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Dead fishes above || Aak'Var

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~#~Sujet: Dead fishes above || Aak'Var Sam 5 Aoû - 2:22

    Nymeria émergeait doucement d'un doux rêve duquel elle ne voulait pas se détacher. La tension entre son père et elle était palpable depuis qu'elle lui avait annoncé son envie d'épouser Brehn, Andar, comme elle l'avait prévu, n'avait pas été aussi réceptif qu'elle à cette déclaration. Bien au contraire. La princesse continuait d'assister aux conseils donnés par son paternel malgré tout, cependant, le cœur n'y était plus. Son moral semblait descendre à la même vitesse que d'étranges catastrophes venaient s’abattre sur Vainui. D'ailleurs, il ne s'agissait pas uniquement de sa région, Oranda tout entier était secoué. Dahud semblait être le seul endroit sûr en ces temps de crises. Cependant, c'était bien à Lucrezia que tout ceci avait commencé, avec l'assassinat d'Orsian Tenkar au dernier bal des représentants donné en l'honneur des Dieux. En ce jour saint, des fous avaient osés répandre le blasphème en tuant un être vivant, qui plus est, l'époux de la représentante de Gorka à Lucrezia. Les suprêmes semblaient, depuis, punir Oranda tout entier pour ces crimes. Et alors, bien que la cité reine semble être la destination la moins touchée, le peuple rechignait à y aller, ayant eux aussi été touché par des meurtres le long du Grand Marché. Nymeria soupira, à peine levée, voilà qu'elle pensait de nouveau à de telles choses. Elle enviait quelque peu l'innocence de certain vis à vis de ces événements, ou la tranquillité du peuple. Elle n'était pas pour autant convaincu qu'ils soient aussi posé qu'elle se l'imaginait. Y'avait-il seulement une âme en paix en ces derniers temps ? Peut-être les assassins, de sombres fous qui avaient réussit leur terrible plan.

    La jeune femme s'extirpa de sa couche, elle posa un pied tremblant sur le sol, puis un second. Bientôt, des domestiques entrèrent dans ses appartements lui porter fruits et boissons pour son repas de la mâtiné. Cette journée promettait d'être intéressante, bien que longue. En effet, elle avait rendez-vous avec Aak'Var, membre du conseil et ami du Roi. D'étranges rumeurs étaient montées jusqu'aux oreilles du conseiller, ces chants semblaient souffler que les pêcheurs des Îles ne trouvaient que peu de poisson vivants, la plupart s'étaient échoués sur les rives, morts. La princesse avait prit l'habitude d'accompagner, Aak'Var lors de tels déplacements. Souvent, leurs avis divergeaient et cela était bien leur force à tout les deux. Lui, pragmatique, scientifique, ne tentait pas forcément d'aider le peuple plus que ce qu'on lui avait demandé, tout l'opposé de Nymeria, en somme. Il formait un étrange duo, froid, distant et professionnel en face des uns et des autres, plus proche, presque ami, fraternel, lorsqu'ils étaient seuls. La princesse soupira en croquant dans l'un des fruits mûrs qu'on lui avait apportés, était-ce réellement une juste idée d'ainsi voyager avec Aak'Var ? La relation qu'il entretenait avec Andar lui avait sûrement permit d'apprendre les quelques échanges houleux que le roi et sa fille avaient eut. Viendrait-il a en parler ? Nymeria ne voulait pas se prendre une seconde soufflante, elle en avait eut assez. Elle fronça doucement les sourcils, reposant le fruit, la faim était passée. Peut-être que le roi n'en avait pas parlé. Peut-être avait-il préféré garder cet abject requête que lui avait fait sa fille. Mais alors, le conseiller avait-il constaté cette distance qui s'était installée entre les deux monarques ?

    La princesse fit mander des domestiques afin que celles-ci préparent ses affaires. Le voyage jusqu'à l'ile de Drara prendrait une journée et une nuit. Les vivres avaient sans doute été préparés sous les ordres d'Aak'Var, la princesse ne s'en occupa donc guère. Une fois vêtue d'un bas en peau de bête sombre, d'une tunique tout aussi joyeuse et d'une lourde cape de laine, elle quitta ses appartements pour rejoindre le fiacre dans lequel le conseiller l'attendait déjà. Nymeria avait les traits tirés, le visage pâle, ses cheveux volaient au gré de la grise bien qu'ils aient été soigneusement tressés dans sa nuque. Alors qu'on lui proposait de prendre place dans l'engin fait à cet effet, elle s'y refusa. Elle préférait chevaucher. Sa jument fut rapidement amenée et après un dernier soupire et regard entendu auprès du conseiller, ils se mirent en route. Le voyage prit le temps qu'il était prévu. Ils firent une pause afin de reposer quelque peu les montures à mi chemin. La princesse termina la course, confortablement installée près des vivres, elle s'endormit sans réellement s'en rendre compte, épuisée, moralement, par tout ce qui lui arrivait.

    Le petit matin se levait alors qu'on la réveilla pour changer de moyen de transport, on la fit monter sur des embarcations poussées par le courant. L'eau avait beau être omniprésente à la capital, il n'y avait rien de plus agréable pour les enfants de Glore, que de se retrouver ainsi au milieu de la mer, poussée par le gré de celle-ci. L'Ile Drara se dessina au loin, ils étaient presque au bout de chemin. La princesse se rapprocha à pas lent d'Aak'Var avec qui elle avait peu échangé depuis le début du voyage, elle lui lança un léger sourire, tentant peut-être, inconsciemment, d'y trouver du réconfort, puis jeta un œil songeur à l’île qui ne faisait qu'approcher. « Des poissons morts vous dîtes.. ?  »


Dernière édition par Nymeria Shöva-Drogon le Ven 29 Sep - 21:08, édité 4 fois
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~#~Sujet: Re: Dead fishes above || Aak'Var Mer 6 Sep - 12:36


♒ 5, 12ème lune, 836 ♒
Dead fishes above
Aak'Var & Nymeria
Il ne fallait pas être devin pour voir la tension naissante entre le roi et sa fille. Peut-être le voyais-je comme une évidence parce que je les connaissais tout deux dans la sphère privée. Cependant, je gardais mes distances, connaissant ma place et la leur. Je n'avais pas à m'immiscer dans leurs querelles. Lorsqu'il s'agissait de sa fille, Andar était particulièrement véhément. Il était déjà assez courroucé de voir mon insistance à ne pas vouloir la considérer comme un fragile morceau de verre mais comme une future souveraine qui devait affronter le monde dans lequel elle vivait en restant maîtresse de ses propres choix. Bien que je me souciais de son état, de la justesse et la sécurité de ses choix. Mais je n'étais pas de ces flagorneurs qui allaient la sur-protéger, la couver autant que son père pour gagner les faveurs de ce dernier. La majeure partie des personnes qui pouvaient approcher Nymeria la considéraient encore comme une enfant. Une horde de protecteurs pour une jeune femme n'aspirant qu'à la liberté. Elle avait conscience de son rôle, c'était indéniable. Mais je ne pouvais que comprendre son envie de parfois, s'éloigner, prendre le large pour penser à autre chose, respirer loin de la main-mise de son père et de ces personnes la cadenassant dans ce rôle de petite princesse naïve et impotente.

Mon éducation roturière devait certainement jouer dans ma façon de percevoir la princesse, et tous les autres enfants issus de nobles familles. Bien des fois j'avais envie d'en bousculer certains, de les confronter à des réalités qu'ils n'osent même pas imaginer tant leurs appartements dorés les cajole dans le confort et la sécurité. Mais bien assez de rumeurs se murmuraient à mon sujet pour que je n'aille pas ajouter le titre de tortionnaire des enfants à mon pedigree ! Patiemment, j'attendais que la princesse me rejoigne dans le fiacre qui nous conduirait à notre mission. Une étrange affaire sur les rives de l'île Drara. Plus intrigué par les faits que par l'impact que ce drame pouvait avoir sur les villageois, il m'était venu comme une évidence de convier la princesse à cette expédition. Il n'y avait pas de danger apparent et quand bien même, j'étais capable de la défendre. Tout comme les deux gardes qui allaient nous tenir escorte en chevauchant à nos côtés. Je préférais de loin chevaucher moi-même ma monture, mais au vu du temps et des besoin en vivres, il ne m'était pas venu à l'idée que la princesse accepte de se livrer à un tel périple sans un minimum de confort. C'est alors à ma grande surprise, alors que je descendis du fiacre dès que je l'aperçus, qu'elle demanda qu'on apporte sa jument. Arquant un sourcil, je repensai au temps que j'aurais pu économiser en m'épargnant tant de préparatifs... Son côté aventurière me surprendra toujours.

C'est alors dans un calme imposé que nous fîmes la traversée de la région jusqu'aux îles. Elle maintenant un silence presque glaçant. Loin de savoir y faire face à ce genre de comportement, je la laissai tranquille, me préoccupant seulement de ce qui nous attendait. L'auberge où nous nous étions établis pour la nuit n'était pas très fréquentée. Le coché et un garde y resteraient le temps que nous embarquions pour l'île Drara. J'aimais la mer. Comme tout enfant de Glorë. En ces profondeurs vivait notre déesse adorée. Un bon moyen de se ressourcer. Je restai de longs instants pensif à contempler l'horizon. Dans ces temps sombres, je ne pouvais m'empêcher d'avoir une pensée pour Niseri et l'enfant. Je priais Glorë pour que s'ils étaient en vie, ils soient en sécurité. Mon plus grand échec : ne pas être là pour eux. J'étais là pour Nymeria. J'étais là pour bien des personnes à la cour et dans les cercles Vainuins. Mais je n'étais pas là pour la femme que j'aimais et l'enfant qui était le mien. N'est-ce pas là le plus grand échec qu'un homme peut faire dans sa vie ? Songeur, je n'entendis pas la princesse s'approcher alors que mon regard était obnubilé par l'île qui se dessinait au large. « Des poissons morts vous dîtes ? » Je tournai la tête vers elle, quelque peu surpris. Elle avait un sourire agréable que je lui rendis, bien qu'orné d'une mélancolie que je me pressai d'effacer de mon visage en me recentrant sur la mission. « Des poissons morts. Visiblement en assez grande quantité pour inquiéter les villageois. » Je me penchai pour m'accouder à la rambarde du navire tout en reportant mon regard sur l'île. « Avec toutes ces catastrophes qui frappent la région, il y a deux possibilités : l'action de l'Homme et auquel cas le crime est de haute portée, ou un nouveau coup porté à notre région. Drara vit de la pêche. Une pénurie de poissons viendrait à faire déserter l'île. Ce n'est pas bon. » Rien ne l'était plus vraiment depuis les horreurs commises à Dahud lors des festivités organisées pour les dieux. Le problème est que, visiblement, les régions élémentaires en pâtissent, et non la cité-reine. Pourquoi ? Les dieux chercheraient-ils à nous réunir en un même point pour voir à quel point nous étions forts lorsqu'il s'agissait de nous entre-tuer ?

« D'ici une bonne heure nous allons accoster. Vous feriez mieux de vous reposer princesse. Vous avez l'air éreintée, dis-je en posant mon regard sur elle. Non pas du voyage, mais fatiguée de l'intérieur », osai-je décrire. Elle qui avait un visage si inspirant, la voir sous cet angle ne me donnait qu'une envie : la ménager et tenter de voir ce qui n'allait pas. Mais elle avait bien assez de personnes tenant ce rôle au palais pour que je n'en rajoute pas ici. Mon rôle se tiendrait à lui faire changer les idées. Se focaliser sur autre chose que les sombres pensées qu'elle devait ruminer. Nous avions tous nos passages à vide. Ma mélancolie portée par les vagues en était la preuve formelle ; je n'étais pas invincible. Quand bien même je me laissais rarement - si ce n'est jamais - aller face à d'autres personnes, je ne pouvais pas prétendre être imperméable à ces instants où la vie nous rend vulnérables pour une raison ou une autre.
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~#~Sujet: Re: Dead fishes above || Aak'Var Mar 12 Sep - 18:25

    Un regard songeur porté au-delà des Iles qui se dessinaient au loin, Nymeria s’était discrètement approché d’Aak’Var pour entamer la seule et unique conversation de leur voyage jusqu’alors. Elle n’avait le cœur à rien, en ce moment. Telle était la triste réalité. Les angoisses créées par les tensions entre son père et elle lui faisait perdre de vue son rôle. Elle était princesse de Vainui, elle ne pouvait pas se permettre d’ainsi délaisser ses fonctions, aussi petites soient-elles, sous prétexte d’un chagrin d’amour. D’une divergence d’opinion. Elle s’en voulait tellement d’avoir accepté d’en parler à Andar, d’avoir mis Brehn dans cette terrible situation. Elle aurait dû rester forte, rester courageuse et fermer à jamais cette porte qu’elle tentait de bien garder. Mais comment refuser l’accès à quelqu’un qu’elle aimait ? Brehn n’était pas n’importe qui. Il avait toujours été présent pour elle, pour les bons et les mauvais moments. Il ne l’avait jamais trahit, toujours écoutée. Toujours aimée. Il aurait été idiot de sa part de ne pas tenter, même si elle connaissait déjà la réponse. Elle voulait que cela se passe autrement, c’était lui qu’elle voulait épouser, lui qu’elle voulait à ses côtés. Mais la décision de son père était tombé et avait brisé en milles éclats ses rêves les plus fous. Elle n’avait pas le droit de songer à l’amour, pas elle. Future régente, héritière, princesse, bientôt Reine. Elle était destinée à bien des choses, il était vrai : mais point l’amour. Cette notion lui était prohibée. Pourtant… Elle l’avait accepté. Elle avait encaissé, muri et réfléchit l’idée de ne jamais épousé une personne réellement chère à son cœur. Elle s’y était faite, c’était ainsi, nul besoin de changer les choses, ni de les questionner. Mais Brehn avait tout chamboulé. Ruinant les principes de Nymeria, ruinant son assurance, son envie de régner. Lui donnant, un instant, une raison supplémentaire d’exister en tant que personne. Non pas en tant que Princesse. Elle devait se donner toute entière à son peuple sans jamais faire de concession, comme elle aurait aimé pouvoir faire celle-ci ! Choisir son époux, celui qui la portera haut, qui la regarda toujours avec les yeux de l’amour, qui l’aidera, ne la jugera pas. Elle savait que Brehn aurait été parfait dans ce rôle. Le trône ne l’intéressait pas, régner n’était pas son but. Il voulait être avec Nymeria et elle voulait être avec lui. Mais Andar refusait. Andar refuserait sans doute toujours, peut-être allait-il précipiter le mariage de sa fille à présent, pour la forcer à accepter. Lui donner un époux contre son gré, la faire enfanter. Cela ne lui ressemblait pas, non, le roi était une belle personne. Mais comment punir l’agissement égoïste de sa fille sans y répondre par une telle punition ?

    Malgré ses tristes pensées, Nymeria avait affiché un léger sourire, questionnant finalement le conseiller pour en savoir un peu plus sur cette mission. « Des poissons morts. Visiblement en assez grande quantité pour inquiéter les villageois. » Elle fronça les sourcils, pensant avoir aperçu, l’espace d’un très court instant, un air mélancolique dans les yeux d’Aak’Var. Lui qui ne montrait pourtant jamais de faille, à croire qu’il n’en avait pas. Fort, convaincu, puissant, redoutable. Tels étaient les mots qui définissaient sans doute le mieux cet homme. Elle lança de côté cette idée, ne souhaitant pas aborder un tel sujet, ne souhaitant pas que cela paraisse déplacé. Sans doute l’aurait-elle fait, si Einar avait été l’homme en question. Plus doux, protecteur, il montrait ses failles sans forcément le vouloir, mais le conseiller en face d’elle n’était pas ainsi. Soupirant quelque peu, elle écouta. « Avec toutes ces catastrophes qui frappent la région, il y a deux possibilités : l'action de l'Homme et auquel cas le crime est de haute portée, ou un nouveau coup porté à notre région. Drara vit de la pêche. Une pénurie de poissons viendrait à faire déserter l'île. Ce n'est pas bon. » Baissant finalement les yeux, elle prit un instant de réflexion. Pourquoi attaquerait-on l’ile Drana ? Cette Ile ne se trouvait pas loin d’Ibai, quitte à attaquer une région, autant en attaquer les grandes puissantes, dans ce cas précis : la famille royale. Nymeria ne croyait pas réellement à la piste criminelle, non. Elle supposait que ce soit encore un rappel à l’ordre de leur bien aimée déesse Glore, elle qui les punissait depuis le dernier bal des représentants. La princesse devait avouer être quelque peu irritée par les caprices de sa déesse. Pourtant très croyante, jamais elle n’oserait blasphémer le nom de Glöre cependant, ces attaques étaient injustes et ne visaient que le peuple qui n’y était pour rien. L’inégalité de traitement la poussait à en avoir plus que de raison à sa divinité. Elle soupira. « D'ici une bonne heure nous allons accoster. Vous feriez mieux de vous reposer princesse. Vous avez l'air éreintée. » déclara alors Aak’Var, Nymeria haussa un sourcil, jetant un œil étrange au conseiller tout en croisant son regard qu’il avait fini par poser sur elle. Nymeria ne se sentait pas particulièrement fatiguée par le voyage, à vrai dire, celui-ci lui faisait un bien fou. Elle respirait à pleins poumons l’air frais des Iles. La princesse allait retoquer, mais il fut plus rapide. « Non pas du voyage, mais fatiguée de l'intérieur » La princesse baissa les yeux un instant, interloquée. Son mal être était tant visible ? Elle posa ses mains sur la rambarde, jetant un regard lointain aux Iles qui se rapprochaient toujours un peu plus. Jamais elle n’aurait pensé ainsi accommoder le conseil, comment pouvait-elle être une future régente crédible si tous pouvaient lire en elle comme dans un livre ouvert ? Serrant le bois dans ses mains, jusqu’à en faire blanchir ses jointure, elle resta muette un moment avant d’oser déclarer, le regard toujours loin. « La vie au château n’est pas des plus évidente en ce moment. » Il allait sans dire que c’était un euphémisme. Chaque matin depuis cette fameuse dispute entre son père et elle, la princesse avait l’impression de vivre un cauchemar, un enfer. Elle en avait perdu le sommeil, perdu toute envie, la faim, la soif. Ses pensées étaient sans cesse tournées vers Brehn, cet amour impossible qui lui était prohibé. Et toujours, elle y voyait son père, son visage, s’interposer. Ses cheveux grisonnant et son visage fatigué était fermé, sa voix était forte et autoritaire, ne laissant aucune place à la moindre plainte. Sa décision était prise, et il ne reviendrait pas dessus. Le sujet était clos, Nymeria devait aller de l’avant, ne plus penser à cet amant qu’elle voulait tant. Juste avancer, f aire de nouveau le premier pas vers cette destinée qui avait toujours été la sienne. Epouser l’homme qu’elle aimait n’en faisait pas partie. Elle l’avait toujours su. Pourtant… Pourtant les mots d’Andar se mêlaient constamment à ceux de Brehn, et son esprit embrumé ne faisait que lui rappeler ce dont elle allait manquer sans lui.

    « J’éspère que nous trouverons une solution pour les habitants de l’Île.  » elle tentait de changer de sujet, c’était indéniable. Non pas qu’elle ne soit pas désireuse d’en parler, mais Aak’Var n’était pas forcément le mieux placé pour l’aider à pallier au manque affectif qu’elle ressentait à présent. La princesse passe une main lasse sur son visage, comme pour réveiller celui-ci. Finissant sa course dans ses cheveux, elle détacha sa crinière d’une main habile, ses cheveux d’argent volaient au gré du vent. « Il me faut laisser de côté les problèmes du château et me concentrer sur le peuple. Mon peuple. Reprit-elle. Si Glore est responsable de la mort de ces poissons, nous devrons rapidement trouver une solution pour apaiser sa colère. Si l’incident est criminel, je refuse de quitter l’Ile avant d’avoir mis la main sur ces… - allait-elle jurer, ou pire, utiliser un mot qui ne s’emploi pas dans la bouche d’une princesse ?- …malfrats. » Elle jeta de nouveau un regard en direction d’Aak’Var qui ne l’avait pas quitté des yeux. Sa main toujours empoignée sur le bois commençait à la faire souffrir tant elle serrait  fort. « Sommes-nous d’accord, pour une fois ?   »




Dernière édition par Nymeria Shöva-Drogon le Ven 29 Sep - 21:07, édité 2 fois
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~#~Sujet: Re: Dead fishes above || Aak'Var Ven 29 Sep - 10:01


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Les tourmentes d'une princesses pouvaient paraître rudimentaires face à l'opulence qu'impliquait sa situation. Pour le commun des Orandiens, peut-être n'avait-elle même pas le droit de se montrer contrariée, fermée, triste... Cela ne me dérangeait pas. Loin d'imaginer les peines de cœurs et l'intensité que celles-ci prenaient, je me gardais de lui poser la moindre question. Je ne souhaitais pas qu'elle pense à ça. Non pas parce que la mission était plus importante qu'elle - bien que c'était le cas - mais d'abord parce que je n'étais pas la meilleure personne à qui se confier pour ce genre de drames. Des peines, j'en avais eu. Mais je n'étais pas le plus délicat lorsqu'il s'agissait de dénouer les situations complexes. Je tranchais dans le vif, sans prendre de détours ni de pincettes. Certes, s'il s'agit de la princesse, je ne serais pas insultant, mais je ne prendrai toutefois pas plus de gants. Elle le savait. Sans doute était-ce la raison qui l'avait amenée à voyager seule et à rester éloignée. Au fond, je n'ai aucun doute sur la parole du roi Andar. Depuis sa rencontre avec Danis, je sais qu'il fera son possible pour n'imposer personne à Nymeria en tant qu'époux. Qu'elle pourra laisser son cœur choisir. La cour était assez frétillante de beaux jeunes hommes bien placés pour qu'elle y trouve son bonheur. Mais sa proximité avec le rejeton du renégat Shöva l'inquiétait. Brehn avait ma confiance, autant qu'Egehrt et d'autres Shöva. Mais aux yeux du roi, une réticence continuerait à se faire sentir avant un certain moment. Ce qui était compréhensible après tout. Nymeria devait le comprendre.

Ces histoires me dépassant, j'étais rassuré quelque part qu'elle vienne vers moi en me parlant de la mission et non de ses peines. Cependant, il m'était impossible de ne pas faire attention à son état. La situation à laquelle nous allions devoir faire face était assez grave pour faire passer tout ceci au second plan. Sans doute aurions plus à loisir de discuter lors du voyage retour si la princesse abordait le sujet de sa tourmente. Lui intimant d'aller se reposer avant que nous accostions, précisant pourquoi je jugeais que c'était utile, je la vis baisser les yeux. Regard neutre, je suivis le sien. Sûrement n'était-ce pas bien vu d'observer une personne royale qui baisse le regard. Mais j'étais loin d'être le plus pointilleux question protocole et étiquette. Posant ses mains sur le bord du bateau, elle reporta son attention sur l'horizon. Ce que je fis, songeur. « La vie au château n’est pas des plus évidente en ce moment », me confia la princesse. Je restai muet, me contentant d'inspirer l'air marin en silence. « J’espère que nous trouverons une solution pour les habitants de l’Île. » Changer de sujet, c'était une bonne idée. « Il me faut laisser de côté les problèmes du château et me concentrer sur le peuple. Mon peuple. Si Glorë est responsable de la mort de ces poissons, nous devrons rapidement trouver une solution pour apaiser sa colère. Si l’incident est criminel, je refuse de quitter l’île avant d’avoir mis la main sur ces… malfrats », hésita-t-elle quant au choix de son dernier mot. Ce dernier me fit sourire en la regardant, déterminée. « Sommes-nous d’accord, pour une fois ? » Je haussai les sourcils et acquiesçai d'un signe de tête. « Pour une fois », rétorquai-je avec un sourire cordial qui se voulait rassurant.

Nous finîmes par accoster sur l'île de Drara. Accueillis par des gardes et le seigneur de l'île, nous échangeâmes quelques courtoisies avant que je ne propose que nous passions rapidement au vif du sujet. Quelque peu interpellé par ma rudesse, le nobliau vint quérir l'approbation de la princesse avant de nous conduire jusqu'au port de pêche se trouvant non loin de celui où nous étions arrivés. Après avoir marché une dizaine de minutes, nous atteignîmes la plage aux allures de fin du monde. « Ce matin, il y en avait deux fois moins. C'est par cycle, selon la marée. Nous ne savons plus quoi faire... » Des pêcheurs et fervents disciples de Glorë priaient, déblayaient tristement la plage, tentaient de comprendre quelque chose à la situation. Nous étions postés en surplomb de la plage. De là, nous pouvions voir l'étendue du drame tout le long de cette plage. Je restai bouche bée un instant avant de reprendre mes esprits. « Observez-vous ce phénomène sur toute la côte ? » Demandai-je au seigneur. Celui-ci se tourna vers l'un de ses sujets. « N-nous avons constaté ces événements tout au long de l'île. Ça a commencé par l'Est, le Nord, le Sud puis l'Ouest... » Je fronçai les sourcils. « Étrange. Et à quels intervalles ? » Il haussa les épaules, peu sûr de lui. « Quelques jours, une semaine au maximum. Ça arrivait petit à petit. Et maintenant les vagues de poissons morts sont de plus en plus massives. » Après un moment de silence, je descendis sur la plage, jusqu'à me retrouver au bord de l'eau. Le théâtre qui se déroulait autour de moi était des plus macabres. Ces poissons sans vie, ces villageois incrédules et désemparés.

L'ordre... Ce n'était pas un ordre naturel. Les mouvements de l'océan ne sont pas si brutalement changeant. Si précisément changeant. Mais comment des hommes peuvent-ils posséder autant de poissons et les répartir ainsi ? Et dans quel but ? Je craignais que la thèse divine ne soit la seule. J'aurais peut-être dû nous faire accompagner par un prêtre de Glorë... Je m'avançai jusqu'à un jeune homme. Il devait tout juste sortir de sa Cérémonie. À genou sur le sable, il ne semblait ni prier, ni pleurer. Il était.. choqué. Je me penchai, genou au sol, et posai ma main sur son épaule. « Quel est ton nom ? » Après un silence absent, il tourna sa tête vers moi. Je réprimai un mouvement de recul. Ses yeux étaient livides. « Mère (mer ?) est en colère. Elle pleure avec sa sœur. Leurs enfants se disputent le sein. » Intrigué, je ne comprenais pas ce qu'il me disait. « Quels enfants ? Tes frères ? » Il secoua vivement la tête de droite à gauche. « Tous. Ils les mettent en colère. Et on se fait tous gronder ! » l'enfant paraissait paniquer. Je tentai de le rassurer mais il fut pris d'un élan de panique. Se levant, il détala le long de la plage. Je me relevai, perplexe. Étrange enfant.
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