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Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ]

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~#~Sujet: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Jeu 11 Mai - 17:35

Ranrek Ergorn
&
Eden'el Lumnar


Ever dream
12, dixième lune de l'an 836 ☙ Les affaires politiques et diplomatiques faisaient au palais des représentants du Feu. Il devait en être de même dans les autres palais. Surtout entre celui des Terre et des Air... cette histoire de meurtre... ça avait - à juste titre - bousculé cette paix fébrile qui pourtant durait depuis des années déjà. J'avais peur pour la suite, mais bien éloignée des rouages de la politique, je ne percevais que la partie émergée de l'iceberg et ne pouvais réellement avoir d'avis sur ce qui pouvait se passer. Tuer n'était pas une chose dont on me parlait lorsque j'étais enfant. Dans le village où j'ai eu la chance de grandir, rien ne pouvait prétexter le fait de nous mettre ce concept en tête. On ne tuait pas, point. Même si le dogme de Tarlyn dénonçait l'idée de prendre la vie d'autrui, la justice était rendue. Bien que l'emprisonnement était toujours privilégié, ça devait pourtant se faire dans d'extrêmes cas... L'idée même de tuer quelqu'un me révulsait. Je n'avais pas directement assisté au meurtre, je n'avais pas vu le corps n'avait pas voulu le voir. Je trouvais cela si horrible que seul le fait de considérer cet acte pouvait suffire à me rendre malade. J'étais restée en dehors des discussions, des mouvements, de tout. Terrée dans les appartements de Ranrek, je n'avais pas pris part à cette tragédie qui ébranlait la capitale. Et c'était mieux ainsi. La nuit fut pénible, mais à mon réveil, je repensais à ma première nuit ici. Un sentiment étrange m'éprit, puis un soulagement se ressenti. Comme si je me sentais à l'abri. Enfin.

Le silence englobait la chambre encore bercée de pénombre. Je me levai et tirai les rideaux doucement afin de faire rentrer la lumière dans la pièce. L'un des rayons du soleil se refléta sur le miroir de la coiffeuse. Je m'approchai de celle-ci et réajustai le drapé de soie dont je me servais pour cacher la réflexion du miroir. Appréciant quelques instants le calme et la plénitude qui semblait régner, je restai assise sur le bord du lit. Fermant les yeux, je ne sentais aucune présence. Soupirant, me résignant à l'idée que je ne pouvais me fier à mon don, je me levai pour attester de mes yeux s'il n'y avait pas quelqu'un dans les appartements. La première porte qui donnait sur cette pièce était la chambre de Ranrek. Si cette chambre qu'il m'avait attribuée était sensée être celle réservée à sa femme, cela me paraissait normale qu'elles soient ainsi juxtaposées. Le lit était vide. Les draps étaient minutieusement bordés autour du matelas. Comme s'il n'était même pas venu se coucher dedans après la tragédie du bal des représentants. Cette pensée m'attrista quelque peu. Mais je continuai l'exploration des appartements en me rendant au petit salon. Une table voyait un plateau de fruits, de tranches de pain et d'un pot qui semblait être de la confiture rendait l'endroit un peu moins impersonnel et vide. Pas l'ombre de Leanor ni d'autre domestique. Je me permis de prendre une baie jaune d'une forme étrange. Son acidité me crispa le visage et me découragea d'en manger plus. Ou Ranrek avait un faible pour l'acidité, ou cette baie n'était là que pour décorer le plateau... Pour m'enlever le goût, je pris une tranche de pain sur laquelle, à l'aide d'une petite cuillère, j'étalai un filet de confiture. Cerise... J'appréciai cette douceur avant de reposer la cuillère et de refermer le pot en verre.

Les appartements étaient déserts. Après une minute d'hésitation, j'entrepris d'en sortir. « Ces appartements sont le seul endroit où je puisse assurer ta sécurité. Je te conseille d’éviter de t’aventurer trop loin si je ne suis pas à tes côtés... » Son conseil résonna en écho dans ma tête alors que ma main tentait de se poser sur la poignée de la porte. Joignant mon index et mon pouce, je lançai un débat dans mon esprit. Dans ces appartements ou dans les couloirs, visiblement, ça ne voulait rien dire... La veille, un membre de la famille représentante de la Terre avait été assassiné pour une raison que l'on ignorait sûrement encore. Existait-il au moins un endroit où l'on pouvait être en sécurité dans cette ville ? Écartant à nouveau les doigts, je posai ma paume sur la poignée. Si j'étais assez concentrée, mon pouvoir m'aiderait à éviter les gardes et autres résidents. Depuis mon arrivée, j'avais ce sixième sens qui se confirmait. Peut-être que l'idée de ne plus être constamment en danger ouvrait mes sens et ma perception. Après tout, je ne m'étais pas trompée en constatant que personne ne se trouvait dans les appartements de Ranrek. Peut-être que je pourrais m'entraîner en œuvrant pour déceler les personnes qui peuplent les couloirs. Si je m'aperçois un seul instant que ça ne fonctionne pas, je retourne aux appartements et n'en sors pas tant que Ranrek n'est pas revenu ! Persuadée d'avoir trouvé là le bon compromis, j'ouvris la porte que je refermai derrière moi. Le silence était toujours maître des lieux, mais se faisait percevoir une certaine activité. La grandeur des couloirs donnaient une impression de vie à elle seule.

De pas lents, je m'aventurais dans les couloirs, longeant les murs. À chaque intersection, je fermais les yeux, faisais le vide dans mon esprit et inspirais profondément avant d'expirer longuement. Autant les sons pouvaient provenir de mille choses, autant une présence vivante me donnait cette impression d'être liée, comme d'un filon imperceptible, à autrui. J'ignorais comment décrire cette sensation à la fois étrange et naturelle. Comme partageant un court instant le vie qui animait l'être en question. Une présence... plutôt que de m'attarder sur la façon dont je pouvais la percevoir, il fallait que je recule et me cache. Prise d'un instant d'anxiété, je perdis ce lien et la perception de l'être qui approchait. Derrière une commode boisée joliment sculptée, je pus apercevoir une jeune femme traverser de part et d'autre le couloir perpendiculaire à celui où je me trouvais. Un soulagement auquel je m'accordai un soupir. Mais à l'instant où je me relevais, un garde qui suivait de très loin la demoiselle que j'avais perçu remarqua ma présence. Il était déjà à se ruer vers moi alors que je commençais à peine à me retourner pour le fuir. Quelques foulées et il m'agrippa de sa main gauche, serrant avec fermeté mon bras droit, ce qui freina brusquement mon élan. Du sien, il en profita pour me plaquer contre le mur, ne lâchant pas mon bras. Sa main droite avait dégainé une dague dont il maintenait la lame de fer froid sur ma gorge. Mon regard à la fois terrifié et désarmé parut l'intriguer. Sans me lâcher pour autant, il décolla sa dague de ma peau et desserra légèrement l'étreinte qu'il exerçait sur mon bras.

La sécurité avait sûrement dû être décuplée avec l'assassina d'hier. Les gardes étaient probablement nerveux et à cran. Cela se ressentait dans sa façon de me maîtriser, baissant sa garde en remarquant qu'il se retrouvait face à une jeune femme qui pourrait être sa fille et qui n'avait rien d'une grande criminelle. Mais pieds nus avec une pauvre tunique de lin naturel sans teinture ni fioriture, il se doutait que je n'étais ni une dame de la cour, ni une invitée. « Ton bras ! » Gronda-t-il comme une ordre en pointant de son menton mon bras droit. Réticente à l'idée de lui montrer, je mordillai mes lèvres comme si le fait d'attendre le dissuaderait de cette idée. « Montre-moi ta marque ! » Hésitante, ma main gauche vint relever la manche de la tunique jusqu'à mon coude. Les yeux baissés, je ne vis pas l'expression du visage du garde lorsqu'il aperçut la brûlure. « Tu n'as pas de marque, pas vrai ? Qu'est-ce que tu fais ici ? » Grogna-t-il, écœuré. Me lancer dans les explications ne ferait que desservir mes intérêts. Je me contentai de répondre à sa question d'une voix basse. « Je suis entrée au service de Monsieur Ranrek Ergorn il y a deux jours de cela... » Dis-je sans croiser son regard. « Balivernes ! Je vais te raccompagner dehors et tu n'as pas intérêt à mettre à nouveau les pieds ici, compris ? » Le regardant alors d'un air suppliant alors qu'il forçait sur mon bras pour me faire avancer, je tentai de ma faire plus persuasive. « Non, vous faites erreur ! Je suis vraiment au service de Monsieur Ranrek, amenez-moi à lui, il vous le confirmera... Je vous en prie ! » Interloqué par mon insistance, il se posta bien en face de moi et me pointa avec sa dague en plantant ses yeux dans les miens. « Soit. Mais si Monsieur Ranrek ne confirme pas tes propos insensés, laisse-moi te dire que je ferais en sorte de t'affliger moi-même la sentence que les Ergorn décideront de te donner pour ton intrusion et la perte de temps que tu auras provoqué. Et crois-moi, ils n'auront pas une once de considération pour tes petits yeux de biche égarée. » Intimidée par ses mots, je détournai son regard une fois qu'il eut terminé son laïus.

Avoir baissé ma garde pour savourer cette brève euphorie qu'avait fait naître en moi l'expression de mon pouvoir allait me coûter cher, assurément. J'allais embarrasser Ranrek et lui faire perdre son temps alors qu'il m'avait prévenue de façon claire et précise sur ce qui pouvait m'attendre si jamais je quittais ses appartements. C'est la mine basse que je me laissais guider par le garde qui me maintenait toujours avec fermeté le bras droit dont la manche était redescendue au milieu de mon avant-bras, ne laissant apparaître qu'une petite partie de la cicatrice qui masquait ma marque de Terre. Les quelques personnes dont nous croisions la route nous regardaient d'un air suspicieux et curieux, ce qui ajoutait à mon malaise. Après de brefs échanges avec d'autres gardes, il parvint à localiser le fils de Karam. Nous arrivâmes devant une grande porte qui laissait deviner la grandeur de la pièce qu'elle ouvrait. S'adressant à l'homme qui gardait l'entrée dans un chuchotement qui m'était inaudible, il obtint de lui qu'il aille quérir le fils du représentant du Feu. Une boule au ventre, le regard inquisiteur du garde, trop de tension pour que je ne puisse me concentrer et percevoir la moindre présence alors que cette aile semblait grouiller de personnes. Je me sentais toute petite, autant par la hauteur des murs que par la carrure de mon escorte et l'idiotie de mon attitude. Je n'aurais pas dû sortir et causer tant de remous pour si peu. Maudissant ma curiosité et mon imprudence, je laissai mon esprit lancer des hypothèses sur les sanctions que Ranrek pourrait faire tomber sur ma tête. Bien qu'il n'avait rien d'un tyran, dans les grandes lignes, il restait mon maître et moi je n'avais aucune valeur comparé à lui ou à Leanor et les autres personnes qui le servaient. Cette appréhension était sûrement un héritage de la dernière relation que j'ai malheureusement eu avec un autre être humain. La solitude de la forêt m'avait forcée à garder la pire expérience de ma vie en dernière référence des rapports entre êtres humains. Ranrek ne voulait aucunement me faire de mal, mais je ne pouvais empêcher mon subconscient de redouter qu'il y vienne un jour si je venais à faire des erreurs comme celle-ci...

@Ranrek Ergorn ☙ #Sanie #Vanka ☙ 2008 mots


Dernière édition par Eden'El Lumnar le Mar 6 Juin - 10:35, édité 3 fois
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Khorde Ergorn
initié


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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Mar 16 Mai - 5:27

Osrian Thenkar est mort. Même ce matin, la certitude te tombe dessus aussi douloureusement que lorsque tu as posé ton regard sur la dépouille. La veille, on avait ordonné à tous les invités de regagner leurs appartements dans les palais de leurs peuples respectifs. Certains refuseraient probablement d’obtempérer, mais ça n’était pas ton problème. Le regard de Khorde t’avait fait clairement comprendre que tu n’avais pas intérêt à te mêler aux affaires de la famille et de la région en cette heure grave. Ton père et lui feraient le point sur la situation avec Zalis Fanior, Thrad Birghild, leurs épouses et Nehko Kunan. On ne t’informerait évidemment de la situation qu’après coup. Mais tu te consolais en constatant qu’il en allait de même pour tous les futurs représentants… sauf ton frère, évidemment. Parce que chez les Feu, la parole et la présence de Khorde pesait plus lourd dans la balance que celle de ta mère qui avait plutôt rassemblé les nobles de la délégations du dictateur pour les conduire au palais. On t’avait gratifié du titre de diplomate, mais on ne te laissait jamais intervenir dans les situations graves. Parce que c’était justement dans ces moments où les choses devenaient épineuses que l’on se faisait un devoir de te rappeler que diplomate n’était rien d’autre qu’une belle appellation pour dire que tu étais un agent de liaison entre les Ergorn et le souverain de votre région. Un simple messager… Les choses ne changeraient sûrement jamais. Tu avais beau porter le nom, jamais tu ne serais véritablement un Ergorn aux yeux de ton père et de tes frères.

Aussi, tu n’avais eu qu’une seule idée en tête : protéger Eden. La mettre en sûreté. Et tu l’avais cherchée des yeux avec avidité et fébrilité en fendant la foule, mais sans succès. Razaël, qui sentait fort l’alcool, t’avait abordé et avait insisté pour te reconduire à tes appartements. Tu avais d’abord protesté, mais l’homme était visiblement enivré et entêté. Aussi, tu l’avais laissé t’entraîner vers le palais en te disant que tu pourrais toujours revenir sur tes pas pour retrouver ta protégée lorsque ton vieil ami quitterait ton côté pour aller décuver dans un coin. Vous aviez longuement discuté, le chef de faction et toi, en parcourant le dédale de couloirs du palais des représentants Feu, mais tu avais finir par rentrer. Leanor t’attendait. Un seul regard suffit pour qu’elle t’assure que l’ingénue était là. Le stress, la fatigue et l’alcool l’avaient déjà emportée dans un sommeil lourd, que la servante indiqua. Entrebâillant la porte de la chambre, tu l’avais observée, assoupie dans les draps, pendant de longues minutes avant de te retourner pour donner congé à ta servant qui ne t’avait pas quitté de ses grands yeux de biche. La rouquine secoua la tête de droite à gauche : « Ça n’est pas ce soir que je trouverai le sommeil, maître… Allez-y, qu’elle avait ordonné d’une voix calme. Vous savez comme moi qu’il voudra que vous soyez là lorsqu’il rentrera. » Et tu savais qu’elle avait raison. Tu avais échangé un regard rempli de reconnaissance avec elle, serré sa paume lactée entre tes doigts sombres avant de faire ton chemin dans le labyrinthe qu’est le palais des Ergorn pour te poster dans le bureau de ton père.

C’était un très bel endroit. Une pièce plutôt spacieuse attenant à la bibliothèque du palais. On y trouvait quatre grandes fenêtres, des livres tapissaient les murs de la pièce au même titre que ceux de la bibliothèque. On avait une très belle vue des jardins communs depuis la fenêtre à l’extrême gauche. Tu avais mis du temps avant de comprendre que ton père n’avait pas choisi cette pièce pour son confort, mais bien pour cette vue prenante sur les jardins. Ces jardins où Terre, Eau, Feu et Air se côtoyaient, où la végétation avait parfois tendance à nous faire oublier que des fenêtres dissimulant des regards indiscrets nous entouraient. Jamais Karam Ergorn ne faisait quoi que ce soit à la légère.

Ainsi, des heures durant tu étais resté sur une banquette, les yeux fixés sur les représentants de chaque nation qui échangeaient avec grande intensité. Fatigué, tu ne parviens pas à évaluer la teneur des discussion et tu te refuses à ouvrir la fenêtre pour en entendre les bribes. Tu réfléchis plutôt aux paroles qu’avaient échangé Eden’El et Sven durant la bal. « Quant à vous, Eden, pensez-vous que la famille représentant votre élément a été à la hauteur ? » avait demandé ton vieil ami. Pendant un instant, tu avais craint que la jeune femme ne réponde qu’elle n’était guère touchée par le don de quelque dieu que ce soit. Ton père avait toujours répété que les Exempts étaient abandonnés par les dieux et que c’était la raison pour laquelle les hommes pouvaient les exploiter à leur guise. Cette affirmation t’avait toujours perturbé. « Oui, il est fascinant de voir que le plus maternel des éléments abrite une telle force, » avait renchérit ta protégée. Ça te trottait dans ta tête depuis des heures. Tu étais tellement convaincu que la jeune femme n’avait pas de don que tu as du mal à t’admettre que Tarlyn l’a touchée de sa grâce. Ses paroles ne laissaient plus planer aucun doute; Eden’El Lumnar était Terre. Et un Feu s’était permis de la destituer de sa marque pour se l’enchaîner. Cette affirmation te fit frémir.

L’aube s’est levée. Ton père pénètre dans son bureau, suivi d’un de ses serviteurs qui lui sert une coupe de vin rouge alors qu’il s’effondre sur son fauteuil favori. Il semble à peine te remarquer, se contentant de se pincer l’arête du nez sous ton regard inquisiteur. Son silence est lourd, mais tu ne pipes pas mot. Tu as appris depuis longtemps qu’on ne posait pas de questions avant qu’il ne daigne prononcer un mot. Après de longues minutes et un long soupir, la voix grave de Karam Ergorn s’élève dans la pièce. « Tu as passé la nuit là, fils ? qu’il te demande sans même poser ses iris sur toi. Tu sens de la désapprobation dans le ton de sa voix. Visiblement, quelque chose l’a irrité. Tu as de la chance que Thenkar soit mort. Grâce à lui, personne ne se rappellera que mon fils a osé se présenter accompagné d’une impure lors d’un événement important. Tu n’oses pas le démentir. Ce serait inutile. Le patriarche leve un regard dur sur toi. Jamais plus ça ne se reproduira, Ranrek. Tu m’as bien compris ? » Un coup sec sur la porte interrompit le regard pesant qu’il pose sur toi. Il adresse un signe de tête à son serviteur qui se dirige rapidement vers la porte pour laisser entrer un garde visiblement de mauvais poil. L’homme s’excuse brièvement de déranger maître Ergorn et son fils avant d’annoncer qu’une jeune femme blonde et perdue prétend être à ton service. Ton sang se fige dans tes veines en comprenant qu’il s’agit d’Eden. Ton père te lance un regard lourd de reproches avant de t’adresser un signe désinvolte de la main. « Va. De toute façon, on ne pas faire grand-chose aujourd’hui. Profites-en pendant que ça passer, Ranrek. Parce qu’un jour tu devras te remarier. Et ça ne sera pas avec elle. » Ton cœur se serre violemment à cette idée. Tu es tenté de protester, mais le ton de Karam n’entend pas à la réplique. Aussi, tu acquiesces sèchement avant de sortir de la pièce, gratifiant le garde d’un coup d’épaule en passant.

Lorsque tu jaillis dans le hall, c’est une jeune femme piteuse qui t’attends. Les yeux rivés sur le sol, elle n’effleure même pas ton regard, ses longs cheveux blonds masquant les traits de son beau visage. « Allez, viens, petite fleur… Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. On rente. » Elle ne prononce pas un mot alors que vous traversez les couloirs du palais. Lorsque vous regagnez tes appartements, ils sont déserts. Visiblement, Leanor a fini par prendre congé. Elle a quand même laissé un grand plateau de fruits sur la table de la salle à manger. « Tu veux bien me dire pourquoi tu affiches cette mine contrite ? Tu te sens coupable parce que tu crois m’avoir attiré des ennuis ou tu pleures la mort d’un représentant de ton peuple ? »

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Dernière édition par Ranrek Ergorn le Lun 22 Mai - 21:32, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Mar 16 Mai - 13:46

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Ever dream
L'attente ne fut que de courte durée. Rapidement, je vis Ranrek apparaître dans le hall silencieux. Tête baissée, je ne dis mot tant qu'il ne prend pas la parole. « Allez, viens, petite fleur… Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. On rente. » Mes yeux se relèvent vers lui, inquiet et soucieux. Pourquoi avoir veillé ? Je me doutais que cela avait à voir avec la tragédie d'hier et les tumultes du marché. Sûrement avait-il dû travailler toute la nuit. Peut-être pas. Je me gardai de poser la moindre question et de prononcer le moindre mot. Mes yeux restant rivés sur le sol et mes mains jointes devant moi. Je culpabilisais pour mon imprudence et repensais à ces affaires qui ébranlaient les murs de tous les palais. Si jamais la capitale venait à se morceler, les tensions venaient à éclater, tout se verrait bouleversé et Oranda n'aurait plus le visage que nous lui connaissons aujourd'hui. Dans toute cette incertitude qui berçait les âmes, mon seul souhait était de pouvoir demeurer aux côté de Ranrek. Cela relevait probablement d'un égoïsme affirmé. Mais je l'assumais. Je n'étais pas sûre de ce qu'il pouvait représenter pour moi et je doutais fort qu'il ne comprenne ce qu'il pouvait m'apporter, au-delà du confort de ce palais. Cet attachement me paraissait surréaliste, comme tissé par les dieux qui auraient liés nos âmes. Nous traversâmes les différents couloirs qui menaient à ses appartements. Lorsque nous arrivons, l'endroit parait aussi calme et vide qu'il l'était avant mon excursion. Ralentissant mes pas, il me dépasse de quelques foulées et s'arrête sur l'expression que je semble afficher. « Tu veux bien me dire pourquoi tu affiches cette mine contrite ? » M'interpelle-t-il. Je lève mes yeux vers les siens, dubitative, prenant cela comme un reproche. Ce que je pouvais comprendre... Après tout, il y avait des milliers de choses plus graves, plus importantes que mes états d'âme. Les événements de la veille en étaient l'exemple flagrant... « Tu te sens coupable parce que tu crois m’avoir attiré des ennuis ou tu pleures la mort d’un représentant de ton peuple ? » Frémissant d'un frisson lorsqu'il usa des mots "ton peuple" Je croise mes bras et m'assieds sur l'une des chaises qui entouraient la table au plateau de fruits.

Il m'était difficile de savoir ce qu'il avait en tête en posant cette dernière question, mais je ne pouvais pas lui en vouloir de s'enquérir de mon humeur... À vrai dire, c'était un mélange que je peinais à me décrire moi-même. Beaucoup de choses avaient changées pour moi en l'espace de ces trois jours. « Je crains que ma présence ici ne soit pas bien perçue... et... je fis une moue plus que gênée, désolée. Je n'aimerais pas que cela vous cause le moindre problème. » La façon dont j'avais été dévisagée lors du bal des représentants m'avait clairement fait comprendre que je ne faisais pas partie de ce monde et que je n'étais pas prête d'y avoir une place. Une Gorkienne de la forêt profonde échangeant quelques mots avec le dictateur de Sezni... Si la conversation avait duré une seule seconde de plus, j'aurais probablement succombé de honte. La proximité de Ranrek avait beau m'avoir rassurée, ça n'avait rien changé à l'incongruité de la situation. « Le... ce qui s'est passé, prononçai-je en éludant l'explicitation de tout synonyme se rattachant au meurtre, je ne comprends pas... comment peut-on faire un tel acte ? » Mon regard incrédule et interrogateur vint heurter Ranrek quelques instants avant que je ne me détourne de ses yeux. « Il n'avait sûrement rien fait qui pourrait mériter un tel traitement, personne ne mérite un tel traitement. Personne... » Tuer était sûrement le plus abjecte de tous les actes. Et pourtant, j'avais de tristes et douloureux éléments de comparaison. « J'ai... j'ai grandi à Gorka, de parents Terre. Peut-être que les Terre habitants à Lucrezia sont différents de ceux qui vivent à Gorka. Mais sans rien connaître des affaires qui se trament, je sais que cet homme ne pouvait mériter cette tragédie... » Les Terre devaient être les parfaits bouc-émissaires pour les autres éléments. Je ne connaissais que trop peu les Air pour savoir si les rumeurs disaient vraies. Mais les seules personnes qui, à mon sens, étaient capables de telles ignominies, étaient les Feu. Ce jugement hâtif et totalement dénué de la moindre preuve, je le devais certainement à cette aversion que ce peuple m'évoquait malgré ma rencontre avec Ranrek. Il n'était pas... Feu. En tout cas, pas à mes yeux.

Me mordillant les lèvres et triturant mes doigts qui s'emmêlent dans mes mains liées reposant sur mes cuisses, je n'avais pas l'intention de tourner autour du pot. Comprenant que Ranrek pouvait avoir été vexé de l'omission de mon appartenance à la Terre, je me sentais nigaude d'avoir tenté de ne rien lui en dire... L'émulsion des prestations du bal m'avait distraite et cette admiration passagère m'avait empêché de mesurer mes mots, de les réfléchir. J'aurais aimé que Ranrek apprenne mon affiliation à Tarlyn autrement... Encore plus honteuse, j'avais l'impression de lui devoir de lourdes excuses. Cessant le mouvement nerveux de mes doigts s'entrelaçant inlassablement, je portai lentement et discrètement ma main gauche sur mon avant-bras droit. « Je suis désolée de vous avoir laissé penser que j'étais... exempte. » Mon regard fuyait toujours le sien. La seule envie que j'avais se résumait à un arbre, le plus feuillu possible, où je pourrais me percher et ne jamais plus avoir à en redescendre tant je me sentais imbécile de ne pas avoir été plus franche avec celui qui, pourtant, était prêt à tout m'accorder. Mais au lieu de me renfermer et de poursuivre dans cette fuite que je m'échinerais alors à entretenir, je rassemblai mes moyens et me montrai sincère. « Être exempte m'a toujours effrayée. Je ne crois pas en la Cérémonie et je ne pensais pas avoir d'affinité particulière avec la Terre. Quand finalement, cette marque est apparue, je n'ai eu que quelques jours pour en profiter avant que... » Ma tête se baissa un peu plus alors que j'inspirai et expirai longuement pour me donner cet élan de courage, cet effort qu'il me fallait faire pour me livrer. « Quand il m'a... brûlée... j'ai cru que cette marque avait été effacée. Tellement abattue par ce calvaire que je vivais... j'en étais venue à croire que Tarlyn m'avait finalement abandonnée... Et face aux habitants de Lucrezia, vu mon état, j'ai rapidement compris qu'à leurs yeux, quoi que je dise, il était plus simple de me penser exempte et de me traiter comme telle. » Mon expression avait beau être lourde de tristesse, aucune larme ne semblait apparaître. Regardant mon bienfaiteur, j'avais, au travers de cette affliction, une lueur de détermination traduisant mon envie de sortir de cette asthénie qui s'était accrochée à moi toutes ces années.

Même ce temps passé dans la jungle, où ma survie aurait relevé de l'exploit si je n'avais pas été Terre, n'était parvenu à éveiller en moi ce pouvoir qui pourtant sommeillait. Je ne me sentais pas digne de cette marque, ressassant constamment les mots et les traitements qui m'avaient été infligés. Je n'entrevoyais l'idée que les choses puissent concrètement changées qu'aujourd'hui... Renouant avec la civilisation. J'entrevoyais que le voile posé sur moi se disloque. Que mes peurs se lèvent et m'abandonnent. Cette peur du feu, des Feu, des hommes, de ce monde. Après l'assassina d'un des représentants de la Terre dans ce lieu qui pourtant, devait être le plus sécurisé de tout Oranda après la folie humaine qui a frappé le marché, j'avais toutes les raisons pourtant de me renfermer plus que jamais. Il me faudrait peut-être quelques jours de plus avant de réaliser l'impact que ces événements ont eu sur moi. Mais pour l'heure, je me cloisonnais dans cette bulle d'innocence que j'avais tissé au fil des lunes. Je voulais partager cela avec lui, mais j'ignorais comment m'y prendre... « Peut-être avais-je peur que vous ne me croyez pas si je vous disiez que j'appartenais à la Terre. Je ne veux pas que vous me méjugiez, Ranrek, je... vous m'importez beaucoup... » Avouai-je, hésitante, quittant ses yeux de mon regard. Gênée d'avancer à demi-mot ce qu'il pouvait me faire ressentir. Cela devait sûrement lui paraître stupide et naïf. Mais s'il m'avait ainsi accordé sa confiance et son aide, probablement l'avait-il fait envers d'autres personnes. Il devait probablement être plus à même de comprendre ce que je pouvais ressentir. J'avais cette impression que cela dépassait le simple fait qu'il m'ait aidée. Mais peut-être que c'était là un sentiment habituel et normal. Quand bien même je fusse persuadée que ça pouvait dépasser cela, peut-être me fourvoyais-je et que j'extrapolais ce sentiment de par le fait que j'avais passé trop de temps coupée des autres. Alors le moindre attachement prenait des proportions indécentes... Intérieurement, j'espérais que ce ne soit pas le cas.

@Ranrek Ergorn ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1590 mots


Dernière édition par Eden'El Lumnar le Mar 6 Juin - 10:34, édité 2 fois
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Khorde Ergorn
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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Mar 23 Mai - 5:02

Elle balbutie, confuse, nerveuse peut-être. Elle avance craindre que sa présence au palais ne soit pas bien perçue. Énervé, fatigué et dépassé par les événements, tu voudrais la secouer, lui demander comment elle a pu croire qu’il en irait autrement, mais tu te fais violence pour demeurer impassible. Ta belle amie n’a pas à supporter tes sautes d’humeur. Et puis, si tu te laissais emporter, comment pourrais-tu même prétendre être un homme meilleur que l’est ton frère aîné. Elle a déjà assez souffert sans que tu n’ajoutes une chose aux souvenirs funestes qui doivent hanter ses nuits. Elle craint déjà suffisamment les hommes, et ton peuple, sans que tu n’aies à t’en prendre à elle. Elle affiche une moue à la fois gênée et désolée, affirmant qu’elle ne voudrait pas te causer le moindre problème. Le calme de Karam ce matin t’a surpris. Tu avais cru qu’il hurlerait, qu’il aurait brisé quelque chose, qu’il t’aurait ordonné de te débarrasser de ta protégée… Peut-être se sentait-il finalement aussi désemparé que le reste des représentants face à cette situation. Elle enchaîne : « Le… ce qui s’est passé… je ne comprends pas… comment peut-on faire un tel acte ? » s’insurge-t-elle, croisant ton regard un bref instant avant de détourner ses prunelles qu’elle fixe plutôt dans le vide. Ça t’avait également secoué de voir le corps d’Osrian comme ça, sans vie, sur le sol… mais tu te doutes que ça doit avoir perturbé ta jeune amie bien davantage. L’idée même de mettre fin à une vie semble la remuer jusqu’au plus profond d’elle-même. Comme tous les Terre que tu connaisse. Quant à toi, ça n’était ni la première ni la dernière fois que tu verrais un corps sans vie. Tes fonctions de représentant t’amenaient constamment sur ce genre de scènes macabres. Tu avais encore du mal à t’y faire, même après tant d’années. C’était pire de voir le corps d’une personne qu’on connaissait, qu’on apercevait par sa fenêtre pratiquement tous les jours.

Puis elle s’excuse de t’avoir laissé croire qu’elle était Exempte. Tu secoues la tête. Tu n’avais jamais dit tout haut que la croyais Exempte. Tu l’avais simplement assumé par l’absence de tatouage. Sauf que tu aurais dû te douter qu’il n’en était rien en voyant la brûlure sur son bras. Elle continue, ton cœur se brisant doucement à mesure que ses paroles retentissaient : « Quand il m’a… brûlée… j’ai cru que cette marque avait été effacée. Tellement abattue par ce calvaire que je vivais… j’en étais venue à croire que Tarlyn m’avait finalement abandonnée… Et face aux habitants de Lucrezia, vu mon état, j’ai rapidement compris qu’à leurs yeux, quoi que je dise, il était plus simple de me penser exempte et de me traiter comme telle. » Elle marque une longue pause, te dévisageant, une étrange lueur brûlant dans son regard. « Peut-être avais-je peur que vous ne me croyez pas si je vous disais que j’appartenais à la Terre. Je ne veux pas que vous me méjugiez, Ranrek, je… vous m’importez beaucoup… » Tu soutiens son regard. Tu peux comprendre la détresse qu’elle a dû ressentir. La marque qui ornait le bras d’un Orandien comptait plus que tout. Ceux qui ne possédaient pas de telle marque n’étaient même pas considérés comme de vrais citoyens. Aux yeux du monde, ces gens-là ne valaient pas mieux que des objets aux yeux du commun des mortels. Ils n’étaient là que pour les servir, les divertir et les défouler. On ne réprimandait pas un maître qui battait son esclave. On ne punissait pas un maître qui enlevait la vie à sa propriété. Cet homme qui s’était permis d’enlever sa dignité à cette jolie blonde, même s’il s’était fait prendre, aux yeux des dirigeants, ta jeune amie n’avait pas de pouvoirs. Tu t’en doutais, elle ne devait pas avoir des capacités très puissantes, rien dont elle puisse se servir pour prouver sa maîtrise.

« Ta présence compte beaucoup à mes yeux, Eden’El. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait du bien de penser que tu veux être là, que je peux t’apporter un peu de sécurité, un peu de bien-être. Et chaque fois que je te regarde, chaque fois que je pense à ton visage calme et satiné, je me sens bien. Quand je me retrouve près de toi, j’ai du mal à me contrôler, j’ai du mal à me comprendre moi-même… » Tu prends un longue pause, debout au milieu de la pièce, tes yeux ne quittant pas les siens. « Excuse-moi, mes pensées ne sont pas très claires. J’ai passé la nuit à attendre mon père. Je vais… je vais aller m’allonger un peu. Tu peux venir avec moi, si tu veux… » Tu lui adresses un signe de la tête avant de t’engouffrer dans ta chambre où tu te laisses tomber sur ton lit, fixant le plafond de la pièce pour éviter son regard inquisiteur posé sur toi. « C’est difficile à expliquer. » Tu soupires bruyamment, frottant tes paupières qui chauffent en essayant de reprendre tes esprits. « Si tu savais ce qu’ils pensent de moi… Je n’ai ma place nulle part. Ma famille me voit comme un moins que rien. C’est à peine s’ils me considèrent comme l’un des leurs. Les gens de mon peuple m’abhorrent. Ils détestent tout ceux qui portent le nom Ergorn. Les autres représentants me voient comme l’un des miens. Et ils ne m’apprécient pas. Quand je te regarde, le temps s’arrête. J’ai l’impression d’oublier que je suis Ranrek Ergorn pendant un bref instant. Comme si je pouvais laisser ce nom et mes responsabilités derrière moi le temps d’un petit moment volé. Comme si je pouvais enfin être celui que j’ai toujours voulu être : un homme simple qui cultive ses vignes sur cette terre verte qui s’illumine la nuit… » Tu fermes les yeux, tentant d’imaginer cette terre dont tu rêves depuis tellement longtemps avant de poursuivre : « C’est bien égoïste de ma part. J’ai peur que tu ne sois plus là lorsque je me réveillerai. Parce que les choses n’iront sûrement pas en s’améliorant par ici… Avec ce qui s’est produit hier soir, je devrai forcément beaucoup voyager entre le palais et Inaki dans les prochaines semaines, et je ne veux pas que tu te sentes obligée de rester, et encore moins que tu te sentes obligée de me suivre sous le simple prétexte que ta présence me fait du bien… »

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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Mer 24 Mai - 1:24

Ranrek Ergorn
&
Eden'el Lumnar


Ever dream
Mon regard dans le sien valait sûrement plus que toutes les paroles qu'il aurait pu prononcer à cet instant. J'espérais, au fond de moi, que sans avoir vécu tout cela, il pouvait le comprendre. Comprendre ce sentiment que je ressentais et qui échappait à mon résonnement. Sa position l'amenait peut-être à côtoyer plus d'exempts que je ne le pensais. Ils ne couraient pas les rues, mais pour avoir fait ce qu'il a fait... Acheter dix esclaves... C'est que quelque part, Ranrek se souciait de nous. Il devait être de ces personnes qui ne croyaient guère en la servitude des plus faibles envers les plus forts par nature. Les probabilités que notre rencontre se fasse étaient si minces... Et bien plus que je ne pouvais l'imaginer... Qu'il m'était difficile de ne pas y voir un tour des dieux. Malaggar venait-il, au travers de Ranrek, m'appeler à une réconciliation avec le Feu ? Il n'y avait aucun intérêt à cela, ni à le prétendre. Les dieux étaient au-dessus de ça. Et si je ne vouais que colère envers le Feu, Malaggar me punirait plus qu'il ne viendrait me consoler. Je ne parvenais pas à voir son action au travers des yeux à la fois paisibles et soucieux de Ranrek.

Sa voix me fit ciller, comme une chanson que l'on aime entendre une nouvelle fois. « Ta présence compte beaucoup à mes yeux, Eden’El, m'avoua-t-il. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait du bien de penser que tu veux être là, que je peux t’apporter un peu de sécurité, un peu de bien-être. Et chaque fois que je te regarde, chaque fois que je pense à ton visage calme et satiné, je me sens bien. Quand je me retrouve près de toi, j’ai du mal à me contrôler, j’ai du mal à me comprendre moi-même… » J'ignorais de quel tourment ma présence pouvait le persécuter, mais à ses mots, ceci paraissait être une douce souffrance qu'il préférait à mon absence. Une chaleur inexpliquée m'envahit à ces confidences impétueuses. Moi qui me croyait impertinente à n'évoquer cela qu'à demi-mot, le voir si sûr avait quelque chose de rassurant. Il se tenait droit au centre du salon, sans se dérober à mes yeux qui ne souhaitaient le lâcher pour rien au monde. J'étais bien trop ignorante des sentiments et des âmes pour prétendre savoir ce qu'il éprouvait à mon égard. Si ignorante que je ne savais pas non plus comment décrire ce qu'il me faisait ressentir. Sa présence, au-delà de la sécurité et du réconfort qu'elle m'apportait, provoquait une sensation qui m'était, jusqu'à lors, inconnue. Réprimant cela, je restais prostrée sur mon assise. « Excuse-moi, mes pensées ne sont pas très claires. J’ai passé la nuit à attendre mon père. Je vais… je vais aller m’allonger un peu. Tu peux venir avec moi, si tu veux… » M'intima Ranrek avant de disparaître dans sa chambre. Je n'avais pas réagi de suite, comme si une ou deux secondes de flottement m'avaient tenues éloignées de lui. Sa requête aurait pu paraître incongrue et déplacée, mais devais-je mettre cela sur le compte de mon innocence ? Je n'y voyais rien de réellement déplacé. Souhaitant profiter de sa présence le temps qu'il m'accorderait avant de s'engouffrer dans un sommeil profond sur lequel je désirais veiller.

Reprenant mes esprits, je traversai le salon d'une allure vive alors que de mes pas n'aurait pu s'entendre que le mouvement de l'air que mes jambes traçaient, comme si j'avais volé aux félins le bruit de leurs pas si silencieux. Ralentissant une fois dans la chambre, je fermai avec délicatesse la porte derrière moi, restant adossée à celle-ci quelques instants alors qu'il s'était. Ranrek avait l'air exténué, à bout de force. S'il avait veillé toute la nuit durant, cela pouvait aisément s'expliquer. Vu l'émeute du marché et la mort de ce noble Terre, il ne devait pas être le seul à avoir veillé cette nuit-là... Je culpabilisai un instant de ne pas avoir partagé ce poids, avant de penser que je ne pouvais rien faire pour l'aider. Nous n'étions pas du même monde... Je n'avais qu'à gérer l'impact que ces atrocités avaient sur moi. Lui devait penser à l'impact que ces massacres auraient sur sa famille, l'entente des représentants, des régions... Il m'était impossible de comprendre l'ampleur de son fardeau.

Et pourtant, je voulais essayer - à ma hauteur - de le soutenir. « C’est difficile à expliquer. » Me détachant de la porte, j'allai fermer les rideaux, plongeant ainsi la chambre dans une obscurité se prêtant bien plus au repos dont il avait besoin. Ranrek devait avoir les épaules pour gérer tout cela, mais il restait un être humain. Il semblait si émotionnel, si attaché aux autres... Si... vivant... Peut-être que cet attachement qu'il paraissait ressentir pour moi n'était pour lui qu'une routine. Que son cœur était si grand qu'à son échelle, je n'étais qu'un visage de plus qu'il avait aidé. Mais ceci ne changeait rien à mes yeux. Si ma vie serait de le servir jusqu'à la fin de la sienne, alors je le ferais avec le plus grand des bonheurs. Parce qu'un homme avec une telle bonté, une telle bienveillance, méritait l'amour des autres et de pouvoir choisir sa façon d'être heureux. La pression sociale lui avait arraché ce qu'il avait de plus cher en ce monde. Jamais personne ne saurait le remplacer ; ni sa famille, ni ses amis, ni moi, ni personne. Une femme qu'il paraît encore aimer plus que tout et cet enfant qu'il aimait avant même qu'il ait un visage... Ranrek était définitivement l’antonyme de tout ce que je pouvais penser des Feu. Ses gestes et son expiration longue, bruyantes, sonnaient comme des signaux d'alerte. J'arrivai à la hauteur de son lit et, de gestes lents, je me permis de m'asseoir au bord de celui-ci. Ma main n'était qu'à quelques maigres centimètres de son bras. Cette proximité devrait me gêner, m'embarrasser. Quand bien même nous eûmes été plus proches déjà, les circonstances étaient bien différentes. Son esprit restait embrumé par la fatigue, mais le mien était bien plus lucide que la dernière fois où il avait chassé mes démons. J'étais partagée entre l'impression indélicate de ne pas être à ma place et celle de vouloir me blottir contre lui... Bien téméraire pour une chose que je connaissais si peu, pour un homme que je pensais connaître, mais dont la présence éveillait ce bien-être indescriptible qui me poussait à vouloir me rapprocher, encore...

« Si tu savais ce qu’ils pensent de moi… prononcèrent ses lèvres dont la voix se faisait plus douce, annonçant son sommeil imminent. Je n’ai ma place nulle part. Ma famille me voit comme un moins que rien. C’est à peine s’ils me considèrent comme l’un des leurs. Les gens de mon peuple m’abhorrent. Ils détestent tout ceux qui portent le nom Ergorn. » Cet instant de révélations m'interloqua. Mais je restai silencieuse. Ranrek avait certainement besoin de se confier, confier ce mal-être qui paraissait l'étreindre. « Les autres représentants me voient comme l’un des miens. Et ils ne m’apprécient pas. Quand je te regarde, le temps s’arrête. J’ai l’impression d’oublier que je suis Ranrek Ergorn pendant un bref instant. Comme si je pouvais laisser ce nom et mes responsabilités derrière moi le temps d’un petit moment volé. Comme si je pouvais enfin être celui que j’ai toujours voulu être : un homme simple qui cultive ses vignes sur cette terre verte qui s’illumine la nuit… » Cette pensée me réchauffa le cœur. Au-delà de représenter ce qui - aujourd'hui - lui permet de trouver un peu de lumière dans le paysage si terne et morne qu'il me décrit, je pouvais aisément imaginer ce que pouvait être sa vie. Loin des palais, loin de Lucrezia, loin de la politique, à Gorka... J'aurais aimé lui adresser le plus candide et pieux des sourires, mais il n'y avait qu'une lueur dans mes yeux, laissant mon visage se terrer dans une mélancolie sans nom au souvenir de ma terre natale.

Alors que ses paupières se ferment, je ne le quitte pas des yeux. Comment peut-on s'imaginer ces tourments qui, où qu'il aille, quelque soit la personne vers qui il se tourne, semblent constamment parvenir à prendre forme. Face à certains parce qu'ils le connaissent et le savent différents, face aux autres parce qu'il porte le poids de son nom, et d'autres encore parce qu'ils ne le connaissent guère.

Main main, hésitante, vient se poser avec tendresse sur son bras. Je n'arrangeais pas vraiment les choses... posant ce geste alors que j'étais déjà mal à l'aise... Mais je ressentais une irrémédiable envie de sentir le contact de sa peau. Sa chaleur à lui ne me dérangeait guère. Ni même son souffle alors que d'ordinaire, une simple respiration forte dans ces circonstances m'aurait liquéfiée de peur. « C’est bien égoïste de ma part. J’ai peur que tu ne sois plus là lorsque je me réveillerai. Parce que les choses n’iront sûrement pas en s’améliorant par ici… Avec ce qui s’est produit hier soir, je devrai forcément beaucoup voyager entre le palais et Inaki dans les prochaines semaines, et je ne veux pas que tu te sentes obligée de rester, et encore moins que tu te sentes obligée de me suivre sous le simple prétexte que ta présence me fait du bien… » Une inspiration forte à l'évocation d'Inaki. J'étais incapable ne serait-ce que de penser à remettre les pieds à Sezni... Alors dans sa capitale... Avec le risque de croiser celui qui m'avait tant fait souffrir... Je me ressaisis rapidement. Peu m'importait mon impertinence et mon audace, je m'allongeai à côté de Ranrek. Je ne prenais pas beaucoup de place, et même si une de mes jambes devait m'aider à maintenir l'équilibre pour ne pas tomber, cela n'avait pas la moindre importance. « Je ne souhaite pas partir. En fait... pour rien au monde. Ce qui me rend également égoïste. Ma présence doit vous attirer bien des ennuis... Et après toutes ces années, je devrais probablement tout faire pour retrouver ma famille plutôt que de m'attacher à... vous... » Je tourne mon visage vers le sien, éreinté par la fatigue. « Tout ceci en dépit de ce qui a pu se passer hier. » Regardant à nouveau le plafond, je soupirai. « Je suis sûrement trop ignorante pour comprendre l'ampleur de ce qui peut se passer, mais malgré cela, je veux rester près de vous. Si ma présence à chaque réveil et à chaque couché vous apporte le moindre réconfort, alors je veux vous l'apporter. » Lui confiai-je, presque honteuse de lui avouer cette aspiration. « J'ai passé trop de temps à fuir le monde dans lequel on m'a abandonnée. Trop de fois j'ai préféré fuir plutôt que d'affronter les obstacles et ces fuites n'ont fait qu'aggraver la situation, rencontre après rencontre... Pour une fois depuis que j'ai quitté mon village de Gorka, j'ai l'impression de pouvoir vivre à nouveau, me sentir vivante à nouveau. »

Toutefois, cela ne venait pas sans son "mais".

« Mais si cela demande de me rendre à Inaki... je crains de ne pas pouvoir vous suivre. » Ma voix se fit plus hésitante, plus dure. « J-je n'ai pas un très bon souvenir des quelques jours passés là-bas alors qu'il... comme y cherchant un soutien, je reposai mes yeux sur son visage avant de poursuivre, m’emmenait vers la capitale. Les choses que j'ai vu... m'ont terrifiées. Autant que l'idée même de risquer de me retrouver dans cette région... » Ma voix était basse, le rythme de mes mots plus lent, comme si je les choisissais avec plus de minutie qu'à l’accoutumée. « Peut-être que cette peur s'effacerait si je suis à vos côtés... Mais je crains qu'il ne me faille un peu de temps avant de vous suivre là-bas. » Mon cœur me pinça une fraction de seconde. S'il venait à partir si loin et que je n'étais pas encore prête à franchir le pas ? Il serait aisé de me faire passer pour son esclave ou tout ce qui pouvait assurer ma présence à ses côtés et non une reconduction à la frontière. La seule chose qui bloquait, c'était moi. Paradoxalement, j'avais du mal à concevoir ma présence à Lucrezia sans sa protection. Il est parfois une force en moi qui s'éveille et me permet de faire des choses que je pensais infaisables. Peut-être que le jour où il me demandera de partir, alors je trouverai cette force. Je l'espérais au plus profond de mon être. « Soyez-en sûr : je n'ai pas l'impression d'être un prétexte pour vous. Peu importe la façon dont vous souhaitez m'utiliser, la façon dont vous avez de me regarder ne me fait pas douter un seul instant de la bienveillance qui vous anime à mon égard, Ranrek. » Ma voix devenait peu à peu un murmure. Ma main resserrait délicatement son étreinte sur son bras alors que je venais me blottir contre lui.

@Ranrek Ergorn ☙ #Sanie #Vanka ☙ 2304 mots


Dernière édition par Eden'El Lumnar le Mar 6 Juin - 10:34, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Mar 6 Juin - 3:48

Ton cœur se serre et s’apaise au rythme de sa voix feutrée. Elle ne souhaite partir pour rien au monde, qu’elle te dit. Curieusement, l’entendre affirmer cela agit comme un baume sur ta personne. Parce que depuis l’instant même où elle a posé ses doigts sur la peau sombre de ton bras et t’a demandé de ne pas l’abandonner dans les rues de la cité, tu nourris cette crainte irrationnelle de la voir partir. Ça n’aurait pas dû se passer comme cela… Si tu avais été un véritable Ergorn, tu l’aurais probablement regardée se faire acheter par un de ces hommes sur le marché sans te soucier de son avenir, sans même te demander ce qu’il pouvait advenir d’elle. Mais tu n’étais pas comme eux. On se faisait un devoir de te le rappeler sans cesse. Néanmoins, si tu avais eu une once de respect pour ton titre et pour ta position, tu aurais acheté l’ingénue et lui aurait proposé une position de domestique au palais sans plus; tu l’aurais ramenée avec toi, et tu l’aurais confiée à l’intendant sans tenter d’en apprendre plus, sans jouer avec le feu. Mais tu étais las de devoir constamment faire ce qui était bien pour ta famille. Et depuis qu’Eden’El Lumnar avait posé ses doigts satinés sur ta peau d’ébène, depuis qu’elle avait posé son regard pâle et fatigué sur ton visage, depuis qu’elle s’était adressée à toi pour la première fois de sa voix cristalline, quelque chose avait changé. Tu n’aurais su dire si quelque chose s’était brisé en toi ou si c’était plutôt quelque chose qui était né… mais depuis l’instant même où tu l’avais ramenée dans le palais des Ergorn ce jour-là, tu nourrissais une crainte sourde de la voir partir.

Chaque fois que tu quittes tes appartements, tu l’observes longuement pour tenter d’imprégner son visage dans ta mémoire, de te souvenir de chacun de ses traits au cas où elle ne serait plus là lorsque tu reviendrais. Chaque fois que tu vois l’ombre d’un sourire apparaître sur ses lèvres lorsqu’elle converse avec quelqu’un d’autre que toi, tu ne peux t’empêcher de ressentir une pointe de jalousie en te demandant ce qu’ils peuvent bien se dire. Et malgré tes appréhensions, tu ne peux te résoudre à lui mettre des entraves, à lui dire ce que tu ressens. Aussi, tu la laisses aller et venir à sa guise, observant parfois sa silhouette délicate passer l’enceinte du palais, ses pieds nus foulant le sol poussiéreux de la capitale, te demandant où elle peut bien aller, qui elle peut bien rencontrer, te demandant si elle reviendrait ou si c’était la dernière fois que tu l’apercevais. Et lorsque tu ne peux être à ses côtés pendant un peu trop longtemps, tu te faisais des idées. Tu avais constamment peur pour elle. Peur que son geôlier ne réussisse à la récupérer. Peur qu’elle rencontre une âme charitable qui accepte de la ramener chez elle. Peur qu’elle ne ressente rien en te regardant alors que pour toi, les sentiments qui se combattent dans ton esprit te font lentement perdre la tête. Chaque jour, tu t’efforçais de chasser tes mauvaises pensées et elle finissait toujours par revenir.

La belle continue. Malgré ce qui s’est passé au bal, elle désire rester. Si ce n’est que pour te faire du bien, t’apporter du réconfort, alors elle veut te l’apporter. Sans même poser le regard sur son beau visage, tu sens le rouge monter à ses joues, sa chaleur corporelle fluctuant alors qu’elle s’adresse à toi. « J’ai passé trop de temps à fuir le monde dans lequel on m’a abandonnée. Trop de fois j’ai préféré fuir plutôt que d’affronter les obstacles et ces fuites n’ont fait qu’aggraver la situation, rencontre après rencontre… Tu demeures silencieux, écoutant attentivement les réflexions de ta belle amie. Pour une fois depuis que j’ai quitté mon village de Gorka, j’ai l’impression de pouvoir vivre à nouveau, me sentir vivante à nouveau. » Peut-être est-ce ça que tu ressens également. Les sentiments conflictuels qui te tourmentent depuis plusieurs semaines te donnent l’impression de crever à petit feu, mais peut-être qu’ils te gangrènent parce que tu refuses de leur laisser cours… La blonde parle ensuite d’une voix plus hésitante, précisant qu’elle ne croit pas avoir la force de t’accompagner à Inaki. Tu aimerais la rassurer, lui dire que tu es loin de t’attendre à une telle chose de sa part, surtout en considérant les mauvais souvenirs qui doivent l’habiter. Ses dernières paroles font fondre ton cœur, elles t’envahissent d’une chaleur étrange alors que la jeune femme vient se blottir contre toi. Tu laisses planer le silence quelques instants, savourant le contact de son corps chaud et frêle contre le tien. « Je ne te demanderai pas de m’accompagner à Inaki, Eden. Ni maintenant, ni jamais. Il y aura toujours quelqu’un ici pour assurer ta protection… » Tu ouvres les yeux pour les poser sur son visage, mesurant difficilement les paroles qui veulent sortir de ta bouche. « Je ne veux pas non plus t’utiliser de quelque façon que ce soit. J’aimerais que nous soyons sur un pied d’égalité, que tu partages mes joies et mes peines, que tu partages mes journées… et tes nuits, que tu faillis dire, mais la phrase meurt sur tes lèvres. Et tout ce que je ressens… ça me fait peur… » Tu t’interromps, tes iris quittant son visage pour se reposer sur le plafond de la pièce. Inconsciemment, tu la serres un peu plus fort contre toi, humant le parfum de ses cheveux dorés. « Je me sens comme une tempête. Incontrôlable, indomptable, imprévisible… Je ne me suis senti ainsi qu’à cause de deux autres femmes au cours de toute mon existence. » Tu as envie de lui dire que tu veux laisser libre cours à tes sentiments, et ne plus t’en faire quant aux conséquences, quant au regard que les gens poseront sur toi, que tu veux seulement être heureux. « L’une de ces femmes n’est plus de notre monde, l’autre ne pourra jamais être mienne. Et toi… toi, tu es là… douce, belle, fragile, vulnérable… Si proche, mais en même temps si loin. Et j’ai envie de te toucher, de te faire vibrer, de t’aimer... »

Les mots sont sortis plus vite que tu n’as pu les retenir. Voilà, c’était dit. Tu la désirais. Physiquement et émotionnellement. En l’espace d’un instant, Eden’El avait réussi à entrer dans ta tête et dans ton cœur. Lentement, tu te détaches d’elle. Allongé sur le côté, tu la regardes en silence. De longues minutes passent, mais tu ne ressens pas de malaise. Tu essaies plutôt de sonder ce que ta belle amie ressent. Au bout d’un moment, tes doigts se délient et viennent saisir une boucle que tu fais glisser entre tes jointures. Ta main voyage ensuite vers sa joue que tu caresses doucement avant de s’attarder sur ses lèvres. « Tout ton être m’attire, Eden’El Lumnar. Ta lumière m’obsède. Mais je ne veux pas te toucher si tu crains ma brûlure... »

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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Mer 7 Juin - 0:43

Ranrek Ergorn
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Eden'el Lumnar


Ever dream
Une plénitude paraît nous envelopper alors qu'un silence tendre s'installe entre nous. Les yeux clos, je savourais chaque seconde où il m'était donné d'apprécier son contact. « Je ne te demanderai pas de m’accompagner à Inaki, Eden. Ni maintenant, ni jamais. Il y aura toujours quelqu’un ici pour assurer ta protection… » M'assura-t-il en laissant ses yeux voyager sur les traits de mon visage. L'idée qu'il s'en aille me déplaisait, mais il ne devait pas manquer à ses obligations. Il était dévoué à une cause qu'il rendait juste. Cette différence qui lui vouait le mépris des siens était une valeur incommensurable. Ranrek était un homme de bien faisant passer le bonheur des autres avant le sien. Il avait déjà tant perdu et pourtant, continuait de se battre pour ses valeurs et ceux en quoi il croit. « Je ne veux pas non plus t’utiliser de quelque façon que ce soit. J’aimerais que nous soyons sur un pied d’égalité, que tu partages mes joies et mes peines, que tu partages mes journées… et tout ce que je ressens… ça me fait peur… » Alors que son regard vogue vers le plafond, mes yeux se font interrogateurs. Pourquoi avait-il si peur de ce qu'il ressentait ? Partagée entre la chaleur intense que ses mots me procurait et sa réticence, je restai silencieuse. Appréciant le sentir resserrer son étreinte. Cela semblait éloigner toutes mes craintes, toutes mes appréhensions, pourquoi les siennes s'obstinaient-elles à le troubler ? Sa voix me transportait dans un autre monde. Un monde dans lequel, pour moi, nous étions déjà sur un pied d'égalité. Sur lequel nous n'étions que tous les deux. Sa peur venait-elle de l'incertitude de mes sentiments ? Loin d'être des plus expressives, s'il pensait encore que le quitter était une possibilité à mes yeux, il se fourvoyait. Mais nous n'étions guère dans ce monde que je nous imaginais. Loin de là... alors peut-être que pour une chose qu'il ne me disait pas ou un fait qui m'échappait, sa peur était justifiée. Paradoxalement à ma vulnérabilité, je n'étais pas femme à manquer de courage. La crainte que m'inspiraient les membres de sa famille, cette ville, j'étais prête à l'affronter. Pour lui.

Innocemment, ma main vient se poser sur son torse. Sentir sa peau glisser sous mes doigts curieux m'hypnotisait. « Je me sens comme une tempête. Incontrôlable, indomptable, imprévisible… Je ne me suis senti ainsi qu’à cause de deux autres femmes au cours de toute mon existence. » Alors que ses mots commençaient à m'enivrer, l'évocation de ces femmes me perturba. Ashara ne pourrait jamais quitter ses pensées. Cet amour qu'il me décrivait, ce devait être un amour que l'on ne pouvait vivre qu'une seule fois dans sa vie. Un amour si fort qu'il en venait à nous définir. Était-ce ce que je ressentais pour Ranrek ? Mon manque de moyen de comparaison et le trouble de notre situation m'empêchaient d'avoir une vision objective de ce que j'éprouvais à son égard. Ce qui était sûr, c'était ce qu'il parvenait à éveiller en moi... Une affection toute particulière qui levait une à une les barrières qui constituaient mon seul rempart envers autrui. Mais quoi qu'il puisse en être de mes sentiments envers lui, Ranrek semblait avoir un attachement égal pour une autre que moi. J'aurais pu trouver en cela un réconfort pour lui. Le fait qu'il puisse partager encore ces sentiments apaisants et revigorants malgré la perte de celle qu'il aimait le plus au monde, c'était le moins qu'il méritait : de pouvoir ressentir cette flamme scintiller en son cœur après ce qu'il avait dû endurer... Mais il me coûtait de l'entendre... Peut-être une jalousie mal placée. Le fait est que je n'avais pas vraiment quoi que ce soit à dire. Nous ne nous connaissions que depuis quelques jours. Tout paraissait aller si vite... Comme si nous avions tout deux peur de nous perdre. Après tout, il n'est guère mien, et non sans un amer regret, je ne suis guère sienne...

« L’une de ces femmes n’est plus de notre monde, décrivit-il sans avoir à la nommer pour que je comprenne, l’autre ne pourra jamais être mienne, expliqua Ranrek en me faisant froncer les sourcils - quelle femme pouvait bien être hors de portée d'un représentant ? À moins qu'elle ne soit mariée... Et toi… toi, tu es là… douce, belle, fragile, vulnérable… Si proche, mais en même temps si loin. Et j’ai envie de te toucher, de te faire vibrer, de t’aimer... » Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Je me relevai d'un geste vif mais doux, croisant son regard. Mes yeux semblaient à la fois terrifiés et emplis d'un désir que je m'ignorais. Ma respiration se faisait rapide et une chaleur intense me parcourait l'échine. Mes prunelles scintillaient d'un voile humide non pas causé par de la peine mais par cette émotion forte que ses mots évoquaient. Représentait-il si aisément l'idée qu'un jour je puisse être heureuse ? En tout cas, heureuse, c'était un sentiment que je pensais ressentir à cet instant. Un état que je savais que trop bien éphémère mais dont l'insaisissabilité me forçait à profiter de chaque instant.

Mon esprit était embrumé, trop pour que la moindre parole ne sorte de ma bouche. J'avais l'impression d'être catatonique face à ces déclarations. Il posa sa main sur mon visage, s'arrêtant sur mes lèvres. Essayant d'inspirer longuement, de ne pas laisser ces émotions me faire perdre la tête, je ne m'opposai à aucun de ses gestes. Ranrek redessinait mes lèvres du bout de ses doigts que je me gardai d'embrasser. Chacune de ses caresses me faisait tressaillir de l'intérieur. Je n'imaginais pas possible qu'un jour un homme ne puisse provoquer de tels bouleversements en moi. « Tout ton être m’attire, Eden’El Lumnar, avouait-il, provoquant un frisson hérissant mon corps tout entier. Ta lumière m’obsède. Mais je ne veux pas te toucher si tu crains ma brûlure... » Les frémissements cessèrent et mes yeux se plissèrent, rivés sur les siens. « De ma vie je n'ai connu que le feu destructeur, celui qui terrasse la nature et les êtres, celui qui heurte, qui consume les chairs et suscite la peur... » Je vins poser une main délicate sur sa joue et détaillai de mes iris bleutées le moindre contour de son visage. « Vous rencontrer m'a permis de comprendre que le feu n'était guère tout cela. Celui qui vous anime est celui dont Malaggar se sert pour éveiller en chaque corps l'étincelle de vie que nous, les Terre, nous respectons plus que tout en ce monde. Le feu qui éclaire les âmes égarées en chemin, qui illumine les cœurs perdus dans le brouillard de leurs appréhensions. Celui qui consume de l'intérieur les cœurs ardents de ce désir qui nous anime... » Ma main glisse jusqu'à atteindre la position supposée de son cœur alors que je sens la chaleur de son corps croître autant que la mienne - d'ordinaire aussi froid que l'eau des hauteurs d'Ediel - comprenant l'inéluctable désir qui bouillonnait en moi à cet instant. Ce désir frustré face à cet indéniable fait : je ne savais comment lui apporter ce qu'il recherchait, ce que je voulais sans vraiment le savoir...

Incrédule face aux mots que j'avais osé prononcer, j'observais mes doigts voyager sur le torse de Ranrek. Parcourant le détail des reliefs qu'il arborait. « Jamais je n'ai été aimée, Ranrek... avouai-je avec honte. Les marques qui sillonnent mon corps sont la seule définition qui m'a été donnée de l'amour entre deux êtres... » Les yeux baissés, je me sentais plus à nue que jamais face à lui. Cette crainte que je portais si bien en exil me coûtait bien plus maintenant que je rejoignais la société. Dans la jungle, je ne pouvais guère voir mon corps désirer un être de cette manière. Et malgré la douceur et la prévenance de Ranrek, je ne parvenais pas à être sûre de moi. J'avais beau savoir ce que je souhaitais, je craignais de ne pas parvenir à passer outre les réminiscences de mon passé. Et ce n'était pas à lui d'affronter cela. Je ne voulais pas le rejeter car chaque parcelle de mon être le convoitait. Les sentiments ne pouvaient rester platoniques lorsqu'ils s'avéraient si intenses. Une passion volage ? Un désir profond ? Je n'avais jamais ressenti cela pour quiconque. Je ne voyais les choses de l'amour que comme à travers de mes yeux d'enfants. À me laisser croire que chaque nouvelle naissance ne pouvait être causée que par ce réel amour fort et sincère que pouvaient ressentir un homme et une femme. Qu'une fois que l'on avait trouvé la bonne personnes, tout devenait limpide et facile. Mais malgré mon envie de laisser libre court à ces pulsions naissantes, je craignais d'associer cela au mal qui m'avait été fait auparavant. Ranrek n'avait rien de ce monstre, mais mon appréhension persistait. Un part de moi-même voulait qu'il puisse s'accorder ces instants de plaisir, ces parenthèses salvatrices auprès de quelqu'un qu'il aime. Je doutais trop de moi pour lui donner cela, mais je pouvais peut-être l'aider à obtenir celle qu'il désirait vraiment, celle qui habitait ses pensées avant que je ne m'impose à sa connaissance. Cependant, l'idée même qu'il n'en vienne à apprécier l'étreinte d'une autre femme me serrait le cœur. « Croyez-vous que je pourrais un jour aimer en retour et témoigner de ce désir que je peux ressentir ? » Lui demandai-je, regard à la fois perdu et déterminé. Comme si j'attendais que sa réponse m'insuffle la détermination de passer par-dessus mes craintes ou, au contraire, anéantisse cet espoir naïf que je puisse espérer retrouver un semblant de normalité. Cette étincelle nécessaire pour que je ne me rende pas compte que malgré mes tentatives de remonter la pente, j'étais déjà morte de l'intérieur depuis ces jours sombres où toute mon intégrité m'avait paru voler en éclats.

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Khorde Ergorn
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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Jeu 15 Juin - 6:14

Tu ne pouvais que te rappeler ce jour où ton appartenance au Feu avait finalement été confirmée. Malgré tous tes efforts, tu avais rarement vu autre chose que le feu qui détruit, qui consomme, qui blesse. Toute ta vie, on t’avait répété que les Ergorn étaient Feu. Sauf qu’on ne t’avait jamais vraiment considéré comme un Ergorn. Un peu comme ta sœur aînée, Hetepheres, tu étais un cas à part, un être qu’on tolérait tout au plus. Et encore, tu avais de la chance de pouvoir être une gazelle parmi les lions. Hetepheres n’avait pas eu cette chance. On l’avait plutôt exclue. Et alors qu’on t’affirmait sans cesse que tu serais Feu, comme les autres membres de ta famille, une partie de toi espérait être autre chose. Être plus que ça... Sezni n’était que chaleur et désespoir. Tu aspirais à quelque chose de mieux. La Cérémonie avait déterminé ton destin et avait fixé ton opinion à tout jamais en ce qui concerne les habitants de Sezni. Ton père avait tenu mordicus à ce que tu délaisses le faste et le somptueux pour quelques jours, que tu te joignes aux enfants de la plèbe pour te préparer avec flegme à ces quatre importantes épreuves. Avec les instructeurs, tu t’étais entraîné physiquement et mentalement. Mais surtout, tu t’étais préparé au pire... Parce que tu avais peur. Peur de devoir passer le reste de ta vie parmi les Ergorn, dans le désert du Feu. Peur de devoir décevoir cet homme qui t’avait donné la vie en ne portant pas le Feu comme le reste de ses enfants.

Sous le ciel adamantin de la capitale, le premier jour, tu avais sauté au-dessus du vide entre les toits d’ardoises glissantes des maisons, le regard de ton père pesant sur toi à chaque seconde qui passait comme le regard sévère que posaient les dieux sur leurs esclaves. Tu n’avais pas risqué ta vie. Ç’aurait été inutile. Tu savais que l’Air n’était pas en toi. C’est donc avec indolence que tu avais complété le défi, sans grande conviction, avant d’abandonner au bout de quelques sauts.

Le second jour, tu avais plongé dans le lac. L’eau était froide et trouble malgré le climat tropical de la région centrale, mais tu avais toujours aimé nager. Sous le regard réprobateur de Karam qui ne créditait pas l’amusement, tu avais cherché à récupérer le plus d’objets possible, ramenant à la surface tous ceux que tu parvenais à porter. Tu avais mis près d’une demi-heure avant de finalement te résigner. Et même si tu savais ne pas être Eau, tu t’étais amusé.

Au troisième jour, tu avais avalé ton repas insipide, une boule au travers de la gorge avant d’aller affronter les flammes que tu ne fais qu’abhorrer aujourd’hui; ces mêmes flammes que maîtrisaient ton père, Khorde et Nove. Ça te hanterait jusque dans le repos éternel... tu avais réussi l’épreuve sans le moindre effort.

Le quatrième jour, alors que tu luttais encore pour te faire à l’idée que tu portais réellement le Feu, tu avais eu du mal à compléter l’épreuve de la Terre. Ce qui s’est passé à l’issu de cette épreuve, lorsqu’un père Feu s’en est pris à sa fille qui ne portait aucun Don sur la Grand Place où il l’avait brûlée vive, ça avait scellé le destin des Feu dans ton cœur à tout jamais. Tu ne pourrais jamais oublier les cris de cette jeune fille aux cheveux sombres et à la peau maure qui se tordait de douleur dans le brasier qui dévorait sa chair et son sang. Tu garderais toujours une peur de la puissance qui sommeillait en toi après ce jour. Jamais tu n’avais pu embrasser ton élément.
Peut-être que c’était cela qui faisait de toi cet être qui changeait le regard d’Eden’El...

Tu admires la nitescence de ses iris alors qu’elle détaille les contours de ton visage. Avec le temps, tu avais rencontré plusieurs individus – comme Kara, Jynn et Lyntha – qui t’avaient fait comprendre que le Feu, usé par des essences pures et bien intentionnées, pouvait être bénéfique. Tu ne peux t’empêcher d’esquisser l’ombre d’un sourire lorsqu’elle parle de la lueur qui guide les âmes égarées; il s’agissait là d’un argument utilisé par les extrémistes pour attirer les plus faibles dans leurs rangs. Tu avais déjà entendu Sven dire quelque chose du genre. La pression de ses doigts sur ton cœur te sort de tes pensées. Son toucher te trouble. Chaque fois qu’elle s’approche, tu sens ton cœur se contracter. C’est à la fois plaisant et douloureux. Elle te fait ressentir un inconfort étrange. Insolite du fait qu’il n’a rien de pénible. Un inconfort gênant du fait qu’il te faisait sentir quelque chose que tu n’arrivais pas à comprendre. La belle blonde éveillait un désir charnel incommensurable en toi.

Sa voix perce le silence et éteint ton émoi. « Jamais je n’ai été aimée, Ranrek... Les marques qui sillonnent mon corps sont la seule définition qui m’a été donnée de l’amour entre deux êtres... » Elle se tait un instant, troublée par la révélation qu’elle vient de mettre à jour. Tu aurais aimé lui dire que l’amour était tout autre. Que l’amour entre deux personnes ne connaissait pas de souffrance. Qu’il était sans condition. Qu’il enveloppait de douceur et de fièvre. Mais tu ne dis rien. Ça ne servirait à rien. Ta belle amie sait qu’elle n’a pas vécu d’amour véritable. Elle sait que ce que son geôlier lui a fait subir, son obsession pour sa personne n’avait rien de sain. « Croyez-vous que je pourrai un jour aimer en retour et témoigner de ce désir que je peux ressentir ? » demande-t-elle soudainement, son regard nébuleux pointé sur le tien.

L’air hagard, tu cherches tes mots. « Je pense que seuls le temps et la volonté guériront les blessures qui affligent ton âme, que tu déclares à brûle-pourpoint. En toute honnêteté, je ne pense pas que qui que ce soit puisse apaiser tes craintes. Et même si je crois que le contact que nous avons en ce moment prouve que tu es dans la bonne voie, je ne crois pas pouvoir te reconstruire par la force des sentiments que j’ai pour toi. » Malgré ta haine envers ton peuple, tu as toujours adoré ton dieu avec ferveur. Et tu sais que Malaggar devait avoir mis cette jeune femme blessée sur ton chemin pour une raison bien précise. Elle avait besoin de toi. Et tu avais besoin d’elle. Depuis que tu avais perdu Ashara, tu n’étais jamais parvenu à aimer véritablement une autre femme. Sauf Kara. Mais ça, c’était une autre histoire. En quinze ans, tu t’étais seulement contenté de filles de joie et d’aventures sans conséquence sans jamais laisser tes sentiments se mettre de la partie. C’était différent avec elle. Eden avait réveillé en toi quelque chose que tu avais cru mort depuis longtemps. Une bonté, une fascination et une bienveillance irréfléchis qui te poussaient à vouloir la garder tout près de toi, à vouloir la protéger envers et contre tous.

Tu observes son visage calme un instant avant de soupirer. « Oh bon sang... mais qu’est-ce que tu me fais ? Tu ricanes en frottant tes yeux de la main qui n’enlace pas son corps frêle. Au point où on en est, toi et moi allongés dans mon lit, j’aimerais bien que tu me tutoie. Je suis content que tu voies en moi une autre facette des enfants du Feu. » Impulsivement, tu plaques un baiser sur ton front avant de poser ton menton sur ses cheveux, les bras enserrés autour d’elle avec plus de tendresse que tu ne l’as jamais fait pour qui que ce soit depuis très longtemps. « Je pense que je t’ai dans la peau, Eden. Je vais avoir du mal à te laisser partir. » Tu marques un instant de silence avant de lui demander brusquement : « Tu faisais quel niveau dans la maîtrise de ton Don avant qu’on ne retire ta marque ? Je crois que tu pourrais récupérer la marque de Tarlyn si tu réussis à passer le niveau suivant... Si nos capacités sont autant liées à notre état psychologique que ce qu’on m’a enseigné, peut-être qu’on pourrait essayer de travailler là-dessus, toi et moi ? Les Dons des autres peuples me fascinent depuis toujours... »

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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Ven 16 Juin - 14:47

Ranrek Ergorn
&
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Ever dream
La façon dont il me regardait m'envoûtait. Un regard qui n'avait rien de menaçant. Il n'était pas triste, ni hautain ou méprisant. Ranrek paraissait ne voir que mon cœur, mon âme. Indépendamment de ma marque ou de la sienne. Aurais-je été exempte que ceci n'aurait rien changé à ce regard... Cela m'enveloppait d'un sentiment de sécurité et de confiance. Je lâchais prise à mesure que je restais à ses côtés. Cessant de douter, de me méfier, de craindre. Je n'étais pas des plus détendues, c'est un fait. Mais je me savais en marche vers une possible rédemption. Un chemin à traverser en sa compagnie pour me retrouver.

Mes confessions me surprennent moi-même. Quelque peu gênée de confier mes pensées les plus intimes. Je ne devrais pas faire cela. Me livrer ainsi... Pourtant, c'est tout ce qu'il m'inspirait : l'honnêteté et la franchise, sans craindre les répercussions. Même si certaines pourraient me faire du mal, je sentais qu'à ses côtés, je pourrais prendre sur moi. Être forte. « Je pense que seuls le temps et la volonté guériront les blessures qui affligent ton âme. » Le temps... quatre années n'étaient-elles point la preuve que le temps lui-même était impuissant ? Avais-je raison de continuer de croire qu'un jour, comme par enchantement, tout s'évaporerait ? Quatre années... et son visage hantait toujours mes nuits. « En toute honnêteté, je ne pense pas que qui que ce soit puisse apaiser tes craintes. Et même si je crois que le contact que nous avons en ce moment prouve que tu es dans la bonne voie, je ne crois pas pouvoir te reconstruire par la force des sentiments que j’ai pour toi. » Mes joues rougirent tellement que je pouvais les sentir. Il est vrai que notre proximité était très déplacée... Je n'avais osé approché quelqu'un de si près depuis ces jours sombres que j'ai dû traverser. Pourquoi était-ce si différent avec lui ? Peut-être avait-il raison, que ce qu'il ressentait pour moi ne parviendrait pas à me reconstruire. Mais cela m'insufflait une force, ravivait une étincelle que je pensais éteinte à jamais. Indirectement, ils parviendraient sûrement à me reconstruire, j'en étais intimement persuadée. Peut-être à tord...

Un léger silence s'installa alors que nous nous perdions dans le regard l'un de l'autre à détailler nos traits et nos expressions. « Oh bon sang... mais qu’est-ce que tu me fais ? Dit-il en riant doucement. J'enlevai ma main d'un geste vif, regard inquiet, ne comprenant pas ce que j'avais fait de mal. Au point où on en est, toi et moi allongés dans mon lit, j’aimerais bien que tu me tutoie », me dit-il en suscitant mon incompréhension. Au vu de son rang, ne devais-je pas le vouvoyer ? « Désolée... » échappai-je d'une voix faiblarde. Je baissai les yeux, pensant que vu son rang, je ne devais même pas avoir le droit de lui adresser la parole... « Je suis content que tu voies en moi une autre facette des enfants du Feu. » M'affirma Ranrek en venant me déposer un baiser sur mon front. Cela me rassura un instant, avant qu'il ne m'enlace entièrement, son menton posé sur le haut de ma tête. Alors qu'un sentiment d'incertitude m'éprit, la douceur de son étreinte dégagea une vague chaleureuse dans mon mon corps. Je me lovai entre ses bras, abandonnant toute appréhension qui aurait pu subsister concernant les intentions qu'il pouvait avoir à mon égard. « Je pense que je t’ai dans la peau, Eden. Je vais avoir du mal à te laisser partir. » Et moi à quitter tes bras...

Un silence - de bien trop courte durée à mon goût - me laissa savourer cet instant, yeux fermés, m'imprégnant de son odeur et de sa chaleur... « Tu faisais quel niveau dans la maîtrise de ton Don avant qu’on ne retire ta marque ? Je crois que tu pourrais récupérer la marque de Tarlyn si tu réussis à passer le niveau suivant... s'enquit-il soudainement de me conseiller. Si nos capacités sont autant liées à notre état psychologique que ce qu’on m’a enseigné, peut-être qu’on pourrait essayer de travailler là-dessus, toi et moi ? Les Dons des autres peuples me fascinent depuis toujours... » Ouvrant les yeux, je redescendis sur terre. « Avec plaisir. Mais je ne sais pas vraiment où en est mon don... je ne l'ai jamais contrôlé. Il m'arrive parfois de parvenir à sentir la présence d'autres personnes ou animaux. Mais c'est si faible que je sais pas comment cela fonctionne », lui expliquai-je d'une voix incertaine. Je ne nourrissais que peu d'espoirs dans l'idée de parvenir à apprendre à contrôler mon pouvoir et à travailler mon don. Mais si ma marque pouvait croître pour s'affirmer et que l'on ne m'affilie plus aux exempts, ce serait une solution à une bonne partie des problèmes auxquels je devrais de me confronter. Si comme Ranrek le disait, nos capacités dépendaient de notre état d'esprit, alors il pourrait se trouver que je bloquais inconsciemment mon propre pouvoir... Cela ne paraissait pas si extravagant que ça à penser. Après tout, le don que nous avions faisait partie de notre nature intrinsèque. Il en est pour moi un argument qui va à l'encontre de la Cérémonie : je ne considérais pas que les dieux nous choisissaient réellement lors de ces épreuves... On avait tous, dès la naissance, un don en nous.

Sans que nous paraissions nous en rendre compte, le temps poursuivait sa marche. Ranrek devait se reposer... « Peut-être trouverions-nous le temps de voir ce qu'il en est dans les jours prochains », déclarai-je, peu assurée qu'il puisse avoir du temps pour lui avec les récents événements. À contre-cœur, je commençai à me relever légèrement. « Tu devrais te reposer... » Mordillant ma lèvre inférieure, je luttais entre ma raison et mon cœur, entre la sagesse et l'envie. L'envie de rester blottie contre lui, à me bercer au rythme de son souffle lent... Mais si jamais Leanor arrivait, si un domestique venait ou même l'un des membres de sa famille, cela lui causerait sûrement des problèmes. Et à moi également. Mais visiblement, mes sentiments avaient pris le pas sur ma raison. « Penses-tu que je puisse... enfin, si ça ne te dérange pas... pourrais-je rester à dormir avec toi, Ranrek ? » Mes yeux transparaissaient mon inquiétude d'être rejetée et l'impression de caprice que me donnait cette requête.

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Khorde Ergorn
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~#~Sujet: Re: Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ] Dim 25 Juin - 3:46

Ta proposition semble la surprendre. Tu ne mens pas lorsque tu dis que les dons donnés par le Dieux t’ont toujours fasciné. Peut-être que ta sympathie et ton altruisme envers les représentants d’autres peuples prennent en réalité leur source dans cette curiosité qui est tienne... Tu trouves dommage que le commun des mortels trouve aussi peu de temps pour se servir des pouvoirs accordés par leurs dieux. Longtemps tu avais tenté de convaincre Karam qu’un maître aurait dû vous enseigner à maîtriser le Feu à tes frères et toi, mais jamais il n’avait donné son accord. Tu soupçonnais que l’amour-propre et l’orgueil que Sven tirait de son excellente maîtrise du Feu était en cause dans le refus de ton père. Ton vieil ami était depuis longtemps réputé comme étant l’un des maîtres du Feu les plus adroits de sa génération. Voir un de ses serfs engager un mentor pour ses fils, pour les aider à acquérir un meilleur contrôle des flammes qui les habitaient... cela relevait de la trahison. Les politiciens n’ont pas besoin de perfectionner leurs capacités après tout... Pour toi qui craignais les capacités qui t’habitait, tu aurais dû t’être hissé au niveau cinq à ton âge, mais ton manque de pratique et ta peur t’empêchaient de développer tes pouvoirs. Aussi, même si tu ne prenais aucun plaisir à jouer avec le Feu, tu aimais observer les autres élémentaires en harmonie avec leurs dons. Si tu pouvais aider Eden à se sentir en paix avec elle-même, tu le ferais sans aucune hésitation.

Elle lève le regard vers toi, ses grands yeux pâles baignés d’une lueur réconfortante. « Avec plaisir, dit-elle. Mais je ne sais pas vraiment où en est mon don... je ne l’ai jamais contrôlé. Il m’arrive parfois de parvenir à sentir la présence d’autres personnes ou d’animaux. Mais c’est si faible que je ne sais pas comment cela fonctionne. » Sa voix est remplie d’incertitude. Tu vois bien que c’est un sujet que la demoiselle a fréquemment ressassé dans les moments passés dans la solitude. « Peut-être trouverions-nous le temps de voir ce qu’il en est dans les jours prochains, décide-t-elle d’une voix plus assurée. Tu devrais te reposer... » La pointe d’autorité que te ressens dans sa voix t’amuse. Elle hésite à te poser une question, ça se voit par le pli qui se forme dans son front chaque fois qu’elle est pensive. C’était une chose bien étrange pour toi que de faire une telle réflexion alors que tu ne la connaissais que depuis trois ou quatre jours. Tu ne la connaissais que depuis peu et tu avais l’impression de lire en elle comme dans un livre ouvert. Toute sa physionomie te parlait. Les expressions qui passaient dans son visage, les émotions que tu apercevais dans ses yeux, tu la déchiffrais aisément. Et cela te déconcertait. Étrangement, Eden’El Lumnar était parvenir à faire, en l’espace de quelques instants, ce qu’aucune autre femme, pas même Kara, n’avait réussi à faire depuis quinze longues années. En l’espace de quelques regards, un effleurement et quelques mots, elle avait brisé quelque chose à l’intérieur de toi ; elle avait morcelé la paroi dont tu avais couvert ton cœur depuis que même Kara – la seconde femme qui ait le plus compté en cet univers à tes yeux – t’avait repoussé alors que tu ne voulais qu’elle. Sa voix retentit encore une fois entre les murs de pierre de la pièce : « Penses-tu que je puisse... enfin, si ça ne te dérange pas... pourrais-je rester à dormir avec toi, Ranrek ? »

Un sourire te fend le visage devant l’inquiétude qui berce ta belle amie. Tu acquiesces et laisse ta tête retomber sur le matelas. « Oui. Bien sûr que tu peux rester, petite fleur, » que tu souffles. Tu laisses de longues secondes s’écouler avant de te redresser et de la prendre dans tes bras pour la tirer complètement dans le lit et t’adosser aux oreillers, gardant son corps chaud contre le tien, sa tête au creux de ton épaule alors que tu humes discrètement sa chevelure dorée. Un sourire effleure tes lèvres alors que tout ton être est submergé de bonheur. Les yeux clos, tu profites de chaque seconde qui s’écoule malgré ta fatigue, caressant ses cheveux soyeux d’une main douce et avenante, comme elle n’a probablement jamais été touchée auparavant.

Une partie de toi ne peut s’empêcher de s’interroger sur cet être infect qui s’était permis de prendre l’innocence d’une créature aussi pure et bienveillante que l’était Eden’El. Si les dieux envoyaient des gens sur cette terre maudite pour apaiser les âmes égarées et les guider vers la lumière, Eden’El devait faire partie de ces êtres lumineux. Quel genre d’être sombre et noir pouvait oser tacher cette blancheur, tamiser cette lumière ? Curieusement, tu avais tellement perdu foi envers les tiens que tu te surprenais à penser que bien des gens que tu connaissais pouvaient être secrètement détraqués. Le Feu, bien qu’il guide et qu’il réchauffe, faisait plus de mal que les autres éléments. Les Sezniens étaient guidés par des valeurs qui faisaient d’eux de bons guerriers, de bons stratèges, mais ils étaient également égoïstes, avares de puissance et ils ne craignaient pas qui que ce soit. Ils prenaient ce dont ils avaient envie sans se soucier des dommages qu’ils pouvaient causer. Pour ça, tu détestais les Feu. Tous. Sauf Kara.

Tu luttes inconsciemment contre le sommeil qui engourdit tes sens. En berçant doucement ta belle amie, tu te rappelles cette vieille chanson que tu as probablement déjà entendu de la bouche d’une des servantes... cette chanson qui exprime parfaitement comment tu te sens envers Eden’El. Ce désir de l’aider qui te déchire depuis votre rencontre, ce désir de l’aider à guérir du mal causé par un des tiens, par un être malveillant qui avait étouffé sa luminescence. Ton cœur allégé de tes souffrances, réconforté par la présence de ta douce, tu entames la complainte de ta voix légèrement éraillée.

Take my mind
And take my pain
Like an empty bottle takes the rain
And heal, heal, heal, heal...

And take my past
And take my sins
Like an empty sail takes the wind
And heal, heal, heal, heal...

And tell me some things last
And tell me some things last

Take a heart
And take a hand
Like an ocean takes the dirty sand
And heal, heal, hell, heal...

Take my mind
And take my pain
Like an empty bottle takes the rain
And heal, heal, hell, heal...

And tell me some things last


Et lentement, tu finis par sombrer dans le sommeil. Le cœur plus léger qu’il ne l’a été dans les quinze dernières années. Malgré le massacre du marché. Malgré la mort d’Osrian. Malgré les malheurs et la cruauté des Dieux. Tu t’endors, le cœur léger comme une plume portée par le vent soufflé par Jalahiel. Tu t’endors, ton âme bercée paisiblement comme la mer de Glorë berce une barque à la dérive. Tu t’endors, ton cœur nimbé d’une chaleur aussi ardente que le Feu de Malaggar. Dans les bras de la protégée de Tarlyn, tu sombres dans un sommeil sans rêves...

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Fire and smoke
Our flames will devour everything
Until there is nothing left...

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Ever dream ☙ Ranrek [TERMINÉ]
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