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A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK]

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Ranrek Ergorn
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❝ Disponibilité RP : Disponible
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~#~Sujet: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Dim 5 Mar - 16:59


Il y a 15 ans, dans la demeure de Ranrek à Inaki

Voilà quelques mois qu’elle t’avait quitté. Jamais tu ne pourrais oublier l’image de son corps étalé dans le hall d’entrée de votre maison. Ou l’écume qui perlait à la commissure de ses lèvres. Ou ses grands yeux verts qui avaient pratiquement tourné au gris, grands ouverts sur les silhouettes des serviteurs affolés qui s’affaires autour d’elle. Ou le bain de sang qui s’était ensuivi lorsqu’Ahankh était arrivée sur les lieux et qu’elle avait exigé que le médecin tente de sauver ton héritier. Il n’y avait plus rien à faire. Le poison avait fait son effet. En le prenant Ashara avait condamné sa vie et celle de votre enfant à naître. Constatant ton désarroi qui avait failli effleurer la folie, ta mère avait pris la relève. Froide et autoritaire, elle avait organisé les funérailles de ton épouse comme elle seule savait le faire. Ainsi, le corps de ta bien-aimée avait été brûlé au cours d’une cérémonie somptueuse, tout près du temple de Malaggar. La version officielle ? Ashara avait perdu la vie après un accouchement prématuré au cours duquel il y avait eu des complications. Personne ne saurait qu’une Ergorn avait pris sa propre vie. Elle avait beau n’être Ergorn que par alliance, ta famille n’accepterait pas ce genre de déshonneur. Tu avais versé tellement de larmes suite à la découverte du corps d’Asha que tes yeux étaient secs depuis plusieurs jour sau moment des funérailles. Mais tu avais ressenti quelque chose d’étrange à la fin de la cérémonie. Alors que les flammes léchaient le linceuil qui enveloppait la dépouille de ton épouse, tu avais senti qu’elle partait enfin, comme si son âme s’envolait vers les cieux, libérée de son enveloppe charnelle. C’est seulement là que les larmes s’étaient mises à couler sur tes joues sans que tu ne puisses y faire quoi que ce soit. Malgré le regard réprobateur de ton père, malgré les yeux remplis de jugement de tes frères qui n’avaient jamais ressenti une once d’affection pour leurs propres épouses, malgré les regards désolés qui t’effleuraient tour à tour. Tu étais inconsolable. Et plusieurs semaines s’étaient écoulées avant que les larmes ne finissent par tarir.

Les questions s’étaient succédé par la suite. Comment ton dieu pouvait-il permettre un destin si horrible pour ton épouse, une femme si aimante et bonne ? Quel influence les dieux avaient-ils réellement sur le destin des êtres qui foulaient les terres qu’ils avaient créées ? Y avait-il seulement des dieux ? Ou n’étaient-ce que des fables inventées par les hommes pour se rassurer dans les moments de désespoir ? S’ils existaient vraiment, les dieux se souciaient-ils seulement du destin des hommes ? Entendaient-ils leurs prières ? Savaient-ils que le monde qu’ils avaient créé était aussi imparfait ? Aussi inégal ? Aussi cruel ? Au fil de tes réflexions, tu avais fini par décider que les dieux existaient. Peut-être parce que l’idée te rassurait, mettait un baume sur ton cœur à toi aussi. Tu y avais longuement pensé et tu avais décidé que les dieux devaient avoir mis les humains sur la terre afin de les éprouver, afin qu’ils méritent leur place auprès d’eux dans l’autre monde. Peut-être avaient-ils influencé le cours du destion d’Ashara et choisi de rappeler son âme dans leur monde malgré son jeune âge. La vérité, c’est que la peine allait et venait. Certains jours, tu te plongeais en prières et ramenait la paix en toi-même avant qu’un événement, souvent anodin, ne vienne t’anéantir de nouveau.

C’est que sans Ashara, tu n’avais plus rien. Rien d’autre que ton travail dans lequel tu t’enterrais littéralement depuis les événements fatidiques. Jamais tu ne t’étais autant investi dans ton rôle auprès du roi de Sezni que depuis que ton épouse t’avait quitté. Tu enchaînais les voyages entre Lucrezia et Inaki, tentant d’oublier ton chagrin en te gardant l’esprit occupé. Ça fonctionnait la plupart du temps.

Sauf qu’une ombre ne cessait de revenir depuis quelques temps. Si ton aimée avait toujours été là, votre premier enfant serait venu au monde dans les dernières semaines. Tu ne pouvais t’empêcher d’y songer tous les jours. Et en ce Gaarlhe, jour de repos partout sur les terres d’Oranda, le poids de leur absence était plus fort que jamais. Tu n’avais envie de rien faire. Depuis l’aube que tu étais allongé dans les draps et que tu observais les immenses fenêtres qui donnaient sur le balcon de ta demeure. Les portes étaient fermées. Et tu n’avais pas le courage de te lever pour les ouvrir. Aussi la lumière du jour filtrait autour des panneaux de bois précieux, mais la pénombre demeurait dans la pièce. Plusieurs serviteurs s’étaient succédé. Ils te posaient tous les mêmes questions : « Je vous coule un bain, maître ? », « Vous voulez que je vous amène à manger, mon seigneur ? », C’est une belle journée, maître Ranrek. Aimeriez-vous déjeuner sur le balcon, ce matin ? », Vous êtes sûr que vous allez bien ? », « Voulez-vous que je demande à votre valet de monter pour vous raser ? » Ta routine matinale était auparavant clairement établie : tu te réveillais aux aurores, une servante coulait l’eau de ton bain, le valet choisissait tes vêtements, puis passait la lame d’un rasoir sur ton menton et ton crâne, tu prenais ton petit-déjeuner avec ton épouse, dans la salle à dîner ou sur le balcon lorsqu’il faisait moins chaud, puis tu partais vaquer à tes occupations. Ainsi allait ta vie. Tous les jours de toutes les semaines de toutes les lunes. Et si les autres jours de la semaine n’avaient pas changé (à une exception près, puisque tu petit-déjeunais désormais seul), les Gaarlhe n’étaient plus les mêmes. Parce que tu ne pouvais plus passer de longues minutes à observer ton épouse assoupie près de toi. Tu ne pouvais plus faire servir le petit-déjeuner au lit. Tu ne pouvais plus lui faire l’amour tendrement en oubliant que vous aviez des responsabilités qui vous attendaient.

À la dernière question, tu t’étais contenté de répondre : « Ouvres les volets, tu veux bien ? Je ne veux pas être dérangé. À moins que ce soit important. » Pendant que ton corps était étendu entre les draps, ta tête était ailleurs. Parce que ce jour de repos aurait été bien différent si Ashara avait toujours été avec toi. Vous auriez sûrement fait la grasse matinée, fatigués des nuits d’insomnie à cause des pleurs de votre enfant. Vous auriez fini par être réveillés par les gazouillis de l’enfant affamé.

Le courant de tes pensées fut interrompu lorsqu’une personne frappa doucement à la porte. « Maître Ranrek… on demande à vous voir… » Tu soupires avec irritation, déclarant d’une voix tranchante que tu avais clairement demandé à ne pas être dérangé. La servant insiste : « L’épouse de votre frère aimait vous voir, maître. » Ton visage s’adoucit. « Laquelle ? » que tu demandes d’une voix moins brusque. « Dame Kara Ergorn, mon seigneur, » répond-t-elle de sa voix douce. « Faites-la entrer. »

À regret, tu te lèves et enfile un pantalon avant de te rallonger sur les draps du lit. Attendant que ta belle-sœur pénètre finalement dans la pièce.

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He stepped down, trying not to look long at her, as if she were the sun, yet he felt her like the sun, incapable of ignoring her, even without looking. Ran&Eden





Dernière édition par Ranrek Ergorn le Dim 26 Mar - 23:10, édité 2 fois
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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Mar 21 Mar - 17:37


La porte se ferme brutalement derrière son grand corps, dernière trace de toute sa fureur. Ton corps tremble sans que tu ne puisses l’en empêcher, mais pourtant, aucune douleur ne se fait ressentir. Aujourd’hui, pour la première fois depuis un bon moment, pour la première fois depuis votre mariage, tu as réussi à empêcher ton mari de te frapper. De lever la main sur toi. Tu ne sais pas exactement comment tu as fait. A vrai dire, tu ne sais plus quoi faire. Tu ne sais plus réagir. Va-t-il revenir pour finalement se venger ? A-t-il été surpris de t’entendre lui répondre calmement ? Tu ne sais plus comment vous avez commencé à vous disputer. Tu ne sais plus à quel moment tu as commencé à parler, à lui exposer des arguments. Tout est flou dans ta mémoire, tu sais juste que sa colère a gonflé à tel point qu’il aurait pu te tuer. Froidement, sauvagement. Et pourtant, il n’a fait que tourner les talons et partir en claquant la porte. Tu comprends à cet instant que tu n’as plus rien à faire ici. Que rester dans cette pièce, dans votre demeure, serait une grosse erreur. Tu ne veux pas le voir revenir sur ses pas et finir ce qu’il a commencé lorsqu’il a durement attrapé ton bras avant de t’amener dans la chambre, les yeux flamboyants. Alors, prenant une longue et profonde respiration, tu commences à te changer, enfilant des vêtements pour sortir, mettant des chaussures plates pour marcher. Tu n’enfiles pas grand-chose, juste de quoi couvrir tes bras. Il fait bien trop chaud pour supporter trop de couches de vêtements, surtout ici, à Inaki.

Tu sors de vos appartements, te dirigeant vers la sortie de votre grande demeure, la tête aussi haute que possible, mais les yeux hagards. Tu cherches du regard un moyen de fuir au plus vite, évitant ton mari. Tu ne sais pas s’il est sorti ou non, mais tu ne veux pas t’attarder. Cependant, une idée germe alors dans ton esprit, tandis que la porte d’entrée que tu veux passer pour fuir cette ambiance lourde apparaît devant toi. Hésitante, tu te figes quelques secondes. C’est peut-être une mauvaise idée, mais ça te sortira de la tête la possibilité que ton mari cherche à te faire du mal à ton retour. Tu auras au moins passé une bonne journée, loin de lui, pour une fois. Alors, te retournant calmement, tu interceptes un domestique — te fuyant du regard —, lui ordonnant de préparer un panier de quelques nourritures du matin. Des fruits, quelques biscuits. Rien de bien compliqués à réunir, et surtout assez rapide. Le domestique fuit aussitôt en cuisine, prêt à préparer le tout à la seconde près, mais tu as encore quelque chose à faire. Tu ne comptes pas aller là où tu veux aller dans cet état, et encore moins dans cette tenue.

Remontant rapidement à l’étage, tu t’empresses de te changer, optant pour des vêtements bien plus légers mais qui pourtant cacheront bien mieux les marques que tu as sur les bras. Pour être sûre que ce soit bien dissimulé, tu y ajoutes une certaine crème teintée qui efface très vite toute trace de violence, ou presque. Tu sais qu’avec le soleil et la chaleur, la crème va très vite disparaître, mais tu comptes sur la rapidité de ton beau-frère pour éviter au maximum que le soleil ne fasse ses preuves. Lorsque tu passes devant un miroir, tu te figes face au reflet qu’il te renvoie. Tes cheveux sont dans tous les sens et ton visage a un air de morte. Surprise, tu te fais la remarque qu’avec une telle apparence, il n’est pas surprenant de voir ton mari déçu de toi. Alors, tu attaches tes cheveux en une queue haute qui rehausse ton visage. Tu appliques une légère couche de maquillage, de quoi te donner un air plus humain, plus vivant. Satisfaite du résultat, tu te souris dans la glace, avant de filer de la chambre. Tu n’as jamais mis aussi peu de temps pour te préparer, mais tu ne veux pas en faire de trop non plus. Tu ne veux pas animer les rumeurs qui courent. Tu ne trompes pas ton mari et tu en es bien loin. Tu n’oserais jamais. Redescendant les marches, tu remarques avec satisfaction que le domestique que tu as engagé pour cette petite mission t’attend déjà, un petit panier bien rempli dans les mains. « Souhaitez-vous que je vous accompagne, dame Ergorn ? » La voix du domestique te paraît presque défensive, comme s’il n’était pas d’accord avec ton idée, mais tu t’en fiches. Il n’a rien à te dire. « Non. Je peux m’en occuper moi-même. Prévenez juste mon mari, dans quelques heures, que je suis partie me promener ».

La chaleur est bien au rendez-vous, alors que tu frappes fermement sur la porte de la demeure. Après avoir quitté ta maison, tu as marché avec délice vers la demeure de ton beau-frère, profitant du soleil et du plaisir de pouvoir marcher sans avoir à suivre quelqu’un. Cependant, le poids du panier s’est très vite fait ressentir mais, même si les gardes du corps qui te suivent à chaque instant de chaque jour auraient pu le porter à ta place, tu as préféré le garder en main. C’est un cadeau que tu comptes bien offrir toi-même. Alors tu y mets un peu du tien. Malheureusement, tu te vois obligée de frapper à nouveau contre la porte, quand tu comprends, après plusieurs minutes, que personne ne semble vouloir t’ouvrir. L’agacement se fait ressentir. Tu sais que Ranrek ne doit pas être dans sa meilleure forme, loin de là. Tu ne peux pas te mettre à sa place, car tu n’as jamais été et tu ne seras probablement jamais dans une telle situation. Mais tu ne t’attendais pas à te faire accueillir de la sorte. Tes vieux démons ressortent alors qu’une furieuse envie de taper du pied se fait sentir, mais tu te contrôles, respirant calmement. Un domestique ouvre alors la porte, la bouche ouverte, sûrement prêt à t’accueillir chaleureusement — ou non —, mais tu ne lui laisses pas le temps pour la parole. « Depuis quand Ranrek n’ouvre-t-il pas lui-même la porte ? J’ai bien cru que j’allais fondre sous ce soleil ». Alors que tu fais un pas en avant, prête à entrer, le domestique se met devant toi, l’air inquiet. « Je suis désolé, dame Ergorn, mais Maître Ergorn ne souhaite pas être dérangé ».

Sous le choc, tu hausses les sourcils sans savoir quelle réaction avoir. Tu te sens légèrement dépassée. Tu ne pensais pas qu’il refuserait de te voir, surtout en ce moment. Pourtant, il est clair que c’est le cas. Puis, tu te rends compte qu’il n’est peut-être pas au courant de ta présence. Qu’il est peut-être en train de se lamenter dans un lit, roulé en boule dans les couvertures, n’ayant donné qu’un ordre simple à ses domestiques. Relevant la tête, tu prends l’air le plus froid que tu puisses avoir — tu remercies implicitement ton mari pour ça —, les yeux fixés sur le jeune homme face à toi. « Souhaitez-vous que j’appelle mon mari pour le prévenir qu’un domestique me refuse l’entrée de la demeure de son frère ? Je suis sûre que Khorde trouvera les mots ». Tu te détestes de prendre un tel ton pour menacer un homme qui ne fait que servir son maître, mais c’est le seul moyen pour qu’un domestique brise les ordres de son maître. Aucun ordre ne peut survivre face à la menace de Khorde Ergorn. Aussitôt, le domestique te fait rentrer, te murmurant ses plus plates excuses, avant de t’annoncer qu’il monte immédiatement prévenir son maître. Rassurée, tu attends patiemment dans l’entrée, prête à remonter les bretelles de ton beau-frère.

Après plusieurs minutes d’attente — tu as bien remarqué l’hésitation des domestiques autour de toi —, on te fait enfin monter. Quand tu entres dans la pièce, tu ressens une amère contrariété quand tu vois ton beau-frère allongé dans son lit, à peine habillé. Outrée, tu lâches brutalement le panier que tu as apporté et porté jusqu’ici sur le premier meuble que tu atteins. Puis, tu te tournes vers ton beau-frère, agacée. « Rappelle-moi de ne plus rien t’apporter. Où as-tu été éduqué ? Et tes domestiques ? Dans une porcherie ? Tu peux être sûr que je te facturerai cette nourriture, Ranrek ». Tu ne fais pas attention à sa mine. Parce que tu ne veux pas t’apitoyer sur son sort. Il a déjà vécu beaucoup de choses. Bien trop. Et tu es sûre que de la pitié ne lui servirait à rien. Tu préfères le forcer à se bouger. A faire quelque chose. Te dirigeant vers les fenêtres, tu continues sur ta lancée de femme capricieuse, mais avec moins d’entrain. « L’odeur de cette pièce est infecte. Depuis quand ne t’es-tu pas lavé ? » Tu ouvres légèrement les immenses pour fenêtres pour faire passer un mince filet de courant d’air léger — et chaud, surtout —, avant de te tourner encore une fois vers ton beau-frère. Seulement maintenant, tu remarques son air abattu, sa minuscule barbe, ses vêtements à peine mis correctement. Tu comprends très vite qu’il n’a pas bougé depuis son réveil.

Cela t’agace, de le voir dans cet état. Ranrek n’est pas ton ami. Depuis que tu as rejoint cette famille, depuis que ton mari a commencé à te battre, à peine quelques jours après vos fiançailles, Ranrek est devenu très proche de toi. Vous êtes bien plus que de simples amis. Il a toujours été là pour te soutenir, t’aider. Son cœur et surtout son caractère ont fait que tu l’as tout de suite considéré comme un frère. Il n’a jamais cessé de prendre soin de toi. Et quand c’est à ton tour, de l’aider, de le consoler, de faire en sorte que ce mauvais moment passe plus facilement, tu n’as pas été là. Tu étais chez toi. A ne rien faire, à suivre ton mari, alors que lui, Ranrek, avait besoin de toi. Et ça te déçoit. Tu te déçois. Pourtant, tu ne le montres pas. Parce que tu ne veux pas lui donner une raison supplémentaire de te repousser. « J’espère pour toi que tu ne considères pas ce tissu comme une tenue convenable pour m’accueillir. Et j’espère fortement pour toi que tu as une bonne excuse de m’avoir fait attendre sous cette chaleur avec ce panier dans les mains ». Tout en parlant, tu te rends compte que tu as remonté tes manches pour essayer de supporter un peu mieux le soleil, et tu t’empresses — dans un calme tout relatif — de les redescendre. Pour essayer de cacher ce geste, tu attrapes un fruit, dans la corbeille que tu as posé, avant de te déchausser pour aller t’allonger à côté de ton beau-frère. « Tu sens le cheval. Va te laver. Et je t’en prie, ne me grogne pas que tu profites de Garrlhe pour te reposer, je refuse d’approcher un homme qui sent comme ma monture ».

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Ranrek Ergorn
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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Lun 27 Mar - 0:10

Sa silhouette mince et gracile pénètre dans la pièce. Tu ne vois pas son expression faciale à cause de la pénombre, mais tu sens son déplaisir à sa façon de se déplacer. Elle dépose un panier sur la commode avant d'ouvrir les volets. Gémissant ton désaccord, tu caches tes prunelles meurtries de son bras et soupire bruyamment. Kara se retourne vers toi.

Tu ricanes avec ironie alors qu'elle te demande où toi et tes domestiques avez été éduqués. Mes domestiques, je ne sais pas, mais moi... au même endroit que cet époux qui n'a pas une once de respect pour toi, ma douce, que tu ne peux t'empêcher de penser. Elle t'assure qu'elle te facturera la nourriture qu'elle a apportée. Tu sais qu'elle n'en fera rien, parce que ton frère ne sera pas content d'apprendre qu'elle lui a faussé compagnie pour passer du temps avec son bon-à-rien de frère. Tu laisses retomber ton bras sur le matelas et risque un oeil embrumé vers ta belle-soeur, t'accoutumant lentement à la clarté que projetait le soleil dans la grande pièce. Malgré son expression qui se veut dure, sa beauté est presque aussi grande que celle de ce fantôme qui hante chacun de tes pas depuis plusieurs semaines. Elle émet alors un commentaire sur l'odeur de la pièce et avant que tu n'aies le temps de lui dire que ça n'était probablement pas la pièce le problème, mais bien toi, elle t'interroge quant à la dernière fois que tu t'es lavé. Tu hausses les épaules. Avec la chaleur qu'il fait, difficile de garder une odeur fraîche très longtemps si on se baignait pas régulièrement. Aussi, tu t'étais baigné la veille avant de quitter la maison pour la journée, mais tu avais profité de la soirée pour noyer ta tristesse dans ce vin que tu affectionnait tellement avant de t'effondrer. Au milieu de la nuit, tu t'étais réveillé et t'étais lentement traîné vers ta chambre, mais tu avais mal dormi. Tu avais eu trop chaud. Tu t'étais réveillé trempé, et tu n'avais pas eu le courage de sortir du lit avant qu'on ne t'annonce que Kara désirait te voir. Au point où tu te trouvais, les convenances importaient peu. Tu avais passé ce pantalon par simple respect pour elle, parce que tu tenais à elle et tu n'avais pas envie de la mettre mal à l'aise. Si tu avais eu moins de considération pour cette qui subissait ton frère quotidiennement, tu te serais contenté de cacher ta nudité sous le drap avant de la laisser entrer.

Elle évolue gracieusement vers la commode, attrapant un fruit dans son panier avant de se déchausser et de s'étendre près de toi. Elle t'intime clairement d'aller te laver. Malgré le fait que la société Seznienne soit hautement patriarcale et que les hommes accordent si peu d'importance à l'avis de leurs épouses, tu avais connu de nombreuses femmes qui possédaient ce ton autoritaire que Kara employait. Ta mère en était le meilleur exemple. Ashara avait également ce ton impérieux qu'elle ne sortait que lorsque tu refusais de plier à ses quatre volontés. Après tout, le feu brûlait en ces femmes comme il brûlait dans le ventre de leurs pères et de leurs époux. Peut-être aussi que c'était une caractéristiques que partageaient les mères. Parce que même si elles n'avaient aucun pouvoir au sein de la société, beaucoup de femmes menaient leur maisonnée d'une main de fer.

« J'ai cru que ce pantalon conviendrait mieux que le drap que je portais il y a quelques minutes, que tu déclares avec calme. Excuse-les, ma mie, pour t'avoir laissée poireauter dehors... Ils ne doivent pas t'avoir reconnue. Il y a si longtemps que tu ne m'as pas rendu visite. » Tu espères que tes paroles ne sonnent pas comme une accusation. Tu sais que tu n'es pas d'agréable compagnie depuis que les événements sont survenus. Il aurait été étrange qu'il en soit autrement... La plupart des gens que tu avais croisés depuis qu'Ashara s'était enlevé la vie ne savaient pas trop comment réagir face à ce genre d'événements. Ils se contentaient de t'assurer leurs sympathies, de te dire que tu la retrouverais en temps voulu. D'autres, plus maladroits, bafouillaient qu'elle était bien jeune pour mourir. Tes préférés, c'étaient ceux qui ne savaient pas, qui n'étaient pas au courant. C'étaient les seuls à agir normalement autour de toi. Eux, et Kara. Et alors qu'elle te réprimandait pour ton odeur corporelle, tu lui étais reconnaissant de ne pas te prendre avoir des pincettes, de ne pas avoir peur de te froisser ou de te briser plus que tu ne l'étais déjà.

Tu te râcles la gorge et te retournes vers elle. Une petite lueur s'est remise à briller dans ton regard alors que tu esquisses un faible sourire. Tu es heureux qu'elle ne sente pas la necéssité de te dorloter. « Comment ça approcher un homme ? que tu dis avec une pointe d'amusement. Il faudrait que tu te décides, ma douce. Tu veux que je me mette à poil pour prendre un bain ou que je m'habille ? Je sais que la première option te plairait plus que la seconde ! Non seulement tu verrais tout ce que tu manques, mais en plus, je pourrais sentir bon juste pour toi... » Tu te remets sur tes pieds lestement et te diriges vers la commode, jetant un oeil vers le panier qu'elle y a déposé. Tu y trouves rapidement ce que tu préfères : une miche de pain encore chaud que tu rompts avant d'y étendre un peu de confiture de fruits. Tu avales une grande bouchée en gémissant de contentement. « J'adore ces confitures. Tu as du goût, chérie. Tu veux que je me rase aussi ? » Tu hèles un domestique, l'intimant de faire porter de l'eau pour le bain avant de revenir vers le panier rempli de vivres. « Qu'est-ce que tu as emmené d'autre, dis-moi ? » Tu replonges dans le grand panier à la recherche de quelque chose d'autre qui te fait saliver.

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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Lun 10 Avr - 23:13


Ranrek déclare avec calme que ce pantalon était une meilleure idée que le drap qu’il portait avant que tu n’arrives. A cette parole, quelque chose bouge en toi sans que tu ne saches vraiment ce dont il s’agit. Immédiatement, tu ne peux t’empêcher de l’imaginer nu, mais à la place du corps de ton beau-frère, c’est celui de ton mari que tu vois, puissant, dur. Tu baisses légèrement la tête. Le corps de ton mari ne t’inspire que la violence et le dégoût, ce même corps que tu as dû toucher de nombreuses fois pour faire les enfants qu’il voulait tant et dont il s’occupe pourtant si peu. Ces enfants qu’il considère uniquement comme des héritiers qui devront porter la fierté et la dignité, la puissance des Ergorn. Il n’a aucun amour à apprter à ses enfants. Pourtant, tu sais que Ranrek serait bien différent. Bien que le même sang coule dans ses veines, tu sais qu’il est différent de ses frères. Puis, ton ami te fait remarquer que cela fait bien longtemps que tu n’es pas venue le voir. Tu sens la culpabilité monter en toi. Tu sais qu’il ne veut pas te faire culpabiliser, mais tu ne peux résister face à ce sentiment trop profond. Tu l’as un peu abandonné, au moment où il avait le plus besoin de toi, d’une présence à ses côtés. Et tu n’as aucune excuse à lui apporter, à part le fait que ton mari n’aurait pas apprécié te voir quitter la demeure aussi souvent pour son frère. Tu as trop peur des conséquences pour ignorer les règles de Khorde. Rannie te sort de tes pensés en te taquinant quant au fait de prendre un bain. Tu souris légèrement, essayant de dissiper le malaise que tu ressens. Il se lève ensuite, allant piocher dans le panier que tu as apporté, te signifiant que tu as bon goût. Il hèle un domestique pour que le bain soit préparé, puis replonge dans le panier.

Tu lui lances un regard amusé alors qu’il semble manger pour la première fois depuis plusieurs jours. Tu doutes même que ce soit réellement le cas, le connaissant. Pourtant, tu attends un instant avant de répondre à ses taquineries, sans vraiment savoir pourquoi. Tes yeux sont attirés par lui, et tu le regardes se goinfrer, vider presque le panier sans même te proposer quoique ce soit, ce qui te surprend un peu. Tu n’as pas mangé avant de venir, trop terrifiée à l’idée que ton mari ne revienne finir ce qu’il a entrepris. Alors, tu as un peu faim, et tu pensais que ton beau-frère te proposerait de te servir avant. Sans un mot, tu croques dans la pomme que tu as prise avant de te coucher, suçant le jus qui coule. Comme d’habitude, tu manges comme un cochon, mais pour une fois, ton mari n’est pas là pour t’assassiner du regard, alors tu en profites. Une fois ta pomme finie, tu te redresses sur le lit avant de jeter le trognon sur ton beau-frère. Il atterrit aux alentours de son épaule droite, et tu es légèrement fière quand tu vois qu’il laisse une trace mouillée, le salissant d’autant plus. « La prochaine fois, j’apporterai du respect, de la civilité et de la galanterie, glouton ». Tu te relèves complètement, projetant tes jambes hors du lit avant de te diriger vers ton beau-frère. Posant tes mains sur son torse, tu le pousses sans ménagement loin du panier que tu as ramené — et qui est déjà presque vide. « Recule de là, goinfre. Interdiction de toucher la nourriture avant que tu ne te sois lavé. Au fait, merci d’avoir proposé, je suis repue ».

Au même moment, la porte de la chambre s’ouvre, des domestiques indiquant que le bain est prêt. D’un air satisfait, tu croises les bras. « Va te laver, souillon ! On se revoit une fois que tu sens le propre. Et je veux voir ta peau rouge ! ». Tu te tournes vers ton panier, prête à partir de la chambre pour vaquer à des occupations — comme te balader pour redécouvrir cette somptueuse demeure —, mais tu lances un regard coquin à ton beau-frère. « Et pour ton information personnelle, mon corbeau, te voir à poil reviendrait à de l’inceste. Même si je t’aime beaucoup, je n’ai pas envie de tomber dans ces travers ». Tu sais bien que ce que tu dis est faux. Ton beau-frère n’a aucun lien de sang avec toi, alors coucher avec lui reviendrait uniquement à tromper ton mari. A cette idée, un frisson d’excitation et de terreur parcourt ton corps. Tromper ton mari. Avec Ranrek. Ce serait signer ton arrêt de mort. Mais tu n’as connu aucun autre homme que Khorde, et tu n’as pas franchement une bonne image du sexe. Tu sais bien que, normalement, le sexe est une partie de plaisir. Avec ton mari, c’est plutôt une partie de désolation. Brusquement, tu te rends compte de ce à quoi tu penses. Affligée de honte et de gêne, tu attrapes le panier que tu as apporté avant de sortir de la chambre presque en courant, laissant une certaine intimité à ton beau-frère et espérant oublier que tu as pensé un moment à tromper ton mari.

Tromper ton mari. Khorde Ergorn. Tu es affligée de voir que tu peux parfois être aussi idiote. Le jour où tu tromperas ton mari n’arrivera tout simplement pas. Car cela signifierait que tu décideras de ta mort. Et même si ta vie à ses côtés n’est certainement pas toute rose, tu ne veux pas mourir. Secouant la tête, tu décides de te changer les idées. Tu demandes à la première domestique que tu croises la direction des cuisines. Elle semble surprise de ta question, mais t’indique sans broncher le chemin à suivre. Quand tu arrives dans la pièce, tu ne lances qu’un regard vague autour de toi, repérant très vite la réserve de nourriture. Tu poses le panier au sol alors que tu observes les aliments devant toi. Tu ne peux t’empêcher d’être surprise en voyant que la réserve est bien moins fournie que celle de ton mari. Comme si Ranrek ne demandait plus à ses domestiques de faire ses courses, d’acheter le nécessaire. Après un petit tour, tu te rends bien compte qu’il manque plusieurs aliments indispensables. Agacée, tu laisses le panier à sa place alors que tu sors vivement des cuisines, marchant avec colère vers la chambre de ton beau-frère. Ouvrant la porte à la volée — porte qui claque brutalement contre le mur —, tu entres dans la salle d’eau. Les domestiques ont fui et seul Ranrek s’y trouve, déjà plongé jusqu’au cou dans l’eau légèrement mousseuse. Tu poses les mains sur tes hanches, l’air furieux. « Tu te fiches de moi, Ranrek Ergorn ?! » Il semble surpris par ta fureur, mais tu ne lui laisses pas le temps de réagir. « Tu as perdu ta femme. Je veux bien admettre que c’est un événement douloureux et, même si je ne peux pas te dire que je te comprends — parce que honnêtement, perdre Khorde serait plutôt un miracle très attendu —, je veux bien croire que tu ressentes de la douleur et tout le bla bla habituel. Mais de là à ne plus vivre ? Est-ce que tu t’es au moins rendu compte que ta réserve de nourriture a diminué de moitié ? Même un enfant de 5 ans ne pourrait pas se nourrir convenablement ! » Tu pointes ton beau-frère du doigt, grognant presque. « N’ose même pas trouver comme excuse que maintenant que tu es seul, tu n’as plus besoin d’autant de nourriture qu’avant, Ranrek. Tu me déçois. Que dirait Ashara si elle te voyait, nom d’un chien ? » Tu as presque envie de le frapper. De l’attraper et de le secouer. Et par la même occasion, de te gifler. Tu aurais dû te douter qu’il ne vivrait pas, sans l’amour de sa vie. « Je peux comprendre que tu ne veuilles pas en parler à tes frères » Ta voix est sarcastique. « Mais à moi ? Je suis ton amie, Ranrek. Il me semblait qu’on était plutôt proches. Je… Je t’ai quand même parlé des… problèmes de Khorde. Merde, Ranrek ! »

Sous la colère, tu sens que tu es prête à dire des choses que tu regretterais, alors tu préfères sortir de la pièce, refermant sauvagement la porte derrière toi qui claque à nouveau dans un bruit sourd. Tu ne veux pas ressembler à ton mari. Tu ne veux pas être ce genre de personne à ne pas savoir contrôler sa colère et la passer sur les autres. Pourtant, tu sens que la fureur qui t’anime ne partira pas d’aussitôt. Alors, tu attrapes le premier drap qui tombe sous tes mains et, avec sècheresse et agressivité, tu le défroisses avant de le plier sur le lit. Tu fais pareil avec les autres draps, mais tu arrives très vite à court de tissu à plier avec animosité, alors tu pars ouvrir les fenêtres avant de retourner t’asseoir sur le bord du lit, dos à la porte de la salle d’eau. Tu ne veux pas partir. Tu veux que Ranrek s’explique, qu’il vienne te parler. Tu ne sais pas comment expliquer ce que tu ressens. De la peine. De la colère. De la culpabilité. De la rage. Une sensation d’être rejetée. D’avoir raté ton devoir d’aider ton beau-frère. Tu ne sais pas si tu dois hurler ou pleurer. Mais une chose est sûre, c’est qu’il va t’entendre.

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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Lun 17 Avr - 5:18

Tu l’entends croquer bruyamment dans la pomme qu’elle a emmenée avant de s’allonger sur ton lit. Te retournant un bref instant vers elle, tu ne peux t’empêcher de songer que ça donnerait des envies de frapper à ton frère alors que ça éveille plutôt une pointe de désir en toi. Tu observes comme ses lèvres se referment sur le fruit avant de te retourner, te faisant violence pour ignorer les pensées qui viennent à ton esprit. Tu sursautes lorsque le trognon de ta pomme atterrit contre ton omoplate. Elle te sermonne au sujet de ton manque de savoir vivre et t’indique que tu devras te laver avant de retoucher à la nourriture. Sa remarque au sujet de l’inceste te fait esquisser un sourire. Elle sait que c’est faux, et tu le sais. Tu as fréquemment taquiné ta belle-sœur en lui disant qu’elle devait s’en mordre les doigts d’avoir dû épouser ton frère plutôt que toi. Bien sûr, ce genre de plaisanteries, tu ne les sortais pas devant ton frère qui t’aurait sans doute égorgé du regard s’il t’entendait insinuer quelque attirance que ce soit envers sa femme. Khorde ne s’était jamais gêné pour dire haut et fort que Kara était sienne. Et comme s’il craignait que quiconque en croie autrement, il la frappait sans cesse, comme s’il marquait son territoire par les bleus dont il marbrait la peau de celle qu’il aurait dû chérir. La seule marque qui devrait orner la peau d’une femme, c’était celle qui indiquait l’appartenance à son peuple. Or, Kara était une des rares Sezniennes à se balader dans les rues d’Inaki entièrement couverte. Les femmes n’étaient pas très valorisées dans la société sudiste, mais on ne les forçait pas à se vêtir pour mourir de chaleur non plus. Les dames se couvraient les épaules et la poitrine, mais elles s’habillaient de tissus aériens qui frôlaient le sol et laissaient la peau de leurs bras à découvert. Kara était une des exceptions à la règle. Malgré sa peau sombre, certains hématomes étaient trop foncés pour qu’elle parvienne à les dissimuler. Aussi, elle adoptait ces jolis châles qu’elle trainait un peu partout. Tu les détestais, ces châles. Ashara les trouvait jolis. Elle ne savait pas ce que tu savais... C’était un des rares secrets que tu aies gardé.

Tu regardes ta fougueuse belle-sœur sortir de la chambre, le cœur légèrement moins lourd qu’à son arrivée. Pénétrant dans la salle de bain toute de marbre et de pierre, tu te glisses dans l’eau fraîche du bain. Avec les chaleurs du désert, il était rare que tu prennes des bains chauds. Au risque de te brûler, toi qui maîtrise bien mal l’élément qui t’habite, tu fais successivement naître des flammes dans le creux de tes paumes avant de les plonger dans l’eau de la baignoire. C’est le seul endroit où tu te permettes une telle folie. Même si tu ne la maîtrisais pas du tout, la capacité se cachait quelque part en toi... Cette pensée te ramène à Asha; au feu qui avait dévoré les rideaux de votre chambre. Ravalant les larmes qui menaçaient de poindre dans ton regard, tu plonges ta tête dans l’onde, frottant tes cheveux pour les purger de la sueur et la poussière qui s’y sont incrustés. Émergeant de l’eau, tu jettes un regard à la servante qui se tient dans un coin de la pièce. « Aide-moi à me raser le crâne, tu veux bien, ma belle ? » La jeune femme esquisse un sourire timide, approchant un tabouret de la baignoire. Tu n’étais pas encore assez fou pour demander aux esclaves de te raser. Elle, elle était payée. Tu te sentais donc plus en sécurité en lui mettant une lame dans la main. Elle s’exécute rapidement et habilement. Songeant à l’état de ton cuir chevelu avant que tu ne plonges dans le bain, tu lui demandes de faire changer les draps de ton lit avant de t’enfoncer encore une fois dans le liquide.

Elle te fait sursauter plutôt violemment lorsqu’elle fait irruption dans la salle d’eau. Un petit signe suffit pour que la servante sorte de la pièce immédiatement, te laissant seul à seule avec l’impressionnante jeune femme. Elle pose ses mains sur ses hanches, indignée de l’état de tes réserves de nourriture, réalisant sans doute à quel point tu as cessé de vivre depuis que les flammes ont léché la dépouille de ta femme qui a rejoint Malaggar dans l’autre monde. Tu avais bien entendu les servantes s’inquiéter de ta perte de poids, mais tu n’y avais pas porté attention; elles devaient parler des chèvres, que tu t’étais dit. Ton cœur se morcèle lorsqu’elle grogne : « Tu me déçois. Que dirait Ashara si elle te voyait, nom d’un chien ? » Elle serre les poings, déclarant qu’elle comprend que tu ne veuilles pas en parler à Khorde et Nove, mais que tu aurais dû te confier à elle, ton amie. Submergé par la culpabilité, la colère et la tristesse, tu évites son regard. Elle quitte brusquement la pièce, claquant la porte derrière elle.

Un fouillis d’émotions survoltées jaillit en toi. Tu aurais voulu lui demander de rester. Tu aurais voulu qu’elle s’assoie près de toi pour discuter calmement. Tu aurais voulu hurler. Tu aurais voulu lui reprocher de ne pas être venue avant; de t’avoir laissé dépérir tout ce temps. Personne ne venait plus. Sven, ton grand ami d’enfance se laissait désirer depuis plusieurs lunes. Tu ne savais pas où il était ni quand il reviendrait. Razaël était constamment en déplacement à cause de son travail de soldat. Les nobles qui fréquentaient autrefois votre demeure l’avaient désertée, mal à l’aise suite à la disparition de la dame de la maison. Et toi, tu sombrais. Tu aurais voulu la tirer dans la baignoire pour lui faire oublier à quel point ton frère pouvait être un enfoiré. Tu aurais voulu qu’elle te serre dans ses bras, qu’elle t’enveloppe de sa chaleur pour te faire oublier à quel point tu te sentais seul et démuni. Mais aucune de ces options n’était convenable.

En colère et désemparé, tu sors de la baignoire, attrapant le drap de bain laissé par la servante qui a quitté subitement la pièce. Tu interromps ton mouvement un long moment devant la porte qui te sépare d’elle. Qu’est-ce que tu vas lui dire ? Est-ce que tu lui dois vraiment des explications ? Est-ce que tu aurais dû leur rendre visite ? Trouver un prétexte pour sortir de chez toi. Il y avait un bon moment que tu n’avais pas vu ta nièce Lyntha. Âgée de 5 ans, elle commençait son apprentissage auprès de précepteurs avec son détestable frère, Zaël, que ton frère traitait comme s’il était son aîné alors que Lyn avait un an de plus. Du haut de ses 5 ans, ta nièce faisait déjà montre d’un fort caractère. Tu aimais jouer avec elle. Tu aimais converser avec cette enfant, lui poser des questions. Tu admirais la vision simpliste et innocente que les enfants avaient de la vie. Elle te demandait souvent où était sa tatie Asha, et même si ça te brisait le cœur, tu lui disais toujours qu’elle avait dû partir pour faire un long voyage, qu’elle avait rejoint vos ancêtres auprès des dieux. La fillette, même si elle ne comprenait pas vraiment ce que ça impliquait, semblait satisfaite de savoir que sa tatie était en paix.

Prenant ton courage à deux mains, tu émerges de la salle d’eau, enroulé dans le drap de bain, braquant ton regard sombre sur la femme de ton frère, assise sur le bord du lit, près des draps soigneusement pliés. Elle met un moment avant de te regarder franchement, mais lorsqu’elle le fait, tu sens qu’elle a envie d’ajouter une couche à ce florilège d’indignation qu’elle t’a laissé dans la pièce d’à côté. Aussi, tu lèves un doigt autoritaire. « Je pourrais t’en dire long sur ce qui s’est passé dans les dernières semaines, Kara. Je suis passé par toutes les humeurs depuis mon retour du temple de Malaggar... le déni, la tristesse, le désespoir, la colère, peut-être même un peu de folie. La plupart de mes amis ont coupé les ponts après les obsèques d’Asha. Ils doivent être mal à l’aise... je ne les blâme pas. J’aimerais t’expliquer ce qui est arrivé... mais je ne peux pas. » Tu t’interromps un instant, pesant les mots que tu t’apprêtes à prononcer... « Je ne peux pas, parce que je ne comprends pas moi-même ce qui s’est passé. » Ta voix se brise. Tu fermes les yeux un court instant, reprenant ton sang-froid. « J’ai perdu la femme que j’aimais et mon enfant à naître par la même occasion. Je... je ne crois pas pouvoir guérir de cette blessure simplement en me confiant à qui que ce soit, tu comprends ? J’ai simplement pensé qu’il était mieux que je me tienne à l’écart pour t’éviter plus d’ennuis... Parce que si mon frère devait lever la main sur toi alors que je suis dans cet état... je ne sais pas ce que je pourrais faire... »

Non, tu n’es plus capable de prédire tes réactions. Tu es passé par tous les temps dans les dernières semaines, furetant entre les crises de panique, les éclats de colère, les déluges de larmes, les vases qui volent et les périodes où tu ne sentais tout simplement plus rien. Il arrivait que tu te sentes mieux pour sombrer de nouveau quelques instants plus tard. Tu ne pouvais pas faire porter de missive à l’épouse de ton frère sans éveiller sa colère et tu ne pouvais te rendre chez eux sans craindre un nouveau choc qui pouvait avoir des conséquences, tant pour toi que pour ton amie. « S’il te plaît, Kara... ne remets pas en doute l’amour que je te porte. Pas maintenant. » Tu soutiens son regard. Malgré tes appréhensions. Même si tu aimerais disparaître dans le plancher. Tu soutiens sont regard dans broncher. Parce que tu l’aimes. Bien plus que tu n’oses l’avouer. Bien plus que tu ne puisses même le croire. C’est la femme de ton frère. Tu l’aimes comme une sœur, comme une amie, comme l’amour que tu ne pourrais jamais avoir...

HRP:
 

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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Lun 24 Avr - 15:25


Tu as l’impression d’être une garce de première. Tu n’aurais jamais dû lui hurler dessus de cette manière. Mais voir cette réserve à moitié vide t’a fait peur. Peur de perdre la seule personne à qui tu es attachée ici. L’une des rares personnes qui te maintient en vie, qui te force à te battre après chaque coup de ton mari. Tu ne sais pas dans quel état tu serais si Ranrek venait à partir, à t’abandonner, mais cela ne serait certainement pas beau à voir. Tu ne serais plus que le fantôme de toi-même. Un squelette ambulant. Et à cet instant, tu comprends ce que ton beau-frère ressent. Ce qu’il éprouve à chaque instant depuis six mois. Et tu te sens d’autant plus mal. Honteuse, tu baisses les yeux sur tes mains, posées sur tes cuisses. Tu fais une bien piètre amie. Une bien piètre belle-sœur. Même si tu as vécu de sacrés horreurs de ton côté, depuis la mort d’Ashara, tu n’aurais jamais dû abandonner Ranrek. « Je suis désolée ». Tu ne dis rien d’autre. Parce que tu ne sais pas quoi dire. Tu n’as jamais été confrontée à la mort d’un être cher. Aucun mot ne te vient pour réconforter ton ami. Alors, tu te lèves, te postant à quelques centimètres de lui, fuyant son regard. Ta colère a été soufflée comme une flamme en pleine tempête, te laissant coupable et désemparée.

« Je ne remets pas en doute ton amour, mon corbeau. Jamais. J’ai juste… » Tu ne veux pas paraître égoïste. Et pourtant, tu l’es. Une personne normalement constituée se serait jetée sur Ranrek pour le consoler, le prendre dans ses bras, le serrer contre elle. Mais tu es là, à quelques centimètres de lui, refusant inconsciemment de le toucher. Ne trouvant pas les mots. Tu ne sais pas quoi faire. Quoi dire. « Ta présence n’aurait rien fait empirer, Rannie ». Ta voix commence à sortir, lentement. « Tu aurais frappé Khorde, et ? La seule conséquence que cela aurait eu, c’est que vous vous seriez jetés dessus pour vous battre. Et j’aurais hurlé. Probablement. Sûrement, même. Surtout si du sang avait atterri sur ma robe ». Un petit sourire apparaît avant de disparaître tout aussi vite. « Tu ne dois pas croire que ton existence est un fardeau. Je me fiche de savoir que tu es assez dépressif pour casser le nez de mon mari. Je me fiche dans quel état tu te trouves. Tu pourrais t’être roulé dans la boue, dans le crottin de cheval, dans du sang, que je m’en ficherais — sauf si tu t’approches de mes vêtements blancs. Tu es ma famille, Rannie. Je… C’est toi qui me fais tenir debout ». Tu fermes la bouche subitement, alors que tes paroles commencent à dépasser ta pensée. Tu ne veux pas t’engager sur cette pente glissante. Cela fait maintenant cinq ans que tu t’es mariée à son frère. Tu dois passer à autre chose.

« J’ai été une amie minable. J’aurais dû venir te voir. Je pensais que tu ferais le déplacement, comme souvent, ou que tu enverrais un de tes esclaves. J’ai été bête. Je ne pensais pas que la perte de ta femme serait si douloureuse pour toi. Khorde… ne réagirait certainement pas ainsi si je venais à mourir et, même si je connaissais ton amour pour Ashara, je n’avais pas idée d’à quel point tu souffrirais. J’en suis désolée. Je sais que des excuses ne feront rien changer, mais je tiens à te les dire ». Tu lèves les yeux vers ton beau-frère, caressant sa joue du bout de tes doigts. « Mais tout ça, ce n’est pas une excuse pour ne plus manger, Rannie ». Ta voix est bien plus douce qu’il y a plusieurs minutes, alors que tu lui hurlais dessus dans la salle d’eau. Tu es plus calme. Posée. « Penses-tu que ta femme aurait accepté que tu te laisses mourir à petit feu, seul ? Simplement entouré d’esclaves qui pour la plupart ne te font même pas confiance ? Je ne la connaissais pas beaucoup, mais je pense qu’elle t’aurait frappé et hurlé dessus. Que ferais-tu, si tu étais à ma place ? Si tu me voyais abandonner le combat, laisser ton frère prendre le dessus jusqu’à ce que je ne me relève plus d’un de ses coups ? Tu me secouerais. Tu m’ordonnerais de me reprendre. Et c’est ce que je veux que tu fasses. Que tu te reprennes. Ta femme est morte, Rannie, mais le monde ne s’est pas arrêté. Tu as perdu un être qui t’était cher. Tu as perdu ton enfant. C’est une période noire et dure que tu dois affronter. Mais tu n’es pas obligé de l’affronter seul. Et si tes amis t’ont abandonné, et même si moi je t’ai abandonné sans le savoir, tu n’as pas le droit d’abandonner. Tu as encore trop de choses à vivre ».

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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Mer 10 Mai - 4:46

Tu bois ses paroles, le cœur en lambeaux. Il se gonfle lorsqu’elle t’assure ne pas mettre ton amour en doute. Tu aimes son sourire lorsqu’elle fait allusion à tes coups sur Khorde et au sang sur sa robe. Tu es tenté de lui faire remarquer qu’elle n’avait pas l’air de se ficher de ton odeur quelques minutes plus tôt, mais tu restes silencieux, ton regard posé sur son beau visage. Elle continue en disant qu’elle avait cru que tu te serais déplacé, qu’elle n’avait pas pensé que tu souffrirais autant. Comment la blâmer ? Elle ne pouvait pas comprendre. Si ton frère venait à périr, elle afficherait une mine désolée et porterait le deuil comme toutes les veuves, par simple politesse, parce que c’était ce qu’on attendait d’elle. Mais intérieurement, elle jubilerait. Comment faire autrement lorsqu’on parvenait finalement à se sortir d’un tel calvaire ? Et tu ne lui en voulais pas. Tu connaissais sa douleur. Tu l’avais vue; sur ses bras, sur son ventre, sur ses jambes… Elle ne connaissait pas la tienne. Avait-elle seulement déjà aimé ? Tu n’avais jamais osé le lui demander.

Comment lui expliquer que tu avais l’impression de mourir à petit feu ? Que tu avais l’impression que ta psyché se morcelait de plus en plus au fil des jours qui passaient ? Comment lui faire comprendre que tu te sentais complètement vide à l’intérieur ? Que la lumière du soleil semblait avoir délaissé ta vie ? Que tu étais plongé dans le noir nuit et jour ? Que cette étincelle qui donnait un sens à ta vie s’était éteinte brusquement et que tu ne savais plus comment faire sans elle pour te guider ? Tu n’arrivais pas à mettre des mots sur cette douleur. Les sentiments se bousculaient en toi comme la foule un jour de marché. Tu ne savais plus où donner de la tête. Tu te sentais épuisé sans rien faire. Tu avais perdu le goût de te battre. Elle ne pourrait pas comprendre…

Un sourire se dessine sur tes lèvres lorsqu’elle te demande si ton épouse aurait accepté de te voir comme ça. Tu savais parfaitement ce qu’Asha aurait fait dans une telle situation. Elle t’aurait houspillé. Comme une mère le fait avec un enfant récalcitrant. Elle t’aurait crié dessus, probablement giflé pour te secouer un peu et t’aurait botté le derrière pour te faire sortir du lit. Un peu comme Kara venait de le faire. Il brûlait, dans cette femme qui ne t’appartiendrait jamais, le même feu qui avait brûlé dans celle que tu aimais tellement. Kara était forte. Elle était sauvage et téméraire. Tu ne comprenais pas qu’elle se laisse malmener par Khorde. Tu ne comprenais pas qu’elle ne l’aie pas encore tué. Tu t’étais souvent demandé si elle en était amoureuse. Malgré toutes ses tares, Kara respectait ton frère comme on révérait les dieux. Elle n’était pas la même femme en présence de ton frère. Comme s’il y avait deux femmes dans ce corps.

Tu sens les battements de ton cœur s’affoler lorsqu’elle te demande ce que tu ferais si tu étais à sa place, ce que tu ferais si elle laissait Khorde prendre le dessus. À cette idée, tu sens des larmes de colère monter dans ton regard. Elles se muent en larmes de tristesse lorsqu’elle déclare que le monde ne peut s’arrêter de tourner parce que ta femme et ton enfant sont morts. Tu te rappelles les paroles de ta mère qui avait souvent dit que les dieux ne mettaient sur le chemin d’un homme aucune épreuve qu’il ne soit pas capable de traverser. Ahankh disait souvent que les hommes devaient se battre pour mériter une place auprès de Malaggar après la mort. C’était une croyance qui t’avait suivi toute ton enfance.

Esquissant un sourire, tu repousses une de ses mèches rebelles derrière son oreille et tu déclares : « Elle aurait probablement fait la même chose que toi. Elle serait entrée sans se faire annoncer, aurait foutu le bordel dans la chambre avant de me noyer dans la baignoire. » Tes épaules se soulèvent alors que tu ricanes, imaginant la scène. Ashara avait cette peau mate et cette chevelure tellement noire… et ce regard à faire frissonner même les femmes. Lorsqu’elle se mettait en colère, elle s’enflammait… Tu prenais plaisir à la faire fâcher juste pour voir comme elle était belle. Ta mine s’assombrit. « Si je te voyais abandonner sous les coups de Khorde, mon soleil, je le tuerais, que tu déclares d’un ton calme et impassible. Jamais je ne laisserai arriver une telle chose. Jamais. » Tu t’interromps un moment. Elle si près, mais si loin en même temps. Le contact de ses cheveux sous tes doigts a éveillé quelque chose… Un désir ? Tu as toujours aimé enfouir tes doigts dans une chevelure soyeuse. La douceur de la peau féminine te manque. La chaleur d’un corps éveillé de désir te te manque. L’odeur et le goût des femmes te manque. Tu meurs d’envie de la serrer contre toi, mais tu n’oses pas t’approcher plus encore. Et si elle te repoussait ? Et si elle te dénonçait à ton frère ? Tu ne pouvais prendre ce risque.

« Mon frère a-t-il seulement des marques de tendresse envers toi, Ka ? Enfin… je sais qu’il rempli ses devoirs conjugaux – vous avez trois enfants –, mais outre remplir son devoir, lui arrive-t-il de te toucher avec tendresse ? Voit-il seulement comme tu es magnifique ? N’a-t-il jamais vu la Kara que je connais ? Celle dont les yeux brillent de plaisir et de gentillesse ? Est-ce qu’il lui arrive de te couvrir d’autre chose que de bleus ? » Tu lèves les yeux vers elle, ton cœur se serrant à l’idée que tu es peut-être allé trop loin avec tes questions, mais tu ne peux faire autrement que de poursuivre. « N’as-tu donc jamais pensé à t’enfuir ? Les dieux savent que n’importe quelle femme aurait pris ses jambes à son cou avec tous les supplices qu’il te fait endurer… » Tu t’interromps brusquement. « Excuse-moi. Je devrais me mêler de mes affaires. Mais ça fait si longtemps que je me demande ce qui te permet de continuer à tenir debout malgré tout… »

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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Lun 15 Mai - 15:32

Le ton un peu trop calme de Ranrek lorsqu’il t’avoue qu’il tuerait son frère si tu venais à abandonner l’idée de vivre te fait frissonner des pieds à la tête. Tu imagines très bien ton beau-frère se pointer pour casser la figure de Khorde, le menacer, le frapper, s’acharner sur lui pour lui faire regretter chaque coup qu’il a pu porter sur toi. Porter sur lui toute une haine contenue pendant des années et des années dans deux corps différents. Mais tu sais très bien aussi que s’ils en venaient à cet instant, tu ne serais pas là pour protéger ton beau-frère. Pour empêcher ton mari de lui faire du mal, de faire ce qu’il a toujours voulu faire à Rannie. Le vilain petit canard. Le rare Ergorn à avoir certaines valeurs, du respect et de l’amour envers sa femme et les autres femmes. Un combat entre Ranrek et Khorde ne se finirait jamais bien. Tu n’oses pas penser à ce qu’il adviendrait si Ranrek en ressortait vivant, et ton mari non. Il serait chassé. Pourchassé par sa propre famille pour avoir osé tuer le futur Représentant en Chef. Avec un peu de chance, il serait même accusé de t’avoir malmenée, toi. Et tu ne pourrais pas l’accepter.

Mais Ranrek semble oublier son envie de meurtre alors qu’il commence à te poser ses questions. Tu n’arrives plus à soutenir son regard quand il te demande si ton mari a un jour eu un geste de tendresse envers toi. Le seul geste de cet ordre qu’il aurait pu avoir aurait été d’au moins te faire passer des nuits agréables pendant la conception de vos enfants, mais même ça, il ne savait pas faire. Te toucher semblait le mettre hors de lui. Tu as toujours eu la sensation d’être un objet dont l’unique but était de lui donner son fichu héritier, et il a bien fini par l’avoir. Tes yeux se baissent encore quand le sujet devient plus épineux. Fuir. Loin de cet homme violent qui a fait de ta vie un petit enfer. Tu as déjà essayé, quelques jours après vos fiançailles, alors qu’il avait fait preuve de violence pour la première fois depuis votre rencontre. La sensation de liberté t’avait donné l’impression de voler. De pouvoir recommencer une vie entière en oubliant cet homme, cette famille qui t’avait abandonnée à ton triste sort pour de l’argent. Tu n’avais jamais ressenti une telle joie, prête à tout recommencer et reprendre tout à zéro. Une telle joie, écrasée en un rien de temps. Tu fermes les yeux, alors que tu revoies cette pièce noire, dans laquelle tu as vécu et appris tant de choses sur ta condition. Cette pièce noire qui t’a modulée au gré des envies de ton mari. Cette pièce noire qui est devenue le moyen de pression le plus parfait et le plus utilisé par Khorde. Les douleurs infligées, la perte de reconnaissance. Tu ne savais plus depuis combien de temps tu t’y trouvais, tu ne savais plus à quel moment de la journée ou de la nuit on t’apportait cette unique pomme qui devait te nourrir jusqu’à la prochaine visite de ton mari. Et ce supplice. Chaque arrivée de Khorde signifiait souffrir sous la chaleur d’un morceau de fer chauffé par la main-même de ton mari. Tu ne savais pas ce qu’il voulait, alors que tes cris de souffrance et tes hurlements qui le suppliaient de te pardonner résonnaient sur les murs nus de cette prison.

Tes lèvres se pincent subitement, le souvenir de cette horreur remontant de ta mémoire. « Je ne veux pas parler de ça ». Tu n’en as pas la force. Ce souvenir est encore trop frais dans ton esprit, trop douloureux. Jamais tu ne pourrais en parler, raconter ce qui s’est exactement passé. La peur omniprésente que Khorde a infiltré en toi, cette peur qui est devenue ta nouvelle source pour survivre, t’empêche de trop en révéler. Tu n’imagines même pas quelle réaction aurait Ranrek en découvrant cette pièce, et ce que tu y as subis. Tu le vois, hébété, marcher dans cette pièce sans savoir, avant que son visage ne se durcisse, ses yeux devenant noirs, les poings serrés, prêt à frapper le beau visage de Khorde jusqu’à ne plus rien voir d’autre que du sang étalé sur lui. Ou peut-être est-ce que c’est ce que tu voudrais qu’il fasse. Te protéger. Te faire sentir aimée comme il a pu aimer Ashara. Tu vois bien dans ses yeux, dans sa façon de parler d’elle et des souvenirs qu’il partage, que l’amour qui les a liés ne disparaîtra jamais. Tu aurais aimé pouvoir découvrir ça. Un amour si beau, si pur. Avec un homme adorable.

« Nous ne sommes pas là pour moi ». Un sourire forcé apparaît sur ton visage, et tu recommences à lisser tes vêtements au niveau de ton ventre tout en cherchant un moyen de détourner la conversation. Tu ne veux plus penser à Khorde. A la violence, à la cruauté. Tu ne veux pas parler de lui, penser à lui, alors que tu te trouves avec ton beau-frère, cet autre homme qui te maintient debout à chacune de tes visites. C’est grâce à lui que tu gardes le sourire, que tu te dis que tous les Ergorn ne sont finalement peut-être pas des monstres par nature. Secouant légèrement la tête, tu lances un regard plus détendu à Ranrek. Essayant de changer l’atmosphère de la pièce devenue étouffante. « Tu peux finir d’aller te laver. Et de t’habiller. Parce qu’un drap de bain revient au même qu’un drap de lit, c’est-à-dire incorrect pour recevoir une amie ». D’un geste doux, tu le frappes au torse, lui signifiant de retourner dans la salle d’eau, même si tu doutes que l’eau soit encore assez chaude. Tu te tournes vers les commodes renfermant les vêtements de ton beau-frère, lui tournant ainsi le dos et pouvant ainsi cacher la boule qui compresse ta gorge. Cette même sensation que tu as quand tu repenses à cette fichue pièce.

Ouvrant un tiroir avec plus de force que prévu — et murmurant un « oups ! » par la même occasion —, tu choisis rapidement quelques vêtements que tu lances à ton beau-frère. « Tu choisiras toi-même tes dessous, hors de question que je laisse traîner mes mains et mes yeux là-dedans ». Lorsque tu te tournes vers ton beau-frère, tu ne sais pas vraiment quoi faire. Il est clair que le sujet Ashara et la nourriture manquante est loin d’être clos, mais tu ne veux pas que le sujet dérive vers ton mari. Pas maintenant. Pas ici. Puis, une idée soudaine vient germer dans ton esprit. « Ranrek. Je te propose une sorte de… contrat. Un marché ». Tu plisses un instant les yeux, cherchant la bonne formulation. « A chaque fois que je viendrai, je veux que le garde-manger soit entretenu et plein. Peu importe le jour que nous sommes et les événements qui se produisent, je veux que tu restes en bonne santé, parce que je ne veux pas qu’Ashara vienne me hurler dans les oreilles quand je serai morte que je me suis mal occupé de son mari ». Tu hausses un court instant un sourcil pour lui montrer à quel point tu es sérieuse, avant de continuer. « J’aimerais qu’on évite également le sujet Khorde. Je ne veux pas parler de lui quand je suis avec toi ». Le silence te répond, mais tu finis par terminer ta proposition. « En échange… je peux te promettre que je ferai tout ce que je peux pour ne plus t’abandonner. Pour être une amie digne de ce nom qui mérite d’être proche de toi et de t’avoir pour proche ». Comme résignée, tu t’approches de lui, posant tes mains de chaque côté de son visage, tes yeux vissés dans les siens. « Je veux que tu saches à quel point je suis désolée de ne pas avoir su pour ta douleur, et que tu saches que tu pourras toujours compter sur moi si jamais tu as besoin de quelque chose. Tu es celui qui me permet de tenir debout malgré tout, Ranrek. Si tu n’étais pas là, ce serait complètement différent. Alors dès que tu sens que quelque chose ne va pas, viens me voir. S’il te plaît ». Tes pouces caressent ses joues alors que vos visages sont proches, alors que tu essaies de lui faire comprendre à quel point tu te sens proche de lui. Tu ne sais pas exactement ce que tu ressens, mais tu es sûre que c’est bien plus fort que ce que tu ressens pour ton mari.

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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Lun 22 Mai - 4:48

Elle pince les lèvres avant de déclarer qu’elle ne veut pas t’entendre parler de ça, qu’elle ne veut pas parler d’elle. Tu as envie de protester, parce que Kara ne parle jamais d’elle. Elle parle constamment de ses enfants, qui font des progrès avec leurs précepteurs, qui la remplissent de fierté. Elle parle des soirées mondaines auxquelles Khorde la paradait. Mais jamais elle ne parle vraiment d’elle. Ou de ce qu’elle vit à la maison. Tu as déjà vu l’attitude dure de ton frère envers son épouse lors de tes visites chez eux, mais tu sais que le calvaire que ton aîné fait subir à sa femme loin des regards doit être incomparable à ses paroles parfois mesquines envers elle, ou à son ton dur, lorsque tu es présent... Si tu savais tout ce que Khorde lui faisait réellement subir, au-delà des bleus qu’elle avait souvent sur les bras, tu l’aurais probablement tué depuis longtemps. Et ça n’était pas l’envie qui manquait. Même alors qu’Ashara vivait toujours... depuis la toute première fois que tu avais aperçu une marque violacée sur le bras de ta belle-sœur, depuis que tu l’avais finalement confrontée, comprenant rapidement ce qui se passait lorsqu’elle et ton frère se trouvaient à l’abri des regards, tu avais voulu lui faire payer. Cette colère que tu avais ressentie pour ton aîné avait d’abord hébété ton épouse, mais lorsqu’elle avait fini par comprendre ce dont il retournait, elle n’avait vu là qu’un désir de protection que pouvait ressentir un ami, un frère. Et pourtant, avec le temps et bien malgré toi, c’était devenu bien plus que ça. Surtout depuis la mort de ta femme. Sachant ce que tu savais aujourd’hui, tu te demandais s’il n’avait pas valu mieux que la vie ne mette pas Ashara sur ton chemin et te permette d’épouse Kara plutôt que de la condamner à vivre auprès de Khorde. Mais les Dieux n’étaient pas cléments.

Elle s’approche de toi, t’intimant d’aller terminer ta toilette et de passer des vêtements convenables. Ses lèvres s’étirent dans un sourire alors qu’elle te gratifie d’un petit coup du poing sur ton torse, la pression de sa main créant une agréable chaleur dans ta poitrine, mais son regard est toujours éteint. Elle se retourne vers la commode où elle déniche quelques vêtements qu’elle te lance avec désinvolture. Tu les attrapes au vol, un grand sourire étirant tes lèvres alors qu’elle plaisante au sujet de tes sous-vêtements. Tu es tenté de la mettre de court en lui lançant que tu n’as pas l’habitude d’en porter, mais tu la laisses continuer. Lorsqu’elle se retourne vers toi, elle semble mal à l’aise. Tu le sais parce qu’elle lisse ses vêtements comme elle a l’habitude de le faire quand elle cherche à reprendre de la contenance, ou quand elle ne sait pas quoi faire de ses mains pour se distraire. Se reprenant rapidement, elle te propose un marché. Si tu promets de bien te nourrir, de prendre soin de toi tous les jours et de ne pas parler de Khorde lorsqu’elle te visite, elle fera tout pour être l’amie dont tu as besoin pour passer à travers ta douleur. Tu restes sur place, silencieux. Elle s’approche encore et pose ses mains sur tes joues en plongeant ses iris dans les tiens avant de déclarer qu’elle est désolée de ne pas avoir su t’épauler comme il se doit depuis la mort de ta femme, t’assurant que tu es la seule personne qui lui permet de tenir debout malgré tout, et que les choses seraient bien différentes si tu n’étais plus là. Et tu sais qu’elle a raison. Depuis son mariage avec ton frère, la famille de Kara n’a pas réellement entretenu de liens avec elle, la délaissant aux mains de ce tyran qui faisait d’elle une prisonnière dans sa propre maison, un accessoire, une parure destinée à bien paraître devant le gratin de la société d’Inaki. Kara méritait tellement plus. Tu sais que tout ce qui la tient debout, ce sont ses enfants et toi.

Ses pouces caressent ton visage. Tu es troublé. Pinçant les lèvres à ton tour, effleures sa pommette de ta main libre. « Tout ce que je veux, c’est ton bonheur, ma tendre amie. Alors... marché conclu. » Tu glisses lentement tes doigts dans sa chevelure, nichant ta main à la base de sa nuque pour attirer son front vers le tien. Appuyant ta tête contre la sienne, tu déclares calmement : « Merci, Kara... sincèrement. » Et alors que son corps est là, si près du tien, tu voudrais caresser ses lèvres des tiennes, goûter son souffle et la serrer contre toi. A-t-elle seulement déjà été touchée avec tendresse ? Tu te souviens avoir entendu Khorde jurer que Lyntha avait la peau trop pâle pour être sa fille, mais tu ne croyais pas que Kara soit assez impulsive pour tromper ton frère avec un autre homme... Serrant les dents pour retenir l’impulsion soudaine que tu ressens, tu inspires par le nez avant de plaquer un baiser sur son front, humant longuement sa chevelure avant de te détacher d’elle, à regret. Tu tritures nerveusement les vêtements que tu tiens dans ta main en reculant vers la salle d’eau. Après avoir échangé un long regard avec elle, tu t’engouffres dans la pièce le temps de terminer de te vêtir.

La porte se referme derrière toi. Tu laisses le drap de bain retomber sur le sol. Déposant tes vêtements sur le guéridon, tu te diriges vers la baignoire d’un pas décidé, immergeant ta tête dans l’eau froide en hurlant de tous tes poumons. Curieusement, tu ressens de la colère contre toi-même. Comment pouvais-tu ressentir une pareille attirance pour une autre femme ? Tu avais l’impression de trahir ton épouse, malgré sa mort. Comment pouvais-tu ressentir de tels sentiments pour ta belle-sœur, pour la femme qui partageait le lit de ton propre frère ? Émergeant du bassin d’eau fraîche, tu prends une grande inspiration avant de t’emparer du drap de bain, essuyant ton visage d’un mouvement brusque. Ta femme n’aurait pas voulu que tu te morfondes. Elle n’aurait pas voulu que tu sombres dans la folie, en manque de contact humain suite à sa mort. Forcément, cette attirance que tu ressens pour la femme de ton frère doit être due à un manque de chaleur humaine... Tu enfiles rapidement ton pantalon avant de ressortir dans l’autre pièce où Kara t’attend. Tu t’apprêtes à lui demander si elle aimerait s’installer sur la terrasse pour terminer de manger ce qu’elle a emmené dans son grand panier lorsque tu croises son regard. Il semble troublé. Comme le tien. Tu serres ta tunique entre tes doigts. Passant une main sur ton crâne rasé, tu déclares soudainement : « Kara, je... j’espère que tu me pardonneras pour ce que je m’apprête à faire... » Tu franchis la pièce en deux enjambées, laisse tomber la tunique sur le sol et poses tes mains de part et d’autre de son visage avec de plaquer tes lèvres sur les siennes. Le cœur gonflé, rempli d’appréhension, de culpabilité et de crainte à l’état pur, tu recules légèrement sans que tes doigts ne quittent sa peau, tentant de déchiffrer l’expression que tu lis sur son visage.

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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Lun 5 Juin - 18:26


Le soulagement s’abat doucement mais sûrement sur toi quand Rannie se voit être d’accord pour le marché que tu viens de lui proposer. Tu sais qu’il est un peu bancal, car tu lui demandes bien plus que tu ne peux lui offrir en retour, mais c’est son acceptation qui montre toute la valeur de cet accord. Son front finit contre le tien, sa peau douce touchant la tienne avec une délicatesse bien contraire à la violence à laquelle tu es habituée depuis si longtemps maintenant. Tu te rends compte seulement maintenant — ou alors, tu décides d’accepter d’ouvrir les yeux et d’accepter ce fait — que Khorde n’a jamais eu aucun geste de tendresse envers toi. Il ne t’a jamais caressé les cheveux avec cette lenteur affriolante, il ne t’a jamais touché la joue du bout des doigts avec ce regard empli d’émerveillement et d’amour. Il ne t’a jamais accordé cette affection qui aurait dû accompagner votre relation dans ces moments où vos enfants ont été engendrés. A ces pensées, une certaine jalousie se fait ressentir, encore à cette idée que tu aurais pu avoir un mariage doux et peut-être bien aimant si seulement tu avais eu Ranrek comme époux. Tu serais restée cette jeune fille fougueuse que tu étais quand tu étais petite et même si tu aurais appris les bases pour te tenir en société, tu n’aurais pas eu ces marques qui jonchent ton corps actuellement et que tu dois cacher à chaque fois que tu veux mettre un pied hors de votre demeure.

Ton beau-frère finit par te relâcher, se détournant vers la salle de bain pour y finir sa toilette comme tu le lui as demandé, mais tu ne peux pas oublier cette sensation qu’il te procure, ce sentiment de bien-être et de sécurité que tu n’as quasiment jamais ressenti aux côtés de Khorde. Tu te sens coupable face à cette nouvelle émotion que tu te mets à ressentir envers cet homme dont le cœur est déjà pris. Baissant les yeux vers tes mains défroissant sans cesse tes vêtements, tu ne parviens pas à oublier sa peau contre la tienne, ses mains dans tes cheveux. Avec lui, tu ne ressens pas la peur omniprésente avec laquelle tu vis chaque jour de ta vie. C’est comme si tu sortais enfin la tête de l’eau pour prendre une grande bouffée d’air frais avant de replonger presque aussitôt, tout en retenant ton souffle jusqu’à la prochaine remontée. Ranrek était ce moment de pur apaisement qui te permettait de tenir dans les moments les plus durs, et malgré tout l’amour que tu peux porter à tes enfants, ils te font presque tous penser à leur père. Ranrek et Lyntha sont définitivement les seules personnes à tes côtés qui arrivent à te faire te sentir heureuse et qui te procurent cette énergie sans laquelle tu n’aurais pas survécu.

Les jambes légèrement tremblantes, tu t’assois sur le bord du lit pour tenter d’éclaircir les pensées qui se chevauchent dans ton esprit et qui accaparent toute ta concentration, essayant de te calmer pour le retour de ton ami, mais Ranrek sort de la salle de bain très rapidement. Surprise, tu te relèves, lui lançant un regard interrogateur. Il passe sa main sur son crâne en un geste presque craintif, comme s’il hésitait à faire ou dire quelque chose. Son regard, troublé, se pose sur ton visage, sondant tes yeux à la recherche d’une chose qu’il espère trouver. Tu t’apprêtes à lui demander ce qui se passe, s’il a besoin que tu ailles lui chercher quelque chose, mais tu n’en as pas le temps alors qu’il déclare qu’il espère que tu lui pardonneras. Sans que tu ne puisses la contrôler, la peur s’imprime dans chaque parcelle de ton corps, réaction presque instinctive, figeant tout ton corps sur place. Comme au ralenti, déconnectée de ton propre corps, tu regardes Ranrek s’avancer vers toi, laissant tomber au sol comme un vulgaire chiffon la tunique qu’il serrait dans son poing. Il pose ses mains de chaque côté de ton visage, tu le vois faire, mais tu n’y fais plus attention alors que ses lèvres se plaquent doucement sur les tiennes, frôlant ta bouche avec une flatterie inattendue.

Lorsqu’il se recule, tu ne peux t’empêcher d’afficher un air choqué, alors que ton cerveau semble s’être totalement enfui loin de toi. Ton corps est figé, les bras ballant, tes yeux écarquillés posés sur Ranrek, dont le visage inquiet ne te quitte pas un instant du regard. Abasourdie, tes lèvres restent ouvertes après ce léger baiser mais rien ne semble vouloir sortir. Tétanisée, tu ne fais que regarder ton beau-frère, priant Malaggar pour que ce que tu viens de vivre ne soit qu’une hallucination. Mais malgré les secondes qui filent et les minutes qui s’égrènent, rien ne semble vouloir te donner la confirmation que tout ceci n’est qu’une vulgaire psychose. Et c’est bien à cet instant que tu prends vraiment conscience de ce que Ranrek a fait. Il t’a embrassée. Avec plus de douceur que ton mari n’a jamais témoignée envers toi. Ses lèvres chaudes sont venues caresser les tiennes avec une quiétude alarmante alors que ses mains caressaient ton visage, dans un geste si pur que tu as eu l’impression qu’il avait peur de te briser. Encore à cet instant, il ne semblait pas vouloir te lâcher, ni physiquement ni visuellement.

Tu finis par lever les yeux vers lui, fronçant légèrement les sourcils. « C’est une erreur. On… on ne doit pas faire ça ». Mais pourtant, cela fait tellement d’années que tu n’as plus ressenti cette sensation que tu sais que tu ne pourrais pas t’arrêter si tu devais recommencer. Tes yeux écarquillés se posent sur sa bouche, cette même bouche qui vient tout juste de te réveiller. De ramener cette femme que tu avais réussi à enfuir pendant toutes ces années. Et alors que tu ne peux t’empêcher de fixer ses lèvres, tu penses uniquement à la réaction d’Ashara si elle l’apprenait, si elle savait que son mari tant aimé t’avait embrassée, toi. Et malgré la honte et la répugnance que tu ressens envers toi, tu sais que tu veux absolument recommencer. Retrouver cette sensation de douceur et de tendresse. « Ranrek… » Te dressant subitement sur la pointe des pieds, faisant taire cette petite voix qui te hurle que tout ceci n’est qu’une erreur et que tu dois faire un pas en arrière et raisonner cet homme que tu aimes mais que tu ne mérites pas, doucement, tendrement, tes lèvres frôlent les siennes, comme cherchant à découvrir chaque recoin. « On ne peut pas ». Tu l’attrapes par la nuque pour l’embrasser encore plus, approfondissant ce baiser tant recherché.

Mais cette fichue voix est trop forte. Et la peur ne fait que revenir à coup de marteau. Tu repousses subitement Ranrek, une main sur son torse, arrachant tes lèvres des siennes contre ton gré. La main sur ta bouche pour essuyer les traces de ce baiser inopportun, mais également pour tenter de cacher cette gêne qui ne cesse de monter, tu baisses les yeux, clignant des paupières pour faire fuir les larmes. Tu repenses à Lilo, à Lyntha. A la peur que tu as ressentie quand ta fille est venue au monde et que tu as compris presque immédiatement de qui elle était vraiment. Tu n’as jamais pensé qu’une seule nuit pouvait tout changer, changer l’avenir de ton mariage mais aussi la vie de ta fille, de ton premier enfant. A la vue de cette peau, si claire en comparaison de la tienne et de celle de Khorde, il y avait eu des murmures, des rumeurs, très vite tues. Tu ne sais plus exactement comment tu avais réussi à faire croire qu’elle était réellement de Khorde, mais depuis ce temps-là, il n’était plus aucunement question d’infidélité de ta part. Cela était totalement impensable pour ton mari. Et tu voulais que ça reste ainsi. Tu as beau avoir des secrets envers ton mari, tu ne peux pas t’imaginer vivre encore près de cinquante ans à ses côtés en lui cachant ton aventure avec un autre. Et tu refuses surtout, par-dessus tout, de mettre Ranrek en danger.

Ta décision prise, tu relèves légèrement la tête sans toutefois regarder ton beau-frère dans les yeux. « Non, Ranrek. On ne peut pas faire ça. On ne doit pas faire ça. Je t’adore, tu le sais. Tu es l’une des personnes qui comptent le plus pour moi, mais… » Tu lui fais un petit sourire, mais tu n’oses pas l’approcher, car tu sais que tu ne pourrais pas te maîtriser. Tu ne pourrais pas t’empêcher de lui sauter dessus, de le pousser dans le lit et de toucher cette peau qui fut à portée d’yeux durant toute votre entrevue. « Tu manques de présence, Rannie. Ce n’est pas… ce n’est pas moi qui t’attire, c’est l’idée et la possibilité de toucher un corps chaud. Ashara te manque et il est totalement normal de ressentir ce besoin de tendresse, mais ce n’est pas de cette tendresse-là dont tu as besoin ».

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~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Jeu 15 Juin - 4:20

Tu l’as embrassée avec une passion dont tu ne te serais pas cru capable. Un baiser à la fois tendre et fougueux. Comme ceux que tu échangeais avec Ashara après une dispute particulièrement virulente. Ces baisers remplis de regrets, d’impulsivité et d’amour. Ces caresses fiévreuses qui se terminaient bien souvent sous les draps. Et même si le temps a semblé se suspendre un instant alors que tu effleurais sa bouche, tu aurais voulu prolonger ce contact exquis qui fait vibrer chaque particule de ton être. C’est à contrecœur que tu te sépares d’elle pour la laisser encaisser ce geste impromptu que tu viens de poser.

Kara et toi, c’était beau. C’était excitant. L’idée de la serrer dans tes bras, de l’embrasser, affolait les battements de ton cœur. L’idée de sentir sa chaleur, de te fondre en elle, de la goûter à des endroits plus intime, ça te faisait perdre la tête. Kara et toi, c’était magnifique. C’était interdit. C’était ce terrain où on n’est pas censé s’aventurer – par respect, mais aussi par obligation. Ce terrain dangereux et mortel, mais ô combien exaltant. Kara, c’était cette femme autrefois sauvage et indomptable qui avait été brisée par ton frère. La femme que tu ne pourrais jamais avoir, mais que tu aimerais toujours beaucoup profondément que tu ne l’aurais dû, plus intensément que tu n’oserais jamais l’avouer. Kara, c’était la douceur et la fermeté. C’était une envoyée des Dieux qui avait la force et le caractère pour affronter mers et marées. Et toi, tu étais cet homme autrefois nonchalant et assuré qui avait été brisé par la vie. Cet homme qui ne pourrait plus jamais aimer véritablement. Cet homme qui ne pourrait plus jamais s’attacher consciemment à une femme accessible et acceptable de peur d’être blessé... Kara et toi, vous étiez deux écorchés qui s’aideraient à guérir. Kara, c’était juste une évidence... L’amie la plus proche que tu aies; celle que tu t’échinerais toujours à protéger à tes risques et périls sans jamais en tirer quelque profit que ce soit outre sa sécurité. Juste parce que c’était la chose à faire. Juste parce que tu l’aimais.

C’est une expression offusquée qui se dessine sur les traits de ta belle amie alors que tu la fixes avec appréhension. Les bras ballants de chaque côté de son corps mince, les yeux fixés sur toi, elle ne bouge pas, ne te quitte pas du regard. Elle balbutie quelques paroles que tu entends à peine tellement tu es obnubilé par ce besoin viscéral de la sentir près de toi. Tu as l’impression de remettre les pieds sur terre lorsqu’elle se rapproche de toi, ses mains effleurant ta peau sombre. Elle murmure contre tes lèvres. « On ne peut pas. » Elle parle à mi-voix avant de prolonger ce baiser dont tu l’as gratifiée quelques instants plus tôt. Une détresse profonde déferle en toi. Tu voudrais t’accrocher à elle pour ne plus jamais la lâcher. La porter vers ton lit et découvrir son corps, les grains de beauté qui le décorent, l’odeur de sa peau, explorer les zones les plus sensibles de sa chair... Mais tu la serres simplement contre toi, goûtant ses lèvres et son souffle brûlant, sentant ton désir grandir peu à peu, tes pensées virevoltant de façon incontrôlable alors que ton souffle se fait de plus en plus court. Elle met fin à votre étreinte en te repoussant brusquement. La flamme qui s’intensifiait en toi quelques secondes plus tôt faiblit instantanément. Tu reprends ton souffle sans la quitter du regard. Elle baisse les yeux, porte sa main vers sa bouche, haletante. Le combat qu’elle livre contre elle-même est palpable. Comme tu aurais aimé pouvoir suivre le court de ses pensées. Lorsqu’elle relève le regard sur toi, elle tente de te raisonner... Elle t’adore, mais ce n’est pas d’elle que tu veux, tu cherches seulement de la chaleur humaine, de la compagnie, mais pas sa tendresse. Parce que ce vous faites, c’est mal. Tu le sais et elle le sait aussi.

Ton cœur bat très vite. Ta tête te dit que tu dois te maîtriser, mais tu n’as pas envie de te contrôler. Pour une fois, tu aurais aimé ne pas avoir à réfléchir. Luttant contre la frustration qui t’envahit lentement, tu te passes la main sur le crâne, fronçant les sourcils. Puis tu déclares calmement : « Qu’est-ce qui se passera si je te dis que c’est de toi que j’ai besoin ? Pas d’une inconnue qui me laissera me faire du bien pour repartir quelques heures plus tard ? Tu la regardes fixement, tes pensées s’enchevêtrant dangereusement. Je t’aime, Kara Jaggde ! » Tu as omis le nom de ta famille. Tout comme toi, Kara n’a jamais eu l’impression de faire réellement partie de la famille. Tout comme toi, Kara n’est là que pour préserver les apparences. Réalisant la portée de tes paroles, tu baisses le ton, t’approchant vivement d’elle pour prendre ses mains entre les tiennes. « Je t’aime... plus que tu ne le crois... Si je le pouvais, je reviendrais neuf ans en arrière et j’empêcherais ton mariage avec mon frère. » Tu empêcherais ce mariage devant Malaggar. Tu empêcherais ta tendre amie de s’enchaîner à un tyran pour le reste de ses jours. Même si ça devait signifier que tu ne la reverrais peut-être jamais. Tu lui souris, l’expression contrite. « Si tu savais ce que je donnerais pour que tu restes telle que tu étais quand je t’ai connue : fougueuse, impulsive, sauvage, libre... Pour que tu n’aies pas à constamment regarder derrière toi dans la crainte de voir cette ombre funeste te suivre. » Tu t’interromps un instant, appuyant ton front sur le sien. « Excuse-moi. J’ai promis qu’on ne parlerait pas de lui... Aujourd’hui, je n’ai pas envie d’être fort, mon amour. J’ai envie de céder. J’ai envie que tu sois mienne. J’ai envie qu’on ne soit qu’un homme et une femme. Juste une fois. Personne ne le saura jamais. » Et si ça devait se savoir un jour, elle n’aurait qu’à dire que tu l’avais forcée. Tu n’oublierais jamais la naissance de Lyntha. La colère de Khorde devant cette enfant pâle avait été sans bornes. Mais ton frère était trop imbu de lui-même pour même croire que son épouse l’ait trompé avec un autre homme... Elle avait bien trop peur de lui pour faire une telle chose. Lorsque le physicien avait rassuré Khorde en lui disant que certains bébés naissaient parfois avec des pigments de moins dans la peau, pouvant ainsi être pâles malgré la peau sombre de leurs parents, tu avais su que Kara était sauvée. Sans la parole de ce physicien, tu ne donnais pas cher de la peau de ton amie.

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❝ Métier : Aucun, Kara est juste l'épouse de Khorde Ergorn, fils du Représentant en Chef des Feu à Dahud
❝ Age : 41 ans
❝ Niveau : 2


~#~Sujet: Re: A moment of weakness | avec Kara [FLASHBACK] Mer 21 Juin - 14:23


A chacune des paroles prononcées par Ranrek, Kara sentait son cœur se serrer jusqu’à n’en plus finir alors qu’une terreur sans nom l’accablait, mais avec cette pointe d’envie qui avait envie de la faire hurler. Elle ne voulait pas accepter la proposition de son beau-frère. Elle aimait cet homme qui aurait pu la rendre incroyablement heureuse et ce même s’il s’était agi d’un mariage arrangé, elle aurait tant souhaité être son épouse plutôt que celle de Khorde, mais ce qu’il lui proposait à cet instant était quelque chose qu’elle ne pouvait pas accepter. A la naissance de Lyntha, elle avait bien cru mourir de peur face à la pâleur de la peau de sa fille. Malgré toutes les précautions qu’elle avait prise, malgré tous les mensonges, les secrets, elle avait bien failli perdre la vie à cause d’une erreur de jeunesse qu’elle ne regrettait pourtant pas. Dès lors qu’elle regardait sa fille, Kara ressentait une telle fierté qu’elle était certaine d’avoir fait le bon choix cette nuit-là, le soir même de son mariage avec Khorde Ergorn. Mais à cet instant précis, face à un homme qu’elle aimait, mais pas de la façon dont il faudrait réellement, elle savait que franchir ce cap serait une erreur qu’elle regretterait jusqu’à la fin de sa vie. Coucher avec Ranrek était une étape bien trop importante, pour elle. C’était l’un des rares autour d’elle à la protéger, à tenter de la protéger, elle et ses enfants. Elle se sentait si bien face à cet homme, envers qui elle ressentait un amour de sœur envers un frère, un attachement si soudain que fort qu’elle ne pouvait pas se résoudre à franchir ce pas qui scellerait à jamais leur relation. Si elle acceptait de suivre son idée, de suivre son cœur, son corps et tout son esprit qui lui hurlait d’arrêter de réfléchir pour se laisser aller, sa relation ave Ranrek changerait à tout jamais, parce qu’elle n’arriverait jamais à se contenter d’une seule fois. Elle ne parviendrait jamais à croiser Ranrek en faisant mine de rien, de lui sourire comme si rien ne s’était passé. Lors de sa première et unique tromperie avec Lilo, Kara avait eu la chance de ne plus jamais le revoir. Cela avait contribué à lui faire comprendre que cela ne devait plus jamais se reproduire, ni avec lui ni avec quiconque. Plus elle pensait à ce qui se passerait ensuite, après une nuit dans les bras de Ranrek, plus Kara savait pertinemment qu’elle ne pourrait pas faire comme si de rien n’était. Sourire, parler, regarder. Il y aurait toujours cette recherche, de savoir s’il y pense encore, s’il regrette, s’il veut que ça recommence, sans oublier de la réaction de Khorde. Non, il ne saurait jamais, mais Kara le saurait. Elle ne pourrait plus vivre avec son époux comme avant, la culpabilité et la terreur lui vrillant trop l’estomac pour qu’elle continue à vivre son rôle d’épouse comme elle l’avait toujours fait.

Reculant d’un pas pour que leurs fronts ne se touchent plus, Kara récupéra doucement ses mains, comprenant que ce qu’elle allait dire risquait de mettre un terme à leur amitié. Elle ne voulait pas perdre cet homme qu’elle aimait, mais elle ne pouvait pas se permettre de le mettre en danger, sciemment, sachant pertinemment quelle serait sa propre réaction. Et Kara ne pouvait pas vivre avec un secret de plus. La vie même de Lyntha était un poids qui parfois lui semblait trop lourd à porter, et si elle venait à devoir porter le poids du mensonge de leur nuit passée avec Ranrek, elle ne pourrait pas le supporter. Priant silencieusement pour que Ranrek puisse un jour lui pardonner, elle ferma brièvement les yeux tout en se forgeant un visage impassible, comme Khorde le lui avait appris. « Je suis Kara Ergorn-Jaggde. Je suis mariée à Khorde Ergorn, ton frère, depuis cinq ans. Cinq ans, Ranrek. Et tu ne peux pas revenir en arrière. Tu ne peux pas, tu ne pourras jamais, parce que tu n’en as pas le pouvoir. Tu ne peux pas me promettre des choses qui sont impossibles, Ranrek. On ne peut pas refaire le monde avec des si. Ce serait bien trop facile ». La voix de Kara était dure et tranchante alors qu’elle essayait de faire comprendre à son beau-frère qu’il se trompait sur toute la ligne. De lui faire comprendre à quel point ce qu’il lui proposait était bien trop dangereux, pour lui comme pour elle. « Je ne peux pas être tienne, et je ne le serai jamais. Je n’ai pas envie de céder, je n’ai pas le droit de céder, parce que j’ai trois enfants qui dépendent de leur mère, un mari qui a besoin de sa femme, et ce malgré tout ce que l’on peut dire sur la violence de Khorde. Il a besoin d’une femme à ses côtés, et cette femme, c’est moi. Est-ce que tu imagines un seul instant ce qu’une nuit représenterait ? Est-ce que tu penses à tout ce que ça engendrerait ? Crois-tu qu’une seule nuit pourrait te suffire, alors qu’au vu de toutes tes promesses, tu aurais besoin de bien plus ? Tu ne peux pas m’avoir moi, Ranrek. Je suis l’épouse de ton frère. Je suis ta belle-sœur. Il n’y aura jamais plus entre nous que cet amour fraternel qui nous a liés depuis la première fois qu’on s’est rencontrés. Tu as besoin de bien plus que je ne puisse t’offrir. Quelques coucheries à droite à gauche ne te satisferont jamais ». La voix de Kara se brisa un instant alors que ses paupières se refermaient un instant. Elle en avait dit bien assez. Ranrek devait comprendre que ce qu’il souhaitait était impossible. « Tu es un homme bien, un homme censé. Quand tu repenseras à ce que tu m’as dit, dans quelques jours, quand tu te seras reposé, tu comprendras mon point de vue ». La jeune femme lui lança un regard presque suppliant. « J’espère que je ne t’ai pas blessé. Je ne veux pas te blesser, Rannie. Je veux juste… que tu te rendes réellement compte qu’on ne peut pas être ensemble, même pour une unique nuit. Ce n’est pas bien. C’est mal. Envers Khorde, mais aussi envers Ashara. Je ne pourrais jamais accepter de lui faire ça ».

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