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Intrigue n°2
La deuxième intrigue a vu le jour
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[Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar

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~#~Sujet: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Jeu 4 Mai - 11:36

Hly'tha Lumnar
&
Eden'el Lumnar


The islander
14, sixième lune de l'an 829 ☙ Il faisait beau, la journée fut éprouvante. Pour une enfant de treize ans, ce n'était pas pas de tout repos de travailler la terre. Mais j'aimais ce contact avec la nature, et surtout, avec mon père. Il lui arrivait de fredonner, de chanter pour se donner la force nécessaire à la tâche. « Il faut toujours garder une mélodie à l'esprit, ça t'incite à poursuivre cette chanson jusqu'à ce que ton travail soit accompli. » J'exprimai un éclat de rire qui le fit sourire. Je le prenais au sérieux malgré les idées farfelues qu'il pouvait avoir. On ne dirait pas, mais je crois que Hly'tha tient bien plus de lui qu'on ne pourrait l'imaginer... Cet esprit aiguisé et créatif. S'il y a bien l'un de nos parents qui avait la fibre artistique, c'était notre père, Elröde Lumnar. Il avait beau venir des terres glacées de Vainui, il s'était très bien intégré dans ce village reculé de tout. Assez réservé, il ne parlait pas souvent de son enfance. Disant qu'elle n'avait été qu'un passage obligatoire pour lui, que les personnes avec qui il avait grandit n'étaient pas des personnes très agréables. Ils étaient poussés par l'appât du gain et de la popularité. Loin de ce qui est bon pour un être humain. Vivre ici était bien plus sain, plus reposant, plus vrai de notre réelle nature. « Ta chanson est finie papa ! On rentre ? » M'empressai-je de demander avec un sourire forcé montrant toutes mes dents. « Vas-y Edi, je vous rejoindrai pour le dîner, va rassurer ta mère. » M'accorda-t-il en me gratifiant d'une caresse sur la tête. Je l'enlaçai quelques brèves secondes avec douceur et le quittai. Revenant vers le village et notre maison, j'entendis un bruit dans la forêt qui se tenait à ma droite. Cessant tout mouvement, je cherchai du regard à savoir de quoi il s'agissait. Un animal ? Une personne ? Suspicieuse, je jaugeai la distance qui me séparait de mon père et du village. À mi-chemin entre les deux... Tant pis, j'y vais quand même !

Imprudente mais curieuse, à pas feutrés, j'entrai dans la forêt qui m'avait vu grandir. Chaque arbre paraissait porter un souvenir de mon enfance. Ces cabanes que nous faisait mon père dans les arbres, celles que l'on se fabriquait nous-même et qui menaçaient toujours de tomber au moindre faux pas, les histoires que Hly'tha me racontait alors que nous restions des heures allongées sur les grosses branches des plus hauts conifères... On en avait fait des chutes, eut des bleus et autres contusions. Mais le meilleur moyen d'oublier la douleur et la peur : c'est de remonter ! Notre mère avait toujours des phrases toutes faites pour nous redonner courage. Même quand il s'agissait de faire des bêtises, tant qu'elles restaient bonne enfant et que nous comprenions les dangers que cela comportait, elle nous poussait à aller plus loin, à nous donner à fond et avoir de la persévérance. Alors à ma première grande chute, pleurant toutes mes larmes, elle me tira jusqu'à un arbre et m'ordonna de monter à nouveau. Elle me tenait la taille, je pleurais tellement que ma vue était troublée. Elle me grondait pour que je monte à nouveau sur l'arbre. Je posai mes mains dessus, elle me guidait : à gauche, à droite, tes mains, tes pieds. J'étais petite, si petite que j'avais l'impression d'être montée toute seule ; en vérité elle me tenait si fort qu'elle en profitait pour me faire monter elle-même... Mais une fois sur la branche à laquelle j'avais renoncé après ma chute, mes larmes cessèrent et j'étais l'enfant la plus comblée du monde ! Ces petites victoires, même si elles sont acquises avec l'aide de quelqu'un, restent des victoires. Kiona Thaoren... Réputée dans notre village ! Enfin, tout le monde connaissait tout le monde, mais elle avait gravé le nom Thaoren dans les écorces avec ses facéties ! Tout le monde l'aimait, même si beaucoup peinaient à la supporter. Ils ne se gardaient de lui demander de se taire ou de ne plus bouger parfois, même sa mère, Alhya, notre grand-mère, la freinait par moments, n'étant plus assez jeune pour tenir la cadence ! Cela a toujours fait sourire mon père qui devait être le seul à savoir la mesurer, la tempérer. Leurs deux caractères opposés faisaient leur force.

Me concentrant sur le bruit que j'avais entendu, je m'enfonçais un peu plus dans la forêt qui s'assombrissait. Suspicieuse, Eden'El Lumnar lancée en pleine enquête à travers les bois, un suspens à son comble alors que... Un sursaut, j'entendis le rire de Hly'tha et ses pas se dérober à travers les fougères et les brindilles. Je soupirai, comme si le fait de la savoir cachée dans les bois tout se temps me faisait rouspéter. Mais en vérité, cela n'allait que lancer ce jeu amusant où je tentais de l'attraper. Tentais... Oui parce qu'elle était bien plus vive et sûre de ses pas que moi. Son habileté me faisait paraître godiche et maladroite au possible ! Mais cela n'enlevait rien au jeu. « Hly' ! » Criai-je avec un sourire. « Attends ! » Son rire cristallin résonnait dans la forêt profonde où nous paraissions être seules au monde. J'aimais ce sentiment d'être isolée, avec elle, loin de tout, libérées de toute contrainte. Oh, pour une fille de treize ans et une de bientôt quinze, nous n'étions pas les plus occupées... Notre vie paisible était même l'inverse de l'occupation perpétuelle ! Peut-être que cela aidait Hly'tha à penser à ses histoires farfelues et ses innombrables bêtises qu'elle pouvait faire ! Avec un rien, ma sœur était capable de créer une aventure épique où, deux chevalières au service de la monarchie de Sezni, nous allions combattre l'horrible dragon cracheur de feu que nous matérialisions par les cascades torrentielles. Nos armes, les plus fortes, les plus robustes, étaient généralement les meilleures branches tombées au sol qui se pliaient sous la force de l'eau. De quoi nous rendre pittoresques, mais Hly'tha avait toujours su me faire y croire. Et je voyais nos armures d'acier aux couleurs de notre nation, le tranchant de nos épées et le terrifiant dragon. Si elle avait le don de conter, j'avais le don d'imaginer. De me mettre dans son esprit et de matérialiser ses mots, ses pensées. Nous étions complémentaires.Sans elle, je ne sais pas ce que je deviendrai plus tard... J'aimerai tant que jamais ne nous soyons séparées... vivre toutes les deux dans cette forêt sans rien avoir à demander à personne. Juste elle et moi. Mais dans quelques semaines, moins d'une lune, elle participerait à la Cérémonie. Elle semblait confiante, comme toujours, sûre d'elle, mais moi j'avais peur. Et je pense que Hly'tha cachait ses appréhensions parce qu'elle voyait bien que cela me préoccupait... Je m'approchais d'elle ! Enfin... elle ralentissait sûrement pour me donner l'espoir d'agripper ou même ne serait-ce que d'effleurer son bras encore immaculé de toute marque. « Hly'tha ! » L'appelai-je en riant.

@Hly'tha Lumnar ☙ #Sanie #Vanka


Dernière édition par Eden'El Lumnar le Jeu 18 Mai - 13:39, édité 2 fois
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Sam 6 Mai - 22:56



The Islander
ft. Eden'el Lumnar




Hly'tha savait qu'on était beaucoup plus laxiste avec elle ces derniers temps, car la Cérémonie approchait à grands pas. Ce n'était pas pour lui déplaire, tout enfant aime à savoir qu'il a beaucoup de temps libre devant lui pour faire ce qui lui fait plaisir. Cela ne voulait pas dire qu'on lui laissait quartier libre pour faire ce qu'elle voulait, mais qu'on était un peu moins exigeant à son encontre. Bien qu'elle ne fut en aucun cas, une enfant paresseuse, il était de notoriété publique dans son village qu'elle était une grande rêveuse dont l'esprit volait aux quatre vents. Il suffisait d'un rien pour que son imagination fut réveillée par un bruit ou un son. Elle pouvait changer une situation morne et commune, en une fantastique aventures qui pouvaient mener à bien plus que l'accomplissement des tâches quotidiennes auxquelles elle était assignée. Il lui était si facile de s'imaginer être quelqu'un d'autre, ailleurs. Pourtant, l'endroit où elle avait grandi était un lien charmant, presque enchanteur à bien des égards. C'était un petit village dont la population n'excédait pas la trentaine : tout le monde connaissait tout le monde et on y grandissait comme dans une grande famille. C'était une petite communauté soudée qui se partageaient les différentes tâches inhérentes à la survie de tous. On pratiquait sans mal l'autosuffisance. De plus, on y bénéficiait d'un paysage à couper le souffle. Le village n'était pas très loin de la capitale de la région de Gorka, ce qui permettait à certains qui devaient s'y rendre pour vendre certains produits, plutôt facilement. Il suffisait simplement de quatre jours pour en faire l'aller-retour. Un tel lieu ne pouvait qu'être bon pour éleverdes enfants et il était facile d'imaginer pourquoi certaines personnes de la communautés avait choisi de vivre ici. Hly'tha s'avouait très facilement que c'était un lieu intriguant et fort intéressant. Il n'y paraissait pas forcément aux premiers abords, mais chaque jour apportaient son lot de nouveauté. De plus, elle n'avait jamais de mal à faire d'un petit rien, une grande découverte.

Pourtant, même malgré son attachement à la forêt et la nature environnante, Hly'tha ne pouvait pas non plus se mentir à elle-même. Quelque part, au fond d'elle, il y avait cette petite voix qui lui suggérait qu'il y avait encore tant à voir ailleurs et que le monde qu'elle avait devant elle était bien trop petit pour l'esprit libre qu'elle était. Un jour viendrait où elle finirait par se sentir trop à l'étroit ici. Pourtant, elle n'y pensait pas encore trop. Il était déjà difficile de s'imaginer quitter son foyer pour se rendre à Dahud, dans la cité-reine et d'y passer les épreuves de la Cérémonie. Bien qu'elle tenta de le cacher à tous et plus particulièrement à ses proches, ses parents et sa jeune sœur, elle se posait quelques questions sur l'événement le plus important de tous les habitants innocents du continent, peu importait leur région natale. L'adolescente n'avait pas pu s'empêcher d'essayer de recueillir quelques informations sur la Cérémonie auprès de ceux qui l'avaient vécu. La plupart y repensait avec une certaine nostalgie amusée, mais il y en avait toujours qui ne souhaitait pas s'épancher davantage sur le sujet. Comme en plus on lui laissait un peu plus de temps libre, Hly'tha sentait parfois ses pensées se tourner imperceptiblement et sans qu'elle puisse entièrement le contrôler vers cette idée qu'elle allait bientôt savoir son élément. Bien entendu, tous le monde s'attendait à ce qu'elle se retrouve avec le tatouage du don de la terre, sur son bras. En effet, les réactions étaient rarement ravies quand un enfant ne se révélaient pas posséder le même don que ces parents. Hly'tha savait que son père en était un parfait exemple, puisqu'il avait grandi sur les étendus glacées de Vainui. Il n'en parlait pas beaucoup et même en le pressant de questions, ses filles n'avaient réussi à n'avoir que quelques brides de son passé. Il affirmait ne pas regretter cette existence, se déclarant heureux de vivre dans ce petit endroit reculé de Gorka avec la famille qu'il avait fondée.

Hly'tha n'était pas certaine qu'elle serait capable de penser pareil si à son tour, elle devrait quitter Gorka. Rêvé d'ailleurs, c'était possible, tant qu'elle savait qu'il lui était possible de retrouver le foyer familiale et l'amour de ceux qu'elle chérissait avec autant de sentiments, qu'eux-même en avait pour elle. L'adolescence était volontaire et indépendante, mais cela ne voulait pas dire qu'elle aimait la solitude. Bien au contraire, c'était un véritable animal sociable. Elle chassait vite ses peurs et ses interrogations en s'offrant une nouvelle échappatoire. Plutôt que de ruminer ses sombres pensées à propos de l'avenir, elle préféra se concentrer sur le présent. Au vu de l'avancée du soleil dans le ciel, il était fort à parier que son père et sœur n'allaient pas tarder à rentrer. Hly'tha eut un petit sourire à cette pensée et décida qu'elle ferait bien de les intercepter en chemin. Sa mère et elle étaient en train alors de préparer le souper. Elle lui expliqua son intention et sa mère la laissa partir à la rencontre des deux autres membres de la famille, en lui assurant qu'elle n'avait pas besoin d'elle pour terminer de préparer le repas. Sa mère s'amusait de l'insouciance de ses enfants et de l'amour qu'elles se portaient l'un à l'autre. Hly'tha l'avait suffisamment aidé et elle ne voyait aucun mal à ce que la jeune fille s'en aille. Cela arrangeait bien Hly'tha qui comptait bien surprendre sa jeune sœur. Lorsqu'il s'agissait de jouer ou de faire quelques facéties, on pouvait toujours compter sur Hly'tha. C'était une lame à deux tranchants : d'un côté, on pouvait être certain de bien s'amuser avec elle, mais de l'autre, sa réputation la précédait un peu dans le village et lorsque que quelqu'un était victime d'une toute petit blague, on se tournait vers elle pour savoir si elle était responsable. L'adolescente prenait cela avec humour. Dans une si petite communauté, il était difficile de garder rancune à son prochain. La jeune fille se faufilait avec aisance à travers les arbres. Elle avait presque parfois l'impression de faire un avec toute la nature, qu'elle connaissait presque dans ses moindres recoins, comme la plupart des enfants qui vivaient là.

Il ne lui fut pas difficile de retrouver sa sœur. Elle se décida alors à avoir un rythme plus discret pour ne pas que cette dernière ne la remarque tout de suite. Pourtant, même la plus agile des nymphes ne peut éviter de faire un faux mouvement et Hly'tha marcha sur une branchette morte sur le sol attirant alors le regard de Eden'el vers l'endroit où elle se trouvait. Heureusement, elle arriva facilement à se cacher derrière un gros tronc d'arbre. C'était peut-être mieux ! Ainsi Eden'el serait suffisamment intrigué pour aller dans sa direction. La situation commençait à prendre des allures de jeu et Hly'tha n'était pas le genre de personne à refuser de s'amuser… bien au contraire. Son petit nez sembla même frémir d'excitation à cette idée. Un petit jeu ne pouvait que leur faire du bien avant de dîner. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que cela arriverait. Un petit coup d'oeil, lui permit de se rendre compte que sa sœur avait mordu à l'hameçon et qu'elle avançait dans sa direction avec tout de même un peu de suspicion. Hly'tha devait se retenir de rire en voyant la mine que tirait sa jeune sœur. Elle semblait concentrée, avançant à petit pas feutrés comme si elle ne voulait pas attirer l'attention. Au bout d'un moment, cela fut trop dur de garder son hilarité et elle finit par ne plus la contenir, avant de s'élancer à nouveau juste à temps pour que sa sœur l'aperçoive, mais qu'elle doivent tout de même lui courir après. Son rire servait de lien à sa jeune sœur pour la suivre. Le jeu était lancée. Il suffisait de voir combien de temps Eden'el mettrait pour la rattraper. Hly'tha se fendait entre les arbres avec une facilité acquise avec l'habitude. Ce lieu était leur terrain de jeu et de nombreuses fois, Hly'tha avait entraîné Eden'el dans des quêtes issus de son imagination où il était question de capes et d'épées, de dragons et de prince ensorcelés. Elle entendit sa sœur crier son nom et elle se retourna un instant pour voir si cette dernière la suivait toujours.

« Essaie de m'attraper El ! »  Lui répondit sur le même temps Hly'tha.

Le jeu dura encore quelques instants, mais la jeune fille se décida, à donner une certaine chance à sa sœur. Elle avançait avec assurance, tout en restant en quelque sorte à portée. Il n'y avait aucun intérêt à ce qu'il n'y ait pas une conclusion à leur jeu et il était tout de même plaisant de voir le sourire triomphant de sa sœur lorsqu'elle parvenait à l'attraper. Le plus important ce n'était pas l'issu de la course, mais comment celle-ci se déroulait. Un petit moment d'inattention, fit que sa sœur la rattrapa plus vite qu'elle ne l'avait prévu et elle sentit les doigts de sa sœur effleurer son bras. D'une pirouette, elle évita que sa sœur ne lui attrape le bras, mais c'était plus un coup de chance, qu'autre chose. Sa sœur avait tout de même réussi à la toucher et elle gagnait ainsi le jeu. C'était les règles non officiels. Hly'tha sourit à sa sœur.

« Bravo El ! » Dit-elle avec de l'amusement dans la voix. « Plus rapide que je ne l'aurais cru ! Et non je t'assure que je ne t'ai pas laissé gagner. Tu me connais »  Ajouta-t-elle d'un ton faussement meurtrie. « J'ai vu de la lumière et je me suis laissé distraire... Qu'est-ce que tu penses que cela pourrait être ? »  Lui demanda-t-elle sur le ton de la conspiration.

Une petite idée germait toujours dans l'esprit d'Hly'tha qui ne se laissait jamais de ces jeux. Il lui donnait l'impression de vivre mille existences en une seule et Eden'el était à la fois une excellente partenaire de jeu, mais aussi un public captivé qui se laissait facilement prendre dans ses récits abracadabrantesques. Tant qu'elle ne ressentait pas l'ennui, Hly'tha pouvait tirer une idée jusqu'à ce que la corde de son imagination s'use de trop. Une lumière peut offrir un tas de possibilité. Qui dit lumière… dit spectacle !


CSS par Gaelle
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Dim 7 Mai - 20:21

Hly'tha Lumnar
&
Eden'el Lumnar


The islander
Les rêveries et espiègleries de Hly'tha étaient connues de tous. Elle portait bien souvent à tort les accusations de certaines bêtises faites par d'autres enfants parce qu'elle avait ce regard toujours joueur. Toujours bercé d'une étincelle créative et fourbe. Le visage doux pour des intentions qui portaient toujours sur elle un regard suspect. C'était un esprit libre, Hly'tha. C'est peut-être ce qui attisait le jugement des autres. Le fait qu'elle soit différente. Ce n'était pas une tare, bien loin de là. Ma mère avait toujours sourit devant cet air aventureux. Ses sermons concernant l'ouverture dont on devait faire preuve, ne pas nous cantonner à ce que l'on voyait mais s'ouvrir à tout ce que l'on pouvait être amenées à découvrir. Voir au-delà de l'orée de cette forêt qui nous entourait. Au-delà de ce que l'on nous enseignait. Chercher plus. Hly'tha avait le tempérament qu'il fallait pour chercher plus. Autant ma curiosité était un allié formidable, autant son insouciance et sa vaillance la rendaient intrépide et prête à terrasser les obstacles qui viendraient se mettre en travers de son chemin. C'était un chevalier. Parfois un phœnix. Parfois la nature elle-même. Il suffisait d'un simple mot sortant de sa bouche pour être ce qu'elle souhaitait. Je lui prêtais souvent des pouvoirs magiques : ceux de faire devenir réel ses pensées. De lire à travers ce que nos yeux nous donnaient de voir. Car elle voyait au-delà, Hly'tha. Toujours plus loin, toujours plus fou. Elle s'accordait à une réalité qui dépassait le quotidien. Je l'enviais pour ce don. Mais ce qui me plaisait le plus en cela, c'était d'être entraînée dans ce monde qu'elle voyait. Lorsque nous étions plus que toutes les deux, nous étions dans notre un monde. Un rêve partagé. Ce que l'on y vivait n'avait alors pas de prix.

Une telle complicité me semblait naturelle chez deux enfants d'une même fratrie. N'ayant pas vraiment de moyens de comparaison. Je ne m'immisçais pas dans les histoires des autres familles, pensant qu'au moindre petit secret ou qu'à la moindre parole importante j'en vienne à porter préjudice à qui que ce soit. J'étais assez maladroite socialement et il m'était déjà arrivé de trop en dire. En cela, Hly'tha n'avait rien à craindre : tout le monde savait qu'elle disait ce qu'elle pensait peu importe ce qu'ils en penseraient. Assumant entièrement qui elle était. On ne pouvait qu'attendre d'elle de devenir une grande femme. En tout cas, je l'élevais tellement haut dans l'estime que je la croyais capable de réaliser des miracles ! Que tout était à sa portée. Que jamais rien ne pourrait la terrasser ni l'accabler. Une battante, forte et persévérante que rien n'arrête. C'était mon héroïne, ma sœur. Je la suivais, encore et encore, jonglant entre l'équilibre de mes bras et l'assurance de mes pas. Yeux sur elle, puis au sol, évitant quelques branches à ma hauteur. Je n'avais pas toute l'agilité de Hly'tha, quand bien même nous passions toutes les deux beaucoup de temps dans la forêt. Aussi aiguisée mentalement que physiquement, il m'était parfois difficile de la suivre. Mais jamais elle ne me laissait derrière. Jamais elle ne m'abandonnait. Jamais. « Bravo El ! » Essoufflée, j'étais parvenue à l'effleurée et nous nous étions arrêtées. Posant mes mains sur mes genoux, penchée, je reprenais mon souffle. « Plus rapide que je ne l'aurais cru ! Et non je t'assure que je ne t'ai pas laissé gagner. Tu me connais » Son ton me fit pousser un éclat de rire. Non, bien sûr ! Elle avait beau aimer le jeu, ce n'était pas forcément pour gagner. Peu importait le résultat tant que la compétition restait amusante. Même si... elle gagnait presque tout le temps... Je n'étais pas mauvaise perdante mais j'appréciais que parfois ma sœur me laisse espérer être capable de prendre le dessus !

Nous étions bien trop jeunes et trop naïves pour chercher à forger notre estime de soi à travers ces petites victoires à des jeux qui n'avaient pour règles que nos idées de l'instant. Nous n'y voyons pas d'intérêt. Le seul but de ces turbulences étaient de nous amuser. Cette proximité, cette synergie que nous explorions tous les jours, semblait fasciner nos parents. Enfin surtout notre mère qui était à chaque fois ravie de voir à quel point Hly' et moi étions liées. Ensemble, nous étions invincibles. C'est ce qu'elle nous répétait. Pour nous, cela semblait être une évidence. Comme un accord tacite qui nous liait pour toujours : elle et moi, envers et contre tous, enfin... envers et pour nous seules dans ces rêves partagés. On ne se posait pas la question de pourquoi. À vrai dire, on ne se posait pas beaucoup de questions en générale sur ce lien qui nous unissait. Nous étions sœurs, cela nous suffisait. « J'ai vu de la lumière et je me suis laissée distraire... Qu'est-ce que tu penses que cela pourrait être ? » Me dit-elle, intriguée, suspicieuse. « Où ça ? » Je penchai ma tête vers la direction qu'elle regardait. Plissant les yeux en tentant de voir de quoi elle parlait. Bien des fois ma sœur me faisait des farces, des blagues pas toujours très fines mais auxquelles je me laissais toujours prendre. Ma naïveté était mise à rude épreuve avec elle ! Mais cela me faisait toujours rire. J'étais plutôt bon public, et une farce, même si j'en suis la cible, tant qu'elle est drôle : je la trouve drôle. Loin d'être difficile. « Je ne vois rien, c'est peut-être de l'eau qui scintille à un dernier rayon de soleil... » Ne voyant pas cette lumière à laquelle elle faisait allusion, je m'avance de quelques pas, laissant les brindilles craquer sous le poids de mes pas pourtant lestes, ne soupçonnant même pas l'idée de marcher vers un piège tendu par Hly'tha alors que je la connaissais par cœur...

@Hly'tha Lumnar ☙ #Sanie #Vanka
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Jeu 25 Mai - 1:17



The Islander
ft. Eden'el Lumnar




Il y avait trois choses qui étaient importantes dans la vie de Hly'tha : la force de ses rêves, son indépendance et sa famille. Dans le village qui était le leur, elle aurait dû être comblé, car elle avait en grande partie toutes ces choses. Pourtant, rien n'est jamais définitif dans la vie. Hly'tha n'aimait pas trop s'inquiéter du futur. Oh, elle y pensait ! Encore plus ces derniers temps avec la Cérémonie qui approchait, mais dans le fond, la jeune femme préférait de loin s'intéresser aux choses présentes. Profiter de l'instantané pour mieux vivre, tel était son crédo. Elle s'était à nouveau lancée dans un de ses petits jeux avec sa jeune sœur et elle savait qu'elle pouvait toujours compter sur cette dernière pour la rejoindre dans cette petite course qui avait commencé comme un jeu de cache-cache. Le jeu était un formidable moyen de profiter de la vie et Hly'tha n'en était jamais lasse. Ces petites facéties quotidiennes apportaient un peu de bonheur, jour après jour et même si parfois c'était à double tranchant, elle s'en accommodait plutôt bien. En vérité, la jeune fille doutait rarement d'elle et elle n'allait certainement pas s'arrêter de s'amuser parce qu'on la suspectait de toutes les petites blagues qui avaient lieu dans le village ? Si elle commençait à se rétreindre pour ce genre de choses, combien d'autres activités et amusements pourrait-elle perdre en cours de route ?! Heureusement, pour Hly'tha, son indépendance n'était jamais trop remise en question par ses proches, qui la connaissaient mieux que personne. Peut-être que ces derniers temps, c'était surtout une forme de laxisme, mais elle n'allait pas s'en plaidnre. S'ils pouvaient voir la vérité en elle, alors il n'y avait pas de raison de s'inquiéter. Eden'el ne l'avait pas remarqué tout de suite quand elle était allée à sa rencontre et avait été un peu intrigué, quand Hly'tha s'était caché à sa vue pour maintenir la petite intrigue. Une fois qu'elle avait compris à qui elle avait affaire, le jeu avait été enfin lancé. Cette petite course-poursuite, avait fait monter le rouge aux joues de la blonde et ses cheveux lancés aux vents faisaient des petites boucles rebelles.

Elle aurait pu continuer longtemps, mais elle avait tout de même ralentit le pas pour que Eden'el ne reste pas trop loin d'elle. En effet, elle ne tenait pas tant que cela à la distancer. D'ailleurs, alors qu'elle ralentissait elle s'était laissé distraire par un jeu de lumière. Cela avait permis à sa jeune sœur de la rejoindre. Hly'tha fut amusé par cela et n'hésita pas à la faire savoir à Eden'el. Elle semblait essoufflé, mais cependant, elle ne put retenir un rire quand Hly'tha lui assura qu'elle ne l'avait pas laissé gagner et que l'avoir attrapé était tout à son crédit, bien qu'elle avait été distraire. Le rire de sa jeune sœur était une douce musique. Il n'y avait rien de plus beau que le son de ce rire. Hly'tha aimait vraiment beaucoup Eden'el. Le lien qui l'unissait à sa sœur était si fort ! Autour d'eux, les autres familles avaient aussi des enfants très unis, si bien que ce modèle d'amour fraternel semblait universelle aux yeux de tous les gamins de leur village. Comment auraient-elles pu savoir que ce n'est pas une réalité aux quatre coins du continent ? Il n'y avait pas de frères et sœurs qui se déchiraient là où elles vivaient. Hly'tha était fière de ce lien et elle le voyait contre un bouclier face à toutes horreurs qui pourraient arriver. Ce n'est pas pour rien qu'on leur répondait qu'ensemble elles étaient plus fortes que tout. De plus, dans leur petit village, il était difficile de faire face à des crises. C'était à bien des égards un vrai petit bout de paradis. Dommage que l'endroit lui semblait parfois un peu à l'étroit. Heureusement pour cela, elle avait sa grande imagination, dont elle ne pouvait jamais vérifier la véracité. En parlant d'imagination, elle avait tout de suite parlé de cette lumière qui l'avait distraite. Si au départ, cela n'avait été qu'une curiosité fugitive, Hly'tha, dont l'imagination n'était jamais au repos, avait tout de suite imaginé une nouvelle histoire délirante dans laquelle, sa sœur et elle-même, seraient les héroïnes. Bien sûr, en contrepartie, elle avait oublié qu'elle était au départ venu pour avertir sa Eden'el et son père, qu'ils étaient bientôt temps de manger. Qu'est-ce qu'un repas, face à une grande aventure magique ?

Suspicieuse sa sœur lui demanda où était la lumière. La question la fit sourire. Elle lui montra à nouveau l'endroit. Hly'tha ignorait ce qui faisait que ce petit rayon de lumière faisait là, mais elle  se rappelait avec précision qu'il semblait transpercer les feuilles des arbres et rejoindre la terre meuble.  L'attitude de  Eden'el était tout à fait normal, quand on savait que la sœur aînée s'amusait bien souvent à lui faire croire à des choses improbables.  Par chance, elle était une bonne nature et ne prenait jamais les blagues et facéties à son encontre avec une mauvaise humeur. Au contraire, Eden'el s'en amusait et passait à autre chose. Il ne semblait y avoir en elle aucune rancœur, jamais. Cependant, cette fois-ci il s'agissait bien de quelque chose de réel. Même elle ignorait de quoi il s'agissait. Pourtant, lorsqu'elle regarda à nouveau dans a direction où elle l'avait aperçu, elle ne vit rien. Son sourire se figea et elle fronça les sourcils. Cela ne pouvait pas être un mirage, car le soleil n'était plus aussi haut dans le ciel et il ne faisait pas bien chaud. Rien qui puisse justifier d'un possible maux de tête qui pourrait lui faire voir des choses qui n'étaient pas là. Eden'el avança une hypothèse, mais Hly'tha avait du mal à croire que cela puisse être cette raison. Elle serait fortement déçue si c'était le cas. Elle qui avait déjà échafaudé mille plans dans sa tête qui pourrait faire de cette lumière le début d'une grande aventure, se retrouvait face à la cruelle réalité et elle n'aimait pas cela. La déception la prit de plein fouet. Bien sûr, elle ne resterait pas longtemps boudeuse, car Eden'el s'était approché dans la direction et avançait sans inquiétude. Hly'tha la suivait de très près. Elles avançaient sans regarder au sol et elles ne remarquèrent pas le trou dans lequel elles tombèrent bien entendu. Ce n'était pas un trou très profond. Il était probablement dû à l'érosion et le mouvement des plaques. Hly'tha, qui pourtant était capable de beaucoup de souplesse et de grâce à travers les arbres, ne s'y était absolument pas attendu et elle termina sur les fesses avec peu de panache. Elle remarqua vite que sa sœur n'avait pas fait mieux qu'elle.

« Tu vas bien ? Je n'avais même pas vu ce trou, et toi ? » Demanda-t-elle à Eden'el soucieuse. « Je déteste terminer sur les fesses » Ajouta-t-elle avec une pointe d'humour.

Alors qu'elle allait se relever, elle aperçut à leurs pieds, un minéral. Un objet qui aurait pu tout à fait ne pas être remarqué. Un connaisseur aurait reconnu tout de suite l'incongruité de trouver par ici ce minéral. Cependant, aux yeux de la jeune fille blonde, cela ressemblait à une vilaine pierre transparente, comme elle en avait rarement vu. En vérité, il s'agissait d'un cristal de calcite qu'on trouvait plus facilement dans une mine que dans les forêts de Gorka. En fait, il était tout à fait incongru à cet endroit d'en trouver un, d'autant plus quand on regardait bien, le minéral semblait avoir été taillé grossièrement dans une forme rectangulaire. Ce n'était pas un très bel ouvrage. Hly'tha, curieuse, comme toujours, s'en empara. Elle la tourna entre ses doigts, tout en sentant dans son dos le regard intrigué de sa jeune sœur. Au toucher, la pierre semblait un peu rugueuse, mais pas comme celle qu'on trouvait dans le sol, mais davantage comme celle qu'on pouvait prendre dans les ruisseaux. Hly'tha n'avait jamais vu quelque chose comme cela avant. Elle ignorait même à quoi cela servait. En effet, rien dans sa petite vie bien tranquille ne l'avait amenée à en faire usage. Le cristal de calcite était en fait l'ancêtre de la boussole et permettait grâce à la polarisation de la lumière du soleil, de se repérer. C'était un objet obsolète maintenant, mais autrefois, il était utilisé par de nombreux marchants pour se déplacer. On l'avait vite remplacé par une technologie plus moderne de la boussole aiguille magnétisée, beaucoup plus fiable et plus facile d'utilisation par le gros du peuple. Ce cristal devait être là depuis quelques temps. Nul doute qu'il ne devait plus vraiment manquer à celui qui s'en servait, mais il avait au moins l'utilité d'intéresser les deux jeunes filles, qui ne s'étaient pas attendu à trouver dans un trou, un tel objet. Le minéral était ce qui les avait vraiment attirés dans cette direction. Le rayon furtif que Hly'tha avait aperçu avait été causé par le cristal et sa rencontre avec la lumière du soleil. La jeune femme le tendit à Eden'el pour qu'elle même puisse le tenir dans sa main.

« Qu'est-ce que c'est ? Tu as déjà vu un truc pareil ? Je suis certaine que c'est cela qui faisait de la lumière. » Affirma arbitrairement Hly'tha sans aucune preuve.

En fait ce fut un geste de Eden'el qui vint confirmer l'affirmation de la jeune femme. En effet, quand elle releva le cristal, elles virent au premier abords les irisations au niveau des clivages, puis soudain la lumière sembla passer au travers. Ce n'était pas vraiment quelque chose d'extraordinaire, mais ici, dans ce petit coin tranquille, c'était presque un événement.

« C'est fou ! A quoi ça sert ?! » Fit la jeune fille un brin excité par la découverte, mais aussi de plus en plus curieuse.

Elle avait imaginé que ce petit rayon de lumière serait l'occasion d'inventer une histoire d'aventure, mais elle n'avait pas prévu qu'un objet puisse introduire une véritable aventure, qui n'était pas la construction de son imagination.


CSS par Gaelle


Dernière édition par Hly'tha Lumnar le Lun 5 Juin - 19:38, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Dim 28 Mai - 10:36

Hly'tha Lumnar
&
Eden'el Lumnar


The islander
L'innocence d'un souffle, d'une main tendue vers ce qui se présente à nous. Un air frais qui vient nous enlacer tendrement pour nous inviter à délier ses secrets. Nos yeux d'enfants étaient émerveillés d'un rien. De part ces histoires racontées, ces choses imaginées, mais aussi cet isolement du reste du monde qui nous protéger des mauvais côtés de ce monde qui pourtant, nous entourait. Malgré la dangerosité et la férocités de certaines aventures, nous étions protégées par ce filtre qui nous rappelait que ce n'était pas vrai. Que le mal que l'on ressentait en se chamaillant avec des bâtons pour simuler les épées n'était en rien celui du fer venant trancher notre épiderme. Les égratignures que nous devions supporter étaient loin des blessures que provoquait la violence humaine. La violence n'était, pour ainsi dire, qu'un concept à nos yeux. Hly'tha avait beau avoir quinze ans, elle gardait cette même innocence dans le regard, dans ses gestes, ses mots. Loin d'être capable d'imaginer à quel point la Cérémonie la changerait...

Deux années nous séparaient, et pourtant lorsque nous étions côte à côte, on nous donnait bien plus d'écart. L'instinct meneur et indépendant de Hly'tha tranchait avec mon caractère observateur, discret et suiveur. Cela la rendait plus adulte, d'allure plus responsable - seulement de prime abord, rares étaient les fous capables de la croire réellement responsable et mature vu sa personnalité extravagante et espiègle - et à ses côté, j'avais l'air bien plus timide, encore trop jeune, ayant vu que trop peu de choses - alors que pourtant, j'étais la plus prudente, la plus réfléchie dans nos aventures, protégée quelque part par ces craintes que je pouvais avoir quand l'intrépide Hly'tha ne pensait jamais au pire. Mais mon optimisme inébranlable mais laissait toujours croire que les choses iraient bien, au final. Ma naïveté et l'influence qu'avait ma sœur sur moi n'étaient pas innocents à ces risques que j'étais capable de prendre en sa présence. Ces moments où le danger m'effraie mais où je l'affronte, ça n'avait lieu que lorsqu'elle était près de moi. Son encouragement, son soutien, ne serait-ce en fait que sa présence suffisait à me faire dépasser ces barrières que pourtant la raison souhaitait me poser. Je ne me suis jamais aventurée dans l'inconnu sans l'avoir à mes côtés. Hly'tha était ce petit esprit malicieux qui fait se taire la voix de la sagesse dans mon esprit. Ce duel entre le bien et le mal.

Cette chance que nous avions de pouvoir grandir aussi sereinement, s'épanouir aussi simplement, il nous était impossible de l'apprécier à sa juste valeur. Bien que toutes les journées n'étaient pas sans contrariétés ou réprimandes, nous ne manquions de rien et étions bien traitées. Chose qui n'était pas donné à tout le monde... Comment pouvions-nous le savoir depuis la bulle protectrice dans laquelle nous vivions ?

Nos cheveux virevoltants au gré des brisées et de l'air que nous transportions dans nos foulées, nous restions absorbées par la découverte de cette lumière. Apercevant les reflets, je me dirigeai vers la curiosité intrigante sans me poser de question autre que celle-ci : qu'est-ce ? Le questionnement profond de l'origine de cette lumière se dissipa à la stupeur ressentie lorsque, sous mes pieds, je sentis le sol se dérober. Un trou... Nos cris de surprise laissèrent place à l'interrogation de Hly'tha. « Tu vas bien ? Je n'avais même pas vu ce trou, et toi ? » Je lui intimai d'un geste de la tête que tout allait bien. Tentant de me redresser, j'époussetai ma tunique quand bien même le travail de cette journée l'avait déjà bien salie. « Je déteste terminer sur les fesses », déclara mon aînée en me provoquant un léger éclat de rire. Nous nous relevions lorsque le regard de Hly'tha fut capturé par un minéral laissé là. Le regard happé par l'étrangeté de cette trouvaille, mes yeux s'en voyaient presque illuminés. La pierre mystérieuse accordait des reflets étranges de lumière, laissant entrevoir les nervures qui la composaient. Un rectangle diaphane qui n'était probablement pas laissé là comme par enchantement. La pierre n'était pas naturellement taillée et ce trou me paraissait tout aussi artificiel. La surprise de cette trouvaille entre les mains de Hly'tha, j'observai d'un bref coup d'œil le trou dans lequel nous nous trouvions. Étrange... Ma sœur me tendit la pierre que je pris avec délicatesse. « Qu'est-ce que c'est ? Tu as déjà vu un truc pareil ? Je suis certaine que c'est cela qui faisait de la lumière. » Je haussai les épaules, une moue intriguée. Scrutant notre trouvaille dans tous les sens, je le relevai pour l'observer de dessous. À cet instant, la lumière sembla s'engouffrer dans la pierre et la traverser. Un gémissements de surprise et un sourire émerveillé, j'ajustai la pierre selon le rayon de lumière qu'elle générait.

Le cristal n'avait aucune allure qui le rendait précieux, mais je l'affectionnais particulièrement. Sa clarté, sa transparence, ses clivages qui tracent leur chemin en le traversant, cette faculté à capter la lumière, je trouvais cela fascinant et merveilleux. Presque magique. Notre mère, préceptrice de son état, n'avait de cesse de vouloir séparer science et magie, nous expliquant que la nature était régie par des forces, des énergies qui pouvaient avoir une explication technique. Mais malgré la technique, malgré les calculs et les théorème, je n'avais de cesse que de croire que tout ceci était magique. Les énergies qui dirigent Oranda sont l'essence des dieux. La physique qui nous entoure est un de leurs langages. Bien des secrets restent, beaucoup d’éléments et d'événements échappent à la compréhension des plus grands érudits. Cela trouve tout son sens dans le fait que les dieux ont leurs secrets. Oranda a ses secrets. Et ce genre de petits prodiges sont la preuve que la magie se trouve en toute chose, en toute matière.

« C'est fou ! A quoi ça sert ?! » Une voix douce, pensive et lointaine, je lui répondis : « Je l'ignore, peut-être que si nous écoutions plus assidûment les leçons de maman nous le saurions... Je n'ai jamais entendu parler de ces pierres de lumière... c'est magnifique... » Un instant de silence où nous observâmes le cristal. « Comment ceci a-t-il pu atterrir ici ? Quelqu'un l'aurait perdu ? Jeté là par hasard ? Dans ce trou... On ferait peut-être mieux d'en sortir », ajoutai-je, peu confiante. Peut-être que nous pourrions en savoir plus au village. Bien des légendes voyagent à travers Gorka et peut-être venions-nous de mettre le doigt sur quelque chose... Peut-être que quelqu'un voulait se débarrasser de ce cristal en l'enterrant mais n'a pas eu le temps de remblayer la terre... Un vagabond aurait tout simplement pu tomber de la même façon que nous et le cristal aurait glissé de sa sacoche. Une personne devait chercher cette pierre ou la fuir. Mais pourquoi ? Et dans tous les cas, à quoi cela pouvait-il servir, comme l'avait demandé Hly'tha ? Je ne voyais pas l'intérêt de se promener avec un cristal de cette taille simplement parce qu'il était joli... Sa beauté n'était pas celle, ostentatoire et clinquante, des babioles serties de pierres précieuses ou assorties de couleurs vives. Ce n'était guère un bijou, ça n'avait pas l'air d'avoir une grande valeur... Nous n'avions guère la notion de monnaie et donc d'argent à Gorka. Vivant de troc et d'échanges de services. Cet objet avait donc bien plus de valeur que je ne le pensais, surtout dans la région où pour tout inconnu, c'était là un bon moyen de ne jamais se perdre dans les immenses étendues de forêt.

@Hly'tha Lumnar ☙ #Sanie #Vanka
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Jeu 8 Juin - 0:57



The Islander
ft. Eden'el Lumnar




Parfois Hly'tha espérait que le temps pourrait s'arrêter pour que les jours heureux n'est jamais de fin. Ce n'était pas qu'elle avait vraiment peur de ce qu'il pourrait arriver dans le futur. Elle avait bien quelques inquiétudes vis-à-vis de la Cérémonie, mais ce n'était qu'un événement unique dans une longue vie. Lorsque cette épreuve serait terminée, qu'est-ce qu'il y aurait ? Elle n'y pensait pas toujours, mais parfois la question se soulevait dans son esprit. Ce n'est pas parce qu'on se complaît dans le présent qu'on ne peut pas s'interroger de temps en temps sur le futur. D'autant plus que c'était le sujet de conversation du moment pour tous ceux qui allaient vivre leur Cérémonie. Peu importait le résultat, plus rien ne serait pareil après cela. Après elle ne serait plus vue comme une adolescente, mais comme une jeune adulte. On attendrait alors d'elle qu'elle rentre davantage dans le moule en exerçant un métier et en commençant à travailler pour la société. Hly'tha n'était pas une faignante, mais le travail était moins important à ses yeux que ses rêveries. Elle se voyait mal dans le travail que pouvait exercer son village. A ses yeux, la jeune femme pensait qu'elle finirait par périr d'ennuis et ne plus être capable de faire preuve d'un brin de créativité. Il lui fallait réfléchir à une issue, mais elle n'y prenait pas trop de temps à ressasser ces questionnements qui lui montraient à quel point l'avenir était une chose brumeuse. Dès que cela devenait trop sérieux, elle préférait mettre de loin tout cela et s'occuper l'esprit autrement. En cet instant, alors qu'elle s'amusait follement avec sa jeune sœur, dans les bois qu'elles avaient toujours connus. Toutes ses incertitudes de l'avenir ne la touchait pas. Elle se laissait porter par le jeu et par son imagination débordante. Bien sûr, elle n'avait pas tout à fait envisager de terminer sur les fesses dans un trou qui n'aurait jamais dû se trouver sur son chemin. Une telle ouverture dans la terre n'aurait pas dû lui échapper, mais elle avait été distraite par ce trait de lumière étrange.  

La forêt offrait un panel important d'amusement si on y mettait un peu du sien. Après autant d'année, les deux filles Lumnar et les amis qu'elles pouvaient avoir, en avaient bien entendu fait le tour. Même si l'on retrouvait facilement le même amusement pour une même activité, la plupart des enfants du village avait vite fait le tour. Hly'tha, elle-même, devait avouer qu'elle ne retrouvait pas toujours le même plaisir quand elle avait joué au même jeu plus d'une vingtaine de fois. Ainsi, toute nouveauté était la bienvenue et elle apportait son lot d'intérêt. Il en fallait peu pour la jeune fille. Un rien lui permettait de trouver une nouvelle idée. Ainsi, lorsqu'elle avait aperçu ce rayon de lumière, elle avait tout de suite été détournée de la petite course dans laquelle elle s'était lancée avec Eden'el. Tout le reste n'avait plus eu d'importance. C'était un peu ça le problème. Hly'tha pouvait très bien faire les choses quand elle était prise de-dans. Elle donnait le meilleur d'elle-même jusqu'à son accomplissement. Le soucis, c'était qu'elle pouvait aussi facilement se laisser distraire par une nouveauté. Elle aimait bien faire la course d'habitude. Qui n'aime pas se retrouver à courir, les cheveux aux vents à traverser les arbres comme s'ils ne présentaient aucun obstacle sur sa route ?! En tout cas, elle adorait cette sensation. C'était d'autant plus amusant quand Eden'el y prenait part. Même si elle s'amusait à la tourner en bourrique ou lui faire croire des choses qui n'existaient pas en la charmant avec ses histoires et ses facéties, Hly'tha aimait partager tout cela avec sa jeune sœur. Il n'y avait pas meilleure partenaire ou public. Elle se pardonnait toujours d'user de la crédulité ou de la trop grande bonté d'Eden'el. Après tout, elle se disait que ce n'était que de petites plaisanteries et que ce n'était pas bien grave. De plus, l'attitude de sa sœur envers elle ne semblait pas s'en trouver changé et Hly'tha se rassurait en se disant qu'elle n'avait pas tort. Autrement, Eden'el le lui aurait dit, n'est-ce pas ?

En se dirigeant vers l'endroit où elle croyait avoir vu la lumière, elle avait entraînée Eden'el à sa suite et elles avaient terminé dans un trou qu'aucune d'entre elles n'avaient aperçu. Elle avait terminé sur les fesses et c'était loin d'être une position glorieuse. Pourtant, la chute n'avait pas été sans découverte, puisqu'elle avait aperçu le cristal de calcite. Après avoir vérifié qu'Eden'el n'avait rien, ce qu'elle confirma d'un signe de tête, Hly'tha s'était emparé du cristal et sa force étrange l'avait tout de suite intrigué. Elle était dévorée par la curiosité en se demandant à quoi il servait, mais en étant tout de même intimement persuadé que c'était lui qui les avait attirés jusque là. Ce fut grâce à un geste d'Eden'el que cela fut confirmé. Les deux jeunes filles étaient assez curieuses de ce que c'était et Hly'tha n'avait aucune idée du véritable usage de l'objet. Elle n'avait jamais rien vu de pareil et il en fallait beaucoup moins d'habitude pour aiguillonner sa curiosité. Quand elle demanda à Eden'el ce qu'elle pensait que c'était et si cette dernière avait la moindre idée de son utilité, cette dernière se contenta de hausser les épaules, mais elle avait l'air bien intrigué elle aussi. Aux yeux de Hly'tha l'objet semblait presque magique, comme enchanté. Peut-être était-ce simplement parce qu'il semblait avoir un lien étroit avec la lumière. La situation entière en vérité avait tout de magique avec la lumière qui les avait attirés dans ce coin et où elles avaient trouvé cet étrange trésor. Hly'tha se sentait de plus en plus excité par les circonstances actuelles. Elle ne put s'empêcher une dernière fois de se demander à quoi pourrait servir l'étrange cristal. Finalement, Eden'el prit la parle avec un ton un peu lointain comme si elle était en train de réfléchir en même temps qu'elle prenait la parole. D'après elle, peut-être qu'elles auraient une réponse si elles écoutaient davantage les leçons de sa mère. Ce qui fit pouffer de rire une nouvelle fois Hly'tha. Il est vrai que ce n'était pas son fort les leçons et elle avait vite l'esprit qui volait aux quatre vents.

« J'aime bien ce nom… Pierre de lumière » Avoua Hly'tha un peu rêveuse en répétant le nom comme on goutte un bonbon et qu'on découvre qu'on en aime bien le goût. « C'est vrai que c'est très beau. »

Eden'el aussi avait quelques interrogations concernant la « pierre de lumière ». Des questions qui avaient beaucoup de sens comme de s'interroger sur la cause de l'arrivée de cette pierre et si c'était un hasard ou un rejet de la part de quelqu'un. Dans tous les cas, elle termina sur une phrase plein de sens qui affirmait qu'elles ferraient peut-être bien de sortir du trou. Il n'y avait pas de raisons de rester là plus longtemps. Hly'tha ne put qu'acquiescer et s'empresser de réagir. Elle sortit la première et aida Eden'el à en sortir. Leur petite chute n'avait pas fait du bien à leur tenu. Si Eden'el avait l'excuse du travail avec leur père, elle n'en avait aucune. Elle était avec leur mère à la maison et quand elle était partie, sa tenue était toute fraîche. Cependant, la crainte de quelconques reproches ne lui traversait même pas l'esprit, tant celui-ci était accaparé par leur trouvaille. Déjà, elle imaginait mille explications pour éclaircir la raison pour laquelle cette pierre se trouvait là. Bien sûr, plus elle y pensait plus les raisons étaient abracadabrantesques. Pourtant, elle n'en écartait aucune. Il y avait bien tout un tas de choses sans réponses et sans raisons, que même la science ou la magie ne pouvait expliquer. Certains disaient que c'était la volonté des Dieux que de garder leurs ouailles dans l'ignorance. C'était peut-être vrai, mais Hly'tha accordait autant d'intérêt à la religion qu'à ses études. Ce n'était pas qu'elle faisait preuve de mauvaises volontés. Elle avait essayé du mieux qu'elle pouvait de garder son esprit éveillé à la question de la religion, mais rien n'y faisait. Involontairement, elle n'y arrivait jamais. Il lui apparaissait de plus en plus qu'elle n'était pas faîte pour la religion. Pourtant, elle gardait cette conclusion pour elle-même. Il a des choses qu'il vaut mieux garder pour soi. La jeune femme s'en rendait bien compte. Alors quand il s'agissait de tout ce qui touchait à la religion, elle faisait semblant et suivait le mouvement. Ainsi, elle n'avait pas à s'expliquer et tout le monde était satisfait.

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Maman nous attend pour le repas et je pense que nous allons arriver bien après ce qu'elle imaginait... mais tu crois qu'on devrait leur en parler aux parents ? Et aux autres ? Vaut-il mieux en parler d'abord à eux ou d'abord au parent… ou bien aucune des deux » Demanda Hly'tha à sa sœur, un peu indécise.

Quand elle parlait des autres, elle parlait des enfants avec qui elle et sa sœur avaient l'habitude de jouer. Bien entendu, Hly'tha avait ceux avec lesquels elle s'entendait le mieux. C'était d'autres enfants aux caractères plutôt fonceur qui étaient prêts à la suivre dans ses facéties, bien qu'elle avait souvent l'impression d'être la plus téméraire. Peut-être à tord. Elle aimait bien la plupart d'entre eux et ce qui l'agaçait elle les évitait. Hly'tha ne se forçait que rarement à faire ce qu'elle n'aimait pas. Il n'y avait que dans quelques cas qu'elle le faisait, comme avec la religion. Il n'y avait pas qu'Eden'el qui profitait de ses petites histoires sortis de sa trop grande imagination, certains autres gamins du village en faisait aussi partie.

« J'ai peur qu'on nous la prenne et je n'en ai jamais vu aucune comme cela. Ca serait dommage de la perdre alors que c'est nous qui avons mis la main dessus » Fit la jeune fille.

Alors qu'elles se dirigeaient à nouveau en direction du village et plus précisément de leur maison, elles tombèrent sur une autre étrangeté. Ici, il n'était plus question de pierre étrange ou de trou inattendu. Sur une branche basse d'une vieille souche d'arbre, à eux pas sur la gauche du trou où elles étaient tombées se trouvait une sacoche, un peu abîmé soit pas le temps, soit par les intempéries. De toute évidence, elle avait vu de meilleurs jours. La sacoche pendouillait misérablement et aucune d'entre elles ne l'auraient aperçu. Pourtant, peut-être était-ce dû à leur découverte ou bien à l'étrangeté de la situation, mais il semblait qu'elles n'avaient pas fini de tomber sur des objets qui n'auraient pas dû se trouver là.

« Ça c'est étrange. » Conclua Hly'tha en regardant la sacoche et en se décidant à la décrocher de la branche. « On devrait regarder de-dans » Dit-elle avec autorité et impétuosité.

Ce qu'elles trouvèrent de-dans les surpris grandement !

CSS par Gaelle
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Ven 9 Juin - 12:11

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The islander
Les intrigues de Hly'tha se défilaient comme des pages d'un livre. Avec l'ennui de rester assise à déchiffrer les mots en moins. Cela n'enlevait rien à la stimulation de notre imagination car rarement nos aventures se prêtaient au réel. Hormis cette étrange pierre qui sonnait à nos oreilles comme une quête pouvant nous amener à découvrir une intrigue pour une fois des plus réelles. À moins que notre père n'ait lui-même fabriqué tout cela de toute pièce... Il aimait nos jeux, nos épopées. Cela lui arrivait même de faire des chansons avec les contes que je lui rapportait des histoires auxquelles Hly'tha me faisait croire. Ils avaient tout deux cette créativité artistique que j'enviais grandement.

Impossible de lui en vouloir pour quoi que ce soit. Alors que beaucoup au village condamnaient ses frasques, elles avaient ce mérite de casser la routine quotidienne et de faire de chaque jour une nouvelle histoire. Malgré mon tempérament calme et doux, je crois que quelque part, j'aimais être bousculée, devoir me questionner, chercher à comprendre des choses qui dépassaient pourtant le réel sans me demander si c'était vrai ou non. Que ce soit les légendes ou les mythes auxquels Hly'tha donnait vie, peu m'importait. Je marchais même dans ses plus folles expériences à sauter du haut d'une cascade ou à monter sur les plus hauts arbres des plus hautes vallées. Je craignais le risque et les dangers dans lesquels nous nous mettions parfois. Mais ma sœur avait cette faculté de toutefois m'entraîner là où elle le souhaitait. Je n'ai pas souvenir d'avoir regretter de m'être prise au jeu. La plus sage est peut-être la plus folle... Dans tous les cas, malgré les nombreuses fois où je peux passer pour une sotte à marcher dans les facéties de Hly'tha, jamais je ne lui en voudrais. Parce qu'en vérité, seul son jugement m'importait. Les autres pourraient bien penser ce qu'ils souhaitent de moi. Mais je voulais rester cette amie aux yeux de ma sœur. Je voulais suivre son exemple et me laisser guider par sa voix. Malgré une appréhension quant à l'approche de la Cérémonie, j'étais encore persuadée que rien ni personne ne pourrait nous séparer. Rien. Pas même les dieux.

Ce lien qui nous unissait n'avait rien à voir avec notre nature, ni notre innocence. Il y avait cette symbiose de l'âme où l'on se rendait compte à chaque instant que nous étions liées. Des âmes-sœurs, oui... et quelle chance nous avions d'être sœurs ! Je n'ai jamais imaginé ma vie sans elle. Et quand bien même nous n'aurions pas été sœurs nos chemins se seraient inéluctablement croisés. C'est là une certitude qui m'habitait et me confortait dans cette assurance : jamais nos chemins ne se sépareraient. Il est naïf de penser ainsi, mais de mes yeux d'enfant, nous étions capables de contrôler le monde tout entier et de braver le sort quoi qu'il advienne. Mes parents étaient immortels et nous, deux âmes épanouies, étions invincibles.

Les étoiles dans les yeux de Hly'tha me faisaient sourire. Comme la mise en route du génie de ses connaissances et de son imagination. Elle savait. « J'aime bien ce nom… Pierre de lumière, approuva Hly'tha. C'est vrai que c'est très beau. » Dit-elle en répétant le mot.

Sans plus attendre, elle quitta le trou et m'aida à m'en extirper à mon tour. Époussetant ma tunique qui était déjà de toute façon usée par la journée de dur labeur que j'avais abattu avec mon père, je ne pus m'empêcher d'afficher une moue inquiète à la vue de la tunique de ma sœur. « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Maman nous attend pour le repas et je pense que nous allons arriver bien après ce qu'elle imaginait... mais tu crois qu'on devrait leur en parler aux parents ? Et aux autres ? Vaut-il mieux en parler d'abord à eux ou d'abord aux parents... ou bien aucune des deux », questionna comme un coup de balai Hly'tha. Je me contentai de hausser les épaules, ne sachant guère que faire de cette découverte. J'étais curieuse de savoir ce qu'était cette pierre, de savoir comment elle est arrivée ici et pourquoi. Mais si maman nous attendait, il valait mieux ne pas tarder... La solution la plus sage était de retourner à la maison avant que nos parents ne viennent à s'inquiéter. Après, pour ce qui était de découvrir les secrets que renfermait la pierre de lumière... Je ne voulais pas prendre la responsabilité de quoi que ce soit à cet égard - sachant que je ne prendrai certainement pas la solution la plus raisonnable... « J'ai peur qu'on nous la prenne et je n'en ai jamais vu aucune comme cela. Ça serait dommage de la perdre alors que c'est nous qui avons mis la main dessus », exprima ma sœur. « Ce serait dommage oui, elle est si jolie... et puis, si jamais on découvre à qui elle appartient vraiment, on pourra toujours la lui rendre. » Me rassurai-je en enlevant la culpabilité qui résiderait dans le fait de dissimuler cette pierre à la vue des autres. Je leur vouais une entière confiance, mais j'aimais garder des secrets que je ne partageais qu'avec Hly'tha. Un égoïsme qui me ressemblait que très peu, moi qui d'ordinaire partageait tout. Lorsqu'il s'agissait de ma sœur, c'était différent. Je n'étais pas aussi intégrée au groupe qu'elle, restant dans son ombre ne parlant que peu par rapport aux autres enfants. Un côté discret et sage dont plusieurs s'étaient moqués. Mais Hly'tha s'était toujours chargée de me défendre.

Nous entamions notre chemin retour vers le village, contemplant une à une la pierre de lumière. Je cherchais à trouver des inscriptions dessinées par les clivages du cristal, mais je ne trouvais rien. Cela m'agaçait quelque peu. « Ça c'est étrange. » Interrompit Hly'tha. Je portai mon attention sur ce qui avait attiré la sienne. Une vieille sacoche... Je fronçai les sourcils. "Ça c'est étrange", à son sens - ce qui ne manquait pas de m'amuser - une sacoche était plus étrange que la pierre de lumière sans un trou imprévisible. Cela dit, en ces lieux, ce n'était pas normal du tout de trouver une sacoche perdue. Quelqu'un avait dû chercher à fuir quelque chose, ou quelqu'un et, dans la précipitation, avait perdu ses effets personnels. Hly'tha prit sans ciller la sacoche et s'arrêta au moment de l'ouvrir. « On devrait regarder dedans », dit-elle comme pour me demander mon autorisation. Mes yeux se plissèrent d'une curiosité avide, mais mes lèvres affichaient une moue peu assurée. Tout ça n'était pas à nous... il ne fallait pas qu'on mette notre nez dedans... Comme je m'y attendais, Hly'tha tint plus compte de mon regard que de mes lèvres réticentes. Glissa alors le cordon qui couvrait le contenu de la sacoche. Toute deux, nous tentâmes de voir ce qui se voir ce qui se trouvait dedans. Aux rayons timides du soleil, des éclats de lumière nous parvinrent. Instinctivement, je plaçai la pierre de lumière par-dessus la sacoche. Elle était pleine de pierres précieuses qui étincelaient au soleil. Plongeant ma main dedans, j'en sortis quelques échantillons. Des pierres rouges, bleutés, vertes, et une... toute noire. Un noir profond qui semblait, contrairement aux autres, éloigner la lumière. Cette pierre me fascinait. Alors que les autres pierres précieuses paraissaient taillées, cette pierre noire était brute, cisaillée, comme tout juste sortant d'une roche. Je laissai glisser les pierres dans la sacoche mais gardai celle-ci. « J'aime beaucoup cette pierre étrange... Si jamais on ne retrouve pas le propriétaire de ces affaires, ça me fera un beau souvenir ! » Prononçai-je avec un sourire. Ce n'était guère la plus belle. En vérité, sa forme brute, sa noirceur, étaient bien éloignées de la beauté raffinée des autres. Mais je suis réputée pour avoir des goûts simples et aimer les choses que les autres trouvent banales, simples ou trop grossièrement travaillées.

Fascinée par la pierre, je m'avançai de quelques pas pour la voir sous un autre angle, une autre luminosité. Je m'éloignais sans faire attention d'être suivie ou non par Hly'tha. Mais mon regard se détacha de la pierre pour remarquer un autre indice... Était-ce une piste ? Ou le chemin fait par un vagabond ayant semé ses affaires tout au long de sa route ? Intriguant, et même inquiétant. « Hly'tha ! Je crois qu'on est sur la piste de quelqu'un... » L'objet nous menait dans une autre direction que celle de la maison. « C'est peut-être une personne perdue qui a besoin d'aide, non ? » M'inquiétai-je. Mon instinct me disait de suivre ces traces. Mais j'étais assez malchanceuse pour savoir que mon instinct étaient trop aiguisé pour ma survie. Un jour ce ne sera pas un voyageur égarée bienveillant qui me tombera dessus... Mais peut-être un ours d'une toise et demie ou un malfrat qui tentera de me vilipender... Il était sage pour mon intégrité que je reste aux côtés de ma sœur. Elle était la face chanceuse de notre duo. La chance lui souriait toujours et rares étaient les mauvaises surprises lorsque je me trouvais sa compagnie.

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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Lun 26 Juin - 2:29



The Islander
ft. Eden'el Lumnar




Cette soirée prenait un tour de plus en plus étrange et cela n'était pas dû à une de ses histoires fantasmagoriques. Si au départ, il n'y avait eu que le besoin d'aller chercher sa sœur et son père pour le repas du soir, maintenant tout cela paraissait bien loin. Il fallait bien admettre que Hly'tha se laissait facilement distraire. Elle n'avait pas besoin de beaucoup d'aide pour penser à autre chose et s'imaginer plus que ce que la réalité offrait. C'était un de ses dons. Pourtant, cette fois-ci, il semblait que la réalité elle-même se débrouillait pour mettre en avant une histoire sans nom qui prenait des airs de mystère et d'aventure. Il y avait eu, tout d'abord, cette course-poursuite qui avait débuté comme un jeu et puis ce trou étrange qui n'aurait pas du se trouver là et où les deux jeunes filles étaient tombées. A l'intérieur, elles avaient trouvé la source de lumière qui avait distrait Hly'tha alors qu'elle s'élançait dans les bois avec Eden'el à sa suite. C'est sa jeune sœur qui avait nommé la pierre qui avait été trouvée « pierre de lumière » et Hly'tha devait avouer que la pierre avait réussi à l'intéresser bien plus que de rentrer à la maison ou de prendre le repas de la fin de la journée. Tout aurai pu aussi bien s'arrêter là. Bien que fort intriguées, les deux sœurs n'avaient aucune idée de l'utilité d'une telle pierre. Elle était assez originale pour les pousser à se poser des questions, mais au final elles devaient bien admettre qu'elles ne pouvaient vraiment y apporter des réponses. Hly'tha avait été la première à se demander si elles devaient en parler à leurs parents ou à leurs amis. Au fond d'elle, il y avait cette petite voix qui souhaitait garder l'objet secret. Elle avait toute confiance en Eden'el et cela ne pouvait être qu'un autre lien entre elles. Sa jeune sœur ne savait trop quoi faire. Cette découverte était tout à faire inhabituel et il n'y avait pas de précédent pour savoir comment réagir. Sa jeune sœur haussait les épaules comme pour montrer son indécision pour répondre aux questions de Hly'tha.

Si la jeune fille avait posé la question, c'est parce qu'elle tenait finalement à garder le bel objet, pour elle et sa sœur. Il n'y avait pas beaucoup de nouveautés dans leur vie et sans être totalement futile, Hly'tha aimait collectionner les beaux objets. Bien sûr, ce qu'elle considérait comme beau n'était pas forcément du goût de tous. De toute manière, il était toujours très difficile de décrire la beauté. C'est un sentiment tout à fait personnel qui dépend de nombreux critères qui n'ont absolument rien avoir avec la logique ou la raison. Malgré tout cela, la pierre lui importait. Elle la trouvait fascinante et l'énigme qu'elle représentait ne faisait qu'ajouter au charme qu'elle percevait du minéral. D'autre part, il y avait la fierté d'avoir été les premières à mettre la main dessus ! Cela lui donnait des airs de chasseuses de trésors, ce qui n'était pas pour déplaire à Hly'tha qui aimait bien ce sentiment. Les paroles que prononcèrent sa jeune sœur, lui montrèrent qu'elle aussi trouvait intéressante la pierre, par contre Hly'tha ne put s'empêcher d'émettre une petite grimace lorsqu'elle fit mention de la rendre à son propriétaire si elles le retrouvaient. Certes, c'était l'attitude normale à avoir dans le cas où cela arriverait, mais c'était nettement moins sympathique aux yeux de Hly'tha, que le fait de la garder en sa possession. La jeune fille n'était pas une voleuse. Ca non ! Elle n'avait pas besoin d'agir comme cela. Si elle désirait quelque chose, elle faisait tout pour l'obtenir, mais de manière légale. Faire des plaisanteries et quelques facéties étaient toujours un plaisir, mais elle n'avait jamais commis le moindre crime. Hly'tha savait qu'elle rendrait la pierre s'il n'y avait pas d'autres choix. Pourtant, elle espérait un peu qu'elles ne tomberaient pas sur le vrai propriétaire de la pierre et qu'ainsi elles pourraient le garder pour elles. De cette façon, il n'y aurait pas de problème. D'ailleurs, elle décida qu'il valait mieux garder l'existence de la pierre uniquement entre Eden'el et elle-même. Pas besoin d'en parler à d'autres personnes. C'était le meilleur choix, Hly'tha en était maintenant convaincue, après avoir entendu sa sœur.

« Gardons cela pour nous. Je pense que les autres n'ont pas besoin d'en entendre parler. Pas un mot aux parents, ni aux autres. Ça restera un secret entre nous. » Fit Hly'tha à haute voix pour faire part de sa décision à Eden'el. « On le jure ? »

Elle leva sa main en poing à l'exception de son auriculaire qui restait dressé fièrement. Hly'tha attendait qu'Eden'el en fasse de même. Le geste à accomplir consistait à ce qu'elles se tiennent leurs deux auriculaires serrés l'un contre l'autre et qu'elles prononcent le « serment » qui scellerait leur secret. Pour quelqu'un d'extérieur, cela pouvait sembler un peu trop de spectacle pour une si petite découverte, mais cette personne ne pouvait vraiment comprendre le lien qui unissait les deux jeunes filles. Ce geste n'avait rien d'anodin et elles l'avaient plusieurs fois effectué pour des choses encore plus insignifiante que la découverte d'un objet inconnu. Il fallait bien ajouter de la gravité et c'était une chose que Hly'tha savait bien faire, elle qui aimait l'aventure et le rêve. Tout le monde pouvait le voir, Hly'tha avait de nombreux amis. Elle savait se faire apprécier grâce à sa jovialité, ses histoires et sa témérité. Pourtant, peu importait combien elle s'entendait avec quelqu'un, aucun d'entre eux ne pourraient jamais avoir la force du lien qui l'unissait à Eden'el. En vérité, personne ne le pourrait jamais. Une fois le passage du geste passé, les deux jeunes filles se dirigèrent à nouveau vers le village où on les attendait forcément. Le soleil avait déjà commencé à se coucher et la pénombre dressait doucement son manteau sombre. A travers les arbres on pouvait voir les changements dans le ciel. Les couleurs du soleil couchant allaient bientôt disparaître et le ciel ne serait plus que clairsemé de lumière par les milliers d'étoiles qui semblaient y être accroché. Pourtant, si le spectacle valait toujours le coup, les deux sœurs n'y accordaient aucun intérêt, étant davantage intéressé par la « pierre de lumière » qu'elles s'échangeaient tour à tour pour mieux l'observer. C'est alors que Hly'tha découvrit la sacoche. Encore un autre mystère qui se dressait devant elles. Rien de tout cela n'avait de sens. Non pas qu'une sacoche soit un objet exceptionnel. En tout cas, cela l'était bien moins que le cristal de calcite. Pourtant, personne de sensé ne viendrait en perdre une dans une forêt. Le cuir n'est pas un matériau gratuit ou facile à obtenir, ainsi ceux qui possédaient une sacoche dans cette matière ne s'amusaient pas à les abandonner.

Sans perdre de temps, Hly'tha s'en était emparé et avait décidé qu'il valait mieux regarder de-dans. Elle était un peu fébrile. Toutes ses découvertes avaient de quoi échauffer le sang et l'imagination de la jeune fille. C'est comme si elle était l’héroïne d'une de ses aventures qu'elle imaginait sans peine, mais cette fois-ci il y avait une part de réalité à la création qu'elle n'aurait jamais pu espérer. Eden'el ne semblait pas très sûre que cela soit une bonne idée de regarder dans la sacoche, mais elle ne fit rien pour l'en empêcher. Pourtant, Hly'tha sentait qu’elle était aussi curieuse qu'elle même ne l'était et c'est pour ça qu'elle n'éprouva aucune culpabilité ou remord à fouiller dans la sacoche. A nouveau des éclats de lumières leur parvinrent, probablement dû aux derniers rayons de soleil qui pointaient leur nez. C'est Eden'el qui plongea la main la première dans la sacoche et qui en retira d'autres pierres de toutes les couleurs. Un vrai butin ! Parmi toutes celles qu'il y avait, ce fut celle d'un noir profond qui plut tout de suite à sa jeune sœur. Elle semblait, comme la « pierre de lumière » d'être moins bien taillé que les autres. Par ailleurs, elle avait une particularité : elle repoussait la lumière contrairement aux autres. Hly'tha gardait son intérêt premier pour le cristal de calcite, mais elle comprenait l'attrait que pouvait avoir la grossière pierre noire que tenait sa sœur. Elle reconnaissait aussi bien les goûts de Eden'el dans ce choix particulier. Tandis que sa sœur s'éloignait un peu pour mieux observer la pierre qui la fascinait, Hly'tha continua de fouiller et de regarder les différentes pierres de couleurs si bien taillés. Elles devaient être beaucoup plus précieuses que les deux autres et tellement bien taillés. Soudain, elle entendit la voix de Eden'el et cela lui fit perdre toute attention pour les pierres précieuses. Elle releva la tête et regarda dans la direction que lui montrait sa jeune sœur. Un peu plus loin, dans une direction qui s'éloignait de leur maison, un autre objet était tombé et reposait sur la terre. Eden'el sembla inquiète lorsqu'elle affirma qu'il pourrait s'agir d'objets appartenant à une personne ayant besoin d'aide. Hly'tha fronça les sourcils. Le mystère devenait moins beau et plus dangereux…

« Je ne sais pas El. » Elle hésita une fraction de seconde avant de réagir. Hly'tha était une femme d'action et elle prenait ses décisions vite et parfois avec impulsivité. « Nous devrions aller voir ! Tu pourrais avoir raison. »

Elle remit les pierres dans la sacoche et la referma avant de passer la courroie par-dessus sa tête pour que la bourse de cuir puisse se porter à son côté. Relevée et décidée, elle prit la main de Eden'el dans la sienne et suivit le chemin où elles pensaient trouver quelqu'un. Eden'el semblait ne pas avoir eu terriblement tord. Plus elles avançaient et plus elles tombaient sur divers objets. Il y avait là un tissu de couleur chatoyante, une coiffe brune, une chausse en piteux état… Les deux jeunes filles ramassaient les objets et suivaient la piste tout en restant proche l'une de l'autre. Elles ne marchèrent que depuis quelques minutes, lorsqu'elles virent une charrette renversée sur un bas côté. Il y avait aussi des malles qui s'étaient écrasés sur le sol. Pourtant, il n'y avait aucun signe de vie : pas de chevaux pour tirer la charrette ou un être humain qui aurait pu la conduire. Mais la scène que l'on apercevait était affreuse. Les deux jeunes filles furent tétanisés devant le spectacle que tout cela offrait. Il n'y avait pas beaucoup d'occasions de voir une telle chose dans leur village. La nuit avait fait son apparition et la forêt prenait des allures beaucoup plus sombres et beaucoup plus dangereuses. Hly'tha se secoua et décida de s'approcher plus près. Elle tenait toujours dans sa main celle de Eden'el. Bien que téméraire, Hly'tha n'était pas une tête brûlée qui ne réfléchissait pas et elle se sentait plus à l'aise de savoir sa sœur près d'elle. Au début, elles approchèrent la charrette, mais il n'y avait rien à y voir. Du côté des malles, il n'y avait pas plus à trouver. Elles semblaient avoir résisté aux chocs et ne s'étaient pas ouvertes. Il faut dire qu'elles étaient maintenues par un cadenas ce qui pouvait expliquer pourquoi malgré le fait qu'elles se soient retrouvés à terre, elles étaient restées fermées. Hly'tha imagina que la charrette avait dû se retourner et que les malles étaient tombés dans la chute. Pourtant, il fallait bien une raison pour que cela arrive et rien ne semblait l'expliquer.

« Qu'est-ce qu'il a bien pu se passer... » Murmura Hly'tha plus pour elle-même que pour véritablement poser la question. « Je ne vois personne. Devrions-nous rentrer à la maison et alerter le village de ce qu'on a trouvé ? » Demanda-t-elle à sa sœur.

A peine eut-elle prononcé ces mots, qu'elles entendirent un gémissement au loin. C'était un son terrible qui avait de quoi glacé le sang et les deux filles se figèrent.

CSS par Gaelle
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Dim 2 Juil - 1:17

Hly'tha Lumnar
&
Eden'el Lumnar


The islander
Il y avait bien des choses qui mettait notre relation fraternelle à part. Hly'tha et moi étions fusionnelles. Loin d'être jumelles, nous partagions pourtant cette synergie que l'on prête à ces êtres similaires. Ça n'avait jamais été pour nous déplaire : Hly'tha et Eden'El, on formait comme un couple inséparable où l'une savait forcément tout de l'autre. Venait souvent ces instants où je me faisais réprimander à sa place, où on cherchait à me reprocher certaines paroles, certains actes. Mais de cette symbiose qui nous unissait, je me sentais dépendante et plus qu'investie. Lorsque je la protégeais, je me protégeais aussi. Ma candeur et mon innocence avait tendance à rendre les adultes un peu moins sévères. Ils devinaient sans mal ce qui se tramait à chaque fois. Mais ils savaient qu'ils conservaient par mon intermédiaire une certaine autorité, un certain cadre autour de Hly'tha. Une sorte de double jeu où ma sœur et les adultes se servaient de moi pour divers intérêts. Un rôle assez lamentable quand on le regarde avec du recul, mais auquel je tenais en fin de compte. Ma loyauté allait et irait toujours à Hly'tha, quoi qu'il advienne. Nous serions toujours là l'une pour l'autre, quelques soient les épreuves qui tenteraient de nous séparer.

Des promesses d'enfants... Scellées par notre pacte, prononcé sous un serment dans une langue que nous seules connaissions, auriculaires liés pour ancrer la promesse. Une promesse que nos Cérémonies allaient nous laisser détruire... Comme si deux êtres ne pouvaient légitimement être aussi liés... Mais nous y croyions. Et en vérité, j'y croyais encore aujourd'hui.

Le côté secret et collectionneur de Hly'tha revenait à la charge, je me doutais rien qu'à l'entendre poser la question qu'elle souhaitait conserver cette trouvaille. Sans doute cherchait-elle ma coopération, mais cette dernière était acquise de nature. Nous ne parlerions pas de ces trésors, nous les garderons comme un secret scellé. « Gardons cela pour nous. Je pense que les autres n'ont pas besoin d'en entendre parler. Pas un mot aux parents, ni aux autres. Ça restera un secret entre nous, avait déclaré l'aînée. On le jure ? » Un sourire peu rassuré mais tout de même - sans réelle avidité - convaincu, nous avions prononcé le serment de garder cela secret.

La piste se poursuivait, avec ces trouvailles rutilantes. Dubitative face à nos découvertes pour le moins étranges dans cet endroit de la forêt, je refermai ma main sur la pierre noire que j'avais trouvé. Le mauvais pressentiment qui m'habitait se faisait de plus en plus persévérant et n'était guère pour me rassurer. « Je ne sais pas El, commençait à douter Hly'tha devant mon hypothèse où quelqu'un, en danger, aurait perdu toutes ces affaires pour le moins précieuses. Nous devrions aller voir ! Tu pourrais avoir raison. » Je mordillai ma lippe, comme si j'avais au fond de moi espéré qu'elle dise que ça ne valait pas le coup et que l'on ferait mieux de rentrer à la maison. Ce qui était assez idiot de ma part... Hly'tha ne lâchait pas si facilement une aventure, surtout lorsqu'elle était agrémenter de tant de réalisme. Et s'il on se demandait pourquoi, de moi-même, je ne cherchais pas à nous faire rentrer à la maison, il fallait comprendre que ma curiosité n'avait pas de limite... Autant cela pouvait être intéressant lorsqu'il était question d'étudier - même si peu de mots sur des parchemins parvenaient à capter mon attention autant qu'un réel voyage, qu'une réelle histoire prononcées par une personne ayant vécu ou pensant vivre les faits racontés - ou de s'adonner à un loisir ou à de l'artisanat. Cependant, il y avait l'autre côté de la médaille : celui où j'aimais observer, entendre, voir les choses. Découvrir des nouveautés, rencontrer de nouvelles personnes. Heureusement que nous n'habitions pas en ville, sinon bon nombre d'ennuis me seraient tombés dessus bien avant que je ne rejoigne Lucrezia pour ma Cérémonie...

Ce besoin de découverte, cette fascination des nouveautés, cela m'effrayait mais me stimulait également. Un attrait pour ce que je ne comprenais pas, un besoin de dénouer les choses, délier les faits pour savoir d'où ils provenaient et pourquoi ils étaient ce qu'ils étaient. Peut-être pourrais-je me lancer dans une carrière de limier ou de chercheur. La recherche, ça me plairait sûrement. Même si cela s'éloignait des risques que comportait le terrain. Je pouvais les affronter si Hly'tha se tenait à mes côtés. Et la peur était une façon d'avoir cette adrénaline qui donnait au moindre détail un intérêt particulier. Ce besoin de faire attention à tout ce qui se passe autour de nous, à tout ce qui pourrait sortir de l'ordinaire ou nous causer le moindre tort.

Une fois tout cela réuni, cela donnait une Eden'El marchant vers la piste que l'on avait débusquée et Hly'tha qui lui passait devant, encore plus intéressée pour découvrir la suite. Je restais sur mes gardes, serrant cette pierre dans ma main alors que de l'autre, je laissais Hly'tha m'entraîner. Nous parcourûmes quelques mètres qui nous menèrent jusqu'à un chariot renversé. Des coffres encore fermés, l'un ouvert d'où avaient dû choir les affaires qui nous avaient guidées jusqu'ici. Nous avions ralenti notre marche et je m'arrêtai à une certaine distance du chariot. Observant les alentours. Il n'y avait rien... À part ce décors désolé de cet attelage vide. « Qu'est-ce qui a bien pu se passer... » Prononça dans sa barbe Hly'tha. Je m'avançai de quelques pas vers elle qui était entrain de sonder l'accident. « Je ne vois personne. Devrions-nous rentrer à la maison et alerter le village de ce qu'on a trouvé ? » Je n'eus guère le temps d'exposer mon avis qu'un cri ravisa mes pensées. Cet hurlement déchirant le silence de la nuit qui se déposait délicatement au-dessus de nos tête m'avait effrayée. Je revins aux côtés de Hly'tha, serrant sa main dans la mienne comme si ma vie en dépendait. « Hly'tha, on ferait mieux de rentrer... je ne pense pas que ce soit une bonne idée finalement... » Tentai-je de la persuader à voix basse, le cœur frappant ma poitrine comme s'il allait en sortir. Mais un nouveau cri, moins perçant, retenti. On ne pouvait pas non plus partir, retourner au village et faire comme si de rien était. Et le temps d'aller chercher de l'aide, il serait peut-être trop tard... Nous devions y aller, il n'y avait pas le choix, c'était notre devoir, un devoir d'entraide et de solidarité. Un principe que l'on nous avait toujours inculqué. Venir en aide à quelqu'un dans le besoin, c'était dans notre nature. Mais nous n'étions que deux gamines... si ça se trouve, nous allions nous diriger vers un guettapen et le pire allait nous arriver... « On va devoir y aller ?.. » Prononçai-je d'une voix tremblotante et d'un ton peu assuré. Il ne fallait pas compter sur moi pour prendre une décision. Toutefois, peu importe ce que Hly'tha décide, je la suivrai et l'aiderait.

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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Mar 11 Juil - 20:33



The Islander
ft. Eden'el Lumnar




Pauvre Eden'el qui se trouvait toujours prise dans toutes ses aventures, parfois même contre son gré. Hly'tha aimait sa sœur, mais il était vrai qu'elle était souvent la tête pensante et la décisionnaire sur la façon dont les choses devaient se dérouler, parfois sans tout à fait prendre en compte les désirs de sa jeune sœur. Si la plupart du temps, les aventures ou facéties issues de l'imagination de la jeune femme était sans grand danger, il arrivait quand même parfois que les événements ne se déroulent pas aussi bien que prévu, voir qu'ils prennent un tour inimaginable, comme c'était le cas présentement. Pour un observateur extérieur, certaines actions de Hly'tha pouvaient facilement s'apparenter à de la manipulation, mais la jeune femme ne le voyait pas de la même façon. Manipulation était un mot si sordide et ce n'était pas comme ça qu'elle entrevoyait sa manière de vouloir très fort quelque chose et de l'obtenir. Oh, elle n'éprouvait aucun plaisir à mettre en danger Eden'el. Ce n'était d'ailleurs jamais son but lorsqu'elle se lançait dans un nouveau jeu, certains plus dangereux que les précédents. Elle voyait à bien des égards, sa jeune sœur, comme la meilleure partenaire possible. C'était probablement dû à ce lien si fort qui les unissait. Oui, Hly'tha avait un peu la main sur leur relation. C'était elle l'alpha de ce lien, mais elle prenait soin de sa sœur. Il n'était pas question de lui faire vivre un enfer ou de la mettre dans une situation où elle n'avait jamais le choix ou la possibilité d'émettre son avis. Hly'tha accordait de l'importance à ce que pouvait dire Eden'el, même si au final elle aimait assez que cette dernière aille dans son sens. C'était une vraie contradiction parfois. Ce qui était certain c'était son affection indivisible pour Eden'el. Pour le reste, les adultes espéraient que l'âge lui apprendrait un peu la raison et la rendrait plus mature sur ces questions. Ils n'hésitaient pas à utiliser le lien fraternel entre les deux sœurs, comme un garde fou pour tenir en bride l'impulsivité de Hly'tha. Au final, c'était souvent Eden'el qui se trouvait prise entre deux feux.

C'était encore le cas, dans cette grande aventure. La réaction normale aurait été que Hly'tha choisisse de rentrer à la maison, comme il était prévu qu'elle le fasse et qu'elle laisse les adultes se charger du problème. Pourtant, elle n'en avait rien fait. En tout cas, cette idée ne l'avait effleuré qu'au dernier moment. C'était ce goût du danger et l'adrénaline qu'il y a toujours quand on effectue quelque chose de nouveau et de téméraire qui avaient joué un grand rôle dans sa décision finale. En fait, c'était souvent eux qui étaient responsables de la plupart de ses choix discutables. Hly'tha avait beau entendu cette réflexion mainte fois, cela ne l'empêchait pas de recommencer la fois suivante. C'était plus fort qu'elle. Cela lui donnait vraiment l'impression d'être la protagoniste de ses histoires. La jeune fille avait une imagination fertile, mais souvent elle sentait que les mots sonnaient faux. Rien n'est plus vrai qu'une expérience vécue et cela se ressent dans le récit. En fait, pour qu'une histoire est l'air réelle, il faut bien une pointe de vérité. Même le meilleur des mensonges n'est au fond qu'un simple arrangement de la vérité. Les meilleurs mensonges sont d'ailleurs très proches de la vérité qu'ils cachent, car il faut qu'ils restent simples. Ne jamais trop en faire est la clé du succès. C'est pareil pour les histoires. Il n'y a pas de grandes différences. Il suffit de bien doser la chose pour la rendre acceptable et faire ainsi voyager celui qui doit écouter. Ce que les filles Lumnar étaient en train de vivre finirait probablement dans une des histoires de Hly'tha, mais elle n'avait pas prévu que parfois les événements ne se passent pas comme dans les récits qu'elle raconte et que la vérité est parfois plus grave et sombre qu'elle n'y paraît. C'est une chose de narrer une fable, mais s'en est une autre de la vivre. Tout n'est pas qu'héroïsme et belles actions. Certes la piste des objets abandonnés offraient la découverte de belles trouvailles.

Au départ, Hly'tha avait été avide de garder cela pour elles : les pierres et le récit de la découverte. La jeune fille avait même fait jurer à Eden'el de garder le secret, ca elle ne souhaitait pas vraiment que les adultes ou d'autres gamins du village ne viennent à questionner le fait qu'elles gardent tout cela pour elle. La découverte de la sacoche avec tout plein d'autres pierres avaient été le point culminant de cette péripétie qu'elles vivaient. Cependant, il y avait plus à voir et sous la pression de Hly'tha, les sœurs avaient continué à suivre la route qui s'éloignait du village et sur laquelle se trouvaient pleins d'autres objets abandonnés. L'excitation de la découverte n'est à nul autre pareil, mais s'amoindrit vite lorsque Eden'el avança l'hypothèse que quelqu'un pouvait être en danger et que c'était la raison pour laquelle tous ces objets se trouvaient là où ils n'auraient pas dû. Hly'tha n'était plus sûr de rien, mise à part que plus elles avançaient moins tout cela avait de sens. Pourtant, elle prit tout de même la décision de continuer. C'est impulsif, mais cela lui ressemblait beaucoup d'agir comme cela. Peut-être qu'Eden'el avait mis le doigt sur toue cette affaire, mais il fallait en avoir le cœur net avant de pouvoir faire quoi que ce soit. Il eut d'autres objets, mais ceux-là étaient moins beaux que les pierres étranges qu'elles avaient trouvés plus tôt et il semblait aller dans le sens de ce qu'Eden'el avait pensé. Enfin elles arrivèrent sur cette scène désolante avec ce chariot renversé et ses malles éparpillées. Pas une âme qui vive par contre. Les deux jeunes femmes n'avaient pas l’habitude de voir ce spectacle. Hly'tha n'était plus aussi téméraire. Oh, elle avait du courage à revendre, mais elle n'était pas stupide. Quelque chose avait mal tourné et ce que les deux jeunes filles voyaient n'en était que la conséquence. Pour une fois, Hly'tha était dépassé. A haute voix, elle se demanda ce qu'il avait bien pu se passer, tout en sachant bien que personne ne pouvait lui répondre. Si au départ, elle avait été d'avis de cacher tout cela aux adultes et avait même fait jurer à Eden'el de garder le secret, Hly'tha pensait que tout ceci ne pouvait être caché et qu'il fallait probablement aller chercher de l'aide.

Sa jeune sœur ne put réagir à ce qu'elle lui proposa qu'elles entendirent un cri déchirant. Eden'el pensait qu'il était temps de rentrer au village. Hly'tha avait été du même avis quelques instants plutôt avant d'entendre ce cri. Maintenant, elle savait qu'elle ne pouvait plus rentrer sans savoir d'où venait ce cri. Ce n'était pas par désir de contredire Eden'el. Elle sentait que sa jeune sœur était effrayé à la façon dont elle s'accrochait à sa main. Pourtant, au moment où elle parlait pour essayer de la convaincre, le cri se fait entendre à nouveau. Pour Hly'tha, il n'était plus question de rebrousser chemin. Ce serait aller contre elle-même que de laisser ce cri sans réponse. Elles n'étaient que deux enfants et il était fort possible qu'elles ne puissent rien faire de plus. Pourtant, Hly'tha voulait être sûr ! Elle avait besoin de savoir à qui appartenait ce cri et vu le son qu'il avait, il n'y avait nul doute qu'il appartenait à quelqu'un ou quelque chose qui était dans une situation malheureuse. Il fallait agir et peut-être que le temps qu'elles rentrent au village, ce cri pourrait ne plus retentir. Non, Hly'tha était résolue ! Elles n'allaient pas rentrer. Il fallait en être sûr. Eden'el dû le sentir parce qu'elle reprit à nouveau la parole et que sa voix était tremblante et peu assuré. Peut-être que c'était parce qu'elle la connaissait aussi bien que sa jeune sœur avait deviné ce qu'elle allait lui dire avant même qu'elle n'ouvre la bouche. L'une comme l'autre, elles pouvaient lire en chacune. C'était un don qui était bien souvent l'apanage des jumeaux, mais le lien entre les sœurs était si grand que parfois c'était tout comme. Hly'tha aurait pu être un peu plus de sympathie pour les sentiments de sa sœur. Elle comprenait que cette dernière soit inquiète. Elle-même, malgré son air bravache, n'en menait pas large. Hly'tha ne pouvait pas prévoir ce qu'elle allait voir. Jusqu'à présent, rien ne ressemblait à ce qu'elle-même pourrait imaginer. Bien entendu, cela lui servirait dans l'avenir à nourrir son art et sa maîtrise des récits, néanmoins pour le moment, elle allait devoir dire à Eden'el ce qu'elle avait décidé.

« Il va falloir qu'on le fasse Eden. On ne peut pas repartir sans savoir. Le temps qu'on arrive au village et qu'on explique tout ce qu'on a vu, il pourrait se passer un long moment. Je veux qu'on en est le coeur net et pour cela il faut qu'on essaie de retrouver la chose, la personne ou je ne sais quoi qui a poussé ses cris. Il faut qu'on le trouve. » Dit-elle d'un ton qui se voulait rassurant. « Il faut aider son prochain. N'est-ce pas ce qu'on nous dit tout le temps ? C'est ce que nous allons faire. »

Sitôt qu'elle l'eut avoué à sa sœur, elle se dirigea vers ce qu'elle pensait être l'endroit où se trouvait le cri. Il fallut pour cela contourner les malles et le chariot renversé. Il faisait de plus en plus sombre et aucune d'entre elles n'avaient de quoi éclairer. Hly'tha pensa un instant à la pierre de lumière, mais elle doutait que cette dernière puisse aussi bien marcher avec la lumière de la lune. Cette dernière était beaucoup moins brillante que celle du jour solaire et il était plus difficile de faire attention, d'autant plus avec tout ce qui était tombé du chariot. Depuis les deux premiers cris qu'elles avaient entendus, il n'y en avait pas eu de nouveau. Elles marchaient lentement et Hly'tha se sentait frustrée de ne pas trouver. De plus, elle sentait bien qu'Eden'el la suivait principalement parce qu'elle se fiait à ses décisions. Elles n'allaient pas pouvoir continuer à avancer à tâtons, sans but, très longtemps. Avec la nuit qui était tombée, nul doute que leur père et leur mère devaient s'inquiéter de ne pas les voir rentrer à la maison. Elle hésita et finit par prendre une nouvelle décision pour accélérer les choses.

« Hé oh ?! Y a quelqu'un ? Répondez nous ?! » Cria-t-elle en mettant sa main autour de sa bouche comme pour essayer de faire porter sa voix plus loin. « Hé oh ! Vous m'entendez ?»

Elle se tourna vers Eden'el et d'un mouvement de tête tenta de l'inciter à en faire de même. Elle espérait que leurs paroles parviendraient à faire réagir la personne qui avait poussé ce cri. Rien ne pouvait prévoir que c'était une personne, mais Hly'tha voulait croire que c'était bien un humain qui avait poussé ce cri. Peut-être qu'il s'agissait de la personne à qui appartenait le chariot et tout ce qu'elles avaient trouvé et vu sur le chemin. Le cri se fit entendre à nouveau. Elles ne pouvaient savoir si c'était grâce à leurs paroles ou non, mais cela leur donna un chemin à suivre. Hly'tha continua à inciter la voix à leur parler, mais seul des cris leur parvenaient. La jeune fille espérait qu'elles tomberaient sur un humain parce qu'elle essayait de ne pas imaginer une créature issu de son imagination débridé. Elles marchèrent encore un instant, s'éloignant du chariot et enfin elles tombèrent sur ce qui poussait des cris. Il s'agissait bien d'un homme. Il était par terre, le corps dans une drôle de position. Sa tête était ensanglantée, car il avait reçu un grave coup à la tête. La blessure était plus profonde qu'elle avait l'air. Il n'y avait pas que cette partie de son corps qui avait été blessé. L'homme portait des vêtements de voyage de bonne facture qui ne faisait que prouver qu'il était une personne d'un milieu plutôt aisé. C'était un riche marchant, comme pourrait le prouver les marchandises contenus dans les malles si celles-ci s'étaient ouvertes, mais fort heureusement les verrous avaient résisté à l'incident. Le marchand avait été éjecté de son véhicule et écarté de ce dernier par sa monture qui s'était enfuie. Si certaines de ses blessures avaient été acquises dans sa chute, d'autre avait été provoqué par la fuite de son cheval. Il ne se rappelait plus combien de temps il avait été là. Lui-même n'arrivait pas à se rappeler comment tout cela était arrivé. Les cris qu'il poussait était des réactions à la violence de la douleur qu'il ressentait avec ses blessures. Il n'avait pas vraiment compris que les deux jeunes sœurs s'approchaient de lui. Il était encore en plein délire, dû à une méchante fièvre. Hly'tha hésita un instant avant de s'approcher plus près. De son point de vue, elle voyait simplement que l'homme était renversé dans une drôle de position par terre.

« Sieur… Sieur.. » Elle tenta d'attirer son attention, mais elle n'eut droit qu'à quelques cris pour seule forme de réponse. Elle se tourna vers Eden'el et lui chuchota quelques mots. « Qu'est-ce que tu crois qu'il a ? Son comportement est pour le moins étrange. Je vais essayer de m'approcher un peu plus. Reste là, d'accord ? »

Elle lâcha la main de sa sœur et s'approcha plus près. Elle se pencha vers l'homme et c'est là qu'elle vit ses blessures et le sang sur son visage. Elle voulut s'écarter, mais il l'attrapa à la cheville avec une force qui n'aurait pas dû être la sienne. Hly'tha poussa un petit cri surprise et tenta de s'échapper, mais il lui tenait trop bien la cheville et elle tomba à terre. Cela n'avait vraiment pas du tout été une bonne idée que de continuer. Elle aurait peut-être mieux fait de prendre plus en compte les sentiments de sa sœur et de rentrer au village. Qu'allait-il se passer maintenant ?


CSS par Gaelle
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Sam 15 Juil - 14:49

Hly'tha Lumnar
&
Eden'el Lumnar


The islander
La découverte de l'accident m'inquiétait. Sûrement plus qu'il ne fallait. Mais il n'y avait pas d'accidents par chez nous. Il y avait peu de passage et quand bien même, les sentiers principaux étaient bien entretenus. Pourquoi venir se perdre au milieu de cette forêt dense ? Il y avait quelque chose qui nous tracassait, quelque chose qui ne collait pas dans cette histoire. Nous avions beau être habituées aux histoires farfelues que Hly'tha savait rendre réelle, celle-ci - qui l'était pourtant - nous paraissait totalement dénuée de sens. Ces pierres, ces coffres, cet attelage vide, l'endroit désert... Tout ceci était plus qu'inquiétant et ne me disait rien qui vaille. Partagée entre l'idée de venir en aide aux possibles personnes en danger et simplement détaler pour éviter d'avoir le moindre ennui à se mêler d'histoires qui nous dépassaient, je priais Tarlyn pour que Hly'tha suive mon conseil de rentrer sur le champ. Mais c'était sans compter ce cri qui avait retenti, brisant le silence qui s'installait peu à peu dans la forêt en cette heure tardive.

Nous aurions dû en rester là. Nous aurions dû... Mais nous ne l'avions pas fait. Elle comme moi étions dotés de cette conscience Terre, empathique et altruiste. Prêtes à venir en aide à quiconque. Tenter de faire ce que l'on peut. Notre éducation était portée sur les autres et ce qu'on pouvait leur apporter. Ignorer ce cri était impossible pour toutes les deux. Mais là où la peur me disait de fuir, cette inconscience perpétuelle de Hly'tha allait m'inciter à rester. Car même si je doutais de notre capacité à faire quoi que ce soit pour venir en aide à la personne qui criait, j'étais persuadée d'une chose : je ne devais pas me séparer de Hly'tha. Jamais. Partout où elle ira, j'irais. Ça avait toujours été le cas. Et ça le serait toujours. Même après la Cérémonie. Je n'imaginais pas ma vie sans elle...

Cette insistant à vouloir rester avec Hly'tha venait de ce lien unique qui nous unissait. Mais souvent on nous riait au nez, en disant que ce n'était que la naïveté de nos âges qui nous poussait à croire que l'on pourrait passer notre vie ensemble, toutes les deux. On nous voyait mariée avec des enfants, avec notre maison, des métiers bien différents. Malgré leurs tentatives d’inséminer cette vision de l'avenir dans nos esprit, je restais sûre qu'il était possible que nous vivions toutes les deux jusqu'à la fin. Je n'étais pas intéressée par l'idée d'avoir un mari et des enfants - bien que j'aimais ces derniers - tout ce qui m'occupait l'esprit c'était Hly'tha, ses histoires, le travail au champ et l'amour de ma famille. C'étaient les piliers de ma vie. Pour aujourd'hui comme pour toujours, pensai-je. Je n'étais pas sans savoir que personne n'était immortel, mais de mes yeux d'enfants, je ne voyais pas mes parents partir de si tôt. Ni ma sœur... Nous avions une durée de vie assez longue au village. Les accidents étaient bien trop rares, tout comme les maladies. Il était impossible pour moi de penser que tout pouvait basculer. Que ce calme allait être perturbé plus tôt que prévu.

La situation était délicate, incertaine, nous marchions sur des œufs en décidant de ne pas rentrer... Mais il ne faisait pas l'ombre d'un doute qu'il fallait que nous agissions. Même si nous n'étions pas sûres de ce qu'on allait voir, de si on voulait le voir, notre décision paraissait avoir été prise avant même que Hly'tha ne le dise. « Il va falloir qu'on le fasse Eden. On ne peut pas repartir sans savoir. Le temps qu'on arrive au village et qu'on explique tout ce qu'on a vu, il pourrait se passer un long moment. Je veux qu'on en ait le cœur net et pour cela il faut qu'on essaie de retrouver la chose, la personne ou je ne sais quoi qui a poussé ces cris. Il faut qu'on le trouve. » Me rassura-t-elle par la détermination dont elle faisait preuve. « Il faut aider son prochain. N'est-ce pas ce qu'on nous dit tout le temps ? C'est ce que nous allons faire. » J'opinais du chef, assurée que notre décision était la plus juste. Pas la plus sage, mais la plus juste. À mon sens, personne ne pouvait vouloir du mal à autrui sans aucune raison apparente. Je n'avais pas idée qu'il pourrait s'agir de malfaiteurs attaquant un voyageur ou un animal, je n'avais aucune notion réelle des dangers qui pouvaient nous attendre. Mais tant que j'étais avec Hly'tha, tant que nous restions ensemble, nous demeurerions invincibles. C'est tout ce qui comptait. Même si mon cœur palpitait comme jamais. Même si mes poils s'hérissaient face à l'inconnu qui se dessinait autour de nous.

Traversant l'accident en enjambant difficilement les malles, nous nous dirigeâmes vers les cris. Suivant Hly'tha, je tenais fermement la pierre noire que j'avais gardée. Il faisait sombre et la forêt fluorescente ne s'illuminerait que plus tard. Il y avait cet instant où la nuit paraissait prendre possession de Gorka avant que Tarlyn n'éveille l'âme de la flore luminescente de cette forêt. Bien que ça ne tarderait pas, nous allions devoir nous orienter quelques instants dans l'ombre. Nous étions habituée à cette forêt, nous la connaissions par cœur. Mais il était impossible de savoir l'emplacement de chaque branche, de chaque objet tombé. La nature à cela de beau qu'elle est vivante. Autant que nous l'étions. La forêt avait une âme. On pouvait l'apprivoiser mais jamais réellement la dompter.

Ralentissant le pas pour rester dans les talons de ma sœur, j'essayais d'observer ce qu'il y avait autour de nous. Il n'y avait personne, rien qui ne paraissait plus étrange que le chariot endommagé. Plus de piste. Plus rien. « Hé oh ?! Y a quelqu'un ? Répondez nous ?! » S'époumona Hly'tha en provoquant un sursaut de stupeur de ma part. Elle insista : « Hé oh ! Vous m'entendez ? » Mais elle n'eut pour seule réponse que le silence de la nuit qui s'installait. Elle m'intima d'un geste de la tête d'en faire de même. Alors je criai également pour tenter d'obtenir une réponse. S'écoulèrent quelques instants avant qu'un cri ne retentisse à nouveau. Hly'tha et moi nous dévisagions une fraction de seconde avant de nous laisser guider par la source du bruit. Il fallut que nous marchions encore quelques mètres avant de voir de quoi il s'agissait. Nous finîmes par arriver devant un homme à terre. Sa position paraissait étrange... Je plissais les yeux, essayant de discerner un peu mieux la scène. Hly'tha tenta de l'interpeller. Mais nous n'eûmes comme réponse que des gémissements. « Qu'est-ce que tu crois qu'il a ? Son comportement est pour le moins étrange. Je vais essayer de m'approcher un peu plus. Reste là, d'accord ? » Les yeux inquiets, je ne pouvais masquer mon anxiété face à cette histoire. Mais il était trop tard pour rebrousser chemin.

Doucement, Hly'tha s'avança vers l'homme visiblement mal au point. Derrière, j'appréhendais ce qui pouvait arriver mais ne cillai point. Jusqu'au moment où, surprise, ma sœur se retrouva entravée. Je me précipitai vers elle pour tenter de la rattraper mais elle tomba au sol avant que je ne puisse amortir sa chute. J'essayai de la relever en la tenant. « Hly'tha, ça va ? » L'inconnu était dans un état lamentable. Couvert de sang, vêtements abîmés. « Par Tarlyn ! Que s'est-il passé ?! » Je n'avais aucune hypothèse sur ce qui avait pu se passer. L'état de l'homme m'inquiétait de toute façon bien plus que les raisons qui l'ont conduit à se retrouver aussi mal... « O-on va vous ramener au village, il n'est pas loin... v-vous vous n'avez pas l'air bien, il faut vous soigner, monsieur », me précipitai-je en paroles, essayant de ne pas paniquer outre mesure. Même si l'accidenté devait bien être conscient de la gravité de son état. Ma respiration était rapide et mes mains commençaient à trembler. Je m'approchai de l'homme pour le forcer à lâcher Hly'tha mais il s'accrochait le bougre... Gémissant, comme nous suppliant de l'aider, il tentait de bouger. « Restez calme monsieur, on va vous aider... » Essayai-je de le rassurer. Il finit par lâcher la cheville de ma sœur. Revenant près d'elle, je lui proposai un plan. « On pourrait récupérer une planche du chariot et l'attacher dessus, comme ça on le tirerait jusqu'à la maison, qu'en penses-tu ? On ne peut pas le laisser là... Même si on va chercher de l'aide, il va être tout seul ici, il pourrait... Enfin je pense qu'on devrait le ramener... » Je me fichais de qui il pouvait être. Aussi bien pouvait-il s'agir d'un clandestin ou d'un exempt, peu m'importait. Si quelqu'un est dans le besoin, on ne peut l'abandonner. Essayant de capter l'attention de ma sœur, j'attendais sa réponse avant de la quitter des yeux.

@Hly'tha Lumnar ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1596 mots


Dernière édition par Eden'El Lumnar le Sam 5 Aoû - 12:25, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Dim 30 Juil - 22:39



The Islander
ft. Eden'el Lumnar




L'imagination peut créer des choses incroyables et faire naître des sentiments presque aussi forts que ceux que l'on peut ressentir dans la vraie vie. Pourtant, la réalité persistait à rester plus âpre, plus forte et plus danse en matière de sensation. Les amoureux de la création peuvent persister à dire que l'anticipation d'une chose peut faire plus que de la vivre vraiment, ce n'est pas entièrement vrai. Hly'tha avait toujours pensé que l'un ne pouvait exister sans l'autre. Pourtant, elle aurait mieux fait de se contenter d'un peu de sensation forte avant d'aller chercher de l'aide vers des personnes plus à même de pouvoir se charger de ce qu'il pouvait se trouver. Elle aurait pu… mais elle ne l'avait pas fait. Pas seulement parce qu'elle aimait se lancer des défis ou se retrouver dans des situations conflictuelles, mais parce qu'elle avait toujours grandi en apprenant à aider son prochain. Ce cri effroyable qu'elles avaient entendu, ce n'était pas le cri que pouvait pousser quelqu'un en bonne forme et en pleine possession de ses moyens. Tous les objets qu'elles avaient trouvés n'étaient pas arrivés par hasard ici. Peut-être que si elles avaient simplement trouvé la pierre de lumière, elles ne se seraient pas avancées davantage dans la forêt et n'auraient jamais entendu ce cri. Cependant, Hly'tha avec sa curiosité naturelle avait entraîné sa jeune sœur vers le chemin où elles avaient fait la découverte de tous ces objets qui n'auraient jamais dû se trouver là. La curiosité la dévorait toujours de l'intérieur et elle semblait ne jamais vraiment être étanché. Heureusement pour elle, Eden'el était toujours partante, même lorsqu'elle pouvait avoir des réserves. Pour ce qui était de venir en aide à son prochain, Eden'el était attaché à la conscience altruiste et emphatique Terre, tout comme Hly'tha. Alors quand elle lui avait dit qu'elles devaient s'y rendre, la jeune fille avait opiner du chef pour montrer son accord. Dès qu'elle avait entendu ce cri, elle avait compris qu'il s'agissait d'un appel à l'aide qui ne pouvait être ignoré. Aller à l'encontre de cela, c'était comme renier quelque chose en elle.

Le sentiment qu'elle avait ressentit en découvrant les malles et tous les objets abandonnés l'avait plongé dans une certaine torpeur où elle se sentait assez inutile et incapable, mais une fois qu'elle avait entendit ce cri et prit la décision d'agir, tout cela avait disparu. Une fois qu'elle avait un ut, la jeune femme ne ressentait plus aucune hésitation et se jetait à corps perdu dans la réalisation de ce qu'elle voulait. Hly'tha ne manquait pas de volonté et elle était capable de faire preuve d'effort pour la maintenir. Une fois la décision prise et accepté par Eden'el, elles avaient poursuivi leur route pour essayer de trouver la personne qui poussait ce cri. Au départ ce ne fut pas une grande réussite pour plusieurs raisons : Il faisait sombre ce qui rendait difficile le déplacement des jeunes filles afin qu'elles évitent le plus gros des obstacles et elles n'avaient plus entendu de cris depuis un moment. Lasse de voir que cela ne menait à rien, Hly'tha avait décidé de prendre les choses en main d'une autre façon et elle avait décidé de se mettre à crier pour attirer l'attention de la personne à qui appartenait le cri. Pour ce faire, elle avait même demandé à Eden'el de lui venir en aide, d'un signe de la tête, sans voir que la première fois qu'elle avait essayé d'attirer l'attention de la personne qui criait, elle avait fait sursauter sa sœur qui ne s'attendait certainement pas à cette réaction. Il se passa un petit moment avant qu'elles n'eurent une réaction à leurs paroles. Hly'tha aurait bien aimé que la grâce de Tarlyn ne vienne éveiller la forêt fluorescente de sa lumière. Lors du service religieux où elle peinait à rester éveillé, Hly'tha avait entendu de nombreuses histoires sur l'âme de la forêt. Si la jeune fille avait beaucoup de mal à trouver un sentiment religieux important pour la déesse de leurs terres, elle avait tout de suite aimé les histoires sur la magie que pouvait avoir la forêt fluorescente. Ce genre de récit était de ceux qui la touchait profondément et qui trouvait un écho particulier en elle.

Enfin, elles finirent par avoir la réaction qu'elles attendaient et elles purent mieux se diriger. Ce n'est qu'en s'éloignant du chariot qu'elles le virent : l'homme qui poussait les cris. Il était à terre et avait subis de nombreuses blessures qu'elles ne pouvaient encore voir tant que la forêt n'aurait pas revêtu sa parure de nuit exceptionnelle qui faisait illuminer la nature environnante. N'ayant pas une bonne vue de ce qui se passait, Hly'tha trouvait que l'homme était dans une posture plus qu'étrange. Maintenant qu'elles l'avaient trouvé, la jeune fille ne savait trop quoi faire. Elle n'avait vraiment aucune connaissance médicales qui pourrait lui permettre de comprendre ce qui lui arrivait. Elle avait bien essayé d'attirer son attention vers elles, mais elle n'eut pas une réaction particulière. Elle commença à douter que l'homme puisse être capable de parler. Mise à part ses cris gutturaux aux accents de douleur, il n'avait aucune autre réaction. Elle fit part de sa décision à Eden'el de s'approcher un peu plus de l'homme et lui recommanda de rester en arrière. Il était inutile qu'elle s'approche en même temps que lui et pour être honnête elle préférait savoir sa jeune sœur derrière, ne serait-ce que jusqu'à ce qu'elle parvienne à avoir une autre réaction de l'homme. D'un pas léger, mais avec une certaine prudence, elle s'était approchée et c'est là qu'elle s'était rendu compte de la gravité des blessures de l'homme. Une drôle de pensée s'était imposée à elle avant que l'homme ne lui attrape la cheville. Cela l'a surpris grandement et elle poussa un petit cri avant de tenter de s'échapper. Pourtant, si l'homme était blessé il semblait avoir une certaine poigne, car elle ne parvient pas à se détacher de sa prise et à force de se débattre, elle finit par terre. Eden'el ayant vu toute la scène avait tenté de la retenir, mais elle n'y arriva pas et ne put que l'aider à se relever en lui demandant si elle allait bien. De son côté, Hly'tha continuait d'agiter ses jambes comme si cela allait parvenir à se dégager de la poigne de fer de l'homme à terre.

« Il ne veut pas me lâcher ! » Fit-elle avec des accents de panique dans la voix, car cela ne la rassurait pas outre mesure. « Merde ! »

Pourtant, malgré la force de ses gestes elle ne parvenait pas vraiment à le forcer à la lâcher. Elle haletait parce que l'effort et la peur ne faisaient pas vraiment bon ménage. Hly'tha dut s'avouer en son fort intérieur, tandis qu'elle se débattait, qu'elle ne s'était pas attendue à une telle agression de la part de l'homme à terre. Elle ne pouvait pas savoir que l'adrénaline et l'inconnu sont un cocktail qui peut apporter à un homme plus de force qu'il ne le devrait dans certaine situation. Bien entendu ce n'est pas quelque chose qui marche sur le long terme, mais le temps qu'il tenait sa cheville, il avait plus de force qu'il n'aurait dû en avoir dans son état. Ce fut au tour d'Eden'el d'essayer de prendre contact avec l'homme, tandis que Hly'tha essayait de se contrôler tout en n'arrêtant pas de battre des pieds pour se dégager. Elle essaya de faire comprendre à l'homme qu'elle voulait l'aider et le ramener dans leur village où il pourrait avoir les soins nécessaires pour soigner ses blessures. De sa petite voix, la jeune sœur de Hly'tha continuait de presser l'homme à rester calme tout en continuant de venir en aide à sa sœur. Hly'tha ne savait pas si c'était les paroles de Eden'el ou autre chose, mais il finit par lui lâcher la cheville et elle recula pour se retrouver à une distance raisonnable de l'homme. Son coeur battait la chamade et elle dut prendre de grandes inspirations pour tenter de le calmer et de lui faire reprendre un rythme normal. Eden'el revient vers elle et lui exposa son idée pour ramener l'homme jusque dans leur village. Son idée était plutôt bien trouvée et elle avait raison lorsqu'elle expliqua qu'elle n'était pas certaine que le temps qu'elles aillent chercher de l'aide, il n'arrive pas malheur à ce pauvre bougre. Hly'tha n'était pas rancunière, mais un instant, un petit instant, elle aurait voulu le laisser là, juste parce qu'il l'avait sacrément surprise et affolée en lui maintenant la cheville. Pourtant, cette pensée s'en alla aussi vite qu'elle était apparue. Ce n'était pas bien charitable que de penser ainsi.

« Tu as raison Eden ! Je n'aurai pas mieux trouvé. On va devoir s'en charger. » Approuva Hly'tha avec fierté face à l'ingéniosité de sa jeune sœur. « Je me demande ce qu'attend la forêt par contre... » Grommela la jeune fille.

C'était presque comme si la forêt l'avait entendu, mais soudain elle s'éveilla, comme ses princesses de conte de fée qui n'attendent que le baiser du prince charmant pour ouvrir leur yeux. Tout comme elles, la forêt portait toujours ses plus beaux atours lorsque la nuit tombait. Elle s'illumina petit à petit de ses couleurs fluorescentes capable de trancher la nuit la plus sombre. C'était un spectacle à nul autre pareil. Quiconque vivait à Gorka pouvait l'assurer, c'était toujours un enchantement à voir et même pour ceux qui y vivaient, le voir gardait toujours le même émerveillement. Pour Hly'tha voir la forêt s'illuminer se fut comme si le temps se suspendait jusqu'à ce que cela soit fait entièrement. Les choses allaient être beaucoup plus simple maintenant que la forêt leur permettait d'avoir suffisamment de lumière pour se guider. Les deux jeunes filles revinrent près du chariot afin de mettre à exécution le plan d'Eden'el. La lumière de la forêt fluorescente rendait le spectacle moins terrible de toutes ses malles abandonnés sur le sol en désordre et du chariot renversé. C'était comme si les lumières fluorescentes semblaient adoucir la dureté d'une telle vision. Les deux jeunes filles ne perdirent pas de temps à admirer la scène. Ensemble, elles parvinrent à récupérer une planche du chariot. Ce ne fut pas une tâche aisée, mais à deux c'était beaucoup plus simple. Tandis qu'Eden'el poussait, Hly'tha tirait et la planche ne résista pas longtemps à cet assaut. Elles avaient maintenant de quoi allonger l'homme, mais il faudrait aussi des cordes pour rendre le transport plus simple. A peine l'idée germa dans l'esprit de Hly'tha qu'elle se mit à regarder un peu partout où elle pourrait en trouver. Bien entendu, il était inutile de chercher à perdre du temps pour voir s'il y en avait dans les malles. Ces dernières étaient toutes fermés par des verrous imposants et il ne fallait pas trop tarder pour aller chercher l'homme souffrant qui continuait à gémir et pousser des cris qui transperçaient la nuit noire et perturbait l'apparent calme de la forêt. C'est alors qu'elle aperçut des fibres de raphia. Ce n'était pas vraiment une corde, mais une fibre textile très solide. Si Hly'tha en connaissait l'usage, c'est principalement parce qu'elle l'avait vu utilisée dans son village et parce qu'à force de vivre au cœur de la nature on en apprend les usages utiles pour l'homme.

« Regarde Eden ! L'homme avait du raphia ! Nous allons nous en servir pour le maintenir sur la planche, ainsi il ne pourra pas tomber. Par contre, cela ne sera pas de tout repos de le tirer jusqu'au village. J'espère qu'il ne sera pas trop lourd. » Avoua Hly'tha songeuse.

Il est vrai qu'elles n'étaient que deux jeunes filles et bien que la vie au grand air leur avait donné une bonne constitution, elles allaient tout de même devoir tirer une planche de bois avec un homme adulte faisant bien son poids. Une fois qu'elles eurent pris la planche et le raphia, elles retournèrent auprès de l'homme. Hly'tha ne tenait pas à se faire avoir deux fois de suite. Sa petite échauffourée avec l'homme lui restait encore bien en mémoire et ce n'était pas un souvenir agréable.

« Tu devrais lui dire ce que nous allons faire. » Fit Hly'tha. « Lorsque tu lui as parlé, il a semblé réceptif à tes paroles. Je m'occuperai de le traîner jusqu'à la planche et toi tu devrais le persuader que je fais ça pour lui afin que je ne me retrouve pas à nouveau prisonnière de sa poigne. Il m'a sacrément bien tenu tout à l'heure. »

Si au départ, Hly'tha avait craint que cela ne fonctionne pas, il semblait belle et bien que l'homme était réceptif aux paroles de sa sœur. Elle semblait avoir une voix apaisante qui touchait l'homme, malgré sa folie fiévreuse. Hly'tha l'attrapa avec ses deux bras et elle sentit que ce ne serait pas tout simple de le traîner jusqu'au village, car il était beaucoup plus lourd qu'il n'y paraissait. Pourtant, elle n'abandonna pas et mit toute son énergie à le mettre sur la planche. Avec l'aide de Eden'el, elles le ficelèrent avec les fibres de raphia sur la planche. Le résultat était un peu sommaire, mais c'était le mieux qu'elle pouvait faire ensemble. Une fois que ce fut accompli, il était tant de le tirer. Le premier essai fut un échec ! Elles ne s'étaient pas bien coordonnées et la planche retomba avec fracas contre le sol avec son passager dessus qui poussa un grognement de douleur. Hly'tha avait de la sueur qui lui coulait dans le dos et elle était agacée de ne pas réussir. Pourtant, pas question de baisser les bras. Après quelques rectifications, il semblait qu'elles se débrouillaient plutôt bien. Tandis qu'elles avançaient en direction de la maison, elle reprit la parole.

« Désolé Eden. Je ne pensais pas que ce jeu nous entraînerait jusque là. Enfin, au moins on pourra dire qu'on a vécu une vraie aventure aujourd'hui » Plaisanta Hly'tha, sa malice de retour à la fois dans sa voix, mais aussi dans ses yeux. « Je me demande s'il va nous attirer plus de remontrances de la part de nos parents ou bien s'ils seront tellement pris par son arrivée et les soins à lui prodiguer que nous éviterons tous sermons. Quel est ton avis ? » Demanda-t-elle. « C'est peut-être la dernière aventure que nous allons vivre avec la Cérémonie... »

Oui le spectre de la Cérémonie continuait à la hanter, maintenant que cette aventure touchait à sa fin. Enfin était-ce vraiment la fin...

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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Sam 5 Aoû - 15:51

Hly'tha Lumnar
&
Eden'el Lumnar


The islander
La force des émotions et des sentiments ne résidait pas dans les raisons qui nous poussaient à les ressentir, mais dans notre façon de les percevoir, de les faire vivre. Un rire est un rire, un pleur un pleur. Nous réagissons face à ce qui constitue notre réalité : que ce soit quelque chose de vrai ou de faux. Peu importe la situation : inventée ou réelle, les sentiments que l'on y ressent, ce qu'on y vit, ça reste vrai. Vrai pour nous. Nous vivons vraiment ces choses auxquelles on se donne les moyens de croire. Ces choses pour lesquelles on ressent, on vibre. Imagination ou fait réel, nous vivons chacun de ces instants comme s'ils faisaient partie de nous. Parce qu'ils le font. Peur, colère, joie, tristesse. Chaque émotion laisse sa trace, nous fait agir et ressentir. C'est ce qui est vrai.

La force de volonté de Hly'tha nous avait entraîné plus loin, vers ce cri. Je lui enviais cette détermination, l'intrépidité dont elle faisait preuve en toute circonstances, ne se décomposant jamais malgré les difficultés. J'espérais tant qu'elle me communique cette force. Ma volonté était toute aussi forte que la sienne, cependant, à me laisser entraîner, moi-même je ne percevais pas ce point commun que nous avions. Une obstination presque impertinente. Le fait est que mes aspirations étaient de la suivre, de rester à ses côtés. Ainsi, je ne prenais pas les devant, je la suivais. Mettant de côté cette part de moi qui pourrait pourtant me révéler aussi entreprenante qu'elle. Ce ne sera que plus tard que j'en prendrais conscience. À mes dépends. « Il ne veut pas me lâcher ! » S'exclama Hly'tha qui venait de se faire attraper par l'homme à terre. Elle jura en se débattant encore une fois que je l'eus rejoint. L'état de l'homme devait l'avoir retranché jusqu'à ces derniers instincts. J'ignorais s'il comprenait seulement ce que je lui disais... Finalement il lâcha Hly'tha qui se recula brusquement. La peur se lisait sur le visage de ma sœur alors que mon inquiétude grandissait, laissant également sur mon visage un voile de peur et d'appréhension.

La nuit s'était abattue sur la forêt et bientôt les sentiers seraient illuminés de fluorescence et étincelles qui émanaient de la flore environnante. Cette flore presque magique qui faisait rêver à chaque soir enfants et adultes. Je rêverais de pouvoir observer cette fluorescence chaque soir de mon existence... Mais pour l'heure, l'obscurité était reine, nous empêchant de voir à trois mètres de nous. « Tu as raison Eden ! Je n'aurai pas mieux trouvé. On va devoir s'en charger, acquiesça Hly'tha à l'évocation de mon plan. Je me demande ce qu'attend la forêt par contre... » J'ignorais si mon plan allait fonctionner et si nous parviendrons ne serait-ce qu'à l'installer de sorte à ce qu'il ne tombe ou n'ait encore plus mal... Les secousses pourraient aggraver ses blessures, aggraver son état. Mais ni Hly' ni moi n'étions guérisseuse. Il y en avait une, guérisseuse, au village. Elle saurait l'aider sans aucun doute et prendre soin de lui. Il fallait juste qu'il tienne le coup jusqu'à ce qu'on l'ait ramené chez nous. La guérisseuse n'était plus toute jeune, elle avait un apprenti qui avait accompli sa Cérémonie cinq ans auparavant. Un jeune homme prometteur selon elle, mais honnêtement, je ne l'appréciais pas plus que cela. Non pas un souci de confiance, mais je le trouvais bien moins doux et prévenant que son mentor... Peut-être acquerra-il ces qualités avec les années de pratique. De toute façon, que ce soit la guérisseuse ou son apprenti, je pense qu'il importera peu à cet homme en détresse...

Alors que Hly'tha s'était questionnée sur la forêt qui peinait à s'éveiller, chaque feuille, chaque arbre et chaque brindille commença à doucement s'illuminer. Une iridescente effervescence qui s'empara de l'environnement comme un écho aux inquiétudes de ma sœur. Sans pouvoir m'en empêcher à chaque soir, bouche-bée, émerveillée, je balayai lentement du regard cette somptueuse forêt en faisant le tour de moi-même. Une chaleur intense étreignait mon cœur comme l'étreinte d'une mère. Je n'avais qu'une envie : me lover dans ces feuillages luminescents. Une fois cette brève contemplation de la quintessence de Gorka, j'entendis Hly'tha se déplacer. Je la suivis, comprenant qu'il ne fallait pas que nous tardions à mettre à exécution notre plan si on voulait venir en aide à l'homme blessé.

S'orienter était bien plus simple à présent. Sans mal, nous retournâmes au chariot endommagé. À deux, nous parvînmes à récupérer une planche de taille conséquente qui pourrait permettre à l'homme d'y être étendu. Ses pieds dépasseront peut-être un peu... Mais il n'y avait pas plus grand. Poussant de toutes mes forces, Hly'tha tirant de l'autre côté, nous dégageâmes la dite planche. Je cherchai rapidement autour s'il n'y avait pas du tissu ou des cordages que nous pourrions récupérer pour y attacher le blessé que l'on entendait encore agoniser. Hly'tha trouva bien avant moi qui ne faisais que dégager des éclats de bois, en vain. « Regarde Eden ! L'homme avait du raphia ! Nous allons nous en servir pour le maintenir sur la planche, ainsi il ne pourra pas tomber. Par contre, cela ne sera pas de tout repos de le tirer jusqu'au village. J'espère qu'il ne sera pas trop lourd. » Je la rejoignis pour constater de sa trouvaille. Ce serait parfait ! Mais il est vrai que ce ne serait pas tâche aisée que de ramener l'homme au village, même avec l'aide de cette planche. Je haussai les épaules. « Il faut qu'on essaye, je ne vois pas d'autre moyen de l'y ramener... » Les chevaux s'étaient enfuis, la forêt était calme et ni Hly'tha ni moi n'avions de marque de Terre. Encore moins la maîtrise nécessaire pour contrôler les animaux... Pourtant, ça nous aurait été bien utile. Sur ces quelques paroles, nous nous résignâmes et retournâmes voir le voyageur.

Tirant la planche, nous nous approchâmes mais ma sœur souhaita rester à l'écart. « Tu devrais lui dire ce que nous allons faire, dit-elle, redoutant d'avancer plus près. Lorsque tu lui as parlé, il a semblé réceptif à tes paroles. Je m'occuperai de le traîner jusqu'à la planche et toi tu devrais le persuader que je fais ça pour lui afin que je ne me retrouve pas à nouveau prisonnière de sa poigne. Il m'a sacrément bien tenue tout à l'heure », s'inquiétait-elle. J'opinai du chef. « Il a sûrement paniqué, il doit être terrorisé et il a l'air si mal au point », le justifiai-je, visage attristé à l'empathie que je ressentais envers cet homme à chaque de ses gémissements de douleur. Mais je ne fis pas de manière et retournai, doucement, vers lui. Me raclant la gorge, je m'adressai à lui d'une voix douce et peu assurée. « N-nous allons vous mettre sur une planche de bois et vous attacher dessus... comme ça nous... nous pourrons vous porter jusqu'au village... Sans trop vous faire mal. Là-bas il y a une guérisseuse qui pourra vous soigner, on fait ça pour votre... bien, monsieur... » Je n'eus comme réponse qu'un râle de souffrance. Un signe de protestation ? Non, impossible, nous ne souhaitions que l'aider, pourquoi refuserait-il cette aide ? Il n'était pas en position de refuser. Traits crispés, je me tournai vers Hly'tha et lui indiquai d'un signe de tête qu'elle pouvait s'approcher. Les gémissements du voyageur semblaient s'atténuer. Non pas en fréquence, mais au moins en bruit. Mais ils tiraillaient toujours mon cœur. Ces cris ne purent rester silencieux plus longtemps. Quand Hly'tha commença à le hisser sur la planche, il recommençait à être assaillit par la douleur. Je ne pus m'empêcher de souffrir avec lui... Une fois qu'il fut installé sur la planche, nous commençâmes à l'y attacher avec le raphia.

Une fois l'homme ficelé, nous tentâmes de soulever la planche. Un échec critique qui fit retomber l'homme au sol. Il poussa un hurlement qui affola la faune environnante. Nous recommençâmes toutefois, loin de nous décourager. C'était avant tout une affaire de coordination. Une fois que nous l'eûmes compris, nous parvînmes à avancer quelques mètres. Lentement, mais sûrement. « Désolé Eden. Je ne pensais pas que ce jeu nous entraînerait jusque là. Enfin, au moins on pourra dire qu'on a vécu une vraie aventure aujourd'hui », plaisanta Hly'tha, comme pour détendre l'atmosphère. Je préférais ses histoires à elle... Même si c'était honorable de notre part d'aider cet homme, au moins, les histoires, quand on n'aimait plus ou qu'on ne voulait plus jouer, on pouvait s'arrêter. Ce n'est pas comme ça que ça se passe en vrai... Même ce que l'on ne veut pas vivre, on est obligé de le supporter, de l'endurer... « Je me demande s'il va nous attirer plus de remontrances de la part de nos parents ou bien s'ils seront tellement pris par son arrivée et les soins à lui prodiguer que nous éviterons tout sermon. Quel est ton avis ? Me questionna Hly'tha. C'est peut-être la dernière aventure que nous allons vivre avec la Cérémonie... » Ajouta-t-elle avant que je n'eus le temps de répondre. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Je faiblis un bref instant avant de reprendre ma prise sur la planche. « Je... Je crois qu'ils nous gronderont pour n'être pas rentrées directement à la maison, il se fait tard. Mais ils seront fiers de nous voir aider cet homme... » Songeai-je avant de me mordiller les lèvres. « Pourquoi dis-tu que ce sera peut-être notre dernière aventure ? On va tous t'accompagner à la Cérémonie et on rentrera tous ensemble, je ne crois pas que ça changer quoi que ce soit », dis-je avec un sourire qui demandait à ce qu'on me rassure... Sa remarque me faisait peur. Tout le monde était enjoué et quelque peut stressé de savoir que Hly'tha allait enfin passer sa Cérémonie : devenir une adulte. Mais jamais il ne m'était venu à l'idée que cela changerait quoi que ce soit entre nous...

@Hly'tha Lumnar ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1779 mots
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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Mar 5 Sep - 22:24



The Islander
ft. Eden'el Lumnar




Le plan de Eden'el était simple ! Il s'agissait de ramener l'homme jusqu'au village puisque c'était ainsi que tout habitant de Gorka agirait. Les valeurs humanistes qui unissaient les habitants de la région de l'Est étaient connues de tous. Les deux jeunes filles ne pouvaient décemment pas abandonner l'étrange inconnu à son sort. Cela aurait été contraire à toutes les valeurs dans lesquels elles avaient été élevées. Hly'tha savait que c'était la meilleure chose à faire, même si elle gardait un peu de rancune du fait d'avoir été attrapé à la cheville par l'homme. Elle savait que ce n'était pas bon de penser ainsi, mais un instant… rien qu'un court instant, elle hésita. Cependant, elle savait qu'il ne fallait pas poursuivre dans cette voie. De toute évidence, l'homme n'était plus capable de raisonner comme une personne saine. Elle avait cependant remarqué que l'homme semblait être plus calme lorsque sa jeune sœur s'adressait à lui. La voix de Eden était de toute évidence assez douce pour calmer la folie dans laquelle se trouvait le pauvre hère. A elles deux, elles allaient probablement arriver à ramener l'homme. Ce ne serait pas simple. En effet, il y avait plusieurs obstacles qui se dressaient sur le chemin des jeunes filles. Tout d'abord, il continuait à y faire très noir. Il y avait toujours un temps entre le moment où la lumière du soleil laissait place à la lune et où la forêt s'éveillait. Il n'y avait pas plus beau spectacle. C'était aux yeux de Hly'tha, une des plus belles merveilles du continent. Certes le jeune fille n'avait pas vraiment beaucoup voyagé, mais elle était persuadée qu'il n'y avait pas plus beau paysage ailleurs sur le continent. Seul un cœur froid et dur ne pouvait se laisser attendrir par le spectacle lumineux qu'offrait chaque nuit la forêt fluorescente. Ainsi, quand cette dernière finalement s'illumina, le problème de la luminosité fut vite réglé pour les jeunes femmes. Il fallait ensuite trouver de quoi transporter l'homme.

Un petit repérage parmi les affaires éparpillées du voyageur blessé, leur permirent de mettre la main sur les éléments essentiels pour leur permettre de rejoindre le village avec l'homme. Il leur fallait un dispositif pour le traîner jusque là-bas, car il était impossible pour les deux jeunes filles de pouvoir le faire par elle-même. Par ailleurs, elles ignoraient la gravité de ses blessures et à coup sûr si elles devaient le porter par elles-mêmes cela ne lui apporterait aucun bien et la tâche serait un échec. Le but était tout de même de le ramener au village. Le mieux était encore d'arriver à créer une litière de fortune qu'elles pourraient arriver à traîner. C'était ainsi qu'elles avaient réussi à trouver parmi ce qu'ils restaient des possessions éparpillées, une planche de taille conséquente. Il fallut les efforts combinés des deux filles pour la récupérer, mais elles y arrièrent avec un certain succès. Un nouvel obstacle se dressa sur leur route lorsqu'il leur apparut qu'elle ne pourrait simplement mettre l'homme sur la planche. Il faudrait pour cela le maintenir dessus et donc trouver une forme de cordage pour cela. Ce fut Hly'tha qui trouva la solution avec du raphia. Heureusement pour les deux jeunes filles, l'homme était un marchand et il avait donc toutes sortes de curiosités utiles. Bien sûr, la découverte du raphia n'avait pas la même poésie que les pierres qu'elles avaient trouvées plus tôt, mais il présentait une utilité plus importante dans la situation présente. Avec cela, elles allaient réussir à attacher l'homme à la planche obtenue ! De cette manière, il ne risquait pas de retomber. Hly'tha s'inquiétait un peu de savoir si elles allaient réussir à l'amener jusqu'au village. Leur litière de fortune allait faire l'affaire, mais il fallait espérer que l'homme ne serait pas trop lourd. Après tout, elles n'étaient que deux jeunes filles à peine entré dans l'adolescence. Même si elles étaient habituées à vivre en pleine nature, elles n'étaient pas douées d'une grande force physique capable de soulever un poids bien supérieur à elles.

Eden'el en haussant les épaules, affirma qu'il allait bien falloir qu'elles trouvent la force de le ramener, car elle ne voyait pas d'autres moyens. Hly'tha ne pouvait qu'approuver. Elle-même, qui pourtant avait l'imagination fertile, ne voyait pas d'autres idées pour accomplir le plan de sa jeune sœur. Il fallait falloir se contenter de ce qu'elles avaient. Elles allaient simplement devoir compter sur leur force physique et morale, car il n'y avait pas d'autres moyens à portée. Elles ramenèrent le matériel pour la litière improvisée vers l'homme blessé. Cependant, Hly'tha ne souhaitait pas s'approcher à nouveau de l'homme. Sa première rencontre avec lui l'avait convaincu qu'il valait mieux ne pas trop s'en approcher. Elle ne voulait pas risquer qu'il l'attrape à nouveau par la cheville et la fasse tomber à terre. Hly'tha pressa donc Eden'el d'aller lui expliquer ce qu'elles comptaient faire. Elle était persuadée que la voix douce de sa sœur ne pouvait qu'apaiser l'homme et leur permettre de le mettre sur la planche sans qu'un autre incident ne soit à déplorer.  Eden'el expliquait le comportement de l'homme par de la panique et si Hly'tha était toute disposé à la croire, ce n'était pas une raison suffisante pour qu'elle l'approche à nouveau avant d'être sûre qu'il ne lui referait pas le même coup que précédemment. Elle préférait être certaine de pouvoir le traîner jusqu'à la planche sans encombre. Eden'el s'exécuta tout de même et se rendit vers l'homme pour lui expliquer leur plan. Elle n'eut pas d'autre réponse qu'un râle de souffrance difficile à interpréter. Elle se retourna pourtant avec les traits crispés vers Hly'tha pour lui demander de s'approcher. C'était le moment. Elle décida de le prendre par les épaules et ce fut avec difficulté qu'elle parvint à le mettre sur la planche. Il n'était pas tout léger et il semblait qu'à chaque mouvement, elle ne faisait que réveiller ses douleurs qu'il exprimait alors avec force de cris. C'était assez dérangeant de l'entendre souffrir à ce point-là sans pouvoir faire quoique ce soit pour atténuer sa souffrance. Hly'tha se rassurait en se disant qu'elles allaient l'amener au village et qu'ainsi il aurait plus de chance de guérison.

Ce n'est qu'une fois installé, que sa sœur et elle purent l'attacher avec le raphia. Lorsque ce fut fait, elles prirent chacun un côté de la planche et tentèrent de la tirer, mais ce ne fut pas une réussite. Elle retomba vite sur le sol et un nouveau cri de douleur émergea de la part de l'homme qu'elles avaient placés dessus. Pourtant, loin de se laisser démonter par cet échec, les sœurs Lumnar recommencèrent l'opération jusqu'à trouver la bonne combinaison de coordination pour pouvoir le tirer jusqu'à leur village. Il n'y avait rien qu'elles ne pouvaient accomplir à elles deux, tant qu'elles y mettaient tous leurs moyens. Bien sûr, cette solution ne rimait pas avec rapidité. Il fallait faire attention au chemin, aux mouvements et prendre en compte le poids de l'homme et de la planche. Pourtant, c'est sûrement qu'elles reprenaient le chemin connu de la maison. C'est à ce moment-là que Hly'tha avait repris la parole pour détendre l'atmosphère avec une de ses plaisanteries, dont elle avait le secret. Elle savait que toute cette aventure avait été riches en rebondissements. Au final, maintenant qu'elle sentait la fin de tout cela arriver rapidement, elle trouvait qu'elles s'en étaient bien sorties. Les vraies aventures avaient un sel que ne pourraient jamais avoir même la plus recherchée des histoires. Cela lui avait permis de chasser un instant le spectre noir que représentait la Cérémonie. Un instant, il n'y avait eu qu'elle et sa sœur affrontant des événements incroyables. C'était cela que Hly'tha voulait vivre chaque jour. Elle souhaitait une vie pleine d'aventure et de magie où elle serait accompagnée fidèlement par sa jeune sœur. Ce serait la meilleure des vies. Pourtant, il lui était encore impossible de savoir comment les choses allaient tourner. Tout se déciderait une fois la Cérémonie passée. On en revenait toujours à cela. C'était l'événement marquant de chaque jeune oradien et Hly'tha savait que ce serait le cas pour elle aussi. Personne n'y échappait vraiment.

Chassant ses sombres pensées de son esprit, la jeune femme se demanda tout haut, ce que cette aventure et l'inconnu qu'elles ramenaient avec elles, allait leur apporter comme remontrance de la part de leurs parents. Les adultes ont une façon toute particulière de voir le monde. Même si les parents des deux jeunes filles étaient assez laxistes avec leur aînée, il fallait avouer qu'elle avait bien besoin parfois d'un main ferme pour éviter qu'elle ne s'éparpille de trop. Selon Eden'el, il était certain qu'elles n'allaient pas échapper à une remontrance pour être arrivé aussi tard, mais il ne ferait aucun doute que cela serait vite éclipsé par l'homme qu'elles traînaient jusque chez elles. En effet, son état requerrait toute l'attention générale. Ce qui n'était pas plus mal. Hly'tha avait en horreur les remontrances quelconques. Personne n'aime cela de toute manière. Il fallait être fou pour rechercher les semonces ou le blâme. Hly'tha ne faisait pas partie de ces gens-là. Pourtant, ce qui toucha le plus sa sœur ce fut les mots qu'elle avait prononcés après sa question, sur le fait que cette aventure risquait bien d'être la dernière entre elles. Eden'el ne voyait pas ce que cela apporterait vraiment comme changement. Hly'tha retrouvait un peu en elle, la nonchalance qu'elle avait eu autrefois lorsqu'un des jeunes du village partait à la capitale du continent pour passer sa Cérémonie. Oui, c'était un événement important, mais une fois que c'était fait, il n'y avait pas grand-chose à en retirer de plus. Cependant, maintenant qu'elle se trouvait dans cette situation, elle voyait les choses autrement. La Cérémonie prenait un ton plus solennel. Tout ne se passait pas toujours bien : il y avait eu des morts quelques fois et certains n'avaient pas eu le même élément que leurs parents. Tout le monde agissait comme s'il était évident qu'elle serait marquée de l'élément Terre. Après tout, elle avait une affinité particulière avec la forêt. N'était-ce pas un signe ? Hly'tha ne savait trop quoi en penser, mais elle admettait qu'elle redoutait un peu l'événement. De plus, une fois passée, l'enfance serait définitivement derrière elle. On attendrait d'elle qu'elle agisse en adulte. Plus rien ne serait pareil.

« Je pense qu'on attendra de moi bien plus qu'aujoud'hui, Eden. Le passage de la Cérémonie passée, on attendra de moi que j'agisse en adulte. Cela me laissera probablement moins de temps pour moi. » Soupira Hly'tha. « Regarde ce qu'il est arrivé au fils du forgeron ? Depuis qu'il a passé sa Cérémonie l'année dernière, on ne le voit plus. Il a décidé de reprendre la suite de son père et il passe ses journées à la forge. Autrefois, il passait tous son temps avec nous. »

Il y avait une certaine amertume dans la voix de Hly'tha. La jeune fille ne voulait pas se forcer dans une voie qui lui faisait horreur. Elle souhaitait rester libre de ses choix et de ses désirs. Cependant, elle savait qu'il existait une certaine forme de pression sociale qui imposait aux jeunes adultes de vite répondre aux attentes qui pesaient sur eux, une fois ce stade atteint. Ce n'était pas une pression visible, mais qui se faisait tout de même sentir. Nul ne pouvait vraiment y échapper. Hly'tha savait que sa famille n'était pas du genre strict et que ses parents n'allaient pas changer du jour au lendemain une fois que la Cérémonie serait terminée. Cela viendrait principalement de leur entourage. Vivre dans un village a de nombreux avantages, mais aussi certains inconvénients. Le principal désagrément est que l'on n'est pas seulement l'enfant de ses parents, mais de tout le village et qu'à ce titre, les autres habitants estiment avoir le droit de porter un jugement sur telle ou telle action. Hly'tha avait été assez chanceuse jusque-là. En vérité, elle aimerait aussi que rien ne change jamais. La vie qu'elle menait aujourd'hui lui convenait parfaitement. Oh, il y avait bien quelques points qu'elle aimerait améliorer, mais dans l'ensemble, elle préférait garder ce qu'elle possédait déjà et juste y ajouter ce qu'il manquait à ses yeux, dans son quotidien. Hly'tha ne trouvait pas qu'elle était trop gourmande ou qu'elle en demandait trop en formulant ce vœu. Sa vie d'adulte représentait encore tout un chemin sombre et incertain. Lorsqu'elle essayait de faire taire ses appréhensions, ces dernières revenaient en nuit la voir dans ses rêves. D'une certaine manière, elle savait que tout cela ne prendrait fin qu'après la Cérémonie. Elle serait enfin fixée. Mieux valait connaître le chemin que d'être toujours dans l'attente de son futur. Une fois qu'elle saurait dans quelle direction on l'attendait, alors elle pourrait agir. Pour le moment, elle devait simplement attendre l'événement de la Cérémonie. Cette attente la rongeait plus qu'elle ne voulait l'admettre ou même le montrer. Hly'tha ne voulait pas inquiéter Eden'el avec tout cela. C'est pourquoi lorsqu'elle la fixa à nouveau de son regard, elle lui dédia un sourire rayonnant qui malgré tout ne montait pas jusqu'aux yeux.

« Nous verrons bien de toute manière ce qu'il arrivera. Il est inutile de se mettre martel en tête avant le jour J. Tout va bien se passer. Il n'y aura pas beaucoup de surprises et cela n'aura aucun impact sur nous deux. » Ces derniers mots elle les pensait sincèrement.

Si elle n'était pas en train de tenir la planche avec l'homme blessé dessus qui poussait de temps en temps des gémissements de douleur, elle aurait ébouriffer les cheveux de sa sœur. S'il y avait bien une appréhension qu'elle n'avait pas, c'était de perdre ce lien spécial qu'elle avait avec sa jeune sœur. Rien ne pourrait jamais y venir à bout. C'était une certitude qu'elle avait.

« Je pense que ce sera davantage mon rapport avec les autres adultes qui va changer. Ce que l'on me pardonnait pour être des facéties d'enfants, ne seront plus vus de la même façon. Tout cela va apporter des changements d'une certaine manière. » Ajouta tout haut Hly'tha plus pour elle-même que pour sa sœur.

Soudain, les lumières du village leur apparurent. Sans qu'elles ne s'en rendent compte, elles avaient fait le chemin jusqu'au village. Là, elles trouveraient l'aide nécessaire pour l'homme qu'elles transportaient. Hly'tha n'était pas mécontente de retrouver le paysage familier du village. La planche était lourde et les plaintes de l'homme étaient une musique de fond assez difficile à supporter de par l'agonie qu'elle transmettait. La jeune fille espérait que la guérisseuse parviendrait à alléger les souffrances de l'homme. Elle était aussi assez curieuse de connaître son histoire. Cela devrait attendre, car elle venait d'apercevoir les visages de ses parents à la fois heureux de les revoir, mais ayant tout de même la mine sombre qui était le présage qu'elles allaient entendre quelques semonces pour leur retard.

« Je sens que c'est une histoire dont on va entendre parler pendant un moment » Plaisanta la jeune fille à sa sœur.

Même si elle n'aimait pas se faire remettre les pendules à l'heure, elle savait qu'elle ne pouvait pas y échapper et de toute manière, il était probable que cela n'allait pas durer longtemps. Déjà leurs parents semblaient avoir aperçu l'homme qu'elle transportait. Il y avait des cris et des demandes, mais Hly'tha n'écoutait rien. Elle n'était concentrée que sur la mine de connivence qu'elle partageait avec sa sœur. Pour un peu, elle éclaterait bien de rire. Cet épisode serait un nouveau secret entre elles. Elles auraient beau expliquer ce qu'il s'était passé, il y aurait tous ces petits riens particulier qui faisaient la beauté de leur lien et qui ne pouvait vraiment se partager avec d'autres. Ces souvenirs pouvaient faire fuir toutes pensées noires.



CSS par Gaelle

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~#~Sujet: Re: [Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar Dim 1 Oct - 23:05

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Eden'el Lumnar


The islander
Le blessé possédait tout un tas de matériaux : précieux ou pratiques, pour son voyage qui nous facilitèrent grandement la tâche de le ramener au village. S'il s'était agit d'un cavalier seul, nous aurions probablement eu plus de mal et nous nous serions peut-être découragées à trouver une solution autre que l'aller-retour au village pour lui amener de l'aide. Les renforts auraient tardé à arriver et le voyageur aurait sûrement succombé à ses blessures dont seule la vision suffisait à retranscrire l'atrocité de ce qu'il pouvait ressentir. Je n'avais pas l'estomac fragile, mais ce sang et ces plaies avaient de quoi me faire pâlir.... Jamais je ne pourrais être soigneuse : voir ce genre de blessures m'éprouvait grandement. Sûrement était-ce dû à mon empathie un peu trop poussée. Je partageais bien trop vite ce que les autres pouvaient ressentir... Ce qui me liait inéluctablement à eux et me forçait paradoxalement à m'en éloigner. Un peu comme si inconsciemment je souhaitais me protéger. C'est peut-être pour cela que je ne parvenais pas à me faire beaucoup d'amis : ce retrait dont je faisais preuve pour ne pas dépendre des autres. Je trouvais ça idiot... Les autres avaient tous quelque chose de bon à m'apporter. Il me fallait travailler sur ça et m'ouvrir plus sincèrement.

Tant que j'avais Hly'tha avec moi, je ne me posais pas trop de question sur ma vie avec les autres. Elle me suffisait et me suffirait jusqu'à la fin de mes jours : j'en étais persuadée. Je nous voyais difficilement être séparées. Quand bien même nous finirons par vivre dans des maisons séparées, ce ne sera jamais ailleurs que dans le même village. Village où nous étions heureuses, toutes les deux. Enfin... Quelque part, je n'étai spas sans ignorer les rêveries de ma sœur : le voyage, l'aventure. Certes, ça donnait envie. Mais je ne voulais pas croire que si un jour le choix se faisait : entre un tour de Gorka et moi, qu'elle ne me choisirait pas. Eden sans Hly'tha, c'était impensable et même risible à mes yeux. « Je pense qu'on attendra de moi bien plus qu'aujourd'hui, Eden, répondit Hly'tha à ma question. Le passage de la Cérémonie passé, on attendra de moi que j'agisse en adulte. Cela me laissera probablement moins de temps pour moi. » Cette remarque me fis froncer les sourcils. Elle pourrait rester enfant. Nous le pourrions toutes les deux... Les grandes personnes se disaient adultes parce qu'elles engageaient des responsabilités, prenaient des décisions, mais rien n'empêchait Hly'tha de garder son âme d'enfant à côté. Je suis sûre qu'il est possible d'allier les deux états : adulte et enfant. Responsable et rêveur. Travailleur et joueur. « Regarde ce qu'il est arrivé au fils du forgeron ? Depuis qu'il a passé sa Cérémonie l'année dernière, on ne le voit plus. Il a décidé de reprendre la suite de son père et il passe ses journées à la forge. Autrefois, il passait tous son temps avec nous », invoqua Hly'tha en exemple. Je haussai les épaules. C'est vrai... Le travail que nous faisions pour aider nos parents n'était pas comparable au travail de toute une vie. On bricolait plus qu'autre chose, finalement... Mais peut-être que lui ne voulait pas garder son âme d'enfant. Peut-être n'avait-il pas nos rêves.

Au fond, je savais que Hly'tha trouverait un moyen de garder cette étincelle qui l'animait aujourd'hui. Après tout, ce n'étaient pas quelques jours passés à Dahud qui faisait d'un enfant un adulte ! Ça devait prendre un certain temps. Une évolution bien moins rapide que ce qu'elle évoquait. Je restais confiante, pensant qu'au retour de sa Cérémonie, elle serait comme aujourd'hui : pétillante et curieuse, dynamique et aventurière, prête à créer un monde tout entier pour que nous y devenions reines. « Nous verrons bien de toute manière ce qu'il arrivera. Il est inutile de se mettre martel en tête avant le jour J. Tout va bien se passer. Il n'y aura pas beaucoup de surprises et cela n'aura aucun impact sur nous deux », me rassura-t-elle toutefois. Je lui rendis son sourire, à nouveau confiante. C'était bien ma sœur. Et toute deux, nous étions bel et bien invincibles ! « Je pense que ce sera davantage mon rapport avec les autres adultes qui va changer. Ce que l'on me pardonnait pour être des facéties d'enfants, ne seront plus vus de la même façon. Tout cela va apporter des changements d'une certaine manière. » Elle avait sans doute raison. Je ne pourrais peut-être plus la couvrir comme avant, on la tiendrait plus responsable. Bien que ça ne soit pas un mal objectivement parlant, cela m'attristait tout de même. Je n'aimais pas que Hly'tha soit réprimandée... Elle faisait souvent des bêtises, certes, mais ça n'était jamais en pensant réellement à mal.

Les mètres défilant, nous finîmes par atteindre le village. Au loin vacillaient les lanternes de lucioles qui éclairaient le chemin et les maisonnées. Toute en sueur, je me redonnai courage pour tenir jusqu'à la fin du trajet. Que cet homme était lourd ! Ses gémissements s'étaient taris mais il souffrait encore... Nous devions nous hâter. Au loin, nous discernâmes nos parents, rassurés mais lourds de cette colère qui allait nous coûter une réprimande à toutes les deux. « Je sens que c'est une histoire dont on va entendre parler pendant un moment », lança Hly'tha d'un ton léger. « Sans aucun doute », approuvai-je, quelque peu essoufflée par la route que nous avions parcouru. Rapidement, des personnes furent alertées, remarquant l'homme que nous traînions sur cette planche. Malgré les regards noirs de nos parents, Hly'tha et moi restions silencieuses. On vint récupérer l'inconnu pour lui porter secours. Des questions volèrent mais furent arrêtées par nos parents qui nous grondèrent. Leur blâme sentait l'inquiétude qu'ils avaient eu de ne pas nous voir rentrer plus que notre escapade en elle-même. Doucement, je vins glisser mes doigts dans la main de ma sœur et respirai. Croisant son regard, je sentis un sentiment d'apaisement qui la traversait. Comme si ce contact et ce regard présageait que tout irait bien. N'écoutant que d'une oreille, je serrai sa main un instant, me retenant de sourire devant nos parents énervés. Le détail de notre aventure passerait sûrement dans notre boîte à souvenir épiques, ferait peut-être un nouveau dessin de Hly'tha ou une nouvelle chanson. Et toutes ces petites peurs, petites galères et belles surprises resteraient gravées dans notre cœur. Tant que nous aurions ça, alors tout irait bien. À ce jour, j'en étais plus que persuadée.

@Hly'tha Lumnar ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1152 mots
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[Flashback] The Islander ☙ Hly'tha Lumnar
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