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Intrigue n°2
La deuxième intrigue a vu le jour
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[Flashback Elwyn-Diana] 24 years ago...

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~#~Sujet: [Flashback Elwyn-Diana] 24 years ago... Lun 17 Juil - 11:35


9ème jour de la 12 ème lune, journal intime de Diana Gearan *PAS TOUCHE!* a écrit:



-"Au bout d'un an, il voletait, l'oisillon aux plumes si légères,
Au bout de deux, il nettoyait ses plumes sans l'aide de sa mère,
Au bout de trois, il arrachait au sol fertile les vers de terre,
au bout de quatre, il observait plaines et forêts depuis les airs.

Au bout de cinq, il avait vu les plus magnifiques paysages
Au bout de six, il courtisait une dame-oiselle au doré plumage
Au bout de sept il lui chantait balades et contes de son ramage
Au bout de huit ils se marièrent, loin des pigeonniers, loin des cages,

Au bout de neuf, ils construisaient un nid de feuilles et de branchette
Au bout de dix ils y couvaient leurs petits oeufs de cyraètes,
Au bout de onze, leurs oisillons sortaient des coquilles douillettes
au bout de douze, ils voletaient entre les aigles et les fauvettes..."



Les jambes pendant dans le vide, assise sur le rebord de ma fenêtre, je chantonnais, tranquillement, une comptine que papa chantait pour m'endormir, quand j'étais toute petite. Je l'aime beaucoup, cette comptine! C'est toujours de jolies histoires, ces petites chansons, des histoires sur un air de musique...c'est fascinant, non?


Je venais de rentrer à Arne, la semaine passée, j'étais chez moi, papa et maman avaient organisés tout un tas d'activités! Nous avions pêché dans le lac, nous avions fait des gâteaux (beaucoup de gâteaux, maman dit toujours que je vais exploser tant j'en mange, mais pour le moment, j'ai encore la place pour une ou deux tartelettes, et puis, comme je ne sais pas voler, ça ne risque pas de me déséquilibrer!), dessiné, chanté, lu, beaucoup lu! Papa et maman ont toujours voulu que je devienne prêtresse de Jalahiel, mais moi, je ne sais pas. Est-ce que je serais un jour de celles-ci? Amalthée peut bien l'être, c'est une grande élémentaire d'air! Elle, elle arrive à voler, comme les oiseaux dans le ciel! Elle vole bien, mais à son âge, il lui faudrait une piste d'atterrissage et des roulettes si elle ne veut pas finir par se casser quelque chose...Mais elle est gentille, Amalthée, et même si elle travaille beaucoup, parce que le temple lui demande beaucoup de temps, elle trouve toujours un moment pour me raconter une histoire! Moi, j'aimerais bien être comme elle, parce qu'elles sont jolies ses histoires...Mais j'aimerais pas être toute fripée comme elle. Ca, c'est moins joli. Et puis, elle a un livre aussi! Enfin, pas juste un, elle en a beaucoup, mais celui-là, elle me le prête tant que j'y fais très très très très attention! C'est un livre avec des pages toute fines, qui glissent un peu entre les doigts, et il est plein de dessins et de descriptions, c'est un livre des oiseaux, de ceux qui font "cui cui", de ceux qui font "tchip tchip", de ceux qui font "kroaaaaa", et de tous les oiseaux, les plus grands comme les plus petits, les noirs comme les blancs, comme les bruns, comme les beige, comme les bleus ou le verts, même, parfois! C'est beau, les oiseaux. C'est bête, des fois, mais c'est beau.


- Les pigeons, c'est les pires..., j'ai dit, pour moi toute seule. de toute façon, personne ne m'entend quand je ne parle pas fort, alors ça peut être que pour moi toute seule...


D'un autre côté, nous aussi, on peut être bêtes, des fois. Chez Papa et maman, j'avais mis le pain à cuire, mais j'avais oublié deux choses: de mettre du bois dans le feu, et de mettre le pain dans le four. J'avais juste mis la plaque. C'était bête. C'était tellement bête que j'ai pas eu de pain au repas. Mais j'ai eu du gâteau. Ca, j'avais pas oublié. On oublie pas un gâteau comme ça : il faut savoir ce qui est important, dans la vie. Et les gâteaux, c'est important. Mais depuis que j'étais revenue à Arne, je n'avais plus grand chose à faire... Tous les matins, je me levais avec Amalthée pour aller prier en silence, puis j'allais voir les gardes. Il y en a qui sont gentils : Lars, Barin, Mejad, Ur'ak...et puis il y en a des moins gentils, comme le gros Most, ou le petit tout maîgre, Lasten, mais ceux-là, ils ne sont pas là souvent. Alors j'étais allé voir Lars : lui, il savait toujours où il y avait des évènements intéressants! Des bardes de passage, des comédiens qui répétaient, et tout plein de gens qui sortaient un peu des habitudes des travailleurs "classiques" d'Arne. sauf que ce jour-là, il n'y avait pas grand chose d'intéressant, alors j'avais pris mon livre, et j'étais allé m'assoir au bord de la fenêtre. C'était une chance que je n'aie pas le vertige, et pourtant, Jalahiel sait que j'en ai fait des crises avant de venir chez Amalthée, depuis que j'avais failli tomber dans le lac, devant la maison de papa et maman...Mais c'était vite passé, et ici, je n'ai pas peur : il n'y a pas d'eau en bas. Alors je laisse pendre mes petits pieds dans le vide, et puis je lis. Vous connaissez la différence entre un Gypaète et un Circaète? Non? Moi, si! Vous êtes vraiment des buses, hein...Têtes de piaf! Il fallait réviser, c'est ce qu'elle dit toujours, Amalthée! Et elle a bien raison, sinon, on ne retient pas ce qu'on apprend. Ou alors pas tout.


Alors, du coup, je lisais tranquillement, et je regardais les gens passer en bas, sur l'étage inférieur et l'étage d'en face...Moi, je connaissais un peu les gens du quartier, en tout cas, j'avais retenu leurs têtes.  Et puis...là, il y avait quelqu'un dont la tête ne me disait rien. Il faut dire que dans le quartier, des gens avec les cheveux couleur plume de carnifex barré ne courraient pas les rues à part moi, et encore, je courrais plus les étages que les rues. Et pour ceux qui ne connaissent pas les carnifex, c'est la page 214 du livre d'Amalthée! Mais elle ne le prête pas à tout le monde... Elle était un peu plus âgée que moi, cette fille, et elle avait l'air un peu perdue. Elle s'était arrêtée sur une plateforme pour observer les alentours. Alors je l'observais depuis l'étage supérieur, glissant mon regard juste au dessus de la couverture de cuir de mon livre. Elle avait les yeux bleus, et semblait de débarquer dans le quartier. C'était dommage d'arriver et d'être lâchée comme ça, sans aucune idée de ce qu'il y avait à voir, de ce qu'il y avait à faire...Tellement dommage que j'en ai sauté de mon petit perchoir après avoir remis le livre à sa place, et que je suis descendue, d'abord à pas de loups, pour l'observer encore un peu depuis l'ombre des demeures à étages, puis pour m'approcher enfin et la voir de plus près. Elle était belle, même si elle semblait débarquer d'une autre galaxie, à observer comme ça les grandes maisons d'Arne... Moi, quand je serais grande, je veux être comme elle! Pas perdue, hein, mais aussi jolie, en tout cas. Parce que pour l'instant, j'ai une bouille toute ronde d'enfant, on dirait un hibou grand duc, avec mes yeux grand ouverts et ma petite bouche, pourtant, je suis toute fine...Comme papa, il mange beaucoup, mais il reste tout fin. J'ai un beau papa, et une très belle maman. Mais...Les garçons, c'est comme ça qu'ils m'appellent : "le hibou". C'est pas chouette comme surnom. Moi, j'aurais bien aimé "le colibri", ou "le rossignol", ou au moins "le rouge-gorge", mais ça, c'est parce que j'attrape des coups de soleil, des fois. Mais ils sont tous nuls, de toute façon, ils passent leur temps à dire que c'est eux les meilleurs, les garçons, mais ils connaissent rien aux oiseaux, quand ils les voient dans le ciel, ils le disent : "tiens, un oiseau!", mais c'est pas juste un oiseau, patate, c'est un élanion à queue blanche!


 Mais elle, c'était pas un garçon. Et puis, les autres filles d'ici, elles passent leur temps à jacasser, comme des oies, mais elles parlent jamais de rien d'intéressant.C'est vrai que j'ai pas beaucoup d'amies, d'ailleurs, j'ai jamais eu beaucoup d'amis depuis que j'ai quitté mon petit village, mais j'ai Amalthée, et ça, ça vaut tous les amis du monde. Surtout sa tarte aux abricots. Elle vaut tous les amis, tous les amoureux, et tous les bouquins du monde. La tarte aux abricots d'Amalthée, avec les petits bouts d'amandes dessus, c'est la meilleure chose qu'il y aie dans la vie. Mais ce jour-là, elle n'avait pas fait sa tarte aux abricots, parce qu'elle préparait la journée de célébrations à Jalahiel, et ça, ça prend trop de temps pour faire des gateaux. Alors j'avais préparé des tartelettes aux poires dans la matinées (on avait plus d'abricots), et j'attendais qu'elle rentre. Ca me laissait largement le temps d'aller parler à cette fille, peut-être que, comme elle ne venait pas d'ici, elle serait plus gentille et moins bête que les filles d'Arne. De toute façon, c'était pas difficile, même les moineaux, ils sont moins bêtes que les filles d'ici. Mais moi, je suis pas d'ici. Alors je suis plus maline qu'un moineau. Sauf que je vole pas et qu'on m'envoie pas des miettes de pain. De toute façon, j'aime pas la croûte du pain. Ca craque dans la tête, on a l'impression de manger un caillou avec un goût de pain trop cuit. Du coup, je suis sortie de l'ombre, et puis j'ai traversé la passerelle qui reliait l'immeuble où j'étais à celui où elle était, et je me suis approchée en essayant de faire un peu de bruit en marchant, pour ne pas la surprendre...Sauf que je fais le poids d'un moineau (d'un gros moineau, c'est vrai, je suis pas grosse, mais je suis un peu plus lourde, quand même...)


- Bonjour! Tu viens d'arriver dans le quartier? Je t'avais jamais vue avant, et pourtant, j'ai vu tout le monde ici!, je lui ai dit avec un sourire.


Et sur le coup, j'espérais quand même qu'elle ne me renverrait pas balader...Les "grands" et les "grandes", ils aiment pas beaucoup parler avec les "petits". C'est ça le problème, c'est qu'il y a deux mondes, celui des "grands", et celui des petits, celui des oiseaux et celui des oisillons... Mais c'est pas comme si j'étais tout juste sorti de l'oeuf, j'ai sept ans quand même! Mais mon papa, il a trois fois sept ans. Et Amalthée, elle a treize fois sept ans. Alors je suis pas encore une "grande", il parait qu'il faut avoir deux fois sept ans plus un an pour être "grand". Mais j'ai déja fait presque la moitié, je suis plus toute petite! Et puis je sais beaucoup de choses que les grands, ils ne savent pas toujours, alors c'est un peu comme si j'étais grande, moi aussi...Mais les "grands", ils m'appellent "hibou", et puis c'est tout. Mais elle, elle était pas comme Tom, Sarp ou Joshua : elle savait pas qu'on m'appelait "hibou". Alors peut-être qu'elle m'appellerait autrement! Et puis un hibou avec des plumes toutes rousses, c'est rare. Mais quand je serais vieille, on pourra m'appeler le Harfang, ça m'est égal : je resterais dans mon nid bien douillet à attendre la nuit pour les empêcher de dormir, et ils vont tous regretter de m'avoir appelée "le hibou", tellement ils seront fatigués! Sauf ceux qui m'ont jamais appelé comme ça, bien sûr, comme mon papa, ma maman, et Amalthée.  Il y a encore des "grands" qui sont gentils, mais il y a aussi des "petits" qui sont méchants...C'est compliqué, de comprendre les gens...Moi, je préfère les oiseaux, de toute façon.

Je me tenais là, les mains jointes derrière le dos, toute droite dans ma petite robe blanche et mes petites sandales, mon petit collier doré avec un rossignol doré autour du cou, et mes cheveux attachés en une queue-de-cheval qui m'arrivant jusqu'entre les omoplates (c'était comme ça que j'aimais le plus me coiffer, parce que les super tresses croisées que me fait Amalthée pour les grands évènements, moi, je sais pas les faire toute seule. Je sais pas comment elle fait, elle doit se faire pousser des mains en plus pour y arriver...), et puis plus je la regardais, plus je la trouvais jolie. Y en avait beaucoup, des filles jolies, à Arne, mais y avait surtout beaucoup de gens, alors c'était normal. Mais elle, elle était rousse, et ça, c'était pas courant. Et puis elle avait de beaux yeux bleus, tellement bleus qu'on aurait dit le ciel! Et puis elle avait des seins. Moi j'en ai pas encore, et je suis jalouse. Toutes les "grandes", elles ont des seins, mais moi, on dirait que je suis une planche de parquet à la verticale. du parquet en bois de bouleau, avec un feuillage d'automne. Mais un jour, moi aussi, j'aurais des seins! Et ils pourront dire tout ce qu'ils veulent, les "grands", mais ça voudra dire que je serais "grande" moi aussi!



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~#~Sujet: Re: [Flashback Elwyn-Diana] 24 years ago... Mar 18 Juil - 20:36

Cette nuit-là, elle avait pleuré toute les larmes de son corps… Elle connaissait son destin… Elle savait ce que ses parents avaient prévu pour elle… Elle s’était persuadée qu’elle avait été une erreur, une anomalie. Elle avait honte d’être ce qu’elle était. Honte d’apporter une telle image à sa famille… ! Honte d’être destinée à un autre avenir que celui auquel elle avait toujours pensé. Destin auquel on l’avait ‘programmée’ de par son nom et de par la situation de ses parents. Elle était persuadée de devenir une grande Feu. Une femme forte, intelligente et reconnue de par le monde, pour ses talents de scientifique… Elle adorait assister son père dans ses expériences et ne manquait jamais de l’observer et d’en apprendre tous les jours avec lui, sans rien toucher, sans le gêner… Elle voulait devenir comme lui. C’était son modèle. Son exemple. Son ambition. Son rêve. Son destin. Son avenir… Mais tout est allé si vite…. Trop vite !

Sous les yeux de ses parents, de son frère et de Ranrek, sa vie venait de tomber en ruine… Elle était une air… une vulgaire air… Peu importe l’élément qui lui était tombé dessus, elle n’était pas une Feu. Décontenancée, elle avait regardé son frère et ses parents avec les yeux brillants, les larmes montantes, comme si elle allait mourir… Ses parents étaient restés de marbre, sans dire un mot et ils s’étaient retirés, sans même se parler. Elle attendit qu’ils soient de dos, parce que la fierté est quelque chose qu’on enseigne aux enfants de Sezni, pour se laisser tomber sur ses genoux, implorant silencieusement Malaggar, la tête enfuie dans ses paumes et les larmes jaillissantes…  Son frère vint auprès d’elle pour la consoler et la relever…
La nuit qui précédait cette découverte, elle n’avait pas dormi. Elle était restée assise sur son lit, les bras autour des genoux, à regarder le vide. Elle savait que ses parents ne dormaient pas, car il y avait toujours la lumière des torches du couloir qui luisaient… Puis elle les entendait parler. Parler encore et encore, dans le plus grand calme. Son père avait cette acrimonie amère qu’il avait lorsqu’il était très énervé, mais il disait jamais un mot plus haut que l’autre, et ses termes étaient certainement sanglants… Ce genre d’humeur qui intimide, par sa rareté… Elle ne savait pas entendre les mots qu’ils prononçaient, mais elle savait d’ores et déjà qu’ils étaient justes et dures… Elwyn ne voulait toujours pas y croire… Et elle se détestait en même temps. Elle ne répondra jamais aux espérances de ses parents. Elle ne suivra jamais le chemin qu’ils voulaient la voir prendre. Son monde s’était effondré… Celui qu’on avait façonné pour elle était détruit… Elle voulait mourir… Mourir pour ne pas ternir le nom des Ramose. Pour ne pas faire honte à ses parents. Pour ne pas faire honte à son frère qu’elle aimait tant… Pour ne pas faire honte à la nation du Feu…

Le lendemain, matin, sa mère et son père apparurent dans l’encadrement de la porte de sa chambre et son frère était là, il écoutait, elle le savait, même si elle ne le voyait pas. Ils avaient parlés toute la nuit et ils vinrent lui annoncer qu’elle allait devoir partir. Froidement, sans sentiment, comme le veut l’éducation Seznienne… Pour son bien, elle allait être adoptée dans une famille de Sterenn, pour qu’elle puisse s’épanouir en tant qu’air. Et pour l’honneur des Ramose, elle allait devoir se faire passer pour morte dans un accident… un regrettable accident, mais qui lui permettrait de vivre. Ailleurs… Elwyn accepta son sort, debout, comme une accusée à la barre qui attendait le verdict du juge. Bien mais… Elle aurait préféré mourir… Elle leur avait demandé, les larmes aux yeux et la tristesse lui serrant la gorge : « Pourquoi vous ne voulez pas me tuer directement… ?! » demanda-telle avant de laisser couler une larme traitresse, sur le ton d’un enfant qui fait un caprice… Son père lui demanda de se ressaisir et d’accepter la situation. Elle allait se faire passer pour mort aux yeux du peuple de Sezni et vivre dans une autre famille à Sterenn… Elle allait devoir quitter le giron familial, celui dans lequel elle avait grandi et celui dans lequel elle n’avait pas fini de grandir… Il ne lui restait qu’une journée à vivre là avant de partir, à la nuit tombée.

Son frère lui avait dit d’être forte. Et elle l’aura été… Depuis cette nuit-là, aucune larme de s’était permise de couler. Elle avait la chance de rester en vie, alors, il fallait qu’elle servie à quelque chose. Elle avait serré son frère dans ses bras, aussi fort que possible. Il lui avait chuchoté qu’il ne la laisserait pas… Jamais…
Son père avait monté toute une petite brigade pour emmener sa fille à Sterenn, pour qu’elle se fasse adopter par une famille. Celle-ci, grassement payée pour accepter l’enfant… Cette dernière savait qu’ils allaient adopter une enfant d’une famille Feu importante, parce qu’elle était une air précoce, mais jamais ils ne surent quel était son nom originel... C’est pourquoi, dès son arrivée, Elwyn arbora le nom de la famille qui l’avait accueillie ; les Valior. Une famille valeureuse, éleveurs d’oiseaux, sans histoire…

Au bout de 16 jours de cheval, Elwyn était arrivée dans cette famille qui l’accueilli avec un peu d’appréhension. Durant le voyage, Elwyn avait perdu toute la joie de vivre et cette force qui caractérise les filles Ramose… C’était une enfant qui ne faisait pas de vague et qui n’attirera pas de problème. C’est ce qu’avaient dit les brigadiers lors du transfert d’Elwyn… La jeune fille avait eu 16 jours pour faire son deuil. 16 jours pour faire le vide en elle et oublier 12 années de sa vie… Vie qu’elle ne pourra jamais menée à terme… Elle avait eu le loisir de musarder pendant le trajet, mais elle ne s’était pas permise de penser à toutes les joies de Sterenn qu’elle allait pouvoir vivre… Elle s’était cantonnée à un but : devenir quelqu’un. Essayer de prouver à ses parents qu’ils ont eu tort ! Leur prouver qu’ils venaient de s’éloigner du plus grand scientifique qu’Oranda a vu naître… ! Leur prouver qu’ils auraient dus la tuer lorsqu’elle leur avait demandé… ! 16 jours durant lesquels sa détermination s’était renforcée avec sa colère et sa tristesse…
Arrivée chez les Valior, sans même avoir pris la peine de lever les yeux pour découvrir la région qui allait la voir grandir et évoluer, elle regarda les personnes qui allaient être ses parents et sa famille pour la suite de sa vie… Elle descendit de son cheval, encapuchonnée d’une cape de la tête au pied, sa chevelure rousse flamboyante et les yeux clairs et froids, la carrure docile et se tenant droite les doigts gantés et entrelacés, comme on se tient à Sezni lorsqu’on se présente à quelqu’un avec l’habit d’enfant s’entrainant, novice au combat.… Les yeux rivés sur eux, elle les regardait… et ils la regardaient inquiets... Ni elle ni eux n’avaient réellement envie que l’autre vienne perturber leur train train, mais c’était ainsi. Les choses sont ce qu’elles sont et il faut faire avec. La femme questionna du regard son mari, puis elle prit l’initiative de sourire à la jeune fille et de lui tendre un bras pour lui proposer sa main et lui souhaiter la bienvenue dans leur maison… dans leur foyer qu’ils ouvraient à une parfaite enfant inconnue. Elly’ regarda la main de la femme… Elle était blanche et elle avait douce… Mais rares sont les marques d’affection à Sezni – ou en tout cas dans la famille Ramose – et donc, elle question un brigadier du regard, qui n’en fit rien. Elly’ pris l’initiative d’elle-même de s’avancer vers eux, sans prendre la main de la femme… Elle leur tourna le dos, pour faire face au groupe de cavaliers, qui remontaient en selle et qui repartaient en direction de sa région natale… C’est alors, une fois qu’ils eurent le dos tournés, qu’Elly’ – en les regardant partir – attrapa la main de sa mère adoptive, de sa main toujours gantée… Un nouveau monde lui tend les bras.

Le lendemain, la mère allait l’accompagner dans Arne pour l’inscrire à l’école… Elle allait pouvoir avoir une scolarité normale, dans la moyenne des enfants de Sterenn. Elle avait l’âge d’une écolière donc, elle poursuivrait des études avec les moyens que ses parents ont fournis…
Elly’ fut rapidement briefée sur les habitudes des gens d’Arnes en suivant ses parents adoptifs dans leur quotidien, mais elle n’eut pas le temps de tout apprendre en une journée et en une nuit… C’est pourquoi, elle se comporte comme une observatrice assez silencieuse et réservée. Même si elle n’en avait pas envie, il fallait qu’elle s’intègre à cette région… Les deux femmes profiteraient de leur sortie du jour pour visiter la capitale. De toute façon, elle doit faire quelques achats pour les oiseaux de l’élevage donc, c’était l’occasion.

Alors qu’Elly’ était inscrite, sa mère adoptive lui permis de se promener seule, dans les parages pour qu’elle puisse découvrir d’elle-même les lieux, pendant qu’elle effectuerait ses achats… Donc, Elwyn obéit et toujours les mains jointes devant elle, elle se promena en regardant partout autour d’elle, cette région aérienne… Il y avait constamment du vent et la femme lui avait proposé de s’attacher les cheveux avant de partir, mais elle avait refusé… Maintenant, elle comprenait pourquoi… Vêtues de vêtement clairs et assez légers, Elwyn n’avait vraiment pas l’habitude de ce genre de tenue. Elle qui était toujours habillée assez lourdement et en noir, avec des guêtres de métal, ici, ce n’était plus le cas. Elwyn ne ressemblait plus aux enfants de Sezni, mais à une jeune fille de Sterenn, un peu perdue…

Soudain, elle entendit une voix s’adresser à elle, gentiment et d’une façon assez innocente. Cette jeune fille, aux cheveux roux elle aussi, vint lui adresser une salutation spontanée et elle lui demanda si elle venait d’arriver dans le quartier, étant donné qu’elle ne l’avait jamais vue avant alors qu’elle connaissait tout le monde ici… Elwyn se sentit un peu repérée sans forcément être agressée… Elle lui souriait, alors qu’elle ne la connaissait même pas. Un peu décontenancée et sans forcément montrée qu’elle était mal-à-l’aise dans cette situation, elle lui répondit naturellement :

« En effet, je suis nouvelle ici… C’est la première fois que je viens dans la capitale. »
Dit-elle à la jeune fille de 5 ans sa cadette, sans forcément être gênée de cette lacune… Elle ne savait pas encore comme réagir dans ce genre de situation. S’agissait-il d’une voleuse ? D’une petite fouineuse ? Ou tout simplement d’une petite un peu trop curieuse... ? Mais c’est souvent quand on se jette à l’eau qu’on apprend à nager alors ici, c’était l’un des premiers exercice sociale d’Elwyn alors, il ne valait mieux pas se rater…
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~#~Sujet: Re: [Flashback Elwyn-Diana] 24 years ago... Mer 19 Juil - 14:56




9ème jour de la 12 ème lune, journal intime de Diana Gearan *PAS TOUCHE!* a écrit:
La...première fois qu'elle venait? Enfin quelqu'un qui n'allait pas me donner un nom d'oiseau tout moche! Mais elle avait l'air de porter un masque, vous savez, ceux qu'ils mettent au théâtre pour jouer une émotion alors que l'acteur est dans un état d'esprit pas du tout comme celui du personnage, mais qu'il faut le faire quand même. Moi, je voulais pas la déranger, mais...Je suis un peu égoïste, alors bon, je suis pas partie, je lui ai pas dit "au revoir" avant de courir un peu plus loin ou de retourner bouquiner, non, ça, j'avais pas envie! Alors je l'ai regardée, un peu, elle avait un beau visage, pas une petite bouille toute ronde, c'était vraiment une "grande"...Mais elle avait pas de tatouage, alors peut-être qu'elle était pas encore une vraie vraie "grande", mais que ça allait pas tarder! Moi, j'aime pas les tatouages, ça reste sur la peau, ça s'en va jamais, et si il est moche, le tatouage, ben il reste moche, et des fois, si on devient gros et qu'on a un tatouage, ben il devient encore plus moche, et plus gros aussi. Il en faut un, de tatouage, il parait, sinon, on est un esclave, alors comme j'ai pas envie de devenir esclave, je me ferais faire un tatouage aussi, le jour ou je serais "grande", enfin...J'espère! Mais c'est un peu bête quand même. Et puis il est pas beau, le tatouage qu'ils ont tous, les "grands", moi je voudrais que le mien, ce soit un bel oiseau, pas une patate avec des espèces de traits tout tordus qui partent dans tous les sens, parce que celui là, plus on est "grand", plus on à l'impression qu'en fait, c'est une assiette de nouilles qu'on a un peu trop secouée et qu'on en a mis partout à côté. C'est vraiment pas beau. Mais elle, elle était belle, et elle en avait pas, de tatouage. J'ai pas voulu la regarder trop longtemps sans rien dire, parce qu'Amalthée, elle dit que c'est pas poli de faire ça, et puis avec mes yeux tout écarquillés, elle aussi elle allait m'appeler "le hibou" si je continuais à la regarder comme ça, alors du coup, ben j'ai fait comme d'habitude!


- Dis, comment tu t'appelles? Moi, je m'appelle Diana! On m'appelle jamais par mon prénom, mais je préfère Diana aux surnoms qu'ils me donnent, les autres. que je lui ai dit avec un grand sourire, parce qu'Amalthée, elle dit que le sourire, c'est le plus beau des bijoux, et que moi aussi, je voulais être belle.


C'était pas comme si je la connaissais depuis longtemps, mais on avait plein de choses en commun! On était pas de la capitale, on était rousses toutes les deux...Bon, d'accord, ça fait deux choses en commun. Non, trois! Elle et moi, on est des filles, ça aussi c'est un point commun. C'est vrai que elle, elle était grande, moi, je suis petite, elle, elle était toute fine et belle, moi, je ressembleà une sucette : toute fine avec une bouille toute ronde (et heureusement, personne m'appelle "la sucette", parce que si quelqu'un le fait, je crois que je vais me mettre à pleurer...), elle, elle avait les yeux bleus, moi,j'ai les yeux verts, elle, elle avait l'air un peu perdue, moi, je connais très bien le quartier...Bon, c'est vrai, on a pas beaucoup de choses en commun, mais elle avait l'air gentille, et puis je suis pas méchante, alors je me suis dit que ça la dérangerait pas, si je restais un peu discuter. J'ai ouvert ma petite sacoche, une jolie besace en bandoulière, blanche et dorée, et j'ai sorti la petite boîte en métal avec mon goûter dedans : deux tartelettes aux poires et une petite cruche fermée par un bouchon avec du sirop de sureau dedans.


J'adore ça, le sirop de sureau, c'est sucré, et ça a un goût de fleur, je crois que c'est la chose que je préfère boire, le jus de fruits, c'est bon (sauf le jus de prune. C'est pas bon, les prunes), mais ça, quand on en boit, on a l'impression d'être au milieu des grappes de fleurs blanches avec leur odeur toute douce et sucrée...On en avait un grand, de sureau, à côté de la maison, et le sirop, c'est papa qui le fait, alors quand je repars, il m'en donne toujours quelques bouteilles, et comme ça se dilue avec de l'eau, sinon c'est trop sucré, j'ai de quoi tenir longtemps! Du coup, j'ai ouvert le boîte et j'ai sorti une tartelette (et c'est moi qui les ai faites ce matin!) pour la lui tendre. Moi, elle était plus grande que ma main, la tartelette, alors c'était pas facile, mais elle, elle avait des mains plus grandes, avec des doigts tout fins...Moi ils sont encore comme des petits boudins, mais mon papa, il dit que c'est parce que je suis encore petite, et que c'est comme mon visage, ça va devenir plus fin, avec le temps. J'espère qu'il a raison, sinon, on va m'appeler "le hibou" toute ma vie, et j'aime pas quand on m'appelle "le hibou". Mais je crois que je l'ai déjà écrit...C'est pas grave, je le marquerais pas demain.


- Tu en veux une? C'est moi qui les ai faites! je les fais moins bien que mamie, mais je me débrouille, tu sais! j'ai dit en la lui tendant.


D'ailleurs, je sais pas ce que j'aime le plus dans les gâteaux : les faire ou les manger?..Après réflexion : manger. Enfin. Pas quand c'est mon papa qui les fait. Je l'aime beaucoup, mon papa, mais j'aime pas ses gateaux...La dernière fois qu'il nous a fait des tartes, ben... la seule différence concrète avec des briques, c'est que lui, il appelait ça des tartes. Bon, on allait pas les jeter, c'est vrai, ce serait gaspiller, mais bon, on lui a dit quand même...Mais c'est moi qui ai mis le plus les pieds dans le plat...avec mon papa, on se fait souvent des blagues, on se taquine, c'est normal, j'imagine, mais celle là, il l'a mal prise...Il nous en avait emballée deux pour la route, parce qu'on partait avec maman jusqu'au village voisin acheter du miel, parce que chez nous, on a pas de ruches (et pourtant, y a des abeilles, et les abeilles, ça pique...saletés), et il nous a dit "Au cas où vous ayez un creux dans l’après-midi...", et puis ma maman, elle a répondu "merci chéri", et moi j'ai dit "Ce sera plus utile si on a une fissure à colmater dans un muret", et j'ai pas eu le temps de dire "mais merci quand même papa!" pour qu'il comprenne que je le taquinais (meme si elles étaient vachement dures, ses tartes), il était aussi rouge que les fraises qu'y avait dessus! Bon, on a mangé les fraises en route et on a écrasé la pâte pour la donner aux oiseaux, quand même, pour pas gaspiller, mais je me demande encore si y en a pas un ou deux qui se seraient pas étouffés avec...Elles étaient vraiment lourdes sur l'estomac, les tartes de papa. Alors depuis, à la maison, je fais les gâteaux avec maman et tout va bien!


Et puis, ces tartelettes à la poire, elles sentaient rudement bon, quand elles cuisaient, et là, elles sentaient toujours aussi bon! Mais Amalthée, elle dit toujours que quand on propose à manger à quelqu'un, si on est à la maison, c'est la personne qui propose qui mange en premier, si on est ailleurs, c'est les autres qui mangent en premier, sauf si on est chez les nobles, parce que dans ce cas là, il faut un goûteur, ou c'est la personne qui invite qui commence. C'est difficile, tout ça, mais je crois que j'ai bien retenu. Alors, même si elle était bien habillé, elle se promenait sans garde et sans armes, donc ça devait pas être une noble, et puis moi, j'étais pas à la maison, donc j'ai sorti la mienne et j'ai attendu de voir si elle en voulait une ou pas, mais j'espérais qu'elle se décide vite...J'voulais manger ma tartelette, moi aussi! La générosité, on me l'a toujours apprise (et puis deux tartelettes, après, si je fais pas la sieste, je suis toute patraque, alors bon, autant lui en donner une, même si j'aime ça), mais la gourmandise, ça, c'est naturel chez moi!

- Et puis j'ai du sirop, aussi, si tu veux boire!

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~#~Sujet: Re: [Flashback Elwyn-Diana] 24 years ago... Dim 23 Juil - 23:34

Bien que la petite en face d’elle avait l’air étonnée de sa réponde, Elwyn n’en resta pas moins prudente et remarqua cet air d’innocence, cet air de pureté qu’ont les enfants, les très jeunes enfants… En effet, à Sezni, il n’est pas rare de voir que ces petits êtres humains sans pouvoir, ont déjà toute la détermination en eux nourrie par l’ambition des parents et leurs promesses d’un avenir solide et noble… En tout cas, dans l’entourage d’Elwyn, elle y était souvent confrontée. C’était souvent cette compétition de celui qui ira le plus loin qui animait leurs jeux et leurs discutions aussi diverses soient-elles. Elle n’avait jamais réellement eut l’occasion de croiser d’autres enfants, d’une autre classe sociale que la sienne. Alors, voir ces yeux remplis de rêves, d’innocence et de bienveillance, c’était quelque chose à laquelle elle n’avait jamais prêté attention, simplement parce qu’elle n’y avait jamais été confrontée… Mais chez cette gamine, ça avait cette sensation inspirante, cette sensation nouvelle d’une promesse d’un avenir doux, délicat mais surtout, de liberté. Comme quoi, un simple regard, vaut bien mieux qu’un long discourt !

La petite rousse lui demanda comment elle se prénommait avant de lui décliner son nom : Diana. Diana ? Elle n’avait encore jamais entendu un prénom de la sorte. Mais elle aimait bien. Ça lui sonnait bien à l’oreille. C’était un prénom plutôt léger et à la consonance très féminine… Puis, la jeune précisa qu’on ne l’appelait jamais par son prénom, mais qu’elle le préférait quand-même aux surnoms que les ‘autres’ lui donnaient… Ha ? Elwyn haussa un sourcil, s’interrogeant bien sur ces dits surnoms… Dans la tête d’Elly’, les surnoms s’arrêtent souvent aux premières syllabes d’un prénom et jamais réellement sur une caractéristique physique de quelqu’un… Du coup, à part ‘Didi’ qu’elle ne trouvait pas si choquant que ça, elle se demandait bien quels étaient-ils pour autant marquer l’esprit de son interlocutrice… Elly’ remarqua le sourire de la jeune rousse. Il était beau. Il était vrai… Il n’était pas forcé et c’est cette spontanéité qui la rassura un petit peu… Elle perdit petit à petit ses appréhensions quant à cette nouvelle rencontre. Elle la soupçonnait de moins en moins être une fouineuse ou une voleuse, à moins qu’elle soit une véritable actrice !

De fait, Elwyn lui répondit : « Moi, c’est Elwyn. » Dit-elle, tout simplement, avant qu’elle ne renchérisse en lui proposant une tartelette qu’elle venait de sortir de son sac. Elle lui précisa que c’était elle qui les avait faites et que même si elles sont moins bonnes que celles que fait sa mamie, elles sont quand même bonnes. Elwyn hésite un instant, regardant la tartelette, puis elle la prit lentement, l’observant. Elle avait l’air bonne et plutôt comestible… Toujours sur la défensive, on lui avait toujours appris à ne pas manger ce qu’un inconnu lui offrait, sous peine d’être empoisonnée… Quoi qu’il faut quand même bien avouer, qu’à l’heure actuelle, Elwyn se fichait pas mal d’être en vie en réalité. Même si elle était déterminée à devenir quelqu’un, si jamais ses parents biologiques apprenaient qu’elle s’était faite empoisonnée, cela leur ferait les pieds. Au moins, elle serait réellement morte ! La vie est faite d’écueils, qu’on le veuille ou non. Et cet obstacle était tellement lourd, tellement prenant, tellement pesant psychologiquement, qu’Elwyn avait parfois du mal à faire la différence entre ce qui est bien et ce qui n’est pas bien. Il fallait qu’elle s’adapte dans un nouveau monde, tout en faisant croire qu’elle y était depuis sa naissance… À 12 ans, autant dire que c’est pratiquement mission impossible, surtout lorsqu’on a eu une éducation rude comme la sienne. Se lâche, alors qu’on a été bridé toute une vie, c’est quelque chose à laquelle on ne pensait pas. C’est quelque chose à laquelle on ne se permettait pas de penser, simplement parce que c’est quelque chose qu’on nous a fait oublier… En parlant d’adaptation, ce qui a notamment aidé Elwyn à entrer dans la peau d’une Sterennienne, c’est surtout sa tenue. Plus légère, plus dépenaillée et beaucoup plus simple, cela avait déjà fait son petit effet sur la jeune Seznienne… Se mettre dans la peau de quelque d’autre, commence déjà par la tenue vestimentaire… ! Puis viens seulement le vocabulaire et la façon de parler et de communiquer… Elwyn pensa que si Diana devenait son amie, elle pourrait très certainement mieux comprendre ce monde et indirectement mieux s’y adapter.

La petite pris la parole derechef pour lui dire que si elle avait soif, elle a du sirop dans le même petit sac qu’elle avait. Elwyn lui fit un signe affirmatif de la tête et reporta son attention sur la tartelette à la poire qui dégageait un parfum plutôt appétissant. Et c’est avec une humilité rare et qui sonne encore un peu faux dans sa bouche, qu’Elwyn lui répondit : « Merci beaucoup. » et puis, après avoir regardé la tartelette avec envie, Elly’ la porta de ses deux mains à sa bouche et croqua dedans avec plaisir… C’était la première fois qu’elle mangeait une telle pâtisserie… Il fallait dire que ce genre de cuisine restait très occasionnel dans sa famille. Manger était un besoin qui se satisfaisait par de la nourriture saine et concrète et que lorsqu’on était rassasié, on s’arrêtait. Ce genre de nourriture, on la retrouvait à des banquets en fin de repas, lorsqu’on y avait l’autorisation…
Ce fut un réel délice et Elwyn afficha enfin un sourire franc et naturel en mangeant ce goûter.

Une fois sa première bouchée avalée ou presque, la Seznienne lui rétorqua : « C’est vraiment super bon ! » dit-elle sincèrement et avec un engouement encore un peu timide... Puis elle croqua une deuxième fois, une bouchée plus importante et avec plus d’envie. Une vraie bouchée… Puis elle dit à Diana : « Je ne connais pas les surnoms qu’on te donne, mais en tout cas, laisse-moi te dire qu’ils sont stupides de t’appeler autrement. Il ne faut pas y faire attention… » Pour Elwyn, les surnoms n’ont pas raison d’être. Pourquoi ? Avoir un prénom, une dénomination déjà fixée pour identifier quelqu’un est déjà bien suffisant, alors pourquoi se casser la tête, s’acharner pour surnommer quelqu’un … ?
Par cette phrase, Elwyn voulait se montrer bienveillante envers Diana, en quelque sorte pour la remercie indirectement et inconsciemment… C’était pour elle, une sorte de cadeau réciproque à faire, comme si elle y était obligée. Mais quelque part, Elwyn pensa que si Diana pouvait lui apporter la crédibilité Sterennienne, Elwyn pourrait peut-être lui apporter la force Seznienne en échange. Après tout, c’est elle la première personne qui s’intéresse réellement à elle, sans savoir qui elle est réellement ni d’où elle vient !
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~#~Sujet: Re: [Flashback Elwyn-Diana] 24 years ago... Ven 18 Aoû - 1:17

9ème jour de la 12 ème lune, journal intime de Diana Gearan *PAS TOUCHE!* a écrit:


- Elwyn..., j'ai répété, doucement.

C'est un joli prénom Elwyn. Je connaissais personne avec ce prénom, jusque là, et puis les prénoms de filles qui finissent pas en "a", c'est les plus beaux. Sauf "Monique", "Jackie" et "Michelle". Ca c'est moche. Mais Elwyn, c'est beau, ça sonne bien, c'est chantant, c'est léger comme une plume d'oisillon! Et puis elle a commencé sa tartelette, alors j'ai attaqué la mienne aussi! Et puis c'est vrai qu'elles étaient super bonnes...Mais Amalthée, elle les fait encore mieux. C'est normal aussi, elle a eu toute sa vie pour s'entraîner, et Amalthée, ben elle a dix fois mon âge, un peu plus, alors les miennes, elles sont sensées être dix fois moins bonnes, mais quand même, y a du potentiel! Plus tard, je pourrais avoir un grand avenir dans la tarte! Bon, j'ai un peu dévoré la mienne...Amalthée, elle dit toujours que je baffre comme un troupeau de boeufs alors que je suis grosse comme un moineau anorexique...Bon, c'est vrai, je sais pas ce que ça veut dire, "anorexique", mais c'est pas grave, je vois ce que c'est, un moineau! Alors du coup, j'ai bu un peu de sirop, parce que j'avais attrapé le hoquet, et puis j'ai tendu ma gourde à Elwyn, après avoir essuyé proprement le goulot.

-C’est vraiment super bon !, elle a dit, et moi j'ai bafouillé un "merci" parce que c'est pas souvent qu'on me fait des compliments, alors du coup, elle a repris la parole : Je ne connais pas les surnoms qu’on te donne, mais en tout cas, laisse-moi te dire qu’ils sont stupides de t’appeler autrement. Il ne faut pas y faire attention…
- Des fois, c'est joli les surnoms! Toi, on pourrait t'appeler Elly', c'est joli, Elly', mais t'as déjà un joli prénom... le surnom, c'est affectueux, normalement, c'est juste pour faire un rapprochement avec quelque chose qui nous ressemble... que j'ai dit en la regardant, la tête un peu penchée (je fais toujours ça quand je réfléchis), et puis j'ai tordu un peu les lèvres, gênée, mais j'ai pris mon courage à deux mains, et puis j'ai quand même posé ma question : Dis...Je ressemble pas à un hibou, hein?..

J'avais mis les mains dans le dos en regardant ailleurs. C'était gênant! C'est comme demander "dis, j'ai des gros yeux globuleux, des sourcils en forme de buisson de salsepareille et la tête d'un oiseau obèse mal réveillé?", si jamais elle répondait "oui", j'avais l'air de quoi, moi? Bon, d'accord, j'aurais l'air d'un hibou, et puis c'est tout. Mais du coup,  là, tout de suite, j'avais relevé le regard, pour ne pas paraître impolie, parce que regarder ailleurs en parlant à quelqu'un, c'est pas poli du tout, Amalthée, elle me gronde tout le temps pour ça! Mais c'est pas ma faute, moi, dès que je suis gênée, je regarde ailleurs, sinon je deviens rouge comme une tomate, et même si j'aime bien les tomates, c'est ridicule. D'abord parce que j'ai pas de pépins, et ensuite parce que je ne suis PAS une tomate.

-  Et tu te promènes comme ça, toute seule, en plein quartier commercial de la capitale? Tu habites loin? Parce que c'est pas très prudent par ici, si tu connais pas...La garde passe pas dans toutes les rues...

Il y a deux ou trois semaines, il y avait eu un meurtre, pas loin, une histoire sordide, mais que la garde n'avait pas réussi à élucider encore, et moi, ça me fait peur, mais heureusement, là, j'avais un garde en vue, alors j'étais rassurée! Et puis comme c'était Loran, il était en faction, alors il risquait pas de s'en aller, et ça, ça rassure encore plus! Mais comme j'étais plus tendue que la corde d'un arc à poulie, j'en avais bien besoin...Et plus je la regardais, plus je la trouvais jolie, Elwyn. C'est pas que ça rassure beaucoup, c'est surtout que je fréquente pas beaucoup de monde...Y a les jeunes de mon âge, un peu plus jeunes, un peu plus vieux, mais j'essaie de pas trop passer de temps avec eux...y en a un ou deux de sympas, c'est vrai, mais ils se laissent entraîner par les autres...et puis les grands, ben ils s'intéressent pas à moi, à part Amalthée.  Bref : c'est quand même plus sympa de discuter avec une jolie fille plutôt qu'avec un vieux moche ou un jeune débile (enfin, je dis pas qu'Amalthée soit moche, elle est juste fripée, mais elle était très très très belle quand elle était jeune!)...Et puis, c'est pas souvent qu'il y a des gens avec des cheveux de la même couleur que les miens...Et c'est vrai que c'est courant qu'on m'appelle « poil de carotte », aussi, mais en général, c'est plus amical que moqueur, cela dit, elle au moins, elle pourra pas m'appeler comme ça non plus, à moins que je le fasse aussi, et ce serait pour plaisanter entre nous, alors ça me gênerait pas !

Mais quoi qu'en disent les autres, de toute façon, elle était différente de ces gamins ignares. Elle était déjà plus belle que toutes les jeunes filles que j'avais pu croiser en ville...Je l'ai déjà dit que je voulais être belle comme elle, plus tard ? oui, je l'ai déjà dit.  Mais je le répète quand même ! C'était incroyable de rencontrer cette jeune femme dans ce quartier, elle qui avait un port si droit, si altier...Ici, la plupart des gens sont mornes, le dos voûté par la grisaille de leur vie (c'est beau, ça, je le note pour plus tard!), ce n'est pas un quartier noble, c'était une zone populaire, dans laquelle Amalthée avait certes une demeure confortable, mais les belles échoppes se trouvaient encore à quelques centaines de mètres de là, et elle, Elwyn...elle était là, comme un bijou tombé dans une flaque de gadoue, comme un aigle royal au milieu des passereaux,  comme la flamme d'une lanterne dans une caverne obscure...J'avais passé tant de temps à lire le livre des oiseaux que j'en connaissais la moitié par cœur, et l'autre me revenait dès que je posais les yeux sur les pages conernées ! Et puis pour les histoires, légendes et textes qu'Amalthée me mettait sous le nez pour que je les apprenne par cœur, c'est sur que je pouvais tous les lui réciter, et sans m'arrêter entre ! Bon, peut être pour respirer, quand même…Alors en un sens, Elwyn, c'est un peu mon rayon de soleil de la journée, parce que j'ai passé une soirée toute tranquille, après, mais ça, je le raconterais plus tard, là, on est au beau milieu de l'après midi, et comme elle dit, Amalthée, « il ne faut pas s'éparpiller » !

Peut-être que pour elle, j'étais le petit moustique embêtant qui lui tournait autour (même si je crois pas me souvenir que les moustiques, ça offre de la tarte. Des boutons, oui, mais pas de tartes.), et j'espère que ça n'a pas été le cas, j'aimerais bien la revoir demain...Elle a l'air gentille, Elwyn, mais un peu timide...si ça se trouve, elle est encore plus gentille que ce que je pense ! Ou alors elle est juste tout le temps comme ça, mais ca doit pas être drôle pour elle...il lui a fallu un peu de temps déjà pour être un petit peu moins sur ses gardes que quand je suis arrivé, alors il faut peut-être qu'on apprenne à se connaître par étapes...en tout cas, demain, pas question de sortir avec les autres enfants, je suis sûre et certaine que même si elle a l'air un peu mal à l'aise, Elwyn, elle est différente de tous ces petits moucherons avides d'attention. D'ailleurs, c'était exactement ce que j'avais pensé à ce moment là, et du coup, je lui ai demandé si elle comptait revenir :

- Dis, tu reviendras demain, tu penses ? J'ai encore un peu de temps, mais ma grand-mère va bientôt rentrer, et il faudra que je sois à la maison quand elle arrivera...et j'aimerais bien te connaître un peu plus, si ça te dérange pas de passer du temps avec une « petite », les « grands »,en général, ils aiment plutôt passer leur temps entre eux...mais t'as l'air plus gentille que les autres « grands », et les autres « petits », ils m'embêtent un peu...et puis ils sont pas très malins. que j'ai dit, mauvaise langue, en plongeant mon regard dans celui d'Elwyn. Mais c'est vrai qu'ils sont pas très malins quand même, les autres « petits »...vivement que je sois grande et belle, comme elle ! Et on verra si c'est pas eux qui auront les yeux ronds comme ceux des hiboux !




HRP:
 
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~#~Sujet: Re: [Flashback Elwyn-Diana] 24 years ago... Jeu 24 Aoû - 18:15

La petite rouquine avait répété le prénom d’Elwyn… L’air avait été attentive à cette répétition et au visage qu’elle faisait après cette répétition… Une mimique ? Une moue ? Un tic qui aurait pu lui faire comprendre que ce n’était pas un prénom commun pour cette région… ? Ou alors une sous question lui demandant d’où elle venait exactement … ? Une remarque sur la rareté de ce prénom aux origines peut-être un peu tendancieuses … ? Ou tout simplement, peut-être qu’Elly’ est au bord d’un gouffre de paranoïa… Surtout qu’il ne s’agissait que d’une enfant, visiblement amicale et innocente, sans mauvaises intentions flagrantes…

Mais il n’en fut rien… Les deux jeunes filles attaquèrent leurs tartelettes et Elwyn apprécia. Elle le lui fit remarquer en la complimentant et en lui faisant part de son avis quant aux surnoms prétendus mauvais qu’on donnait à Diana et elle répondit alors : « Des fois, c'est joli les surnoms! Toi, on pourrait t'appeler Elly', c'est joli, Elly', mais t'as déjà un joli prénom...Elwyn afficha un léger sourire en coin. D’une part rassurée de constater qu’elle ne posa pas de question sur l’origine de son prénom et d’autre part parce qu’elle le trouvait simplement joli… Sans arrière-pensée, sans mauvaises intentions, c’était un compliment qui lui était indirectement adressé… le surnom, c'est affectueux, normalement, c'est juste pour faire un rapprochement avec quelque chose qui nous ressemble... » Elly’ songea alors… Elle, elle n’avait jamais eu aucun surnom, si ce n’est ‘soeurette’ de la part de Sven… Alors « Elly’ » comme surnom lui plaisait… ça lui plaisait bien même. Elle se disait qu’avec un surnom comme celui-là, au moins, elle pourrait peut-être plus facilement s’intégrer ici, à Sterenn, parmi les gens de son âge – ou les plus jeunes ( !).

« Dis...Je ressemble pas à un hibou, hein?.. » Lui demanda-t-elle pour finir. Elly’ souri alors un peu amusée et lui fit un franc ‘non’ de la tête et elle lui demanda ensuite amicalement : « Alors c’est comme ça qu’ils te surnomment les autres… ?! demanda-t-elle dans une fausse question alors, et avec une pointe d’ironie… en tout cas pour moi, tu ne ressembles pas à un hibou. » Finit-elle par conclure. Elle trouvait ça assez effarant de surnommer ainsi quelqu’un… Surtout que ce n’était pas empreint d’une grande violence ou d’une grande honte. C’était stupide. En réalité, Diana ressemblait à une héroïne sémillante d’un livre pour enfant qu’elle consultait à Inaki. Lorsqu’elle allait à l’école, la maîtresse leur racontait de temps en temps une histoire. L’histoire de cette petite qui devient un très grand maître du Feu. Elle a les yeux bleus, les cheveux de Feu et elle est très gentille et aventureuse. Elle n’a peur de rien et elle est généreuse. Mais lorsqu’elle a un problème, elle fait tout pour le résoudre ! Dans ses aventures et ses histoires, on peut voir comment la jeune fille s’entraine au combat, comment elle apprend les sciences, comment elle apprend la médecine, comment elle apprend les arts,… en somme, presque tous les métiers pour inspirer les enfants et les apprentis pusillanimes feu, qui manquent ou pas de courage et/ou de motivation pour se lancer dans la vie. Une icône fallacieuse à suivre qui ressemble un peu à toutes les petites filles. Bref, tout ça pour dire qu’Elly’ ne trouvait pas qu’elle ressemblait à un hibou, mais elle ne savait pas trop quel surnom lui irait. N’étant pas familière de cet exercice, peut-être qu’une idée d’un surnom lui viendrait plus tard,… si elles étaient amenées à se retrouver.

« Et tu te promènes comme ça, toute seule, en plein quartier commercial de la capitale? Tu habites loin? Parce que c'est pas très prudent par ici, si tu connais pas...La garde passe pas dans toutes les rues... » Lui dit-elle ensuite… Elwyn termina de manger sa tartelette avant de lui répondre : « Rassure-toi, je ne suis pas seule… J’accompagne ma mère qui fait quelques courses. Nous vivons dans un petit village pas très loin d’ici. » Dit-elle, alors qu’elle avait hésité sur le terme à employer pour désigner sa mère adoptive… Ensuite, elle réfléchit un instant, et elle ne savait déjà plus de quelle échoppe elle était partie pour faire sa visite… En réalité, Elwyn ne savait déjà même plus par où il fallait passer pour rentrer chez ses parents adoptifs… ! Mais quoi qu’il en soit, elle savait que sa nouvelle mère n’en aurait pas pour très longtemps et qu’elle la retrouverait facilement, ne s’étant pas éloigné plus que ça… Diana avait l’air de dire que le passage de la garde était nécessaire pour maintenir un certain ordre. Sauf que depuis qu’elle est là, entre la maison, l’école, l’échoppe et la rue commerçante, Elwyn n’avait vu ni garde, ni de vol, ni de bagarre… à moins que tout ça ne se soit passé dans son dos… ?

Puis, la jeune rouquine vint lui demander : « Dis, tu reviendras demain, tu penses ? J'ai encore un peu de temps, mais ma grand-mère va bientôt rentrer, et il faudra que je sois à la maison quand elle arrivera...et j'aimerais bien te connaître un peu plus, si ça te dérange pas de passer du temps avec une « petite », les « grands »,en général, ils aiment plutôt passer leur temps entre eux...mais t'as l'air plus gentille que les autres « grands », et les autres « petits », ils m'embêtent un peu...et puis ils sont pas très malins. » Elwyn osa sourire de nouveau, légèrement, sans rigoler en captant le regard de la petite. Même si ce qu’elle disait lui aurait fait rire, elle préfère rester encore un peu sur ses gardes… même si elle n’avait visiblement pas de raison de sans faire !

Elwyn lui répondit alors : « Je ne sais pas si je vais revenir demain…» Dit-elle sur un ton un peu fataliste…
Puis, la mère adoptive apparu derrière Diana, les sacs de grains au bras et s’arrêta pour observer Elwyn… Elwyn la regarda et puis elle replongea son regard dans celui de Diana, et avant de décevoir cette nouvelle et seule personne qui – visiblement – s’intéresse à elle sans connaître ses origines et qui est potentiellement une bonne amie et une alliée pour la jeune Valior, elle poursuivit sur un ton un peu moins solennel : « Mais tu sais, j’aimerais bien découvrir la capitale… Tu penses que tu pourrais me la faire visiter demain après l’école ? » Lui demanda-t-elle alors, espérant que la jeune rouquine lui dise ‘oui’, Ex gratia, pour qu’elles puissent alors tisser des liens. Elwyn avait vraiment envie de se lier à des personnes de la région. Et Diana s’était présentée spontanément, sans mauvaises intentions et avec une innocence toute neuve, inconnue à Elwyn… Diana allait potentiellement devenir sa première véritable amie de la région.

La mère adoptive afficha alors un sourire affable et se rapprocha assez du duo pour qu’elles puissent comprendre qu’elle l’attendait… Mais avant de repartir avec elle, Elwyn attendit la réponse et la réaction de Diana.

Spoiler:
 
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~#~Sujet: Re: [Flashback Elwyn-Diana] 24 years ago... Jeu 7 Sep - 23:16

9ème jour de la 12 ème lune, journal intime de Diana Gearan *PAS TOUCHE!* a écrit:


Primo, j'étais rassurée: je ressemble pas à un hibou! Chouette! A une sucette, c'était un peu moins sur, mais appeler quelqu'un "sucette", en fait, ça n'a aucun intérêt. C'est comme si j'appelais quelqu'un...Je sais pas, moi, "Nouille sautée" ou "roti froid", alors à moins d'être né dans une poêle ou d'avoir une gousse d'ail au milieu du ventre à la place du nombril, ça risquait pas d'arriver. Elle était gentille, Elly' (je vais l'appeler comme ça tout le temps, ce sera plus simple), et même si elle avait l'air un peu perdue ici, au moins, elle voulait pas m'embêter comme les autres "petits", ceux qui sont bêtes et qui se moquent tout le temps alors qu'ils voient même pas que c'est eux les plus bêtes et les plus moches, en fait. Elle, elle est belle, et elle est gentille. Ca fait beaucoup pour une seule personne! Moi, je crois que je suis gentille, mais comme je suis encore un peu boudinée parce que je suis petite (et que je mange des gateaux, j'avoue que ça ne doit pas aider mon bidou), eh ben je me trouve pas très jolie...Mais quand je serais grande comme Elly, je veux être aussi jolie qu'elle! J'étais drôlement embêtée par contre, quand elle m'a dit qu'elle allait à l'école, ça voulait dire que je pourrais pas toujours la voir quand j'aurais du temps libre et elle non plus, vu que moi, j'y vais pas à l'école, c'est la maison, mon école à moi! Mais bon, demain, j'avais pas grand chose à faire, et puis à l'heure où les "grands" finissent l'école, moi, j'ai toujours fini les devoirs qu'Amalthée me donne à faire! Enfin, sauf la semaine dernière parce que je suis allé lire un livre que m'a prêté Mejad, et que du coup, j'ai pas fait mes devoirs, et Amalthée, elle était pas contente, alors j'ai vite fait les devoirs après...Mais demain, j'aurais fini à l'heure, comme ça, on pourrait faire un tour dans Arne toutes les deux! Et ça, c'était bien. Je vais être un peu égoïste, parce que ça me fait super plaisir qu'elle me demande ça, j'aime beaucoup être avec elle, et puis aussi parce que les autres "petits", si ils me voient avec une "grande", ils vont plus m'embêter, c'est comme si je devenais "grande" avant d'être grande! Mais bon, d'abord, elle a dit :

-Je ne sais pas si je vais revenir demain…, et ça, ben ça m'a rendue un peu triste, parce que j'aurais bien passé un peu plus de temps avec elle, et puis elle a dit autre chose, et là, j'étais moins triste :

-Mais tu sais, j’aimerais bien découvrir la capitale… Tu penses que tu pourrais me la faire visiter demain après l’école ?

Alors là, j'étais même plus triste du tout, j'étais super-méga-hyper-contente! Même si j'étais encore rouge comme une tomate, parce qu'il y avait une "grande" qui était gentille avec moi, et ça, c'est pas souvent que les "grands" ils sont gentils avec les "petits"...Ben parce qu'on est petits, justement, et eux, ils le sont plus, du coup, ils restent entre "grands", et c'est comme si ils voyaient pas plus bas que sous leurs bras, et du coup, bah ils nous voient pas. J'étais tellement contente que je crois que j'ai même fait un petit saut sur place en répondant...C'est ridicule, mais c'est comme ça, je tiens plus du moineau que du hibou, moi! Et puis je dors la nuit et je piaille beaucoup le jour!

- Ouais!..J'veux dire, oui, avec plaisir! Je connais bien la ville, tu sais! Et même son histoire, si tu veux! Et plein de légendes d'ici! Enfin, si ça t'interesse, hein! Que j'ai répondu!

Et comme j'étais excitée comme une pie devant un ver de terre (non, Elwyn n'est pas un verre de terre, c'est l'opportunité d'aller se balader avec elle que je décris comme un ver de terre...J'ai pas l'impression qu'elle se tortille au sol,elle a des bras, des jambes, des cheveux, un nez...non, Elly' n'est décidément pas un ver de terre, et j'oserais pas l'appeler comme ça, ce serait méchant, et je suis pas méchante!), j'ai pas vu qu'il y avait de l'ombre sur moi, et pas sur Elly', et puis quand je m'en suis aperçue, je me suis retournée d'un coup en reculant d'un pas vers elle...je crois même que j'étais pas loin de lui marcher sur le pied...Mais Elly', elle avait pas l'air inquiète, alors j'devais pas avoir l'air inquiète non plus, parce que la dame, elle était chargée avec des sacs de grains, et elle avait pas l'air méchante...Puis j'ai regardé Elly, puis la dame, puis Elly, puis re-la dame...Bref, j'ai compris que ça devait être sa maman, celle qui faisait des courses pas loin, et du coup j'ai fait une petite révérence polie, comme Amalthée elle m'a appris à faire devant les grandes personnes (et je crois bien que ce coup là, j'ai marché un peu sur le pied d'Elly', alors j'ai murmuré un "Désolée..." discret avant de me redresser doucement et de décaler mon pied pour pas recommencer à lui marcher dessus, rouge comme une pivoine.

- Bonjour madame! Vous devez être la maman d'Elly'...Elwyn! que j'ai dit en me rattrapant, parce que du coup, ben c'était pas très poli de donner un surnom à quelqu'un devant quelqu'un d'autre sans que le quelqu'un à qui on a donné le surnom vous y autorise, et j'ai re-murmuré "désolée encore..." parce que je savais plus où me mettre, et j'ai baffouillé en me décalant pour laisser Elly retrouver sa maman : Je veux pas vous retarder, alors...Je vais y aller, hein! A demain El...wyn! Tu es à quelle école, au fait? Comme ça je viendrais te chercher! , que j'ai dit en m'écartant pour qu'elle puisse passer vers sa maman.

Elle m'a répondu, je l'ai noté dans un petit coin de ma petite tête, et puis je lui ai fait "au revoir" avec la main avant de re-faire une révérence, parce que comme elle dit Amalthée, "Les adultes, ils en savent souvent beaucoup plus que les enfants, et pour ça, il faut les respecter, sinon, les enfants n'apprendront plus, et une fois adultes, ils ne pourront plus rien enseigner". C'est un peu compliqué, j'ai pas tout compris la première fois, mais maintenant, j'ai compris, alors les adultes, je les respecte! Et puis quand elles sont parties, j'ai attendu un peu, jusqu'à plus les voir quand elles ont tourné après un bâtiment, et y avait Mejad qui est venu me dire bonjour...du coup on a un peu discuté de son livre (y a pas beaucoup de gardes qui lisent, en fait, alors je suis toujours drôlement contente quand il est là, Mejad!), même qu'il était super bien et qu'il parlait de plein de choses intéressantes: de l'histoire, des fleurs, des animaux, et de comment ils étaient, les adultes "nobles", un peu comme Amalthée, mais en beauuuuucoup moins humbles, parce que Amalthée, elle es au service de Jalahiel, alors elle est forcément humble devant un dieu, mais les nobles, entre eux, ils sont comme des "petits"! "Et regarde ma grosse épée!", "et t'as vu mon pardessus? Il vient de chez le tailleur machin!" "oui, mais moi, ma femme, elle est mieux que la tienne, parce que le papa de ma femme, il est plus fort que le papa de la tienne, et en plus, la mienne elle est brune, alors que la tienne, elle est chatain, et que chatain c'est moche", "mais non, c'est pas vrai, en plus, la mienne elle a de plus beaux bijoux..." . Du coup, je lui ai dit qu'être "noble", moi, ça me tentait autant que de manger du foie de truite, et (non, j'aime vraiment pas le foie de truite, c'est amer, c'est mou, et c'est tout granuleux à l'intérieur, c'est pas bon) lui, il m'a dit que les nobles, c'était ceux qui avaient le plus d'argent, les plus beaux habits, et que c'était ceux qui avaient les plus grandes maisons. Mais c'était pas important d'avoir une grande maison, tant qu'on a un toit et qu'on peut manger, boire, et pas avoir trop froid, moi, je vois pas l'intérêt d'avoir une grande maison, ça fait plein de ménage en plus...Et là, il m'a dit que les "nobles", ils avaient des gens qui faisaient le ménage pour eux dans leur grande maison, et c'est à ce moment là que j'ai compris que les nobles, ils étaient riches, fainéants, péteux, et aussi intéressants qu'une fiente de ramier dans une soupe à l'oignon : on se demande ce qu'ils font là. Puis on jette la soupe et on en fait une autre. Faudrait faire pareil avec les nobles. Ca l'a fait rire, j'ai pas compris pourquoi, et puis j'ai vu que le soleil commençait vraiment à descendre, alors je lui ai dit au revoir et je suis rentrée à la maison, juste avant Amalthée (sauf que comme moi je passe par la fenêtre, elle m'a pas vu. Finalement, ça a des avantages d'être petite et de pas avoir les articulations douloureuses!).

- Alors Diana, la journée s'est bien passée? Tu as fini ton travail?, elle m'a demandé,
- Bien sûr que j'ai fini! J'ai même révisé mes partitions au luth pour la fête de la semaine prochaine! Et puis j'ai rencontré une "grande" super gentille, elle s'appelle Elwyn, mais moi je l'appelle Elly', et puis elle habite dans un village pas loin, et demain, on va visiter la ville après qu'elle aura fini l'école!
- Jeune fille, on dit "après qu'elle ait terminé ses cours", ta formulation est familière.
- Pardon, Amalthée, je ne referais plus cette erreur, c'est promis!
- Je l'espère, ma petite colombe...eh bien, tu n'as qu'à proposer à cette Elwyn de venir dîner demain! J'aurais le temps de faire ma tarte aux abricots, je pense, si tu l'aimes toujours..., qu'elle m'a dit avec un petit sourire...Quelle idée! Comme si on pouvait ne pas/plus aimer sa tarte aux abricots!
- Bien sûr que je l'aime toujours! Je lui proposerais, promis! Merci beaucoup! Et puis si elle ne peut pas,et bien...
- Et bien ça te fera plus de tarte, et je pense que tu n'en seras pas mécontente, toi qui mange plus qu'un pélican pendant l'hiver!
- EEEEEEH! JE SUIS PAS UN PELICAN!
- Bien sur que non, ma colombe, je te taquine. Et si tu me montrais un peu ces devoirs, hm?, qu'elle a dit. Alors du coup, je lui ai dit oui, et je crois que je ferais mieux d'aller les lui montrer tout de suite, parce que depuis le temps que j'écris, je crois que je vais me faire taper sur les doigts... A demain, journal!
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