d’emblée sur les obsèques ou jouer encore sur les mots et expressions ? Il opta pour la seconde solution.

- Je voudrais m’excuser pour l’autre jour, finit-il par dire. Je n’ai pas … l’habitude de ce genre de situation. Voyez-vous, j'ai perdu ma famille quand j’étais jeune et je n’ai pas vraiment eu … d’accompagnement. Je ne sais pas ce qui est censé se faire, ou ne pas se faire, finit-il par dire.

Heureusement, son agacement d’avoir à mentir sur une chose si futile pouvait être pris pour une maladresse d’un militaire qui n’exprimait pas toujours ses sentiments. Il attendit la suite, pour savoir quoi faire ou quoi jouer encore.


______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Zora Birghild
initié


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 62
❝ Avatar : Alicia Vikander
❝ Crédits : moi-même (avatar&moodboard)

❝ Métier : Politicienne, future représentante du peuple de la Terre.
❝ Age : Vingt-six ans, déjà.
❝ Niveau : 3


~#~Sujet: Re: Stay [Zora] Mer 7 Juin - 14:22

Zora sentit une pointe d’amertume face à la réaction de Sven. Elle aurait aimé qu’il compatisse vraiment. Elle aurait aimé qu’il démonte l’image qu’elle s’était faite de lui, qu’il lui montre qu’elle s’était fourvoyée depuis le début, qu’il ne pouvait pas être aussi mauvais qu’il essayait de le faire croire. L’espace de quelques instants, elle était prête à renier tout ce qu’elle avait toujours pensé de lui. De lui laisser une chance de l’apprivoiser. Cela n’aurait pu être que bénéfique. Peut-être qu’elle s’était montrée trop dure et qu’elle avait été étroite d’esprit, ne lui laissant pas l’occasion de montrer l’étendue de sa complexité. Et ceci retombe platement. Sven lui présente, certes, des arguments très solides. Il avait déjà prouvé qu’il était un homme à tenir sa parole, même s’il n’était pas vraiment engagé, sachant que même s’il venait à rompre sa promesse, Zora n’aurait pas beaucoup de moyens de contre-attaquer.

Facilement et plutôt rapidement, la jeune femme comprit qu’elle commençait à attaquer les nerfs de son ‘adversaire’. Il y avait fort à parier qu’il ne tiendrait pas très longtemps cette discussion de manière aussi formelle si elle continuait ainsi à le provoquer. Il devait avoir l’habitude de ce genre de comportements, mais peut-être pas venant d’une femme. On peut dire ce que l’on veut, mais Sven était un homme séduisant, et de par son statut, il lui était probablement bien plus aisé de s’entourer de maîtresses éphémères qu’il pouvait faire se succéder comme bon lui semblait une fois que les sentiments étaient impliqués, ou bien tout simplement s’il s’en était lassé. Il ne la laisserait pas revoir sa famille. Elle le savait, et pourtant, le fait qu’il le confirme réanimait la colère sourde qui était née en elle depuis quelques temps. Cependant, il avait raison sur un point : Zora ne serait jamais autant en sécurité que coincée dans la demeure du Dictateur. Mais elle était loin de penser à une telle chose, c’est pourquoi elle s’autorise une dernière relance : « Soyez certain que ma propre sécurité m’importe peu lorsque les miens sont menacés. Vous qui êtes un homme si dévoué à votre peuple devrait comprendre plus que quiconque la demande que je n’ose vous formuler. » La jeune femme était loin de vouloir négocier une quelconque sortie : elle était bien trop tenue par le marché qu’elle avait conclu avec lui.

Mais soudain, leur joute verbale du arriver à son terme, car leur querelle fut interrompue par l’arrivée de Jynn, une des domestiques. Si elle ne s’était jamais montrée compatissante auparavant, la scène qui suivit eu au moins pour effet de rassurer la brune quant aux comportements du peuple du Feu, et un brin d’espoir vint s’enflammer dans le cœur de la politicienne. Ses premières idées lui revenaient : peut-être qu’elle avait jugé un peu trop vite les gens présents dans cette demeure. Peut-être n’était-il pas sage d’accorder sa confiance ainsi, mais elle se doutait bien qu’elle n’avait pas le choix. Ce n’est qu’en accordant un peu de confiance que cette étrange situation trouverait un équilibre. Ne se doutant en rien que tout ce qu’elle venait d’entendre n’était qu’une fabuleuse histoire destinée à l’apprivoiser, Zora se sentit soulagée d’avoir au moins une alliée entre ces murs, et surtout la possibilité de contacter les siens dans les semaines à venir.

***

Deux jours plus tard.

Tout ce qui se produisait ces derniers temps sortait de l’ordinaire. Pour la jeune femme, les jours s’écoulaient de façon lente, et sans saveur. Tant qu’elle se sentirait aussi inutile, elle ne serait pas d’un grand soutien pour les siens. Il était temps de se reprendre. Bien sûr, la douleur de la perte de son oncle ne s’était pas tue, mais elle s’était amoindrie. Elle avait eu le temps de peser tous les éléments qui étaient à sa portée. Sans abuser des services que lui avait proposés Jynn, Zora était loin de rester ignorante sur les affaires en cours, et sur ce qui se produisait sur Lucrezia. Récemment, elle avait remarqué que son geôlier s’était renfermé sur lui-même, un comportement que la brune ne connaissait que trop bien puisqu’elle avait, elle aussi, quelqu’un dans son entourage qui avait tendance à faire de même lorsqu’elle rencontrait une contrariété. Après tout, il est humain. Et même s’il n’en montre rien, il a également son propre fardeau à porter.

Ainsi, alors que la politicienne était retirée dans sa chambre, Jynn vint la trouver. Il ne pouvait y avoir que deux raisons pour sa présence ici : soit elle avait une missive à lui confier, soit elle devait rencontrer l’homme qui l’avait arrachée aux siens. Pour cette fois, cela serait la seconde option. Zora prit son temps pour s’extraire de sa chambre, après tout, elle n’allait tout de même pas se précipiter, et meilleures sont les retrouvailles lorsqu’elles sont lentes à s’opérer. A l’instant même où la jeune femme franchit la porte pour retrouver la personne qui l’avait convoquée, et sans prendre le temps de la détailler, il embraye sur les raisons qui l’ont menée à l’appeler. Elle avait bien une missive, mais cette fois-ci, il s’agissait de quelque chose d’officiel. Forcément que cela devrait passer par Sven… Après les politesses d’usage, le Dictateur lui confie qu’il soupçonne cette lettre d’être une invitation aux obsèques de son oncle. Au moins, personne ne l’avait oubliée du côté des Birghild… Sven savait maniait les mots, il n’y avait aucun doute là-dessus. Et après avoir passé des jours sans lui adresser la parole, elle devait admettre que cela lui faisait du bien de s’entretenir avec lui. « Je vais bien, merci de vous en soucier. » Laissant un instant le silence reprendre ses droits sur la pièce, elle finit par dire : « Et vous ? » Il était rare qu’elle s’inquiète de l’état de son geôlier. Mais son instinct, ou peut-être son empathie naturelle, lui soufflait qu’il était préoccupé.

Lorsqu’elle le put, elle se saisit de la lettre qui lui était adressée afin de prendre connaissance de la date et du lieu des obsèques d’Osrian. Zora espérait vivement pouvoir s’y rendre… Mais il était clair que dans un tel rassemblement de famille, il y avait trop de risques pour elle d’être ôtée de l’autorité du Dictateur. Puis vint le moment où il se confond en excuses, essayant de justifier son comportement de leur entrevue, deux jours plus tôt. En réalité, Zora ne lui en avait même pas voulu, puisque cela avait été digne du comportement qu’elle avait estimé qu’il aurait. Pas une grande surprise, en somme. En revanche, qu’il présente ses excuses… C’était nouveau. Restant pantoise un moment, elle finit par se reprendre, surprenant même un sourire au coin de ses lèvres. « Merci pour vos excuses. Mais rassurez-vous, je ne vous en tenais pas rigueur ; les événements nous dépassent tous, et vous-même êtes fortement impliqué, bien plus que moi. Vous devez porter de lourdes responsabilités, et je n’en ai qu’un vague aperçu même en étant à vos côtés. » Son ton est conciliant et presque… Doux. Oui, c’est cela. Une façon de s’adresser à lui tout aussi inédite. Avant de poursuivre, elle se demande si elle fait vraiment le bon choix. Son attitude est très ouverte, il y n’y avait qu’un pas avant qu’elle ne commence à flirter avec lui pour obtenir ce qu’elle voulait : ce n’est qu’en se tenant proche de lui qu’elle pourrait l’amadouer. Plongeant son regard dans le sien, comme pour lui assurer une franchise dont elle était elle-même à moitié sûre, elle conclut : « Je me doute bien que ma parole n’a que peu de valeur pour vous, que mes déclarations semblent bien naïves, et qu’il ne serait pas sage de votre part de me confier quoi que ce soit. Néanmoins, et pour le bien de nos deux peuples, il serait intéressant de… collaborer. Un brin de confiance ne pourra qu’être bénéfique à notre marché. » Elle se tient plus proche de lui à présent. « Je suis consciente que ma présence ici est également difficile pour vous. Mais je vous en prie, à l’avenir, n’hésitez pas à venir vers moi si vous avez besoin de partager quoi que ce soit. Ma porte vous sera toujours ouverte si cette perspective vous séduit. » Il est trop tard pour reculer.


______________________

No one would dare to move against you, because that would be moving against me.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 287
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Stay [Zora] Sam 10 Juin - 0:19

La situation échappait clairement au contrôle du Dictateur, mais étonnement, elle l’arrangeait au plus haut point. Au vue de leurs derniers échanges de ces derniers mois, il s’était attendu à ce qu’elle le dédaigne, ou se moque ouvertement de lui, en l’accusant de jouer la comédie et de n’être qu’un grand hypocrite dans la pièce. L’ironie de la situation était qu’elle aurait eu totalement raison. Ainsi, en prévision de son hypocrisie à venir, il s’y était préparé. Il savait exactement quelle réaction adoptée, par exemple lui dire ouvertement qu’elle ne méritait nullement une attention ou une condoléance, en arborant un air offusqué et colérique,

Autant dire qu’il avait été pris de court. Il n’avait nullement prévu à ce qu’elle soit si douce, si compatissante, si affable et si cordiale. La situation frôlait l’étrange quand elle disait qu’il n’était pas entièrement fautif, et qu’il portait un lourd poids, malgré qu’elle soit à « ses » côtés. Ses mots faisaient échos à ceux de ses nombreuses maîtresses passées, comme actuelles. « Oh, que votre charge est lourde, laissez-moi vous en alléger », « Oh que vous êtes courageux d’endosser un si grand rôle, je vous admire ». Il savait que l’hypocrisie suintait bien souvent, mais il ne pouvait s’empêcher d’en apprécier les sons, et les vues, et de se soumettre un court instant à ces créatures divines.

Et Zora cloua définitivement le bec du Dictateur. Sa dernière « proposition » l’avait laissé pantois. Il en oublia pourquoi il était là, et ce qu’il devait faire, bien trop focalisé sur ces dernières paroles, essayant de déceler la ruse qui s’y cachait. Si elle avait été une autre, qui aurait glissé un regard coulant ou deux au préalable, il aurait tout simplement saisi cette opportunité pour sceller la situation d’un baiser, voire de davantage selon les affinités. Cependant, elle n’était pas comme ces « autres », c’était Zora Birghild, une demoiselle qui se montrait des plus agaçantes quand elle s’y mettait. En plus d’être une tenace politicienne terrienne, il avait rapidement compris qu’elle était également une femme trop fière et trop prude pour s’abaisser à quelques besognes ou envies.

Pourtant, l’idée avait été implantée dans son esprit, et il cherchait à savoir si elle pouvait vraiment être une « amante », et non seulement une épouse politique. Effectivement, mariage ne signifiait pas forcément une vie commune, dans son esprit. Enfin, et surtout, il n’était pas prêt à se promettre à une seule femme, pour toute une vie – et surtout à une fille de la Terre. Toujours est-il qu’il était perturbé, ne sachant pas comment « agir » avec elle.

Une seconde avait passé, puis deux, et puis trois. Cette troisième seconde fut décisive, et révélatrice. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Soit elle avait engagé là un jeu dangereux dont elle n’en assumait pas encore totalement les conséquences – elle n’avait pas cet air assuré et décidé d’ordinaire –, soit elle faisait là ses premiers pas de débutante dans les jeux de l’amour. Sven appréciait jouer, plus que quiconque, mais il devait admettre que les débutantes n’étaient pas des partenaires aisées. Il y avait beaucoup d’ajustements à faire. Et bien de ces fameux ajustements nécessitaient beaucoup de changement.

« Bien, jeune Birghild. Jouons » conclut Sven, en s’approchant de la demoiselle, pour lui prendre délicatement la main et y déposer un baiser léger, mais en plongeant un regard « puissant » et « intense » - si l’on pouvait désigner ainsi ce regard que l’on lançait dans les dits flirts -, et garda au maximum la main de la demoiselle dans la sienne.

- Je vous remercie pour cette proposition, très généreuse. Je me souviendrai, le moment venu. Je vous le promets, dit-il en brisant ce lien.

Elle avait besoin d’un Prince. Il tentera d’en être, à sa façon. Cependant, il n’adopterait les traits de ce personnage bouffant et ridicule seulement le temps qu’elle respecte sa part du pacte, et qu’elle l’épouse officiellement, taisant toutes les mauvaises langues de ce monde. Après cela, il sera tel qu’il a toujours été, depuis plus d’une trentaine d’années. Elle pouvait croire, naïvement, peut-être qu’il changera mais la vérité était qu’un homme de cet âge ne changeait pas. Ses défauts, comme qualités, avaient tendance à s’accentuer davantage. Par contre, une jeune demoiselle d’une vingtaine d’années, et idéaliste, était comme un fer chaud à battre pour l’homme d’expérience. Elle allait être matée, comme tant d’autres, il en était persuadé.

Aussitôt après, il pensa à une chose qui ne lui était pas venue à l’esprit une seule fois. Comment était régenté les relations hommes-femmes au sein de Gorka ? L’affaire était fort simple à Sezni : si le désir était présent, il ne fallait qu’y céder. Si l’un des parties était marié, tout l’art était de dissimuler le fait, et d’en endosser les conséquences quand l’un apprendra. On pouvait prétendre que la femme était écrasée à Sezni, pourtant les plus empoisonnées et les plus dangereuses naissaient également dans la dite région. Comment était Gorka, sur ce sujet ? Est-ce que la pudeur primait sur le désir ? Est-ce que les jeux se passaient d’une façon des plus adorables, mais bien trop lentes pour l’impulsive qu’il était ? C’était embêtant, ces choses-là. Il finit par oublier. Quelque soit le lieu, un homme était un homme, et une femme était une femme. Il fallait seulement comprendre le langage de l’autre, ou se faire comprendre.

- Il semblerait qu’il faut collaborer, évidemment, conclut-il

Sa sœur avait insisté pour qu’il paraisse conciliant aux yeux de tous, et avait proposé à ce qu’elle l’accompagne aux obsèques de l’oncle de la jeune femme – ou de la faire accompagner, pour qu’elle revienne à coup sûr malgré son absence. Il n’avait jamais été question, ou option, de « ne pas y aller ».

- Commençons donc avec les obsèques de votre oncle. Vous vous y rendrez, évidemment. Par contre, j’exige qu’une personne de cette maison vous accompagne, avec deux de mes meilleures gardes. Les rues sont encore dangereuses, entre ce groupuscule extrémiste ou encore le tueur de votre oncle qui court encore les rues.

Les gardes auront deux missions : ramener Zora par la force si nécessaire, et la protéger d’un quelconque danger qui pouvait être imputé à tort au Dictateur. Quant à la personne qui l’accompagnerait, il n’y avait concrètement que deux options pour la jeune femme, soit sa dame de compagnie – Jynn -, soit moi-même. Dans les deux cas, personne n’osera s’attaquer sans risquer un incident diplomatique – un incident dont tout le monde se passerait, au vu de la situation. Ajoutons à cela que Jynn savait manier son monde habilement, et amènera pour sûr Zora au sein de la surveillance de Sven. Et si Sven l’accompagnait, la chose n’était plus à discuter, cela allait de soi.

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Zora Birghild
initié


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 62
❝ Avatar : Alicia Vikander
❝ Crédits : moi-même (avatar&moodboard)

❝ Métier : Politicienne, future représentante du peuple de la Terre.
❝ Age : Vingt-six ans, déjà.
❝ Niveau : 3


~#~Sujet: Re: Stay [Zora] Lun 19 Juin - 15:33

Qu’il était difficile pour elle de s’abaisser à ce genre de pratique : séduire pour mieux conquérir. A le caresser dans le sens du poil, elle s’était persuadée qu’elle pourrait trouver ainsi un avantage, mais il était aussi certain qu’elle n’avait aucune idée de la nature exacte de la relation qu’elle instaurait. Zora ayant toujours été pure et irréprochable, elle découvrait en elle une toute autre facette. Minauder, séduire, était la base de toute relation politique, et la jeune femme savait les utiliser avec parcimonie. Mais surtout, il fallait se montrer imprévisible. C’est en surprenant son vis-à-vis qu’elle saurait le faire changer d’avis, et à orienter petit à petit son discours, du moins elle l’espérait. Il fallait toujours passer pour moins dangereux que l’on était si on voulait nouer de fragiles alliances.

Mais la situation était inédite, et les événements s’enchaînaient avec une brutalité telle que la brune ne pouvait plus se permettre d’être simplement cinglante et de repousser le dictateur en permanence. Non, c’était bien plus important que cela : il fallait réussir à s’immiscer à ses côtés, le plus doucement possible, de manière insidieuse, jusqu’à obtenir un certain poids, même inconscient. Il fallait que Zora utilise de manière égale la flatterie, qui lui était inhabituelle, et son dévouement politique. Un jeu du chat et de la souris. Elle devait l’intriguer autant qu’elle devait attiser sa curiosité, même si cela devait mettre en danger sa vertu. Il n’était plus question de sa personne, mais de son peuple. La jeune femme s’était dévouée très tôt à son futur rôle et rien ne comptait plus au monde que d’honorer cette promesse, mais aussi d’honorer la confiance qu’avaient placé certains membres de sa famille en elle, lorsqu’elle avait choisi cette voie en tout connaissance de cause.

Et manifestement, cette stratégie avait marché. La brune avait mis de côté sa fierté pour exploiter un côté d’elle dont elle n’avait pas idée, et cela avait fonctionné. Comme quoi, elle devait se fier à son instinct. Tout ce dont elle avait besoin, c’était un peu d’espoir. Dans ce petit rapprochement opéré, elle avait entrevu cet espoir après lequel elle courait sans relâche depuis son arrivée à Sezni. Devant les paroles fort conciliantes de son hôte, Zora fit un léger signe de tête, qui ressemblait à s’y méprendre à une révérence, comme pour le remercier de lui avoir accordé un tel regard, quelques instants. Bien sûr, tout était calculé, et de préférence orchestré pour qu’elle obtienne un peu d’avantages à être retenue contre son gré. Mais elle devait bien reconnaître qu’il s’efforçait d’être supportable en sa présence, entendant par là qu’il lui laissait la liberté de s’exprimer et qu’il ne la reléguait pas dans une cellule avec le strict nécessaire, pour la ressortir toute propre lors de grands événements. Sezni était loin d’être aussi agréable de Gorka, d’ailleurs la région était classée très loin derrière les autres dans l’esprit de la jeune femme, mais il s’efforçait d’être a minima, un hôte correct.

- Je vous remercie pour l’attention que vous avez porté à mes paroles.

Caresser dans le sens du poil. Toujours. Et ne pas le sous-estimer. Ce n’est pas le genre d’homme à sous-estimer. Ce serait une terrible erreur de le prendre pour acquis. Il fallait la jouer fine et osciller entre deux comportements, garder la limite très fine, voire quasiment inexistante. Le sujet de conversation dévie, une fois de plus, sur les obsèques de son oncle. Au moins, elle avait l’autorisation de s’y rendre, mais sous ses conditions. C’était mieux que de savoir sa famille réunie dans la douleur, et elle restée prostrée dans sa cage dorée. Le Dictateur avait laissé entendre qu’une personne serait là pour l’accompagner. Après un court instant de réflexion, elle se mit à parler, mais d’un ton particulier, comme si elle réfléchissait à voix haute :

- Je me doute qu’il serait très particulier pour vous de vous y rendre en personne, au milieu de tous les miens, et d’un échantillon du peuple de la Terre. Par les temps qui courent, vous seriez exposé à certains dangers non négligeables.

Ça, c’était la partie « contre ». Bien sûr, le choix final reviendrait à son hôte, mais elle ne pouvait ainsi s’empêcher d’exposer le fond de sa pensée, de manière à montrer qu’elle ne se contenterai pas d’appliquer les ordres. Et surtout, Zora voulait donner un peu de poids à cette fameuse « collaboration », même si elle ne reposait pas entièrement sur ce jeu de séduction qu’elle s’employait à démarrer.

- Mais, dans le cas où vous seriez prêt à m’accompagner, cela montrerait une certaine volonté de votre part de rapprocher nos deux peuples, même si cela est plus dans votre intérêt que le nôtre. Vous afficher à mes côtés, comme pour le bal, pour me soutenir dans une telle épreuve, de manière cordiale, voire plus, vous exclurai de la liste des suspects, surtout si j’insiste sur la confiance que je vous porte. De plus, vous en paraîtrez beaucoup plus concerné, et vous ne donneriez pas l'air de me retenir contre mon gré plus longtemps. Cela ne pourrait que vous attirer de la sympathie.

@Sven Ramose
désolée pour le délai de réponse ♥

______________________

No one would dare to move against you, because that would be moving against me.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Sven Ramose
expert


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 287
❝ Avatar : Michael Fassbender
❝ Crédits : HardCandy

❝ Métier : Dictateur
❝ Age : 38 ans
❝ Niveau : 9


~#~Sujet: Re: Stay [Zora] Dim 25 Juin - 2:24

Aussi stupide que cela puisse paraître – ou sonner aux oreilles – de certains, Sven appréciait ces nouvelles attentions de la part de la jeune Birghild. Il devait admettre qu’elle n’avait pas cessé de mettre ses nerfs et sa patience à rude épreuve avec ses caprices, son ton « autoritaire » et ses interminables et innombrables discours. En effet, il subissait déjà bien assez les mille et une plaintes de ses conseillers, et de son peuple, en journée, et était peu enclin à avoir une dernière couche le soir, ce moment de la journée où il pouvait souffler quelques minutes – avant d’être occupé par d’autres activités, soit des recherches, soit des rapports à lire ou à écrire à tête reposée, ou à apprécier la chaleur d’une femme ou deux. Certes, il savait bien qu’elle doive aller à l’encontre à bien de ses principes – comme lui-même ne cessait de s’évertuer depuis le début – mais malgré tout, il appréciait d’avoir « enfin » un semblant de pouvoir sur la situation, et sur cette « collaboration » qui débutait. Elle pouvait donner son avis, ou même quelques conditions, mais c’était lui qui avait – et qui aurait – le dernier mot.

Et soudainement, toutes les illusions et l’à priori qu’il avait sur la brunette s’effondrèrent. Cette jeune et naïve et impétueuse politicienne se révélait être une fine diplomate. Elle venait tout simplement de formuler la même idée qu’Elwyn, cette sœur qui n’avait pas cessé de l’impressionner pour son esprit d’analyse et sa capacité à anticiper ce que les autres voudraient voir, et entendre. Zora venait tout bonnement de montrer à Sven, involontairement ou volontairement, qu’elle avait de la matière grise, et avait érigé à nouveau les barrières du Dictateur. Cependant, ce rusé homme n’en fit pas la démonstration. Il optait pour un énième jeu de rôle, mais un jeu dont il commençait à en apprécier les dangers et les risques : plus l’adversaire se montrait intelligent et borné, et plus il prenait plaisir à la partie d’échec qu’il s’évertuera à gagner, qu’importe les moyens.

- Effectivement. Je dois avouer que laver mon nom d’un crime que je n’ai pas commis me ferait un grand plaisir. Je ne peux pas offrir la guerre à mon peuple, en raison de notre situation dont vous n’êtes guère ignorantes, dorénavant.

La guerre était une chose qu’il voulait, mais qu’il ne pouvait pas se permettre dans l’immédiat. Il devait stabiliser les fondements de son pays, avant d’aller en conquérir de nouvelles. Ces territoires conquis nécessiteraient une logistique, des ressources et une gestion bien trop importantes, qui ne pouvaient être assurés que si la politique interne était favorable et paisible. Ainsi la phrase pouvait être interprétée de bien différentes façons, et c’était à chacun d’en choisir la version préférée.

- Je ne peux promettre qu’une chose, très chère dame. Vous resterez de votre plein gré, très prochainement, se contenta-t-il de dire, ne donnant guère davantage de détails. Bon gré, mal gré, il devait admettre que les idées de la demoiselle pouvaient apporter le semblant de stabilité dont il avait besoin. Car oui, il avait besoin d’idées « nouvelles » pour enrichir son pays et renforcer son peuple. En somme, donner l’opportunité à la Birghild de nourrir ses ennemis, ceux qui allaient potentiellement mettre à genoux bien des peuples. Sven comptait clairement sur son altruisme pour se jeter corps et âme dans l’aide de la population – une épine en moins aux pieds. Je vais donc vous accompagner, mais nos deux meilleures gardes suivront. Et Jynn vous accompagnera, en sa qualité de dame de compagnie.

Il ne voulait pas aller seulement avec Zora. Un cortège était nécessaire dans ce genre d’apparition. Quelques gardes pour assurer la sécurité, une dame de compagnie pour garder un œil et trainer une oreille attentive là où il ne pouvait s’y glisser lui-même et tout simplement lui à se charger des choses les plus évidentes, et les plus « publics ». Ses obsèques allaient être d’un ennui mortel, quoique peut-être agrémenté par quelques joutes verbales. Si tel était le cas, il avait hâte de voir comment la jeune Zora allait bien réagir : défendre Sven, l’accuser ou adopter une attitude neutre qui allait certainement déstabiliser toutes les parties.

- Ne mêlons plus politique à cette affaire qui vous tient beaucoup, voulez-vous. Pourriez-vous seulement me dire s’il y a une quelconque coutume ou tradition à respecter au sein de votre peuple, vis-à-vis des funérailles ?
Demanda-t-il calmement.

A Sezni, les défunts soldats voyaient leurs cendres gardaient au sein d’une statue en pierre à leur effigie, des hommes prêts à défendre leur général ici-bas et au-delà. Les plus pauvres brûlaient et répandaient les cendres dans le désert. Les plus riches et les plus nobles se construisaient des bâtiments somptueux où ils cachaient bien des trésors. Les coutumes étaient variés, et dépendaient clairement de la richesse de chacun, mais un passage dans le feu était une coutume très répandue. Nous étions Feu, nous revenons au Feu, disait-on.

______________________

No honest man can have pleasure in exercising power over his people. But we know words are so powerful, they can create a moment, bring grace and love or unite. But they can destroy just as easily. — .

power is my destiny


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Stay [Zora]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Oranda ~ Truth is not far :: Dahud :: Lucrezia :: Quartier Sud :: Habitations-
Sauter vers: