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Intrigue n°2
La deuxième intrigue a vu le jour
Pour savoir ce qui va se passer entre les régions, c'est par ici !

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See, feel, draw, act: One verb ✵ Orkem

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~#~Sujet: See, feel, draw, act: One verb ✵ Orkem Ven 5 Mai - 0:54



See, feel, draw, act: One verb
ft. Orkem Vahlaan




Hly'tha faisait partie de la délégation d'Elwyn en visite à Lucrezia pour discuter affaire. Depuis qu'elle avait quitté pour la première fois la cité-reine, il y a déjà sept ans, son univers s'était considérablement élargi. Avant la Cérémonie, elle n'avait jamais quitté son petit monde. Son village natale dans les forêts fluorescentes de Gorka était bien loin maintenant, depuis que la représentant de l'Air l'avait prise sous son aile. En agissant ainsi, elle s'était acquise la loyauté de la très fougueuse Hly'tha. Grâce à elle, la jeune femme avait prit davantage d'assurance et s'était intégré plus rapidement parmi les habitants de Sternen. Elwyn avait même réussi l'impensable d'arriver à canaliser un peu l'impétuosité de sa jeune protégée et à dépasser le stade du jeu dans l'apprentissage de son don de l'air. Hly'tha mettait du cœur à l'ouvrage pour mieux le comprendre et le maîtriser. A force de passer autant de temps aux côtés de la représentante, la jeune femme s'était petit à petit imposer dans son entourage en effectuant les charges, à bien des égards, d'une demoiselle de compagnie, lors de ses déplacements. Hly'tha ne voyait pas cela comme une corvée, car cela lui donnait l'occasion de voyager et de voir de nouveaux horizons, comme jamais elle n'en avait eu la possibilité avant. Le monde était si vaste et il y avait tant à voir. De quoi réveillé la curieuse au fond d'elle, mais aussi de confronter les récits qu'elle avait imaginés sur ces lieux et ses gens du continent qu'elle n'avait pas eu l'opportunité de voir. Par ailleurs, les menus tâches qu'elle effectuait pour Elwyn durant ses déplacements, ne lui prenaient guère de son temps et ne nécessitait pas vraiment de faire des efforts intellectuels énormes. Bien qu'elle n'ait jamais été une élève assidu dans ses études, car trop perdu dans ses rêveries et songes, elle n'en était pas pour autant une ignare et pouvait effectuer correctement les tâches qu'on lui confiait.

Hly'tha voyait ces quelques tâches qu'elle faisait pour la représentante comme un service qu'elle effectuait pour s'acquitter en quelque sorte envers Elwyn de tout ce qu'elle lui apportait. En effet, suivre la représentante incluant de côtoyer son monde, à savoir celui de la politique et ce n'était pas vraiment une chose qui emballait particulièrement la jolie blonde qui ne comprenait rien aux arcanes du pouvoir politique. C'était plus fort qu'elle, mais elle se sentait vite assommé par les discours des politiciens. Ce n'était clairement pas fait pour elle. Pourtant, elle voyait bien comme Elwyn s'épanouissait dans ce qui lui semblait un bourbier sans nom. C'était presque comme si la femme politique effectuait une danse sur une musique que seul les politiciens comprenaient et dans laquelle ils s'engageaient tous, à leur manière. Voir les choses de cette manière, parlait davantage à l'âme créatrice de Hly'tha que leurs discours. Elwyn semblait penser qu'à force de l'accompagner, elle finirait par y prendre goût, mais la jeune femme savait au fond d'elle que cela ne serait pas prêt d'arriver à moins qu'elle devienne quelqu'un d'autre après une amnésie totale de tout ce qu'elle était. Autant dire qu'il y avait des chances proche de zéro que ça se passe comme cela. Le premier jour, elle avait tenu une demi-heure avant que son esprit vogue au vent et qu'elle accorde plus d'attention au vol d'un oiseau derrière la fenêtre, qu'aux paroles des personnes venus rencontrer Elwyn. D'ailleurs, elle se rappelait à peine de ce qu'ils avaient dit. En se forçant bien, elle pensait pouvoir dire que c'était quelque chose à propos de commerce, mais rien de bien moins sûr. Elwyn avait insisté pour qu'elle soit là au second rendez-vous et là, elle avait tenu encore moins de temps et s'était vite mis à griffonner entre les mots qu'elle écrivait qui, à la base, devait être un compte rendu de la rencontre.

C'est pourquoi pour le second rendez-vous, Elwyn l'avait dispensé d'y assister et ce n'était pas pour déplaire à la jeune femme. Hly'tha n'était pas certaine, qu'elle aurait pu tenir plus de cinq minutes pour ce rendez-vous. A la place, elle s'était trouvée un endroit tranquille,  pas trop loin des portes où se trouvaient derrière la représentante de l'air et d'autres personnalités politiques. Là, elle s'était assise avec son carnet à croquis qu'elle traînait toujours avec elle. Hly'tha était une artiste et elle en avait fait son métier. Ce n'était pas la peintre la plus reconnue, mais il lui arrivait de réaliser le portrait de personnes plus ou moins importante : un marchant riche, une très belle femme de bonne famille, une famille qui cherchait à garder leur trace dans le monde… Pour le moment personne de véritablement célèbre. Le style qu'elle utilisait pour ce genre de travail, était plutôt classique et se démarquait simplement par le coup de pinceau. Son vrai talent, elle l'exposait ici même à Lucrezia de manière totalement anonyme et au vu et sus de tous, dans un esprit de galerie sauvage. Là, elle se laissait aller à son imagination et un peu plus d'innovation que ses œuvres « commerciale ». C'était ses instants solitaires avec son carnet à croquis qui lui donnait le terreau nécessaire pour les œuvres qu'elle exposait dans cette petite rue de Lucrezia. Sur les pages, elle capturait au fusain des instants fugaces, des natures mortes, des visages avec du caractère et des paysages… Presque tout ce qui pouvait attirer son œil. Lorsqu'elle se lançait, le monde autour d'elle devenait une page qu'il fallait noircir. Avec le fusain, la technique ce n'est pas de se concentrer sur les formes, mais davantage sur les masses. A bien des égards, on était plus proche de la sculpture que de la peinture. C'est la gomme qui permet de travailler la lumière et le chiffon qui donne la possibilité d'avoir un beau tracé. Depuis qu'elle était capable de dessiner, Hly'tha avait pris l'habitude de toujours avoir sur elle un carnet et le nécessaire immédiat pour ne pas rater une idée. C'était une passion qui lui parlait plus que la politique si chère à Elwyn.

Aux portes de la salle où se trouvaient les représentants politiques, il se tenait certains gardes qui les accompagnait. Ceux qui étaient avec Elwyn, elle les avait déjà vus plusieurs fois et certains de leurs traits avaient déjà été capturés, mais le plus intéressant c'était les autres. Il n'y en avait pas un qui se ressemblait. De loin, ils avaient l'air de gros bras, tout de ferrailles à la mine fermée, mais cela c'était ce qu'ils paraissaient. Aux yeux de Hly'tha, une toute autre image apparaissait. Elle n'était plus devant des gardes de politiciens, mais devant un tout autre type de garde. Pas besoin d'avoir un public pour s'inventer des histoires. Ça c'était une autre de ses spécialités. Autrefois, elle régalait sa jeune sœur de ses contes farfelus et de ses élucubrations insensées. Aujourd'hui, elle avait d'autres personnes pour les écouter, mais elle avait aussi apprit à les transposer sur papier à travers ses œuvres. Son imagination prenait alors un nouveau sens. Elle les contempla un instant et décida de coucher sur le papier à grain, ce qu'elle imaginait, superposant les visages des hommes sur les créatures oniriques qui prenaient forme. Elle s'amusa plus particulièrement avec celui au physique costaud. C'était un véritable amas de muscle, à la mine patibulaire qui semblait figer dans le sol. A ses yeux, il apparaissait comme un géant de pierre veillant sur un trésor à nul autre pareil. La chose semblait prendre vie sur son papier. Certes le trait n'était pas toujours parfait et ce croquis aurai bien besoin d'un peu de travail pour être plus joli. Elle était tellement prise par ce que son imagination semblait mettre sur pied, qu'elle ne se rendit pas compte que la réunion s'était terminé et que ceux qui s'y trouvaient, quittaient la pièce en petit groupe, retrouvant leurs gardes et allant dans leurs directions respectives. Elwyn quant à elle était encore à l'intérieur à revoir les choses avec son copiste. Hly'tha ne voyait pas tout cela, elle était sourde et aveugle à tout, au prise avec son art. Alors qu'elle allait ajouter un dernier détail, une sorte de courant d'air souffla et la feuille sur laquelle elle travaillait lui échappa. Elle s'envola et vint s'écraser contre un homme imposant. Hly'tha s'était levé en hâte pour essayé de rattraper la feuille, mais elle s'arrêta lorsqu'elle vit la feuille arrêter sa course abruptement. Elle dut retenir un petit rire devant l'absurdité de la situation, avant de se ressaisir en apercevant le visage du garde qu'elle avait grimé en géant de pierre, juste à côté de l'homme en question.

C'était un peu une situation malaisante qui s'ouvrait à elle. Qu'allait-il se passer ? Peut-être que le papier lui serait rendu sans que rien ne soit vu et cela resterait une anecdote amusante à transformer et déformer pour en faire une histoire drolatique… ou pas.


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~#~Sujet: Re: See, feel, draw, act: One verb ✵ Orkem Ven 9 Juin - 15:23

Quel plaisir. Se trainer avec Karam Ergorn jusqu’au palais des représentants de Sterenn pour discuter commerce. Du commerce ! Pourquoi Karam avait-il insisté pour qu’Orkem l’accompagne ? Les gardes du représentant de Sezni faisaient très bien leur travail, ce n’était donc pas pour les deux siens que le patriarche Ergorn l’avait fait mander. Ce n’était pas non plus pour ses beaux yeux : quoi que les deux hommes s’estiment mutuellement et entretiennent d’excellentes relations, en tant que conseiller militaire, Orkem Vahlaan n’avait rien à faire dans cette maudite réunion. Cependant, il se rendit bien vite compte que le traité ne portait pas que sur le commerce, mais bel et bien sur la protection des marchands venant livrer leur cargaison aux deux palais. Ah. Il comprenait un peu mieux l’objet de sa présence ici. Il représentait l’armée en l’absence d’un général Seznien sur le sol de Lucrezia. Fort bien.

Accompagné par Dhelm et son acolyte, le premier, bien charpenté, mais sans excès, rapide et précis, le second ressemblant à un tas de muscles dans une boîte métallique ornée, le conseiller s’était donc rendu à travers les rues de la ville jusqu’au palais où Karam et lui-même devaient s’entretenir avec Elwyn Valior. Diable, que la rencontre fut ennuyeuse ! Trois ou huit gardes ? Quelles routes emprunter ? Que faire une fois entrés dans Lucrezia, où la garde municipale n’appréciait pas particulièrement la présence des soldats d’autres nations ? Certes, lorsque l’on s’attardait sur l’image des gardes Sezniens, bien peu étaient du gabarit de Dhelm, tous ressemblaient à des montagnes en armure, sur-armés et prêts à perpétrer un carnage s’il le fallait, aussi la nervosité des soldats de Dahud était compréhensible, voire même totalement justifiable. Mais somme toute, les questions posées durant l’entretien ne le sollicitèrent que quatre ou cinq fois en plus de deux heures et demi de réunion. Ce fut la tête pleine de détails sans intérêts retirés de cet entretien qu’il sortit de la salle pour rejoindre ses hommes, non sans avoir respectueusement salué Karam et Elwyn. Ce n’était pas la première fois qu’il la voyait, mais il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il l’avait déjà croisée par le passé. Cela dit, ayant eu un succès certain auprès des femmes durant ses années à l’armée, il n’était pas impossible qu’il aie eu une ou deux conquêtes avec qui la demoiselle partageait des traits communs.

Mais cette période était loin, bien loin derrière lui, et il était bien heureux de pouvoir enfin se lever alors qu’assis, son armure de cérémonie le gênait particulièrement. Orkem était un homme d’action, politicien, certes, mais il préférait la pratique politique à la théorie commerciale, et par-dessus tout, il aimait la stratégie militaire et l’adrénaline du combat. Mais ce n’était pas à l’ordre du jour, aussi le plaisir fut-il encore plus grand pour le natif de Sezni alors qu’il ouvrait le lourd huis qui lui permettait de sortir de cette salle de réunion décidément trop théoricienne à son goût, laissant le scribe terminer son office…Tandis qu’une feuille volante vint s’écraser sur sa jambière. Il arqua un sourcil et soupira longuement en ramassant la feuille en question . Il pensa tout d’abord qu’elle appartenait au scribe, mais en fut rapidement dissuadé en observant ce qui était inscrit dessus à la mine de plomb. Il soupira doucement et releva la tête vers ses gardes.

- Dhelm.
Le garde s’empressa de venir aux côtés de son employeur sans mot dire, et Orkem lui désigna la feuille. Dhelm était observateur, il avait parfaitement remarqué qu’une jeune femme blonde (au physique d’ailleurs plus qu’avantageux, mais ne nous égarons pas) observait alternativement son collègue puis la feuille en question. Il n’en dit rien, se contentant de sourire, amusé, en fronçant légèrement les sourcils.

- C’est ressemblant.
-Très ressemblant.
- Il le prendrait mal.
- Très mal.
-Il prend tout mal.
- C’est pas faux.

Les deux hommes rirent discrètement tandis que le second garde, ceux de Karam étant partis avec leur maître, restait de marbre, dans une position qui l’empêchait de voir la feuille, planté à son poste comme un chêne dans son sol. Dhelm regarda un instant Vahlaan dans les yeux, avant de lui indiquer d’un regard que l’artiste était derrière sa personne, aussi le conseiller ne se gêna-t’il pas pour regarder par-dessus l’épaule de son employé qui était donc l’auteur( e ) de cette œuvre. Il contourna Dhelm tranquillement et tendit le dessin à sa propriétaire et une fois qu’elle s’en fut saisie, fit une petite révérence à l’attention de celle-ci.

- Voila qui est original, mademoiselle. Orkem Vahlaan, conseiller militaire de Sven Ramose. Puis-je connaître le nom de l’artiste à qui j’ai l’honneur ?
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~#~Sujet: Re: See, feel, draw, act: One verb ✵ Orkem Lun 26 Juin - 23:15



See, feel, draw, act: One verb
ft. Orkem Vahlaan




Il y a des situations où il est facile de s'en sortir par une pirouette. Par exemple, lorsqu'elle débarquait à un endroit où elle ne devait pas être parce qu'elle s'était laissée portée par ses rêveries, il suffisait de lancer un sourire avenant, de baisser les yeux dans une attitude désolée et de sortir des plaisanteries pour échapper aux remontrances. Hly'tha pouvait compter sur son visage angélique pour faire croire à sa bonne foi, alors même qu'elle savait très bien qu'elle n'avait rien à faire là. Certains pourraient y voir une forme de manipulation, mais la jeune femme préférait y voir une astuce bien utilisée. Après tout, elle ne voyait pas le mal qu'il pourrait y avoir à utiliser toutes les possibilités offertes à elle pour échapper à un conflit. Seuls les imbéciles étaient foncièrement honnêtes et elle ne se considérait pas comme tel. Bien entendu, un tel portrait dressé ne jouait pas en sa faveur et on aurait pu croire qu'elle était d'un naturel vil et insensible, mais ce n'était pas le cas. En vérité, elle n'usait de manipulation que pour la ruse et pour se sortir d'un pétrin personnel. Jamais, elle ne l'avait utilisé pour s'approprier une chose (ou sinon trois fois rien qui ne devait certainement pas manqué à son propriétaire originel qui aurait mieux fait d'y accorder plus d'importance) qui n'était pas sienne ou pour exercer le moindre mal. Il y avait des limites à son utilisation et elle respectait quand même un certain code moral. Cependant, il y existe aussi des situations où une pirouette ne suffit pas pour s'échapper d'un mauvais pétrin et il fallait alors faire preuve de plus d'astuces. La situation actuelle n'avait rien de grave. Après tout, ce qu'elle faisait n'était qu'un innocent gribouillage. Alors, certes, elle avait choisi d'en faire une caricature et c'était un style de dessin qui n'a pas toujours la faveur des gens d'autant plus quand c'est eux qu'on a grimé sur le papier. Rien de tout cela n'aurait dû arriver, sans ce courant d'air. A croire que le destin se jouait d'elle en cet instant.

Hly'tha avait bien essayé de rattraper la feuille au vol, en un saut qui avait l'air plus impressionnant dans son esprit que dans la réalité, mais elle avait échoué en beauté. La feuille lui avait échappé et était allé se figer contre un homme imposant. La situation aurait pu être comique si le soldat qu'elle avait représenté en géant de pierre ne se trouvait pas plus loin que l'homme imposant. Il est certain que la situation risquait d'être pour le moins difficile à expliquer. Déjà dans sa tête, elle imaginait mille et un scénarios pour se sortir de ce mauvais pas où il lui faudrait présenter des excuses pour quelque chose qui n'était pas bien grave. A force de fréquenter des gens importants, Hly'tha s'était rendu compte qu'ils avaient principalement tous les mêmes défauts à quelques exceptions près qui méritaient d'être exposés tant il lui semblait à la jeune femme qu'ils étaient une rareté dans le paysage. Ce n'était pas vraiment de leur faute quand on savait que la plupart avait été élevé comme ça, mais pour elle qui avait grandi dans un milieu plus modeste, c'était parfois agaçant de faire attention à ces petites choses. Ainsi les gens qui étaient issus d'un milieu plus important semblaient tous pourvus d'un ego surdimensionné et d'une susceptibilité à toute épreuve qui les rendaient incapable de profiter d'une bonne plaisanterie. Elle se rappelait encore la jeune femme de bonne famille dont elle avait dû faire le portrait et qui n'avait pas apprécié les petites touches personnelles qu'elle avait apporté au tableau. Hly'tha n'aimait pas le conformisme. Elle trouvait qu'il empêchait les gens d'évoluer et cela dans tous les domaines de la vie. Pourtant, elle avait dû se plier aux exigences, car si la créativité et la dérision apportent son lot de fraîcheur, elles ne remplissent malheureusement pas les bourses de pièces sonnantes et trébuchantes qui permettaient à Hly'tha de vivre et de continuer à exercer son métier. Elle avait dû se débrouiller autrement pour exprimer son art et ses petits croquis en faisaient parti. La jeune femme se tendit en attendant de voir ce qu'il allait se passer.

L'homme imposant, ne serait que par sa stature ou même son aura, s'empara de la feuille et y jeta un œil. Elle ne dit rien. Se contentant d'observer avant de réagir. De toute manière que pouvait-elle faire ? Le mal était déjà fait et il faudrait plutôt agir en conséquence de ce que ce dirait. L'homme qu'elle ne connaissait pas (mais ce n'était pas bien difficile dans la capitale où se trouvait tant de monde) prononça le nom d'un autre homme qui semblait s'appeler Dhelm. Un garde sans aucun doute vu ses attires. Hly'tha resta vigilante. Parfois la meilleure action à faire c'est de fuir. Cependant, elle espérait encore pouvoir remettre la main sur la feuille sans provoquer un incident. Elle resta donc silencieuse, comme si cela la faisait paraître invisible et se contenta de dresser l'oreille davantage pour entendre ce que les deux hommes se diraient. Elle ne fut pas déçue. Au départ, le sourire amusé qu'elle vit s'étirer sur les lèvres de celui qui avait récupéré sa feuille la rassura. Quelqu'un qui peut rire d'une caricature est capable de faire preuve de compréhension se dit-elle. Pourtant, les sourcils froncés ce n'est pas un bon signe normalement et le sourire en question en était accompagné. Hly'tha se rapprocha encore un peu et elle entendit distinctement ce qu'ils se dirent tous les deux. Tout d'abord, il semblait louer la ressemblance entre le dessin et le sujet. La jeune femme ne put empêcher le sentiment de fierté de monter en elle. C'est toujours agréable à attendre que son art est reconnu. S'il y avait bien un objet de fierté dont elle ne pouvait se départir c'était la reconnaissance de son talent. Après tout, elle avait des ambitions et celle d'être reconnu comme une grande artiste en faisait partie. Même la peur de produire une tristesse sans nom à sa famille qui la croyait morte, ne pouvait la départir de cette envie folle d'être connu pour son talent de peintre. Le chemin ne serait pas facile, car des artistes peintres, il y en avait bien d'autre, mais Hly'tha ne cessait de progresser et de travailler son art pour se diriger dans cette direction. On pouvait lui reprocher de nombreux défauts, mais personne ne pourrait jamais dire qu'elle n'était pas passionnée ou tenace dans sa décision.

Pourtant, une fois le sujet de la ressemblance passé, il fut question de la réaction du sujet. Là les choses se corsèrent, car elle entendit très distinctement que ce ne serait pas une réaction de joie. Si en plus, il était facilement reconnaissable pour le sujet de s'identifier à ce qu'elle avait dessiné alors nul doute qu'elle allait en prendre pour son grade. D'autant plus qu'à les écouter, il semblait que celui qu'elle avait grimé en géant de pierre était du genre susceptible à tout prendre mal. Pourquoi avait-il fallu que ce coup de vent arrive aujourd'hui et à ce moment précis ? A croire parfois que la vie elle-même voulait se faire une plaisanterie personnelle et qu'elle vous prenait comme cible. Hly'tha jeta à nouveau coup d'œil au soldat (ou garde peu importait sa véritable fonction) qu'elle avait dessiné et ce qu'elle vit lui fit comprendre que ce n'était pas le genre de personne qu'il serait bon de se mettre à dos. Elle soupira et n'entendit pas les deux hommes rirent après avoir parlé de son dessin. C'est ainsi qu'elle ne se rendit pas tout de suite compte que le premier à avoir récupéré la feuille avait contourné le second pour se diriger vers elle et venir lui tendre le dessin. La peintre releva les yeux et prit la feuille machinalement, sans réfléchir alors même qu'il effectuait une courte révérence dans sa direction. Elle était trop stupéfaite pour lui rendre sa révérence et elle ne se rendit compte de cela que lorsqu'elle l'entendit parler. En quelques phrases, elle sût rapidement à qui elle avait affaire. Il se présenta en donnant son nom, sa fonction et aussi pour qui il travaillait. Elle avait devant elle un représentant du peuple du feu. De tous les éléments, le feu était bien celui qui avait une réputation pas forcément positive et c'était l'opinion qu'en avait aussi Hly'tha, résultat de son éducation. La jeune femme ne reprit ses esprits que lorsqu'elle l'entendit lui demander son nom. Elle n'allait pas rester planté comme une potiche plus longtemps, d'autant plus qu'elle avait récupéré son croquis sans grand effort. Serait-elle tombée sur le seul enfant du feu qui pouvait faire preuve d'un peu de considération. Elle fit sa petite courbette en réponse à celle du fameux Orkem Vahlaan, puisque tel était son nom.

« Je vous remercie sieur. J'ai toujours considéré qu'il fallait toujours voir au-delà des apparences pour révéler une autre vérité. Je me nomme Hly'tha Lumnar. » Dit-elle avec un sourire mutin.

Une fois l'appréhension partie, Hly'tha se sentait bien plus à l'aise. Elle avait eu ce qu'elle voulait et maintenant elle n'avait qu'à profiter de cette nouvelle rencontre. Bien qu'elle se soit exprimée avec toute la politesse voulue (elle pouvait remercier Elwyn pour cela), elle n'en restait pas moins très entière avec elle-même et c'est toujours avec beaucoup d'espièglerie et de nonchalance qu'elle agissait. Peu importait qu'elle avait en face d'elle, quelqu'un qui avait un statut social supérieur à elle. A force de suivre Elwyn qui semblait véritablement penser pouvoir l'intéresser un jour à la politique, elle avait fait son lot de rencontre de personnalités importantes. Si au départ, elle avait semblé un peu impressionné, le sentiment était vite passé. Il en fallait un peu plus désormais pour rendre coite la jeune femme. Ainsi, elle ne se retenait pas de poser ses questions et de parler très facilement avec les gens, sans pour autant paraître totalement familière avec eux. Le conseiller Orkem ne fut pas une exception à la règle.

« Je n'ai pu m'empêcher de vous entendre parler avec votre garde… soldat… peu importe véritablement sa fonction. Vous sembliez penser que le dessin était assez ressemblant. Est-ce vraiment votre sentiment ? Est-ce que la transposition métaphorique vous a plu ? » Demanda-t-elle curieuse de connaître son avis.

Après tout, c'était toujours utile d'avoir un avis sur son travail. Une bonne critique peut permettre de s'améliorer. Bien qu'elle portait une grande confiance à son art, elle savait qu'elle avait encore beaucoup à apprendre, car c'est un domaine où l'on pouvait toujours s'améliorer.

CSS par Gaelle
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~#~Sujet: Re: See, feel, draw, act: One verb ✵ Orkem Ven 15 Sep - 1:36

- Je vous remercie sieur. J'ai toujours considéré qu'il fallait toujours voir au-delà des apparences pour révéler une autre vérité. Je me nomme Hly'tha Lumnar. , lui répondit-elle, le faisant instantannément tiquer sur le nom de famille alors que ses yeux d'azur passaient rapidement en revue les traits de la jeune femme en confirmant son impression. Son sourcil arqué ne semblait pas avoir échappé à l'artiste, mais il se dédouana rapidement de la suspicion que ce geste pouvait supposer.

- Vous avez un beau prénom, quoi que fort peu commun, mademoiselle!, reprit-il en souriant légèrement avant qu'elle ne poursuive, un sourire plus tard :

-Je n'ai pu m'empêcher de vous entendre parler avec votre garde… soldat… peu importe véritablement sa fonction. Vous sembliez penser que le dessin était assez ressemblant. Est-ce vraiment votre sentiment ? Est-ce que la transposition métaphorique vous a plu ?, lui demanda-t'elle, plutôt fière d'elle.

S'il y avait bien une chose dans laquelle Orkem était particulièrement doué, si l'on excluait l'art de la guerre et la manipulation, c'était bien ce que certains appelaient "l'humour seznien", souvent très drôle pour celui qui faisait la blague, beaucoup moins pour les autres. C'était ce genre d'humour dont, à en voir la tête de Karam qui avait parfaitement comprit ce que signifiait le changement radical d'attitude du conseiller Vahlaan, qui était passé de "joyeux" à "parfaitement stoïque avec le regard dur comme de la pierre", on se serait parfois bien passé. Orkem ne manqua pas non plus de déceler dans l'attitude d'Elwyn Valior le fait que sa phrase suivante, si Dhelm, dans son coin, ne prenait pas la peine de réprimer (visiblement, difficilement) le sourire qui semblait d'avance vouloir s'installer sur son visage, aurait pu déclencher un véritable incident diplomatique.

- Nous aurions été à Inaki, et vous auriez été Seznienne, je vous aurais faite décapiter pour moins que ça., répondit-il sèchement, foudroyant du regard la jolie blonde qui n'avait rien demandé à personne, sentant la tension entre toutes les parties monter de manière considérable, les gardes Sterenniens se préparant même à l'interpeller, jusqu'à cesser de maintenir le masque de cire qu'il s'était imposé sur son visage jusque là, et d'adresser un sourire amical à la jeune femme en réprimant le rire qui lui montait à la vue de la mine hébétée de celle-ci, tandis qu'il lui adressait un regard désormais calme et amusé alors que Dhelm riait silencieusement derrière, faisant songer à Vahlaan que son garde du corps le connaissait décidément trop bien. Toutes mes excuses, mademoiselle, l'humour Seznien n'est pas toujours très délicat...Plus sérieusement, je manque de temps pour détailler ma pensée, cet après-midi se voit placé sous le signe de la paperasse, mais passez donc dans le quartier sud à l'occasion et demandez à me voir, les gardes vous indiqueront ma porte. Nous avons peut-être un sens de l'humour original, mais nous ne sommes pas non plus aussi méchants que beaucoup ne voudraient le faire croire... d'où le fait que nous nous amusons beaucoup de cette réputation., lui dit-il calmement en lui adressant une révérence polie, chose qu'un noble seznien ne ferait sans doute pas en temps normal à l'adresse d'une femme, qui plus est, non-noble, et non-seznienne en prime! Il se tourna vers Elwyn en réitérant sa révérence, quoi que plus élaborée cette fois. Dame Valior, acceptez également toutes mes excuses pour cette plaisanterie, je ne tiens pas à offenser votre nation ni ses ressortissants, il s'agissait réellement d'une boutade sans arrière-pensée.

Il se redressa doucement en récupérant ses armes, confiées aux gardes à l'entrée avant de rencontrer la dirigeante de Sterenn. Il remit ainsi au harnais à sa ceinture le Khopesh d'acier ouvragé et le kukri qu'il ne quittait qu'en cas de nécessité absolue, sanglant ses fourreaux tout en réfléchissant alors que Karam avait déjà quitté les lieux. Ses informations étaient donc justes : la soeur d'Eden était bien à Lucrezia, au palais des représentants de l'air...Il avait passé trois ans à chercher la moindre information, la moindre piste pour retrouver sa petite poupée blonde, son jouet...et voilà qu'il se retrouvait désormais face à la "pièce détachée" de la petite famille Lumnar. Elle n'avait pas cette innocence, cette pureté, cette jeunesse qu'avait sa petite soeur, mais elle respirait la liberté et le caractère prononcé, deux qualités modérément appréciables pour une femme à Sezni, mais là se trouvait toute la curiosité d'Orkem: ce n'était pas ainsi qu'il voyait les femmes se comporter. La comprendre permettrait sans doute de comprendre en partie sa soeur...et en partie les sterenniens. Voilà qui faisait un lien solide entre les différentes informations qu'il avait pu récolter: Hly'tha était une enfant de Jalahiel, et non de Tarlyn, voilà pourquoi elle avait disparu de sa famille, voilà pourquoi elle s'était faite passer pour morte...Il tenait devant lui un atout de plus pour refermer sur sa proie le piège dans lequel, où qu'elle soit et quoi qu'elle fasse, elle s'empêtrait sans le savoir, petit à petit...

- C'est un style peu académique, et quoi que je m'en sois amusé, je vous avoue ne pas connaître suffisamment le domaine de la caricature pour en juger justement...amoindrir la pression de votre trait pourrait peut-être donner plus de vie au dessin?, suggéra-t"il en finissant de s'enharnacher et en continuant de cogiter silencieusement, Si je peux me faire pardonner ainsi, mademoiselle, d'une part pour ma plaisanterie douteuse, et d'autre part pour mon incapacité à détailler maintenant longuement ma réponse, venez donc dîner chez moi ce soir, nous aurons tout le temps de parler, de cette façon, je ne me couche jamais avant que la lune ne recommence sa lente descente vers l'est!, proposa-t'il d'un ton enjoué, Je vous attendrais dans mon étude, et si vous ne souhaitez pas accepter... eh bien ma foi, mon cuisinier n'aura pas le temps d'être déçu que j'aurais terminé deux assiettes sans aucun mal! Sur ce, mesdames., termina-t'il avec un petit sourire.

Il adressa une nouvelle révérence aux deux femmes et tourna les talons, le pas emboîté à l'instant par ses gardes, l'armure de Shore clinquant à chaque pas. La soeur d'Eden'El...Voilà qui était vraiment beaucoup plus qu'intéressant...et elle n'avait l'air ni désagréable, ni hostile à sa personne, voila qui lui offrait l'appât (ou la récompense) la plus parfaite pour Eden! Mais ce n'était pas pour si tôt, songea-t'il en se dirigeant vers son palais à vive allure, toujours suivi par ses hommes alors qu'il cherchait le moyen le plus efficace de tirer profit de cette nouvelle rencontre en ce qui concernait sa petite merveille enfuie, son esclave auto-affranchie qu'il aurait si tôt fait de retrouver...Il ne s'apperçut même pas qu'il avait passé le perron de sa demeure, perdu dans ses pensées, et, comme un automate habitué à s'y rendre lorsqu'il franchissait la porte de chez lui, Vahlaan entra dans son étude en soupirant longuement. Paperasse, paperasse, et encore paperasse...Vivement le soir-même : il serait rapidement fixé sur l'attitude de la jeune femme...
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~#~Sujet: Re: See, feel, draw, act: One verb ✵ Orkem

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See, feel, draw, act: One verb ✵ Orkem
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