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[Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar

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~#~Sujet: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Jeu 6 Avr - 20:53

You ?
&
Silee Pherusa


Leaving the shadows
13 DIXIÈME LUNE DE L'AN 836 ∴ Des démons, nous en avons tous. Les grands penseurs de notre époque n'étaient pas pour s'en cacher. Feuilletant les livres fraîchement rapportés par Silax de sa dernière escapade, je me rendis compte que je ne lisais plus depuis bien dix minutes. Les pages se tournaient, les lettres et les mots se suivaient. Ils défilaient comme une valse faisait s'enchaîner les pas de danseurs aguerris. Un soupir. Remarquant ma soudaine fascination pour la calligraphie plus que par le sujet en lui-même, je fermai l'ouvrage sans délicatesse. Cela m'avait quelque peu énervée... Je me levai et le posai sur une commode avant de sortir. Cette petite mansarde me plaisait. Ce n'était pas un lieu aussi magique que le précédent, mais le cadre restait discret et un petit ruisseau s'écoulait moins loin. J'appréciais de retrouver mon frère plus rapidement. Qu'il me revienne sans que je n'ai à me tourmenter toute la nuit durant. Mais il restait vagabond et souvent absent. Je ne pouvais pas le lui reprocher et au fond, je ne l'en blâmais guère. La colère que je ressentais était plutôt tournée vers moi... Depuis toujours - enfin, depuis l'accident - j'ai une tendance assez idiote à la culpabilité. Mais il m'est difficile de voir constamment le bon côté des choses et d'occulter la part de responsabilité que j'avais dans ce qui nous arrivait, ce qui nous bloquait. J'étais la première responsable de notre isolation. Celle qui la maintenait. Silax la maintenait à sa manière, bien plus là pour assurer son maintient que pour le forcer au final. Il sait que je ne me sens pas prête pour affronter le monde. Ou plutôt, pour affronter les possibilités qu'il offrait. Ce que je peux voir, les paroles, les gestes, cela ne m'effraie pas. Je prétends pouvoir m'adapter ou au moins ne pas être à la merci d'autrui si facilement. Mais les intentions des autres me laissent très dubitative et les horreurs qu'il m'arrive de voir en cauchemars ne me donnent pas envie de me confronter à la plèbe. Après ce que nous avions vécu, il est difficile de me faire peur. Je ne m'intimide pas facilement. Peut-être que cela me donne trop de confiance en moi... En tout cas, j'ai conscience que je ne saurais être assez prudente en société. Une erreur est si vite arrivée...

En effet, isolée dans la forêt, protégée par la solitude, je ne fais pas toujours attention à mes gestes. Il m'arrive de m'entraîner, de ne pas cacher ma marque, cette tache noirâtre... Elle s'était dessinée bien rapidement. Cela m'avait tant effrayé que je la détestais et l'avait toujours prise pour la main de Rhaegal qui m’étreignait de plus en plus. Il m'en a fallut traverser des douleurs pour parvenir à contrôler mon pouvoir. Malgré tous ces efforts, je peinais à être fière de cette maîtrise. Bien des choses me rendaient fières, mais pas ça. Enfin... d'une façon différente. J'étais bien sûr consciente que ce n'était pas quelque chose de simple que j'avais accompli là. Le problème se situait dans mon passé. De façon concrète et pragmatique, je pourrais en retirer un grand orgueil qui ne serait pas volé. Malheureusement, ce pouvoir fascinant et terrifiant avait arraché mes parents à ce monde. Pour cela, je lui en voulais. Pour cela, je le détestais. Pourtant, à l'observer, je me surprenais parfois à la trouver mystiquement mirifique. Comme si chaque rainure était une partie de moi, de mon être. Ce n'était pas Rhaegal, mais moi. Moi enfant, adulte, mon passé, mon futur. Cette marque me définissait. C'en était tout aussi exaspérant. Mais il me fallait l'accepter. Un soupir. Je fis quelques pas dans les broussailles. L'après-midi allait toucher à sa fin d'ici quelques temps. La forêt était dense mais restait ordonnée. Il ne faudrait pas que je traîne, mon frère ne tardera plus à rentrer et la nuit à tomber. C'est en continuant quelques mètres que je me rendis compte que je n'étais peut-être pas seule à me promener ainsi aux abords de la mansarde. Elle n'était plus dans ma vue, mais il ne me semblait pas avoir quitté sa proximité. M'étais-je trop éloignée ? « Silax ? »

Mes pieds s'encrent dans le sol. La terre, les feuilles, les branchages, pleins d'éléments pouvaient m'entraver ici ou faire plus ample de bruit. Je ne me sentais pas seule. Pourtant, aucun animal en vue. De plus, s'il s'était agi d'un animal, il n'aurait pas pu ainsi laisser le silence planer après s'être déplacé. Avec minutie, j'observais les alentours. Une respiration calme. Après m'être assurée qu'aucun danger visible n'était présent, je fermai les yeux afin de me concentrer sur les bruits ambiants pour déceler ceux qui tranchaient avec l'environnement. C'est une méthode efficace que Silax m'avait inculquée. Une grande inspiration puis plus rien. Une totale concentration sur ce que je pouvais entendre. Une forêt ne pouvait jamais être totalement calme. Entre les craquements des branches, les feuilles, leur frottement, les oiseaux, les insectes ; tout était vivant dans une forêt. Même la terre que nous foulions. Elle avait une âme, la terre à Gorka. L'âme de Tarlyn y résidait. Comme elle résidait en chaque chose ayant de la vie. La terre était l'élément maternel, celui qui portait la vie, son berceau. Un craquement attire mon attention. D'un mouvement brusque mais précis, je tournai la tête vers la direction d'où provenait le bruit et ouvris les yeux. Prête à en découdre avec quiconque apparaîtrait face à moi. M'éloigner de notre maison avait toujours été dans mes habitudes. Je n'allais jamais loin, contrairement à mon frère. M'assurant de pouvoir retourner dans notre habitat le plus rapidement possible afin de me mettre à l'abri. Mais c'était un nouveau territoire que je n'avais pas encore appris à appréhender. La nouveauté ne me plaisait pas... Cela faisait entrer dans l'équation bien trop de nouveaux paramètres. Je nageais dans un flot d'aléatoire qui me déplaisait. En même temps, si je restais cloisonner dans la mansarde, il me serait difficile de pouvoir en apprendre plus sur notre nouveau chez nous... Ce pas était inévitable. Toutefois, j'aurais dû attendre le retour de Silax...

#Sanie #Vanka

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Dernière édition par Silee Pherusa le Jeu 15 Juin - 13:23, édité 4 fois
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Cyne Wkar
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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Lun 1 Mai - 20:24


La frontière séparant Gorka de Dahud ne t’offre aucune résistance alors que tu passes un second poste de garde sans être arrêtée. Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer de les faire sortir de leur cachette ; tes bras nus sont une invitation à tout contrôle possible, alors que tu marches lentement, les yeux rivés autour de toi. La jungle a finalement laissé place à la Forêt que tu aimerais tant visiter en profondeur, mais personne n’est sorti des feuillages pour t’arrêter en hurlant que tu étais une Air essayant d’entrer à Gorka. C’est presque décevant. Tu t’attendais à devoir botter des culs, casser des nez et devoir courir un bon moment pour te sortir de là, mais te voilà dans la région de la Terre sans que tu n’aies dû — et pu — te défendre d’une manière ou d’une autre. C’en est insultant. Soupirant, tu continues ta route, ton baluchon sur l’épaule. A chacun de tes voyages, tu ne prends que le strict nécessaire. Un peu de nourriture, quelques tissus. Beaucoup d’eau, un peu d’alcool. Et bien sûr, toutes les armes possibles. Malgré le peu de vêtements que tu as sur toi aujourd’hui, tu as plusieurs lames de cachées dans les replis de tes vêtements, dans tes bottes et bien sûr dans le chignon que tu portes fièrement. Tu n’as jamais réussi à faire une coiffure aussi réussie depuis un bon moment, alors tu en profites allègrement, un sourire aux lèvres.

Voilà plusieurs jours que tu as élu domicile dans la jungle de Dahud, dans une petite grotte que tu as découvert des années auparavant avec ton frère. Tu as toujours aimé vivre dans cette région, depuis le jour où tu as quitté ta famille. En plus d’être au centre même d’Oranda, c’est un lieu stratégique d’où tu peux entendre beaucoup de choses utiles pour tes recherches et tes missions. Tu y as de nombreux amis qui y vivent, des indic, des informateurs. Des gens que tu utilises pour tes accords. C’est un peu ta base de repli, le lieu où tu retournes dès que tu n’as plus de contrat sous le coude. Comme à cet instant. Tu as rempli ta part du marché voilà près de deux semaines et tu as bientôt dépensé tout ce que tu as gagné — principalement en vêtements et en bouffe. Pour une fois, tu n’as pas fait attention à comment tu dépensais l’argent gagné. Tu t’es juste amusée, tu as profité de la récompense. Et tu as profité des hommes, par la même occasion, mais ça, c’est une toute autre histoire. Au souvenir du beau brun qui a fini dans ton lit — ou plutôt, qui a fini sur son lit, mais avec toi —, ton sourire s’agrandit. Ouais, tu as bien profité de ta récompense. Mais maintenant que tu es presque fauchée — presque, puisqu’il te reste toujours un petit pactole que tu n’utiliseras probablement jamais —, tu as affreusement besoin d’un autre contrat. Ce n’est pas forcément compliqué à trouver. Tu as entendu les rumeurs d’un homme recherchant son épouse à Vainui, une femme peureuse qui avait cherché à le tuer dans son sommeil en lui plantant un couteau dans le torse avant de s’enfuir, mais tu avais préféré la rumeur de Gorka. Bien plus intéressante, et sûrement plus lucrative. Rien qu’à l’entendre de la bouche du tavernier, tu avais presque senti l’odeur des pièces. L’odeur de l’argent qui tombe allègrement dans ta besace.

Tu es partie quelques jours plus tôt. Après un dernier petit tour dans Lucrezia même, essayant de regrouper le plus d’informations possibles, tu t’es mise en route pour Gorka. Pourtant, tu as pris ton temps. Inconsciemment, tu t’es mise à espérer pouvoir profiter de la Forêt Fluorescente avant de reprendre un contrat. Et maintenant que tu y es, alors que le soleil commence à descendre dans le ciel, projetant une lueur orangée sur la forêt, traversant les feuilles des arbres, tu te dis que c’est plutôt une bonne idée de s’arrêter pour la nuit. Tu es habituée à beaucoup marcher. Tu as passé presque toute ta vie sur les routes, à foncer à droite à gauche pour des missions en tout genre. Alors, malgré le voyage, tu ne te sens pas fatiguée, bien au contraire. Tu es plutôt excitée à l’idée de voir enfin cette Forêt dont tu rêves la nuit, alors que tu regardes les étoiles, allongée sur une couche à côté de ta petite grotte. Tu n’as pas encore le niveau pour voler. Tu doutes même pouvoir un jour voler au-dessus des arbres, mais tu t’imagines très bien grimper sur ces arbres fluorescents pour regarder cette magnifique forêt s’illuminer alors que le soleil a complètement disparu.

Tu ne sais pas bien où tu trouves dans la Forêt, mais après plusieurs heures de marche à l’intérieur-même de Gorka, tu penses être assez loin des postes de garde pour pouvoir te trouver un petit coin où déposer ton peu d’affaires et grimper ensuite le plus haut possible. Tu es prête pour passer une nuit blanche à admirer la vue. Ce ne sera pas la première fois que tu ne dors pas pendant un moment ; avec ton frère, vous faisiez parfois des tours de garde qui n’en finissaient plus. Tu marches encore un peu dans la Forêt, prête à établir ton mini campement dès que tu trouveras l’arbre le plus haut, sans vraiment faire attention à ce qu’il y a autour de toi, quand tu aperçois soudainement une tête blonde, plusieurs mètres devant toi. Surprise, tu te figes, posant immédiatement la main sur la lame cachée dans ton dos. Plissant les yeux, tu détends légèrement tes membres, te positionnant légèrement de biais. Tu observes la femme blonde devant toi, intriguée. Elle semble inoffensive au premier abord, mais s’il y a bien une chose que ton frère t’a appris, c’est de toujours se méfier, même de celui qui semble innocent. « Bonsoir ». Ta voix tranche le soudain silence qui s’est installé lorsque tu t’es figée et que vos regards se sont croisés, résonnant dans le vide. Arquant un sourcil, tu ne sais pas quoi faire. Tu sens bien que tu es de trop. « Comment ça va ? »

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Mer 3 Mai - 11:41

Cyne Wkar
&
Silee Pherusa


Leaving the shadows
Le calme régnait. Personne ne répondait. Ce n'était pas Silax. Ce n'était pas non plus un animal. Un animal aurait agit à l'heure qu'il est. Après quelques secondes, c'est une femme que j'aperçus dans les broussailles. Son visage se dessina à mesure qu'elle apparaissait aux lumières nocturnes de la forêt fluorescente. Cela faisait longtemps que je ne m'émerveillais plus devant ces lucioles et ces feuillages aux allures enchantées. On perd rapidement la magie des lieux que l'on côtoie trop souvent. La forêt, je n'avais jamais connu que ça. Les ouvrages écrit par quelques voyageurs adeptes du danger pour leur seule soif de connaissance décrivaient cette forêt comme étant la plus majestueuse et la plus mystérieuse. Majestueuse, elle l'était, sans équivoque. Si bien que l'on s'y sent petit. Comme écrasés par la puissance et la grandeur de Tarlyn. Mystérieuse, c'était un euphémisme. Toutes les forêts sont empruntes à l'inconnu, à des légendes, des bruits concernant des histoires aussi improbables les unes que les autres. Quoi que certaines pouvaient se révéler bien plus fondées qu'il n'y paraît... Les plus improbables sont d'ailleurs souvent les plus réelles... Il est assez inconscient de se promener dans ces bois une fois la nuit tombée lorsque l'on ne connait pas l'endroit. J'avais beau connaître cette forêt, cette partie était tout de même bien différente. On sentait que le calme n'y régnait jamais, même lorsque l'astre nocturne se dévoile.La présence humaine est plus qu'imprégnée dans ces troncs et ses sentiers tracés par les allés et venues des Gorkiens.

Décelant les traits de l'importune, je la toisai un instant du regard alors que, presque innocemment, elle m'avait saluée d'un bonsoir. Étrange personne que voici. Je n'aimais pas cet endroit. S'il était ainsi aisé de tomber sur la première vagabonde qui passait, ça ne pourrait pas convenir... Il fallait, forcément, ce genre de choses arrivent lorsque Silax n'était pas là. Restant d'un calme indétrônable, je restais tout de même prête à me défendre si le besoin s'en faisait ressentir. « Comment ça va ? » Malgré son ton avenant en paroles, elle ne m'inspirait pas la moindre confiance. Je constatai que ses bras étaient à nu, mais il m'était impossible de déceler sa marque compte tenu de sa position. Éludant sa question incongrue, je m'avançai de quelques pas lents vers elle. « Que faites-vous ici ? Vous êtes perdue ? » Demandai-je, assez froidement mais étonnamment cordial venant de ma part. Je n'étais pas des plus diplomates et habiles socialement parlant. C'est ce que l'on récolte à rester enfermée au fin fond de sa forêt. Cela ne m’incommodait pas, ni mon frère. Je n'étais pas sociale et rares étaient les personnes que je rencontrais. Alors pour les rares fois où cela pourrait m'arriver, je ne cherchais pas à arrondir les angles. Parler à des inconnus me coûtait déjà assez pour ne pas avoir envie de faire l'effort de ne pas les froisser ou de me montrer généreuse en politesses et bienséance. C'était superflu quand on considérait que je ne cherchais guère à me faire le moindre ami. Des fourmis. Voilà ce qu'étaient ces âmes errantes qu'il m'était donné de croiser dans cette forêt. Elle repartirait de son côté, moi du mien, et demain ses empruntes auront disparu des environs.

Cela pouvait paraître prétentieux de ma part, mais les rencontres n'avaient que trop peu de choses à m'apporter. Il y avait une forte probabilité pour que la personne en question me veuille du mal par le simple fait que je sois une femme seule dans une forêt où personne ne semblait souhaiter s'aventurer.Une mince chance pour qu'elle en vienne à découvrir mon attachement à la Matière, ce qui était plus que mal vu et pouvait me coûter la vie - si connaître ce secret ne coûte pas la vie de l'interlocuteur avant... Le danger pouvait même venir d'un attachement. Même si la personne ne souhaite pas me faire de mal, de par le fait de connaître mon existence, ma position, cela représentait un danger pour Silax et moi. Mieux nous étions cachés, mieux c'était. Je ne comprenais décidément pas son besoin de se rapprocher des villes... Enfin si, je le comprenais, mais est-ce que cela valait vraiment le coup au vu des risques que cela comportait ? Lui faire aveuglément confiance était-il toujours une bonne chose ? En vérité, je n'en doutais pas un seul instant. Il ne ferait jamais rien qui nous mettrait en péril. Peut-être que lui se permettait de prendre des risques inconsidérés dans ses expéditions, faisant fi de ce que je pourrais devenir s'il venait à être éloigné de moi par les circonstances ou même la mort. Mais je n'étais pas là pour le voir. Impossible de garder une mainmise sur lui lorsqu'il voyageait. C'était une bonne chose d'ailleurs. Je n'étais pas dupe et comprenais que Silax pouvait avoir besoin d'air de temps en temps. Ne pas rester cloîtré par ma seule volonté de rester en retrait du monde. Je ne lui en voulais pas, absolument pas. Même si, silencieusement, je détestais le savoir si loin.

Les sens en alerte, je surveillais le moindre geste de l'inconnue. Sa main portée à son dos ne me disait rien qui vaille et je scrutais son regard, gardant une vue à trente degré pour mieux anticiper le moindre mouvement de son bras ainsi caché. Son regard semblait avoir une malice et une assurance qui ne m'inspiraient aucune confiance. Autant je pouvais sévèrement me tromper. Autant je pouvais avoir raison et alors le pire était à prévoir. Les remontrances de mon aîné et les leçons de Filbor m'avaient quelque peu conditionnées à ne plus user de mon don contre des êtres humains. Quelque part, cela m'arrangeait. Il valait mieux que je profite de ma capacité régénératrice en prenant des coups que devoir tuer la personne en face pour éviter qu'elle vienne à ébruiter le fait que je puisse avoir été choisie par Rhaegal... Je ne prêtais pas grande importance aux inconnus, mais cela ne voulait pas dire que j'étais insensible au point de leur ôter la vie. Bien au contraire. Si je pouvais aider, je le faisais. Certes, pas à la façon des joyeux altruistes qui devaient encore exister de nos jours bien que devant se faire rares. Mon aide n'était pas des plus chaleureuses. Mais cela évitait de créer le moindre attachement avec autrui. Certaines s'attachaient que trop vite aux personnes qui leur tendaient la main une fois. J'avais bien assez de soucis à me faire pour Silax, pas besoin d'ajouter un protégé sous mon aile. Je n'en ferais rien et dans tous les cas, il comprendrait vite que je ne suis pas du genre à faire le travail des autres à leur place. Aider, oui, mais assister, non. Si je souhaitais le bien de quelqu'un, il devrait apprendre à se débrouiller par lui-même. Créer un lien de dépendance était malsain. Pour tout ceux qui souhaiter venir en aide à quelqu'un, il ne devait pas lui apporter à manger chaque matin, mais lui apprendre à chasser pour se nourrir lui-même.

@Cyne Wkar ∴ #Sanie #Vanka

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Dernière édition par Silee Pherusa le Dim 14 Mai - 11:31, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Ven 5 Mai - 14:35


Tes muscles se raidissent lorsque tu observes l’inconnue s’approcher lentement de toi. Tu plisses les yeux, évaluant déjà les possibilités de fuite ou même de combat si jamais elle se jette sur toi, mais elle s’arrête au bout de quelques pas. Il est clair qu’elle ne fait pas partie des Protecteurs de cette région. Même s’ils n’ont pas de tenue officielle, à ta connaissance, la plupart sont bien plus méfiants vis-à-vis des étrangers ou des gens qui réagissent comme toi — tu as quand même mis la main sur une lame au cas où —, et cette fille-là ne semble pas vouloir te faire un contrôle de tatouage. « Eh merde, encore raté ». Tu n’allais encore pas pouvoir foutre une raclée au premier garde venu, et même si la nuit était tombée et que les fleurs et les arbres commençaient doucement à s’illuminer, tu avais encore envie de frapper quelques nez. Dommage. Cependant, la voix de la femme tranche le silence qui s’est imposé, froide, implacable. Haussant les sourcils, tu ne peux pas t’empêcher de pouffer de rire. « Perdue, moi ? » Cela fait bien longtemps que tu ne te perds plus, à Oranda. Même si tu ne connais pas tous les recoins de chaque région — ce qui est impossible, personne ne peut connaître à ce point Oranda tout entier —, tu ne t’es plus perdue depuis plusieurs années maintenant. Tu passes toujours par les chemins que tu connais. Avec le temps, tu as facilement appris à t’orienter en fonction de la flore, des habitations, des étoiles. Certaines régions sont plus difficiles à reconnaître, comme Sezni avec ses déserts, ou Sterenn, avec ses îles qui flottent au gré du vent et qui bougent selon leurs envies, mais Gorka n’en fait pas partie, tout comme Dahud.

Amusée, tu relâches immédiatement ta lame pour faire un signe de la main devant ton visage, comme si tu brassais l’air. Rejetant cette idée incongrue comme tu repousserais une mouche énervante. Si un jour tu venais à te perdre, c’est que tu serais bourrée ou droguée. Le premier cas pourrait arriver. Tu aimes beaucoup l’alcool. Même si tu es mature et que tu as un gros besoin de contrôler tout ce qui est autour de toi — y compris les autres, ce que tu sais bien faire —, tu sais t’amuser, et l’alcool fait souvent partie des soirées que tu passes en compagnie d’hommes. La seconde hypothèse, par contre, serait plus rare. Te droguer reviendrait à un tour de force. Tu n’acceptes quasi rien d’un inconnu, à part son argent, son argent et… son argent. Et parfois aussi son argent. A moins qu’on arrive un jour à mettre de la drogue sur tes récompenses — et que tu réussirais à ingérer cette drogue, ce qui est difficile puisque tu laves chaque pièce une à une à chaque fois —, tu te vois mal être droguée aussi facilement. Fronçant les sourcils d’un air réprobateur, tu secoues légèrement la tête, légèrement intriguée par la question de l’inconnue.

« Quoi, la forêt vous appartient peut-être ? » Tu ne vois pas pourquoi tu devrais justifier ta présence ici. Haussant les épaules tout en remettant ton baluchon en place, tu lui lances un regard fouineur alors que tu la regardes de haut en bas, toujours aussi curieuse. « Et vous, que faites-vous ici ? » Elle ne semble avoir aucun bagage avec elle, et le peu de vêtements qu’elle porte ne pourra jamais l’aider à survivre pendant plusieurs jours dans cette région, même si elle contrôle le don de la Terre. Sauf si elle tue les animaux pour se servir de leur peau, ce qui serait une plutôt bonne idée, mais tu doutes que ce soit son genre. Après, tu ne la connais pas, ne la découvrant que depuis quelques minutes à peine — de longues minutes assez étouffantes —, alors tu ne peux pas en être certaine. De toute façon, tu t’en fiches. Et tu ne te gênes pas pour le lui dire. « Ecoutez, à vrai dire, je me fiche royalement de qui vous êtes et de ce que vous faites ici. Vous pouvez tuer quelqu’un que je m’en fiche. Je veux juste profiter de la beauté de ce lieu, seule, alors vous devriez juste… rejoindre votre… chez-vous, et me laisser tranquille ». Tu lui fais un demi-sourire impatient, ta main voletant dans les airs dans un stupide réflexe. Tu espères que la blonde n’a pas remarqué la petite brise chaude que tu viens de créer, faisant s’envoler plusieurs feuilles des arbres. « Sauf si vous avez l’amabilité de me faire à manger ». Ton sourire devient sardonique.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Ven 5 Mai - 16:54

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Leaving the shadows
Essayant en vain de percevoir les intentions de l'inconnue, je gardais mes distances et restais en alerte. Le rire de la femme qui se tenait face à moi me fit ciller. « Perdue, moi ? » Répondit-elle de façon rhétorique. Son visage n'avait rien de Gorkien, même si je ne pouvais qu'avoir une vision rapportée de ce que pouvait être l'archétype d'un Gorkien tant je ne les fréquentais guère. Elle sembla délier sa posture rigide mais je continuais de la toiser du regard. Car malgré sa relâche, elle ne paraissait pas moins méfiante. « Quoi, la forêt vous appartient peut-être ? » Je reste immobile et silencieuse à sa question. La forêt devait probablement plus m'appartenir qu'elle. Mais cela se passait de commentaire. « Et vous, que faites-vous ici ? » L'insolence plus que perceptible dans le ton de sa voix m'irritait. Il est vrai que de son point de vue, je lui étais tombée dessus comme elle était tombée sur moi. J'avais beau avoir grandi recluse, avec Silax comme seul parent alors qu'il était plus jeune que moi, le sentiment d'avoir pourtant plus d'éducation que cette femme venue de nulle part était éloquent sur la personnalité de cette dernière. À ce constat et sans en faire état de fait, la laisser s'immiscer dans mes affaires était impensable. Je la sentais à la fois nonchalante et faussement intéressée, comme si je n'étais qu'un grain de poussière partageant un instant sa sphère. « Écoutez, à vrai dire, je me fiche royalement de qui vous êtes et de ce que vous faites ici. Vous pouvez tuer quelqu’un que je m’en fiche. Je veux juste profiter de la beauté de ce lieu, seule, alors vous devriez juste… rejoindre votre… chez-vous, et me laisser tranquille. » Dit-elle avant que je n'ai l'envie de dire quoi que soit à son attention. Inclinant la tête sur le côté, je gardais une tête froide malgré mon incrédulité. Il était rare de croiser quelqu'un dans la forêt fluorescente en dehors des sentiers battus. Son étendue et sa richesse rendait ce genre de rencontres fortuites assez rares. Mais pour une fois que ça arrivait, il fallait que je tombe face à une femme visiblement déréglée. Entre sa déclaration et ses salutations faussement lancées, elle n'attisait que ma méfiance.

Ne se démontant pas une seule seconde, elle lança, au débotté : « Sauf si vous avez l’amabilité de me faire à manger. » Un rictus dans un souffle sec fit office de réponse. L'amabilité ne semblait pas être réellement de mise entre nous. Et si elle escomptait me faire faire marche arrière pour la guider tout droit vers l'abri de bois que nous utilisions avec Silax depuis quelques jours, elle se mettait le doigt dans l'œil. Loin d'être naïve, elle n'inspirait - sûrement à juste titre - aucune confiance et aucune envie de partager un repas préparé dans l'amour, la joie et la bonne humeur. « Je pense que le plus simple serait qu'on parte chacune de notre côté. Je ne pense pas avoir l'air d'une cuisinière pour vagabonds avides de curiosités. » Rétorquai-je sèchement mais en évitant d'exprimer plus d'animosité que le faisaient déjà les mots que j'employais. Un léger sourire presque cordial adoucissait mes paroles, mais il offrait plus l'impression d'un timbre hautain que d'un accord gracieux. Sous les manches de ma tunique foncée, je sentais une légère pulsion émaner de ma marque. Prenant mon avant-bras jusqu'à l'orée de mon épaule. Maintenant mon bras fixe, ne laissant rien paraître, je restai impassible. Je n'avais aucune intention d'utiliser la Matière contre une inconnue qui ne semblait pas avoir le moindre intérêt à part le fait qu'elle soit probablement une étrangère n'ayant rien à faire sur le sol de Gorka. Cet incartade ne méritait pas le moins du monde de mettre en danger le secret que mon frère et moi portions depuis toutes ces années. Pouvant difficilement la juger, ma première impression maintenait mon scepticisme. Sans Silax à mes côtés, la Matière était mon seul moyen de défense, n'étant pas la plus douée dans un combat au corps à corps ou avec une arme. Contrairement à ce qu'elle se permettait d'avancer avec élucubration volontaire, tuer n'était pas dans mes activités et je n'aimerais pas avoir à m'y adonner parce qu'elle en aurait trop vu.

Comme deux louves sur un même terrain qu'aucune ne semblait décidée à abandonner à l'autre, nous nous regardions ne chien de faïence. Chaque instant de silence pesait un peu plus lourd que le précédent. À croire que seuls les mots pourraient nous faire bouger. « Vous avez l'air de venir d'assez loin pour ne pas avoir à perdre votre temps avec moi, alors poursuivez votre chemin comme si je n'avais pas été là et oublions cette rencontre importune. » Tentai-je de lui inculquer afin de provoquer son départ, un sourire difficilement décelable forcé aux coins de mes lèvres afin de donner un ton moins hostile à mes propos. Les recommandations de Silax étaient sévères, mais justifiées. J'avais beau me répéter que dans notre ancien abri cela ne serait jamais arrivé, je ne perdais pas une seule seconde à me laisser distraire. Préférant de loin de sortir de cette impasse avant de chercher à justifier mon erreur qui fut de m'éloigner autant de la mansarde. La nuit s'avançait alors que la flore s'illuminait, étincelante, brillant d'une énergie apportée sur Oranda par la déesse Tarlyn en personne. Cette vision prodigieuse attestaient la grandeur de la région de Gorka dont la magie se disputait à la quintessence de sa magnificence que les Orandiens étrangers à sa connaissance ne peuvent soupçonner. Une fantaisie du monde pour les littéraires, source de leurs rêveries prêtant à Gorka moulte légendes infondées. Un cadeau de chaque crépuscule pour les chanceux habitants de Gorka. Une beauté qui attise bien des curiosités. Qui peut-être attisait celle de cette voyageuse importune. J'avais beau ne pas l'être, j'affichai un regard insensible à cet environnement en pleine métamorphose sous nos yeux, ne lâchant pas un instant les prunelles de l'inconnue. Ma patience n'avait d'égal que ma froideur et j'étais bien plus coriace que l'on pouvait l'imaginer en me voyant. La seule chose que j'avais à perdre, c'était l'emplacement de cet abri qui était le nouveau berceau de ma seule et unique famille. Il ne fallait pas qu'elle m'y trouve. Préférant allègrement passer la nuit à dormir près des arbres protecteurs qu'à risquer que cette femme assimile la cabane à notre point de chute.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Mer 10 Mai - 14:49


L’inconnue semble loin d’être avenante alors qu’elle rejette quasi immédiatement la proposition de repas. Tu ne peux t’empêcher de ricaner intérieurement. Sur ce coup-ci, elle a entièrement raison. Tu es totalement avide de curiosité, prête à découvrir cette forêt que tu as déjà visitée mais de jour. Cette fois, tu comptes bien passer ton temps à regarder chaque fleur, chaque lumière émaner de n’importe quelle plante à portée de vue. Pour une fois, tu comptes bien assouvir un de tes désirs — autre que ton désir pour l’argent — et te faire un petit plaisir loin du danger des rues et de tes contrats. L’inconnue continue à te parler, t’invitant à continuer ton chemin, mais son comportement si méfiant envers toi t’intrigue plus qu’autre chose. Tu connais bien quelques Gorkiens et ceux-ci sont loin d’être aussi froids envers les étrangers. Même si tu viens d’une autre Région et que ton élément vient d’une autre encore, tu sais que les maîtres de la Terre font partie des plus ouverts sur Oranda, accueillant quiconque le leur demanderait pour une nuit. Cette femme que tu as devant toi ne fait pas partie de cette catégorie. Au vu du manque d’affaires qu’elle porte sur elle, tu te doutes qu’elle doit vivre dans le coin, non loin d’ici, mais tu t’étonnes de la voir si fermée et froide, alors qu’elle est sur un tel territoire.

Alors que tu t’apprêtes à ouvrir la bouche pour lui faire remarquer qu’avec un tel sens de l’hospitalité, elle ne doit pas se faire énormément d’amis — si tant est qu’elle en ait —, tu entends subitement une brindille être brisée quelque part derrière toi. Immédiatement, tes sens se mettent en éveil alors que tu tends subitement la main devant toi, signifiant à l’inconnue de ne pas faire le moindre bruit. En silence, tu te tournes lentement, regardant chaque recoin de verdure illuminée autour de vous, les yeux vifs, mais tu ne parviens pas à distinguer la moindre alerte. Suspicieuse, tu comprends très vite. Un Protecteur a la possibilité d’user de son don pour se cacher des autres et ainsi devenir l’un des meilleurs espions de la région. Légèrement agacée, tu t’aperçois qu’au vu de ton éloignement de la frontière, le Protecteur a dû te suivre en silence, aidé de son habilité pour pouvoir se cacher et ne pas se faire repérer. Toi, tellement obsédée par l’envie de découvrir la forêt une bonne fois pour toute, tu n’y as franchement pas fait attention. « Eh bien, c’est du propre ! Saleté de Gorkiens, si seulement mon frère m’avait dit à quel point vous étiez froussards et dégonflés, j’aurais pas mis si longtemps à vous chercher ! »

Sans attendre que quiconque ne réagisse, ni l’inconnue ni le Protecteur, d’un geste souple de la main, une bourrasque de vent se met à agiter violemment les arbres et les feuilles. Le bruit du vent soudain te fait grimacer — tu espères ne pas rameuter dix mille autres Protecteurs. Cela ne te permet pas de blesser celui qui vous surveille, mais au moins de le débusquer, ce dont tu as absolument besoin pour le vaincre — ou essayer de le fuir, au moins. Très vite, tu aperçois une ombre qui, elle, ne bouge pas, contrairement à la minuscule petite tempête que tu as créée. Avant même qu’il ne puisse profiter d’une quelconque faiblesse — après tout, tu es sur son territoire, il doit bien mieux le connaître que toi —, tu dégaines la baguette de métal qui retient tes cheveux en chignon — tant pis pour la jolie coiffure, tu réessayeras demain ! — avant de la lancer vers le Protecteur, celle-ci prenant de l’élan grâce à ton don. Tu te retournes presque aussitôt, ne faisant guère attention à savoir si la pique a atteint sa cible — ce n’est qu’un moyen pour gagner un peu de temps —, avec un sourire sur les lèvres, le regard vissé à celui de l’inconnue. « J’espère que vous aimez courir, parce qu’on risque d’en avoir pour un moment ». Tu l’attrapes aussitôt par le bras avant de foncer à travers la forêt.

Tu ne peux pas laisser l’inconnue avec le Protecteur, cela engendrait trop de risques que tu n’es pas prête à prendre. Tu n’as clairement pas l’intention de la protéger — au vu du regard assassin qu’elle t’a envoyé, tu es certaine qu’elle peut se défendre seule —, mais elle a clairement vu ton visage et pourrait très bien te balancer au Protecteur, qui n’aurait plus qu’à alerter les autres. Tu peux facilement t’en sortir avec un seul d’entre eux aux fesses ; plusieurs, ce serait impossible. Tu as beau contrôler ton don relativement bien, tu n’es pas non plus une experte, surtout dans le noir — malgré les lumières des arbres — et avec une compagnie légèrement forcée. Alors pour le moment, la seule possibilité envisageable, c’est de courir en espérant que l’inconnue ne se fera pas trop énervante.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Mer 10 Mai - 21:01

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Leaving the shadows
Faire des manières pour une inconnue n'était pas dans mes habitudes. Évitant depuis trop longtemps le contact humain, je préférais fuir les rencontres que me confronter à la population. Bien que l'idée de découvrir de nouvelles choses et de vivre mes propres expériences sociales m'intéressait de plus en plus, je n'étais pas assez folle pour me lancer dans une telle entreprise seule. J'ai toujours marché dans les talons de mon aîné qui a su nous protéger toutes ces années. Ma seule réelle défense réside dans l'utilisation de cet élément maudit, banni par les autres. Par peur de l'inconnue ? En connaissance de cause ? Par complexe d'infériorité ? Je n'ai jamais vu de mentions de la matière dans les ouvrages ordinaires qui ne cherchent pas à donner de crédit aux légendes. Nous, les enfants de Rhaegal, n'étions que des contes pour effrayer les têtes blondes désobéissantes. Mais le caractère secret et effrayant de notre existence relevait, à mon sens, plus de la peur que d'une réelle connaissance des capacités qu'offraient notre don. Il était aussi destructeur que protecteur, aussi nocif que salvateur. Une double face qui, dans tous les cas, été payé par la personne qui l'utilisait. Silax craignait que si nous venions à être découverts, nous serions analysés, décortiqués, poussés vers des limites qui nous retrancheraient vers des méandres insoupçonnables. Mon avis était aussi peu glorieux, mais moins sordide. Si nous venions à être découverts, nous serions tués. Tout simplement. Un pouvoir aussi fourbe et imprévisible, incontrôlable et sujet à nos moindres émotions... Il en fallait de la force d'esprit et du sang froid pour ne pas laisser la Matière prendre le dessus... Ce contrôle ne m'était pas venu comme une illumination. Avec les problèmes et les drames que cela a pu causer dans ma jeunesse, appréhender et apprendre à contrôler ce pouvoir, cette puissance qui grandissait en moi de façon exponentielle était primordial. Les années d'entraînement et d'expérimentations avaient finies par payer. Mais je devais constamment être vigilante. Ce n'était pas une sinécure et bon nombre de fois, j'avais voulu pouvoir m'autoriser à lâcher prise, laisser ce pouvoir s'exprimer. Trop effrayée à l'idée que cela puisse faire du mal à mon frère plus qu'à moi-même. Car même si les effets indésirés étaient parfois insoutenables, cela n'était rien face à l'idée que je puisse blesser Silax et voire même... comme mes parents... le tuer.

Œuvrant chaque jour en ce sens, même lorsque je me trouvais seule, afin de garder une constante et ne pas prendre la moindre habitude de laissé aller, je me fatiguais vite et étais particulièrement irritable. Mon frère me connaissait et savait déceler les jours avec et les jours sans. La complicité que nous avions était un allié inestimable. Pour deux personnes réservées comme nous l'étions, pouvoir lire en l'autre sans avoir à lui arracher un mot offrait une synergie de vie que tout couple pourrait venir à nous envier. La symbiose qui entourait notre fraternité était l'une des choses les plus précieuses que nous possédions. J'en retirais une certaine fierté, le nier ne serait que pur mensonge. N'importe qui d'autre se serait trouvé à la place de Silax vingt ans auparavant, je ne serais déjà plus de ce monde. Il n'avait pas fuit devant l'ignominie de mon acte, aussi involontaire qu'il était. À sa place, j'aurais sûrement été de ceux qui fuient... Au lieu de cela, il a tout fait pour que les choses aillent pour le mieux. Il avait autant souffert que moi de la disparition de nos parents; même plus, à mon sens. Et pourtant, il ne m'en voulait pas. En tout cas, il avait toujours œuvrer dans l'optique de m'ôter cette culpabilité que, pourtant - et il le sait - je porte toujours en pendentif sur le collier fait des mailles de ces jours où le regret me rongeait. Les remords que j'exprimais face à mon acte impardonnable, face à la dévotion de Silax envers moi qui s'empêchait alors de vivre comme il aurait pu le rêver, face à ces jours que j'écoulais sans ambitions et sans but sur Oranda. Les choses ne pouvaient changer par elles-mêmes. C'était naïf de croire cela. Penser qu'un beau matin, en ouvrant notre porte, on verrait notre destin nous saluer de la main et nous inviter à le suivre. La vie n'était pas faite de ces mirages que certains attendent en vain en rejetant la faute sur les dieux. La confrontation que je tenais passivement avec l'inconnue se vit troublée par un bruit intriguant. Comme la forêt paraissait animée ce soir... Elle me figea sur place d'une main tendue. Par réflexe, comme si j’obéissais à un ordre donné par Silax, je ne bougeai pas d'un cil. Observant, écoutant.

L'importune avait entendu elle aussi et paraissait aussi alerte qu'un animal. Un rapace. Ce n'était pas une simple voyageuse égarée... Cherchant à comprendre ce qu'elle était, je restais toutefois à l'affût d'un potentiel danger. « Eh bien, c’est du propre ! Saleté de Gorkiens, si seulement mon frère m’avait dit à quel point vous étiez froussards et dégonflés, j’aurais pas mis si longtemps à vous chercher ! » Se mit -elle à déclarer. Je fronçai les sourcils, pensant devoir prendre cela pour moi. Ne comprenant guère ce qu'elle avait en tête, je restai coite un instant avant qu'elle ne génère une bourrasque de vent, agitant les feuillages alentours. Observant le mouvement des arbres et de leurs branches, je redoutais que cela n'attire encore plus de monde qu'il ne semblait y avoir dans cette partie de la forêt. L'Air parvient à déceler l'emplacement exact de la personne qui devait l'avoir suivie. Peut-être un garde ou un indésirable... S'il s'agissait d'un Protecteur, je ne pourrais que la maudire de l'avoir attirer ici ! Silax m'avait toujours mise en garde vis à vis d'eux. S'ils venaient à nous trouver, nous serions finis. Je ne pouvais pas prendre ce risque... S'ils s'adonnaient à un duel je pourrais peut-être fuir et la laisser payer le prix de son zèle à vouloir entrer dans un territoire qui n'est pas le sien. J'avais beau être Matière et ne pas avoir la chance qu'il existe une terre assignée à mon élément, je me sentais Gorkienne dans l'âme et chez moi ici. Quand bien même cela trouverait son crédit auprès de l'inconnue ou de toute autre personne venant à en apprendre plus sur mon histoire, ça n'aurait aucune valeur aux yeux d'un Protecteur. « J’espère que vous aimez courir, parce qu’on risque d’en avoir pour un moment », dit-elle en me regardant avec insistance. Interpellée par l'idée qu'elle ait pu déceler que je n'étais pas Terre, je n'eus guère le temps de réfléchir et de chercher à comprendre pourquoi elle m'entraînait dans sa fuite. Elle attrape mon bras et sans attendre, je me mets à courir à son rythme. Je n'étais pas une grande athlète, mais j'étais endurante et la forêt avait de quoi forger mon physique dans l'agilité. À défaut d'avoir une force que je pouvais exposer au monde, je pouvais courir vite et sur une longue distance.

Dans une connivence sûrement forcée et indésirée, elle nous guidait à travers les arbres. Je réfléchissais à une chemin que nous pourrions prendre afin de nous débarrasser de l'imminent danger qui avait confirmé sa présence à nos trousses. Visiblement ralenti par le projectile que lui avait lancé l'Air et les courants qu'elle avait initié, nous prîmes une avance certaine. Mais s'il s'agissait d'un Protecteur, cela ne serait pas suffisant. Prenant une légère avance, j'ouvris la marche et nous guidai à travers les arbres. Leurs troncs massifs parvenaient à nous masquer moins d'une brève seconde qui laissait à notre poursuivant le doute de la direction que nous prenions ensuite. Je ne jetais que peu de regard derrière moi pour m'assurer que la vagabonde suivait le rythme. Elle paraissait très résistante et son don devait sûrement améliorer sa proprioception et son équilibre. Malgré les racines, les feuillages, les obstacles qui jonchaient le sol et nos têtes, elle suivait la cadence sans grande difficulté. Tant que j'entendais le bruit de son passage, je pouvais être assurée de sa présence. Bien que je n'étais pas d'un naturel avenant et que je n'avais aucun intérêt direct à l'aider, tout me laissait penser que je n'avais d'autre choix que de le faire. Si les Protecteurs m'avaient vus, ils me prendraient pour complice et me traqueraient comme ils la traquent. Quand bien même nous parviendrions à terrasser celui qui nous suivait, les autres ne devaient pas être loin et finiraient par fouiner vers la cabane que nous avions pris pour foyer avec Silax. Et si, dans le pire des cas, l'importune venait à se faire prendre, elle pourrait -même sans raison - parler de ma présence et mettre notre pérennité en péril. Je ne laisserais pas cela arriver. Après quelques longues minutes de course effrénée, je nous fis bifurquer vers un dénivelé qui m'avait marqué par la rudesse de sa pente. Me laissant glisser par l'élan de notre vitesse, j'arrivai au tiers de la descente et me remis à faire des foulées que l'inclinaison de la pente rendirent plus rapides. Essayant d'assurer mes pas afin de ne pas m'empêtrer et trébucher, ce n'est qu'une fois en bas que je pus me tourner pour voir si l'étrangère suivait toujours et y arrivait sans encombres. J'ignorais si notre prédateur poursuivait toujours sa course sur nos talons. Mais si nous parvenions à passer les prochaines dizaines de mètres à vive allure, la densité des arbres et l'obscurité finiraient par brouiller les pistes. Enfin, je l'espérais... Les Protecteurs étaient une élite qui connaissait bien plus que moi ou Silax les spécificités de la traque en forêt. Quoi que Silax avait un talent remarquable... J'ignorais s'il s'était déjà fait prendre à la frontière ou même intercepté un jour par un Protecteur... Toujours est-il que si nous n'arrivions pas à le semer, il faudrait que l'inconnue fasse un choix : se débarrasser de lui, ou... Non, il n'y avait pas d'autre choix possible.

J'avais tacitement promis à Silax de ne plus utiliser mes pouvoirs contre autrui. Et je ne voulais pas les utiliser. Pour aider, peut-être, mais pas pour nuire... Surtout dans l'état d'adrénaline et de stresse dans lequel je me trouvais. C'était trop risqué... d'être remarqué, de faire considérablement du mal à deux êtres humains, et aussi nuisible pour moi. Je n'étais pas apte à utiliser mes pouvoirs à cet instant. Elle allait devoir se débrouiller toute seule. Le seul renfort que je pourrait lui apporter, c'est par la force de mes mains et mon agilité. Objectivement, je lui serais inutile face à un maître de la Terre surentraîné... La réputation des Protecteurs dépassait les frontières d'Oranda. Ils pouvaient être bien plus implacables et impitoyables que les Gorkiens. La valeur qu'ils adulaient le plus était la justice : tout manquement aux lois de la région était sévèrement puni lorsqu'il se voyait décelé par un Protecteur. Cela ne m'étonnerait qu'à moitié si je venais à constater qu'ils appliquaient les lois et les sentences sans prendre le temps de passer par un conseil de justice. De plus, une Air, étrangère, et une Matière, indésirable, ça ne se saurait même pas. Peut-être qu'un corps serait un jour découvert, peut-être pas. Ils pouvaient nous enfouir sous terre avec une facilité déconcertante. Un claquement de doigt qui nous enverrait directement dans l'oubli au cœur des bras de Tarlyn. Peut-être que la présence d'une Matière serait assez stupéfiante pour que cela s'entende en ville : une Matière, cela existe et c'est aux portes de nos villes. Des chasses pourraient s'organiser pour tenter de traquer ces êtres maléfiques que nous semblions être à leurs yeux. Ils trouveraient Silax, lui réserveraient un sort encore plus effroyable... J'ignorais pourquoi je pensais à tout ceci. À toutes ces hypothèses et fabulations qui n'avaient pas encore lieu d'être évoquées. L'esprit vif, sens aux aguets, je chassai ces pensées stériles pour me concentrer sur ce qui nous entourait et ce qui se passait.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Mer 17 Mai - 16:54


Tu es agacée d’avoir été suivie par un Protecteur sans que tu ne t’en sois rendu compte. A vrai dire, tu ne pensais pas qu’il resterait en arrière aussi longtemps sans essayer de t’arrêter. Tu as quand même réussi à bien avancer sur le territoire, à entrer profondément dans la Forêt sans qu’il ne daigne montrer le bout de son nez. Tu supposes qu’il serait intervenu si tu avais mis en danger quelqu’un, mais ça t’énerve quand même pas mal qu’il décide de se montrer seulement maintenant. Surtout maintenant. Tu te doutes qu’il a fait exprès de marcher et de briser cette branche au sol. C’est un Maître de la terre. Un Protecteur foutrement puissant dont le seul but est de protéger sa région, son territoire. Alors forcément, qu’il connaît chaque endroit de cette foutue forêt. Il doit parfaitement connaître les branches, les feuilles, les arbres, les plantes, chaque petite chose qui peut t’entraver et qui t’empêchera de prendre de l’avance sur lui, comme ces racines dans lesquelles tu butes à chaque fois que tu veux accélérer, ces branches que tu te prends dans la figure parce qu’étrangement, elles ne s’illuminent pas autant que les autres.

Trébuchant d’autant plus lorsque l’inconnue blonde prend les devants et change brutalement de direction. « Merci de prévenir », que tu grognes entre tes dents. Avec tout le bruit que tu fais, malgré toutes les précautions que tu prends, il ne serait pas étonnant que même un bébé vous retrouve. Tu n’es pas habituée à courir dans une forêt illuminée par des plantes. Tous tes repères s’en retrouvent perdus et tu as presque l’impression que tu vas finir par ne plus jamais en ressortir. Tu ne sais même pas où l’inconnue vous emmène, de son pas rapide mais assuré. Après plusieurs minutes de course, elle vous fait encore bifurquer, et tu t’attends à devoir continuer à courir comme avant, mais le sol disparaît soudainement sous tes pieds. Surprise, presque aveugle, ta cheville se tord lorsque tu atterris finalement sur l’herbe de la forêt, mais tu te rattrapes aisément au tronc d’un arbre, t’arrêtant une milliseconde pour regarder autour de toi. Tu comprends rapidement qu’il s’agit d’une pente assez drue, que tu finis par dévaler rapidement en essayant d’éviter au maximum d’utiliser ton don, mais sans que tu n’arrives à t’empêcher, tu créés des mouvements d’airs subits quand tu sens que le sol est moins dur que prévu.

Une fois en bas de la côte, je rejoins l’inconnue, qui s’était arrêtée pour m’attendre. Elle connaissait clairement les lieux, au vu de son agilité à dévaler la pente sans s’arrêter pour être sûre de ne pas se prendre un arbre en pleine figure. « Alors, on m’invite à manger, finalement ? » Tu hausses les sourcils d’un air entendu, mais le sol se met soudainement à trembler sous tes pieds, et tu vois subitement un projectile arriver vers vous à une vitesse folle. Poussant un glapissement d’excitation, tu te jettes sur l’inconnue, la faisant tomber lourdement au sol. Ta mâchoire claque rudement sur son crâne, la douleur te faisant fermer les yeux un court instant, mais tu te relèves aussi vite, tirant la blonde pour la remettre sur pieds — même si avec ce sol tremblant, ce n’était pas chose aisée —, avant de la pousser dans une direction inconnue. « Allez belle blonde, j’ai pas envie de finir la tête pleine de sable ». Ou pire. Si le Protecteur parvenait à faire trembler le sol, son niveau devait être impressionnant et tu n’as pas vraiment envie d’avoir un face à face avec ce genre d’homme. Vous vous remettez à courir à toute allure au travers des arbres qui se mettent à devenir de plus en plus gros et de plus en plus présents, touffus, et rapidement, malgré la lueur des arbres, tu ne parviens plus à distinguer le chemin que vous venez tout juste de prendre.

Subitement, une idée te vient en tête. T’arrêtant dans un dérapage incontrôlé, tu aperçois un arbre au tronc relativement épais, sur lequel tu t’empresses de grimper. La première branche que tu atteins n’est pas très solide et menace de casser sous ton poids, mais ton agilité d’Air te permet de grimper rapidement sans vraiment de difficulté. Dès que tu es arrivée en haut de l’arbre, tu regardes un court instant autour de toi. Même si la nuit est très noire et que tu parviens à peine à distinguer les étoiles, quelques nuages sont présents autour de toi. Fermant les yeux, tu sens tes muscles se tendre sous la pression, mais les cumulus parviennent finalement à former une sorte de voile autour de toi. Dans un saut, tu atterris au sol, non loin de l’inconnue, le brouillard épais vous entourant. Légèrement tremblante, tu parviens à agrandir le rayon du brouillard, pour qu’il cache une certaine partie du territoire autour de vous. Lorsque tu rouvres les yeux, les mains ouvertes, certaines branches mortes, quelques cailloux et de la terre se mettent à trembler avant de léviter peu à peu, se relevant à hauteur d’homme. Même si tu avais encore un peu de mal à les garder ainsi sur le long terme, cela pourrait grandement ralentir votre poursuivant. Il allait être perdu dans cette fumée emplie de dangers alors que vous continuerez à courir comme si vous aviez Malaggar aux fesses.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Ven 19 Mai - 13:17

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Leaving the shadows
Maudissant intérieurement - c'eut été à haute voix si les circonstances nous en avaient laissé l'occasion - l'importune de mettre ainsi mon intégrité autant que la sienne en péril, je courais comme si - et c'était inéluctablement le cas - ma vie en dépendait. Je refusais catégoriquement de me retrouver entre les mains des Protecteurs. Impossible de faire usage de mon don pour le désorienter et l'assommer. Impossible de savoir s'ils n'étaient pas plusieurs, plus dissimulés. En tout cas, ils ne nous encerclaient guère. Je n'avais pas le précieux don de Terre de déceler les présences vivantes bien que ça m'aurait été bien utile. Enfin pas vraiment... Cet endroit grouillait d'animaux, d'insectes, le temps de faire la distinction, nous serions déjà sous leur joug. Pourquoi pensai-je à ces idioties à cet instant ?! Concentrant mes sens sur les déplacements, les pas, la direction, je chevauchais les obstacles comme une danseuse dénuée de grâce interpréterait la danse de la fuite la plus interminable de sa chienne de vie... Ne pas tomber, c'était l'essentiel. Ensuite je prendrai le temps de m'occuper de l'autre vagabondes qui, visiblement, n'avait aucun scrupule à mettre d'autres personnes en danger. L'adrénaline m'empêche de résonner efficacement : elle n'a aucune idée de qui je suis, de ce que je suis. Mais quelque chose me disait que, quand bien même j'avais été Terre et qu'elle en avait eu la preuve, cette femme ne m'aurait pas laissée entre les mains des Protecteurs. Les voyageurs traversant les frontières qui n'étaient pas les leurs étaient sévèrement punies. En tout cas, les lois le stipulait. En pratique, les Protecteurs exécutaient-ils les illégaux ? La justice était-elle réellement appliquée ? Je nourrissais quelques doutes à cela. Car même si je connaissais le peuple de Gorka, je trouverais assez légitime d'user de méthodes drastiques pour défendre nos terres.

M'entêter ainsi à fuir avec elle, la guidant à travers la forêt, je ne pouvais m'empêcher de croire que j'éveillais en elle plus que des soupçons. Si je pouvais me faire passer pour une exempte, ce serait parfait. Mais à fuir ainsi, aussi assurée et déterminée, je craignais qu'elle ne pense à autre chose. Je pouvais bien être une criminelle, une évadée ou que sais-je. Il fallait que nous sortions de cette situation sans que je n'ai à user de mes pouvoirs. C'était indispensable. Tout reposerait sur elle... Ce n'était en rien rassurant ! Je n'avais aucune confiance en cette Air ! Une inconnue, impertinente et bien trop sûre d'elle. Elle ne m'inspirait rien autre que de la méfiance. Comme probablement la majeure partie des personnes qu'il me serait données de rencontre à vrai dire... Mais là n'était pas la question. Je ne fais pas attention à ses plaintes ou revendications : il faut fuir. Lors que nous dévalons le petit ravin, elle semble en difficulté. Je ne fais rien, me contentant de ralentir au plus ma course afin de juger s'il est indispensable ou non de lui donner un coup de main risqué. L'intrépide reprend sa course. Rassurée, j'attends qu'elle me rejoigne avant de reprendre la course. Quand va-t-il nous lâcher ce bougre ? « Alors, on m’invite à manger, finalement ? » Je fronce les sourcils. Puis elle finit par arquer l'un des siens. Elle comprit avant moi ce qui se passait. Trop lentes, nous avions été trop lentes. Mon cœur s'accélère, si je ne prends pas le dessus, la peur viendra forcer mon corps, mon don, à agir avant que mon cerveau ne réfléchisse. Non, non. Quelques secondes de flottement qui devaient sûrement inquiéter ou désespérer ma camarade d'infortune. Soudainement, je me sens projetée au sol. Silax ? Non, l'inconnue. Elle était sur moi, m'ayant certainement protégée d'une attaque. Nous nous cognâmes violemment, je sentis sa mâchoire heurter ma tête comme si une planche me tombait dessus ! Sans attendre, elle s'écarta, se levant et m'aida à faire de même. Invitation que je ne me fis pas prier avant d'accepter. D'un geste vif et inattendu, elle me projeta au-delà du terrain devenu incertain. « Allez belle blonde, j’ai pas envie de finir la tête pleine de sable » J'avais l'impression d'être une pomme dans un panier que l'on secouait à tout va.

Il fallait le reconnaître : au moins nous étions extirpées du bourbier et pouvions reprendre notre fuite gracile et vaillante. Je ne prenais guère le temps de m'offusquer de ses réflexion, gardant mon esprit focalisé sur le contrôle que je devais maintenir sur moi-même et l'analyse de notre environnement si on ne voulait pas finir toutes les deux enfermées. La vagabonde me devançait mais paraissait de plus en plus gênée par la végétation. Même pour une personne ayant l'habitude, ce n'était pas aisé. Certes, les illuminations partielles, les racines, les feuillages, j'y étais accommodée et m'y retrouvais, mais cela restait difficile. L'importune s'arrêta brusquement. Je fis de même, me retenant à tronc qui jonchait notre route pour ne pas venir la bousculer. Essoufflée, je me retournai, ne comprenant pas pourquoi elle s'arrêtait. Dans tous les cas, il était trop tard. Autant économiser notre temps et notre énergie pour faire face plutôt qu'en questionnements futiles et inappropriés dans ce genre de situations de grand danger. À peine avais-je tourné la tête que je l'entendis trifouiller et... escalader l'arbre ? Incrédule, j'avais les sourcils froncés de colère. M'abandonnait-elle ? Je me tins droite à ce qui semblait être le reste du sentier qu'elle avait suivi jusqu'à présent. Me concentrant, me préparant à faire une chose que je ne voulais pourtant pas : me mesurer à un Protecteur. Mon pouvoir, je le connais par cœur, comme s'il était un muscle à part entière. Ses filaments étaient faits d'émotions, de ressentis, de perception, de passion, un tumulte édulcoré qui relevait de la pure impulsivité. L'on ne contrôle jamais vraiment nos émotions qui sont des signaux dont nos sens se servent, faisant l'addition de notre environnement, pour nous forcer à réagir, à ne pas rester coi. Prête à en découdre sans me laisser emporter et finir par nuire radicalement à quelqu'un - en tout cas, pas volontairement - je ne me posais guère de question sur l'action de l'opportuniste.

Toutefois, les bruits qui se firent entendre n'avaient en rien rapport avec le Protecteur qui ne devait plus tarder à nous avoir rattrapé. Levant les yeux vers la cime des arbres, je la vis sauter et retomber au sol. Les courants qu'elle paraissait avoir invoqués étaient puissants, faisant virevolter mes cheveux dont certains venaient me fouetter le visage. Je me rapprochai d'elle et la course reprit de plus belle. Des éclats de végétation tournoyaient, s'écrasaient contre l'écorce des troncs, transperçant les feuilles, se disloquant contre les branches que les courants n'entraînaient pas. Un véritable bouclier qui dégageait une brume épaisse. Quand bien même le Protecteur ne pourrait déceler notre position exacte, nous étions visibles et audible par-delà les arbres et plus loin encore. « Si on continue comme ça, on va se retrouver avec toute une troupe de Protecteurs à nos trousses ! » Lui lançai-je sans avoir vraiment de proposition à lui faire en échange. Une idée... une idée... Réfléchir tout en assurant de ses pas, ça n'était pas la chose la plus aisée... « Envoie le courant vers lui ! » Sans nous blesser, si possible... Elle avait l'air de maîtriser son don, elle pourrait sûrement nous épargner. Recevoir ce contre-courant dans le museau ralentirait probablement le Protecteur et pourrait même le blesser. Cela ne le déferait certainement pas, mais ça nous permettrait de reprendre un peu d'avance perdue. Laisser ma vie entre les mains de cette femme ne me plaisait guère... Il fallait que l'on trouve un moyen d'arrêter cette course avant de nous faire trop remarquer. Bien des Protecteurs devaient avoir vu son action. L'action d'une Air. Fuir jusqu'aux frontières pourrait être une solution. Si elle savait comme entrer, elle savait comment sortir. Sortir... cette pensée me terrifiait mais en même temps m'émulsifiait. Ce qu'en penserait Silax, je l'ignore. S'il venait à revenir avant moi, je n'imagine pas son inquiétude et les craintes qui se liraient alors sur son visage. Me perdre le détruirait. Mais de toute façon, je peinais à croire que nous étions si proche de la frontière et que nous pourrions tenir la distance jusqu'à l'atteindre. Ralentir le rythme signerait notre fin, poursuivre à cette cadence, ça nous tuerait d'épuisement... Je n'avais strictement aucune idées... À part nous arrêter et faire face. Pitié Tarlyn, faites qu'elle ait une meilleure option...

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Sam 27 Mai - 21:19


Tu ne peux pas t’empêcher de sourire et de rire légèrement à la remarque de l’inconnue. Être suivie par toute une horde de Protecteurs en furie serait bien trop dangereux pour toi, malgré toute l’expérience que tu peux avoir dans la fuite et dans le combat. Tu as beau être relativement puissante, tu n’es pas encore un maître absolu et tu es loin d’avoir la capacité de vaincre un Protecteur seul facilement, alors tout un groupe… c’est carrément impossible, et tu le sais bien. Tu n’es pas naïve et encore moins prétentieuse. Tu as la tête sur les épaules. Mais pourtant, faire face à un groupe de Protecteurs te plairait bien plus que tu ne voudrais le laisser croire. Tu as connu beaucoup de défis particuliers dans ta vie, tu as travaillé pour beaucoup de monde et tu as eu des missions en tout genre — rechercher une épouse en fuite, trouver des infos sur un concurrent, surveiller une maîtresse par peur qu’elle fasse un enfant dans le dos, et beaucoup d’autres choses —, mais tu n’as jamais pu te confronter à des véritables maîtres dans les autres éléments. Certes, tu as déjà pu rencontrer un Protecteur — et cela t’a plu au point de vouloir recommencer, la preuve —, mais toute une troupe… C’est d’un tout autre niveau.

Lorsque l’inconnue finit par te donner un ordre, tu lèves les yeux au ciel. Le brouillard ne vous suivait pas et le Protecteur aurait été perdu dans toute cette brume emplie de pièges, il aurait mis un sacré bout de temps avant de pouvoir vous suivre malgré sa possibilité de vous ressentir — tu avais bien entendu parler du don des Terre de ressentir les êtres vivants, raison pour laquelle vous deviez courir le plus vite possible le plus loin possible pour qu’il ne puisse plus vous ressentir —, mais face à la certitude de la blonde, tu hausses les épaules. Tu sens que parler ne servirait à rien, alors tu lui obéis sans un mot. D’un geste de la main, fermant brièvement les yeux, tu projettes les projectiles en tout genre — bois, terre, roche — en direction du Protecteur, essayant de cibler correctement. Tu doutes que tout atteigne la cible, puisque tu es relativement aveugle dans cette fichue forêt, mais tu sais, au grognement que tu entends, qu’au moins une charge l’a touché. Tu ne perds pas de temps et te remets rapidement en route, mais tu t’arrêtes très vite quand tu vois que l’inconnue fait comme toi.

Agacée, tu lui lances un regard dubitatif en levant les bras au ciel. « Et puis pourquoi tu ne fais rien, toi ? Tu dois bien avoir un don ! » Et pour fuir comme elle le fait, alors que tu ne l’obliges aucunement à te suivre ou à t’aider à fuir le Protecteur, elle n’est certainement pas Terre. Peut-être est-elle comme toi, une mercenaire ou chasseuse de prime venue d’une autre région pour tenter de répondre à un maximum de contrats, mais lorsque tu l’as vue, au début de votre rencontre, il était clair qu’elle n’était pas en chasse. « Et si t’es une foutue Exempte, j’ai qu’à te donner aux Protecteurs en monnaie d’échange ». Pourtant, tu en penses tout le contraire. Offrir une Exempte à des Protecteurs ne pourrait pas te sauver de la prison ou de ce qu’ils voudraient faire de toi. Ils n’iraient certainement pas jusqu’à te tuer, tu connais relativement bien les Terre et leurs mœurs pour savoir qu’ils ne t’assassineraient pas sauvagement avant de laisser ton corps aux animaux charognards, mais tu doutes qu’ils te laisseraient repartir sans rien dire sous couvert que tu leur aies offert une Exempte sur un plateau d’argent — pour un peu qu’elle soit effectivement Exempte.

Un bruissement derrière toi attire ton attention et tu te retournes d’un bond, dégainant immédiatement le poignard caché dans ton dos. Le Protecteur sort de l’ombre des arbres, le visage complètement fermé et le regard vissé sur vous. Tu arrives à discerner quelques blessures — superficielles, tu pourrais le parier — un peu partout sur son torse, résultat de ton lancer de bouts de bois, mais il semble définitivement frais et prêt à se battre. Tu souris largement quand tu comprends — et espères — qu’il est seul et qu’il le restera. Tu as hâte de pouvoir te frotter à lui, mais tu comptes aussi sur la réaction de l’inconnue — elle n’aura pas intérêt à fuir pour sauver sa peau, sinon tu la retrouveras et lui feras passer un mauvais quart d’heure. « Prêt pour danser, chéri ? »

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Lun 29 Mai - 13:30

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Leaving the shadows
La vagabonde s'exécute presque à contre cœur. Il fallait tout faire pour le ralentir et si possible, nous permettre de partir plus loin, plus vite encore. Mettre de la distance pour parvenir à se fondre dans cette forêt que les Protecteur connaissent par cœur. Bien plus que moi. Peut-être moins que Silax ? Non, je portait mon frère un peu trop au-dessus de tout et il fallait rester rationnel : les Protecteurs voyageaient dans cette forêt comme si elle était leur maison tout entière. Silax n'y était que de passage comparé à eux. Nous avions reprit notre course, mais le rythme effréné fut arrêté par l'Air qui se retourna vers moi. M'arrêtant, je préparai un pas en arrière, prête à me mettre à distance d'elle si besoin était. Sourcils froncés, dubitative et sur la défensive, je restais focalisée sur l'idée que le Protecteur nous rattraperait si on ne continuait pas notre course. « Et puis pourquoi tu ne fais rien, toi ? Tu dois bien avoir un don ! » Sembla s'indigner l'étrangère. À cette question je déglutis, craignant de devoir faire face à un deuxième problème. Le Protecteur m'inquiétait bien plus que cette femme. Mais faire usage de mes pouvoirs face à elle était bien trop dangereux. Me faire passer pour une exempte était une solution... Ce qu'elle ne tarda pas à penser. « Et si t’es une foutue exempte, j’ai qu’à te donner aux Protecteurs en monnaie d’échange » Une monnaie d'échange. Je m'offusquai d'un rictus désabusé. « Ça ne nous sauvera pas, et tu as sûrement bien plus à perdre que moi s'ils nous attrapent. » Les nouvelles allaient vite dans les villes et villages. Bien plus vite que l'on pourrait le penser. Un drame s'était produit à la capitale, opposant les Terre et les Air. Silax n'avait su m'en dire plus, mais c'était indéniable que de trouver une Air à Gorka intéresserait bien plus les Protecteurs qu'une exempte qui n'a rien fait de mal à part suivre la mauvaise personne. En vérité, j'aurais probablement plus à gagner si je la donnais aux Protecteurs.

Contrairement à cette effrontée, j'avais ces valeurs Terre en moi qui m'empêcheraient de la livrer en pâture aussi gratuitement pour détourner l'attention des Protecteurs. Nous avions encore une chance de nous en sortir. Je ne la sacrifierai pas tant que je restais persuadée qu'il subsistait une porte de sortie. Je ne me ferai ni son juge, ni son bourreau. Peu importe qui elle est et ce qu'elle compte réellement faire à Gorka. Cela ne me concerne en rien et j'ai déjà bien assez à faire pour ne pas vouloir m’immiscer dans ses histoires. Tout ce qui compte à cet instant, c'est que l'on se fasse oublier des Protecteurs que son intrusion à Gorka avait attiré.

Mais avant que l'on ne s'élance dans un débat ou une quelconque autre joute verbale, elle se retourna pour faire face à un bruit qui avait attiré notre attention. Elle sortit un poignard qu'elle tenait vers le Protecteur qui se dévoila à nous. Écorché, sombre et hostile. Il était l'arme de Gorka. Ces âmes qui se vouent corps et âme à la protection des terres de Tarlyn. « Prêt pour danser, chéri ? » Les deux semblaient se faire face avec une envie d'en découdre presque palpable. Alors que je ne transparaissais que de cette idée de prendre la fuite. L'inconsciente Air pensait avoir une chance contre lui ? À deux, il était indéniable que, vu son niveau, nous pourrions espérer l'affronter avec une chance d'en sortir en vie. Mais je ne voulais pas user de Matière sur un être humain. Encore moins face à cette inconnue. Comment oublierait-elle mon visage si la Matière s'y associait ? Cet élément était si rare, porté à une simple légende parmi ceux qui en avaient entendu parler. Il serait naïf de croire qu'elle oublierait cette rencontre si une telle légende se montrait réelle à ses yeux à cet instant.

Autour de nous, la terre commençait à trembler. Les feuillages des arbres épais frissonnaient de mille bruissements qui paraissaient camoufler des pas. De Protecteurs ? Non... Attirait-il la faune environnante ? Les Terre pouvaient obtenir l’obéissance des animaux. Mais comment allait-il s'en servir ? Ses mains se levaient doucement, paumes orientées vers le sol. Je craignais que ce ne soient pas les animaux qu'il appelait à lui, mais la nature toute entière... Je devais perturber le Terre. Ne pouvait-elle pas le projeter d'un violent coup de vent ? Ne pouvait-elle pas ranger son poignard, le déconcentrer et reprendre la course ? « N'espère pas le défaire avec ton couteau, il faut qu'on parte ! » Mais cela ne semblait pas convaincre l'étrangère. Des craquements, des bruits d'animaux. La faune de Gorka n'était pas la plus agressive mais l'une des plus protectrices. À l'appel des Protecteurs, les animaux pouvaient se révéler être d'une puissance insurmontable. Il fallait partir, maintenant ! Devant l'inconscience de ma comparse forcée, je pris les devants. Tendant ma main vers le Protecteur en pleine méditation, je le projetai avec violence contre le tronc le plus proche. Avant même de le voir s'écraser, je pris l'Air par les épaules pour la faire reculer. Dans cet élan, nous tombions au sol mais sans hésiter une seconde, je me relevai. Elle devait être surprise par cette projection et de mon action de la faire tomber. La terre ne tremblait plus, mais le Protecteur n'allait pas tarder à reprendre ses esprits et tenter de nous arrêter d'une autre façon. « Bien joué ! C'est pas compliqué ! » Je tentais de lui imputer cette projection du Protecteur. Quand bien même elle serait persuadée de ne rien avoir fait, cela pourrait au moins l'embrouiller un instant et détourner le moindre soupçon - en tout cas pour l'instant... - il pouvait très bien s'agir d'une tierce personne cachée dans la forêt. « Il est trop puissant, on ne pourra pas le battre, pas dans la forêt ! » Lui assurai-je en la relevant.

Mais déjà la terre paraissait se ramollir sous nos pieds. Le Protecteur s'était vite remis, bien qu'il paraissait blessé par le choc violent contre l'arbre. Avait-il compris ? Cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. Son regard ténébreux me fustigeait. Sa main tendue vers nous ne faisait que confirmer sa tentative de nous noyer sous la terre. La zone mouvante était bien trop importante et nous débattre ne ferait qu'accélérer notre engloutissement. Maintenant son regard, je me concentrais afin de trouver un moyen de dévier une nouvelle fois son attention. Si possible, en le mettant hors d'état de nuire. Je sentais mon bras pulser, comme si l'effort demandé par la projection était déjà trop importante. Le coup avait été violent et le fait que je n'ai que trop rarement usé de mon pouvoir contre des êtres vivants rend cette technique difficilement contrôlable... Déviant mes yeux sur le côté, je parvins à déplacer sans bouger une pierre qui vint se heurter à un tronc. Cela attira l'attention du Protecteur qui avait sûrement deviné que personne ne pouvait avoir généré ce bruit. Il savait avec exactitude qui se trouvait dans la zone. « On n'est pas seules... » Dis-je à voix basse à la vagabonde. « Tente quelque chose si tu ne veux pas qu'on se retrouve toutes les deux sous terre ! » Lui intimai-je avec froideur. Encore trop peu affluent pour que je ne m'en rende compte, un filet de sang commençait à couler de ma narine droite.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Mer 14 Juin - 11:07


Les choses se mettent à aller tellement vite que tu ne parviens plus à comprendre les actions des uns et des autres. Sans vraiment que tu saches comment, le Protecteur est projeté au loin, quelques secondes à peine avant que l’inconnue ne se jette sur toi, vous faisant violemment tomber au sol. Ta tête claque durement contre la terre et des étoiles se mettent à danser devant tes yeux, la douleur te faisant serrer les dents. Lorsque tu parviens à remettre ta tête dans le bon sens, tu vois l’inconnue, déjà debout, en train de déblatérer sur une quelconque action que quelqu’un aurait fait. Tu hausses les sourcils en lui lançant un regard suspect et surtout inquiet. Etait-elle folle ? Elle semblait persuadée de parler à quelqu’un qui n’existait visiblement pas — à moins qu’elle te parle à toi, mais ça t’étonnerait franchement qu’elle te félicite d’une action que tu n’as pas faite. Te relevant rapidement, tu te places derrière elle, un peu sur le côté pour garder les yeux fixés sur le Protecteur, mais la terre se remet déjà à bouger, semblant se mouvoir pour vous aspirer.

Et là, la terreur te prend aux tripes quand ton pire cauchemar semble prendre réalité. Vos pieds s’enfoncent mollement dans la terre devenue visqueuse, et tu ne peux t’empêcher de sautiller pour tenter d’échapper aux sables mouvants créés par le Protecteur, mais le sol entier de la Forêt paraît être devenu mou puisque tu ne parviens pas à y échapper. La peur s’engouffre dans ta gorge, te faisant couiner de détresse. Tu ne réponds même pas à l’inconnue quand elle murmure que vous n’êtes pas seules — comme si tu ne l’avais pas remarqué ! —, tes yeux totalement fixés sur tes pieds qui s’enfoncent irrémédiablement dans le sol. Tu n’aurais jamais cru que tu aurais pu avoir affaire à un fichu Terre qui oserait t’enterrer vivante. Tu es parvenu à vivre pendant quarante ans sans avoir à affronter ton pire cauchemar et voilà qu’il semble se réaliser le jour où tu fais la connaissance certainement pas sympathique d’une inconnue prête à te faire tout faire pour sortir de cette connerie. Tu veux bien croire que c’est — légèrement — de ta faute que le Protecteur est arrivé là, t’ayant suivie sans que tu n’aies pu le remarquer, mais ce n’est clairement pas une raison pour que tu t’occupes de le repousser seule alors qu’il est clair que la jeune femme à tes côtés n’est pas une novice dans cette forêt.

Ton grognement emplit un instant le silence soudain alors que tu parviens à atteindre un morceau de terre solide. « Je hais ces putain de Terre ! » Tu te tournes alors vers l’inconnue, la fusillant du regard, prête à lui dire ses quatre vérités avant de prendre tes jambes à ton cou et de la laisser dans la mouise, quand tu vois ce petit filet de sang couler de son nez, sûrement à cause de la chute de quelques minutes plus tôt. Tu lui fais un signe pour le lui indiquer — pas la peine qu’elle se vide de son sang — avant de lui faire les gros yeux, sidérée. « Et si on ne peut pas le battre dans la forêt, tu veux que ce soit où ? On est entourées de forêt, je te ferais remarquer ! » Tu es estomaquée par son culot et ses commentaires. Elle ose ramener sa fraise alors qu’elle ne fait rien d’autre que se jeter sur toi pour te protéger soi-disant d’une attaque — merci pour la bosse. « Tiens, et si on allait dans le désert de Sezni ? Mais non, que dis-je, il y a du sable, les Terre savent bien sûr contrôler ce putain de sable ! » Tu te penches au avant lorsqu’un projectile menace de venir s’écraser sur ton visage avant de reprendre de plus belle. « Et dans le Grand Glacier de Vainui, pourquoi pas ? Ou bien dans les montagnes de Sterenn ! C’est… »

Tu t’interromps brutalement alors qu’une idée se met à germer dans ton esprit. Tu observes le Protecteur, toujours entouré de verdures, de plantes et d’arbres. Un Terre puise ses forces et son don dans la végétation qui l’entoure. Tu ne sais pas comment cela fonctionne exactement, mais tu imagines bien qu’un Terre privé de la sensation de la terre sous ses pieds pourrait être troublé pendant un court instant. Et tu sais bien où tu pourrais l’amener, dans un endroit qu’il ne maîtrise pas, bien au contraire de toi. Levant la main, son corps se met difficilement à léviter à quelques centimètres du sol. Tu ne maîtrises pas encore totalement cette partie de ton don, et les gouttes se mettent à couler rapidement sur ton visage, mais tu parviens à le maintenir dans les airs tout en le faisant tourner sur place. Ses yeux s’écarquillent de surprise alors que tous les projectiles qu’il aurait pu préparer tombent lamentablement au sol. Suant, respirant difficilement, tu comprends que tu ne pourras pas le garder dans l’état pendant très longtemps, et alors qu’il continue à tourner sur place, de ton autre main libre, tu attrapes ton poignard dans le but de lui asséner un coup susceptible de le mettre hors d’état de nuire.

Malheureusement, il semble avoir déjà repris ses esprits et une sorte de liane t’attrape soudainement par le bras, te faisant lâcher ton arme et le Protecteur, par la même occasion, qui s’échoue au sol, se rattrapant in extremis. Lorsqu’il se tourne vers toi, le regard noir, tu t’accroupis immédiatement, sentant un projectile te passer au-dessus de la tête, mais tu n’attends pas qu’il réagisse plus que ça. Attrapant un gros caillou dans la main, tu te jettes sur le Protecteur, lui assenant un coup sur le visage qui l’envoie reculer de quelques pas. Tu en profites pour rattraper ton poignard et le lui planter dans la jambe lorsqu’il tente de venir se battre contre toi, et son hurlement de douleur te fait frémir de la tête aux pieds. Prenant ainsi l’avantage, tu t’apprêtes à abattre ton poing sur son arcade pour lui faire perdre connaissance et vous laisser le temps de fuir, mais du coin de l’œil, tu aperçois une ombre jaillir vers toi. Te tournant juste à temps pour éviter un énième projectile, tu n’as pas le temps de te remettre en position qu’un violent coup à la tête te fait tomber au sol. La fatigue d’avoir utilisé ton don de l’Air et la douleur à ton crâne te font rapidement perdre connaissance, alors que la dernière chose que tu vois, c’est l’inconnue s’approcher du Protecteur.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] Leaving the shadows ∴ Cyne Wkar Jeu 15 Juin - 13:22

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Leaving the shadows
Loin de chercher à faire état d'âme de l'état de la compagnonne d'infortune, j'étais bien plus préoccupée par l'alliage de ce Protecteur à l'idée de devoir cacher mon don le plus longtemps que je le pourrais. Craignant qu'elle ne vienne à s'en prendre à moi et que le Protecteur s'élance dans une toute nouvelle optique : celle de détruire la présumée Matière, il fallait que je me montre deux fois plus prudente. Mais la terre se met à nouveau à vouloir se dérober sous nos pieds, nous aspirant petit à petit. L'Air paraît plus que terrifiée par cette idée d'être absorbée par la terre. Une peur que mon visage évoquait également, mais cela semblait être une phobie pour la voyageuse. « Je hais ces putain de Terre ! » Vociféra-t-elle avant de me fustiger du regard alors que j'essayais autant qu'elle de trouver un moyen de nous défaire de cette terre mouvante.Lorsqu'elle pointe mon visage, je sens un liquide couler sous mon nez. Passant ma main dessus, je regardai ensuite ce que c'était. Du sang. Un frémissement de panique se lut dans mes yeux. User de la Matière n'était pas sans danger, loin s'en faut. Et je devais faire attention si je ne voulais que plus de dommages me soient causés par cette malédiction. « Et si on ne peut pas le battre dans la forêt, tu veux que ce soit où ? On est entourées de forêt, je te ferais remarquer ! » Lança-t-elle une fois dégagée. Je soupirai. « Tiens, et si on allait dans le désert de Sezni ? Mais non, que dis-je, il y a du sable, les Terre savent bien sûr contrôler ce putain de sable ! » Offusquée par son impertinence, je bouillonnais encore un peu plus de l'intérieur. « Si tu ne voulais pas avoir à faire à des Protecteur ou à des Terre, je me demande ce que tu fiches ici ! » Mon calme n'allait pas tarder à m'échapper au moment ou pourtant, j'en avais le plus besoin.

Mon souffle se faisait rapide et lourd. Je devais me concentrer sur quelque chose, trouver dans mon esprit un moyen de faire converger cette colère et cette adrénaline. Filbor serait certainement parvenu, dans la situation actuelle, à trouver une façon de canaliser cette énergie. Cela faisait bien trop longtemps à mon goût que je ne l'avais pas rencontré. J'avais besoin de cet homme... Il m’apprenait à méditer, me concentrer, vider mon esprit, m'apaiser. Ses conseils avaient toujours su trouver leur application dans ma maîtrise de la Matière. Elle se pencha vivement. Par mimétisme face au danger, je me baissai également alors qu'un projectile la manqua. Je reportai mon attention sur le Protecteur. « Et dans le Grand Glacier de Vainui, pourquoi pas ? Ou bien dans les montagnes de Sterenn ! C’est… » Pestait-elle encore comme si ça allait nous aider à quoi que ce soit. Mais un éclair sembla la frapper car je n'entendis pas la fin de sa phrase. Me tournant vers elle, je m'enquis de ce qui lui arrivait. Comme si rouspéter était sa façon de signifier à autrui qu'elle était encore en vie. Je crois avoir trouvé une personne encore plus insupportable qu'Aspyn. Parce qu'au moins, Aspyn savait quand elle atteignait les limites de ma patience et, par peur, estime ou intérêt - si tant est qu'elle ait un jour eu la moindre appréciation pour nous quelle qu'elle soit - et avait la présence d'esprit de s'éloigner ou de me laisser tranquille. Alors que cette importune étrangère bien trop audacieuse et téméraire pour sa propre survie, n'avait aucune considération.

Mais la pause qu'elle m'accordait dans ses remarques cinglantes et dénuées d'intérêt, laissait place à une concentration profonde. De ses mains, elle fit léviter le Protecteur, non sans mal. L'effort que ça lui demandait paraissait immense. Elle avait beau paraître forte, la vagabonde avait ses limites. Comme nous tous. J'ignorais s'il existait réellement des personnes étant parvenues à faire corps entier vers leur élément. Ce n'était pas une possibilité que j'envisageais de mon côté... Faire corps avec la Matière était déjà un pléonasme en soi. Preuve indirecte sûrement qui annonçait que si un Matière cherchait à aller trop loin dans sa maîtrise, ne pourrait y survivre. Malgré ces vingts dernières années passées à m'entraîner je n'étais qu'à la moitié du cheminement admis dans la maîtrise d'un don. De mes dix ans à ma trentaine entamée, je n'avais fait que m'entraîner, apprendre, analyser, tenté de maîtriser la Matière en la comprenant, l'acceptant au fil des années. Il n'était pas aisé de s'améliorer dans la maîtrise d'un tel don. Notre élément était ce monde. Mais nous ne pouvions en exploiter que peu de choses... Les aimants, l'équilibre, de petites matières... Alors que les éléments Terre, Air, Feu, Eau, avaient tous quelque chose à créer, un attachement intrinsèque à leur nature à leur lieu de vie, leur façon d'être.

Lâchant une part de son contrôle en occupant une de ses mains à se munir d'un poignard, le Protecteur vit là une ouverture qu'il exploita sans surprise. En tout cas pour ma part. N'ayant pas le temps de trouver un moyen d'empêcher la liane qu'il invoqua pour étreindre l'Air, je me contentai de m'écarter prestement en gardant en vue le poignard abandonné dans la surprise de l'action. Le Protecteur tomba mais se releva assez rapidement pour envoyer des projectiles de terre en notre direction. Nous en évitâmes certains, mais l'un parvint à sévèrement me griffer l'épaule gauche. Ma camarade d'infortune se jetait sur lui avec un caillou en main dont elle se servit pour sonner le Terre. Elle ramassa ensuite son poignard et le lui planta au moment où il chercha à la confronter au corps à corps. La main posée sur ma blessure assez profonde pour m'engourdir de douleur, je sens mon pouvoir opérer sans vraiment que je ne le veuille. Cela donne une impression terrifiante de sentir la blessure pomper mon énergie vitale. Je reporte ma concentration sur la situation et ne vois que la femme se faire mettre à terre, vacillant comme si elle avait perdu toute consistance. Je me rapprochai de pas vifs.

Regard déterminé et souffle court. Cette situation ne pouvait pas durer. Et alors que ma Matière s'affairait à régénérer partiellement ma blessure, je fus prise d'une pulsion incontrôlable. Alors que le Protecteur et moi n'étions plus qu'à quelques dizaines de centimètres, je détournai deux de ses projectiles acérés pour me venir à bout. Au lieu de me viser, ils vinrent se planter dans le Terre perturbé par cette situation improbable à ses yeux. Je sens mes tempes cogner sur ma tête et mon jugement s'obscurcirent comme si mon pouvoir s’emparait de moi, me possédait. Je n'étais plus moi-même... Parvenant à esquiver les autres projectiles, certains m'éraflèrent plus ou moins sévèrement. Mais je ne sentis pas la douleur sur l'instant. La pierre de magnétite que je portais en pendentif vibrait alors que de mes mains, je forçai le poignard à se retirer de la jambe du Protecteur. Le retour de la lame lui arracha un cri de douleur qui ramenait une part de ma conscience à la réalité. Mais il était déjà trop tard... Les assauts portés par l'Air avaient déroutés et affaiblis le Protecteur. Alors que dans ses yeux se lisaient mille sentiments de peur - ce qui me paraissait impossible jusqu'à lors chez un Protecteur - il parvint à invoquer de nouveaux projectiles, plus gros, en dehors de mon contrôle. Sans hésiter une seconde de plus alors qu'un débat de valeur et de conviction se faisait dans mon esprit, je projetai le poignard pour qu'il vienne se planter dans le ventre de l'homme. J'avais bien des connaissances en anatomies grâces aux écris de physiciens que m'avait rapporté Silax. J'aurais pu viser un organe, le tuer... Mais même dans cet instant où la Matière me possédait, ma conscience dévia la trajectoire de la lame pour que le coup ne lui soit pas fatal.

Avant que cette nouvelle blessure ne le fasse fléchir, l'un des projectiles fut élancé en ma direction. Je n'avais pas les meilleurs réflexes du monde et malgré ma tentative de l'esquiver, je me pris cet amas de terre dans la tête. Cela causa bien des éraflures sur mon visage et me fit tomber avec violence contre terre. Ayant constaté ma particularité, le Protecteur abandonna le combat et comme une ombre, à la manière dont il était apparu, il se volatilisa dans la nature... Il fallait que je me relève, que nous partions d'ici avant que d'autres Protecteurs n'arrivent... J'essayais déjà de reprendre mon souffle, mes esprits... mais j'étais à bout de force. Reprendre le contrôle, ne pas laisser la Matière me dévorer. Elle ne m'aurait pas. Non. Hors de question ! Hors de... je m'assoupis, à bout de force, à bout d'énergie. Tombant dans l'obscurité la plus totale pendant de longues minutes.

Lorsque j'ouvris avec peine mes yeux, il faisait encore nuit. Mes blessures étaient encore ouvertes, mais la plus grave avait été en partie soignée par mon don. J'étais vidée de mes forces... Du sang avait encore coulé de mon nez et ma tête me frappait de maux indescriptibles. Il fallait que je parte... Que je rentre chez moi... Je me relevai très doucement. À côté se trouvait l'impertinente Air. Elle avait beau m'insupporter, je ne pouvais me résoudre à la laisser là, l'abandonner au sort que lui réserveraient les Protecteurs. Surtout maintenant qu'ils devaient savoir qu'une Matière traînait dans les parages... Peut-être que les autres ne le croiraient pas. Peut-être qu'ils penseront qu'il cherche juste à justifier d'avoir laissé filé une étrangère, d'avoir été défait par une Air. Si elle venait à tomber entre leurs mains, ils n'auraient de cesse de la violenter jusqu'à ce qu'elle ne me livre à eux. Ce qu'elle serait incapable de faire. Nous ne nous connaissions pas... Essayant de limiter mes mouvements, je tentai de la porter. Elle n'était pas légère... Cela allait être difficile et long. Hors de question d'user de mon pouvoir pour la traîner jusqu'à un endroit sûr. J'en avais déjà trop fait et ça ne ferait qu'encore plus me casser. Alors en la traînant, la portant, la soulevant un peu, je faisais quelques mètres puis une pause. C'en fut ainsi jusqu'à un repère que je connaissais dans les environs. C'était assez loin du lieu de notre combat, pas si éloigné de là où Silax et moi vivions. Ça ferait l'affaire. Au moins pour lui prodiguer quelques premiers soins et qu'elle puisse repartir. Je finis par atteindre la cabane que je cherchais. La déposant dedans, je ressortis en ayant trouvé un petit récipient où je pourrais mettre de l'eau. La rivière n'était pas loin et un petit ruisseau pouvait me donner un peu d'eau claire. C'est pour cette dite rivière que Silax nous avait installés non loin. Exténuée, j'usai de mes dernières forces pour arracher du tissu de ma tenue dont je me servis pour nettoyer délicatement les endroits où l'étrangère était la plus amochée.

Soudain, je m'effondrai de fatigue. Au fil des heures, quelques unes de mes blessures les moins profondes s'étaient refermées, les plus profondes ne saignaient plus, mais restaient toutefois bien visibles. Mon don de régénération n'était pas encore totalement maîtrisé... Il se déclenchait lorsque la situation était critique sans que je ne puisse, visiblement, le contrôler. Ce qui était très dangereux... J'aurais pu y rester s'il avait continué son officie ! Un cadeau de Rhaegal bien empoisonné comme il aimait le faire aux Matière... J'étais mon propre poison, ma propre Némésis. Chaque maîtrise d'élément avait ses inconvénients. Mais ceux de la Matière paraissaient bien plus dangereux et aussi incontrôlables que les capacités en elles-mêmes.

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