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Intrigue n°2
La deuxième intrigue a vu le jour
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Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ]

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~#~Sujet: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Jeu 16 Mar - 2:00

Ranrek Ergorn
&
Eden'el Lumnar


Come cover me
La fatigue eut bien vite fait de prendre le dessus. Les larmes tombées dans le plus grand des silences avaient séché sur mes joues palotes. Le sommeil me berça dans l'obscurité de la chambre où j'étais étendue. Rideaux fermés, le miroir de la coiffeuse couvert, rien pour ébruiter les quelques rayons lumineux parvenant à traverser les barrières que j'avais installées. Petit à petit, dans le calme et l'ombre, je perdais toute conscience de ce qui m'entourait. Le lit sur lequel je m'étais étendu semblait fort confortable. Les plumes de ce matelas ne devaient pas avoir beaucoup servies, ce qui donnait l'impression de s'allonger sur un nuage. Le couvre lit fait de coton aux motifs brodés gardait secrète la douceur des draps de soie qui constituaient le paroxysme du confort de cette couche. Mais pour tout avouer, de pierre serait fait ce lit que je m'y serais tout aussi bien endormie tant j'étais éreintée par toutes ces péripéties ! Mon état de fatigue avancé ne me permettait pas d'apprécier le confort et le faste de ces lieux à leur juste valeur. Pourtant, pour une fille de basse naissance, tout ceci devait être fameux ! Ma sœur aurait sûrement donné beaucoup pour découvrir ce lieu et rencontrer un beau représentant duquel s'éprendre. Ses histoires de noblesse du cœur et de preux gentilshommes prêts à tout pour protéger et combler leur dulcinée ! Ses histoires de fuite du devoir pour parcourir le monde en faisant fi des lois grâce à un nom bien porté auquel on ne fait honneur mais duquel on profite. Ses histoires de trahisons et d'intrigues mystiques entourant les dilettantes pavoisant dans les beaux quartiers de la capitale... ce qui m'arrivait aurait de quoi agrémenter ses contes si seulement elle était encore parmi nous pour les raconter...

Malheureusement, ce n'est pas vers le doux souvenir de ma sœur que mes songes inconscients me menèrent... Une bien plus sombre figure hantait mes nuits... Je cours, je cours, je ne dois pas regarder derrière-moi. Je l'entends hurler de douleur loin derrière, mais je ne dois pas me retourner. « Edeeeen ! » S’époumone ma sœur. Je ne m'arrête pas, je dois courir, fuir. « Tu l'as tuée. » Sa voix rauque m'oblige à me boucher les oreilles en posant mes mains sur celles-ci. Ma course se freine alors qu'il me faut éviter les racines qui se meuvent sous mes pas. « Edeeeen ! » Un nouveau cri de douleur retentit dans la forêt. Les feuilles deviennent de plus en plus noires et une fumée se dégage de devant. Je pénètre cet épais brouillard de suie alors que la chaleur monte. « Eden'El ! Tu es en vie ! Je n'ai pas fait tout ceci en vain. » Je m'arrête à sa hauteur ; la princesse Nymeria Drogon. Je tends ma main vers elle alors que chaque parcelle de son corps commence à flamber. Les langues brûlantes du feu entourant son corps finissent par l'engloutir. Mais d'un geste de la main, il fait s'évanouir son souvenir et la vision d'horreur évoquée. « Nymeriiiiiaaaa ! » De longues larmes noircies par la suie roulent sur les joues alors que je me retrouve à nu. C'est alors que j'aperçois son visage. Je le connais et pourtant ses traits sont flous, indécis. Comme s'il m'était impossible de me le représenter comme un être humain. « Tant que tu fais ce que je te demande, tout se passera bien et je ne te ferais aucun mal. » Il tend son bras vers le mien et pose ses doigts entre les miens avant de refermer sa main sur la mienne. « Vous n'avez pas le droit... » De son autre main, il vient caresser mon visage avec délicatesse et un sourire sadique sur les lèvres, me coupant toute parole, toute action. Du bout de ses doigts lascifs vagabondant sur mes courbes, des flammèches viennent dessiner de longues brûlures sur leur passage. Je ne peux bouger ni dévier mon regard de ses yeux bleus, hypnotisants, qui se précisent dans l'épaisse fumée qui nous entoure. La douleur croît alors qu'il rapproche son corps du mien. Je ne pouvais m'empêcher de hurler, terrorisée et souffrante.

Sans savoir pourquoi, avant que ne vienne mon cauchemar, je me trouvais déjà placée sous les draps du lit, la tête reposant sur un oreiller bien rembourré. La soirée était entamée et pourtant je n'avais pas émergé une seule seconde depuis mon assoupissement. Imperturbable, j'avais finalement amorcé ma descente vers ces souvenirs qui me hantent à l'orée du jour. L'aube n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez alors que je commençais à gémir. Ma respiration s'accélérait et mes traits se crispaient. Marmonnant le doux nom de Nymeria, je commençais à transpirer. C'est finalement d'éclats de voix criards que je me tordais dans les draps à présent totalement défaits. Car dans les rêves, il n'y a personne pour nous tendre la main. Personne pour nous enlacer et nous rassurer, nous dire que tout ira bien et que lorsque l'on ouvrira les yeux, tout ceci sera terminé... J'avais beau m'être détachée rapidement des étreintes maternelles de ma mère, m'éloignant de toutes les autres, il m'était difficile de révoquer leur aspect réconfortant et rassurant. Bien trop longtemps éloignée de toute communauté humaine, il ne me restait que de vagues bribes de souvenirs de cette sensation réchauffant le cœur. Prétendant pouvoir vivre sans autrui, je comprenais pourtant l'importance du contact humain. Je n'avais pas passé de nuit si longue depuis bien des années... Leanor avait raison : j'étais fatiguée. Cette vie que j'avais tant souhaitée afin d'échapper à cette cérémonie avait finalement cassé toute vie en moi... Impossible de me rappeler de la dernière fois où j'ai souri. Où j'ai contemplé la nature avec admiration. Où j'ai partagé un instant complice avec quelqu'un. Où j'ai eu envie de faire quelque chose, aussi futile que ce soit, pour moi ou pour quelqu'un. Je n'avais plus de rêve, plus de passion, plus d'ambition... Seul mon optimisme rongé par les épreuves traversées me maintenait la tête hors de l'eau. Et pourtant, je gardais un infime espoir dans lequel l'ancienne Eden'El, vive et amoureuse de la vie, se serait terrée dans un coin de mon âme au cas où je retrouverais la force et la volonté de redevenir celle que j'étais. Le jour commençait à peine à se lever, l'on pouvait déceler quelques tentatives timides de la lumière portée par l'astre diurne de venir se heurter aux rideaux de la chambre.

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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Lun 20 Mar - 3:28

Elle dormait à poings fermés lorsque tu avais fini par revenir. Pourtant, il n’était pas très tard – à peine passé l’heure du dîner. L’épuisement, selon toute vraisemblance. Bien qu’elle semble avoir un teint pâlot naturellement, la jeune femme n’était visiblement pas au meilleur de sa forme. Tu ne dérangerais pas son sommeil. Elle se réveillerait en temps voulu. T’installant dans ton bureau pour finaliser un document que tu avais commencé à rédiger, tu demandes à Leanor de t’emmène de quoi te restaurer avant de lui donner congé. En silence, tu manges du bout des lèvres. Ton père ne semblait pas – encore – avoir eu vent de sa présence dans le palais des représentants Feu. Mitigé entre l’envie qu’il l’apprenne pour qu’il comprenne que tu étais maître de ta propre vie, et celle qu’il ne le sache pas le plus longtemps possible pour éviter de te faire traiter une fois de plus comme un paria, un mouton noir parmi les tiens, tu réalises rapidement que tu ne parviendrais à rien. Ton parchemin était tout raturé. Tu avais fait des pâtés d’encre à cause de ton manque d’attention et plusieurs lettres étaient malhabilement orthographiées. Ton père détestait la calligraphie négligée. Mettant le tout de côté, tu passes dans ta chambre. Les volets sont ouverts et donnent sur le balcon où se dressent une table et des chaises. Tu respires quelques instants l’air de la nuit avant de te rafraîchir avec l’eau qui dort dans une bassine dans la pièce, puis tu te mets au lit.

Ton sommeil est agité. Des voix se confondent dans tes songes. Tantôt la voix douce d’Ashara, cette phrase que tu entends souvent dans tes visions nocturnes depuis qu’elle est décédée, il y a quinze ans : « Refais ta vie, mon amour. Je te pardonne. Je sais que tu m’aimeras toujours... » La voix de Leanor lorsque tu lui avais indiqué d’installer Eden dans la chambre voisine : « Oui, bien sûr, sire. Ça va de soi... » Ce ton, empli de reproches même si elle n’avait rien voulu laisser paraître. Comme si le fait que tu laisses une femme de basse position entrer dans ta vie l’avait froissée. Tu n’avais jamais partagé un repas avec elle, même après six ans de loyaux services. Tu n’avais probablement jamais remarqué cette étincelle d’admiration qui avait toujours brillé dans le regard d’émeraude de la belle rouquine. Elle n’était rien d’autre qu’une servante... Elle était bien traitée, elle recevait des gages pour ses services rendus, elle avait un toit au-dessus de sa tête et de la nourriture dans son écuelle tous les jours. Jamais sa condition n’avait attiré ton attention... La voix dure d’Asgad : « Ce n’est pas une bonne idée de la garder ici, sire. Vous savez que votre père s’y opposera. » Puis la voix d’Ashara qui s’interpose, cette phrase profondément enfouie dans tes souvenirs qui refaisait soudainement surface : « Au diable, ce qu’ils en pensent, mon amour ! N’es-tu pas un être humain à part entière ? N’as-tu pas droit de vouloir quelque chose, toi aussi ? » Puis la voix de la raison qui s’interpose à travers tout cela... Pourquoi la garder ici ? Pourquoi la laisser s’immiscer dans ton quotidien ? Pourquoi as-tu un si grand cœur, Ranrek ? Pourquoi es-tu si différent des tiens ? Pourquoi ne pas te contenter d’accomplir ton devoir sans constamment chercher à te rebeller contre ton père, contre les traditions orandiennes, contre ce que les dieux ont voulu ? Curieusement, cette petite voix de la raison, elle a toujours eu la même intonation que celle de ta mère.

Lorsque tu émerges de tes songes en sursaut, il fait encore nuit. En nage, tu es désorienté. Le souffle frisquet de la nuit fait flotter les rideaux aux grandes fenêtres de ta chambre. En soupirant, tu éponges la sueur qui perle sur ton visage avec le drap de soie que tu as repoussé sur le côté, sans grand succès. Roulant sur ton flanc, tu jettes un œil vers la porte entrebâillée qui sépare ta chambre de celle d’Eden’El. Tu n’oses pas entrer. Tu t’en approches seulement. Son sommeil semble agité. Elle marmonne des paroles incompréhensibles. Mais tu ne veux pas la réveiller. Silencieusement, tu entres dans la salle de bain privée attenant ta chambre pour te glisser dans l’eau froide de la baignoire. Les serviteurs la laissent constamment remplie. Ils savent comme tu aimes t’y rafraîchir à toute heure du jour ou de la nuit. Plusieurs croyaient que c’était saugrenu pour un Feu d’aimer autant l’eau, mais ça te laissait indifférent. Tu n’étais pas comme tout le monde. On se faisait un plaisir à te le rappeler constamment.

Alors que tu profites de la tiédeur du bain, la tête bien calée sur le rebord, tu sens les rayons grisonnants d’un soleil timide effleurer ta peau. Le jour ne tardera plus à se lever. Les serviteurs commenceront bientôt leur va et vient incessant dans tes appartements et tu n’auras plus droit à la tranquillité avant le lendemain soir, lorsque tous prendraient finalement congé pour aller sommeiller un peu.


Ses cris percent le silence, te faisant sursauter. Tu te tires rapidement du bain et enfiles un pantalon sur ta nudité avant de faire irruption dans la chambre de ton invitée, sans penser à l’état dans lequel elle pouvait bien se trouver, sans te préoccuper de la réaction qu’elle pourrait avoir. Elle est toujours dans les couvertures, l’air un peu hagard. Tu te sens tout de suite honteux d’entrer ainsi dans son intimité. Promptement, tu te confonds en excuses : « Je suis désolé... Je n’aurais pas dû entrer comme ça... J’ai cru que – je ne sais pas ce que j’ai cru... Je reviendrai plus tard, si tu préfères. » Instinctivement, tu t’es retourné vers les fenêtres qui donnent sur le petit matin qui se lève tranquillement au-dessus de la cité reine. Tu attends sa réponse sans broncher, sans te retourner vers le lit où elle repose toujours dans les draps soyeux dont il est recouvert. Enchevêtrée dans les draps, tu as aperçu un peu plus de peau que les convenances ne le permettaient, mais tu la sentais en détresse. La politesse te criait de la laisser seule alors que ta gentillesse t’intimait de la prendre dans tes bras pour la rassurer.

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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Lun 20 Mar - 21:12

Ranrek Ergorn
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Eden'el Lumnar


Come cover me
Le repos m'avait longtemps été impossible. La fatigue et l'ennuis étaient les seules raisons de mes assoupissement lorsque l'enfer était encore mon présent. Mais le moindre bruit, le moindre courant d'air, la moindre lumière me faisait sursauter et m'arrachait à Morphée. Ces jours passés à redouter, appréhender, supplier les dieux de me sortir de là... cela avait été très éprouvant, bien plus psychologiquement que physiquement. Car finalement, la douleur physique, on finit par s'y habituer. Sans y être plus résistant, on sait le mal que telle ou telle chose va nous procurer et on l'anticipe bien mieux. Or les douleurs psychologiques, rien ne semble pouvoir les soigner hormis le temps. Ce temps qui s'écoule plus lentement que je ne le souhaitais... Une fois en fuite, mes nuits ne furent que rarement longues. Et si elles parvenaient à durer plus d'une heure, alors elles étaient si agitées qu'au réveil, j'étais encore plus fatiguée qu'au coucher. Cette voix... ce Feu... les cris et la chaleur, la course effrénée de la liberté avec ces malheurs laissés sur son passage... Tout cela me pesait sur la conscience et m'empêchait de trouver un soupçon de plénitude. Comme croire qu'un jour, tout cela ira mieux ? Si les choses restaient en l'état, alors peut-être ne trouverais-je jamais de paix intérieure. Est-ce que me venger serait une solution ? Le voir souffrir comme il m'a fait souffrir ? Oh parfois j'imaginais cela et me sentais coupable rien qu'à l'idée que cela puisse me réjouir. Voir quelqu'un souffrir, même ce monstre, ne me procurerait aucune satisfaction. Si moi-même je tentais de lui faire du mal, peut-être que cela me défoulerait sur l'instant. Mais qu'est-ce que cela pourrait avoir de constructif ? Rien. La violence n'était, à mon sens, pas une solution. Rendre à quelqu'un la monnaie de sa pièce dans la violence n'était pas une solution. S'abaisser au niveau de ceux qui font du mal autour d'eux ne ferait qu’entacher notre âme. Aussi sombre que pouvait être la sienne, je ne souhaitais pas la briser comme il l'avait fait pour moi. Pour une Terre, cette pensée n'était pas si inattendue que cela pouvait le paraître.

Le spectre de la sensation presque réelle des flammes taraudant mon corps persistait même après mon réveil. Le souffle haletant, je ne comprenais pas où j'étais. Le sursaut de mon réveil était bien plus moins perturbant que cette horrible sensation d'être totalement perdue, dans un lieu inconnu. Il me fallut quelques longues secondes avant de reprendre mes esprits et de me resituer dans l'espace. La vue de Ranrek entrant dans la chambre me ramena à la réalité. « Je suis désolé... Je n’aurais pas dû entrer comme ça... J’ai cru que – je ne sais pas ce que j’ai cru... Je reviendrai plus tard, si tu préfères. » Tenta-t-il de justifier, gêné de son irruption. Alors qu'il se tournait vers la fenêtre, je le rassurai. « Non... » Ma voix était basse et la peur qu'avait provoqué mon cauchemar se ressentait dans mon intonation. À cette invitation implicite à rester, j'étais probablement la plus rassurée des deux... « Restez, s'il vous plaît... » M'étonnant moi-même, je ne souhaitais pas me retrouver seule. Seule avec mes pensées. Seule avec cette oppression que ce cauchemar exerçait encore sur moi. Je savais que ce n'était qu'un songe, qu'une fabrication de mon esprit. Mais j'avais du mal à me remettre de cela. Rapprochant mes genoux contre ma poitrine, j'étais comme une enfant à qui l'on venait de raconter une histoire terrifiante. Les bras croisés, mes mains les tenant, je reprenais peu à peu une respiration normale. Ce n'était pas une histoire terrifiante que l'on raconte autour d'un feu de bois. Tout ceci m'était vraiment arrivé. Je chassais non sans mal toute inspiration de sanglot qui oserait pointer le bout de son nez. Me sentant bien assez ridicule comme ça. Loin d'être des plus loquaces de jour, je l'étais encore bien moins de nuit. Quand bien même l'aube arrivait, cela ne changeait rien à mon envie de chasser mes démons plutôt que de les exposer. « Il doit vous arriver d'avoir des cauchemars vous aussi... » Déduisis-je aisément suite à son histoire contée la veille. « Comment faites-vous pour les chasser une fois le jour levé ? » Je le regardais sans vraiment le voir, encore troublée par cette nuit mouvementée. Il devait forcément exister un moyen de chasser ces mauvais esprits qui hantent nos nuits. Éloigner ces démons dont les assauts incessant finissent par nous ronger.

Lors de temps ordinaires, j'aurais sûrement été offusquée de voir un homme ainsi entrer dans la chambre que j'occupais. Cet espace où, lors de notre sommeil, nous nous sentions normalement en sécurité. Cette phase d'inconscience où l'on est à la merci de l'extérieur. Sans ce sommeil qui parfois prenait les corps, peut-être serai-je à Inaki à l'heure qu'il est. Enfermée dans un lieu sombre et cloisonné. Où ma vie n'aurait pour seul intérêt que de servir les envies d'un être aussi violent que torturé. Où personne ne soupçonnerait même ma présence. Un tombeau où j'aurais pourtant été maintenue en vie. Un véritable cauchemar qui n'attendrait pas que mes paupières soient closes pour propager son venin. Le Feu à qui je devais ces traumatismes pouvait très bien être affilié à un serpent. Aimant jouer avec ses victimes avant de les détruire, désintégrées par leur poison. Ranrek paraissait être son opposé le plus complet... Bravant mes préjugés sur les Feu et sur les êtres humains en général. Là où certains capturaient pour asservir, lui achetait pour libérer. Là où d'autres profiteraient de la faiblesse d'une personne pour la rabaisser encore plus et se défoulait, lui semblait me porter de l'intérêt et de l'attention, comme pour le relever et m'insuffler la force de continuer. Une inspiration, une aide. J'avais besoin de le voir ainsi. Peut-être faisais-je fausse route et que se dessineraient ses véritables intentions derrière cette aide suspecte qu'il m'apporte. Mais pour l'heure, je voulais croire en ce côté désintéressé qu'il semblait laisser paraître. Je lui avais demandé son aide, il me l'offrait. Même s'il donnait bien plus que ce à quoi je m'attendais, je ne pouvais que lui être reconnaissante et me sentir redevable. Renouant avec la réalité, je remarquai l'humidité de son torse. Il n'avait pour vêtement qu'un pantalon. Gênée d'avoir pu interrompre quoi que ce soit, je n'osai pas le regarder avec plus d'insistance que cela, reportant mes yeux sur la fenêtre vers laquelle il s'était tourné. Les premières lueurs du jour avaient quelque chose de rassurant : une nouvelle journée. Peut-être un nouveau commencement.

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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Dim 26 Mar - 22:39

Sa voix basse te retient alors que tu es tenté de repartir vers ta chambre. Bien que sa protestation soit faible, elle ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Elle te demande de rester. Alors tu resteras près d'elle, comme elle te l'a demandé. Hésitant, tu te retournes vers sa silhouette enchevêtrée dans la douceur des draps. Ses longues jambes diaphanes émergent des couvertures, sa tenue est en désordre. Ça te trouble malgré toi, mais tu ne t'en iras pas. Tu n'es pas un animal, tu sais te contrôler, toi. Tu n'es pas ton frère. Prenant une grande inspiration, tu t'avances vers elle et t'assieds presque au pied du lit. « Il doit vous arriver d'avoir des cauchemars vous aussi... » C'était peu dire. Les cauchemars arrivaient pratiquement toutes les nuits depuis environ quinze ans ; depuis qu'Ashara était décédée, elle hantait quasiment toutes tes nuits. Et si parfois tu entendais des paroles qui ressemblaient réellement aux siennes, comme la veille, le plus souvent, ses paroles agissaient plus comme un poison. Elle allait en paroles mesquines pour te faire du mal. Apparaissait, te regardait un instant avant de te dire de l'embrasser pour voir une vérité dévoilée. Et toi, même si tu savais que ce serait douloureux, tu étais attiré vers elle comme un aimant. Et tu obtempérais. Puis apparaissaient des souvenirs factices qui te faisaient frémir. Ashara dans les bras d'un de tes frères. L'enfant qu'elle portait qui n'était pas le tien, mais celui de Khorde ou Nove. Tu n'étais pas véritablement un Ergorn. Ta mère avait trompé ton père avec un autre et tu étais le fruit de ces ébats. Et même si tu détestais famille, même s'il t'arrivait d'avoir honte de te trouver parmi eux, ça te faisait mal de penser qu'il était vrai que tu n'étais pas comme eux, que ta différence s'étalait bien au-delà de ta façon de penser et de voir les choses. Parce que maintenant qu'Asha n'était plus, être un Ergorn était bien la seule chose qu'il te reste.

Et ces cauchemars étaient à la fois nombreux et variés. Quand ça n'étaient pas les paroles venimeuses de cette fausse Ashara, c'étaient des souvenirs. Le bain de sang dans lequel tu avais retrouvé cette femme que tu aimais... le sang sur le sol lorsque tu étais revenu à Lucrezia pour retrouver tous les anciens représentants Feu, la famille de celle qui avait partagé ta vie. Tous morts. Assassinés. Probablement par ton meilleur ami. Ou bien tu revoyais de beaux souvenirs qui tournaient au cauchemar avant de te réveiller en sursaut dans ton lit. Les mauvais rêves étaient devenus pour toi un fardeau quotidien, un poids que tu portais constamment et dont tu savais ne pouvoir te débarrasser.

La petite voix d'Eden perce le silence, te demande comment tu fais pour chasser tes cauchemars une fois le jour levé. Tu hésites à lui réveler que tu ne parvenais jamais à les chasser tout à fait. Tu les tassais plutôt dans un recoin de tes pensées avant de les affronter de nouveau le lendemain soir. Parfois, tu te consolais en te disant que ces rêves n'étaient autres que des mirages. Tu connaissais bien Ashara, et ça n'était pas cette vipère qui hantait tes rêves. Tu savais qu'Asha, où qu'elle soit aujourd'hui, aurait voulu ton bien. Elle aurait voulu que tu poursuives ta vie, que tu deviennes cette personne que tu avais toujours rêvé de devenir, celle qu'elle t'avait appris à être. D'ailleurs, au fil des tes réflexions, tu t'étais surpris à comprendre que ce désir de te voir t'épanouir était sans doute une des raisons qui l'avaient poussée à s'enlever la vie en premier lieu... Parce qu'elle savait que tu quitterais tout pour elle. Elle savait qu'Inaki, ton travail, ta famille et même tes amis, Sven et Razael, pesaient bien moins lourd qu'elle et l'enfant qu'elle portait dans la balance. Elle savait que rien n'importait autant qu'elle, et que si tu sentais sa vie en danger, tu n'hésiterais pas à t'enfuir avec elle vers un endroit où son deuxième don, ces volutes grisâtres qui s'entrelaçaient aux entrelacs rougeâtres qui ornaient son avant-bras, ne serait pas aussi difficile à cacher que Sezni, où les contrôles de tatouages étaient très fréquents.

Sortant rapidement de tes pensées, tu lèves les yeux vers elle et lui adresse un sourire bienveillant. « Tu vas probablement trouver ça assez étrange étant donné que je suis un enfant du Feu, mais la seule façon que j'ai trouvé d'apaiser mon esprit lorsque je me réveille à bout de souffle à cause d'un de ces cauchemars, c'est de prendre un bain. L'eau nettoie tous mes soucis, toute ma tristesse et toute ma douleur. » Troublé par la pureté de ses iris, par la candeur de son visage pâle, tu te détournes de nouveau le regard pour regarde le mur où est suspendu un tableau aux couleurs châtoyantes. Tu ne te rappelles plus où tu l'as acheté... Probablement à Lucrezia. Tu poursuis, un peu distraitement : « Bien sûr, je ne sais pas quels sont les cauchemars qui hantent ton esprit, mais habituellement, c'est de cette façon que je repousse mes démons pour pouvoir attaquer ma journée comme il se doit. » Quand tu étais petit et que tu faisais des cauchemars, ta nourrice te conseillait toujours de secouer ton oreiller, de le retourner et de te rendormir. Tu te souvenais de tes pleurs au milieu de la nuit lorsque tu lui demandais un nouvel oreiller, parce que l'autre, tu l'avais déjà retourné, cette nuit-là. Bien sûr, tu ne pouvais sortir un conseil aussi bidon pour ta jeune amie.

Tu te relèves et fais quelques pas vers les rideaux qui son toujours tirés, la pénombre vous enveloppant dans une intimité que tu n'as pas eu avec une femme depuis longtemps. Tu te rappelais ces matinée le Gaarlhe, alors que vous passiez du temps dans votre chambre à discuter de tout et de rien dans la noirceur qui grisonnait des rayons du jours qui filtraient à travers les rideaux. Ces jours-là te manquaient. « Qu'est-ce qui te hante pour te causer de tels cauchemars, mon amie ? Est-ce que ce sont des chimères fabriquées par ton imagination, ou bien ce sont des souvenirs douloureux qui se ramènent dans tes pensées ? Parce que les chimères fuient plus facilement que les souvenirs... Les chimères, ont peut les combattre, les faire disparaître complètement. Les souvenirs, eux, ils demeurent. Malheureusement. On ne peut qu'apprendre à les supporter... » Tu sais que ces paroles sont loin d'être réconfortantes et tu espères que la demoiselle ne t'en voudra pas trop. On ne t'a jamais appris à consoler les peines, à chasser les chagrins ou à guérir les vieilles blessures. On t'a seulement appris à user de répartie et de diplomatie lorsque tu discutais avec les importants dignitaires des différentes régions. L'époque où tu avais bercé une femme dans tes bras pour chasser ses peurs remontait à très loin. Quinze années finissaient par ternir ce genre de talents...

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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Lun 27 Mar - 19:49

Ranrek Ergorn
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Eden'el Lumnar


Come cover me
Il est certain que j'ai dû faire des cauchemars petite. Ne serait-ce qu'à cause des nombreuses histoires d'horreur qu'inventait ma sœur pour me faire peur. Captivée, j'écoutais ses récits jusqu'à la fin tout en sachant que cela me ferait passer de mauvaises nuits. Un certain masochisme latent... ou simplement l'attrait pour le danger. Un attrait qui s'est rapidement dissipé après sa disparition... Le fait est que je n'ai pas le souvenir d'avoir eu d'aussi tenaces cauchemars. Ceux qui, malgré notre réveil, laissaient ce sentiment que le danger pouvait toujours survenir. Je n'étais toujours pas rassurée. Calmée, mais pas rassurée. Resserrant mes doigts dans les draps, ceux-ci se relevèrent vers moi, montrant de fines parties de mon corps. Je n'avais aucune conscience de ce que cela pouvait amener comme pensée à Ranrek et je ne me posais même pas la question, ne réalisant même pas que mon corps pouvait être vu. Il vient s'asseoir au bord du lit alors que je lui demandais s'il avait des cauchemars. Ses gestes me paraissaient lents, réfléchis. Pas hésitants, mais prévenants. Étrangement, je n'avais pas peur de lui. Une confiance imputable à son acte humain de libération de la dizaine d'esclaves que le marchand comptait vendre. Mais pas que... Il dégageait quelque chose de différent des autres hommes que j'avais pu rencontrer. « Tu vas probablement trouver ça assez étrange étant donné que je suis un enfant du Feu, mais la seule façon que j'ai trouvé d'apaiser mon esprit lorsque je me réveille à bout de souffle à cause d'un de ces cauchemars, c'est de prendre un bain. L'eau nettoie tous mes soucis, toute ma tristesse et toute ma douleur. » Son sourire accentue un côté insoupçonnable chez lui. Cette sensibilité. Cela bravait l'idée que l'on se faisait d'un Feu.

L'eau avait bien des propriétés. Il paraîtrait que d'être entièrement immergé nous apaise car cela reprend la sensation que l'on pouvait ressentir lorsque l'on était dans le ventre de notre mère. Voilà qui me paraissait un peu irréaliste. J'aimais l'eau pour bien des raisons. Alors au fond, qui étais-je pour prétendre que cela ne pouvait pas être le cas d'un Feu ? Je n'étais pas fière de mes préjugés envers ce peuple. Cependant, les croire aussi humains que n'importe quel autre peuple m'empêcherait d'avoir ce début d'explication pour les actes barbares qui m'ont été infligés. Son regard ébonite se détourna du mien. Je suivis son mouvement des yeux, observant avec lui l'objet de sa distraction. Un tableau dont les couleurs restaient vives malgré la pénombre dans laquelle nous étions encore enveloppés. « Bien sûr, je ne sais pas quels sont les cauchemars qui hantent ton esprit, mais habituellement, c'est de cette façon que je repousse mes démons pour pouvoir attaquer ma journée comme il se doit. » Vu son rang, il devait avoir besoin de tout son esprit pour être au mieux de ses capacités. Son remède pouvait valoir le coup d'essayer. Si cela marchait pour lui, pourquoi pas pour moi ? Mon regard revient à Ranrek qui se relève. « Qu'est-ce qui te hante pour te causer de tels cauchemars, mon amie ? Est-ce que ce sont des chimères fabriquées par ton imagination, ou bien ce sont des souvenirs douloureux qui se ramènent dans tes pensées ? Parce que les chimères fuient plus facilement que les souvenirs... Les chimères, ont peut les combattre, les faire disparaître complètement. Les souvenirs, eux, ils demeurent. Malheureusement. On ne peut qu'apprendre à les supporter... » Exprime-t-il dans une tirade dont aucun mot me venant à l'esprit ne semble vouloir le couper.

Sa voix avait un côté rassurant, ce qui était l'inverse de ses paroles. Je voulais croire qu'un jour, je me réveillerai et que tout ce qui a pu m'arrivé de mal dans ma vie me laissera enfin tranquille. Que tout ces mauvais traitements ne seront qu'un lointain souvenir. C'est que... j'avais eu le temps de renforcer ces souvenirs, de les cultiver et de les rendre plus réels que réels dans mes rêves. À ressasser le passé, on lui donne une nouvelle chance d'exister... Se remémorer une phrase, un mot, un visage, une odeur. Tous les jours, y repenser. Le temps pouvait finir par altérer le souvenir, mais il serait toujours là, persistant. Avais-je fini par tellement diaboliser cet homme qu'il était devenu pour moi la personnification de tout ce qui pouvait être mauvais en ce monde ? Je ne savais que penser... « J'ai bien peur que ce soit un mélange des deux... » Amorçai-je d'une voix faiblarde en laissant mon regard se perdre devant moi. Rien que de repenser à son visage me coûtait... Je n'avais que le souvenir de son toucher, de son souffle... Chaque parcelle de mon corps parut se crisper au souvenir des brûlures qui avaient laissé leurs marques indélébiles, traversant les lunes qu'il m'était donné de vivre. « Ces... cicatrices... » Dis-je à voix basse, les yeux plissés, honteuse. « C'est une personne comme... vous... un Feu. J-je ne sais pas grand chose sur lui, seulement que ça devait être un homme fortuné, je crois... » Il m'était difficile de conserver ce recul m'empêchant de me décomposer face à Ranrek.

M'armant de courage, je poursuivis ma tirade entrecoupée par ces moment hésitants. « J'avais perdu ma sœur, mon intégrité... j'ai finalement été amenée vers Sezni où j'ai réussi à m'enfuir grâce à une force que je ne soupçonnais plus avoir. » Revoyant Razaël, les camps, les animaux, les corps... parler de ces choses pourrait peut-être m'aider, mais les détails... je n'étais pas vraiment sûre qu'ils aient leur importance. En tout cas, je n'étais pas prête. « Quand je suis revenu à Dahud, je crois que j'ai compris que finalement, malgré tout ce que je tenterai, je ne pourrais jamais revenir chez moi. » À cette image de mes parents, de la vie que l'on menait avant que tout ne sombre violemment, mes yeux se firent humides. « Il ne m'était jamais arrivé d'être à ce point en colère, emplie de haine et de mauvais sentiments. Je n'avais eu aucun ennemi, aucune rancœur profonde auparavant. Je crois que tout ce que j'ai pu ressentir de néfaste, je l'ai transposé sur la personne qui m'avait tout ce mal. Comme s'il était bien plus facile d'expier ses souffrances au souvenir de la douleur des coups que de vivre avec ces maux psychiques que l'on ne peut soigner. » J'ai toujours pensé que seul le temps serait salvateur pour ces douleurs intérieures dont il était impossible de me défaire. « Il est plus facile de passer outre les violences physiques que de vivre avec les séquelles que celles-ci laissent sur notre conscience... » Époussetant mes yeux du revers de ma main droite, je reportai mon regard sur Ranrek. « Chaque malheur qui a pu frapper ma famille ou moi-même provient de votre peuple. Rendre coupable l'élément de Malaggar et faire converger toute cette animadversion vers cet homme, je pensais que c'était une solution. » Affirmai-je le regard dur en tentant de rester entière. « Mais je crois que Malaggar me punit en envoyant ces spectres de mon passé me tourmenter chaque nuit. Ils m'en veulent, me reprochent des choses ou me font culpabiliser. C'est la sensation plus que réaliste du contact sur ma peau de cet homme du Feu qui laisse, à chaque réveil, son emprunte. » Je croise mes bras contre ma poitrine, les maintenant de mes mains comme pour me réconforter, me sentir plus en sécurité. Mes jambes se replient et je porte mes genoux contre ma poitrine. Il ne restait plus qu'un léger pan de draps qui me couvrait, coincé sur ma taille et cachant l'une de mes jambes.

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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Dim 2 Avr - 3:41

C’était un mélange des deux, qu’elle t’informe. Elle poursuit en t’avouant que les cicatrices dans son dos ont été infligées par quelqu’un comme toi. Par un Feu. Ça, tu l’avais deviné dès que tu les avais aperçues. Les cicatrices caractéristiques à une brûlure ne ressemblaient en rien à celles laissées par le fil d’une lame ou par la lanière d’un fouet. Un homme fortuné, qu’elle croyait. Un frisson de dégoût court dans ton dos alors que tu imagines la satisfaction, l’excitation que cet homme avait dû ressentir pendant qu’il laissait couler ses flammes dans le dos délicat de cette créature délicate enchevêtrée dans les draps du grand lit. Plusieurs individus qui possédaient le don du feu avaient cette lubie étrange, cette stimulation presque sexuelle à la vue des flammes… Tu avais déjà entendu parler de maîtres du Feu qui aimaient laisser les flammes qui émanaient de leurs mains courir sur la peau de leur partenaire sexuel pendant l’acte. Lorsque les des personnes étaient des enfants du Sud, ça ne posait pas problème, puisqu’il fallait une grande intensité pour que la flamme brûle une personne comme toi, mais lorsque la personne était Exempte ou qu’elle maîtrisait un autre élément, comme Eden, les flammes devenaient destructrices. Depuis toujours, il était dit que le Feu permettait à l’homme de se réchauffer, de cuire sa nourriture, de s’éclairer dans la grande noirceur. Le feu, bien qu’il soit bénéfique à bien des égards, était sans aucun doute l’élément le plus destructeur d’entre tous. Il prenait la vie sans aucune pitié. Et il le faisait douloureusement.

Eden te raconte qu’elle a perdu sa sœur avant d’être enlevée pour être amenée vers ta terre natale. Tu trouves triste qu’elle ait dû visiter le désert qui avait servi de décor à ton enfance et à une grande partie de ta vie dans des circonstances aussi horribles. Si elle était bien Exempte, comme tu le croyais, on la laisserait t’accompagner à Inaki sans problème aux frontières. Mais jamais tu ne pourrais demander à Eden de te suivre là-bas. Elle continue en te racontant comme elle a compris qu’elle ne pourrait jamais revenir chez elle après avoir réussi à fuir les terres du peuple du Feu pour revenir à Dahud. Comment aurait-il pu en être autrement ? Comment aurait-elle pu songer à revenir à une existence normale après avoir vécu un tel traumatisme ? Cet homme l’avait meurtrie, il l’avait mutilée, il l’avait marquée à tout jamais. Autant physiquement que mentalement. Et s’il avait osé meurtrir son corps d’une telle façon, tu te doutais qu’il avait dû faire bien pire… tu sentais qu’il l’avait touchée de façon intime. Probablement sans son consentement. Il l’avait souillée. On ne regardait plus le monde de la même façon après ce genre d’événements. Difficile d’accepter le regard changé que les gens pouvaient poser sur nous après de tels abus. Tu comprenais pourquoi Eden n’était jamais retournée à Gorka.

Tu continues à l’écouter attentivement alors qu’elle t’explique qu’elle n’avait jamais ressenti de haine envers qui que ce soit avant de rencontrer cet agresseur. Le corps guérissait plus facilement que l’esprit. Cette affirmation était irréfutable. Le corps, on pouvait l’aider à cicatriser avec des onguents et des pommades. L’esprit, il était plus difficile de le soigner. Parce que les souvenirs étaient bien plus tenaces que les plaies. Tu te tends légèrement lorsqu’elle affirme que toutes les tares qui sont tombées sur sa famille ont été causées par ton peuple. Tu ne répliques pas. Elle doit parler de sa sœur, mais tu ne veux pas la pousser à t’en dire plus sur ce qui a causé la mort de son aînée. Elle continue en disant qu’elle avait cru qu’elle pourrait retrouver un peu de paix en projetant toute son aversion pour les Feu vers cet homme qui l’avait agressée, mais qu’elle a échoué. Sa dernière affirmation te fait réagir plus fortement que tu ne l’aurais voulu : « Mais je crois que Malaggar me punit en envoyant ces spectres de mon passé me tourmenter chaque nuit. Ils m’en veulent, me reprochent des choses ou me font culpabiliser. C’est la sensation plus que réaliste du contact sur ma peau de cet homme du Feu qui laisse, à chaque réveil, son emprunte. »

Tu te retournes vivement vers elle. Des traces de larmes ornent ses joues pâles. Le drap a glissé sur la côté, révélant la peau nacrée de ses longues jambes. Elle a replié ses jambes vers sa poitrine et les enserre de ses bras. « Je ne crois pas que Malaggar veule te tourmenter, ma fleur. Tu sais… mon dieu nous ressemble. Il est impulsif, passionné, déterminé, volontaire… On m’a enseigné qu’il ne met aucun obstacle qu’on ne puisse surmonter sur notre route, qu’il nous pousse à toujours nous surpasser, surtout mentalement. Je sais que tu n’es pas Feu, mais les Dieux ne tourmentent pas les hommes pour rien. » Inconsciemment, tu t’es rapproché d’elle. Agenouillé sur le matelas devant sa frêle silhouette, tu hésites à poser tes doigts sur sa peau. Elle semble si fragile, si vulnérable… « Si seulement tu savais qui il est… je m’assurerais qu’il soit mis à mort sous tes yeux ! » Des frissons de colère passent sur ta peau. Tu n’es pas d’un naturel colérique. Tu prônes plutôt la paix. On te l’a souvent reproché. Ranrek ; celui qui préférait les paroles aux actions. L’éternel diplomate… « Un jour, tu finiras par oublier le contact impur de cet homme. Je suis sûr que tu trouveras un jour un homme aimant et attentionné dont les caresses sauront effacer l’ombre de ce monstre. En attendant, je serai près de toi. Chaque fois que tu te réveilleras. » Ta main tremble alors que tu repousses une longue mèche dorée derrière son oreille. Tu esquisses un faible sourire avant d’interrompre le contact de ta peau sur la sienne, craignant de pénétrer son intimité sans qu’elle ose s’y opposer. Tu ne voulais pas ajouter au fardeau qui pesait déjà sur son âme. Si tu pouvais plutôt l’aider à remonter la pente, tu aurais la conscience tranquille en sachant que tu avais fait quelque chose de bien.

« Promets-moi de me le dire si je devais faire quoi que ce soit qui te déplaise… Si tu ne veux pas que je te touche, je ne le ferai pas. Si tu as besoin d’être seule, je partirai. Si tu as besoin que quelqu’un te serre dans ses bras, je serai là pour toi. Je promets de ne jamais t’en vouloir. »

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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Lun 3 Avr - 17:32

Ranrek Ergorn
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Come cover me
Vivement, je vis Ranrek faire volte-face. Ses yeux posés sur moi, comme désolé que j'en vienne à penser que les dieux eux-mêmes s'amusaient à me tourmenter. Bien lointains étaient les jours où l'on me contait les légendes de nos déités tant adorées. Et bien loin étaient les souvenirs dans lesquels les dieux m'aidaient à traverser les épreuves... « Je ne crois pas que Malaggar veule te tourmenter, ma fleur. Tu sais… mon dieu nous ressemble. Il est impulsif, passionné, déterminé, volontaire… On m’a enseigné qu’il ne met aucun obstacle qu’on ne puisse surmonter sur notre route, qu’il nous pousse à toujours nous surpasser, surtout mentalement. Je sais que tu n’es pas Feu, mais les Dieux ne tourmentent pas les hommes pour rien. » Mes bras se resserrent sur moi au fur et à mesure qu'il s'approche. Ranrek est loin d'être menaçant, mais il reste assez imposant et intimidant... À ses mots, j'en vins à penser que rejeter la faute sur les dieux, les rendre responsables, c'était me voiler la face ; je devais tout bonnement être trop faible pour ce monde. Mon regard brumeux se baisse. Je devais trouver un moyen de devenir plus forte, plus solide. Résister au tumulte des vagues ne nous protège pas de l'érosion. Survivre aux obstacles n'est pas là une preuve de force. Je devais faire plus que résister : je devais me battre. Me battre... mes armes étaient bien moindres. Que ce soit par mon élément ou par ma carrure. Je n'avais pas non plus de charisme, aucune éloquence... Il devait pourtant exister une arme à ma taille, non ? Dépendre de la clémence des autres et de leur générosité ne me plaisait guère. Il n'y passait de jour où je ne me retrouvais pas redevable envers quelqu'un. Là était une belle preuve de mon manque de combativité... Impossible de mener mes batailles seules. Et pourtant, ce n'était pas l'envie qui m'en manquait. Tout du moins, en cet instant. Ce bref instant qui bientôt s'évanouirait face à la montagne que je devrais gravir pour arriver à m'émanciper d'autrui.

Le fils de Malaggar était proche de moi, genou posé sur le matelas où je reposais. « Si seulement tu savais qui il est… je m’assurerais qu’il soit mis à mort sous tes yeux ! » Lança-t-il calmement mais d'un ton sec et véhément. Si seulement je savais qui il était... le mettre à mort... Cela n'allait pas enlever ces années volées, ces coups portés, ces marques gravées à jamais sur ma peau. Cette violence dans le propos attira mon regard vers le sien. Il transparaissait une certaine colère dans ses yeux. Ce genre de personnes paraissait le mettre hors de lui. Ce n'était pas surprenant... J'ignorais pourquoi cet homme c'était entêté à me garder ainsi captive. Cela devait sans nul doute lui plaire, de voir les flammes se dessiner sur ma peau, lui procurer un certain plaisir dont mes réticences ne faisaient qu'accroître l'attente et le désir. Il ne devait pas être sans ignorer les souffrances que cela m'infligeait. Je n'étais pas de son peuple, et en même temps, c'est ce qui pouvait éveiller ses pulsions... Quelqu'un de différent, d'antonyme à tout ce qu'il avait pu connaître ou pouvait connaître chez lui. Essayer de le comprendre, de trouver les motifs de ses agissements, n'avaient comme effet que de le rendre un peu plus humain. Ce qui n'était pas dans mes envies. Je ne souhaitais pas lui accorder la chance qu'un Terre lui accorderait en temps normal. Un être humain doit être respecté, peut avoir une seconde chance, un humain est une vie aussi précieuse que la nôtre, que celle d'un oiseau ou d'un poisson, d'un arbre ou d'une fleur. Alors je ne voulais pas le voir comme un être humain et pouvoir ainsi continuer à lui souhaiter tout le mal du monde sans en arriver à regretter et à me détester plus que je ne le déteste lui. « Un jour, tu finiras par oublier le contact impur de cet homme. Je suis sûr que tu trouveras un jour un homme aimant et attentionné dont les caresses sauront effacer l’ombre de ce monstre. En attendant, je serai près de toi. Chaque fois que tu te réveilleras. » Mes sourcils se froncèrent. Était-ce là la solution que Ranrek me proposait ? Attendre l'élu de mon cœur pour que cela chasse le souvenirs des ignominies subites ? Il souhaitait m'aider, je ne pouvais pas le lui reprocher... Je restai muette, me gardant de lui dire que j'avais beau être naïve, je ne pensais pas que l'amour serait le remède à ces sombres souvenirs... Est-ce que l'amour d'une femme lui avait fait oublier ou au moins aidé à accepter l'absence d'Ashara ? J'en doutais fort...

D'une main tremblante, il vint épousseter une mèche de cheveux qui me tombait sur le visage. Dissimulant l'effort fait pour ne pas avoir de mouvement de recul à ce contact, je fermai les yeux le temps où je ressentais le toucher de ses doigts dont émanaient une chaleur contrastant avec la fraîcheur de ma peau, déjà rafraîchie par l'air ambiant. Dès lors que sa main quitte mon visage, j'ouvre mes yeux, faisant fi des frissons qui hérissèrent discrètement ma peau. Sa proximité avait beau m'incommoder, elle n'était pas désagréable pour autant. « Promets-moi de me le dire si je devais faire quoi que ce soit qui te déplaise… » S'expliqua-t-il à cette intrusion inopinée. Comme s'il parvenait à lire mes pensées et mes émotions en regardant simplement mes yeux bleutés. « Si tu ne veux pas que je te touche, je ne le ferai pas. Si tu as besoin d’être seule, je partirai. Si tu as besoin que quelqu’un te serre dans ses bras, je serai là pour toi. Je promets de ne jamais t’en vouloir. » J'avais beau le regarder avec insistance, sans ciller, je ne comprenais pas d'où lui venaient ces attentions et cette déférence à mon égard. L'air béat et les traits adoucis, je ne savais pas comment réagir devant cela. « Je ne veux pas être seule. » Me contentai-je de prononcer d'une voix se faisant basse et secrète. Déliant mes bras, je portai avec délicatesse ma main gauche à son visage. Déposant fébrilement mes doigts puis ma main à sa joue. Inévitablement, mes genoux pliés se penchèrent vers lui, se posant sur le lit. Me retrouvant face à lui, je laissai mes yeux tenter de lire les siens. Incapable sourire, ni d'exprimer quoi que ce soit, je m'accordai de poser lentement ma tête sur son épaule gauche. Ma main glissa pour se poser sur son torse et mes yeux se fermèrent. Alors que j'abhorrais tout contact avec les hommes, la chaleur qu'il dégageait et son odeur avaient la faculté de me réconforter. Comme si, à le vouloir, je croyais ses mots et leur accordais toute la confiance qu'il m'était possible de leur donner.

Bien que je redoutais encore de voir ma naïveté abusée et de découvrir que dans la vie, on peut toujours tomber plus bas que l'on ne l'est déjà, j'avais envie d'y croire. De quoi que cet homme n'était pas le fruit d'une hallucination tenace. Mais pour l'heure, je m'accorder d'être persuadée par la moindre de ses paroles. Laissant volontiers derrière-moi la méfiance que je lui réservais encore la veille. Cela pouvait être à tort, mais peu m'importait sur l'instant. « Ranrek, je ferai de mon mieux pour vous servir et ne pas être un fardeau. Vous faites déjà beaucoup pour moi, vous n'avez pas à me promettre quoi que ce soit de plus... » Lui confiai-je de murmures où l'on décelait tout de même les notes que dessinait ma voix. Blottie contre lui, j'avais une sensation de plénitude qui m'envahissait. Comme si je venais enfin d'atterrir d'une longue chute qui me paraissait interminable. Réaliser que mon âme serait sauvée par un Feu me laissait dubitative. Et pourtant... j'étais bien obligée de concéder au dieu du Feu que tout ses enfants n'étaient pas de mauvaises personnes. Je retrouvais en Ranrek l'image que l'on nous décrit de l'élément offert par Malaggar : le feu anime, renforce. Il illumine l'obscurité et fait s'enfuir le mal. Il est le symbole de la volonté, le signe d'une âme en vie. Ne parvenant pas à remettre en cause sept an d'inimité envers un élément par le simple fait d'une rencontre, je gardais en mon esprit l'idée que le feu était un élément capricieux et pouvant avoir deux visages ; le bon et le mauvais. La vie et la destruction. Peut-être qu'avec le temps et de la maturité, je parviendrais à lier ces deux côtés que je m'entête à opposer.

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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Lun 10 Avr - 3:26

Son silence semble interminable. Il pèse sur toi comme un énorme rocher qui te broie la cage thoracique, qui te coupe le souffle alors que la clarté de ses prunelles se noie dans la noirceur des tiennes. Pendant un instant, tu crains qu’elle ne soit engloutie par la pénombre de ton regard, qu’elle te repousse et qu’elle parte pour ne plus jamais revenir. Tu ne sais pas trop pourquoi cette idée fait si mal. Tu ne la connais pas, cette Eden’El. Tu l’as rencontrée à peine quelques heures auparavant, mais tu as l’impression de la connaître depuis toujours. Peut-être que cette douceur et ce semblant d’innocence te ramène quinze ans plus tôt, avant que ta femme ne décide de s’enlever la vie. Peut-être que tu as l’impression de retrouver en Eden cette même détresse que ton épouse avait connue, et que tu espères pouvoir la rattraper en plein vol, pouvoir la sauver avant qu’il ne soit trop tard. Quoi qu’il en soit, tu supportes difficilement l’idée de la voir partir. Qui sait alors ce qu’il adviendrait d’elle dans les rues de Lucrezia ? Cette homme qui l’avait maintenue captive, finirait-il par la retrouver ? Finirait-elle par se consumer entre les griffes de ce monstre comme Asha s’était consumée, son feu attisé par l’air qui grandissait en elle ?

La douceur de sa voix finit par briser le silence lorsque, dans un souffle, elle rétorque ne pas vouloir être seule. Toute la tension dans tes muscles se relâche soudainement, mais tes tripes font un bond lorsqu’elle effleure ta joue de ses longues doigts fins. Des doigts de fée, que tu ne peux t’empêcher de penser. Tu retiens ton souffle. Sans quitter tes yeux, elle remonte de ton menton vers ta mâchoire en effleurant ta pommette au passage. Sa paume glisse sur ta joue alors qu’elle s’agenouille devant toi. Tu scrutes ses traits ; son visage n’exprime pas vraiment d’émotion. Elle semble profondément concentrée. Curieusement, tu te doutes du combat qui doit se dérouler à l’intérieur de son petit corps. Tu livres toi-même une bataille contre ton instinct alors que son contact fait exploser mille sensations en toi, comme si elle laissait des sillons enflammés sur sa passage. Elle avait beau être exempte, son toucher te brûlait, faisait passer un courant électrique à chaque fois que ses doigts pressaient ta peau un peu plus fort. La tempête qui se révoltait à l’intérieur de toi rendait le tout presque douloureux… mais pas désagréable. Tu aurais plutôt qualifié ça d’avalanche de sensations.

Tu mourrais d’envie de la toucher, de la serrer, de plonger tes mains dans ses boucles dorées, de sentir la douceur de sa peau crémeuse sous tes doigts, de sentir l’odeur de son épiderme en enfouissant ton visage dans son cou, de la goûter du bout des lèvres, ou à pleine bouche. Mais tu te retiens. Avec véhémence. Avec plus de volonté que jamais auparavant. Parce que tu la sais fragile, ta belle amie. Tu as lu la colère dans son regard la veille lorsque tu lui as avoué avoir vu les cicatrices qui zébraient son corps. Tu sais qu’elle n’a pas toujours été touchée tendrement. Ton cœur se serre un peu à l’idée qu’elle se serve de toi simplement pour essayer de surmonter cette peur viscérale qu’elle ressent envers les hommes. Qu’elle profite de cette proximité pour combattre ses démons. Mais tu en profiteras pendant que ça passe. Tu ne veux pas la brusquer. Même si elle met ta volonté à dure épreuve lorsqu’elle pose sa tête dans le creux de ton cou, sa main gauche glissant sur ton épaule et sur ton torse, là où bat ton cœur alors qu’elle se blottit dans la chaleur de tes bras. Et tu ne sais pas si elle est vraiment exempte, mais à cet instant-là, tu sais qu’elle n’est pas une Eau. Parce que tu as déjà touché la peau d’une Eau et sa froideur contrastait étrangement sur ta chaleur. La température de la peau d’Eden semblait plutôt s’adapter à la tienne.

Elle t’assure qu’Elle fera de son mieux pour te servir, pour ne pas être un fardeau. Tu as envie de lui dire que tu ne la verras jamais comme telle, que tu la protégeras tant et aussi longtemps qu’elle en aura besoin. Mais tu ne dis rien. Parce qu’elle t’a demandé de ne plus lui promettre quoi que ce soit. Sans la lâcher, tu t’assieds plutôt dans les couvertures tout en la serrant contre toi. Et en fermant les yeux, tu humes l’odeur de ses cheveux. Une odeur fleurie très différente de celle du savon que tu utilises toi-même. Probablement une petite attention de Leanor, que tu te dis. Sans trop y réfléchir, tu enroules une de ses longues mèches entre tes doigts en caressant son genoux de l’autre main. « Je suis désolée, petite fleur… Je ne suis pas très doué dans ce genre de trucs… je n’ai plus tenu de femme entre mes bras comme ça depuis bien longtemps. Tu… tu me troubles beaucoup, » que tu avoues sans oser la regarder. « C’est difficile à expliquer… Tu me… tu me troubles beaucoup plus que je ne le voudrais. » Comment lui expliquer que tu as envie de la toucher ? De la toucher comme un seul autre homme ne doit l’avoir touchée… Elle ne bouge pas. Tu crains qu’elle se soit endormie, mais lorsque tu baisses les yeux vers elle, ton regard croise le sien. Tes mains tremblent alors qu’elles quittent son genoux pour se poser sur sa joue. Tu descends sur son menton. Sa peau est si pâle et ses lèvres si roses. Comme tu aimerais la voir sourire… Résistant difficilement à la tentation de goûter ces lèvres que tu imaginais à la fois douce et sucrée, comme un fruit mûr et juteux. Tu sens la chaleur de son souffle sur tes doigts alors que tu te permets d’effleurer sa lèvre inférieur de ton pouce. Tu ne respires plus. Tu es suspendu dans le temps. Il n’y a plus rien d’autre au monde que toi et cette fragile jeune femme. Tu te mords la lèvres inférieure, humectant tes lèvres, combattant la tentation qui menace de te consumer.

« Je ne sais pas si je résisterai longtemps… Te toucher… Ta peau est si satinée, tu sens tellement bon. Je crois qu’il serait préférable que je me retire. Que je te laisse te vêtir… »

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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Mar 11 Avr - 0:27

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Come cover me
Sans mauvaise intention, j'avais occulté ce que Ranrek pouvait ressentir, percevoir. Je ne m'étais pas posé cette question, ne comprenant pas vraiment ce en quoi je devais croire ou non. Perturbée et déstabilisée, j'avais déjà du mal à me cerner. Il m'était impossible de comprendre ce que je pouvais provoquer chez lui... En vérité, j'aurais pu. Mais il me paraissait si attentionné et prêt à me venir en aide que je ne me demandais pas quelles pouvaient être ses limites. Ses limites étaient pourtant aisées à deviner et, qui plus est, justifiées... Je me surprenais à apprécier son contact tant que je le décidai. Alors que j'avais, pendant des années, été coupées de contact humain, je me surprenais à ne pas en avoir peur. Le dernier homme à avoir posé ses mains sur mon corps n'avait pas son tact, sa présence, sa sensibilité. Il me fut difficile de réprimer un court instant de peur lorsque je le sentis resserrer son étreinte. Mais rapidement, cet entrelacs de nos corps m'emplit d'une chaleur réconfortante que je voulais quitter. Je perçus à peine sa main se poser sur mon genou, ne le constatant qu'au frisson qui me traversa alors. Les yeux fermés, je tentai de garder cette sensation de sécurité et d'attention qu'il me procurait. « Je suis désolé, petite fleur… Je ne suis pas très doué dans ce genre de trucs… je n’ai plus tenu de femme entre mes bras comme ça depuis bien longtemps. Tu… tu me troubles beaucoup » me confit-il sur un ton qui traduisait ce trouble qu'il évoquait. Cela me détacha de mes songes, je l'écoutai alors, dubitative. « C’est difficile à expliquer… Tu me… tu me troubles beaucoup plus que je ne le voudrais. » Avoua Ranrek qui baissa les yeux vers moi.

Son regard traduisait sa faiblesse face à ce qu'il pouvait ressentir. Je comprenais que ma pudeur ainsi portée au naturel ne devait pas le laisser de marbre. Après tout, c'était un homme et je n'étais pas ignorante au point de ne pas comprendre ce qui pouvait le tarauder. Bien d'autres n'auraient pas eu sa retenue et sa déférence. Chose qui s'ajoutait à son crédit. Avait-il été façonné pour me réconcilier avec ce monde ? Ou pour me redonner confiance avant de m'asséner un coup fatal ? Difficile de le savoir, mais je n'étais pas à même de penser aux éventuelles conséquences de l'insouciance dont je faisais preuve face à Ranrek. Mes yeux scrutant les siens, je restai immobile. Cette proximité m'était étrangère et depuis cet ignoble Feu, j'avais toujours su la fuir avec habileté. Cependant, lâcher prise voulait aussi dire se laisser approcher sans craindre que le monde ne s'effondre atour de nous. Mon monde s'était effondré il y a quatre ans de cela. Et chaque lune de plus passée en liberté, je louais Tarlyn pour la protection qu'elle m'offrait : loin des villes, loin des hommes. Pourquoi ne m'inspirait-il donc pas cette crainte que les autres me suscitaient ? Pourquoi n'avais-je point envie de m'enfuir et me dérober à son étreinte mais, au contraire, d'y rester ? Je ne comprenais pas ce que je ressentais ni ce qui se passait... Quand bien même il disait être incommodé, Ranrek ne bougeait guère d'avantage. Comme s'il ne voulait pas réellement se détacher de moi. Je compris que n'importe quel autre homme à cet instant aurait cédé à ses instinct primaires. Mon éducation n'a jamais fermé les portes de cet univers qui m'est pourtant inconnu encore aujourd'hui. Mais mon passé a laissé des marques qui me font encore freiner des quatre fers quant à l'idée même que la moindre chose ne se passe.

Ce monde effondré, il allait falloir le reconstruire. Malheureusement, ses pierres ne se trouvent pas dans les carrières... Ni les animaux, ni les dieux eux-mêmes ne pouvaient les posséder. Ces pierres manquantes résidaient dans le fil imperceptible d'un lien entre une personne et moi. Ranrek portait en son cœur certaines de ces pierres, je le voyais à son regard, à son attention. Sa main qui réchauffait mon genou vint se poser délicatement sur ma joue. Sans le quitter du regard, je devine le chemin de sa main qui vient s'arrêter sur mes lèvres. Mes cillements se font lents, comme si de cette façon, je pouvais ralentir le temps, les secondes qui défilaient. Je me sentais ailleurs, dans une autre réalité, un autre monde. Ça ne devait pas être quelque chose de bon, j'y étais sûrement bien plus vulnérable que dans ce qui avait été ma réalité toutes ces années. Je devais rester sur mes gardes, me méfier, ne jamais croire que le chemin se termine. Mais je n'y parvenais pas... Sa tendresse lascive éveillait en moi des sensations étranges que j'appréhendais et qu'il m'était impossible de rejeter. Depuis la dernière tragédie qui m'a frappée, je suis restée fermée. Et jusqu'alors, mon seul souhait était de le rester. De lutter. Écouter ma raison plus que mon cœur m'avait permis de rester en vie. Ceci m'avait, indirectement, permis de rencontrer Ranrek. Peut-être devais-je poursuivre dans cette voix, écouter la raison plus que la voix hurlante de mon cœur. Je n'avais aucune raison de m'attacher à lui, aucune raison logique à lui accorder plus ma confiance qu'à n'importe qui d'autre dans cette ville. Des hommes gentils et altruiste, il en existaient beaucoup. Le mal peut prendre des formes bien différentes et pour nous détruire il est capable d'user de plus de ruse que n'importe quel animal.

Peut-être que ses mots me prévenaient contre son mal à lui... Tenter de percer son regard ne m'apporte aucune réponse, aucun miracle. Je commençai à ressentir une once de peur. Était-ce pour cela que j'ai été si brisée auparavant ? Ce trouble que je pouvais provoquer ? Devais-je tout cela qu'à moi-même ? Tout semblait si différent... à l'antonyme de tout ce que j'avais pu vivre, que je peinais à croire cette pensée. Se mordillant la lippe, il tentait de s'expliquer à nouveau. « Je ne sais pas si je résisterai longtemps… Te toucher… Ta peau est si satinée, tu sens tellement bon. Je crois qu’il serait préférable que je me retire. Que je te laisse te vêtir… » Mon corps sembla tressaillir à ses mots. Il me serait difficile de dire qu'il me laissait indifférente... Je fermai les yeux, perturbée par les images que je pouvais imaginer. Doucement, je me redressai et m'éloignai de quelques malheureux centimètres, le visage baissé. « Je ne veux pas trop vous en demander, Ranrek. Pardonnez-moi de m'être laissée emporter, ce n'est aucunement de votre faute. » Dis-je en ramenant les draps à moi pour dissimuler chaque parcelle de mon corps. Il ne pourrait être l'étreinte consolatrice et apaisante. Pas seulement cela, en tout cas. Mon innocence s'était envolée bien trop tôt pour que je puisse croire que la retenue de Ranrek était une chose normale. En cela je ne pouvais que l'admirer et demeurer sereine. Il ne me ferait aucun mal. En tout cas, aucun mal que j'ai pu connaître auparavant. Perturbée par cet instant d'égarement, je me sentais embarrassée. « Il vaudrait probablement mieux que je reste seule... » Exprimai-je contre ma volonté. Je n'avais aucune envie qu'il ne parte. Je voulais remonter le temps, les quelques secondes qui me séparaient de ce froid des draps de la chaleur de sa peau. Que le temps s'enchaîne dans une boucle qui jouerait le seul un instant d'égarement où je me sentais bien et en sécurité. Un instant si ce n'est heureux, au moins agréable...

#Sanie #Vanka
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~#~Sujet: Re: Come cover me ☙ Ranrek Ergorn [TERMINÉ] Mar 18 Avr - 5:44

Elle ferme les paupières et baisse la tête, puis recules de quelques centimètres. Est-ce de la honte, qu’elle ressent ? De la crainte, plutôt ? De la déception, peut-être ? Tu n’aurais su le dire avec certitude... Elle se confond encore une fois en excuses, te demande de lui pardonner; elle s’est laissée emporter, qu’elle dit. Comment aurais-tu pu lui en vouloir ? Ça n’était pas elle, le problème. La seule personne qui avait eu un comportement discutable dans cette pièce, c’était toi. À regret, tu te remets sur tes pieds, sans quitter l’ingénue du regard. « Il faudrait probablement mieux que je reste seule... » finit-elle par murmurer, les joues qui rosissent légèrement. Et tu as l’impression qu’elle affirme cela à contrecœur, mais lorsque tu la vois remonter le drap sur ses longues jambes à la peau nacrée, tu recules vers la porte. Un frisson court le long de ta colonne vertébrale alors que tu échanges un dernier regard avec la demoiselle aux traits délicats avant de t’engouffrer dans ta propre chambre. Scrutant le plancher de pierre de la pièce à tes pieds, tu t’adosses contre la porte qui te sépare d’Eden’El, le visage défait. Et tu ne bouges pas pendant ce qui te semble être de longues minutes.

Une voix douce interrompt ton mutisme : « Maître... ? Vous allez bien ? » Tu lèves un regard rempli de détresse vers ta servante qui te dévisage de son regard pâle, sa longue chevelure rousse cascadant sur ses épaules. Elle apparaissait toujours au bon moment. Tu secoues la tête de droite à gauche, déglutissant difficilement. « Un bain, décide-t-elle, lançant un regard réprobateur à la porte derrière toi. Un bain vous fera le plus grand bien. » Elle quitte la pièce aussi rapidement qu’elle y est entré, te laissant seul avec les pensées qui déferlent en toi.

Tes frères devaient avoir raison. Quelque chose clochait chez toi. Depuis qu’Ashara avait rejoint les Dieux dans l’autre monde, quelque chose s’était brisé en toi. Ton attirance pour cette jeune femme qui ne devait guère être plus âgé que ta nièce Lyntha en était la preuve. Ton amour profond pour la femme de ton frère ne faisait que confirmer davantage cette pensée qui venait de t’effleurer. Submergé par la honte et la culpabilité, tu aurais voulu prendre tes jambes à ton cou, te réfugier dans les appartements de Khorde où Kara aurait pu te raisonner. Elle était la seule qui trouvât encore les mots pour te refroidir dans de telles situations. Tu te souvins alors d’un qualificatif que ta mère avait employé plusieurs années auparavant : Ranrek le sauveur, celui qui s’amourachait de créatures blessées dans l’espoir de les sauver. Peut-être qu’elle avait raison, Ahankh. Peut-être que tu palliais à un manque en t’investissant dans des causes désespérées... Tu ressentis un pincement au cœur en songeant à Eden’El comme une de ces causes. Ta raison te disait qu’elle n’était qu’une jeune fille, qu’elle ne pourrait jamais faire complètement partie de ta vie, qu’elle demeurerait toujours dans l’ombre alors que tu t’épanouirais dans la lumière, qu’elle finirait par se lasser de n’être rien d’autre qu’un divertissement, qu’elle finirait par vouloir plus, que tu ne devrais pas jouer avec le feu, que ton père ne tarderait pas à conclure de fiançailles avec l’une ou l’autre des grandes familles de Dahud dès qu’il poserait les yeux sur cet ange blond blotti dans les couvertures de la chambre attenante, que tu finirais forcément par la perdre. Mais ton cœur, lui, criait à tue-tête... Il criait qu’elle avait souffert, qu’elle avait besoin de toi, qu’elle finirait par se perdre si tu ne l’aidais pas, qu’un danger la guettait, que tu devais lui redonner goût à la vie, qu’elle t’aiderait toi aussi...

Tu t’es recroquevillé contre le pied du lit, observant le bas des rideaux qui effleure le plancher de marbre de ta chambre. Le soleil créé des jeux d’ombre sur le plancher et sur ta peau. Tu fermes encore les yeux, songeant à ces boucles dorées et ces prunelles pâles qui avaient scruté les tiennes. Ton cœur se serre douloureusement dans ta poitrine. Les doigts de Leanor se posent sur ta peau sombre avec délicatesse. Elle t’entraîne gentiment dans la salle d’eau où trône une baignoire remplie d’eau fraîche. Silencieux, tu te glisses dans l’eau revigorante, plongeant ta tête sous l’onde en poussant un cri de frustration. Finirais-tu un jour par contre ce pourquoi tu avais été placé sur cette terre ? N’étais-tu là que pour marcher dans l’ombre de tes frères ? Ne serais-tu jamais qu’un esclave parmi les nobles ? Comprendrais-tu un jour les desseins des dieux ?

Tu trempas dans l’eau pendant une bonne heure, en ressortant tout fripé par l’humidité. Après avoir pris un petit-déjeuner rapide, tu rejoins ton père dans son bureau pour l’aider à peaufiner ce fameux discours qu’il travaillait depuis des semaines pour le Bal des Représentants qui devait se tenir très bientôt. Bien vite, tu finis par chasser le visage doux de l’enfant blonde qui se cachait dans tes appartements... même si tes pensées reviendraient indiciblement vers elle.

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