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Intrigue n°2
La deuxième intrigue a vu le jour
Pour savoir ce qui va se passer entre les régions, c'est par ici !

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Find me if you can || Sven [FLASHBACK]

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~#~Sujet: Find me if you can || Sven [FLASHBACK] Lun 26 Juin - 15:50

L'an 830, Mer'Hella, 7 ans


    La demeure était vide. Mona, la nourrice de Mer'Hella, venait de quitter les lieux. C'était une vieille femme aux cheveux grisonnant. Elle était bien en chair et avait le teint mâte. Mona souffrait beaucoup de la chaleur lorsqu'elle rejoignait la petite dans son grenier, on y respirait mal et l'eau manquait. La nourrice avait été engagée à Nienor, la mère de Mer'Hella, il y a 7 ans de cela. L'enfant vivait cachée de tous, de ce fait, elle n'allait pas à l'école comme les autres enfants de son âge. Mona était là pour lui enseigner les choses : l'histoire de Sezni, les autres régions, la lecture et l'écriture. Mais ces deux dernières notions étaient bien difficiles à travailler lorsque l'on vit dans un grenier sombre. Mer'Hella n'était pas très douée, mais Mona était fière d'elle. Elle semblait réellement l'apprécier. Parfois, elle venait à elle, les bras chargés de larges tissus colorés:des tentures. Elle tentait, tant bien que mal, de rendre la vie de l'enfant moins difficile.

    Mer'Hella ne se plaignait jamais. Elle n'avait rien connu d'autre que cette vie. Parfois, elle jetait un œil aux travers des trous du grenier qui laissaient entrer quelques rayons de soleil et contemplait celui-ci. La peau de l'enfant était blanche comme un linge, elle n'avait jamais mit le nez dehors. Jamais elle n'avait foulé le sol de Sezni, jamais elle n'avait profité de ce soleil à même sa peau. Mona parfois, lui comptait ses histoires. Elle lui parlait de sa vie d’antan, de son époux, un homme riche qui s'était éteint d'une façon mystérieuse. En effet : elle était veuve, et ne parlait point de comment cela était arrivé. Mona avait ses secrets et la petite les respectaient, même si elle, elle n'en avait pas. Parfois, elle lui parlait de la vie à l'extérieur : la vraie vie. Elle lui disait que certains étaient puissants, que d'autres étaient miséreux. Elle nuançait toujours ses propos, tentait toujours de faire croire à Mer'Hella qu'elle n'était pas la plus à plaindre. « Tu aurai pu être esclave d'un fou, d'une mauvaise âme. » murmurait-elle parfois, «  mais vois-tu, ta mère te garde ici pour te protéger du monde extérieur.Espérons qu'à tes 15 ans, Malaggar ne te bénisse pas mon enfant. Tu pourra peut-être vivre dans la verdure de Gorka, ou dans les montagnes de Sterenn. Peut-être même à Vainui, là où le climat est froid, là où l'eau est reine... » « Mais Mona, moi je veux rester avec toi. Si je ne suis pas feu, je ne pourrai pas... »  

    Mona était sans doute plus la mère de Mer'Hella que Nienor ne le serait jamais. Mais voilà qu'elle s'en était allée. Laissant de nouveau la petite seule dans sa pénombre. Elle prit dans ses petites mains, la coupe qui contenait ce qu'il lui restait d'eau. Sa gorge était sèche, ses lèvres gercées. Trois goûtes suffisaient : elle devait économiser. Personne ne savait à quel moment Nienor déciderait de redonner à boire à son enfant. Elle ne détestait pas sa mère, celle-ci était capable d'attention parfois, lorsque personne ne regardait, lorsque personne n'écoutait. Pas même Mer'Hella. Faisant semblant de dormir, elle avait surprit sa mère venir dans le grenier et caresser avec beaucoup de tendresse, les longs cheveux bruns de sa fille. Souvent, la jolie brune interrogeait sa nourrice « Est-ce que Mère m'aime, tu penses ? » La vieille femme posait l'une de ses grosses paluches sur les joues blanches de l'enfant « Bien sûr qu'elle t'aime. Mais elle ne sait pas comment te le montrer. Ta mère est une femme forte, puissante. Elle n'a pas l'habitude de donner de la tendresse tu sais. »

    Posant sa tête sur ses genoux, Mer'Hella tentait d'entendre les bruits de la demeure et de se les imaginer. Elle entendait les pas de sa mère, ses vas et vient. Que faisait-elle ? Elle avait tant envie de descendre et d'aller la voir. Mais se retint. Elle n'en avait pas le droit. Plus jeune, elle s'était déjà faufilée la nuit dans la demeure, mais Nienor l'avait surprit. Elle posa sa petite main sur sa joue droite, elle se souvenait encore de cette claque, la violence de celle-ci avait résonné dans tout son être, la faisant pleurer pendant des heures durant. Jamais plus elle n'avait désobéis à sa mère, de peur de représailles. Elle s'allongea, étira ses jambes qui touchaient quasiment le plafond. Si je grandis encore, se dit-elle, je serais très à l'étroit ici...

    Elle ferma les yeux, laissant son esprit vagabonder dans son imagination. Elle se voyait si grande que le grenier éclatait sous sa carrure. Sa tête sortait de celui-ci, le soleil tapait fort dessus. En un instant, sa peau devint aussi mâte que celle de Mona, les passants la dévisageait. Nienor arriva, poussa la trappe du grenier et attrapa la grande jambe de son enfant. Mer'Hella la dépassait de plusieurs têtes. Elle était géante. « Cache toi ! » hurlait-elle. Elle était en colère.

    La petite rouvrit les yeux. Pourquoi je pense à ça moi ? S'intima-t-elle. Mona a dit que les géants n'éxistait pas. Que même si je grandissais, jamais je ne pourrais détruire le grenier. Sa nourrice lui manquait déjà cruellement. Elle tourna sur elle même, dans son matelas à même le sol. Elle avait si chaud qu'elle décida d'ôter son haut. Elle ne portait plus qu'un bas tout petit, presque trop petit pour elle. Elle suait, elle avait envie d'eau. Elle avait faim. Il faut que je me change mes idées...
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~#~Sujet: Re: Find me if you can || Sven [FLASHBACK] Mar 27 Juin - 0:42

La Purge durait bien depuis une bonne année. La nuit de son coup d’Etat, il avait mis fin à toute la famille régnante, ainsi qu’à sa famille représentante au sein du Dahud. Dès les premiers jours, il avait mis l’accent sur la chasse des derniers survivants de cette dite famille, allant jusqu’à tuer les parentés les plus éloignés ou les marier avec des parentés Ramose, pour s’assurer qu’il n’y aurait nulle concurrence à son nouveau pouvoir pris par la force.

Une fois qu’il s’était chargé d’épurer le noyau pur du pouvoir, il avait eu à s’intéresser et à mettre de l’ordre dans les factions ennemies comme alliées. Sans aucune pitié, il mettait à feu et à sang la demeure de toute personne soutenant le régime passé ou critiquant le régime actuel. La famille Keltar était de ces familles pour qui la décision avait tardé. En effet, en raison de l’importance, de la richesse et de l’influence de certaines familles, Sven prenait grand soin à prendre la « bonne » décision. Dans le cas des Keltar, la décision avait attendu une année, et elle ne fut prise que lorsqu’une lettre signée par Nienor et indiquant un potentiel plan pour tuer le Dictateur. A cette lettre, et à cette signature, cet homme vit « rouge » son monde.

« Maudite femme ! » pensa-t-il, prenant personnellement les armes, et le commandement de la petite armée constituée, et en charge de « purger » Sezni de ses éléments négatifs. En moins d’un an, il voulait mettre fin à toute forme de rébellion et aujourd’hui, il semblerait qu’il ait trouvé la tête de l’Hydre, et elle portait le doux prénom de Nienor Keltar.

- Je ne veux aucun survivant
, indiqua calmement Sven, avant de se mettre en route.

Les chevaux foulaient impitoyablement le sol poussiéreux, faisant trembler bien les habitations de fortune qui avaient préféré construire autour du palais, plutôt que dans les grottes sombres mais fraîches de la région. Quelques têtes curieuses osaient s’aventuraient en dehors de leur fenêtre mais aussitôt qu’ils reconnurent la cavalerie et son symbole qu’ils se terrèrent. C’était définitivement durant cette année que la réputation du Dictateur allait définitivement s’asseoir dans les esprits des hommes et des femmes, mais il ne le savait pas encore, ni personne à vrai dire.

Arrivés devant la maison des Keltar, ils ne tardèrent pas à mettre à feu les tissus ou mobiliers, à fracasser toutes choses qui pouvaient se briser – ignorant royalement si c’était une chose précieuse ou non – et à éventrer ou décapiter toute âme rencontrée. Ainsi les têtes se promenaient par-ci et par-là, des boyaux et des tripes s’éparpillaient – au point où un ou deux hommes d’armes se prenaient les pieds dedans –, le sable à même n’était qu’une immonde bouillie écarlate, incapable d’absorber tout ce sang et déjà une odeur de chair grillée se répandait dans l’habitat. Sven ignorait. Il n’avait pas toujours trouvé celle qu’il voulait. Avait-il envie de la tuer ? Il ne savait pas. Un mélange de nostalgie, de dégoût et de déception se mêlait, ne lui laissant qu’un goût amer et un profond sentiment d’impuissance.

Il la trouvait enfin, effrayée et furieuse à la fois. Lorsqu’il la vit, sa détermination « flanchait » presque. Il repensait à de lointains souvenirs, où les deux riaient, où il « rêvait » mais il avait été seul sur cette activité-ci. Il raffermit sa prise sur son épée.

- Sven, je t’en prie, commença-t-elle d’une petite voix étranglée. Je suis désolée, tant désolée. Je regrette ! Je t’en supplie … Je peux tout expliquer ! Pourquoi je suis … partie et que … Sven, pitié.

Sa respiration devenait de plus en plus saccadée au fur et à mesure qu’il approchait.  

- Nienor Keltar, vous êtes accusés de traîtrise contre l’Etat et son représentant. Vous êtes condamnés à mort, après une torture publique qui consistera à vous couper vos doigts de mains et de pieds, votre langue puis peu à peu chaque membre jusqu’à ce que mort s’ensuive, dit-il puis il se tut à nouveau. Cependant, je ne peux pas laisser faire ça.

Il était faible et il le savait. La mort de Nienor pourrait être une mort exemplaire et parfaite pour toute autre forme future de rébellion, mais il ne pouvait pas autoriser une telle humiliation – et surtout la mise à mort par un autre. Lorsqu’il approcha enfin son épée de sa gracieuse gorge, il vit son dernier regard se diriger droit vers un point dans le plafond. Sven avait suffisamment pour tuer pour comprendre une chose : on ne lançait ce dernier regard que si on cachait une précieuse chose. Cette hésitation de quelques secondes, et cette réflexion, lui valurent une boule de feu le frôlant de trop près, et l’obligeant à s’écarter. Il s’attendait à ce qu’elle fuit, en traversant la porte, profitant du passage fait par la Sven – inconsciemment – mais au lieu de cela, elle se dirigea vers ce point qu’elle avait fixé. D’une tape, elle révélé là une trappe, et ordonna une chose.

- DESCEND ! FUIS !


La surprise passée, il s’approcha de cette femme et profita qu’elle soit haut perchée et occupée pour planter son épée dans sa gorge. Un gargouillement de sang fut le dernier son qu’elle put produire avant de tomber à même la terre. Sven ne put que regarder, d’un air dégouté. Dégouté contre sa personne, ainsi que dégouté par cette femme. Il posa une main sur son visage puis s’affaissa à même le sol près de ce corps sans vie. Il resta un court instant, jusqu’à ce qu’il entende que le bâtiment n’allait pas tarder à s’effondrer. Il se releva, comme un somnambule, s’apprêtant à partir … jusqu’à se rappeler de la fameuse trappe, donnant sur un grenier il semblerait. Curieux, à son tour, il escalada le petit escalier attaché à la trappe et découvrit – à sa grande surprise – une petite fille. Il la fixa longuement, cherchant à comprendre qui elle était et pourquoi elle vivait là.

« Tout le monde doit mourir »
avait-il ordonné mais cette demoiselle ne semblait pas faire partie de « tout le monde ». Mu par un instinct dont il ignorait le nom, il l’attrapa et la traina à sa suite.

- Tu vas me suivre, gamine ! ordonna-t-il, puis il prit le corps inerte et en sang de Nienor. D’un pas décidé et aussi rapide qu’il pouvait avec sa charge, il se dirigea droit vers la sortie.

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~#~Sujet: Re: Find me if you can || Sven [FLASHBACK] Mar 27 Juin - 14:30


Qu'est-ce que c'est ?! Un bruit de fracas venait de se faire entendre. Un second suivit quasi aussitôt. Mer'Hella s'était assoupie un instant, elle ne se sentait pas bien, la tête lui tournait, l'eau et l'air lui manquaient. Son ventre se contractait régulièrement, signe qu'elle n'avait pas mangé depuis des jours. Elle reprit en main la choppe qui contenaient les quelques goûtes d'eaux restantes. Il se passait quelque chose. Il se passe quelque chose, S'intima-t-elle.  Mer'Hella avait un mauvais pressentiment. Elle n'aurait pas su l'expliquer, comme une compression au niveau de la poitrine, une boule dans la gorge. Au-delà de sa soif et de sa faim, elle savait, elle sentait qu'il se passait quelque chose. Une odeur de brûler monta jusqu'à ses narines, le bruit sourd d'objets cassés ne cessait pas.

En alerte, elle garda la choppe dans sa main, se disant que celle-ci ferait office de maigre défense si on venait à s'en prendre à elle. Mais elle se ravisa. Mère viendrait la sauver. Mère l'avait toujours protégée. Les bruits semblaient être tout proche. Mer'Hella tenta d'apercevoir quelque chose à travers les petits trous du grenier, mais elle n'y vu que de la fumée. Des cris se firent entendre, des cris d'effroi, des cris de douleur. La petite se déplaça, à quatre pattes, suivant les bruits. A droite, à gauche. En face. En dessous. Mona ! Pensa-t-elle soudain. Mona faisait-elle partie des cris que la petite venait d'entendre ? Mona allait-elle bien ? Idiote, Mona est partie. Et puis, Mona est puissante. Il ne lui arrivera rien. Elle tentait de s'en convaincre.

Sa nourrice lui avait expliqué que des gens travaillaient pour Nienor, des domestiques, se souvint-elle. Étaient-ce eux qu'elle entendait crier ? Fermant les yeux, Mer'Hella se concentra sur ce qu'elle entendait. Des pas, beaucoup. Il y avait du monde. Pourtant, elle était persuadée d'avoir entendu sa mère dire au revoir à ses invités. Ceci dit, ceux là ne semblaient pas être les bienvenus. Pourtant, Mona disait que Nienor était une bonne hôte. Une hôte, c'est quelqu'un qui accueille d'autres quelqu'un dans sa demeure. Elle secoua la tête, serrant le poing. D'autres personnes, reprit-elle. Mère aurait des invités surprises ? Mais... mais ils ne semblent pas beaucoup s'amuser. Elle fronça les sourcils, se rendant compte que, juste au dessous d'elle, un massacre avait lieu. Un massacre... murmura la petite voix dans sa tête. Elle n'était pas bien certaine de la définition de ce mot, mais elle sentait que celui-ci n'était pas positif. Une fête, elle compara, c'est quand des gens s'amusent. Un massacre c'est... un frisson la parcourue toute entière.

Sous l'émotion, elle se leva brutalement, cognant sa tête contre le plafond arqué. Des gens meurent là, dessous moi ! Elle posa ses petites mains sur son crâne endoloris, se recroquevillant sur elle même. Quelque chose n'allait vraiment pas. Le mauvais pressentiment ne faisait qu'augmenter. Où était donc Nienor ? Où était-elle ? Soudain, soudain elle entendit sa voix. De nouveau, elle se mit en alerte : collant son oreille sur le sol, tentant d'entendre du mieux qu'elle le pouvait. La voix de sa mère raisonnant. Son ton était étrange, comme emprunt de peur. Tout comme Mer'Hella quand elle faisait une bête. « Sven  t’en prie...  Je suis désolée, tant désolée. Je regrette ! Je t’en supplie … Je peux tout expliquer ! Pourquoi je suis … partie et que … Sven, pitié. » La petite fronça les sourcils. Qui était Sven ? Nienor avait-elle fait une bêtise, elle aussi ? « Mère... » murmura-t-elle, cette fois à voix haute.

« Nienor Keltar, vous êtes accusé de traîtrise contre l’Etat et son représentant. Vous êtes condamnés à mort, après une torture publique qui consistera à vous couper vos doigts de mains et de pieds, votre langue puis peu à peu chaque membre jusqu’à ce que mort s’ensuive »Mer 'hella fronça les sourcils. Que disait-il celui là ? Pourquoi voudrait-il couper les doigts de pieds et de main de Nienor ? Traîtrise contre l'Etat... ça veut dire quoi ? Avait-elle dénoncer quelqu'un ? Comme lorsque l'on doit garder un secret, et que l'on ne le garde pas ? Le mot ''mort'' interpella la petite. Cet homme, ce Zveine, il voulait tuer sa mère ! Mer'Hella ne savait plus quoi faire, serait-elle utile à sa mère, si elle venait à descendre ? Pouvait-elle l'aider, d'une façon ou d'une autre ? La choppe vide était toujours à ses côtés, mais Mona disait que les gens avaient des pouvoirs, que dans cette région, le pouvoir était le contrôle du feu. La petite pouvait-elle vraiment faire le poids face à des flammes, à l'aide d'une petite choppe tristement vide ? D'autant qu'elle se rendit compte que cet homme venait de nommer sa mère par son prénom. Même Mona ne faisait pas ça. Même Mer'Hella ne faisait pas cela. C'était Madame, ou Mère, les termes appropriés pour s'adresser à Nienor. Pas son prénom. Keltar. C'était son nom de famille à elle aussi. En voulait-il à la famille Keltar ou bien juste à Nienor ?

Elle serra les poings. Incapable de bouger, incapable de faire quoi que ce soit. Des frissons lui parcourraient tout le corps, ses jointures blanchissaient tant elle serrait fort. Mer'Hella avait peur. « Mère » murmura-t-elle de nouveau. « S'il vous plais... » des larmes commençaient à rouler sur son visage. Elle fut d'abord surprise. Comment pouvait-elle produire tant d'eau alors qu'elle en avait si peu bu ? Elle tenta de les lécher, il fallait économiser l'eau, coûte que coûte. « DESCEND! FUIS ! » Elle écarquilla les yeux. Mer'Hella devait s'en aller. Elle devait descendre et partir. Elle entendit que l'escalier qui reliait le sol à son grenier avait été mit en place. Elle n'avait plus qu'à ouvrir la trappe et s'en aller. Mais partir pour aller où ? Elle ne savait pas où habitait Mona ? Et puis, devait-elle vraiment laisser sa mère ?

Un bruit sourd se fit entendre. Un bruit de lame. Puis une chute. Quelqu'un était tombé. Juste au dessous de sa trappe. Mer'Hella acquiesça. Elle devait s'en aller. Elle commença d'abord par rassembler ses affaires, ses livres d'histoires et de lettre, elle les plaça dans une tenture. D'ailleurs, elle prit soin de garder avec elle ses tissus préférées, comme ça Mona saura me reconnaître. Elle ne m'a pas vraiment vu à la lumière du jour. Mais avec ses tentures, elle saura que c'est moi. Elle sourit, se félicitant finalement d'avoir eut cette brillante idée ! Un petit bout de bois traînait, elle attacha son baluchon à celui-ci et se dirigea vers la trappe.

Celle-ci s'ouvrit subitement. La lumière entra dans la pièce sans prévenir. Mer'Hella fit un pas en arrière, les yeux couvert par son bras. Cela lui faisait mal. Quand elle put enfin distinguer quelque chose, elle s'avança de nouveau. Un homme avait ouvert sa trappe. Il l'avait trouvé. Elle l'observa, incrédule. Il était bronzé lui aussi. Il avait des tâches rouges sur le visage. Il était vieux. Plus âgé que moi. Et puis d'un coup, il empoigna la petite, la forçant à descendre les escaliers. Elle tenait à peine debout, n'ayant pas marché avec de dos droit depuis qu'elle était trop petite pour son grenier. Elle finit par dévaler les marches sur les fesses. Se trouvant nez à nez avec sa mère. Celle-ci ne semblait pas bien...

« tu vas me suivre, gamine ! » ordonna-t-il.  Rattrapant rapidement son baton et ses tentures, elle les posa sur son épaule. L'homme attrapa Nienor, celle-ci ne réagit pas. Du rouge coulait de sa gorge. Son teint était blanc. Trop blanc. Mer'Hella leva sa main pour toucher celle de sa mère, elle ne réagit pas. Elle comprit alors. Nienor était morte. La petite s'arrêta, les yeux embuées, les mains tremblantes, les jambes flagellantes. Nienor était morte. Incapable de faire un pas de plus, les yeux écarquillés, elle fixa d'un regard fou, surement pas digne d'une enfant de 7 ans, son assassin présumés. « Vous être qui ? Vous avez fait quoi ? » Elle hurlait. Et pleurait en même temps. Rendant presque son langage incompréhensible. «  Vous avez fait quoi à ma mère ?! »



Dernière édition par Mer'Hella Keltar le Ven 21 Juil - 18:15, édité 1 fois
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~#~Sujet: Re: Find me if you can || Sven [FLASHBACK] Dim 2 Juil - 22:21

La fillette finit par descendre avec un baluchon puis se figea subitement. Sven ne put avancer dès lors, cherchant à comprendre la raison de cet arrêt soudain. Au vu de sa position, il ne vit pas le contact physique entre la mère et la fille, mais il entendit clairement les questions de cette dernière, des questions qui tombèrent les unes après les autres comme une lourde massue sur lui.

- Mère ?
Articula-t-il avec difficulté, ressentant clairement et désagréablement la cendre se déposant sur ses lèvres, la chaleur lécher son corps, le poids lourd, inerte, rigide et froid de celle qu’il avait aimé jadis et qui l’avait abandonné comme un tas de torchon, sans état d’âme.

Il commença à comprendre pourquoi il avait ressenti un étrange sentiment en voyant cette fille : elle avait les traits de Nienor, mais pas tous. Certains devaient sûrement appartenir à son père, un père qui avait dû faire partie de ces fameux amants de l’époque, un des amants pour qui elle l’avait abandonné. Soudainement, ni l’incendie, ni la rébellion, ni le pouvoir n’avait de sens. Soudainement, cette fillette matérialisait tout simplement tout ce qu’il avait rêvé, et qu’il avait perdu. 7

Nienor aurait pu être son épouse, puis sa Reine. Et cette fillette aurait pu être la leur. Au lieu de cela, elle avait préféré l’abandonner, car il aurait été incapable de lui offrir une « merveilleuse vie » et parce qu’il y avait « sûrement » meilleur ailleurs. Elle l’avait abandonné lâchement, quand il avait eu besoin d’elle dans une période noire de son existence. Elle l’avait quitté quand ses parents étaient morts.

Elwyn, ses parents, Nienor, Kaan… Il passait son existence à perdre les membres de sa famille ou les personnes qui lui étaient chères. Dès qu’il se liait à une personne, il avait la certitude que cette dernière allait disparaître. Ce n’était pas une superstition, ce n’était qu’un fait véridique et bien triste. La solitude avait toujours été sa compagne fidèle et maudite, et il ne comprenait pas pourquoi il était constamment puni d’avoir à la côtoyer, qu’il fasse le bien, ou le mal.

- Elle est morte, car elle m’a désobéi. Si tu ne souhaites pas subir le même sort, suis-moi ! ordonna-t-il, donnant une taloche dure et impitoyable de son pied à la demoiselle, aux niveaux de ses petites fesses d’enfant. Elle pouvait trébucher, ou tomber, cela importait peu Sven. Le plus important était qu’elle soit devant, et qu’il puisse la forcer à avancer de son pied.

Au loin, il entendit un de ses soldats l’appeler. Sven y répondit, indiquant qu’il devait le rejoindre au plus vite.

- Attrapes la fillette, et sors-la d’ici
, ordonna Sven.
- Vous aviez dit aucun sur…
- Elle est différente. Et ne t’avises plus à me questionner
, se contenta de répondre Sven entre deux souffles rauques, commençant à ployer malgré lui sous le poids de ce cadavre. Elle n’était pas lourde, loin de là, mais entre l’environnement suffocant, le coup dur des révélations, le retour des espoirs et rêves brisés… Il ne supportait plus. Il voulait partir d’ici.

Lorsqu’ils traversèrent cette maison, chacun put voir avec précision les corps sans vie des personnes formant la maisonnée. Certains avaient une gorge coupée, d’autres un estomac d’où sortait tripes et boyaux et d’autres présentaient seulement des auréoles écarlates sur diverses parties du corps… Dans tous les cas, la chair avait été tailladée avec précision, au point que certains cadavres montraient clairement les deux lèvres des blessures, blanches et sanguinolentes à la fois. Le pire restait l’odeur malgré tout. La légère odeur de chair brûlée avait empli toute la maisonnée, à croire qu’ils étaient au milieu d’un important et grandiose barbecue. Il ne l’avouera à personne, mais Sven se promit de ne plus manger de viande dans les jours à venir. On pouvait le qualifier de sans-cœur, et d’être cruel, mais il avait encore un semblant de moralité et de conscience …

Enfin, l’air frais du soir s’engouffra dans les poumons de chacun, indiquant qu’ils avaient quitté cette fournaise. Sven ne se retourna nullement pour voir la maison s’effondrer – ses soldats se chargeaient, en criant tantôt des Hourras, tantôt des phrases de propagande « Pour la Purge, pour Sezni…etc ». Il ignorait tout bonnement tout ça, lançant tantôt un regard sur le corps sans vie de Nienor, tantôt un regard sur la fillette qui disait être sa fille. Ayant retrouvé ses esprits, il comprit que la petite s’était sûrement jouée d’elle.

- Tu me mens fillette. Nienor n’a pas d’enfant. Si elle en avait une, tout Sezni le saurait. Dis-moi exactement qui tu es, et pourquoi tu étais dans le grenier.
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~#~Sujet: Re: Find me if you can || Sven [FLASHBACK] Mar 4 Juil - 14:31


Nienor est morte. Nienor est morte. Mona n'est pas là et Nienor est morte. Le monde semblait s'affaisser sous le petit poids de Mer'Hella. La tête lui tournait, la chaleur la faisait suffoquer, les yeux la brûlait, les mains tremblaient. Nienor est morte. Mère est morte, s'intimait-elle, sans cesse. Forçant son esprit à accepter cette réalité. Nienor est morte, et Mona n'est pas là. Mer'Hella était seule, toute seule. Elle se sentait abandonnée, perdue. Un vaste monde s'offrait à elle en la personne de cet homme étrange qui n'avait pas cessé de traîner le cadavre de sa pauvre mère. En temps normal, sans doute aurait-elle adoré cette idée de changement, elle qui désirait tant sortir de son petit grenier et découvrir pour de vrai ce qu'il y avait dehors. Mais cet homme lui intima de le suivre sans plus de politesse et expliqua que Nienor était morte, parce qu'elle lui avait désobéit. Mer'Hella subirait le même sort si elle venait à tenter de s'enfuir, elle en avait bien conscience.

Cependant, malgré les ordres qu'elle s'intimait mentalement : avance, avance... la peur la clouait sur place. Elle se redressa lentement, ses petits os la faisait souffrir, l'air lui manquait. Il faisait une chaleur atroce dans la demeure, sans doute parce que les envahisseurs en avaient brûlé toutes les parties. Elle qui pensait connaître la chaleur, elle se trouvait au centre d'un brasier. Le feu, élément dont ont lui vantait depuis toujours les bienfaits, lui faisait peur. Elle n'avait jamais été aussi proche de la morte. Autant entourée par elle. Peut-être était-elle, elle aussi, morte. Son cadavre était peut-être en train de rôtir dans son grenier à l'heure actuelle et finalement, elle n'était pas vraiment là. Elle était simplement en enfer. Cet homme représentait sans aucun doute ce que le monde des morts était supposé être. Mais le coup de pied qu'elle reçut dans son derrière d'enfant la ramena à la réalité. Elle n'était pas morte. Elle était bien en vie, mais plus pour longtemps si son corps refusait réellement de se mouvoir. Alors, usant de ses dernières forces et d'une volonté inespéré, elle posa un pied après l'autre, suivant le chemin que l'homme lui indiquait.

« Attrapes la fillette, et sors-la d’ici » ordonna d'un ton sec le dictateur à l'un de ses hommes qui les avaient rejoint. « Vous aviez dit aucun sur… » aucun sur... ? Se questionna Mer'Hella. Aucun surquoi ? «  Elle est différente. Et ne t’avises plus à me questionner. » Sans en dire plus, l'homme aux côtés de Sven vint attraper la petite d'un bras, la balançant lourdement sur son épaule. Mer'Hella rattrapa d'une main habile le balluchon qui tentait, de nouveau, de la quitter. Elle était épuisée. Ses yeux se fermaient seuls tandis que les larmes se remettaient à couler, elle était entraînée loin de sa mère. Pourtant, elle n'avait plus la force de crier, d'appeler à l'aider. Le souffle lui manquait cruellement et une odeur de chair brûlée venait emplir ses narines. L'épaisse fumée se fraya un chemin douloureux dans ses poumons, elle se mit à tousser, sentant son souffle coupé. Elle agrippait l'épaule de l'homme, tentant de lui signaler ces effets, mais celui-ci n'en fit rien. Il se contenta d'avancer rapidement à travers les flammes et cadavres. Mère... supplia Mer'Hella, sentant définitivement ses dernières forces la quitter.

Elle heurta quelque chose, violemment. Il faisait frais. La petite fille ouvrit doucement ses lourdes paupières, toussant de nouveau, mais cette fois-ci, elle pouvait respirer. Mer'Hella inspira profondément, tentant de calmer les battements irréguliers de son cœur. Elle se mit à genoux et contemplât  l'endroit où elle se trouvait. Dehors. Plus rien n'avait d'importance. Elle appercevait une épaisse fumée noire se dégageant de ce qu'était autrefois la demeure de Nienor Keltar. « Je suis dehors...  » murmura-t-elle pour elle-même. Elle voulu se lever, mais ses jambes ne les pouvaient. Elle tomba de nouveau. Dans ses petites mains blanches, elle attrapa le sol. Le sable qui recouvrait le sol. Mona lui en avait apporté une fois, mais cette fois-ci, elle était vraiment dehors. Elle toucha le sable longuement, jugeant sa texture, en savourant l'odeur. Elle n'était plus tant effrayée, elle était aux anges. Elle se laissa retomber sur le derrière, observant d'un air nouveau et émerveiller le ciel qui s'offrait à elle. Il était sombre et parsemé de points de lumière. Mer'Hella leva la main, tentant d'en attraper, mais ceux là étaient bien trop haut. Bien trop loin.

L'homme qui l'avait découvert arriva, lui aussi. Il traînait toujours Nienor à ses côtés. La petite tenta de ne pas poser les yeux sur le cadavre pâle de sa mère. Elle détourna le regard, se concentrant de nouveau sur le sol. L'air lui semblait si doux, si frais. Elle leva les deux mains et tenta d'attraper cette fraîcheur qui l'entourait, mais de nouveau, ce fut un échec. Contrariée, presque, mais de loin émerveillée par ce qui l'entourait, elle ne put quitter des yeux ces petites lumières dans le ciel. Des étoiles, se rappela-t-elle, Mona lui en avait parlé. Mais cela ne semblait pas aussi exceptionnel qu'à cet instant. Son attention fut néanmoins retenue par les cris de joies des hommes, des envahisseurs. Ils clamaient leur victoire, hurlaient leur joie, parlaient de purge. La petite leva les yeux vers Sven, dont elle se souvenait enfin le prénom. « C'est quoi la purge ?  » demanda-t-elle d'une petite voix innocente. Sans doute trop bas pour qu'il ne l'entende. Il avait les yeux posés sur elle, lui aussi. Son regard passait de Nienor à Mer'Hella. «  Tu me mens fillette. Nienor n’a pas d’enfant. Si elle en avait une, tout Sezni le saurait. Dis-moi exactement qui tu es, et pourquoi tu étais dans le grenier. »

La petite écarquilla les yeux, pourquoi mentirait-elle ? Pourquoi ne la croyait-il pas ? Mer'Hella n'avait jamais vu son propre reflet, mais Mona lui disait souvent qu'elle ressemblait à Nienor. Des cheveux bruns comme la nuit et des yeux bleus, quoi que plus gris parfois. Des traits fins, un visage de poupée, un visage d'enfant, l'innocence même. « Je m'appelle Mer'Hella...  » murmura-t-elle d'abord, doucement. Puis elle se redressa quelque peu, plantant de nouveau un regard effrayé dans les yeux de l'homme. « Je m'appelle Mer'Hella Keltar et je suis la fille de Nienor Keltar, maîtresse de la demeure Keltar  », elle avait dit cela sans une hésitation, comme une leçon qu'on lui aurait apprit par cœur. « Je... Personne ne connaît mon existence. Je n'ai jamais vraiment quitté le grenier...  » elle referma ses genoux contre elle. « Mère ne m'aimait pas vraiment, je crois... Elle me cachait de tous. Parfois... parfois ne me donnait pas à manger durant des jours. » son ventre se contracta de nouveau, à l'idée de nourriture. « Je... Je n'en sais pas plus que ça.  » elle baissa les yeux. « Mais je suis certaine d'une chose, je suis la fille de Nienor Keltar. C'est la seule vérité qu'on m'ait  jamais apprise... » Elle releva les yeux vers Sven, mais son regard fut attiré par autre chose, quelque chose de brillant derrière lui, dans le ciel. « Est-ce que c'est la lune ?  » dit-elle en pointant l'astre du doigt.
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~#~Sujet: Re: Find me if you can || Sven [FLASHBACK] Lun 17 Juil - 0:02

- La Purge signifie que je nettoie cette ville de toutes les personnes qui ne veulent pas son bien, répondit Sven calmement en étudiant la frêle silhouette de la brunette. Niénor se rebellait contre le nouveau système. Elle ne faisait rien de bon.

Ce soir, il avait exécuté la dernière mission de ladite Purge, coupant la tête de l’Hydre sans aucune pitié. Dorénavant, si jamais un réseau de rebelle se constituait, il ne sera jamais aussi étendu et aussi impressionnant que celui de Niénor. La population allait être manipulée au travers de quelques figures fortes et inspirantes, et les nobles étaient tenus en otage au travers d’un système inédit : les pupilles de la Nation. Sven exigeait que les héritiers soient au sein du Palais, à recevoir une éducation de qualité, et avec la promesse d’obtenir des postes importants… tant que la famille savait se montrer fidèle.

Cependant, certains avaient échappé à ce système par manque d’héritier… comme la famille Keltar. Niénor s’était mariée, mais étrangement, elle n’avait pas eu d’enfant avec cet époux. Sven le savait car la jalousie l’avait suffisamment taraudé et construit, pour qu’il s’informe de chaque chose au sujet de Ninéor. Une fascination qui avait été la raison pour laquelle il avait pu connaître le projet de cette femme.

« Elle aurait caché l’enfant de moi … Non. L’enfant a comme six ou sept ans, or je ne suis au pouvoir que récemment »
conclut Sven, détaillant la demoiselle, se remettant de sa surprise générale. Il se souvenait de Niénor. Elle avait une chevelure brune et épaisse, dont elle prenait grand soin au travers d’huiles et de masques aux milles odeurs. Sven avait passé des heures à entortiller un doigt ou deux dans ladite chevelure, voire y engouffrer son visage dedans pour en respirer la belle odeur. Niénor avait aussi un beau regard bleu azur, une couleur qui détonnait beaucoup avec le physique traditionnel des Sudistes – même en tant que Dictateur, il détonait avec son propre regard bleu-gris -, mais surtout un regard qui savait déchainait mille passions et ardeur chez n’importe qui. Niénor.

Niénor avait surtout été une chimère et une réalité à la fois. En effet, jamais Sven n’avait su si les moments passés avec elle avait été vrais, illusoires, tant chacun l’avait vécu aussi intensément qu’un homme et une femme pouvait vivre et ressentir une relation. Niénor était sublime, mais Niénor était cruelle. Pourtant, Sven savait parfaitement que cette femme avait souvent rêvé d’une jolie jeune fille qui serait à son image – une copie parfaite, à vrai dire – mais c’était un rêve qui ne venait qu’après une soif folle de pouvoir. Aujourd’hui, et ce soir, il voyait l’esquisse de l’esprit malade de celle qu’il avait aimé jadis. Elle avait trop aimé le pouvoir, et sa fille, mais ces deux choses ne pouvaient être compatibles. SI l’enfant avait été cachée aux yeux de tous, cela signifiait qu’elle devait la bâtarde d’un domestique ou d’un vagabond, dont la simple existence mettrait en péril le nom et la puissance des Keltar. Sauf que Niénor avait refusé de faire un choix ; elle avait fait coexister d’une façon bien cruelle deux envies. Même Sven qu’on qualifiait de cruel n’aurait pas fait subir une telle chose à la chair de sa chair. Il aurait confié à une personne respectable ou de confiance, afin qu’elle élève l’enfant proprement et honorablement. Kaan était un exemple. Il avait totalement confié l’enfant à la famille des Yasi. Il sera béni par le feu bientôt, et dès lors, il pourra débuter son ascension dans le pouvoir au sein de Sezni. Sven avait d’autres bâtards, mais chacun avec une situation à hauteur du rang de la mère, de l’affection que Sven avait pu avoir pour cette dernière etc …

- Tu es donc la dernière Keltar…


Une femme n’héritait pas. Pourtant, son nom de jeune fille aurait toujours un pouvoir, et il devait admettre que ce « pouvoir » était convoité par Sven. Il ne désirait pas que la richesse de cette famille retombe sur un cousin éloigné et inconnu de Niénor. Une idée se forma dans son esprit. La jeune fille allait devenir une autre pupille de la Nation, mais celle qui aurait été déchue en raison des actions de sa mère, mais qui n’en garderait pas moins son nom Keltar, et la richesse dont Sven en serait régent. Il prétendra que l’héritage sera échu au futur époux. Un époux qui n’existera jamais, évidemment.

- La dernière Keltar… répéta-t-il, se rendant subitement compte de cette réalité. Niénor n’était plus. Soudainement, elle n’était plus une chimère et une réalité à la fois. Non, elle était une simple et cadavérique réalité. La dernière…

Soudainement, il était dépité, et sans grande force. Il ne put vraiment cacher sa profonde tristesse et son grand désespoir d’avoir à nouveau perdu l’inaccessible. Il avait aimé une femme mais promise à son meilleur allié et ami. Il avait aimé une autre femme, mais qui l’avait abandonné pour le pouvoir. Il avait aimé sa sœur mais elle avait été envoyée ailleurs, loin des yeux et des cœurs. Il avait aimé ses parents, mais ils étaient morts aussi.

- Oui, c’est la Lune
, répondit Sven laconiquement.

Il prit une profonde inspiration et déposa un baiser léger, à l’abri des regards de ses gardes trop absorbés par le feu de la maison. Puis il abandonna le corps, pour s’approcher de la fillette et déposer une main sur sa petite épaule.

- Dis adieu à ta mère, petite fille. Car tu ne pourras plus la revoir, du tout. Car dorénavant, tu vas vivre avec moi
, annonça-t-il. Dorénavant, tu m’appartiens.
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~#~Sujet: Re: Find me if you can || Sven [FLASHBACK] Mer 19 Juil - 18:47



Émerveillée, la petite observait cette grosse boule ronde que l'on appelait « Lune ». Elle semblait régner sur les étoiles, elle était la plus belle de toutes. Aussi pâle que l'enfant l'était, Mer'Hella posa un regard intrigué sur ses mains, elles étaient si blanches qu'on aurait pu la confondre avec l'astre. Nienor était là haut, elle aussi ? Sa mère pouvait-elle l’apercevoir, perché sur cette rondeur pâle ? Où vont les morts ? Se demanda-t-elle, vont-ils là haut ? Mona le lui en avait jamais vraiment parlé. Où était sa mère à présent ? Son corps était là pourtant. Son enveloppe, son être. Mais elle semblait vide et livide, peut-être était-ce dû au large trou qu'elle avait dans la gorge. Elle n'osait pas regarder. Elle avait peur, malgré ses sentiments contradictoires. Tout ce qu'elle avait toujours voulu était là : être dehors avec sa mère. Mais quelque chose clochait. Cette chose était que Nienor n'était plus. Mer'Hella était toute seule, abandonnée, livrée à un monde qu'elle ne connaissait pas. Un monde cruel de ce qu'elle avait pu en voir. Ces hommes là bas, qui criaient de joie, avaient massacré la demeure toute entière au nom de la Purge. Sven lui avait expliqué qu'il nettoyait la ville de ceux qui ne lui voulaient pas de bien. Nienor faisait parti des méchants selon lui. La petite secoua la tête à cette idée. C'était impossible. Sa mère était quelqu'un de bien. Même si elle n'était pas certaine de faire la différence entre le juste et le mauvais, elle sentait au fond d'elle même que Nienor n'était pas quelqu'un de méchant. Lui par contre : Sven, il était méchant. L’appréhension montait en elle comme une bouffée de chaleur, il n'était pas ce dont elle avait besoin, il n'était pas bon. Il ne serait pas bon envers elle. Mer'Hella devait fuir, elle s'en rendait compte à cet instant.

Il répéta plusieurs fois que l'enfant était la dernière Keltar. Sa famille était-elle si importante ? Elle n'avait connu personne. Elle ne savait pas qui était son père, elle n'hériterait de rien car Mona lui avait apprit que les femmes n'héritaient pas. Les femmes, à Sezni, étaient peu considérées. Mer'Hella n'avait pas encore de poitrine, c'était cette chose là, qui définissait les femmes. Non ? Peut-être pourrait-elle se faire passer pour un homme, peut-être pouvait-elle tromper son entourage. Mais Sven semblait déjà savoir qui elle était. Il semblait avoir des idées, des projets pour elle. La petite se sentait de plus en plus effrayée. Elle ne savait pas ce qu'elle devait faire, fuir était une idée, mais ses jambes ne la tiendraient pas debout très longtemps et puis... peut-être qu'il la tuerait aussi. Elle ne voulait pas mourir. La mort la ramenait à quelque chose de mauvais, elle refusait. Elle était si jeune. L'homme posa un regard étrange sur Nienor. Un regard emprunt d'un amour disparut, d'une fureur anéanti. Son cœur semblait s'être brisé en milles éclats, la petite eut presque envie de le réconforter, sans vraiment savoir pourquoi. Elle ne comprenait pas qui il était, et pourquoi il faisait ça. Il a du pouvoir.  S'intima-t-elle. Ça, elle l'avait comprit. Mais devait-elle toujours craindre les gens pourvu de pouvoir ? Sven s'approcha encore plus du corps de Nienor et vint déposé un baiser sur celle-ci. Mer'Hella fronça les sourcils, que faisait-il ?  Il se tourna finalement vers elle et posa une main presque douce sur l'épaule de l'enfant. «Dis adieu à ta mère, petite fille. Car tu ne pourras plus la revoir, du tout. Car dorénavant, tu vas vivre avec moi. Dorénavant, tu m’appartiens.  »

Elle recula doucement, se soustrayant à la poigne de l'homme, les yeux écarquillés. « Mais... » murmura-t-elle, paniquée. « mais vous... je ne... » elle regarda le corps de sa défunte mère, priant celle-ci de s'éveiller d'un coup et de l'aider. « Je ne pouvez pas. » elle s'agenouilla auprès de sa mère, se collant à celle-ci, usant de ses bras rigides pour se protéger. Le sang venait tâcher la guenille qu'elle portait. « Je ne suis pas un objet ! » cria-t-elle, les yeux pétillants de larmes.  Alors que l'homme semblait s'impatienter, la petite se serra fort dans les bras de sa mère, de grosses goûtes salées perlaient sur ses joues rondes et rougies par l'émotion. La peur l'habitait toute entière. Elle devait partir, courir, vite. Rejoindre Mona. Rejoindre un foyer, trouver quelqu'un qui puisse l'aider. Elle se fit violence, le visage crisper en une grimace pour s'éloigner du cadavre de sa mère, elle était recouverte de son sang, l'odeur lui donnait la nausée. Mer'Hella prit son courage à deux mains et prit la fuite, elle courut aussi vite que son corps faible le lui permettait. Elle ne se retourna pas, laissant derrière elle son baluchon, ses affaires et cet homme qui lui voulait tant de mal. Elle ne sentait plus ses jambes, la tête lui tournait, elle devait partir loin avant de s'écrouler. L'enfant ne tiendrait pas longtemps à cette allure, elle le savait. Sans vraiment s'en rendre compte, elle perdit connaissance, épuisée, terrorisée. Se yeux se fermèrent sur une dernière larme, une dernière prière qu'elle adressa à sa mère.






Sujet terminé.

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