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Intrigue n°2
La deuxième intrigue a vu le jour
Pour savoir ce qui va se passer entre les régions, c'est par ici !

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Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥

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Styx Frasier
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~#~Sujet: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Ven 19 Mai - 5:08

C’étaient les cris qui t’avaient poussée à revenir sur tes pas. La rumeur d’un meurtre au palais des représentants s’était propagée comme une traînée de poudre dans la cité-reine, effleurant tes oreilles en l’espace de quelques minutes à peine. Tu n’avais alors eu qu’une idée en tête : retrouver ton maître. Et alors que tu tournais les talons pour revenir vers le centre de Lucrezia, ton esprit était passé par tous les temps. Ton cœur s’était allégé d’un coup. D’après les bribes que tu entendais, tu comprenais qu’un membre d’une famille représentante avait été tué. Les mots Terre, Air, Sterenn, Gorka, Birghild et Fanior avaient retenti assez souvent pour que tu comprennes que ta nation n’était pas encore impliquée dans ce qui était arrivé. Ton cœur s’était subitement allégé. Si la discorde avait été semée parmi les représentants des autres régions, cela signifiait que ta mission n’avait plus lieu d’être. Et ça te réjouissait. Puis tu t’étais demandé si ton maître était impliqué dans l’affaire. Directement ou indirectement. Et ça t’avait piquée. Parce que tu craignais qu’il ait demandé à un autre d’accomplir ce que tu n’avais pas été capable de faire. Le fait de ne pas avoir réussi à t’entretenir avec lui depuis ton arrivée dans la cité t’importunait. Tu avais longuement réfléchi à cette mission qui t’avait été confiée dans les dernières semaines, et tu avais conclu que, pour ta survie, tu ne pourrais mener le travail à bien. Tu avais pris la décision de prendre quelques semaines pour toi et te réfugier dans le sud, dans ton désert, là où tu pourrais te replacer les idées et oublier ce géant aux cheveux de Feu qui avait captivé ton attention bien malgré toi.

Après t’être vue refuser l’accès au palais sous prétexte que les ordres étaient les ordres, tu avais tenté de te faire un chemin parmi les badauds pour regagner les rues du quartier sud, pour retrouver Nadian. Le maître savait où vous logiez. Si vous ne pouviez pas vous rendre à lui, il finirait forcément par se rendre à vous... Sauf qu’on t’avait interceptée.

Il n’avait pas dit grand-chose. Toi, si. Tu t’étais débattue, tu avais crié, tu avais cogné, tu avais protesté alors qu’il t’agrippait par le bras pour te tirer vers les petites rues de la ville. Puis alors que tu tentais de regarder derrière toi pour voir si quelqu’un lèverait le petit doigt pour l’empêcher de t’emporter, un homme t’avait heurtée par accident. Et ça avait été le noir.

Lorsque tu t’étais réveillée, presque deux jours plus tard, vous approchiez de la frontière de Vainui. Affamée, assoiffée et confuse, tu avais rapidement réalisé que tu étais étendue sur plusieurs couches de vêtement dans le fond d’une charrette en mouvement. Sous le regard inquisiteur d’une femme à la chevelure brun clair que tu n’avais jamais vue auparavant, tu avais ouvert un œil, agressée par la lumière qui filtrait à travers la toile qui vous abritant des intempéries. Ton regard avait frénétiquement fouillé l’habitacle alors que tu tentais de te redresser sur tes coudes sans trop de succès. « Où... où est-il ? Où est-ce qu’on est ? » avais-tu murmuré d’une voix étouffée alors que la femme s’approchait de toi. Elle t’avait tendu une gourde pleine d’eau fraîche et un fruit en t’indiquant que ton ami n’était pas loin, qu’il avait préféré faire le voyage sur sa monture plutôt que dans le chariot. La remerciant d’un petit sourire et d’une pression de la main, tu t’étais glissée vers l’arrière de la voiture, jetant un œil à l’extérieur de la canopée, mais le géant roux se trouvait plusieurs mètres devant vous.

Ce soir-là, tu avais essayé de le raisonner sans parvenir à briser son mutisme. Vos compagnons l’avaient encouragé à dormir près de toi, mais il refusait même de te regarder en face. Et bien qu’il évitât ton regard et ton contact, tu savais qu’il te surveillait et qu’il ne te laisserait pas prendre tes jambes à ton cou. Soucieuse de ne pas élever les soupçons de vos compagnons de voyage, tu avais fini par les suivre sans plus tenter de convaincre le géant de te laisser partir.

Le moment que tu avais tant appréhendé ne tarda pas à venir : la frontière. Vous vous en approchiez de plus à plus à chaque minute qui passait et tu ne peux t’empêcher de ressentir une grande nervosité. Pourtant, lorsque vous vous arrêtez, deux soldats se contentent de faire le tour de la charrette pendant que le plus âgé d’entre eux s’adresse à Lachlan : « Nom, prénom de chacun des passagers, s’il vous plaît. » Dans un grognement, Lachlan indique ne pas connaître l’homme et la femme qui vous accompagnent, mentionnant que vous les avez joints suite à la fête des dieux. Il indique ensuite : « Thralmur, Lachlan et mon épouse, Émeraude. » Parcourant rapidement le registre qu’il tenait, l’homme ne tarde pas à relever le regard vers lui et réclame : « Votre tatouage, s’il vous plaît. » D’un geste froid et détendu, le tavernier dégage son vêtement pour montrer une marqué bleutée qui s’étend sur son avant-bras. Le garde en semble satisfait

Il s’approche de l’embarcation où tu es pelotonnée, la tête encore douloureuse des événements survenus à Lucrezia. « Madame, te salue-t-il plutôt poliment. C’est un vilain bleu que vous avez au front. » Tu esquisses un sourire, rétorquant que tu es tombée, tu as toujours été bien maladroite. « Vous devriez faire plus attention où vous mettez les pieds, certains pourraient croire que votre époux vous a frappée, continue-t-il d’un ton un peu taquin. Tu ricanes d’un rire léger. Si seulement il savait comme les hommes qui battaient leurs épouses étaient nombreux, là d’où tu venais. Votre tatouage, s’il vous plaît. » Un instant, tu découvres presque ton bras gauche marqué de tes entrelacs rouge vin qui remontent légèrement sur ton coude depuis que tu es parvenue à créer tes propres flammes sans causer de catastrophe, mais tu ne commets pas l’erreur, dévoilant plutôt le bras droit où l’autre marque avait été apposée, bleutée et délicate. Satisfait, il passa vers l’homme et la femme sans poser plus de questions.

Le reste du voyage se déroule sans encombre. Jusqu’à ce que vous arriviez au village de vos compagnons. Te tendant le bras, ton ami t’invite à monter sur son cheval pour regagner la maison. Tu grimpes sans piper mot devant les deux autres, mais dès que vous quittez le village pour vous enfoncer dans les terres, tu lèves la voix, bien déterminée à ce qu’il entende enfin ce que tu as à dire. « Arrête... arrête ! Je ne peux pas, Lachlan... je ne peux pas... Tu dois me ramener ! Je ne peux pas y retourner ! Je ne serai pas en sécurité à Brynjolf, s’il te plaît, ramène-moi à Dahud... » Il te jauges un instant avant d’acquiescer, murmurant qu’il connaît un endroit où tu seras en sécurité.

Pendant plusieurs heures, vous chevauchez dans les bois avant d’arriver à cet endroit. Une magnifique cascade qui s’abat dans un bassin profond. Silencieux, l’homme du nord s’enfonce dans les profondeurs de la grotte où tu le suis. Tu aurais probablement dû t’enfuir, mais tu n’en avais pas envie. Lachlan Thralmur avait sur toi un pouvoir qu’aucun autre homme ne pouvait prétendre avoir possédé contre toi jusqu’à maintenant. Il te fascinait, il t’attirait comme un aimant, son regard dur et sans pitié qui se posait sur toi éveillait des sentiments que tu ne comprenais pas, une adrénaline qui faisait frémir tes vaisseaux sanguins. Aussi, tu le suivis dans l’ombre de la cascade. La grotte te fait penser à ces cavités naturelles que l’on retrouve à plusieurs endroits à Sezni, sauf qu’il n’y a pas de source chaude dans celle-ci. Le désert était souvent vu par les habitants d’Oranda comme un piège mortel qui réussissait souvent à duper même ceux qui le connaissaient et y vivaient depuis des années. Toi, tu avais connu ses merveilles, et tu ne les aurais échangées contre celles d’aucune autre région. Tu observes les stalactites qui ornent le plafond avec émerveillement pour quelques instants avant de reporter de nouveau ton attention sur ton interlocuteur qui t’observes, encore plongé dans ce même mutisme qui a habité vos journées depuis que vous avez quitté Lucrezia. Et alors qu’il te regarde, il ne fait aucun doute que son ressentiment à ton endroit est encore omniprésent. Et il ne te pardonnera pas de sitôt. Surtout si tu lui dis tout.

Tu le dévisages un moment avant de parler. « Et maintenant quoi ? On a fait tout ce chemin-là pour que tu restes planté là à me regarder ? J’dois t’avouer que j’y comprends foutrement rien... tu m’en veux – je le sens, ça se voit – et pourtant tu refuses de me laisser partir... Tu veux quoi ? Des excuses ? Des explications ? » Ouvrant un regard perçant sur lui, il reste immobile sans dire quoi que ce soit. « Tu vas me punir en me donnant le traitement du silence ? Tu veux que je dise que je suis désolée ? Que j’suis une trouillarde, que je prends mes jambes à mon cou quand ça compte le plus parce que j’ai pas de couilles ? Peut-être que t’as raison. Tu veux des explications ? Parce qu’il y en a une. Sauf que ça sert à rien. » Et cette explication, tu l’avais effacée de tes pensées pour te concentrer sur les tâches qu’on t’avait octroyé, mais elle t’avait frappée de plein fouet lorsque tu avais rouvert l’œil quelques jours plus tôt. Ce soir-là, tu t’apprêtais à rejoindre Lachlan lorsque tu avais croisé un fantôme de ton passé... Akela. À ce moment-là, ton cœur s’était arrêté. Tu n’avais pas tardé à entraîner ton ex-fiancé loin des regards indiscrets. Parce que lui savait que tu n’étais pas Eau. Quand tu lui avais demandé des explications, il n’avait pas tardé à remettre la mort de ta sœur sur le tapis. Et lorsqu’il t’avait révélé ce qui s’était réellement passé, tu avais été submergée par la rage, mais aussi par la tristesse. Astrée était une Exempte. Ta sœur, la meilleure de vous deux, avait non seulement été abandonnée par les dieux, mais elle avait également été brûlée vive par ton propre père. Déstabilisée, désemparée, tu étais remontée dans ta chambre où tu avais sombré dans un sommeil profond, vidée de toute ton énergie. Le lendemain, tu ne te rappelais plus de rien. Ton subconscient avait remplacé ta rencontre avec Akela par un sentiment de crainte envers ce que tu avais pu ressentir pour le tavernier. Tu avais tout gâché.

À tes yeux, n’expliquer qu’une infime partie de l’histoire était impossible. Lui raconter ta rencontre avec Akela, ça signifiait que tu lui révélais tout. Ça signifiait que tu devrais lui dire que tu étais Feu et qu’on t’avait envoyée dans le nord pour détruire la paix qui perpétuait depuis des centaines d’années à Oranda, ça signifiait que plus jamais tu ne le reverrais. « Dis-moi ce que tu veux, Lachlan. Je te le donnerai. J’ai plus rien à perdre. Si je reste, on me tuera. Si je pars, on me tuera probablement quand même, donc... »

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Hold on to me
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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Sam 27 Mai - 21:11


Les événements de la fête du peuple avaient complètement chamboulé la fête en l’honneur des Dieux. Pris par surprise, par un pur instant de conservation et par réflexe, tu avais attrapé Styx par le bras avant d’essayer de l’emmener en sécurité, loin du gros bordel qu’était devenue la place centrale de Lucrezia. Tu n’avais pas prévu de prendre Styx avec toi pour vous mettre tous les deux à l’abri. Mais elle était alors proche de toi, tu n’avais réagi que par habitude. Pourtant, tu n’avais pas prévu qu’elle essaie de te repousser. Qu’elle te frappe pour te fuir, alors que tu ne voulais que la protéger. Lorsqu’elle s’est effondrée au sol, violemment bousculée par un homme terrifié par ce qui se passait, tu n’avais pas pu l’abandonner. Malgré le manque de confiance visible qu’elle ressentait envers toi, malgré les coups et les cris qu’elle avait porté, tu ne pouvais pas la laisser à même le sol alors que la foule ne faisait même pas attention au sol qu’elle foulait. Tu avais alors décidé de l’emmener avec toi. Au vu des réactions, il était clair que Lucrezia n’allait plus être un lieu de paix et de tout repos, et tu avais pris comme décision de quitter la région pour retourner à Vainui.

Tu as rapidement retrouvé un couple qui avait déjà voyagé avec toi et que tu avais rencontré à la taverne de ton beau-frère. Sans un mot, ils avaient accepté de vous prendre Styx et toi comme voyageurs, ne posant aucune question sur l’état de la brune. Vous avez très vite pris la route pour la région de l’Eau, en silence. Lorsque Styx s’était réveillée, dans la carriole qui la transportait, tu avais préféré ne pas la rejoindre. Tu avais encore en travers de la gorge son refus envers toi. Tu n’avais pas besoin de voir le regard accusateur et dégoûté qu’elle allait poser sur toi, comme nombre de personnes depuis de nombreuses années. Les dents serrées, tu avais donné un coup de talon dans le flanc de ta monture, montant aisément jusqu’en haut de la petite troupe, tel un éclaireur, refusant de laisser l’opportunité à Styx de t’insulter d’un quelconque moyen. En un sens, tu espérais presque qu’elle essaie de prendre la fuite, encore. Qu’elle saute de la charrette en marche et qu’elle fuit à travers les arbres. Tu n’aurais rien fait pour la rattraper. Pas après tout ce qui s’est passé entre vous.

Malheureusement, ou heureusement, tu ne saurais plus dire, elle était restée. Elle avait tenté de te parler, de te pousser à accepter à la laisser partir, mais tu n’avais pas pipé mot. A ce moment-là, tu ne savais plus quoi lui dire. Tu voulais qu’elle parte, qu’elle fuie comme elle avait visiblement eu l’habitude de faire lorsque les choses étaient trop compliquées, mais tu ne voulais pas qu’elle t’abandonne alors que quelque chose restait en suspens entre vous. Lorsqu’elle avait fini par abandonner le combat, restant encore dans le petit groupe, tu ne savais toujours pas si sa présence était une bonne ou une mauvaise chose. Puis, la frontière est arrivée, vous l’avez passée. Toujours aucun mot d’échangé. Tu ne savais toujours pas quoi dire. Pas quoi faire. Et enfin, le village du couple fut atteint. Styx ne pouvait plus voyager dans leur carriole, alors tu lui as proposé d’un signe du menton de monter sur ton cheval. Il pouvait aisément supporter le poids de deux personnes, tu l’avais entraîné pour ça si jamais un jour ta sœur et ton beau-frère devaient fuir pour leur survie. Mais ses supplications sont revenues… et tu ne savais toujours pas si tu allais la laisser tomber, ou la pousser à te suivre. Tu as eu envie de l’ignorer. De la laisser partir, retourner à Dahud, alors que tu retournerais à Brynjolf pour vérifier que ta sœur va bien, pour reprendre ta vie là où tu l’avais laissée avant que Styx ne vienne tout chambouler. Mais cette incertitude a toujours été pour toi quelque chose avec laquelle tu ne pouvais pas vivre. Tu as alors murmuré vaguement que tu connaissais un endroit plutôt calme, où elle pourrait être en sécurité. Et tu t’es promis qu’une fois arrivés là-bas, tu ne ferais rien pour la faire rester. Que tout ce qu’elle ferait, lorsque vous serez dans la cascade, ce serait uniquement son choix. Et pas le tien.

Tu ne pouvais plus supporter de t’attacher à des gens qui ne faisaient que fuir leurs responsabilités une fois que les choses devenaient trop dures. Rester à regarder les autres se plaindre était une des choses que tu ne pouvais pas faire. Pas alors que tu vivais dans la peur constante de voir ta sœur être enlevée ou tuée pour son état d’Exempte. Pas alors que tu as passé toute ta vie à faire en sorte que ta sœur puisse vivre en toute quiétude sans avoir à s’inquiéter de son avenir. Et quand Styx finit par accepter que tu la laisses la conduire à la cascade, tu sens qu’il y a encore un moyen de la pousser à se confier. A arrêter de fuir ses fichus problèmes et ouvrir sa grande gueule une bonne fois pour toutes.

Lorsque vous arrivez à la cascade, tu sens ton corps se détendre immédiatement. Tu as toujours aimé cette partie de la région. Même si tu n’as jamais été habitué à y aller, préférant de loin rester à proximité de ta sœur, les rares fois où tu es venu ont toujours été des moments magiques où tu as repris des forces pour redémarrer sur de bonnes bases. C’est un peu ce que tu espères faire avec Styx. Crever l’abcès qui pourrit votre relation pour repartir sur des bases plus saines — ou repartir sur rien du tout en la laissant partir sans un regard en arrière. Descendant de cheval, l’attachant à un arbre, tu te diriges dans la grotte avec détermination, connaissant le recoin parfait pour une discussion en bonne et due forme. Un endroit qui, malgré les nombreuses stalactites et stalagmites qui ornent les lieux, ne permettait pas que les voix résonnent dans toute la grotte. T’asseyant calmement sur une roche plate, tu regardes Styx longuement, essayant de trouver les mots, la façon de lui dire ce que tu penses d’elle et de son comportement plus que fuyard.

Mais c’est elle qui prend la parole en premier. Tu l’écoutes attentivement, restant muet alors que les mots sortent de sa bouche encore et encore. Elle semble vouloir se confier, mais elle se retient, encore et encore. Et l’agacement monte en toi alors que tu comprends qu’elle ne pourra sûrement jamais te révéler cette raison qui la pousse à chaque fois à faire trois pas en arrière. Tu n’as jamais été autant déçu par une personne. Il est rare que tu accordes ta confiance à un inconnu, encore moins à quelqu’un que tu as rencontré au travers des combats clandestins. Personne ne peut se valoir d’avoir reçu ta confiance dès votre première rencontre, parce que ce n’est jamais arrivé, pas même pour ton beau-frère. Mais il y a eu ce petit quelque chose en Styx qui t’a tout de suite attiré, et tu ne parles pas de son physique. Tu ne parles pas de ses poings qui ont essayé de te faire mal, mais de cette petite lueur dans ses yeux qui ont remué quelque chose en toi qui n’avait plus été sollicité depuis bien trop longtemps. Et c’est cette chose qui te pousse à vouloir savoir ce qu’elle te cache. Pourquoi aurait-elle accepté de te suivre aussi loin dans Vainui si elle voulait vraiment retourner à Dahud ? Pourquoi ne pas simplement te frapper au crâne avant de s’enfuir en courant sans prendre la peine de regarder si tu allais bien ? Tu sais bien qu’il y a comme un attachement entre vous qui vous attire l’un à l’autre, mais tels des aimants, vous vous repoussez tout autant sans pouvoir y faire grand-chose.

« J’espère que ton excuse est valable ». Ta voix est rauque de ne pas avoir parlé depuis des jours, mais même toi, tu sens la colère pointer. « Lorsque Emeraude apprendra qu’il y a eu un problème à Lucrezia, elle va mourir d’inquiétude. Et à cause de ton petit caprice, je n’ai pas pu passer pour lui dire que j’allais bien. Que je n’étais pas mort, baignant dans une flaque de mon propre sang, piétiné par des chevaux terrifiés à cause de l’odeur de sang et de corps en décomposition ». Tu essaies de la faire culpabiliser. De la pousser à ouvrir sa bouche pour t’avouer enfin ce qui cloche chez elle. Tu ne peux pas rester sans rien faire tandis qu’elle est là, devant toi, à essayer de se faire passer pour une victime alors qu’elle ne l’est clairement pas. A chaque mot que tu entends raisonner dans ton esprit, tu sens ton sang s’échauffer. Tu as envie de la secouer, de lui avouer que ses problèmes ne pourraient jamais être aussi importants que les tiens alors que tu as clairement mis ta vie et celle de ta sœur en danger en essayant de la protéger, elle, cette combattante, qui n’avait clairement pas besoin ni envie de ton aide. Tu ne sais pas ce qu’elle a subi, ce qu’elle a vécu. Mais seul un Exempt pourrait comprendre ce que toi, tu vis depuis plus de trente ans.

Et ce qu’elle cache, ce qu’elle veut absolument te cacher, éviter que tu ne le découvres, tu as peur de ce que ça pourrait être. Tu es effrayé à l’idée que cela puisse mettre Emeraude en danger, qu’à cause de toi, ta sœur se retrouve dans une situation impossible tout simplement parce que tu n’aurais pas su te retenir face à une combattante féroce qui représentait pour toi un défi tout nouveau. Parce que tu aurais eu envie pour une fois de ne penser qu’à toi, d’être égoïste, et que cela aurait nui à la sécurité de ta sœur. Tu as toujours vécu dans cette peur constante de faire attention à chacun de tes gestes par amour pour Emeraude, et cette petite faiblesse que représente Styx ne peut pas être l’arrêt de mort de ta sœur. Tu ne peux pas le permettre. Tu as besoin de savoir ce qu’elle cache, ce qu’elle te cache, pour être sûr que tu ne dois pas foncer à Brynjolf pour sauver ta sœur du pétrin dans lequel tu l’aurais mis par ton unique faute.

« Tu ne peux pas rejeter la faute sur moi comme tu le fais si bien ». Serrant les poings, ton regard fixé à celui de Styx, tu empêches ta voix de ne plus devenir qu’un grognement. Tu veux qu’elle écoute et comprenne chacun de tes mots, chacune de tes paroles, et c’est pourquoi tu l’empêcheras de parler jusqu’à ce que tu aies totalement terminé. « J’ai voulu te mettre en sécurité. Te ramener ». Tu te relèves de la roche pour te placer face à Styx, le visage près du sien. Tu peux voir le blanc de ses yeux tant tu es proche, mais pourtant, rien dans son regard ne peut te faire dévier de ce que tu veux lui dire. « Et regarde ce que j’ai en retour. Tu m’as frappé, tu as essayé de me fuir. A chaque instant, tu as voulu tout quitter, me quitter, quitter la protection que je t’offrais gratuitement sans même essayer de t’expliquer. D’ouvrir ta gueule pour autre chose que te plaindre ». Tu inspires un moment, cherchant tu-ne-sais-quoi dans son regard, avant de continuer. « Une fois arrivés ici, tu as eu à peine le temps d’ouvrir la bouche que tu m’as engueulé. Comme si c’était ma faute. Ma faute de quoi ? J’en ai foutrement aucune putain d’idée puisque tu refuses de formuler une putain d’excuse correcte ». Ton regard est empli d’une colère que tu n’avais jamais eu l’occasion de ressentir depuis un bon moment. Voire depuis jamais.

Tu secoues légèrement la tête alors que l’agacement accompagne la colère. Tu trembles presque, serrant toujours les poings pour t’empêcher de l’attraper et de la secouer. Ce que tu aimerais tant faire à cet instant précis. « Je crois que tu n’as pas compris qu’ici, c’est toi la fautive. Tu m’as foutu un lapin. C’était ton choix. Et tu es venu faire ta crise de jalousie face à une amie. Alors que tu avais pris ta décision. Pas moi. J’avais amplement le droit de baiser qui je voulais à partir du moment où tu n’étais pas venue ». Tu montres presque les dents alors que tu essaies encore de la comprendre. De comprendre ce comportement irritant. « Tu montres les griffes, avant de faire trois pas en arrière et de fuir comme une poule mouillée ». Un long silence s’en suit, alors que tu la regardes franchement dans les yeux, essayant de la pousser à craquer. « Décide-toi, un jour. Parce que je ne serai pas à courir derrière ton cul jusqu’à la fin des temps en me demandant si tu risques de disparaître du jour au lendemain sans un mot, à cause d’un putain de caprice de mes deux. Parle-moi, putain. Je ne sais pas qui tu es, mais si tu continues à merder de cette façon, si tu continues à fermer les yeux sur ce qui nous relie, ce qui nous attire l’un à l’autre, sur ce qui me pousse à vouloir t’aider alors que tu t’entêtes à me repousser, alors tu sais où est la sortie ».

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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Mar 6 Juin - 5:34

Tu as l’impression de tenir en équilibre au-dessus d’un gouffre sans fond pendant des heures avant qu’il ne prenne finalement la parole, sa voix enrouée et tremblante de colère. Et même si ses paroles visent à te faire culpabiliser, elles sont véridiques et tu sens un pincement au creux de ta poitrine en imaginant la sœur du tavernier qui doit se faire un sang d’encre en ne voyant pas son frère revenir. Il serre les poings, plantant ses iris glacés dans les tiens si sombres, sa voix se muant en ce grognement qui est sien lorsque la frustration l’envahit. « Tu ne peux pas rejeter la faute sur moi comme tu le fais si bien. J’ai voulu te mettre en sécurité. Te ramener. » Et tu sais que c’est la vérité. Il ne peut pas savoir… Tu ne lui as pas menti, mais tu ne lui as pas tout dit non plus. Et ces faits que tu as laissés dans l’ombre, ils changent tout. Il te remet ensuite sous le nez le fait que tu l’as frappé, que tu as tout fait pour te casser alors qu’il t’offrait sa protection. Plus il parle, plus le fait que tu sois la seule fautive dans cette grotte était flagrant. Tu as fait preuve de jalousie, de possessivité envers lui alors que tu n’avais pas daigné te montrer ce soir-là. Depuis que vous vous êtes rencontrés, ton comportement face à lui est des plus erratique. Vous vous êtes battus. Vous vous êtes enfuis. Il t’a aidée à te cacher alors que tu aurais très bien pu être repérée par les soldats qui auraient tôt fait de te rapatrier à Sezni. Vous vous êtes revus, vous vous êtes affrontés. Il s’est barré, excédé par ta mesquinerie. Tu l’as retrouvé, attirée par ta curiosité et ton désir. Vous vous êtes titillés. Il a dû partir. Puis tu lui as posé un lapin. Depuis le premier instant où il a posé son regard sur toi, tu es passée d’un extrême à l’autre. Tantôt attirée par l’envie d’en savoir plus, par l’envie de ressentir. Tantôt effrayée par les sentiments que tu ressentais, par le fait de ne pouvoir être honnête envers lui alors qu’il semblait t’accorder une certaine confiance. Terrorisée par l’amour qui naissait en toi alors que tu ne pourrais jamais vivre quoi que ce soit avec cet homme du nord…

Et plus il enfonce le poignard en te faisant comprendre que tu es la seule coupable dans l’histoire, la seule qui n’ait pas joué cartes sur table depuis le début, plus tu sens les sanglots qui menacent de s’échapper et les larmes qui risquent de tremper tes joues. Lorsqu’il se tait finalement, t’observant, attendant une réponse, ta main est plaquée sur ta bouche. Respirant par tes narines, tu retiens tes larmes, alors que tout ton être menace d’imploser sous les émotions qui déferlent en toi… Tu secoues la tête de droite à gauche, essuyant furtivement une larme qui a roulé sur ta pommette avant de te décider à affronter tes démons, à tout lui dire. « Je sais que tu ne me croiras sûrement pas… mais je suis désolée, Lachlan. Pour tout. Ta voix tremble, tu as du mal à affronter son regard courroucé. Je suis désolée de ne pas avoir pu te rencontrer dans d’autres circonstances; désolée de m’être cassée encore et encore; désolée de ne pas avoir été à la hauteur… »

Ta voix meurt dans ton gosier, tu serres les poings. Tu ne dois pas pleurer. Tu n’es peut-être pas aussi forte que tu l’avais cru, mais tu ne fondras pas en larmes devant lui. Si tu le faisais, tu ne serais pas cette femme qui a capté son attention quelques Lunes plus tôt. Tu déglutis avant de continuer : « Avant de te rencontrer, j’étais loin d’être le genre de personne à prendre ses jambes à son cou. J’étais plutôt celle qui fonçait tête baissée sans se soucier des conséquences, quitte à me blesser, quitte à blesser les autres… un sourire effleure tes lèvres. Mais j’ai l’impression que depuis que t’as posé le regard sur moi, je suis plus la même personne. Je… ressens des trucs que j’arrive pas à comprendre. Tu marques une pause, tentant de mettre le doigt sur les mots exacts pour exprimer ta pensée, tes yeux fouillant le vide autour de vous alors que tu poursuis ton monologue. J’ai jamais été très proche de mes sentiments. J’aime pas parler de moi – de mes états d’âme. J’aime pas qu’on entre dans ma tête et dans mon cœur. Tu plantes de nouveau tes prunelles dans les siennes. Mais toi… chaque fois que tu m’regardes j’ai l’impression d’me foutre à poil au milieu d’une foule… tu me déstabilises au moins où je sais plus qui je suis, ce que je veux, où j’en suis… Et depuis des semaines, je pensais que j’avais fui. Encore. Tu fronces les sourcils. Mais maintenant je me souviens… Et je sais que tu m’pardonneras sûrement pas après ce que j’m’apprête à te dire, mais au moins t’en auras le cœur net. »

Tu t’interromps de nouveau. Tu as encore du mal à comprendre ce qui s’est vraiment passé. Tu as vécu quelque chose de semblable lorsque tu avais attaqué Nadian. Sauf que cette fois-là, c’était la rage qui t’avait aveuglée. Tu avais brûlé ton compatriote au visage et le lendemain matin, tu ne te souvenais plus de rien. Les souvenirs étaient revenus graduellement. Ta voix perce encore une fois le silence épais qui s’est installé entre vous. « J’voulais pas te poser un lapin, l’autre soir. J’ai quitté ma chambre. Je venais te retrouver, et mon passé m’a rattrapée. Il m’a frappée de plein fouet, à vrai dire. »

Tu songes aux paroles d’Akela. À son visage qui s’était illuminé lorsqu’il avait posé les yeux sur toi, à ses bras qui s’étaient enserrés autour de toi et à sa voix chaude et rauque comme le désert de votre enfance lorsqu’il t’avait parlé. Il ne comprenait pas que tu sois là, dans le nord. Il avait toujours cru que tu étais Feu, comme le reste de ta famille. Ça l’avait tué de ne pas pouvoir revenir à Sezni après la Cérémonie, ça l’avait tuer de ne pas avoir pu te soutenir alors que tu en avais tellement besoin. Et tu avais rétorqué que la mort d’Astrée t’avait bel et bien secouée, que tu avais eu beaucoup de mal à t’en remettre. Ce qu’il t’avait dit ensuite – maintenant que c’était revenu – resterait à jamais gravé en toi : « Jamais je n’aurais cru ton père capable d’un tel acte… Il n’avait pas vu l’air confus sur ton visage. J’ai toujours su qu’il était complètement fou, mais pas au point de brûler vive sa propre fille sous prétexte qu’elle soit Impure… » C’était difficile à avaler. Tu avais toujours cru qu’Astrée était morte dans un accident au cours de la Cérémonie. Tu avais toujours su que ton père était un fervent adorateur du Feu, qu’il tenait à la pureté de votre lignée. Pourtant, il aimait Astrée. Plus qu’il ne t’avait jamais aimée. Jamais tu ne l’aurais cru capable d’une telle chose.

« Et je vais tout te dire. Peu importe ce qu’il m’en coûtera. Même si ça devait être ta vie. Je n’aurai jamais été aussi honnête avec toi, ni même avec qui que ce soit d’autre depuis vingt ans… » Tu rassembles tout ton courage, affrontant son regard, la tête haute malgré la honte qui te submerge. « À la naissance, on m’a baptisée Astéria At’ror. Après ma Cérémonie, après la mort accidentelle de ma sœur jumelle, j’ai fui ma famille et j’ai pris le surnom de Styx Frasier. Très longtemps, j’ai travaillé dur pour me satisfaire de richesses et d’adrénaline. Jusqu’à ce que ça ne suffise plus. Il y a environ sept ans, j’ai commencé à travailler pour un des grands de notre monde… C’est lui qui m’a envoyée dans le nord pour recueillir des informations sur la princesse Nymeria Drogon, pour l’assassiner et faire porter le blâme aux Gorkiens. Tu marques une courte pause, reprenant ton souffle sans lui laisser le temps de répliquer. Et puis, je t’ai rencontré. Et tu m’as fait peur. Parce que j’ai jamais ressenti quoi que ce soit avant toi. Parce que jamais un homme m’a fait craindre la mort. Jamais je n’ai crains qu’il m’arrive quelque chose parce que j’avais peur de ne plus revoir quelqu’un à qui je tenais. Mais je m’égare…

Ce soir-là, j’ai rencontré un fantôme de mon passé. Et au fil de notre conversation, j’ai appris que le jour où j’ai été baptisée par le Feu…
tu sondes son regard, appréhendant ce que tu pourrais y lire, mon père a brûlé ma sœur sous prétexte qu’elle était une Exempte… Et ça m’a anéantie. J’ai fait un blocage. Le souvenir s’est effacé. C’est pas la première fois que ça m’arrive. À la place, j’ai cru que j’avais tourné les talons parce que j’avais eu la trouille, mais en fait, j’ai fini par aboutir à Ibaï où j’ai continué à faire ce que j’avais à faire.

Sauf que je n’arrives plus à voir les choses comme je les voyais il y a quelques semaines… J’ai toujours vu les Exempts comme des erreurs de la nature, comme des malheureux qui avaient été abandonnés par les dieux… mais j’avais tort. Tout comme j’avais tort de croire que les miens sont supérieurs aux autres peuples. J’en suis la preuve vivante…
» Tu te tais un bref moment, ton regard fouillant le sien en quête d’un repère quant à l’attitude que tu devrais adopter, mais tu n’y vois rien; tu es trop aveuglée par ton propre désarroi et ta propre détresse pour voir quoi que ce soit chez ton interlocuteur.

« Et t’as le droit de me détester. Parce que je viens de lâcher une bombe sur toi. Parce que je suis une putain de Feu, parce que je t’ai menti sur toute la foutue ligne et parce qu’après ce qui s’est passé à Lucrezia, rien ne sera plus comme avant… Et tu sais quoi ? Je me déteste moi-même. Parce que je ne pourrai pas rester… je ne peux pas rester avec toi, même si j’avais voulu quelque chose aussi intensément de toute ma putain de vie. » À bout de souffle, tu l’observes, encore avec cette impression de flotter dans le vide, au milieu d’un océan immense, sur le point de te noyer dans ton angoisse.

HRP:
 

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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Dim 25 Juin - 14:17


Lachlan ne faisait que regarder la belle brune en face de lui, les yeux posés sur son visage, les bras ballants. Les aveux de Styx l’avaient totalement pris de court. Le regard dans le vide, il ne savait pas par où commencer, par quoi. Il avait voulu que la belle lui parle, qu’elle ouvre enfin sa grande gueule pour s’expliquer, pour lui avouer ce qui clochait chez elle. Il s’était imaginé énormément de choses ; qu’elle ne voulait pas de lui, qu’elle avait un mari qui n’aurait jamais accepté qu’elle voie quelqu’un d’autre, qu’elle avait des putains d’enfants, ou encore plein d’autres excuses bidons qui lui auraient fait comprendre qu’il n’était rien d’autre qu’une passade qui ne méritait pas qu’elle s’attache et qu’il ne méritait pas une telle femme. Il aurait fini par comprendre, par la laisser partir sans dire un mot. Lachlan était habitué à devoir quitter les gens sans un regard en arrière, et même si cela lui aurait coûté bien plus qu’il ne l’aurait réellement avoué à quiconque, il aurait accepté le choix de Styx. Mais il était à cet instant face à une Styx silencieuse, ses yeux plantés dans les siens, attendant visiblement sa réponse, sa réaction, mais tout ce qu’il faisait, c’était rester planté là sans savoir comment réagir. Sans savoir comment avaler tout ce qu’il venait d’apprendre, de se prendre dans la gueule sans être prêt. Il s’était imaginé tellement de choses, mais pas ça.

L’homme barbu avait bien entendu ce qu’elle lui avait dit en premier lieu. Qu’il la faisait ressentir comme elle n’avait jamais ressenti avant. Il s’était senti amusé, amusé de sa réaction, de voir à quel point elle semblait si dérangée par le fait qu’il la faisait se sentir femme et pas homme. Il s’était attendu à ce qu’il n’y ait que ça. Si ça avait été le cas, il aurait ri. Il aurait explosé de rire avant de la pousser contre un mur pour recommencer les jeux de séduction entre eux. Il aurait fait l’impasse sur ces derniers jours, sur sa colère contre elle. Il aurait essayé de comprendre. De faire l’effort de la prendre par la main comme une gosse. Ça ne l’aurait pas gêné. Ça l’aurait même grandement amusé. Avec son attitude si fière et déterminée, Styx semblait faire partie de ces femmes qui savaient très bien ce qu’elles voulaient, comment elles le voulaient, où, quand. Lachlan n’aurait jamais imaginé qu’il pouvait la mettre mal à l’aise, qu’il pouvait la faire réagir comme elle le faisait réagir. Pourtant, plus Styx parlait, plus Lachlan comprenait que ce n’était pas ça, le cœur du problème. Qu’il n’y avait pas que tout ça qui les avait emmerdés, tous les deux. Son cœur s’était subitement arrêté quand cette peur habituelle avait pris possession de son corps, alors qu’il s’était imaginé faire face à une espionne Eau venue rechercher des Exempts pour les enfermer. Alors qu’il s’était imaginé pendant quelques secondes que la princesse Nymeria avait décidé de ne plus le protéger, ainsi que sa sœur, et qu’elle avait décidé d’envoyer quelqu’un censé les arrêter. Il avait eu du mal à écouter la suite, l’adrénaline se mettant à sprinter dans ses veines au cas où il devrait se mettre à courir pour fuir, pour sauver sa vie et sûrement celle de sa sœur.

Mais ce qu’il entendit de la bouche de celle qu’il avait embrassé avec tant d’ardeur le pétrifia. Une espionne. Il avait eu tellement raison de se méfier d’elle, de cette flamme qu’il avait vu dans ses yeux le premier jour de leur rencontre, mais pourtant, il n’avait pas écouté ce petit hurlement en lui qui l’avait prévenu de ne pas lui faire confiance. Prenant une soudaine respiration, il secoua légèrement et brièvement la tête, essayant de se convaincre qu’il ne rêvait pas. Qu’il n’était pas en train d’halluciner. Peut-être était-il en train de mourir, frappé à mort par des ivrognes de la fête du peuple, et qu’il rêvait de tout ça. Il ne parvenait pas à croire à ce qu’elle disait. Il était ainsi debout, devant cette femme qui se disait être une Feu ayant pour mission d’assassiner la princesse de sa région. Cette même princesse que Lachlan avait sous son aile, l’aidant à apprendre à se battre pour sa propre survie, en échange de quoi elle lui devait protection, à lui et à sa sœur. Il se rendit compte à cet instant que la femme devant lui, qui disait avoir changé de nom, d’avoir pris le nom de Styx pour il ne savait quelle raison, aurait très bien pu réussir son devoir si Lachlan l’avait emmenée lors d’un de ses entraînements avec la princesse. Styx lui aurait-elle avoué tout cela si lui-même lui avait dit pour son devoir envers la princesse ? Aurait-elle profité de lui ou aurait-elle eu le culot et l’audace de tout lui avouer ? Sans même s’en rendre compte, il aurait pu participer à l’assassinat de la princesse de Vainui et au déclenchement d’une guerre sanglante entre les deux régions voisines. Il ne se serait jamais pardonné. Mais surtout, il n’aurait jamais pu lui pardonner à elle.

Elle, qui continuait à parler sans même se rendre compte que Lachlan ne l’écoutait plus que vaguement. Il entendit à quel point elle détestait les Exempts, jusqu’à ce qu’elle apprenne que sa propre sœur qu’elle croyait morte s’était révélée être une Exempte. Et à cet instant, alors qu’elle disait s’être trompée sur le sort de toutes ces personnes injustement mises en esclavage pour l’absence d’un putain de don, alors qu’elle avait le culot d’essayer de lui demander pardon, un rire jaune, gras et dégoûté sortit de la gorge de Lachlan, alors qu’il fixait sur elle un regard qui en disait long sur ce qu’il en pensait. Incapable d’émettre une phrase logiquement composée et encore moins capable de la prononcer, il ne faisait que serrer et desserrer les poings, cherchant à mettre le doigt sur ce qu’il ressentait vraiment envers cette femme qui lui avait menti de A à Z, envers celle qui avait appris de nombreuses choses sur lui, sur sa famille, alors qu’elle ne faisait que lui mentir encore et encore, effrontément. Alors qu’il hésitait à tout lui avouer, alors qu’il lui avait offert sa putain de protection. Le souffle court, son champ de vision baissait à mesure que la colère enflammait son corps. Il ferma fortement les paupières jusqu’à voir des lumières blanches danser devant ses yeux, essayant de prendre de longues respirations pour se calmer. Et ce fut à cet instant qu’il comprit ce qu’il ressentait. De la colère, oui. Mais aussi énormément de déception. Envers elle, qui lui avait fait miroiter la possibilité d’un avenir meilleur, d’un futur où il aurait enfin pu être heureux et trouver un bonheur certain. Mais aussi et surtout, de la déception envers lui-même. D’avoir cru possible le fait de lui avouer sa situation. Il avait été à deux doigts d’ouvrir sa gueule pour lui avouer qu’il était Exempt, pour essayer de lui faire comprendre que les Exempts étaient loin d’êtres des êtres aussi impurs que les gouvernements voulaient le faire croire à la population. Il avait été même à deux doigts de lui parler de la protection de la princesse. Peu importe les problèmes de Styx, il aurait été prêt à passer au-dessus pour essayer de se construire quelque chose. Il n’était pas assez idiot pour croire qu’elle serait restée, qu’elle aurait acceptée de l’écouter, et c’était bien pour ça que la cascade avait été une bonne idée pour une telle conversation. Il aurait pu l’empêcher de partir, la forcer à l’écouter jusqu’au bout. Il n’avait pas pensé que c’était elle qui serait obligée de le forcer à l’écouter jusqu’au bout, à l’empêcher de lui couper la parole pour lui dire ce qu’il avait sur le cœur.

Il se rendait compte seulement maintenant à quel point il s’était attaché à une femme qui n’était rien de plus qu’un simple mirage. Qu’avait-elle bien pu dire qui était seulement vrai, dans le peu qu’elle lui avait raconté ? Se frottant les yeux de la main, il recommença à secouer la tête, un sourire jaune sur le visage. Il n’arrivait toujours pas à comprendre, à admettre que ce qu’elle lui avait dit était la vérité. Et pourtant ? Comment pouvait-il rester aussi sceptique, sachant qu’elle ne lui avait quasiment rien dit à propos d’elle ? Ils étaient encore des inconnus, l’un pour l’autre. L’un moins que l’autre, au vu de ce qu’elle savait sur la sœur et la taverne de Lachlan. Elle savait où il habitait, avec qui. Ce qu’il faisait comme travail, ce qu’il avait comme passe-temps. Et lui, que savait-il réellement ? Qu’elle était une putain de Feu qui avait pour une putain de mission d’assassiner sa princesse. Sa princesse. Celle pour qui il aurait pu donner sa vie au vu du risque qu’elle prenait pour le protéger. Serrant à nouveau les poings, il remarqua à quel point ses mains tremblaient tant il était en colère. Il s’était fait avoir en beauté. Lui qui avait passé toute sa vie à faire attention aux comportements des autres, à toujours se méfier, il n’avait fallu que d’une petite baisse d’attention pour qu’une putain de menteuse, d’espionne et d’assassin s’engouffre dans la brèche.

Lachlan leva les yeux qu’il avait baissés vers Styx — vers Astéria —, sa bouche pincée alors qu’il cherchait à mettre les mots sur ce qu’il voulait lui faire comprendre. Il ne voulait pas la laisser partir. Pas alors qu’il avait tant de choses sur le cœur qu’il devait absolument lui dire. Lui hurler. Mais rien que la voir devant lui, attendant presque calmement sa réaction, comme si tout cela n’était absolument pas plus grave que tuer une mouche, le mettait dans un tel état de colère qu’il devait se contrôler pour ne pas la prendre par les épaules et la secouer comme un prunier. Il voulait tellement la repousser, fuir ce qu’elle lui avait fait entrapercevoir, l’abandonner dans un souvenir et ne plus jamais la revoir. Ne plus se soucier d’elle et de ce qu’elle pourrait devenir. Mais il n’arrivait pas à avancer, à marcher jusqu’à la sortie de la cascade, à reprendre le cheval et partir sans un regard en arrière. Parce qu’il avait besoin de lui beugler à quel point il s’était trompé sur elle. A quel point il s’était profondément et durement trompé. « Astéria ». Ce nom, si étrange. Si différent de celui auquel il avait été habitué. Si différent de la femme qu’il connu pendant ces quelques jours, ces quelques instants. Et dire qu’il avait failli coucher avec celle qui menaçait la vie de la princesse.

« T’es une putain de Feu ». Les mots commençaient à sortir, lentement, difficilement, alors que les pensées de Lachlan se mettaient péniblement en place, douloureusement. Il peinait à parler, comme s’il avait été drogué. Comme s’il était dans un putain de rêve, mais au vu de tout ce qu’il ressentait, il était sûr de ne pas être en pleine hallucination. Il ne pouvait pas halluciner un truc pareil, c’était tellement tiré par les cheveux. Il avait la sensation de devenir complètement cinglé. « T’es une putain de Feu ! Une putain de Feu qui doit tuer Nymeria Drogon. La princesse, merde ! » Lachlan se passa les mains dans ses cheveux hirsutes, peinant toujours autant à lui cracher ce qu’il avait sur le cœur, lui montrer à quel point il se sentait déçu, manipulé, en colère. Et puis soudainement, alors que son crâne pulsait sous la rage, les mots vinrent, les uns après les autres. « Tu m’as menti. Tu as osé me regarder droit dans les yeux et me mentir. Tu as profité de ma protection et de tout ce que j’étais prêt à t’offrir, et en échange, tu n’as fait que me tromper. Qu’est-ce qui me prouve que tout ce que tu viens de me raconter est la putain de vérité ?! Qu’est-ce qui me dit que t’es pas en train de me la foutre à l’envers parce que t’as pas les couilles de me dire la putain de vérité qui t’arracherait tes putains de lèvres ?! » Le gros rustre n’avait jamais été énervé à ce point, et pourtant il en avait connu des fils de pute qui lui en avaient fait voir de toutes les couleurs. Cependant, face à cette femme qui lui avait effrontément menti sans une once de remord, il n’arrivait pas à accepter le fait de la laisser partir sans un mot. De la laisser fuir, encore une fois, alors qu’il voulait la faire culpabiliser de l’avoir manipulé à ce point. Il réfléchissait à tout ce qu’il avait bien pu lui avoir dit, si seulement il avait laissé sous-entendre qu’il connaissait bien la princesse. Et il priait Glorë de ne pas avoir participé à l’assassinat de Nymeria.

« Tu peux pas savoir à quel point je m’en branle que ton regard sur les putains d’Exempts ait changé. Tu peux pas savoir à quel point je m’en branle que tu te détestes. Mais putain, est-ce que tu réfléchis un peu ? Tu te rends compte que ta mission est un pur suicide ?! » Sous une pulsion, Lachlan attrapa la Feu par le col de ses vêtements, la soulevant légèrement pour attirer son visage vers le sien. « Si j’apprends que Nymeria est morte par ta faute, tu peux être sûre que je te tuerai ». Il la relâcha presque aussitôt, la repoussant plusieurs pas en arrière, secouant la tête d’amertume. « Tu me dégoûtes. J’arrive même pas à croire que j’ai pu te toucher. T’embrasser. Comment tu fais pour te regarder dans un putain de miroir ? Est-ce que ça te ferait au moins quelque chose de savoir que tu pourrais déclencher une putain de guerre, qui massacrerait des millions d’innocents ? Des hommes, des femmes, des gosses ? Que tuer la princesse reviendrait à assassiner tous les hommes qui partiraient se battre pour réclamer vengeance ? Et tout ça pour quoi ? Pour obéir à un fils de pute qui tuerait sans hésitation cette sœur que tu dis tant aimer, sous prétexte qu’elle est une putain d’Exempte ». La colère de Lachlan fut quelque peu soufflée après ses grognements de rage, alors qu’il ne faisait plus que regarder Styx — Astéria — d’un air pitoyable. « Tu te trompes tellement de combat que ça en devient lamentable. Si seulement t’ouvrais tes yeux, que t’enlevais tes œillères et que tu t’ouvrais au monde qu’il y a autour de toi, au lieu de rester dans ta zone de confort merdique qui te fait voir que de la merde ».

Lachlan avait été si près de tout lui avouer. De prendre le risque de se mettre en danger, de mettre sa petite sœur en danger, pour une femme qui ne méritait certainement pas tout ça. Une sensation de vomi le prenait à la gorge quand il repensait à ce qu’il avait failli faire, pour une menteuse et un assassin. « Mais t’es qui, bordel ». Sa voix n’était plus qu’un murmure alors qu’il lui lançait un regard presque suppliant. Il refusait d’avouer qu’il s’était trompé, que ce qu’il avait vu dans la femme qu’il avait amenée jusqu’à l’orgasme n’avait été qu’une hallucination et un mensonge, mais il était mis devant le fait accompli. Il ne pouvait pas réfuter tout ce qu’il venait d’entendre, ce qu’il venait de voir, de dire. Baissant les yeux vers le sol, l’homme roux se sentait vidé, à nouveau, toute colère l’ayant déserté. Il se sentait presque abandonné. « Tu ne mérites pas d’avoir croisé la route d’une femme comme ma sœur. Tu devrais prendre exemple sur elle, si tant est que tu aies une conscience assez importante pour que tu te rendes compte que tu fais fausse route ». Lachlan aurait tué pour avoir sa sœur à ses cotés à cet instant précis pour pouvoir le conseiller. Il ne savait pas quoi faire. Devait-il la laisser là, l’abandonner ? Devait-il rester pour écouter ce qu’elle avait à dire, pour tenter de la convaincre de rester pour essayer de se racheter, si seulement elle en avait l’envie ? Devait-il l’attacher et l’amener au château d’Ibai pour qu’elle soit enfermée et jugée ? Il ne ferait jamais ça. Pas en sachant pertinemment que cette femme qui lui avait menti avait réussi à percer sa putain de carapace.

Sa sœur aurait pu l’aider à prendre une décision. Elle aurait su le calmer pour qu’il puisse y réfléchir calmement et correctement, avec les idées bien en place, mais elle n’était pas présente. Elle était sûrement à la taverne, écoutant les récits des hommes revenus de Lucrezia, attendant le retour de son frère avec une inquiétude se renforçant d’heures en heures. Il ne voulait pas quitter Styx — Astéria — maintenant. Il ne voulait pas la laisser filer entre ses doigts sachant que c’était probablement la dernière fois qu’il la voyait. « Donne-moi une bonne raison pour ne pas te faire arrêter. Et dis-moi putain pourquoi j’arrive pas à te laisser pourrir ici comme tout homme sensé devrait le faire ! » La dernière phrase fut pratiquement hurlée, toute la frustration de Lachlan se faisant ressentir à chacun des mots prononcés avec fureur et douleur. « Et t’as pas intérêt à fuir. T’as pas intérêt à me laisser en plan encore une fois. Y’a aucun fantôme du passé pour te faire un soi-disant blocage alors t’as tout intérêt à me dire la vérité maintenant ». Le souffle du gros rustre était de plus en plus court alors que ce qu’il allait lui demander allait sûrement changer pas mal de choses entre eux. « Je vais sûrement te détester, te haïr et te mépriser, mais je veux tout savoir. Je veux savoir chaque détail de cette putain de mission, depuis son commencement jusqu’à maintenant. Et je te promets que si tu oses me mentir à nouveau, tu le regretteras ». Il ne savait pas pourquoi il ne voulait — pouvait — pas la laisser partir. Il ne voulait pas savoir. Mais au fond de lui, quelque part, il avait la sensation que s’il ne cherchait pas à aider cette femme qui ne méritait aucune aide de sa part, il le regretterait.

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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Dim 2 Juil - 21:51

Tu te rends bien compte que tes paroles l’ont secoué autant qu’elles t’ont bouleversée toi. Lorsque tu l’entends prononcer ton véritable prénom – Astéria –, tu sens cette vieille blessure en toi qui élance douloureusement... Tu n’aimes pas entendre ce prénom dans la bouche des gens. Tu l’as bien donné sans trop réfléchir à Marigold lors de votre rencontre – chaque fois qu’elle le prononçait, tu ressentais un pincement bien malgré toi –, mais l’entendre dans la bouche de Lachlan, ça frôle la limite du supportable... Tu ne voulais pas être Astéria en sa présence. Astéria était blessée, elle était habitée par une douleur constante face à cette impression de ne pas être adéquate. Et surtout, elle avait perdu la moitié d’elle-même. Elle avait perdu toutes les personnes qui faisaient de son existence une épreuve surmontable. Tu ne pouvais plus être cette femme. Avec Lachlan, tu voulais être Styx. Même si tu doutais pouvoir conserver l’identité ancrée en ce prénom dont tu t’étais gratifiée après tout ce qui s’était passé. Parce que Styx Frasier était enchaînée à Sven Ramose. Styx avait été bercée dans les idéaux de son maître et souverain pendant tellement d’années... Elle était instable, déterminée, dangereuse et passablement mortelle. Pouvais-tu continuer à être cette femme tout en espérant rester auprès de Lachlan ?

Il semble passer outre l’état de choc peu à peu. Sa voix finit par s’élever. Étrangement, le bruit causé par la cascade ne résonne pas aussi intensément que tu ne l’aurais cru... « T’es une putain de Feu... Cette constatation, naissant de ses lèvres, te fait sentir une honte étrange que tu n’aurais jamais crue possible auparavant. Pour la première fois de ta vie, l’élément qui bouille dans tes veines te couvre d’opprobre. T’es une putain de Feu ! Une putain de Feu qui doit tuer Nymeria Drogon. La princesse, merde ! » Ce fait semble l’exacerber d’une façon particulière. Il passe la main dans ses cheveux, visiblement dépassé par la tournure des événements. Il ne semble pas savoir plus que toi comme il devrait réagir. Et il réagit exactement comme tu l’aurais fait ; sous tes yeux, la colère prend le dessus et les mots se mettent à fuser, sa haine se déversant sur toi dans toute sa splendeur.

Tu lui as menti. Même si tu te convainquais avec véhémence que tu ne faisais qu’éviter une partie de la vérité, pour sa sécurité, pour celle de sa sœur et de son beau-frère, et pour la tienne. Parce que tu n’avais fait qu’obéir à celui à qui tu devais tout... parce que tu suivais les ordres d’un tyran qui avait lentement empoisonné ta psyché de valeurs suprématistes alors que les dieux prônaient simplement la séparation, la cohabitation paisible. Tu as profité de sa protection. Tu l’as mis en danger en le laissant te ramener dans le nord. Malgré toi. Parce que tu aurais largement préféré détaler pour éviter de le mettre en danger, pour retourner auprès de ton maître, pour lui annoncer que ça ne pouvait plus continuer. Tu pouvais encore être train de l’enguirlander avec un tissu de mensonges, si ça se trouve. Mais ça n’en valait pas la peine. On t’avait toujours répété que la vérité finissait toujours par se savoir. Tu aimais bien menacer la femme du joaillier par cette maxime. Il se fout que ta vision des choses ait changé. Tu t’en doutais. Ça n’est pas comme si ta vision des Exempts avait quoi que ce soit à voir avec lui... La mission qu’on t’a confiée est du pur suicide, comme si tu ne le savais pas déjà. Tu le dégoûtes. Toi qui est habituellement si forte, si impassible, tu ne peux retenir les larmes qui se mettent à rouler sur tes joues. Si ton maître avait su pour ta sœur, il l’aurait sûrement tuée de ses mains....

Tu affrontes son regard en silence. Tu affrontes ses paroles poussées par la rage. Une partie de toi voudrait défendre ce maître que tu sers avec tellement de fougue depuis presque huit ans maintenant. Tu voudrais dire à cet homme qui te fait vibrer que jamais Sven Ramose n’aurait touché un cheveu de ta sœur malgré sa qualité d’Exempte. Mais tu sais qu’il dit vrai. Tu sais que le dictateur n’a aucun scrupule à utiliser des enfants pour mettre la noblesse seznienne à sa coupe. Tu les as vus, ces enfants. Depuis le début de son règne, le tyran prend la progéniture de ses vassaux en faisant miroiter une éducation respectable et princière sous les yeux de leurs parents. Mais il n’hésite pas à se servir de ces pupilles de la nation contre leur famille dès que cela s’avérait nécessaire. Si ta sœur avait toujours vécu, si tu avais demandé à ton maître de lui accorder sa protection, il l’aurait sûrement fait. Contre ta fidélité, contre tes services, il aurait protégé Astrée. Et il n’aurait pas hésité un seul instant à se servir d’elle contre toi. Parce que Sven, malgré son appréciation pour ta fidélité et ta diligence à combler le moindre de ses désirs, nourrit des desseins beaucoup plus grands que ceux du commun de mortels. Tu n’es pour lui qu’un pion de plus sur un échiquier. Tu pourrais trouver la mort que ça ne l’attristerait probablement pas. Tu n’étais qu’une ombre parmi tant d’autre. Bien peu connaissaient ta proximité avec le dictateur.

« Mais t’es qui, bordel... ? » Le regard qu’il te lance te fend le cœur en deux. Tu essuies furtivement les larmes sur ton visage. Tu ne peux pas lui expliquer que tu avais toujours eu besoin d’avoir un but dans la vie, que la seule façon que tu aies trouvé de dompter cette rage qui bouillonnait constamment toi, c’était d’avoir un but précis, une cible, un objectif. Ça n’est pas une excuse valable pour tout le mal que tu as pu faire. Tu n’as jamais prétendu être une bonne personne. Tu sais que tu es un monstre. Nadian peut le certifier plus que quiconque. Tu es une flamme indomptable, insensible tant qu’on ne s’en approche pas, un brasier ardent qui s’attaque à tout ce qui tente de s’y frotter de trop près. Il en a toujours été ainsi. Jusqu’à ce qu’il pose les yeux sur toi... cet homme aux cheveux hirsutes, cet homme qui n’a pas peur de te briser et qui est probablement habité par autant de démons et de secrets que toi. Tu lis quelque chose de différent en lui. Et tu veux être avec lui. « Donne-moi une bonne raison pour ne pas te faire arrêter, » réclame-t-il, la frustration se faisant plus perceptible dans son ton. « Et dis-moi putain pourquoi j’arrive pas à te laisser pourrir ici comme tout homme sensé devrait le faire ! » Sa voix résonne entre les murs de la grotte sous la cascade. Elle te fait sursauter alors que tu enroules ton corps frêle de tes bras pour te réchauffer. Tu n’aurais pas dû ressentir la température ambiante aussi intensément, mais tu ne peux que te sentir transie alors qu’il t’observe avec tellement de rage. Puis il réclame la vérité. Tu en as déjà dit beaucoup, mais s’il veut tout savoir, tu lui diras tout. Même si ça mettra les plans de ton maître en péril. Parce que tu espères l’apaiser. Parce que tu espères qu’il ressent la même chose que toi...

Tu laisses le silence planer quelques instants entre vous. Tu voudrais revenir à cet instant dans la chambre à l’auberge, cet instant où les choses entre vous étaient si simples... Ça n’était évidemment pas possible. Nerveusement, tu avoues : « Si j’avais été à ta place, je me serais sûrement emparée de toi pour te livrer au roi dès l’instant où j’aurais compris que tu étais Feu... » Cet aveu est douloureux. Tu n’es pas comme sa sœur. Tu n’avais jamais fait passer qui que ce soit avant toi. La seule chose qui t’avait importé durant toutes ces années, c’étaient les desseins de Ramose. « Et crois-moi, Lachlan, je n’ai pas assez d’imagination pour inventer une histoire aussi... absurde... » Tu secoues la tête. Tes trains affichent un air désolé. « Si tu veux tout savoir, alors je te dirai tout... mais vraiment tout. Tu le dévisages un instant avant de reprendre. La mission, elle a commencé il y a très longtemps. Ces missions, ces objectifs... c’est la seule chose qui me tienne en vie. »

Tu marques une brève pause, rassemblant tes idées pour lui peindre un portrait complet. « Je suis née quelques minutes avant ma sœur Astrée, dans un village souterrain sous l’oasis de Sezni. C’était le treizième jour de la Treizième Lune, il y a bientôt trente-six ans. Dès l’enfance, on m’a inculqué des valeurs séparatistes très marquées. Mon père, Khriysal At’ror était un ancien soldat de la garde de Vara’Hall, nos anciens souverains. C’était un homme dur et méchant. Avec ma mère, Shadnia, une femme soumise et effrayée, il a eu de nombreux enfants. Des filles et quelques garçons aussi... » Tu ne peux que te remémorer les traits flous de ta mère qui sommeillent dans tes souvenirs. Jamais elle n’avait monté le ton pour défendre sa progéniture. Jamais elle n’avait osé défendre son époux. Elle était faible. C’est une certitude qui s’était présentée à toi dès ton plus jeune âge. « Chez moi, les femmes devaient rester à leur place. Mais ça ne m’a jamais convenu. Déjà toute jeune, j’ai commencé mes escapades dans le désert avec Akela, le fils de nos voisins. Mon tempérament n’a jamais plu à mon père. Ma mère répétait sans cesse à mi-voix : Pourquoi tu ne peux pas être un peu plus comme Astrée ? Ça me rendait complètement folle... Mon père, lui, se contentait de me corriger. Malgré la douleur, je n’ai jamais changé. Je suis toujours restée leur fille rebelle...

« Quand j’avais 13 ans, en l’an 814, on m’a fiancée à Akela. Tu n’oublierais jamais ce jour. Malgré la rage de ne pouvoir tracer ton destin, l’annonce avait été un soulagement... Je n’avais pas vraiment mon mot à dire, mais comme nous étions meilleurs amis, je me confortais en me disant que mon mariage ne serait peut-être pas aussi horrible que je l’avais crains... Il a toujours été bon pour moi. Comme un grand frère. Il m’a montrer à monter à cheval, à manier les armes, il m’a accompagnée dans toutes mes frasques sans protester, sans essayer de me raisonner, Tu esquisses un bref sourire qui se tarit aussitôt. Il a été le seul amour que j’aie connu, même s’il ne s’est jamais rien passé entre nous...

« Deux ans plus tard, nous avons quitté la communauté pour nous rendre à Lucrezia et participer à la Cérémonie. Un goût amer surgit dans ta bouche à l’évocation de ce souvenir. J’étais loin de penser que les deux personnes à qui je tenais le plus, ma sœur jumelle – ma moitié – et Akela, me quitteraient pour toujours à l’issue de cet événement... Au moment de rentrer, comme je te l’ai expliqué, on m’a dit que ma sœur avait eu un accident. Akela, lui, ne pourrait pas rentrer à Sezni parce qu’il avait reçu la marque de Glorë. Ça m’a brisée. Pendant les dix jours qu’a duré le voyage entre la capitale et notre communauté, j’ai nourris un désespoir qui s’est lentement mué en une rancœur viscérale. J’avais la certitude que je devais partir.

« Ainsi, le premier jour de la Huitième Lune, en l’an 815, du haut de mes 14 ans, je me suis enfuie pour m’enrôler dans un entraînement militaire intensif. Ce jour-là, j’ai laissé cette fillette brisée qu’était Astéria At’ror derrière moi, et je suis devenue Styx Frasier. Une jeune femme nourrie par la haine et par une envie de tout détruire. Lentement, j’ai appris à canaliser ma colère dans l’entraînement, à me garder les idées occupées... Quatre ans plus tard, j’ai été repêchée par un chasseur de primes qui a fait de moi son apprentie. Avec le temps, j’ai appris à estomper presque complètement ce tempérament indomptable en ayant toujours un but. Lilo m’aidait en ce sens... Lorsqu’il m’a délaissée pour fonder une famille avec sa femme, j’ai retrouvé cette même faim insatiable... ce besoin de faire partie de quelque chose... C’est dans cet état-là que le dictateur m’a trouvée trois ans plus tard. » Tu jauges un instant la réaction de Lachlan, craignant ne voir sa colère éclater de nouveau... « Ses idéaux et ses grands projets m’ont donné l’impression d’avoir un destin à accomplir, de pouvoir contribuer à quelque chose de plus grand que moi. » Sentant la tension monter chez mon interlocuteur, je m’approche vivement et pose une main sur son bras, lui signifiant clairement du regard de me laisser aller au bout de ma pensée. « Je sais que c’est stupide... quand on a personne, quand on est laissé à nous même, malgré toutes les richesses et tout le confort que ça peut apporter, on trouve facilement l’ennui. Quand personne ne compte vraiment, c’est difficile de voir plus loin que le bout de son nez...

« En l’an 830, j’ai participé à la destitution des Vara’Hall sur le trône de Sezni où s’est hissé mon maître. Beaucoup de gens sont morts pendant ces coups d’éclat, mais le dictateur nous répétait qu’un plan de cette envergure entraînait forcément des dommages collatéraux, qu’il fallait penser au bien-être du plus grand nombre avant de penser à cette poignée de personnes qui perdraient la vie... » Ta voix meurt dans ta gorge, étreinte d’une culpabilité incroyable maintenant que tu pouvais voir clair. Tu recules d’un pas, reprenant ta main qui s’enchevêtre sous ton autre bras. En soupirant, tu continues ton récit : « On m’a confié cette mission il y a quatre lunes... Le vingt-huitième jour de la Sixième Lune, j’ai chevauché jusqu’à Dahud où j’ai traversé clandestinement, à pieds, pour m’installer à Brynjolf. Ça m’a semblé être une bonne destination étant donné la proximité avec les frontières de Sterenn qui me donnait une porte de sortie au besoin... Le périple a duré trente-trois jours. Le deuxième jour de la Huitième Lune, je me suis installée dans une auberge et j’ai commencé à fréquenter les tavernes, les tables de jeu, les combats clandestins dans l’espoir de dénicher quelques informations au sujet de ma cible... la princesse Nymeria. L’objectif était de s’immiscer dans le palais pour l’éliminer, faisant porter le blâme aux Gorkiens. Et même si je savais que c’était impossible, j’ai continué à récolter des informations... » Tu soupires bruyamment avant de relever le regard vers lui.

« Ensuite j’ai fait ta rencontre avant de quitter Brynjolf à pieds le sixième jour de la Huitième Lune pour retourner à Lucrezia où je devais rencontrer mon maître, puis je suis revenue à cheval. Je t’ai revu. Puis j’ai retrouvé Akela... et quand il m’a dit pour ma sœur, j’ai fait un blocage... à toute allure, j’ai chevauché jusqu’à Ibaï où j’ai continué ma récolte d’informations avant de revenir vers Lucrezia pour la fête des Dieux, comme convenu avec mon maître... » Ça résumait bien la situation. Mais ça n’était pas tout...

« En somme, je n’ai rien découvert d’utile. Des informations, oui. Mais rien qui me permette de mener à bien la mission qui m’a été confiée. Après notre rencontre, quand nous nous sommes vus à Lucrezia, lui et moi, il m’a donné un ultimatum... Il m’a demandé de réfléchir quant à ce que je voulais faire... Il m’a dit que si je ne pouvais mener cette mission à bien, il enverrait quelqu’un d’autre pour le faire. Et je sais que ça ne rachète pas tout le monde que j’aie pu faire, que ça ne t’empêchera pas de me considérer comme un monstre, mais dès l’instant où je t’ai rencontré, quelque chose a changé... Pour la première fois depuis longtemps, ma survie a eu une importance tangible. Au fil des questions que je posais, après avoir discuté avec la couturière... après l’avoir blessée pour apprendre des informations qui ne mèneraient forcément nulle part, après avoir discuté avec mon maître de la façon dont nous pouvions infiltrer le palais et l’entourage de la princesse... j’ai compris que ça ne pouvait pas continuer, que cette mission serait ma perte. » Tu pèses longuement les paroles que tu t’apprêtes à prononcer.

« Lorsque j’ai été happée pendant la panique l’autre jour... lorsque je me suis débattue dans tes bras, c’est simplement parce que je devais retourner à lui. Je devais le retrouver pour lui dire que j’abandonnais. Pour te protéger. Même si ça ne me permettait pas d’être avec toi... au moins je saurais que je ne vous mettais pas en danger, Émeraude et toi... Si tu savais ce que je donnerais pour ne pas retourner là-bas... » Un rire jaune émerge de ton gosier. Si seulement tu pouvais lui dire à quel point tu n’avais pas envie de devoir partir, à quel point tu aurais aimé poursuivre ce petit jeu de séduction éternellement...

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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Mer 12 Juil - 18:31


Il semblait sortir du lit tant ses cheveux étaient hérissés au-dessus de sa tête, et le gros roux avait l’impression d’avoir l’esprit embrumé par tout ce qu’il venait d’entendre de la bouche de la femme qu’il pensait connaître ne serait-ce qu’un peu. Ses paroles, ses dires, ses confessions… Il ne parvenait pas à croire ce qu’il venait d’entendre. Ce qu’elle venait de lui raconter. Sa vie, du début à la fin, racontée sans aucun filtre. Si Lachlan était surpris qu’elle ait accepté aussi facilement de se dévoiler, de lui dire toute la vérité, cette vérité était quelque chose qu’il n’arrivait pas à avaler. Cette vérité formait une boule dans sa gorge qu’il ne parvenait pas à cracher et qui le menaçait de s’étouffer. Cette vérité qu’il n’aurait jamais dû connaître.

Secouant négativement la tête, Lachlan lâcha un grondement de dégoût. « Tu n’as pas le droit de dire que tu voulais me protéger ». De tout ce qu’avait dit la brune devant lui, le tavernier n’avait retenu que quelques petites choses, dont cette dernière phrase. Pour te protéger. Il n’avait pas besoin de grand monde pour se protéger, et encore moins besoin de cette femme, de cette espionne, de cette menteuse, de cette voleuse, de cette assassin, pour protéger sa sœur, sa famille. Une seule femme pouvait se targuer de l’avoir sous sa protection, et c’était justement celle que Styx avait pour mission d’exécuter, comme un vulgaire morceau de viande qu’on exhiberait à la foire du coin. Celle que Lachlan avait rencontrée alors que ce n’était encore qu’une gamine effrayée par des voleurs que lui-même avait faits fuir. « Tu n’as aucun droit d’affirmer que tu as fait quelque chose pour nous protéger ». La voix de Lachlan était rarement aussi froide, aussi tranchante, cinglante. Violente. « Tu nous as mis en danger à partir du moment où tu as mis ton cul dans ma taverne. Tu nous as mis en danger à partir du moment où tu as accepté cette putain de mission. Tu nous as mis en danger à partir du moment où tu as décidé de te mettre au service d’un meurtrier qui n’a pas hésité une seule seconde à prendre le pouvoir en assassinant toute une génération ! »

Une rage presque incontrôlable provoquait cette respiration erratique, sifflante, son regard la transperçant de part en part. Même sa propre sœur ne l’avait jamais vu dans un tel état, car il n’avait jamais atteint une colère si extrême. Il ne s’était jamais senti aussi trahi, aussi exposé. Aussi exploité. « T’as rien à foutre dans cette région, putain de bordel de merde ! » Les pensées de Lachlan étaient tumultueuses, dérangées ; pourtant, dans toute cette incompréhension, il n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui le démangeait vraiment. « T’as un putain de culot. De te ramener ici pour buter la princesse et venir me chier sur les pieds qu’à cette putain d’attaque au palais, quand tu m’as fait ce caprice d’enfant pourri gâté, tu voulais retrouver ton putain de dictateur de mes couilles pour abandonner. Et tout ça pour quoi, me protéger ?! » Les sourcils étaient durement froncés, de la bave coulait presque dans sa barbe tant la colère lui faisait perdre ses moyens. Il était sidéré par ce qu’elle venait lui dire. Par ce qu’elle vouait lui faire croire. Et le pire, il en était certain, c’était qu’elle était persuadée par ce qu’elle racontait.

« T’as rien compris, chérie ». Ses mains commençaient à trembler, sa voix à dérailler. Les rares fois où il perdait à tel point le contrôle de lui-même, de son comportement, c’était lors des combats clandestins, combats où il n’avait plus mis les pieds depuis un long moment. Depuis bien trop longtemps. Il aurait tué pour pouvoir aller se défouler à cet instant précis, pour aller fracasser des nez, des mâchoires, afin d’évacuer toute cette rage. Mais il était coincé avec elle. « T’es rien, ici. Si le roi venait à apprendre ce que tu prévoyais de faire, il te torturerait et ton putain de dictateur s’en battrait autant les couilles que moi quand je vois un hippopotame se faire baiser par un lapin. T’es juste un pion qui a été salement baisé et voilà que tu as enfin entrouvert les yeux et que tu commences à comprendre que quoique tu fasses, tu te feras entuber en beauté. Ne viens pas me dire que tu as essayé de me protéger. Ne viens pas me dire que tu as essayé de faire en sorte que ma sœur et moi soyons en sécurité, parce que c’est tout ce qui peut y avoir de plus faux dans tout ce qui est sorti de ta gueule depuis ton arrivée ici ! Si seulement tu avais pensé à quelqu’un d’autre qu’à toi-même, à ton putain d’avenir merdique, tu serais pas là, ici, devant moi. Si tu avais réfléchi, si tu avais aligné deux mots l’un devant l’autre pour former une pensée cohérente et logique, tu aurais très bien compris à quel point cet assassinat est tout ce qui existe de plus crétin au monde ! T’aurais pas eu la connerie de ramener ton cul dans cette région, t’aurais plutôt eu un soupçon d’intelligence en te barrant vite fait loin de ce tyran ».

Les yeux hagards, Lachlan observait Styx, devant lui. Asteria. Il ne savait plus comment l’appeler. Il ne savait plus comment s’adresser à elle. Qui elle était réellement. Elle avait beau lui avoir tout raconté sur elle, sur sa vie, sur les malheurs qu’elle avait vécus, il ne pouvait pas voir autre chose en elle que cette meurtrière. Celle qui aurait pu déclencher une guerre qui aurait fait des millions de morts, qui aurait réduit à néant toute une région, toute la paix qui n’existait que depuis bien trop peu longtemps, et tout ça pour plaire à un homme qui se fichait d’elle. Pour essayer de se faire une place en tant que femme dans une région qui n’acceptait que les hommes. Malgré tous ses efforts, Lachlan ne parvenait pas à se mettre à sa place. Il ne comprenait pas comment elle avait pu choisir un tel chemin simplement pour prouver sa valeur, comment elle avait pu prendre une telle décision qui pourrait avoir tant de conséquences désastreuses. « Si j’étais ta sœur, j’aurais eu honte de toi. Honte de voir qu’un homme avec de belles paroles pouvait te transformer en monstre, en une personne qui n’hésite plus à tuer, à empoisonner, à faire porter le chapeau sur un autre peuple, au risque de tuer des millions d’innocents, tout ça pour faire partie de quelque chose. Peut-être que c’est mieux que ta sœur soit morte. Elle n’aurait pas vu l’horreur que tu es devenue ».

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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Lun 31 Juil - 2:36

Tu passes par tous les temps alors que ses paroles mesquines et cruelles se déversent peu à peu en toi, dans ta tête, dans ton corps, jusqu’à venir se lover autour de ton âme noircie par les années et les méfaits que tu as commis. Chaque phrase qu’il prononce te tenaille comme une lame qui glisserait lentement sur ta peau, la zébrant d’une longue coupure à la fois sanguinolente et douloureuse, faisant disparaître le peu de courage qu’il te reste d’obtenir un jour son pardon. Tu n’as pas le droit de dire que ce que tu as fait visait à le protéger. Toutes tes actions n’ont fait que mettre sa vie en péril, celle de ses proches et celles des habitants d’Oranda tout entier. Dans toute ton égoïsme, tu as mis des centaines de vies en danger, parce que tu t’ennuyais, parce que tu avais besoin de te sentir acceptée, de te sentir utile. Tu n’aurais jamais dû mettre ou remettre les pieds à Vainui. Tu ne peux pas dire que tu as voulu le protéger lorsque tu as voulu rejoindre ton maître, lorsque tu as voulu mettre un terme à ta mission; pas alors que tu l’as suivi jusque dans le nord sans mot dire, le mettant en danger et mettant ce couple qui vous avait accompagnés en danger également. Tu n’as rien compris à la vie. Tu n’es rien dans cette région qui est sienne. Si on apprenait qui tu es, le roi te torturerait et ton maître s’en laverait les mains dans la mesure où son implication n’était pas mise en cause – et les dieux savent que jamais tu ne vendrais la mèche, que toujours tu conserverais un minimum de fidélité envers ton peuple et l’homme que tu sers. Tu n’as été dans cette histoire qu’un pion, un chiffon sale dont le sort n’importait que peu, ta mort ne serait qu’un dommage collatéral qui n’ennuierait probablement personne. Tu n’aurais pas dû revenir avec lui. Tu n’as fait que le mettre – lui et toutes les personnes qui ont croisé ton chemin – en danger. Si tu avais réellement voulu le protéger, tu aurais disparu loin de lui, loin de ton maître, loin de tous, pour ne plus jamais revenir.

Debout devant lui, tu as l’impression qu’il vient de te déchirer, de t’arracher les ailes une à une en les écrasant sous tes yeux alarmés, de t’arracher les tripes impassiblement en te regardant te vider de ton sang devant lui. Tu as l’impression nette que tu vas t’effondrer. Tu as envie de disparaître, de le laisser partir pour mieux laisser la noirceur t’envelopper, t’ensevelir jusqu’à ce que tu réunisses assez de courage pour faire une faveur à l’univers en te jetant du haut de cette cascade. Tu as délaissé ta famille. Chems, Sorana, tes autres frères et sœurs, la petite Anwar qui te portait tellement en affection… Tu as abandonné ta sœur jumelle, la moitié claire de ton âme qui a brûlé sous la colère de ton père simplement à cause du fait qu’elle avait été dénuée de pouvoirs. Tu as trahi Lilo, ton mentor qui t’a guidée dans un chemin droit malgré le caractère de votre travail, qui ne t’a transmis que de belles qualités qui auraient pu faire de toi une bien meilleure personne. Tu as repoussé le seul homme qui ait voulu de toi avec hardiesse depuis des années, un homme qui, malgré tous ses défauts, était resté auprès de toi en tant que simple ami même s’il avait voulu être plus que ça. Nadian t’avait vue séduire de nombreux hommes sous ses yeux à travers les années, mais il est demeuré ton plus cher ami malgré la précarité de votre relation fréquemment houleuse. Tu as trahi Kacem que tu as osé appeler ton protégé alors que tu ne fréquentais l’entourage de son maître que pour t’assurer qu’il ne devenait pas trop puissant pour créer des ennuis à ton maître. Ce faisant, tu l’as mis en danger. Tu as trahi ton maître en te détournant de la tâche qu’il t’avait confiée, en perdant ton amour et ta fidélité pour lui et sa cause pour les beaux yeux d’un gros rustre à la chevelure hirsute. Finalement, tu as mis ce gros rustre, sa sœur et le reste des siens en danger par ta seule présence et par ton insistance à demeurer auprès de lui.

Le monde se porterait mieux sans toi. Mourir aujourd’hui serait probablement moins douloureux que ce que Sven te ferait endurer s’il apprenait que tu ne portais plus ses convictions en toi. Tu ne peux t’empêcher à songer à ces arènes qui sont présentement construites dans ta région d’origine. Tu avais ouï dire que les traîtres, les Exempts et les bandits seraient jetés dans ces arènes pour se lancer dans des combats sanguinaires. Que la seule issue de ces combats serait la mort d’un des deux participants. Serait-ce là le sort qui te serait réservé ?

« Arrête, s’te plaît -- j’en peux plus… » que tu souffles en retenant les larmes qui menacent de couler sur tes joues basanées.

Et juste au moment où tu crois finir de sombrer dans un gouffre sans fond de honte et de désespoir face à l’unique personne qui ait réussi à te faire sentir aussi vivante, sans devoir oblitérer les sentiments qui font de toi une humaine, sans essayer de t’empoisonner l’esprit avec des paroles doucereuses et te pousser à commettre des ignominies… il reprend la parole et les mots qu’il te lance rallument une étincelle dangereuse en toi. Un tison ardent que tu n’avais pas revu depuis des années.

« Si j’étais ta sœur, j’aurais eu honte de toi, qu’il persifle en posant un regard dégoûté sur ta silhouette alors que tu as l’impression de dessécher de l’intérieur, l’impression que tu t’apprêtes à exploser en milles flocons cendreux sous son regard rempli de haine.
Arrête… que tu souffles, un grondement naissant lentement dans ta poitrine.
Honte de voir qu’un homme avec de belles paroles pouvait te transformer en monstre, en une personne qui n’hésite plus à tuer, à empoisonner, à faire porter le chapeau sur un autre peuple, au risque de tuer des millions d’innocents, tout ça pour faire partie de quelque chose, continue-t-il en confrontant ton regard, insensible à ta poitrine qui se soulève à rythme saccadé à mesure que ton souffle se coupe.
Ferme-la… Le grondement se fait de plus en plus fort, comme celui d’un fauve qui lance un avertissement à celui qui ose le défier.
Peut-être que c’est mieux que ta sœur soit morte. Elle n’aurait pas vu l’horreur que tu es devenue… Tu ne lui laisses pas le temps de finir sa phrase.
Ferme ta grand gueule ! » que tu hurles en bondissant vers lui toutes griffes dehors.

Tu as l’impression que les flammes te consument de l’intérieur tant ta rage est intense. Il te consume, réduisant en cendres toutes les barrières qui retenaient la colère qui sommeillait en toi depuis tellement d’années maintenant. Tu traverses la distance qui vous sépare en une fraction de seconde, ton poing s’abattant sur son visage avec force. Bien qu’il reste bien campé sur ses pieds, son regard dédaigneux décuplant la rage qui bouillonne en toi comme jamais. Tu prends un élan avant de sauter, ton corps mince se fracassant contre le sien.

« Je t’interdis de parler d’elle, espèce de grosse brute ! que tu hurles en le frappant dans la poitrine, avec autant de conviction que lorsque tu entres dans l’arène de combat clandestin.

Tu as toujours porté cette noirceur au fond de toi. Même toute petite, il arrivait qu’elle surgisse lorsqu’on s’en prenait à Astrée ou à tes frères cadets, ou lorsqu’un autre enfant osait dépasser les bornes. Pourtant, tu as toujours réussi à la garder bien enchaînée. Elle ne s’est déchaînée qu’une fois, le jour où tu as brûlé le visage de Nadian, à l’âge de 15 ans. Les formateurs qui avaient assisté à la scène avaient comparé le spectacle à de la folie meurtrière, à un mâle alpha qui défendrait son honneur, porté par une rage telle que tout semblait disparaître autour de lui. Même lorsqu’ils s’étaient saisis de toi, tu n’avais pas cessé de te débattre, de hurler comme une furie. Si on ne t’avait pas retenue, ton partenaire de chasse serait sûrement mort à l’heure qu’il est.

L’impact vous a fait chuter sur le sol. En colère, une flamme jaillit dans ta main que tu t’apprêtes à abattre sur sa joue, mais tu suspens ton geste à la dernière minute. Tu t’adresses à lui dans un souffle, ta voix froide et remplie de colère. « J’aurais dû faire quoi, moi ? Hein ? Tu fais danser la flamme entre tes doigts, sa lueur se reflétant dans ton regard noir. Sais-tu seulement comment on traite les femmes dans le sud ? J’aurais dû me marier et vivre comme une chienne pour le reste de mes jours, c’est ça ? Ou j’aurais dû me prostituer pour gagner mon pain, peut-être ? Tu penses que les choix d’une femme seule sont nombreux, à Sezni ? Pas de mari, pas de famille, personne pour te protéger dans un endroit où t’as que trois choix ; tuer, être tué ou lutter pour te contenter de survivre ? Tu fermes le poing, la fumée s’élevant dans l’air avant de lui asséner un autre coup en pleine figure. Te remettant sur tes jambes, tu recules, une étincelle de pure colère brillant dans le fond de tes yeux. Vous êtes tellement bien foutus, ta sœur et toi ! Comment j’étais censée faire, moi, sans frère, sans père et sans mari, hein ? Reste pas là, bouge ! Montre-moi à quel point tu m’en veux pour être une personne aussi horrible et je te monterai comme je t’en veux de t’en être si bien sorti ! »

Ton souffle toujours saccadé, la sueur perle sur ton front, tu restes aux aguets de sa réaction. Étrangement, tu as envie qu’il s’approche, même s’il doit déchaîner sa frustration sur toi, tu as envie qu’il pose ses mains sur toi. Comment est-ce que les choses avaient pu en venir à cela ? Qu’est-ce qu’étaient ces sentiments qui te tenaillaient chaque fois que Lachlan s’approchait de toi ? Ça n’était pas que physique, que sexuel, c’était plus que ça. Bien que ce soit totalement impossible, ce que tu ressentais pour lui était profond.

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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Jeu 7 Sep - 15:44


Lachlan ne s’était jamais senti aussi baisé de toute sa vie, et pourtant, il avait vécu bien des choses qu’une personne ayant une vie plus banale, plus normale. Il aurait donné n’importe quoi pour pouvoir offrir une vie plus simple et plus facile à sa sœur, et à présent qu’il se trouvait devant Styx, cette femme à qui il avait de tout son être voulu faire confiance, il se rendait compte à quel point il avait fermé les yeux sur tout ce qu’il avait vécu pour pouvoir offrir ce qu’il y avait de mieux pour Emeraude, quitte à mettre sa propre vie entre parenthèses. Et maintenant qu’il faisait face à la Feu qui aurait très bien foutre sa vie en l’air, tout ce qu’il voulait, c’était lui faire regretter, à elle, à celle qui lui avait fait miroiter la possibilité d’un avenir meilleur et moins sombre dans cette région glaciale, lui faire regretter cette erreur que lui-même avait commise. Lorsqu’elle se jeta sur lui, tous poings dehors, le frappant, encore et encore, lui hurlant à la figure, Lachlan n’en fut pas surpris. C’était exactement ce qu’il avait voulu qu’elle fasse ; il voulait la pousser. La pousser à réagir, à la faire arrêter de se plaindre pour quelque chose qu’elle avait choisi en toute connaissance de cause. Encaissant chaque coup sans rien donner en retour, encaissant chaque rugissement sans essayer de la raisonner, l’Exempt resta allongé au sol lorsque la furie finit par se relever et faire quelques pas en arrière, s’éloignant de lui. Pas parce qu’il était sous le choc et hagard par les coups donnés, pas parce qu’il ne voulait plus confronter la Feu, mais parce qu’il savait que s’il décidait de bouger à cet instant précis, l’un d’entre eux ne ressortirait probablement pas vivant de cette grotte cachée derrière la cascade.

Sans que Lachlan ne sache vraiment comment, sa colère avait été soufflée. Fixant le plafond de la grotte d’un regard éteint, il ne cessait de penser à la femme, si différente, qu’il avait vu ce soir-là, lors des combats clandestins. A ce presque coup de foudre qu’il avait ressenti, à cette sensation de puissance partagée lorsqu’ils avaient combattu. A ce sentiment de pleine compréhension, alors que la même lueur dansaient dans les yeux de chacun, quelques secondes avant que les coups ne se mettent à pleuvoir. A cette satisfaction d’avoir enfin un combattant à son niveau. Lachlan ne parvenait pas à retrouver cette femme, pleine d’assurance et de pouvoir, de confiance et de domination, de puissance et de caractère, en celle qui se présentait, colérique, pleurnicharde, devant lui. Effrayée et perdue. Menteuse. « Je suis peut-être une grosse brute, mais je ne ferai jamais de mal à une gosse dont le seul destin est de gouverner un royaume qui n’est pas le mien simplement parce qu’un mec qui me baise me l’a demandé ». Roulant sur le côté en s’appuyant sur son avant-bras, Lachlan posa les yeux sur Styx. Astéria. Une Feu s’étant fait passer pour une Eau afin de détruire une vie et tout un peuple. Si les deux pouvaient avoir des points communs, comme le fait que chacun d’entre eux aient dû cacher leur véritable nature, l’Exempt ne pouvait pas croire que la ressemblance continuait outre cela. Il n’aurait jamais fait de mal à un enfant pour des croyances politiques. Il avait grandi entouré de valeurs, des valeurs qu’il n’avait jamais mises de côté même dans les moments les plus sombres. Il s’était toujours promis de rester droit dans ses bottes le plus longtemps possible, à moins que cela ne mette en danger la vie de sa famille. Jusqu’ici, Lachlan n’avait pas failli une seule fois. Il ne pouvait pas en dire de la femme devant lui. Une femme qu’il ne reconnaissait pas. Il avait eu beau ne pas la connaître depuis très longtemps, ne pas savoir sa vie, son passé, il avait cru possible de lui faire confiance pour lui avouer la vérité quant à son état.

Un ricanement rauque sortit de la gorge du roux, rictus très vite entrecoupé par une quinte de toux suite aux coups féroces de la brune. Il aurait bien été en danger s’il avait fini par avouer la vérité à Styx quant à sa nature d’Exempt. Les Feu étaient réputés être les plus extrémistes quant à ces personnes dites impurs. C’était sûrement à Sezni que les esclaves étaient les plus nombreux, et qui sait ce qui serait arrivé à Lachlan et surtout à sa sœur s’il n’avait pas tenu sa langue. Il avait eu le choix. Par quel miracle, peut-être grâce à la Déesse Glorë qui pour une fois aurait fait une chose pour le protéger, il avait su se retenir. « On a toujours le choix, Astéria ». Parce qu’il ne pouvait plus considérait cette Feu comme la femme avait qui il avait bien failli coucher dans l’auberge de son beau-frère, Lachlan ne parvenait plus à l’appeler comme elle s’était présentée à leur rencontre. « Tu as choisi de lutter certes, mais tu ne t’y es pas prise de la bonne manière. Tu ne peux pas venir te plaindre que tu as fait une erreur parce que tu y étais obligée ; personne n’est obligé ». Les mots de Lachlan étaient durs, tranchants. L’Exempt articulait exagérément pour donner plus de profondeur à ses paroles, car il voulait que la Feu comprenne avec exactitude ce qu’il voulait lui dire. « Tu ne peux pas dire qu’Emeraude et moi nous en sommes sortis avec facilité parce que tu ne connais rien de moi, tout comme je ne savais rien de toi jusqu’à ce que tu me dises la vérité. Tu te fourres le doigt dans l’œil si tu penses que je vais raconter ma vie à un assassin, mais tu peux me croire sur parole quand je te dis que c’est la vie qui forge un gars. A chacune de nos actions, à chacune de nos réactions, il y a toujours en leur base une décision qu’on prend. Et une décision ne se prend que lorsqu’un choix s’offre à nous. Tu n’as pas le droit de dire que tu n’avais pas d’autre choix que de servir un dictateur, un assassin, un tyran et despote pour survivre ». Se relevant calmement, Lachlan ne pouvait plus s’arrêter. « Si c’est lui-même qui t’a appris à te battre, c’est également à cause de lui que tu te retrouves à cet instant dans une merde sans nom, parce qu’à la base, c’est non seulement à cause de lui que tu as dû faire un choix de merde, mais également à cause de toi. Tu ne peux plus rejeter la faute sur les autres ; tu ne peux plus ignorer le fait que si faute il y a eu, c’est parce que tu l’as bien voulu ».

Une grimace sur le visage, l’Exempt ne parvenait pas à mettre les mots sur ce qu’il ressentait à cet instant. Trahi, oui, mais surtout il ne comprenait pas les raisons que Styx tentait de lui apporter. Etant lui-même chassé de sa région si l’on venait à découvrir sa véritable nature, il savait très bien ce qu’il risquait à rester. Ce qu’il restait, chaque jour, en se montrant à la taverne, en combattant le soir. Il avait risqué sa vie et celle de sa sœur en fuyant loin de Sterenn pour tenter d’avoir une vie normale, sans avoir à fuir à chaque regard insistant, à chaque parole murmurée. « Prends-toi l’exemple de ta sœur. Quel choix aurait-elle fait, si ton père ne l’avait pas tuée ? Aurait-elle pris la décision de tuer des hommes et des femmes simplement pour se protéger, elle ? Non. De la façon dont tu me l’as décrite, je peux t’assurer qu’elle aurait trouvé un moyen pour survivre sans avoir à sacrifier d’autres vies. Mais toi, toi, tu n’as manifestement pas eu cette lueur d’esprit. Tu étais peut-être perdue, dévorée par la souffrance et la peur, mais tu as eu un choix à faire, et tu as préféré être égoïste. Tuer des hommes, des femmes, des enfants, pour ta seule personne. Crois-tu seulement qu’il existe une différence entre l’homme que tu sers à présent et l’homme qui t’a créée ? Un homme qui a assassiné toute une lignée de rois pour avoir le pouvoir — et qui a bon nombres d’esclaves impurs à ses côtés — et un homme qui a tué ta sœur, sa propre fille, pour son manque de don ? Tu as servi — tu sers — le même genre de type qui a buté ta jumelle ». Un léger silence, alors que l’Exempt cherchait dans le regard de Styx une étincelle de ce qui lui avait plu la première fois qu’il l’avait vue. Sans succès. « Ce que tu aurais dû faire ? A ta place, je me serais sacrifié pour ne pas avoir à tuer des innocents. Parce qu’aujourd’hui, regarde-toi. Est-ce que tu es fière de pouvoir dire que tu es au service de Sven Ramose ? Si Nymeria vient à mourir et que Vainui tombe aux mains de ton maître, réduisant des millions de vies, est-ce que tu serais fière de dire que c’est uniquement grâce à toi ? »

Un rictus mauvais finit par prendre place sur le visage de Lachlan alors qu’il secouait négativement la tête de droite à gauche, déçu. « On devrait s’arrêter là ». Ces quelques mots, durs, froids, lourds. Lâchés dans un souffle. « On m’a toujours dit qu’il était impossible de raisonner un Feu, et je me rends compte aujourd’hui à quel point cette phrase est foutument vraie ». Essuyant le sang qui coulait de sa lèvre coupée sous la puissance des coups de la brune, Lachlan baissa le visage au sol, refusant de croiser son regard. Il ne voulait plus la voir. Il ne souhaitait plus lui parler. Il ne désirait plus la faire changer d’avis, lui faire comprendre à quel point elle s’était leurrée. Il voulait juste rentrer voir sa sœur, lui dire qu’il était en vie et qu’il allait bien. Et il mettrait Styx définitivement derrière lui, une bonne fois pour toutes. « Je me déteste à dire ça, mais je ne dirai rien sur toi. A condition que tu ne t’approches plus jamais de ma sœur et que tu quittes cette région dans la Lune. Reste, et tu verras des gardes royaux venir frapper à ta porte. Et ne viens pas chercher tes affaires à l’auberge ; elles seront brûlées par le même feu que tu contrôles ». Secouant une dernière fois la tête, Lachlan contourna Styx afin d’atteindre la sortie sans attendre une quelconque réponse ou réaction. Il voulait juste mettre un terme à tout ça.

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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥ Dim 1 Oct - 21:12


Le silence s’épaissit dans la pénombre. Il pèse sur ta poitrine alors que tu te tiens difficilement sur tes jambes tremblantes, le souffle saccadé et l’esprit embrouillé par la colère et la confusion qui te martèlent inlassablement. Lachlan, lui, semble si calme. Il est étendu, là, dans la grotte derrière la cascade, impassible. Tellement stoïque que tu n’as qu’une envie : le frapper, le faire réagir, le pousser dans ses derniers retranchements pour le provoquer, le faire sortir de ses gonds pour qu’il lève les poings. Parce que c’est la seule chose que tu connaisses. La seule chose qui te permette d’oublier toutes les pensées qui peuvent déferler dans ton esprit chaque fois que tu te permets un instant de repos. Tu as passé des années à rechercher l’adrénaline sous toutes ses formes. C’est la seule chose qui te donne l’impression de vivre, d’exister. Pourtant, dès que tu t’arrêtes un peu trop longtemps, le doute et la culpabilité t’assaillent. Parce qu’il est faux de penser que tu ne regrettes pas nombre de tes actions. Il faut vivre avec ses erreurs.

La colère te fouette lorsqu’il élève enfin la voix, sous-entendant que tu aurais laissé ton maître se servir de toi comme d’une marionnette simplement à cause d’un désir sexuel. Sven Ramose ne manque pas de charme, certes, mais jamais tu n’as partagé son lit, jamais il n’a vu de véritable femme en toi. Il a simplement vu une guerrière, une chasseuse de primes hors pair, une corde de plus à ajouter à son arc. Tu n’as jamais espéré qu’il te voie autrement. Ça n’est pas ton genre. Tu n’as jamais voulu qu’on te remarque pour ton joli cul, mais bien pour tes talents. Le géant du nord roule sur le côté pour te faire face. À la vue de ta mine déconfite et de la colère qui transparaît dans ton regard courroucé, il ricane, provoquant une quinte et de toux le secoue brusquement. La rage dépeinte dans tes yeux disparaît pour faire place à brin d’inquiétude à peine perceptible.

Ta rencontre avec Lachlan t’a changée. Cela ne fait aucun doute. Elle a réveillé la jeune femme fougueuse et téméraire que tu avais enfermée depuis tellement d’années, celle qui avait encore conscience que ses actions pouvaient avoir des conséquences et qui se faisait un devoir de traquer ses primes. Tu n’étais pas toute blanche, même à l’époque. Qui l’est réellement ? Mais tu ne prenais que les contrats qui t’inspiraient confiance. Tu n’avais jamais cherché à nuire à qui que ce soit d’honnête. Ce feu que Lachlan avait perçu dans ton regard, ce soir-là, il n’était pas éteint. Cette mission a éveillé bien des questionnements. Elle t’a lentement fait réaliser à quel point tu avais laissé la personne que tu avais un jour été derrière toi pour devenir une enveloppe vide au service de ce maître qui est le tien. Et tu n’as plus envie de te murer dans ce silence.

« On a toujours le choix, Astéria. » Bien que l’utilisation de ce prénom te fasse tressaillir, tu sais qu’il a raison. Tu avais eu le choix. Tu aurais pu continuer à vivre ta vie malgré la montée au pouvoir de Sven, tu aurais pu continuer à exercer ton métier dans l’ombre. Mais tu avais choisi de combler ce vide glauque qui subsistait dans ton âme, cette envie de faire partie de quelque chose de plus grand. « Tu as choisi de lutter certes, mais tu ne t’y es pas prise de la bonne manière. Tu ne peux pas venir te plaindre que tu as fait une erreur parce que tu y étais obligée ; personne n’est obligé. » Les possibilités étaient infinies. Tu aurais pu prendre l’habit rouge et dédier ton existence à Malaggar, paisiblement, dans un temple. Tu aurais pu t’enfuir vers Dahud et joindre la garde Feu au palais. Pourtant, tu avais choisi ce chemin sombre qui t’avait menée parmi les fidèles de Sven Ramose, qui t’avait menée vers la femme que tu es devenue aujourd’hui. Tu écoutes chacune des paroles de ton interlocuteur, elles s’immiscent en toi, te glaçant jusqu’au plus profond de ton être. Et pourtant, tu soutiens son regard sans flancher.

Il se remet sur ses pieds sans trop se rapprocher. Puis il parle de ta sœur et malgré la colère qui continue à t’enserrer entre ses griffes, ton cœur se convulse violemment à sa pensée. « Prends-toi l’exemple de ta sœur, qu’il dit. Quel choix aurait-elle fait, si ton père ne l’avait pas tuée ? » À ces mots, tu retiens un gémissement de douleur qui menace de franchir tes lèvres. Depuis que la mémoire est revenue, depuis que le récit d’Akela t’es revenu à l’esprit, tu ne peux t’empêcher d’imaginer ta sœur et ses cris et l’odeur qui a dû emplir la place lorsque ton père l’a incendiée. Il aurait dû être emprisonné pour ça. Et pourtant, il était rentré indemne. Pourquoi ? Tu ne le saurais peut-être jamais. « Aurait-elle pris la décision de tuer des hommes et des femmes simplement pour se protéger, elle ? Non, jamais Astrée n’aurait fait de mal à une mouche. Non. De la façon dont tu me l’as décrite, je peux t’assurer qu’elle aurait trouvé un moyen pour survivre sans avoir à sacrifier d’autres vie. » Peut-être même qu’elle aurait trouvé le moyen d’en sauver, des vies. Comment deux personnes si semblables pouvaient-elles être aussi différentes ? Tu t’étais posé la question toute ta vie. Jamais tu n’as douté du fait que tu ne sois pas et ne puisses pas être ta sœur, mais à la place de faire du mieux que tu le pouvais, tu as fait le pire. Le venin continue à déferler des lèvres du géant aux cheveux de feu. Toutes tes tripes se convulsent lorsqu’il compare ton père et ton maître. Et bien que tu saches que Lachlan ne connaît pas Ramose comme tu le connais, tu sais qu’il y a un fond de vérité dans ce qu’il avance. Ton père agissait en despote au sein même de votre demeure familiale, au sein même de la cellule familiale. Le dictateur, lui, faisait régner la terreur parmi les habitants de toute une nation, mais aussi dans le cœur de tous les orandiens qui le redoutaient.

« Est-ce que tu es fière de pouvoir dire que tu es au service de Sven Ramose ? Si Nymeria vient à mourir et que Vainui tombe aux mains de ton maître, réduisant des millions de vies, est-ce que tu serais fière de dire que c’est uniquement grâce à toi ? » Bien que tu n’esquisses pas un mouvement, la colère t’envahit, l’amertume te déchire. Tu ne secoues pas la tête comme tu devrais le faire, tu l’affrontes du regard, immobile. Non, tu n’étais pas fière de dire que tu travaillais pour ton maître. La plupart du temps, tu n’avais pas l’occasion de mettre le sujet sur la table. Si tu avais à croiser Lilo Naslor, tu ne lui annoncerais pas fièrement que tu fais partie des rangs de votre souverain. Si tu croisais un membre de ta famille, tu éviterais probablement le sujet. Tu n’avais jamais pris le temps de réellement réfléchir à ce silence quant à ton métier, quant à tes fréquentations.

Une déception se dépeint sur le visage du barbu. « On devrait s’arrêter là, déclare-t-il. On m’a toujours dit qu’il était impossible de raisonner un Feu, et je me rends compte aujourd’hui à quel point cette phrase est foutument vraie. » Ces paroles te font subitement sortir de ta torpeur. Il essuie le sang qui perle de sa lèvre inférieure et se dirige vers la sortie en t’indiquant qu’il ne dirait rien sur ta présence à Vainui, mais que tu devrais quitter la région avant la fin de cette Lune pour ne plus jamais revenir.

Alors qu’il te contourne pour sortir de la grotte, tu attrapes son bras avec force, une flamme brûlant dans le noir de tes yeux. Relevant la tête avec une assurance renouvelée, tu plantes tes iris dans les siens comme un poignard s’enfonce dans la chair. « Tu dis que je suis butée, que je ne veux rien entendre, mais importe ce que je dirai, ce que je ferai, tu ne m’écouteras pas. Tu scrutes son regard dur pendant quelques instants, relâchant ta prise peu à peu. Lâchant un soupir las, tu détournes le regard avant de le reporter sur lui. Tu sais quoi, Lachlan ? Tu laisses le silence planer quelques instants pour t’assurer qu’il t’écoute toujours. Je me fiche de la princesse Nymeria Drogon, je me fiche de son père, des extrémistes – qu’ils soient Feu, Eau, Exempts ou que sais-je –, je me fiche de Sven Ramose, de son armée, de Sezni, de Vainui, de ma famille et de tout ce qui s’ensuit... »

Tu relâches complètement ton emprise sur son bras et recules d’un pas avant de déclarer calmement : « Si ma sœur avait vécu, elle aurait probablement accompagné Akela dans le nord et se serait cachée. Elle avait vécu une belle vie. Dans l’ombre, mais elle s’en serait satisfaite. Parce qu’elle s’est toujours contentée de peu. Ma sœur était meilleure que je ne le serais sûrement jamais. Parce qu’elle ne pensait jamais à ce qu’elle voulait. Les autres passaient toujours en premier... » Bien malgré toi, tu as détourné le regard et tu esquisse l’ombre d’un sourire en te remémorant son visage, ses bons mots et sa pureté. « Tu as raison. Je n’ai pas fait de bons choix depuis très longtemps, que tu avoues d’une voix ferme. Je n’aime pas la femme qu’il a fait de moi. Une enveloppe vide qui ne fait qu’exécuter des ordres... ça n’est pas la personne que je veux être. Te rencontrer... ça m’a ouvert les yeux. » Tu te rapproches vivement de lui, enfonçant tes yeux dans les siens, désespérée de ne pouvoir rien y lire. « Je n’abandonnerai pas les instants de liberté que j’ai ressentis avec toi. Tu me feras emmener, si c’est ce que tu veux. Au moins, j’aurai la conscience tranquille en sachant que j’aurai essayé de faire mieux. Pour elle, mais aussi pour moi. »

Tu relâches son bras et recules vers le fond de la grotte. « Va-t’en. Mais n’espère pas que ce sera la dernière fois que tu me verras, Lachlan Thralmur. »

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~#~Sujet: Re: Ҩ Truth is not far | Lach & Styx ♥

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