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Celui que la violence répugnait | Pv. Orkem

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~#~Sujet: Celui que la violence répugnait | Pv. Orkem Dim 21 Mai - 16:42


    « Il mange seulement de la viande froide le soir. » Kacem fit une petite moue et se dirigea vers le chariot qui l'attendait au détour de la ruelle tortueuse dans laquelle il habitait. Ces quelques mots furent adressés à Lohm'Ir, un de ses camarades suprématistes qui devait garder le molosse de compagnie de Kacem pendant l'absence de celui-ci. En effet, quelques jours après ses retrouvailles avec Styx Frasier, l'écorché avait reçu la visite d'un homme assez massif et trapu chez lui. Cet homme, qui n'avait pas énoncé son nom, prétendait être venu à Lucrezia sur ordre d'un dénommé Orkem Vahlaan. D'origine, le lucrezien ne connaissait pas cet Orkem, et il ne le connait d'ailleurs toujours pas, mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il reçut la missive portée par le mastodonte en armure. « Gora Al Mansour va être exécuté. » Ces simples mots suffirent à attirer l'attention du disciple de Ballion qui se serait bien estomaquer d'un rire sadique provoqué par des pulsions alimentées elles-même par la rancœur qu'il portait à son ignoble paternel. Cependant, la surprise fut telle que sa seule réaction fut la suivante : son cœur se serra dans sa poitrine relativement fort, il déglutit, porta son attention sur le géant en face de lui et lui asséna une myriade de questions pour s'assurer de la véracité du parchemin en sa possession. Quand il lui fut confirmé que son père allait mourir dans une semaine, un grand sourire apparût sur son visage. Le messager dût trouver cela étrange. Personne n'aimerait apprendre que son père allait mourir prochainement. Et pourtant ... Une fois cette révélation confirmée, un énorme poids disparût du cœur du jeune homme, il se sentit alors aussi léger qu'une plume. Il avait déjà tiré un trait sur cet homme depuis bien des années mais au fond de lui, son ombre le hantait toujours et demeurait un spectre indicible qui planait par dessus lui, et alimentant ses craintes en permanence. Cependant, Kacem savait bien que cette douleur permanente qui le torturait n'était qu'éphémère, qu'un jour elle disparaîtrait lorsqu'il apprendrait le trépas de son tortionnaire ... Et ce jour était venu.

    Deux jours plus tard, ayant juste eut le temps de s'organiser pour son départ précipité pour Inaki, Kacem embarqua donc dans la caravane tirée par les énormes destriers sombres venus le chercher à la capitale. Il avait longtemps hésiter à refuser de venir, s'étant promis de ne jamais revoir son père mais imaginer la face déconfite de son géniteur n'était pas encore assez jouissif pour le bourreau qui ne serait tranquille qu'au moment où il verrait sa tête sur une pique. De plus, selon les dires du messager, le dit Orkem désirait réellement avoir Kacem à ses côtés pour tuer son père, ce qui le contraignait ainsi à obtempérer. Certainement une marque de sadisme de sa part. Peut-être espérait-il voir de chaudes larmes courir sur les joues du jeune Feu, mais il n'en serait rien. Il allait le regarder mourir, sans sourcilier, peut-être même sourirait-il. Il avait longtemps fantasmer sur la mort de son père, ce monstre qui l'avait battu sans répit pour satisfaire ses poings. Rien que de repenser à tout cela, ses poils hérissaient, et il se mordait la lèvre. D'horribles images de son enfance lui revenaient en mémoire. Son père, à moitié nu, du sang qui peignait encore ses phalanges éclatées, tandis qu'une femme -peut-être même pas encore adulte- se dandinait contre lui avec un air de dégoût sur le visage, caressant de ses petits doigts boudinés la barbe emmêlée du forgeron qui ne regardait même pas du coin de l'oeil son fils qui était recroquevillé sur lui-même dans un coin de la forge, entouré par des cendres virevoltantes, le visage engourdi, rougi par les coups, et boursouflé. Drôle de portrait de famille, n'est-ce pas ? Cette scène surréaliste se reproduisait pourtant bien souvent. Gora n'avait jamais réellement désiré de fils, à la limite pourquoi pas une fille, il aurait put en abuser, mais un fils ... Que pouvait-il bien faire de lui ? Il lui confiait des corvées, le battait, et le laissait vivre seul sans lui fournir de réelle aide. Kacem apprit bien vite à se débrouiller seul, parfois il obtenait l'aide de quelques personnes qui avaient pitié de lui, on lui donnait un sou, ou alors des abats dont il pourrait éventuellement se repaitre. Sezni, sa mère-patrie, ne lui évoquait que de mauvais souvenirs -telle que sa brûlure alors que Ballion, son maître à penser, en parlait comme d'une terre promise, une terre sainte, comme de la capitale d'un futur monde gouverné par les Puissants-Feux. Kacem avait du mal à adhérer à cela car le Sud ne lui rappelait que trop son impitoyable père. Néanmoins, les choses allaient changer. Ici même, à Sezni, en sa capitale d'Inaki, Gora allait bientôt rendre son dernier souffle. C'est là où tout a commencé que tout va se conclure. Kacem pourra ainsi, peut-être, tourner la page sur sa blessure béante et ainsi apprendre à accepter la terre des siens. Enfin, après des dizaines d'année, son tortionnaire allait répondre de ses crimes. Du moins, pas vraiment. Orkem ne l'avait très certainement pas condamné pour ses actes passés, cet incapable avait très certainement dû offenser quelqu'un qui lui était supérieur de quelque manière que ce soit, s'attirant ainsi définitivement le courroux de Malaggar qui aura raison de lui ...

    Le chariot sursautait. Le sol n'était plus aussi stable qu'avant. Le moricaud lança un rapide coup d'oeil dehors et s'aperçut que la géographie du lieu avait bien changé. On avait, en effet, troqué l'humidité de la jungle pour l'aridité d'un désert. Les couleurs n'étaient plus vertes et bleues, mais bien orangées et brunes. Tout ce sable n'avait en rien manqué à Kacem qui sourit tout de même en voyant les lieux. Il ne se serait pas imaginé retourner en Sezni maintenant, il avait bien d'autres choses de prévu avant cela. La dernière fois qu'il avait vu les sables du Sud, c'était lors de son départ définitif pour Dahud, peu de temps après sa Cérémonie qui avait résulté son accession au rang de Feu, l'une de ses plus grandes fiertés... Un sourire sur les lèvres, le jeune bourreau retroussa lentement la manche de son chainse et regarda avec admiration les lignes ocres courbées qui s'entremêlaient autour de son avant-bras pour finalement prendre fin peu avant son articulation, au niveau de son coude. Là, le véhicule bondit encore un peu et Kacem reprit ses esprits, regardant droit devant lui son compagnon de route, un trentenaire barbu aux longs cheveux gras qui le dévisageait depuis un moment déjà. Il ne savait pas ce qu'il faisait là, s'il était garde ou simple voyageur ayant payé l'homme d'Orkem pour l'accompagner mais en tout cas, il était du voyage. Les seuls mots qui avaient franchi les lèvres du bougre étaient : « Faut qu'je pisse. », ou encore « Pourquoi tu me regardes, ahuri, tu veux que je t'enfonce mon poing dans le cul ? ». Un homme, somme toute, agréable.

    Après quelques soubresauts durant quelques heures qui virent Kacem s'enfouir dans un sommeil agité, sa cape lui servant de drap, ils arrivèrent finalement à destination. Les jambes engourdies, le Feu se traîna jusqu'au bord du chariot et sauta de celui-ci, passant ensuite un coup sur ses braies poussiéreuses à cause du sable qui s'était infiltré dans leur carrosse d'infortune. Le soleil tapait déjà assez fort, ses rayons martelant le crâne du lucrezien. L'aridité ambiante assécha les lèvres du voyageur qui devait passer régulièrement sa langue sur celles-ci afin de les humidifier. Le conducteur du chariot bondit de celui ci à son tour et se dirigea vers Kacem, l'autre passager étant parti sans mot dire dans le dos de l'émissaire d'Orkem. D'après ce dernier, l'exécution n'aurait pas lieu avant la fin d'après-midi, soit dans quelques heures, l'occasion pour l'ancien habitant d'Inaki de se familiariser de nouveau avec la cité principale du territoire seznien. D'un hochement de tête, le basané remercia son passeur et s'éclipsa presque aussitôt, s'enfonçant dans le dédale de rues de la capitale. Il serait bien repassé dans son quartier natal pour saluer quelques personnes, mais il n'avait jamais vraiment aimé l'ambiance qui régnait là-bas et les faciés de certains l'effrayaient plus qu'autre chose, il s'abstint donc. En revanche, il se rendit dans une taverne qu'il n'avait encore jamais vu et se commanda de l'absinthe afin de fêter en solitaire la mort prochaine de son paternel. En son bon souvenir, il se paya même une prostituée bas-de-gamme, comme en raffolait son géniteur, et se l'envoya seul dans un coin. Une fois son affaire faite, la pauvre femme encore tremblante et qui peinait à se redresser dans l'obscurité, Kacem réajusta son corset après avoir jeté un oeil à son effroyable brûlure d'un camaïeu composé de couleurs chaudes, situé au niveau de sa poitrine; un des nombreux souvenirs laissé par son père sur son corps. Il fit claquer sa langue contre son palais, jeta trois pièces au sol pour la putain et sortit du bar pour affronter à nouveau la véhémence caniculaire de l'astre solaire.

    L'heure approchait. Kacem se rendit au lieu qu'on lui avait indiqué pour suivre l'exécution de son père. C'était bien la première fois qu'il allait être spectateur d'une exécution et comme par hasard, c'était pour l'exécution qu'il voulait le plus effectué … S'il y avait bien un homme sur Oranda qu'il voulait éliminer, c'était bien Gora. Néanmoins, cette tâche allait être effectué par un autre. A ce moment précis, il commençait à comprendre les victimes des criminels qu'il “jugait” de sa hallebarde sur la place publique de Lucrezia … Il n'avait peut-être pas à se mettre dans tous ses états après chaque exécution effectuée, à regretter ses actes, à cracher sur cette Justice mortelle qui le rendait malade : certains hommes méritent de mourir. C'est un fait qu'il commençait tout juste à assimiler parce qu'il allait voir son pire ennemi se faire sauter la caboche d'un coup de lame. Aussi sordide que cela puisse paraître, cette simple pensée déforma son pantalon de tissu un temps. La mort pouvait avoir bien des effets différents sur lui, vraisemblablement …

    A peine eut-il essayé de se rendre dans la mélasse de monde qui attendait l'attraction de cette fin d'après-midi qu'il fut aussitôt -ou presque- stoppé par deux gardes, dont celui qui l'avait escorté jusqu'ici. Il fronça les sourcils d'incompréhension et demanda alors aux deux hommes : « Que faites-vous … ? » On l'attrapa alors par le bras pour le tirer hors de la foule tout en lui déclarant : « Maître Orkem veut assister à l'exécution en votre compagnie. » Il voulait ainsi vraiment voir des larmes couler sur les joues du fils Al Mansour ? Si c'était le cas, il allait être bien déçu... Kacem retira alors son bras des mains du garde et le suivit sans rechigner. Il contourna la populasse qui parlait déjà du condamné, s'inventant une histoire autour de lui, ils créaient un peu un mythe autour de sa personne en extrapolant des crimes et des faits entendus à son propos. Un rictus échappa au suprématiste Feu en entendant ceci. C'était ridicule. Son père était juste un escroc, un violeur, un barbare sans cervelle, mais en aucun cas un génie du mal. Même si il était tout de même assez curieux de savoir pourquoi un homme tel qu'Orkem voulait le voir mort … M'enfin, tout ce qui l'importait réellement, c'était qu'une fois dépourvu de tête, il serait jeté comme un mal-propre en dehors de la cité pour qu'il pourrisse dans le désert aride, sa dépouille pouvant servir à alimenter les quelques animaux du désert sablonneux. Pareille crapule ne méritait en rien une sépulture digne de ce nom, couronné d'une épitaphe inscrite sur une pierre tombale louant une vie enjolivée afin de lui rendre hommage. Ayant vécu comme une pourriture, il se devait de mourir dans la pourriture. Rien de plus.

    « Maître, le voici » Après avoir monté quelques marches ensablées, Kacem fit finalement face à celui qui avait décidé de reprendre la vie de son père. Orkem... Il ne le connaissait guère avant que son émissaire ne l'évoque, il était apparemment quelqu'un d'assez influent en Sezni, ce qui expliquait le fait qu'il avait lui-même décidé la mort de Gora Al Mansour, et un puissant manieur du Feu, selon ce que lui avaient dit quelques unes de ses connaissances avant son départ. C'était un respectable serviteur de Sven Ramose, il était donc, en principe, du même bord que Ballion, peut-être même le connaissait-il, cela favorisait une bonne relation entre eux. En le voyant, Kacem s'inclina respectueusement, posant même son genou sur l'une des marches sans oser lui adresser la parole sans que celui ci le lui autorise. Après tout, il ne voulait pas rejoindre son père aussi rapidement dans l'au-delà ...

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~#~Sujet: Re: Celui que la violence répugnait | Pv. Orkem Jeu 29 Juin - 15:27



"Furieux" était un faible mot pour décrire à cet instant ce que ressentait Orkem : la commande d'armes qu'il avait effectuées pour l'unité spéciale qu'il avait été chargé de créée, mandaté par le Généralissime, étaient de laides, fragiles et sombres merdes metallique à peine capable, même affutées -quand la lame n'en brisait pas à l'affutage- de couper en deux une pièce de viande en quatre ou cinq coups. Rapidement, tous avaient déguerpi sur son passage lorsque, accompagné de Dhelm, le pas décidé et furieux, il avait traversé la moitié d'Inaki pour se rendre à la demeure de Gora Al-Mansour. Quand à ceux qui ne s'écartaient pas, ils eurent tôt fait de se retrouver repoussés sur les côtés des rues empruntées pour lui laisser le passage libre. Une fois, une seule, Orkem l'avait prévenu : soit il forgeait des armes dignes de ce nom, soit il paierait le prix fort pour son incompétence et son refus d'obtempérer. Dans un premier temps, Gora ne l'avait même pas pris au sérieux, et c'était bien dommage pour l'homme rond comme une queue-de-pelle, le conseiller lui avait décoché une droite monumentale en pleine mâchoire. Le coup l'avait envoyé au sol, appuyé contre le fourneau, à quelques centimètres à peine de l'entrée de celui-ci: ça chauffait littéralement à l'intérieur de la forge.

- Ces armes doivent être prêtes cinq jours. Ne me faites pas perdre mon temps, Al-Mansour, vous m'aviez habitué à mieux. Echouez sur une seule, une seule de ces armes, et vous m'épargnerez des dépenses inutiles pour nourrir mes chiens.

Un coup de pied dans les côtes pour la route, et Vahlaan était rentré chez lui, furieux, mais satisfait d’avoir remis les choses en place. Il sembla cependant que cinq jours et une petite dérouillée ne suffise pas : d’une part, au terme de ce délai, Gora n’avait pas terminée la commande, et d’autre part, les armes qu’il avait eues le temps de fabriquer n’étaient pas d’une qualité supérieure aux précédentes quoi qu’il les avait vantées comme plus solides. Conseil numéro un à Inaki : ne jamais contrarier Sven Ramose. Conseil de survie numéro deux à Inaki : SURTOUT ne jamais contrarier Sven Ramose. Conseil de survie numéro trois à Inaki : même sans avoir énervé Sven, ne jamais énerver Orkem Vahlaan. En un sens, Gora venait de contrevenir aux trois en à peine cinq jours : en ne livrant pas à temps, il contrariait le programme d’Orkem, imposé par Sven lui-même. En livrant une qualité exécrable, il avait énervé les deux, l’un, directement, l’autre, indirectement. Un simple décret, et c’en était fini : Gora Al-Mansour serait exécuté quatre jours plus tard. Durant ce laps de temps, Orkem dut justifier l’exécution (et c’était chose aussi normale qu’aisée) auprès de Ramose, qui n’y vit aucun inconvénient. Quand à Gora, Vahlaan avait été très clair : eau croupie et rats crevés. Ce déchet de la société seznienne ne méritait même pas d’avoir allure humaine lorsqu’il serait présenté au billot. L’homme avait bien supplié, pleuré, hurlé qu’après tant d’années de bons et loyaux services à sa patrie, il méritait au moins une remise de peine, une lourde condamnation d’emprisonnement, ou au moins des conditions de détention « humaines »…Mais Orkem n’en voulut rien savoir. Ce déchet aviné ne méritait pas mieux. Si effectivement il avait fait appel à lui, et Gora eut du considérer ceci comme un honneur et non comme une corvée, c’était à cause de la qualité de son travail lorsqu’Orkem n’était alors qu’un soldat…Mais les choses avaient bien changées.

Après quelques heures à consulter les gens du quartier, le conseiller apprit que ce forgeron incompétent et alcoolique avait un fils. Un certain Kacem Al-Mansour, bourreau de son état…Voilà qui était intéressant. Vivant à Lucrezia, d’après ce qu’avait pu obtenir Orkem en termes de renseignement, ce dernier serait sans doute ravi de ne pas tenir la hache cette fois. Ce fut donc en quatrième vitesse qu’Orkem mandata un messager en vue de convier Kacem à se joindre à lui. Rapidement, il en reçut la réponse : l’invitation était acceptée. De toute façon, on ne déclinait pas une invitation d’Orkem Vahlaan. Pas si l’on voulait rester en vie.

Le messager avait un budget certain pour engager un moyen de transport fiable et faire le plein de vivres en vue de la traversée du désert, et celui-ci remplit plus que convenablement sa tâche, puisqu’à peine Kacem avait-il foulé du pied le sol d’Inaki que déjà Orkem en était informé par ses « yeux » au sein de la ville. Le fait également qu’un second voyageur, qui n’était absolument pas le messager en question, se trouvait dans le transport énerva passablement Vahlaan, mais il était déjà confortablement installé sur son promontoire personnel, abrité par un auvent rouge et or, pour assister à l’exécution dont l’heure approchait petit à petit. Un des gardes de la ville l’apostropha, du bas de l’escalier qui menait à son petit poste d’observation, tandis qu’Orkem, tourné vers le centre du théâtre où allait se jouer le dernier acte de la vie de Gora Al-Mansour, ne cillait pas en observant le sable, silencieux.

- Maître, le voici.

Trois secondes qui s’égrénèrent avec une lenteur toute particulière passèrent sans qu’Orkem, droit dans ses bottes, mains dans le dos, armure de cérémonie sur le torse, ne bouge d’un pouce. Il claqua simplement des doigts et l’homme disparut dans les allées qui menaient à la loge couverte du conseiller. Sa voix grave semblait lasse quand il adressa enfin la parole à son invité, sans même le regarder, toujours concentré sur le sable, à quelques mètres de lui, que la populace venait en masse voir se teindre de vermeil.

- Relève-toi, Kacem, et viens me rejoindre.

Il tendit simplement un de ses bras en arrière et une domestique presque entièrement dévêtue, un collier de fer forgé autour de la gorge, relié au mur derrière « le poste d’observation », comme l’appelait Orkem, par une épaisse chaine du même matériau, lui tendit cérémonieusement deux verres de lait d’amande, une boisson rare en Sezni, s’il en était, et dont la conservation était pour ainsi dire impossible. Non pas que la chaleur l’affecte particulièrement, mais son goût se détériorait en quelques heures seulement. Il en tendit un à Kacem et s’assit sur un des deux fauteuils prévus à cet effet.

- Tu me vois ravi que tu aies accepté mon invitation, Kacem. Il y avait bien longtemps que tu n’avais pas mis les pieds par ici, si j’en crois mes informateurs…Mais pareille attraction a sûrement de quoi attirer un bourreau, tu verras, c’est amusant de se retrouver ici quand on a l’habitude de manier la hache…

Il descendit son verre d’une traite et se fit resservir sans même jeter un regard à la domestique, dont la chaine permettait à grand peine d’atteindre le siège. Bien mal lui en prendrait si elle renversait la carafe qu’elle tenait à la main : les esclaves exemptes avaient une fâcheuse tendance à mourir en ayant à peine le temps de hurler. Vahlaan détaillait maintenant son invité, qui semblait tendu, mais pas abattu. Qu’attendre d’un bourreau ? Du sentimentalisme ? Non pas. Peut-être quelques remords ? Ca n’en avait pas l’air. Parfait. Ils pourraient discuter. Car en effet, si Orkem n’avait aucun intérêt diplomatique ni même personnel à rencontrer ce jeune homme, c’était son petit plaisir que de temps en temps faire la connaissance de personnes que son instinct qualifiait d’intéressantes. Kacem était de ceux-là. Huit hommes en armure entrèrent dans l’arène, portant une lourde dalle de marbre surmontée d’un billot de bois , sur lequel reposait la fameuse hache. Un œil entraîné à reconnaître ce genre de choses pouvait facilement le voir : elle n’était pas affutée le moins du monde. L’arme avait été fabriquée par Gora lui-même, ironie du sort ou simple envie de faire durer le plaisir, Orkem avait fait ce choix en toute connaissance de cause.

-J’espère que le voyage s’est bien passé…à ce propos. SHORE !

Le garde, une véritable armoire à glace, remonta les escaliers quatre à quatre pour se présenter sur l’avant-dernière marche, saluant militairement le conseiller, sans un mot. Les mots n’étaient pas toujours nécessaires.

- Le cocher, le passager, le messager. Trouve-les. Tue-les. Brûle-les.

Le message était clair, précis, dit avec un ton bien plus tranchant que la hache dédiée à l’exécution de Gora, que l’on amena enfin au bord des grilles qui s’ouvriraient bientôt pour le laisser entrer en scène. Shore n’était pas de ceux qui écoutaient sans agir, avant même qu’Orkem aie fini de lui dire de les trouver, il avait compris. Vahlaan n’aimait pas faire de prisonniers. Habitude militaire, sans doute ? Toujours était-il qu’il marqua de nouveau une pause en observant de nouveau l’arène. Le brouhaha environnant des voix de tous ces badauds en manque de sang était un bien désagréable hurlement à ses oreilles que l’apparition d’une flamme de taille impressionnante dans ses paumes, dirigée vers l’arène, suffit à faire taire. Tous suivirent le rai incandescent pour remonter leur regard jusqu’à son émetteur. Orkem mit fin à son petit numéro une fois le silence tombé sur l’arène et se tourna vers Kacem.

-Rends-moi service, veux-tu ? Annonce donc notre condamné du jour à tous ces gens qui n’attendent que de voir sa tête sauter…, lui dit-il avec un sourire amusé. Les politesses viendraient après, il comptait bien commencer par les choses intéressantes…
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~#~Sujet: Re: Celui que la violence répugnait | Pv. Orkem Dim 9 Juil - 15:35

    Après avoir foulé ces quelques marches ensablées, Kacem se retrouva face au grand homme auréolé de lumière, le soleil seznien planant derrière lui tel une cape ardente, soulignant de ce fait sa silhouette, mettant en exergue son armure cérémoniale qu'elle fit scintiller d'une pluralité de rayons incandescents qui s'abattirent sur le visage crispé du dahudien. Par respect, le jeune homme posa genou au sol, s'inclinant devant celui qui était, en ces terres comme partout ailleurs, son supérieur hiérarchique; lui, conseiller de Ramose, et guerrier sanguinaire comme l'avait vanté précédemment le cocher qui l'avait porté jusqu'en ces terres sablonneuses du sud. N'ayant pas connu le règne de Sven Ramose sur Sezni, et ne s'intéressant aucunement à la géo-politique de sa terre natale, jamais Kacem n'avait réellement entendu parler d'Orkem. Peut-être qu'on l'avait évoqué en sa présence dans une conversation hasardeuse, mais en tout cas, il n'avait aucun souvenir du nom de cet homme. Désormais, il savait qu'il était ici, aux yeux de bien du monde, synonyme de peur, de violence, de cruauté et d'impartialité, comme le prouvait d'ailleurs l'exécution soudaine de Gora. Autrefois, il aurait été l'archétype même d'un effrayant tyran, pour Kacem; mais maintenant, il le voyait davantage comme un Feu accompli cherchant à se faire un nom pour le bien de son peuple. C'était dans cette illusion qu'il fut bercé par Ballion durant ces quelques dernières années. Il était, cependant, bien différent de l'orateur qu’idolâtrait tant le bourreau de Lucrezia : il avait un charisme plus abrupt, il avait moins de finesse, il émanait une aura écrasante et n'avait pas ce pouvoir inné de séduction, comme Ballion. Il avait davantage l'air d'un soldat, son armure renforçant d'ailleurs cet aspect. Innocemment, le basané le compara à un héros épique issu de contes fantasques de Sezni.

    Après y avoir été convié, Kacem se redressa lentement, relevant son visage en direction de son interlocuteur. La révérence fut de courte durée. A croire qu'il avait d'autres projets en tête, et que le temps le pressait un peu. Sûrement avait-il hâte, au même titre que son invité, de voir valser la tête de Gora, de voir le sang se répandre sur l'estrade et que ses oreilles ne sifflent à cause de la clameur d'un public qui ne connaissait assurément pas Gora et qui n'était venu ici que par appétit du sang, par admiration de la violence dans sa forme la plus pure. Car oui, une exécution c'est avant tout un spectacle. Certains souhaiteraient que Kacem soit plus spectaculaire dans ses « démonstrations », qu'il impressionne par sa stature, qu'il joue littéralement un rôle comme tous ces fanfarons des cirques clandestins, ces troubadours insouciants, ces acrobates et ces arlequins tout juste bons à amuser la plèbe, voire un roi lassé de gouverner préférant s'adonner aux petits plaisirs du peuple, quand il n'est pas occupé à labourer l'arrière-train d'une malheureuse servante. Ce qui manque à Kacem dans sa profession, c'est cette qualité d'acteur que certains lui demandent d'obtenir. Pourtant, quelque chose au fond de lui lui susurre que tuer n'est pas un divertissement. Lui-même ne tue pas pour le plaisir, mais pour se canaliser en renouant avec l'essence de l'homme, en s'intéressant à ce qui lie tous les hommes, peu importe leur élément ou leur rang social : ce petit fil doré qui s'enroule autour du coeur de chacun, la vie. Car oui, messieurs, Kacem fait dans le social avant tout.

    Convié par Orkem à venir le rejoindre, le jeune Feu s'exécuta. Il enjamba les deux dernières marches et se retrouva en haut de la scène. Il plongea son regard dans l'abime de l'arène où une véritable marrée humaine souhaitait se repaître de la mort prochaine de cette pourriture de Gora, bien que la plus part d'entre eux ne connaissaient même pas encore son nom. Tandis que l'attention du bourreau était porté sur l'échafaud, là où il se tenait habituellement pour châtier, il sentit une ombre se profiler dans son dos. Il se tourna alors, par réflexe, et découvrit avec surprise le corps débile d'une femme enchaînée à un muret, presque totalement dénudée, un collier de fer serrant sa gorge si fort qu'elle semblait déglutir avec douleur. Cette pathétique femme, dont le bras était dépourvu de tatouage, offrit à son maître deux coupelles que celui ci saisit sans remerciement et sans même accorder un regard à la femme qui s'écarta sans demander son reste. Là encore, on tombait dans les tréfonds de l'humanité. En définitive, être esclave était peut-être pire que mourir. L'humiliation était bien plus grande, et la souffrance s'étalait sur des années, son corps se ratatinait au profit de celui du maître qu'on engraissait en lui apportant divers mets. C'était désolant.

    Orkem tendit le nectar qu'on venait de lui apporter à son invité, gardant la deuxième coupelle pour lui. C'était du lait. Un lait dont l'odeur était parfaitement inconnu au nez du bourreau. Certainement un breuvage de riches à en croire son aspect parfumé et sa couleur nacrée plus-que-parfaite. Jamais on ne lui servirait cela dans une taverne du sud de Lucrezia. Il y aurait peut-être même des morceaux dans le lait et celui ci commencerait déjà à cailler. Là, cela n'avait rien à voir. Ce simple présent suffisait à prouver la richesse du conseiller. Cela ne semblait être rien pour lui. Sur invitation de ce même conseiller, Kacem s'installa dans un siège bien trop confortable pour son dos endolori et brisé par le labeur. Il avait plutôt l'habitude de s'asseoir sur des chaises en bois ou sur de la paille, son pauvre dos n'était pas habitué à tant de luxe. Un soupir d'aise franchit presque ses lèvres lorsqu'il s'installa contre le dossier du siège, posant ses bras le long de ceux du fauteuil. Il porta ensuite délicatement le récipient à ses lèvres et fit couler un fin fil de lait dans sa bouche, frissonnant légèrement avant de finalement soulever plus encore la coupelle pour avaler l'intégralité de la boisson d'une seule traite sans même la savourer, par pure gourmandise, afin d'étancher une soif inexistante car récemment combler par quelques verres dans une taverne d'Inaki. Orkem lui, par gourmandise ou par simple envie d'humilier son esclave, tendit son bras pour qu'elle lui serve à nouveau le doux breuvage. La pauvre femme dénudée à la poitrine asséchée, qui ressemblait par ailleurs plus à de vulgaires morceaux de peau pendant dans le vide et remuant au grès du zéphyr, servit de son mieux son maître en tâchant de ne pas tâcher le sol du somptueux nectar, tandis qu'il lui adressait précédemment ces quelques mots : « Tu me vois ravi que tu aies accepté mon invitation, Kacem. » Avait-il seulement eu le choix ? Pas vraiment. Il n'avait pas spécialement envie de se battre avec le molosse envoyé par Orkem pour venir le chercher, ou même se mettre à dos un proche de Sven Ramose. Et pour tout dire, cette invitation le ravissait grandement, au fond de lui ... Il allait enfin pouvoir enterrer le triste souvenir de son bâtard de père en même temps que l'on empalera sa tête sur une pique.

    « Il y avait bien longtemps que tu n’avais pas mis les pieds par ici, si j’en crois mes informateurs…Mais pareille attraction a sûrement de quoi attirer un bourreau, tu verras, c’est amusant de se retrouver ici quand on a l’habitude de manier la hache…. » Kacem afficha un simple sourire afin de ne pas vexer son interlocuteur. Il était, il est vrai, assez paradoxal pour lui d'être spectateur, et non plus acteur, d'une exécution. Exécution qu'il aurait pourtant aimé faire, contrairement à d'autres. Mais d'un autre côté, d'ici, il verrait bien la détresse de son père. Enfin, père était un bien trop grand mot pour Gora, qui n'avait jamais réellement agi comme tel. Cet ogre n'avait jamais réellement su offrir de l'amour à quelqu'un, pas même aux putes qu'il farcissait dans l'arrière-boutique. Il avait très certainement violé la mère de Kacem pour l'enfanter. Le bourreau des Ergorn se blottit un peu plus contre le fauteuil, tout de même un peu gêné de se retrouver seul en présence d'une telle pointure de la politique seznienne. Ballion le jalouserait même très certainement. Tout ce qu'il espérait cependant, c'était de ne pas avoir à payer lui aussi les crimes de son incapable géniteur. Il n'était pas encore tout à fait prêt pour passer de vie à trépas, même si la mort ne le terrifiait plus autant qu'auparavant.

    Dans l'arène circulaire face à laquelle ils se trouvaient, huit hommes apportèrent de façon assez cérémoniale l'arme qui trancherait la tête de son père. Une sorte de hache impressionnante tant par sa taille que par sa reluisante lame sur laquelle se répercutaient les rayons solaires, éblouissant Kacem, pourtant situé en hauteur sur son piédestal. Le brun déglutit un peu tout en suivant du regard le transport de l'arme jusqu'à l'échafaud, jusqu'alors vide. Un sourire carnassier sur son visage barbu, Orkem demanda à son invité du jour si son voyage s'était bien déroulé et, sans même lui laisser le temps de répondre, ordonna l'exécution du cocher, du messager, et même du passager dont Kacem ignorait tout, même le nom. Il déglutit. Pourquoi tuer ces pauvres gens ? La cruauté d'Orkem n'était donc pas une rumeur, mais bien une réalité atténuée par les légendes urbaines véhiculées par ses employés. Un frisson parcourut l'échine du jeune homme qui vit sur son flanc gauche la pauvre esclave se figer sur place, le visage livide et les chevilles s'entrechoquant brutalement, secouant l'intégralité de sa rachitique enveloppe corporelle, semblable à une feuille morte. Acquiesçant cet ordre soudain, le dit « Shore », véritable bestiau en armure, décampa avec la ferme intention de se salir les mains au nom de son supérieur.

    Et enfin, on apporta l'invité d'honneur. Traîné comme une vulgaire bête, entravé par des serpents d'acier qui le strangulaient et empêchaient tout mouvement en refermant leur corps annelé et métallique autour de ses articulations, leurs sifflements remplacés par des cliquetis, Gora se présenta à la foule. Plusieurs heurts furent visibles de là où se tenait Kacem. Des cris hystériques, des insultes, on jetait des détritus sur le nouvel arrivant, escorté par des gardes au regard de pierre. Il se laissa tomber plusieurs fois, genoux contre le sable, se faisant alors tirer à même le sol avant d'être battu d'un grand coup de bâton pour le forcer à se tenir sur ses jambes devenues des ficelles informes. Sa barbe avait poussée, son regard était vitreux, son visage, décrépi; et son ventre creusé par la faim. Il avait été vraisemblablement travaillé avant son exécution pour le pousser dans ses derniers retranchements. Cependant, cela ne dérangea absolument pas son fils. Lui aussi était passé par ces mêmes étapes avec pour seul tortionnaire Gora. En quelque sorte, ce n'était que justice : un banal retournement de situation. Maintenant qu'il y pensait, c'était la première fois que Kacem voyait son père de haut ... Lui qui rasait toujours le sol en présence de son paternel, le voilà désormais installé aux côtés d'Orkem Vahlaan, l'arme de sa vengeance.

    Le silence fut ensuite imposé. Le bruit s'étouffa de lui-même, et Orkem lança un regard en direction de son compatriote Feu, lui demandant alors : « Rends-moi service, veux-tu ? Annonce donc notre condamné du jour à tous ces gens qui n’attendent que de voir sa tête sauter… » Un sourire amusé, presque sadique, au visage, Orkem attendit la réaction du moricaud. Celui ci n'avait aucune prestance, pas le moindre charisme, et n'avait pas spécialement confiance en lui. Parler devant pareille foule, c'était presque impossible pour lui. Cependant, il faisait ça en partie pour lui, pour satisfaire son égo, sa soif insatiable de vengeance et de justice impartiale. Se présenter ainsi dans un total silence, ce serait l'occasion pour faire savoir à Gora qu'il était là, présent pour le voir, pour entendre son dernier souffle. Posant ses mains sur les bras du siège brodé, il se releva doucement, le coeur serré et la gorge sèche. Il inspira grandement, déglutit, et concentra son regard sur le condamné qui avait désormais ses deux bras attachés à des pieux en plein centre de l'arène, le visage baissé et couvert par sa toison sauvage qui couronnait son crâne. « Gora Al Mansour ... Mon père, Gora Al Mansour, va être exécuté aujourd'hui. » Dit-il simplement en continuant de méduser du regard le pauvre homme qui ne sourcilla même pas. Kacem serra les poings. Il l'ignorait ? Ou alors, il était peut-être déjà totalement inconscient, absent ? Peut-être se déconnectait-il de ce monde en sentant la mort venir. Le traumatisme avait sûrement été assez brutal pour tirer son esprit de ce monde. C'était désormais une coquille vide qui n'attendait qu'un coup de lame pour être séparée en deux. Cruelle déception pour Kacem. Il resta debout, le regard figé sur son abominable paternel. Sombre merde.

    Enfin, jaillit de l'ombre un spectre encapuchonné aux vêtements déchirés, traînant derrière lui des lambeaux obscurs qui volaient autour de son corps enroulé d'une tunique de jais. Seuls deux yeux globuleux jaillissaient de son costume macabre. Ses bras, à la fois fins et musclés, étaient d'une couleur aussi nacrée que le lait d'amande servi précédemment, comme si cet émissaire de la mort fuyait les caresses de l'astre solaire, préférant garder un teint cadavérique à l'image de sa fonction. Le donneur de mort s'avança lentement, se tournant vers la foule pour s'incliner respectueusement devant elle alors qu'un tonnerre d'applaudissements troubla le silence instauré il y a quelques minutes. Balayant de sa cape le sol aride, le bourreau fit désormais face à son employeur, Orkem, afficha un large sourire derrière sa capuche et continua de respecter l'étiquette en voûtant son dos squelettique face à son maître. Dans son dos, Kacem entendit un homme, peut-être un noble, murmurer à l'intention d'un autre : « C'est Jahlon, un des bourreaux les plus prisés de Sezni. Il a apparemment remplacé le précédent bourreau de la capitale, jugé trop vieillissant après qu'il ait manqué deux fois la nuque du dernier condamné ... » Voilà donc le nom de celui qui fut choisi pour déchirer la tête de son père. Toujours debout, figé dans sa position depuis plusieurs minutes, l'employé des Ergorn se sentit rougir de gêne. L'excitation quant à la mort prochaine de son père était tellement grande que son pantalon commençait à en faire les frais, déformé par la virilité du suprématiste Feu qui, de honte, cacha rapidement cela en retournant s'asseoir après avoir lancé un dernier coup d'oeil à son père, toujours aussi absent, ayant réussi à fuir son exécution en s'exilant dans un for intérieur pour éviter d'avoir à affronter sa propre fin. Lâche jusqu'au bout.


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Celui que la violence répugnait | Pv. Orkem
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