AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Groupes fermés
Le groupe des Matières et des Exempts sont momentanément fermé aux inventés et scénarios, merci de votre compréhension
Intrigue
Un vent de changement souffle sur les terres d'Oranda... Pour en découvrir plus, la première intrigue a été dévoilée
Venez donc tout savoir du meurtre d'Osrian Birghild (ou presque)
Avis de Recherche
Nous recherchons activement des Innocents, merci de privilégier les PV et scénarios !
Ils sont en sous nombre et on aimerait bien avoir de nouveaux amis avec qui jouer !
Scénarios
Le scénario d'Eden'El Lumnar a été mis en avant par Silee Pherusa
C'est le dirigeant d'un refuge de Lucrezia qui n'attend qu'à être pris !

Partagez|

Imaginaerum ☙ Orkem

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage

avatar

Eden'El Lumnar
néophyte


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 2193
❝ Avatar : Elle Fanning
❝ Multi-Compte(s) : Silly one & Ceersa motor sport
❝ Crédits : Vanka (gif+av) • ASTRA. (sign)

❝ Métier : Domestique au palais des représentants du Feu
❝ Age : 20 ans
❝ Niveau : 1


~#~Sujet: Imaginaerum ☙ Orkem Ven 16 Juin - 16:22

Orkem Vahlaan
&
Eden'el Lumnar


Imaginaerum
25, dixième lune de l'an 836 ☙ La présence d'Orkem était un mal auquel je m'acclimatais. Il n'y avait d'autre espace de nature en ces lieux et même si les tensions paraissaient se tasser, je ne me sentais pas de lui demander de partir. Il était captivé par un contemplation stellaire. Et je ne considérais pas qu'il puisse y avoir la moindre raison pour qu'il s'en prenne à moi en cet instant. Je ne faisais rien de mal, rien contre sa volonté. Bien que je ne me sentais pas à l'abri d'un coup de folie de sa part, je parvins à faire assez abstraction de lui pour me concentrer sur ma méditation.

Alors que je me noyais dans mes pensées qui, petit à petit, voguaient vers ma famille et tout ce que je manquais à être si loin d'eux, j'entendis non loin la voix d'Orkem me ramener à la réalité. D'abord de simples mots dans un brouillard mêlant mes pensées et sa voix, je tournai la tête vers sa position et écouta ce qu'il paraissait réciter. Toujours agenouillée près de la fontaine, je me défis doucement de ma position pour me mettre en tailleur, en faisant attention de ne pas abîmer la robe qui m'avait été prêtée pour la soirée. Observant l'herbe juste à mes pieds, je l'effleurais de mes doigts tout en écoutant les vers de mon geôlier. Je supposais que cela était tiré du livre qu'il m'avait confié... À l'écoute de ce poème, je ne pouvais m'empêcher d'y voir l'idée suprématiste qu'avaient les Feu. Une essence de leur constant besoin de dominer autrui. Était-ce réellement vivable ? Ce besoin d'être au-dessus ? Ne passaient-ils pas à côté de toutes ces choses que les autres et que le monde avaient à leur offrir ? « Alors un jour enfin, purifiés par le feu,
Les humains recevraient, comme par le passé
Le droit universel de vivre heureux entre eux,
Et les quatre éléments de nouveau rassemblés
Ne formeront plus qu’un aux ordres du dieu
Qui leur donna la vie pour les voir prospérer. »
C'était sans doute là une idéologie à laquelle il devait croire. Un élément pour dominer les autres, c'était là sa vision de la paix ? Peut-être était-ce la folie de la jeunesse ou la naïveté qui me guidait. Mais je continuais de penser que nous pouvions vivre tous ensemble sans ce rapport de force et de supériorité. Que seule la fermeture de nos cœur et de nos esprits nous empêchaient de vivre en parfaite harmonie entre nous, et avec ce monde dont les dieux nous ont fait le cadeau.

Un silence paisible s'installa alors que j'essayais de me vider l'esprit. Mais rien n'y faisait. J'avais cette perpétuelle sensation d'un poids sur le cœur qui ne faisait que s'amplifier à mesure que je pensais à mes proches, ceux qui me manquaient, à Ranrek... Je me débattais entre li'mage cette fatalité qu'était Orkem et tout ces chemins qui auraient pu s'offrir à moi... Le monde était vaste. Bien plus que mes rêveries d'enfant m'avaient laissé entrevoir ou imaginer. Mais malgré cette immensité de rencontres et de possibilités, l'étau de mon avenir s'étriquait de façon exponentielle. Je fermai mes paupières, yeux crispés comme s'ils se battaient pour chasser toute cette frustration qui m'éprenait. « Toi non plus, tu ne te sens pas en disposition de dormir, n’est-ce pas ? » Lança Orkem, ce qui me fit relâcher la pression qui s'agglutinait dans mon esprit. « Non... » avançai-je en son sens d'une voix basse. « J’eus apprécié, si tu le veux bien, que tu me parles un peu de vos us et coutumes… Sinon, je peux également te proposer quelque chose pour te détendre un peu, je suis sûr que tu trouveras le sommeil après. » Je soupirai longuement avant de porter mon attention sur l'eau s'écoulant dans la fontaine. « Nous sommes le vingt-cinquième jour de la dixième lune... C'est un jour sacré pour mon peuple », expliquai-je d'un ton morne. « Il n'y a pas réellement de codes ni de façon de fêter ce jour. Cela dépend de chaque personne, de chaque communauté. » Le coin de mes lèvres se plissa, laissant apparaître cette mélancolie sur mon visage. « Chez nous, on prépare une couronne faite de fleurs sauvages et d'herbes hautes. Un repas où tout le monde est convié a lieu au milieu de la journée. Avant le festin, on offre notre couronne à une personne qui nous est chère ou à qui on on veut témoigner nos bons sentiments. Même si cela devait exclure notre famille, Hly'tha et moi nous nous offrions toujours nos couronnes... un léger sourire se fit entendre dans ma voix. C'est une journée de prières à Tarlyn, d'échange, de partage qui se finit par des chants et des danses jusqu'à pas d'heure sous les lumières évanescentes de la Forêt Fluorescente... » J'expirai longuement. « Depuis la disparition de ma sœur, je n'ai plus offert de couronne. Je les laisse sur un cours d'eau, chavirer et disparaître. Plus jeune, je croyais qu'elle finirait par les recevoir. Mais après... toi... j'ai compris que jamais les flammes qui l'avaient arrachées à ce monde ne laisseraient ces couronnes l'atteindre. » Mon ton n'était pas véhément, un peu plus assuré mais sans animosité. Ce qui devait lui donner un air bien plus froid que je ne l'aurais souhaité. Mais peu m'importait... Tout ça n'avait plus d'importance maintenant que je savais qu'elle n'était pas morte. Et à cela, Orkem n'y avait aucune responsabilité, ni jouait aucun rôle.

Je ne me suis jamais considérée comme une personne fermée. Réservée, certes, mais pas fermée à ce qui m'entoure, ni à ce que je pouvais apporter aux autres. Même si cela ne consistait qu'à décrire la façon dont je vivais à Gorka. C'est dans ces instants d'ouverture que l'on pouvait en apprendre parfois le plus. L'échange était une richesse sans valeur pécuniaire. Comme toutes les choses réellement importante sur Oranda. Nos dons n'avaient pas de valeur marchande. La vraie confiance ne pouvait s'acheter. La connaissance ne dépendait que de notre volonté d'apprendre. La Nature n'avait de prix. L'Amour ne pouvait déjà qu'à peine être compris, alors l'acheter... Même si certains achetaient un amour physique, comme ces hommes que recevait Ariel, cela n'avait rien de ce qui pouvait animer le désir de deux êtres qui s'aiment. Je restais persuadée que le véritable amour n'avait aucune explication, aucune condition. Cela n'empêchait pas pour autant que je puisse concevoir que certaines personnes, se contentant d'affection, pouvaient très bien partager une intimité sans pour autant que cela soit lié de cet amour profond et inconditionnel que deux âmes-sœurs peuvent se vouer. À Gorka peut-être plus qu'ailleurs, les esprits étaient ouverts. Une ouverture dont mon jeune âge n'a su me décrire l'étendue. Mais je sais qu'une affection, un lien fort, lie tous les Terre entre eux. Ce qui nous rend proches avant même de nous connaître.

Était-ce notre forte empathie naturelle qui facilitait ainsi nos rapports ? Je l'ignorais. Ce n'était pas à Lucrezia que je pourrais en avoir l'explication profonde... Les Terre de la capitale étaient façonnés par leur cadre de vie : cette tension entre voisins d'éléments différents. Cette proximité avec les autres peuples où chacun devait mettre de l'eau dans son vin afin de pouvoir cohabiter ensemble dans une neutralité pourtant incertaine, cela rendait les Terre méfiants, sur leur garde. On ne pouvait pas vraiment le leur reprocher... « Désolée mais je ne crois pas que le sommeil me viendra. Peut-être que ce jardin finira par me bercer... Je ne veux pas être cerclée de barreaux avec ma seule respiration comme compagnie. » Ou un scorpion enfermé... Je préférai éviter d'énoncer ce détail. La chambre qu'il mettait à ma disposition avait beau contenir tout le confort nécessaire dans un faste pouvant égaler celui du palais des représentants du Feu, cela ne me convenait pas. Non pas qu'il me fallait plus de confort, loin de là. J'avais besoin d'un repère. Que ce soit le bruit de l'eau tombant dans cette fontaine, le contact de l'herbe... ou même ne serait-ce qu'une présence rassurante... Orkem n'avait rien de rassurant, malgré le fait que je le croyais lorsqu'il disait ne pas me vouloir de mal "pour l'instant". Moïra ne le serait plus, ni Dhelm. Peut-être Shore, et encore, je crois que je serais tellement mal à l'aise à l'idée qu'un homme que je connaisse si peu me veille qu'il me serait impossible ne serait-ce que de fermer les yeux.

Mon regard se perdait dans les fleurs qui bordaient le jardins. Angoissée, anxieuse, tout un florilège de mauvaises pensées et de pessimisme qui pourtant ne me ressemblait guère... J'avais l'impression de crouler sous le poids des révélations et de la réalité qui m'accablait. J'ignorais comment tenir la route avec un tel fardeau sur mes épaules. Cela m'épuisait de l'intérieur. Et pourtant, je savais que mon comme mon esprit se refuseraient à me laisser dormir. Et quand bien même... les cauchemars et sueurs froides rendront le peu de sommeil que je pourrais trouver aussi insupportable qu'une insomnie. Tenter de trouver une solution ne paraissait que faire empirer les choses... Aucune solution miracle n'existait. Peut-être que le temps parviendrait à m'apaiser... C'était là le seul repère incertain que j'avais. Cela prendrait peut-être une semaine. Une lune. Une année... J'avais bien passé cinq ans à espérer que le temps atténue les blessures intérieures qu'Orkem m'avait infligées... « V... tu n'as pas à t'occuper de mon sommeil ou de mes besoins. Ça fait longtemps que je ne suis plus une enfant », tentai-je de le persuader. Je croisai les bras. En vérité, j'aurais aimé en rester une. Mais autant regarder les choses en face... C'était loin d'être la réalité. Dès lors que j'ai quitté mes parents j'ai dû apprendre à gérer les choses par moi-même. À faire mes choix, survivre par mes propres moyens. J'ai toujours fait cela d'une façon chaotique, il faut l'admettre. Mais j'étais encore en vie et espérais le rester. Alors même si je me cachais derrière les jupons de Ranrek, il fallait que j'ouvre les yeux : j'étais capable de me gérer. Même d'aider d'autres à prendre leurs responsabilités ou de veiller sur les plus faibles. Peut-être devrai-je être fière de ce que j'ai pu accomplir malgré mon faible statut et mes pauvres moyens. Cependant, j'aurais sûrement beaucoup donné pour que l'on m'accorde une pause. Un répit... Une nuit où rien de tout cela n'aurait d'importance... Où je laisserai toutes mes interrogations et mes tourments de côté.

@Orkem Vahlaan ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1887 mots

______________________




Dernière édition par Eden'El Lumnar le Mer 21 Juin - 17:51, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Orkem Vahlaan
confirmé


❝ Message : 136


~#~Sujet: Re: Imaginaerum ☙ Orkem Lun 19 Juin - 8:58

- V... tu n'as pas à t'occuper de mon sommeil ou de mes besoins. Ça fait longtemps que je ne suis plus une enfant.

- Je n’aurais pas proposé cette option à un enfant. Et je pense à t’entendre qu’au contraire, tu as bien besoin que quelqu’un s’occupe de ton sommeil, puisque tu ne peux le faire toi-même. Au fait, Moïra a débarassé ta chambre du scorpion, s’il venait à s’échapper, il serait un bien désagréable camarade de chambrée…


Orkem rit doucement, non pas sous sa cape ou de manière sardonique, juste doucement. Il s’amusait de la réplique d’Eden autant que de la sienne. «ça fait longtemps que je ne suis plus une enfant ». Bien sûr que si, elle était encore une enfant. Etre un adulte passait par bien plus que l’âge ou la capacité à s’occuper de soi-même. Si à Gorka, elle pouvait être adulte de par son mode de vie, à Lucrezia, elle n’était rien d’autre qu’une enfant perdue. Juste une enfant perdue qui ne comprenait rien à celui qui lui arrivait. Il termina de fumer son chilum et vida dans un pot vide, visiblement placé là à cet effet, le tabac brûlé qu’il contenait. Il avait écouté et observé la jeune femme, et sourit calmement en reprenant son sérieux, observant le ciel un instant avant de reprendre la parole, calmement.


- A en juger par la position de la lune…La nuit est bien avancée, nous devons effectivement être le 25. Tu pourras offrir une couronne de fleurs à ta sœur, ce soir. Prends toutes celles que tu voudras dans ce jardin, j'en planterais d'autres…Eh, Dhelm !


Le garde passait donc au mauvais endroit au mauvais moment, lui qui ne souhaitait qu’aller se reposer sans tomber sur son employeur, il venait de royalement rater son coup…Il s’approcha donc docilement, et fit une révérence à chacun de ses deux vis-à-vis. Il semblait à la fois triste et fatigué, mais dès qu’il se releva, il avait retrouvé son attitude habituelle, assez neutre, et prompte à un petit sourire amusé pour dire une gentille mesquinerie si le besoin s’en faisait sentir…Ou même l’envie. Dhelm n’avait pas réellement la notion du besoin. Orkem lui intima d’aller lui chercher sa pipe, ce à quoi Dhelm ne répondit que par un signe de tête. Il avait très bien compris ce que souhaitait Orkem, et partit donc chercher la pipe ainsi qu’un petit paquet enveloppé dans du parchemin. Le conseiller, pour sa part, se tourna vers Eden.


- Certaines espèces de pavot ont des propriétés soporifiques appréciables...et je le dis, et je le répète : Une véritable nuit de sommeil ne te fera pas de mal.


Orkem avait quelque peu « omis » de préciser également que ces espèces de pavot avaient également trois autres propriétés, l’une aphrodisiaque, l’autre quelque peu débilitante, et la dernière, fort euphorisante…Pour parvenir à détester qui que ce soit après avoir consommé la résine des bulbes de pavot blanc, il fallait avant avoir mâché une quantité astronomique de feuilles de coca, ou d’un quelconque poison excitant, la plupart d’entre eux ayant en retour la joyeuse faculté de provoquer un arrêt cardiaque. Les médecins ayant étudié l’action de la plante en elle-même s’accordaient à dire qu’elle parvenait à rendre le consommateur incapable d’éprouver de la haine ou de la colère, tant l’effet calmant était puissant. Evidemment interdite à la consommation, car ayant la fâcheuse tendance à rendre quelque peu dépendant au bout de quelques prises en un temps limité, et provoquant une mythridatisation rapide poussant à augmenter les quantités, la substance était l’une de celles que préférait Orkem : pas de douleur, un sommeil calme, et des sensations physiques décuplées, que demander de plus ? Un effet aphrodisiaque ? Voilà qui était déjà fait, et entre cet aspect et les capacités apaisantes de la plante, l’opium était, ce soir-là, une des choses les plus appréciables pour l’un comme pour l’autre. Dhelm redescendit bientôt de l’étage, amenant à son maître ce que celui-ci lui avait demandé de lui rapporter, et retourna dans ses quartiers tranquillement. Il n’aspirait qu’à dormir après pareille journée, et le voilà rapidement exaucé, sans besoin de substances diverses et variées.


Vahlaan prit délicatement l’objet qui se trouvait auparavant sur son bureau, et déplia le parchemin pour en sortir une boule d’un brun clair d’une huitaine de centimètres de diamètre, dont il coupa un petit morceau qu’il fit rouler entre ses mains pour lui redonner une forme arrondie avant de se saisir d’une petite épine d’un arbuste proche. Piquant le morceau de cette pâte sur l’aiguille, il eut tôt fait, pipe à la bouche, d’ouvrir le réceptacle à l’extrémité de celle-ci, et de placer l’épine au-dessus. Son index fit un léger mouvement et une petite flamme jaune vint lécher la petite sphère brunâtre, la liquéfiant rapidement alors que celle-ci tombait dans le réceptacle sous lequel le conseiller avait également fait démarrer une petite flamme, aspirant doucement les vapeurs à l’odeur mi-fleurie mi-caramélisée qui s’en échappaient par le tuyau d’ébène. La quantité de fumée qu’il recracha était impressionnante, s’il eut voulu passer pour un dragon, c’eut été le meilleur moyen d’y parvenir. Bientôt, l’odeur se répandit dans le jardin. A l’inverse du scorpion, dont la combustion dégageait une odeur âcre et acide, celle de cette fumée était sucrée, agréable au nez, on en eut presque cru qu’il s’agissait d’un parfum féminin légèrement musqué et très fleuri. Il prit une seconde bouffée, toute aussi impressionnante que la première, et tendit la pipe en direction de la jeune femme, ses muscles se détendant les uns après les autres à une vitesse impressionnante tandis qu’un sourire apaisé se posait sur son visage.


- La fumée est douce, elle ne te brûlera pas la gorge si tu aspires doucement. Prends de petites bouffées, tu dois bien pouvoir en tirer entre trois et quatre…Et expire profondément. Dans moins de dix minutes, tu pourras te coucher en paix, je te le garantis.


Il soupira longuement, voyant qu’elle ne prenait pas tout de suite la pipe, et aspira une dernière bouffée, profonde, recrachant une volute de fumée encore plus impressionnant que les précédents. Le vent le dispersa bien vite, et seule une légère odeur fleurie et sucrée en résulta alors qu’il rechargeait sa pipe avec un morceau d’opium bien plus petit que le précédent, ne souhaitant pas la faire s’endormir sur place, et tendit de nouveau la pipe vers la jeune femme avec une lenteur certaine. Il ne semblait pas être dans un état lamentable, il était simplement détendu, très détendu, et calme. D’aucuns pourraient même dire qu’il était heureux. Heureux d’être à sa place, heureux de vivre, heureux qu’Eden soit juste là, avec lui…Il avait tant de raisons d’être heureux que l’amplification qu’en apportait la substance lui procurait un plaisir sans pareil alors qu’il se délectait de l’agréable effet relaxant qu’elle produisait.


- Ne me laisse pas devoir fumer tout seul, je vais oublier de me réveiller demain matin, sinon, et j’aimerais ne pas rater mon rendez-vous ! lui dit-il en souriant, amusé, Tes tourments, tes interrogations, tes peurs…Tout s’envolera le temps d’une nuit. Une fois de plus, je ne t’ai jamais menti, et je ne compte pas le faire. Et je dis aussi la vérité quand je te dis que je pense…ou plutôt que je suis certain que tu en as besoin. Et probablement même que tu m’en remercieras, ce qui serait bien la seule chose pour laquelle tu aurais raison de le faire.

______________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

avatar

Eden'El Lumnar
néophyte


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 2193
❝ Avatar : Elle Fanning
❝ Multi-Compte(s) : Silly one & Ceersa motor sport
❝ Crédits : Vanka (gif+av) • ASTRA. (sign)

❝ Métier : Domestique au palais des représentants du Feu
❝ Age : 20 ans
❝ Niveau : 1


~#~Sujet: Re: Imaginaerum ☙ Orkem Lun 19 Juin - 11:27

Orkem Vahlaan
&
Eden'el Lumnar


Imaginaerum
Fermant les yeux, je me concentrais sur le bruit de l'eau qui ruisselait, accompagnant avec charme l'atmosphère calme de la nuit qui s'était éprise de Lucrezia. Dans cette villa, on se sentait à part de la ville. Comme si elle était coupée du monde. Silencieuse, mystérieuse. Un caractère qui devait plaire à son propriétaire. « Je n’aurais pas proposé cette option à un enfant, dit-il en parlant de sa solution pour m'aider à m'endormir. Et je pense à t’entendre qu’au contraire, tu as bien besoin que quelqu’un s’occupe de ton sommeil, puisque tu ne peux le faire toi-même, supposa-t-il à juste titre en attirant mon attention. Au fait, Moïra a débarrassé ta chambre du scorpion, s’il venait à s’échapper, il serait un bien désagréable camarade de chambrée… » Je le regardai, perplexe, peu convaincue que je devais lui faire confiance sur ce coup. Ni à aucun instant à vrai dire... « Je ne veux pas de cette chambre, Orkem... » Son rire avait beau ne pas être menaçant, je peinais à ne pas y voir là la satisfaction de trouver un autre moyen de m'empêtrer dans sa toile.

Cette journée avait été éprouvante. La soirée l'avait été tout autant. Si la nuit venait à l'être, je pourrais très bien finir par m'effondrer et ne plus être capable de me relever... J'avais beau souhaiter lui accorder le bénéfice de l'inconnu : pouvoir en savoir plus sur lui et sur les raisons de ses actions. Comprendre ce qui pouvait pousser un homme à être aussi odieux. Je ne pouvais pas croire qu'il ne s'agissait que d'une crise de supériorité qui l'aurait poussée à prendre ce qu'il désirait sur l'instant parce qu'il le pouvait. Peut-être que c'était ça. Une simple pulsion. Mais ça n'expliquait pas vraiment cette obsession que m'avait décrite Dhelm... Orkem pourrait probablement avoir toutes les femmes qu'il souhaitent dans un claquement de doigts. Pourquoi s'échiner à vouloir en posséder une qui ne le voulait pas ? Je n'arrivais pas à le comprendre... ou peut-être que je cherchais trop loin. Ça ne pouvait être une question d'Amour. J'ignorais si avant de m'enlever il n'avait ne serait-ce que vu mon visage, s'il avait déjà entendu le son de ma voix ou ne serait-ce qu'aperçue. Certains artistes voyaient en des choses ou des personnes des muses. Avais-je simplement été une muse à sa violence et ses perversions ? Avait-il, avec le recul, développé une affection envers laquelle il ignorait s'il devait se battre ou s'abandonner ? J'essayais de lier les morceaux. De compléter le puzzle, mais ça ne faisait qu'ajouter au tournoiement de mes pensées incessantes. « À en juger par la position de la lune… La nuit est bien avancée, nous devons effectivement être le 25. Tu pourras offrir une couronne de fleurs à ta sœur, ce soir. Prends toutes celles que tu voudras dans ce jardin, j'en planterai d'autres… » lança-t-il avant d'intercepter son garde. Les yeux écarquillés, je sentais mon cœur se mettre à battre soudainement à un rythme effréné. Non... Je ne voulais pas lui offrir de couronne. Pas à elle. Pas après tant d'années... Sûrement était-ce cruel de ma part de lui en vouloir, mais je préférais occulter cette idée de mon esprit.

L'air déboussolée, je ne prêtai pas attention aux mots qu'ils s'échangèrent. Restant assise par terre, non loin d'un banc, je m'efforçais d'atténuer les battements de mon cœur en pensant à autre chose. « Certaines espèces de pavot ont des propriétés soporifiques appréciables... et je le dis, et je le répète : Une véritable nuit de sommeil ne te fera pas de mal. » J'inspirai profondément, le regardant à nouveau. Oui, il avait sans doute raison. Certainement même. Mais je n'étais pas confiante à l'idée d'essayer sa méthode pour trouver le sommeil. Assez réticente au souvenir de l'état dans lequel il s'était trouvé après avoir fumé ce venin de scorpion... Rien que d'y penser j'eus un frisson ! Ou peut-être était-ce le froid qui nappait doucement l'atmosphère. Dhelm revint avec ce que le Conseiller lui avait demandé. Je reconnus sans mal la pipe qui se trouvait sur le bureau d'Orkem. Ce qu'il déballa m'était cependant inconnu. Remplissant et allumant sa pipe, il s'installa lui aussi dans l'herbe, à quelques mètres de moi. Une première bouffée de fumée sortit de ses lèvres, puis une seconde. Une odeur douce m'évoquant subtilement les confiseries de caramel parvint jusqu'à moi dans une brise légère qui traversaient l'atrium. Le regard que je lui portais gardait cette appréhension qui m'habitait mais mes lèvres se serrant trahissaient ma curiosité et mon envie de céder à ce remède. L'inconnu n'a jamais été pour me rassurer. Mais parfois, il faut sauter le pas sans se poser de question, sans ce demander ce qui pourrait arriver de mauvais. C'était la devise de Hly'tha : agir et ensuite réfléchir. « La fumée est douce, elle ne te brûlera pas la gorge si tu aspires doucement. Prends de petites bouffées, tu dois bien pouvoir en tirer entre trois et quatre… Et expire profondément. Dans moins de dix minutes, tu pourras te coucher en paix, je te le garantis », m'assura Orkem. Les lèvres s'entre-ouvrir dans une hésitation plus que compréhensible. Sourcils froncés, je restai silencieuse et immobile alors qu'il me tendait la pipe que je ne lâchais pas des yeux. Me coucher en paix... Même lover dans les bras de Ranrek, mes cauchemars refaisaient surface. Troublant mon repos. La paix intérieure était une quête bien trop inaccessible pour moi...

Sans mal, je décelais les traits d'Orkem qui s'adoucissaient. Comme si chacun de ses muscles pourtant stimulés dans l'effort, se détendait en un claquement de doigts. Dans ses yeux se lisait une lueur aguicheuse qui n'avait rien de lubrique. Je crois qu'il était juste... content. « Ne me laisse pas devoir fumer tout seul, je vais oublier de me réveiller demain matin, sinon, et j’aimerais ne pas rater mon rendez-vous ! Son sourire changea mon appréhension en surprise. Presque choquée. Il semblait oublier petit à petit ce qui nous éloignait pourtant. Tes tourments, tes interrogations, tes peurs… Tout s’envolera le temps d’une nuit. Une fois de plus, je ne t’ai jamais menti, et je ne compte pas le faire. Et je dis aussi la vérité quand je te dis que je pense… ou plutôt que je suis certain que tu en as besoin. Et probablement même que tu m’en remercieras, ce qui serait bien la seule chose pour laquelle tu aurais raison de le faire. » Non, il n'était pas éloigné au point de perdre le Nord. Je soupirai, mordillant mes lèvres. Étais-je assez folle et stupide pour accepter ça de la part d'un homme qui m'avait torturée et violée cinq années plus tôt ? Pouvais-je accepter ça de la part d'un homme qui avait tué un garde pour m'enlever deux pauvres jours qui me paraissaient être une éternité ? Celui qui menaçait de s'en prendre à tous mes proches et ceux que je pouvais commencer à aimer ? Déglutissant avec difficultés, les traits tirés par ces pensées que je traînais derrière moi comme un boulet, je me levai et vins m'asseoir près de lui. « D'accord... » Dis-je simplement d'une voix fébrile. Je n'étais pas sûre de moi le moins du monde, pourtant une lueur déterminée se lisait dans mes yeux. Comme résultat de la lassitude qui m'éprenait à constamment me méfier, remettre en cause, douter, craindre ce qui pourrait se passer. Me disant que de toute façon, s'il avait voulu me faire du mal, Orkem aurait pu le faire à bien des occasions depuis cette journée, je pris la pipe qu'il me tendait et en aspirai une bouffée.

Peut-être un peu trop grande, je toussotai une fois et tentai de voir l'effet que cela pouvait me faire. « Si ça marche si bien, pourquoi tout le monde n'en a pas ? Est-ce au moins légal ? » Lui demandai-je un peu trop tard, pensant qu'il était déjà bien loin et que de toute façon j'avais déjà commencé à en consommer. Alors que je me souciais des potentiels effets secondaires et de comment ça m'impacterait, je repris une deuxième bouffée. Quitte à avoir sauté dedans à deux pieds joints, autant faire en sorte que rapidement ces questions n'aient plus la moindre importance. Ma tête commençait à tourner... Heureusement que j'étais assise. Alors que je fermai les yeux, je sentis un vertige s'amorcer, j'œuvrai pour garder alors mes paupières bien ouvertes. Ma vue était troublé, incertaine, mais petit à petit, je m'y adaptai. À mon étonnement, je ne me sentais pas malade. J'avais l'impression de devenir toute mole, inconsistante. Comme si je me lestais de tout mon poids. Une troisième bouffée et je tendis la pipe à Orkem. Peut-être étais-je allée trop vite... Le monde me semblait différent à chaque cillement. La brise auparavant douce devint un courant faisant s'hérisser ma peau. L'odeur de la fumée dégagée par la pipe me fit sourire alors qu'en fermant les yeux, des visions m'enveloppaient d'images mélangeant les couleurs de mes souvenirs aux caressent de ce vent nocturne pourtant frêle. Quelques éclats de rire cristallins que je tentais d'atténuer en mettant ma main devant ma bouche avant de la poser sur mon front. « Je suis indéniablement la fille la plus idiote de tout le continent... Félicitations El' ! Mais heureux sont les simples d'esprits, pas vrai ? » Dis-je en tentant de maintenir mon regard dans le sien. Où était le sien ?

Je sentais ma tête se vider petit à petit, toutes mes craintes s'envoler au loin alors qu'une indescriptible sensation de bonheur m'envahissait. Dans un gémissement de bien-être, je me penchai en arrière doucement, m'allongeant sur l'herbe. Le tissu fin de la robe que je portais me laissait apprécier la fraîcheur de cette herbe. De mes doigts, je caressais les brindilles tout en observant le ciel. J'avais l'impression de sentir chaque cellule de cette végétation et chaque mouvement de l'air me donnait un frisson si agréable que j'aurais pu en pleurer. En pleurer de bonheur. Parvenant avec difficulté à me redresser, je tendis une main vers Orkem pour lui soustraire la pipe une nouvelle fois. « C'est sûrement illégal de se sentir aussi bien... » Fis-je remarquer d'une voix lascive. Les clignements de mes yeux étaient plus lents, ma voix me paraissait lointaine et de faibles vertiges m'insistait à me laisser entraîner par le moindre courant d'air. Bien que ma vue n'était objectivement pas normale, cela me paraissait l'être. Comme si je voyais le vrai visage de ce qui m'entourait. De celui qui se trouvait à côté de moi... Véritablement libérée de toutes ces mémoires, de la peur et de la rancœur. Je ne me sentais pas invincible mais au contraire, plus vulnérable que jamais. Pourtant, cela ne m'effrayait pas... J'avais l'impression d'être une page blanche. Loin du mal que j'ai pu ressentir et du mal auquel je pourrais m'attendre d'ordinaire. Plus personne ne me voulait de mal. Plus personne n'était mauvais. Plus rien ne comptait vraiment car j'avais la sensation de tout avoir ; d'être heureuse et plus légère que jamais.

Si j'avais une seule seconde conscience de l'avancée de mon état, j'aurais sûrement tout fait pour m'éloigner d'Orkem. Pour m'éloigner de tout. Les opiacés altéraient nos sens et la perception que nous avions du monde. S'en servir pour se bercer n'était pas une solution. Ce n'était qu'un palliatif trop imprévisible et fourbe que tomber dedans pourrait être le début d'une chute dans les abîmes. Je ne voulais pas finir dépendante de ces choses... Mais j'ai toujours été tenue à l'écart de ça. Il y a bien quelques marginaux à Gorka qui cultivaient des plants dont l'utilisation était défendue, mais je n'avais pas connaissances de substances aussi fortes... La promenade était bien plus belle et plus douce que ce que Dhelm m'avait raconté au sujet du venin de scorpion. Mais du coup, cela rendait l'emprise du stupéfiant bien plus dangereuse... Malheureusement - ou bien heureusement -, je n'avais absolument aucune idée de ce qui se passait. Je me contentais de savourer l'instant présent alors que des ondes de bien-être se propageaient dans tout mon corps. Les vertiges ne parvinrent cependant pas à me rallonger et j'étais à nouveau à la hauteur d'Orkem. Savourant l'odeur sucrée de la fumée, je me laissai pencher jusqu'à me retenir contre le Conseiller, ma tête posée sur son épaule. La chaleur que dégageait son corps de Feu aurait agit comme une alerte à mes sens, l'annonce d'un danger imminent. Or là, ça ne faisait qu'amplifier l'agréable sensation qui me parcourait de haut en bas...

@Orkem Vahlaan ☙ #Sanie #Vanka ☙ 2244 mots

______________________




Dernière édition par Eden'El Lumnar le Mer 21 Juin - 17:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Orkem Vahlaan
confirmé


❝ Message : 136


~#~Sujet: Re: Imaginaerum ☙ Orkem Mar 20 Juin - 10:32

Orkem était calme, apaisé. Il connaissait parfaitement cette sensation, cette détente, ce calme plat qui s’instaurait dans son esprit sinueux au gré de ses respirations. Il y avait maintenant plus de trois ans qu’il consommait régulièrement du pavot, et ne put que s’amuser de la question rhétorique d’Eden. « Si ça marche si bien, pourquoi tout le monde n'en a pas ? Est-ce au moins légal ? » Elle s’était répondue toute-seule, quoi que sous forme interrogative, faisant rire légèrement Orkem, qui prenait le plus grand soin à garder à ce moment-là les yeux clos pour profiter des rêves brumeux qui apparaissaient contre ses paupières, alors qu’elle lui tendait de nouveau la pipe.

-Je suis indéniablement la fille la plus idiote de tout le continent... Félicitations El' ! Mais heureux sont les simples d'esprits, pas vrai ?
- Tu aurais été encore plus idiote en refusant, sois-en sure, dans quelques minutes tu ne pourras qu’affirmer la même chose…


Elle avait fini par accepter de fumer, un peu, puis…un peu plus. Puis ce fut elle qui redemanda au conseiller de lui prêter à nouveau la pipe qu’il venait de recharger. Il en aspira une bouffée avant de la tendre à la jeune femme, souriant calmement, encore plus qu’à son habitude alors qu’il avait rouvert les yeux et observait son invitée du moment autant que sa vision et son esprit altérés le lui permettaient.


- C'est sûrement illégal de se sentir aussi bien...
-Ca l’est. Mais qu’importe ?, répondit-il avec un sourire, revenant à la première réponse que lui avait donnée Eden, quelques minutes plus tôt, En tout cas, tu peux prendre la chambre que tu veux, si celle qui t’es proposée ne te convient pas…


Orkem avait visiblement une résistance bien plus développée que celle d’Eden face au produit qu’ils avaient inhalé. Son gabarit, son expérience, tout cela n’y était sans doute pas pour rien, et là où il s’attendait à avoir une réponse, Eden se rattrapa à son épaule gauche avant d’y poser sa tête. Orkem n’avait absolument pas régulé la chaleur de son corps, et il s’apprétait d’ores et déjà à ce qu’elle le repousse dans la seconde, ne cherchant même pas à camoufler la température ardente de sa peau, mais elle se serra un peu plus contre lui au contraire, ce qui ne manqua pas de l’étonner alors qu’il passait sa main droite dans les cheveux de la jeune femme avec une douceur toute mesurée. L’effet du pavot commençait à se faire sentir plus que correctement, et ce fut en aparté intérieur qu’il se félicita une fois de plus d’avoir financé cette production. Heureusement, il le savait, cela ne viendrait pas ni à être appris ou, si jamais cela se produisait, à être cru, quand on connaissait le rythme de vie que s’imposait vahlaan. Peu de sommeil, à la dure, une journée d’autorisation à manger des plats gras en semaine, entraînement quotidien, recherches personnelles, recherches dans le cadre de sa fonction de conseiller, présence à des évènements divers et variés…Voilà comment vivait Vahlaan, si l’on excluait cette journée.


Eden semblait loin, très loin de la réalité dont elle avait subitement déconnecté alors qu'il inspirait une nouvelle bouffée avec un petit sourire amusé. Si il avait voulu la garder auprès d'elle cinq ans auparavant, voilà comment il aurait du procéder, le soeuvrage brut ne fonctionnant pas pour l'opium, il lui suffisait de ne pas lui dire de quoi il s'agissait...alors elle n'aurait pas tenu une seule journée sans sa dose, et ne sachant pas ni de quoi il s'agissait ni comment s'en procurer, elle aurait eu le choix entre tester différentes substances dangereuses jusqu'à trouver la bonne, ce qui aurait prit un temps inconcevable et des essais infructueux, douloureux, et nombreux, et revenir vers lui pour pouvoir se sentir bien...peut-être même n'aurait-elle pas été contrainte à tout ce qui s'était passé. Peut-être même l'aurait-elle fait de son plein gré. Mais à cette époque, Orkem ne consommait pas de stupéfiants autres que des fleurs de chanvre, la panacée opiacée en était bien loin. Ce qui, quelques minutes plus tôt, était une pulsion, une rage sourde qu'il réfrénait au prix d'efforts mentaux difficilement considérables pour quelqu'un qui n'était pas sa place, était devenu une simple et douce envie, qui s'exprimait par cette étreinte proche, presque paternelle qu'il offrait à la jeune femme. "Inutile de le nier", pensait-il, l'esprit s'embrumant de plus en plus à chaque inspiration alors qu'il avait coincée la pipe entre ses lèvres : s'il n'avait eu la volonté de réfréner cette envie douce malgré la substance euphorisante et soporifique, il se serait volontiers accordé des libertés physiques, quoi qu'elles n'eussent alors rien eu en commun avec celles qu'il s'était octroyées cinq ans auparavant.

Mais il ne le fit pas, se contentant de fumer avant de placer de nouveau l'objet entre les lèvres d'Eden. Sa sérénité aurait été communicative auprès de n'importe qui aurait pu le voir sans même avoir consommé d'opium. C'était une des choses qui avait plu à Hly'tha : hors du lit, Orkem pouvait s'avérer sympathique, taquin, semblait d'un calme aberrant( sauf en situation "de crise" auquel cas la meilleure option pour ne pas finir en chiche-kebab était de prendre ses jambes à son cou, mais elle ne l'avait jamais vu ainsi), mais surtout, la tranquillité qui l'habitait semblait se transmettre en un regard à quiconque croisait le sien...et qu'il ne souhaitait pas réprimander. Ses perceptions physiques décuplées, il sourit calmement en comprenant que le rythme cardiaque et respiratoire d'Eden était calé sur le sien. Il n'était pas en mesure de faire le raisonnement indiquant que si elle suivait ce rythme, n'ayant ni la même hygiène de vie, ni le même gabarit, elle risquait de s'hyperventiler, accélérant encore les effets du produit, mais pressentait malgré tout que la suite des évènements allait être drôle. Sa main vint effleurer la joue de la jeune femme avant de se reposer doucement contre sa nuque, tandis qu'il inspirait et expirait profondément, prenant de nouveau son souffle pour murmurer une simple phrase, un simple constat, comme un filet de vent passant entre ses lèvres, audible seulement par quiconque serait juste à côté de lui.

- La lune est magnifique, ce soir...

______________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

avatar

Eden'El Lumnar
néophyte


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 2193
❝ Avatar : Elle Fanning
❝ Multi-Compte(s) : Silly one & Ceersa motor sport
❝ Crédits : Vanka (gif+av) • ASTRA. (sign)

❝ Métier : Domestique au palais des représentants du Feu
❝ Age : 20 ans
❝ Niveau : 1


~#~Sujet: Re: Imaginaerum ☙ Orkem Mar 20 Juin - 12:18

Orkem Vahlaan
&
Eden'el Lumnar


Imaginaerum
Les chimères qui défilaient le long de mes paupières closes m’emmenaient dans un tout autre monde. Tout paraissait pourtant réel. Peut-être parce que je voulais y croire. La voix de ma conscience tentait de me crier que ce n'était pas bien, que je faisais une erreur, mais elle se dissipait, engloutie par les visions de rêve qui s'offraient à moi lorsque je fermais les yeux. Dans ce rêve, j'avais l'impression de courir alors que tout défilait lentement autour de moi. Je tenais une main douce qui m'entraînait. Devant, les lumières étaient de mille feux, éblouissant le visage de cette personne qui se tournait vers moi. Un sourire se dessinait sur mes lèvres. J'avais l'air paisible... « Ça l’est [illégal]. Mais qu’importe ? » Annonça-t-il avec légèreté. Un homme comme lui ne devait sûrement pas avoir de compte à rendre de toute façon. Alors que voulait vraiment signifier légal et illégal pour lui ? « En tout cas, tu peux prendre la chambre que tu veux, si celle qui t’es proposée ne te convient pas… » Je ne prêtai pas de suite attention à ces mots, peinant à les organiser dans mon esprit. « Tu aurais été encore plus idiote en refusant, sois-en sûre, dans quelques minutes tu ne pourras qu’affirmer la même chose… » Effectivement. J'aurais été idiote de passer à côté de ça.

La chaleur de sa peau m'enveloppait et me réchauffait de l'intérieur. Comment cela pouvait être possible ? La question ne fit que passer, symbolisée d'un oiseau qui traversait l'horizon nacré vers lequel je voyageais. Je jurerai sentir l'herbe fraîche se dérouler sous mes pieds nus et le vent caresser mon visage. Cette sensation de liberté, de légèreté... Cet espace me semblait infini... « Je ne veux pas de chambre, je veux... laissai-je en suspend. Un lit d'herbes hautes, un oreiller de plumes, le bruit du vent pour me bercer et la lumière du soleil pour me réveiller... » J'échappai un bref éclat de rire devant ma requête. Quelque part, vivre dans la nature me manquait. Mais il me paraissait impossible de quitter la vie que je me faisais ici, à Lucrezia. J'étais bien trop attachée à Ranrek pour envisager de tout quitter une nouvelle fois. Même si de revoir le visage d'Orkem m'avait fait regretté d'être revenue, cette fois-ci, je ne me défilerai pas. Il existait forcément un moyen autre que la fuite. Je ne voulais pas être à lui, je ne souhaitais appartenir à personne. Mais la réalité finirait bien par me rattraper et me faire comprendre que ce n'est pas possible. Que peu importe le chemin que je choisirai, jamais je ne serai vraiment libre. Ce n'était pourtant pas une fatalité à laquelle je souhaitais céder sans essayer de m'en sortir autrement. Mais pour l'heure, je ne voulais pas me battre ni résister. Quand bien même je l'aurais voulu, ça m'aurait été impossible dans cet état.

Un frémissement me parcouru discrètement alors que je sentis sa main se glisser dans mes cheveux.Ce simple geste, aussi doux fut-il, m'aurait fait tressaillir de peur... Mais ce n'était pas le Orkem que je connaissais qui se trouvait là. Ça ne pouvait être lui... Je n'aurais pu ainsi me rapprocher sinon... Chaque mouvement de sa main me faisait frissonner de la tête jusqu'en bas du dos. Loin de comprendre pourquoi je ressentais cela. Cette sensation parut décupler ma perception. Gardant les yeux fermés, j'avais l'impression de ressentir spirituellement sa présence et chaque vie se trouvant autour de nous. Le pavot décuplait-il mon don ? Il devait surtout être déréglé par mes visions où tout ce que je voyais prenait vie dans mon esprit. Avec l'impression d'être vidée de toutes mes forces, je laissai complètement ma tête se reposer contre Orkem, après deux bouffées, je lui redonnai la pipe. Une main reposait sur mes cuisses et l'autre près de sa jambe. Mes muscles paraissaient amorphes, ma respiration irrégulière. Après quelques instants, mon rythme se cala sur les battements de son cœur. « Je vois les champs de blé, rayonnant dans la lumière diaphane d'un soleil doux se levant à l'horizon... Que l'aurore est douce, belle... annonce d'un jour encore innocent... J'aime contempler le lever de l'astre diurne. Ces lumières qui, naissantes, éveillent nos cœurs... Je suis une feuille qui se détache de la branche et virevolte, entraînée par le vent, par l'air aux senteurs matinales, survolant la rosée. » J'étais la feuille, entraînée par le courant d'air qu'était Hly'tha...

Ma vue se troublait de plus en plus, ma respiration avait un rythme que je ne me connaissais guère, ma tête tournait... Si j'avais voulu me détacher d'Orkem, je n'aurais pu le faire sans m'effondrer. Si seulement les choses avaient été plus simples entre nous... S'il ne s'accrochait pas ainsi à moi, à l'idée que je pouvais représenter. C'est ce que je devais être : une curiosité, un symbole, quelque chose qu'il aimerait posséder mais qui s'évaporera toujours au creux de sa main. Quand bien même venait-il à m'enfermer, il n'aurait jamais mon âme, mon cœur. Fade vision qu'il aurait de moi. Un simple objet comme cinq ans auparavant. Or, s'il venait à me traiter à nouveau de la sorte, avec tout le mal qu'il pourrait causer à ceux que j'aime, je n'aurais la force de me dérober. Je ne souhaitais pas causer de tord à ces personnes. Hly'tha, Ranrek, ma famille. Je préférais que le mal me soit fait à moi plutôt qu'à eux. Avec l'amour qu'ils me portent et l'aide qu'ils m'apportent, ils ne méritaient pas de payer le prix. Le prix de quoi ? De la folie de cet homme ? Le caprice d'un Conseiller à qui le pouvoir a fait vriller le cerveau ? Le pouvoir, ou moi ? Peut-être que ce n'était pas lui le problème. Peut-être était-ce moi... Ses doigts frôlant ma joue laissèrent l'ombre de leur chaleur comme le trait du passage de flammes. Un léger tressaillement qui se résorba au moment où sa main vint se poser délicatement sur ma nuque. « La lune est magnifique, ce soir... » Mon souffle se faisait difficile et je dû ouvrir les yeux, me perdant que trop dans ces rêveries. Frémissait en moi un désir juvénile que je n'expliquais guère. Me sentant perdre tout contrôle, comme si je lâchais tellement prise que mon corps-même ne m'appartenait plus, je levai mes yeux jusqu'à ceux du Conseiller. « Orkem... je crois que... ça ne va pas... » Je ne parvenais pas à trouver les mots, à identifier mon mal qui pourtant, n'en était pas un. Je n'avais pas peur, aucune douleur, j'étais juste plongée dans un monde que je ne connaissais guère et même s'il était un peu fort de parler d'appréhension, une part de moi s'accrochait encore, luttait pour ne pas se laisser apaiser par l'opiacé.

@Orkem Vahlaan ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1206 mots

______________________




Dernière édition par Eden'El Lumnar le Mer 21 Juin - 17:50, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Orkem Vahlaan
confirmé


❝ Message : 136


~#~Sujet: Re: Imaginaerum ☙ Orkem Mer 21 Juin - 9:07

Le conseiller n’avait plus toute sa tête, entrainé dans la rêverie brumeuse que lui prodiguait le produit qu’il consommait, mais restait d’une lucidité impressionnante face à l’opiacé. Là où Eden, au bout de cinq ou six bouffées, devait être dans un monde à part, il lui en avait fallu une douzaine, et il n’était pas encore aussi déconnecté de la réalité que ne l’était la jeune femme. Il l’écoutait, quoi que son propos soit d’une confusion certaine…En réalité, non, son propos était clairement articulé, les mots avaient un sens, même mis bout à bout, c’était surtout le sens global de la phrase, qui ressemblait plus au psaume surréaliste d’un prêtre illuminé qu’à celui d’une jeune femme parlant d’elle-même. Mais l’opium déliait les langues et les barrages de l’esprit, et autant Orkem s’appliquait à faire le vide dans le sien, autant elle ne semblait pas en faire autant. Elle luttait, une partie d’elle-même luttait, alors que tout son esprit semblait se liguer avec son corps contre cette petite, cette toute petite partie d’elle-même qui souhaitait faire barrage à ce qui se passait.

- Orkem... je crois que... ça ne va pas...

Il lui sourit calmement et l’accompagna pour la faire s’allonger sur l’herbe. Posant ses mains sur les oreilles de la jeune femme pour lui épargner un son strident, il siffla entre ses dents, et un de ses oiseaux messagers, Sokol, son petit préféré (enfin, si tant est que l’on puisse qualifier de « petit » un cyrcaète de 75 centimètres et approchant les quatre kilos), un mâle acheté quatre ans plus tôt au marché de Lucrezia, qu’il dressait lui-même, avec les conseils d’un fauconnier qui assistait certains chasseurs de renom dans leurs expéditions. L’oiseau vint se poser sur le poignet du conseiller, qui ne cilla même pas, sans son gant, lorsque les serres de l’animal vinrent entailler profondément sa peau. Il caressa un instant l’oiseau et suréleva de sa main propre la tête de la jeune femme sous laquelle il glissa l’animal, habitué à ce que son maître s’octroie jusqu’à des siestes d’une demi-journée de cette manière : la récompense en nourriture valait largement de faire un somme et de servir d’oreiller, avait observé d’expérience Orkem.

- Tout va bien, Eden, Lâche-prise... Sois libre de toi-même avant de vouloir être libre du reste…détends-toi…Plus tu vas lutter, plus ton conflit intérieur va se faire sentir…Il pourra bien attendre demain, profite de l’apaisement temporaire…C’est le calme que tu voulais, la nuit que tu voulais… lui dit-il calmement en laissant entrevoir un sourire amusé naissant sur ses lèvres, tu as même le lit et le coussin que tu voulais. Alors dis-moi, ma belle. Dis-moi ce qui ne va pas.

La peau d’ordinaire ivoirine du son visage clair et fin de la jeune femme était légèrement rougie par l’essoufflement et la chaleur qui la parcouraient : le corps réagissait vivement aux luttes intérieures lorsqu’un opiacé venait perturber la perception du monde d’un consommateur. Le voyait-elle seulement encore comme un danger ? Car dangereux, il l’était, mais certainement pas en cet instant, où la quiétude du jardin et la brise vespérale venaient caresser sa peau tannée par le soleil seznien. Orkem ne se demandait même pas ce qui pouvait bien causer cette réaction chez elle. Elle devait l’abhorrer, le haïr, et les actions qu’elle avait effectuées allant contre sa compréhension venaient conforter son idée que Dhelm avait dû lui donner quelques conseils « de survie en milieu hostile ». Il n’en voulait pas à son garde du corps pour si peu, en temps normal, comme à cet instant, et encore moins à Eden d’avoir suivi son instinct, d’une part, et les conseils en question, de l’autre. Elle avait pu vivre une journée plutôt calme, en réalité. Une journée pareille dans le désert Seznien, c’était ce que l’on appelait du pur repos, un luxe que bien peu sur place pouvaient se permettre. Certes, il y avait eu quelques dégâts collatéraux et quelques annonces pour le moins troublantes de la part du conseiller, mais il n’y pensait même plus. Le seul son qu’il entendait encore était la respiration de la jeune femme. Concentré sur celui-ci, il ferma les yeux, et les visions qui occupaient son esprit embrumé reprirent de plus belle. Sezni. Inaki. Malaggar. Les flammes revenaient à sa mémoire, son passé refaisait surface de la manière la plus grandiose et la plus agréable qu’il ait eue jusqu’à lors. La seule présence d’Eden avait déjà un effet équivalent à celui d’un opiacé pour lui, la double-dose était déconseillée au conseiller, mais il n’en avait cure, et c’est en toute connaissance de cause qu’il rechargea sa pipe et continua à en aspirer la fumée.

Le cœur de la sphère de résine de pavot était plus sombre que l’extérieur. De toute évidence, il s’agissait de plusieurs couches de résine, plus ou moins oxydées, et donc plus ou moins fortes. La fumée qui en sortit avait cette fois un goût bien plus fleuri que précédemment, et une odeur allant de pair avec ses qualités gustatives. Les notes de caramel étaient subtiles, c’était un tout autre produit qui se consumait, en termes de raffinage et de qualité. La première bouffée lui fit l’effet d’un coup de barre en métal derrière la tête tant le produit était fort, et il en papillonna des sourcils pendant quatre bonnes secondes en faisant son possible pour garder son équilibre. Qui se raccrochait à qui ? Difficile à dire, alors qu’il aspirait une seconde bouffée qui ne lui fit cette fois pas l’effet d’un choc occipital. Il souriait calmement, apaisé par le produit, ignorant la sensation de chute qui le prenait à chaque fois qu’il consommait pareille substance, une expression de délicieuse béatitude se lisant sur son visage alors qu’il humait l’air, les yeux clos.

- Tu es libre de faire ce que tu veux, ici, à part partir… et encore…Dans quelques heures à peine, tu seras tranquille…Alors pourquoi être aussi tendue ? Ne lutte pas contre toi-même… laisse-toi aller à tes envies, à toute cette relaxation…Profites-en tant que tu le peux…Je doute que Ranrek en aie… Lui dit-il calmement. Il n’y avait pas la moindre once d’agressivité, pas la moindre once de méchanceté ou de jalousie dans sa voix, l’Opium lui permettait de considérer tous les faits sans rage aucune. Il voyait juste qu’elle devait se détendre, se relacher comme lui le faisait avec un plaisir non-dissimulé, comment puis-je t’aider à soulager ce besoin de lutter, ce contre quoi tu te bats ?..

Il n'ajouta rien, se contentant de continuer à respirer l'air frais de la nuit et la fumée fleurie. Il s'étira lentement le dos et les bras, comme pour garder conscience de son corps, avant de rouvrir les yeux, le regard rivé vers les cieux. Depuis combien de temps n'avait-il pas ressenti pareil bonheur? Oh, cette pipe brûlait régulièrement, c'était un fait...Mais la présence d'Eden semblait agir comme un catalyseur du produit, tandis qu'il évitait de trop la fixer. Non pas qu'il aie peur d'elle, ou de sa réaction, non...Il avait peur de lui-même. De ce qu'il pourrait faire. Elle le fascinait, l'attirait, l'intriguait...Quelle que soit la femme que l'on lui présente, aucune n'aurait à ses yeux l'intérêt que pouvait avoir Eden. Elle était...différente, si différente de ces gens qu'il côtoyait tous les jours, si différente de sa soeur, si différente d'Aspyn...Si différente de toutes les femmes qu'il avait connues qu'entre le produit et cette intrigante différence qui éveillait en lui un désir puissant, lutter devenait de plus en plus difficile. Sokol gémit légèrement, habitué à ce que ce soit l'odeur d'Orkem qui soit aussi proche de ses orifices respiratoires, pas celle d'une jeune femme, respirant à ras de terre pour ne pas être atteint par les vapeurs opiacées, et le conseiller lui offrit le luxe d'une caresse alors que ses yeux détaillaient de pied en cap le corps d'Eden. Elle était un tableau, un chef d'oeuvre, même, vivant. Il aurait aimé contacter quelqu'un pour capturer cet instant autrement que dans sa mémoire, mais son meilleur messager servait actuellement de peluche emplumée ou d'oreiller avien sans taie. Et puis, Eden n'aurait pas apprécié. Elle devait profiter de cette douce nuit emplie de calme et de rêves, car ce serait sans doute la seule avant un bon moment...


______________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

avatar

Eden'El Lumnar
néophyte


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 2193
❝ Avatar : Elle Fanning
❝ Multi-Compte(s) : Silly one & Ceersa motor sport
❝ Crédits : Vanka (gif+av) • ASTRA. (sign)

❝ Métier : Domestique au palais des représentants du Feu
❝ Age : 20 ans
❝ Niveau : 1


~#~Sujet: Re: Imaginaerum ☙ Orkem Mer 21 Juin - 9:10

Orkem Vahlaan
&
Eden'el Lumnar


Imaginaerum
Happée par les senteurs caramélisées, la douceur de la nuit, cette chaleur réconfortante et cette redécouverte des sensations que pouvaient me procurer le contact avec la nature... je ne pouvais qu'être en harmonie avec tout ce que je désirais : lâcher prise et me laisser porter par des visions oniriques que je me persuadais être plus vraies que nature. Je voulais cet instant, malheureusement, ma raison me l'interdisait. Une raison qui choisissait mal son moment pour se manifester... Combien de décisions stupides avais-je pris ? Combien d'erreurs et de mauvais jugements avais-je fait ? Combien de choses je devais me persuader de ne pas avoir à regretter ? Peut-être que la raison pour laquelle je n'étais plus capable de me regarder en face, c'était parce que je me mentais à moi-même... Reporter cette faiblesse sur ce qu'Orkem avait pu me faire vivre, ça m'aidait bien. Pas à me reconstruire, mais à me conforter dans cette idée que même si j'essayais, il me serait impossible d'être celle que je souhaitais. Il avait beau me hanter et me terroriser, c'était il y a cinq ans. Je ne pensais pas qu'un jour je pourrais me remettre de ce qu'il m'a fait. Au-delà de l'impact psychologique fort que ça avait eu sur moi, cela avait laissé des marques bien plus ancrées en moi. Les cicatrices n'étaient que la partie apparente du mal qu'il m'avait fait. La violence avait meurtri mon corps à jamais...

De l'extérieur, je n'avais que ma terreur et ma colère non-assumée lorsque j'évoquais Orkem. Une honte intense sur le visage, cette manie de porter ma main à l'endroit où devait se voir ma marque. Mais à l'intérieur, fut un temps où je parvenais à souhaiter passer au-dessus de ce cauchemar. J'évoquais la pensée - non pas de lui pardonner - de l'enfermer dans un tiroir de mes souvenirs que je refermerai avec un cadenas plus solide que jamais. Ne plus penser à ce que contenait ce tiroir qu'en évoquant le nom que je lui aurais donné : le cauchemar. - Oh, et que raconte-t-il ? - Rien de bien, mais ça n'a aucune importance. Un passage de la folie humaine comme il y en a souvent. Parce que des drames, il s'en déroulait tous les jours. Et même tout près de moi. Ce que vivait Kara était une preuve parfaite : la violence qu'elle me décrivait, ces vingt-quatre années passées à se faire humilier, rabaisser, violenter par un homme que, malgré tout, elle semble aimer. Pour les enfants qu'il lui a donné ? Pour la situation qu'il apporte à sa famille ? J'ignorais ses motivations profondes. Mais elle endurait ça chaque jour en ce levant. Ses mots n'étaient-ils pas suffisants à me dire de faire comme s'il ne s'était rien passé cinq ans auparavant ? « Tu as peut-être eu une vie difficile, Eden, mais tu en es sortie vivante et visiblement plus forte, mais certainement pas brisée comme je peux l’être. Tu as la possibilité de te sortir de cette misère et de prendre ta vie en main et ce, même si tu penses que ce sera dur. Parce que oui, ce sera dur. Violent. Tu es jeune, tu es faible. Tu vis dans un monde empli de cruauté. Mais tu as reçu une possibilité hors du commun que tu n’as pas le droit de gâcher. » Disait-elle en faisant référence à la chance que m'offrait ma rencontre avec Ranrek. Une chance... entachée par l'arrivée d'Orkem...

À ce stade, j'avais compris que Ranrek ne pourrait plus m'aider. Il aurait pu si Orkem n'avait pas été Conseiller. S'il avait été un autre homme ; moins influent, moins important, moins entraîné... Ranrek n'aimait pas le Feu et n'usait que peu de son pouvoir. Il avait une place estimée auprès de son père mais qui n'avait qu'une envie : me voir disparaître. Il avait l'amitié de Sven, mais aussi liés qu'ils pouvaient être, je ne pense pas que Sven porte en son cœur le fait que son ami s'entiche d'une esclave Terre... Pourtant, je savais que si j'échappais un mot à Ranrek, il remuerait ciel et terre pour faire payer à Orkem ce qu'il m'avait fait. Même s'il n'avait aucun espoir de gagner. Il portait en lui cette flamme vindicative que je n'avais guère. Cette rancune que j'éprouvais était sans violence. Sans vengeance. À quoi cela servirait après tout ? Risquer de faire encore plus de mal qu'il n'en a déjà été fait ? Certes, j'avais été la seule à souffrir, mais ce n'était pas pour autant qu'équilibrer la balance était une idée qui me ravissait. Orkem était assez néfaste pour se nuire à lui-même sans que Ranrek n'ait à s'en occuper à vrai dire.

Si je venais à en parler à Ranrek, il serait rongé par la colère et la haine. Il n'aurait qu'une envie : me venger. Tout comme Kara ne souhaitait pas que je lui parle de ces violences continuelles, de ses idées noires qui me laissent craindre chaque jour sa disparition... Je n'avais de cesse de chercher à aller vers elle, au moins pour la servir. Et lorsque je ne pouvais pas, je demandais à Leanor des nouvelles de Dame Kara. Des jours paraissaient plus faciles que d'autres... Mais au moins elle était toujours en vie. Elle savait que Ranrek ne pourrait l'aider et il savait qu'il ne pouvait l'aider. Mais selon les mots de Kara, si Ranrek venait à savoir toute la vérité sur ce qu'elle ressent et sur sa situation, il en serait détruit. En était-ce de même pour ma situation ? Je le craignais... S'il apprenait ce qui s'était passé aujourd'hui ? Que tout ceci n'était qu'un coup monté pour que mon tortionnaire passé vienne semer à nouveau cette graine de désespoir qui m'avait hantée tout ce temps ? Il ne devrait rien en savoir. Et ça n'avait rien à avoir avec les menaces que pouvait proférer Orkem. Ranrek n'en saurait rien. Il ne fallait pas... L'idée saugrenue me vint où je comparais l'attachement qu'il avait pour moi à celui qu'il pourrait avoir envers Kara... Non, c'est impossible.

D'un sourire apaisant et attentionné, Orkem me détacha de lui afin de m'allonger délicatement sur l'herbe. Les commissures de mes lèvres se relevaient dans un sourire partagé, mais mes yeux restaient perdus. Pourquoi était-il ainsi avec moi ? Cette journée m'avait paru sonner tellement faux... Tellement... lui et pas lui à la fois... Nul doute que ses gens le craignaient et sûrement avec raison. Sans nul doute était-il vraiment tyrannique, sadique et intransigeant. Dur, cruel, sans compassion ni pitié pour ceux qui ne faisaient pas ce qu'il ordonnait. Comme il l'avait été avec moi avant parce que je me refusais à lui, parce que je ne voulais pas être son esclave, sa chose, sa "chienne". Il pourrait tenter de se trouver toutes les excuses du monde que ça n'y changerait rien : je ne voulais pas lui appartenir. Je ne voulais appartenir à personne. Même si ma situation rendait ce désir assez peu réalisable... Mais en réalité, là où certains voyaient une esclave, j'étais une domestique ; payée pour mon travail - bien que le remplissant pitoyablement - nourrie, logée et blanchie. Ranrek ne me retenait guère contre mon gré, quand bien même il souhaiterait que nous devenions inséparable quoi que puisse nous réserver l'avenir. La seule chose qui me retenait prisonnière c'était les sentiments que j'éprouvais pour lui, cet attachement indestructible dont je ne me libérerai jamais à moins que l'on ne m'arrache à lui par la force. Ce qu'Orkem allait faire, indéniablement. Ou alors allait-il s'en tenir à son marché : mettre un oiseau en cage pendant deux jours puis le laisser repartir vivre sa vie en liberté. J'avais beau être naïve et optimiste, je savais que ça ne serait pas le cas.

Cinq années, cinq années où Dhelm le décrivait comme obsédé par mon souvenir. Une obsession malsaine car ne se lisait en lui aucun sentiment pour moi, aucune considération réelle, aucune sincère affection. Il n'y avait que l'intérêt de contempler un mystère, une équation insolvable. Le jour où il souhaiterait me contempler une nouvelle fois, Orkem n'aurait qu'à menacer Ranrek, ma sœur, ma famille, ou toute personne innocente comme ce garde qu'il n'avait pas hésité à tuer pour m'obtenir. Cela hissait cette journée au rang d'hallucination collective où tout le monde jouait le jeu alors que personne n'y croyait réellement. Y croyais-je ? Cette sensation de m'allonger dans un immense pré vierge de toute activité humaine, ces couleurs et ces rêves... Il posa ses mains sur mes oreilles. Je fermai les yeux mais les rouvris doucement alors qu'il se mit à siffler. Même si je ne comprenais pas pourquoi, cela me fit brièvement rire, comme une gamine rirait à une blague contée par un jeune homme cherchant à la charmer. Apparut alors un grand oiseau dont j'ignorais le nom et la provenance - sûrement de Sezni - qui vint poser ses serres sur le bras ferme d'Orkem. De son autre main, il vint relever ma tête. Intriguée et émerveillée, je le laissai faire sans dire mot alors qu'il glissait l'invité derrière moi pour m'en faire un oreiller. D'un regard quelque peu admiratif, je souris au Conseiller. Conseiller... je ne savais plus ce que cela voulait dire... me l'avait-il expliqué ? Ça ne paraissait plus avoir la moindre importance. « Tout va bien, Eden, lâche-prise... Sois libre de toi-même avant de vouloir être libre du reste… détends-toi… sa voix m'apparaissait comme une mélodieuse litanie alors que mon sourire s'évaporait dans son regard. Plus tu vas lutter, plus ton conflit intérieur va se faire sentir… Il pourra bien attendre demain, profite de l’apaisement temporaire… C’est le calme que tu voulais, la nuit que tu voulais… tu as même le lit et le coussin que tu voulais, un rictus silencieux m'échappa. Alors dis-moi, ma belle. Dis-moi ce qui ne va pas. » Orkem m'apparaissait comme un magicien. Il avait le moyen de me permettre de poser tous mes soucis de côté pour une nuit. M'offrir la chambre de mes rêves avec le lit de mes rêves... Mais malheureusement, malgré son génie et ses efforts, ce ne serait que pure folie que de croire qu'un jour je le choisirai... Même si cette nuit, contre toute attente, j'avais l'impression que c'était lui que je voulais...

Qu'est-ce qui n'allait pas ? Cette contradiction... L'amour et la haine étaient-ils des sentiments si fortement éloignés mais si proches dans leur profondeur et leur intensité que l'on pouvait les confondre ? Ou était-ce seulement le pavot qui me faisait oublier tout ce qu'il y avait entre lui et moi ? Mon esprit était troublé, mais je sentais les dernières bribes de ma raison s'évanouir.

Les yeux fermés, Orkem avait presque une expression enfantine. Cette expression immaculée de soucis, de contrariétés et de frustration. Des traits adoucis et ce léger sourire à la fois taquin et paisible. Une expression que j'aurais cru impossible de lire sur son visage. Orkem n'était pas un émotif. Et quand bien même il l'aurait été, ce n'était pas un homme heureux. Il ne pouvait réellement l'être, c'était impossible. Je conclus alors aisément que tout ceci n'était pas réel. Nous n'étions pas entrain de fumer je ne sais quoi dans son jardin sous un clair de lune. Ceci n'était qu'un rêve et, pour une fois, il me paraissait agréable. Alors oui, je devais en profiter. Savourer cet instant de paix. Fermant les yeux alors qu'il rechargeait sa pipe, je me laissai porter une nouvelle fois dans ces visions éphémères où tout perdait de sa cohérence et de son unité bien que se mariant dans une harmonie psychédélique intensément apaisante. « Tu es libre de faire ce que tu veux, ici, à part partir… Et encore… Dans quelques heures à peine, tu seras tranquille… mes yeux se rouvrirent pour le voir. Tranquille, il fallait vite le dire s'il parlait de cette libération physique. Alors pourquoi être aussi tendue ? Ne lutte pas contre toi-même… laisse-toi aller à tes envies, à toute cette relaxation… Profites-en tant que tu le peux… Je doute que Ranrek en aie… Un léger éclat de rire m'échappa. Énoncer le nom de celui à qui j'acceptais d'appartenir ne paraissait pas lui importer. Ranrek était un homme bien, il n'était pas à consommer ce genre de substances non autorisées, effectivement. Peut-être était-il d'ailleurs trop bien pour moi... que j'étais trop éraflée pour pouvoir mériter un tel homme et qu'il puisse pallier à mes désirs... Pourtant, je savais au fond qu'en dépit de ne pas pouvoir m'apporter cela, Ranrek veillait à me donner ce dont j'avais besoin pour me reconstruire, et ne m'entraînait pas dans une déchéance vicieuse... Comment puis-je t’aider à soulager ce besoin de lutter, ce contre quoi tu te bats ? » Je souris mais sans amusement perceptible. « En me faisant oublier ? Je ne sais pas... je ne crois pas qu'il existe de formule magique, même dans ce rêve que nous vivons cette nuit. Délicatement, je posai ma main sur son bras en restant allongée, espérant qu'il me fasse fumer le nouveau mélange préparé. Il n'y avait rien à ma connaissance jusqu'à maintenant qui pouvait... ainsi me détendre... alors même si je veux croire qu'il existe quelque chose d'assez fort et intense pour m'occuper jusqu'à la dernière fibre de mon être et de mon esprit, je ne pense pas avoir de solution miracle dans ma besace... » Je me mis à rire de quelques éclats cristallins en ramenant mes jambes vers moi. Le tulle de ma robe glissa de mes genoux, laissant la lumière de la lune se refléter sur ma peau diaphane. Si mon bras droit, mon dos, portaient le passage des flammes d'Orkem et que le temps avait laissé quelques cicatrices ci et là, restaient encore bien des parcelles de mon corps encore immaculées.

@Orkem Vahlaan ☙ #Sanie #Vanka ☙ 2437 mots

______________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Orkem Vahlaan
confirmé


❝ Message : 136


~#~Sujet: Re: Imaginaerum ☙ Orkem Jeu 22 Juin - 0:24

-En me faisant oublier ? Je ne sais pas... je ne crois pas qu'il existe de formule magique, même dans ce rêve que nous vivons cette nuit …

Une formule magique ? Non, de toute évidence, ça n’existait pas. Rien ne pourrait lui faire réellement oublier ce qu’il en était. Mais pourtant, elle qualifiait cette nuit de « rêve ». Un rêve au côté de son pire cauchemar, mais un rêve quand même. Sous ses paupières closes, Orkem voyait des dragons dansant, s’affrontant, s’entrelaçant dans un ciel sans nuages ni étoiles, noir de nuit, seulement éclairé par la pâle lueur de la lune, tandis que les hommes, béats, observaient les cieux, immobiles, comme des statues de terre cuite face aux forces qui les ont façonnées. La main d’Eden, blanche et douce, vint se poser sur son bras alors qu’il expirait un nouveau panache blanc de ses poumons, et rapidement, il comprit qu’elle voulait continuer à fumer. A ce rythme-là, son réveil allait être difficile…Mais c’était aussi à elle de tester ses propres limites.

- Attention, ça tape un peu plus que la précédente… la prévint-il en lui tendant la pipe alors qu’elle reprenait sa phrase et une bouffée.
- Iln'y avait rien à ma connaissance jusqu'à maintenant qui pouvait... ainsi me détendre... alors même si je veux croire qu'il existe quelque chose d'assez fort et intense pour m'occuper jusqu'à la dernière fibre de mon être et de mon esprit, je ne pense pas avoir de solution miracle dans ma besace...
- Plus on creuse dans la sphère, plus le produit est fort…dans ta besace, non, dans ta main, peut-être. répondit-il en souriant tout en faisant doucement se refermer la main d’Eden sur la pipe, alors qu’elle riait doucement.

Il la détaillait, centimètre après centimètre, alors qu’il sentait l’envie, le besoin de faire plus que la regarder et la materner (quoi que bien indignement, un père ou une mère qui ferait fumer de l’opium à sa protégée serait assez étrange…) grimper en lui, se développer de manière quasi-exponentielle…Il tenta de reporter son regard sur le visage détendu de la jeune femme, alors que celle-ci ramenait ses jambes à elle, le tulle de sa robe choyant jusqu’à ses hanches en laissant voir ses jambes blanches... Il ne put détacher son regard embrumé des cuisses de la jeune femme, dénudées, éclairées de la pâle lumière de l’astre nocturne…sa main gauche se posa sur la jambe droite de la jeune femme alors qu’il s’agenouillait juste à côté d’elle. Le contact de cette peau presque aussi chaude que la sienne, si fine, si douce raviva en lui une flamme qu’il aurait aimé savoir éteinte à jamais. Une vague de colère, une pulsion le traversa avec une violence inouie, à peine perceptible, de par l’effet du pavot, à la crispation temporaire de sa mâchoire heureusement cachée par sa barbe, alors qu’il saisissait calmement la pipe qu’elle lui tendait, et ce fut avec un geste vif (très vif pour son état, assez lent par rapport à ses réflexes normaux) qu’il la porta à ses lèvres pour tirer une bouffée presque trois fois plus longues que les précédentes. La fumée qu’il en recracha ne relevait même plus du panache, mais directement du nuage. Il en manqua de perdre l’équilibre, se laissant lentement pencher en avant pour s’appuyer sur son bras libre, posant la pipe dans l’herbe en l’éteignant d’un geste discret de l’index, tout en caressant la cuisse de son invitée, son regard détendu, comme tous ses muscles, et sourit légèrement en voyant Sokol, confortablement installé sous la tête d’Eden, détourner le regard comme si il n’avait absolument rien à faire là et n’était pas concerné par cet instant d’intimité.

Ses doigts caressèrent doucement la peau frêle, glissant du dessus de la cuisse à l'intérieur de celle-ci sans pour autant s'approcher de l'intimité d'Eden. L'effet aphrodisiaque de l'opium était puissant, rapide à agir, et lent à partir...en fumant seul, le cerveau ne faisait pas l'assimilation d'une potentielle envie charnelle, mais...ni elle ni lui n'avait fumé seul ce soir là. Sous cette lune magnifique, les choses étaient différentes. Elle avait la peau presque aussi chaude que la sienne, là où c'était pour lui naturel, et qu'il se régulait pour rester à une température corporelle normale -pour un Seznien- ...un frisson parcourut tout le long de sa colonne vertébrale, une sensation fort inhabituelle pour le Conseiller, qui s'immobilisa un instant, repliant le bout de ses doigts, son regard reporté sur le visage d'Eden. Elle était là, les yeux clos, face à lui...Elle n'avait pas peur. Elle n'avait plus peur. L'hésitation, qui, un instant plus tôt aurait pu être lue dans les yeux du conseiller, avait fait place à un mélange d'excitation et de plaisir alors qu'il venait poser doucement ses lèvres sur celles d'Eden. La tendresse dont il faisait preuve était inhabituelle, presque déroutante venant de sa part. Mais si, cinq ans auparavant, il n'était que fureur, soif de pouvoir et impulsivité, il avait appris à tempérer modérément ses ardeurs, et...Il avait compris.

Il avait compris qu'en réalité, il ne détestait pas cette jeune fille, que dans son irrépressible envie de la posséder, il y avait là l'expression d'une tendresse, d'une affection certaine. Mais il avait toujours considéré ces sentiments comme une faiblesse, il ne pouvait pas se permettre d'être faible. Jamais. Sauf à cet instant. Ou alors son raisonnement était-il lourdement biaisé par l'opium, et il n'avait qu'un désir de domination et de possession qui s'était, à cause de la substance, transformé en une forme de tendresse. A vrai dire, il s'en moquait. Il était dans un état d'excitation étrange, qui s'exprimait non pas par la violence et l'envie d'assouvir ses pulsions comme c'était usuellement le cas, mais par une envie (charnelle, ne le nions pas) d'une certaine sensualité. D'une relation à laquelle ils consentiraient tous deux. Au moins une fois. Après tout, elle pourrait bien le détester plus tard. Elle était en capacité de résister à ses avances, mais elle ne le faisait pas. Elle y réagissait même de manière étonnamment (pas tant que ça quand on savait qu'ils avaient presque fumé deux grammes d'opium en un quart d'heure) positive. ce n'était plus le bout de ses doigts qui caressait la peau de la jeune femme délicatement, mais bien le bout de ses ongles, et à chaque baiser, sa main se rapprochait de quelques millimètres de l'intimité d'Eden...

Il la voulait. Il la désirait. Il se sentait différent de l'homme qu'il était devenu. Orkem semblait être dans les mêmes dispositions qu'Eden, dans la même gestuelle. La drogue les avait rapprochés, au point que s'ils étaient les deux faces d'une même pièce, cette pièce aurait été scindée en deux dans le sens de la hauteur pour qu'ils puissent enfin se rencontrer, se découvrir. Sans doute, dès le lendemain matin, les choses reviendraient à la normale. Elle le haïrait. Il se montrerait poli. Ils ne feraient que partager le premier repas de la journée, peut être le dernier, et ce serait tout. Mais ce n'était pas le cas en cet instant, où sa main vint se poser doucement entre les cuisses de la belle blonde, que ses lèvres descendaient doucement dans le cou de celle-ci, mordillant doucement sa peau si fine, si douce...Les sensations du contact physique étaient décuplées, son excitation suivant la même proportion, sa peau avait encore gagné deux degrés tandis qu'il venait doucement lui murmurer à l'oreille.

- Et si cette nuit, nous faisions la paix?

______________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

avatar

Eden'El Lumnar
néophyte


❝ Disponibilité RP : Pas disponible
❝ Message : 2193
❝ Avatar : Elle Fanning
❝ Multi-Compte(s) : Silly one & Ceersa motor sport
❝ Crédits : Vanka (gif+av) • ASTRA. (sign)

❝ Métier : Domestique au palais des représentants du Feu
❝ Age : 20 ans
❝ Niveau : 1


~#~Sujet: Re: Imaginaerum ☙ Orkem Jeu 22 Juin - 1:32

Orkem Vahlaan
&
Eden'el Lumnar


Imaginaerum
Une profonde lassitude m'éprit à force de chercher à réfléchir. Une respiration régulière mais sûrement bien trop rapide pour moi... je sentais mes pommettes rougir d'un rose nacré. Le monde paraissait s'emmêler les pinceaux. Un mélange de couleurs et de nuances qui faisait s'inverser les formes dessinées. « Attention, ça tape un peu plus que la précédente… » Effectivement, une fois la bouffée prise, je sentis un violent et pourtant doux coup sur ma tête. Comme si la fumée m'achevait. Un gémissement succinct dans lequel j'abandonnais la dernière once de volonté qui pouvait m'habiter. « Plus on creuse dans la sphère, plus le produit est fort… dans ta besace, non, dans ta main, peut-être. » Ses mots se mélangeaient en écho aux miens que j'imaginais ne pas encore avoir prononcé. Un mélange étrange et perturbant mais qui ne parut pas me gêner outre mesure. Sa main avait glissé sur la mienne pour me faire m’accrocher un peu plus à cette pipe chargée de pavot. J'ignorais quels étaient les véritables effets de cette substance que j'inhalais. J'étais encore moins au courant des effets secondaires qui rejailliraient la veille sur moi. Des courbatures ? Une migraine ? De la fatigue ? Je n'en avais aucune idée et ne me posais pas la question, pour être franche. Rien de ce qui pouvait avoir eu lieu par le passé ou qui pourrait avoir lieu dans le futur n'avait d'importance. Il n'y avait que moi, ce bout de nature, Orkem et son compagnon ailé. Reposer sa tête sur un oiseau était une sensation étrange mais curieusement apaisante.

Le regard d'Orkem ne me gênait guère, mes yeux restaient tantôt clos, tantôt rivés vers le ciel. La chaleur de mon corps résultait-elle de l'opiacé ? Ou de ma proximité avec le Conseiller ? J'avais toujours la peau particulièrement fraîche. Pas aussi froide qu'un Eau, mais j'étais rarement submergée par cette chaleur épidermique. Bien que je n'affectionnais pas la chaleur en temps normal, là, ça ne me dérangeait pas. Autant que d'ordinaire, la seule idée qu'Orkem ne pose la main sur moi suffirait à me lancer dans une crise de panique, le toucher de sa main sur ma jambe me paraissait agréable. Les frissons qui me parcouraient devraient m'inspirer dégoût et terreur, mais il n'en était que le contraire : suavité et plaisir. Une tendresse qui ne pouvait qu'assurer l'irréalisme de ce qui pouvait se passer et me confortait dans cette idée : ne plus lutter. Ce rêve qu'une trêve me soit accordée était à portée de main, je n'avais qu'à lâcher prise. Ma seule question pourrait être la suivante : si je suis dans un rêve, pourquoi n'était-ce pas  Ranrek que je trouvais à mes côtés ? La réconciliation avec moi-même devait passer par une réconciliation avec mon passé... Peut-être était-ce là un signe donné par Tarlyn...

Lentement, je lui tendis à nouveau la pipe qu'il reprit et refermai les yeux afin de nager un peu plus dans ces rêveries enchanteresses. Cet instant d'égarement me détachait totalement des caresses d'Orkem et pourtant, les sensations n'en étaient que plus intenses. Ma respiration avait beau ralentir sous la relaxation, mon cœur continuait de battre fort, et vite. La chaleur qui m'habitait me transportait je ne sais où... Et le savoir ne m'importait pas. Je ne voulais pas savoir. Je ne voulais pas penser car penser impliquait d'envisager le pire et à cet instant, je ne souhaitais pas que les choses prennent une vision diamétralement opposée. Je m'accrochais à l'idée de vider mon esprit de tout ce qui pourrait entraver cette pause accordée par ce délice caramélisé. C'était sûrement mal. Sûrement dangereux. Mais je devais probablement faire ma crise existentielle un peu plus tard que les autres. Lascivement, je laissai ma jambe gauche s'étendre tout en gardant mon genou droit relevé où se dessinaient des sillons frémissant au passage des doigts d'Orkem. Lorsqu'il rapprocha son visage du mien et vint déposer ses lèvres contre les miennes, mon souffle se coupa. Mon cœur se mit à battre bien plus vite. Je ne repoussai guère Orkem, mais restai immobile quelques secondes qui m'avaient parues n'être qu'un bref instant imperceptible. Chaque sentinelle de mes sens était en émulsion. Doucement, j'ouvris les yeux et vis son regard. Ce n'était pas l'homme que je connaissais. Non. Pas le moins du monde. Je peinais à maintenir mes deux yeux correctement dans les siens, chavirant comme si le pavot cherchait à me détourner. Cette substance inversait tout... J'aurais dû me sentir salie et abusée, mais alors que mon esprit tentait une dernière fois de m'alerter, chaque parcelle de mon corps trahissait ce désir qui m'éprenait et me possédait. Pourtant, je n'en avais pas honte. Mon inconscient luttait pour me faire reculer, mais je n'avais aucune envie de faire marche arrière. Avais-je finis par complètement tourner la carte ? Sans nul doute.

Si dans la réalité je pouvais trouver le moindre réconfort en le haïssant et en le méprisant, ici je pouvais lui prouver que tous pouvaient vivre en harmonie et dans le respect de l'autre. Je donnais vie à une vision dans laquelle l'amour serait la seule motivation du cœur des Hommes. Un lieu où la violence n'avait de place que si chacun y trouvait son plaisir. Après ce qu'il m'avait fait subir, je ne pensais pas être faite de sucre. Mais ma volonté devait être respectée autant que la sienne. Un rythme que l'on devait déterminer à deux et non selon ses pulsions extrêmes. Cependant, là où cinq ans auparavant il n'y avait que colère et indignation, il ne paraissait plus y avoir qu'un désir passionnel. Par le passé, peut-être qu'Orkem ne faisait que se battre contre une chose à laquelle il ne pouvait - même aujourd'hui - se résoudre : accepter qu'il puisse avoir des sentiments pour une jeune femme, non Feu, loin de la violence et des souffrances de chaque jour. Je ne parlais pas d'amour pur, Orkem devait tellement avoir façonné cette glace qui recouvrait son cœur, tellement s'être conditionné pour servir Sven et les intérêt de Sezni, qu'il ne devait même plus être capable d'évoquer les sentiments qu'engendre un réel amour. À mesure que sa main se rapprochait de mon intimité, mes respirations se faisaient plus longues, plus intenses. Je déliais chaque parcelle de mon être lascivement, encourageant ce voyage tactile face auquel je me serais révoltée avec véhémence si j'avais été dans mon état normal. Un gémissement sourd m'échappa alors que de ses lèvres il savourait le creux de mon cou. Je passai ma main droite le long de son bras jusqu'à la poser sur sa nuque. Sa peau était presque brûlante mais cela ne faisait qu'accroître l'excitation que mon corps savait expliciter. « Et si cette nuit, nous faisions la paix ? » Me susurra-t-il à l'oreille, provoquant un frisson jusque dans le creux de mes reins.

Ma tête tournait et me corps tout entier paraissait ne plus répondre à mon cerveau mais à ses seuls désirs. Comment est-ce que cela pouvait être possible ? S'il y avait une Eden'El consciente juste à côté, elle m'aurait probablement tirée loin, très loin pour l'empêcher de faire ce que je semblais l'encourager à faire. Me posséder, une nuit, une nuit dans laquelle je voulais partager cet instant avec lui... Cela aurait pu être n'importe qui à vrai dire. Mais le fait qu'il s'agisse d'Orkem avait un parfum bien différent. Presque salvateur. La haine ne pouvait être ancrée jusqu'à l'âme d'une personne. Et malgré toute la rancœur que je lui portais, elle n'était pas devenue une partie intégrante de moi-même. Ce qui comptait beaucoup pour moi. Mais vu l'état dans lequel je me trouvais, difficile de croire que demain, je m'en souviendrai... Mes doigts se serrèrent sur sa nuque alors que je lui glissai dans le creux de l'oreille d'une voix suave : « apprends-moi à faire la paix avec un Seznien... » Ma respiration s'accélérait dans son cou et ma deuxième main vint l'atteindre à la taille, remontant d'un toucher ferme mais délicat jusqu'à son épaule. Je ne répondais plus de rien et étais complètement enivrée par l'opiacé et l'adrénaline qui venait me rappeler que je jouais à un jeu dont j'ignorais tout. Bien qu'Orkem n'avait offert que son visage de violence à l'état pur et de froideur dont le calme le rendait imperméable en toute situation, je ne me posais même pas la question de savoir si lui connaissait ce jeu sensuel et érotique où un plaisir partagé consumait jusqu'au cœur des protagonistes. Rapprochant mon corps du sien comme si je souhaitais m'y greffer, j'humais son odeur mélangée aux senteurs caramélisées que les fines brises de vent n'avaient pas encore volé.

@Orkem Vahlaan ☙ #Sanie #Vanka ☙ 1536 mots

______________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Imaginaerum ☙ Orkem
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Oranda ~ Truth is not far :: Dahud :: Lucrezia :: Quartier Sud :: Habitations-
Sauter vers: