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Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva

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~#~Sujet: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Mar 2 Mai - 1:03


Tendres confidences

Rhenis Kunan & Brehn Shöva


"À nos retrouvailles annuelles !" m’exclamai-je en trinquant ma choppe d'hydromel avec celle de Rhenis. J'étais si heureux de la retrouver comme chaque année depuis notre plus tendre enfance lors de la fête dédiée à Glorë. Cette fois-ci elle était venu plus tôt et restera donc plus longtemps, pour mon plus grand bonheur. D'ailleurs, je fus bien étonné lorsque j'ai entendu dans la matinée, les cuivres chanter suivi de l'annonce éloquente d'un garde: "Madame Rhenis, de la maison Kunan". Je ne m'y attendais pas le moins du monde et je me souviens qu'à ce moment-là, j'étais plongé dans des affaires budgétaires des plus ennuyeuses. L'excitation était telle que je balayai d'un revers tous les parchemins présents devant moi en voulant me précipiter pour rejoindre Rhenis quelques étages plus bas dans le hall d'entrée. Je ne pris même pas le temps de remettre mon bureau en ordre, je voulais être l'un des premiers, si ce n'est le premier, à saluer Rhenis. Après avoir descendu les escaliers à en perdre haleine, je pus voir la jeune Eau encore sur son destrier. Malgré son capuchon, je pouvais la reconnaître entre mille: elle est dotée d'une rare grâce, qui va par ailleurs tout à fait à sa famille, qui est en lien direct avec les Drogon; le raffinement était dans leur sang. Elle descendit de son destrier avec élégance et nos regards se croisèrent. Je la rejoignis avec hâte et nous nous étreignîmes fortement comme deux amis qui ne s'étaient pas vus depuis bien longtemps... Après quoi elle me regarda avec un sourire farceur: elle se réjouissait de mon état mêlant excitation et étonnement; elle me connaissait bien et savait pertinemment comment j'allais réagir. Sans tarder des rires s'échappèrent pour exprimer plus simplement qu'avec des mots notre bonheur de se retrouver... Les Drogon ne tardèrent pas à arriver pour accaparer la jeune Kunan. Je ne la retrouverai qu'au soir car je n'avais pas planifié sa venue et il me restait tout un tas de paperasses à gérer...

Après le repas, comme à notre habitude, nous nous retrouvâmes en fin de soirée dans un bar proche du palais, dans la Rue Passante. Il était bien coté même s'il était rare de voir des nobles de notre rang le fréquenter. En fait, c'est l'un des bars les plus atypiques que je connaisse car on y retrouve avec harmonie de nombreuses classes de la société comme les marchands, les artisans, la petite noblesse ou encore les voyageurs... Il devait sûrement cela à son atmosphère apaisante et rappelant à chaque recoin notre beau pays, Vainui... mais il va sans dire que le propriétaire était la pièce maîtresse de cette taverne. C'est un homme d'une grande culture, acquise justement grâce à la diversité des clients fréquentant son établissement. En outre, il a ce charisme et cet esprit de fraternité typique des Eau qui permet d'unir en toutes circonstances les clients autour d'une bonne pinte. Pourtant cette soirée-là n'allait pas être aussi festive que d'habitude. Ce n'était pas la faute de l'ambiance de la taverne, qui tenait sa réputation, ni à la qualité des alcools servis, qui sont  du reste, exquis... Le problème était tout autre, il venait de moi. Quelques jours plus tôt, je venais de déclarer mon amour pour Nymeria et même si cela s'est plutôt bien passé, je ne pouvais m'empêcher de ne pas être satisfait. Je n'arrivais pas à me résoudre de vivre un amour caché aux yeux de tous qui du reste, ne pouvait finir qu'en amour platonique. J'étais complètement obnubilé à trouver des solutions viables pour que Nymeria et moi n’ayons pas à étouffer nos sentiments, si bien que l'excitation de l'arrivée de Rhenis avait déjà laissée place aux ruminations destructrices. J'essayai tant bien que mal de cacher mon état presque dépressif à la vue de mon amie bien qu'une voix intérieure me conseillât de livrer tout ce poids à quelqu'un de confiance. Il est vrai que Rhenis et moi avions depuis tout jeune une relation nature, et sans équivoque. Nous nous sommes toujours confié l'un à l'autre, mais malgré tout je n'étais pas prêt à livrer un si lourd secret. Au-delà des risques que j'encourais - même si j'ai entièrement confiance en elle -, je ne voulais pas trahir Nymeria. En soi, nous nous sommes promis de garder le secret qu'importent les circonstances, et même s'il y avait une certaine légitimité dans cet acte, il m'était impossible de rompre ce serment. D'autant plus, que j'espérai profondément que Nymeria fasse de même si elle était à ma place.

Tout en buvant notre première choppe d'hydromel, je me convins de ne pas céder à la tentation. Et puis, ce n'est pas comme si nous n'avions rien d'autres à nous dire. Après nos premières gorgées, je trouvai le courage de lancer la discussion pour que celle-ci s'axe sur Rhenis: "Alors, tu ne m'as pas dit tout à l'heure quel bon vent t'amène si tôt au palais ?" Rapidement après ces paroles je pris à nouveau quelques gorgées d'hydromel pour m'aider à me détendre; je ne voulais pas partager l'angoisse qui me rongeait. Heureusement que l'alcool répond toujours présente pour nous faire oublier tous nos maux, cette fois ne fut pas une exception. La discussion prit la tournure que je voulais: Rhenis brossait le portrait de la vie qu'elle menait actuellement à Dahud et de celle qu'elle aimerait vivre prochainement. L'ambiance grandissante dans la taverne accompagnée de l'ivresse des pintes d'hydromel que l'on enchaînait me mettait de plus en plus à l'aise. Je pus enfin profiter de l'atmosphère et des décors dans lequel nous nous trouvions: les gens parlaient assez fort, sûrement parce qu'il y avait beaucoup de monde, cependant personne ne criait. L'eau des petits aquariums et de la fontaine centrale aidaient certainement à tranquilliser les esprits. D'autre part, les poissons qui s'y trouvaient, sont vénérés par tout Vainuin qui se respecte; personne n'oserait mal se comporter devant ces êtres bénis. J'esquissai un sourire devant ce tableau que je voyais enfin à sa juste valeur: Rhenis, mon amie d'enfance, le beau cadre et l'atmosphère qui y règne et l'alcool... Ce sourire gagna en intensité lorsque le propriétaire des lieux dit d'une voix gaillarde: "Tournez générale pour fêter les préparatifs de la fête de Glorë !"





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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Jeu 11 Mai - 4:31


TENDRES CONFIDENCES
brehn shöva & rhenis kunan
Tu as dû quitter Lucrezia plus tôt que tu ne l’avais cru. Habituellement, tu ne quittais la cité que dans la seconde semaine de la Douzième Lune pour assister aux festivités données en l’honneur de la déesse Glorë au château du cousin de ton père, le roi Andar. Et voilà que peu après la mi-mois de la Onzième Lune, ton père te demandait de quitter les tiens pour mettre le cap sur le nord. Suite à la mort d’Osrian Thenkar, le beau-frère de Thrad Birghild, Lucrezia était plongé dans un état de chaos des plus total. Laisser les rennes de la sécurité à un tiers en cette période, même s’il s’agissait de ton frère, de Levan, de ta moitié, ça ne te plaisait guère. Le fait est que ton père avait préparé un message important adressé au roi et avait insisté pour que tu quittes Lucrezia pour te rendre dans la capitale du nord afin de délivrer le message en main propre. Pas un messager. Pas Nash. Pas Levan. Toi. Et bien que ça t’aie fait serrer les dents et frémir de colère, tu avais obtempéré à la demande de Nehko. C’était lui, le représentant en chef. Et ton frère pourrait tout à fait assumer tes responsabilités pendant ta longue absence.

Aussi, tu avais emballé tes effets et, suivie de deux gardes, d’une de tes dames de compagnie et d’une servante, vous vous étiez mis en route vers le nord, vers Vainui et son éblouissante capitale. Et bien que vous ayez rencontré des difficultés sur la route, vous étiez finalement parvenus à la capitale au bout de six longs jours de chevauchée. Encapuchonnée dans une longue cape bleu royal doublée de fourrure blanche, tu avais troqué tes atours cérémonieux pour des vêtements plus fonctionnels. C’est-à-dire un pantalon sombre, une chemise blanche et ample et un corsage bleu foncé qui mettait ton regard pâle et ta chevelure dorée en valeur. Et même fatiguée et essoufflée, tu gardais ce port de tête caractéristique à ton rang qui te conférait une grâce et une beauté réputée à travers les terres du nord comme le reste d’Oranda.

Vous ralentissez l’allure en pénétrant dans la cité. Attrapant ta gourde accrochée à la selle de ta monture, tu avales une longue goulée avant de la tendre à ta servante qui a été blessée à la jambe au cours du périple. « Ça va, Gidris ? » que tu t’assures en plongeant ton regard bleu dans celui de la jeune fille qui acquiesce. Au froncement de ses sourcils, tu sais que la plaie continue de la faire souffrir, mais qu’elle ne s’accordera pas de repos avant que vous soyez installés au palais. Tu te retournes vers les deux soldats qui vous accompagnent avant d’héler un d’entre eux : « Attal, force l’allure… Fais-nous annoncer au château, » que tu ordonnes d’une voix calme et posée. Le soldat te gratifie d’un hochement de tête bref avant de talonner son cheval dans les rues étroites de la capitale. Tendant la gourde à ta dame, vous soufflez quelques instants avant d’amorcer votre ascension au pas vers le château d’Andar Drogon. Tu n’as jamais été très proche de tes cousins du nord. Il faut dire que tu ne leur rendais pas très souvent visite. Autrefois, c’étaient les responsabilités de tes parents qui te gardaient à Dahud. Aujourd’hui, c’étaient les tiennes.

Lorsque tu pénètres dans la grande cour, tu ne tardes pas à apercevoir la mine réjouie de ton vieil ami Brehn. Le jeune conseiller et toi vous connaissez depuis de nombreuses années. Tu étais probablement plus proche du Shöva que tu ne l’étais de ta petite cousine Nymeria… Prestement, tu sautes à terre. Si quelque chose pouvait te réjouir de ton arrivée précipitée à Vainui, c’était bien lui. Sous son regard pâle et joyeux, tu esquisses un immense sourire malicieux. Sa joie lorsqu’il me voyait arriver me réchauffait le cœur. Même mon frère ne se permettait plus ce genre de démonstrations d’affection depuis son mariage avec Aessa. Heureusement que j’avais sa petite Lynta pour m’accueillir avec ses cris et ses sourires lorsque je regagnais le palais des représentants… « Si tu savais comme je suis contente de te revoir, Brehn ! que tu déclares en souriant largement, une étincelle de plaisir dans le regard. Rendez-vous à l’Hippocampe Fringuant, comme à l’habitude ? J’ai plein de trucs à te raconter. » Avant qu’il n’ait eu le temps de répondre clairement, le roi et la reine émergent dans la cour, s’approchant de vous. Tu te défais des bras de ton vieil ami avec un clin d’œil avant de te diriger vers eux. « Excusez ma tenue, Votre Majesté. La route a été difficile... » Après avoir échangé les formules de politesse d’usage, tu es invitée à pénétrer dans le palais où le roi et son épouse t’invitent à t’installer et te restaurer avant de manger un repas en leur compagnie. Après avoir quitté ton ami du regard, tu sais que tu ne pourras plus le revoir avant votre rendez-vous habituel dans cette magnifique taverne où vous vous retrouvez chaque fois que tu reviens dans le nord.

L’établissement était réputé chez les clients fortunés pour sa magnificence et son ambiance tranquille contrairement aux autres tavernes qui étaient parfois tellement animées qu’il était difficile de s’entendre lorsqu’on tentait de converser. « À nos retrouvailles annuelles ! » qu’il s’exclame, vos pintes remplies d’hydromel s’entrechoquant joyeusement. Et bien que tu saches que ton arrivée précoce rendait ton ami très heureux, tu sentais que son excitation était retombée. Depuis votre arrivée à l’Hippocampe Fringuant, Brehn semblait songeur, préoccupé… « Alors, tu ne m’as pas dit tout à l’heure quel bon vent t’amène si tôt au palais ? »

Tu hausses les épaules avec nonchalance avant de l’informer : « On m’envoie porter une missive importante au roi. Je ne sais pas pourquoi mon père était si entêté à vouloir m’envoyer dans le nord alors que les choses vont si mal à Lucrezia, mais je n’ai pas vraiment eu le choix d’accepter… » Parce que quand Nehko Kunan ordonnait quelque chose, ses demandes n’entendaient pas toujours à la réplique. Et avec les récents événements, tu avais compris qu’il n’était pas d’humeur à voir ses décisions contestées. « Si tu voyais la cité, Brehn… Jamais je n’aurais cru que la mort d’une personne pouvait causer autant de remous jusque dans la vie même du petit peuple. Bref… mon père et le roi s’échangeront plusieurs missives dans les prochaines semaines. Il semblerait que je serai amenée à voyager entre Ibaï et Lucrezia à maintes reprises entre aujourd’hui et la fête de Glorë. Mais parlons d’autre chose… la politique me mine le moral, depuis quelques temps. »

Vous vous étiez installés plutôt près de la fontaine centrale où des poissons colorées nageaient paisiblement. C’était ce que tu préférais de l’Hippocampe Fringuant. Le sourire de ton compagnon s’élargit lorsque le propriétaire de la taverne déclare joyeusement : « Tournée générale pour fêter les préparatifs de la fête de Glorë ! » Ton esprit s’échauffe et tu pars d’un rire cristallin en acceptant un coupe de bière qu’une serveuse te tend. D’un trait, le regard bien planté dans celui du conseiller, tu vides ta chope d’hydromel à grandes gorgées. Tu te permets rarement ce genre de folies. À Dahud, tu as un rôle trop important pour te permettre de t’amuser. Ça devenait souvent ennuyant. Heureusement que Fauve était là pour t’aider à écouler certaines soirées… « Allez, prends-en encore ! Amusons-nous pour une fois ! » que tu ordonnes d’un ton joueur en poussant la coupe de vin vers Brehn. « La vie et les responsabilités auront tôt fait de nous enlever ce droit. Alors profitons-en pendant que nous le pouvons encore ! »
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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Jeu 11 Mai - 23:35


Tendres confidences

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Suite à l'annonce du tavernier, les musiciens se mirent à jouer de plus belle. L'on pouvait entendre des musiques typiques vainuines, emplies d'émotions et entraînantes quoique justement dosées pour ne pas couvrir le son de nos paroles. Ils étaient assez loin de nous, je ne pus les compter, peut-être bien quatre. En tout cas, je pouvais entendre une sorte de guitare, un tambour, et une à deux flûtes. Je me laissai gagner par la musique et me surpris à taper du pied en rythme... Je jetai un regard en coin près de moi pour observer les poissons qui semblaient nager en rythme avec la mélodie jouée; chose sûre, ils n'étaient pas perturbés par tant de sons différents.

Une serveuse passait près de nous pour nous apporter ce que le maître de l'Hippocampe Fringuant venait de nous promettre. En acceptant une pinte de bière Rhenis se mit à rire sans réelle retenue, pour mon plus grand étonnement même si j'attendais ce moment comme à chaque fois. Nous sommes semblables sur bien des points, et celui-là n'y échappait pas: bien que dotée d'une grande prestance et d'un raffinement digne des plus grands, elle savait mettre de côté cette attitude et se lâcher sans honte dans les lieux où l'on le pouvait. Je ne sais pas si elle le fait avec tout le monde, mais je l'ai vu rire de nombreuses fois de la sorte depuis notre enfance. Malheureusement ces moments étaient de plus en plus rare, Rhenis semblait se durcir à mesure qu'elle prenait ses responsabilités pour devenir représentante des Eau. J'imaginais sans mal, la pression que Rhenis se mettait sur les épaules, pour sa famille, pour sa patrie et puis pour elle... C'est un rôle bien particulier à gérer, presque bâtard j'aurais envie de dire: à la fois on doit représenter du mieux notre pays mais sans le cotoyer ou très rarement. Enfin, en tant que femmes - même si les moeurs sont assez peu machistes - il y a toujours de nouvelles difficultés qui s'ajoutent. Rhenis est une femme forte et je ne doute pas un instant de ses capacités pour réussir son devoir, et même si elle ne s'entendait pas particulièrement avec Nymeria, je sais qu'elles feront un travail exemplaire. Pour autant, endurcie ou non, Rhenis semblait plus que jamais vouloir profiter de la soirée. Entre son rire et le regard joueur qu'elle pouvait me lancer, il n'y avait aucun doute là-dessus. D'ailleurs, pour une fois cette ressemblance que nous partageons, n'était plus flagrante et elle dût me motiver tant bien que mal pour que je la suive. Cela était dû à mon état déprimé certainement. En outre, elle paraissait avoir banni toute limite. Du moins, pas celles que nous avions malgré tout l'habitude de nous donner.

"Allez, prends-en encore ! Amusons-nous pour une fois !" me lança-t-elle d'un air enjoué tout en poussant une coupe de vin que la serveuse avait aussi posé sur la table en plus de la bière. Je me laissai influencer par l'ardeur dont faisait preuve Rhenis, mon excitation regagnait petit à petit mon être. En outre, entre l'ennuyante et fatigante journée de travail que je venais de passer ainsi que la situation dans laquelle je me trouvais avec Nymeria, j'avais bien besoin de me lâcher un peu. Rhenis devait avoir senti que j'étais préoccupé si bien qu'elle me relança comme pour s'assurer que je fasse le pas: "La vie et les responsabilités auront tôt fait de nous enlever ce droit. Alors profitons-en pendant que nous le pouvons encore !" Elle a bien raison pensais-je intérieurement... C'est vrai que suite à l'accident qui s'était produit au bal des représentants, la tension était palpable même au-delà de Dahud. Tout le monde avait conscience que les temps étaient en train de changer, au point même que l'affrontement entre pays était une éventualité. Cela ne m'enchantait guère, moi qui voudrais avec ma bien-aimée ouvrir les frontières pour pouvoir voyager et découvrir la totalité d'Oranda en tout impunité... Enfin, ce n'était même pas le plus important; je craignais par-dessus tout pour la sécurité de la Princesse. Je n'ai pas d'expériences dans la guerre, nous avions été préservés de celle-ci jusqu'à maintenant et j'espère que cela durera encore. Mais grâce aux cours d'histoire que j'ai pu avoir plus jeune, j'ai pu tout de même m'en faire une idée: la guerre semblait la perfidie incarnée, personne n'était en sécurité... pas même les dirigeants. Finalement, ce n'était pas les plus forts sur le papier qui gagnait mais bien les plus fourbes et sans valeur. Il n'y a qu'à voir le coup d'État de Sven Ramose... En réalisant la portée de ses pensées noires, j'y mis fin en finissant cul sec ma coupe de vin. "Tu n'as pas tord, nous en serons sûrement contraints par la force des choses un jour ou l'autre" osais-je dire en regardant au loin, pensif. À ce moment précis je m'imaginais avec Nymeria sur le trône en train de subir les cérémonieuses modalités qui pourraient nous attendre. Toutefois, amusé, j'esquissai un sourire... je nous voyais tout autrement, comme des dirigeants, marginaux mais sérieux, qui n'ont pas peur de s'abaisser à ce que la majorité des Rois ne feraient pas habituellement, pour pouvoir nous élever ailleurs. Tout cela n'était que chimère, mais il valait mieux garder précieusement ses rêves sans quoi la vie serait bien fade.
Une autre serveuse s'approchait de moi, et je lui demandai poliment, deux nouvelles coupes de vin. "Celles-là seront pour moi" déclarai-je sur le même ton amusé que Rhenis avait employé plus tôt. Bien qu'il y ait beaucoup de monde ce soir-là, les serveurs n'en étaient pas moins efficaces. Je n'étais pas étonné d'ailleurs, cela faisait aussi partie des qualités de ce magnifique endroit. En trinquant à nouveau, je dis plein d'espoir: "Pour un monde meilleur..." Cette fois c'était la bonne, je voulais définitivement oublier tous mes tracas, du moins pour ce soir, et je bus ce verre sans m'arrêter. La qualité du vin m'y aidait, quoiqu'il soit bien dommage de ne pas le savourer. Il était encore tôt, et avec mon compagnon de débauche annuelle, Rhenis, nous aurons bien encore le temps de savourer des verres...

L'alcool commençait véritablement à faire son effet, je passai le cap où l'ivresse n'était plus totalement maîtrisée. Je n'aime point cet état en général, je préfère être en pleine possession de mes moyens, mais j'avais vraiment envie de me laisser pleinement aller pour ce soir. Tant pis pour la gueule de bois du lendemain et les ragots auxquels je devrais faire face à la cour... Et puis de toute façon, Rhenis avait l'air bien décidée, en tant qu'ami je ne pouvais que l'accompagner. Ce n'était pas le moment de faire le rabat-joie en essayant de la raisonner. La soirée continua sur cette lancée - à coup de choppes bien remplies - que nous ne contrôlions plus vraiment...





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Dernière édition par Brehn Shöva le Mar 11 Juil - 0:20, édité 2 fois
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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Jeu 18 Mai - 5:24


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Tu voyais bien dans son regard que Brehn était préoccupé, mais il ne tarda pas à s’emparer de la coupe de vin que lui avais tendu pour la vider cul sec avant de déclarer : « Tu n’as pas tort. Nous en serons sûrement contraints par la force des choses un jour ou l’autre. » Imperceptiblement, ton regard s’assombrit. L’une des raisons qui avaient poussé Nehko à t’obliger à porter ces messages à Vainui à la place de ton frère cadet alors qu’on avait besoin de toi à Lucrezia, c’était cette culpabilité et cette paranoïa qui t’avaient envahie depuis le bal des représentants... Depuis la mort d’Osrian Thenkar, un des membres les plus importants du clan Birghild après Thrad et son épouse, tu avais du mal à fermer l’œil. Tu passais tes nuits le regard fixé dans le noir à retourner la situation dans tous les sens. Lorsque tu tombais finalement dans le sommeil, à bout de forces, tu étais hantée par des cauchemars tous plus sordides les uns que les autres. Tu ne pouvais t’en empêcher... tu avais cette certitude d’avoir une part de responsabilité dans ce qui était arrivé ce soir-là. Un meurtrier était parvenu à se glisser parmi les invités et à faire suffisamment de dommages pour détruire tout ce que les dirigeants des différentes régions d’Oranda et les familles représentantes avaient mis des centaines d’années à bâtir à la sueur de leur front.

La tension qui régnait au palais ne faisait rien pour aider. Depuis plusieurs semaines, le palais des Kunan faisait office de terrain neutre pour les familles Birghild et Fanior qui tentaient de trouver un terrain d’entente. Malgré les efforts de ton père pour encourager le dialogue entre les deux familles, les discussions tournaient perpétuellement en rond. Tu n’y assistais pas personnellement, mais tu l’avais constaté en lisant les notes de ton frère un soir. De ton côté, l’enquête ne menait à rien. Les indices ne fournissaient rien de solide. Un lame qui avait perforé la jugulaire du représentant Terre et les vêtements d’un représentant Air souillés de sang vermeil. Malgré tout le doigté de ton père, Zalis Fanior avait fermement refusé que l’on interroge son fils pour tenter d’éclaircir les événements survenus le soir du bal. Le représentant de Sterenn persistait à affirmer que Darrel était trop confus et choqué pour pouvoir témoigner de façon suffisamment cohérente. Les Birghild voyaient ce refus d’un mauvais œil. Vous meniez néanmoins l’enquête au mieux que vous le pouviez. Les interrogatoires allaient toujours bon train, mais tu avais peu d’espoir. Toutes les personnes qui avaient travaillé aux palais ce soir-là avaient été interrogées. Plusieurs représentants de chacune des familles voyageaient pour continuer à interroger toutes les personnes qui avaient assisté au bal. Mais toi, tu ne te sentais plus en sécurité où que ce soit. À chaque instant, tu avais l’impression d’être surveillée, l’impression qu’un autre malheur encore pire que le précédent allait s’abattre sur vous... Au palais des Kunan, la sécurité avait été décuplée. Dans le quartier nord de Lucrezia, tu avais ordonné des contrôles de tatouages au minimum une fois par semaine. Et même si ta famille mettait tous ses efforts à maintenir la paix, tu avais la ferme impression que vous ne faisiez que brasser de l’eau. Vous n’y arriveriez pas.

Tu avais besoin de changer d’air. Nehko l’avait senti. Alors il t’avait envoyée là où l’air était pur, là où tu pourrais te reposer quelques jours et peut-être faire le point sur la façon de reprendre tes esprits. Il t’avait envoyée à Vainui.

Brehn a brusquement changé de ton. Il demande deux autres coupes de vin à la serveuse avant de déclarer, le regard brillant, que ces deux-là seront pour lui. Puis il trinque à un monde meilleur. À ces mots, tu sens ton cœur se réchauffer, tes prunelles s’illuminant d’une lueur de bonheur, tu renchéris : « À un monde meilleur, puissent les dieux nous aider dans ces moments difficiles ! » Tu le regardes caler sa coupe de vin en riant d’un éclat cristallin. Ton cœur s’allégeant peu à peu, tu l’imites. Avant longtemps, te voilà parmi les danseurs, performant des pas de danse de plus en plus compliqués sous les regards amusés des riches et des moins riches qui étaient venus se détendre dans la populaire taverne. L’ivresse te gagnant peu à peu, tu te rassois près de ton vieil ami. Tu sirotes un peu d’hydromel avant de dévisager ton compagnon, une étincelle de malice dans le regard. « Comment se fait-il que tu sois toujours seul, Brehn ? Et ne me dis pas que c’est parce que tu es ennuyant derrière tes chiffres et tes budgets, je ne te croirai pas ! » Tu ricanes sous le regard à la fois déconfit et amusé du grand brun. Tu continues de plus belle, la voix un peu pâteuse à cause de te langue qui s’engourdit un peu plus après chaque gorgée : « T’sais... j’ai toujours eu un peu peur du jour où mon père m’dirais... Tu t’interromps un instant, t’éclaircissant la gorge pour imiter la voix plus rocailleuse de Nehko Kunan."Rhe’, ma fille, il est temps pour toi de t’marier." Tu ris un peu plus bruyamment que tu ne l’escomptais. Mais j’eszpère... j’espère, que quand il l’fera, il m’obligera à m’marier avec quelqu’un comme toi ! » Parce que tu n’as jamais eu l’impression que tu pourrais un jour réellement tomber amoureuse de qui que ce soit. À l’âge de vingt-sept ans, les sentiments les plus forts que tu aies jamais ressentis, ils étaient pour ton frère, Levan. L’amour le plus pur qui soit, à tes yeux, c’était celui que tu ressentais pour lui. Rien ne pourrait jamais transcender ça. Adolescente, tu aimais écouter ces contes qui parlaient d’amour et d’aventures. Ces histoires savamment relatées au coin du feu parlaient souvent de l’âme sœur. Or, depuis ta jeunesse, tu savais que tu ne pourrais jamais épouser ton âme sœur. Parce que cette autre moitié de toi-même était née sous les traits d’un membre de ta famille. Et si les mariages entre cousins étaient plutôt fréquents à Oranda, ça n’était pas le cas des mariages entre frères et sœurs. Aussi, jamais tu n’avais révélé la teneur de tes sentiments à Levan. Tu n’avais jamais caché l’aimer profondément, mais jamais tu ne lui avais dit clairement que ton amour pour lui allait bien au-delà de l’amour fraternel.

Aussi, tu t’étais résolue à vivre une vie sans amour, à devoir épouser un jour un homme qui serait, au mieux, un ami et un partenaire. Quelqu’un comme Brehn. Un homme simple qui jamais ne viendrait essayer de miner ton importance dans l’univers politique de Dahud. Un homme bon et honnête qui saurait choisir les mots pour te rassurer. Un homme né dans une bonne famille. Pas nécessaire lui, mais un homme comme lui. « Allez... me dis pas que ça te travaille pas... ! » Accoudée à la table, le menton déposé dans la paume de ta main, tu dévisages ton ami d’enfance de ton regard habituellement perçant, actuellement embrumé par l’alcool.
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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Ven 19 Mai - 11:23


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Rhenis renchérit sans mal après avoir changé d'expression: "À un monde meilleur, puissent les dieux nous aider dans ces moments difficiles !" J'étais heureux de sa réaction. Ce n'était pas bien compliqué mais j'avais vu juste, elle cherchait un compagnon de débauche pour ce soir, de façon à s'extirper de ce monde en proie aux troubles. Cela me convenait amplement, après tout, cela ne pourrait que renforcer nos liens. Une certaine pression qui n'était pas palpable mais bien présente, finie par retomber entre nos rires et l'ambiance grandissante de ce fabuleux lieu. Les musiciens commencèrent à jouer des musiques dansantes. Rhenis m’entraîna pour me joindre avec elle aux quelques premiers danseurs qui avaient la lourde responsabilité de motiver les plus timides à se joindre à eux. J'essayai tant bien que mal de reproduire les pas déchaînés de mon amie alors que la musique devenait de plus en plus rapide. Avec l'alcool qui me montait à la tête je ne pus suivre ce véritable fauve qui était devenu le centre d'attention de toute la taverne. Et à juste titre ! Elle était magnifique à regarder: mélangeant grâce et simplicité. On pouvait sentir aussi le caractère impétueux qui habite ce petit bout de femme. Elle ne pouvait le renier, c'est une Kunan ! Quelques sifflements amicaux ainsi que des applaudissements motivaient les derniers courageux danseurs qui tentaient de se mesurer à Rhenis. Malgré tout, il n'y avait pas le moindre doute, c'était la meilleure... pour mon plus grand étonnement. Je ne l'avais jamais vu comme tel, et je ne pouvais qu'apprécier. L'épaule contre une poutre, les bras croisés, j'admirai ses prouesses comme bien d'autres d'ailleurs. Elle était le centre d'attention de tout le monde, et semblait bien apprécier cela. Tandis qu'elle dansait inlassablement, elle me lança plusieurs regards en coin avec un sourire narquois. Elle savait comment s'y prendre avec moi, je ne pouvais la laisser me narguer. Je devais me battre encore un peu, pour l'honneur sans quoi elle me charrierait bien longtemps. Nous n'étions plus beaucoup à se mesurer à elle, peut-être bien quatre ou cinq... Nous finîmes même par être plus que nous deux. Les badauds devaient apprécier notre synchronisation et entente plus qu'apparente. En même temps, cela était justifié, nous avions appris à danser ensemble petit lors des fêtes pour Glorë, puis plus tard, lors de ces mêmes soirées au bar... Survolté je finis aussi par abandonner, laissant la belle Rhenis, seule, qui continuait sans fatigue apparente. Je ne sais pas ce qui pouvait l'habiter à ce moment-là; il y avait autre chose que l'alcool.

Pendant que je me rassoyais à notre table pour me désaltérer, les musiciens enchaînèrent avec une musique plus accessible, Rhenis laissa place à de nouveaux danseurs; le pari était réussi, elle est parvenue à mettre une rare ambiance. Il faudra du temps avant que j'oublie cette soirée extraordinaire et j'imagine que c'est la même pour tous les autres. Tout en s'asseyant, elle me fixa, malicieuse. Puis, finit par me demander: "Comment se fait-il que tu sois toujours seul, Brehn ? Et ne me dis pas que c’est parce que tu es ennuyant derrière tes chiffres et tes budgets, je ne te croirai pas !" Je ne m'attendais pas du tout à cette question. Des sentiments contradictoires s'emparaient de moi: l'amusement, parce qu'il faut le dire, Rhenis avait posé la question avec humour, mais aussi l'anxiété et la tristesse que m'apportait la situation actuelle avec Nymeria. Finalement, je finis par traduire tout cela avec un rire jaune. Même avec tout l'alcool que nous avions pu ingurgiter jusque-ici, la Kunan gardait sa finesse d'esprit, et en me voyant déconfit, elle tenta de me détendre en continuant plein d'humour: "T’sais... j’ai toujours eu un peu peur du jour où mon père m’dirais... Rhe’, ma fille, il est temps pour toi de t’marier. Mais j’eszpère... j’espère, que quand il l’fera, il m’obligera à m’marier avec quelqu’un comme toi !" Bien que je ne sois moi aussi, pas très frais, Rhenis avait atteint un certain stade. Entre l'imitation enfantine de son père et son élocution douteuse, je ne pus m'empêcher de me moquer d'elle. Je pris un nouveau pichet d'hydromel histoire de pouvoir être dans le même état qu'elle mais aussi pour noyer les sentiments qu'elle venait d'éveiller en moi, et une fois resservi, je lui répondis: "C'est la trop honneur pour moi. Je ne sais pas si tu as bon ou mauvais goût mais en tout cas il me manque quelque chose pour pouvoir être le mari de celle que j'aime..." Je m'arrêtai un instant et repris le regard perdu dans les méandres de mes pensées: "Du moins... pour son père."

L'alcool qui jusque-là avait réussi à masquer mes émotions les plus douloureuses, n'était plus capable de faire barrière devant toute cette masse que j'essayai d'enfouir au plus profond de mon être. Mes yeux commencèrent à briller, les larmes coulaient dans ma gorge, je pouvais sentir leur goût saler entrer en conflit avec la salive sucrée que m'avait laissée l'hydromel. Ma main serrait la chope à en faire rougir mes phalanges. En outre, je tremblai. Un tremblement qui en disait long sur mon impuissance. Qui pouvait s'opposer au Roi ? Qui donc ? Qui serait assez fou ? Seule la Princesse, mais pour elle ce n'était pas une évidence. Pour moi ça l'était. Je n'attendais que ça. Qu'elle fasse comme elle l'a toujours fait: suivre son cœur. Même si l'emprise de son père est certainement bien plus puissante que je ne peux l'imaginer.
Je finis par grimacer de dégoût et de haine. Qui sont ses pères, Nehko, Andar ? Qui sont-ils pour choisir la destinée de leur fille ?

Lorsque je réalisai la prestation à laquelle je m’adonnai devant mon amie d'enfance, tout honteux je lui dis avec un petit sourire résigné: "Désolé, tu n'pouvais te douter de la portée de tes paroles." La dernière pinte que je venais de m'enfiler finit enfin par me saouler comme Rhenis. En tant qu'homme, sans machisme aucun, il est vrai que ma constitution est plus résistante mais j'ai déjà été dans de pires états pour moins que ça. Vraisemblablement je ne voulais pas lâcher prise, mais j'étais quand même en train de perdre face à l'ivresse. On ne gagne jamais devant-elle... À mesure que je me laissais aller, la tête vacillant de gauche à droite, la mélancolie s'empara de moi. Pas de chance je ne pouvais rien y faire, ce sera l'alcool triste ce soir... Pour autant, je n'étais pas encore prêt à me confier. Si Rhenis voulait tout savoir - ce qui ne m'étonnerait pas après mes paroles et mon comportement - il fallait qu'elle me pousse dans mes derniers retranchements...







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Dernière édition par Brehn Shöva le Ven 7 Juil - 1:31, édité 3 fois
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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Lun 29 Mai - 1:21


TENDRES CONFIDENCES
brehn shöva & rhenis kunan
Ton ami se gausse à mesure que tu te confies. Tu te demandes un instant s’il rit à cause de ta pauvre élocution, toi qui est habituellement si volubile et claire, ou parce qu’il doute de lui-même et de ses qualités. Tu as envie de renchérir, de lui dire que jamais tu ne pourras aimer un autre homme aussi fort que Levan. Tu n’as jamais aimé qui que ce soit comme tu aimes ton frère. Mais tu t’es toujours résignée au fait que jamais tu ne pourrais confier cela à qui que ce soit, espérant que l’homme qu’on te promettrait serait bon pour toi, qu’il te ferait rire, qu’il aurait la prospérité de Vainui à cœur, qu’il voudrait assurer la sécurité des citoyens Eau de Dahud autant que toi, que tu pourrais te lier d’amitié avec lui autant que tu t’es rapprochée de Brehn ; et craignant qu’il voudrait miner ta position, qu’il voudrait t’obliger à demeurer dans tes appartements pour jouer de la musique, peindre, faire de la broderie ou pour élevé vos enfants pendant qu’il usurperait de ton pouvoir de représentante en chef sur le trône de Lucrezia. Tu ne te berçais pas d’illusions ; tu savais que les femmes n’étaient, pour la plupart des hommes, que des pions pour les aider à progresser sur un grand échiquier. Tu savais que la plupart des grandes familles ne se servaient de leurs filles que pour leurs jeux de pouvoirs. Tu aimais croire que Nehko n’était pas comme ces gens-là, et qu’il te considérerais toujours comme l’égale de tes frères, comme une personne à part entière. Tu remerciais les dieux de ne pas t’avoir fait naître dans le sud, où les femmes n’étaient rien d’autre que du bétail.

Brehn interrompt tes pensées sombres de sa voix feutrée : « C’est là trop d’honneur pour moi, qu’il dit d’un ton à la fois rieur et amer. Je ne sais pas si tu as bon ou mauvais goût, mais en tout cas il me manque quelque chose pour pouvoir être le mari de celle que j’aime… » Il s’arrête un instant, le regard perdu dans le vide. Tu n’as jamais vu de femme au bras de Brehn outre sa sœur. Et tu le connaissais depuis pratiquement toujours. « Du moins… pour son père. » Il grimace, plusieurs émotions contradictoires passent sur son visage. Il relève soudainement les yeux vers toi et te présente tes excuses tout en pardonnant tes questions invasives. Il a raison. Tu n’aurais pas pu savoir. Vos retrouvailles sont rares. La dernière fois que vous vous êtes croisés, c’était au bal des représentants et avant même que vous ayez eu le temps de vous adresser la parole, un membre de la famille Birghild avait été assassiné. Il faut dire que vos horaires respectifs ne vous permettaient pas de vous déplacer régulièrement pour simplement dîner ensemble et vous étiez tellement occupés que vous ne vous écriviez pas souvent. Aussi, ce genre d’histoires ne se raconte pas à travers de correspondances…

Tu esquisses un petit sourire contrit et serres sa main dans la tienne, très intriguée par ses paroles. Alors que tu commences à analyser le sens de ce qu’il vient de dire, tu es prise d’une impulsion soudaine. Tu interpelles le propriétaire de la taverne : « Hey, Priam ! Tu connais un breuvage qui redonne le sourire ? Je pense que l’hydromel rend mon ami un peu triste par ici ! » Le solide gaillard sourit largement avant de déclarer : « Je pense avoir ce qu’il vous faut, ma dame ! Je vous amène ça… » L’homme tourne les talons. Tu dévisages ton ami sans lâcher ses doigts. Tu tentes de le dérider, prenant un ton taquin : « Changeons de sujet, dans ce cas. Brehn, tu n’aurais pas un grand frère à me présenter ? Peut-être que je pourrais m’échapper d’un mariage forcé avec un inconnu… » Tu ris légèrement, terminant ta coupe d’hydromel d’un trait. Tu te demandes qui cette femme peut bien être. Brehn est un Shöva. Certes, le blason de sa famille s’est terni avec les années, comme le vôtre, mais peu de familles nobles auraient vu l’union de leur fille avec Brehn d’un mauvais œil. Ton jeune ami a une des rares positions de conseillers auprès du Roi, il a acquis une importance capitale à la cour des Drogon. Aucune famille saine d’esprit ne refuserait de donner la main de sa fille à un homme à l’avenir aussi prometteur que ce jeune conseiller. Un instant, la pensée qu’il puisse s’agir d’une de tes cousines t’effleure. Ora ne manque pas de charme et elle est de compagnie agréable. Tu n’es pas proche de Melanie et de Tina, mais tu sais qu’elles sont toutes deux magnifiques. Mais tu te souviens aussi que tu étais la seule qui ait toujours un père. Impossible, donc. Quelle autre famille pouvait bien avoir un statut assez important pour refuser la main d’une de ses filles à Brehn ?

Le tavernier revient avec deux breuvages fumants dans des mugs transparents. La couleur du liquide te surprend. D’un brun crémeux, le liquide est surmonté d’une mousse blanchâtre. « Chocolat chaud et meringue, ma dame. Si votre ami ne souris pas après avoir bu ça, c’est que je ne comprends rien à la vie. » Il rit en déposant les tasses sur la table. Tu lâches la main de Brehn pour saisir le contenant, humant le liquide chaud avec délice. « Merci beaucoup, Priam, » que tu réponds en lui adressant un grand sourire. « Tu as déjà bu ça ? L’odeur est juste délicieuse. » Tu goûtes le breuvage du bout de la langue avant de grimacer. Tu indiques à ton ami que c’est encore trop chaud. Et alors que tu continues à lui sourire, tu remarques que les convives se font de moins en moins nombreux dans la salle. Le temps est passé remarquablement vite alors que vous vous amusiez. Soudain, une pensée t’effleure l’esprit. Et si la douce de Brehn n’était simplement pas une Eau ? Et si sa belle amie était une Gorkienne ou une Sterennoise ? Une petite partie de toi te dit que ça n’est pas le cas. Brehn passe ses journées au château. Tout comme toi, il a rarement l’occasion de s’en éloigner. Sa vie se trouve dans ces bureaux où s’empilent ses parchemins, ses plumes et ses bouteilles d’encre. Forcément, la femme dont il est amoureux vit dans le palais, et elle occupe une position assez importante pour que son père refuse de donner sa main à un simple conseiller. Les trois seules possibilités que tu envisages : sa sœur Séléné, la fille d’un conseiller plus haut placé ou la princesse Nymeria. Tu trempes ton doigt dans le peu de meringue qui ne s’est pas dissoute dans le breuvage chaud avant de le lécher avec gourmandise. « Qu’est-ce que tu vas faire, dans ce cas ? Je te connais, Brehn. Je ne te vois pas simplement baisser les bras. Elle partage tes sentiments ? » Malgré le fait que l’identité de cette femme qui fait battre le cœur de ton ami t’intrigue, tu n’oses pas lui poser trop de questions de peur de le voir se refermer. Aussi, tu te contentes de l’encourager, de lui remonter le moral.
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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Jeu 1 Juin - 0:52


Tendres confidences

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La soirée continua quoiqu'elle ne tardera pas à se terminer, du moins dans ce lieu. Les musiques se faisaient plus rares, les clients rentraient doucement dans leur foyer respectif. En somme, l'ambiance retombait pour laisser place à une atmosphère calme. Les quelques derniers clients dont le sommeil ne guettait pas encore leurs yeux finissaient tranquillement leur verre ou leur cigarette autour de conversations politiques ou d'affaires, caractéristiques des fins de soirée. Les serveurs et Priam commencèrent à nettoyer de fond en comble leur établissement, ouvrirent les fenêtres pour laisser s'échapper la fumée accumulée depuis de longues heures. L'on pouvait aussi entendre le bruit des verres s'entrechoquer pendant leur lavage. Je n'étais pas particulièrement fatigué et devoir m'en aller dans peu de temps renforçait la morosité qui s'emparait de moi depuis peu. Finalement mon esprit, tout comme l'ambiance, relâchait la pression... J'aurais préféré que cela me mette dans un autre état, mais au moins l'objectif était atteint; nous étions quand même venu ici, Rhenis et moi avec l'idée d'extérioriser tout ce que l'on a pu contenir ces dernières semaines. Nous partagions le stress des tragiques événements à Lucrezia, en plus venait s'ajouter notre avenir amoureux incertain. Être noble présente bien des avantages, mais il est indéniable que lorsqu'on atteint un certain rang, il est de mise de faire une croix sur un mariage de bonheur. Il en vaut pour notre famille: la rendre toujours plus riche et puissante. Pour les hommes c'est bien plus simple de l'accepter, beaucoup badinent à droite et à gauche une fois marié, sans même le cacher à leur épouse. Les femmes n'ont pas se luxe. Et quand bien même je fais partie des chanceux, je ne pouvais me résigner à ces pratiques qui vont à l'encontre du serment prêté envers Glorë lors du mariage. Et même au-delà de la religion, je ne trouve pas cela digne d'un homme de valeur.

Rhenis repéra non sans mal ma mélancolie que je n'arrivais pas à cacher. Elle  prit ma main droite avec tendresse, son regard se perdit dans le mien comme pour m'inspecter. J'avais déjà trop parlé, elle est maligne et trouverait bien assez vite de quelle femme je parle... Soudain, ses yeux s'éclairèrent d'une vive lumière. Mon cœur se serra: avait-elle déjà trouvé ? "Hey, Priam ! Tu connais un breuvage qui redonne le sourire ? Je pense que l’hydromel rend mon ami un peu triste par ici !" Non pas encore... Je soupirai de soulagement et rigolai nerveusement. Elle prit son éternel sourire taquin lorsque le tavernier lui répondit par l'affirmative et se tourna à nouveau vers moi, toujours souriante. "Tu ne t'arrêtes vraiment jamais toi, on s'est déjà enfilé pas mal d'alcool et tu veux me saouler encore plus... Sacré Rhenis." lançai-je à ma camarade. Un clin d’œil en coin pour seule réponse puis elle ne tarda pas à me dire: "Changeons de sujet, dans ce cas. Brehn, tu n’aurais pas un grand frère à me présenter ? Peut-être que je pourrais m’échapper d’un mariage forcé avec un inconnu…" J'eus un léger rictus. Et bien non Rhenis, tu n'as pas changé de sujet, mes pensées étaient déjà en plein dedans... Je n'en lui en voulais pas le moins du monde, elle ne pouvait le savoir de toute façon. J'avais déjà souligné une première maladresse, je ne pouvais être à nouveau rabat-joie et je décidai une réponse pour cacher mon nouvel embarras. "Eh non, je n'ai qu'une petite sœur à t'offrir." déclarai-je amusé. Elle se mit à rire jaune avant de finir sa coupe d'hydromel. Je ne fis pas attention à son étrange réaction, trop occupé à gérer ma barque qui dérivait dans les méandres de mon cœur. Ceux-ci formaient des nœuds complexes desquels je n'arrivais pas à me dépêtrer. Plus je repensais à ma situation, plus l'angoisse montait. Je finissais presque par regretter cette soirée où mon moral n'a fait jusqu'à maintenant que jongler avec les extrêmes. Ce n'était pas de la faute de Rhenis, je crois que ce soir-là aurait été peu appréciable même seul chez moi. Entre les journées de travail interminable, et l'ambiance malsaine qui règne au château depuis notre retour de Dahud, la coupe était déjà pleine depuis longtemps. Il suffisait d'une petite secousse pour que tout soit ébranlé. D'ailleurs cette secousse je me la suis créée moi-même en reposant trop d'espoir sur Rhenis lorsqu'elle est arrivée plus tôt dans la journée. J'étais certain de trouver en elle une échappatoire, mais il n'y en avait aucune de valable. D'autant que sa coupe semblait bien remplie aussi. Je ne pouvais déverser une partie de la mienne pour alléger mon fardeau sans quoi la sienne déborderait à son tour. Mais l'alcool me remuait la tête depuis plusieurs minutes déjà, et je n'étais pas à l'abri d'étourderies qui pourraient me trahir. Et même sans cela, Rhenis a de grandes chances de me demander si je n'avais pas des vues envers la Princesse, auquel cas je ne saurais mentir. Finalement de par ma situation il n'y a pas beaucoup de père qui ne voudrait pas marier leur fille à un Shöva, sauf bien sûr les Drogon.

Je pouvais voir dans le regard de la Kunan le déroulement de ses pensées, elle était en train d'analyser mes dires. Quelque peu affolé, je fus rapidement soulagé lorsque Priam interromit ses pensées en apportant deux mixtures brunes aux doux fumets sucrés. Lesquelles étaient couronnées de légères meringues blanches qui fondaient à vue d’œil. Je reconnus bien là l'hôte des lieux: il a toujours su identifier chez ses clients la limite d'alcool qu'ils doivent avaler avant d'être dans un état pitoyable. Il est clair qu'une autre portion m'aurait achevé. Il posa délicatement les mugs transparents sur notre table et débarrassa les coupes et chopes qui traînaient. Mon visage se déplissa et je me laissai m'évader dans des contrées enfantines en respirant l'odeur que dégageait ce chocolat chaud. Nous remerciâmes mutuellement Priam et Rhenis me demanda avec ce même esprit enfant: "Tu as déjà bu ça ? L’odeur est juste délicieuse." Tout en hochant de la tête je lui répondis: "Pas avec de telles meringues." Rhenis n'avait même pas attendu la fin de ma phrase qu'elle s’empressa de goûter le breuvage. Elle grimaça et m'indiqua qu'ils étaient encore trop chauds. J'avais hâte de goûter. J'étais déjà conquis par le visuel, j'espérai que le goût soit à la hauteur... Je me demandais un instant si Nymeria apprécierait cette boisson, elle qui aime tant les liquides sucrés. Assez attendu, je pris une gorgée de l’élixir que j'avalai très vite pour ne pas me brûler la langue. En contrepartie ce fut ma gorge qui prit un coup. Rhenis, intriguée, observait ma réaction. Je lui lançai un sourire approbateur pour lui montrer que j'appréciais son idée. Enfin, je ne sais pas si elle s'attendait à cette boisson lorsqu'elle demanda de l'aide à Priam, mais je préférai lui donner tout le mérite.

Elle tenta de prendre une gorgée à son tour mais je l'arrêtai net: "Attention ! C'est encore brûlant."Elle se résigna et trempa son doigt pour attraper de la meringue fondue. Tandis que son doigt tournoyait dedans pour dessiner des spirales, Rhenis reprit les rênes de la discussion: "Qu’est-ce que tu vas faire, dans ce cas ? Je te connais, Brehn. Je ne te vois pas simplement baisser les bras. Elle partage tes sentiments ?" Mon cœur manqua un bond. Mes yeux s'écarquillèrent. Elle avait raison, je n'ai jamais abandonné quoi que ce soit et pourtant je ne faisais que de me lamenter sur ma situation ces derniers temps. Mais aussi... comment aller à l'encontre de l'homme le plus puissant de Vainui ? Ce n'était pas le courage qui manquait, mais ma raison prenait le dessus. Je ne suis pas suicidaire. En outre, Nymeria m'a accordé pour l'instant une relation sans plaisirs charnels, mais bel et bien un amour entre nos âmes, et cela est relativement satisfaisant. Pour l'instant, nous n'avions pas encore bien digéré nos récents débats et l'orientation de notre avenir - si tant est qu'on puisse parler d'avenir avec un tel choix -, mais j'étais certain que dans peu de temps nous trouverons un nouvel équilibre. Les nœuds dans mon cœur n'étaient pas encore prêt à être démêlés bien que je fasse tout pour, il devait en être de même pour Nymeria. C'est une question de temps...
"Actuellement elle m'accorde un amour platonique, qui permettra de ne pas éveiller les soupçons à la cour et puis..." Quel idiot, je venais de me vendre une fois de plus. Maintenant Rhenis savait que c'est une fille de la cour.








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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Mar 13 Juin - 3:15


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Tu esquisses une petite moue contrite lorsqu’il t’annonce qu’il n’a que sa petite sœur Séléné à t’offrir. La demoiselle ne manquait pas de charme et d’esprit. Tu l’aurais pris sans hésiter parmi tes dames de compagnie – même si ça n’aurait certainement pas plu à Fauve – mais on ne se mariait pas entre femmes à Oranda. Ton rire est jaune alors que tu enfiles la fin de ta coupe d’hydromel. Priam finit par arriver avec les breuvages brûlants. Tu ne tardes pas à y goûter pour constater que c’est trop chaud. Impulsivement, ton compagnon de beuverie prend une gorgée. Tu observes son visage un instant de ton regard interrogateur. Son visage se tord en une grimace qui te déride aussitôt. Tu t’apprêtes à en prendre une grande lampée également lorsqu’il t’arrête net en te signalant que le breuvage est encore brûlant. Tu te demandes s’il n’y a pas de l’eau dans le breuvage. Tu pourrais probablement utiliser t’es pouvoirs pour la refroidir un peu. Tu te résignes et trempes simplement ton doigt dans le liquide dans lequel la meringue se fond tout doucement, concentrant tes pensées sur ton intention pour refroidir la boisson sans que ton compagnon ne s’en rende compte.

La maîtrise du Don n’avait jamais été ton fort. À plusieurs reprises, tu avais tenté de convaincre ton père d’engager un maître pour vous entraîner, Levan, Nash et toi, mais Nehko s’entêtait à dire que sa progéniture n’avait pas de temps à perdre avec la maîtrise de son don. Les responsabilités des Kunan allaient bien au-delà de l’onde qui les habitait. Les Kunan devaient maintenir la paix et l’ordre parmi les leurs dans la capitale et dans toute la région centrale; augmenter et affiner leur niveau de maîtrise de leur don ne les aideraient en rien dans leurs fonctions. Tu espérais qu’un jour, il se rendrait compte de l’erreur qu’il avait commise. À l’âge de 27 ans, tu avais réussi à garder un bon niveau en te hissant au troisième échelon dans ta maîtrise. En outre, ton don se développait, pour le moment, normalement. Mais tu savais que la plupart des représentants étaient tellement pris par leurs devoirs politiques qu’ils en oubliaient ce cadeau fait par les dieux. La manipulation du liquide était un cadeau que Glorë s’était sacrifiée pour offrir à ses fidèles. Tu lui ferais honneur à chaque jour de sa vie pour son offrande.

Lorsque tu portes ton doigt à tes lèvres, tu constates avec satisfaction que tu as réussi à rafraîchir le liquide sans lui faire perdre sa chaleur. Tu crains constamment que ton pouvoir ne finisse par diminuer faute d’utilisation. Tu l’interroges discrètement sur la femme qui fait battre son cœur. Les paroles qui s’échappent de sa bouche agissent comme une illumination, mais tu essaies de ne rien laisser paraître. Bien malgré lui, il en a révélé beaucoup plus qu’il ne l’avait escompté. Tu laisses le silence suspendu entre vous deux en lui adressant un petit sourire en coin. Les dames à la cour étaient nombreuses. Et tu ne connaissais pas toutes les femmes célibataires. Il faut dire que tu passais bien peu de temps à Ibaï même si tu étais amenée à représenter son peuple à chaque jour. Tu portes lentement le mug à tes lèvres et en avales une longue gorgée en fermant les yeux. Le breuvage n’aidera pas à dissiper l’ivresse qui te parcourt les veines, mais son goût est délectable. « Utilise ton don pour le refroidir un peu ! que tu l’enjoins, un grand sourire étirant tes lèvres pleines. T’sais Brehn, qu’elle soit noble, princessière ou roturière, l’amour ça se contrôle pas. Tu prononces ces paroles avec un ton bringuebalant, mais assuré. S’il y a bien une raison pour laquelle j’aimerais avoir vu le jour dans une autre famille que la mienne, c’bien pour pouvoir choisir à qui j’finirai par m’enchaîner... Les mariages arrangés, c’est d’la foutaise ! » Tu hoquètes en terminant ta phrase, fronçant les sourcils, le regard planté dans le vide derrière ton ami. La taverne se vide peu à peu. Bientôt, vous serez les derniers dans la salle. La nuit à pas mal avancée. Encore heureux que le roi n’ait pas ordonné de mettre un couvre-feu en place après tout ce qui s’était récemment passé à Dahud...

« Les gens comprendront jamais que l’amour, ça n’a pas de rang, pas de sexe... l’amour est aveugle, Brehn ! » Un éclat de détresse point dans ta voix malgré toi. Si seulement tu pouvais te confier à quelqu’un. Confier à quel point tes sentiments affectifs ont toujours été détraqués. Les deux personnes que tu aimais plus que tout au monde t’étaient inaccessibles. L’une d’entre elles était mariée – en plus de t’être lié par le sang – et l’autre était une femme. Tous les jours tu te demandais ce que tu avais fait aux dieux pour être victime d’une telle déviance. Si tu pouvais néanmoins conforter ton ami dans sa détresse, tu pouvais bien tenter de te confier un peu à lui sans tout révéler au grand jour... « Prends moi, par exemple... je ressens des sentiments… troubles pour une personne qui ne pourra jamais me donner ce que je veux, ni à moi, ni à ma famille. Et cette attirance, je ne peux pas la contrôler, parce que ça n’est pas comme ça que les dieux nous ont faits ! Ton ton est amer à ces dernières paroles, mais tu serres ton emprise sur ta bonne volonté pour ne pas montrer que ce fait te brise plus que tu n’oses l’avouer. Brehn... écoute... Si cette femme qui t’accordé son amour platonique n’est liée à personne d’autre encore... alors tu dois faire quelque chose pour que le monde accepte ce qui vous lie ! Use de tes influences ! Je suis sure que le roi vous donnerait sa bénédiction... ! » Il darde un regard bleu glacé empli d’incompréhension sur ton beau visage. Soupirant, tu lèves les yeux au ciel avant de dire : « Je veux dire que tu connais bien la princesse et tu travailles avec son père. Je suis sure que tu peux essayer de lui parler. Le père de ta belle ne pourrait pas rester insensible à la bénédiction du roi ? » Tu lis du scepticisme et de l’amertume dans le regard de ton ami. « Ou tu pourrais être fou... t’enfuir avec elle ! » Tu pars d’un grand rire, tes yeux brillant de plaisir à cette pensée. Comme tu aurais aimé pouvoir faire de telles folies. Tomber amoureuse et partir pour ne plus jamais revenir...

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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Lun 10 Juil - 21:04


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Rhenis Kunan & Brehn Shöva


Sirotant le chocolat chaud après l’avoir refroidi comme me l’a très justement conseillé Rhenis, j’écoutais avec avidité les paroles de cette dernière. L’alcool l’avait quelque peu atteint, mais ce qu’elle disait ne demeurait pas moins pertinent et venait faire écho à mes propres opinions. Ce n’est pas pour rien que nous  nous entendions si bien elle et moi, et ce depuis que nous nous sommes rencontré. Rhenis est une femme en apparence bien différente de Nymeria mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte qu’elles sont bien plus proches qu’elles voudraient l’admettre, ce sont en effet deux femmes à très fort caractère avec une grande prestance et une autorité naturelle. D’ailleurs ce n’est pas pour rien qu’elles restent distantes l’une de l’autre; des étincelles pourraient vite fuser si elles ne mettaient pas ces barrières. Pour ma part, voir ma bien-aimée et ma meilleure amie s’obliger à avoir une relation strictement conventionnelle ne m’était pas des plus agréables; il est vrai que l’on préfère tous que tous nos amis le soient aussi entre eux. Mais je m’y suis fait et je ne remets pas en cause leurs précautions, après tout elles savent ce qu’elles font.

“Et encore... Qu'importe sa famille, une femme reste bien souvent dans ce monde un triste jouet de consommation et une faiseuse d'alliance. De ce côté-là, j’ai un peu plus de chances que toi, j’ai moins de responsabilités et d’obligations... Mais pourtant j’en pâtis tout autant.” constatai-je avec dureté. Rhenis acquiesça et continua mes propos. D'ailleurs, je me figeai un instant lorsqu’elle certifia que l’amour n’a pas de sexe, et pour cause je repensai irrémédiablement à la relation ambigüe que j’avais avec Kaan. Une relation que Nymeria n’accepterait jamais et que moi-même je ne suis pas encore capable d’assumer. Dans l’idéal je serais partisan d’avoir un homme et une femme, mais ce serait trop demander à Nymeria bien qu’elle soit tout comme moi, très ouverte d’esprit… En outre, cela la mettrait en très mauvaise posture si cela venait à se savoir, car en effet, cela s’ajouterait aux nombreux reproches qu’on pourrait lui faire si jamais nous venions à nous marier…
Peut-être pourrais-je commencer par dévoiler à Rhenis, mon amie si chère, ce secret tant bien gardé: ma bisexualité, de sorte à m’enlever une partie de ce poids qui me suis depuis bien longtemps. Ainsi je pourrais certainement mieux appréhender mon avenir et les choix que je devrais faire… Du moins je l’espérais. Et puis il ne devait pas y avoir grand danger; je ne sais pas pourquoi, mais d’après ses dernières paroles elle semblait être en mesure de me comprendre. Peut-être était-elle aussi du même bord ? Allez, tant qu'à faire il était tant de tout révéler, à mes risques et périls comme on dit... “C’est bien malheureusement ça le problème, le roi ne me donnera jamais sa bénédiction… Et mes influences me sont justement d’aucune utilité. Et puis pour tout te dire, ce n’est pas comme s’il n’y avait qu’une personne, enfin… C’est plus compliqué que ça, elles ne sont pas du tout sur le même plan, du moins pour moi. Mais ni l’un ni l’autre ne seraient en mesure de comprendre ma position…” Submergé par les émotions, je ne pus retenir mes yeux de suinter si bien qu’une larme vint rouler sur ma joue, et finir son périple jusque sous mon menton, où elle disparue.
Sans attendre Rhenis tenta de me consoler et comprit que nous avons passé assez de temps ici. Il était temps de partir, d'autant plus qu'elle devait commencer à se douter que mes futures révélations pouvaient être des plus compromettantes si celles-ci tombaient dans de mauvaises oreilles. "Allez viens, on sort d’ici ! Marchons pour rentrer au palais, il fait si bon…" Alors que je laissai quelques Pwenshara sur la table avant de saluer l’hôte des lieux, la Kunan ne put s'empêcher de m'asséner de questions et de suppositions toutes plus dérangeantes les unes que les autres. Je ne pouvais regretter de m’être engagé sur cette voie, j’avais conscience de ce qu’il m’attendait, et Rhenis n’était pas du genre à lâcher l’affaire aussi facilement. Pourtant j’avais toujours ce blocage qui m’empêchait de dévoiler mes deux relations amoureuses, l’une car elle revêtait de la folie, l’autre car elle n’était pas adaptée aux moeurs. Et même si Rhenis accueillerait mes confidences avec bienveillance, je ne pouvais me résoudre à les lui dévoiler. Était-ce là de la fierté mal placée ? La peur du jugement ou encore un instinct de survie ? Ce n’est pas comme si dans mes deux relations il y en avait une pour rattraper l’autre, dans les deux cas, si ça venait à se savoir, je ne donnerais pas cher de ma vie actuelle. L’exil étant le sort qui m’attendait… Une fois dehors l’interrogatoire se termina et je devais lui répondre sans quoi elle continuerait sans relâche.

"J’ai déjà fait beaucoup et c’est en bonne voie à vrai dire… Mais je ne sais pas, il y a de nombreuses discordes depuis, et j’ai bien peur que cela finisse mal. De fait ce serait désastreux pour nous deux, et à travers elle, pour tout un pays…" Ma voix dérailla quelque peu, et je n’eus le courage de reprendre la parole. Quelque part, j’espérais fortement que Rhenis ait enfin compris qui est l’inconnue… Ainsi, peut-être qu’un poids sera enlevé et que je pourrais me confier pleinement, notamment sur le deuxième… Il ne fallut pas bien longtemps avant qu'une lumière ne jaillisse de ses yeux. Elle avait compris. "Tu veux dire que… Tu veux dire que c’est Nymeria ? Et moi qui croyais que je dépassais les bornes, par tous les dieux, jamais je n’aurais pensé à elle…"

Mon coeur se serra comme jamais lorsqu'elle prononça le nom de ma bien-aimée. Mais cela ne dura quelques instants, et très vite la pression retomba au point que je sentais mes jambes flageoler par le saut d’émotions et l’alcool encore bien présent dans le sang. Je pris appui sur un mur le temps de retrouver des forces. Je croisai bien vite le regard effaré de la Kunan. D’une moue honteuse je finis par lui répondre: “Oui, comme tu le vois ça me met dans de sales états. Comprends-y que ce n’est pas un caprice mais bel et bien un vrai amour. Il est d’ailleurs mutuel mais son père n’est pas tout à fait prêt à me donner sa main… Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Et puis, quand bien même il finisse par le faire - ce qui semble peu probable -, je ne pourrais vivre en lui cachant mon autre secret… mon autre relation... “ Sur ces mots, une nausée vint me foudroyer. Laquelle s’accompagna rapidement d’une salive au goût fort désagréable. Je n’eus à peine le temps de comprendre ce qui allait se passer que je rendis dans un coin tous les litres d’alcool que j’ai pu ingurgiter ces dernières heures. Harassé physiquement et mentalement, je me laissai couler dos au mur pour finir le postérieur à terre. La tête vacillante et le teint livide, je n’osais regarder mon amie… Cette fois, pour sûr, c’était mon égo qui n’acceptait pas que j’aie ce moment de faiblesse en présence de quelqu’un qui m’est important... Honteuse d'avoir déclenchée tant de remous dans tout mon être, elle resta plantée devant moi à présenter ses excuses. Je ne lui en voulais pas le moins du monde, après tout il fallait - sans mauvais jeu de mots - que ça sorte bien que je ne m'attendisse pas à ce que cela prenne une forme physique…

"Je peux te confier quelque chose ?" poursuivit-elle après avoir demandé pardon. En réponse je lui fis un signe de tête approbateur. Je ne savais trop à quoi m’attendre, mais au vu du sujet de discussion que nous avions actuellement, je m’attendais au pire… Elle me raconta donc une de ses aventures amoureuses, disons peu commune. Dos au mur, les jambes légèrement repliées, et les avants-bras posés sur mes genoux, je restais stupéfait devant ce que venait de m’annoncer Rhenis. Elle aussi était du même bord que moi, elle aussi était tiraillée entre un homme et une femme et de surcroît l’un des deux - à nouveau comme moi - étaient quasiment inatteignables. Pour elle c’était l’homme à cause du lien de sang, pour moi, la femme à cause de son sang royal. Toujours une histoire de sang même pour l'Amour... Triste monde...

Je réquisitionnai mes dernières forces pour me relever. Des vertiges s’emparèrent de moi, me faisant tituber alors que j’avais toujours un appui sur le mur… Une fois stabilisé, je me retournai vers Rhenis dont la mine s’était assombrie et n’avait plus rien à avoir avec celle qu’elle arborait à la taverne… “Eh bien, ma chère amie, je crois que nous avons la même orientation sexuelle… Je ne sais pas si l'avais compris, mais l’autre personne dont je te parlais est un homme, qui plus est, un Terre. Je passai ma main moite dans mes cheveux eux aussi humides, à cause des sueurs froides, pour les replacer. Parfois je me demande bien ce qui se passe dans ma tête pour que je me retrouve avec des choix impossibles à faire. Moi qui voudrais les garder en même temps alors que l’un et l’autre me sont presque inaccessibles. Je dois vraiment être déconnecté de la réalité. Je repris mon souffle, lequel me faisait défaut depuis plusieurs minutes me donnant une impression de suffocation, puis je terminai hésitant. Au fait, qui est l’homme de ta famille duquel tu es amoureuse ?"

Elle préféra ne pas répondre à ma question, ce que je comprenais entièrement, et au final je crois bien que je ne voulais pas le savoir. Cela doit en effet être extrêmement difficile de porter un secret qui relève de l'inceste... Surtout que malgré ma grande tolérance, je ne cautionnai pas totalement une telle pratique. Du moins, je n'ai jamais pris le temps d'y réfléchir et tout cela prétait donc à réflexions.
"Il n’y aura jamais rien de concret entre lui et moi de toute façon. Je sais que de ne pas en parler n’arrangera pas les choses, mais en parler ne m’avancera pas plus. Dis-moi plutôt comment tu comptes arranger les choses ? Tu dois faire un choix… Je comprends ce que tu ressens, mais on sait tous les deux que tu ne pourras jamais être à la fois avec Nymeria et cet autre homme. J’imagine que ni l’un ni l’autre de tes soupirants ne connaissent ces états d’âme ?" Sans surprise le sujet se redirigea vers moi, ce qui n'était pas pour me déplaire; maintenant que les secrets étaient dévoilés autant que Rhenis me donne ses conseils sur ce que je devrais faire.

"Pourquoi faire un choix ? À mon sens, ma vie idéale serait d’être avec un homme et une femme. La compagnie d’un homme est différente de celle d’une femme, j’aime autant les deux, elles sont complémentaires. Et je sais qu’il me les faut pour être pleinement épanouie... Si je devais faire un choix, l’évidence me dirigerait vers Nymeria, mais je ne peux me résoudre à rentrer dans les cases que les gens ont érigées pour les satisfaire uniquement eux ! Tu es certainement la seule que je connaisse qui puisse me comprendre vu que nous partageons les mêmes penchants, non ? Sinon, Nymeria n’a pas encore connaissance de ma relation avec l’homme en question, elle est très ouverte d’esprit mais je pense qu’il y a une limite. En revanche l’inverse n’est pas vrai, mais il semble l’accepter."

"Brehn… en épousant Nymeria, tu épouses toute notre région. En épousant la princesse, tu t’exposes au peuple et à ses peurs. M’aurais-tu avoué tes penchants si tu n’avais pas compris que je ressentais des sentiments aussi étranges que les tiens ? Le monde n’est pas prêt à accepter ce concept. Le monde n’est pas prêt à accepter cette différence… cette ouverture d’esprit. Veux-tu vraiment risquer ta vie pour quelques moments de plaisir ? Ne peux-tu pas, avec le temps, parvenir à te contenter seulement d’elle ? Si la réponse est négative… si tu ne le peux pas alors, je t’en prie, éloignes-toi d’elle pendant que tu le peux encore…"

Elle avait malheureusement pour moi entièrement raison… J’aurais souhaité qu’elle soutienne mon raisonnement, qui, pour une fois, ne suivait pas mon pragmatisme habituel. Par contre, elle, n’avait absolument pas oublié le sien et elle me ramena sans pincette les pieds sur terre. La frustration s’empara de moi, j’avais tellement envie de pouvoir échanger davantage sur ma manière de penser, mais Rhenis allait irrémédiablement me remettre sur le chemin conventionnel, et ce, pour le bien de notre patrie. Je ne pouvais que la comprendre, il en valait pour le destin de notre pays. Finalement sur ces derniers mots, Rhenis réveilla ma fibre patriotique si bien qu’elle remit en question mes projets. Devais-je continuer à jouer avec le feu et continuer cette double relation ? Ou bien devais-je me résigner et ne pas penser qu’à moi - d'ailleurs ce n’est pas comme si je le faisais souvent…

“Je suis complètement perdu… J’aurais voulu que tu m’aides… Enfin tu le fais, mais pas comme je le voudrais. Un sourire contrit s’afficha sur mon visage. Tout aurait été plus simple si nous avions fini ensemble, au moins nous nous serions compris, et l’un et l’autre aurait pu faire son affaire ailleurs sans qu’il n’y ait de jalousie et de dégoût. Mais le sort en a décidé autrement, nos coeurs sont liés par de l’amitié et non de la passion…” Je levai les yeux au ciel implorant qu’une autre personne vienne m’aider. Glorë s’il te plaît, éclaire moi... Éclaire moi le chemin que je dois prendre.

"Si tu savais comme je préfèrerais te tenir un autre discours sur la liberté d’aimer qui on veut malgré son statut, son sexe ou même les dieux qu’il ou elle vénère… Nous sommes parmi les grands de ce monde, Brehn, mais malgré toute notre bonne volonté, nous ne pouvons le changer juste encore. Allez, viens ! Rentrons avant que quelqu’un ne se mette à notre recherche…"

Ses derniers mots vinrent me poignarder avec force et précision: elle avait visé juste. J’étais loin de regretter ma condition, laquelle m’apporte de nombreux avantages indéniables… hormis la liberté que je recherche tant depuis tout petit. Et de toute façon je n’étais pas du genre à remettre en cause ma vie avec des si; ce n’est pas avec eux que le monde changera et que j’avancerais.
“Oui, ce ne fut pas la plus courte des soirées que j’ai pu passer auprès de toi, il doit être une heure pas possible… Et malgré tout je ne suis pas sûr de trouver rapidement le sommeil avec tout ce que nous venons d’échanger. Nous reprîmes la route du retour, bien heureusement, le château ne se trouvait pas loin parce que dans l’état dans lequel je me trouvais, j’aurais été incapable de faire plusieurs lieux... En tout cas, Rhenis, je tenais à te remercier de m’avoir écouté... Aussi, même si c’est une évidence: tu n’en touches mots à personne, d’accord ?”





@Brehn@Théollys@Lestin@Ritus // 2535 mots
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Rhenis Kunan
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~#~Sujet: Re: Tendres confidences // Rhenis Kunan & Brehn Shöva Mar 11 Juil - 3:59


TENDRES CONFIDENCES
brehn shöva & rhenis kunan
Tu lui exprimes le fond de ta pensée concernant les mariages arrangés. Ta tête est encore légère à cause de l’alcool que tu as absorbé. Ton ami abonde dans ton sens, certifiant que peu importe ses origines et son statut, la femme demeure malheureusement trop souvent un pion que les hommes brandissent sur une grande table de jeu pour leur avancement dans le monde ou la grosseur de leur bourse. Ton cœur se serre à cette idée. À vrai dire, tu as de la chance que ton père ne t’ait encore jamais même parlé de mariage. Oh ! bien sûr, il avait pointé quelques bons partis parmi les riches familles de Lucrezia ou les nobles à Vainui, mais jamais il n’avait même évoqué la possibilité de conclure une alliance avec une autre famille en t’utilisant. Levan avait déjà apporté une alliance de choix grâce à son mariage avec Aessa, sa famille étant très riche et influente. Nash, même si tu n’appréciais guère sa compagne opportuniste, s’était lié à une bonne famille en la choisissant comme conjointe. Toi, tu avais toujours préféré te consacrer à ta famille, à ton peuple plutôt que de te concentrer sur toi-même et sur tes besoins. Bien que tu te demandes souvent ce que ça pouvait être de partager la couche d’un homme tous les soirs, d’être lié à une personne dont on est amoureux, tu as toujours eu cette crainte sourde de te retrouver piégée en choisissant d’unir ta vie à celle d’un homme, de te retrouver minée par un misogyne qui t’utiliserait pour avoir du pouvoir sur le peuple... Aussi, tu as du mal à comprendre les émotions et les attirances dont tu fais l’objet. Te lier à une personne signifierait que tu renonces à explorer ces sentiments.

Tu poursuis ainsi dans ta tirade en certifiant que les gens ne pourraient jamais comprendre que l’amour n’a pas de rang, pas de sexe, que l’amour ne voit pas. L’alcool brouillant tes sens assez lourdement, tu laisses glisser quelques mots au sujet de Fauve, ta dame de compagnie qui a partagé ton lit plusieurs fois, d’abord innocemment jusqu’à ce que vous échangiez un baiser. Tu encourages ensuite ton vieil ami à se servir de ses influences pour séduire la famille de sa belle. Si ça ne fonctionnait pas, il n’aurait plus qu’à convaincre sa jouvencelle de s’enfuir avec lui. Une réaction totalement irresponsable et répréhensible, certes, irréfléchi et complètement égoïste, mais oh combien romantique.

« C’est bien malheureusement ça le problème, le roi ne donnera jamais sa bénédiction… » Tu ressens la détresse profonde qui point dans la voix du bellâtre aux prunelles de saphir. « Et mes influences me sont justement d’aucune utilité, » poursuit-il, son ton rempli d’amertume. Tu as du mal à comprendre comment, mais tu restes coite, tâchant d’écouter ce qu’il a à dire. « Et puis pour tout te dire, ce n’est pas comme s’il y avait qu’une personne, enfin… C’est plus compliqué que ça, elles ne sont pas du tout sur le même plan, du moins pour moi. Mais ni l’un ni l’autre ne serait en mesure de comprendre ma position… » Ton cœur s’emballe à l’écoute des paroles de ton vieil ami.

L’émotion le submerge. Tu rattrapes vivement la larme qui disparaît sous son menton en fronçant les sourcils. Lui adressant un sourire contrit, tu essuies sa joue du bout des doigts, répandant l’humidité sur sa pommette plus que tu ne l’éponges. Ça n’était pas un temps pour les larmes, mais plutôt un moment de réjouissances. Après tout, il était si rare que vous vous retrouviez ensemble, juste tous les deux... Habituellement, votre rencontre seul à seule dans un endroit où vous passiez plus facilement inaperçus qu’au château des Drogon était un temps de rire et des festivités, un moment de confidences au coin du feu, un moment où vous pouviez rattraper le temps perdu en toute intimité. Ça allait forcément être différent maintenant... Ses paroles t’intriguent... Il n’y a pas qu’une personne, et cela semble le troubler au plus haut point. À vrai dire, tellement d’intérêts différents virevoltent parfois autour de toi que tu ne peux que compatir. Ton frère Levan faisait battre ton cœur depuis de nombreuses années, tu l’aimais plus sincèrement que quiconque même si tu n’osais l’avouer à personne. Ta dame de compagnie réchauffait ton lit, elle te donnait des sensations que personne auparavant n’avait pu te prodiguer. Finalement, Einar Celeth, ton nouveau conseiller, te troublait au plus haut point. Tant de personnes qui valsaient autour de toi, qui te fascinaient malgré ton caractère habituellement si solitaire...

« Je n’aime pas te voir comme ça... que tu déclares la voix un peu plus posée. Il est étrange de constater comme l’amour peut être à la fois merveilleux et douloureux, tu ne trouves pas ? Ton regard se perd quelques instants dans le vagues alors que tu ressasses des pensées nébuleuses. Tu finis par te décider brusquement. Refroidissant le breuvage sucré que tu avales d’une traite, laissant une lippe mousseuse sur ta lèvre supérieure que tu t’empresses d’essuyer du revers de la main, tu reprends d’un ton un peu plus léger. Allez, viens ! On sort d’ici ! Marchons pour rentrer au palais, il fait si bon ce soir... » Tu adresses un signe de la tête à Brehn vers la sortie de l’auberge accueillante et apaisante où vous venez de passer plusieurs heures à boire et à danser.

Une fois dans la rue, tu observes un moment les nuages opaques qui masquent la lune en songeant aux étoiles qui te manquent tellement. Tu soupires, ton souffle formant un nuage dans l’air frais du soir alors que tu resserres les pans de ta cape autour de ton corps frêle. Tu marches quelques instants avant de prendre la parole sans plus de cérémonie : « Il y a certainement quelque chose que tu puisses faire pour faire bouger les choses, non ?! Si elle vit à la cour du roi, j’en déduis que tu ne peux pas te contenter de quelques moments volés par-ci par-là ? Tu lances un bref regard interrogation à ton compagnon avant de poursuivre. L’amour platonique ne m’a jamais semblé bien intéressant... que tu avoues en reportant ton regard sur le ciel brument au-dessus des maisons qui s’alignent autour de vous dans la magnifique cité. Je dois admettre que tu piques ma curiosité, Brehn Shöva... Qu’est-ce qu’elle peut bien avoir de si spécial, cette fille, pour te distraire de tes colonnes de chiffres, hein ? Ou plutôt, qu’est-ce qu’elles ont de spécial ces personnes qui font battre ton cœur ? Ce sont des nobles ? La fille d’un autre conseiller, peut-être ? Ou la progéniture d’un commandant de l’armée d’Andar ? Mais allez ...! Dis-moi de qui il s’agit ?! » que tu t’exclames en secouant la manche de son pourpoint, un grand sourire espiègle à la bouche.

Il se rembrunit et alors que tu t’apprêtes à lui dire qu’il peut oublier tes questions indiscrètes, sa voix s’élève et résonne dans la nuit. « J’ai déjà fait beaucoup et c’est en bonne voie à vrai dire... Mais je ne sais pas, il y a de nombreuses discordes depuis, et j’ai bien peur que cela finisse mal. De fait ce serait désastreux pour nous deux, et à travers elle, pour tout un pays... » Sa voix est enraillée. Ses mots se font rapidement un chemin dans ta tête. Tu t’arrêtes sèchement, le dévisageant avec les yeux écarquillés. Sans que tu ne puisses te contrôler, tu ricanes, portant la main droite à ta bouche alors que la gauche se pose sur ton ventre. Enivrée, tu ne peux t’empêcher de te dérider sous ses yeux. C’était parfaitement incroyable. « Tu veux dire que... tu veux dire que c’est Nymeria ? Et moi qui croyais que je dépassais les bornes, que tu rétorques en t’esclaffant dans les ténèbres épaisses de la nuit. Par tous les dieux, jamais je n’aurais pensé à elle... »

Son visage se défait dans une moue honteuse. Il riposte un peu plus sèchement que tu ne l’aurais cru : « Oui, comme tu le vois ça me met dans de sales états, qu’il dit en affrontant ton regard. Comprends-y que ce n’est pas un caprice, mais bel et bien un vrai amour, poursuit-il en détournant les yeux. Il est d’ailleurs mutuel, mais son père n’est pas tout à fait prêt à me donner sa main... Ce n’est pas faute d’avoir essyé. Et puis, quand bien même il finisse par le faire – ce qui semble peu probable –, je ne pourrais vivre en lui cachant mon autre secret... mon autre relation... » Ton cœur se serre violemment à sa réponse. Avec l’ivresse qui persiste à t’étreindre, tu ne mesures pas totalement la portée de tes paroles. Bien qu’elle agisse toujours froidement avec toi en public, Nymeria devient une toute autre personne lors que vous vous retrouvez seule à seule. L’idée que Brehn puisse être amoureux d’elle semble étrange. Ton meilleur ami et sa cousine, mariés. Brehn, prince consort de Vainui. Il te faudrait du temps pour t’y habituer...

Connaissant le tempérament de Nymeria, tu comprends qu’il ne veuille pas lui cache de tel secret. Et alors que tu ressasses les confidences de ton ami d’enfance dans tes méninges échauffées par l’alcool, il rend le contenu de son estomac dans la rue. Soudainement, cette petite virée qui devait se solder par des éclats de rires et de bons souvenirs prend un goût amer. Tu avais tellement voulu bien faire... Repliant tes longs bras autour de toi sous ta cape, tu lui adresses un regard désolé. « Excuse-moi, Brehn. Je n’aurais pas dû me moquer. Je n’aurais pas dû t’embêter avec tout ça. Je ne peux que comprendre ton affliction. Tu soupires en détournant le regard. Je peux te confier quelque chose ? Il t’adresse un signe dans la pénombre alors que tu rassembles tout le courage que tu possèdes pour enfin livrer un de tes sombres secrets à ton ami. Je crois que quelque chose cloche chez moi... Tu as lâché cette déclaration dans un souffle. Curieusement, tu as l’impression de t’enlever un poids immense sur les épaules rien que par ces quelques mots. Mais tu poursuis dans ta lancée. Depuis des années, je ressens un amour démesuré pour quelqu’un qui m’est lié par le sang. Je sais que c’est mal, je sais que je ne pourrai jamais être avec lui, mais mes sentiments sont plus forts que ma volonté. Tu mordilles un instant l’intérieur de ta joue avant de retourner tes yeux vers son visage. J’ai cru y échapper quand il s’est marié, mais ça n’est pas arrivé. Et alors que je me résignais, me disant que je finirais par trouver un homme avec qui je pourrais finir ma vie, pour qui je finirais par ressentir de l’affection un jour ou l’autre, j’ai... j’ai eu une aventure... avec une femme. » Tu ne peux que te souvenir de la douceur de ses lèvre, la douceur de sa chevelure qui t’avait effleurée alors qu’elle posait ses yeux hypnotiques dans les tiens. Ç’avait été spontané, irréfléchi. Tu avais agi sous l’impulsion. Et tu avais aimé ça. « Et ce... baiser, il m’a bouleversée. Plus que la pensée d’être avec n’importe quel homme que j’ai croisé en toute ma vie, que tu admets, presqu’à regret. Et maintenant, je ne sais pas si je pourrai me contenter de faire ce que je suis censée faire... mais je sais que je trouverai la force éventuellement de faire ce que je dois faire. Le ton de ta voix est plus déterminé que tu ne l’es réellement. Tu dois faire la même chose. Peu importe ce que tu fais, Brehn... pèses la portée de tes gestes. Nymeria n’est pas n’importe quelle femme... et je sais que je ne t’aide pas en disant tout cela, mais je tiens à toi. Peu importe qui est cette autre personne – et tu pries pour qu’elle ne soit pas parmi la noblesse d’une ou l’autre des régions – , souviens-toi que tu joues le reste de ta vie et que je ne dois pas te tromper... »

Tu l’observes désormais d’un regard plus que lucide. Avec toutes ces confessions, ton ivresse s’est évanouie en l’espace d’un instant. Il constate alors que vous semblez avoir la même orientation sexuelle. Tu ne comprends pas vraiment ce que ça signifie... Il poursuit en t’avouant que cette autre personne dont il est amoureux est un homme et un Terre de surcroît. Ton cœur se serre brusquement dans ta poitrine. Tu retiens ton souffle. Il semble aussi secoué que toi, passant sa main dans ses cheveux humides de sueur. Il continue en lâchant quelques phrases qui ne te sont pas vraiment destinées avant de t’interroger sur l’identité de cet homme dont tu as parlé. Tu te redresses momentanément, piquée par cette question. « Ça n’a pas d’importance, » que tu réponds en secouant la tête de droite à gauche. Ça ne pouvait avoir aucune importance. Tu ne pouvais t’épancher sur de telles futilités. Ton destin était tracé dans une autre direction, tu n’as donc pas à te concentrer plus longuement sur ce sujet... « Il n’y aura jamais rien de concret entre lui et moi de toute façon, que tu affirmes d’une voix ferme, te convainquant toi-même plus que tu ne le convaincs, lui. Je sais que de ne pas en parler n’arrangera pas les choses, mais en parler ne m’avancera pas plus. Tu espères qu’il comprendra que ce sujet de discussion est clos à tes yeux et qu’il n’insistera pas plus encore. Dis-moi plutôt comment tu comptes arranger les choses ? Parce que ça, c’est important, c’est un problème concret. Tu dois faire un choix... Je comprends ce que tu ressens, mais on sait tous les deux que tu ne pourras jamais être à la fois avec Nymeria et lui. J’imagine que ni l’un ni l’autre de tes soupirants ne connaissent ces états d’âme ? » Tu fronces les sourcils en cherchant ses yeux couleur océan dans la pénombre.

Il te surprend en protestant, en affirmant que sa vie ne pourrait être complète qu’en étant à la fois avec un homme et une femme, avec elle et lui. Tu voudrais le couper, mais tu l’as déjà suffisamment froissé, tu n’oses pas le brusquer. Il affirme ensuite que le choix évident serait d’épouser Nymeria. Qui n’aurait pas choisi cette option ? Concrètement, la magnifique jeune femme, une ressortissante de son peuple, une femme forte et puissante, est à l’aube d’être la tête d’un royaume prospère et surtout, elle est amoureuse de lui. D’un autre côté, malgré les sentiments que ton ami semble éprouver pour cet homme dont il te parle, jamais ils ne pourraient vraiment être ensemble... Les relations de même sexe ne sont bien vues nulle part à Oranda. Cet homme est béni par Glorë, jamais Brehn ne pourrait conserver ses fonctions de conseiller auprès du roi s’il décidait d’aller vers lui... C’était insensé !

Ton esprit part dans tous les sens à mesure que ton ami exprime le font de sa pensée. Tu n’arrives pas encore à accepter complètement ce qui s’est passé entre cette femme et toi... C’était un moment d’impulsion que tu avais regretté, que tu avais ressenti comme une erreur malgré le bien-être que ça t’avait procuré. Alors que ton ami se tient devant toi, tu voudrais lui dire qu’il ferait une erreur d’avouer les sentiments qu’il ressent pour cet homme à ta cousine. Tu ne crois pas que Nymeria serait enchantée de savoir que l’homme qu’elle aime éprouve des sentiments pour quelqu’un d’autre qu’elle-même. Mais d’un autre côté, tu comprends tellement ce qu’il ressent que tu as du mal à te résoudre à lui exprimer la vérité. Mais en tant qu’amie, c’est une responsabilité pour toi de le ramener sur terre. Tu le saisis par les épaules, plantant tes prunelles saphir dans les siennes. « Brehn... en épousant Nymeria, tu épouses toute notre région. En épousant la princesse, tu t’exposes au peuple et à ses peurs. M’aurais-tu avoué tes penchants si tu n’avais pas compris que je ressentais des sentiments aussi étranges que les tiens ? Le monde n’est pas prêt à accepter ce concept. Le monde n’est pas prêt à accepter cette différence... cette ouverture d’esprit. Veux-tu vraiment risquer ta vie pour quelques moments de plaisir ? Ne peux-tu pas, avec le temps, parvenir à te contenter seulement d’elle ? Si la réponse est négative... si tu ne le peux pas alors, je t’en prie, éloigne-toi d’elle pendant que tu le peux encore... »

Ton regard est suppliant, ton cœur se serre à l’idée de voir Brehn martyrisé pour ses pulsions. Oranda et le peuple qui vénère Nymeria et sa famille ne sont pas prêts pour des gens comme Brehn et toi. Si toi-même tu n’es pas encore prête à exposer tes sentiments au grand jour, si toi-même tu ne parviens pas encore à accepter cette vérité complètement, comment le peuple pourrait-il accepter que son prince consort partage la couche d’autres hommes ? Même une rumeur qui irait en ce sens pourrait faire des ravages... Tu le sens se détendre légèrement entre tes mains, comme s’il se résignait un peu plus à accepter cette évidence. Tu le relâches et recule de quelques pas alors qu’il t’avoue qu’il avait espéré tout autre chose venant de ta part. Il esquisse un sourire avant d’avouer qu’un mariage entre vous deux aurait simplifié les choses. Tu éclates de rire bien malgré toi, une larme à l’œil. Tendant la main vers lui pour lui serrer les doigts avec affection, tu essuies la perle aqueuse au coin de ton œil. Il a raison. Dans votre situation saugrenue, une union entre vos deux familles aurait été parfaite. « Si tu savais comme je préfèrerais te tenir un autre discours sur la liberté d’aimer qui on veut malgré son statut, son sexe ou même les dieux qu’il ou elle vénère... Tu te mords la lèvre inférieure, secouant la tête en l’observant de tes yeux pâles. Nous sommes parmi les grands de ce monde, Brehn, mais malgré toute notre bonne volonté, nous ne pouvons le changer juste encore. » Un jour, peut-être. Mais aujourd’hui n’est pas votre heure. Pour l’instant, ce sont vos parents qui mènent la danse. Tu te prends souvent à te demander si tes parents pouvaient avoir ressenti cette même fougue qui t’anime, ce même désir de changer les choses qui ne conviennent pas à tes idéaux, au monde que tu aimerais voir. Finirais-tu éventuellement par te résigner comme ils l’avaient fait ? Est-ce pour cette raison que le monde est toujours tel qu’il était il y a des centaines d’années ? Tu sors de tes pensées, chassant tes noires questions du revers de la main. « Allez, viens ! Rentrons avant que quelqu’un ne se mette à notre recherche... »

Et alors que vous marchez dans le silence dense de cette nuit très sombre, il te remercie de l’avoir écouté et te demande de ne parler de ces paroles à personne. Dans la noirceur, tu esquisses un sourire et sans le regarder, tu affirmes : « J’emporterai tes secrets et les miens dans la tombe... »
onzième lune
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