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Intrigue n°2
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Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine

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~#~Sujet: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Mer 2 Aoû - 23:21


Les noces insoumises

Nymeria & Brehn Shöva-Drogon ft. la noblesse Vainuine




Le 27 de la 12ème Lune, l'an 836

Traversant aux bras de ma mère cette grande allée du temple bordée par familles, amis et toute la cour, je restai la tête haute et affichai un sourire d’apparat alors que tous les regards étaient portés sur moi. Certains étaient amicaux mais la plupart étaient des plus antipathiques ou simplement quelconques. Tous m'inspectaient de la tête aux pieds pour y observer mes habits, mon expression et aussi mon cœur. Ferais-je un bon Prince et peut-être un jour un bon Roi - consort certes ? Moi-même je ne le savais pas, je n'y avais pas tellement réfléchi:peut-être que je serais politiquement aussi effacé que Danis, ou à l'inverse peut-être que je prendrais une place importante. Qu'importe, je ne préférai pas tirer des plans sur la comète comme-ci, l'heure était aux réjouissances, l'heure était à un certain triomphe, celui d'arriver après tout ce périple à mes fins: épouser ma chère et tendre. Bien que nous les Shöva soyons réservés depuis les ignominies perpétrées par nos ancêtres, ma mère et moi ressentions une sorte de fierté et de justice, l'on espérait que notre blason soit enfin redoré et que nous serions enfin vu à notre juste valeur, et non plus assimilé à la folie passée. Je n'ai jamais voulu me marier avec la Princesse pour cela, ni même pour une quelconque accession au pouvoir, mais c'était inévitable et je ne cache pas que ce n'était pas pour me déplaire.

Un silence de plomb régnait tandis que nous nous rapprochions de l'autel où nous attendaient la Reine et la Grande Prêtresse d'Ibaï. Seuls nos pas résonnaient dans ce vaste temple en pierre de taille immaculée. C'était la tradition, et même si elle revêtait un caractère des plus cérémonials, je n'y voyais pas d'inconvénients. Par contre je me devais d'être irréprochable; les regards ne me lâchaient pas un instant. L'image que je véhiculerai pour la suite se jouait principalement maintenant. L'assurance était de mise, tous mes détracteurs attendaient le moindre faux pas, la moindre hésitation de ma marche pour confirmer leurs pensées nauséeuses à mon égard. "Ignore-les mon garçon, aujourd'hui est ton jour, profites-en au maximum même si beaucoup ne te portent pas dans le cœur et ne le cachent d'ailleurs pas..." me chuchota ma maternelle plein de bienveillance. Elle n'avait pas tort, en une simple reconnaissance des invités alentour je pus voir Rhenis, Aak'Var, mon page Drahald ou encore Sérild, tous souriants, ainsi que les membres de ma famille qui faisaient de même. À ce moment précis je compris que j'étais loin d'être abandonné et que derrière moi des proches œuvreraient pour que je sois accepté et bien considéré. Et puis il y aura Nymeria qui ira certainement dans mon sens, tout comme la famille royale qui m'a quand même donné la main de leur fille... Il serait étrange que je n'aie pas leur soutien.

Nous arrivâmes jusqu'à l'autel où les deux femmes, Danis et la Grande Prêtresse m'accueillirent avec sérieux et sympathie. Après m'être pavané c'était au tour de Nymeria de défiler jusqu'à nous dans les bras de son père. Mais contre toute attente, les minutes passèrent et aucune Princesse en vue... Je ne pus m'empêcher de repenser aux tumultes de la veille, à la dispute engendrée par la fugue de Nymeria, cette dernière ayant voulu rejoindre un vieil ami au niveau de la Forêt Nuageuse. Quelque part je la comprenais très bien, j'ai aussi fait ce genre de choses. Bon, je n'étais qu'un enfant et puis, au fond de moi j'aurais voulu qu'elle m'en parle, commencer avec de tels secrets ne présageait rien de bon pour la suite... Enfin, en même temps il est vrai que ce mariage, cette union officielle, cette concrétisation d'un amour sincère célébrée aux yeux des déités et des Vainuins, faisait trembler tous les fondements de notre relation. En quelque sorte tout ce que je pensais acquis était remis en cause - à tort sans aucun doute - et plus que jamais il faudra que l'on soigne notre relation. Il en vaut pour notre santé mentale et la pérennité du pays, en effet Nymeria ne pourra jamais correctement gouverner si notre couple est en perpétuelle discorde. Et pour terminer, ce n'est pas comme si je n'avais pas mes secrets, c'est pourquoi je ne pouvais lui en vouloir, et je ne lui en voulais d'ailleurs pas, seulement chaque seconde écoulée me faisait un peu plus douter de sa venue... C'était-elle ravisée ? L'homme qu'elle est allait voir était-il malgré ses explications, son amant ? Je ne savais que penser, et mes mains se firent bien vite moites. De plus en plus bouleversé tandis que certains esquissaient déjà des mines de réjouissances, je ne cillai pas et fixai avec attention la grande entrée arquée dans l'espoir d'y apercevoir une silhouette familière. Danis me rassura: "Elle viendra..." me souffla-t-elle au creux de l'oreille. "Oui..." répondis-je laconiquement. Ce n'était pas à mon habitude d'être ainsi, mais j'étais trop préoccupé à me battre intérieurement pour expulser mes craintes et doutes quant aux intentions de Nymeria. Je voulais avoir confiance, je voulais être serein mais ils demeuraient toujours, bien malgré moi.

Des chuchotements commencèrent dans l'assemblée, il y en avait tellement que l'on avoisinait le brouhaha. Ce bourdonnement m'agaça au plus au point, je n'étais pas légitime de penser cela - moi-même doutant - mais je me demandais comment pouvaient-ils tous être aussi irrespectueux et remettre si facilement notre union en cause. Non, je ne pouvais pas accepter qu'ils croient à cause d'un simple retard que Nymeria avait pris la poudre d'escampette... Où es-tu Nym, je t'en prie viens... pensais-je alors que j'observais ma chevalière de fiançailles, laquelle est censée la représenter. Le subit arrêt des murmures me fit relever la tête. De l'horizon, je vis, ébahi, se dessiner une grâce aux cheveux argentés. Je l'avais quitté en colère et fatiguée, et voilà qu'elle m'apparaissait radieuse ou plutôt lunaire; si Glorë avait une fille je pense que Nymeria en est l'incarnation parfaite. Elle par contre, fut bien mieux accueillie même si j'imaginais que quelques personnes n'en pensaient pas moins.


@Brehn@Théollys@Lestin@Ritus 1076 mots


Dernière édition par Brehn Shöva-Drogon le Ven 18 Aoû - 23:56, édité 8 fois
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Jeu 3 Aoû - 1:34


♒ 27, 12ème lune, 836 ♒
Les noces insoumises
Noblesse Vainuine
Le silence était maître. Chaque personne était minutieusement placée. Les nobles les plus importants, les proches des mariés - futurs - les nobles plus secondaires et ainsi de suite. Nous étions bordés de quelques disciples de Glorë. Ma sœur faisait partie des leurs mais se faisait très discrète. Comme une fourmi au milieu d'un troupeau lui paraissant gigantesque. Elle était mignonne, redevenant presque une enfant lorsqu'elle était ainsi gênée. Je me souviens de l'avoir entendu exprimé son envie d'assister au mariage. Comme toutes les femmes et jeunes filles de Vainui, elle suivait de près les tendances de la princesse qui, déjà, était un modèle de féminité Vainuine. Oui, un modèle. Ce qui était compréhensible. Même si je souriais de voir à quel point certaines jeune femmes romançaient la réalité et donnaient à notre noble princesse des traits naïfs que l'on ne retrouve que dans les contes pour enfants. Notre princesse était bien plus qu'un joli pot de fleur attendant patiemment d'avoir une utilité. Elle agissait et avait la force d'imposer ses idées avec cette déférence presque désinvolte mais toujours gracile. Une élégance qui avait son charme, il fallait l'avouer. N'en déplaise au Roi, sa fille était une perle pour Oranda tout entier.

Mais elle n'était pas là... Admiratif, presque le regard fier, mains jointes face à moi, j'observais Brehn Shöva s'avancer jusqu'à l'autel au bras de sa mère. Un mariage. Cela me paraissait si loin... Loin de mes attentes et de ce que je pouvais être en droit d'attendre. Peut-être étais-je trop difficile, que je me berçais encore de trop d'illusions sur ce que devait être un couple. Je restais un homme célibataire, sans réelle attache féminine. Ou juste une... mais qui ne pouvait mener à quoi que ce soit de concret sans qu'elle ne s'en coupe les ailes. Alors autant ne pas se faire trop de faux espoirs. Le bon côté des choses : j'étais un bon parti à marier, peut-être qu'un jour cela servira à quelqu'un qui m'est cher. Le mariage n'était, pour moi, qu'un arrangement entre deux parties. Une collaboration. Un peu trop pragmatique sûrement.

Le fiancé était prêt. Crispé, essayant probablement de maintenir les apparences pour faire croire que tout allait bien. Mais dans son esprit, ce devait être un véritable capharnaüm. Tant que sa belle ne serait à ses côtés, il suinterait de cette appréhension causée par tous les regards posés sur lui. Il était au centre de toute l'attention. Nymeria et lui le seraient jusqu'à la fin de cette journée, de cette nuit. Que faisait-elle ? Un bruit de fond se levait. Elle devait être là. Que se passait-il ? Discrètement, je m'éloignai et sortis du temple. Le Roi attendait. Je ne l'interrompis guère dans ses réflexions. Il paraissait bien assez préoccupé. Inquiet de la situation, je laissai mon instinct me guider en allant chercher ma monture. Avec une certaine adresse, malgré mes apparats, je me mis en route vers le château en toute hâte. Elle serait peut-être partie dans la forêt, en dehors de la ville. Peut-être penchée sur la tombe de sa défunte mère. Ou alors dans ses appartements... Sans ménagement, je beuglai à un écuyer de se charger de mon cheval et poursuivis ma route jusqu'à atteindre les appartements de la future mariée. Calmant ma respiration, je ralentis lors des derniers pas qui me permettraient d'atteindre la porte. Arrivé, je frappai à cinq reprises et ouvris. Je n'attendis pas sa réponse ce qui, en soi, était un outrage. Mais il n'y avait guère le temps pour ces manières, bien qu'elle les mérite toutes mille fois. « Princesse Nymeria », intervins-je de ma voix rauque dans un silence qui me guida jusqu'à l'héritière.

Quand je la vis, mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Mes yeux s'illuminèrent de la beauté innocente et immaculée de la princesse ainsi vêtue de sa robe de mariée. Une robe raffinée, expressive et aussi blanche que la neige. Elle paraissait briller, scintiller comme une étoile dans le ciel sombre qui nous envahissait. Je me gardai de faire le moindre commentaire, ne souhaitant l'incommoder. La peur se lisait sur son visage. Un visage qui, aujourd'hui, devrait pourtant être le plus enjoué possible. N'était-ce pas le rêve de toute fille ? Se marier avec un preux et noble prince charmant ? Prince, il ne l'était guère - heureusement pour elle - mais Brehn était un homme bon, un homme bien. Leurs cœurs étaient faits pour être ensemble. De la douceur mêlée à de la fermeté, de la prudence mêlée à de la témérité, ils faisaient un mélange qui promettait la réalisation de grandes choses. Mais elle avait peur... « Un jour, dis-je en m'approchant, j'ai vu une femme s'élever au-dessus de la plèbe et réchauffer mille cœurs. Un jour, j'ai vu cette femme s'approcher d'un enfant frigorifié pour déposer sa cape sur ses épaules. J'ai vu cette femme galoper plus vite que le vent. J'ai vu cette femme gravir des falaises plus hautes que des remparts. Et aujourd'hui, cette femme-là, je la vois perdre cette étincelle qui la poussait à agir alors que jamais elle ne pourrait paraître plus étincelante qu'en cet instant. » Un sourire bienveillant, je ne lui laissais pas le choix de me laisser approcher ou non. Je m'arrêtai toutefois à un mètre d'elle, lui faisant face. « Que lui arrive-t-il ? » Demandai-je alors.

On m'aurait sûrement freiné dans ma course et mon élan de rejoindre les appartements de la princesse, mais il y avait ces choses, avec le temps, qui s'acquéraient sans que l'on y prête de réelle attention. Une confiance et un respect des gardes. Un Conseiller n'avait pas ainsi à voler aux portes des appartements royaux. Mais sûrement savaient-ils que j'y trouverai la princesse. je ne me faisais point de souci pour eux. Dans tous les cas, il fallait garder en tête que toute la fine fleur de Vainui attendait avec impatience Nymeria. Et de la même façon que je l'aidais à s'évader par l'esprit, les balades et les périples, j'étais présent lorsqu'il fallait également l'aider à se recentrer sur ce qui devait être fait : cette cérémonie devait avoir lieu. Faire marche arrière était possible, elle restait une princesse. Mais si personne ne la poussait à franchir cette étape, peut-être ne la franchirait-elle jamais. Ou pour de mauvaises raisons avec la mauvaise personne...
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Dernière édition par Aak'Var Morhen le Jeu 3 Aoû - 17:14, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Jeu 3 Aoû - 3:07




Les noces insoumises



27, Douzième lune de l'an 836 ”
Le palais était en pleine effervescence, tôt ce matin, on était venu quérir la princesse dans ses appartements, lui donner un petit déjeuné empli d'aliments vivifiants et colorés.  Le palais était en fête, aujourd'hui allait se dérouler le mariage tant attendu de Nymeria Drogon et Brehn Shöva. Tous scandait ceci d'une voix si joyeuse que Nymeria n'en pouvait déjà plus. Une fois son déjeuné avalé, bien qu'elle n'ait quasiment rien touché, on la plongea dans un bain rempli de pétales et d'huile qui dégageait une odeur douce et épaisse à la fois, tout était fait pour qu'elle se détende, mais rien n'y faisait, la pression monta d'un cran quand on lui apporta sa robe de mariée. Celle-ci était d'une beauté à couper le souffle, toute brodée de fil d'argent, rappelant sans nul doute le mouvements de l'eau, le tissu effleurait sa peau au niveau des hanches et du buste et laissait ainsi apparaître ses jolies formes féminines. Les domestiques mandées pour s'occuper de préparer la princesse étaient elles aussi sous pression : elles savaient qu'elles n'avaient pas le droit à l'erreur. On ne se mariait qu'une seule fois et ce, pour la vie. Cette idée là lui donna le vertige. Elle était certaine de son choix, pourtant, tout ce qu'engendrait une telle union lui faisait terriblement peur. Ses cheveux furent tressés de sorte à dégager ses yeux et ses oreilles, mais ses lourdes boucles blondes presque blanches venaient couvrir ses épaules. On apposa un léger voile de maquillage sur les joues et les lèvres de la jeune femme qui se regardait stupéfaite dans le miroir qui se trouvait en face d'elle. Elle allait se marier. Aujourd'hui. Maintenant. Dans quelques heures. Tout allait changer.

Bientôt, elle fut prête. Du moins physiquement. Son apparence était irréprochable, la soie sauvage qui ornait son corps svelte volait quelques peu, Marigold, sa couturière attitrée avait encore fait des merveilles. Pourtant la princesse n'arrivait pas à se réjouir, du moins, pas totalement. L'euphorie du palais avait atténué la sienne, jusqu'à créer une telle angoisse qu'elle la cloua sur place alors que les dernières domestiques s'éclipsaient de ses appartements et courraient se changer pour arriver à temps à la cérémonie. Une lourde cape grise était posée sur une assise, elle n'avait plus qu'à l'enfiler et quitter cette pièce qu'elle allait dès ce soir partager avec Brehn. Les yeux écarquillés, elle fixa son reflet sans dire mot. Le silence s'était abattu sur le palais, on n'entendait personne.  Comme si tous retenait leur souffle, attendant que la princesse fasse le premier pas en dehors de ses appartements. Les minutes défilaient et Nymeria se savait à présent en retard à son propre mariage. Elle repensa, les sourcils froncés, à la dispute qui avait éclater entre elle et son futur époux la veille au soir. Brehn devait paniquer de ne pas voir arriver sa belle. Elle s'en voulait déjà de lui faire vivre cela alors qu'ils n'étaient pas mariés. Elle l'imaginait dans une tenue accordée à la sienne, blanc comme un linge, supportant les jugements des nobles de Vainui à son égare. La famille Shöva n'était pas appréciée à la coure, celle-ci avait tenté de renverser la monarchie quelques années auparavant. Pourtant, c'était bien un descendant de ces hérétiques que la princesse allait épouser. Elle leva les yeux vers le ciel gris qui plombait Vainui. Priant silencieusement Glöre de lui envoyer de l'aide, quelque chose qui puisse l'aider à quitter ces appartements. Son père devait attendre devant le temple à cet instant, elle devait entrer dans celui-ci à ses côtés. Tous devaient s'inquiéter de ne pas voir arriver la mariée. Elle sera les poings.

La visite de Lachlan avait pourtant réussit à apaiser son cœur angoissé, elle s'était défouler auprès de cet étrange ami la veille. Cette entrevue avait par la suite créés des tensions avec Brehn et Einar. S'il venait à débarquer, sans doute la prendrait-il dans ses bras, la câlinerait-il chaudement, pourtant pour cette union, il comprendrait sa peur. Nymeria ne voulait pas renoncer à ses libertés de princesse. Elle ne voulait pas simplement devenir la chose de quelqu'un, la femme de quelqu'un. Même s'il s'agissait de Brehn. Elle avait si peur que la pièce semblait se rétrécir à vue d'oeil autour d'elle. Le ciel s’assombrissait, signe qu'une nouvelle tempête de neige allait se déclencher. Depuis le bal des représentants et le blasphème causé par l'assassinat d'Orisian, des catastrophes naturelles se déclaraient. Les dieux punissaient Oranda. Elle s'enroula seule de ses propres bras, sentant la soie bouger contre ses mains graciles. Nymeria posa les yeux sur son tatouage, apparaissant par transparence sur le voile qui le recouvrait. Il fallait qu'elle s'en aille, il fallait qu'elle y aille. Elle secoua la tête, violemment, augmentant les vertiges qu'elle ressentait déjà. Lorsqu'elle retournerait ce soir dans ses appartements, elle ne serait plus seule. Ce grand lit à baldaquin qu'elle possédait depuis toujours ne serait plus vraiment le sien. Elle devrait se donner corps et âme à son amant ce soir. A son époux. A son meilleur ami et confident. Son âme, elle la lui avait déjà donné. Mais ils n'avaient échangé qu'un seul, unique et délicieux baisé depuis la déclaration de son ami. Cette perspective là, la fit d'autant plus paniquée. Se sentait-elle vraiment prête à ainsi se laisser aller aux bras d'un homme? Quand bien même, cet homme fut Brehn. Elle laissa doucement ses mains glisser sur sa poitrine, finissant leur voyage sur le ventre plat. Elle attrapa la soie qui le couvrait, froissant celle-ci. Son rôle, au delà d'être une princesse, était d'enfanter. Nymeria ne voulait pas. Pas tout de suite. Elle s'était toujours préservé, jusqu'à ce jour. Et ce soir, elle devrait effectué ce que le protocole nomme le ''devoir conjugal''.

Cinq coups furent frapper contre sa porte. La princesse sursauta, autant les mains de son ventre, elle fit volte face, les yeux embués, elle vit apparaître Aak'Var. Cet homme était un conseiller et ami de son père. Il était venu la chercher. Elle était fichue. Elle n'avait plus le choix. Contrairement à Einar, lui ne la couvait pas. Lui était honnête, bien moins doux et précautionneux. Elle s'attendait déjà à une soufflante alors qu'il ouvrait la bouche tout en approchant. Les mots qui en sortirent la clouèrent d'autant plus sur place, il venait d'approfondir le trou dans lequel Nymeria tentait de s'enterrer. « j'ai vu une femme s'élever au-dessus de la plèbe et réchauffer mille cœurs. Un jour, j'ai vu cette femme s'approcher d'un enfant frigorifié pour déposer sa cape sur ses épaules. J'ai vu cette femme galoper plus vite que le vent. J'ai vu cette femme gravir des falaises plus hautes que des remparts. Et aujourd'hui, cette femme-là, je la vois perdre cette étincelle qui la poussait à agir alors que jamais elle ne pourrait paraître plus étincelante qu'en cet instant. » Il s'arrêta, laissant quelques pas entre eux avant de lui lancer un sourire qui réchauffa immédiatement le cœur de Nymeria. « Que lui arrive-t-il ? »

Elle baissa les yeux, sentant qu'une larme s'était échouée sur sa joue. Elle avait fait face à bien des choses, et bien plus jeune. Pourquoi bloquait-elle tant devant cet événement ? Elle aurait dû être emplie de joie, pourtant, quelque chose manquait. Elle ne se sentait pas prête. D'une voix hésitante, brisée par un léger sanglot, elle prononça ses premiers mots de la journée. « Elle... Je... Je ne sais pas si... Ma liberté. » elle secoua doucement la tête, les sourcils froncés. « Brehn est le bon, je le sais. Il doit m'attendre, il doit paniquer. » elle releva les yeux vers Aak'Var. « Mais j'ai si peur ! » avoua-t-elle finalement. « Si peur de cette union, de ce qu'elle va engendrer. De ce que je.. que je vais devoir engendrer... 

© charney ||
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Dernière édition par Nymeria Drogon le Jeu 3 Aoû - 22:40, édité 5 fois
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Jeu 3 Aoû - 11:22


♒ 27, 12ème lune, 836 ♒
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La prestigieuse princesse paraissait terrifiée. Une enfant perdue dans une immense forêt, incapable de crier pour qu'on vienne l'aider. Ce contraste avait toujours été chez elle : peut-être la peur de faire un faux pas, celle de se montrer vulnérable. Je pouvais comprendre que le mariage pouvait effrayer. Après tout, il s'agissait là d'une union bénie par les dieux. Un lien qui, même avec le temps et la distance, ne pourrait jamais se défaire. Alors oui, valait mieux être sûr de soi. Pour le commun des mortels, le mariage n'était que l'acceptation de prendre l'autre à charge. Avoir des enfants et subvenir aux besoins de tout ce petit monde. Pour Nymeria, qui avait été éduquée dans cette idée de préservation et de pureté, ce devait être difficile à imaginer. Mais là où d'autres ont le choix, la princesse a les pieds et les mains liées. Un mariage et une descendance ; pour le bien de Vainui, elle ne pourrait y échapper. « Elle... Je... Je ne sais pas si... Ma liberté. » Sa liberté... sa liberté n'était que chimère. Elle le savait, pourtant. Elle en avait conscience. Mais au fond, Nymeria rêvait d'autre chose. De quelque chose qu'elle savait impossible. Cette liberté...

Sa dévotion envers Vainui était inconditionnelle. Mais elle n'avait que vingt ans. Voilà qui devait lui faire voir ses responsabilités comme une injustice : on lui demanderait de sacrifier une part d'elle-même. Pour préserver le trône et la dynastie Drogon. Pour unir le royaume et lui permettre de se projeter dans l'avenir. Elle n'était guère préparée à tout ce que cet engagement allait engendrer, je connaissais cette peur. Non pas que je l'eusse vécue, mais il ne s'agissait pas du premier mariage auquel j'assistais. Les fiancées étaient toujours peu sûres d'elles - en tout cas les plus jeunes d'entre elles. Et pourtant, Nymeria n'était pas dans cas, elle l'était : sûre... « Brehn est le bon, je le sais. Il doit m'attendre, il doit paniquer. Je hochai en haussant les sourcils, compatissant pour le jeune homme. Mais j'ai si peur ! Fléchit la princesse. Si peur de cette union, de ce qu'elle va engendrer. De ce que je... que je vais devoir engendrer... » Je plissai les yeux. Le Roi n'était certainement pas pressé de devenir grand-père. Il devait certainement pester de devoir confier sa fille à un autre homme... Mais il savait que c'était inéluctable. Pour le bien du royaume, pour le bien de leur lignage. Nymeria était la dernière Drogon pour l'heure. Et je voyais mal Azthal engendrer la moindre descendance... Peut-être n'étais-je pas la personne qui aurait dû venir la chercher. Je n'avais qu'une envie, c'était de la tirer par le bras et de l'amener à celui de son père. J'avais confiance en elle, en eux. Il était normal d'avoir cette anxiété qu'elle paraissait extrapoler... mais j'optai pour rester aussi délicat que je pouvais l'être envers elle. « C'est normal, cette peur que vous avez. Mais c'est là un rôle que vous vous devez de tenir. Avec Brehn ou un autre. Aujourd'hui tant que votre père vous accorde le mariage de votre choix ou dans cinq ans lorsqu'il vous trouvera un bon parti. » Je soupirai et souris, baissant les yeux avant de les reporter sur ceux de la princesse.

« À votre naissance, vous vous êtes mariée à des millions de Vainuins. Et là, vous reculez face à un homme que vous avez choisi. Un homme que vous aimez. Un homme qui saura vous respecter et ne profitera jamais de sa position pour vous rabaisser. Un homme qui a prouvé sa valeur bien des fois, se battant contre les erreurs faites par ses pères. Un homme près à tout pour vous. Je haussai les épaules. L'absence d'une mère a pu créer quelques manquements à votre éducation, votre devoir en tant qu'héritière du trône et votre préparation à ce rôle qui vous incombe. Cet aspect plus... privé de votre vie. Cette vie qui appartient au royaume avant d'être vôtre... Avec tout ces hommes autour de vous qui ne cherchent qu'à retarder l'échéance où vous devez enfin devenir une femme accomplie, ça ne peut que vous faire freiner... Mais je ne suis pas mieux placé qu'eux pour rattraper ces lacunes. Tout ce que je sais, c'est que cet homme qui vous attend devant l'autel, il a su être patient et saura se montrer patient. Ne l'abandonnez pas ce jour. Ne le laissez pas se faire dévorer par toute la cour au temple. Si vous l'abandonnez aujourd'hui, vous risquez de le perdre pour toujours. Je lui adressai un clin d'œil complice. Allez le sauver, et prenez le temps de lui confier vos appréhensions. » J'avais foi en ce garçon. Quoi que pouvaient en dire certains nobles. Il avait gagné sa place bien plus que la majorité d'entre eux. Parce qu'au-delà de ses titres de naissances - qui ont été retirés après le coup fomenté par les siens - Brehn avait réellement dû se battre pour en arriver là aujourd'hui. Les autres n'avaient qu'à suivre les leçons de précepteurs.
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Jeu 3 Aoû - 15:56




Les noces insoumises



27, Douzième lune de l'an 836 ”
Aak'Var se dressait là, dans sa tenue de cérémonie, Nymeria ne l'avait pas comprit immédiatement, cependant, si cet homme là était venu la quérir, sans doute commençait-on à s'inquiéter de l'absence de la princesse. Pourtant, elle avait beau faire bien des efforts, aucun d'entre eux ne suffisaient à la faire quitter ses appartements. L’appréhension était trop grande, trop présente. Elle aimait Brehn sans aucun doute, il était celui qu'elle voulait épouser, elle l'avait réalisé récemment. Mais le mariage, la cérémonie, tout cela s'était déclenché si vite et avec tant de hâte que cela avait refroidit en un instant les hardeurs de la princesse. Andar n'avait pas été facile à convaincre, bien qu'il ait un cœur bon, il se refusait de voir sa fille épouser un Shöva. Danis avait été une grande aide dans cette histoire, elle avait réussit à faire flancher le cœur du Roi, le rappelant à ses propres émotions vis à vis de sa seconde femme. Seconde femme, répéta-t-elle mentalement, la seule et unique autre chance que Nymeria aurait, si Brehn s'avérait ne pas être l'élu, serait le décès de celui-ci. Mais elle se trouvait si jeune pour déjà se marier, bien que l'idée ait germé dans son esprit il y a des années. Elle s'était préparée à cet événement, bien des fois on l'avait briefée sur les devoirs d'une épouse envers son mari, pourtant... pourtant... Pourtant, ce rôle qu'Aak'Var lui ordonnait de tenir, elle n'en voulait pas ! Elle le repoussait. Nymeria refusait de se résoudre à être une couveuse, une femme faite pour enfanter. Elle avait bien des projets, et la venue d'un enfant n'était pas inclus dedans. Mais comment empêcher cela ? Pouvait-elle se permettre de priver son époux de devoir conjugal parce qu'elle ne se sentait pas prête à ainsi se laisser aller ?

La présence du conseiller dans ses appartements était à la fois plus oppressante encore et réconfortante. Il lui intima d'une voix calme quelques faits qu'elle connaissait déjà. Mariée à des millions de Vainuiens à la naissance, certes, pourtant son rôle était bien de les gouverner et non de partager sa couche avec eux, et de porter leurs enfants. Elle n'était pas faite pour cette vie là, Nymeria craignait de devenir comme Danis – bien qu'elle respecte de part beaucoup de manières, sa belle-mère -, elle se refusait à devenir une simple  ''femme''. Elle était princesse ! Future régente ! Héritière ! Elle avait bien des choses à faire, des choses que la présence d'un enfant en son sein lui empêcherait. Comment pourrait-elle chevaucher jusqu'à Brynjolf chaque année pour aller s'entrainer auprès de son ami Lachlan ? Pourrait-elle encore manier le couteau, la lame et le poignard une fois femme mariée ? Que deviendrons ses secrets, cette relation si particulière qu'elle entretenait avec l'exempt ? La présence fut un temps de Noah, une domestique bénie par Malaggar, à ses côtés ? Ce jeu qu'elle avait commencé avec Sven Ramose il y a quelques lunes de cela ? Devrait-elle y renoncer ? Devrait-elle renoncer à cette liberté qu'elle s'accordait toujours ? Nymeria n'était pas faite pour rester entre quatre murs comme le désirerait tant Einar. Brehn avait le même comportement à son égard, une fois époux légitime, peut-être imposerait-il à la princesse de ne plus être elle-même et de se comporter comme ce que l'on attends. Peut-être devrait-elle s'en tenir au protocole, se laisser pomponner tout en observant d'un air las et naïf les actions de son père ? Et si Andar voyait plus de potentiel en Brehn qu'en elle-même ? Le trône allait-il lui échapper ?

Perdue dans ses angoisses, la princesse n'avait pas suivit le fil du discours que prononçait Aak'Var à son égard. Elle releva doucement les yeux vers lui, croisant ainsi le regard insistant de l'homme. Le visage de Nymeria se décomposa à mesure qu'elle écoutait ses paroles. «  L'absence d'une mère a pu créer quelques manquements à votre éducation, votre devoir en tant qu'héritière du trône et votre préparation à ce rôle qui vous incombe. Cet aspect plus... privé de votre vie. Cette vie qui appartient au royaume avant d'être vôtre... Avec tout ces hommes autour de vous qui ne cherchent qu'à retarder l'échéance où vous devez enfin devenir une femme accomplie, ça ne peut que vous faire freiner... Mais je ne suis pas mieux placé qu'eux pour rattraper ces lacunes. Tout ce que je sais, c'est que cet homme qui vous attend devant l'autel, il a su être patient et saura se montrer patient. Ne l'abandonnez pas ce jour. Ne le laissez pas se faire dévorer par toute la cour au temple. Si vous l'abandonnez aujourd'hui, vous risquez de le perdre pour toujours. Allez le sauver, et prenez le temps de lui confier vos appréhensions. »  Elle risquait de perdre Brehn. Définitivement. Leur dispute de la veille avait peut-être déjà engagée leur course vers leur propre perte... Elle secoua nerveusement la tête, reculant d'un pas, puis deux, s'éloignant toujours plus d'Aak'Var et de ses paroles trop vrais. Elle refusait de les entendre, la princesse refusait d'entendre raison. Elle allait s'engager dans quelque chose qu'elle ne connaissait pas, quelque chose qu'elle ne voulait peut-être pas. Souvent, elle tentait de cacher ce côté ''enfant gâtée'', qu'elle possédait. Mais ce jour, tout avait reprit le dessus. Elle ne se sentait plus digne d'une femme à marier, elle se sentait jeune. Trop jeune. Et si petite face à la masse que représentant le conseiller. Il la dépassait de bien de bien des centimètres, il la surplombait par son assurance. Elle se sentait enfant, prisonnière, coincée. Le mûr qui frappa son dos une fois qu'elle y fut acculer ne fit qu'augmenter cette impression. La panique prit le dessus, oubliant toute bonne fois, tout bon raisonnement, elle n'en fit qu'à sa tête. Serrant de nouveau le tissu de sa robe qui recouvrait son ventre. Elle le serra si fort qu'elle cru pouvoir le déchirer. Elle voulait ôter cette robe, supprimer ce jour, cette fête de Glore ne devait pas se passer comme ça. Elle avait tant de peine pour Brehn, si peur de le perdre, elle le sentait presque déjà s'échapper, comme un liquide qui lui filerait entre les doigts. Ou peut-être était-ce sa vie qui la fuyait. Elle était condamnée. « Je m'y refuse ! » hurla-t-elle finalement. « Je n'irai pas ! »

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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Jeu 3 Aoû - 17:00


♒ 27, 12ème lune, 836 ♒
Les noces insoumises
Noblesse Vainuine
Le sort de Nymeria avait été scellé bien avant sa venue au monde. Le choix ne s'était pas présenté à elle. Personne n'était venu frapper à sa porte en lui demandant si elle voulait être princesse d'un royaume, si elle souhaitait succéder au monarque, si elle souhaitait assurer la descendance. On ne lui avait rien demandé, tout imposé. Vu la position qu'elle tenait, la jeune femme ne pouvait même pas se plaindre ni aspirer à quoi que ce soit d'autre. Elle n'avait pas ce choix. Malgré toutes les meilleures attentions que son père pouvait avoir envers elle, ça ne changerait rien à la fatalité de son destin. Une vie soignée, carrée, organisée, droite. Une vie bien loin de ce cœur qu'elle n'a de cesse de souhaiter suivre même à travers blizzards et obscurité. Dans les ténèbres comme dans la lumière, Nymeria était prête à braver tous les dangers pour suivre ce que lui dictait son cœur, son instinct. Au grand désespoir de son père qui n'avait su orienter le choix de son époux. Un pari risqué qu'il avait fait en lui laissant choisir son époux. Mais aussi la meilleure façon pour s'assurer que dans cette cadence qui lui était imposée, elle pourrait parvenir à trouver le bonheur. Aussi bien que lui était parvenu à trouver le sien. Malheureusement, elle n'était pas comme son père. Une autre génération, une autre façon de penser. Mais pour l'heure, Nymeria ne pourrait rien révolutionner, ne pourrait rien changer sur ce qui l'attend. Un mariage qui se devra d'être fertile.

Ce chemin qu'on lui demandait de prendre, la princesse semblait de plus en plus s'y refusée. L'inquiétude se lisait sur son visages. Mes paroles n'étaient pas pour la rassurer... En même temps, je ne souhaitais pas vraiment la rassurer en disant ces mots. Plutôt lui faire comprendre que ce n'était pas le jour où elle devait flancher. Ce n'était pas le jour où elle pouvait être faible et se dégonfler. Au contraire, était venue l'heure pour elle de foncer vers ce qui lui est inévitable. Peu importent ses désirs et ses envies. J'étais le premier à défendre cette part d'elle-même qui ne pouvait décemment s'exprimer. Cependant, ça ne pouvait être au détriment d'autrui, ça ne pouvait être au détriment de Vainui. Elle reculait, sur la défensive, se refermant jusqu'à atteindre le mur derrière elle, froissant sa robe pourtant si finement taillée pour mettre en valeur chaque courbe de son corps, chaque trait de sa personne. « Je m'y refuse ! Céda la princesse. Je n'irai pas ! » Je fronçai les sourcils et eu un rictus abusé. « Vous n'irez pas ? » Répétai-je, incrédule. Je m'avançai de pas sûrement trop brusques jusqu'à être à sa portée. Je pris ses deux bras, les entourant de mes mains et la maintenant avec fermeté sans la bloquer contre le mur. « Avez-vous seulement regardé le ciel ces derniers jours ? Avez-vous senti ce froid glaçant le peuple ? Grondai-je en la regardant droit dans les yeux. Rien ne changera après ce mariage, rien ! Vous êtes libre de garder votre façon de vivre, même de rester seule dans ces appartements -même si techniquement, elle ne pourra y être toujours seule... - Même votre impertinente façon de rejeter tout ce que vous ne parvenez à accepter alors que vous savez que c'est inéluctable ! Ce mariage est la seule bonne nouvelle que Vainui a pu avoir ces derniers temps. Le peuple tout entier sait que vous avez choisi Brehn Shöva par amour. Le peuple vous verra heureuse. Et heureuse vous serez. Non pas parce que vous devez l'être, mais parce que vous avez fait le bon choix : celui du cœur. Il faudra consommer ce mariage et accepter les conséquences car ce sont elles votre devoir, et alors ? Même si vous ne vous sentez pas encore prête pour ça, si vous passez à côté de cette aubaine alors vous risquez de le regretter toute votre vie. » Je la relâchai, mon ton s'étant baissé peu à peu, une sueur froide m'éprenant.

Je détachai mon regard du sien. « Vous pouvez accomplir votre de voir et en laisser les conséquences à d'autres. Mais je doute que c'est ce que vous feriez. Car si moi je peux regretter d'avoir abandonné cette chance, alors je n'imagine pas à quel point cela pourrait vous faire mal de laisser votre enfant entre les mains de nourrices et de domestiques. » Je soupirai, passai ma main sur mon visage. Je n'avais jamais ne serait-ce qu'évoqué le moindre sous-entendu concernant cet enfant que j'avais abandonné par sens du devoir et dévotion envers Vainui. Je n'étais pas le genre d'homme que l'on imaginait père, même à l'époque. Je ne m'imaginais pas père à l'époque. Ni aujourd'hui à vrai dire. Mais pourtant, je ressentais ce manque, ce doute. Cette oppressante sensation de ne pas savoir... Et je crois que jamais je ne me sentirai réellement entier sans cet enfant qui devait, aujourd'hui, dépasser la princesse de quelques années. Avait-il ou elle, un amour, des enfants à son tour ? Vivait-il à Dahud ? Quel élément son élément ? Terre comme sa mère ? Ou bien Eau comme son père ?

Je chassai ces songes d'un râle exaspéré avant de planter à nouveau un regard intransigeant sur la princesse. « Vous ne savez pas ce qui se passera. Vous ne savez pas ce que vous pourrez ressentir ni même accomplir. Brehn n'est pas de ceux qui chercheront à vous affaiblir mais au contraire, de ceux qui vous élèveront. Je ne crois pas qu'il y ait un autre homme désirant plus que lui vous voir accomplir votre destin de princesse, future reine. Jamais il n'altérera votre façon d'être, il sera votre meilleur conseiller, votre meilleur soutien, quoi qu'il advienne. S'il fait le moindre faux pas : je me permettrai de le recadrer moi-même, qu'il soit votre époux ou non. Alors vous allez garder vos peurs pour plus tard et prendre votre courage à deux mains. » D'un ton plus doux, j'ajoutai : « Quoi que vous ayez peur de perdre, c'est normal. L'engagement solennel, c'est effrayant et ça nous force à tout remettre en cause. Mais c'est pour ça que dans ces moments, on essaye de s'entourer de personnes qui nous sont proches et qui nous permettent de garder la tête haute. Faites-moi plaisir et considérez-moi en cet instant comme un ami qui vous incite à prendre la meilleure décision de votre vie et suivez-moi, Nymeria. Vous ressemblez à votre père sur ce point : personne ne vous enchaînera. Mariée ou non. Il suffit que vous restiez vous-même et que vous vous décidiez d'avancer. Ça ne peut que vous grandir. Et peut-être que cela vous émancipera de la sur-protection de certains, qui sait ? » Dis-je sur une note plus légère en lui tendant une main amicale.
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~#~Sujet: <font class="aak"> / [color=#0066ff] Jeu 3 Aoû - 18:55




Les noces insoumises



27, Douzième lune de l'an 836 ”
Le pièce devint froide tout à coup. Nymeria venait de crier son refus d'assister à son propre mariage de Aak'Var ne semblait pas le prendre aussi bien que prévu. Qu'attendait-elle de lui, après tout ? Il n'était pas comme les autres, il n'était pas aussi précautionneux, pas aussi doux. Lorsqu'il avait quelque chose à lui dire, lui reprocher, il le faisait. Pourtant, en ce jour si heureux, Nymeria aurait prié mille fois Glore de lui envoyer n'importe qui, sauf lui. L'aura de cet être béni par l'eau prit possession de la pièce, celle-ci devint si froide qu'elle arracha un frisson à la princesse. « Vous n'irez pas ? » répéta-t-il d'une voix qui fit immédiatement passer la panique de Nymeria. Des sueurs froides se firent sentir le long de son échine à mesure que le conseiller s'approchait d'elle, tel un prédateur. Le regard fixé sur ses yeux profondément bleus de la princesse. Elle voulait s'en défaire, détourner le regard, s'enterrer dans le trou qu'elle tentait de creuser depuis bien trop longtemps déjà. Son moment était mal choisi. Elle ne pouvait se permettre de faire une telle scène le jour même de son mariage. Pourtant, c'est bien ce qu'elle faisait. Aak'Var lui agrippa brutalement les bras, sans pour autant acculer la princesse au mur dressé devant elle. Ce mouvement eut pour seul effet de la faire sursauter, elle écarquilla les yeux, des yeux emplis d'une terreur qu'elle ne parvenait point à contenir. Leurs regards étaient si intense que personne n'aurait osé s'interposer entre eux. Tel était le pouvoir de cet homme sur la princesse : elle le respectait beaucoup trop. Elle le savait rustre, parfois bien éloigné du protocole, l'opposé d'Einar sur ce point. Einar... il ne se serait jamais permit d'entrer de la sorte dans les appartements de Nymeria, il l'aurait consoler, prit dans ses bras, lui aurait donné l'amour d'un père bien qu'elle en ait déjà un. Mais Aak'Var, c'était l'inverse. Aak'Var c'était une force brutale, un seau d'eau gelé sur la tête, ou un membre bien trop proche du feu de la cheminée. Ses mains qui maintenaient les bras de Nymeria semblait plus fraîches encore que la neige.  Les émotions fortes amplifiaient les pouvoirs d'un être béni par Glore. Nymeria dégageait-elle autant de froideur ?

« Avez-vous seulement regardé le ciel ces derniers jours ? Avez-vous senti ce froid glaçant le peuple ? » La princesse posa sur lui un regard incrédule. Elle avait complètement homis le peuple ces derniers jours, tant la panique avait prit de dessus. Elle sentit quelque peu son souffle s'appaiser à mesure qu'elle écoutait sagement les paroles déblatéré par Aak'Var. « Rien ne changera après ce mariage, rien ! Vous êtes libre de garder votre façon de vivre, même de rester seule dans ces appartements . Même votre impertinente façon de rejeter tout ce que vous ne parvenez à accepter alors que vous savez que c'est inéluctable ! Ce mariage est la seule bonne nouvelle que Vainui a pu avoir ces derniers temps. Le peuple tout entier sait que vous avez choisi Brehn Shöva par amour. Le peuple vous verra heureuse. Et heureuse vous serez. Non pas parce que vous devez l'être, mais parce que vous avez fait le bon choix : celui du cœur. Il faudra consommer ce mariage et accepter les conséquences car ce sont elles votre devoir, et alors ? Même si vous ne vous sentez pas encore prête pour ça, si vous passez à côté de cette aubaine alors vous risquez de le regretter toute votre vie. » Doucement, Nymeria fronça les sourcils alors qu'Aak'Var semblait se radoucir « Le peuple... le peuple est heureux de mon mariage ? » déclara-t-elle soudain. Voilà une réalité qui lui avait échappée. Puis les paroles du conseiller lui revinrent en mémoire : elle avait malgré elle épouser Vainui dès la naissance. Elle travaillait si fort à se faire apprécier et connaître par son peuple. Cette déclaration, révélation était sans doute le plus beau cadeau que les Vainuiens puissent jamais lui faire. Ils étaient heureux de la savoir heureuse. Elle qui était pourtant persuadée qu'ils n'en avaient cure. Qu'elle devrait toujours, sans cesse, se sacrifier pour que son peuple aille bien... Il relâcha la pression sur les bras de la princesse, celle-ci caressa doucement ses bras dont la soie avait été froissée. A quelques choses près, elle avait manqué de déchirer cette robe que Marigold s'était donné tant de mal à confectionner.... Elle releva doucement les yeux vers le conseiller, sentant son esprit s'éveiller, la panique se dissiper. Elle se sentait bête tout à coup. Une idiote gamine. Il ne la regardait plus, il semblait perdu dans ses pensées. « Vous pouvez accomplir votre de voir et en laisser les conséquences à d'autres. Mais je doute que c'est ce que vous feriez. Car si moi je peux regretter d'avoir abandonné cette chance, alors je n'imagine pas à quel point cela pourrait vous faire mal de laisser votre enfant entre les mains de nourrices et de domestiques. »

Sans doute étais-ce vrai. Sans doute n'arrivait-elle pas à détacher son regard de l'enfant qu'elle mettrait au monde. Il serait son trésor, sa réussite. Quand bien même, pour le moment, elle n'en avait pas envie. De nouveau, il planta son regard dur sur elle. Nymeria se sentait rétréssir à mesure qu'Aak'Var la grondait. « Vous ne savez pas ce qui se passera. Vous ne savez pas ce que vous pourrez ressentir ni même accomplir. Brehn n'est pas de ceux qui chercheront à vous affaiblir mais au contraire, de ceux qui vous élèveront. Je ne crois pas qu'il y ait un autre homme désirant plus que lui vous voir accomplir votre destin de princesse, future reine. Jamais il n'altérera votre façon d'être, il sera votre meilleur conseiller, votre meilleur soutien, quoi qu'il advienne. S'il fait le moindre faux pas : je me permettrai de le recadrer moi-même, qu'il soit votre époux ou non. Alors vous allez garder vos peurs pour plus tard et prendre votre courage à deux mains. »  Nymeria baissa les yeux, honteuse. Ses joues étaient rougies, ses yeux fuyaient. Aak'Var avait trouvé les mots. Sans doute pas aussi gentiment que n'importe quel autre conseiller du roi, quand bien même, il était celui qui était venu la chercher. Il aurait très bien pu la laisser là, dans ses appartements, à ruminer et ruiner le plus beau jour de sa vie et de celle de Brehn. Il ne l'a pas fait. La princesse lui serait éternellement reconnaissante pour cela.

 « Quoi que vous ayez peur de perdre, c'est normal. L'engagement solennel, c'est effrayant et ça nous force à tout remettre en cause. Mais c'est pour ça que dans ces moments, on essaye de s'entourer de personnes qui nous sont proches et qui nous permettent de garder la tête haute. Faites-moi plaisir et considérez-moi en cet instant comme un ami qui vous incite à prendre la meilleure décision de votre vie et suivez-moi, Nymeria. Vous ressemblez à votre père sur ce point : personne ne vous enchaînera. Mariée ou non. Il suffit que vous restiez vous-même et que vous vous décidiez d'avancer. Ça ne peut que vous grandir. Et peut-être que cela vous émancipera de la sur-protection de certains, qui sait ? » Une main tendue vers elle, une voix douce, chaleureuse. Les yeux de la princesse s’embuèrent de nouveau, cette-fois non pas à cause de la panique, non... son cœur s'était finalement apaisé. Elle releva le regard, croisant celui-ci d'Aak'Var et tenta un léger sourire bien qu'il fut presque manqué. « Merci, Aak'Var. » murmura-t-elle doucement tout en prenant la main de celui-ci. « Merci d'être venu. » elle soupira doucement, essuyant de sa main libre, les dernières larmes qui continuaient de perler puis se redressa, retrouvant son assurance. « Allons-y. Il se trouve que je suis en retard à mon mariage » dit-elle en riant,tirant le conseiller derrière elle, attrapant à la volée la cape grise qui se trouvait toujours sur l'assise. Prenant une grande inspiration, elle passa le pas de sa chambre, l’appréhension était toujours un peu présente. Mais la main d'Aak'Var dans la sienne avec quelque chose de réconfortant.

La princesse se refusait de lâcher cette main chaleureuse, quand bien même le conseiller le lui insitait. Elle s'en défit uniquement une fois en dehors du palais, devant sa mouture qui était prête depuis quelques temps déjà. Celle-ci avait été décorée aux couleurs de sa propriétaire. Nymeria caressa doucement le museau de sa jument avant de monter sur son dos, d'un coup de talon assurée, elle intima à sa monture de galoper aussi vite qu'elle le pouvait. L'air faisait voler la cape qui se trouvait sur ses épaules ainsi que ses belles boucles. La princesse se demanda un instant qu'elle était l'allure qu'elle pouvait avoir. Ayant pleuré, étant passé par bien des émotions, son visage devait être marqué par la fatigue et l'angoisse. Fort heureusement, le temple de Glore ne se trouvait pas très loin du palais, et elle arriva devant celui-ci en un clin d’œil. Son père l'attendait, le visage clos, les yeux cerné, les sourcils froncés. Nymeria sauta du dos de sa belle jument à la robe blanche, atterrissant habilement sur ses pieds. Elle s'avança, tête baissé en direction de son père et le salua d'une révérence bien maîtrisée. « Père. Excusez mon retard je... » Levant une main franche, Andar coupa net les explications de sa fille, il l'attira contre lui, la serrant si fort qu'elle se rendit à cet instant compte de l'émotion qu'il ressentait. Par la suite, elle passa son bras dans le sien et ils se tournèrent ensemble vers le temple.

Andar ne bougea pas, il attendait que sa fille fasse le premier pas. D'un signe de tête, d'un accord finalement mutuel et armés d'un sourire complices, ils entrèrent dans le temple de leur bien aimée déesse. Bien des nobles étaient présents, un bruit de tracas se faisait entendre, pourtant, lorsque la princesse posa le pied dans cette longue allée, tous se turent, observant avec beaucoup de bienveillance la démarche de Nymeria vers son bien aimé. Il était là, resplendissant, ses traits étaient tirés, lui non plus n'avait pas beaucoup dormi. Ils s'était quitté fâché la veille, pourtant, à cet instant, leur dispute paraissait si loin. Le cœur de la jeune femme manqua un rebond alors qu'elle observait son futur époux dans sa tenue de cérémonie, sobre, comme à son habitude, mais également aussi élégant qu'on pouvait le lui permettre. Sa chemise et son pourpoint étaient d'un bleu aussi sombre que les profondeur des océans, quelques arabesque étaient brodées, elle n'étaient pas sans rappeler celles qui se trouvait sur la robe de la princesse. Tout deux semblaient être fait pour s'unir tant leur tenues s'accordaient alors que jamais ils ne s'étaient concertés. Une lourde cape était posé sur les épaules de Brehn. Andar ôta son bras de celui de sa fille, laissant celle-ci faire les quelques pas restant qui la séparait encore de son futur époux. Une fois à sa hauteur, elle salua d'un signe de tête la prêtresse ainsi que Danis qui se trouvait à ses côtés. Andar vint à son tour les rejoindre. Reposant son attention sur Brehn, celle-ci croisant son regard bleu saphir et s'y perdit un instant. Elle tendit doucement les mains, invitant celles de son amant à les rejoindre tout en soupira. « Brehn... »

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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Ven 4 Aoû - 18:56


Les noces insoumises

Nymeria & Brehn Shöva-Drogon ft. la noblesse Vainuine




Le 27 de la 12ème Lune, l'an 836

Elle s'approchait de moi à l'aide de pas lents et hésitants mais néanmoins majestueux. Nous étions tous ébahis devant cette sublime beauté qui venait de faire son apparition, cette petite perle argentée et lumineuse qui incarnait au-delà d'une simple figure divine, une lueur d'espoir devant ses ténèbres étouffantes qui nous assaillaient et étouffaient jour après jour - que l'on distinguait d'ailleurs derrière elle. Bien avant le mariage, beaucoup de Vainuins ont espéré que Glorë nous pardonnerait et nous aiderait grâce à la fête qui lui est dédiée chaque année le 27 et 28 de la douzième lune. À présent venait s'ajouter le mariage de la Princesse, vu comme le mariage de l'espérance et de la rédemption. Tous comptaient indirectement sur Nymeria pour que tous les maux infligés par les déités cessent. Après tout Prince et Princesse sont tout autant que Roi et Reine la parcelle entre le monde divin et celui des mortels. Voilà une lourde tâche qui nous incombait malgré nous, certainement que celle-ci est une des causes du retard de la Princesse... D'ailleurs cette attente m'était guère importante, quelque part ses probables dernières ruminations donnaient encore plus de valeur à sa venue. Elle avait soigneusement pesé le pour et le contre et a pris sa décision en son âme et conscience. Elle était là, prête à assumer notre amour, prête à assumer le destin de notre pays et de ses habitants. Sa démarche en témoignait. À chaque foulé elle imposait un peu plus sa personne, sa détermination, son esprit souverain. En somme elle anéantissait mètres après mètres le doute qui pouvait régner dans le cœur de l'assemblée ainsi que dans le mien. C'était Nymeria, impétueuse et olympienne...

Elle était maintenant tout proche de moi; je vis se dessiner un visage rougi voire meurtri par ces dernières heures. Lesquelles n'ont pas été simples pour nous deux, mais cela valait le coup de les avoir endurées. Notre plein bonheur n'était plus très loin. Notre rêve, compris et assumé il y a peu, allait enfin se réaliser. Le chemin aura été difficile, mais notre volonté a triomphé: Andar a donné sa bénédiction, même si je n'étais pas le gendre idéal. D'ailleurs ce dernier qui se trouvait aux côtés de Nymeria m'adressa un regard, qui contre toute attente, était des plus affectueux. Cependant je savais que rien n'était acquis, qu'il ne serait jamais loin dans notre relation, qu'il me tiendrait à l’œil, et qu'à la moindre incartade son courroux s’abattra sur moi. Cette épée de Damoclès ne me pesait pas; d'un côté cela me rassurait de savoir qu'une personne hors du couple veillerait sur Nymeria. Du reste, Andar ne sera pas le seul. Je pensais notamment à Einar et Aak'Var ou encore Danis qui s'est fortement rapprochée de la Princesse durant cette lune. Je répondis donc à ce regard par un sourire confiant. J'espérais que le Roi soit assuré que Nymeria n'aurait rien à craindre avec moi, que je saurais la rendre heureuse, la protéger... La sublimer... La mettre sur un piédestal si haut qu'elle en saura transcendée. Pour le bien de nous tous. Pour le bien d'Oranda.

Andar enleva son bras de celui de Nymeria, laquelle s’avança vers moi, émue. Après une brève salutation destinée à Danis et à la Prêtresse, nos regards se croisèrent naturellement. Mes yeux ne décollèrent pas des siens si bien que nous restâmes figés un moment que je ne saurais quantifier; le temps semblait en effet s'être arrêté. Outre son magnifique visage qui m'hypnotisait, je voyais dans l'iris de ses yeux défiler notre passé, de sa naissance il y a 20 ans jusqu'à aujourd'hui, le tout passant par la petite enfance, l'adolescence. Aucune période notre vie n'était passée à la trappe. Je revivais tout, de la moindre partie de cache-cache, de premières grandes discussions philosophiques... L'on m'a toujours conté que ce genre d’événements se produisaient lorsqu'une personne est sur le point de trépasser. Finalement il fallait y voir que le mariage est tout comme la mort, un nouveau commencement. De surcroît pour le notre car cette union n'est animée que par de nobles sentiments. Peut-être est-ce donc pour ça ? En tout cas, je ne voyais pas d'autres points communs entre ces deux étapes initiatiques.

"Brehn..." murmura la Princesse, m’ôtant ainsi de l'histoire de notre vie que racontaient ses yeux. Elle m'invita à joindre mes mains aux siennes, ce que je fis sans une once d'hésitation. Elles étaient fraîches, alors que les miennes étaient toujours chaudes à cause de l'anxiété générée par son retard. Du bout des doigts je sentais son pouls, nos cœurs semblaient battre à l'unisson. "Nymeria..." finis-je par répondre délicatement. Je ne savais quoi lui dire devant tous ces invités. Je préférai continuer de me laisser bercer par sa beauté éclatante et échanger des regards complices; ils en disaient bien plus que n'importe quel mot. J'étais impatient de pouvoir communier avec ma future femme devant Glorë et ses centaines d'yeux derrière nous. Ma timidité n'était plus en ce jour, je ne ressentais que fierté et passion. Éprit d'un tel amour m'était si illusoire il y a encore peu, j'ai toujours voulu croire aux belles histoires que me comptait ma mère, mais en grandissant le doute quant à pouvoir vivre la même chose que ces valeureux héros n'était pas des moindres. Et contre toute attente j'ai réussi à faire comme eux. Je devais sûrement cela à ma détermination et mon esprit indocile; je ne pouvais me résoudre que seuls des personnages imaginaires pouvaient vivre de telles choses. Non, ce n'était pas parce que j'étais bien-né que mon mariage devais être arrangé par je ne sais qui - par chance, je ne cause aucun tort à ma famille, il va sans dire que Nymeria est un bon parti pour celle-ci, mais tout ceci est secondaire... En fait, il suffit d'y croire, de ne pas perdre espoir, bien comprendre que rien n'est impossible, qu'il faut tout simplement se donner les moyens de ses ambitions. C'est certainement cette hargne qui aura su charmer Nymeria, puis Danis et enfin Andar. J'osais espérer qu'elle saura aussi charmer le reste de Vainui et par-delà les frontières.

La Prêtresse vêtue d'une toge bleu azur nous adressa sa bénédiction personnelle. Elle tenait un magnifique bâton où se trouvait à son bout une représentation de Glorë, taillée à même le bois. Son port signifiait qu'elle était la numéro un de toute la caste religieuse, l'intendante du grand temple d'Ibaï. Je n'attendais pas moins que ce soit elle qui célèbre notre mariage, mais je dois dire que je me sentais fortement impressionné devant elle... Furtivement j'observais la Princesse qui n'était pas en reste. La tête en biais par rapport aux invités, je vis du coin de l’œil Rhenis tenter de captiver mon attention avant que la cérémonie ne commence...


@Brehn@Théollys@Lestin@Ritus 1202 mots


Dernière édition par Brehn Shöva-Drogon le Ven 18 Aoû - 23:56, édité 7 fois
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Ven 4 Aoû - 21:11



«Une bougie peut illuminer la nuit
Un sourire peut bâtir tout un empire » 


Depuis combien de temps Danis n’avait-elle pas ressenti autant d’euphorie ? Incapable de répondre à cette question tant son esprit semblait danser au rythme de la mélopée du bonheur du mariage de la Princesse Nymeria et de Brehn Shöva, elle se entraîner par les événements, sans réfléchir, profitant de chaque instant. Il fallait dire qu'elle s’était battue, corps et âme, pour que les deux tourtereaux puissent avoir une chance de voir leurs vies se lier sous le regard bienfaisant de Glorë… Elle n’avait cessé d’écrire au jeune homme pour s’assurer que tout finirait par s’arranger…Elle avait aussi eu la chance de parler à sa belle-fille lors d’une soirée loin des bras du Roi…  Et puis, elle avait finit par user de mots doux rappelant leur propre mariage pour apaiser le coeur blessé de ce dernier qui s’était formellement dressé contre cette union au départ. L’amour n’avait pas de limite, ni de loi… Il finissait toujours par se trouver dans les endroits les plus inattendus et Andar n’avait pu contredire cet argument de taille même s’il était resté sur ses positions…

Après tout, n’étaient-ils pas tombés amoureux dans un simple commerce alors que rien ne les prédestinait à vivre ensemble ? Leurs histoires étaient similaires, et pourtant, il lui avait fallu du temps pour essayer de faire disparaître les œillères du Roi concernant sa fille unique… Fille unique qui avait finalement réussi à se faire entendre et imposer ses choix.

Ainsi, la Reine avait décidé de vivre cette cérémonie comme une victoire, et d’accompagner de tout coeur Andar qui, malgré ses appréhensions toujours présentes, devait inéluctablement tenir un rôle des plus importants pour ce mariage. Vêtue d'une robe saphir, les cheveux noués en une tresse parfaite qui tombait le long de son épaule gauche afin de laisser entrevoir la couronne qu’elle portait, elle s’était positionnée à côté de la Prêtresse non sans ressentir une certaine nostalgie. En effet, il y a quelques mois, Danis s’était retrouvée à la place de Nymeria… Angoissée, apeurée, mais amoureuse, elle s’était élancée dans cette allée tellement… longue, sans détacher ses yeux du Roi. Alors lorsqu’elle vit une certaine panique briller dans les yeux azurs du futur époux, elle sourit, puis le rassura en usant de sa voix douce. Certes, Nymeria semblait être en retard, mais il ne fallait pas s’inquiéter… Ou du moins, elle ne pouvait pas se le permettre.  Alors en âme bienveillante, la jeune souveraine ne cessa ses gestes délicates et autres regards apaisants… jusqu’au moment où elle vit enfin l’Héritière avancer lentement vers eux vêtue telle une Déesse...

** Elle est magnifique... **

Sentant son coeur manquer quelques battements à la vue de cette scène si somptueuse, Danis sentit les larmes perler au coin de ses yeux. Délicatement, et avec discrétion, elle passa un index fin sur son visage pour les faire disparaître, puis se redressa en affichant un sourire empli de fierté. Soulagée, émue, préparée à revivre ce moment en se trouvant de l’autre côté du miroir, elle prit une bonne inspiration puis se concentra sur la Prêtresse qui avait commencé  la cérémonie. Attentive, prête à remplir son rôle, la Reine posa un regard sur la couronne qu’elle allait devoir donner à Nymeria, puis sur cette dernière dont l’esprit semblait en proie à beaucoup d'émotions. Lui adressant un léger signe de tête comme pour lui transmettre cette aura de paix qui l’entourait afin de l’apaiser, elle finit par lui sourire, sincèrement, comme une grande soeur aurait pu le faire… ou bien comme une mère.  

Sa vie allait changer, toutefois, elle ne serait pas seule. Même si la politique lui faisait défaut, Danis se promit de venir en aide à l’Héritière et son époux dans les moindres moments. Après les avoir tant aidés, elle avait l’impression d’avoir été investie d’une mission… La mission de veiller sur eux… Et ce pour toujours.


@Einar Celeth

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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Sam 5 Aoû - 23:45




Les noces insoumises





27, Douzième lune de l'an 836 ”
Les mains tendues de la princesse furent bien vite réunies avec celles de Brehn, son ami, amant, confident. Une amitié forte, fraternelle qui, avec les années, s'étaient transformée en évidence : ils étaient fait pour être l'un avec l'autre. Tel était leur destin, tel était ce que Glore voulait pour eux. Nymeria eut soudainement envie de revoir le passé, de s'y observer, et ainsi savoir si tout s'était joué sans même qu'elle s'en rende compte, voir si quelque chose les prédestinait à une telle union ce jour là. Que penserait la petite Nymeria que Brehn avait tant côtoyé ? S'attendait-elle à une fin pareille pour leur histoire ? Sans doute que non... Elle avait déjà tout prévu, aussi petite soit-elle. Elle s'était convaincu qu'il valait mieux épouser un bon parti pour le pays plutôt qu'une personne qu'elle portait réellement dans son cœur. Mais son cœur, ce malheureux cœur n'avait de cesse d'emmener la princesse là où bon lui semblait. Elle avait beau être courageuse, avoir beaucoup de force, bien plus que ce qu'on semblait lui accorder, elle était incapable de ne pas suivre ce que disais son cœur. Et celui-ci battait fort dans sa poitrine à cet instant. Si fort qu'elle cru qu'il allait s'en échapper, peut-être pour venir rejoindre celui de son futur époux. Son futur époux. Nymeria sourit chaleureusement à Brehn alors qu'à son tour, il la saluait. Elle était heureuse finalement. La panique était passée. La panique s'était bien jouée d'elle. Voilà qu'elle s'était rendu ridicule le jour de son mariage. Mais Aak'Var avait été là. Sans doute que, s'il n'était jamais venu, la jeune femme n'aurait pas quitté ses appartements. Elle serait encore seule, à cet instant, en proie à de profondes pensées délirantes. Elle avait peur : c'était un fait. Peur d'un avenir plus qu'incertain auprès de cet homme. Parce que lui, il n'avait pas été élevé pour gouverner, contrairement à un époux que lui aurait choisi son père. Nymeria allait devoir lui apprendre de telles choses, bien qu'il ne puisse prétendre au trône malgré leur union imminente. Il n'avait jamais été question de marier la princesse afin de trouver un successeur masculin. Andar n'en avait cure du sexe de l'enfant qui prendrait la main après lui. Tout ce qu'il voulait, c'était une personne en qui il pouvait avoir confiance, une personne qui prendrait soin de sa région comme si celle-ci était sa propre descendance. Et Nymeria se sentait à présent capable de prendre en mains le jeu. Elle avait beaucoup évolué en quelques mois. Depuis le bal des représentant. Rien n'était plus pareil. A ce moment là, la princesse n'avait aucunement envie de s'investir en politique, elle voulait rester cachée comme elle l'avait toujours fait lorsqu'elle se trouvait à Dahud pour cette fête en l'honneur des divinités. Mais ce soir là... Son père, le roi était souffrant. Il n'avait pu se rendre au bal, Nymeria avait donc été seule représentante de la monarchie du nord ce soir là. Et elle avait assumé sur rôle, fièrement. Brehn était là, lui aussi. Sans doute que sa présence avait été réconfortante pour la princesse. Tout semblait s'être passé si vite alors que seulement deux lunes s'étaient écoulées... Deux lunes, et Nymeria avait profondément changé. Elle avait rencontré Sven Ramose, le dictateur qui régnait sur Sezni, avait eut de folles aventures avec lui. La princesse avait aussi tissé quelques liens avec le président Hileran qui gouvernait Gorka. Elle avait rencontré la nièce d'Elwyn Valior, présidente de Sterenn. Tous les représentants des régions avaient ainsi vu la princesse s'investir un peu plus dans leur monde. Ce monde qui, en un clin d'oeil, était devenu le sien. Elle appréciait finalement, ce jeu de politique. Ses enjeux et ses dangers. Brehn était-il vraiment prêt pour ce qui l'attendait ? Critiqué déjà, parce qu'il porte le nom de Shöva, il allait devoir affronter les regards aigri et vilains des nobles de Vainui, devoir être courageux face aux dirigeants qui n'étaient pas toujours tendre. Devoir comprendre et accepter que Nymeria ait un jardin secret, avec ses maux et ses plaisirs. Elle aimait cet homme, ce beau garçon dont les cheveux brun tombaient quelque peu sur son visage et dont les yeux aussi bleu que l'océan dévoraient inconsciemment Nymeria. Elle l'aimait, c'était un fait. Mais elle avait peur. Non pas qu'il ne soit pas à la hauteur, peur pour lui. Peur du danger que représentait le monde politique. Comment réagirait-elle si on venait à le lui ôter ? En plus de devenir son époux, Brehn allait devenir sa faiblesse. Sa plus grande et plus évidente faiblesse. Chose qui n'aurait pas été le cas si elle avait prit pour époux un homme qu'elle n'aimait pas.

Nymeria détacha son regard de celui du beau brun, elle croisa celui de Danis. La douce aura de celle-ci vint envelopper la princesse sans même qu'elles ne se touchent. Danis avait changée, elle aussi. Elle était moins effacée à présent, plus proche de la princesse, plus proche des histoires de la coure bien que le jeu auquel Andar et sa fille s'adonnait ne l’intéressait pas. La jeune femme voulait aidé, elle lui avait même dit. Elle voulait se rendre utile pour cette nouvelle famille qui l'avait adopté, non pas à bras ouvert. La princesse était heureuse de pouvoir compter sur une telle femme pour sa vie future, elle savait qu'elle pourrait toujours courir la voir si quelque chose n'allait pas. Si son union avec Brehn manquait quelque chose. Enfin, Nymeria posa les yeux sur la prêtresse qui n'attendait plus qu'elle pour commencer la cérémonie. D'un signe de tête, toujours munie d'un léger sourire, elle lui fit comprendre qu'elle était prête. La jolie disciple de Glore fit un discret signe aux mariés afin qu'ils délient leur mains, ce qu'ils firent immédiatement, un peu gêné. Elle s'éclaircit un peu la gorge avant de lancer « Nobles et membres du peuple de Vainui, nous sommes aujourd'hui réunis afin d'unir sous les yeux bienveillants de notre déesse, la Princesse Nymeria Drogon avec Sieur Brehn de la maison Shöva.  Levez vous je vous prie. » La prêtresse reposa ses yeux sur les futurs époux et continua. « Princesse Nymeria Drogon, Sieur Brehn Shöva, veillez vous agenouillez afin de présenter vos respects à notre divinité bien aimée. » Après un discret regard entendu à son ami, la princesse posa ses genoux à terre, suivit bien vite par celui-ci. Ils se trouvaient face à face mais avait les yeux posés sur la pretresse, attendant la suite de la cérémonie avec une impatience peu remarquée. En effet, malgré l'euphorie qu'ils pouvaient ressentir, ils restaient sobres. Nymeria ne fut pas tant surprise de voir à quel Brehn collait à l'image qu'on pouvait se faire d'un prince. Leur union allait lui donner ce titre de noblesse. « Il est temps de prononcer vos vœux. » murmura doucement la prêtresse qui s'attendait sans doute à ce qu'ils saisissent l'idée celle. Nymeria posa de nouveau son regard sur son futur époux, un regard à la fois paniqué et amusé. En effet, avec l'agitation qu'elle avait pu ressentir lors de ces dernières heures, elle avait fini par oublier les vœux qu'elle devait prononcer. Du bout des lèvres, sans faire le moindre bruit, le beau jeune homme lui vint en aide, lui indiquant le début des mots qu'elle devait prononcer. «  Sieur Brehn de la Maison Shöva... commença-t-elle, doucement, d'une voix hésitante. Je vous prends pour époux et n'en prendrais nul autre de votre vivant, vous jure fidélité,   Si notre déesse y consent, je l'implore de nous offrir un mariage fécond. » Le rouge lui était monté aux joues alors qu'elle prononçait ces derniers mots. Un mariage fécond, voilà exactement ce que la princesse ne désirait pas à cet instant. Elle plongea son regard dans les yeux bleus de Brehn, attendant de celui-ci prononce ses vœux. Leurs alliances allaient être échangées par la suite. Puis ils iraient ensemble se baigner dans le lac qui avoisinait le temple, l'eau bénite cèlerait leur union à jamais.   




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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Dim 6 Aoû - 20:14


Les noces insoumises

Nymeria & Brehn Shöva-Drogon ft. la noblesse Vainuine




Le 27 de la 12ème Lune, l'an 836

Je n'avais jamais ressenti pareilles émotions en lui tenant les mains ainsi. Cette impression de connexion, de parfaite connivence, de ne faire qu'un. Il était bien rare que j'ai l'occasion de les lui prendre, mais maintenant que j'allais devenir son époux plus rien ne me l'empêcherait, l’ambiguïté ne sera plus. Nous pourrons enfin apprécier sans peur l'harmonie de nos deux âmes... Dire que ce semble geste me procure de tels sentiments alors que dans un couple celui-ci est des plus anodins; cela présageait de bonnes choses et confirmait un peu plus l'évidence de notre union. Malheureusement la Prêtresse nous intima discrètement de nous délier pour que la cérémonie puisse commencer. Dommage, si cela ne tenait qu'à moi, j'aurais récité les vœux dans cette position. mais qu'importe, ce n'était guère important.

Alors que l'assemblée se levait, Nymeria et moi dûmes nous agenouiller l'un en face de l'autre. Glorë et les invités nous regardaient de haut comme s'ils étaient omniscients et cherchaient à sonder nos intentions. En quelque sorte nous nous remettions à leur jugement. Une impression de petitesse et d'étouffement me prit le cœur; tout ce processus cérémonial me rendait mal à l'aise bien qu'au fond je préférais qu'il y en ait un. Ce caractère solennel était nécessaire pour donner encore plus de valeur et de légitimité à notre mariage, en contrepartie d'une intense anxiété, certes. La disciple de Glorë se tenait juste entre nous, ayant levé la tête en sa direction pour écouter avec avidité ses paroles je la trouvais encore plus impressionnante. Il semblait émaner d'elle un grand pouvoir divin. Pour sûr Glorë était en elle, je le voyais dans ses yeux sans fonds. Dans ses paroles éloquentes et mystiques. Dans sa gestuelle millimétrée. Petit à petit je me laissai entrer dans un autre monde, il n'y avait plus personne sinon Nymeria et cette incarnation de notre chère déesse.
"Il est temps de prononcer vos vœux." nous intima-t-elle. Mon regard croisa de nouveau celui de ma presque épouse, elle aussi paraissait être ailleurs si bien qu'elle en oublia les mots qu'elle devait prononcer. Instinctivement je les lui rappelai en les mimant de mes lèvres. Elle commença, peu assurée mais néanmoins plus que jamais convaincu de ce qu'elle prononçait. Il n'y avait plus de filtres entre nous. Moi qui pensais que ces vœux que tous les mariés récitent, allaient sonner des plus creux, il n'en était pourtant rien: ils ont su trouver leur chemin pour faire écho dans ton mon être. Chaque parcelle de mon corps en frissonnait. Nymeria termina sur une note sonnant faux mais je n'y prêtai pas d'attention; nous aurons tout le temps de discuter de notre descendance...

J'étais centré sur l'instant présent et paradoxalement celui-ci me détachait de ce monde, renfonçant toujours plus cette impression d'être ailleurs, seul avec ma femme sous les yeux bienveillants de Glorë. N'ayant plus la notion du temps, je réalisai - tardivement ou non - que c'était à moi de prononcer les fameux vœux. Alors que je tentais de recouvrer mes esprits, une subite hésitation, un blocage ou tout simplement une peur - je n'étais pas bien sûr - vint me paralyser. Tournant la tête vers mes parents ceux-ci surent la dissiper aussi vite qu'elle était arrivée en opinant du chef avec bienveillance. De nouveau face à Nymeria, mes lèvres tremblèrent légèrement avant que le premier mot ne sorte, puis, une fois lancé, je n'étais plus qu'animé par de la fierté. Fierté de déclarer solennellement ce que je ressens pour la Princesse. Fierté de ne pas avoir abandonné et d'avoir cru en moi, ou devrais-je dire en nous. "Princesse Nymeria de la maison Drogon, je vous prends pour épouse et n'en prendrais nulle autre de... Je m'arrêtai un instant, la fin de la phrase habituelle ne me convenait pas et je ne pus m’empêcher de la modifier. ... de MA vie, vous jure fidélité. Si notre déesse y consent, je l'implore de nous offrir un mariage fécond." Nymeria et la Prêtresse et certainement toutes les personnes présentes furent interloquées mais pas choquées. Je m'attendais pourtant à ce qu'il y ait de petits chuchotements méprisants. Il n'en fut rien. Soulagé, je pris le temps de profiter de ce moment que je ne vivrais donc pour sûr qu'une fois dans ma vie. Les yeux de la belle Eau pétillaient. Tout comme moi elle ne cachait pas ses émotions malgré le caractère discret et sobre que nous partageons. Préférant toujours m'abstenir de prononcer des mots hors ceux qui étaient nécessaires au déroulement de la procession, je lui accordai un profond et sincère sourire pour lui dévoiler mon bonheur.

"À présent, il est temps d'échanger mutuellement vos alliances, puis le Roi et la Reine vous coifferont de couronnes jumelles." annonça la disciple. Deux jeunes fidèles nous apportèrent les anneaux. Ils étaient en or à contrario de ceux que j'ai fait fabriquer pour nos fiançailles. Sur toute une bande centrale étaient disposées des incrustations diamantées. L'on pouvait y distinguer l’emblème de nos deux maisons, nos prénoms ainsi qu'un petit croissant de lune pour rappeler la déesse de l'Eau. Sans mot dire je pris délicatement celui destiné à Nymeria que j'enfilai sur son index gauche. Contre toute attente je n'eus aucun tremblement, tout se fit avec naturel comme si ce geste avait été répété de nombreuses fois. Mais il n'en était rien, seulement une fois lors de nos fiançailles, quelques semaines plus tôt. Ce fut au tour de Nymeria qui glissa passionnellement l'anneau autour de mon doigt. Éprit d'une euphorie qui n'était pas prête de partir Nymeria et moi nous tournèrent respectivement vers Danis et Andar qui après avoir déclarés quelques mots bien choisis nous coiffèrent de couronnes jumelles sur lesquelles étaient inscrits les mêmes symboles et mots que sur nos alliances - mais cette fois sur la partie interne.

Nous étions enfin délivrés de cette position genoux au sol et en me relevant je manquai de faire tomber la couronne siégeant sur ma tête. En cet instant je pris conscience ce qu'être Prince pouvait revêtir. Dorénavant je n'ai plus le droit à l'erreur, et il me faudra rester fort et digne pour que personne ne sache ébranler cet ornement de royauté, que toujours cette couronne reste en place, et ainsi que jamais Nymeria soit en mauvaise posture par ma faute. En effet, nous sommes maintenant liés pour notre plus grande force mais aussi notre plus grande faiblesse. Me toucher serait toucher la Princesse et malheureusement ceci n'est pas à prendre à la légère... Nous ne savons pas de quoi est fait le futur, d'autant plus que la conjoncture actuelle ne présage rien de bon pour celui-ci. Plus que jamais de nouveaux ennemis feront leur apparition en ces temps troubles et nécessairement ils chercheront à nous atteindre. À nous d'user au mieux de cette union pour être inatteignable. Peut-être est-ce même dans ce but qu'Andar a finalement changé d'avis et s'est pressé d'organiser nos noces.

Il y eut quelques acclamations provenant des invités une fois que nous étions débout, devant eux, entre le Roi et la Reine. Cependant rien n'était encore officiel, il manquait un dernier processus pour achever cette cérémonie. La Prêtresse ne manqua pas de la rappeler et nous invita Nymeria et moi ainsi que les personnes les plus proches de nous, à la suivre pour rejoindre le bassin sacré situé à l'arrière du temple. Tandis que nous nous y dirigions je pris la main de Nymeria qui avec les dernières émotions s'étaient enfin réchauffée. Je ne cachais pas un sourire béât alors que je contemplais ses traits que la couronne sublimait; il faut le dire elle la porte divinement bien. En fait je le savais déjà. Elle en avait depuis toutes petites, mais c'était tout de même rare de la voir avec. Elle s'était toujours résignée à se pavaner avec, même lors des fêtes officielles ou des banquets. Un esprit rebelle et marginal tout comme le mien que je ne pouvais qu'apprécier. Et puis au-delà du côté ostentatoire qui devait la répulser, je venais déjà de réaliser que ce chapeau royal était fort désagréable à porter.


@Danis Drogon ou @"Nymeria Drogon"

@Brehn@Théollys@Lestin@Ritus 1417 mots


Dernière édition par Brehn Shöva-Drogon le Jeu 24 Aoû - 15:01, édité 4 fois
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Dim 6 Aoû - 22:19



«Prends ma main
Promets-moi que tout ira bien » 


Bercée par les paroles de la Prêtresse, Danis avait l’impression de vivre dans une bulle emplie d’amour et de bonté. Au sein de la foule, elle observait d’un oeil bienveillant les deux futurs mariés en plein échange de voeux… Aimer, chérir, enfanter… Tels étaient les devoirs conjugaux selon la tradition, cependant, la Reine nota un certain malaise chez Nymeria, et il en fut de même pour Brehn. Baissant les yeux un instants, elle se souvint des paroles qu’elle avait échangées avec son époux concernant les enfants… Même si elle s’était dite prête à donner la vie tout en gardant bien enfoui le secret de sa première grossesse interrompue, elle ressentait comme une sorte de gêne vis à vis du peuple. Que dirait-on encore ? Le supporterait-elle cette fois ci ?

Ainsi, elle ne put ressentir que de la compassion pour l’Héritière et son époux dont le mariage avait été compliqué à réaliser… A croire que l’amour, même le plus sincère du monde, devait inéluctablement se payer par le biais des rumeurs, de l'animosité, et de la méfiance du monde entier.

*Peu importe... On s'en fiche...*

Portant alors un regard empli d’émotions sur l’homme qui faisait tant battre son coeur, Danis retrouva son sourire puis se prépara à orner la chevelure nacrée de la Princesse avec la couronne qu’elle tenait fièrement entre ses mains. Alors, une fois qu’elle fut invitée à poursuivre la cérémonie, elle s’avança avec grâce vers Nymeria.

J’espère que cette couronne vous protégera vous, et votre amour si pur Princesse… Vous le méritez…” susurra t-elle avec douceur en affichant une mine radieuse.

Déposant délicatement l’objet sur sa tête, elle se tourna alors vers le Roi dont les mots avaient clairs mais bienfaisants à l’encontre du jeune homme. Soulagée de voir que tout se passait bien, même si elle sentait qu’Andar s'efforçait de sourire en voyant sa fille unique prendre son envol, elle ne put s’empêcher de laisser les larmes rouler joliment sur ses pommettes. Enfin, ils étaient réunis, telle une vraie famille, face à l’instance qui s'étalait devant eux. Le coeur s’emballant de nouveau, la Reine fut alors ramenée à la réalité une fois l’invitation à rejoindre le bassin lancée. Se souvenant parfaitement de ce moment très… étrange, elle sourit au couple de jeunes mariés comme pour les rassurer. Tout se passerait bien… Ils n’avaient aucun soucis à se faire.

Ainsi, Danis alla rejoindre Andar afin de l'apaiser lui aussi, puis, ils prirent le chemin ouvert par Nymeria et Brehn qui allait sceller leur destin...

Pour toujours et à jamais...


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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Lun 7 Aoû - 0:20




Les noces insoumises


27, Douzième lune de l'an 836 ”

Plongée dans le regard bleu de Brehn, la princesse remarqua cependant la teinte que ses yeux prirent lorsque cela fut son tour de prononcer ses vœux. Le cœur de Nymeria manqua un battement elle qu'elle reconnut cette expression : celle de la peur, l'hésitation. Son futur époux était à son tour en proie à de nombreuses questions, se demandait-il s'il faisait le bon choix ? Quelque chose dans ce regard irrita la jolie blonde, bien qu'elle ne doutait pas de l'amour que Brehn pouvait lui porter, cette panique qu'elle vit ne la rassura point. En effet, elle aussi avait eut peur, mais cela n'était aucunement en rapport avec le fait d'épouser Brehn, ce qui l’effrayait, en somme, c'était l'idée d'une certaine descendance et le fait d'appartenir à tout jamais à quelqu'un. Que pouvait-il bien craindre ? Il désirait se donner à elle, corps et âme. Et il allait le faire. Un rapide coup d’œil à ses parents, la famille Shöva et il se ressaisit sous les yeux plus qu'inquiet de sa princesse. Elle se promit de lui en toucher quelques mots une fois la cérémonie terminée, bien qu'elle aurait souhaité le faire avant que leurs destins ne soient liés. Cela l'effrayait, cette idée éternité. Du moins, de ''toujours''. Bien que celle-ci ne soit pas tout à fait exacte : en effet, Andar s'était remarié, alors qu'il avait déjà épousé une femme. Une femme qu'il avait perdu à cause de l'arrivée de Nymeria dans son bonheur. Elle eut de nouveau un pincement au cœur, son père lui en avait-il voulu un jour, d'avoir, inconsciemment, certes, été l'assassine de sa propre mère ? Andar aimait-il Maria comme il semblait aimé Danis ? La princesse était-elle née d'une belle union ou bien d'un simple arrangement politique qui avait aboutit à sa création ? Tant de questions qu'elle ne s'était pourtant jamais posées, mais ce jour, alors qu'elle allait lier son destin avec un autre, cela semblait prendre une grande importance.

Reprenant conscience de la réalité, la princesse continuait d'observer la lueur de panique qui semblait s'être estompée. Soulagée simplement par un regard envers sa bien aimée mère. Brehn semblait tant l'aimer, cette femme là... Il fallait que Nymeria s'en rapproche. Non pas par malveillance, mais parce qu'elle doutait pouvoir entretenir une bonne relation avec son futur époux si sa famille ne l’acceptait pas, elle. Bien que la famille Shöva n'ait pas réellement le choix. Avait-il eut, lui aussi, des brimades, vis à vis de ce mariage ? Cette union avait-elle autant fait débat du côté des Shöva que chez les Drogon ? Son futur époux prit la parole, la princesse l'écouta, mettant ainsi de côté ses questions. « Princesse Nymeria de la maison Drogon » commença-t-il doucement « je vous prends pour épouse et n'en prendrais nulle autre de... ma vie, vous jure fidélité. Si notre déesse y consent, je l'implore de nous offrir un mariage fécond. » Nymeria haussa légèrement un sourcil alors que Brehn venait de changer purement et simplement, les vœux qu'ils devaient prononcer. Elle ne put s'empêcher cependant de sourire, un sourire tendre et plein d'amour. Ils étaient beaux, ainsi agenouillés, l'un en face de l'autre. Sans doute qu'un peintre aurait dû se rendre à la cérémonie, rien que pour poser à jamais cette image des amoureux sur papier.

L'échange des alliance fut annoncée. Cette partie là de la cérémonie n'enchantait pas particulièrement la princesse bien qu'elle y soit contrainte. Les traditions imposées par Glore pouvaient s'avouer parfois longues et indigestes pour la monarque que l'on connaissait sous des traits plus rebelles. Elle laissa pourtant Brehn lui passer l'alliance au doigt, tout comme la fois où il était venu dans ses appartements lui déclarer sa flamme. Elle se trouvait pourtant moins secouée à cet instant qu'à l'évocation de ce doux souvenir. Les bagues jumelles qu'ils allaient porter étaient faite d'or et gravées de symboles représentants leurs maisons respectives ainsi que leur prénoms et le seau de leur déesse. Nymeria orna à son tour le doigt de Brehn de cette petite merveille, sans ciller, sans trembler, elle ne quitta pas une seconde le regard de son époux. Cela allait être officialisé dans peu de temps. Andar et Danis se présentèrent à leur tour, tenant dans leurs mains fines et précieuses, deux couronnes. Brehn allait être nommé prince, la princesse en fut toute secouée. Andar s'approcha à pas lents, gracieux et assuré, il déposa doucement le couvre chef sur la tête de Brehn tout en prononçant ces quelques mots «  Sieur Brehn de la maison Shöva, tu es entré en ce temple en tant que tel, tu en sortira en tant que Prince de la maison Drogon, et sieur de la maison Shöva. Puisse cette couronne vous protéger, Nymeria et toi. » Danis s'avança à son tour, présentant la couronne et la posant sur la tête de princesse. Elles échangèrent un regard plein d'amitié et d'amour, la Reine semblait se réjouir de cette union, elle semblait si heureuse à cet instant... Nymeria en fut émue à son tour. « J’espère que cette couronne vous protégera vous, et votre amour si pur Princesse... Vous le méritez. » Le lien entre les deux femmes semblaient si intense à cet instant qu'en voyant la perle salée qui venait rouler sur les joues de Danis, Nymeria sentit ses yeux s'humidifier. Enfin, les époux se levèrent. Brehn se redressa maladroitement cependant, manquant de faire tomber la couronne qui trônait sur le haut de sa tête. La princesse l'observa un moment, la couronne lui sciait à merveille. Il la portait avec grâce et élégance, bien que les pas qui allaient suivre allaient être hasardeux. En effet, le port d'un tel couvre chef n'était pas donné à tout le monde, la princesse avait dû l'apprendre, ainsi tenir toujours sa tête droite, avoir le buste bombé pour ne pas que celle-ci tombe. Mais elle allait lui apprendre tout cela.

Les convives, nobles et roturiers, acclamèrent les presque époux. La dernière étape de leur union était imminente. Brehn et Nymeria s'engagèrent dans l'allée qui les mèneraient jusqu'à la sortie du temple. Leurs mains se rejoignirent  alors qu'ils marchaient tout deux d'un pas de plus en plus assuré. Le sourire aux lèvres, ils échangèrent de nombreux regard emprunt d'un amour inconditionnel qui semblait s'élever au delà de l'antre de leur déesse. Bientôt, suivis par les convives les plus proches qu'ils avaient, ils se dressèrent ensemble devant le lac béni qui coulait derrière le temple de Glore. Nymeria tourna doucement la tête pour observer les visages de ces personnes qui lui étaient chères. Évidemment, Andar était là, royal, fier, bien que son émotion fut mal contenue, à ses côtés, Danis se tenait, les yeux perlant de milles et unes larmes de bonheur, sans doute n'essayait-elle même plus de les cacher. Elle était divine. Einar était là, lui aussi, les yeux rougis par l'émotion, son regard se portait régulièrement sur la demoiselle qui se tenait à ses côtés : Rhenis. Cousine et amie de la princesse, celle-ci aussi semblait secouée par l'émotion, un léger sourire venait tirer ses traits harmonieux. Aak'Var était là, lui aussi. Se tenant en retrait, mais malgré ses efforts pour paraître neutre, la princesse pouvait clairement voir la fierté dans ses yeux. Cette même fierté pouvait se lire dans ceux d'Andar ainsi que dans les pupilles d'Einar. Tout trois avaient permit à la princesse de se forger, se construire. Elle avait toujours été entourée de figure fortes telles qu'eux. Elle posa son regard sur la mère de Brehn, un petit bout de femme qui avait donné ces traits si fins à son enfant, elle le regardait avec beaucoup d'amour, un amour maternel qui était bien étranger à la princesse. Celle-ci sentit son cœur se serrer à cette idée, mais ne broncha pas. Par delà les autres convives, ses pensées furent portée vers d'autres êtres qui lui étaient chères. Lachlan. D'une manière ou d'une autre, il avait participé à l'éducation et l’émancipation de Nymeria, elle aurait tant voulu qu'il soit là, bien qu'elle ait eut l'occasion de l'entrevoir la veille. Noah, cette domestique qu'elle aimait tant, aussi... Elle soupira doucement, reposant ses yeux sur son amant et, suite à un regard entendu avec celui-ci, ils entamèrent leur descente dans l'eau fraîche du lac sacré. Nouant ainsi définitivement ce lien de mariage.  Ils étaient époux et épouse. Prince et princesse. Ils allaient régner ensemble et leur bonheur se ferait savoir par delà toutes les contrées,ils s'aimeraient si fort que rien ni personne ne saurait se jouer d'eux, telle serait leur force.   





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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Lun 7 Aoû - 21:26


Les noces insoumises

Nymeria & Brehn Shöva-Drogon ft. la noblesse Vainuine




Le 27 de la 12ème Lune, l'an 836

Nous n'étions plus beaucoup dans ce petit havre divin, où se trouve un plan d'eau duquel on raconte toutes sortes de mythes. Il serait le berceau de la vie. La toute première eau. Et de fait certainement le lieu où Glorë s'est éteinte en nous léguant ce pouvoir inestimable. Cette légende me seyait bien, il n'y a qu'à voir la faune et la flore si particulières qui s'épanouient dans ce bosquet. L'on y retrouve des espèces présentes uniquement ici. Comment l'expliquer sinon que l'eau est bénite ? Devoir s'y baigner était donc un privilège réservé aux couples royaux. Ce rite ancestrale a pour but de communier avec son conjoint et la déesse des Eaux. L'espace étant sacré et relativement restreint, seuls nos proches les plus intimes ont pu nous suivre pour assister à ce dernier processus finalisant notre mariage. Pensant d'abord que je serais plus à l'aise avec ce petit comité je me rendis compte que c'était tout l'inverse: à présent je pouvais tous les observer un par un sans que moult visages presque inconnus ne m'en l’empêchent comme plus tôt. Mon regard se dirigea vers mes parents, stoïques mais non dénués d'émotions, tout comme le Roi d'ailleurs. Andar essayait de cacher au mieux son ressenti alors que ce qu'il redoutait depuis bien longtemps, que Nymeria coupe le cordon, se passait sous ses yeux. Il y avait également Einar et Aak'Var, à l'attitude presque semblable, légèrement en retrait, bien qu'Einar, avait les yeux rougis d'émotions, lui qui considère Nymeria comme la fille qu'il n'a jamais eue. Enfin il y avait Rhenis, calme et souriante. Tout simplement heureuse. Et pour terminer, Danis, elle, était bien plus démonstrative que ces derniers, les larmes coulaient abondements sur ses joues devenant luisantes à cause du liquide hyalin.

Le silence était maître, il n'y avait qu'une unique berceuse, celle des remous aqueux du bassin et les doux chants et bruissements des êtres vivants alentour. Même la Prêtresse n'osa pas rompre cette tranquillité ambiante, en effet plutôt qu'utiliser à nouveau une phrase solennelle, elle nous invita à poursuivre la cérémonie d'un simple geste de la tête. Nymeria et moi ôtâmes nos capes, et après un tendre regard échangé nous nous lançâmes main dans la main dans le bassin. La profondeur était progressive. L'eau gelée gagnait chaque parcelle de notre corps à mesure que l'on s'enfonçait. Je pris soin de réchauffer comme je le pouvais l'onde proche de nous pour que la descente soit facilité. Après quelques pas peu assurés - bien que l'eau cristalline nous permettait de voir nos pieds - nous atteignîmes le centre du bassin. Seules notre tête et nos épaules étaient hors des flots. L'un en face de l'autre, nos mains réunies, nous attendions patiemment. Le moment délicat allait commencer. La Grande Prêtresse entama une sorte de rite alors qu'elle usait de son don pour créer un courant circulaire autour de nous. Si l'un de nous deux se faisait emporter, c'est qu'il n'était pas digne d'un mariage royal, comme si Glorë le rejetait.

"Glorë mère des Eaux, je t'incombe de recevoir ces deux jeunes époux. Ils s'en remettent aujourd’hui, jour de ta fête, à ton inéluctable jugement. Déesse de pureté, mère de vie, sonde les cœurs de ces deux êtres afin de savoir s'ils sont dignes de gouverner un jour ton peuple." déclara la disciple qui semblait être entrée dans une étrange transe. Le courant autour de Nymeria et moi était de plus en plus intense. Il ne manqua pas d'arracher notre âme-sœur respective de nos propres mains, mais nous tenions, coûte que coûte. Je n'étais pas particulièrement serein, mais pour autant je n'avais pas peur. J'ai toujours eu pleinement confiance en Glorë et ce n'était pas maintenant que cela allait changer. En outre, Nymeria était née pour être une grande souveraine, et même si pour ma part je n'ai reçu aucune éducation pour diriger, j'étais intimement convaincu que j’œuvrerais toujours dans l'intérêt des Vainuins. Alors pourquoi notre déesse irait à l'encontre de notre union ? Non, il n'y avait aucune raison valable, mais après tout qui suis-je pour juger le cœur de la personne que j'aime ainsi que le mien. Comment être impartial pour l'un comme pour l'autre ? Après une minute ou deux le courant s'estompa. Nos mines concentrées laissèrent place à un profond soulagement: Glorë nous donna officiellement sa bénédiction. Mariés. Pour l'éternité. Enfin... L'enchantement avait pris le dessus sur notre pudeur au point que nos visages se rapprochèrent inéluctablement l'un de l'autre, comme attirés par un mystérieux magnétisme. Nous laissant aller, nos lèvres finirent par se rencontrer. Notre second baiser. Le premier en public, mais néanmoins le plus intime et intense. Suite à ces secondes empreintes de langueur et de passion, l'eau commençant malgré mes efforts à nous glacer le sang, je revins à la réalité. D'un commun accord nous sortîmes de l'eau pour retrouver nos proches. Andar nous accueillit bras ouvert pour nous serrer contre lui, avant de proclamer: "Vive les mariés !" Je ne m'attendais pas à un tel lâcher prise venant du Roi. En plus, je sentais qu'il ne m'avait pas pris par défaut car j'étais à côté de sa fille bien-aimée, au contraire, son geste des plus sincères était destiné aussi bien à elle qu'à moi. Cela me fit un bien étrange de savoir que finalement je faisais partie de leur famille, que nous étions déjà unis même si je devais continuer de faire mes preuves par la suite. En quelque sorte, il prouvait qu'il consentait pleinement au mariage, qu'il se portait garant de notre futur, que les nombreuses discordes de cette dernière lune n'entacheront en rien sa dévotion pour sa fille et ce qui lui est le plus cher, son époux. L'étreinte dura, sans toutefois que cela me gêne. Il fallait en profiter, ces marques d'affection ne seront plus à la cour, lieu où l'intimité est quasi-inexistante.

Devant cette scène les langues se délièrent, quelques approbations, quelques mots bienveillants parvinrent jusqu'à nos oreilles. Néanmoins tout était encore calme, contrairement à notre future sortie. Le peuple devait probablement attendre en contrebas des nombreuses marches qui séparent le temple d'une grande place. J'imagine qu'Andar prendra la parole, pour annoncer la nouvelle et souhaiter de belles festivités durant ces deux prochains jours, lesquelles sont dédiées à Glorë. Puis, après un long banquet, je pourrais enfin profiter de ma femme dans ses appartements que j'ai côtoyé de nombreuses fois en tant qu'ami et confident mais jamais en tant que mari. Nous pourrons enfin discuter de cette nouvelle page qui s'écrit, y décider justement ce que nous voulons y inscrire. Notre avenir. Nos projets. Nos ambitions. Pour le peuple. Pour nous...  

@Danis Drogon ou @"Nymeria Drogon"

@Brehn@Théollys@Lestin@Ritus 1193 mots


Dernière édition par Brehn Shöva-Drogon le Mer 23 Aoû - 22:45, édité 5 fois
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Lun 14 Aoû - 3:28




Les noces insoumises



27, Douzième lune de l'an 836 ”

Les regards bienveillants de chacun d'entre eux réchauffaient doucement le cœur de la princesse. Elle sentait cette douce chaleur l'envahir alors que libérée de sa lourde cape, ils entraient fièrement, son époux et elle, dans l'eau fraîche du lac sacré. Le calme était tel qu'il en était presque sidérant, tous retenaient leur souffle alors que le couple princier arrivait au milieu de l'eau. Nymeria sentait la vague de pouvoir qui montait en Brehn à cet instant, leurs jambes et bassins immergés furent caressés par la douce lotion de Glore qui s'était un tant soit peu réchauffée. Ils interrompirent leur descente au centre du lac, se tenant l'un face à l'autre, la princesse eut tout le loisir de contempler une fois de plus les traits si fins qui ornaient le visage de son amant. Qu'il était beau, ainsi vêtu, ainsi plongé dans l'eau, cet élément lui convenait à merveille. Brehn était doux, aimant mais pouvait être dangereux pour celui qui l'approcherait sans y prendre garde. Cet homme, son homme, était loin d'être simple à cerner, ses traits si fins lui donnaient parfois un air naïf et lorsque ces derniers s'assombrissaient, on pouvait nettement distinguer l'homme qu'il était. Brave, vaillant, réfléchit, aimant. Amant de sa jeunesse, aujourd'hui il devenait son époux. Celui avec qui Nymeria partagerait sa vie, celui avec qui elle se devrait d'avoir des enfants, celui avec qui elle allait partager sa couche. Plus rien ne lui appartiendrait vraiment, ils partageraient tout. Sans mensonge, sans arrière pensée, sans tromperie : ils ne feraient qu'un, l'un et l'autre. Elle était heureux, finalement, bien que l’appréhension de cette vie future ne l'avait pas quittée, elle était heureuse oui, heureuse de savoir qu'elle pourrait toujours venir se loger au creux des bras de Brehn. Elle savait qu'ils seraient accueillant et chaleureux, sans ambiguïté, sans exigence. Il connaissait sa princesse, cet homme... Il savait ce qu'il pouvait attendre ou non d'elle. Peut-être la connaissait-il mieux qu'elle ne le connaissait. Mais quand bien même : elle ne faisait pas d'erreur à cet instant. Son corps entier tremblait, non pas de froid, les enfants de Glore n'étaient pas tant touché par les températures fraiches. Non, elle tremblait d'euphorie, de bonheur, de gratitude. Peut-être que sa déesse avait entendu ses prières : peut-être avait-elle placée Brehn sur son chemin pour une bonne raison. La question ne se posait pas vraiment au fond, cette union semblait être une évidence.

Leurs mains étaient liées dans l'eau, leurs yeux ne se quittaient pas. La princesse entendit vaguement les dires de la prêtresse lorsqu'elle entama le dernier rituel de ce mariage. « Glorë mère des Eaux, je t'incombe de recevoir ces deux jeunes époux. Ils s'en remettent aujourd’hui, jour de ta fête, à ton inéluctable jugement. Déesse de pureté, mère de vie, sonde les cœurs de ces deux êtres afin de savoir s'ils sont dignes de gouverner un jour ton peuple. » Un fort courant s'était créé autour d'eux, tentant inlassablement de les séparer. Tel était le dernier rite de la bénédiction de Glore : si la force de l'eau séparait les époux en devenir, alors leur union ne se ferait pas : une tradition uniquement réservée à la famille royale. La princesse plongea son regard dans les yeux bleus de Brehn, y voyait presque tourner le même tourbillon dans lequel ils étaient enroulés. Cette force qui tentait de les séparer poussa Nymeria à agripper plus fort encore les mains du beau brun. Ses yeux qui la fixaient étaient pleins d'un amour que personne, non personne, ne pourrait rompre. Brehn la dévorait du regard, aussi doux que celui d'un père, aussi protecteur que celui d'un frère, aussi passionné que celui d'un amant. Des frissons parcoururent l'échine de la princesse alors qu'elle se perdait toujours plus dans ces yeux bleus, elle y voyait tant de choses, y découvrait des choses que, jusqu'alors, elle n'avait jamais vues. Ce regard était pour elle, cet homme était le sien. Et le resterait. Jusqu'à ce que la mort les sépare, et au delà. Glore ne les sépareraient pas. Personne n'y parviendrait, personne n'oserait. Ils étaient bien trop beaux, bien trop fort, unis ainsi au centre de ce tourbillon. Celui-ci s'estompa finalement, le corps de Nymeria qui s'était crisper pour contrer le courant, finit par se détendre. Et pleine de soulagement, sans songer un instant aux regards toujours présents, elle fondit sur les lèvres de Brehn. Les yeux fermés, le souffle coupé, elle pouvait presque sentir un nouveau tourbillon se former. Mais celui-ci n'était pas créé par les pouvoirs de l'enfant de Glore. Il témoignait de leur amour, de leur force. Ils créaient ce tourbillon. Ils étaient unis. Officiellement. Et rien ne pourrait plus venir briser cette union. Aussi doux qu'un ruisseau, aussi fort qu'un iceberg, ils ne feraient qu'un, à tout jamais...

Reprenant calement leurs esprits, comme sortis d'un doux rêve, les époux quittèrent finalement le lac sacré pour se dresser sur la terre ferme en tant que mari et femme. En tant que Prince et Princesse. Andar vint, fébrile par l'émotion, prendre dans ces bras, ce couple princier. La princesse s'appuya doucement contre la poitrine de son père dont elle entendait le cœur battre fort dans son oreille. Elle se laissa aller à cet élan d'amour, songeant au futur, au bonheur à venir, à leur avenir en devenir. «  Vive les mariés ! » s'exclama finalement le roi, les proches, nobles et familles, y répondirent sobrement, bien que l'émotion pouvait se faire sentir. Nymeria s'éloigna doucement des bras de son père, l'implorant d'un doux regard de lui pardonner cet éloignement. Elle n'était plus son enfant, elle était devenue la femme d'un homme. Une femme. Future régente du trône, héritière de la région de Vainui. Femme bénie par Glore, femme de Brehn Shöva, renommé plus tard, Shöva-Drogon. Afin de redorer le blason de la famille de son époux, ils avaient choisi de créer une nouvelle maison, une nouvelle famille et de les unir par leurs noms. A présent, si quiconque s’attaquait aux descendants des Shöva, il s'attaquerait à la couronne. On osait alors espérer que cela dissuaderait ceux qui étaient contre cette union.

S'éloignant doucement, on tendit sa cape à la princesse, Brehn était déjà la sienne sur les épaules. Trempé des pieds aux épaules, il dégageait une telle aura qu'elle eut du mal à le quitter des yeux. La couronne qui trônait sur ses cheveux bruns semblait à sa place, il la portait avec grâce et élégance. Déjà, elle le voyait changer, ce jeune homme qui jamais ne l'avait quitté. Ils rebroussèrent chemin, retournant au temple, cherchant le point le plus haut de celui-ci, ils se postèrent sur un balcon. Danis, Andar, Brehn et Nymeria s'y présentèrent devant la foule de Vainuiens qui les acclamaient. Ils surplombaient le peuple de plusieurs mètres, mais alors que le roi s'apprêtait à prendre la parole, sa fille posa une main légère sur l'épaule de celui-ci, lui intimant de lui laisser la place. Quelque peu surpris, mais fier aussi, il lui céda l'endroit, la laissant seule, affronter le regard de son peuple. Elle sourit aux gens d'en bas, un sourire bienveillant, aimant. Ils étaient tous comme ses enfants, elle se sentait responsable d'eux, telle une mère envers ses descendants. Elle fit signe à Brehn de s'avancer à ses côtés pour contempler le peuple. Levant doucement la main pour leur intimer le silence, elle déclara. «  Peuple de Vainui, je me suis présentée ce jour devant notre déesse bien aimée afin qu'elle m'accorde sa bénédiction pour épouser cet homme : Brehn Shöva. Le passé de sa famille ne vous ait peut-être pas étranger, ses ancêtres ont tentés de renverser la couronne il y a des années de cela. Par cette union, au nom du Roi Andar Drogon, je les pardonne. » sa voix était forte, puissante, et portait bien au delà du temple. Les hommes et les femmes en contre bas observaient attentivement la princesse, certains bouche bée, certains réprobateurs. « Moi, Princesse Nymeria de la maison Drogon, me renomme aujourd'hui Princesse Nymeria de la maison Shöva-Drogon, épouse du Prince Brehn de la maison Shöva Drogon. Je vous pris de croire que rien ni personne ne m'empêchera d’œuvrer à votre bien être et bonheur, vous serez toujours ma priorité. » elle s'arrêta un instant, jetant un coup d'oeil vers son époux. «  L'amour qu'il me porte deviendra ma force, votre force. Notre force. Peuple de Vainui, je vous prie d'accepter ce prince qui ne désire, tout comme moi, que votre bonheur. Nous ferons de vous les êtres les plus heureux d'Oranda. Je le jure sur mon nom et devant Glöre : rien ni personne n’entreverra mon chemin lorsque je serai Reine de Vainui ! »  





© charney

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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Sam 26 Aoû - 19:17


Les noces insoumises

Nymeria & Brehn Shöva-Drogon ft. la noblesse Vainuine




Le 27 de la 12ème Lune, l'an 836

Il y eut encore quelques réjouissances intimes: de longues étreintes, des phrases laconiques mais néanmoins profondes ou tout simplement des regards adorateurs. Puis,  nous - Andar, Danis, Nymeria et moi-même - regagnâmes le grand hall où avait débuté la célébration pour accéder à un long escalier en colimaçon tandis que nos proches rejoignaient les Vainuins attendant patiemment dehors que le Roi prenne la parole et présente le futur de leur nation. Arrivés en haut, tout un étage se dessina à nous, avec à son bout, un balcon que l'on ne distinguait pas à cause d'une étrange lumière qui nous éblouissait alors que le jour n'était plus depuis bien des semaines... Andar inspira longuement et d'un commun accord nous le suivîmes jusqu'à la balustrade. Le brouhaha de la foule gagnait en intensité à mesure que l'on se rapprochait, si bien que l'écho de nos pas n'était plus perceptible; l'édifice a pourtant la plus grande amplitude d'Oranda, le moindre geste aurait dû résonner comme un coup de tonnerre, c'est pour dire la puissance que les Eaux dégageaient alors même que nous en étions relativement éloignés. Quelques foulées nous séparaient de l'ouverture arquée donnant sur la plate-forme. Le halo aveuglant avait disparu et l'horizon se profila enfin. L'on pouvait distinguer le Château, à l'opposé du Temple, surplombant la ville. L'idée qu'à partir de ce jour cette demeure me sera peut-être enfin agréable m'enchantait. À bas les regards haineux, les moqueries cachées et toutes autres injustices naissant uniquement du difficile nom que je porte - fièrement. Je n'attends pas de reconnaissances outre mesure, mais simplement de la considération pour moi ainsi qu'au reste de ma famille. J'espère aussi que les langues les plus venimeuses cesseront de croire que je suis les traces de mes ancêtres - plus finement certes - pour prendre le pouvoir, alors que je n'ai jamais convoité pareille chose. Ce ne sera pas simple, mais j’œuvrerai du mieux que je peux tout en restant à ma place de prince consort pour prouver ma valeur et mes intentions. La route sera longue et je ne doute pas un instant que de nombreux pièges me seront tendus par mes détracteurs, mais je saurais y faire face avec l'aide de mon épouse et du couple royal...

Plus qu'une enjambée avant d'être à l'air libre aux yeux de tous, ou presque. Et voilà. Nous y étions. Enfin. L'ombre des dernières pierres en ogive formant l'entrée laissa place à une lumière incandescente. Pas celle du soleil, bien impuissant devant ce voile opaque provoqué par les Dieux, non, cette dernière provenait du peuple en contrebas qui nous illuminait d'ovations tandis que nos quatre visages émergeaient au-dessus des garde-fous. Je fus submergé devant de telles démonstrations. Disons que je ne m'y étais pas préparé, et quand bien même, jamais je n'aurais pu imaginer cette scène: à contrario de cet engouement je m'attendais à beaucoup de retenues, du moins jusqu'à ce que le discours du Roi mette fin aux doutes parmi les plus réticents à cette union - c'est-à-dire la majorité... Bon il est vrai qu'un effet de groupe n'est absolument pas représentatif de ce que pensent individuellement ceux qui le composent, mais ce dit-groupe aurait très bien pu ne pas se donner la peine de faire semblant d'approuver les noces insoumises. Finalement, c'est qu'il y a quelque part une once d'espoir et d'approbation... Après tout, les Drogon ont toujours été respectés qu'importent leurs décisions - et ce à juste titre d'ailleurs, il n'y a qu'à voir la puissance que nous sommes actuellement. Il serait donc étonnant que le peuple désapprouve catégoriquement l'initiative du Roi quant à me donner la main de sa fille. Ils doivent bien savoir au fond d'eux que cette décision est mûrement réfléchie, qu'en offrant un mariage d'amour à la Princesse, celle-ci sera plus à même de diriger le pays, là où avec un mariage arrangé, elle risquerait d'être entravée par un désenchantement dû à un manque vital pour être heureux: la passion. De plus, son époux pourrait finir par ne plus rester à sa place de second, lui faire de l'ombre et petit à petit la devancer grâce à son statut d'homme. Eh oui, c'est malheureusement ainsi, bien que la Princesse soit appréciée de tous, son genre n'est pas pour l'aider dans son futur règne. De nombreux aprioris et clichés sont ancrés dans les mœurs et un mari avide de pouvoir pourrait en tirer profil à ses dépens. Andar l'avait compris: je n'étais pas comme tel. Du reste, celui-ci s’avança un peu plus près de la balustrade pour prendre la parole. J'osais espérer qu'il explique pragmatiquement son choix, que cette union n'est pas simplement un caprice de Nymeria et moi, que c'est un choix viable. J'osais espérer qu'il prenne pour exemple son cas à lui, son mariage d'amour avec Danis, qui lui fut approuvé. J'espérais de nombreuses choses, mais contre toute-attente il laissa la main à la Princesse, laquelle s'avança fièrement après m'avoir invité à faire de même. Impétueuse et directive elle fit régner le silence en un mouvement de main. Cette image me restera gravée à jamais: Nymeria était dans son élément, elle est née pour diriger, unifier et rassembler. Personne ne pouvait contester son charisme et son caractère souverain, tous deux profondément naturels. Ces derniers ne s'étendaient pas qu'à son attitude et sa gestuelle, en effet la Princesse manie aussi avec dextérité les mots sans toutefois verser dans la démagogie: elle sait rester vraie sans manipulation aucune. Et d'ailleurs elle allait le prouver une nouvelle fois. Prenant une longue inspiration, Nymeria démarra sa tirade. Elle commença par pardonner les anciens vices de ma famille avec un ton ferme ne laissant place à aucun commentaire. Il y eut tout de même quelques réprobations, mais Nymeria revint à la charge avec une annonce implacable: elle déclara que nos noms avaient désormais fusionné pour ne faire qu'une et même nouvelle maison, les Shöva-Drogon. Peu de gens étaient au courant de cette décision, le peuple et même la cour restèrent stupéfaits. À présent l’ambiguïté cessait d'être; il n'y a effectivement plus d'excuses pour se permettre de m'attaquer moi et ma famille sans toucher aux Drogon tant aimés. En somme, on était soit pour les Drogon et les Shöva soit contre eux. Aucune demi-mesure n'était acceptable...

Ma tendre épouse m'adressa un regard furtif empli de bienveillance avant d'achever son discours: "L'amour qu'il me porte deviendra ma force, votre force. Notre force. Peuple de Vainui, je vous prie d'accepter ce prince qui ne désire, tout comme moi, que votre bonheur. Nous ferons de vous les êtres les plus heureux d'Oranda. Je le jure sur mon nom et devant Glöre : rien ni personne n’entreverra mon chemin lorsque je serai Reine de Vainui !" Chacun de ses mots résonna en moi avec force et justesse. Si j'avais été à sa place, j'aurais pour sûr prononcé les mêmes. Épris de puissantes émotions je ne pus prendre la parole comme je le voulais. À la place je me saisis de sa délicate main que je levai aux cieux formant ainsi une pointe unie et triomphante. Les acclamations ne se firent pas attendre. Quelque peu décontenancé je croisais de nouveau le regard de ma chère et tendre, et après un sourire complice nous contemplâmes ensemble ce peuple qui bien qu’impressionnant apportait son lot d'émotions positives. Cet échange fut fugace  car les réjouissances au Château se faisaient attendre. Sans pour autant être une échappatoire ce n'était d'ailleurs pas pour me déplaire, et de fait, bien que la foule m'ait apporté de bonnes sensations, celles-ci ne demeuraient pas moins nouvelles et étranges. Je n'étais pas tout à fait à mon aise devant ce genre de représentation officielle contrairement à Nymeria qui paraissait avoir fait ça toute sa vie...Avant de quitter ce lieu pour rejoindre le banquet royal, Andar et Danis donnèrent leur bénédiction à propos de ces deux jours de fête.

Spoiler:
 


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Rhenis Kunan
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Mer 30 Aoû - 4:00


Les noces insoumises
ft la noblesse du nord
le vingt-septième jour de la douzième lune de l'an 836
Le voyage jusqu’à Vainui a été, somme toute, sans encombres. Assiter à cet événement important dans la vie de ton peuple, dans la vie de ta cousine Nymeria que tu portes haut dans ton estime et dans tes affections, qui unirait ce jour-là sa vie à celle de ton ami le plus cher, Brehn Shöva, le jour de la fête donnée en l’honneur de Glorë de surcroit… Malgré l’épaisseur des ténèbres, le jour qui ne se lève plus depuis plusieurs semaines, le froid et la neige qui soufflent sans cesse, tu n’aurais pu être plus heureuse de chevaucher à toute allure vers la capitale. Tu trouves un peu de réconfort dans l’annonce de ce mariage. Brehn a fait le bon choix. Malgré ses sentiments pour cet homme mystérieux, ce fils de Tarlyn dont il t’a parlé lors de votre dernière rencontre, il a trouvé le droit chemin. Son amour pour Nymeria l’a emporté. Si ton ami sait faire le bon choix, pour lui-même, sa famille et le bien-être de votre peuple, peut-être trouveras-tu la force de faire la même chose et d’oublier les pulsions impures qui t’envahissent un peu trop fréquemment.

Fidèle à ses habitudes, ton nouveau conseiller a été silencieux pour une bonne partie du voyage. Toi qui avait cru que sa froideur et son mutisme apparents ne faciliteraient pas votre relations, les choses en vont bien autrement. Le roi t’a imposé la présence d’Einar Celeth. Cette obligation n’a guère aidé à mettre de la chaleur entre vous deux, mais tu as vite compris que l’homme du nord avait le salut de son peuple à coeur. Tu aimes croire que, malgré sa fidélité au roi, tu as réussi à gagner un peu de son estime et de sa confiance.

Le temple est calme. Assise près de ton conseiller, tu regardes ton vieil ami qui patiente pour l’arrivée de sa bien-aimée. Ton coeur, d’abord gonflé de joie, se serre à mesure que les minutes s’égrènent. Elle a du retard et tu lis l’inquiétude et la nervosité sur le visage de Brehn. Les chuchotements se font entendre autour de vous, les gens remuent dans leurs sièges, tu jettes un bref regard à Einar sans mot dire, t’accrochant à la certitude qu’elle viendra. Il le faut. Juste au moment où tout espoir semble évanouit, les portes du temple s’ouvrent et la princesse fait son entrée aux côtés de son père, véritable vision descendue du ciel dans sa robe de soie, sa magnifique chevelure argentée soigneusement coiffée. Si Glorë avait posé pied sur cette terre, elle n’aurait su être aussi belle que ta cousine. L’émotion t’envahit alors qu’elle descend l’allée pour se poster près de ton vieil ami. Aurais-tu un jour le courage d’unir ta vie à celle d’un homme comme elle le faisait aujourd’hui ? N’avait-elle pas les mêmes craintes que toi quant à l’union, quant à la place habituelle des femmes dans la société ? Probablement pas… Brehn ne ressemble pas à quiconque. Tu n’aurais pas craint qu’il mine ta position si on vous avait imposé une union…

Alors que les tourtereaux s’échangent leurs voeux, tu ne peux faire autrement que d’attraper un pan de la manche de ton voisin, le coeur gonflé d’émotion. Troublée, tu relâches ta prise rapidement, effleurant son regard avant d’essuyer furtivement une larme qui menace d’humecter ta joue. « Pardonnez mon émotion… » que tu souffles en reportant tes iris sur la cérémonie. Le rouge sur les joues de Nymeria à la mention d’un mariage fécond te fait esquisser un sourire bien malgré toi. Tu les regardes ensuite s’enfoncer dans l’eau du bassin pour terminer la cérémonie, la prêtresse implorant la bénédiction de Glorë sur le mariage des deux promis. Les minutes semblèrent interminables alors que l’eau du bassin tourbillonnait autour d’eux, les spectateurs demeurant silencieux jusqu’au dernier instant. Leurs lèvres se scellèrent en un baiser des plus intimes malgré les regards de dizaines de gens qui étaient rivés à eux. Prise de pudeur, tu baisses les yeux, te permettant un regard dans la foule, sentant un regard étranger posé sur toi. La voix du roi qui bénit les nouveaux mariés te sort de ta stupeur et tu applaudis avec le reste des spectateurs.

Après quelques effusions de la part de la noblesse, la famille royale se dirigea vers l’escalier en colimaçon qui les mèneraient vers le balcon du temple pendant que vous vous dirigiez à l’extérieur. Tu ne quittes pas ton conseiller d’une semelle, craignant de te faire happer par la foule. On t’avait bien demandé de demeurer entourée de soldats pour ta protection, mais tu n’estimais pas que cela soit nécessaire ici, surtout pas ce jour-là. Postée à l’extérieur, tu écoutes attentivement les paroles de la princesse qui proclame prendre le nom de son époux, ce qui te laisse un peu perplexe. Jamais tu ne voudrais abandonner le nom de ta famille ou même y attacher celui d’une autre famille… L’élocution de la princesse a néanmoins le loisir de ravir le peuple qui s’exclame et applaudit face à ce nouveau couple, face aux héritiers du trône.

De tes iris pâles, tu cherches ceux de ton compagnon de voyage, le colonel Celeth. « M’accompagnerez-vous au banquet, conseiller ? » que tu lui demandes d’un ton un peu plus chaleureux qu’à l’habitude, un sourire étirant tes lèvres et une lueur d’espoir brillant tout au fond de ton regard.
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~#~Sujet: Re: Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine Mer 30 Aoû - 18:18

Au cours des jours précédents, Einar avait … disons vaguement, mollement, tenté d’établir un contact avec Rhenis Kunan. Partager le même convoi aurait sans doute crée des liens s’il n’avait pas été taciturne. Malgré ses derniers mots, il restait encore mal à l’aise depuis leur première rencontre. Sentiment qu’ils se comprenaient mal. Tout ceci avait-il bien de l’importance ? Depuis qu’il s’était levé aujourd’hui, Einar pensait à la cérémonie avec la plus grande impatience. Bien sûr, pour cela, il avait fallu que Nymeria réapparaisse. En la voyant mettre tant de temps à arriver, il s’était senti saisi par une angoisse familière. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? Ou si – tout aussi problématique pour l’expliquer à la foule rassemblée – elle ne voulait plus se marier ?

Du peu qu’il connaissait de Brehn, Einar s’était senti rassuré. Bien sûr, son propre vécu l’amenait à penser qu’on pouvait tout à fait se satisfaire d’un mariage arrangé si l’on était deux adultes de bonne composition prêts à dialoguer. Il avait vécu cela, ne s’attendant qu’à une entente cordiale avant d’éprouver des sentiments forts. Malgré le retard de la princesse, il s’était moins inquiété. La manière dont Brehn avait parlé de sa promise lui semblait de très bon aloi. Il n’oubliait pas non plus de quelle famille il était issu – les Shova avaient une mauvaise réputation, mais Einar en faisait fi depuis qu’il connaissait l’oncle du jeune homme. C’était une garantie de moralité suffisante. Il faudrait qu’il présente ses félicitations à la mère de Brehn. Sans parler de partager sa bonne humeur avec Eghert. Voilà une fête qui ferait oublier le froid dehors, l’absence de jour qui commençait déjà lui peser alors qu’il ne se trouve à Vainui que depuis quelques jours. Il en viendrait presque à regretter la vie à Lucrezia – quelle vie au juste, il se le demande encore. Ce poste de Conseiller n’est pas si agréable que cela. Il faudra qu’il profite du fait d’être à proximité d’Eghert pour lui demander des conseils, décortiquer la situation avec lui.

L’endroit est somptueux, le moment solennel. Pour l’occasion, Einar a ressorti son costume de cérémonies militaires. Un tissu bleu sombre, élégant, la coupe mettant en valeur les épaules. Bien sûr, il était moins élégant qu’une bonne partie des invités, mais il ne lui semblait pas à rougir. Certainement pas quand Rhenis Kunan était installée à côté de lui.  

Celui qui lui paraît mal à l’aise, c’est bien Brehn. Einar le fixe, comme si le fait de ne pas rompre le contact, pour une raison ou une autre, était un moyen de montrer son soutien. Ce doit être terrible d’attendre ainsi, sous l’excitation fébrile de la foule rassemblée. Glorë merci, son propre mariage se déroulait en comité très restreint. Impossible de se lever pour prononcer quelques paroles rassurantes. Ne serait-ce qu’une banalité ou une boutade sur la difficulté des coiffeuses de la Princesse de retrouver toutes les épingles pour la chevelure de la promise, peu importe. Il éprouve une forte compassion pour lui.

Des murmures l’informent qu’elle est arrivée. Il se retourne et sent son cœur se serrer. Il ne peut prétendre aucun lien de parenté sur Nymeria, mais il peut s’enorgueillir d’avoir un lien privilégié avec elle. Certes, il n’est pas le seul dans l’entourage de la princesse, mais il lui semble qu’ils partagent une entente rare. Il a presque la larme à l’œil – non, il sent bien qu’il a les yeux humides. Il se sent tellement ému. Nymeria est splendide. Il prend conscience d’une étape qui se franchit dans la vie de la jeune femme. Il n’avait pas ressenti cela depuis qu’on l’avait informé qu’elle avait réussi la Cérémonie de répartition avec succès. Elle se détache de plus en plus d’eux, poursuit son chemin avec une constance qui ne cesse de l’impressionner. Il se souvient de ses élans de cœur lorsqu’elle était enfant et ne doute pas qu’elle saura imposer tout en douceur ses décisions, et garder très à cœur les intérêts de son peuple.

On lui attrape le bras. Il sursaute et se prépare à ce qu’un terrible évènement ne vienne rompre les festivités … Mais tout va bien. Rhenis s’excuse et il s’imagine bien mal lui en vouloir. Pas avec ses yeux humides. Lui aussi a du mal à contenir cette émotion. Il lui adresse un sourire de conspirateur. « Il ne s’est rien passé. » Il tiendra cette histoire jusqu’à la tombe s’il le faut : ce serait ridicule de dire qu’il a envie de pleurer. Nymeria n’est pas sa fille. Ce qui ne l’empêche pas de se souvenir avec émotion des moments où ils ont compris des bonshommes de neige quand il était garde pour la première fois au palais. L’avantage d’une sculpture de neige à Vainui, c’est le bonheur de pouvoir la regarder des semaines entières sans rien craindre. Il tend machinalement un mouchoir à Rhenis. Il en a gardé un qui lui est utile lorsque Nymeria s’adresse à la foule et qu’il fait mine de s’essuyer la tempe. Il fera semblant. « Avec plaisir. Je crois que nous avons quelques félicitations à présenter. »

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Les noces insoumises ft. la noblesse Vainuine
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