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Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK]

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Styx Frasier
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~#~Sujet: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Jeu 20 Avr - 5:14




Water is a rare commodity
Cyne Wkar & Styx Frasier
An 228, dix-septième lune




À l’époque, tu n’avais que 27 ans. Après avoir côtoyé Lilo Naslor envers qui tu avais été totalement dévouée pendant six longues années (jusqu’à tes 24 ans) au cours desquelles vous aviez chassé l’homme à travers Oranda en tandem, infiltrant clandestinement les frontières, tu n’avais plus de fidélité qu’envers toi-même. Sans mari, sans maître, tu étais maîtresse de toi-même. Une des rares dames indépendante de tout homme de ton riche quartier à Inaki. Officiellement, tu étais une jeune veuve à qui un mari fortuné avait légué toute sa fortune. Tu possédais une grande maison tout près du palace du roi dans la capitale de votre région. Tu te plaisais à dire que tu avais tout appris de ton mari en ce qui concernait la traque; ça n’était pas tout à fait faux. Pendant un bon moment, tu avais fréquenté Lilo plus souvent que sa propre épouse. Quelques soldats se rappelaient encore que tu t’étais entraînée parmi eux pendant un temps près de dix ans plus tôt. Eux savaient que ce mari, c’était de la foutaise. Tu te présentais comme une traqueuse d’Exempts. La plupart du temps, c’était ça que tu faisais. Traquer et revendre les Exempts aux marchands d’esclaves. À Inaki, ta réputation en la matière n’était pas surfaite.

La plupart du temps, on t’offrait donc des contrats qui tournaient autour de la chasse à l’homme. On te demandait de pister des Exempts correspondant à certains critères; de retrouver des criminels en cavale pour les livrer au roi; de pister des épouses qui avaient pris leur jambes à leur cou, assoiffées de liberté; de mettre le grappin sur des soldats qui avaient déserté... c’était ce pour quoi Lilo t’avait formée. On faisait parfois appel à toi pour des contrats qui exigeaient un peu plus de discrétion. La plupart du temps, tu n’acceptais ces demandes que lorsqu’elles t’amenaient loin de la capitale de Sezni. À Inaki, il était difficile de passer totalement inaperçue, trop de gens connaissaient ton visage. Ainsi, tu t’étais fréquemment glissée dans des rôles pour mieux t’insinuer dans l’intimité de tes victimes. Confirmer des infidélités, identifier des escrocs et des voleurs, des traîtres... tu ne crachais sur rien qui fasse miroiter un peu d’adrénaline et un peu d’or. Le contraire eut été surprenant. Tu n’aurais pu t’acheter cette demeure dans la capitale si tu n’avais pas amassé autant d’argent au fil des années passées avec Naslor.

En général, tu te complaisais dans ton travail – moins qu’à l’époque où tu avais un partenaire qui suivait chacun de tes pas, mais tu trouvais toujours de la satisfaction à chaque fois que tu parvenais à tes fins, chaque fois que tu réussissais à peaufiner un nouveau personnage et à séduire tes cibles.

Mais aujourd’hui, c’était différent... Voilà six jours que tu avais quitté la capitale. Un des hauts conseillers du roi t’avait demandé de retrouver sa favorite. La jeune fille s’était évadée de chez lui en pleine nuit. Il ne savait pas où elle s’en était allée, il ne savait pas si elle avait de la famille ou des amis. Tout ce qu’il savait, c’est que la brune créature lui faisait du bien – au corps et à l’âme – et il voulait la récupérer à tout prix. Une bonne avance en poche, vêtue d’un pantalon et d’une tunique blancs et amples, encapuchonnée jusqu’aux yeux pour prévenir les tempêtes de sables, tu t’étais lancée dans ce qui te semblait être une chasse impossible. Le prénom qu’il t’avait donné n’était probablement pas celui qu’elle avait reçu à la naissance... et même si c’était le cas, elle n’aurait pas été assez stupide pour dire son vrai patronyme à une personne rencontrée sur la route. Les autres peuples n’avaient pas tort : le désert de Sezni était un endroit extrêmement dangereux et son peuple n’avait rien de miséricordieux ou de tolérant. Tu ne connaissais pas ce conseiller qui t’avait payée une grasse somme pour retrouver cette fille, mais tu te doutais qu’elle aurait probablement dû rester où elle était plutôt que de fuir vers un désert où elle risquait de rencontrer un être bien pire que celui qui l’abritait et la nourrissait.

Jusqu’à maintenant, tu avais suivi la piste donnée par quelques caravanes de voyages qui avaient vu une femme étrangement vêtue errer dans le désert. Dans une impasse, tu avais longuement réfléchi, et un pressentiment te chuchotait que tu devais aller vers les canyons. Cette impression avait été confirmée lorsque tu avais retrouvé un de ces voiles colorés que portait l’ingénue au moment de sa fuite dans un buisson de ronces. L’écervelée s’en était allée vers le canyon de Graduke, la gorge la plus mortelle que l’on puisse retrouver sur les terres désertiques du peuple du Feu. Tu avais eu envie de tourner les talons et retourner à Inaki, mais craignant de ne pas la retrouver vivante et de devoir abandonner le reste de ta prime dans les poches du conseiller, tu t’étais enfoncée dans le canyon. Même si tes réserves d’eau étaient déjà épuisées de moitié. Même si les chances de mort étaient grandes. Même si la plupart des voyageurs préféraient faire des détours plutôt que de s’engager sur cette route périlleuse. Tu n’étais pas comme tout le monde. Tu remettais ta vie entre les mains des dieux. Si Malaggar avait décidé que ton heure était venue, alors tu mourrais.

C’était il y a une journée. Tes réserves d’eau s’épuisaient et tu peinais à trouver une source où tu pourrais remplir ta gourde. Frustrée, tu ne pouvais t’empêcher de ruminer la faiblesse des hommes. Tout ça pour une Exempte. Tu allais mourir pour une Exempte... La chaleur enveloppant intensément ton corps, tu laissas tes pensées dériver, songeant à la faiblesse de la gent masculine. Les hommes avaient-ils seulement conscience de laisser autant de pouvoir entre les mains de ces délicates qu’ils appelaient « femmes » ? Tu étais la première à te révolter contre la façon dont les hommes de ta région traitaient les femmes – comme si elles n’étaient que des moins que rien, comme si elles devaient toutes appartenir à un homme, comme si elles étaient un sexe faible –, et pourtant, tu ne cessais de t’émerveiller en voyant comme il était facile de berner un homme simplement à l’aide d’un joli visage. Au cours des dernières années, tu avais rencontré beaucoup de femmes indépendantes, beaucoup de femmes dangereuses. Peu d’homme leur arrivait à la cheville. Oh, bien sûr, il y avait ces hommes cruels, sadiques et sans pitié, ceux qui bandaient à la vue du sang, mais tu n’en avais pas rencontré qui soit aussi dangereux que ces femmes...

Fronçant les sourcils, tu crois apercevoir un reflet plus loin. De l’eau ? que tu te demandes. Ou simplement un mirage ? Portant ta gourde à tes lèvres, tu avales une dernière goulée d’eau chaude.
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Cyne Wkar
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~#~Sujet: Re: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Mer 10 Mai - 15:25


Tu serres les dents au point qu’elles se mettent à grincer quand tu repenses à ce qui t’a poussée à revenir à Sezni. Voilà sept ans que tu as quitté la région et que tu t’es promis de ne pas y remettre les pieds avant très, très longtemps. Lorsque le sable atteint tes yeux et te font pleurer, alors que le soleil tape dangereusement sur toi, tu ne peux t’empêcher de te promettre de faire la peau à celui qui t’a obligée à revenir dans cette région que tu détestes tant. Voilà plusieurs jours qu’un homme était venu te voir, alors que tu t’amusais dans une taverne sombre de Sterenn à défier les plus braves et les plus soûls dans des combats qu’ils perdraient inévitablement. Le regard sombre, le visage masqué par un foulard du sud, il s’était approché de toi sans un mot, glissant simplement un bout de parchemin dans les replis de tes vêtements avant de s’enfuir aussitôt, avant même que tu ne puisses lui demander ce qu’il voulait. Tu croyais au début avoir affaire à un homme souhaitant tes services tout en restant discret, mais les mots écrits à la va-vite sur le parchemin t’avait fait grincer des dents, comme à présent. Et maintenant que tu marches avec fureur vers l’endroit où vit ton frère, tu te rends compte qu’il y a énormément de chance pour que tu te sois faite avoir comme jamais auparavant. Et alors que tu te tords la cheville dans un trou de ce foutu canyon, tu te rends compte avec irritation que non, sept ans loin de Sezni n’est définitivement pas assez pour toi.

Le regard noir, tu continues de marcher avec ferveur dans le canyon. Cet endroit, très réputé pour être le plus mortel de cette région, n’est plus un obstacle pour toi. Même si tu continues de faire attention où tu marches, les yeux roulant un peu partout pour vérifier que personne ne se cache dans les recoins de la roche, prêt à se jeter sur toi pour te voler le peu d’argent que tu as, tu ne connais pas parfaitement ce canyon, que tu n’avais franchement pas l’habitude de découvrir étant plus jeune. Tu n’as jamais aimé cette région. Quand tu étais encore enfant, tu n’osais pas mettre un pied en dehors du domaine de tes parents tant tu avais peur de te perdre dans le désert ou dans un canyon et mourir de soif, de faim ou même mangée par un animal sauvage. Tu étais effrayée à l’idée que ta famille ne vienne jamais te chercher, t’abandonnant à ton sort sans même se retourner, continuant leur route en ne faisant que t’oublier. En un sens, c’est un peu ce qui t’est arrivée. Quand ta famille a appris pour ton don de l’Air, un don bien différent du sien, elle n’a fait que te rejeter. Tirer tout un trait sur ton existence en te laissant pour morte. Avec une grimace, tu te dis que finalement, ce n’est pas si mauvais que ça. Tu as appris bien des choses que tu n’aurais sûrement jamais connues si tu étais restée dans cette famille. Dans cette région. Dans cette horrible région que tu détestes tant.

Sous la colère, tu donnes un violent coup de pied rageur dans le premier caillou qui vient buter contre ta botte. Avec tout le vent qu’il y a à Sterenn, tu t’es habituée à porter des vêtements relativement chauds, tout en te laissant assez de marge de manœuvre pour bouger dans tous les sens. Idiote comme tu es, tu n’as pas pensé à la chaleur qu’il faisait à Sezni, et tes vêtements sont loin d’être adaptés à une telle température. Avec un soleil aussi puissant et chaud, tu as du mal à ne pas te jeter sur ta gourde emplie d’eau fraîche — qui d’ailleurs, ne doit plus être fraîche — et de tout boire en une seule gorgée. Cela fait plusieurs jours que tu es sur la route et, même si tu as bien fait attention à prendre toute l’eau nécessaire, tu fais le maximum d’économie à ce niveau-là. Mourir de soif n’est franchement pas ton truc. Surtout en plein canyon qui regorge de beaucoup d’autres dangers — mourir de soif ici, ce serait franchement stupide ; autant mourir assassiné par un des natifs du canyon ou par un piège naturel créé au fil des années.

Tu finis par retirer sauvagement un des tissus qui te recouvrent abondamment, le laissant abandonné sur le sol. Tu ne comptes pas le garder et l’avoir en poids supplémentaire. Tu en achèteras un autre, bien plus adapté, quand tu seras arrivée. Arrivée. Tu repenses encore une fois à ce satané bout de parchemin. Comment Lilo aurait-il pu se fourrer dans un tel pétrin ? Plus tu y penses, plus tu te dis que tu fais ce voyage pour rien. Une perte de temps inutile, futile et qui pourrait bien te tuer. Peut-être que c’est ce que voulait cet homme étrange. Dès ton retour à Sterenn, tu comptes bien le retrouver et lui botter le cul pour t’avoir fait une telle farce. Et alors que tu t’apprêtes à donner un énième coup de pied dans un énième caillou, pour tenter d’évacuer la rage qui pulse en toi — et que tu ne peux pas vraiment évacuer au travers de ton don, vu les lieux —, tu distingues une forme floue et noire dans le lointain. Plissant les yeux, tu peines à reconnaître ce que c’est, et tu accélères le pas pour tenter de déchiffrer cette forme. Peut-être est-ce un animal sauvage, que tu pourras tuer et dont tu pourras tirer du liquide et de la chair fraîche. L’un des avantages d’avoir grandi ici, c’est que tu sais très bien où il faut planter ton poignard pour tuer la bête au plus vite et profiter de la viande avant qu’elle ne pourrisse.

Malheureusement, quand tu approches encore un peu, la vision devant toi se transforme peu à peu en la silhouette d’une personne, puis d’une femme. Tu t’arrêtes à quelques pas de l’inconnue, les sourcils froncés. Elle semble être mal en point, mais tu n’oses pas l’approcher. Avec un peu de chances, tu es tombée sur une native du canyon, ou pire, une soldate désertrice. Peu importe, dans tous les cas, elle maîtrise le don du Feu, et ça t’agace. En même temps, tu ne pouvais pas faire autrement, en étant à Sezni. « Mais qu’est-ce que vous foutez ici ? Vous êtes suicidaire ? » Tu ne peux pas t’empêcher de te montrer ébahie. « Il y a un million de façon de se tuer, mais vous préférez passer par ici, au cas où les Dieux seraient cléments et que Malaggar déciderait de ne pas vous tuer ? » Tu ricanes un peu avant de décrocher ta gourde et de lui tendre, les sourcils haussés. « Je vous déconseille. Malaggar est un gros con qui risque de vous faire souffrir pendant un bon moment avant de vous ôter la vie ». Ouais, insulter le Dieu du Feu n’est pas une bonne idée. Mais tu t’en fiches. Si l’inconnue veut te faire payer, tu n’auras qu’à l’étouffer. Ou lui reprendre ta gourde.

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~#~Sujet: Re: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Lun 15 Mai - 5:41


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D’un geste rageur, tu enfonces le capuchon de liège de ta gourde avant de laisser retomber tes bras de chaque côté de ton corps filiforme. Le vent du désert balaye la sable qui crépite contre tes vêtements. Heureusement qu’il ne souffle pas plus intensément… Les canyons avaient cette tendance à devenir extrêmement dangereux lors des tempêtes de sable. Lorsqu’elles survenaient, Jalahiel faisait voler les grains de sable qui formaient des nuages étouffants. Ces amoncellements de sables s’engouffraient dans les cavités qu’étaient les canyons et prenaient souvent la vie des courageux – ou des illuminés – qui osaient y vivre ou s’y aventurer. Malgré l’eau que tu viens d’avaler, tes lèvres sont sèches et craquelées. Même si tu as pris soin de rester bien drapée dans tes vêtements lorsque l’astre du jour frappait dans le canyon, gardant ton écharpe bien en place pour protéger ton cuir chevelu, ton cou et ton visage de la morsure de Malaggar, la peau autour de tes yeux étaient échauffée par le lumière et le vent. Ils étaient peu nombreux, les nomades qui vivaient dans le désert. Encore plus ceux qui vivaient dans les canyons. Et leur espérance de vie était courte. La plupart des gens sains d’esprit préféraient largement l’ombre et la fraîcheur des grottes et des oasis à l’immensité mortelle des dunes et des gorges. Même pour les Feu qui avaient une résistance particulière à la chaleur et aux températures extrêmes, le désert pouvait s’avérer mortel quand on ne savait pas prévoir ses humeurs…

Remontant ton écharpe sur ton nez, tu places ta main en visière au-dessus de tes yeux, les sourcils froncés. Tu es partagée entre la conviction que ce reflet que tu aperçois au loin n’est rien d’autre qu’un mirage, et cette espérance d’avoir enfin trouvé de l’eau dans laquelle te baigner. Si tu restes assez longtemps là, le soleil finira par se mouvoir et créer suffisamment d’ombre pour que tu puisses en avoir le cœur net… Mais pouvais-tu réellement te permettre de rester immobile aussi longtemps ? Il le faut, affirmes une petite voix dans ta tête. Si tu fais trop d’efforts, tu risques de te fatiguer et de t’effondrer.

« Mais qu’est-ce que vous foutez ici ? Vous êtes suicidaire ? » Pendant un instant, tu restes immobile en entendant la voix féminine percer le silence, convaincue d’être seule dans cet abîme dans lequel tu t’es enfoncée comme une autruche, attirée par le gain. Mais la voix poursuit : « Il y a un million de façon de se tuer, mais vous préférez passer par ici, au cas où les Dieux seraient cléments et que Malaggar déciderait de ne pas vous tuer ? » Cette fois, tu fais volte-face, portant ta main tremblante vers ton arme, dardant un regard dur, mais confus sur la femme qui est apparue près de toi. Trop chaudement vêtue pour le climat désertique, elle te semble déplacée dans ce décor sablonneux. Elle te tend sa gourde après avoir allègrement blasphémé contre ton dieu sans la moindre vergogne. « M-Mala… tu t’éclaircis la voix. Malaggar nous éprouve pour nous rendre plus fort, » que tu déclares presque machinalement. S’il y avait bien quelque chose que tu n’étais pas parvenue à effacer de ta mémoire depuis que tu avais pris cette nouvelle identité, c’étaient bien ces paroles que tu te répétais chaque fois que ton père avait osé lever la main sur toi. C’était toute une pièce d’homme, ton père. Large d’épaule, haut de stature, peut-être était-ce simplement parce que tu avais pris plusieurs centimètres depuis, mais il t’avait toujours semblé se dresser devant toi comme une tour. Inébranlable, indestructible devant une adolescente si frêle et démunie. Tu te rappelles soudainement son regard sombre, ses cheveux poivre et sel et sa peau basanée. Comme la plupart des hommes du désert, ton père était fermement convaincu que les femmes n’avaient pas leur place dans ce monde, qu’en aucun cas elles n’avaient droit de se prétendre maîtresses d’elles-mêmes. Selon lui, une femme appartenait à un homme de sa naissance à sa mort. À son père pendant sa jeunesse. À son mari, lorsque son père acceptait de céder sa main. Ou à son frère en l’absence des deux autres. Selon ton père, une femme seule n’avait pas sa place dans la société seznienne. Il n’appréciait pas ton tempérament batailleur, ton père. Il aurait voulu que tu te tiennes tranquille, que tu aides ta mère à préparer les repas, à dépoussiérer, à quérir de la nourriture au marché et à tenir la maison. Mais tu avais toujours vu les choses différemment. Tu t’étais toujours battue corps et âme pour passer les maillons du filet, pour pouvoir faire ce dont tu avais réellement envie : courir, te battre, manier des armes, vivre. Ça t’avait valu de nombreuses corrections qui allaient de la fessée à la séquestration pendant plusieurs jours. Pour cela, tu l’avais profondément détesté. Vivait-il toujours ? Tu l’ignorais. Mais tu espérais que les Dieux auraient assez de clémence pour délivrer tes frères et sœurs de son joug.

Mais un bref instant, alors que tes yeux papillonnent du sol au visage basané de la femme qui se tient devant toi, tu crains que ton esprit ne te joue des tours. Tu avais déjà entendu parler de ces personnes assoiffées et fatiguées dont l’esprit s’égarait peu à peu avant qu’ils n’en viennent à crever de soif, de faim ou de chaleur dans le désert seznien. Machinalement, tu tires sur ton écharpe, laissant ta sombre chevelure retomber lourdement sur tes épaules avant d’attraper la gourde qu’elle te tend. Lorsque tu effleures sa main, ton cœur tressaille. Tu as bien senti ses doigts sur ta peau. Tout comme tu sentais bel et bien la gourde dans la paume de ta main… Une illusion pouvait-elle être aussi vive ?

Tu évalues le pieds du contenant avant de saisir le bouchon entre tes dents. Ses réserves d’eau vont bientôt s’épuiser également. Aussi, tu tâches de ne pas y aller trop allègrement lorsque tu en verses sur ton vêtement avec lequel tu t’humectes la peau avant de remettre le tissu plus frais sur ta tête. Tu prends une petite gorgée avant de tendre la gourde à ton interlocutrice, l’esprit légèrement plus clair. « Je pourrais te poser la même question, je te ferai remarquer, que tu maugrées d’une voix enrouée. Tu ne dois pas tant tenir à ta vie pour offrir ta seule subsistance à une inconnue comme tu viens de le faire. » Une partie de toi-même te fait remarquer que tu ne dois pas tenir à la tienne pour t’élancer à une mort certains pour quelques pièces d’or. Depuis que tu travaillais seule, l’appât du gain et la recherche d’adrénaline avaient guidé chacun de tes pas. Était-ce si différent lorsque tu travaillais avec Lilo ? Probablement pas tant que ça. Sauf que l’avantage d’avoir un partenaire, c’est qu’il arrivait souvent que vos opinions ne soient en divergence. Aussi, le maquignon t’avait souvent aidée à mieux évaluer les risques. S’il avait été là, vous auriez sûrement tourné les talons avant de vous enfoncer dans le canyon. « Et tu n’es pas Feu pour insulter ainsi notre dieu, » que tu enchaînes en plantant tes iris dans ceux de la femme. « Si je n’étais pas aussi faible, je n’aurais pas hésité à te ramener au roi à la place de cette foutue esclave qu’on m’a envoyée chercher… » Si tu n’avais pas été aussi affaiblie, tu aurais pu la mettre au tapis et ramasser une somme d’argent beaucoup plus intéressante en ramenant une clandestine au roi. Mais non, à la place, tu recherchais une femme qui avait été depuis longtemps abandonnée par les dieux…
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~#~Sujet: Re: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Mar 23 Mai - 12:31


De toutes tes remarques, l’inconnue choisit de répondre à l’insulte envers son Dieu. Un ricanement moqueur sort de tes lèvres, mais tu n’es pas surprise, bien au contraire. Tu devais bien te douter que tu allais croiser des adeptes de Malaggar sur ce territoire, étant donné que tu ne risques de rencontrer que des Feu — ce qui est plutôt logique. Haussant les épaules, tu préfères ne pas partir sur un tel débat. Etant plus jeune, Malaggar était le Dieu que tu vénérais le plus. Il était un peu ton modèle, cette divinité qui avait réussi à offrir le don le plus précieux aux hommes : le don de contrôler cet élément si instable et puissant que le feu. Mais depuis le jour où tu as découvert ton appartenance à l’élément Air, tout a changé. Tu respectes toujours ce Dieu que tu as admiré pendant près de quatorze ans, bien sûr. Tu ne pourrais jamais renier les valeurs qui t’ont été inculquées sous sa dévotion. Cependant, avec les années qui ont passé, et qui passeront sûrement encore, tu te rends compte peu à peu que Malaggar est peut-être un sale petit con qui a préféré t’envoyer chier plutôt que te donner le don de Feu. Et rien que pour ça, tu as bien envie de l’emmerder à l’insulter à tout va — si jamais il ose un jour te punir, tu vas bien rigoler.

Tu regardes la brune asperger son tissu de ton eau en arquant un sourcil. Tu n’avais pas prévu qu’elle utilise ainsi la petite gourde que tu lui as prêté, imaginant qu’elle ne ferait que boire avant de te rendre la gourde, mais manifestement, elle ne semble pas faire cas de ton propre moyen de survie. « Tu ferais mieux d’éviter de tout gaspiller comme tu l’as sûrement fait avec ta propre eau, sinon je risque de te botter le cul ». Tout ça accompagné d’un sourire légèrement mesquin, mais tu ne peux pas vraiment t’en empêcher alors qu’elle semble manifestement plus fraîche qu’il y a quelques secondes à peine. Ca doit sûrement être un effet de l’eau sur sa tête, mais tu ne peux pas vraiment dire quoique ce soit. Elle réplique plutôt rapidement pour son état. Malheureusement pour elle, elle ne peut pas avoir plus tort que ça.

Tu as beau avoir eu une enfance compliquée qui aurait pu en traumatiser certain, tu ne peux pas dire que tu as une vie difficile, bien loin de là. Grandir avec ton frère ayant pris le rôle de père — un mauvais père qui t’a entraînée dans les déboires du métier de chasseur de primes, bravo Lilo — a plutôt été une expérience enrichissante en tout points de vue. Seule, tu n’aurais jamais pu survivre alors que ta propre famille a essayé de te tuer. Tu n’aurais jamais pu survivre dans Oranda par tes propres moyens — parce qu’avouons tout, tu étais une brêle totale en survie, tu n’aurais pas fait long feu. Tu dois la vie à ton frère, et mourir maintenant alors qu’il est peut-être en danger n’est certainement pas une option. Tu dois avant tout le retrouver et vérifier qu’il va bien, qu’il n’est pas sur le point de mourir en laissant sa fortune au premier venu — parce que tu comptes bien être l’une des premières à recevoir son héritage, quitte à tuer le gosse qu’il aurait pu avoir. Mourir n’a définitivement jamais été une option pour toi. Tu t’es toujours battue, pour réussir à atteindre le niveau de puissance auquel tu es. Et ce n’est pas un fichu canyon avec une fichue Feu trop bête pour faire attention à son Eau qui va t’empêcher de continuer à avancer.

Récupérant ta gourde, tu fais un signe vague du menton. « Cela t’empêchera peut-être de me tuer, vu que je sais mieux faire attention à mon eau que toi, visiblement. Et si tu veux sortir d’ici en vie, je pense que cette eau pourra t’aider ». Pourtant, tu ne fais plus guère attention au fait que ton eau s’amenuise de fil en fil lorsqu’elle continue de marmonner ses menaces, qui n’ont aucun autre effet sur toi que de te faire sourire en secouant la tête. Tu lui tapotes l’épaule, un air moqueur sur le visage. « Tu peux toujours essayer. Mais crois-moi, le roi ne m’enfermera pas ». Avec ce que tu lui as apporté quand tu travaillais avec ton frère, il serait bien malvenu de t’enfermer ou de te faire tuer. Et si la Feu ne t’écoutait pas et arriverait à t’emmener jusqu’à lui, tu n’hésiterais pas une seule seconde à lui rappeler à combien il te doit beaucoup de choses pour son royaume.

Bien que tu n’aies franchement pas envie de devoir poursuivre ta route vers ton frère avec une furie Feu au cul, la voir dans un tel état te fait pincer des lèvres. Tu n’aimes pas aider les gens qui sont manifestement dans le besoin, mais cette femme te semble prête à en découdre malgré sa fatigue et le coup de soleil qu’elle s’est prise dans la figure. Soupirant intérieurement, tu maudis Lilo et souhaites qu’il ne soit pas en danger immédiat — s’il a le culot d’aller parfaitement bien, il risque sûrement de t’entendre — avant de mettre tes mains sur tes hanches, l’air intéressé. « Une esclave, hein ? ‘Se peut que j’en ai vue une. Qu’est-ce que j’ai si je te donne un coup de main ? Ton respect et ta loyauté éternelle ? Ou une — grosse — partie de la récompense ? » Faisant un vague signe de la main, tu prends plutôt un air désinvolte. « Ce serait quand même dommage que tu reviennes les mains vides — ou que tu meurs à cause d’une stupide fierté mal placée ».

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~#~Sujet: Re: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Lun 5 Juin - 3:28



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Tu ignores ses commentaires sur ton gaspillage de son eau. Tu as vécu dans le désert pratiquement toute ta vie. Enfant, tu as fait de nombreuses escapades sur les terres de Sezni à l’insu de ta famille. Les astuces pour éviter la déshydratation, tu les as découvertes avec Akela au cours de ces excursions qui s’étaient toujours inévitablement terminées à coup de ceinture sur tes cuisses. C’est ce foutu canyon qui t’a déstabilisée; ce sont les maudites histoires que l’on raconte à son sujet qui t’ont foutu les jetons. Les dunes de sable brûlant ? Tu connais. Les montagnes qui bordent la frontière ouest de la région ? Tu les connais comme le fond de ta poche – ou presque. La savane ? C’est du gâteau comparé au reste de cet enfer brûlant. Mais les canyons, ils étaient dangereux. Les personnes saines d’esprit – les gens qui avaient un minimum de bon sens – ne s’y aventuraient pas; à moins d’y avoir vu le jour. Peut-être est-ce le cas de cette impure que tu chasses. Les habitants des canyons sont rares. Ils sillonnent ces gouffres infernaux en petits groupes de nomades et survivent tant bien que mal, même si leur espérance de vie était reconnue pour être très faible.

Elle récupère la gourde que tu lui tends et te fais un signe du menton plutôt frondeur en te faisant remarquer que tu pourrais l’épargner pour la simple et bonne raison qu’elle sait mieux gérer ses rations d’eau que toi. Tu as toujours été impulsive. Mais jamais inconsciente – malgré ce que Lilo pourrait en penser. Elle te gratifie ensuite d’un coup sur l’épaule et t’annonce que tu peux bien essayer de l’emmener au roi, mais qu’il ne l’enfermera pas. Tu fronces les sourcils, mais tu n’oses pas la questionnaire plus encore. Tu as remarqué qu’elle n’a pas nié ne pas être Feu. Tu portes ta main à ton épaule où sa peau a touché le tissu de tes vêtements, appuyant sur ton bras, comme pour effacer son contact. En soupirant, tu détournes le regard vers l’horizon, l’observant du coin de l’oeil de temps à autre. Tu ne pouvais t’empêcher de remarquer à quel point sa présence paraissait naturelle et saugrenue en même temps. Comme si elle avait sa place dans ce désert, mais qu’elle ne devrait pas y être…

« Tu sais ce qui nous aiderais, ma belle ? que tu clames soudainement. Que tu sois une Eau. Ça, ce serait pratique, là, tout de suite ! Tu te retournes vers elle, tapant un peu du pied dans le sable meuble, excédée par la tournure des événements. Ce ne sont pas les Feu qui devraient vivre dans ce foutu désert, ce sont les Eau, que tu marmonnes entre tes dents, un coup de pied dans le sable martelant chacun de tes mots. Au moins, eux, ils peuvent forer de quoi survivre dans ce satané sol stérile ! »

La femme ne semble pas accorder trop d’attention à tes paroles rageuses. Elle sait probablement qu’il n’y a rien à répliquer face à telle affirmation. « Tout ça pour une erreur de la nature ! » finis-tu par t’exclamer avant qu’elle ne t’interroge. D’un ton lourd de sous-entendus, elle énonce qu’il est possible qu’elle ait vu passer une esclave. Tu tressaillis à l’idée, braquant ton regard sur son visage bronzé qui affiche une mine à la fois nonchalante et innocente. Tu n’as pas pour habitude d’accepter l’aide de qui que ce soit. Et alors que tu t’apprêtes à protester, à dire que tu t’en sortiras très bien sans elle, la voix tonitruante de Lilo s’impose dans ta tête. On s’en fout de ta tune, espèce de tête de mule ! rugit la voix de la raison. Vas-tu refuser son aide juste parce que t’en encore foutrement orgueilleuse ? Et moi qui croyait avoir réussi à t’inculquer un peu de bon sens après toutes ces années passées à me taper tes humeurs… Si j’avais su, je me serais retiré pour élever mes fils bien avant. Tu ricanes et te frottes la nuque, tentant de chasser les hallucinations qui commencent à envahir ton esprit. Tu allais répliquer lorsque la voix du maquignon s’impose de nouveau : Donne-lui la moitié de la récompense, et puis basta ! C’est pas comme si tu en avais besoin, de toute façon. Et au moins, tu mourras pas desséchée dans le fond du Graduke. Non, mais merde ! Tu te ressaisis.

« Les esclaves pullulent à Sezni. Comment est-ce que tu sais que tu as bien vu la mienne, hein ? Tu soupires, humectant tes lèvres asséchées. Bon. Et puis de toute façon ta compagnie sera mieux que celle des voix qui n’arrêtent pas de m’embêter depuis que j’ai commencé à me déshydrater… La moitié de la récompense, ça te convient ? Cinq cent cinquante pièces d’argent sezniennes, ça vaut bien le déplacement, non ? »

Tu l’observes dans l’attente de sa réponse. Curieusement, tu as l’impression de reconnaître sa façon de parler, son maintien et son profil, mais tu es sûre de ne l’avoir jamais vu où que ce soit. Tu avais une mémoire phénoménale pour les prénoms. Tu n’oubliais jamais une personne une fois que tu avais échangé quelques mots avec elle. Et même si son langage corporel te criait qu’elle ne t’étais pas inconnue, tu savais que tu ne la connaissais pas non plus. La voix grave se manifeste encore une fois : Mais c’qu’on s’en balance… Alors qu’elle ouvre la bouche pour répondre à ta proposition, tu entends des cris au loin. Des voix humaines. Tu ouvres des yeux ronds, tendant l’oreille vers la source de ces effusions. Curieusement, tu as l’impression d’entendre le bruit de sabots aussi…
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~#~Sujet: Re: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Lun 31 Juil - 10:55


La femme à la peau basanée semblait être à bout de forces, d’énergie et surtout de patience lorsqu’elle finit par accepter — presque à contre cœur — l’aide si gentiment proposée de la mercenaire. Cyne ne s’attendait pas à ce que l’inconnue se résigne aussi vite en lui affirmant la somme de la moitié du gain ; pour cette seule raison, la méfiance s’empara immédiatement d’elle alors qu’elle plissait les yeux d’un air intrigué, observant la femme cachée sous les épaisseurs de tissus censés la protéger du soleil. Malgré son âge relativement jeune pour une mercenaire, Cyne n’était pas habituée à en rencontrer d’autres qui renonçaient à leur butin ou à une partie de leur gain aussi facilement et rapidement, tout ça pour retrouver une esclave dont le maître n’avait pas assez d’intelligence pour la garder auprès de lui. Face à la réactivité de l’inconnue et sa facilité à te renvoyer la balle lorsqu’elle lui lançait des critiques à peine voilées, l’Air s’était attendue à devoir marchander un bon moment avant de ne pouvoir recevoir qu’une petite partie de la somme globale, comme la plupart du temps où elle essayait de négocier. Malgré son franc parler, c’était un de ses points faibles qu’elle comptait bien améliorer pour son futur, sinon elle risquait fort bien de ne pas pouvoir tenir la route.

Entrouvrant les lèvres après quelques minutes d’hésitation, Cyne allait accepter de lui dévoiler le peu d’informations qu’elle avait pu acquérir avec son petit voyage dans les lieux — peu d’informations au vu de comment elle avait râlé sur l’incapacité de son frère à la tenir correctement au courant, l’obligeant à venir voir elle-même si tout allait bien ou non — quand des bruits légers attirèrent son attention. En temps normal, ce genre de cris n’aurait pas pu l’empêcher d’accepter une offre aussi alléchante — cinq cent cinquante pièces d’argent étaient un butin trop énorme pour cracher dessus, et ce même s’il fallait compter en argent seznien et non en pièces de Sterenn —, mais dans un lieu aussi peu habité où les seuls bruits sont les rares oiseaux au-dessus de leur tête ainsi que les rares brises de vent soufflant contre les rochers des canyons, entendre des cris et des bruits de sabots ne pouvaient qu’être un mauvais présage. Malgré son voyage passé à pester contre Lilo, Cyne avait fait très attention, à partir du moment où elle avait posé pied dans les canyons, à ne pas tomber ou ne pas attirer l’attention des quelques habitants quasi introuvables de ces fichus canyons, ces seuls hommes et femmes capables de vivre dans ces lieux que tout le monde craignait. Bien qu’elle fut une tête brûlée dès son plus jeune âge, une fois la maison familiale quittée et vivant auprès de son grand frère qui lui apprit tout ce qui était nécessaire à sa survie, la mercenaire de trente-deux ans connaissait fort bien ses limites, et si elle tombait seule dans un guet-apens d’habitants des canyons contrôlant le feu, elle n’aurait aucune chance.

Tournant immédiatement la tête vers l’origine du bruit sans plus faire attention à l’inconnue devant elle, Cyne se demanda un court instant si la femme à ses côtés n’était pas un appât censé retenir les crétins comme l’Air le temps que les autres arrivent, mais elle semblait franchement trop déshydratée et légèrement trop folle pour faire partie de ces gens si dangereux. Plissant les yeux, elle finit par percevoir à plusieurs centaines de mètres à leur droite une épaisse fumée rougeâtre soulevée par les sabots des chevaux frappant le sol avec hargne alors qu’ils se dirigeaient droit sur les deux femmes arrêtées, descendant à une vitesse folle la petite montagne d’où ils semblaient venir. « Eh merde ! » Pestant contre sa fichue fierté qui l’avait obligée de rester narguer l’inconnue quelques instants et qui l’avait mise dans ce pétrin alors qu’elle avait fait tout ce qu’il fallait pour éviter ces salopards des canyons, Cyne attrapa le bras de l’inconnue, fit un demi-tour sur elle-même, les cheveux rejetés en arrière pour ne pas être dérangée, et s’élança rapidement dans la direction opposée des natifs. La mercenaire n’avait pas l’intention de se lancer dans une course poursuite avec eux ; tout d’abord parce qu’ils étaient bien plus nombreux — elle n’avait pas pu bien voir leur nombre exact, mais au vu de la fumée soulevée, ils ne devaient pas être peu —, mais aussi parce qu’ils avaient la chance de posséder des chevaux, support qui leur permettrait de les rattraper avant même qu’elles ne pensent à se battre. S’arrêter et leur faire face était tout autant suicidaire puisqu’ils devaient être lourdement armés en plus de leur maîtrise du feu, élément que Cyne avait côtoyé pendant un bon moment avant de décider de le fuir.

La mercenaire avait une idée bien plus farfelue en tête, l’un des derniers signes restant de son passé avec son frère qui pourtant ne datait pas tant que ça. Les habitants des canyons étaient réputés pour connaître à la perfection les lieux dans lesquels ils vivaient ; pourtant, Cyne avait une bonne mémoire et semblait reconnaître parfaitement le chemin d’où elle venait. Et si elle avait autant d’eau sur elle au contraire de la femme à la peau basanée qui était presque en train de mourir de soif, c’était parce qu’elle avait rencontré un cours d’eau assez conséquent — en temps normal, elle aurait qualifié ça de rivière, mais ne sachant pas exactement d’où il prenait sa source, elle avait préféré taire sa pensée — dans lequel elle avait rempli ses gourdes. Lorsqu’elle y avait plongé la main, l’Air avait senti un léger courant qu’elle pouvait peut-être accélérer grâce à la maîtrise de son don, leur permettant d’échapper à leurs poursuivants. Mais pour le moment, le but était de ne pas se faire attraper ; ne sachant pas exactement à combien de temps de route de marche — et de course — se trouvait le point d’eau ni si l’inconnue allait la suivre ou lui fausser compagnie — Cyne ne voulait franchement pas perdre la  possibilité de gagner plus de cinq cent pièces d’un coup —, la mercenaire cria à l’inconnue de lui faire confiance. C’était tout ce qu’elle pouvait lui dire alors qu’elle devait économiser son souffle pour courir durant un petit moment dans le paysage de canyon devenant de plus en plus escarpé.

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~#~Sujet: Re: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Mar 22 Aoû - 4:31



Water is a rare commodity
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Elle les a entendus aussi ; ces cris en sourdine au loin, et le bruit du sable qui crépite à l’approche d’une horde de cavaliers qui chevauchent à toute allure. Probablement des natifs des canyons. Et au vu du train d’enfer qu’ils mènent et de la nuée rougeoyante qui s’élève au loin, ils sont nombreux et ils approchent rapidement. Tu n’en as jamais rencontrés auparavant. Tout ce que tu sais des natifs, c’est ce qu’on en dit à Inaki et ce qu’on en racontait dans ta communauté natale. Tellement peu de gens sont assez stupides pour s’aventurer dans les canyons. Seuls les plus intrépides, les plus téméraires et les plus irréfléchis tentent l’aventure, et peu en ressortent vivants. À vrai dire, tu n’as probablement jamais rencontré quiconque qui ait vécu pour raconter leur rencontre avec ces sauvages… ceux qui prétendent le contraire sont habituellement bien avinés et s’en vantent en tentant de te séduire.

Quand tu étais enfant, les conteurs de votre communauté – ceux que vous appeliez les anciens – faisaient l’éducation des enfants dans votre enfilade de grottes sous le grand oasis. D’âge vénérable, les anciens portaient le savoir ancestral de la région, de petits bouts d’histoire qui sont inscrits dans si peu de livres. Ils racontaient que Sezni, bien avant Adlacius Vara’hall ou les monarques de toute autre dynastie ne règnent sur le désert, était régie par un système de clans. Il n’existait alors pas de roi, pas de dirigeant pour mener le peuple dans le droit chemin. Encore plus qu’aujourd’hui régnait la loi du plus fort. Les plus vigoureux survivaient alors que les plus faibles périssaient. Comme les meutes de lions qui peuplent le désert, les clans étaient dirigés par un chef, mais il existait tellement de tribus et les conflits étaient si fréquents que l’ordre était difficile à maintenir. C’était il y a très longtemps. Bien avant la création de Dahud. Bien avant l’érection de Lucrezia et l’apparition des familles représentantes. Avec le temps, les tribus nomades qui sillonnaient la région, guerroyant pour contrôler un point d’eau ou un autre, étaient devenus sédentaires et des villages étaient apparus. Sauf que pendant que le peuple seznien se civilisait, lentement mais sûrement, certains avaient conservé ce mode de vie primitif et chaotique qui était autrefois celui de tous les habitants… Les natifs des canyons sont de ceux-là. Ils n’observent aucune loi. Ne répondent à aucun roi. Ils versent le sang avant de poser les questions. Ils sont craints. Leur seule évocation fait courir un frisson sur l’échine des hommes les plus solides.

En aperçevant l’expression de ton visage changer, ton interlocutrice fait volte-face vers l’origine du tremblement, vers ce mont en forme de chapeau au loin. Malgré la distance qui doit les séparer de vous, il ne fait nul doute que vous avez été repérées et que la horde se dirige vers vous de façon indicible. Tu sens bien qu’elle hésite, que ses pensées déferlent à toute allure. Tout comme toi, elle sait qu’il n’y a pas trente-six solutions pour vous sortir de ce pétrin… « Eh merde ! » persifle-t-elle entre ses dents. Tu soupires. « Manquait plus que ça, » que tu grommeles d’un ton amorphe. Tentant de regagner tes esprits davantage en pressant le linge encore légèrement humide contre ton visage – il ne tarderait pas à sécher avec la chaleur ambiante – tu promènes rapidement ton regard autour de vous à la recherche d’une issue.

Revenir sur tes pas serait insensé. Ça n’est pas une porte de sortie viable. Avant de pébétrer dans les canyons, des centaines de kilomètres de sable vermail t’entouraient. Malgré la présence de dynes parfois immenses, ils auraient tôt fait de vous retrouver. Et tu ne donnais pas cher de ta peau. Quand bien même ils vous laisseraient partir, l’oasis le plus proche se trouvait à une journée de marche. Lorsqu’on voyage dans le désert, il faut toujours prévoir son temps avec soin pour s’assurer de se retrouver près d’un oasis à la nuit tombée. Les bestioles et les reptiles qui sortent du sable du désert rouge une fois la nuit sont mortelles. Elles peuvent coûter la vie de n’importe quel guerrier, aussi fort et courageux soit-il. Tu n’as pas l’intention de mourir aussi stupidement.

S’enfoncer davantage dans les canyons ne te semble pas non plus une bonne option. Les natifs connaissent cet environnement mieux que quiconque. Ils vous trouveraient rapidement.

Sans plus te laisser le temps de songer aux options qui s’offrent à vous, elle attrape ton bras et te tire dans la direction d’où elle est venue. Bien que tu sois tentée de lui résister – tu ne la connais pas, elle pourrait tout aussi bien t’attirer dans un pièce sans que tu ne le saches –, tu ne te sens pas la force de protester ou de résister. Toi qui ressentais les effets de la déshydratations sur ton esprit, ils commencent à se faire ressentir également sur ton corps. Le manque de liquide rend les muscles de tes jambes douloureux. Toute ton anatomie proteste lorsque tu t’élances à toute allure avec la belle brune sous le soleil incandescent vers – tu l’espères – une issue qui impliquera votre survie à toute les deux. Sentant tes réticences, elle t’intime de lui faire confiance. On s’en fout que tu la crois ou pas, tête de mule ! rugit la voix masculin de Lilo Naslor dans les tréfonds de ton esprit trouble. Sauve ta peau et suis-là !

Courir ne t’a jamais semblé aussi pénible, mais tu serres les dents et t’efforces te soutenir la cadence de ta partenaire d’un jour. Un peu plus âgée que toi, la trentenaire est athlétique, ses cheveux bruns flottent dans son dos alors qu’elle court dans le sable. Concentrant tes dernières forces sur ta capacité à maintenir la température de ton corps fraîche malgré la chaleur ambiante, tu laisses tes jambes te porter. Contre toute attente, vous vous enfoncez dans le canyon alors que tu avais mis tout le mal du monde à demeurer en hauteur jusqu’à maintenant pour éviter de te perdre, de chuter ou de te blesser. Elle t’entraîne vers un sentier escarpé. Sans trop savoir pourquoi, tu la suis sans poser de questions. Après tout, c’est par là qu’elle est arrivée, elle doit forcément savoir où cette course vous mènera. Le souffle court, tu la talonnes sans mot dire, plus appliquée à maintenir l’état de ta psyché et de ton corps que sur les questions qui pourraient apparaître dans tes pensées. De petits escarpements se succèdent. Étrangement, à ce moment-là, tu as la certitude qu’elle est Air. La facilité avec laquelle elle saute des hauteurs est confondante, tu as l’impression d’être un éléphant à quatre pattes gauches comparée à cette gazelle. Tu t’écorches à plusieurs endroits en glissant, en périclitant et en remontant, t’enfonçant encore et toujours plus profondément dans les profondeurs du canyon Graduke.

Tu perds lentement espoir lorsque tu crois entendre autre chose que le bruit sourd des sabots qui galopent vers vous. Serait-ce… le bruit d’une cascade ? Le son de l’eau qui serpente entre les rochers ? Vous poursuivez votre sprint inlassablement. Mais tu freines brusquement au sommet de cet à-pic vertigineux, jaugeant la hauteur avec scepticisme. Tu n’as jamais aimé les hauteurs. Même si tu prétends n’avoir peur de rien, tu ne peux empêcher tes genoux de trembler légèrement lorsque tu te retrouves à une trop grande distance du sol. Mais tout au fond du ravin montueux se trouve une rivière. Son débit semble assez lent, mais elle s’épanouit et fait son chemin dans la gorge. Pour se jeter où ? que tu te demandes. Les grands points d’eau ne sont pas nombreux dans la région. Vraisemblablement, cet affluent doit se jeter dans les souterrains, probablement dans une série de grottes comme celles où tu as vu le jour 27 ans plus tôt, probablement dans le repère de ces sauvages. Remonter à contre courant, malgré le faible débit du torrent, semble impossible dans l’état de fatigue où tu te retrouves. Quel autre choix y a-t-il ? « J’imagine que tu vas me dire qu’il faut sauter là-dedans ? » que tu lui demandes d’une voix enrouée. « Je te jure que si je n’aimais pas autant l’argent, je tuerais cette exempte à l’instant où je mettrais la main sur elle… »

Tu jettes un regard derrière pour constater le nuage de poussière ocre qui s’élève toujours au loin. Même s’ils sont toujours à une assez bonne distance de vous, ils s’approchent irrémédiablement. Et ils connaissent les recoins de cette gorge mieux que vous deux. À cheval ou à pieds, ils finiront par vous atteindre. Votre meilleure chance de survivre se trouve dans le fond de ce trou. L’eau se trouve au fond de ce trou. Et Malaggar sait que tu en as besoin de cette eau. Tu n’aimes pas te baigner. Peut-être s’agit-il de ton instinct de préservation qui remonte à la surface, mais tu n’as jamais aimé te retrouver submergée dans l’onde, qu’il s’agisse d’une rivière ou d’un bain. Tu n’aimes pas avoir la tête sous l’eau. Et ce saut, même si tu n’oses guère te l’avouer, te révulse de peur. Pendant que tu enroules ta volonté autour de l’idée de devoir sauter, tu te retournes vers ton interlocutrice, recherchant une décision finale dans ses yeux sombres.
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~#~Sujet: Re: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Lun 6 Nov - 20:37


Cyne avait eu toute la chance du monde lorsqu’il fut clair que la Feu la suivait sans dire un mot, n’essayant pas de la doubler. Peut-être était-ce à cause de la fatigue, du manque d’eau ou simplement par instinct de survie, la brune lui avait emboité le pas sans rechigner. Si elle avait été à sa place, la mercenaire ne savait pas trop comment elle aurait réagi. Suivre une parfaite inconnue qui semblait en forme au beau milieu d’un canyon qu’elle connaissait manifestement bien mieux que soi ? Elle aurait probablement pris la fuite dans une autre direction, forçant les natifs des canyons à se diviser ou à ne choisir qu’une seule proie. Peut-être même qu’elle aurait essayé de marchander, si elle avait eu toutes les cartes en main. Mais abandonner, laisser les natifs l’attraper sans aucune contestation n’était clairement pas dans ses gênes, c’était bien une chose qu’elle avait en horreur depuis que sa propre famille l’avait rejetée sans une once de regret.

Les deux femmes s’étaient arrêtées à quelques pas seulement du précipice qui les séparait du cours d’eau que Cyne avait croisé quelques jours auparavant. Se penchant en avant pour mieux l’observer, l’Air était surexcitée à l’idée de se jeter dans le vide, ressentir cette sensation qui ne la quittait plus depuis qu’elle s’était découvert le don de l’Air. Comme une seconde nature chez elle, cet élément n’était plus qu’instinctif dans les niveaux inférieurs de son contrôle, et la plupart du temps, sans s’en rendre véritablement compte, voilà qu’on apercevait Cyne au plus haut qu’elle pouvait grimper, aimant se mettre en hauteur afin d’évaluer les circonstances et la situation qui se présentait à elle. Opposé de l’élément terre qui la rebutai, l’air s’était imposée à elle quand elle n’était encore qu’une gamine, et elle se souvenait encore du soulagement qu’elle avait ressenti quand elle avait compris qu’elle n’aurait pas à apprendre à maîtriser un élément dangereux et incontrôlable. Mais surtout, elle ne pouvait que se souvenir de l’horreur qui l’avait frappée quand elle avait appris de la bouche de son frère et de sa famille entière qu’elle devait fuir ou mourir, n’étant encore qu’une adolescente n’ayant même pas passé la Cérémonie.

A cet instant précis, sauter dans un tel vide représentait malgré tout un certain défi. N’ayant pas encore le contrôle total sur son don et ne sachant pas voler, Cyne ne pourrait que ralentir leur chute pour éviter qu’elles ne s’écrasent sur l’eau comme si elles percutaient un sol rocheux, mais en plus de découvrir son don à la femme qui l’accompagnait, cela risquait de la mettre elle-même en danger. Contrôler le sens du vent était une chose, mais manier les courants afin qu’ils supportent non pas un, mais deux corps en était une autre. A vrai dire, la mercenaire n’avait jamais tenté pareille acrobatie. Sterenn avait beau représenter de multiples terrains où les accidents étaient plus que réguliers, où le danger était un facteur essentiel dans la survie du peuple de l’Air, elle avait toujours fait attention à ne jamais se blesser sans qu’il y ait une bonne raison, car se jeter dans le vide pour s’entraîner et finir avec les bras à la place des jambes sans n’avoir aucune aide autour pour vous sortir de là était une chose qui pouvait bien la rebuter, elle qui n’acceptait que très moyennement l’aide que les autres pouvaient lui proposer.

Tournant son visage vers la brunette avec un énorme sourire aux lèvres, Cyne ne put s’empêcher de la taquiner. « Oh, et dire que tu avais soif… Moi qui pensais te faire plaisir en t’amenant à une source potable — ah non, pardon. Dans une source ! » Et avant qu’elle ne puisse répondre, la mercenaire l’attrapa par le bras, serrant sa prise — la lâcher risquerait fort de l’éloigner durant la chute et maîtriser la vitesse du saut serait alors bien trop compliqué à gérer —, lança un dernier regard aux natifs derrière eux, ordonna à Jalahiel de ne pas les laisser mourir puis se jeta purement et simplement dans le vide, les yeux rivés sur la rivière. Son hurlement de joie résonna dans tous les canyons, mais elle s’en fichait éperdument. Une fois dans l’eau, les natifs perdraient forcément leur trace, et avec un peu de chance, elles ne s’échoueraient pas trop loin histoire de retrouver la trace de l’exempte en fuite. Non, pour le moment, le problème le plus important était de maîtriser la chute. Fermant les yeux, Cyne bougea sa main libre, concentrée, et bientôt, un souffle violent les repoussa légèrement vers le haut, freinant doucement leur descente. Cela ne dura que quelques secondes à peine, juste le temps de quelques battements de cil, et lorsque l’eau fut assez proche pour commencer à prendre son souffle, l’Air relâcha complètement la pression qu’elle contenait et les deux femmes tombèrent dans l’eau froide de la région du Sud.

L’eau froide percuta le corps de Cyne comme un fouet glacé, et son souffle fut brutalement coupé. Hoquetant et presque s’étouffant en essayant de ne rien avaler, elle battit des pieds comme une forcenée pour atteindre la surface, et dès lors que sa tête fut hors de l’eau, Cyne prit une profonde et longue goulée d’air, toussant et crachotant l’eau qu’elle avait pu avaler. L’eau n’était clairement pas son élément préféré. Après la terre qu’elle détestait au plus haut point du fait de sa terreur à l’idée d’être prisonnière vivante d’une tombe créée par des maîtres, l’eau était probablement le second élément qu’elle aimait le moins. Ne sachant guère respirer sous l’eau, ses mouvements étaient moins fluides et bien plus lents que lorsqu’elle se trouvait dans les airs ou même à l’air libre, et se sentir aussi impuissante, presque inutile, la rendait nerveuse et sarcastique. Apercevant la Feu à quelques mètres à peine d’elle, Cyne l’attrapa par le col avant de se mettre à nager sur le côté en direction d’un bord où elles pourraient s’accrocher quelques minutes le temps de souffler et de trouver un moyen de sortir de là. « Alors, c’était pas si mal hein ! »

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~#~Sujet: Re: Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK] Dim 12 Nov - 19:33



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Perchée au sommet des rochers, tes pensées défilent vivement, confusément. Tu n’es pas d’un naturel obéissant. Même qu’on te qualifie fréquemment d’impulsive et entêtée. Sauf que depuis Lilo, depuis tes nombreuses prises de bec avec lui et étant donné son plaisir à retourner le couteau dans la plaie dès que tu commettais une erreur, tu as appris à choisir les moments où tu dois être têtue et ceux où tu dois être résiliente. Peut-être est-ce l’assoiffement ou la fatigue, mais ton cœur t’a soufflé que tu pouvais faire confiance à cette femme dont le ton te rappelait tellement celui de ton mentor. Et malgré cette confidence instinctive, ton cœur s’affole à la pensée du seul échappatoire qui s’offre à vous. Bien malgré toi, tu te demandes si tu dois sauter ou continuer à courir. Ton cœur, ton instinct le plus primaire, te crie de prendre tes jambes à ton cou et de filer à travers le canyon, là où tes pieds peuvent toucher la terre, le sable et les rochers, là où tes pouvoirs te sont utiles, là où ils peuvent consumer l’herbe et la chair. Ta tête, te raison, t’enjoint plutôt à sauter, à affronter ta crainte des hauteurs et des chutes libres pour t’abîmer dans les profondeurs de la rivière que tu abhorre encore davantage que le vide. Parce que sans air, il n’y a pas de feu.

Tu entends presque la voix de Khryisal At’ror dans tes pensées alors que tu contemples l’idée de te jeter dans le gouffre. Le feu, Astéria, est l’élément le plus vivant des quatre. Le feu respire, il grandit, il dévore. Et les sezniens sont les seuls à pouvoir le dompter. Mais n’oublie jamais, ma fille, que le feu n’est pas invincible, et qu’il a besoin d’air pour subsister. Sans air, la flamme se meurt. Tu revois sa grande main calleuse se refermer sur l’étincelle orangée qui s’y épanouissait un instant plus tôt, ses doigts épais et noueux, ses grandes mains rudes de labeur. En grandissant, Khryisal t’avait appris à craindre l’eau. L’eau, disait-il, est le pire ennemi du feu. Et si tu avais un jour apprécié la baignade dans la source qui coulait dans la grotte, avant longtemps, tu t’es mise à craindre même la baignoire… À l’âge adulte, tu avais bien sûr dompté cette peur, mais tu n’aimais pas l’eau et tu faisais tout ce que tu pouvais pour éviter d’y plonger. Sa remarque taquine t’effleure à peine, toutes tes pensées focalisées sur cette décision que tu hésites à prendre.

Or, ta compagnie ne l’entend pas ainsi. Elle s’empare de ton bras et se projette dans le vide en t’entraînant avec elle. Un cri de joie jaillit de sa gorge alors que tu retiens un cri de terreur qui menace de franchir tes lèvres, te concentrant plutôt pour anticiper l’impact de l’eau sur ton corps lorsque vous vous y échoueriez… et les dieux savent que le choc sera brutal. À cette hauteur, l’eau devenait pratiquement aussi solide que le roc. Et pendant l’éternité que dure votre vol plané, tu pries tous les dieux de te sauver d’une mort certaine. Et lorsque vos corps fondent dans l’onde, la géhenne qui te déchire tous les membres du corps n’est pas aussi terrible que tu l’avais cru, mais elle te coupe le souffle. Tu mets quelques instants à te ressaisir, coulant un peu plus encore vers les profondeurs de l’onde étrangement froide pour la chaleur accablante du sud. Curieusement, tu te prends à songer que la collision avec la surface de la rivière a été moins brutale qu’elle aurait dû l’être et la joie de ta compagne de se retrouver en chute libre te souffle plus certainement qu’elle ne maîtrise pas le feu comme toi.

Après ce qui te semble être une éternité, tu reprends tes sens. Relevant tes paupières, tu redresses la tête vers la surface percée par les rayons dorés du soleil. Suspendue entre le fond sablonneux et la surface, tu es prise de panique et te mets à agiter frénétiquement les bras et les pieds pour remonter vers l’air. Tes poumons sont douloureux. Tu t’apprêtes à couler lorsqu’une main t’attrape pas le col de ta tunique pour te tirer vers le bord de la rivière. Tu tousses, crachant l’eau qui s’est accumulée, des larmes coulant sur tes joies imperceptiblement. Heureusement que vous baignez toujours dans la rivière, que tu songes. Autrement, la tête brûlée qui t’avait jetée dans le vide aurait probablement vu les larmes salines qui déferlent vers ton menton. « Alors, c’est pas si mal hein ! » affirme-t-elle, un sourire aux lèvres.

Tu t’agites, repoussant sa main toujours enserrée autour de ton vêtement. « J’espère que tu plaisantes ! t’insurges-tu. C’était horrible ! T’es complètement folle ! Tu pars dans une nouvelle quinte de toux, crachotant encore plus d’eau. J’arrive pas à croire que tu m’as tirée en bas avec toi… » La rivière déferle entre les rochers au fond du canyon, translucide, pure malgré les sables qui balaient fréquemment la région. Le courant est fort, mais tes muscles sont développés. Néanmoins, tu espères que l’Exempte sous-alimentée que tu recherches ne sera pas tombée dans le creux du canyon ou dans les vagues écumeuses de la rivière découlant de l’océan. Si c’était le cas, elle n’aurait sûrement pas survécu. « Je déteste l’eau, » que tu maugrées en essuyant ton œil gauche, sans lâcher ton emprise du rocher. Le souffle court, tu lèves les yeux vers les hauteurs où tu cherches la silhouette des cavaliers. « Merde… que tu siffles entre tes dents en apercevant les nuées de sables soulevées par les sabots des canassons. Ils sont là. Plonge ! » ordonnes-tu. Tu as saisi son bras, l’empressant de suivre ton geste de plonger sous la surface glacée à ta suite. Tu inspires une grande goulée d’air, combattant ton appréhension avant de plonger sous l’eau d’un coup. Priant Glorë de te donner le courage d’affronter son élément, tu maintiens ta tête sous l’eau pendant de longues secondes, jusqu’à ce que ton cœur se mette à battre follement et que tes bronches se mettent à brûler.

Jusqu’à ce que tu n’en puisses plus. Tu fends la surface brusquement, avalant une grande bouffée d’air, te débattant pour rattraper la berge rocheuse du cours d’eau sillonnant. Tes paupières papillonnent, chassant l’eau qui embrouille ton regard pour reporter les iris vers le sommet de la falaise. Les trombes de sable rouge retombent lentement. Le bruit assourdissant des sabots des chevaux résonne toujours entre les parois du canyon, mais tu les vois s’éloigner.
Croisant le regard de ton interlocutrice, tu mets le doigt sur tes lèvres pour lui indiquer de ne pas faire de bruit. Recroquevillée dans l’eau, contre le bord du gouffre rempli d’eau, tu te concentres sur tes inspirations et tes expirations jusqu’à ce que tu n’entendes plus les cavaliers et leurs montures. « C’est bon. Je crois qu’ils sont partis… » Sans attendre la réponse ou même la réaction de celle qui t’a à la fois sauvé la vie et qui l’a mise en danger en te tirant dans le précipice, tu te tires sur la berge, tords ta tunique et t’empares de ta gourde de peau dont tu retires le bouchon pour la remplir dans l’eau fraîche.
Fiche codée par Koschtiel

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Water is a rare commodity Ҩ Cyne [FLASHBACK]
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