AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Renouveau
Le forum rouvre enfin après une très longue MAJ qui a vu beaucoup de changements
Pour en savoir plus, c'est par ici
Avis de Recherche
Nous recherchons activement des hommes, merci de privilégier ce sexe qui est en infériorité numérique
Nous recherchons également des Terre, n'hésitez pas à favoriser les PV, scénarios et pré-liens !
Recensement
On vous rappelle qu'un recensement est en cours, vous avez jusqu'au 8 novembre pour y répondre
Vite vite vite !

Partagez|

My Flesh, My Blood [Kaan]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage

avatar

Invité
Invité




~#~Sujet: My Flesh, My Blood [Kaan] Mar 30 Mai - 23:54

- La famille Yasi vous invite à un dîner, dans un cadre « intime ».

Ce détail était toujours indiqué au Dictateur, quand il acceptait les invitations de cette famille si liée à lui. « Intime » pour indiquer qu’il n’y aura que les membres de la dite famille, lui-même et quelques domestiques. « Intime » pour signaler qu’il y aura également « potentiellement » des choses déplaisantes, dont il devra faire preuve d’indulgence et de patience. En effet, la famille Yasi était riche et puissante et surtout, c’était une famille alliée de grande importance. Il ne pouvait pas se permettre de les froisser et inversement, ils ne pouvaient se permettre d’avoir le courroux du dictateur sur eux. L’un comme l’autre tirait plus davantage dans une alliance, que dans une mésalliance. Ajoutons à cela que les deux représentants des Ramose, comme des Yasi, étaient amis.

- Bien, faites-lui savoir que je serais présent
, répondit lascivement le brun, se concentrant immédiatement après à son audience quotidienne.

Il ne s’adonnait pas à cette tâche par « générosité » et « bonté » mais plus pour une raison « stratégique ». Il savait qu’un peuple non entendu avait plus de chance de comploter, mais un peuple qui avait une illusion d’être écoutée était plus facile à diriger. Il « entendait » mais rien ne garantissait qu’il « écoutait ». Il pourrait laisser cette tâche à quelques personnes de « confiance » mais il ne voulait pas se cacher derrière quelques personnes. Il voulait que chacun voie sa force, sa « bonté » ou sa « cruauté ». Il voulait que les Rumeurs soient fondées, et fassent de lui une Légende effrayante ou éclatante. Un peuple qui ne craignait pas – et n’admirait pas, en même temps – son dirigeant était prompte, encore, à une rébellion stupide. Et les raisons d’une rébellion était nombreuse dans le Sud, il ne pouvait décemment pas se le permettre.

La journée se terminait ainsi. Lui, le dos brisé d’être assez toute une journée sur ce trône dur, et également fatigué d’avoir eu à entendre tant de bêtises. Ce dont il aurait besoin serait la compagnie d’une demoiselle, ou deux, avec un bon vin et une bonne musique, ou alors un entraînement drastique où chaque muscle de son corps souffrirait – mais un entraînement dont il ressortait plus vivant que jamais. Malheureusement, il avait une promesse à tenir. Comme à chaque fois qu’il se rendait à cette maisonnée, il réfléchissait. La culpabilité n’était pas un trait de son caractère, mais la « crainte » restait un sentiment humain : la crainte que son meilleur ami, comme allié, apprenne la folie qui l’avait prise durant la nuit de noce. Et le fruit de cette folie.

L’objet passé de sa convoitise ne tarda pas à se présenta à la porte, en avant-garde, bien avant ses domestiques ou son époux. Ce fait attira l’attention de Sven, et se drapa bien vite du costume de l’oiseau de mauvais augure. Il n’insultait pas ses talents d’hôtesse – loin de là – mais il était rare qu’elle soit seule à l’accueillir – et à raison – et surtout avec un tel regard apeuré, et dur à la fois. Le regard d’une mère, un regard qu’elle n’adoptait que Kaan était là. Pourtant, il se refusait de l’admettre, préférant encore laisser planer le bénéfice du doute.

- Kaan est là. Je te prie de faire preuve d’indulgence.
- Et comment « son » père a-t-il accepté que « son » fils revienne ?


La mère lança un regard des plus noirs à Sven. Ce dernier l’ignora et invita d’une main à la « Mère » de rentrer. Très vite, un comité se forma autour.

- Dînons, ordonna sans tarder la maîtresse de maison, faisant barrage entre son fils et Sven, tirant le premier en avant, et laissant le dernier au soin de l’époux. Ce manège était habituel depuis bien des années, et le Dictateur en était habitué. Pourtant, voir son « seul » héritier – ayant un défaut, certes – être constamment écarté de lui l’énervait au plus haut point. Une colère froide qu’il dissimulait bien.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Kaan Yasi
impur


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 124
❝ Avatar : Aaron Taylor-Johnson
❝ Crédits : non dit

❝ Métier : Hors la loie
❝ Age : 20 ans
❝ Niveau : Je n'ai pas de niveau


~#~Sujet: Re: My Flesh, My Blood [Kaan] Mar 20 Juin - 19:07

   La douloureuse chaleur de Inaki... J'avais beau avoir passé presque une semaine ici, le réveil y était toujours aussi douloureux. Comment j'ai réussis à vivre ici pendant quinze ans... Sûrement car je ne connaissais pas de température plus clémente. J'avais l'impression que la chaleur m'arrachait de mon sommeil chaque soir et que mes nuits - bien que courtes - étaient de moins en moins reposantes. Et en cela, elle est une protection extraordinaire : n'importe qui n'ayant pas eu l'habitude de températures pareilles vit un cauchemar ici. Un cauchemar à chaque respiration. Le sable s'immisce partout. L’esthétique vestimentaire et architectural qui, outre sa beauté, est surtout là pour optimiser la vie de tout le monde. Tout ça, à mes yeux, c'était la seule façon de faire dans le passé... Mais depuis, je suis allé à Gorka et à Lucrezia. J'y ai découvert une autre façon de vivre. J'ai beau me plaindre de tout ça, la richesse me manque terriblement. Rien que de pouvoir y retoucher... C'est un plaisir inestimable : les draps de soie, les matelas en plume, les coussins brodés à la main et sa taille. Chaque détail qui rendait cette chambre si unique. En passant mon index sur les broderies du coussin, l'idée de rester ici me traversa l'esprit. Une idée qui, bien qu'impossible, me faciliterait tellement la vie. Si seulement les lois toléraient que l'on puisse vivre sur ses terres natales... Et même si cette fortune me reviendra un jour, je n'en profiterai jamais vraiment... À vrai dire; je suis persuadé que Père préférerait donner toute notre fortune à Sven plutôt qu'à moi. Actuellement, je ne peux que profiter du peu que l'on m'offre. Décidant à me lever, je me dirigeai vers la douche. Finalement, moi qui pensais vivre un enfer ici, ça ressemblait plus à des vacances... Et même si j'avais préféré laisser mon côté princier enfoui en moi, j’admets que retrouver mon éducation, mes valeurs, mon savoir vivre originel... a quelque chose de reposant... Comme si j’arrêtai de me mentir à moi-même. Comme si je renaissais quelque part. L'espace d'une seconde, j’imaginai comment réagiraient les gens s'ils me savaient comme ça... Même Edalf n'en reviendrait pas. Finalement, les personnes à me connaître sous cet aspect sont les rares à m’accorder le minimum de respect que je mérite : Orkem, Razaël, Lyntha, Arkan... Des gens qui ne voient pas seulement ce que je suis actuellement, mais aussi se que j'ai pu être. Et même si je ne les apprécie pas tous, ils ont au moins la décence de me considérer comme le digne héritier Yasi que je devais être.

   La matinée se passa sans réelle autre occupation que celles habituelles. Ayant pris l'habitude de me réveiller très tard ici pour pouvoir vivre la nuit, il n’en fut pas long avant que le repas arrive. Chaque repas était une torture de plus pour mon père. Lui qui voulait absolument trouver en moi des points faibles, des marques d'irrespect, de manque de volonté de part mon manque d’élément, voilà qu'il n'en était que plus déçu à chaque repas. Une éducation irréprochable, un sens du tact et de la repartie avec une finesse certaine, un contrôle parfait de mon corps m’empêchant de laisser passer la moindre expression non voulue. Il savait en me regardant que si j'avais eu le bon élément au bras, à la fin du règne Ramose, il y aurait eu un Yasi au pouvoir. Et cette idée le détruisait un peu plus à chaque regard porté sur moi. Sachant que mon passage à Inaki ne serait pas éternel, il voulut me tester une fois de plus comme un ultime défi. Il m'annonça qu'il avait invité Sven Ramose à nôtre table ce soir. Sans l'ombre d'une mauvaise réaction, je lui fis un grand sourire en lui disant que je serais très honoré d'avoir notre dirigeant autour de la table. La vérité était bien différente... même si au fond de moi j’espérai que notre relation n'ait pas changé, je savais très bien que je ne serai à ses yeux que l'enfant raté des Yasi. Celui en qui il avait mis ses espoirs et qui fut la déception du Sud. Et moi, le voyant comme mon idole absolue, je ne pouvais pas lui donner tord. Je suis un échec à ses yeux et même si j'ai tout pour être un Seznien d'exception, je ne suis qu'un traître au Sud. Pourtant la vérité en est bien autre. S'il savait...

   La soirée arriva plus tôt que prévue et même si les balades autour du château, les discutions longues avec Arkan ou encore avec ma mère m'avaient occupé l'esprit, l'idée de revoir celui pour qui je me battais en cachette me détruisait intérieurement. Je ne méritais pas qu'il me voit. Je ne méritais pas qu'il mange à la même table que moi. Je ne méritais pas qu'il m'adresse la parole. J'avais beau faire tout mon possible pour être le plus présentable pour notre dirigeant, j'avais l'impression que rien ne suffisait.

   Quelque peu tendu mais paraissant complètement à mon aise, je laissai le début de soirée arriver. Comme souvent, je voyais bien que ma mère était stressée à l'arrivée de Sven. En même temps, on ne peut se permettre de faire les choses à moitié quand on accueille Monsieur Ramose à nôtre table. Je pense que les conventions veulent que les hommes parlent d'affaires avant le repas ce qui explique pourquoi ma mère m’empêche toujours de dire bonjour à Sven directement. Cela n'a que peu d'importance, j'avais l'habitude de cela. Des mots qu'ils échangeaient sûrement plus par politesse que par réelle affaire mais ils se devaient de le faire. Moi, je retournai m’asseoir à table attendant patiemment que les deux vieux amis décident de venir pour manger. Plusieurs minutes passèrent avant qu'ils ne viennent s'installer. Je finis par le regarder droit dans les yeux. Ça faisait si longtemps... Il n'avait pas changé. Toujours si impressionnant... Toujours si imposant. Je lui tendis ma main pour venir serrer la sienne doucement en inclinant la tête.

   « Généralissime Sven Ramose, c'est un honneur de pouvoir passer un nouveau repas en vôtre compagnie. »

   Le moment se voulait solennel. Les discutions plus intimistes se feraient par la suite. Peut-être me fera-t-il l'honneur de pouvoir rediscuter en tête à tête avec lui plus tard dans la soirée, mais pour l'heure tout se doit d'être dans la finesse et la bonne coutume des repas du Sud. Et en tant que mouton parmi les lions, je me devais de m'effacer durant ce repas. La réelle soirée commencerait plus tard.

______________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Invité
Invité




~#~Sujet: Re: My Flesh, My Blood [Kaan] Mar 27 Juin - 0:00

Il y a quelques années de cela, ces soirées « intimes » avec les Yasi avaient toujours été une source d’angoisse. Est-ce que l’enfant lui ressemblerait comme deux gouttes d’eau au fur et à mesure qu’il grandirait ? Est-ce que le Patriarche de famille allait se rendre compte d’une quelconque proximité ou inimitié entre son épouse et son meilleur allié et ami ? Tant de questions qui taraudaient les deux fautifs de la salle, mais des questions qui avaient rapidement trouvé des réponses. L’enfant avait hérité des traits de sa mère principalement et il n’avait eu que les yeux du père biologique – une couleur que l’épouse avait attribué à une grand-mère morte dont le souvenir était mort dans tous les esprits–. Quant aux soupçons du mari, il n’en eut jamais tant son épouse s’était montrée fidèle et admirable depuis bien des années.

Sven n’avait même pas la force d’être la source d’un quelconque soupçon, par ailleurs. En effet, il lui arrivait de s’attarder quelques secondes sur le corps de cette épouse et de se souvenir de cette sublime nuit où elle était belle à damner toute âme. Malgré les années et la maternité, elle n’avait nullement perdu en charme aux yeux du Dictateur. Il aurait pu succomber, à nouveau, mais il suffisait qu’il reporte son attention sur le patriarche ou encore sur Kaan pour que cette passion familière qui l’anime à la vision d’une femme s’éteigne aussitôt qu’elle était née. Oui, ces deux hommes étaient comme les barrières entre Sven et cette femme, une sorte de tue-amour puissant. Si à l’époque, il trouvait cela désespérant, aujourd’hui il était plutôt « heureux » de cette situation.

Gérard vit la moue boudeuse de son ami mais ne fit aucun commentaire. Il s’était habitué aux mimiques sans raison du Dictateur et avait abandonné d’en comprendre l’origine. De plus, il avait une chose plus importante à annoncer mais qu’il gardait encore, même durant leur tête-à-tête. Une telle annonce importante qu’il avait un mal fou à suivre les paroles du Dictateur qui parlait du Dahud, des derniers événements, de la position du Sud ou encore de ses projets pour la région. Une annonce qui ne devenait que plus belle quand il vit à quel point Sven ignorait Kaan, même quand celui-ci lui a adressé la parole. Une annonce qu’il put enfin faire, après avoir réclamé le silence à table.

- J’ai une excellente nouvelle à annoncer !

Sven arqua les sourcils. Il n’appréciait que trop rarement les « annonces » surprises. Il y a quelques années, il aurait applaudi les prises d’initiative de ses amis mais, depuis qu’il était Dictateur, ces dites initiatives avaient tendance à être un grain de sable dans une machine qu’il s’évertuait à huiler. Il inspira profondément, et posa déjà tous les couverts à même la table. Il se préparait à cacher toute colère – si jamais il n’appréciait pas ladite annonce – comme joie – pour ne pas réduire à néant toute chance de négociation, si jamais il y avait une chose à négocier.

- Notre famille va accueillir un nouveau membre, et nous espérons que ce serait un vigoureux et vaillant garçon, béni par le Feu
, finit-il par dire en glissant un regard à Kaan.

Sven retint difficilement un tressaillement. Il ne savait pas s’il devait être heureux, ou malheureux. Heureux car il serait effectivement bon que son grand allié ait un héritier digne de ce nom, et béni par le Feu évidemment. Malheureux car quand cet homme se retirera et qu’il se retrouvera seul avec l’épouse, cette dernière allait être une diablesse. Une seule seconde, il posa un regard sur la jeune fille assise à table – la demi-sœur de Kaan – et repensa à une vieille dispute à l’époque, quand on ne savait pas si elle sera une fille ou un garçon.

- Bravo mon ami ! finit par dire Sven, en se montrant aussi joyeux qu’il pouvait. Nous allons donc avoir un futur héritier pour vos futures terres !

Une annonce qui avait terni subitement l’annonce de la grossesse.

- Les terres sur le Volcan vont être exploitées dorénavant.
- Ces terres peuvent être dangereuses, éructa soudainement le patriarche. Mon commerce est plus sûr.
- Cette future agriculture sera le nerf de notre pays, et de son développement. Nous ne serons plus totalement dépendant de Gorka et ses ressources, ou de Dahud. Nous nous ruinons pour subvenir aux besoins élémentaires, expliqua calmement Sven. Cette future agriculture rendra tout homme de Sezni riche. Les terres situées autour du Volcan sont très fertiles, où l’on peut cultiver « beaucoup » de choses. Pourquoi pas des choses exotiques et fins, qui se vendront à prix d’or ?


Sven avait toujours bousculé le système et aujourd’hui, il en faisait une autre démonstration.

- Si tu veux que les Yasi restent un nom noble et respecté, tu dois être capable de t’adapter, mon ami.


L’ami en question maugréa profondément et des plus belles, claqua la table et s’en alla, sa fille sur ses talons. Il ne restait plus que la mère, le fils et le « père ». Une réunion de famille « secrète », en somme. Sven aurait pu s’en amuser et rire mais le regard que lançait la dite mère tua toute hilarité de la situation.

- Kaan, pourrais-tu m’apporter mon châle favori, dans ma chambre, je te prie ?
demanda-t-elle avec douceur et amour à son fils. J’ai un tantinet froid, soudainement.

Lorsque celui-ci partit, Sven s’enfonça dans son siège, sachant par avance la teneur de cette discussion.

- Mon fils ne sera pas déshérité. Et il ne vivra plus aussi longtemps dans la misère et dans les rues du Dahud. , annonça de but en blanc.
- Nous avons eu cette discussion quand tu étais enceinte de ta fille. Ton fils n’a aucun droit, n’étant pas béni par …
- Je me fiche de ces religions et règles.

Il y avait une chose horrible vis-à-vis des femmes, de l’adultère et des bâtards. Les femmes gagnaient beaucoup de pouvoirs vis-à-vis de l’homme, ou plutôt la « mère » vis-à-vis du « père ».

- Ton fils ..
- Notre fils
, murmura-t-elle, en s’assurant qu’il n’y avait pas de domestiques dans les parages. Il est de « notre » responsabilité !
- Je ne peux pas …
- Tu acceptes une Terre dans ton Palais mais pas ton fils.


Il se tut. La Terre qui était « Zora » commençait déjà à lui donner du fil à retordre, indirectement.

- Bien. Ton fils ne sera plus "déshérité".

La mère se tut soudainement, observant Sven d’un air méfiant.

- J’ai eu le temps de réfléchir entre tes deux fameuses grossesses et toutes ces fausses-couches. Il reste noble, à n’en point douter mais béni par la Terre. Donc, pourquoi ne pas le marier à une noble fille de Gorka, ou une Gorkienne habitant au Dahud ?
- Non, sa place est ic… !


Kaan entra aussitôt, et Sven embraya bien vite.

- Kaan, suis-moi dans la terrasse. Il y a bien longtemps que nous n’avons pas parlé, n’est-ce- pas ? dit-il, en se levant, posant une main sur l’épaule du garçon, et l’attirant vers la dite terrasse. De l’autre main, discrètement, il demanda à la mère de partir. Elle n’avait plus voix au chapitre dès cet instant. C’était à son tour d’user de son privilège de « père ».
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Kaan Yasi
impur


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 124
❝ Avatar : Aaron Taylor-Johnson
❝ Crédits : non dit

❝ Métier : Hors la loie
❝ Age : 20 ans
❝ Niveau : Je n'ai pas de niveau


~#~Sujet: Re: My Flesh, My Blood [Kaan] Lun 17 Juil - 8:22

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de vous sentir de trop dans une soirée ? Ce moment où l’on se dit que tout se passerait beaucoup mieux pour tout le monde si on n’était pas là... C’était exactement ce sentiment que je ressentais actuellement… Comme l’élément perturbateur d’un rouage se voulant parfait initialement. D’un simple regard de Sven, je repris - l’espace d’un instant - une remise en cause. Même si j’avais repris le goût du luxe, des plaisirs d’être héritier d’une grande famille ou même des chaleurs indomptables du Sud, d’un seul regard de Sven et d’une non-réponse il me remit instinctivement à ma place. J’étais le mouton noir de ce repas. Celui que personne n’avait envie de reconnaître… Et même si j’avais légitimement ma place ici, je ne pouvais admettre qu’une chose : l’arrogance du Sud que j’avais pu retrouver l’espace de ces quelques jours venait de disparaître dans les yeux de mon idole. Et la tension palpable autour de la table n’était pas des plus rassurantes. Cachant parfaitement ma déception de n’être traité que comme le déchet de la table, je restai attentif à la moindre discussion. Ma petite sœur que je venais à peine de rencontrer depuis quelques jours et qui avait été essentiellement élevée par mon père me haïssait plus que certains Dahudiens que j’avais arnaqué. Persuadée que j’étais la honte de la famille et que sans prochain héritier, la famille Yasi allait disparaître à jamais. Mais un nouvel héritier n’était pas envisageable actuellement. Ma mère avait fait bon nombre de fausses couches et le fait qu'ils aient réussis à concevoir ma sœur il y a cinq ans de cela était déjà un miracle… Ils sont trop vieux pour assurer une descendance convenable maintenant. J’avais condamné la famille Yasi.


Et alors que mes pensées arrivaient à leurs terme concernant mon inutilité familiale, mon père décida de prendre la parole pour annoncer que ma mère était de nouveau enceinte. Je n’aurais pas été élevé dans des conditions pareilles j’aurais sûrement très mal accepté le fait que l’on ait un nouvel héritier et qu’on me replace une fois de plus comme le déchet de la famille. Mais j’avais appris à me taire avec le temps, ne laissant paraître qu’un sourire enjoué d’une telle nouvelle. Mais l’idée que rien ne s’améliore me traversait l’esprit… Connaissant la chance de notre famille, nous allions encore avoir un échec pour le Sud. Et même si cela risquerait de détruire le nom des Yasi dans le Sud, j'avais bien peur que c'était sûrement ainsi que cela se passerait... Sven prit la parole. Ne laissant que peu de réjouissance à cette nouvelle, il annonça que mon père allait devoir financer l'exploitation du Volcan. Ces terres seraient sûrement d'excellente qualité pour l'agriculture mais c'est prendre le risque qu'à la moindre éruption volcanique, tout ne disparaisse dans la lave. De plus, l'exploitation de produits exotiques ne permettrait pas de se libérer de Gorka pour ce qui est de l'alimentation. En soi, c'était faire le pari que l'exploitation se montre plus rapidement rentable qu'une éruption volcanique. Et Père détestait les paris dangereux. Surtout quand on ne lui laissait pas le choix. Pourtant Sven savait comment il réagirait... C'était tout de même étrange qu'il n'en ait pas parlé avant le début du repas... Voulait-il profiter d'être au repas pour le forcer devant sa famille ? Je ne comprenais que rarement les actes entre ces deux vieux amis mais j'avais appris que rien n'était anodin entre eux. J'aurais tellement aimé les comprendre totalement... Malgré tout, ça n'a pas empêché Père de montrer son mécontentement et de quitter la salle d'un pas énervé, suivi par ma sœur comme pour ne pas le laisser seul. Pensant que sans Père dans les parages j'aurais plus de possibilités de discuter, je me tournai vers ma mère mais quand je vis qu'ils ne se lâchaient pas du regard avec Sven, je compris rapidement que je ne devais surtout rien faire. Ils étaient comme deux chasseurs en train d'attendre la faille de l'autre pour lui sauter dessus.


Après quelques longues secondes de silence, mère me demanda d'aller chercher son châle préféré. Comme si sous cette température intenable elle pouvait avoir froid. Je n'avais pas besoin d'être devin pour savoir que c'était plus pour m’écarter de l'endroit qu'autre chose... Sans dire un mot, je m’exécutai. Je ne devais pas me mêler de tout ça... Les histoires familiales ne me concernaient plus depuis longtemps et j'imagine que l'avenir de ma sœur allait être le point central de la discussion. Je me souviens que c'est vers cet âge-là qu'ils ont pris la décision de me fiancer à Lyntha. Et puis Sven ne veut que le bien de la famille Yasi et du Sud… Lui qui n'a pas de descendant, ils veut s'assurer que l'avenir du Sud ne soit pas donné à n'importe qui. Dire que j'ai failli toucher ces étoiles...

La grandeur du bâtiment était vertigineuse quand j'y repense. Tant de dédales. Tant de salles rarement utilisées. La Bibliothèque. La salle de musique. La salle de repos. Tant de lieux qui me manquaient et même si j'en avais abusé dernièrement, ce n'était que pour mieux les perdre prochainement. Car après tout, comme on me le fait remarquer inévitablement dernièrement : je serai et resterai à jamais l’intrus de cette maison. Quand bien même ma mère, avec tout l'amour qu'elle me porte, implorait mon père, jamais je ne serais accepté ici. C'est en même temps ma maison et mon enfer ici. La dernière trace d'un passé que je n'ai plus le droit de rêver. Chaque pas sonnait comme une mélodie dans ce manoir. Chaque bruit était un retour aux sources. Mais toute cette harmonie m'est interdite. Je suis le déchu des Yasi et il en sera ainsi à jamais.

Je trouvai rapidement le châle de ma mère dans sa chambre. Ce n'était pas le plus beau ni le plus précieux qu'elle avait mais quand j'étais petit je m'en servais comme cape pour jouer les aventuriers avec Arkan. On courait pendant des heures dans la cour à imaginer toute sorte de créatures et d'aventures à combattre au nom du Sud. Un tressaillement me saisi en repensant à cette période. Pourquoi je n'arrive plus à m'amuser ? Je ne prends plus de plaisir à continuer ma survie. Est-ce que c'est ça devenir adulte ? Retournant vers la salle à manger, comme je m'en doutais, ça parlait mariage... Assez distinctement je réussis à entendre Sven dire : « pourquoi ne pas… Marier à… » Comme je m'y attendais ils parlaient bien du mariage de ma sœur. Je repensai à Lyntha. Qu'était-elle devenue ? J'imagine que je pourrais demander à Mère quand j'aurais le temps. Si on nous laissait le temps.

Je rentrai dans la salle et vins mettre le châle sur les épaules de ma mère. Rapidement, Sven se releva et s'approcha.


- Kaan, suis-moi dans la terrasse. Il y a bien longtemps que nous n’avons pas parlé, n’est-ce pas ?


Je déglutis à l'idée de faire une bêtise, respirant à fond. Je regardai ma mère rapidement avant de le suivre jusqu'à la dite terrasse. La chaleur était intenable en extérieur et le manque de lumière n'arrangeait pas le peu de végétation de l'oasis. Je restai à plus ou moins un mètre du Généralissime, le regardant de bas en haut. Pourquoi voudrait-il me parler... Je n'ai plus à avoir à faire avec lui maintenant que je suis exempt. Et pourtant, cela réveillait en moi comme un nouveau souffle, une nouvelle chance de pouvoir en apprendre plus sur mon idole, sur la politique du Sud, sur l'avenir des Yasi ou tout simplement passer du temps près de lui.

______________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Invité
Invité




~#~Sujet: Re: My Flesh, My Blood [Kaan] Dim 23 Juil - 23:37

Kaan mettait mal à l’aise Sven. Ce fils lui inspirait à la fois un dégoût, une déception… et aussi – et ironiquement – une forme de fierté. Le Dictateur avait placé tant d’espoir en ce jeune homme que le jour de la Cérémonie, la déception avait été tout autant. Le père caché avait eu besoin de quelques mois, presque quelques années, pour accepter l’idée que son premier fils – premier bâtard pour beaucoup – n’était pas béni par le Feu, mais par la Terre. En parallèle, cette bénédiction lui avait inspiré une forme de dégoût. Il ne comprenait pas pourquoi la lignée Ramose pouvait subir tant de revers à chaque génération. Sa génération avait eu pour victime sa propre sœur – une sœur qu’on avait fait passer pour morte. Et la génération suivante – ses enfants, en somme – avait pour victime Kaan.

Cependant, à l’image d’Elwyn, l’enfant se montrait fort et intelligent. Il avait réussi à survivre au sein du Dahud – et selon quelques espions de son propre cru -, il avait su se bâtir un Empire conséquent et intéressant. Ajoutons à cela qu’il n’en restait pas moins un homme de Feu, fidèle à sa Nation. Par contre, la chose était un tantinet prévisible : il était porté davantage pour la grandeur de la Nation, que de l’Elément. Cette petite nuance pouvait conduire à de grandes divergences. Là où Sven utilisait sa Nation pour des projets plus grands, un homme s’arrêterait à la grandeur de ladite Nation en mettant en avant la notion de valeur humaine.

- Elle s’inquiète beaucoup pour toi, débuta Sven calmement. Elle ne cessait de craindre pour toi, qui vis loin de la maison, seul et dans des lieux inconnus et étrangers. Maintenant, elle s’ajoute cette notion de danger suite aux émeutes.

Sven parlait calmement pourtant, ce n’était qu’une façade vocale. Il était aussi raide qu’un piquet, partagé entre l’envie de serrer ce fils comme de le rejeter au loin. Haïr ou aimer, voilà une question qui le divisait constamment et chacune des rencontres.

- Ajoutons à cela que tu grandis. Tu deviens un homme. Je pourrais dire qu’importe ton don, tu restes un Yasi. Cependant, ici, on ne peut pas confier une famille à une personne qui n’est pas bénie par le feu.

Les garçons non bénis par le Feu étaient rejetés – voir tués selon certaines familles. Quant aux filles… leurs existences ne valaient guère mieux. Soit elles étaient tuées – aussi – soit tout simplement traitées comme des moins que rien. Il n’est pas rare qu’un homme s’éprenne d’une femme d’un autre élément, mais elle est toujours cette seconde femme avec qui l’homme ne pouvait pas afficher clairement son amour. Si amour il y avait, les enfants naissant de cette union n’avaient guère une belle vie. Ceux qui ne sont pas bénis par le Feu étaient rejetés aux frontières ou subissaient le même sort que la Mère. Ceux qui étaient bénis par le Feu finissaient par dénigrer doucement mais sûrement la Mère.

Quant aux familles nobles, cette grandeur reposait clairement sur la pureté de leur lignée. Sven avait tué et détruit des maisons entières qui auraient été fidèles à l’ancien régime, ou qui réunissaient trop de personnes « détraquées », l’affichant sans aucun scrupule, et plaidant la cause que les éléments pouvaient vivre ensemble. Kaan était cette controverse de Sven. Une chose qu’il aurait éradiqué en temps normal, mais dont il était incapable – l’instinct paternel, peut-être.

- Je pense que tu devrais la rassurer, en présentant ton évolution dans ta maîtrise de la terre. Elle pourrait peut-être mieux dormir certains soirs. D'ailleurs, comment se passe ces entraînements ? A quel niveau es-tu exactement ? , amorça-t-il.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Kaan Yasi
impur


❝ Disponibilité RP : Disponible
❝ Message : 124
❝ Avatar : Aaron Taylor-Johnson
❝ Crédits : non dit

❝ Métier : Hors la loie
❝ Age : 20 ans
❝ Niveau : Je n'ai pas de niveau


~#~Sujet: Re: My Flesh, My Blood [Kaan] Ven 22 Sep - 15:17

Il semblait si calme, si sûr, si assurer dans ses gestes, dans sa voix. Pas la moindre fausse note qui pourrait le trahir d'un quelconque attachement pour moi. Bien loin de notre attachement passé, je ne suis plus qu'un échec pour la nation comme père aime à me le rappeler... La honte des Yasi ... Et je resterais, à jamais, plus feu qu'autres choses. Quand bien même n'importe quel dieu se réveillerait et me donnerait un don, je serais à jamais Seznien. Ma vie est ici au grand regret de mon père, berçant plus d'espoir en ma soeur qu'en moi, ultime échec de sa vie ...

Je laissai le généralissime me parler, trop hésitant à lui répondre directement et préfèrent me retenir que de dire une bêtise. Je devais contrôler parfaitement mes dires si je voulais pouvoir lui mentir droit dans les yeux quant à mon élément. Pourtant, je l'ai fait tant de fois ... À presque en oublier la vérité... Faisant délicatement tourner la chevalière qu'il m'avait offerte, autour de mon index patiemment je repris la parole pour lui répondre.

- Je sais ... J'imagine que c'est bien une des rares personnes ici qui s'inquiète encore un tant soit peu à moi ... Mais je ne suis plus un enfant ... J'ai appris la vie avec ces difficultés et ces risques... Et si je suis encore debout aujourd'hui c'est que je ne compte pas me laisser faire. Et s’il faut que je n'aie plus de famille pour revenir ici alors, je ce risque. Je hais Gorka et les gens qui y habitent. Je hais mon don et je préfère le renier entièrement que de renier mes origines. Je préfère être le plus mauvais terre pour le Sud, que de faire évoluer un don qui ne me correspond pas. Je suis Seznien avant d'être moi.


Pausant doucement comme pour le laisser digérer ce que je venais de dire et attendant sa réaction, je préférais venir plonger mon regard bleuté dans le sien comme pour appuyer ma détermination pour ma nation natale. De plus l'esquivait la question de démontrer mes dons par la même occasion. Une façon subtile de me sortir d'un mauvais pas bien que celui-ci risquait de me causer du tort si Sven n'appréciait pas mon franc-parler.

Je n'ai pas pu tenir très longtemps mon regard dans le sien. Je me sentais ... Comme un animal, chassez. Je finis par détourner le regard devant cette personne que je respectais tant. Comme si je ne méritais pas le simple fait de le regarder. Qui sait combien de personnes avaient osé le fixer de la sorte depuis qu'il était au pouvoir. Un luxe qui pourrait me couter cher. Je repensais en regardant le jardin aux heures passées durant lesquelles j'avais pu jouer avec Arkan en ces lieux... Il avait déjà cette certaine froideur même si dans le fond c'est aussi ça que j'aime chez lui... je pense que j'ai le même genre de sentiments que devant Sven. Un immense respect, et cette impression que je peux mourir à chaque instant. Et quelque part, j'avais l'impression que c'est ce qui allait se passer maintenant.

______________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
My Flesh, My Blood [Kaan]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Oranda ~ Truth is not far :: Archives :: Corbeille-
Sauter vers: