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[Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon

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~#~Sujet: [Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon Ven 3 Mar - 1:59

Nymeria Drogon
&
Eden'el Lumnar


L'eau, notre berceau
La Cérémonie. L'étape d'une vie. Le début du chemin vers l'accomplissement. Le moment que tous attendaient. Le moment que j'appréhendais. Des cauchemars me venaient de plus en plus fréquemment à l'arrivée de ce jour où je devrais quitter mon village pour Dahud. Le souvenir du passage de ma sœur, deux ans auparavant. Le spectre de sa mort... Dans mes songes je la voyais brûler, encore en vie, les yeux ouverts, ses vêtements s'étiolant, sa main se tendant vers moi. Il m'est pourtant impossible de faire le moindre mouvement vers elle. Alors je cris son nom, hurlant de terreur à la vision de son corps qui, peu à peu, se calcine. Je ne veux pas passer cette fichue cérémonie. Je ne crois pas que provoquer l'expression d'un don par la mise en scène de situations à risque soit la solution. Où est la spiritualité ? L'expression divine de nos dons ? L'être humains veut contrôler, provoquer, déterminer au plus tôt la nature de ses compères pour les mettre le plus rapidement possible avec les autres personnes de leur espèce. Ce n'est pas un rituel louable. Pas à mon sens. Pas depuis que cela a provoqué la disparition de ma chère sœur aînée. Elle me manque... ces deux années passées sans elle furent mornes... autant pour moi que pour mes parents. Ma mère, dont la joie de vivre était pourtant inébranlable, peinait à s'en remettre. Mon père, il restait silencieux. Ne chantait plus. Ses douces mélopées me manquaient. Alors sur la route vers Dahud, je chantonnais quelques une de ses comptines. Ils ne m'accompagneraient pas, mes parents. Je voyageais avec la famille d'un autre enfant du village.

Tous étaient excités et ne comprenait pas mon air morose. Moi qui d'habitude était toujours souriante, joyeuse, ils voyaient pour la première fois une Eden'el triste et peureuse. Je n'avais jamais été une grande aventurière, mais je n'étais pas dénuée de courage. Et ce genre d'événements faisaient partie des choses positives normalement. Je ne ratais aucune occasion de profiter des bons moments. Mais depuis la disparition de ma sœur, ils savaient que cela me coûtait. Paraître forte malgré ma faiblesse, joyeuse malgré les peines, je devais rester entière pour soutenir mes parents et aussi pour sauvegarder les apparences, ne pas attirer la pitié des autres sur notre famille. Nous avions besoin de faire notre deuil, passer à autre chose. Une fois cette cérémonie terminée pour moi, ce sera faisable. En attendant, il fallait que je poursuive cette route vers la capitale. Longue... éreintante... Mais lorsque nous arrivâmes, nous n'eûmes pas le temps de nous reposer. Découvrant le palais des représentants de la Terre, les Birghild, mes yeux bien qu'ouverts ne voyaient rien. Oreilles attentives aux instructions que l'on nous donnait, je restais silencieuse et suivais les autres. La nuit se passa, le matin fut difficile, mais je tentai de me concentrer cette fois-ci. Les instructeurs nous expliquèrent comment allait se dérouler cette semaine. Un programme bien chargé... L'enthousiasme des autres enfants n'était toutefois pas entamé. Chaque minute paraissait s'écouler en heure... Ce séjour à la capitale s'annonçait interminable... Et c'est peu dire... Un mauvais pressentiment venait à me susurrer au coucher que je n'étais pas prête de rentrer chez moi, à Gorka.

Vint le premier jour d'épreuve. L'air. Gorgés de testostérone, des jeunes hommes bombaient le torses. L'un de m'affectionna d'un sourire et d'un regard charmeur. Fronçant les sourcils, je détournai mon regard. Cette année, une princesse allait passer sa cérémonie, avais-je entendu dans les couloirs du palais des représentants de la Terre. La princesse Nymeria Drogon, fille du roi de Vainui, sa majesté Andar Drogon. C'est sur son entrée que se posa mon regard. Elle était magnifique... Son teint pêche se mariait avec ses mèches argentées et ses yeux clairs. Une lune en pleine nuit. Paisible et d'une démarche naturellement gracile. Un corps ondulé par des courbes féminines, un regard à la fois mystérieux et avenant. Une beauté que rien ne paraissait pouvoir égaler. Elle était bien entourée, ses épreuves se passeraient sans encombres. Elle ne serait pas laissée dans l'épreuve du Feu à se faire dévorer par les flammes insolentes et indomptables. Je soupirai. Ce n'était pas sa faute. Il fallait que j'enlève le souvenir de cette tragédie de mon esprit si je voulais passer mes épreuves. Au-delà de ce que signifiait la cérémonie pour moi, j'avais cette boule au ventre qui me tiraillait... Mon père a de la famille contrôlant l'eau, ma mère vient d'une lignée exclusivement de maîtres de la terre, aucun Exempt d'un côté ni de l'autre, aucun prodige mais aucun délaissé par les dieux. Une famille classique d'Oranda.

Ma grand-mère maternelle avait toujours dénigré ma sœur, la trouvant trop téméraire et insensible. En revanche, elle m'avait toujours assuré que Tarlyn avait un grand destin pour moi. Ma synergie avec la nature était puissante, je serais une grande maîtresse de la Terre si je me consacrais au développement de mon pouvoir. Or, je n'ai jamais sentis qu'une quelconque force tellurique m'aidait. Je n'ai jamais ressentis de flux d'énergie divine malgré ces heures passées près des arbres, des animaux, à m'endormir sur les épaisses branches, à m'occuper des bêtes comme on s'occupe d'enfants. Avec les paroles de ma grand-mère, ma généalogie, ceci couplé avec mon affinité pour la nature, j'aurais dû observer un signe, au moins un indice sur la possibilité d'avoir le don de la Terre. Rien. Jamais. Et ce n'était pas faute de l'avoir voulu. C'est alors que la question se pose : suis-je Exempte ? Suis-je le déshonneur de ma famille ? La tare qui viendra noircir le tableau ? Je sais bien que dans mon village, même Exempte, je serais acceptée. Mais c'est moi, qui aurait du mal à m'accepter. Notre nom n'a rien de prestigieux. Une simple famille de paysans... Mais j'ignore pourquoi, cela comptais pour moi, d'être bénie d'un élément. Ces quatre jours allaient être décisif pour moi. Pour tous les autres enfants. Mon destin allait se jouer. La première épreuve consiste à sauter de toits en toits dans un quartier de Lucrezia aménagé pour l'événement. Sous le regard des habitants et passants curieux mis à l'écart le temps de l'épreuve, nous allions tous nous élancer. Le premier toit paraissait simple. Il le fut. Le second devint plus risqué mais non sans mal, je parvins à me rattraper au dernier instant. Le troisième était plus haut. Plus loin. J'abandonnai. Redescendant, mine basse, je restai assise contre un mur à l'abri des regards, attendant que les autres ne terminent l'épreuve. Elle descendit, elle aussi. La naïade de Vainui.

La troupe qui rejoignait le palais des représentants de l'Air exaltait. Enfin, pas tous. Certains comprirent que Jahaliel ne les avaient pas choisis. Ils seraient certainement séparés de leurs familles. Envoyé dans une nouvelle région. J'ignore comment je réagirais s'il on me forçait à ne pas retrouver mes parents. A rejoindre une autre ville... Je ne voulais pas infliger cela à mes parents. Non. Impossible. Je préférais encore qu'ils me croient morte plutôt que de savoir que leur fille vivrait à des milliers de kilomètres d'eux. La nuit fut rude, certains se plaignaient de douleurs. Les chutes furent violentes, et surtout nombreuses. Je soupirai, indignée. Comment pouvaient-ils infliger cela à des enfants ? Certes, nous étions tous grands, mais les instructeurs savent que certains sont près à ignorer la prudence et la raison, dépasser leurs limites pour se donner absolument toutes les chances de déclarer un don. Ce procédé me révoltait ! La nuit fut courte, je me réveillais en sursaut, pleine de sueur. Il me fallait de l'air. Je quittai les dortoirs pour me rendre dans la cour que les quatre palais partageaient. Comme la connexion, une parfaite synergie où tous les éléments convergeaient, ce carré verdoyant semblait être le cœur d'Oranda. Tournant mon regard à l'Ouest, je voyais le palais des représentants de l'Air. Au Sud, celui des représentants du Feu. À l'Est se dressait celui de la Terre. Et en face de moi, au Nord, siégeait celui des représentants de l'Eau. Je souris à l'idée d'imaginer la princesse dans un dortoir commun avec les autres enfants. Je me doutais qu'elle devait avoir des appartements qui lui avaient été aménagés.

Le réveil fut difficile. Pour moi et ma promenade nocturne, et pour les infatigables téméraires qui étaient déjà tout courbaturés de leurs erreurs de la veille. Bizarrement, le jeune homme qui jouait de regards aguicheurs semblait moins enclins à penser aux filles et commençait à se dire qu'il allait devoir se concentrer s'il ne voulait pas passer à côté de son don. La fille dormant sur le lit juxtaposé au mien était à genou, les yeux fermés, mains à plat sur le sol. Je me mis à sa hauteur et posai ma main sur son épaule. « Tout va bien ? » Elle ouvrit les yeux et me regarda, souriante. « Cela dépendra d'aujourd'hui. Si je réussis ou non cette épreuve. » Intriguée, je ne pus m'empêcher de lui demander pourquoi. « Ta famille n'est pas à Gorka ? Ou tu ne souhaites pas les retrouver ? » Un sourire puis un soupir. « J'aime mes parents, si je pouvais choisir, je souhaiterais rentrer à la maison. Mais mon frère a été envoyé à Vainui l'an passé. Il est tout seul là-bas. J'aimerais le rejoindre. Alors je prie les dieux pour m'accorder de réussir cette épreuve afin de pouvoir le retrouver. » Je lui rendis son sourire. Elle acceptait cela comme une fatalité inéluctable. De voir sa famille éclater par différence de dons. Je trouvais cela dramatique. Je ne m'imaginais pas vivre loin de mes parents. Un instructeur vint nous inviter à presser la cadence, nous n'allions pas tarder à prendre la route pour le lac afin de passer l'épreuve de l'eau. Je me relevai et tendis une main serviable à la jeune fille. Elle la prit et se releva à son tour. Je la suivis alors que les autres descendaient rejoindre la cour. J'étais dans un état de stress croissant. Entre le manque de sommeil et mes craintes, je n'étais pas dans de bonnes dispositions...

La route fut longue, à traverser les routes et les sentiers. Une cohorte de candidats avançait en convoi jusqu'au lac où se déroulerait l'épreuve. « J'espère que tu y arriveras. » Dis-je à ma voisine pour l'encourager à croire en ses prières et son désir. Elle affichait un sourire mais bien moins sincère qu'au réveil. Cela se voyait sur son visage : elle voulait y croire, mais ne parvenait pas à se convaincre de sa réussite. Elle commençait à avoir peur. Je lui pris la main et la serrai pour la soutenir. Nous restâmes ainsi jusqu'à l'arrivée au lac. Les instructeurs nous demandèrent de nous disperser, d'enlever les vêtements qui pouvaient nous encombrer, les objets que l'on pouvait avoir emporté avec nous et tout ce qui pouvait gêner le déroulement de l'épreuve. Je gardais toujours la main de ma camarade dans la mienne. On nous demanda de nous disperser autour du lac et énonça les règles pour que l'épreuve se passe au mieux. Je dus lâcher sa main et nous nous éloignâmes l'une de l'autre. « Tu vas y arriver. » Lui dis-je avant que nous ne soyons plus à distance de murmure. Avançant vers le bord de l'eau je regardai à ma gauche. La princesse Nymeria Drogon était arrivée et se tenait prête à s'élancer dans cette épreuve. Enfin prête... Assez proche d'elle, je me permis de m'adresser à elle, innocemment. « Êtes-vous impatiente de passer cette épreuve ? » Lui demandai-je en souriant. Je m'abstins de la nommer par son titre. Car elle ne s'était pas présentée personnellement à moi et je trouvais déplacer d'utiliser son nom par simple fait qu'elle était un personnage public. Peut-être que ça lui déplairait, mais peut-être que ça lui ferait plaisir de ne pas être vue seulement à travers son titre...

#Sanie #Vanka


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Dernière édition par Eden'El Lumnar le Dim 12 Mar - 16:25, édité 3 fois
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~#~Sujet: Re: [Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon Sam 4 Mar - 1:46





| flashback |
Eden'el & Nymeria



Ce soir là, la lune s'était mise à son zénith pour une occasion bien particulière : Nymeria, Princesse de Vainui, fille du Roi Andar, venait tout juste de fêter sa 15eme année. La princesse resplendissait  dans une robe fluide toute en taffetas de soie azur et fil d'or. Ses cheveux blonds presque blancs étaient tressés de sorte à ce qu'ils forment un épais chignon sur le dessus de son visage encore pourvue de ses traits enfantins. La liqueur de miel, communément appelée Hydromel coulait à flot, les convives, amis et autres nobles proche de la couronne, semblaient se régaler. Andar dominait l'assemblée par sa beauté et sa prestance, il était si heureux qu'il en avait presque les larmes aux yeux. Nymeria observait ses invités, assise avec grâce sur une chaise ornée de précieuses pierres et de tissus raffinés. Même si la musique faisait valser plus de la moitié des convives, la princesse n'avait pas envie de se joindre à eux, son esprit était orienté vers les semaines à venir : en effet, ayant à présent atteint l'âge requis, elle allait devoir participer à la prochaine Cérémonie. Des nobles s'approchèrent, doucereux, de la princesse pour la saluer une nouvelle fois et lui souhaiter un bon anniversaire. Celle-ci les remercia chaleureusement, leur gratifiant un large sourire.

La lune commençait à redescendre pour laisser place à l'astre le plus chaud tandis que la salle se vidait et que la princesse somnolait sur son siège, un verre d'hydromel à la main. Une domestique vint, sur ordre du Roi, proposer à Nymeria d'aller prendre du repos. La jeune femme consentis à suivre sa domestique, elle envoya un baiser à travers la salle du bal en direction de son père et salua d'une révérence ceux qui la regardaient partir. Cette soirée l'avait épuisée et la liqueur semblait lui faire tourner la tête. La domestique détacha doucement les cheveux soyeux de la princesse avant de les brosser et d'aller lui chercher une robe de nuit. Nymeria la congédia d'une révérence et alla emmitoufler dans son grand lit à baldaquin.

. . .
Les semaines qui suivirent son anniversaire passèrent à une vitesse folle si bien que la veille de la première épreuve arriva. La princesse n'était pas spécialement angoissée à l'idée de passer les épreuves, elle savait au fond d'elle qu'elle avait été choisie par Glorë, déesse de l'eau.  Depuis une semaine déjà, des formateurs étaient venus préparer la princesse pour qu'elle sache ce qui l'attendait. Ils lui avaient assurés qu'elle ne serait en aucun cas en danger et l'avaient doublement assuré au Roi qui était sans doute le plus inquiet des deux. L'innocence et l'assurance de Nymeria semblait lui esquiver bien des angoisses, jamais un instant elle n'a songé à être exempt ou appartenir à un autre élément. C'était une évidence, l'eau la choisirait puisqu'elle avait choisit l'eau.

Le matin du premier jour de la cérémonie, on avait tiré tôt la princesse de son sommeil. Celle-ci ne put s'empêcher de ronchonner, son lit douillet ne voulait pas la quitter... ou peut-être était-ce l'inverse. Les domestiques s'étaient attelés à lui préparer un bain décontractant et une tenue adaptée à l'épreuve. Tandis que Nymeria s’éveillait tranquillement dans l'eau tiède de la salle des bains, ses suivantes  discutaient entre elles des dernières modifications à faire sur la tenue de la princesse. Celle-ci, légèrement agacée de les entendre pailler  sortie précipitamment et s’emmitoufla dans un peignoir en coton. On s'occupa de la princesse, ses cheveux furent soigneusement attachés afin qu'ils ne la gênent pas pendant l'épreuve, elle revêtit un pantalon en peau confortable et une tunique en lin teinte en noire. Le début de la cérémonie ne tarderait pas à commencer, la princesse, accompagnée bien entendue de ses gardes, de son père et de l'une de ses suivantes, se mirent en route pour Lucrezia.

La première épreuve avait pour but de révéler les enfants bénis par le don de l'air : il fallait donc monter sur les toits des habitations selon un parcours précis, traverser les toitures et sauter pour atteindre les autres bâtiments. La princesse pensait sincèrement, à cet instant, que ce n'était qu'une perte de temps pour elle, mais Nymeria ne dit mot et se plia, comme tous les enfants d'Oranda à la tradition. Il n'était pas commun pour elle de se retrouver entourée uniquement d'enfant du peuple, ces derniers semblaient surexcités à l'idée de passer l'épreuve, le calme de la princesse créait un contraste énorme. Le top départ fut donné et l'épreuve commença. On lui avait de nouveau assuré que rien ne lui arriverait si jamais elle venait à glisser ou pire, tomber. C'est donc sereine que Nymeria s'élança vers le premier toit. Tout le monde le traversa sans grande difficulté, la jolie blonde se fondait dans la masse de ses enfants turbulents. Elle osa jeter un regard vers le bas et surpris son corps en train de se crisper. La hauteur ne semblait pas être appréciée par l'enfant d'Andar. Refusant de baisser les bras si vite, elle inspira profondément et avança encore sur quelques bâtiments avant de s'arrêter net face au faussé qui séparait la toiture sur laquelle elle se trouvait et la suivante. Nymeria jeta un coup d’œil derrière elle, certains avaient déjà abandonnés. La princesse fit signe de la main en direction de son père pour que l'on vienne la chercher. Une fois sur la Terre ferme, elle se détendit quelque peu. Ses mains et ses genoux étaient égratignés, elle avait trébuché plusieurs fois en étant là haut, sans doute que son père avait manqué de s'étouffer à ces moments là. La princesse observa, fascinée, les enfants visiblement doté du don de l'air traverser sans effort les toitures de plus en plus éloignée. Sans doute est-ce là qu'elle se rendit compte qu'elle voulait en savoir plus sur les autres éléments.

La fin de l'épreuve fut officialisée et les enfants furent reconduits dans leurs habitations temporaires. Nymeria prenait la route, toujours accompagnée de son père, vers ses appartements. Une fois au palais, les domestiques s'offusquèrent de voir l'état des mains de la princesse, ils lui avaient fait préparer un bain à base de plantes guérisseuses, une fois son bain pris et sa peau recouverte d'un doux voile cicatrisant, d'autres domestiques virent masser les muscles de la princesse afin de lui éviter les courbatures. Le grand jour pour elle ne serait que le lendemain. Elle s'endormit sans peine en toute quiétude.

De nouveau, on fit levé Nymeria très tôt, mais ce matin là, elle était pleine d'énergie et d'entrain. De bonne humeur, elle salua chaleureusement ses suivantes et se laissa docilement laver, coiffer et habiller. La tenue qu'on lui avait préparée ressemblait fort à celle de la veille, quoi que le pantalon en peau de bête avait été remplacé par un bas en coton qui sera moins lourd une fois mouillé. L'épreuve de ce jour était celle de l'eau. Les enfants allaient devoir plonger dans une eau trouble et sans aucun doute glacée afin d'y retrouver des objets plus ou moins lourd et de les remonter à la surface. La longue tignasse de  Nymeria avait été tressée contre son crâne afin de lui dégager le visage, il était impossible qu'une quelconque mèche viennent perturber la princesse pendant son épreuve. Le palais était en ébullition, ils attendaient tous avec impatience ce jour. La jeune fille se surprit à finalement questionner ses aptitudes à  la nage... Elle repoussa d'un mouvement de tête ses mauvaises pensées et suivit le groupe tandis qu'ils l'emmenaient à la rivière.

Une fois arrivée, Nymeria reconnut quelques visages qu'elle avait croisé la veille. Seule, sans son père ni ses domestiques, devant l'eau, elle inspira profondément, priant en secret Glorë de lui accorder sa bénédiction. Une jeune demoiselle, blonde elle aussi s'approcha timidement de Nymeria et lui adressa la parole. La princesse fut d'abord très surprise, on lui avait dit qu'il y aurait peu de chance pour que les enfants du peuple ose lui adresser la parole, mais cela lui fit chaud au cœur de voir que cette demoiselle ne s'arrêtait pas à son titre. Elle lui avait demandé si Nymeria était pressée à l'idée de passer l'épreuve. La princesse prit quelque secondes avant de répondre, observant la rivière d'un air absent. Elle posa ses deux mains, blanches comme neige, sur sa tunique au niveau de son cœur et se tourna vers son interlocutrice.  « Je crois bien que oui. Mais comme tout le monde, j'ai peur de décevoir. » avoua-t-elle à demi-mot. Nyméria sourit à la jolie blonde en face d'elle et le début de l'épreuve fut annoncé.
CREDITS IMAGES: ICI ○ CREDITS FICHE: ROMANE




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~#~Sujet: Re: [Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon Dim 5 Mar - 2:10

Nymeria Drogon
&
Eden'el Lumnar


L'eau, notre berceau
Le monde était façonné ainsi : profite du temps passer auprès des tiens, car peut-être, le jour de ta quinzième année, tu pourrais ne jamais plus les revoir. Ne jamais les revoir... Cela me fendait le cœur : si comme ma sœur, j'en venais à mourir lors de ces épreuves ? Alors que la foi de certains grandit en ces jours bénis où l'on reçoit notre don, la mienne était en train de choir. Je ne voulais pas savoir, au fond... Si j'étais exempte, retourner chez moi relèverait de l'impossible... Si je me révélais d'un autre don que celui de la Terre, alors je serais séparée des miens. La majorité des personnes ici présentes, des population et des cultures acceptaient cela. C'est une chose normale, à laquelle nous sommes sensiblement tous consentants. Quelque chose ne devait pas tourner rond chez moi... Pour que je remette tout ce système avec lequel j'ai grandi en cause. Quelque chose clochait chez moi... J'avais peur, finalement. Peur d'échouer... « Je crois bien que oui. Mais comme tout le monde, j'ai peur de décevoir. » Prononça d'une voix silencieuse et cristalline la princesse, mains jointes sur son cœur. Peur de décevoir ? Je ne l'imaginais pas échouer. Mais il est de notoriété publique que la famille Drogon est très soudée. Si elle se révélait ne pas être Eau, cela détruirait probablement toute sa vie... Je n'avais pas la chance d'être portée par une destinée toute tracée. Je ne suivais aucun clou. Si je n'étais pas Terre ? Si je parvenais à réussir cette épreuve ? Ou  - soyons fous - celle du Feu, peut-être découvrirai-je mon chemin, la destinée que les dieux ont choisi pour moi...

Réussir au moins l'une des preuves, qu'avais-je à perdre à essayer ? Mon élément de prédilection arriverait en dernier, mais si je ne me donnais pas à 100% dans les deux prochains jours, le risque de devenir Exempte serait bien trop élevé. Je ne pouvais pas compter sur le faible espoir que Tarlyn me prenne en pitié... Je ne me suis jamais montrée très pieuse. Seulement proche de la nature. Cela n'avait rien de cérémoniel et je ne ressentais pas de réel lien spirituel comme me le décrivaient mes parents. Eux, très jeunes ils avaient su. Bien qu'issu d'une famille Eau de Vainui, mon père avait toujours senti une connexion forte entre lui et les animaux. Je savais être proche d'eux, les comprendre, mais de là à parler de véritable lien spirituel... Pas vraiment. La peur commençait à me nouer l'estomac. « Je n'ai pas peur de décevoir... j'ai peur tout court. » Avouai-je en murmures, les yeux rivés vers le lac dans lequel nous allions devoir nous immerger. J'ignorais si elle avait pu m'entendre. Mais le fait qu'elle-même, une princesse, lignée royale, cela me faisait comprendre que nous n'étions finalement pas maîtres de nos destins et que se fermer des portes pouvait nous faire passer à côté de bien des choses. Il fallait que je m'accroche et que je tente de réussir ces épreuves. Déterminée, je fixais l'eau opaque. Concentrée, je tentai de me convaincre que je devais donner le meilleur de moi-même. Peut-être était-ce là une erreur, l'erreur que font tous les enfants doutant de leurs capacités. C'est vrai que pour beaucoup, mieux valait être mort qu'Exempt. Je n'en étais pas à ce point, mais bercée par l'idée que mon existence avait un intérêt - ne serait-ce que minime - pour les dieux, ou au moins Tarlyn, me forçait à croire que je réussirai l'une des épreuves si je me donnais à fond. Dans tous les cas, on viendrait m'aider si jamais ça venait à mal tourner ? Pas vrai ? Certes, cette eau est sombre, mais les instructeurs savent comment nous aider, pas vrai ? Ils sont là pour ça. Ils n'ont pas réussit à sauver ma sœur, mais il devait y avoir eu un incident, une faille. Là, tout se passait bien, pas vrai ?

L'annonce parvint à nous : le départ était lancé. Tout le monde se précipita dans l'eau. Je la trouvais tempérée. Fraîche, mais c'était soutenable. Le climat de Dahud était très clément, il faisait souvent chaud, ou doux. Rarement de grands froids qui allaient geler les eaux. J'ai toujours aimé le contact de l'eau. Plonger se fit sans hésitation pour moi. Les sons devinrent sourds, c'était reposant. J'ouvris les yeux, mais seules des ombres, des courants me guidaient. Je crois que la princesse Nymeria était devant moi. Mais elle nageait bien mieux et bien plus vite. Allais-je arriver au fond ? Oui ! À tâtons, j'essayais de trouver un objet. Je ne me saisis que d'une pauvre algue. Ah ! J'ignorais de quoi il s'agissait, mais cela me paraissait être assez volumineux pour faire partie des objets que l'on pouvait remonter à la surface pour... Le souffle me manquait. Ma cage thoracique sembla se compresser. Il me fallait de l'air ! D'une propulsion depuis le fond, je me donnai un élan afin de remonter au plus vite. Mais la descente fut plutôt longue. Le peu d'air qui restait dans mon corps s'évapora dans le lac en de petites bulles d'air. Un réflexe de survie me força à inspirer. Les yeux écarquillés, comprenant le prix de ma témérité, je perdis connaissance. Peu à peu, mes paupières se fermèrent et je retombais dans les profondeurs du lac. Personne n'allait remarquer mon absence avant le retour à la capitale. Ma sœur aura périt par le feu, périrai-je par l'eau ? On ne peut décider de son destin, on ne peut forcer la nature. J'aurais dû réfléchir et garder mes compétence en mémoire. J'étais plutôt douée en apnée, mais je n'étais pas une enfant de Glorë. Mon audace allait donc être ainsi puni.

#Sanie #Vanka


Dernière édition par Eden'El Lumnar le Ven 10 Mar - 1:29, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: [Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon Dim 5 Mar - 16:03





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Eden'el & Nymeria


La princesse prit un instant pour observer la jolie blonde qui se tenait à ses côtés. Son visage était lui aussi doté de traits encore enfantin, elle respirait l'innocence, si Nymeria était souvent comparé à la lune, cette demoiselle lui faisait plutôt penser au soleil même si son visage n'était pas rayonnant. Bien au contraire. Elle avait le visage fermé et semblait très sérieusement appréhender cette épreuve, ou peut-être les épreuves en règle générale. Était-elle une enfant noble ou venait-elle d'une famille de paysans ? A en juger par ses vêtements, sans doute que la seconde option était la bonne. La princesse se senti presque gênée de porter des vêtements de si grandes qualités quand on savait comment ils allaient terminer. Elle ne put détacher son regard de la jeune fille, fascinée par cette aura d'innocence. Celle-ci avait les yeux rivés sur le lac trouble et murmura si bas que Nymeria faillit ne pas l'attendre. Elle avouait avoir peur. Le cœur de la princesse se serra, elle eut envie de prendre ce chaton dans ses bras, mais se retint. Elle se jura intérieurement de garder un œil sur cette demoiselle pendant l'épreuve, ou du moins de l'encourager une fois ou deux.

On donna le départ de l'épreuve, la princesse plongea, la tête la première dans l'eau trouble. Celle-ci n'était pas tant froide, mais pas non plus chaude. La température ne lui glaça pas le sang. Naturellement, elle fondit dans l'eau et se rapprocha du fond du lac, Nymeria distinguait de vagues formes opaques, sans doute les objets cachés que les enfants devaient ramener à la surface. Ses vêtements ne la gênaient pas dans ses mouvements, ils formaient sur elle une seconde peau qui n'alourdissait pas de trop son corps. La princesse tendit les mains pour attraper ce qui lui semblait être un petit coffre, comme un coffre à bijoux. D'un coup de pied dans le fond du lac, elle remonta rapidement à la surface alors que l'air commençait à lui manquer. Une fois la tête en dehors de l'eau, elle se laissa flotter jusqu'à la rive afin de déposer son petit coffre et tourna son regard, elle cherchait la demoiselle blonde. La princesse fronça les sourcils, elle était pourtant persuadée qu'elle la suivait de près, mais aucune tête aux cheveux d'or ne se trouvaient en dehors du lac, si elles étaient entrées ensemble dans l'eau, elle aurait déjà dû en sortir.

Sans y réfléchir à deux fois, contrôlée par un mauvais pressentiment, Nymeria plongea de nouveau, oubliant presque de récupérer les objets, elle cherchait dans l'eau trouble la demoiselle. Peut-être s'était-elle emmêlée  dans des algues ? Ses eaux troublent ne lui permettaient pas de voir clairement ce qui se trouvait devant elle, mais elle semblait distinguer une masse plus grosse qu'un objet, sur le dessus, flottaient des algues claires. Nymeria s’élança et une fois à sa hauteur, elle se rendit compte que c'était cette fameuse demoiselle, les yeux clos, qui coulait au fond du lac. Elle prit le corps leger sous l'un de ses bras, priant Glorë de ne l'avoir pas encore prise avec elle. Mais alors que Nymeria allait remonter à la surface, elle vit un petit objet scintillant, elle fila vers lui, le corps toujours sous le bras, l'attrapa, et, d'un nouveau coup de pied, remonta à la surface.

La princesse balança son second objet sur la rive tout en nageant le plus vite possible pour rejoindre celle-ci. Elle étendit de son mieux le corps de sa camarade et constata que celle-ci était plus que blême, elle était bleue et inconsciente. La plupart des spectateurs avaient les yeux rivés sur Nymeria, mais alors qu'elle avait remonté le corps de cette jeune fille, personne ne semblait lui venir en aide. « Qu'est-ce que vous attendez ? » demanda-t-elle, déroutée. Personne ne réagit. La princesse se pencha au dessus de sa camarade afin d'y entendre peut-être un souffle, mais rien, le silence complet. Elle se redressa et fixa d'un air qui ne lui ressemblait pas les supposés sauveteurs. « Qu'est-ce que vous attendez ?! » hurla-t-elle.

On vint alors en aide à l'enfant. Nymeria s'écarta, regardant, inquiète, le corps de sa nouvelle amie bleuir un peu plus à chaque seconde. Des maîtres des eaux usèrent de leur don pour extraire l'eau trouble du lac des poumons de l'enfant, la princesse les regardait, fascinée. Elle jeta cependant un œil au second objet qu'elle avait ramené, c'était un miroir. Celui-ci était de faible qualité. Elle se rendit alors compte que l'épreuve n'était pas terminée et qu'elle n'avait peut-être ramenée assez d'objet pour réussir. La princesse jeta un dernier regard vers sa camarade avant d'avancer de nouveau vers l'eau mais une main sur son épaule la retint. Un formateur lui expliqua qu'elle n'avait plus assez de temps pour y retourner et que, de toute évidence, elle avait réussit l'épreuve puisqu'elle avait repêchée l'une de ses camarades.

Soulagée, Nymeria tomba à genoux. Elle priait à voix haute. «  Glorë. Aies pitié de cette enfant, je t'en supplie. » elle leva les mains au ciel. «  Elle n'est sans doute pas une enfant de l'eau, mais ne la prends pas de ci-tôt. Elle est si jeune... » Du coin de l'oeil, elle vit les maîtres des eaux s'éloigner du corps de sa camarade qui semblait avoir repris des couleurs. La princesse courut vers celle-ci et s'agenouilla à ses côtés, prenant l'une de ses mains mouillées dans les siennes. Elle refusait de détourner un instant son regard de ce visage si innocent. Elle aurait voulu lui parler,  mais un brouhaha se créa au moment où la fin de l'épreuve fut annoncée. Les enfants quittèrent, un à un, le lac. Ils étaient sales. Nymeria se rendit compte qu'elle aussi l'était. Ses cheveux pourtant si blancs d'habitude étaient gras et brunis par les déchets, mais elle n'en avait que faire. L'une de ses domestiques s'approcha d'elle et lui tendit le bras pour qu'elle prenne la direction de la calèche.  « Non. » lâcha-t-elle. « Je reste avec elle jusqu'à ce qu'elle se réveille ! »


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~#~Sujet: Re: [Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon Lun 6 Mar - 12:31

Nymeria Drogon
&
Eden'el Lumnar


L'eau, notre berceau
Mes dernières pensées vinrent à ma chère défunte sœur... Elle qui était une véritable tempête extravertie et joviale, une fille qui aurait profité de la vie mille fois mieux que moi. Même si ma douceur et mon regard auparavant pétillant apportaient de sincères sourires aux gens qui m'entouraient, c'est mon aînée qui menait la danse et m'incitait à plus d'extravagances et d'aventures. Elle enrayait ma tendance à toujours rester seule dans mon coin, à voguer dans la forêt en prenant les arbres et les animaux pour mes amis. Sa disparition soudaine m'avait laissé un vide bien plus difficile à combler que je n'aurais pu l'imaginer. Enfin non, jamais je n'aurais imaginé qu'elle ne quitte ce monde si tôt. Je n'ai jamais vu ma vie autrement qu'avec elle et mes parents, dans ce petit village au cœur de la forêt fluorescente où rien ne se passait vraiment. Quelques fêtes de villages, mais rares étaient les drames, les grandes occasions, les grandes nouvelles qui changeraient nos journées. J'aimais cette simplicité. Cette plénitude. Cela ne faisait que quelques jours que je m'étais aventurée dans ce voyage pour passer ma cérémonie, mais il me paraissait s'être écoulées de longues et interminables semaines depuis mon départ... Je revois le visage de mes parents. Mon père silencieux, comme à son habitude, mais la mine basse. Ma mère, quelques mots d'encouragement auxquels elle peinait à croire, une embrassade et plus un regard. Pensaient-ils eux aussi que je ne reviendrai pas ?

Petit à petit, mon corps sombrait jusq'à atteindre le sable tapissant le fond du lac. J'ignore combien de temps s'était écoulé, je n'avais qu'un voile noir en guise de linceul et cette fraîcheur qui m'enveloppait. Un véritable trou noir dans lequel on me ramena à la surface. Déposée sur la bordure du lac, l'o s'occupa de moi. Une violente douleur m'arracha une violente toux et une suffocation partielle. L'eau avait quitté mon corps. Endoloris, éreintée, je gardais ce voile noir sur mes yeux. Un voile dont je ne pouvais me défaire, dont je ne voulais me défaire. Une main délicate vint prendre la mienne, mais je n'entendais ni voyais rien. Il me parut déceler les traits de ma sœur. Elle qui veillât sur moi, elle pour qui j'acceptais d'endosser les bêtises afin que ne tonnent pas mes parents sur elle. Je crus prononcer son nom, mais elle se déroba... le voile reprit sa place. Je n'entendais ni les bruits, ni ne sentais les tumultes du trajet retour vers Lucrezia. Toutefois, je sentais comme une présence bienveillante, rassurante. Quelques heures passèrent. Mes paupières, non sans difficultés, parvinrent à s'ouvrir. Le calme était de mise, tout le monde devait être parti se restaurer. Le dortoir était vide. Enfin, pas totalement. Je vis la princesse Nymeria à mon chevet. Stupéfaite, je me redressai un peu trop rapidement et je sentis une douleur à ma poitrine me rallonger sans sommation. « Princesse... que faites-vous ici ? » Demandai-je, étonnée, entre deux gémissements de douleur. Mon visage était pâle, bien plus qu'à son habitude, et ma voix légèrement brisée par les événements. Sa présence m'intriguait, mais son regard parut répondre à mes questions. Ce devait être une personne qui se souciait des autres. M'avait-elle sauvée ? La séparation des enfants passant la cérémonie était stricte, aucun dérogation ne pouvait se faire. Nous allions dans le palais des représentants de notre région d'origine. Comment avait-elle fait pour entrer ici ? Au palais des représentants de la Terre ? Certes, elle était princesse, mais lors de la cérémonie, elle devait se plier aux mêmes règles que nous. Mais sa présence n'était pas pour me déplaire, bien au contraire. J'étais contente qu'elle puisse être à côté de moi. Nous ne nous connaissions pas, n'avions échangé quelques mots, mais elle me semblait être une personne de bien. La gentillesse et l'altruisme émanaient presque de sa personne.

Peu importait que l'on parvienne à dévoiler une marque, on ne deviendrait libres qu'une fois cette mascarade terminée. Elle ne se terminerait pas pour tout le monde avec une marque... Certains même y resteraient. Cela avait failli être le cas pour moi aujourd'hui si on ne m'avait pas sauvée... Moi qui pensait avoir une once de connexion avec l'eau, je m'en retrouvais bien déçue. Et si j'étais une Exempte ? Ceux pour qui la fin de la cérémonie signait une chute sociable inéluctable ? Je préférais encore être séparée de ma famille, devoir quitter Gorka pour toujours plutôt que de finir esclave de quelqu'un. Car même si la liberté était délimitée par nos ancêtres et nos aînés d'aujourd'hui, cela valait toujours mieux que de ne devoir exister qu'à travers un maître. Servir n'était pas une chose qui me rebutait. Mais le fait de devoir obéir à une personne autre que mes parents et de ne plus jamais pouvoir profiter des choses que j'aime comme je l'entendais, cela me terrifiait. Le poing serrait, je ne pus m'empêcher de penser à l'épreuve de demain : si ce jour avait manqué de prendre ma vie, qu'allait-il en être de demain ? Je ne voulais pas y aller. Impossible. Je ne passerai pas l'épreuve du feu. Je n'y mettrai pas un pied. Je quitterai le palais cette nuit. Bien que le visage fatigué, les traits tirés, j'affichais un regard déterminé, entouré d'une once de colère envers ce système. Cette cérémonie... Persuadée que les marques devaient apparaître naturellement et non de façon forcée quitte à y laisser notre peau. J'étais prête à vivre en errance jusqu'à ce que ma marque apparaisse plutôt que de me risquer à passer l'épreuve du feu. Comme ça, si finalement je me révélais Exempte, j'aurais au moins une chance de parvenir jusqu'à Gorka sans me faire attraper et vendre... Mon ignorance et ma naïveté devaient faire rire... Mais à l'instant, je croyais cette idée faisable. Ceci était totalement fou, illégal, et pourrait coûter cher à quiconque m'aiderait, voire également à ma famille. Cependant, je ne me sentais pas capable d'aller jusqu'au bout de cette semaine. Je ne voulais pas mourir.

#Sanie #Vanka


Dernière édition par Eden'El Lumnar le Ven 10 Mar - 1:30, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: [Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon Mar 7 Mar - 22:25





| flashback |
Eden'el & Nymeria



La princesse était solidement accrochée à la main de sa camarade, elle repoussait tout ceux qui essayaient de l'en éloigner. Elle à qui pourtant on apprenait chaque jour à s'en tenir au protocole, refusait de s'en tenir aux règles et de retourner au palais. Les enfants, durant les épreuves, devaient être séparés en fonction de leur affiliations respectives. Mais Nymeria refusait catégoriquement de quitter cette enfant, elle n'hésita pas à accuser les sauveteurs d'un ton amer, leur reprochant leur temps de réaction. Si Nymeria avait été à la place de cette petite blonde, le peuple tout entier se serait sans aucun doute jeter dans l'eau pour venir la secourir, pourquoi n'était-ce pas le cas pour l'autre jolie blonde ? Sans doute fille de paysans, certes, mais sa vie avait autant de valeur que celle de n'importe qui, sa vie comptait, peu importe son rang. Au yeux de la princesse, les agissements tels quels étaient inadmissibles et elle se jura de se souvenir de ce moment pour ainsi en parler à son père et peut-être faire corriger ces affreux ''sauveteurs''. Mais avant cela, elle ne céderait pas aux ordres et ordonna qu'on l'emmène avec la demoiselle s'il le fallait.

Face à son entêtement, ses domestiques et les autres finirent pas céder. Nymeria lâcha la main de la demoiselle, toujours inconsciente, le temps que celle-ci soit conduite dans la calèche qui allait les ramener à Lucrezia. Elle ne lâcha pour autant pas un instant sa camarade des yeux, craignant à tout instant qu'on l'emmène loin de la princesse. Nymeria ne savait pas vraiment pourquoi elle agissait de la sorte, cette demoiselle, elle ne la connaissait que depuis la veille, pourtant, elle se sentait intimement proche de celle-ci et était intimement convaincue qu'elle allait avoir besoin de réconfort à son réveil. Le chemin jusqu'à Lucrezia se fit en silence, la princesse avait fait positionner la tête de sa camarade sur ses propres genoux, les formateurs avaient désapprouvés, trouvant cela dégradant pour une demoiselle de son rang. Nymeria s'était contentée de lever les yeux au ciel. Le trajet lui parut étrangement long, elle finit par briser le silence pour demander plus d'informations sur la demoiselle au formateur qui se trouvait en face d'elle. « Vous êtes son formateur n'est-ce pas ? » celui-ci acquiesça poliment. «  Parlez moi d'elle. »

C'est ainsi que Nymeria apprit enfin le prénom de cette enfant : Eden'El. Un prénom original qui sonnait merveilleusement bien à l'oreille. La princesse caressait d'une main maternelle les cheveux d'Eden'El tandis qu'elle écoutait le formateur de cette dernière lui expliquer qu'elle venait du village de Gorka, le peuple bénie par la déesse Tarlyn. C'était donc une enfant de la Terre qui se trouvait allongée sur les genoux de  Nymeria. Pas étonnant qu'elle n'ait pas réussit l'épreuve de l'eau, sans doute était-elle destinée à être une enfant de la Terre, comme ses parents. Ils arrivèrent enfin à Lucrezia, après un long moment de route. La princesse était fatiguée et se sentait terriblement sale, mais elle tenta de faire fi de cela et resta sourde aux ordres qui lui disaient de retourner dans son palais. Elle se contenta de suivre le formateur d'Eden'El qui ramena celle-ci vers son dortoir. La princesse n'était jamais entrée dans un dortoir, elle découvrit, stupéfaite, de pauvres lits superposés et entassés aux quatre coins de la pièce. Les enfants présents s'étaient tuent à son entrée, Nymeria ne dit rien. Une fois qu'Eden'El fit posée sur le lit qui était sans doute le sien, ou du moins, celui qu'on lui avait attribué, la princesse reprit sa place à ses côtés et lui prit de nouveau la main.

Les heures passèrent. Finalement, les enfants de la Terre avaient bravés leur timidité et étaient venu discuter avec la princesse, ils lui avaient même apporté un petit siège pour que celle-ci puisse être un minimum confortablement installée près de sa camarade. Nymeria leur posa de nombreuses questions, elle ne connaissait pas grand chose des villages de Gorka et ces enfants semblaient satisfaits de pouvoir en discuter avec elle. Cela lui fit chaud au cœur. Nymeria avait l'impression de pouvoir se sentir chez elle partout et se promit de visiter prochainement Gorka qui, d'après ce qu'on lui avait raconté, semblait posséder des paysages merveilleux et pleins d'autres qualités. Les enfants furent finalement appelés dans la grande salle pour aller manger, la princesse resta assise près d'Eden'El tandis que le dortoir se vidait. Elle jeta un regard par la fenêtre, la lune, cet astre si seul et si beau c'était finalement levé. Le lendemain avait lieu l'épreuve du feu et Nymeria ne serait sans doute pas très en forme, elle espérait au plus fort d'elle que Glorë l'avait déjà prise sous son aile et que son altruisme et égoïsme ne lui seront pas sanctionné.
Eden'El remua finalement, ce fut d'abord un battement de paupières, puis finalement ses petits yeux encore sonnés s'ouvrirent. Elle ne se rendit pas immédiatement compte de la présence de Nymeria à ses côtés, mais quand ce fut le cas, Eden se redressa si vite que son corps dû lui faire mal puisqu'elle retomba aussitôt. La princesse s'était levé d'un bond, alarmé par la pâleur de l'enfant. Elle lui avait simplement demandé ce que Nymeria faisait ici. Celle-ci lui répondit d'un sourire presque triste avant de revenir aux côtés de sa camarade et de lui prendre de nouveau la main. « Tu m'as fait une sacrée  frayeur, Eden'El. » elle baissa les yeux, se rendant enfin compte de ce qu'elle avait fait. Si Nymeria n'était pas intervenue, sans doute que cette créature si innocente serait encore au fond du lac, emportée par la méchanceté de Glorë et par faute de rang, n'avait pas été sauvée.

« Je ne devrais pas être ici tu sais. » murmura-t-elle finalement. La princesse avait toujours les cheveux sales, ses vêtements avaient fini par sécher mais lui collaient à la peau, elle se sentait terriblement mal à l'aise, elle qui était pourtant habitué au confort et au luxe. «  Mais je me suis battue pour rester à tes côtés jusqu'à ce que tu t'éveilles. Je ne voulais pas te laisser avec... eux. » Elle jeta un regard en direction de la porte du dortoir, elle parlait bien évidement des formateurs, ces derniers n'avaient pas fait un geste en direction de la demoiselle quand la princesse l'avait sortie inconsciente de l'eau. « Je ne leur fait pas confiance. » murmura-t-elle si bas que Nymeria se demandait si Eden'El avait pu l'entendre.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon Jeu 9 Mar - 23:54

Nymeria Drogon
&
Eden'el Lumnar


L'eau, notre berceau
La douleur semblait décidée à me clouer au lit. Au point où en étaient le règlement, je ne pense pas que mon manque de tenue face à la princesse ne paraisse insolent ou irrespectueux... En tout cas je l'espérais. On pourrait penser qu'une personne de sa position était inatteignable. Je n'ai jamais pensé pouvoir rencontrer, m'approcher et encore moins parler avec une princesse. Mais finalement, les seules barrières venaient de la bienséance. Car Nymeria me paraissait être quelqu'un de tout à fait sociable et soucieuse des autres. Le fait qu'elle ait bousculé les règles en se trouvant ici, pour moi, me flattait et pourtant me gênait quelque part... J'avais peur d'être tenue responsable pour ses agissements vis-à-vis de moi. Toutefois, cela ne m'empêchait pas d'apprécier de la trouver à mes côtés en me réveillant. Un sourire attristé, elle prit ma main. « Tu m'as fait une sacrée frayeur, Eden'El. » Ses yeux se baissèrent, donnant un air grave à son visage. Ça l'était ; grave. Ma persévérance impulsive avait failli me coûter la vie ! On pourrait mettre mon inconscience sur le coup de mon jeune âge... Mais cette tendance à toujours finir dans des situations désastreuses allait me poursuivre jusqu'à la fin... Comme si les doigts d'une fée maléfique tissaient un destin d'embûches et d'obstacles que j'avais l'impertinence de penser pouvoir traverser. Une part d'orgueil, de volonté d'avancer, une envie de vivre et de ne pas m'arrêter aux premières difficultés. Pourtant, j'aurais dû m'arrêter... Penser que si l'aller dans cette eau trouble était déjà compliquée, le retour serait forcément encore plus difficile. Voire insurmontable. À trop rentrer dans leur jeu de provoquer la manifestation d'un don, je m'étais mise en danger de façon inconsidérée. De plus, dans l'eau opaque, personne n'aurait à la surface n'aurait pu voir que j'étais en difficulté... Je compris que c'était la demoiselle aux cheveux argentés qui m'avait sortie de l'eau.

Un court silence s'était immiscé entre nous. Un silence presque religieux qui nous permis en quelque sorte de réaliser que tout cela avait eu lieu : elle m'avait sauvé la vie. Sans elle, je ne serais pas ici. « Je ne devrais pas être ici, tu sais. » Ses mots vinrent à voix basse faire écho à ma pensée. Je portai mes yeux sur elle, la jaugeant. Dans cet accoutrement, Nymeria avait beau ne plus avoir l'aura clamant son rang, elle restait d'une allure royale. Ces personnes devaient avoir cela dans le sang : cet air soucieux, contemplatif et conscient de son devoir. Un air sérieux et tendre à la fois ornait son visage. Un sourire se dessina sur mes lèvres et j'acquiesçai d'un signe de tête. Effectivement, elle ne devrait pas être là. Sa place était au palais des représentants de l'Eau, surtout elle. Une princesse ne partageait sûrement pas le confort discutable des dortoirs communs. En un sens, cela me rendait triste pour elle : allait-elle être ainsi isolée des autres toute sa vie ? Nymeria avait l'air d'être ouverte, philanthrope. Mais son rang devait l'obliger à se tenir à l'écart. Pour sa sécurité, c'était indispensable. Mais les protocoles et la bienséance devaient, instinctivement, éloigner les badauds de mon genre de sa royale personne. D'un naturel assez solitaire, cela ne me dérangerait pas d'être coupée des autres. Toutefois, la princesse était en droit de porter cela comme une malédiction, un fardeau. Cessant de chercher à me mettre à sa place, je fis un nouvel essai pour me redresser, plus lent, plus réfléchi. J'y parvins non sans mal. « Mais je me suis battue pour rester à tes côtés jusqu'à ce que tu t'éveilles. Je ne voulais pas te laisser avec... eux. » Mes sourcils se froncèrent alors que je compris de qui elle souhaitait implicitement parler. « Ils n'y sont pour rien, j'ai été idiote de penser que je pourrais y arriver... » Même si je n'étais pas au courant du déroulement de mon sauvetage, je me faisais l'avocat du diable en pensant que s'ils avaient été témoins de ma détresse, ils auraient agis sans se poser de question. Après tout, c'est leur travail.

Une pointe de colère se sentait dans sa voix. « Je ne leur fait pas confiance. » Cette remarque m'intrigua. Je ne pouvais que la comprendre... Ayant perdu ma sœur dans l'une de leurs épreuves, j'étais bien placée pour ne pas leur accorder de confiance. Et pourtant, je ne leur en voulais pas spécialement à eux. Pas plus en eux qu'aux dirigeants. La tradition était à blâmer. Ce passage initiatique de la cérémonie était une aberration à mon sens. Le pire, c'est que tous - ou la majorité tout du moins - acceptait cela. Nous avons été prévenus des risques durant notre préparation à ces épreuves. Tous ont connaissance des risques. Tous n'en ont pas forcément conscience par contre... « Je comprends mieux comment il peut arriver des accidents après ça... » Détournant le regard de la princesse, je soupirai, laissant un court instant de silence se faire. Pensive et nerveuse. « Il y a deux ans... ma sœur aînée était à ma place. » Ma voix était basse et paraissait détachée de la réalité alors que je serais un peu plus la main de la princesse. Comme si je lui décrivais ce que je voyais dans mon esprit. Ma sœur, nous quittant. Je me souviens, nous étions tous venus à Lucrezia pour la soutenir. Nous la vîmes passer les portes du palais des représentants de la Terre avant de la perdre à jamais... « À la fin des épreuves, les formateurs des candidats de Gorka sont venus nous voir. » Mes yeux se faisaient humide. Cela avait beau faire deux ans, je me souvenais de cet instant comme s'il s'était déroulé hier. « Ils nous apprirent qu'elle avait succombé. Un accident lors de l'épreuve du feu avait dû se produire, impossible pour nous de la voir. » L'évoquer me pinça le cœur et une larme roula sur ma joue. Malgré cela, je restai entière. Ne souhaitant pas sangloter devant la princesse. « Avez-vous déjà perdu quelqu'un de votre famille ? » J'aurais probablement dû ajouter un titre, une formulation, mais le cœur n'était pas aux courbettes qui m'avaient toujours échappées. Au risque de paraître idiote, je préférais ne rien ajouter du tout. Les yeux rivés sur la demoiselle en attendant sa réponse. Les familles royales n'étaient malheureusement pas à l'abri des drames.

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~#~Sujet: Re: [Terminé] L'eau, notre berceau ☙ Nymeria Drogon Dim 12 Mar - 11:10





| flashback |
Eden'el & Nymeria



Le cœur de Nymeria se pinça tandis qu'elle regardait Eden'El tenter une nouvelle fois de se redresser, son visage fut transformé par une grimasse de douleur, la Princesse voulu lui imposer le repos mais se retint, elle admirait le courage de cette jolie demoiselle : parce qu'il en fallait du courage pour admettre avoir peur devant une épreuve mais y aller tout de même, quitte à y perdre la vie et c'est en effet ce qui serait arrivé si Nymeria et elle n'avait pas discuté quelques minutes avant le début de l'épreuve de l'eau. La princesse en était persuadée, Glorë lui avait confié cette tâche, sa déesse voulait que Nymeria réussisse l'épreuve de cette façon : elle voulait qu'elle sauve cette demoiselle venue de Gorka. Mais la cérémonie n'était pas encore terminée et elle ne pouvait pas rester sur l'idée que Glorë l'avait bénie du don de l'eau, même si elle en était intimement persuadée... Du moins elle l'espérait. Comment les choses allaient-elles se passer si jamais la princesse développait un autre don que celui de l'eau ? Devrait-elle renoncer au trône de Vainui ? Oui, sans aucun doute. Renoncer aussi à son très aimé Père et à son peuple. Renoncer à ses projets et à son rang. Se sentait-elle capable de vivre comme une citoyenne ordinaire ? Non. Mais elle le ferait si elle devait le faire. Si elle développait le don du feu, serait-elle contrainte d'aller vivre à la coure du dictateur Sven ? Ou, en guise de vengeance contre son père, ferait-il d'elle une simple domestique ? Des frissons dressèrent les poils de la Princesse alors qu'elle regardait vaguement son avant bras droit. Elle n'avait pas d'autre choix que d'être bénie par l'eau. Elle ne voulait rien d'autre que cela.

Sortant brusquement de ses pensées, elle reposa les yeux sur Eden'El. Celle-ci était toujours très pâle mais semblait moins faible, elle reprendrait sans doute des forces durant la nuit avant la prochaine épreuve. Nymeria la gardera à l'oeil le lendemain. Alors que la princesse venait de lui expliquer les raisons de sa présence à ses côtés, la jolie blonde se fit avocate du diable en défendant les sauveteurs supposés qui ne l'avait pas sauvée. « C'est leur travail et ils ne l'ont pas fait ! » s'exclama un peu fort la princesse avant de se reprendre. Elle baissa les yeux. Consciente qu'elle n'aurait pas dû dire ce genre de chose. En tant que princesse, Nymeria ne pouvait pas dénigrer ouvertement les choses mises en place par les représentants puisqu'elle-même faisait partie des représentants. Voilà toute la difficulté d'être une princesse : elle avait bien entendu le droit de ne pas être en accord avec certaines choses mais ne pouvait pas les exprimer. Elle fronça les sourcils, Eden'el pensait sincèrement que cela était de sa faute... En quoi affronter une épreuve sans être persuadée d'y parvenir la rendait idiote ? Bien au contraire ! Elle avait eut le cran, le courage d'affronter un élément qui ne lui était pas familier, elle qui venait de Gorka devait être bénie par la déesse locale, sans doute. L'épreuve de la Terre était la dernière, mais Nymeria était persuadée que la jolie blonde la passerait avec brio et que cette dernière terminerait ainsi les épreuves sur une note positive.

La princesse sentit Eden'El serrer un peu plus sa main alors qu'elle lui expliquait d'une voix détaché et pourtant vacillante, l'histoire de sa sœur, deux ans auparavant. Elle posa sa seconde main par dessus celle d'Eden'El tandis que celle-ci fut un instant submergée par l'émotion. D'un geste maternel, la princesse vint essuyer du bout des doigts la petite perle d'eau qui avait rouler sur la joue si pâle de la jeune fille. Nymeria resta sans voix, ce genre de choses ne pourraient jamais lui arriver à elle, Princesse de Vainui à cause de son rang. Mais tout comme sa grande sœur deux ans auparavant, Eden'El avait faillit succomber durant une épreuve et ne pas être secourue parce qu'elle n'était pas d'un rang élevé. La princesse détestait cet aspect là de la royauté ! Elle n'était pas plus belle ni plus intelligente ni même meilleure que quiconque, mais s'il fallait sauver quelqu'un, on la sauverait elle sous prétexte que la princesse de Vainui c'était elle ! Sans doute que, les sauveteurs, deux ans auparavant aurait dû sauver la grande sœur d'Eden et noyer le dictateur Sven à la place ! Mais personne n'ose s'attaquer aux hauts placés, hormis les autres représentants. Mais la bienséance faisait qu'ils n'avaient pas le droit à un mot plus haut que l'autre.  « Je suis sincèrement désolée pour ta grand sœur... » murmura-t-elle, ne sachant quoi répondre. Elle n'avait pas les armes pour la réconforter. L'argent, la nourriture, les beaux habits, rien de tout cela ne pourrait lui faire oublier cette  terrible épreuve.

Eden'El changea brutalement de sujet, demanda alors à Nymeria si celle-ci avait déjà perdu quelqu'un. La princesse se redressa quelque peu, cherchant dans sa mémoire si une personne chère à son cœur lui avait déjà été arrachée. Elle posa de nouveau le regard sur la jolie blonde. «  Ma mère est décédé en me donnant la vie. De ce fait je ne l'ai jamais connu, mais des fois, j'ai l'impression qu'elle est là – elle posa sa main sur sa poitrine – quand je m'interroge, je prie Glorë et je prie ma mère de m'aider. »  Nymeria reposa sa main précédemment levé sur celle d'Eden'el. « J'imagine que tu appréhende l'épreuve de demain. C'est compréhensible. Je ne pense pas être bénie par cet élément, j'aurai sans doute des difficultés, mais je resterais à tes côtés. Si je suis près de toi, ils feront le nécessaire pour qu'il ne t'arrive pas de malheur. » La princesse se leva finalement, secouant légèrement sa tunique de lin et détacha rapidement ses cheveux tressés sur l'arrière de sa tête, ces derniers commençaient à lui tirer le crâne. Elle sourit à Eden'el.  « C'est une promesse. Je veillerai sur toi demain.  Je vais te faire porter à manger, repose toi, reprends des forces. Nous nous verrons demain, j'ai confiance en toi. » Elle la salua d'une réverence sans pour autant attendre d'Eden'El qu'elle la lui rende et se dirigea vers la porte.

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