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[TERMINÉ] Let it snow || Brehn

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~#~Sujet: [TERMINÉ] Let it snow || Brehn Mar 27 Juin - 17:42


Let it snow
L'an 824, SOUVENIR



Les meubles autour d'elle semblaient disproportionnés. Nymeria était assise sur un grand fauteuil aux teintes bleues et or, ses pieds ne touchaient pas le sol. La petite princesse les balançaient en rythme régulier, observant son regard dans le miroir. Ses joues étaient rondes et rosées, une domestiques coiffait tendrement sa tignasse argenté, Nymeria ne tenait plus en place, elle avait tant hâte d'aller courir dehors ! « Il neige ! » répétait-elle incessamment. « S'il te plais, vite, il neige ! Je ne veux pas qu'elle disparaisse, je veux aller jouer dans la neige ! » La domestique ne put s'empêcher de sourire face à cette enfant qui débordait de joie de vivre. « Bientôt Princesse.  » Elle s'attela plus efficacement à tresser les boucles blondes et rebelles de Nymeria, créant deux grosses tresses de chaque côtés de son visage, elle vint enrouler chacune d'elles afin d'en faire des chignons. La princesse ne quittait pas des yeux son visage, elle observait avec beaucoup de soin et d'attention, les gestes effectués. Elle voulait être capable de les refaire.

Une dernière broche installée dans ses cheveux, et voilà qu'elle était coiffée. La petite Nymeria toucha délicatement sa nouvelle coiffure : au centre de chaque chignon se trouvait une petite broche en forme de flocon de neige. C'était visiblement un choix de sa domestique. La princesse se leva, les pieds sur l'assise du fauteuil et vint embrasser avec autant d'amour qu'une enfant de 8 ans puisse donner, celle qui s'était occupée d'elle. « Merci » lui intima-t-elle « c'est très beau. » Elle lui sourit, son visage d'ange semblait s'illuminer à chaque mouvement de lèvres. « Tu en voudrais des comme ça ?  » elle montra les broches du doigts. Un peu gênée, la domestiques qui était âgée d'une soixantaines d'années lui fit signe que oui. Croisant ses deux mains, plaquée sous son menton sans jamais se détacher de son sourire elle lui déclara « Je t'en ferait fabriquer alors ! Va te reposer, moi je vais jouuuuer ! » et pour ponctuer son geste, elle sauta du fauteuil, atterrissant agilement sur ses pieds sous le regard attentif quoi qu'un peu inquiet de sa nourrice et domestique.

La petite princesse s'apprêtait à quitter sa chambre quand Mörwen, la domestique, l'interrompu d'un raclement de gorge. Nymeria se retourna vers elle, les sourcils froncés. « Que se passe-t-il ? » Mörwen était la nourrice de Nymeria depuis sa naissance. Elle l'avait vu grandir, sourire et pleurer. Entre la femme âgée et la petite fille, un lien indescriptible s'était formé. La princesse aimait sa nourrice à la folie et il en était sans aucun doute de même pour la vieille femme. « Allez vous réellement sortir ainsi vétue ? » La petite posa les yeux sur sa tenue : elle ne portait qu'un peignoir en soie dont les manches étaient bien trop grand ainsi que des chaussons fourrés. Nymeria éclata de rire avant de retourner se fourrer dans les bras de sa nourrice. « Heureusement que tu es là Mörwen. »

La vieille femme acquiesça d'un sourire amusé, elle indiqua d'un signe de tête à sa princesse d'aller s'asseoir sur son lit à baldaquin, démesurément grand par rapport à la petite fille. Celle-ci s'y installa, toujours excitée comme une puce. Elle avait dû sauter pour atteindre son matelas, son marche pied avait été rangé, mais de toute manière, Nymeria trouvait celui bien plus drôle de sauter. Elle était à l'âge où presque tout lui était permit. Évidemment, elle avait des cours tous les jours et la petite princesse était une élève appliquée et attentive, mais aujourd'hui, la neige était tombée sur Ibai. Elle avait toujours adoré la neige, depuis son plus jeune âge. Jamais elle n'avait vu les vallées enneigées ni le grand glacier, mais on lui narrait souvent ces beautés. Alors, afin de félicité l'assiduité de la future héritière du trône, en ce jour blanc, les leçons avaient étés annulées et elle était autorisé à jouer toute la journée.

Mörwen revint finalement, dans ses mains se trouvait une tenue que Nymeria n'avait encore jamais vu. Une petite robe blanche dont les bords étaient décorés de fourrure, en pantalon en laine aussi blanc que neige et des petites bottes fourrées. Les yeux de Nymeria se mirent instantanément à briller. « C'est un cadeau que je voulais te faire depuis longtemps » lui intima sa nourrice. « Aujourd'hui, tu vas enfin pouvoir la porter. Normalement, c'est résistant, et tu ne devrais pas devenir toute bleue à cause du froid. » La princesse eut soudain l'image d'elle, en bleue. Ses cheveux, ses mains, ses ongles, son visage et ses lèvres. Elle ne put empêcher une grimace quant à cette image et remercia de nouveau sa nourrice.

Une fois la tenue enfilée, Nymeria tourna sur elle-même, plusieurs fois, regardant comment sa robe tournait avec elle. Celle-ci lui allait à merveille, on aurait pas pu la rendre plus heureuse. « Je peux y aller maintenant ? » demanda-t-elle de sa voix enfantine et joyeuse. « Bientôt ma princesse...  » Mörwen fouillant dans les tiroirs. Son visage s'éclaira d'un coup et elle en sortit un petit diadème en argent très souple. Il était décorée d'arabesques et de petits flocons de neige, assortis aux broches que la princesse portaient déjà dans ses cheveux. Nymeria s'agenouilla en voyant sa nourrice revenir avec, comme le protocole le voulait. Elle lui déposa délicatement, coinçant quelques mèches de cheveux dans les branches du diadème afin que celui-ci ne glisse pas. « Une dernière chose. » Sans attendre de réponse, la vieille femme alla chercher une petite cape assortie à la tenue et des gants. « Vous voilà parez pour une expédition enneigé ! » intima-t-elle avec autant de joie de vivre que la petite princesse.

Celle-ci ne cessait de se regarder, elle tournait de nouveau sur elle-même, regardait ses gants et ses chaussures. Sa cape était chaude et réconfortant, son diadème lui sciait à merveille. « Merci encore Mörwen. A toute à l'heure ! » Une dernière embrassade, et elle sortit de ses appartements en sautillant. Les gardes qui tenaient la porte semblèrent fondre devant la petite princesse et son allure. Elle était adorable, personne ne pouvait dire le contraire. Elle courrait presque tant elle avait hâte de quitter l'aille du château qui la séparait des jardins. Au bout d'un long couloir, elle rencontra son père, le Roi. Celui-ci ouvrit ses bras quand il vit sa fille arriver au loin et Nymeria sauta d'un bond pour s'y recueillir. Une fois qu'elle eut regagner la terre ferme, ou du moins, les pierres qui couvraient le couloir, elle fit une révérence devant les gardes et son père. Ils la lui rendirent, un sourire attendrit. « Avez-vous vu, Père ?  » Elle tourna sur elle-même, lui conseillant ainsi d'observer sa nouvelle tenue. «  Elle te va à ravir. »

Lui aussi, semblait paré pour une expédition dans la neige. Il portait des vêtements chauds et une lourde cape fourrée. Nymeria adorait s'enfouir sous celle-ci. Elle se sentait comme dans une cabane tant elle paraissait grande face à son petit gabarie. «  Et les leçons alors ? » demanda-t-il, reprenant un instant son sérieux. La princesse fit de même, prenant soin de regarder bien dans les yeux Andar qui paraissait immense. « Elles ont étés annulées. On m'autorise à m'amuser dans la neige aujourd'hui » ses yeux se remirent à briller « les leçons reprendront demain avec autant de sérieux, Père. » Il lui sourit tendrement, posant un genoux à terre pour être à la hauteur de sa petite princesse. «  Veux-tu que je vienne jouer avec toi un moment ? »  Pour toute réponse, Nymeria lui décrocha son plus beau sourire.

Ils prirent donc ensemble, mains dans la mains, la direction des jardins. Ceux là n'avaient pas encore été déblayés, sur ordre du roi. On pouvait cependant distingué quelques peu, les parterres de fleurs. Les chaussures de la princesse marchant dans la neige faisait ce bruit si particulier que la neige faisait lorsqu'on la faisait craquer sous son poids. Elle adorait ce bruit. Elle adorait cette vison. Elle adorait tout. Elle adorait la neige. Jamais elle n'était aussi heureuse et excitée que lorsqu'il neigeait autant. Andar usa de ses dons afin de créer de jolies arabesques de neige et de glace, Nymeria ne le quittait pas des yeux, émerveillée. Mais une fois la surprise et l’allégresse passée, son envie de jouer reprit le dessus. Elle se pencha discrètement afin de prendre de la neige dans sa main, dans son dos, elle roulait celle-ci afin de créer une boule et, sans attendre que son père n'y soit préparé, elle la lui lança.

Andar lui lança un premier regard surpris mais ne tarda pas à faire de même. Une bataille arrangée s'entama entre eux. Les boules volaient et explosaient un peu partout. Parfois sur eux, parfois sur les fleurs, parfois sur les murs.  La princesse riait d'un son cristallin. Il n'y avait rien ici qui puisse gâché ce beau moment de tendresse et d'amour entre un père et sa fille. Cependant, celui-ci finit par s'avouer vaincu. Le travail ne pouvait être repoussé plus longtemps, il dû quitter son enfant, embrassant celle-ci du bout des lèvres sur son front froid.

Nymeria s'allongea dans la neige et regarda le ciel. Les flocons lui tombaient sur le visage, parfois, elle ouvrait la bouche pour tenter d'en avaler. Tout était calme. C'était si beau qu'elle en avait presque les larmes aux yeux. La neige craqua non loin de la princesse, celle-ci se redressa, restant pour autant assise au sol. Elle crut reconnaître au loin, la silhouette de son ami le plus cher. Elle fit de grands signes de mains « Brehn ! Viens jouer avec moi ! Brehn ! »

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Dernière édition par Nymeria Drogon le Sam 8 Juil - 17:17, édité 3 fois
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~#~Sujet: Re: [TERMINÉ] Let it snow || Brehn Mer 28 Juin - 18:19


Let it snow
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Les lames s'entrechoquèrent avec fracas, et ce, avec une cadence des plus harassante. Brehn parait les coups que le chevalier de la cour, qui s'occupait de sa formation, lui assénait sans relâche. Il n'avait que 14 ans à l'époque mais peu importait, il était déjà passé depuis longtemps aux vraies épées de fers forgés dont la lourdeur ne rendait pas facile leur maniement, surtout pour un jeune adolescent. Pour autant, Brehn s'en sortait plutôt bien, il n'était pas des plus doués mais il n'avait pas à envier beaucoup de monde de son âge. Toutefois, le jeune homme n'appréciait pas l'art de la guerre, et n'avait pas pour vocation de rejoindre l'armée en tant que chevalier. Il aura toujours ce titre si une guerre se déclare, mais il ne voulait pas de ce métier à plein temps...
Les gouttes de sueur perlaient son visage rougi par l'effort malgré un froid vainuin... Il commençait même à neiger dans la capitale. La petite cour où divers autres néophytes s’entraînaient à tout type de combats, arc, lance, épée, masse... n'y échappa guère. Les flocons s'amoncelant sur les pavés déjà glacés, rendirent la danse que Brehn et son mentor pratiquaient, encore plus difficiles à pratiquer. Et pour cause, le sol devenait glissant et le moindre faux pas, le moindre appui hésitant et c'était la chute assurée. Par manque d'expérience, le Shöva en fit vite les frais... En effet, après une violente estocade sur le flanc qu'il esquiva maladroitement, Brehn se retrouva sans même comprendre ce qui se passait, dos à terre. Il mit quelque temps avant de se relever, préférant s'évader un instant dans ce ciel de coton mais toutefois lumineux. De fait, la lumière du soleil passait à travers les nuages si bien que les quelques flocons qui s'échappaient d'eux, brillaient de mille feux. On aurait dit des paillettes venant tout droit d'un autre monde. Peut-être celui de Glorë et des autres dieux ?

"Alors Brehn, déjà fatigué ?" lança avec ironie son entraîneur qui se tenait, lui, bien droit, prêt à en découdre.

"Non, tout va bien, seulement un peu sonné..." lui répondit instantanément le gascon tout en se relevant.

"Fais attention à ton jeu de jambes, il n'y a rien de plus important, n'oublie pas que l'on n'appelle pas le maniement de l'épée de part chez nous, la danse de l'eau pour rien."

Pour seule réponse, Brehn acquiesça et se remit en garde. Ni une, ni deux, l'affrontement amical reprit et l'on put entendre de nouveau les frappes tonitruantes se confondre avec les cris guerriers des deux hommes. Les autres aspirants avaient pris une pause et Brehn, si concentré, ne le remarqua même pas. Pour lui il n'était pas envisageable de s'arrêter à cause de quelques flocons. Ce n'est pas comme s'il allait devoir passer la Cérémonie dans plusieurs années, elle était toute proche, quelques mois seulement le séparé de cette épreuve redoutée... Même s'il avait conscience de son affinité avec l'Eau, il ne voulait rien laisser au hasard; pour lui tout était bon à prendre pour être au mieux physiquement en psychologiquement lors des épreuves qui l'attendaient. Peut-être avait-il une once de peur qui traînait dans son cœur ? Une peur qui ne pouvait qu'être présente chez tous les enfants qui passaient la Cérémonie, qu'importent si leur affinité est plus qu'apparente... Parmi les questions qu'engendraient cette peur l'on pouvait certainement trouver du "et si j'étais exempt ? et si j'allais y passer ? et si une marque que je n'attendais pas apparaissait ? et si... et si..."

Tandis que Brehn continuait de s'entraîner tant bien que mal dans cette cour bientôt ensevelie sous la neige, une petite voix cristalline - qui lui était familière - vint le déconcentrer. Le mentor profita de l'occasion pour lui faire une balayette, que le jeune ne vit pas arriver, au point qu'il s'étala de son poids sur le sol enneigé. Cette fois, non pas sur le dos, mais sur le côté, et pour couronner le tout, la tête la première. Le froid de la neige sur son visage incandescent lui fit bien vite réaliser son erreur d'inattention, et il savait déjà quelle remarque l'attendait. Celle-ci ne fut pas bien longue à sortir de la bouche du chevalier: "On ne baisse jamais la garde sinon c'est la mort assurée..." Le maître gardait ce ton ironique bien qu'un peu plus dur que précédemment. Il finit par reprendre avec plus de douceur avant que son apprenti ne réplique quoi que ce soit: "Allez file la rejoindre !"
Brehn venait tout juste de se relever, et regarda stupéfait Lojta. Il avait encore de quoi à revendre, et même tout simplement encore l'envie de continuer, mais rejoindre sa petite protégée lui était irrésistible. Il rengaina sa lame, fit une révérence à son maître d'armes, le remercia et partit à toute allure sans trop savoir où était la Princesse. Il se laissa guider par ses ricanements provenant d'un des nombreux jardins adjacents de la cour dans laquelle il s’entraînait. Il est vrai que le château ne manquait pas de jardins bien que le climat soit dur, mais Brehn n'eut pas de mal à retrouver sa petite sœur, laquelle était merveilleusement bien habillée. On aurait dit une poupée qui ne donnait qu'une envie lorsqu'on la contemplait, celle de la cajoler. Lui à côté, malgré la richesse de sa famille, ne payait pas de mine. Non pas qu'il n'aimait pas s'habiller avec élégance, mais pour les entraînements il privilégiait largement le confort au style. D'autant plus qu'à l'issue de ceux-ci, ses vêtements se retrouvaient bien souvent égratignés de toute part voire déchirés. Aujourd'hui, ce ne fut cependant pas le cas: sa chemise verte pastel et son veston fourré et de cuir marron assorti à son pantalon n'avaient pas trop souffert - bien qu'il n'ait pas lésiné durant ces dernières heures passées avec Lota.
Nymeria le repéra surprenamment vite, et lui fit de grands appels de la main tout en criant avec innocence: "Brehn ! Viens jouer avec moi ! Brehn !"

Lui venait d'avoir 14 ans tandis qu'elle, allait sur ses 9 ans. En somme, ils étaient plus proches des 5 ans d'écart que des 6 ans, mais il n'en demeurait pas moins que l'écart était relativement grand, surtout pour leur âge actuel. Et pourtant, leur relation était régie par une force incroyable, de l'ordre de la fratrie. Depuis tout petit Brehn a joué le rôle du frère que Nymeria n'a jamais eu. Et elle en avait plus que besoin, elle était en effet élevée par des femmes, et même si son père l'adorait, il ne pouvait avec toutes ses responsabilités, passer beaucoup de temps avec elle. Je ne dirais donc pas que Brehn jouait le rôle d'un père, mais toujours est-il qu'il comblait cette absence masculine que pouvait ressentir la jeune Princesse. D'ailleurs cela n'est pas chose facile, il n'était même pas encore un adulte, mais il était assez précoce, et motivé par quelque chose qui échappait à la compréhension de tous. Brehn a donc su jouer ce rôle jusqu'à que la Princesse devint adolescente et où leur relation finit par évoluer en une amitié particulière...

Après tant de sollicitations de la part de la Princesse, le gascon se hâta de la rejoindre. "J'arrive Nymeria !" cria-t-il avec engouement. De nature réservée, la simple vue de son amie, le libérait si bien qu'on ne le reconnaissait plus. Mais qui pouvait lui reprocher cela ? Le spectacle était si mignon à voir; là était la parfaite démonstration d'une relation fusionnelle qui outrepassait l'âge et le genre. En somme, tout le monde savait qu'ils étaient fait pour se rencontrer, et on voyait en eux - sans jalousie aucune - ce rare fil unificateur qui relie deux cœurs, sans pour autant que quiconque puisse dire qu'ils pourraient par exemple finir plus tard ensemble...

Arrivé devant elle, quelque peu essoufflé par son dernier sprint et par son entraînement, Brehn ne lui fit pas de révérence comme il est de mise de le faire avant de s'adresser à une personne de sang royal. À la place il lui fit la bise et lui dit: "Coucou petite Princesse ! C'est génial, je vois que nous sommes tous les deux libres pour s'amuser ! Il déglutit sa salive épaissie par les derniers efforts et continua jovialement. Que voudrais-tu faire avec cette belle neige fraîchement tombée ?"





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Dernière édition par Brehn Shöva le Lun 3 Juil - 7:59, édité 5 fois
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~#~Sujet: [color=#378EC0] Nymeria / Môrwen [color=#3E6F32] Mer 28 Juin - 19:33


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Brehn mit un temps fou à venir, la petite princesse commençait presque à déjà s'impatienter. Tentant d'user ce temps seule comme il le fallait, elle se mit à récupérer de la neige entre ses mains, elle les malaxa de sorte à créer des boules. Nymeria fit plusieurs rangées, préparant déjà son attaque face à Brehn. La bataille ne devrait plus tarder à commencer, elle devait être prête ! Lui, il s’entraînait, il allait faire la vraie guerre, mais Nymeria préférait les batailles de boules de neiges. La vraie guerre impliquait des choses bien trop grave, bien trop triste. Même son esprit d'enfant le comprenait. La voix de son ami s'éleva dans la brume enneigée « J'arrive Nymeria ! » elle ne put empêcher un sourire d'apparaitre sur son joli minois. Ils étaient si peu à l'appeler par son prénom ! La plupart l'appelait princesse, parfois ''princesse Nymeria''. Mais lui, lui c'était différent. Ça l'avait toujours été. Ou alors, peut-être que c'était les autres qui étaient différents... Elle n'en était pas trop sûre. Avec Brehn, le protocole n'avait pas tant d'importance quand ils étaient seuls. Pas de révérence, pas de mots compliqués pour dire une phrase simple. Pas besoin d'être superficiel. Pas besoin d'être quelqu'un d'autre. Avec son ami, elle pouvait être elle-même.

Princesse ou pas, il ne prenait pas de pincettes avec elle. Lorsqu'il devait la gronder, il le faisait. Lorsqu'elle était triste, il était là. Il était toujours là. Nymeria avait l'impression de le connaître depuis toujours. Peut-être était-ce parce qu'elle le connaissait depuis toujours... Il était de 6 ans son aîné. La princesse n'avait pas tant de souvenir de leur rencontre. Elle avait l'impression que, du jour où elle fut capable d'avoir des souvenirs, Brehn était là. Leur rang respectif ne leur permettaient cependant pas d'être tout le temps ensemble, pourtant, c'est tout ce que Nymeria aurait voulu ! Qu'il soit présent pendant ses leçons, qu'il voit à quel point elle était assidue et sérieuse. Puis qu'il soit là, le soir, qu'il vienne la border et lui compter de belles histoires qui parleraient de chevaliers. Peut-être que lui-même deviendrait un chevalier. Il apprenait à manier l'épée, à monter à cheval. L'équitation était une discipline que la petite Nymeria connaissait, cependant, l'épée, la danse de l'eau, le style de combat du peuple de Vainui, lui était prohibé.

Elle se souvint alors d'une discussion qu'elle avait eut avec Mörwen à ce propos. « Non Princesse  » avait-elle dit avec autorité « tu ne manieras pas l'épée. » «  Mais pourquoi ? Moi aussi je veux être un chevalier. Moi aussi je veux sauver des gens. Moi aussi je...  » Sa nourrice avait posé un doigt délicat sur les lèvres de l'enfant qui n'avait que 6 ans : « Tu es destinée à de grandes choses. Plus tard, quand tu sera plus grande, tu prendra la tête du royaume. Tu sera la Reine de Vainui. Tu sauvera des vies, tu protégera ton peuple. Les chevaliers seront à ton service : tu sera leur chef, leur mentor. C'est à travers eux que tu sera au combat. » elle caressa doucement les joues rougies de l'enfant, un regard triste dans les yeux « qu’en-dira-t-on si toi, Princesse, tu venais à être blessée ? Qui dirigera Vainui si quelque chose t'arrivais ? Tu dois rester en sécurité dans le château. Tu dois rester à ta place, ne pas te mettre en danger inutilement.  » puis Mörwen posa sa grosse main sur le cœur de Nymeria. « Mais tu devras suivre ton cœur, il n'y a que lui qui pourrait te dire quand tu devras ou non te mettre en danger. » En effet, Nymeria ne manierait sûrement jamais d'épée. Peut-être ne saurait-elle jamais se battre. Mais son cœur était sa plus grande arme. Et Glöre devait savoir à quel point le cœur de cet enfant était pur, étant donné le chemin de vie qu'elle lui avait réservé.

La neige craqua à ses côtés, Brehn arrivait, le visage rougis par l'effort. Ses vêtements étaient en désordre mais il affichait un sourire radieux que la petite princesse lui rendit aussitôt. Elle se déplaça légèrement, tentant de cacher la muraille de boule de neige qu'elle venait de préparer. Ils n'étaient pas sur un pied d'égalité, elle, elle n'était pas aussi habile que lui. Alors elle s'était octroyer le droit de préparer son attaque. Il vint embrasser la princesse et déposa un doux baiser sur ses deux joues. Ca aussi, Brehn était bien le seul à le faire. Elle avait gardé ses deux mains dans son dos, celles-ci étaient armées et prêtes à l'attaque. Nymeria n'attendait seulement que le bon moment. « Coucou petite princesse ! C'est génial, je vois que nous sommes tous les deux libres pour s'amuser ! » Lui aussi, il semblait très heureux à l'idée de jouer. La neige n'avait pas cesser de tomber, Brehn avait des flocons dans ses cheveux. «  Je ne suis pas petite  » bougonna-t-elle en lâchant finalement sa boule de neige. «  Dis, tu as vu ? » Elle tourna sur elle-même, lui intimant d'observer sa nouvelle tenue. «  C'est Mörwen qui me l'a donné. La robe, les chaussures, les bas. Tout ! Et puis regarde » elle sautillait sur place «  regarde ! Regarde mes cheveux ! Elle a mit des flocons en acier dedans ! » se calmant finalement, elle croisa les bras devant sa poitrine, un regard autoritaire, presque hautain. «  Je suis belle n'est-ce pas ! Dis que je suis belle Brehn ! » Elle n'attendit pas sa réponse avant d'avancer vers Brehn, prenant dans ses petits doigts, la chemise verte qu'il portait. «  Toi par contre, tu as une dégaine particulière... »

Nymeria releva les yeux pour croiser ceux de Brehn. Ils étaient d'un bleu étonnant, d'autant plus avec la forte luminosité de ce jour. « Mais tu es beau quand même, rassure toi » dit-elle d'un air taquin. « Que voudrais-tu faire avec cette belle neige fraîchement tombée ? » Il y eut un déclic dans l’esprit de la princesse. Le moment était venu. Elle tomba à genoux, comme prise d'un soudain vertige, la tête baissée. D'une main agile, elle vint attrapé l'une des boules qu'elle avait déjà préparé. Minant simplement un moment de faiblesse, elle attendit patiemment que Brehn se penche vers elle. Profitant de son moment de diversion, elle lui lança la boule de neige à la figure et éclata de rire. «  Un point pour moi ! Zéro pour toi !  » avant qu'il ne puisse réagir, elle prit sous son bras les boules qu'elle avait déjà préparé et se mit à courir. La neige commençait à fondre contre elle, mais Nymeria n'en avait cure. Elle s'amusait tant ! « Attrape moi si tu peux!  »

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~#~Sujet: Re: [TERMINÉ] Let it snow || Brehn Lun 3 Juil - 22:04


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Comme à son habitude la Princesse passait par toutes les émotions en un instant, d'abord une fausse colère avec un "Je ne suis pas petite" puis par un "Dis, tu as vu ?" témoignant de son humeur joyeuse. Brehn la connaissait bien et n'était pas étonné de ce comportement, qui d'ailleurs faisait tout le charme de Nymeria. Ce n'est pas pour rien que malgré leur écart d'âge, il ne s'ennuyait jamais avec elle. À l'inverse, elle l'appréciait sûrement parce qu'il était son protecteur, était celui qui faisait fi des codes, celui qui n'hésitait pas à faire une bêtise, en somme, elle devait l'admirer comme si c'était son grand frère.
Pauvre Séléné, elle n'aura pas eu autant d'attention de la part de son frère aîné, Nymeria l'accaparant complètement... Il aura fallu attendre qu'ils aient tous les trois grandis avant que la relation de Nymeria et Brehn évolue en une amitié plutôt qu'en une fraternité, Séléné retrouvant une place à part entière de sœur cadette.

Virevoltant sur elle-même, la petite Drogon raconta d'où lui venait ses merveilleux habits. Vraisemblablement elle en était très fière, et elle avait raison, cela lui allait à ravir. Brehn fit mine d'être intéressé par ses dires, alors que peu lui importait, le tout pour lui était que la Princesse soit heureuse. Elle finit par s'avancer empoignant sa chemise verte légèrement humidifiée par la sueur et la neige, et en outre, complètement plissée."Toi par contre, tu as une dégaine particulière..." Brehn lui répondit immédiatement avec naturel et un ton empreint d'ironie:"Mais je ne vous permets pe-ti-te Princesse." Elle releva ses yeux pour rejoindre ceux du jeune garçon et à l'image de ses comportements vacillants, le rassura avec un mélange de tendresse et de taquinerie.
Brehn ne l'avait de toute façon pas mal pris, non pas que sa dégaine l'indifférait, mais tout simplement parce qu'il avait conscience qu'il ne pouvait pas être présentable en toutes circonstances. Aussi, il savait très bien que sa protégée n'en perdait pas une pour l'attaquer; c'était une manière pour elle de lui prouver qu'elle était son égal et qu'elle n'avait que faire de leurs différences.

Après lui avoir demandé de quelle façon voulait-elle s'amuser avec lui, la Princesse feinta grossièrement un évanouissement, en profita pour saisir les boules de neige qu'elle avait préalablement préparées, et d'un vif sursaut vint lui en asséner une en pleine face. "Mais ça va pas !" cria Brehn, qui, malgré la comédie douteuse que venait de jouer son amie, a eu peur que quelque chose de grave lui soit arrivé et ne s'attendait donc pas à une telle fourberie. Cela aurait été une autre enfant, il ne se serait certainement pas fait avoir, mais pourtant avec Nymeria il en était autrement. Du reste, ce n'est pas comme si ce genre de situation se produisait rarement... L'expérience ne lui apportait donc rien; une fois que le Vainuin faisait confiance à quelqu'un, il en devenait complètement crédule. La Princesse, l'avait bien compris et en profitait de nombreuses fois.

Tandis qu'il se débarbouilla la figure, son adversaire en profita pour s'éloigner, on aurait dit un de ces lapins des plaines glacées alentour à Vainui: elle adoptait une course entre pas normaux et bonds animaux. Ainsi sa robe prenait toute l'amplitude qu'elle pouvait grâce à l'air qui s’engouffrait lors des petits sauts. "Tu ne perds rien pour attendre !" siffla Brehn tout en préparant des munitions. Son instinct protecteur lui rappela de ne pas trop compacter la neige pour éviter que les boules ne fassent du mal à sa camarade de jeu. Elle était loin d'être une chochotte mais c'était plus fort que lui. Et cette fois, ce n'était pas un comportement qu'il n'adoptait qu'en présence de Nymeria. Il a en effet toujours eu ce cœur sur la main, cette compassion et son dégoût pour la souffrance d'autrui. De fait, depuis toujours il évite du mieux qu'il  peut les situations qui sont susceptibles de faire mal. En revanche, il ne demeure pas moins rebelle et défend ses idées coûte que coûte, quitte à entrer en conflit. Ce qui peut d'ailleurs paraître paradoxal... De toute façon, comme chez de bien nombreuses personnes - mais encore plus chez lui -, il n'est jamais tout blanc ou tout noir.

Une bataille acharnée de boule de neige avait à présent commencé. L'on pouvait entendre les deux joyeux lurons s'égosiller tantôt parce qu'ils se sont pris une boule, tantôt parce qu'ils ont touché l'autre. Ils ne passaient pas inaperçus et toute personne, passant près des jardins dans lesquelles ils jouaient, ne pouvaient se retenir de les observer quelques instants. Certains avec bienveillance pour les deux amis, d'autres seulement pour Nymeria... Brehn n'était pas particulièrement apprécié à la cour. Il y a tout d'abord ses antécédents familiaux qui restent inscrits dans les mémoires; un coup d'État ça ne s'oublie pas. Et enfin, il y a son comportement avec l'héritière Drogon qui pouvait en choquer plus d'un. Oui avec lui, toutes les commodités, la bienséance et autres comportements peu francs n'étaient pas spontanés. Bien entendu, il allait de soi que Brehn ait intégré de nombreuses choses de la noble éducation qu'il a reçue. Pour nuancer disons plutôt qu'il ne se force que très rarement à adopter des attitudes qui ne lui sont pas naturelles, sans toutefois toutes les renier; des paysans verraient instantanément de quel milieu il pourrait venir - sans parler des habits -, mais pour autant, cela était moins clinquant que chez d'autres de ses semblables. Par ailleurs il devrait certainement inspirer de bonnes choses à la plèbe si tant est qu'il ait l'occasion de faire des rencontres issues de ce milieu.

La partie de jeu continua, Brehn était assez gentil avec sa partenaire, mais il voulait marquer le coup, à l'instar de l'attaque surprise de Nymeria qui a initié l'affrontement. En feintant à répétition de lancer une boule de neige, il réussit à la coincer sous un arbre. Aussitôt il se rua sur elle pour l'attraper. La tigresse se débâtît mais le Shöva l'intima de se calmer. "Tu as perdu Nymeria, reconnais-le !" Il relâcha l’étreinte et pointa du doigt les feuillages qui surplombaient leur tête. "Tu sais quel arbre c'est ?" Elle releva la tête, songeuse et Brehn en profita pour secouer les branches, lesquelles déversèrent tout un tas de neige sur la figure de la Princesse. Le gascon s'esclaffa de rire en voyant la tête maintenant recouverte de poudre immaculée.


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~#~Sujet: Re: [TERMINÉ] Let it snow || Brehn Mer 5 Juil - 13:36


Let it snow
L'an 824, SOUVENIR



« Mais ça va pas !  » cria Brehn, surprit par le tour que venait de lui jouer Nymeria. Celle-ci éclata d'un rire cristallin qui résonna dans tout les jardins. Elle était si heureuse, entourée par le doux manteau blanc de l'hiver, si heureuse d'être en la présence de cet ami qui lui était très cher. Elle courrait, sautillait, volait, les bras chargés de boules de neige, tentant de s'éloigner toujours plus de son camarade de jeu qui n'allait pas mettre tant de temps à la rattraper. Ses enjambées étaient plus grandes que celles de la petites princesse, elle qui était encore si petite pour son âge. Elle observa rapidement le ciel, elle se sentait minuscule dans ces vastes jardins, dans cette région, dans ce monde. Si petite, si fragile. Pourtant, elle, elle se sentait forte. Toujours un peu plus chaque jour. Elle sentait une force s'inviter en elle, un pouvoir de persuasion, un pouvoir de bonté. Elle sera une bonne souveraine, elle le savait, elle le sentait. Elle n'avait pas peur. Pas un instant. Elle prendra le pouvoir, quitte à perdre ce qu'elle aimait. Elle sera avant tout la Princesse Nymeria Drogon, future régente de Vainui. Rien, ni l'amour, ni l'amitié, ni la tristesse, n'aurait pu la pousser à renoncer, à cet instant là. Elle était sûre d'elle : régner, c'est ce qu'elle voulait. Aider les autres, aider son peuple, parce que c'est ainsi que les dirigeant appellent leurs sujets. Elle avait tant à apprendre et si peu de temps devant elle. Régner, ce n'était pas quelque chose de facile. Andar, son père, n'était pas souvent présent, très prit par ses réunions et autres devoirs de Roi. Mais Mörwen, lui ferait la leçon. Elle savait tout. Cette vieille dame aux traits fatigués connaissait le monde comme si elle l'avait créé. La petite princesse y voyait parfois l'incarnation de la déesse Glöre, même si personne ne lui avait jamais vraiment décrit Glöre.

Détachant sur regard du ciel, elle vit que Brehn passait une main sur son visage afin d'ôter la neige qui s'y trouvait. « Tu ne perds rien pour attendre ! [». Son ton était déterminé, et amusé à la fois. Un instant, Nymeria s'était demandé s'il avait  vraiment envie de jouer. Elle oubliait parfois qu'il était plus âgé qu'elle, que 6 années les séparaient et peut-être, n'avait-il plus envie de jouer à ces jeux d'enfants avec elle ? La petite princesse ne savait honnête, mais elle savait aussi que jamais, il n'oserait dire quoi que ce soit qui blesserait Nymeria. De ce fait, il préférait se taire au lieu de parfois, simplement, dire que quelque chose l'embêtait. Mais avait-elle réellement envie qu'il grandisse ? Pouvait-elle le laisser partir vers le monde des adultes alors qu'elle, elle en était si loin ? L'an suivant, Brehn allait passer sa cérémonie. S'il n'était pas bénie par Glöre, il ne pourra rester à Vainui. Il sera contraint de partir, de laisser sa famille, de laisser Nymeria. Le cœur de l'enfant se serra en pensant à cette possibilité. Et si on lui enlevait Brehn ? Pouvait-elle s'imposer face aux règles des dieux ? Face à la division des éléments ? Qu'il soit eau, terre, feu ou air, Brehn restera Brehn. Elle ne voulait pas qu'il parte. Elle ne le voulait pas...

Une boule de neige atterrie dans ses cheveux, le froid se glissa jusque dans sa nuque, faisant frissonner la princesse de la tête aux pieds. Brehn l'avait rattrapé, il chargeait sur elle à une vitesse remarquable. Esquissant un faux sourire, toujours perturbée par ses dernières pensées, Nymeria se mit à courir, tentant de se cacher tantôt derrière un arbuste, tantôt derrière un mur. Elle avait lâcher ses boules de neige, elle était à nue, il fallait vite qu'elle trouve un endroit où refaire des munition. Tentant le tout pour le tout, elle se cacha dans un parterre d'arbustes. Pour sur, Brehn n'irait pas la chercher ici. Lui, il ne pouvait pas se permettre de marcher dans les fleurs et de les écraser, sous peine d'être contrait à devoir les replanter. S'excusant doucement auprès de ces mesdames les fleurs, elle malaxa de nouveau la neige. Une fois ses minutions prêtes, elle sortit en furie de sa cachette, voulant prendre Brehn par surprise. Mais celui-ci avait disparut, elle ne le voyait plus. Nymeria resta immobile un instant. « Brehn ? » était-il parti ? Les larmes lui montaient aux yeux alors qu'elle lâchait ses boules de neige. Brehn était parti. Brehn l'avait abandonné. La tête lui tournait, ses mains tremblaient. Le froid semblait s'engouffrer en elle comme si elle était percée de partout. Elle se sentait soudain si seule dans ces grands jardins. Elle n'avait personne à part Brehn. Et il était parti.

Puis soudain, sortant de nul part, il lui lança plusieurs boules de neige, la poussant à reculer, elle se trouva coincée entre Brehn, son assaillant et un gros arbre. Sans qu'elle n'y puisse rien faire, il la souleva doucement. Nymeria se débattit «   Lâche moi ! Lâche moi c'est pas fini !  » criait-elle, mais, la douce voix de son ami vint calmer ses ardeurs tandis qu'il déclarait tout sourire sa victoire. Il la reposa doucement au sol. « tu sais quel arbre c'est ? » Nymeria leva instantanément la tête, tentant d’analyser le feuillage qui les surplombait. Mais elle n'en savait rien. Elle n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que son ami secoua les branches et qu'une pluie de neige vint s'abattre sur les cheveux de Nymeria. Ils étaient si blanc qu'on lui confondaient facilement avec la neige. La petite princesse lui fit une mine boudeuse, secouant la tête pour enlever cette nouvelle coiffe puis, les yeux baissés, vint se réfugier dans les bras de Brehn, encore tremblante et secouée par cette impression d'abandon qu'elle avait eut précédemment. «   Tu me laissera jamais Brehn ? Jamais ?  » elle secoua de nouveau la tête, les larmes revenaient, elle les ravala. «   Même si tu n'es pas béni par Glöre, tu ne me quittera pas, n'est-ce pas ? Tu ne me laissera pas toute seule ici ?  » elle releva le visage, prit les mains de son ami dans les siennes, si petites. «   J'ai besoin de toi, moi. Pour grandir, pour devenir une adulte, une vraie. J'ai besoin de toi à mes côtés.  »

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~#~Sujet: Re: [TERMINÉ] Let it snow || Brehn Ven 7 Juil - 22:10


Let it snow
L'an 823, FLASHBACK



Brehn s'arrêta bien vite de rire lorsque la Princesse vint, toute chamboulée, se coller contre lui. Quelque chose n'allait pas. Ce n'était pas seulement parce qu'elle était vexée d'avoir perdu et d'être tombée dans un piètre piège. Il y avait autre chose mais quoi ? Le Shöva l'a pris à son tour dans ses bras et la porta pour que leur deux têtes soient à la même hauteur; elle était tout de même plutôt petite pour son âge alors que Brehn, lui, était en pleine croissance et semblait chaque jour un peu plus grand. Leur visage était relativement proche et le garçon vit sans difficultés que Nymeria cachait tant bien que mal des larmes. Les yeux écarquillés, plein d'interrogations, il demanda avec un air très sérieux: "Qu'est ce qui ne va pas ? Je t'ai fait mal ? Ou bien tu me caches autre chose ?" Tout en secouant la tête pour signifier la négative mais aussi pour essayer de refouler ses larmes elle lui répondit: "Tu me laissera jamais Brehn ? Jamais ?" lui dit-elle avec ce même sérieux que Brehn avait pris mais empli d'une innocence que seuls les jeunes enfants peuvent avoir. Une innocence si pure qu'elle perça de part en part le cœur du Shöva. Il la reposa délicatement à terre, et désemparé, tenta quand même une réponse:"Voyons bien sûr que non, je serais toujours près de toi." Nymeria ne fut pas convaincue et pour cause, elle savait que la Cérémonie n'allait pas tarder pour Brehn et qu'il y avait, malgré l'évidence apparente qu'il soit Eau, une chance qu'il en soit autrement... De plus, aux yeux d'un enfant, la Cérémonie représente un passage initiatique qui amène vers le monde tant redouté des adultes, lequel semble si mystérieux et si dangereux. Peut-être avait-elle aussi peur que Brehn finisse par ne plus s'intéresser à elle une fois devenu un Grand ? La Princesse termina son jeu de séduction - qui toutefois était des plus sains; il n'y avait en rien une volonté de manipulation, seulement une recherche de réconfort et de protection - et vint prendre les mains de Brehn avant de lui déclarer: "J'ai besoin de toi, moi. Pour grandir, pour devenir une adulte, une vraie. J'ai besoin de toi à mes côtés."
Brehn se vit fondre devant ces dernières paroles. Cela lui faisait tellement plaisir d'être aussi reconnu par la Princesse - bien qu'il n'ait jamais vraiment douté de leur lien. Il faut le dire, personne ne dirait non à ces preuves d'affections... Et d'un autre côté, ses propos continuèrent dans le sens des premiers, et vinrent le chambouler. Elle était si mature pour son âge. On ne dirait pas derrière ses airs enfantin et sa petite taille mais elle cachait déjà une grande âme.

"J'ai aussi besoin de toi, notre peuple a besoin de toi, et je te servirai à jamais. Parce que tu es ma souveraine... mais aussi mon amie." Brehn ponctua sa phrase à l'aide d'un baiser sur le front de la petite Drogon. Il n'était pas trop fier de sa réponse; mettre autant de pression à une si jeune enfant n'était pas pour le ravir. Mais pourtant, il s’efforçait de lui rappeler de temps à autre quelle était son exceptionnelle condition: celle d'être l'héritière du trône. Non pas qu'il voulait mettre des distances entre eux deux, mais au fil des années il se rendait bien compte qu'il avait un poids non négligeable dans son éducation, et de fait, il se sentait responsable de l'avenir du pays à travers ce qu'il pouvait lui insuffler.

"Princesse ! Il est temps de rentrer !" s'écria une domestique au loin. Brehn vit le visage de la Princesse se durcir et s'empressa de la réconforter: "Va la rejoindre, je suis sûr que tu vas faire des superbes choses, et puis on aura l'occasion de se revoir plus tard, hein ?" Une dernière étreinte affectueuse, qui dura d'ailleurs plusieurs secondes si bien que les flocons - qui se faisaient plus nombreux - les avaient complètement recouverts d'une légère couverture immaculée. Fallait-il y voir l'éternelle bienveillance de Glorë à l'égard des Eau ? Certainement...

La Princesse finit par partir et Brehn se retrouva tout seul dans le jardin sans réelle obligation. Toujours stupéfait des peurs de son amie, il décida non pas de reprendre son entrainement, qui du reste devait être terminé avec toute cette neige, mais préféra plutôt sortir du château pour se balader dans la ville. Il avait besoin de réfléchir, de faire le point sur ce qui venait de se passer, à la recherche du comportement qu'il doit adopter avec sa protégée; elle était en effet en train de changer et il devait s'adapter tout en gardant son naturel qu'elle apprécie tant. Enfin, il avait envie de lui ramener un petit présent, elle qui à contrecœur venait de partir; ils n'ont pas joué si longtemps que ça, et il y avait de quoi la comprendre...

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~#~Sujet: [color=#0066cc]Brehn - [color=#378EC0] Nymeria Sam 8 Juil - 14:16


Let it snow
L'an 824, SOUVENIR



Secouée, toujours, par cette impression d'abandon, la petite princesse restait fébrile. Les larmes à ses yeux continuaient de vouloir rouler sur ses joues arrondies alors qu'elle les retenaient. Brehn la portait à bout de bras ce qui permit à Nymeria de plonger son regard dans les yeux bleus de son ami. Il n'y avait personne avec de pareils yeux, personne qui n'ait le même regarde que lui à cet instant. Doux, protecteur et chaleureux. Son cœur s'était tant serrer au moment où elle avait cru qu'il était partit, qu'elle en avait encore mal. Sa poitrine battait fort, ses battements résonnaient dans ses oreilles. Elle était étonné d'à quel point cela la chamboulait. Cette peur de l'abandon, due à une mère partie trop tôt, à un père aimant mais absent. Qui restait toujours la princesse ? Morwen. Et Brehn. Ils étaient ses piliers, ses deux meilleurs amis.  Si l’un d'eux venait à disparaître, elle ne s'en remettrait pas. Brehn lui intima qu'il resterait toujours prés d'elle, mais la petite princesse n'était pas dupe. S'il n'était pas béni par Glore, il devrait s'en aller.

« J'ai aussi besoin de toi, notre peuple a besoin de toi, et je te servirai à jamais. Parce que tu es ma souveraine... mais aussi mon amie.  » La petite avait de nouveau les pieds sur le sol. Un nouveau sourire vint naître sur son visage, si bien que les larmes s'en allèrent. Brehn déposa un doux baiser sur son front ce qui fit rougir d'émotion les joues de la princesse. Elle allait devenir Reine, être la protectrice de son peuple, diriger les armées. Tel était son destin et Nymeria l'acceptait déjà du haut de ses 8 années. Ce moment de tendresse lui réchauffait doucement le cœur, mais la voix d'une domestique au loin vint troubler cet instant. «Princesse ! Il est temps de rentrer !»  Nymeria soupira, elle n'avait pas envie de rentrer, pas envie de quitter Brehn. Elle releva les yeux vers son ami qui était sans doute du même avis, cependant, avec de doux mots, il appuya les propos de la domestique. « Va la rejoindre, je suis sûr que tu vas faire des superbes choses, et puis on aura l'occasion de se revoir plus tard, hein ?  »  Ils s'enlacèrent un moment, si bien la neige commençait à former une couverture pure, humide et froide autour d'eux. La petite princesse se détacha de son ami à contre cœur. Un denier regard vers celui-ci, elle lui fit une jolie révérence avant de partir. « A bientôt Brehn ! Merci pour avoir joué avec moi  ».

Elle s'enfonça dans la neige, retournant vers le palais, si bien que Brehn disparu complètement du paysage. La domestique qui avait appelé la princesse était toujours là, elle semblait frigorifié, vêtue d'une cape bien légère pour de telles températures. Elle avait le visage fermé, les yeux baissés. Nymeria fronça les sourcils, cette attitude n'était pas habituelle. D'habitude, les autres étaient joyeux autour d'elle, quand ils la voyaient, ils souriaient toujours. «  Princesse...  » reprit-elle doucement tout en guidant sa souveraine vers l'intérieur du palais. «  Je... » visiblement mal à l'aise, elle ne réussait pas à formuler ses pensées. La petite princesse posa doucement sa main sur le bras de la domestique, inquiète à présent. « Que se passe-t-il ?  » murmura-t-elle, «  nous n'allons pas dîner ? » Devant l'innocence de l'enfant, la domestique sourit et posa sa main sur celle de Nymeria. « Si, princesse. Allons dîner. »

Le reste du trajet se fit en silence, mais Nymeria avait bien conscience de la tension qui émanait de cette demoiselle. Le palais était étrangement calme et silencieux, les gardes détournaient le regard quand la petite princesse passait. Elle ne comprenait pas, mais cette ambiance était lourde et pesante. Presque angoissante. Oppressante. Quelque chose était arrivé, mais quoi ? A qui ? Elle ne comprenait pas et n'osait pas poser de question. Elle suivait sagement sa domestique, en silence mais remarqua cependant qu'elle ne la menait pas dans la salle de dîner. Elles s’engouffrèrent toutes les deux dans l'aile du château où les domestiques vivaient. Tout cela était bien étrange, il n'y avait toujours aucun bruit. Bientôt, la domestique s'arrêta, les yeux baissé devant une large porte. Les appartements de Morwën, se souvint la princesse. «  Je... Vous... Votre père vous attends à l'intérieur. » Andar, dans les appartements de Morwën ? Son éducatrice, domestique, amie, nourrice, seconde maman ? Pourquoi ? Nymeria jeta un regard interrogateur à sa domestique mais celle-ci l'ignora, fixant intensément ses pieds. La princesse soupira, sentant l’appréhension monter en elle. Elle frappa doucement à la porte et l'ouvrit « Père ? » lança-t-elle, d'une petite voix. Il était bien présent, en effet. Dans le coin de la pièce, les bras croisé dans le dos, le visage fermé. Quand il vit apparaître sa fille, Andar dessina un sourire triste sur son visage et ouvrit ses bras pour que Nymeria vienne s'y réfugier. Ce qu'elle fit. Une fois en hauteur, dominant la pièce, elle l'observant sans dire un mot. Les autres domestiques étaient là, autour du lit de Morwën. Elles avaient toutes le visage fermé, certaines semblaient sangloter. Le cœur de la princesse se serra alors qu'elle comprenait enfin. Elle jeta un regard ahurit à son père, ses yeux s'embuèrent de nouveau. « Père ? Qu'est-ce que... Est-ce que Morwën... ?  » « Elle nous a quitté. » dit-il simplement, reposant l'enfant au sol.

Morwën était partie. Morwën l'avait quittée, elle, sa petite princesse. Elle fronça les sourcils alors que déjà, de grosses larmes roulaient sur ses joues. Elle semblait aller si bien ce matin ! La princesse toucha doucement les petits chignons qu'elle lui avait confectionner et cette tenue qu'elle lui avait offerte. Les domestiques s'éloignèrent du lit pour laisser la princesse s'en approcher. Elle sauta sur celui-ci, se positionnant  aux côté du corps froid de sa nourrice. Celle-ci semblait paisiblement endormie, ses traits tirés ne l'étaient plus, elle semblait en paix. Le cœur de Nymeria se brisa en des millions d'éclat de glace. Elle ne retenait plus ses larmes, posant sa main sur celle de sa nourrice. « Morwën non!Non !!  » cria-t-elle finalement. « Tu n'as pas le droit ! Ne me quittes pas ! Morwën !  » Baissant la tête, posant celle-ci sur la poitrine de la défunte, elle sentit l'une des broches d'acier dans ses cheveux s'enlever. Elle essuya d'un main ferme ses larmes et prit la broche entre ses doigts, ce matin même, elle lui avait promit de lui en faire fabriquer. Nymeria déposa doucement, d'une main tremblante, le bijou dans les cheveux grisonnant de sa nourrice. « Qui va me faire la leçon si tu n'es plus là.. ?  » elle était si perdue qu'elle ne faisait plus attention aux personnes autour, peut-être étaient-ils tous parti, peut-être la regardaient-ils tous. Elle n'en avait cure. Nymeria était là, à côté du corps de cette vieille dame qu'elle aimait tant, seule face à la douleur qui créait un immense vide au fond de son petit cœur.


° ° °

La princesse rouvrit doucement les yeux, elle s'était perdue dans ses souvenirs. Nymeria était dans le fiacre qui menait Andar, Danis et elle-même aux obsèques d'Orsian Tenkhar.  Elle n'avait pas eut l'occasion de voir beaucoup d'enterrement, mais l'idée de, de nouveau affronter la mort de cette façon, lui avait rappelé Morwën, cette nourrice qu'elle avait tant adoré. Elle s'en était allée sous la plus belle tempête de neige de la princesse de Vainui ait vu.

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[TERMINÉ] Let it snow || Brehn
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